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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier C
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1991-09-28, Collections de BAnQ.

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pssmpii LE CORPS VACANT i i rvu >11 i 1-h: la phi no = MUSÉE D ART CONTEMPORAIN DE MONTRÉAL Montréal, samedi 28 septembre 1991 MUSIQUE Pelléas et Mélisande La réalisation de Pelléas et Mélisande, le drame de Maeterlinck mis en musique par Debussy, marque une étape importante dans la discographie de Charles Dutoit et de l’OSM, écrit Carol Bergeron, qui compare la version montréalaise à celles de Karajan et Desormière.Page B-5 ROCK En flagrant délit de fausse représentation A FORCE de se le répéter, on pourrait croire que David Bowie a véritablement tourné la page sur sa carrière de chanteur solo.Mais il vient de s’engager à fond dans l’aventure amorcée en 1987 avec le groupe de hard-rock Tin Machine, dont le deuxième album vient de paraître.Page C-8 TELEVISION Le prix de la vie Dans son premier dossier spécial de la saison, Radio-Canada présente dimanche soir La santé : et maintenant qui va payer ?, qui passe au scalpel le financement système de santé canadien.Un reportage dense, écrit Hugo Léger, qui fera palpiter le coeur des contribuables.Page C-9 DANSE Gallotta, la création libérée ! Comme Édouard Lock, qui fit d’abord du cinéma, comme Paul-An-I dré Fortier, qui fut professeur de | théâtre, Jean-Claude Gallotta, est | arrivé à la danse comme s’il dé-i barquait en sol vierge, après une escale à l’École des Beaux-Arts de Grenoble.Mathieu Albert nous le présente.Page C-7 Riopelle, la liberté de l’artiste PHOTO JEAN BEAULIEU m - Jean-Paul Riopelle et Jean-Julien Bourgault Théâtre de l'Oie blanche Montmagny Jusqu'au 25 octobre Jean Dumont J 5 AVOU E qu’au départ la curiosité, plus que la passion, m’a fait prendre la route de Montmagny pour aller me rendre compte, par moi-même, de ce que pouvait donner cette confrontation entre le peintre d’art contemporain de renommée internationale et le chantre de l'art populaire, entre le signataire du Refus global et celui qui donna un nom à la tradition de la sculpture sur bois.Il faut bien avouer qu’il y avait aussi, derrière cette curiosité, des motifs moins clairs.Il faut dire que les rumeurs courent si vite sur l’aile du vent, alimentées par un mot, un « on-dit », une apparition de l’artiste à la télévision : qu’est donc le Jean-Paul Riopelle d’aujourd’hui ?Et plus que toute autre chose : qu’en est-il donc de sa peinture ?Belle leçon donnée à un milieu de l’art toujours friand de catégories, de hiérarchie et d’exclusion.Et j’ai tout à coup eu envie de séparer nettement l’art et la morale et même, pour être franc, d’envoyer tout simplement la morale faire un tour bien au-delà des battures de Montmagny.La dernière exposition que j’aie vue de lui date déjà de quelques années.Elle regroupait alors, à la Galerie Espéranza, des pièces récentes et des pièces plus anciennes.Ces dernières m’avaient enchanté, les autres m’avaient laissé sur leur seuil bordé déjà de couleurs acides et scintillantes.Peut-être d’ailleurs ne les avais-je pas vraiment vues; à cause du regard pas vraiment libre, à cause de l'ambiance de vernissage contre laquelle les oeuvres doivent toujours se défendre, quelqu’elles soient, à cause peut-être de l'agacement dû à l’absence de l’artiste qui s'était désisté au dernier moment.Pourtant je me souviens m’être arrêté longuement devant une des dernières pièces de sa série des oies, pas peinte celle-ci, mais construite.Une immense boîte ouverte accrochée au mur et remplie d'appelants de bois sommairement sculptés.Cette pièce constituait un extraordinaire plaidoyer en faveur de la liberté de l’artiste.Et seul, un artiste véritable pouvait avoir pris cette liberté de la faire et de l’exposer dans le contexte de cet événement.Je retrouvais le parfum enivrant de cette même liberté dans l’événement de Montmagny.L’artiste, sans doute le plus internationalement célèbre de chez nous, invitant son gosseur de copain de chasse à exposer en sa compagnie.Je suis sûr que je fais erreur.Il y a de grandes chances que c’est lé Jean-Julien Bourgault qui a su donner un nom à l’art populaire de toute une région que l’artiste célèbre s'est soudain senti fier d’avoir à ses côtés sur les cimaises improvisées du Théâtre de l’Oie blanche de Montmagny qui n’en avait jamais tant vu.Belle leçon donnée à un milieu de l’art toujours friand de catégories, de hiérarchie et d’exclusion.Et j’ai tout à coup eu en- Jean-Paul Iiiopelle Voir page C-6 : Riopelle JUDITH THOMPSON La femme forte du théâtre anglo-canadien Hervé Guay EN PHOTO, il y a une certaine parenté entre Judith Thompson, la comète de la dramaturgie anglo-canadienne et la protagoniste de sa dernière pièce Lion dans les rues, Valérie Blais.Mêmes yeux bleus cristallins, même regard angélique, mêmes longs cheveux blonds.En ce sens, le choix du metteur en scène Claude Poissant n’est sans doute pas fortuit puisqu’on imagine peu les boucles blondes à une petite Portugaise de Toronto (personnage que Valérie Blais devrait incarner selon le texte).En revanche, un metteur en scène peut aisément évoquer le regard de l’auteure par les traits d’une comédienne, d'autant plus que Lion dans les rues utilise explicitement le procédé : Isobel observe plus qu’elle n’intervient dans l’action.À la limite, toute cette pièce équivaut au cauchemar de son imagination tourmentée.Ce parti pris aurait de plus l’intérêt de rompre avec le cliché de douceur souvent associée à la jolie Canadienne-Anglaise blonde aux yeux bleus, ce à quoi correspond parfaitement Judith Thompon.Mais, ses pièces sont là pour rendre compte que la surface du puits a beau être limpide et calme, il n’en cache pas moins des profondeurs inquiétantes, voire apocalyptiques.Judith Thompson elle-même semble s’être méprise devant son image lorsqu’elle était adolescente.« Comme bien des jeunes filles, en me regardant dans le miroir, j’ai voulu devenir comédienne.» On Ta acceptée à l’École nationale de théâtre à Montréal.Là, en 1979, dans un cours de masque, la voilà confrontée aux premiers personnages désireux de vivre au fond d’elle-même.« Mon personnage s’est mis à parler.L’été suivant, sans trop m’en rendre compte, à temps perdu, j’ai écrit The Crackwalker.» Pre- « Quand j’écris, j’essaie toujours de devenir le personnage.Je le suis d’ailleurs.Je ne veux pas le raconter.Il parle de lui-même.Je m’efface devant lui.Je ne juge pas plus mes personnages que je ne me juge moi-même.Ce qui ne veut pas dire pour autant que je les excuse, que j’excuse ce qu’ils font.En fait, je les montre dans toute leur vulnérabilité.» mière incursion dans l’univers glauque qu’explorera son théâtre.La comédienne se métamorphose en auteure dramatique.Mais, son passé d’actrice laisse des traces dans sa manière d’écrire.« Quand j’écris, j’essaie toujours de devenir le personnage.Je le suis d’ailleurs.Je ne veux pas le raconter.Il parle de lui-même.Je m’efface devant lui.Je ne juge pas plus mes personnages que je ne me juge moi-même.Ce qui ne veut pas dire pour autant que je les excuse, que j’excuse ce qu’ils font.En fait, je les montre dans toute leur vulnérabilité.» Pour elle, c’est le langage qui révèle le personnage.« Ce que j’apprécie le plus, c’est la langue des gens.Celui qui n’a rien à voir avec l’anglais d’Oxford ni avec la langue telle qu’on l’enseigne dans les écoles.D’ailleurs, ça se trouve dans n’importe quelle classe de la société.C’est à partir de ça qu’on peut créer des personnages.Pas avec la langue correcte, homogène, qui est tellement ennuyeuse.» Voilà sans doute ce qu’elle a en commun avec Tremblay à qui la critique montréalaise Ta beaucoup comparée.Encore que Tauteure de Lion in the Streets nie avoir subi l’influence particulière de Tremblay ou de qui que ce soit.« Tout m’influence.Autant Mickey Mouse que les émissions de télévision, les plus débiles, que Shakespeare ou Beckett.Tout.Mais, pas consciemment.» Voir page C-6 : Thompson Judith Thompson , /w > • PHOTO JACQUES GRENIER Robert Favreau ROBERT FAVREAU Pour en finir avec Nelligan Nathalie Pctrowski IL Y A plusieurs ironies dans le Nelligan de Robert Favreau, la plus hallucinante étant que ce premier film de fiction sur le poète national québécois, fleuron glorieux de notre patrimoine culturel, a été entièrement financé par le gouvernement fédéral suite à la décision de la SOGIC, noble institution québécoise, de ne pas soutenir le projet.Un individu non identifié de cette noble institution québécoise aurait dit que les « pouettes » et la « pouésie » ça n’intéressait pas le monde.Un autre individu tout aussi innomable aurait dit qu'il n’y avait pas assez d’extérieurs dans le scénario de Nelligan et qu’en conséquence le commerce des calèches du Vieux-Montréal n'en aurait pas pour son argent.À deux mois d'avis, la SOGIC réservait donc à Émile Nelligan le même sort que cent ans avant la bonne société québécoise lui faisait subir, le jetant ni plus ni moins aux poubelles et le déclarant socialement mort.« S’il avait fallu que le rapport Arpin soit en vigueur, de dire Robert Favreau, le film n’aurait tout simplement jamais existé ».Heureusement pour Robert Favreau et pour Émile Nelligan, le rapport Arpin est à l’étude et les institutions fédérales comme Téléfilm Canada et l’Office national du film peuvent encore à l’occasion prêter main forte aux films québécois et leur in-Volr page C-2 : Favreau c< Je trouve qu’on a proclamé Nelligan grand poète national de façon prématuré.Je ne dis pas que c’est un minable.Il avait un potentiel incroyable pour devenir un très grand poète sauf qu’il a arrêté d’écrire à 19 ans.Son oeuvre est trop succincte pour crier au génie.» Denis Bouchard, Rémy Girard, Raymond Legault et Julie Vincent présentent LA DÉPRIME Cette pièce met en scène toute une galerie de personnages aussi loufoques que sympathiques, depuis le chauffeur d’autobus injustement congédié au jeune homme qui doit se marier par téléphone, en passant par Jojo, la vendeuse de lettres d’amour écrites à l’avance.Une pièce, jouée plus de mille fois et qui est rapidement devenue un « classique », aux côtés de Broue et autres grands succès de la scène.208 pages — 14,95$ ENFIN PUBLIÉE! Vlb ed i ’te UT DE LA grande littérature C-2 ¦ Le Devoir, samedi 28 septembre 1991 \crsion Originale! NT TROIS MOIS! A Théâtre Maisonneuve, v v Place des Arts, Montréal du 12 NOVEMBRE 1991 au 20 FÉVRIER 1992 Avant-premières: 12 et 13 novembre moi Gala d’ouverture: jeudi 14 novembre 1991 au profit de la Fondation du Diabète Juvénile.délibérément flou d’un ado de la fin du 19ème siècle, ado doué mais trop vulnérable pour se battre contre un milieu étouffant et une société répressive qui refusait de reconnaître son talent.« Je trouve ou’on a proclamé Nelligan grand poète national de façon prématuré.Je ne dis pas que c’est un minable.Il avait un potentiel incroyable pour devenir un très grand poète sauf qu’il a arrêté d’écrire à 19 ans.Son oeuvre est trop succincte pour crier au géni.» Pourquoi alors Robert Favreaij, ex-documentaliste recyclé dans la fiction avec Portion d'éternité, un film sur les manipulations génétiques, a-t-il voulu remonter le cours de l’histoire pour faire vivre un poète qu’il n’admire pas forcément;?« Parce qu’il était un créateur et que j’avais envie de camper à l’écran le rapport à l’écriture, parce que jamais dans l’histoire du cinéma québécois, on a filmé la réalité urbaine montréalaise du 19ème siècle el parce qu’il faut rentrer dans Net-ligan pour un jour en sortir.» Le Nelligan de Robert Favreau n’est donc pas un personnage sympathique, ni attachant, réalisme psychologique oblige.« S’il l’avait été, des gens seraient probablement venus à son secours plutôt que de le laisser moisir à l’asile, explique Fd-vreau.J’imagine donc que Nelligab était un adolescent attardé, un jeune pas parlable, plutôt froid et prétentieux.Dans son rapport avec lés hommes el les femmes, je crois qu’il était complètement assexué.C’esil pourquoi je n’aurais jamais pu carter un Roy Dupuis dans le rôle.DU-puis a beaucoup trop d’énergie vitale et sexuelle alors que Marc Saint-Pierre a juste assez de froideur pour que le spectateur ne le perçoive pa.s comme une victime mais comme quelqu’un qui à sa manière a couru a sa perle.» Est-ce dire que Nelligan a mérité un destin aussi tragique ?Robert Fd-vreau nuance immédiatement sek propos.Loin de lui l’idée de tout mettre sur le dos de Nelligan et de doU-douaner sa famille, la société québécoise de l’époque et le milieu petit-bourgeois dont il était issu.De fait, lfc film de Favreau est davantage uni* critique de la petite-bourgeoisie qui il vu naître Nelligan que du poète lui-même.Cette relecture des événd-ments tranche radicalement de l’irf-terprétation de Michel Trembla^ dans l’opéra Nelligan.« Tremblajy est parti du postulat que Nelligan vivait dans une société bornée et fer Marc Saint-Pierre et Dominique Leduc dans Nelligan.mée et que c’est cette société qui l’a détruit.Moi je pars d’un sous-groupe, la petite-bourgeoisie, sous-groupe qui a laissé la société bornée el fermée agir et qui n’a rien fait pour l’arrêter.C’est quand même incroyable de penser que ni la famille, ni les amis et je pense à Idola Saint-Jean, la première féministe québécoise, je pense au père Sears, personne n’est venu voir Nelligan à l’asile, personne n’a essayé de l’en sortir.» Robert Favreau va encore plus loin.Selon lui, ce qui est arrivé à Nelligan, pourrait se reproduire, voire se reproduit régulièrement aujourd’hui.Pour étayer sa thèse, il dessine un portrait robot familier.Décro-cheur à 16 ans, porté sur la bouteille, entretenant des relations troubles avec des gens un peu louches, Nelligan c’est aussi le .< p’tit cul » de Laval qui s’encanaille sur la rue Saint-1,aurent.« S’il vivait aujourd’hui, on commencerait par l’envoyer chez un psychologue, après cela on lui ferait faire un petit tour en institution avant de le désinstitutionnaliser.Tôt ou tard on le retrouverait prostitué au Parc Lafontaine.L’artiste serait-il sauvé pour autant ?On aime se bercer de l’illusion qu’il n’existe plus dans nos sociétés civilisées de génies méconnus.Moi je n’en suis pas si certain.Je crois que chez certains déchets de la société, il y a des Émile Nelligan dont on n’entendra jamais parler.» La charge est forte et Robert Favreau la livre en se demandant déjà quelles foudres il va s’attirer.Il poursuit tout de même : « Je ne peux pas m’empêcher de penser que Nelligan par sa passivité, par son ambiguité, parson impuissance, ressemble au Québec contemporain.S’il fallait que demain des policiers fédéraux débarquent au Québec pour nous enfermer, j’ai l’impression que nous les laisserions faire en nous excusant.» Robert Favreau lui ne s’excuse de rien et surtout pas d’avoir signé un film qui risque d’aller à l’encontre de ce que nous voulons bien penser de Émile Nelligan.Ceux qui ne sont pas d’accord pourront toujours trouver les justifications nécessaires pour refuser la vision de Robert Favreau et lui en superposer une autre.Chose certaine, le mythe de Émile Nelli gan, aussi fort soit-il, est peut-être en train de vivre ses dernières heures de gloire dans le jardin de givre de nos illusions.4 Favreau jecter sinon des sommes somptuaires au moins de quoi voir le jour sur grand écran.En termes économiques, l’équation est simple.En termes psychanalytiques, elle devient plus compliquée mais permet toutefois d’imaginer que dans le grand roman familial qui s’écrit chaque jour sur Nelligan, le père fédéral a exigé la garde des enfants au grand désespoir de son épouse, la mère provinciale, qui à force de sur-protéger sa progéniture, a fini par l’étouffer.L’image peut paraître un peu lourde, n’empêche qu’elle rappelle ce que le critique de formule Un, Jean Larose a déjà écrit au sujet du mythe Nelligan et qui contrairement à ce que Michel Tremblay et André Gagnon en pensent, démontre à quel point Nelligan n’incarne pas notre géni créateur mais nos fissures et nos fêlures collectives; à quel point aussi le poète fut incapable de passer à l’acte donc de devenir un adulte, à quel point son repli dans l’univers maternel, voire la mère patrie française, l’a empêché de s’assumer se- xuellement et de s’assumer tout court pour en fin de compte rester un adolescent éternel piégé par les échecs du passé et incapable de se projeter dans l’avenir.Robert Favreau a lu attentivement le texte de Jean Larose, reconnaissant dans la position du critique sa propre vision du poète maudit hissé bien malgré lui au rang de my- the, de monument et de martyr par un révisionnisme historique auquel le cinéaste a choisi de s’attaquer.Qu’on se comprenne : Robert Favreau n’a pas voulu détruire le mythe de Nelligan pour que de l’aura du poète, il ne reste plus qu’un tas de poussière et des cendres.Disons qu’il a voulu gratter le vernis romantique du mythe pour nous offrir le polaroîd RÉSERVEZ UNE SOIRÉE (514)7902222 LES LIGNES TÉLÉPHONIQUES POUR LA RÉSERVATION DES TICKETS SONT OUVERTES LE SAMEDI ET LE DIMANCHE Billet» en vente également au guichet de la Place des Arts et aux guichets Ti( ketMaster (situés dans certains magasins de La Baie) Groupes (20 personnes minimum) téléphonez : (314) 874-9133 au Québec (4l(>) 923-7466 en dehors du Québec Réservez une place de choix grâce à Avant-première de American Express, composez Je (314) 790-2222 .crt®* Canadien SUR TOUS LES TONS TtePHANl1 )Vî oî tfeeOPEKÂ de ANDREW LLOYD WEBBER mis en scène pur HAROLD PRINCE Le Devoir, samedi 28 septembre 1 991 ¦ C-3 le cahier du j • ameai CINEMA Une biographie tronquée et sans étincelle Nelligan Réal : Robert Favreau.Scénario : Aude Nantais, Jean-Joseph Tremblay, Robert Favreau et Claude Poissant.Avec Marc St-Pierre, Michel Comeau, Lorraine Pintal, Luc Morissette, Gabriel Arcand, David La Haye, Dominique leduc, Andrée Lachapelle, Gilles Pelletier, Denise Filiatraut, Aubert Pallascio, Jean-Louis Millette.En v.o.française au cinéma Berri.Odile Tremblay IL EST toujours difficile pour un cinéaste de traduire le monde intérieur d’un artiste, avec sa souffrance et ses extases.Le défi repose généralement sur les épaules du comédien principal et rarement sont-elle assez solides pour en supporter le poids.Le Nelligan de Robert Favreau n’a pas su éviter cet ecceuil.Après que l'opéra de Michel Tremblay/André Gagnon ail laissé le public québécois sur sa faim, tout le monde voulait en connaître davantage sur la vie de l’auteur du Vaisseau d'or.Le Québec n'est pas riche en poètes maudits.Nelligan, c’est à la fois notre Rimbaud et notre Verlaine, avec les murs de St-Jean-de-Dieu en prime.Mais Robert Favreau a voulu donner une seule portion du destin de Nelligan, se concentrant sur l’année (1899) qui précède son hospitalisation, juste avant que le poète de 19 ans ne sombre « dans l’abîme du rêve ».Est-ce habile ?Pas sûr.Le Nelligan demeure tronqué, incomplet et le personnage du poète nous échappe.Faiblesse du scénario ?Peut-être.Des interprètes ?Sans doute.Il a 19 ans donc et il aime sa mère (Lorraine Pintal) qui le lui rend bien.Emile (Marc St-Pierre) compose ses poèmes dans la fièvre, fait ses premiers pas dans le monde, auprès d’I-dola St-.Jean notamment, belle jeune fille délurée (qui deviendra une des chefs de file du mouvement fémi- Dans la soirée, avec Marcello Mastroianni et Sandrinne Bonnaire.Un difficile apprivoisement Dans la soirée De Francesca Archibugi, avec Marcello Mastroianni, Sandrine Bonnaire, Zoe Incrocci, Giorgio Tirabassi, Victor Cavalo, Veronica Lazar, Lara Pranzoni, Paolo Panelli.Scénario: Francesci Archibugi, Gloria Malatesta, Claudia Sbarigia.Images: Paolo Camera.Son: Franco Borni.France-Italie, 1990.102 minutes.En version française au Crémazie.Francine Laurendeau ITALIE, 1977.Ce n’est pas parce qu’il vient de prendre sa retraite que le professeur Ludovico Bruschi en mène pour autant une existence désorganisée.Bien au contraire, chaque jour de la semaine se déroule selon un horaire soigneusement établi, à commencer par le rasage matinal chez son ami le coiffeur.Mais un événement banal vient bouleverser sa vie : son fils et sa compagne se séparent et lui demandent de garder pour un temps leur enfant.Il s’entend étonnamment bien avec sa petite-fille.Le problème, c’est Stella, sa bru.Il ne se résigne pas à l’irrégularité de ses visites, à l’hostilité qu’elle lui manifeste, ù sa manière irresponsable et désordonnée de concevoir l’éducation de son enfant.Avez-vous remarqué que les jeunes personnes sont souvent plus irascibles et plus butées que les vieilles ?C’est Ludovico qui fera l’effort de comprendre sa belle-fille.Et il arrivera presque à l’apprivoiser.Plus qu’un malentendu entre générations, ce sont deux façons de vivre qui s’opposent et se contredisent sous l’oeil curieux de la petite Papere, sous l’oeil effaré de la vieille servante.Et c’est tout autant ce conflit que ses témoins qui m’ont vivement intéressée dans ce deuxième long métrage de Francesca Archibugi (après Mignon est partie).La générosité et la désarmante sincérité de Ludovico nous séduisent d’emblée.Il est finement interprété par Marcello Mastroianni.Même ses petits côtés le rendent attachant.Tandis qu’au premier abord, le personnage de Stella (Sandrine Bonnaire) agace parson inconséquence et ses contradictions, son anxiété destructrice et sa désarçonnante instabilité, d’autant plus que Sandrine Bonnaire ne triche pas et le joue à fond.Mais peu à peu, Stella s’éclaire, .le pense par exemple à la courte sé quence où Ludovico rencontre la DERNIERS mère de la jeune femme.Et en s’éclairant, elle s’humanise.Mais le personnage le plus surprenant, c’est la petite Papere, sérieuse comme seule peut l’être une enfant de quatre ans, tellement intelligente que, parfois, Ludovico lui parle comme à une adulte.Elevée par ses parents dans le mouvement « socio-alternatif », c’est-à-dire sans discipline, sans horaire, sans règles, elle découvre la sécurité que donnent des balises.Une sécurité affectueuse et douce parce que son grand-père n’est pas le moins du monde répressif.Je vous laisse la surprise de son dédoublement et de sa solution.Enfin, il y a Elvira, la vieille domestique probablement arrivée toute jeune dans cette maison, débarquant de Sardaigne ou des Abruz-zes.Elle fait partie des meubles, son maître ne la voit plus.Tandis que Stella et sa fille, elles, la voient et lui parlent.Ainsi, Papere s’étonne de l’entendre faire tant de fautes et la corrige, à son grand dam.Mais ce qui la blesse, ce n’est pas, comme on pourrait le croire, d’être reprise par une enfant.C’est d’avoir été plus de quarante au service d’un homme instruit qui ne s’est jamais assez intéressé à elle pour lui apprendre à parler un bon italien.Ces nuances linguistiques (peut-être Elvira parle-t-elle un dialecte) sont assez mal rendues par un doublage insatisfaisant à quelques égards.On a demandé à Mastroianni, dont le public francophone connaît bien la voix, de se doubler lui-même.À priori, je dirais que c’est une bonne idée.Malheureusement, son très fort accent nous fait perdre quelques répliques, surtout au début.Et comme le film est déjà un peu trop bavard, c’est gênant.Courage.On finit par s’habituer ou par se faire une raison.J’avais constaté exactement le même problème dans L’Homme (pii a perdu son ombre, le dernier Tanner vu cet été au Festival des films du monde, avec le lourd accent espagnol de Francisco Rabat.Mais dans un film qui se passe prineipa-leme en Espagne et dans le rôle d'un cabaretier espagnol, son accent en français avait au moins le mérite d’être parfaitement justifié.Enfin, ce n'est pas une raison de se priver de Dans la soirée.POUR ACHETER LA CINÉ-CARTE JOURS POUR L'UTILISER OUTREMONT 1248, Bernard 2/3 0(137 niste).Nelligan est beau, il attire le regard et attise la convoitise des femmes comme des hommes.À L’Ê-eole littéraire de Montréal, on le rejette quelque peu mais il gagne l’affection et la protection de l’homosexuel Arthur ae Bussières, tandis que le père Seers, un homme de lettre, le prend sous son aile.C’est l’écheveau de tous ces rapports humains qui se tisse dans le film de Favreau.On verra le père alcoolique chasser Émile de son toit, et le poète sombrer dans l'errance et la bouteille.Plutôt que sur la dualité père an glophone/mère francophone qui marqua de son double sceau la vie de Nelligan.Robert Favreau a mis l’accent sur le rapport trouble qu’entretenait le jeune poète avec sa mère.Le cinéaste prend la liberté de traiter cette relation sur un mode quasi incestueux.Pourquoi pas ?Mais à d'autres occasions, à mon avis, il travestit trop les faits historiques.Ceux qui connaissent la vie de Nelligan savent qu’il vécut son heure de gloire en récitant sa magnifique Romance du vin devant ses confrères poètes de L'école littéraire de Montréal.Ceux-ci, éblouis, l’ont alors porté en triomphe à travers les rues de la ville.Or, dans le film, c’est tout le contraire.Nelligan n’a même pas le temps de réciter son poème jusqu’au bout qu’il est jeté dehors par l’assemblée.Jusqu’à quel point un cinéaste peut-il choisir de mêler vérité et fie tion dans un film biographique Grande question.Mais il me semble que le public désireux de mieux connaître Nelligan aurait gagné à un meilleur respect de la vérité.Physiquement, le jeune Marc St-Pierre ressemble de façon étonnante à son modèle.On croirait voir ressusciter le Nelligan des photos d’époque.Hélas, le jeu du comédien manque de consistance et de force.Il ne réussit à rendre ni le génie du poète ni la montée de sa folie.Certains rôles secondaires ont plus de vigueur.Dominique Leduc est très convainquante en Idola St-Jean et Gabriel Arcand rend avec flamme le personnage du père Seers.Mais l’interprétalion inégale empêche le film de lever de terre.Nelligan est tout en clairs-obscurs, avec les très beaux éclairages intérieurs des premiers âges de l’électricité, des dernières soirées à la chandelle; toutes atmosphères feutrées et embrouillardées fort bien rendues * Nelligan, un film de Robert Favreau, avec David La Haye et Marc St-Pierre.ici.La caméra presque indiscrète nous ouvre les salons du temps, les intimités bourgeoises.C’est le monde méconnu des beaux esprits montréalais de la fin du siècle qui se révèle à nous.Par contre, on sent peu battre le pouls de la ville de Montréal dans les trop rares scènes d’extérieurs (le budget de Favreau ne lui permettait pas d’en tourner plusieurs.) Nelligan étouffe un peu entre quatre murs.En bout de ligne, malgré une esthétique intéressante et quelques moments de grâce, le film de Robert Favreau tombe plutôt à plat.Sa chimie a produit un résultat atone, étrangement sans étincelles.Matin».5.00» INFO-FIL* 866 0111 IrAMOUS PLAYERS du lundi au vandradl Il»00à2?n00 a VISA BINERAI U PARISIEN © 1 30 3 30-5 30 7 30 9 35 LES PRODUCTIONS VIDÉOFILMS PRESENTENT CLAUDE GAUTHIER RITA LAFONTAINE MICHEL DUMONT GUISEPPE TORNATORE L/HOMM0 VISA BENIRAI tefi pe Rêve FILM DE ROBERT MENARD CLAIRE WOJAS SCENARIO El DIALOGUES PAR I nrooca cm us pcoolktioms vioKhums coût lis rtootxuuts : v ikwaso ' i» waui iw.cm mu* du :aku* AMMONMI USIXVtl UMOWUlf«IH U'UWiHi ‘-«Vil! 01 tilt» v MMPrfMX J!' WWW.!**» Olltllt Le PARISIEN m .«oo su onMiBixi o yivt.1 30 3 30 5 30 7 30 9 35 MARC ST-PIERRE LORRAINE PINTAL GABRIEL ARCAND 1 itEK I un film de IL”] ST DENIS 4 STE CATHERINE 23JC BOUl LE CARREFOUR mrôdi»> itmdi ’OH CMtMiN DU COTEAU 4” 6641 MAISON DU CINEMA "Miam-Miam!" - RENÉ HOMIER-ROY —« "Délirant!" m - JOURNAL DE MONTRÉAL "Pétillant!" - LA PRESSE "Epoustouflant !" ^ • r> o/m m LE SOLEIL "Bidonnant!" ^ - JOURNAL DE QUÉBEC "Etourdissant ! " - LE DEVOIR "Mordant!" - THE GAZETTE "Truculent!" - CHANTAL JOLIS "Délicieux!" - TORONTO SUN "Tordant!" - TORONTO STAR "Hilarant!" - LE PUBLIC UN FILM DE JEUNET ET CARO AVEC DOMINIQUE PINON MARIE-LAURE DOUGNAC JEAN-CLAUDE DREYFUS KARIN VIARD RUFUS walogues DE GILLES ADRIEN iaisoue ohiginaie de CARLOS D’ALESSIO oirecteur de la photographe DARIUS KHONDJI montage HERVÉ SCHNEIO SON JÉROME THIAULT et VINCENT ARNARDI prowt par CLAUDIE OSSARD 'it\n\'w\Mi|(iKiYi rlfAI /Jf/JL MAIOMIM t iM m x omon oimiiuiiON TlItXTL»* S1WH)1 ?[«*** r»»] TTua»* rnRwo l & LANGELIER & CARREFOUR LAVAL DESJARDINS COMPLEXE DESJARDINS 2330.BOUL LE CARREFOUR .AbSEFOUR LANGEUER 255 5551 C-4 M Le Devoir, samedi 28 septembre 1991 le cahier du t • ameai Agnieszka Holland, au coeur de la question juive Odile Tremblay JUSTE à la regarder s’assoir, se mouvoir, on sait qu'elle est une femme de l’Est.Ses gestes, son style, son visage le crient.Il y a dans ses films comme dans son «' look » quelque chose d’austère, de décidé, sans coquetterie ni afféterie, propres à une culture qui rejette l’artifice.Sa voix tranchée use de phrases brèves, fuit les ellipses.Agnieszka Holland est cette cinéaste dont on admiré l'oeuvre exigeante, douloureuse : Europa.Europa en 90, qui tenait encore dernièrement l’afiche au Rialto, To kill a priest en 87, deux ans plus tôt Amères récoltes, pour ne citer que ses plus connus et ses plus primés.La Polonaise d’origine juive nous a habitués à un cinéma engagé, reflet de sa propre vie, au passé difficile, politiquement agité.Et voici qu’aujourd’hui, elle accompagne le film d’un autre, d’Andr-zej Wajda, plus précisément.Le réalisateur de I.'Ilomme de marbre, de Danton signait en 90 Korczak, basé sur la vie d’un écrivain et médecin héroïque du ghetto de Varsovie, le film sort chez-nous cette semaine.Agnieszka Holland en a rédigé le scénario.Elle n’en est d'ailleurs pas à sa première collaboration avec Wajda.« Je lui dois pratiquement ma carrière », dit-elle.Dès 77, elle collaborait au scénario de L'homme de marbre, puis de L’homme de fer, de Danton, entre autres, avant de signer Korczak.Agnieszka Holland connaissait depuis longtemps le héros du film de Wajda.Le propre père de la cinéaste, un érudit et un philosophe, avait travaillé pour le journal écrit par des enfants que dirigeait Korczak.Dans la famille d’Agnieszka, le médecin juif était lu, admiré.« J’étais enthousiasmée par le personnage », dit-elle.Plutôt que d’édulcorer les propos de Korczak dans le scénario, elle s’est rangée du côté de la vérité historique.Toutes les paroles du méson journal.Le projet de film connut maints déboires, étant jugé trop sombre par le producteur américain, alors que Wajda, au ban du régime, cherchait vainement un co-producteur polonais.Huit ans de temps, le projet fit antichambre avant de voir le jour.Ecrire pour les autres, Agnieszka Holland n’apprécie pas tellement, dé- clare en toute candeur le faire surtout pour l’argent.Lorsqu’elle travaille avec Wajda, elle se sent humble, cherche à deviner ses intentions.« De toutes façons, quand j’écris, je souffre », dit-elle.Agnieszka Holland est née à Varsovie en 1948.Dès l’âge de quinze ans, elle était déterminée à faire carrière dans le septième art.« Au cours des années 60, le cinéma nous apparaissait comme un médium très important, novateur, explique-t-elle.Et puis j’avais envie de m’ouvrir au monde, de diriger les autres aussi ».En allant étudier à L'école de film de Drague, milieu foisonnant où Forman, Menzel, Kundera enseignaient, la jeune fille croyait fuir les problèmes politiques.Pas de chance ! Elle tomba en plein printemps de Prague.La défenderesse des droits de l’homme fut même incarcérée quelques semaines là-bas.En 71, quand, retournée en Pologne, elle a continué à militer du côté des résistants, les autorités l’ont mise sous surveillance, l’empêchant de travailler, refusant tous ses scénarios.Wajda, qui croyait à son talent, l'a soutenue jusqu'à ce qu’elle perce.En 78, elle put réaliser Des acteurs provinciaux, puis deux ans plus tard avec Fever, qui fut primé a Gdansk et à Berlin.La Pologne du temps, qu’on n'imagine qu’enlisée dans une énorme file d’attente, Agnieszka la décrit, nonobstant ses embargos politiques, comme une sorte de paradis culturel entièrement finance par un régime qui ne lésinait pas avec les arts.Mais en 81, après la proclamation en Pologne de la loi martiale, la ci- néaste, interdite de séjour, dut s’exiler en Allemagne, puis à Paris qu’elle habite toujours.Ses films les plus célèbres ont été réalisés après son départ de Pologne : Amère récolte, qui fut en nomination pour les Oscars de 85, deux ans plus tard, To kill a priest, l’histoire récente d’un prêtre polonais assassiné par la vieille garde communiste, puis Europa Europa, racontant la montée de l’antisémitisme durant le 3ième Reich.Pour ce drame de guerre, elle est allée tourner des scènes en Pologne.Mais désormais, la France est devenue presque sa patrie.« D’ailleurs, sa prochaine réalisation (à l’étape du montage) est une vraie histoire française, intimiste, qui se dé roule dans une famille du pays.« Ce sera mon film le plus personnel », prédit-elle.CINÉMA Au-delà de la tragédie Æm, PRESENTE le sujet fut traité sur tous les tons à l’écran comme en littérature.Mais Wajda le traite sur un ton sobre qui élève le niveau de la tragédie, et la transcende pour ainsi dire.Sur une trame sombre comme pas une, donnant prise à toutes les dramatisations, Wajda refuse d’en rajouter.Pas de scènes gratuites de violence, mais celles indispensables de la vie quotidienne dans ce ghetto condamné : les coups, les exécutions sommaires, presque banalisées, et ce ton poignant pour expliquer la mort aux enfants (qui ne font pas par ailleurs d’étincelles du côte de l’interprétation).Film sur la bonté et le courage d'un héros, donc, également regard sur les juifs collaborateurs, faiblesse et courage confondus dans un même drame.Mais le film de Wajda est au bout du compte tellement raffiné dans son ton.dans son traitement, qu'il perd un peu son « punch » en cours de roule.À force d’avancer sur la pointe des pieds, Wajda habitue presque le spectateur au quotidien de l'horreur, s'exécute sur un mode quasi monocorde.Korczak traîne en longueur.On aurait voulu voir raccourcies plusieurs scènes.Ce qui n’empêche pas certains procédés heureux.Sur un mode très subtil, le film saute d’un genre à l’autre, mêlant fiction el documentaires d’archives.Cela paraît à peine, mais soudain, on découvre que ces squelettes humains ne sont pas, ne peuvent pas être des acteurs.Le noir et blanc autorise ces subtils chevauchements.Par ailleurs, quelques rares éléments fantastiques viennent changer le ton réaliste de cette oeuvre.Tout-à-coup, une auréole apparaît sur la tête d’un enfant, tout à coup, ceux qui doivent mourir se précipitent en blanc vers la rédemption.La beauté de la finale controversée s’inscrit dans cette approche surréaliste qui confère une poésie à cette oeuvre un peu austère.DROGUES., PAS BESOIN! Santé et Services sociaux Québec MARIO KASSAR presence une Production de RENNY HARLIN un film de MARTHA COOtIDGE LAURA OERN • DIANE LADD • LUKAS HAAS • et ROBERT DUVALL dans le role de papa ROSE PASSION • JOHN HEARD costumes JANE ROBINSON musique ELMER BERNSTEIN montage STEVEN COHEN ACE décprs JOHN VALLONE directeur de la photographie JOHNNY E JENSEN producteur-, '-/écutifs MARIO KASSAR et EDGAR J SCHERIK d aprIVi,,,,i2232SSI Paul André h.rgjESB» ['TinyO»1'*?\ Bohner 03353 S( limit A ** ,,
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