Le devoir, 14 mars 1947, vendredi 14 mars 1947
"I* O» nid a «cl us* nafion ¦outM'iIb* *t n« Txut avec docilité accepter de la Urande-Brela-¦ne ou dea Etata-Unis ou dé qui que ce soi» d'autre, l’attltud* qu’il lui faut prendre envera le monde Le premier devoir de lorailame d un canadien n'eet pae envers le Commonwea.tti Britannique dee nations, mais envers te Canada e’.son roi, et ceux qui contestent ceci rendent, a mon a via un mauvais service au Commonwealth " 8he le a eoverelgn nation and cannot take her attitude to the world docilely from Britain or from the United States or from anybody elae.A Canadian'» first loyalty la not to the British Commonwealth of Nations but to Canada and to Canada’s king and those who deny this are doing, to my mind, a great dlaaerrlce to the commonwealth.” U-X-37) Lord TwMdsmuir LE DEVOIR Rédacteur en chef : Orner HER OU X Montréal, vendredi 14 mars 1947 VOLUME XXXVIII — No 60 REDACTION ET ADMINISTRATION 410 EST.NOTRE-DAME, MONTREAL TELEPHONE : ?BEIoir 3351 SOIRS.DIMANCHES ET FETES Administration : - BEIoir 3361 Rédaction : BEIoir 3366 Gérant : BEIoir 3363 Les répercussions de la nouvelle politique de Washington Le BCG et la lutte antituberculeuse aux Etats-Unis « Des expériences vont être poursuivies sur une vaste échelle — Le fléau a pris des proportions épidémiques en Europe —— Une initiative québécoise qui nous revient par les Etats-Unis Le travail des Quatre n’avance guère à Moscou l! Lts journaux américains accordent une importance 1 croissante au vaccin BCG (bacille Calmette-Guérin ) dans la lutte contre la tuberculose.Car ce fléau a pris des proportions désastreuses.Selon le Dr Louis Dublin, de la Metropolitan Life: "Six années de guerre ont détruit les gains de vingt-cinq années.Dans plusieurs pays la tuberculose a pris des proportions épidémiques.Cette plaie menace non seulement la génération actuelle, mais les générations à venir”.M.J.D.Ratcliff, qui consacre un long article au BCG dans la revue This Week, après avoir cité le témoignage du Dr Dublin, ajoute: "Il n'y a guère d'espoir d assurer une nourriture substantielle.des soins hygiéniques et médicaux et l'hospitalisation à des millions d'Européens malades.Le temps est trop court.Le seul espoir qui reste, c'est de protéger les jeunes, ceux qui ne sont pas encore atteints''."Le BCG est la seule chose en vue qui puisse y parce- ! nir.Il ne guérit pas la tuberculose, pas plus que le vac- j cin de la variole ne guérit la variole, mais il assure un haut degré de protection aux gens qui ne sont pas encore infer- ; tés".M.Raddiff dit que dans les mois qui vont suivre le BCG va être le sujet d'une énorme littérature aux Etats-Unis."On prépare des plans pour généraliser l'emploi du BCG.Les expériences ont démontré qu'il pourrait sauver les trois quarts des 55.000 personnes fauchées annuellement par la tuberculose aux Etats-Unis".Ainsi, par une étrange ironie, les Etats-Unis vont vulgariser et populariser chez nous une technique où nous avons été les précurseurs en Amérique.Cela est, hélas! plus fréquent qu'on ne le croit.On en a vu un exemple dans la formation des études classiques: nous demandions presque pardon à la "race supérieure’’ d'apprendre le grec, le latin, la littérature.Aujourd'hui, les grandes universités américaines et tout ce que les Etats-Unis comptent de gens cultivés reviennent directement à la culture humaniste.comme la seule véritablement intelligente et digne de l’homme.On s'aperçoit aujourd’hui que savoir le grec et le latin donne la plus utile préparation aux études scientifiques.Dans le même temps, nous voyons une étrange croisade pour nous faire ramasser ce que nos voisins abandonnent et nous fai e rejeter ec qu'ils recherchent maintenant après une cruelle expérience.Ce sont des réactionnaires et des retardataires qui s'ignorent et s'imaginent innover.Depuis de nombreuses années, la province de Québec, non seulement a poursuivi des expériences avec le BCG, mais elle remploie maintenant comme un des grands moyens de lutte contre la tuberculose.Québec a été, sauf erreur, la pionnière en Amérique et il n'est que juste de reconnaître le magnifique travail accompli notamment par les Drs Baudouin.Frappier Guilbault et Vidal, et aussi la splendide coopération purement gratuite que des fem- mes comme Mademoiselle Gilberte Dufresne, Madame Jean Raymond et tant d’autres ont apportée pour faire vivre l’oeuvre.La genèse de la découverte du BCG est assez curieuse.Ainsi que le raconte M.Raddiff, le docteur Calmetie l'avait entreprise pour défendre les troupeaux français atteints de tuberculose et qui la transmettaient aux humains.En collaboration avec le Docteur Guérin, il entreprend ses travaux; il isole un bacille tuberculeux virulent d'une vache malade, afin de le débiliter jusqu’au point où il ne puisse plus causer de tuberculose, mais rester tout de même capable de stimuler les réactions protectrices de l’organisme.C'était un travail de bénédictin, avec toutes les possibilités d’insuccès et des chances problématiques de réussite-A chaque mois on prélevait du dernier bouillon de culture antérieur des microbes pour en ensemencer un nouveau bouillon.Puis le mois suivant on en prélevait de ce dernier pour les placer dans un nouveau bouillon détériorant, et ainsi de suite.Après trois ans, on fit un essai sur un veau, avec 100 milligrammes de la dernière culture en date.Avec ut\ trentième de la culture originale, l'animal aurait été tué.Or non seulement il survécut, mais ne fut point malade.En 1920, Calmette et Guérin en étaient rendus au 230ème bouillon successif de culture.Ils ne songeaient plus désormais aux bestiaux, mais à la tuberculose humaine.Maintenant, après d’innombrables expériences mêlées d'accidents et d'incertitude, les essais s’avèrent concluants, dit M.Raddiff.Il raconte les études du National Research Council du Canada.11 a vacciné 1.005 gardes-malades, tandis qu’un nombre égal ne l'étaient pas, pour agir comme moyen de contrôle.Or dans le groupe vacciné il n’y eut que le quart de tuberculeux qui se trouvèrent dans l'autre groupe.Le Conseil de recherches a mené d'autres tentatives dans les réserves indiennes où l’on sait que la tuberculose cause des ravages effroyables.Le Bureau des affaires indiennes et le U.S.Public Health Service ont établi une expérimentation qui date de 1935 et dont l'on vient de publier les résultats.On a vacciné 1.500 enfants indiens tandis que 1,457 ne l'étaient pas.afin de servir comme terme de comparaison.Six ans plus tard, quatre du premier groupe contre 28 du second avaient succombé à la tuberculose .soit une proportion de 1 à 7.Le Brésil, l’Uruguay, le Danemark ont adopté le BCG et il trouve une vogue grandissante aux Etats-Unis.La province de Québec est la plus mortellement frappée par la tuberculose au Canada.C’est pourquoi elle doit suivre avec un intérêt particulier ce qui se poursuit actuellement chez nos voisins.14-111-47 » Alexis GAGNON Arthur Léveillé M.Arthur Léveillf, doyen de la Fi-eulté des Sciences de {'Université de Montréal, vient de mourir à l’âge de soixante-six ans.C’était Je type du savant modeste, consciencieux, et du professeur dévoilé.Rarement homme d’une pa rcille valeur s’est aussi peu soucié du bruit public.11 a poursuivi son oeuvre dans l’ombre et le silence.Cela ne fait qu’ajouter au respect et à la gratitude que commande sa mémoire.Nous avons bénéficié de la collaboration, trop rare à notre goûl.du regretté défont, il avait le style de I l umme de science formé aux fortes disciplines classiques: simple, clair et d’une élégante précision.M.Léveillé était bon.toujours p.êt à rendre service et d’une parfaite courtoisie.D’une très haute valeur morale aussi.Nous prions Mme Léveillé et les siens d’agréer dans leur grand deuil l’hommage de nos respectueuses condoléances.—O.H.M.Molotov tient à discuter les affaires de Chine Blocs-notes Pour l’Institut d’Histoire Nous avons de bonnes nouvelles de l'Institut d’histoire de l’Amérique française.La publication de la conversation qu’avait bien voulu nous accorder M.le chanoine Groulx, et les commentaires dont le Devoir l’a accompagnée, n’ont pas été «ans résultat.Dans une note où il nous remercie trop aimablement de celle double publication, l’éminent historien nous dit en effet (l'auteur nous pardonnera de publier ces indications qui sont d’intérêt général): Dans mon courrier de mardi.| j'ai reçu trois chèques de $100 chacun: l'un d’un vieil ami de Sl-llyctcinthe; un autre d’un curé (suite à la deuxième pageg) Les Quatre achèvent leur première semaine de conférence et n'ont pas encore fait grand-chose sur les traités de paix allemand et autrichien.Ils en sont encore à discuter le projet de M.Molotov pour dès entretiens sur la Chine.Le ministre sovwctique a envoyé j à MM.Marshall et Bevin hier soir une note où il les j invite à discuter officieusement ce sujet avec lui.L'on rapporte aujourd'hui que M.Marshall accep-| fera un échange de vues fondé sur l'accord de décem-! bre 1945, mois à la condition que la Chine y participe.M.Bevin prendrait la même attitude.Des observateurs croient qu'après avoir rêçu les réponses de ses collègues M.Molotov invitera la Chine, mais il n'est pas sûr que le gouvernement de Nankin accepte.De plus, M.Marshall serait résolu à ne pas s'engager dans des discussions détaillées; il se bornerait à exposer le point de vue des Etats-Unis, et à faire une déclaration sur le retrait des troupes.Hier, M.Marshall a accusé les Soviets de distribuer des amnisties à d'anciens dirigeants du parti naziste en leur permettant d'entrer dans le parti allemand de l'Unité socialiste, groupe qui est dirigé par les communistes.C'est une riposte aux reproches formulés par les Soviets contre les Etats-Unis et l'Angleterre à propos de la dénazification dans leurs zones d'occupation.M.Marshall a réclamé une politique uniforme dans les quatre zones à ce sujet, et une loi allemande uniforme, assurant à tous les habitants un traitement égal et juste.M.Molotov a dit qu'il acceptait en principe.M.Bidault a déploré le ton acrimonieux des débats qui se sont produits autour du rapport du Conseil de contrôle allié, mais il a lui aussi accepté la proposition.Il a suggéré toutefois que les ordres pour l'adoption des lois soient donnés par les commandants des zones et non par le Conseil de contrôle allié.La marge d'accord sur la "dénazification" est donc assez mince.Les membres des délégations de Washington et de Londres admettent que ces débats ne favorisent guère la préparation des traités, mais ils les jugent nécessaires.Ces discussions constituent en tout cas une indication que MM.Marshall et Bevin ne sont pas disposés à faire trop de concessions, ce qui est un excellent symptôme.Les Soviets dénoncent M.Truman 'déclaré hier soir que le discours de M.Truman est "réaliste et tout à fait humanitaire", qu'il signifie la fin de l'isolat ionisme des Etats-Unis, et sera un exemple pour les peuples amis de la paix et de la liberté.Le roi Georges de Grèce, a déclaré dans un message à M.Truman que l'aide des Etats-Unis "en restaurant les libres institutions démocratiques et en hâtant la restauration économique" de la Grèce, aidera à "rendre la poix plus forte dans le monde".Les approbations anglaises En Angleterre les commentaires approbateurs continuent.M.Churchill a déclaré aujourd'hui:."Aucun geste que j'aie vu faire récemment n'a plus augmenté les chances de maintenir la paix et la liberté dans le monde.Si un tel geste avait été fait par les Etats-Unis avant la dernière guerre, cela l'aurait empêchée, et s'il avait eu lieu après la première Grande Guerre, il l'aurait empêchée encore davantage.S'il avait été fait avant 1914, la paix aurait pu être sauvegardée, et nous aurions tous vécu dans un monde bien plus heureux".Il est difficile de suivre l'ancien premier ministre jusqu'au bout, car en 1914 les chefs de l'Allemagne ne craignaient guère les Etats-Unis, qui n'étaient pas encore une grande puissance et dont les forces militaires n'étaient guère organisées.Si les généraux du Kaiser ont cru pouvoir vaincre l'Angleterre par le sous-marin, ils devaient se croire bien en sécurité contre une offensive venant d'outre-Atlanfique.Il est de même fort douteux que Hitler aurait reculé devant une attitude ferme de Washington en 1939, car il avait préparé ses forces selon le programme de la guerre à échéance, et il comptait sur la guerre-éclair pour devancer une ; coalition générale éventuelle.Il pouvait croire avoir le temps de conquérir l'Europe avant que les Etats-Unis fussent prêts à intervenir.I Mais la situation est bien différente aujourd'hui, car parmi les vainqueurs ce sont les Etats-Ufcis qui ont le moins souffert de la guerre et qui restent les plus capables d'un nouvel effort.Une politique ferme de leur part a donc bien des chances de réussir à freiner, au moins pour un temps l'expansion agressive des | Soviets.Un nouveau "Waterloo" caxnet Lettre d'Ottowo Ün ingénieur de langue anglaise à la gérance du port de Montréal La nomination de M.Gordon Murphy et celle de M.Laing — Le bill de l'Office du blé approuvé par un vote de 172 à 7 — Le vote obligatoire et la Confédération des travailleurs catholiques du Canada par Pierre VIGEANT Ottawa 14.— Les Canadiens français apprendront avec joie et satisfaction la nomination d'un ingénieur de langue anglaise à la gé-ranee du port de Montréal.Le ministre des Transports, M.Lionel Chevrier, a annoncé hier, en effet, que M.Gordon Murphy a été choisi pour succéder à M.Alexander Ferguson comme gérant du port de Montréal.Non seulement les Canadiens français sont-ils systématiquement exclus des postes supérieurs du service intérieur à Otta-.wa où ils ne comptent pas un seul \ sous-ministre sur vingt, mais ils n'obtiennent meme pas les postes importants du service extérieur dans la province de Québec.La nomination de M.Murphy comme gérant du port de Montréal n’est guère plus acceptable que celle de M.Arthur Laing comme percepteur des douanes, qui avait soulevé tant de protestations il y a une douzaine d'années.Jusques à quand le gouvernement King abusera-t-il de la patience des contribuables de langue française?Nous avons récemment adressé des félicitations à M.Lionel Chevrier à l’occasion de la nomination de M.Jean-Claude Lessard à In direction du bureau économique des Transports.Nous ne pouvons certes pas lui adresser de 'nouvelles félicitations pour sa dernière nomination.M.Chevrier ne doit cependant pas porter toute la responsabilité du choix de M.Murphy qui lui était sans doute soumise comme la seule possible par les chefs de son département.M.Chevrier représente une circonscription ontarienne et c’est aux ministres de langue française de la province et surtout de Montréal qu'il incombait de faire la lutte pour obteifir la nomination d’un ingénieur de lan-• gue française.Ils étaient d'autant nius justifiés d’insister que notre représentation actuelle dans le haul fonctionnarisme est plus faible qu’elle ne Ta jamais été depuis la Confédération et qu'elle est réduite à zéro pour ce qui est des sous-ministres.Le nouveau gérant, M.Murphy, appartient sans doute à une tamille montréalaise, mais Montréal c'en demeure pas moins la première ville française de l’Amérique.Et Ton n'a jamais entendu parler d'un ingénieur de langue française à la gérance du port de Vancouver ou de celui de Halifax.Nous avons récemment signalé la nomination de plusieurs Canadiens de langue française à des postes intéressant?dans l'administration fédérale; ainsi celle de M.Lessard, celle île M.Charles Stein comme Tun des sous-ministres adjoints de la Justice, colle de M.Royal Gagnon, comme commissaire adjoint de la poiiee fédérale.Nous avons cru devoir le faire en toute justice el objectivité.11 ne faudrait cependant pas que nos lecteurs en concluent que nous gagnons rapidement du terrain dans l’administration fédérale.Pour une nomination ou une promotion accordée à un administrateur de langue française» j! faudrait pour cire complet souligner la nomination de trois, cinq ou dix administrateurs de langue anglaise.Ainsi pendant la semaine qui ae terminera demain, les communiqués officiels nous ont annoncé trois nominations importantes: celle de M.Murphy, celle du major général John Henry MaoQueen comme président de la “Canadian Arsenals Limited’’, compagnie de la Couronne, et celle du professeur Robert Ferguson Legget, de TUni-versité de Toronto, né à Liverpool, comme chel du service des recher- ] ches sur la construction au conseil I nationrl des recherches.Pas un seul titulaire de langue française i V I (Suite à la page 2) L’actualité L'impôt, sur le revenu Décidément, c’est exagérer la manifestation de son mécontentement en face des arias, des ennuis, des désagréments, des contrariétés, des importunités, des tracas, des inquiétudes, de la perplexité, des soucis, des angoisses, des anxiétés, des embarrat, du tour me ni, des tribulations, des vicissitudes, des avanies, des transes, des affres que nous peut valoir et que nous vaut la préparation de la feuille, prévue et libellée par le fisc fédéral, qui doit accompagner la remise par chacun de nous de son impôt sur le revenu.Il n’est pas non phis possible de ne pas croire que le malheureux en question, quand il s’est suicidé, n’avait plus la pleine possession de tous ses esprits.N’empêche que la feuille de l'impôt sur le revenu vient de déterminer la mort tragique d’un pauvre, diable c/ui s'est pendu.La chronique des morts violentes, à Montréal, a enregistré le fait.Un homme s’est pendu dans sa maison, qu’il habitait seul.On l'a trouvé, sans vie, la corde an cou.Depuis une semaine, ses voisins ne lavaient pas vu et commençaient à s'en inanictcr.Leur inquiétude avait été déterminée encore par l'illum'nalion constante, soir, nuit et jour, # pleines lampes électriques, de loulcs les pièces de son modeste logis.A moins d’être richard, au surplus gaspilleur, brûle-t-on ainsi, surtout quand on est censé absent, du soir au matin et du malin au soir, du courant électrique que l’Hydro-Quibec, tout étatisée, qu'elle.soit et bienvcillanle envers le notant de consommateur, vend encore assez cher; pourquoi ne pas dire le mot et déceler toute, notre pensée: trop cher?Les voisins s'alertèrent done, ji-nirenl pur s’alerler, après y avoir mis du temps, La police mandée d’urgence, mais d'urgence à retardement, la porte extérieure enfoncée, on entreprit la visite du lieu.' Ce qui fut vile fait cl accompli.Dans le cadre d'une porte Intérieure, pas visible des fenêtres, l’homme s’était slrangulé par le moyen d'une forte corde attachée au linteau.La mort avait évidemment fail son oeuvre, comme écrivent les grands spécialistes du fail-divers: l’éclairage intempestif, diurne autant que nocturne, durait depuis huit jours.Au pied rtc l'échafaud ainsi dies- (suite A U page deux) du gtincfieux M.King s'effraie à la pensée que son gouvernement peut cesser pour un instant de contrôler à peu près tout.En réalité, ce n’est pas tant à lui de prendre peur qu’aux quelques centaines de milliers de bureaucrates grassement payés qrii nous valent un budget de deux milliards, deux ans après la guerre.?* * Sans doute quelque Barbier libéral nous redira un jour, en voyant que nous ne dépensons plus que deux milliards par année au lieu de six ou sept: ‘Que la guerre était belle en 1944’’?w ?* M.Bevin dit que l’armée russe embrigade les bataillons allemands et il n’en est pas content.w*w Ainsi donc se précise le danger de l’Allemagne, pointe avancée de la puissance russe-communiste.Ceux qui s’en plaignent aujourd’hui nt cependant tout fait pour rendre l’événement inévitable.* ?* Qn signale également que les na-zistes s’accommode très bien du soviétisme et qu’ils sont aisément accueillis.Au fond, c’est la même idéologie sous des apparences différentes.* * * A partir du 27 avril, le conseil municipal décide une le soleil est en retard d’une heure.Chacun avancera son horloge d’une heure, afin que quelques conseillers municipaux qui fréquentent à VVest-; mount, Oulremont, Laval, puissent j aller jouer au golf.On va laisser les gens barbotter dans les flaques ' d’eau, avaler des tonnes de poussiè-; re et de microbes, car voyez-vous on ne peut tout faire.Mais pour le golf, c'est différent.* * * Le Parlement se prépare à ouvrir toutes grandes les portes de l’immigration au Canada.Opendant il v a du chômage déjà au Canada.Mais un'sjlencc impressionnant règne chez ceux qui d’habitude «ont les éfenseurs fougueux de T“over-rier”.Peut-être estiment-ils qu’il sera plus habile et efficace, de protester quand les immigrés seront entrés au pays?www Le nombre .des candidats augmentent de jour en jour dans l'élection partielle de Cartier.Sans doute en vertu du principe que plus on est de.plus on.La Grinchaux Les répercussions du discours que M.Trumon a prononcé mercredi se précisent.Les Russes n'ont appris qu'aujourd'hui les projets du président pour aider la Grèce et la Turquie, retard qui n'a rien d'exceptionnel en U.R.S.S.Ce qui est plus révélateur, c'est la vigueur des critiques dirigées contre le message de M.Truman au Congrès; car io presse officielle soviétique a l'habitude de manifester plus de réserve à l'égard des chefs d'Etat étrangers.* "Izvestio", le journal du gouvernement, écrit dons un éditorial publié en première page, que cette aide est une nouvelle intervention dans les affaires des autres Etats, et que M.Truman "n'a tenu compte ni de la situation internationale .ni de la souveraineté de la Grèce.Que restera-t-il de la souveraineté de la Grèce après que le personnel militaire et civil américain sera assis sur la tête des gouvernants grecs, et lorsque ce personnel commencera à diriger la Grèce avec l'aide de 250,000,000 de dollars américtflns importés?" L'agence de nouvelles "Tass" a distribué oux journaux une dépêche de son correspondant de Washington, qui o aussi été lue ce matin à la radio de Moscou.L'agence y affirme que "le message Truman est ouvertement dirigé contre les éléments démocratiques de Grèce qui défendent les institutions démocratiques dans les pays et qui sont appelés dans le message une minorité militante"."En disant que la Grèce a un besoin désespéré d'aide financière et économique, Truman laisse entendre au Congrès que l'octroi de fonds au gouvernement grec sera accompagné par ('établissement d'un contrôle américain sur la Grèce".Un autre programme de la radio soviétique, o l'adresse de lo Grèce, a dit des projets de M.Trumon qu'ils constituent "un danger pour la paix et l'harmonie entre les nations du monde".La Turquie n'ovait d'abord formulé aucun commentaire officiel, mois le premier ministre, M.Peker, o Le "Mail", journal conservateur, dit que cette intervention en Grèce et en Turquie "influera sur la destinée de tout homme et femme sur la terre"; que "le cours de l'histoire a été modifié du jour au lendemain".Il note que pour les Etats-Unis, c'est une véritable révolution politique, que leur politique traditionnelle de détachement est "gone with the wind"; que les objurgations de Jefferson et de Quincy Adams contre les engagements extérieurs ne sont plus qu'un souvenir, (fue l'Amérique a dit adieu au discours d'adieu de George Washington".Il conclut en affirmant que c'est l'événement le plus considérable en sen genre depuis que la bataille de Waterloo avait apporté une sanction terrestre à la puissance maritime anglaise.L'on peut ajouter que dans la mesure où tout cela est vrai, le discours de M.Truman indique que les Etats-Unis prennent officiellement la place de l'Angleterre comme première grande puissance.Sous Napoléon, la France a contesté le premier rôle à l'Angleterre et a perdu.L'Allemagne a tenté la même aventure avec Guillaume II et Hitler, sans plus de succès pour elle-même, sauf qu'elle a provoqué un cataclysme où l'Angleterre a perdu son hégémonie.Mais une autre dictature prétend réaliser le programme hitlérien; l'U.R.S.S.a entrepris de devenir la première puissance et a réalisé plusieurs aspects de l'objectif, notamment au point de vue de la domination territoriale.La Russie n'est cependant pas la plus forte sous d'autres rapports; les Etats-Unis, qui n'ambitionnaient pas cette primauté internationale, ont été amenés à prendre la direction du groupe d'Etats qui entend sauvegarder les valeurs fondamentales de la civilisation d'Occident.Il faut espérer que la manoeuvre entreprise à Washington donnera ou monde le répit nécessaire pour que triomphe le principe d'une société internationale supérieure aux Etats, de l'arbitrage international pour le règlement des conflits entre pays.— Paul SAURIOL La session provinciale “Le comité exécutif de Montréal n’est qu’une succursale du parti libéral” (M.Duplessis) “fl Je trouve illogique que la ville de Montréal, qui ne paye pàs un sou, s'arroge le droit de nommer des commissaires d’écoles”, dit le premier ministre.Fonctions incompatibles.”11 ne s’agit pas du droit des parents, il s’agit de finances”.Le Conseil de l’instruction publique est la seule autorité en matière de programmes scolaires.Le bill Côte comporte un accroc sérieux au principe de la représentation des taxés; il nie aux pères de famille le droit de regard dans l'instruction de leurs enfants, dit M.Codbout-Celui qui paye le plus, le contribua- ble montréalais, disparaît de la scène; on établit un régime d’irresponsabilité, d'intrusion et d’accaparement, déclare M.André Laurendeau.Choses d'hier et d'aujourd hui Tout ihhI nuit plus à celui (pii le commet qu’à celui
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