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Titre :
Le Courrier du Canada : journal des intérêts canadiens
Publié à Québec, ce journal d'information d'allégeance catholique et ultramontaine appuie les partis politiques conservateurs. [...]

Le Courrier du Canada est lancé à Québec le 2 février 1857 par Hector Langevin et Joseph-Charles Taché. La fondation du quotidien précurseur de la presse d'information catholique au Canada est subventionnée par l'archevêché de Québec. Le journal reçoit rapidement l'assentiment d'une grande partie du clergé de Québec dont la faveur était passée du Canadien au Journal de Québec.

Journal d'information locale, nationale et internationale, Le Courrier du Canada accorde une plus grande importance aux questions canadiennes, particulièrement à la défense du catholicisme et à l'épanouissement de la langue française en Amérique. La publication relaie les nouvelles de l'église romaine et appuie la papauté face à la montée de la question de l'unité italienne.

Le Courrier du Canada rejette la publicité pour des divertissements impies en échange de l'exclusivité des nouvelles émanant de l'évêché de Québec. Il milite pour le maintien des valeurs catholiques traditionnelles et le provincialisme, tandis qu'il s'oppose à la démocratie, au socialisme et à l'athéisme.

Hector Langevin quitte la rédaction du journal après seulement quelques mois pour se consacrer à la vie politique. Joseph-Charles Taché en devient alors le principal rédacteur. Conservateur opposé aux libéraux radicaux, il publie sous forme d'articles, du 7 juillet au 23 octobre 1857, un plaidoyer remarqué en faveur d'une confédération canadienne. Il quitte son poste en 1859 pour se consacrer à une carrière de fonctionnaire et d'auteur.

Auguste-Eugène Aubry, juriste français venu enseigner le droit romain à la nouvelle Université Laval, prend la relève à l'automne de 1859. Critiqué pour sa hargne à l'égard des anglophones et de la classe politique en général, il quittera ses fonctions au journal en 1863 et, après avoir repris l'enseignement, retournera en France en 1865, victime par association de la crise gaumiste, lutte opposant les fondamentalistes chrétiens aux partisans « libéraux » de l'enseignement des auteurs classiques.

Eugène Renault, qui écrivait déjà au journal, prend la relève de la rédaction de 1863 à 1873. Au nombre des collaborateurs présents durant ces années, on compte le musicologue Ernest Gagnon et Adolphe-Basile Routhier, homme de loi et auteur, notamment de l'Ô Canada. Guillaume Amyot (1873 à 1875) et Roch-Pamphile Vallée (1875-1880), tous deux politiciens conservateurs, se succèdent ensuite à la rédaction du journal. Homme aux mille talents et intérêts, Narcisse-Eutrope Dionne leur succède de 1880 à 1884 alors que le politicien conservateur Thomas Chapais tient la barre de 1884 à 1901.

Bien que basé à Québec, le journal est distribué dans toutes les régions du centre et de l'est du Québec et même au-delà, où il trouve des collaborateurs et des lecteurs en premier lieu parmi le clergé.

Le Courrier du Canada déclare des tirages de 1900 exemplaires en 1869 et 1500 exemplaires en 1898. Le journal s'éteint en 1901 faute de s'être adapté aux tendances émergentes en matière d'illustrations et de nouvelles à sensation.

BARNARD, Julienne, Mémoire Chapais, t. 2, 1961, Montréal, Fides, p.149-153.

« 25e anniversaire », Le Courrier du Canada, 1er février 1882, p. 1-6.

LAVOIE, Elzéar, « Les crises au Courrier du Canada : affaires et rédaction », dans Nive Voisine (dir.) Les ultramontains canadiens-français, 1985, Montréal, Boréal Express, p.143-159.

LAVOIE, Elzéar, « La clientèle du Courrier du Canada », Culture, vol. 30, no 4, déc. 1969, p. 299-309; vol. 31, no 1, mars 1970, p. 40-57.

SYLVAIN, Philippe, « Les débuts du Courrier du Canada et les progrès de l'ultramontanisme canadien-français », Les Cahiers des Dix, no 32, 1967, p. 255-278.

SYLVAIN, Philippe, « Auguste-Eugène Aubry [1819-1899] », Les Cahiers des Dix, no 35, 1970, p. 191-225.

Éditeur :
  • Québec,1857-1901
Contenu spécifique :
mardi 7 avril 1885
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
autre
Notice détaillée :
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Références

Le Courrier du Canada : journal des intérêts canadiens, 1885-04-07, Collections de BAnQ.

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29e me rViinee No 253-Edition quotidieime-8eme Anilee Mardi 7 Avril 1885 ouffief JOURNAL DES INTERETS CANADIENS.ET J’AIME.THOMAS CHAPA JS, Rédacteur en Cht/.LEGER BROUSSEAU, Editeur-Propriétaire.ihl' (’ 0 N F B R K N C E S DU JR,- .1 MOTh'i'l-DAMJ- />/•: r.lh'/S C A R fc M E 18 8 5 TROISIÈME CONFÉRENOE 1.2% eonfeHHlon.—»cs carackVc« et se* diets réparatcurM Messieurs, Il appartient à Dieu de commun-der en maître, et à l'homme d obéir avec confiance à une si grande autorité.Toute loi divine se justifie par elle-même, il n’est pas besoin que nous en connaissions les motits pour nous soumettre.Cependant, telle est la bonté du souverain législateur, qu’il nous permet d’étudier ses intentions et de satisfaire notre raison, pendant que nous lui iaisons F humble hommage de notre volonté.S’il s’entoure quelquefois des ombres du mystère pour protéger sa majesté contre les assauts de notre orgueil, il ne craint pas pour cela la lumière.11 sait bien que ses institutions procèdent avec ordre et se tiennent harmonieusement ensemble ; que, dune vue plus entière et.plus profonde de ses desseins dans la rédemption âmes, il ne peut résulter pour nous qu’une plus vive admiration de sa sagesse et un plus complet abandon a sa volonté sainte.C'est pourquoi, Messieurs, nous ne lions arrêterons pas a l’écorce de la loi dont nous avons établi précédemment l’authenticité, mais nous en rechercherons les causes, et demanderons à Jésus-Christ le secret de ses intentions dans 1 institution de la confession.La place qu’occupe cet acte pénitentiaire est déjà pour nous une révélation.Il précède notre justification par la grâce, comme le jugement de Dieu précède notre consommation par la gloire, il est le prélude du jugement suprême, comme la grâce est le prélude de notre transformation suprême.Avant la grâce, qui contient en germe le ciel, et avant la gloire, qui nous en assure la pleine et immuable possession,— un jugement.Avant l’entrée de Dieu caché et avant l’entrée de Dieu clairement manifesté, dans notre aine,— un jugement.Qui ne comprend que la sagesse divine ait voulu ordonner la vie chrétienne à sa dernière lin par cet harmonieux parallèle ?Mais, où les intentions de Jésus-Christ se découvrent mieux, c’est dans l’examen des rapports de la conlession avec le péché qu’elle doit réparer.De quelque côté que l’on considère cet acte odieux, du côté de l’individu ou de la société, en comprend la loi qui nous oblige à l’avouer humblement, sincèrement, entièrement et pieusement._ La loi de Jésus-Christ e3t 1 acte de la plus haute autorité, quand on n’en étudie que la formule ; c’est l'acte de la plus profonde sagesse et de la plus aimable bonté, quand on en scrute les motifs.Pénétrer ces motifs, c’est-à-dire étudier les caractères et les effets réparateurs de la confession, par rapport au péché et aux suites du péché, c’est l’objet de cette conférence.I • La révolte de la volonté humaine contre la volonté divine, c’est, Messieurs, ce qu’il y a de plus "apparent dans le péché, ce qui nous sert à le définir.Le pécheur, parti des profondeurs de la faiblesse et du néant, monte à l’assaut des sommets sacrés où Dieu siège et d’où il règle souverainement la vie et les rapports de tous les êtres créés.En face de la loi suprême, il la nie ; il veut être à lui-même son maître et sa loi ; en un mot : il desobéit.Comprenez bien ce mot, et rendez-vous compte du désordre qu’il exprime.Désobéir, c’est mépriser Dieu qui parle, et so soustraire criminellement à l’impulsion souveraine qu'il nous donne.Mais où Dieu parle-t-il ?Il parle, sous des voiles impénétrables, dans le sanctuaire caché de la conscience.C’est là qu’il l'ait entendre à toute âme vivante ses premiers oracles, là qu’il exprime ses premières volontés.La conscience est la loi infuse que personne ne peut mépriser sans se déshonorer.Cependant, à chaque instant, et sur tous les points de notre nature, quelle opposition formidable éclate contre cette loi 1 Tirés d'un côté vers le bien, nous le sommes de l'autre vers le mal.Notre vie morale est une triste succession d’angoisses et de combats.Dieu le savait.Longtemps avant que saint Paul eût poussé ce cri lamentable : “ Je sens une foi fatale qui résiste dans mes membres à la loi de ma conscience, je fais le mal que je ne veux pas, je ne fais que le bien que je veux,” notre vie intime n’était plus un mystère pour Dieu.Afin de combattre les oppositions et de corriger les tendances dépravées de notre nature, il avait appuyé la conscience des manifestations extérieures de sa volonté, et justifié la loi infuse par la loi écrite et parlée “ C’est sous le voile des figures qu'il instruisait nos pères, ” dit l’Apôtre; mais ce n’était pas assez.Sa loi sainte a été publiée sur la cime fumante du Sinai et écrite par scs chérubins.Ce n’était pas assez encore.11 a envoyé son Verbe, son propre Verbe.Celui qui, dans les cieux, parle ses perfections infinies.11 est venu parmi nous, et, du sommet de son humanité sainte, il a précipité, non plus sur un peuple, mais sur l’univers entier, le torrent de sa révélation.Sa parole, fixée sur des pages immortelles, envoie jusqu’aux dernières profondeurs de nos âmes des rayons victorieux qui dégagent le bien et le mal des ombres où les ensevelissent nos convoitises.Ah ï pour le coup, c'est assez ! Dieu est trop près de nous pour que nous puissions le méconnaître.Intimée tant de fois à l’homme et d’une manière si positive, sa volonté a plus que jamais le droit de se faire respecter.Désobéir est un crime d’autant plus grand que la loi est plus claire, plus manifeste, que l'impulsion qu’elle nous donne vers le bien est plus vive et plus prochaine.Cependant, Messieurs, le pécheur désobéit.Il proteste donc à la fois contre toutes les manifestations de la volonté divine ; contre la loi infuse, contre la loi parlée, contre la loi écrite, contre le Dieu de la raison, contre le Dieu de la révélation.Comment va-t-il réparer cette offense multiple ?—Un acte intérieur que la raison conçoit, un désaveu que tout le monde ignore, une pénitence spontanément réglée par la générosité du cœur, cela pourrait suffire à la rigueur.Mais ne voyez-vous pas, alors, qu’entre les prévenances de Dieu et le retour du pécheur il y a une lacune immense.Dieu s’est approché jusqu’à l’avilissement de sa majesté sainte, et c’est à peine si le pécheur se déplace.Dieu s’est manifesté jusqu’à la dernière évidence, et le pécheur s’enveloppe de ténèbres !—U bonté de Dieu ! dites vous.- C'est vrai, Dieu est bon, mais aussi il est sage.—Il aime l’ordre et l’harmonie dans le gouvernement des âmes.Eh bien, là, il n’y a pas d’ordre, pas d’harmonie.C’est trop d’un côté, pas assez de l’autre.L'offense est complète, la réparation est boiteuse.Puisque le péché emprunte aux manifestations extérieures de ia loi une malice particulière, il faut ordonner la réparation proportionnellement au péché.— Comment cela?—Je ne sais pas d’autre moyen que l’aveu volontaire du péché.En même temps donc que la raison nous dit : Pleure, gémis, souffre, brise ton cœur, il est sage, il est juste que Dieu nous dise : Con- fesse-toi.Je t'ai assez parlé, parle-moi à ton tour ; j'ai parlé ma loi, parle ton péché ; j’ai fait sortir ma loi de ton cœur pour te la mettre sous les yeux.—Fais sortir ton péché et mets-ie-moi sous les yeux.Je veux le voir.Mon fils, que je t'ai envoyé pour t’instruire, tu l’as outragé dans la nature qu’il a empruntée afin de se mieux faire entendre.- Sois juste, rends hommage à la nature que tu as outragée ; prosterne-toi aux pieds d’un homme qui représente le Dieu-Homme, dont tu as méprisé les enseignements.Mon Eglise, chargée de promulguer ma loi et de se rendre compte de son accomplissement, tu as échappé à son autorité : va la trouver et dis-lui qu’elle peut être tranquille, que force demeure à la loi dans ton cœur désabusé, que, si tu l’as violée, tes aveux publieront éternellement sa puissance Enfin, confesse-toi, l’ordre le veut ainsi.Obéis, puisque tu as désobéi ; répare, par ta soumission, ta révolte insensée.Ces paroles de Dieu, vous les comprendrez mieux, Messieurs, si vous remontez jusqu’à la source du péché.C’est une révolte, avons-nous dit ; or, toute révolte procède de l’orgueil ; tout orgueil est un mensonge que l’homme se fait à lui-même pour se grandir à ses propres yeux et devenir ainsi son propre séducteur.On ne remue les masses cachées dans l’ombre d’une vie honnête et laborieuse qu’en leur persuadant quelles ne sont pas à leur place ; qu’une main despotique comprime la légitime expansion de leur vie et les condamne injustement à n ôtre rien ; qu’elles doivent sortir de leur immobilité, et saisir la direction suprême des affaires publiques.Contes malhonnêtes, que l’on prend pour des rêves généreux, et dont les ignorants et les faibles sont toujours les dupes et les victimes.Or, Messieurs, ce qui se passe dans la vie collective de l’humanité n’est qu’une représentation en grand, je ne dis pas assez, un résultat général de ce qui se passe dans la vio do chaque individu.La révolte contre Dieu y est à l’ordre du jour, et cette révolte n’est due qu’aux mensonges et aux séductions de l’orgueil.“ Tout pécheur est un orgueilleux, dit le sage : Initium omnis peccati superb ia.” L’orgueil n’a pas été appelé sans raison : le père de tous les vices et de tous les crimes.S’il en est ainsi, il faut que l’orgueil, principe, soit réparé par un principe contraire : l’humiliation.Telle est la méthode divine : Non imilia similibus, sed contraria contra-ri is curantvr.Dans la médication spirituelle, l’allopathie est en honneur, donc l’orgueil doit être humilié ; c’est justement ce que ne veut pas le pécheur.Il redoute le face à face de sa conscience, il s’efforce d’obscurcir par des excuses le clair miroir où sa difformité intérieure lui est représentée ; il cherche l’estime de lui-même dans l’oubli de ce qu’il est, et il finit par produire en son âme une sorte de sommeil, pendant lequel il se repait encore, comme les misérables, de rêves glorieux.Mais encore qu’il se voie, qu’il ait honte de sa vie tant de fois profanée, qu’il soit convaincu de sa bassesse, croyez-vous qu’il soit humilié ?—Non.Personne ne le voit, c’est assez pour le rendre fier.Son impénétrabilité est un dernier refuge, où il ne se rencontre lui-même que pour se contredire, en conservant, malgré sa honte, un fond d’estime personnelle.Une seule chose peut produire une vraie et complète humiliation, c’est la révélation de nous-mêmes.Se faire voir tel que l'on est dans l’éclat redoutable de sa misère : vain dans ses pensées, insensé dans ses désirs, grossier dans ses convoitises, déshonoré dans toute son âme et dans tous ses sens, infâme peut-être dans toute sa vie ; après cela, s’abandonner aux austères jugements d’une conscience qui n’est pas la nôtre, voilà ce qui nous humilie.Aussi, comme nous nous cachons avec soin ; comme nous nous efforçons, par des subtilités et des feintes, de faire croire au bien qui n'ast pas en nous, pour détourner les regards du mal qu’on y rencontrerait.On peut n’êtro pas défiant par nature, cependant, si l’on est sage, on ne doit s’approcher d’un cœur d'homme qu’avec d’infinies précautions, comme l’on s’approcherait d'un abîme ténébreux, où l'œil, en s’habituant à l’obscurité, découvre sans cesse des périls, des embûches et de mystérieuses horreurs.Enfin, bref, nous ne voulons pas être révélés, pour n’étre pas humiliés.Mais ce que nous ne voulons pas, Dieu le veut, car il a à cœur d’établir l’équilibre entre la réparation et le péché.Il s’avance donc vers notr» âme du meme pas qui troubla jadis le premier des prévaricateurs, et de la même voix qui épouvanta les échos de l’Eden, il s’écrie : “ Adam, ubi es ?.Adam, où est-tu ?” Tout à l’heure tu venais au devant de moi, maintenant tu te caches.Où es tu e.Ubi est ?Parais ! je veux te voir Paraître, c’est la légitime punition de l’orgueil primitif et fondamental d’où découle toute iniquité.Paraître.c’est se voir ; paraître, c’est se montrer.Le pécheur a beau faire, allez il ne se fuira pas éternellement.Au moment où il se croira tout à fait enseveli dans l’oubli et commencera àjjouir de la paix menteuse du crime Dieu l’appellera : “ Où es tu ?Ubi es ?” Parais ! O cri terrible ! Les âmes perverses Font entendu, et, aussitôt, elles se sont vues dans une lumière vengeresse qui*] les éclairait jusqu’au fond.Elles ont paru, et les tortures du remords ont suivi de près cette apparition.Mais le remords fatigue le cœur sans réparer nos fautes.Pendant qu'il nous tourmente, le cri de Dieu se prolonge sans cesse : Parais ! Mais je me vois assez, ô Dieu funeste! Cessez de me poursuivre et de m’effrayer.—Non, tu ne te vois pas.—Si tu te voyais, tu te connaîtrais.Si tu te connaissais, tu serais humilié.11 y a de l'orgueil encore, près de l’affliction de tes remords.— C'est vrai, Messieurs ; le remords, ainsi que je vous l’ai fait remarquer, est une crise douloureuse qui résulte d'une vision subie plutôt que volontairement provoquée.Nous ne pon-vons posséder la science radicale, la connaissance de nous-mêmes, qu’en nous voyant volontairement et entièrement ; nous ne pouvons nous voir volontairement et entièreement qu’en nous préparant à nous montrer.Enfin, les détours, les excuses, les feintes, qui nourrissent notre orgueil, ne peuvent disparaître que dans l’humiliation suprême d'une révélation complète de notre vie.Parais-onsdonc!—De hors nos pensées, dehors nos désirs, dehors nos actions.Lazare, quitte le sépulcre où fermente ta corruption.44 Viens dehors : Lazare, ve/liforas.” Un homme t’attend pour te voir, dis-lui ; Mon Père, je suis un misérable, écoutez le récit de ce qui a tue mon âme, et ouvrez-moi les bras de votre compassion.Cela vous semble dur, Messieurs ?c’est que vous ne connaissez pas toutes les profondeurs du mal moral, vous n’on avez jamais vu que la superficie.Dieu dont le regard pénètre les profondeurs de toute chose veut que le pécheur, qui s’est éloigné de lui par le chemin facile de l’orgueil, revienne à lui par la voie douloureuse de l'humiliation.A cela je fe reconnais.Et quand, prenant mon cœur de moine à deux mains, je vais le montrer à l’un de mes frères, je me dis à moi-même : Qu’est-ce que je vais faire ?—Mais, c’est divin.Car, tout moine que je suis, je sens bien que l’orgueil est le principe de mes fautes.Allons.—Il faut que je sois humilié.—11 y a là une harmonie divine.Suivons-la jusqu’au bout, Messieurs, étudions à fond l'acte répar; * teur qu’exprime ce seul mot : parai• tre.• Paraître / c'est plus que s’humilier, c’est rendre à Dieu, ce que le péché lui enlève : l’hommage de tout nous-mêmes.Dans toute faute commise, il y a détournement et abus des bienfaits dont la destination primitive est la gloire et l’honneur de Dieu.L’intelligence, la volonté, l’imagination, la mémoire : toute notre âme, la parole et les sens : tout notre corps, doivent concourir à l’enfantement du bien, et voilà que, par un renversement abominable, nous les faisons concourir à l’enfantement du mal.Rien dans notre être qui ne soit profané, rien qui ne soit soustrait à l’incommunicable empire de Dieu.En vain, il se cherche en nous, notre nature a passe, tout d’une pièce, sous une domination étrangère.Comment reviendra-t-elle à sa place normale, si elle ne proteste, tout d’une pièce,contre son crime et son malheur ?Notre âme se débat dans les angoisses du repentir et vient, par la douleur et la détestation du péché, se placer sous la main de Dieu.C’est bien.Mais il y a quelque chose d’inachevé daus ce mouvement.Dieu attend l’autre moitié de nous-mêmes.Tombez donc, messieurs ; éclatez, ma poitrine, en gémissements et en sanglots ; pliez vous, mes genoux, devant la majesté sainte que j’ai offensée ; couchez-vous, mon corps, aux pieds du juge et du vengeur suprême.—Est-ce tout?Non, mon Dieu, non, co n’est pas tout ; vous attendez justement une der-nère explosion demon repentir.— La voici ! — Ma nature tout entière se rend à vous par le plus grand de scs dons, le don magnifique de la parole.En parlant mon péché, je fais protester contre lui et mon aine et mon corps.Je parais a finale vous rendre un plus complet hommage, et de réparer, dans un seul acte, tous les abus du péché.Paraître ! c’est une restitution faite à Dieu ; c'est encore un service que nous nous rendons à nous-mêmes.Le protestantisme n’est pas de cet avis.11 ne veut voir, dans la confession, qu'une pratique extérieure qui accapare notre attention au détriment des dispositions intérieures par lesquelles nous devons combattre le péché dans no3 âmes.A l'en croire, l’aveu de nos fautes fait tort au repentir, et les catholiques ne se confessent de leurs péchés que pour s’exempter de les détester comme il faut et de s’en corriger.D’où il résulterait que la vraie pénitence et toutes les vertus chrétiennes doivent fleurir aux lieux où la confession a été abolie, beaucoup mieux et plus que partout ailleurs.Malheureusement pour cette belle invention elle a reçu des faits un éclatant et cruel démenti.L'abolition de la confession fut suivie, dans les pays réformés, d’une si opulente germination de licence, de vices et de crimes que les plus honnêtes gens de certaines villes se crurent obligés d’en demander le rétablissement ail pou- Fenillleton du COURRIER DU CANADA (5 Avril 1885.—No 47 LE GRIME DE GAIN (Suite.) Le nombre des journaux (Hait, restreint au casino, la curiosité de tous était vivement surexcité ; Rolland prit une des feuilles et en lit la lecture à haute voix.On ne pouvait nier que l’écrivain qui avait écrit le premir acticle sentit vibrer en lui la libre de l'orgueil national.Mais il jugeait la guerre comme une course rapide et victorieuse ; il parcourait à l’avance les étapes de la victoire, il conduisait les soldats dans les grandes cités étrangères, renouvelant pour eux les triomphes du passé.Sa parole devenait lyrique comme un chant.Elle devait puissamment agir sur les masses.Une électricité dont nul ne pouvait se défendre .jaillissait des phrases ailées comme des strophes, sonores comme des bruits de cuivre.Les auditeurs rassemblés dans le salon retenaient leur souille pour ne pas perdre un mot do la lecture, puis tout A coup d’unanimes applaudissements éclataient et témoignaient de la sympathie et des dispositions J de chacun.! Quand le jeune homme jeta sur la table le journal, qu’il venait d’achever, un adolescent ouvrit le piano, et préludant d’une façon magistrale, il entonna le chant du Rhin allemand.On le Teprit en chœur, debout, la tête découverte.Cela était grand vraiment.Oui, pendant les jours qui précédèrent la lutte, la France redevint elle-même.Elle répudia les dernières années qu’elle venait de donner à l’agiotage, au plaisir, à la folio.La jeunesse se trouva en un instant debout et armée, prête aux plus nobles, aux plus complets sacrifices ; elle se montra digne des temps les plus glorieux.Les hommes qui se tenaient à l’écart d’une cour que leurs opinions leurs noms, la gloire légendaire de leurs familles ne leur permettaient pas de suivre, furent les plus ardents à l’appel de la patrie.Hélas ! ils devaient tomber au premier rang, hécatombe inutile mais sainte dont l’exemple au moins ne sera pas perdu.Cependant en écoutant chanter le jeune enthousiaste, Rolland secouait la tête avec mélancolie : —Je ne crois pas, dit-il à Cœlia qui le regardait avec inquiétude, je no crois pas que nous franchissions de nouveau ce Ueuvc où les chevaux do la grande armée se sont abreuvés.mais nous prouverons à l’avance que nous savons nous battre comme on se battait alors ! —Il fut un temps, dit Cœlia, où ceux que Ton appelait les chouans cachaient un scapulaire sur leur poitrine et couraient à la bataille avec ce frêle bouclier.le scabulaire est brodé, demain un prêtre doit, le bénir.La jeune fille n1 attendit pas la j réponse du comto d’Ivrée, et se rapprocha de la baronne de Roybert.—Je me 6ens mal, lui dit-elle, ces grandes émotions me brisent le cœur.Le lendemain, dès l’aube, Cœlia j prit seule le chemin de la petite église d’Evian.Quelques pauvres j femmes s’y trouvaient seules ago-1 nouillées, un gai rayon de soleil j tombant des fenêtres sur les dalles, les illuminait et mettait des nimbes sur le front de quelques enfants blonds.Mademoiselle Belleforgc se prosterna sur le sol.Une minute après la cloche tinta, puis la sonnette d’un enfant de chœur se fit entendre, et le vieux curé monta à l’autel.Plongée dans le recueillement de son âme Cœlia ne changea pas d’attitude.Au mouvement de sa tête baissée on pouvait deviner parfois qu’ello étouffait ses larmes.Peut-être pleurait-elle ses morts, peut-être recommandait-elle au Seigneur les voyageurs en danger, les soldats qui s’armaient ! par son propre désir, résolue cepen-pour la cause do la France.! dant à se vaincre, Cœlia prit la bague L’office était fini depuis quelques j mais au lieu de la mettre à son doigt temps déjà, et Cœlia ne paraissait " " " ' ’ ~ pas songer au départ, quand le pasteur d’Evian s’approcha d’elle et lui remit un petit objet qu’elle reçut avec toutes les marques de la reconnaissance.Elle so leva alors et se dirigea vers la porte de sortio de l’église.Au moment où elle allait prendre l’eau bénite une main se tendit vers Cœlia.La jeune fille leva les yeux, reconnut Rolland, effleura les doigts humides du jeune homme et lit un pas en arrière.—Mademoiselle, lui dit-il, Dieu ne saurait être offensé que je vous parle dans sa maison, j’ai besoin de le prendre à témoin de ma parole.—Ne l’engagez pas ! dit Cœlia ! Le désir d’un fils respectueux est soumis à ia volonté de sa mère.—Vous m’avez promis un souvenir sacré, reprit Rolland, c’est ici elle la plaça dans la main d'une madone à demi cachée au fond d’une niche.—Ni vous ni moi n’y toucherons, ! dit Cœlia, madame d’ivrée seule la prendra pour m'en faire don ou pour vous la rendre.I Puis Cœlia quitta rapidement l’église devenue déserte.Pendant la matinée, Rolland resta enfermé avec sa mère.Leur entretien fut triste comme l’entretien d’êtres chers qui vont se séparer, solennel comme l’adieu de ceux qui ne sont pas sûrs de se revoir.! La comtesse n’essayait point de I retenir ses larmes.Elle trouvait don-lier une assez grande preuve de force en n’empêchant pas Rolland de partir sans étaler un stoïcisme impossible, j Revorrait-elle jamais ce fils bien- que je veux le recevoir.Vous l'avez 1 aimé qu’elle armait soldat pour la dit, ce sera mon armure.cause de la patrie ?No porterait-elle Cœlia remit le scapulaire au comte pas son deuil dans quelques semai-d’Ivrée.Alors celui-ci tira une nés, comme elle gardait le deuil de bague de son doigt et la tendit à la 1 son époux ?jeune fille.Cœlia comprit la gravité ‘ Rolland étouffait ses regrets.Il de ces fiançailles.Elle ho se sentait1 regardait sa mère avec une forte et pas le courage de refuser ce gage puissante tendresse, il serrait ses sérieux de la tendresse do Rolland ; mains, il essayait do lui communi-elle no voulait pas qu’il contractât quer quelque chose de sou viril cou-envers olle un lien que sa mère refu- rage.serait peut-être do nouer.Troublée —Je reviendrai ! disait-il, je suis sùr de revenir.Tu as besoin de moi, il faut bien que je vive! N’amollis pas mon cœur, ne m’enlève pas mes espérances ! Montre-moi le but ! Je serais indigne de porter le nom de mon père, si je n'imitais le courage de mes amis.—Ah ! répondit madame d’ivrée, je ne te demande pas l’impossible ! Mais ton absence va me laisser dans de mortelles angoisses, et tu ne pourras pas m’empêcher de trembler.Ecris souvent, Rolland, bien souvent .A chaque ville, à chaque étape.bonheur, tristesse, échec, victoire, il faut tout m’apprendre, tout, je ne veux pas, je no veux pas, entends-tu, que tu gardes un secret pour moi, pas même le secret d’une pensée.Il est des heures où dans la solitude et le silence nous éprouverions un remords de n’avoir pas tout dit.Et ‘puis, qui sait, Rolland, si tu ne devrais pas me léguer une bonne action à faire, une peine sincère à consoler.Qui sait, si à l’heure où mon fils s’en va, je ne voudrais pas adopter tout ce qu’il aime !.Un éclair de joie brilla dans les regards du comte d’Ivrée.—Vous feriez cela ?dit-il.—Les mères sont capables de tous les sacrifices.(A suivre) Lie Courrier du Canada, Mardi H Avril §8^5 ______ —————— voir civil.C’est ce qui arriva particulièrement à Nuremberg et a Strasbourg.(A suivre) SOMMAIRE Conférences du R.P.MonsabK*.Feuilleton.—Le crima de Caïn.Grande assemblée à Lévis.Les resporsibilités.I a bonne foi libérale.L’église de Saint-Jean, 1.O.f/insurrection au Nord-Ouest.Convsponpance.Résumé
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