La bibliothèque canadienne, 1 février 1830, lundi 15 février 1830
La Bibliothèque Canadienne.Tome IX.13 FÉ.VR.IER, 1830.Numh;o XVI.HISTOIRE DU CANADA, (continuation.) Lr.cmWi] de guerre, assemblé pour prendre en considération les moyens de déferuîre plus efficacement la colonie, dans le cas où elle serait attaquée, lit, à la fin de Mai, le rapport des dispositions qu'il convenait de taire, et de la manière (font on devait combattre et agir dans tout le cours de la campagne.Ces dispositions, &c, devaient être, en substance, comme suit : 44 La brigade de Québec, composée de trois mille cinq cent* hommes, et commandée par M.de St.Quits, camp» ra sur la droite : la brigade des Trois-llivières, forte (ie neuf cent vingt hommes, «nus le commandement de M.ok Hohmk, campera aussi sur la droite, à la gauche de la brigade de Québec : fi milice de Montréal, consistant en onze cent cinquante hommes, sous les ordres de M.Pri'd'homm f, campera n la gauche des forces de terre, et la brigade de la ville et de Pile de Montréal, forte de deux mille trois cents hommes, sous les ordres de M.Hejibin, formera la gauche de la ligne.La réserve se composera de la cavalerie, (au nombre de trois cent cinquante hommes,) des troupes légères, composées dun choix des troupes de la colonie et de quelques volontaires acadiens, formant mille quatre cents hommes, et des sauvages, au nombre de quatre cent cinquante ; faisant un total de deux mille deux cents hommes, sous les ordres de M.de Boishé-bert.L'artillerie, les effets et provisions, sous la direction do M.Mercier, seront placés, ainsi que la réserve, dans les endroits qui paraîtront les plus convenables, selon qu'ils leur seront assignés.La milice de Québec, composée de six cent cinquante hommes, sera laissée en garnison dans la ville, sous le commandement de M.de Ramsay, lieutenant de roi.Les équipages des frégates échouées dans la rivière St.Charles, et des autres vaisseaux qui seront désarmés et deviendront inutiles, entreront dans la ville, pour y être employés aux Tom IX.No.XVI.45 306 t! tteire du Cunud*.batteries.Tons les vaisseaux, batteaux, &c.seront «nu ordres de M.VaUOUELIN, commodore de la baie, qui les emploiera, dp la manière qui lui paraîtra la plus avantageuse, d'après l'exigence des cas.Telles seront lesdispositionspour s'opposera la descente: l'armé* passera la rivière St.Charles : In droite, composée des brigades des gouvernemens de Québec et des Trois-Rivières, campera sur la plaine* (h puis la redoute de la Canardicre jusqu'à celle de l'embouchure de la petite rivière de Beauport.Ces deux brigades retrancheront ta front de leur camp pour le mettre à rouvert du canon de l'ennemi.Les troupes de ligne, formant \e centre de l'armée, camperont sur les hauteurs de Beauport, et le long du chemin qui suit la petite rivière de ce nom.La Sauche, composée des brigades de la ville et du gouvernement e Montréal, campera à la gauche de l'église de Beauport, et s'étendra le long du sommet de la grande escarpe, ou côle élevée qui règne .sur les derrières de cette paroisse.La réserve se postera sur le niveau de la chute de Montmorency, et étendra sa droite le long de la hauteur dont on vient de parler, afin de joindre la gauche de la ligne.Dans cette position, l'armée retranchera la totalité de son front, pour se mettre à l'abri du canon de l'ennemi : on fortifiera aussi les endroits qui paraîtront propres à servir de communication avec le corps principal, et,.où l'ennemi pourrait faire les plus grands effets.Dans le ors-où la retraite deviendrait nécessaire, après une défaite, l'armée principale devait retraverser la rivière St.Charles, au pont du bateaux, et la réserve suivre le chemin de Charlebourg, et même se retirer jusqu'à Lorette, si elle était trop pressée par les ennemis, en tenant ferme à chaque défilé, afin de retarder leurs progrès.Tput ce qu'il y avait à faire, dans ce cas extreme est également détaillé dans le rapport du conseil de guerre, où l'on parait avoir prévu tout ce qui; se pouvait faire de mieux avec le peu de forces que l'on, avait, soit pour l'attaque, soit pour la défense, ou enfin pour la retraite.Le but principal était d'empêcher que Québec ne tombât au pouvoir des Anglais ; car on était bien convaincu que do sort de la capitale dépendait celui de la eclonie.Ce n'était pas assez d'avoir fait,, ou ordonné les meilleurs dispositions, et assemblé le-plus.de soldats et de miliciens qu'il avait été possible ; il fallait^ncore trouver le moyen de nourrir ces troupes : c'était l'affaire de l'intendant, et il faut convenir "brj'il y mit un zèJ« plus-qu'ordinaire : pour rencontrer, moins, de trifficulté dans l'achat du bled, il emprunta sur sa garantie, a* fin de le payer en argent et au prix du marche, mi lieu de le payer en ordonnances et à un prix déterminé par lui, comme il avait fait précédemment.Il adressa ' une cirtulaire aux eu- réi de campagne, pour les induire a vendre eux-mêmes ce qu'il* avaient reçu de bled pour dimes, et à exhorter leurs paroissiens à vendre ce qu'ils en avaient de reste, au gouveriiè* ment, au prix courant.Plusieurs Français et Canadiens ko firent un devoir de seconder l'intendant dans ses efforts, et particulièrement M.D'Eschaméault, qui offrit jgénéïèuse* ment tout l'argent qu'il possédait, et alla même en personne dans différentes paroisses, afin d'y acheter du bled et de la farine pour les troupes.Mais malgré le zèle des curés et de quelques particuliers, le gouvernement ne put s'en procurer qu'une assez médiocre quantité, soit parce qu'il y en avait eh ellet peu à vendre, ou que plusieurs des cultivateurs ne le voulussent pas vendre au prix courant, qui était de quinze à vingt livres, dans l'espoir d'en avoir, un peu plus tard, unpritfplÏÏs avantageux.L'escadre qui devait descendre le £t.Laurent, avec lés troupes destinées à mettre le siège devant Québec, avait fait voile d'Angleterre vers le milieu de Février, sous les ordres des amiraux Saunders et Holmes.Ils arrivèrent devant Loui*: bourg le 21 d'Avril ; mais ils trouvèrent le port tellement érô-baras.é de glaces, qu'ils se virent obligés de relâcher â Halifax, dans la Nouvelle Ecosse.De là le contre-amiral Durell, fut détaché avec une petite escadre pour le fleuve St.Laurent, qu'il devait descendiejusqu'd l'île au?Coudres, afin d'infercejfc ter tous les secours ou approvisionnement qui auraient pu élr,é envoyés de France pour Québec ; mais lorsqu'il arriva à ^endroit qui lui avait été assigné, une flotte de dix-sept navire*, portant des effets militaires, des provisions de bouche et quel-, ques i ecrues, était déjà arrivée d Québec, sous convoi de trois frégates.Cependant l'amiral Sunders étant revenu à Louisbourg, pour embarquer les troupes qui n'étaient pas nécessaires pour garnison ner la place, fit voile pour le fleuve St.Laurent, qu'il descendit, sans accident jusqu'à l'île d'Orléans.Les troupes de terre, commandées par le major-général Wolfe, ayant sous lui les brigadiers Monkton, Townshend et Murray, débarquèrent sur cette île le 27 Juin, et aussitôt le commandant anglais fit répandre parmi les Canadiens un manifeste portant, en substance : " Que le roi son maître, justement irrité de la conduite du monarque français, avait fait un armement considérable pour humilier son orgueil, en lui enlevant les principales de ses possessions d'Amérique ; que ce n'était point aux industrieux paysans, non plus qu'à leurs femmes, à leurs enfans et à leur religion qu'il prétendait faire la guerre ; qu'au contraire, il leur offrait sa protection, et leur promettait de les .Maintenir O**.*!* possession dt leurs biens «t dans le libre ex- Histoire du Canada.ercice de leur culte, pourvu qu'ils se tinssent tranquille?et prissent point part au différent qui s'était élevé entre les deux couronnes; que la neutralité était pour eux le parti le plus sage et leplussûr, vu que les Anglais étaient maîtres du St.Lau-rent'et pouvaient empêcher qu'il ne leur arrivât aucun secours de France, et qu'une de leurs armées, sous le général Amherst, les attaquerait bientôt, du cote de terre ; que les cruautés exercées par les sauvages alliés des Français sur les sujets de sa majesté britannique, l'autoriseraient à user de représailles sur les habitans du Canada; mais qtril espérait qu'ils ne l'obligeraient pas à en venir à des mesures violentes, en rejettant les avantages qu'il leur offrait.Ce manisfeste ne produisit pas le moindre effet sur l'esprit des Canadiens ; ils n'en furent ni moins disposés à affronter les périls et les fatigues de la guerre, auxquels ils étaient depuis longtems accoutumés, ni moins attachés à leur gouvernement, quelques injustices qu'ils eussent éprouvées de la part de quelques uns de ses employés, il faut convenir aussi que l'exemple récent du traitement fait aux colons français de la Nouvelle Ecosse et de l'Isle St.Jean, n'était pas propre à inspirer à ceux du Canada beaucoup de confiance dans les assurances de protection du général anglais; et l'on ne doit pas être surpri*, comme le paraît être Mr.Smith, qu'ils aient mieuxaimé abandonner leurs habitations et exposer leurs familles à la ruine, que d'adopter un plan qui devait leur paraître bien moins prudent que pusillanime, et indigne de toute leur conduite passée.Le marquis de Montcalm avait poste un détachement avec du canon, à la Pointe Levy, dans la vue de harrasser la flotte anglaise, lorsqu'elle arriverait à la hauteur de cette place.Le commandant anglais n'eut pas plutôt été informé du fait, qu'il détacha le brigadier Monkton avec q:atre bataillons pour aller déloger les Français.Monkton traversa la rivière de nuit, et fit son attaque dès la pointe du jour : les Français furent o-bligés de se retirer, et le poste fut aussitôt occupé par les Anglais.M.de Montcalm, craignant que le but des Anglais, en «'établissant en cet endroit, ne fût d'y ériger une batterie de mortiers et de canons, pour battre la ville, y envoya un détachement de seize cents hommes, pour attaquer et détruire les ouvrages de l'ennemi, avant (ju'ils fussent achevés.Malheureusement, la confusion se mit parmi ces troupes ; les soldats tirèrent les uns sur les autres, et le détachement retraversa le fleuve dans le plus grand désordre.La batterie de mortiers et de canons fut établie, et bientôt la basse ville ne fut plus qu'un monceau de ruines.Les troupes anglaises n'eurent pas plutôt débarqué sur Mie d'Orléans, qu'il s'éleva une tempête furieuse ; quelques uni lî^mte éu C*nnntre-partie de Mirabeau et de Barnave ; il y en avait aussi, et presque sur la même ligne, tels que Clermont-Tonnerre, le marquis de donnai, l'abbé de Montesquiou, l'archevêque d'Aix." Dans ce nombre je ne dois oublier ni Malouet, ni Dépré-ménil.Dans deux occasions, une surtout qui lui Tut personnelle, je veux parler de l'accusation intentée par Glezen, M.Malouet s'éleva à la première éloquence.En général, sa* manière était pâle, sa parole avait peur d'être forte ; mais son attitude était si noble, ses idées étaient si justes, si marquées de cette intention droite qui appartient à l'honnête homme, qu'au premier moment il inspirait la confiance, il gagnait tout sou auditoire pour lui, quand il ne le gagnait pas pour sa cause.A deux ou trois reprises, Déprcmcnil, avec sa belle voix argentine, la précision et le ferme de ses pensées a étonné et obtenu de l'assemblée une grande attention ; je ne parle pas de la justesse de ses vues, je parle seulement de son talent.— Dans le temps des parlemens, ses amis l'accusaient d'être trop parlementaire ; depuis leur destruction il l'était devenir bien davantage.Il fallait inspirer beaucoup d'estime, et avoir beaucoup de talent, pour obtenir un peu d'attention avec d» s vues aussi absolues que les siennes, et qu'il ne dissimulait jaunis.— Je crains de n'avoir pas assez parlé du projet de finances quM nous proposa un jour, projet pour lequel Charles de Lamefh fit la motion de l'envoyer à Charenton, et que l'assemblée se contenta par décret de taxer d'extravagance.Ce projet, condamné comme extravagant, était fort sage en beaucoup de points; seulement il était peu applicable au moment, ce dont Dépréménil ne s'occupait pas du tout." Pour M.de Clermont-Tonnerre, si la faveur dont il a joui pendant quelque temps avait duré, il faudrait le compter au premier rang de nos orateurs, peut-être en tête; il a été, pendant tout le temps de sa faveur, le plus facile et le plus brillant de nos improvisateurs.Aussitôt que sa faveur a disparu, son talent d'improvisation a disparu de même ; à la fin il ne lui a plus[été possible de prononcer deux phrases, sinon un cahier à la main.Chose bien extraordinaire, c'était la contrariété qui animait particulièrement l'éloquence de Mirabeau et celle de l'abbé Maury ; l'âme de ces deux hommes ne se laissait point atteindre à la première contradiction, celle de Clermont-Ton-»trr«
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