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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
samedi 1 septembre 1934
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1934-09-01, Collections de BAnQ.

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Montrai.Mined» 1er e«pt.1934 lacû^ et administration M >T^E-DAME [XPHor #VICE $ NUiT > ’ ition • • • HArbour 1241* HArbour 1243 .HArbour 3679 HArbour 4897 Directeur-gérant: GEORGES PELLETIER DEVOIR FAIS CE QUE DOIS! Rédacteur en chef: OMER HEROUX Vol.XXV — No 7Xrz TROIS SOUS LE NUMERO Abonnements par la poste Edition quotidienne CANADA.• • $ 600 (Sauf Montréal et banlieue) E.-Unis et Empire Britannique .8.00 UNION POSTALE.10.00 Edition hebdomadaire CANADA.2.00 E.-UNIS et UNION POSTALE .3.00 itière ontarienne (Pour*nos visiteurs) L Nos visiteurs de Fran ce quitteront demain Montréal pour fcer en terre ontarienne.lia savent que cette terre ontarienne d’abord comme tout le reste du Canada terre française.\ 0^ sont des Français < jui, les premiers, ont foulé ce sol, Haontê ce» rivières.Du i lang français, le plus riche et le plus iréeieux de tous, celui des martyrs, a largement coulé sur cette rre si rude alors.Il nom i l’a rendue deux fois sacrée.I Nos visiteurs çonnaiss ïnt cette histoire ancienne déjà.Us îrcxnt heureux de remettra leurs pas dans ceux de Champlain, s adresseront de loin un (respectueux hommage à la mémoire e Bréhedf, de Lalemant *et de leurs héroïques compagnons, avent-üs autant qu’il y a vingt ans à peine, cette même terre, ette ville même d’Ottawa" où ils seront demain, fut le théâtre le V’une des plus magnifiqgies luttes qui se soient jamais livrées hèz nous pour la défense la conservation de la langue francise?( 11 *1 * * B .11 y a dans l’Ontario.d'n chiffres ronds, trois cent mille tommes de sang français.! H y a quelque vingt-cinq ans, la uqntée croissante de ce mpiipe effraya des gens qui auraient ofîu que tout ce pays fqf1 exclusivement anglais, qu on n > Parlât que Jp langue'de ja majorité.Comme Ton ne pouvait jupprimer les corps, on fentreprit ùe transformer les cerveaux jft de faire, avec les petits!Cana(^ens san8 français, des adules de langue et de sentiLneuts anglais.La Grande fruerre, et oute la iittumlure sur ladiusl'ce^a liberté et les droits des letits peuplais qui en fut •' chez nous comme en Europe l’accom-(Ognement oWigé.ne ch;ea«Çèrent rien à ce dessein.De façon Portraits politiques M.MACKENZIE KIHG Il y a quelques années de cela, peutêtre.Sur l’estrade où M.Mackenzie King ~ -4-1— prononçait un discours, un maire Il a la surprise facile, îa réplique difficile.Il est plutôt lourd et lent.Quand il s'est convaincu de paroisse, rouge authentique de j d'une vérité, qu'il se l'est incorporée longue lignée, regardait l'orateur d’un ; pour ainsi dire, toute trace de timidité œil baigné d’admiration heureuse: on ! disparaît chez lui.En 1926, par exauçait juré qu'il jouissait déjà de la ! emple, il fit de la question constitua vision béatifique.Se penchant vers j tionnelle, soulevée par lord Byng, son voisin, il lui glissa à l’oreille: ; le principal, l’unique cheval de bataille Absolument assuré de# Le rapport de M.Louis losserand au congrès du droit civil-Les banquets offerts aux délégués français, hier soir f Voir page 3) L’actualité Un événement dans la “boîte M l là fofe brutale, insidieuse et savante, on s’acharna à faire fie ùf ntce| par nos petits enfants un instrument- de dénatioasfluiiUoîa.l’école mêmjOr eei 1 ujtu Mais la ufcanime.Les parents et les enfants, les c maîtres eL^cs mallSfvSsos firent bloc autour du vieux drapeau.risquereirt ta prison, les autres mirent en jeu tout leur »»ir professionnel, s’imposèrent les plus lourds sacrifices, J Tpièrent tics mois sans traitement plutôt que de se soumet-I régime maudit.Des écoles libres se fondèrent où Ton avait organiser la défense dans Técole ancienne.; a duré quinze armées, pendant lesquelles prêtres, religieux et religieuses, pères et mères de famille, instituteurs et enfants luttèrent côte à côte.L’émotion gagna toute l’Amérique française, L’Assemblée législative de la province de Québec, no» pmvtrsités, les pins hauts personnages de notre race élevèrent contre la folle tyrannie d’énergiques protestations.Des quêtes se firent chez nous pour appuyer financièrement les champions deTa liberté scolaire, pour alléger leur fardeau.Enfin, après quinze années d-’efforts — où nous avions reçu, la gratitude nous en impose l'aveu, Tapptti de nobles Canadiens de langue anglaise, Lf une trêjve intervint, où Ton concéda aux persécutés d’hier de substantiels avantages.Leur énergie, leur ténacité avaient fin! par triompher de toutes les hostilités, de l’ignorance et de Tapathie.* * » ''Quel homme! Regardez-lui les épau les, hautes et fortes.” Hautes, oui; mais fortes, non pas.M.Mackenzie King avait plutôt les épaules flasques qui se dérobaient sous le veston mal ajusté.Le chef du parti libéral était pourtant, à ce moment-là, en possession d’une belle santé.Aujourd'hui, le creux des épaules s est accusé.Ses vêtements sont devenus trop grands.Ils font des plis disgracieux au dos, près du col, sur les amples manches.Après une sérieuse maladie qui ne l'a pas empêché de suivre la politique nationale et internationale et, quelques mois après, de diriger l'Opposition au Parlement, M.Kmg se remet peu à peu, reconquiert la santé et des forces.Ses joues sont encore maigres, le teint, plutôt jaune.Il n’a plus, sur les lèvres, le sourire railleur d’autrefois.Les yeux sont restés rieurs mais ils ont perdu de l’éclat.Au-dessus d'un large front, de rares cheveux s’obstinent à vivre, vestiges des anciens jours.M.King les lisse soigneusement.De face, maintenant que le visage a perdu son expression de poupon réjoui, il donne l’impression d'un homme d'étude.L’on se dit que ce n’est pas le premier venu qui vous regarde ainsi, droit dans les yeux, d'un air aussi inquisiteur, aussi aigu et aussi timide à la fois.De profil, on dirait un papa débonnaire, ventre arrondi, pantalon tombant, mine défraîchie.Quel contraste entre M.Mackenzie King et M.Bennett ! Un peu plus jeune que le Premier Ministre, mais plus ravagé que lui par la fatigue, la maladie, les épreuves de la vie.Moins audacieux parce que moms présomptueux, il ne croit pas que les hommes et les choses doivent nécessairement trembler au son de sa voix.Moins intéressé aux affaires au sens étroit du mot.il a choisi l’étude des sciences boite de la rue Notre-Dame.La boîte, on le sait, est pour ainsi dire le p’til nom tout parfumé de fleur de lys que les journalistes donnent, dans l'intimité, à la salle où ils élaborent de durs comptes rendus de son parti ^osuiumc.,, a— c Eüenement (rimportance hier, un la justesse de sa these, ü attaqua Je j)eu ovanf /nidi, dans la modeste gouvernement fantôme, s'en prit personnellement à tous ceux qui en faisaient partie, prononça des discours violents, força le ministère Meighen à démissionner, alla au peuple, .traîna à la bataille sa troupe de députes on pondent des actualités et des qui manquaient presque tous d’enthousiasme et auraient préféré une lutte sur le tarif douanier ou sur n'importe quoi de plus “pratique”.M.King persista.11 créa une opinion, il eut raison contre ses adversaires, contre ses ministres, contre ses députés.Depuis les dernières élections, il a reçu bien des coups qui ne venaient pas tous de ses ennemis politiques.Dans son parti, on l'accusa d’avoir été le principal instrument de la défaite.Ses meilleurs appuis ne le trouvèrent plus à la page, à la hauteur de la situation nouvelle créée par la crise.Le brio de M.Bennett, son éloquence à l’emporte-pièce, ses airs d’homme d’action et d’affaires en imposèrent jusque dans les rangs de’ l’Opposition.Des députés libéraux crurent que leur chef manquait de compétence pour traiter les questions financières et monétaires.Déjà ils supputaient les chances de M.La-pointe, de M.Ralston, même de M.Ian Mackenzie.M.King laissa passer l’orage.Pendant que M.Bennett, au son de la ‘Marche de la Victoire', faisait tournoyer entre ses doigts experts le bâton du majordome, M.King s’occupait laborieusement à dresser des dossiers, à compléter, à adopter, à affermir sa doctrine.Lorsqu'il fut évident que le régflnc conservateur faisait une faillite presque totale, les libéraux reprirent confiance dans le Chronique musicale L’enseignement du solfège à l’école en trouver j économiques et politiques et les titres ouvrage de ! universitaires, pendant que M.Bennett Cette histoire magntflque, non* n’avons pas le temps de la raconter ici.Nos visiteurs pourraient, au reste, l’essentiel dans le deuxième volume du grand ____________________________ _ ._ .M.l'abbé Groulx sur Y Enseignement français au Canada.Mais optait pour l’argent.Moins fougueux il fallait tout de même ïa rappeler.presque aussi irascible, plus humain Il fallait rappeler aussi que, si notre passé a produit des que son successeur, ayant horreur es héros, cette rs?ce n’est nas morte.Des tombes toutes fraîches ! décisions hmsques sur ^ leurs compagnons d’armes.En chalr et en os, nos visiteurs f ans prcmier ministre, pourraient rencontrer encore, non seulement les enfants qui ont i“V.t Que M Bennett se consumait vécu cette êpckpie héroïque, mais plusieurs de leurs maîtres et [panJition inassouvie, de leurs maîtresses, et de ceux qui dirigèrent la magnifique gous-ministre avant d’être ministre campagne.Leurs nom» sont, inscrits déjà dans notre histoire.^ Travail, il était entré dans le fone-On en parlera demain COmmède La Fontaine et des autres eon- tionnansme à la demande de M.Laurier quérants de lajiberté.iqm l’avait remarqué entre plusieurs Du reste, et sans trop y insister, il faut bien ajouter que COmme il devait remarquer Fernand c’est un peu partout dans ce pays qu’on a dû se battre, qu’on Rmfret, fonctionnaire obscur alors doit encore lütler pour maintenir ou conquérir à la langue ! préoccupé de critique littéraire.^ M.francaîié sa juste place.iKffig passa aux Etats Unis, apres la Ce fat, pendant la Grande Guerre, un spectacle d’une atroce défaite de 1911, pour y conduire une et douloureuse ironie que de voir un certain nombre de ceux grande enquete sociale et conomiquc.qui demandaient aux Canadiens français d’aWer se battre en C était pen an ^ ‘ ' Europe pour la liberté s’acharner à paralyser, en telle ou telle dJser’^r \e taquiner; car il à province, notre vie française et essayer d’étouffer sur les levres scn8lble, étant pratique de nos petits enfants la langue de la France.;meFnt dépourvu du sens de Thumour.Et personne, alors, n’est venu d’Angleterre imposer silence choisi cbef du parti libéral au congrès a la meute hurlante.Légalement, on ne le pouvait point; mo- nati0nal de 1919, puis élu premier râlement, on n’y a probablement pas pensé.Nous comptions n.in.,tre d eut le bon esprit de s’entou- ____________________________________.________________.’ ______________________- ___Tt.— ~ billets du soit*.Pour marquer d’un caillou blanc, comme les Anciens, I événement dont nous avons été témoins hier, il faut (pie cet événement soit d’un caractère bien spécial; car nous, qui avons fréquemment l'occasion d'enregistrer placidement les pires calamités, les bouleversements les plus considérables, nous avons perdu l’habitude de nous émouvoir.Mais, hier, fl faut le dire, tous, du moins jeune au moins vieux, nous étions un peu émus.C’est qu’en se rendant à la boite ù la pointe du jour, les couleurs de France qui se détachaient sur la façade sombre du Devoir annonçaient quelque chose d'inusité.Mal impressionné par le désordre — fout superficiel du pupi tre du signataire de cette chronique, notre directeur, M.Pelletier, avait jugé plus prudent de nous dire dès la première heure: "Vous aurez la visite de journalistes français de passage à Montréal pour les fêtes de Cartier.” Aussi, chacun tirant profit de ce conseil déguisé, avions-nous fait discrètement la toilette de nos tables de travail, laissant tout juste assez de désordre polir prouver que nous ne sommes pas trop rond-de-cuir.A l’heure annoncée — les journalistes savent le prix dn temps — “ils” fiaient chez-nons: quatre littérateurs de France venus nous apporter avec l’amitié de leur pays r-L r i ‘ ™ Ai.- i.,.qui nous est si cher le bonjour fra- \ Chef qui les a guides, sans eclat mais, ^ ^ centaines de jounwli'stes sans de trop graves erreurs» pendant » représpnient.les années dc^ pessimisme et de decou-j /j y avait là Franc-Nohain (Man- \ ragement.Ce qui faisait dire a 1 un rlce-Etienne Legrand), l’un des’ d’eux: “Souvent ses méthodes nous1 poètes français les plus appréciés] (suited) 1 — Le problème du solfège à Técole Comment te résoudre, car il est complexe.Il y a le facteur manuel, il y a le côté professeur; ce dernier subordonné à l’autre.Le manuel devrait être rédigé en vue du but à atteindre, des ressources de l’élève et des aptitudes ordinaires du commun des professeurs.Le but de l’enseignement musical élémentaire aux écoles primaires, tant urbaines que rurales, ne peut pas être, ne doit pas être de former des musiciens de carrière, des professionnels de la musique, mais de développer chez les tout jeunes le goût de l’art musical et de les initier aux notions rudimentaires de lecture et de chant.Il ne faut donc pas s’attendre à ce que, après six mois, un an de cel enseignement, les sujets puissent faire partie d’une maîtrise; ce serait une exigence déraisonnable.Autant vaudrait demander à un enfant qui vient de maîtriser à grand peine les règles simples et les fractions de tenir la comptabilité d’un magasin.Il ne s’agit pas d'exploiter immédiatement les quelques notions acquises dans Tannée, mais de jeter dans l’esprit des jeunes une semence à laquelle il faut donner le temps de germer.C’est le point important à ne pas perdre de vue; on y est trop exposé par excès d’empressement à recueillir des fruits.Défauts pédagogiouat dea manuels de solfège En général, nous l’avons vu dans les chroniques précédentes, la plu (1) Voir nos des 18 et ZS août.part des solfèges procèdent de façon routinière et antipédagogique: ils ne commencent pas par le vrai commencement et, dès les débuts, ils noient Télève dans une foule de notions de même ordre, sans utilité visible et sans portée pratique.L’élève ne sachant pas où on le mène, bourré subitement de no lions nouvelles auxquelles il n’est en rien préparé, se décourage, se dégoûte vite et renonce à absorber ce grimoire.Deux manuels étrangers et un manuel canadien échappent à ces déficits: Les solfèges de Paul Gilson, inspecteur général de l’enseignement musical en Belgique, et celui de Maurice Che-vais.inspecteur de l’enseignement du chant dans les écoles de Paris.Le manuel canadien qui a pour auteur une religieuse de la Congrégation de Notre-Dame échappe à tous les griefs exposés ci-dessus.II est de la plus saine pédagogie musicale.Aussi fut-il approuvé par le Conseil de l’Instruction publique en 1926.Il y a pour chacun des cours, — préparatoire, élémentaire, etc., — le manuel de Télève et celui du professeur, avec dessins, gravures nombreuses, bien propres à illustrer vivement les notions expliquées.Bref, “Le Chant à Técole”, car c’est le titre, mérite les plus grands éloges.Toutefois, étant accordé à la mentalité plutôt féminine, il ne saurait être mis, tel quel, à l’usage des petits garçons, dont le tempérament, les jeux, les goûts diffèrent totalement; mais Tordre dans lequel la matière est présentée, les multiples Industries e.m-employées pour inculquer les notions diverjte* d’intonation, de rythme et de nuances, tout concourt à en faire un manuel modèle d’enseignement scolaire.Ajou- i (Suite à la page 2) dons qu’on laisse à ceux qui so.sont battus, aux chefs et aux nouveau devant le peuple en 1925, petits soldats, le plein mérite de leurs efforts.crut ^ pouvait garder le pouvoir, le Ce qu’ils ont gardé ou conquis, ils le doivent à eux-mêmes.1 garda, le perdit, le reprit en 19x6 à un certain nombre de nobles et généreux Canadiens de langue et dut céder^la place a plus beau par- anglaise, et à leurs camarades français du Canada.* * » Nous avoua vu ces choses d’assez près.L’un des faits qui nous ont le plu» frappé, c’est, avec l’appel .___1______ Tappel au passé, aux grands aïeux, la volonté de poursuivre leur que lui en 1930.Les années qui suivirent furent mornes.Les libéraux gardèrent un goût amer de leur défaite.< Ils desccn-, « .Mirent dans la vallée de l’humiliation, appel aux forces (^1'V)nrS’ |orBque |e scandale de la Beauharnois leur oeuvre Nous pourrions raconter à ce propo* les plus topiques incidents.i C’est M#r Ungevin.le grand archevêque de Saint-Boni-facc, se réfugiant près du Fort Saint-Charles, dans son lointain Manitoba, et s’écriant (nous tenons le fait dç lui-même) : Explo râleurs et missionnaire*, ce que vous avez découvert, ne sau* rons-nous point le garder?C’est le vieil et magnifique ouvrier de Pembroke, M.Long-pré, au matin de IVmverture de l’école libre Jeanne d’Arc, montrant aux petitxcnfanta de là-^>as l’Outaouais tout proche et leur disant: Là passèrent lés héroé et les martyrs.Ne saurons-nous oint continuer lèur oeuvre?C’est telle petite maltressç d’école d’Ottawa qui, en picin» rise, conduUait aea élèves à la Pointe Champlain pour leur lire: Ici Champlain campa.Cette rivière, cette chute, c’est lut qui les haptlaa.Vous èta les plus anciens dans ce pays.C’est votre langue qui la première, hors les langues sauvagei, retentil sur ces bords, battit cet air.Vous laisaerez-^ous traiter en Ilotes dan# votre propre pays?Des fait*, dea mots comme ceux-là, on pourrait presque ndéfiniment en raconter.Noe amis de France conviendront, îe nous semble, qu’ils ne déparetraient pas l’histoire de notre vieille et conmratte nation.Omar HEROUX ______ M.King réussit à conserver intacte sa réputation d'homme intègre, mais il ne put éviter de passer pour un chef qui ne contrôlait pas suffisamment les actes de ses lieutenants.En effet, si M.Bennett est tout le gouvernement, M.Mackenzie King ne fut jamais que le premier ministre, président du conseil et ministre des Affaires extérieures.11 laissait à ses ministres une grande' liberté d’action.Il les encourageait à l'initiative.Il demandait leur avis, l’acceptait souvent, n'employait son droit de veto qu'en des circonstances particulièrement importantes.En1 Chambre, il laissait à ses collègues la 1 tâche et le plaisir de se défendre, j H ne répondait pas à leur place comme j M.Bennett ne se gêne pas pour le faire — quand ils se leva ent pour donner une explication.Chaque membre du conseil devait assumer sa part de responsabilité.Il dirigeait un gouvernement.Il ne le constituait pas à lui seul.On Ta cru timide.De surface, semblent passées de mode et ses prim cipes vieillots, mais nous nous apercevons, face à la réalité, qu'il a presque toujours raison.” C’est que M.Mackenzie King est moins une personnalité imposante, un météore à la Bennett, qu'une doctrine vivante: doctrine assez consistante pour imprimer à la politique intérieure, impériale et étrangère du Canada une directive certaine et, en même temps, assez large pour satisfaire bon nombre d'opinions personnelles et de théories individuelles.Il est fortement attaché aux droits et privilèges parlementaires, garanties de la démocratie britannique.Il prétend en même temps, les leçons de la crise étant péremptoires, que l’Etat doit contrôler le crédit et, jusqu'à un certain point, l'industrie.Il préfère, au régime hautement protectionniste, la plus grande liberté possible pour le commerce international-—définira qui peut le mot possible.Petit fils de Lyon Mackenzie, il est autonomiste et aux antipodes de la politique impérialiste de M.Bennett.Il ne veut pas que le Canada abdique la liberté constitu tionnelle qu’il vient de conquérir, dans des traités de commerce qui le lient à l'Empire.Enfin, habitué à scruter l'esprit plutôt c^ue le texte d’une loi, il est enclin a adopter, l'égard des Canadiens français, une attitude plus conforme à l'interpré tation que nous donnons du pacte fédératif.Cette doctrine du juste milieu, capable de nous assurer un gouvernement acceptable, M.King l'expose, hélas! dans des discours de trois ou quatre heures, dans une langue filandreuse, lourde, moins claire que sa pensée.11 en est obsédé au point que Ton dirait qu'il n'a qu'une corde à son arc.Il répète le meme discours plusieurs fois pendant la même session, et chacun de ses discours se compose des mêmes idées plusieurs fois répétées.Ses déclarations ont toujours un cachet académique.Cela n'en-flamme pas, n'émeut pas, ne soulève pas Pourtant la population, dans sa conscience diffuse, a confiance en lui.Elle le lui montrera d’ici un an.Ce sera l’épreuve décisive de cet homme qui, ayant été neuf ans premier ministre, n'a pas encore donné toute sa mesure Ce type d'intellectuel est dans un 1 devenir.au Canada, littérateur dont nous connaissons certaines actualités pleines de verve et de vrai sel français.librettiste d’opérettes, collaborateur à Gil Blés, à Le Fiflaro, à la Revue Blanche, critique littéraire dramatique « Z’Echo de Paris, et aussi fabuliste spirituel.C’esl de ce même Franc-Nohain qu’un de nos confrères a fuit, avec un peu d’imagination, le sosie de.notre directeur.Nous avons eu le plaisir de serrer la main à M.Fernand Oregh, poète Int aussi, qui a connu dès son premier recueil de vers les lauriers de VAcadémie Française, que les plus vieux connaissent mieux ici comme auteur d’un manifeste célèbre sur la poésie, publié par Figaro en 1902 et comme rédacteur au Journal et à la Revue des Deux-Mondes.il y avait encore M.Ernest Haubert, du Jour, président des directeurs des quotidiens départementaux.Journaliste-poète lui aussi, auteur des Roses latines; enfin, M.Paul Croiizet, directeur de la Grande Revue, inspecteur de l’Université et des Colonies, auteur d une grammaire latine qui sert à l’enseignement dans de nombreuses maisons d’études secondaires canadiennes.Tous ces hommes, que nous cnn- Bloc-notes La civilisation progresse Au cours de manoeuvres aériennes récentes en France, Ton a démontré qu’une escadre d’avions puissants pourrait se rendre de la frontière allemande jusqu’au-dessus de Paris, bombarder la ville et la détruire avant même que celle-ci ait eu le temps d’organiser sa défense.Théoriquement, Paris serait sans défense contre une attaque aérienne, au cours d’une prochaine guerre.La démonstration faite vaut pour n’importe quelle autre capitale européenne.Un ministre français de l'air, M.Pierre Got, a rappelé que pendant la guerre de 1914 à 1918, les Allemands n’ont pu lancer que trente tonnes de bombes sur Londres, ce qui a tout de même fait 1800 victimes.Aujourd’hui, avec les pro-grès de l’aviation, une escadre aérienne pourrait facilement jeter trois cents tonnes de bombes sur Londres, en une seule journée et le nombre des victimes serait d’environ 180,000.Il ne s’agit pas là de suppositions mais de faits démontrés.M.Cot suggère donc que son pays dépense moins d’argent pour l’armée et avait promis de pratiquer, s’il était porté au pouvoir, la plus stricte économie dans l’administration de sa province.C’est ce qu’il est en train de faire.Sa dernière décision, c’est de fermer le bureau de Tagent général de l’Ontario en Angleterre.L’agent général à Londres et huit fonctionnaires sont ainsi remerciés de leurs services.Quant à Timmeuble londonien, il est à louer ou à vendre.Personne ne pourra non plus dire à M.Hepburn qu’il pratique Té-conomie aux seuls dépens des autres.Les dépenses de son propre bureau, en tant que premier ministre, ont déjà été réduites de cinquante pour cent.Un reproche que Ton ne peut sûrement pas faire à M.Hepburn, c’est celui de ne pas tenir ses promesses électorales.E.B.naissions de réputation se mêlé-1 la marine et davantage pour Tavia-rent le plus joyeusement du monde i lion, à moins qu’il y ait une enten-à nous et nous avouèrent sans cer ! I'‘ mondiale pour abolir l’aviation gogne leur plaisir de connaître no-1 militaire.tre boîte et de se voir bien accueil- ’ ne telle entente serait-elle pps-lis chez nous.sible?C’est moins que certain.Pourtant, notre réception n’avait _ ., rien que de très modeste.Pas de iUT IC tat’O vins capiteux ni de gâteaux sers ù\ j r ministère fédéral .des Travaux offrir à nos visiteurs.L est à [publics avait désigné des architec-si le directeur de notre /our/ml onjarjcn,, pour préparer les pauvre put se permettre un léger ; plans (1|) nouve] h|-)tr, (jes pnstes accroc à son budget et distribu r d(, Montréal ainsi que d’autres édl- perpétuel * ?ûr ?25 ans, 25,000 QUE CHAQUE LECTEUR NOUS IN TROUVE UN AUTRE, ET LE BUT SERA DEPASSE- de quoi fumer le calumet d'amitié.Mais, à défaut d'argent nous avons mis tout notre coeur à recevoir chaleureusement nos hôtes.Et c’est ce que, je crois, l’on a aPPrè' cjè le plus.Franc-Nohain a laissé de son passage dans notre librairie une autographe originale par laquelle tl salue amicalement le Canada et les rédacteurs du Devoir.M, Gregh, lui, nous a avoué que notre boite lui parait la plus française de toutes les boites qu’il lui a été.donné de connaître au Canada Tout, chez-nous, lui rappelle Paris, rions dit-il, jusqu'à cette cour intérieure qui enchâsse le peu que nous voyons du ciel, et qui lui rappelle la rue du Croissant.Tôt, trop tôt, ont dü partir nos visiteurs nous laissant rêveurs devant nos dactylotypes Le proie, là-haut, n'attendait pas.Il lut fallait de la copie, encore de la copie Et nous dûmes, à regret, nous évader de.la zone, sympathique pour aller donner de quoi lire pent-ilre, ça n'est pas certain, à ces Journalistes d’outremer en vacances Mais ont-ils ici, le temps de lire?Lucien DESBIENS fiers publics qui doivent être construits incessamment dans notre ville.Des protestations se sont élevées aussitôt.Pour corriger son faux-pas, le ministre, M.H.A.Stewart, vient de désigner deux architectes canudiens-tfrançai.s.MM.Dalbé Vian et Anastase Gravel, pour surveiller les travaux en question.Mieux vaut tard que Jamais évidemment, mais la dernière décision de M.Stewart ne répare pas complètement la précédente.Les plans seront dressés par des gens qui ne sont pas de chez nous et qui, pour cette raison, auront moins le souci d’adopter un genre d’architecture qui convienne A notre ville et à notre province.Dans le ras de la construction d’édifices publics h Toronto, viendrait-il h l’idée d’un ministre fédéral de retenir les serviras d’architectes Canadiens-français de lu province de Québec?M, Hepburn et ses promesses Le nouveau l’Ontario, M.Mitchell Hepburn,i Carnet d’un grincheux Selon le Presse, M.de Lévis-Mirepoix a traité M, Pamphile du Tremblay de grand journaliste.On savait que le duc collaborait i Cringoire, mais le cachottier ne nous avait pas dit qu’il collaborait aussi au Canard-Enchainé, feuille humoristique.* ¥ ¥ Ingratitude.Chercher dans tous les portraits que publie la Presse.Nulle part vous ne trouverer le rédacteur de Ladé-bauche.Et pourtant c’est lui qui fait le tirage.C’est mal de le cacher devant les étrangers et de le priver du vin d’honneur.# * * M.Henry Bordeaux n’est pas allé i la Presse, qui est pourtant lauréate de l’Académie française.M.Bordeaux doit continuer d’écrire une fois de retour en France; on comprend qu‘ii ne veuille pas contaminer sa langue.¥ ¥ ¥ “M.Pamphile du Tremblay devant l« microphone" dit un titre de la Presse.Le microbe devant le micro serait plus expressif.¥ ¥ ¥ M.Armand Thibodeau, de Granby, a fait plut nour inspirer la crainte aux bandits qu’une armée d’agents.Il y < risqué sa vie et tous ses concitoyens lui doivent de la reconnaissance.Le Banque qui l’emploie aussi.PAMPHILI Pas de journal lundi Lundi, fête du travail» le “Devoir” ne paraîtra pas.Nos bureaux et nos ate- Le nouveau premier ministre de i* ¦***«-.««* M.Mitchell Heoburn.^ !•«« reitOfOItt term«S, I LI DEVOIR, MONTREAL, SAMEDI t
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