Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /, 1 avril 1916, avril
BIJL.IJ5TIN DES RECHERCHES HISTORIQUES VOL.XXII BEAUCEVILLE—AVRIL 191* N*~IV LA FAMILLE BECARD DE GRANDVILLE On a accumulé tant de fantaisies, de contradictions et d’erreurs de toutes sortes sur le compte de Pierre Bécard de Grandville et de ses six tils qu’il nous a paru utile de les remettre chacun à leur place.I.a grande faute de ceux qui ont eu à parler de Pierre Bccard de Grand-ville et de sa famille a été de ne pas consulter la correspondance officielle des gouverneurs et des intendants de la Nouvelle-France avec les ministres de la marine en France.A l’aide des lettres des gouverneurs et des intendants et des réponses des ministres, il est relativement facile de démêler la carrière de chacun des Bécard de Grandville.Pierre Bécard de Grandville On a écrit Béquart, Béquard et Bécard.Cette dernière orthographe nous semble la plus correcte.C’est du moins la plus en usage de nos jours.Pierre Bécar1 de Grandville était originaire de Paris, paroisse Saint-Eustache.Il était le fils de Denis Bécard et de Jeanne Milleron.Il passa dans la Nouvelle-France en 1665 avec le régiment de Ca-rignan dans lequel il était enseigne.En 1668, le régiment de Carignan fut rappelé en F'rance.Quatre compagnies furent cependant laissées ici pour la défense du pays.De plus, les soldats qui voulurent s’établir dans la colonie reçurent leur congé.Quant aux officiers, pour les engager à rester dans la Nouvelle-France, on leur fit de grandes concessions de terrains.Plus de quatre cents soldats et un bon nombre d’officiers profitèrent de l’avantage qu’on leur offrait.Pierre Bécard de Grandville fut du nombre. - 98 — Pour sa part, il reçut la concession des îles Sainte-Marguerite ( près des îles aux Oies et aux Grues) “consistant en quarante arpents de front sur cinq de profondeur avec trois petits îlets du côte du sud et la batlure joignant les dites îles ” (i) Pour s’attacher d’avantage à son pays d’adoption, Pierre Hecaul de Grand ville épousa, le 22 octobre 1668, Anne Macard, fille de Nicolas Macard, un des principaux citoyens de Québec.Le 29 octobre 1672, l’intendant Talon faisait une nouvelle concession à M.de Grandville.Il lui accordait l'îlet du Portage, avec une demi-lieue de terre en deçà et une autre au delà du dit ilet.(2) Le 30 novembre 1686, M.de Grandville était élu marguillier de Notre-Dame de Québec à la pluralité des voix.Dans sa campagne contre les Tsonnontouans, en 1687, le marquis de Denonville confia le commandement île quatre compagnies de milice à M.de Grandville.Le 25 août 1687, il rendait compte au ministre du résultat de son expédition : “Les sieurs de la Durantaye, Grandville, Dupuis, Bertlner, la Vallière et Lcngueuil, qui ont très bien servi, seraient de très bons c; -pitaines Je ne vous saurais assez, dire combien Grandville et L0.1-gueuil, à chacun desquels j’avais donné quatre compagnies à commander, se sont distingués par dessus les autres.(3) K11 1689, M.de Grandville était agent de la Ferme à Tadoussac.M l’abbé Auguste Gosselin, s’appuyant sur le témoignage du marquis de Denonville, dit que le poste de Tadoussac, confié aux soins de M.de Grandville, était un poste exemplaire sous le rapport de la (1) M.de Grandville ayant perdu le titre de sa concession des îles Sainte-Marguerite que lui avait accordée 1 intendant Palon, le -, novembre .698, le gouverneur de Frontenac et 1 nitendant Bochart Champignv lui en accordèrent un nouveau.Il est dit dans et titre .“à condition que si le premier titre qui luy en a ete accorde se trouve, il seraTnulle valeur au moyen du présent.’’ Pièces et documents relatifs à la tenure seigneuriale, p.446.(2) Pièces et documents relatifs à la tenure seigneuriale, p.273.(3) Archives du Canada.Correspondance générale, \ol.9. — 99 — tempérance, (i) Iîn 1690,lorsque M.Provost,qui commandait à Qué'iec en l’absence de M.de Frontenac .apprit que la flotte de Phipps remontait le .Saint-Laurent, il envoya son ljeau-frère, M de Grandville, sur une biscaïen-11e armée, pour reconnaîtie les différentes passes du fleuve jusqu’à Ta-doussac.M.de Grandville s’étant avancé avec trop peu de précaution ou, peut-être encore, trompé par des pavillons français arborés s ir les vaisseaux ennemis, fut fait prisonnier par l’équipage du vaisseau amiral.Il remonta en compagnie de Phipps jusqu'à Québec.Les Anglais entendant de leurs vaisseaux le bruit que faisaient les milices de Montréal arrivant, tambour battant, pour prendre part à la défense de la capitale, demandèrent à leur prisonnier ce que ce bruit signifiait.M.de Grandville, après avoir écouté les fifres et les caisses et voyant bien d’où cela venait, leur dit cavalièrement : “Ma foi, messieurs, vous 11e tenez rien, c’est M.le gouverneur de Montréal qui arrive avec les gens d’en haut, vous n’avez qu’a plier bagage ; ce secours pour Québec vous fera perdre vos peines.’’ M.de Grandville fut échangé, le 25 septembre 1690, pour le capitaine Davis qui avait été pris par le sieur de Portneuf au fort Royal (Portland).Le 1er mars 1693, M.de Grandville était promu lieutenant.(2) Dans l'expédition de M.de Frontenac contre les Onnontagués en 1696, les milices canadiennes furent divisées en quatre bataillons.Celui de Québec fut commandé par M.de Saint-Martin, celui de lrois-Rivières par M de Grandpré et celui de Montréal par M.Desclmm-bault.Le bataillon de la côte de Beaupré eut M.de Grandville pour commandant.Le 2 juin de cette même année 1696, le comte de Frontenac et l’intendant Champigny concédaient à MM.de Grandville et Aubert de (/) L'Eglise du Canada depuis Mgr de Laval jusqu'à la conquête, p.7/.(2) Rapport sur les archives canadiennes pour 1899, p.287. — 100 — la Chesnaye deux lieues de front sur trois de profondeur joignant d’un oôté l'îlet du Portage, appartenant à M.de Grandville, et de l’autre à la seigneurie de Terrebois, propriété de M.la Chesnaye.(i) En 1699, la majorité des Trois-Rivières étant devenue vacante par la mort de M.Boucher de Grandpré, MM.de Callières, gouverneur-général, et de Champigny, intendant, proposèrent M.de Grandville pour remplir cette charge.Ee 6 novembre 1700, ils écrivaient au ministre : “En cas que Sa Majesté 11e juge pas à propos de renvoyer le dit sieur de Louvigny en ce pays pour exercer la charge de major des Trois-Rivières dont elle l'a pourvu, nous estimons qu’il n’y a perstnne qui puisse mieux remplir cette place que le sieur de Grandville, lieutenant d’une compagnie du détachement de la Marine, un des plus anciens officiers dans le régiment de Carignan.Il est très honnête homme, beau-frère de M.Provost, gouverneur des Trois-Rivières, dont il recevait beaucoup de soulagement et qui vous en serait très obligé ; et comme Sa Majesté avait ordonné que le dit sieur de Louvigny donnerait 2000 livres à la veuve du sieur Grandpré, ci devant major de la dite ville et que le sieur de Champigny a fait consigner au Greffe les S50 1.des appointements de cette année du ditlsieur de Louvigny, cette somme avec celle de 1150 que le sieur de Grandville offre de donner ferait les 2000 à la veuvelpour satisfaire aux intentions de Sa Majesté.” (2) Le roi leur fit répondre, le 31 mai 1701, qu’il 11e pouvait donner la majorité des Trois-Rivières à M.de Grandville parce qu'il était beau-frère de M.Provost, gouverneur de ce lieu.MM.de Callières et de Champigny en prirent occasion pour écrire au ministre le 5 octobre 1701 : “Quand nous avons proposé le sieur de Grandville pour la place de major de Trois-Rivières, nous n'avons pas cru que ce fut un obstacle pour lui d’être beau-frère de M.Provost, puisqu’il lui peut être d'un grand secours, pour le service de Sa Majesté, lorsqu’il est incommodé de la goutte, par la confiance qu’il a en lui.D’ailleurs ce gouvernement étant au milieu de la colonie, quand ils 11e seraient pas aus- (1) Pièces et documents relatifs à la tenure seigneuriale, p.425.(2) Archives du Canada.Correspondance générale,vol.18. —101 — si honnêtes qu’ils le sont, il n’y aurait rien à appréhender.” (i) '! Le 20 juin 1703, M.de Grandville recevait du roi la compagnie de M.de Lou vigny, nommé major de Québec.On a écrit que M.de Grandville était mort à l’ile Royale le 1er mai 1708.La vérité est qu’il décéda à nie aux Oies, dont il était proprietaire, le 4 mai 1708.Il fut inhumé deux jours plus tard dans la chapelle Sainte-Anne de l’église paroissiale de Québec.La veuve de M de Grandville, Anne Macard, lui survécut vingt-trois ans.I'.lle décéda à Québec le 10 décembre 1731, et fut inhumée le lendemain dans la cathédrale, probablement aux côtés des restes de son mari.Disons maintenant un mot de chacun d;s douze enfants de M.de Grandville : i° Daniel Bécard de Gkandviu.r Né à Québec le 9 septembre 1669.Décédé au même endroit le 6 juillet 1689, et inhumé dans l’église paroissiale.I/acte de sépulture ne nomme pas ses père et mère et le dit âgé de 22 ans ou environ.Il est facile de se convaincre toutefois que c’est bien de Daniel Bécard de Grandville dont il s’agit.20 Jean-Baptiste Bécard de Orandyti.i.k Né à Québec le 25 septembre 1670.Le 1er juin 1695, il était nommé procureur du roi à la prévôté de Québec.(2) M., de Grandville décéda à Québec le 23 avril 1699 et fut inhumé dans l'église paroissiale Il ne s’était pas marié.3° Louis Bécard de Grandviu.k Né à Québec le 14 avril 1673 En 1687, le marquis de Denonville, gouverneur de la Nouvelle-France, envoyait en France quelques jeunes Canadiens pour servir dans la marine en qualité de gardes-marine.Louis Bécard de Grand-ville était du nombre.vol eu d'occasion de s'instruire il faut, nécessairement, du génie et quand nous avons assuré Sa Majesté qu’il était sage, et qu’il avait les autres qualités pour se bien acquitter de cet emploi, ce n'a pas été légèrement ; la grande facilité qu'il a pour le dessin et l’offre qu'il fait de l'enseigner nous porte à supplier Sa Majesté de lui accorder quelque giatificaiion annuelle pour procurer ce bien au pays où il -e trouve seul capable de faire une carte ce qui ne le détournera point de l’application qu’il doit donner à son emploi.” (i) M.Bécar.de Grand ville décéda à Québec le 2 janvier 1703.Il ne s’était pas marié.50 Marie-Annh Bêcarji de Grandville Née à Québec le 15 juillet 1677.Mariée,à Québec, le 7 novembre 1702, à Pierre-Jacques de Joybert, chevalier, seigneur de Soulanges, enseigne de vaisseau et capitaine d’une compagnie franche de la marine, fils de défunt Pierre de Joybert, seigneur de Soulanges et de Marson, commandant à l’Acadie, et de dame Marie Chartier.M.de Joybert décéda à Québec le 16 janvier 1703, deux mois après sou mariage.Il 11’était âgé que de 25 ans.Sa veuve décéda dans sa seigneurie de Soulanges le 10 avril 1767.Iille avait eu une fille (posthume) qui devint l’épouse, le 19 octobre 1728, de Paul-Joseph LeMoyne, chevalier de Longueil, et fut la mère de onze enfants.60 François Bécard de Grandville Né à Québec le 3 mai 1679.Décédé au même endroit le 2 septembre 1679.70 Marie-Angélique Bécard de Grandville Née à Québec le 10 septembre 1680.Décédée au même endroit le 23 octobre 1687, et inhumée au cimetière paroissial.(1) Archives du Canada.Correspondance générale,vol.18, — 106 — 8° Pierre Bécard de Grandviei.e Né à Québec !e 30 juin 16S3.Il fut le seul de sa famille à se livrer à la culture de la terre.Il entreprit d’exploiter le domaine de sa famille à 1 île aux Oies.Le 3 septembre 1723, il céda tous ses droits sur le domaine de Plie aux Oies à son frère Paul et à sa sœur Geneviève.Cet abandon se fit aux conditions qu’on veillerait à sou entretien et à celui de sa mère ; qu’on lui donnerait chaque année la somme de vingt louis ; qu on lui ferait chanter le jour de ses funérailles un service et le jour anniversaire de sa mort un autre service.(.1 ) M.Pierre Bécard de Grandville décéda à 1 île aux Oies le 5 janvier 1750, et fut inhumé à Saint-Thomas de Montmagny le 13 j “îvier.Il est dit dans l’acte cie sépulture que le retard de l’inhumation fut causé par les glaces qui rendaient la traversée trop périlleuse pour s'a- venturer sur le fleuve.M.Bécard de Grandville 11e s’était pas marie.M.Bécard de Grandville vécut pendant plusieurs années seul avec sa sœur Geneviève sur la petite île aux Oies.Toutes les fenêtres de leur maison construite en pierre étaient fortement grillées.11 n’en fallait pas plus pour aiguillonner l’imagination populaire.L’ilc aux Oies et les îles environnantes étaient fort giboyeuses.Les MM.Bc card de Grandville amateurs passionnés de chasse éloignaient de leurs îles les chasseurs de la rive sud du Saint-Laurent afin de garder pour eux le gibier.Toutes ces circonstances pourtant bien naturelles firent qu’on inventa sur le compte du frère et de la sœur des légendes qui avec le cours des années ont été amplifiées et dénaturées.Dans ses CHRONICLES OF THE ST-LAWRENCK.sir James M.Le Moine a recueilli une de ces légendes.Nous la donnons ici dans la traduction un peu libre qu’en a faite M.Auguste Béchard, dans son HISTOIRE DE L’ILE AUX GRUES : “Il y a plus d’un siècle, un officier français quittait la vieille France pour venir résider dans le pays appelé alors la Nouvelle-France Cet officier obtint la concession d’un fief ou seigneurie compte nant un groupe d’îles appelées les îles Sainte-Marguerite auxquelles il (1) L’abbé Couillard Desprès.Histoire des Seigneurs de la Rivic te-du-Sud, p.99. —107— ajouta, plus tard, les deux îles aux Oies et T île aux Grues, concédées eu 1646, à M.de Montmagny.Ces acquisitions font naturellement supposer que cet officier était un homme de haut rang et de grands moyens.Il choisit pour sa résidence une des îles les plus isolées c u groupe, mais environnée de grandes beautés naturelles.H > fit cons truire non pas un château à tours crénelées comme les chateaux du moyen-âge, mais une simple maison de pierre à murs épais et massifs.Cette résidence devint 1111e prison, pour lui-même ou pour son fils ; on n’a jamais su au juste pour lequel des deux.C’est là, dans cette espèce de donjon, dans ce lieu retiré, que vécut renfermé, un grand nombre d’années, un être dont on n’a jamais pu savoir positivement e nom.La personne qui avait soin du prisonnier était une femme ou plutôt un ange sous la forme d’une femme.Etait-elle unie au prisonnier par les liens du sang ?.N’était-elle qu’une amie dévouée du malheureux captif ?.C’est ce que nous verrons plus loin, lout ce que 1 on sait d’une manière certaine, c'est qu’elle était riche et appartenait à la haute société.Le prisonnier, était il dit, avait perdu a raison ; et l’on se demandait souvent : Etait-il venu au monde l’esprit aliéné > .Sinon, quelle avait été la cause de la jierte de ses facultés intellectuelles ?.Est-ce qu’il n’y avait, en France, aucun asile qui voulût le recevoir ?.” Personne ne pouvait répondre positivement à ces questions ; et toutes sortes de conjectures, aussi absurdes les unes que les autres, comme c’est toujours le cas, les soupçons les plus graves circulèrent au sujet de cet emprisonnement.“Quel était ce nouveau Masque de fer ?.Pourquoi s’etait-il enfermé ou l’avait-on enfermé dans ce tombeau formé de quatre murailles massives ?.Pourquoi était-il condamné à n’entendre toujours que U voix courroucée du fleuve, ou le vent de la tempête mugissant dans les arbres qui ombrageaient sa prison ?- - Mystère ! “La tradition veut que 1 ange qui prit soin du malheureux capti ait été mademoiselle de Grandville : le prisonnier, aurait-elle dit était sou frère.L’amour fraternel l’aurait convertie en geôlier.Reste a savoir de quelle manière, dans quel sens, mademoiselle de Grandville prenait le mot de FRERE.Etait-ce l’acception chrétienne ou celle du sang ?• - Quoiqu’il en soit de la réponse à ces questions, il n y a pas c e doute que cette femme, à l’âme noble et dévouée, a dû verser d a >011-dantes larmes à la vue des malheurs de celui dont elle s’était constituée Pange gardien, qu’il fut son frère ou son amant.Son coeur a du — 108— souffrir et saigner cruellement au spectacle du naufrage de l'intelligence de celui qu’elle aimait d’un si grand amour.” 9kî Marguerite-Geneviève Bécard de Grandvi i.lh Née à Québec le 21 janvier 1686.Décédée au même endroit le 15 août 1687, et inhumée au cimetière paroissial.i°u Geneviève Bécard de Grandville Née à Québec le 18 septembre 1691.K11 1716, elle résidait avec sa mère à Québec.Après la mort de sa mère, elle se retira avec son frère à l'ile aux Oies.1 iu Paul Bécard diî Grandville-Fondvii.ee Né à Québec le 18 janvier 1695.Comme son jière et ses frères, il se destina à l’armée.Il obtint une enseigne dans le détachement des troupes de la marine.b.n 1721, il était enseigne dans la compagnie de Saint-Martin.(1) Un l>eu avant 1725, un rapport officiel disait de lui : ‘‘11 a servi avec distinction”, I.e 5 juin 1725, il était promu lieutenant.lui avril 1727, la marquise de Vaudreuil sollicitait auprès du ministre de Maurepas en faveur de M.de Grandville-Fondville : Le sieur de Grandville de Fonville, lieutenant et aide-maj or, écrivait-elle, mérite plus qu’un autre, l’emploi qu’il prend la liberté de vous demander par son placet ci-joint si vous le remplacez ; c’est un bon officier au fait du service et le seul qui reste de sa famille ; son père était officier dans le régiment de Carignan et fait capitaine en Cam -da, qui est mort au service, aussi bien que plusieurs de ses frères dont l’un était enseigne de vaisseau”, (2) M.de Grandville-Fondville avait hérité de son père et de ses frè res des îles aux Giues, au Canot, Sainte-Marguerite et Grosse-Ile.I.e 20 mars 1731, il obtenait de l’intendant Hocquart une ordonnance contre les particuliers de Québec et de la rive sud du Saint-Laurent qui (1) Bulletin des Recherches Historiques, vol.XIV, p.380.(c) Archives du Canada.Correspondance générale, vol 49. — 109 — s’ingéraient 'le chasser dans ses îles au mépris de son privilège exclusif de chasse.l.e 6 mai 1737, le ministre de la marine informait M.de Grand-ville-Kondville que le roi lui avait accordé la compagnie de M.de ïîoishébert.En 1739, un rapport officiel disait de lui : “Aide-major des troupes ; exact mais un jieu singulier.’’ En 1744, M de Grandville-Fondville était commandant du fort Saint-Frédéric.En 1746, il fit la campagne d’Acadie, sous les ordres de M.de Ra-mezay.I.e 10 octobre 1747, M.de Grandville-Fondville demandait au ministre de reconnaître ses services : “Je prends la liberté, écrivait-il, de représenter très respectueusement à Vostre Grandeur mes services par le placet cy-joint ; ceux que j’av rendus dans l’emploi d’aide-major des troupes et au fort St Frederic pe datit le temps que j’ay eu l’honneur d’y commander pour le Service de Sa*Majesté me donnent lieu d’espére.rMonseigneur, que Vostre Grandeur voudra bien 111’honorer de sa protection pour m’obtenir de Sa Majesté la Croix de St Louis.“La lettre de Vostre Grandeur à Monsieur le marquis de Beau harnois du 17 avril 1742 dont il y a un extrait an dit fort qui reste entre les mains de Mrs les Commandants de ce poste où il est expliqué que dans le remplacement que Sa Majesté aura occasion de faire parmi les officiers elle fera une attention particulière aux Services qu’ils auront rendus au fort St Frédéric me donnent lieu d'espérer (pie Vostre Grandeur voudra bien m’accorder la grâce que je prends la liberté de luy demander ayant toujours servi avec tout le zèle et application possible”.(1) I7/«- Un est pas question d’argent seulement, mais de ta maison emplacement, terre et argent.C’est ainsi que le procès a été poursuivi et d faut le poursuivre egalement devant le roi et son conseil Si M.Cugnet arrêtait l’exécution, il faut donner caution pour ses frais tu peux le faire ou du moins moi, autrement ils poursuivront à vendre la mmson et les autres biens.Il faudra protester premièrement contre dépôt.Secondement contre le prévost marshal.Troisièmement contre tout acheteur, tant pour ce qui regarde comme propre que pour ce qui me regarde en particulier, à chacun en notre nom en particulier mon pouvoir t'autorise à le faire.Ainsi, ils ne viendront à leurs fins’ Que cela ne t épouvante point, au contraire.Tu verras que je viendrai à bout de tout au dessus de ce que je désire.Ne sois point affli-gctMle mon absence, au contraire paraît gaie.I.e temps me sera payé “Il est arrivé deux petites chaloupes de Gaspé qui ne disent rien et tout le monde soutient qu’une flotte française est ei.bas dans la riviere.Des personnes même sont venues de la Pointe Lévis pour le dire expressément aux prisonniers.Tous les officiers et soldats s’y attendent.Il est défendu à toute personne de se promener sur les travaux sous peine de prison.Il n’est même pas permis aux journaliers ( e se voir.Chacun est obligé de faire son ouvrage à l’insu les uns des autres.Malgré cette sage précaution du général, un ami fidèle que je crois comme je suis vivant m’a dit avoir parlé à un espion sur les travaux habille eu l'uniforme du régiment du colonel Usoppe qui lui a ut Positivement que les troupes du roi ont été battues à la Nonvelle- Par les Américains et qu’ils étaient en marche pour le Canada Il a montré une lettre du général Billy, Amérique, adressée à leurs anus, qui dit qu’il y a deux années qui entrent en Canada cette année e qu une flotte française sera en rivière avec trente mille hommes iwur Quebec.L espion dit que c’est vrai sur sa vie.Dans le même jour 1! a etc vendu.La lettre fut remise au général Halditnand mardi de cette semaine.L’on fait chercher partout pour le prendre.Je pense qu il s en sera retourné rendre compte. —117— Les Canadiens qui ont été pris de force ont été lâchés et l'on prend des Anglais de force pour les embarquer.L’on dit que le géné-m d domie °rilre ‘lue t0l>* habitants soient prêts à prendre les ar- ™rU ih T‘ brUléS’ le,,rS f—s - enfants dé truité sans K ace La personne dit avoir lu l’ordre envoyé au colonel allemand pour les mettre en force en cas de besoin.On rapporte.faire près qUC ICS habita“tS °"1 ^obéir et préfèrent se reû.be "M Desrochers, porteur de la présente, part pour Montréal, je e',as dava"“'se- .Us FrltuT'.f ''“pi0" ,,it.'l“C n°Ue » é abimce par T * \ * S°nt sauvés com,ne d» ont pu dans leurs ports au- Xe^-frdeC^tterre> U CO,,lbatS'—au canal Saint* De Québec, le 16 avril i78i, Cugnet écrit à madame Cazeau au su-des procedures requises pour effectuer la séparation de biens entre route T ^ m CeC1 lle vellt Pa» dire que Cazeau est en banqueroute.loutefois sa situation financière court des risques, de sorte «lue la femme et les enfants ont besoin de protection.Cugnet écrit en excellent français.Il connaît madame Cazeau.Il lui dit que ses ser ellVers ellc 1,11 vaIent la c°lère de quelques ennemis puissants ''Des prisons militaires de Québec, 8 avril ,782.Ma chère Reine -J ai reçu avec plaisir ta lettre du 28 mars dernier.” Il l'exhorte a ne manifester aucun chagrin et même il lui conseille de ne pas donner des marques de dévotion religieuse trop évidentes par crainte que les gens ne s aperçoivent qu’elle redoute l’avenir.Il continue : "Quand je me rappelle la dévastation du peuple à Lacadie faite par les An-lais qm firent trembler tous les hommes dans un jour sous prétexte de leur aire renouveller leurs serments.” C’est la dispersion des Acadiens 7.v> mentionne ensuite les excès commis au Bengale.Enfin il redoute mille calamités.On connaît sa sortie de prison, avec une dizaine d’autres qui avaient supporté la cause des colonies anglaises insurgées I a mix était faite.’ 1 Les rumeurs que ces lettres de 1780 à 1782 mentionnent étaient courantes dans la petite 1 - j , h tien du Bas-Canada, toujours entrete nue par des émissaires du Congrès de Philadelphie, mais, en réalité, ni la France, ni Washington ne songeaient à recommencer l’invasion de 1775 et les plus déterminés dans ce projet, Franklin et John Adam , voulaient attendre que 1 insurrection des colonies eut pris une couleur avantageuse avant que de chercher à fane des conquêtes.Les émissaires étaient employés par certaines personnes comme il s’en trouve partout qui agissent par excès de zèle sans tenir compte de l’opinion des chefs.Il est à supposer que, une fois libéré, Cazeau tenta de faire recevoir ses comptes par ceux qui s'étaieut servi de ses marchandises.Il y en avait pour deux cents mille piastres.Les colonies n’étaient nullement en moyen de solder de pareilles sommes et, de plus, ne voulaient point se reconnaître débitrices, pas plus pour Cazeau, que pour Ducal-vet, Beaumarchais et plusieurs autres qui s’étaient embarqués dans les affaires de l'indépendance américaine L’histoire en est longue.Cazeau réparait dans une lettre du 6 février 1787.Il esta Paris, écrivant à sa femme,à Montréal, la suite de ce qu’il dit lui avoir annoncé par sa lettre du 20 janvier précédent.D’abord, son mémoire contre les Etats Unis est prêt.Il a intenté un procès à la succession de feu André-François Odelin, de Saint-Pierre de la Tortue, pour recouvrer une créance.Madame veuve Rabuty et madame veuve Hamel, sa fille, ont confié des affaires à Cazeau.Rabuty est décédé depuis six mois.Hamel a péri sur le même vaisseau que Ducalvet en mars 1780.“Monsieur Pétrolier a bien voulu, à ma recommandation, continuer ses soins au fils de M.Ducalvet.” Le frère de Cazeau et leur mère demeurent à “Bourbeaux”.Des deux neveux de Cazeau, l’un est âgé de vingt deux ans, lieutenant dans un navire de 800 tonneaux, et l’autre pilote dans un bâtiment commandé par son oncle Dapeaus ; ils sont aux Indes et portent le 110m de Cazeau.Le 20 mai 1788,il est encore à Paris et annonce à Reine, qui réside à Lachine (chez son père ?) qu’il n’a pas reçu de ses nouvelles depuis le mois de juin 1787, excepté verbalement par Périnaut.“Il faut donc (pie j’abandonne de vous demander les papiers d’Odelin qui m’étaient très nécessaires pour éviter la grande lenteur d’un procès qui est en appel au parlement quoique je l’aie déjà gagné une fois au bailliage d’Amiens ; malgré toutes mes diligences je n’ai pas pu en venir à bout à cause de la contestation qu'il y a entre le roi et les parlements du “royaume”.Il ajoute que le roi a cassé les parlements, que la Bretagne est soulevée, que les Bretons ont chassé l'intendant de leur province, ainsi que l’archevêque de Rennes et pareillement les troupes du roi ; de plus, qu’ils ont envoyé deux conseillers de leur parlement à Londres demander du secours ; et encore que d'autres provinces sont dans le même cas, de sorte, conclue-t-il, que si le roi n’y met pas ordre promptement, toute la France va être dans la situation des Américains 0111770.Personne ne paie ses dettes ; point de justice légale dans tout le royaume.“Dans le mois de novembre dernier, j’ai présenté ma réclamation au ministre des affaires étrangères, à Versailles, tendant à m’in lemni-ser de mes services, pertes et sacrifices ; avec la permission de la faire imprimer.Après deux mois de sollicitations ce dernier article me fut accordé.Enfin, elle fut imprimée à Pâques dernier.Mille exemplaires pour envoyer dans toutes les parties du royaume étaient prêts à partir pour être distribués et vendus dans les principales villes des provinces.Monseigneur le marquis de Lafayette en ayant eu avis, il écrivit deux lettres à mon avocat le même jour que lui et moi fussent a son hôtel pour prendre les mesures les plus convenables pour que je fus payé et’ne pas décrier les Américains.11 me promit sa protection et qui voules (et qu’il vaulait) solliciter lui-même pour m’obtenir une in lemnisation des ministres de France, sans préjudice à mes poursuites contre les Etats-Unis.Le ministre de ces derniers Etats étant pour lors à Anvers, ville appartenant à l'empereur, il me conseilla de l’attendre avant même de faire aucune sollicitation nouvelle auprès des ministres de France, et que cette affaire pouvait être arrangée sans aller plus loin.J’ai donc attendu près de deux mois.Enfin, il est arrivé à Paris.J’ai demandé un rendez-vous à M.de Lafayette pour nous trouver tous ensemble un jour indiqué.I,e jour fut fixé, mais point de ministre des Américains, quoiqu’il avait promis.Depuis, il m’a fait dire par M.de Lafayette qu’il allait écrire au Congrès en conséquence pour que je fus payé, et d’envoyer ma procuration à cet effet, pour recevoir le montant de ce qui a été réglé par le commissaire des Etats de New-York, M.Wms Barber.Plutôt que de egrir (aigrir) ces deux personnages qui pouvaient me faire tort, je me suis déterminé à remettre ma procuration à M lean-Pierre Brisseau de Werville, avocat au parlement, et n’est connu que sous le nom de M.de Werville, qui doit partir vers le ie de juin pour l’Amérique.Sitôt arrive, il m a promis de ne pas perdri .a.«ment pour me faire payer du Congrès. — 120 — htl co,lse(luence, je lu.ai donné ordre, dans ses instructions, de te faire passer nulle piastres sitôt reçues, ou de t’écrire, ou à Ca,eau ( frère ou fils ?) de tirer sur lui pour cette somme, ou que Cazeau irait chercher 1 argent lui-même qui lui sera compté sur son reçu.Pour ne pas perdre de temps â faire valoir l’argent, je lui ai donné ordre, à mon du M.de Wervdle, de faire l’achat de tabac et de me l’envoyer attendu que je ne peux point partir sans avoir reçu de ses nouvelles ’ savoir le traitement que le Congrès me fera.Pendant ce temps-là, je ferai tous mes efforts auprès des ministres de France pour obtenu l’indemni-te qu ils voudront me donner.Par malheur, la France n’a jamais été s.pauvre qu’elle est présentement.” 11 ajoute : "Je suis déterminé de mourir plutôt que d abandonner une cause si juste”.Finalement il declare que, faute d’argent, il n'a pu ‘ commander les avocats et les imprimeurs’ ’ et de là des délais.Il se trouve bien peiné d’être éloigné m longtemps de chez lui.Son adresse est : rue Notre-Dame Nazareth No 113, entre la rue du Temple et la rue Neuve-Saint-Martin.I.a dernière lettre est encore de Paris, le 22 avril 1791 ; "Ma chère Reine.Depuis ma dernière du 15 ou 17 mars dernier, je n’ai fait que parvenir d’assembler un comité des membres de l’Assemblée Na t.onale pour examiner mon affaire.Ils ont trouvé que j’étais en droit de réclamer contre la France et les Etats-Unis les avances et iiertes que j ai faites dans la dernière guerre d’Amérique.Un rapport a été fait a la.qui en a ordonné l’impression et convenu qu’il seiait fait un décret à ce sujet pour toutes les affaires qui n’ont pas été liquidées afin de les liquider et payer suivant le règlement qui en sera fait à chacun en particulier.En conséquence, il sera décrété pour deux milliards d’argent-papier que l’on appelle assigna, pour payer toutes les dettes cte l’Etat.” Suit la description des troubles de France, mais il » y a rien dans tout cela de nouveau pour nous.En finissant, Cazeau dit que cette lettre doit être livrée par un ami au Café de Québec, à Foudres, et de là ou la confiera à la jioste ordinaire.Je 11e sais rien de plus sur cet homme, sauf que, au commencement du XIXe siècle, un de ses descendants obtint des Etats-Unis un reglement de compte et toucha $28,000.Ses papiers sont au trésor, à Washington.BENJAMIN suete \ RKl’ONSKS L'ingénieux Le Vasseur de Neré (X, X.p.320.)-Il a été quest'°n de Levasseur de Neré dans le Bulletin à différentes reprises.Utons : vol.I, pp.o7, 3» ! vol.IV, p.39 ; vol.X, p.320 ; vol.XIV, p.23.’ Dans la brochure de M.Gabriel Marcel, Cartographie de la Nou-vet/e-rranre, nous trouvons une lettre de Vauban recommandant Levasseur de Neré au ministre de la marine.Joignons-la au dossier déjà assez volumineux de notre ingénieur.M.Marcel remarque au sujet de cette lettre qu’eîle n’eut pas grand effet sur le ministre puisque Levasseur de Neré ne fut nommé chevalier de Saint-Louis qu’en 1704.“ A Paris le 30 mars 1700.“J’attendois, Monseigneur, à vous parler de Mr LeVasseur, ingénieur du Canada, que sa santé fût entièrement rétablie, mais comme j apprends que vous désirez qu’il y repasse cette année, je luy ay conseille de se présenter devant vous afin que vous voyiez vous même qu'il n est gueres en estât de soutenir les fatigues d’un grand voyage sur mer.Il doit vous présenter un plan de Quebek que j’ay examiné et dont je dois auoir l’honneur de vous parler la première fois que j’iray à \ ersailles, j ay cru devoir vous dire toujours d’auance que les ouura-ges qu’il propose de faire me paroissent nécessaires, à quelques petites corrections près dont je puis couuenir avec luy et qu’il seroit très important pour le sendee du Roy que vous fissiez quelques fonds pour les commencer.Cependant, si vous n’en remettez aucun cette année, je trouve que sa présence n’est pas bien nécessaire en Canada et qu’il faudrait luy donner encore le reste de cette année pour se remettre."U est vray qu’il y a deux ans qu’il est icy, mais les maux de poitrine dont il est attaqué ne vont pas vite ; il fera pourtant, à ce qu’il 111 a assuré, tout ce que vous désirerez de luy parce qu’il est de bonne volonté.“Mais je vous supplie très humblement, Monseigneur, d’auoir attention à ce qu’il demande qui me paroit juste.Il souhaiterait que ses appointemens fussent sur le même pied de l’ingénieur d;s isles d’Amérique et que vous luy procurassiez, une croix de St Louis.Il est capi- taiiie depuis dix ans et il a seruy sous nies ordres en plusieurs sièges et entre autres à celuy de Namur ; il est dans le génie depuis dix-huit ans ; voilà suffisamment de temps pour obtenir cette grâce ; connue c’est moy qui Pay proposé pour le poste qu’il a, je croy, Monseigneur, que vous ne trouverez pas mauvais que je vous recommande ses intérests d’autant plus qu’il est du scruice de Sa Majesté de donner quelque agrément à ceux qui comme luy seruent dans les pays lointains et qui sont des suiets de mérite.Je suis toujours avec beaucoup de respect,i Monseigneur, votre très humble et très obéissant serviteur.VAUBAN.’ L’“Histoire naturelle et véritable” de Pierre Boucher (XXII, II, p.431—Combien y a-t-il eu d’éditions du jietit livre de Pierre Boucher intitulé : Histoire véritable et naturelle des mœurs et productions du pays de la Nouvelle-France, vulgairement dite le Canada ! Si nous ne faisons erreur il y a eu cinq éditions du livre de Pierre Boucher, une publiée en France et quatre au Canada dont une en langue anglaise.ha première édition fut publiée à Paris, en 1664, chez "Florentin Lambert, rue Saint-Jacques,vis-à-vis Saint-Yves,à l’image Saint-Paul." I.a deuxième édition fut publiée à Québec en 1849 par l’éditeur de Y Album du Canadien.En 1883, paraissait la troisième édition chez Bastien & Cie, à Montréal.Elle fut publiée par les soins de Godefroy Coffin.La quatrième édition, la traduction anglaise de Edward-Louis Montizambert, fut aussi publiée à Montréal en 1883.Enfin, en 1896, M.Benjamin Suite publiait une cinquième édition du livre de Pierre Boucher dans les Mémoires de la Société Royale du Canada.Cette dernière édition est accompagnée de notes explicatives précieuses.Le nom de i.a rivière Chasy.(XXII, IL p.43).—Cette ]>eti-te rivière Chasy qui se jette dans le lac Champlain, non loin de la frontière canadienne, rappelle en effet un 110m français.Les Américains, rendons-leur ce témoignage, conservent avec res|>eet les noms français.Disous à quelle occasion cette rivière reçut le nom de Chasy.Le 7 juillet 1666, dix ambasseurs onneyouts arrivaient à Québec.Ils venaient traiter de la paix avec les Français, au nom des deux can- tons d’Agnier et d’Onneyout.Le traité de paix fut conclu le i2 juillet 1660.J M.de Tracy n’avait guère confiance en la sincérité des Onneyouts Ils arrangea pour garder comme otages quelques-uns des ambassa- Les autres étaient à peine partis depuis trois jours pour leur pays lorsqu'on reçut de fort mauvaises nouvelles du fort Sainte-Anne qu’on venau de terminer sur Pile LaMothe, à l’entrée du lac Champlain.Quelques jeunes officiers du fort ayant voulu se donner le plaisir de la chasse remontaient une petite rivière près de l’île LaMotlie lorsqu’ils furent attaqués par plusieurs jeunes Agniers.M.de Chasy et le capitaine de Traversy avaient été tués et quatre autres, parmi lesquels M.de Leroles, avaient été faits prisonniers.Tous ces officiers appartenaient au regiment de Carignan., M' *rac-v ^ta'1 *e cous'n de M.de Leroles et l’oncle de M de Lliasy.On peut croire que cette trahison l’affecta beaucoup.A P?u près vers le même temps un chef de guerre Agnier se rendit a Montreal.La.on lui apprit que la paix venait d’être conclue.Il se décida a se rendre à Québec.1 i.é^’ jPJracy 'e rÇVnt fort bien, et le faisait manger souvent avec le bâtard Maniniand a sa table, car c’était un homme de poids et de considération parmi les sauvages de sa nation.N icolas Perrot racon te dans son Mémoire sur les Mien rs, etc, des Sauvages, ( p.113) ce qu’il advint de ce chef sauvage : M.de Tracy donnant un jour à manger, témoigna à table combien la perte tpi il venait de faire de Mr.son nepveu luy estait sensible • mais que le bien du public l’avait engagé nonobstant cela à donner la l’aix au Bâtard Flammand qui la luy avait demandée.Cela suffisait pour faire comprendre à ce chef orgueilleux des Alliez la douleur que M.de Tracy ressentait de la mort de Mr.de Chasy qu’ils avaient tué, et l’obliger par bienséance à diminuer s in orgueil.Mais, loin de compatir a la peine qu il en marquait, il leva en sa présence et celle de toute la compagnie son bras, se vantant hautement que c’estaît le sien qui luy avait cassé la teste.Cette insolence outrée rompit la paix que Mr de Tracy avait accordée au Bâtard Flammand, et, faisant dire sur-le-champ à ce chef indiscret qu’il 11'en tuerait jamais d’autres, il le fit prendie et lier, et, ayant envoyé chercher l’exécuteur, sans le faire niettre en prison, il ordonna qu'il fut étranglé en présence du Bâtard Flammand, et partit peu de temps après (octobre 1666), à la teste de quatorze cents hommes, soldats, Canadiens et Algonkins, accompagné de Mr.de Courcelles, pour aller contre les Alliez".P.O.R. - 124 - Pendant une séance du tribunal à Montréal, il » a 2U ans Le vendredi, 19 août 1672, la séance du tribunal seigneurial, à ¦ émané, avait lieu “extraordinairement, de relevée, en l’hostel de jUge CiVÜ Ct “¦ d'Ailleboust, sieur Le temps j'imagine, était superbe, le soleil resplendissait et, dans a r partumé, les o,seaux modulaient de gracieuses chansons.Aiguil-onnc par la nature en fête, le scribe du tribunal oublia la procédure et la coutume de Pans, pour se livrer, sur les documents judiciaires, à des ébauches lyriques que le hasard malin a pris soin de nous conser- moisd-aZ1?SUjetl,eUt 8b0rder derC inS,)iré en Un beaH j‘»'r du Des chants d'amont Non pas ! Notre homme est, pardessus ^ punnet et ce qm lui parait digne desamuse, pendant les monotones piaule,.enes, c'est la bonne chère, c'est le bon vin ! *** L’on peut être poète et faire de mauvais vers ! Cela s'est vu se voit et se verra.Nous eu avons ici la preuve.La piecette que nous reproduisons n’a que huit vers.I.e premier quatrain est correct, mais le second boite.Nulle part la rime ,,'est riche ; elle est à peine suffisante.r«rv2iU "Trï ! Après deUX siècIes et demi tout jirès, il fai,t avec en s str,’i"“s tülic"°""es' sur **•- Oyez : 1 our vivre heureux et sans chagrin, 'Tour bannir de nous tout souci, “Faisons la cuur a de bon vin “Et le disons à nostre ami.“La bonne chore ne sert de guère, “Sy l’on est point accompagné, “Et l’on croit qu’elle est entière, “Quand on boit à sa santé.Hélas ! l’inspiration n'a pas duré ou la séance du tribunal a brusquement pris fin et les vers sont restés tels quels, informes, à peine nés ! I,e document, sur lequel cette poésie est burinée, a quatre pages.La première contient une requête datée du 7 août 1672 ; la deuxième, le procès verbal d’une séance du tribunal, le 8 août ; la troisième page est blanche ; enfin, sur la quatrième, au bas, est le procès verbal de la séance mentionnée au début de cet article.Les quatrains occupent l’espace supérieur, à droite, de cette quatrième iwge.A gauche, comme pour servir de thème, l'auteur a écrit : “ Bonne vie “ bonne chère “ lionne joye “ bonne fin.Le procès verbal n’est pas signé, mais il est de l’écriture de Basset, notaire et greffier de la justice, à cette époque ; quant à la poésie elle est d’une autre main.*** Si médiocre cpte soit cette tentative, elle n’en sert pas moins à démontrer que la langue des dieux faisait son apparition dans notre ré gion, trente ans seulement après la fondation de Montréal, ce qui est déjà beau ! E.-Z.MASSICOTTE —126- La Rivière de la Cabane aux Taupiers Où est située, dans les environs de Québec, la rivière que de vieux ' o.'uments mentionnent sous le nom de “rivière de la Cabane aux Taupiers ?” l.a rivière de la Cabane aux Taupiers c’est le petit cours d’eau qui onge 1 asile des aliénés à Beauport et qu’on nomme aujourd’hui vulgairement la rivière de l’Asile.D’après ce que nous pouvons voir ce cours d’eau a i>orté successivement les noms de rivière de la Cabane aux Taupiers, rivière Chali-four, rivière des Fous et rivière de l’Asile.Dans ^JournaI des ft'suites nous trouvons deux mentions de la riviere de la Cabane aux Taupiers.Au commencement de janvier 1646, le Père Supérieur des Jésuites Sur la fin de l’année (1645), les Ursulines et Hospitalières me firent voir un écrit, par lequel le P.Vimont mon prédécesseur leur avait donné et cédé pour 6 ans 6 arpents de prés à chacune sur les meilleures prairies que nous eussions : scavoir depuis la Riviete de la Labane aux Topics 12 arpents en tirant vers Mous.Giffar le don estait signe du moys d’avril ou de may 1645, un an presq.après qu’il avait reçu les patentes de son successeur, qu’on attendait en ce temps là.’ ’ A la fin de juillet 1646, il est encore question de la Cabane aux 1 aupiers dans le fourual des fésuites : “Environ ce temps les Hospitalières ayant rendu l’écrit du P Vimont par lequel 011 leur avait accordé des prairies sur nos terres pour 6 ans ; ensuite de ce qu’on leur avait procuré à la longue pointe et à 1 isle d’Orléans ; le P.Vimont en avertit les Ursulines à ce qu’elles fissent le mesure : elles y eurent de la peine et prièrent que cela se faisant savoir de leur oter nos prairies j>our les donner à fief, qu’elles fussent préférées à d’autres : la conclusion fut que jusque à ce qu’elles STÏnT1*" dC Ce qU' leUr avait été assiené à la longue pointe et à 1 île d Orleans nous réserverions i5 ou 16 arpents de terre pour elles desquels nous disposerions lorsqu’elles en auraient été assurées ¦ et disposerions des autres y en ayant encore autres 15 ou 16 arpents à don- —127 hit , en tout depuis la Cabanne aux Papiers jusques à la rivière de M.Giffar, il y en a 47 arpents ; il en faut réserver 17 pour la ferme de Beauport, et donner le reste coin ne dessus M.1 abbé Laverdière dit au sujet de la rivière de la Cabane aux Ta u piers : "Ainsi s’est appelée, dans l’origine, et probablement du nom de celui ou de ceux qui les premiers y plantèrent leur cabane, la petite rivière Chalifour, qui passe près de l'asile des Aliénés (à Beaiq>ort) ; ce q îi lui fait donner aujourd’hui le nom de la rivière des Fous”.Les Jésuites avaient donné un fief en cet endroit à Nicolas LeVieux de Hauteville, lieutenant-général civil et criminel de Québec de iôsi à 1656 Deux ans après son retour en France, le 18 avril 1658, M LeVieux de Hau’eville vendait son fief à Florentin Lambert, marchand libraire a Paris.Nous lisons dans l’acte de vente dressé par les not lires Rollu et Gaultier : "Pardevant les Notaires Gardes nottes du Roy nostre Sire en son Chastelet de Paris soussignés, fut présent en sa personne Nicolas le Vieux escuyer seigneur de la Mothe Desorcy (?) dt de haulteville demeurant rue neuve et parcis.se Sainct-Mederiqc, lequel a recogueu et confessé, reconnaît et confesse avoir volontairement vendu, cédé, quitté, trans|iorté et délaissé par ces présentes et promet garantir de tous troubles et empeschemens généralement quelconques du tout, maintenant et toujours, au sieur Florentin Lambert, Marchand Libraire Bourgeois de Paris y demeurant rue Sainct Jacques en la maison où est pour enseigne l’image Sainct-Paul, paroisse St Severin, à ce present et acceptant acquéreur pour luy ses hoirs et ayant cause la terre et seigneurie du diet Haulteville auparavant appelée vulgairement la Cabanne aux Taupiers, consistant en maison maunable, grange et austre bas-timents, terres labourables prés et bois, ses appartenances et dependan-ces, ainsi qu’elle se poursuit et comporte et extende de toutes parts et de fond en comble tenant la totalité d’une part au fleuve de Saint-Laurent, d’autre part à la rivière Saint-Charles, aboutissant d un bout da-mont à Paul Chaillifour charcutier et d’autre bout daval au nommé Jean DuMaine et à une maison appartenante aux Reverends peres Religieux de la compagnie de Jesus en laquelle est demeurant le frère Ceuron scituée au Terroir de Kcbek pays de la nouvelle france dite Canada.” P.-G.R. La campagne du gouverneur Denonville contre les Tsonnontouans Cette campagne fut préparée par le gouverneur Denonville et l'intendant Champigny, dans l'hiver de 1686-87.L’armée canadienne partit de l’tle Sainte-Hélène, près Montréal, le n juin 1687.Elle était composée d’environ 830 soldats du détachement de la marine, de plus de 1000 coureurs de bois et miliciens canadiens et de 300 Sauvages.1 out le monde commit le résultat malheureux de cette campagne.* Les sources imprimées sur la campagne de 1687 contre les Tsonnontouans sont : Relations des Jésuites.Mgr de Saint-Vallier, estât présent de I.'RGI.ise de la nou-vei.lr-Krance.La Hontan, voyages dans l’Amérique septentrionale.La Potherie, histoire de l’Amérique septentrionale.Charlevoix, histoire de i.a Nouvelle-Ivrance.Hi baud, histoire du Canada sous la domination française, py.i83etsuiv.Garneau, histoire du Canada, vol.1er, pp.278 et suiv.Perl and, cours d’histoire du Canada, vol, II, pp.155 et seq.M.de Belmont, histoire du Canada.O’Callaghan, the documentary history of the state of new York.Collection de manuscrits de la nouvelle-France.Girouard, supplement au “Lake St-Louis, etc etc, d’après beauCOUP DE DOCUMENTS INÉDITS, pp.24 et suiv.> Journal d'une expédition contre les Iroquois en 1687, par LE CHEVALIER DE BAUGY, AIDE-DE-CAMP DK M.LE MARQUIS DE DENONVILLE.Lettres et pièces relatives au fort Saint-Louis des Illinois.P.G.R.
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