Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /, 1 juillet 1907, juillet
BULLETIN DES RECHERCHES HISTORIQUES VOL 13 JUILLET 1907 No 7 LA FAMILLE RENAUD D’AVÈNE DES MELOIZES (Suilf ut tin) Première génération : François-Marie K.rt’A.îles Moloizes Deuxième génération : Nicolas-Marie K d’A.ries Méloizes Troisième génération : Nicolas R.d’A.(les Méloizes NICOLAS RENAUD D’AVÈNE DES MÉLOIZES Né i\ Québec le 21 novembre 1729.Il entra dans l’armée dès qu’il fut en âge de servir.En 1755, il assistait, ù la tête de sa compagnie, à la bataille du lac Saint-Sacrement où les Français furent défaits cause de la présomption du géuéral Dieskau.En 1757, une petite troupe canadienne commandée par M.lîigaud de Vuudreuil et ayant pour officiers MM.de Corbière, de Langlade, Hertel, La Chapelle et des Méloizes, attaquait, aux environs de Carillon, 22 barges anglaises contenant 350 hommes commandés par le colonel Parker, qui avait succédé à Schuyler.Us s’empâtèrent de 20 barges et firent beaucoup de prisonniers.M.des Méloizes était, le 8 juillet 1758, à l’aflaire de Carillon, où Montcalm battit l’armée anglaise.Le 1er janvier 1759, M.des Méloizes était fait aide-major des troupes détachées de la marine au Canada.Le 28 avril 1760, à Sainte-Foy, il remplissait les fonctions de capitaine aide-major.11 fit dans cette journée des prodiges de valeur et fut blessé à la cuisse d’un éclat de bombe. NICOLAS IiENAUD D’AVENE DES ME LOI/ES — 195 — M.de Vaudreuil, écrivant au ministre Berryer, de Montréal, le 3 mai 1760, dit : “M.des Méloizes, capitaine aide-major de nos troupes, attaché à la brigade de la marine, fit des prodiges de valeur \ il eut enlevé deux drapeaux aux ennemis qu’il avait laisse derrière lui, si un faux avis ne lui eut persuadé que ces drapeaux étaient déjà entre les mains du régiment de Guyenne.” (') Le chevalier de Lévis, témoin de sa belle conduite, écrivait à son tour à M.Berryer, le 28 juin 1760 : “ Le sieur Mélouèze (Méloizes), premier capitaine-aide-major, a été blessé dangereusement ; c’est un oflicier de distinction et qui a des talents.Je crois qu’il mérite la croix de Saint-Louis ; cette grâce donnera de l’émulation aux officiers de l’état-major.” ('-) Cette récompense tant convoitée par tous les braves lui fut accordée le 24 mars 1761.M.des Méloizes s’embarqua pour la France avec les débris de l’armée française.Jeté à la Bastille avec un grand nombre de ses compagnons d’armes, sous le prétexte qu’ils avaient pris part aux prévarications de l’intendant Bigot, il fut honorablement acquitté après une longue instruction.Le 11 janvier 1764, le roi faisait adresser la lettre suivante au duc de Praslin : “ M.des Méloizes, ci-devant capitaine aide-major en Canada, ayant, monsieur le duc, été retenu à la Bastille pour les affaires du Canada dans lesquelles il n’a point eu de part puisqu’il a été déchargé par le jugement de toute accusation, il a besoin de passer dans cette colonie pour aller vaquer à ses affaires et y vendre son bien.Je vous prie de vou'oir bien lui obtenir de la cour d’Angleterre par le canal de M.de Guerchy, une prolongation de terme d’une année au delà de celui lixé par le traité, sa dé- (1) Correspondance générale.-) Lettre* du chevalier de Levis concernant Ut guerre du Canada, j».364. — 196 — tention ayant été plus longue que ce temps là, afin qu’i) puisse jouir dans cette colonie de toutes les facilités promises par le même traité du bénéfice duquel il n’a pu profiter puisqu’il se trouvait détenu.Il compte passer à Québec dans les six premiers mois de cette année.” (‘) M.des Méloizes revint, en elfet, au Canada dans le cours de 1765, et vendit son fief de Neuville à Joseph Brassard Descheneaux.En 1787, il siégea à l’assemblée provinciale de l’ile de Frauce comme représentant de la noblesse pour le département de Senlis.Il décéda à Blois le 11 septembre 1808.M.des Mélo zes avait épousé, au château de Fiesnoy, le 5 janvier 1767, Agathe-Louise, fille du marquis de Fresnoy et d’Elisabeth-Louise Blanchard de la liochette.Le marquis de Fresnoy descendait par sa mère de l’amiral de Coligny, si célèbre dans les guerres de la Fiance.Agathe-Louise de Fresnoy étant enfant unique transmit à la famille des Méloizes le titre de marquis de Fresnoy, eonféié à Henri de Fresnoy, son aïeul, au mois d’août 1652, et dont par une flatteuse dérogation aux règles établies, la jouissance avait été étendue à la descendance féminine.“ Avant égard, est-il dit dans tes lettres, aux grands et recommandables services que notre cher et bieu-aimé Henri de Fresnoy, sieur de Neuilly, nous a rendus, et à ceux que ses père et ayeux ont ci-devant faits à nos piédécesseurs rois.Mettant d’ailleurs eu considé- ration li qualité de la terre et seigneurie de Fiesnoy.relevant entièrement de nous.avec droit de haute, moyenne et basse justice, et de laquelle sont tenues et mouvantes plus de cinquante terres nobles.avons de grâce spéciale, ph iue puissance et autorité royale,.éi igé eu titre, dignité et prééminence de marquisat les dites terres et seigneuries de Fresnoy, Neuilly, Saint-Just* Bornel, Bâillon, etc, etc, sous le nom de Fresnoy, pour en (1) tlapport conta liant Ira archiver canadiennea pour l'année 1901, p.'iS. - 197 jouir et user le dit sieur de Fresuoy, ses hoirs successeurs et ayant cause mâles et femelle», pleinement, paisiblement et perpétuellement, nonobstant tous règlements, ordonnances, déclarations et lettres à ce contraires, auxquels nous avons dérogé et dérogeons.” Madame des Méloizes décéda à Blois le 2 avril 1808.Dernière descendante de la maison de Fresnoy, elle transmit, comme nous venons de le voir, à la famille des Méloizes le titre de marquis de Fresnoy.File laissait un fils et deux filles : I MARIE-NICOLAS R.D'A.DES MÉLOIZES-FRESNOY Le continuateur de la lignée.II LOUISE-EMILIE R.D’A.DES MÉLOIZES-FRESNOY Mariée, à Blois, le 14 août 1798, à Paul-Philippe-Antoine Menjot, chevalier, seigneur d'Albert au Maine, de Beauvais, les Anglées, Cangy en Blésois, vicomte de (Jhamnileur-Groustel, veuf de Catherine-Françoise Tré-zin.O Elle eut deux fils dont l’un épousa sa cousine, Kdme-Gabrielle, fille du marquis Marie-Nicolas Penaud d’Avène des Méloizes-Fresnoy.III ROSALIE-CHARLOTTE ANTOINETTE R.I)'A.DES MÉLOIZES-FRESNOY Née le 27 août 1779.Mariée, le 28 avril 1800, à Pierre-François-Louis, marquis d’Aux, veuf de Marie-Louise-Adélaïde d’Aux.(I) ha famille Menjot, originaire de Champagne, a occupé pendant quatre siècles dans la magistrature et dans l'armée un rang aussi distingué qu'honorable.On trouvera une notice généalogique sur la famille Menjot dans VAnnuaire de la noble**e de F ranee de M.Horel d'Iiauterive, année 1S77. MAELE-NICOLAS RENAUD D’AVËNE DES MÉ LOI Z ES-FRESNO Y — 190 Le marquis d’Aux mourut au Alans le 23 février 1833.(') Sa veuve décéda au château d’Aux le 5 août 1S65, à l'âge de 8ô ans.Elle avait eu un fils et trois lilies.Première génération : François-Marie R.il'A.des Méloizes Deuxième génération : Nicolas-Marie R.d'A.ties Méloizes' Troisième génération : Nicolas K.d’A.des Méloizes Quatrième génération : M.-N.K.d’A.des Méloizes-Fresnoy MARIE-NICOLAS RENAUD D’AVÈNE DES MÉLOIZES-FRESNOY Né au château de Saint-Just, commune de Xeuilly-eu-Thelle (Oise) le 3 octobre 1708.Il fut d’abord officier au régiment de lîourbonnais (1785).11 entra ensuite dans les mousquetaires du lioi (1792).Le piince de liroglte attacha plus tard M.des Méloizes-Fresnoy â sa personne en qualité d’aide de camp.Ardent royaliste, le marquis ties Méloizes-Fresnoy fut forcé, sous l’Empire, de chercher un refuge hors de France.Dans le cours de son exil, il entreprit de venir au Canada visiter les familles avec lesquelles il était allié les de Lotbinière, les de Lery, les Juchereau Duciiesnay, etc.Le naviie sur lequel il s’était embarqué fut pris par deux fiégates françaises et il dût renoncer à son projet.La lettre suivante qu’il écrivait à son cousin M.Juchereau Duchesnay, le 2 juillet 1824, donne b’intéressants détails sur ses pérégrinations pendant cette époque tourmentée : “ Plusieurs lettres que j’ai reçues de vous, mon cher cousin, me font vivement regretter que nous soyons aussi (1) Le marquis d’Aux était de la même famille que le chevalier d’Aux qui ft-rtir dans la Nouvelle-France sous le comte de Frontenac.Le* Iroquois le -arriérent prisonnier deux ans et quatre mois Les archives du département de la marine à Paria contiennent un plan de Boston fait par le chevalier d’Aux en 1692. — 200 — ¦éloignés l’un de l’autre, et que les moyens de correspondre ne nous soient pas faciles.11 parait qu’aucuue de mes lettres ne vous sont parvenues ; j’ai il y a longtemps écrit à M.de Lotbinière et je n’ai pas eu plus de succès.M.de Saint-Denys vient de m’écrire pour m’ofl'rir très obligeamment de se charger de cette lettre, en m’apprenant qu’il a des moyens assurés de vous la faire parvenir, et" je saisis avec empressement une occasion aussi favorable.Que d’événements, mon cher cousin, se sont succédés depuis que nous nous sommes vus ; après dix années passées hors de France, je suis parvenu à y rentrer et je n’ai joui que bien peu de temps du bonheur inexprimable de revoir mon bon et respectable père dont j’ai reçu deux ans après les derniers soupirs, et quatre ans après cet affreux malheur ceux de mon excellente mère.Dans le cours de mon exil j’ai entrepris de me rendre eu Canada.Il eut été bien consolant pour moi puisque la France m’était interdite de pouvoir arriver dans un pays où j’avais des parents et des amis.Je n’ai pas eu cette satisfaction.Je fus arrêté au milieu de la traversée par deux frégates françaises la Décade, capitaine Holland, et la Néréide, capitaine Pepin.Je me donnai pour sujet de Sa Majesté Britannique et je me tirai ainsi d’affaires.Je n’ai pas oublié que votre père mit à Londres une somme à ma disposition pour entreprendre ce voyage; je n’usai point de ce secours par la crainte que j’avais de ne pouvoir en effectuer la remise, mais je conserverai toute ma vie le souvenir île cette bienveillante attention.“Je suis marié et aujourd’hui père d’une nombreuse famille.J'ai sept enfauts dont quatre garçons.L’aînée de mes tilles vient d’épouser son cousin germain fils aîné •le ma sœur ainée.Mes autres filles sont encore trop jeunes pour être établies.Je vis aujourd'hui à Blois où je me suis marié.T’y ai une petite aisance et j’ajoute à mon revenu les appointements de secrétaire-général de la Préfecture qui sont de trois mille francs. — 201 — “ Peu d’années avant son décès mon père avait reçu plusieurs lettres du vôtre, et dans ces lettres il lui témoignait le plus ardent désir de quitter le Canada et de venir s’établir en France après avoir vendu sa terre de Beauport.Malgré toute la satisfaction que nous aurions éprouvée de voir revenir au milieu de nous un parent des procéiés duquel nous avions tant à nous louer, mon père en fit le sacrifice et le dissuada d’une pareille résolution, qui dans le fait n’était pas sans dangers pour sa fortune et sa famille dans un temps où notre pays se ressentait si vivement des affreuses secousses qu’il avait éprouvées.“ Juchereau l’aîné est fort avancé au service, il est à la veille d’etre fait maréchal de camp.11 est décoré de plusieurs ordres et est commandeur de l’ordre royal de la Légion d’honneur.C’est un officier très distingué.Il a une fille qui annonçait devoir être et que l’on m'a dit être devenu fort jolie et très spirituelle.“ Son frère cadet est dans la magistrature.“ Adieu, mon cher et bon ami, recevez les affectueux compliments de ma femme et de mes eufants, et les regrets qu’ils ont de ne pas vous connaître, et de n’avoir pas même l’espérance de vous voir.“¦ Mes soeurs à qui j’ai fait part de l’amitié que vous voulez bien conserver à notre famille y ont été très sensibles et me chargent de leurs affectueux compliments.L’aînée est veuve de M.de Menjot, gentilhomme normand, qui était propriétaire dans les environs de Blois.La cadette a épousé le marquis d’Aux, dans la province du Maine.Ma sœur ainée a deux fils dont l’aînée a épousé ma fille ; ma sœur cadette a un fils et trois filles.“ Puisque vous avez de l’amitié pour nous j’ai lieu de penser, mon cher cousin, que ces détails ne vous paraîtront pas de trop.“Adieu, encore une fois ; soyez assuré de mon tendre souvenir et conservez toujours mémoire de moi.“ Vous avez en Canada une branche de la famiiie de Salaberry.Le père de ma femme, le comte de Cheverny, était cousin germain du comte de Salaberry, aujourd'hui député à la Chambre des départements (sic).Ainsi par moi et par ma femme vous voyez que nous sommes liés au Canada.“ de pense que mes plus proches pirents sont aujourd’hui M.de Lotbinière, vous et M.de Lery et que mou père était allié à un grand nombre de Canadiens dont plusieurs sont restés dans ce pays et y ont des descendants.Je regrette beaucoup d’avoir été arrêté en cheiniu et de n’avoir pas fait la connaissance de cet excellent pays.” Le marquis des Méloize»-Fresnoy fut fait chevalier de Saint-Louis par Louis XVI 11 en récompense de sa fidélité il la cause royale.Le marquis des Méloizes-Fresnoy mourut à Mois le S mai 1841.Il avait épousé, à Mois, le 22 novembre 1802, Aimée-Zéphirine, fille de Bernard-Marie-Joseph-Pierre lJufort, comte de Cheverny, et de Elisabeth de Cabneil.Elle décéda au château du Breud (Loir et Cher) le 11) octobre 1837.I)e leur mariage naquirent quatre fils et trois filles : I EUGENE H.D’A.DES MÉLOIZES-FKESNOY Né à Blois le 28 août lttOo.11 fut longtemps conservateur des foiêts à Bourges.Le marquis des Méloizes Fresnoy mourut à Bourges le 31 janvier 1800.II était à sa mort ofti lier de la Légion d'Honneur.Il avait épousé à Issoudun, le 11 juillet 1834, Pauline-Nancy Thabaud de Linetière.Elle est décédée à Bourges le 15 mars 1900, laissant deux filles : I.A imée Zépkmne-Elisabeth-Louise- Jeanne IienauU d'A.des Méloizes-Fresnoy. — 203 — Née à Issoudun le 22 septembre 1838.Non mariée.II.Marie-Henriette K.J'A.il
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