L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction, 1 septembre 1932, Septembre
54e Vol.Québec, Septembre 1932 N° 1 L'ENSEIGNEMENT PRIMAIRE ÉDUCATION — INSTRUCTION PÉDAGOGIE PROGRAMME DE L’ANNÉE SCOLAIRE 1932-33 Avec la présente livraison VEnseignement 'primaire entre dans sa cinquante-deuxième année d’existence et commence son cinquante-quatrième volume.Notre revue est donc entrée à pleine voile dans son deuxième demi-siècle, avec l’intention bien arrêtée de continuer sa course avec toute l’ardeur que lui donnent la confiance inlassable de ses lecteurs et la sympathie constante des autorités.Le nombre de nos collaborateurs s’est augmenté de plusieurs unités précieuses dont les travaux seront bien appréciés du personnel enseignant.M.Gaillard de Champris veut bien nous continuer, de Paris, sa précieuse collaboration; M.Louis Riboulet, l’auteur renommé de VHistoire de la Pédagogie, d’un Manuel de Pédagogie générale, d’un Manuel de Psychologie appliquée à l’éducation, de Conseils sur le travail intellectuel et de plusieurs autres œuvres pédagogiques remarquées, nous fournira chaque mois un article de méthodologie; M.l’abbé Degagné, Principal de l’École normale de Chicoutimi, saura encore intéresser nos nombreux lecteurs dans des pages de pédagogie pratique et vivante dont il a le secret.Au chapitre du dessin, le cher Frère Raphaël, actuellement en Europe, sera remplacé par le cher Frère Amé-dée, des Écoles Chrétiennes lui aussi; le Frère Amédée est professeur de dessin à l’Académie Commerciale de Québec et visiteur (pour le dessin) des écoles de cette ville; les chers Frères Henri et Anatolius-Louis, de l’Instruction Chrétienne, poursuivront leur excellent travail sur l’enseignement de l’anglais; M.B.-O.Filteau, ancien professeur d’école normale, membre du Bureau central des Examinateurs catholiques et assistant-secrétaire du Département de l’Instruction publique, continuera ses leçons de mathématiques que maîtres et maîtresses apprécient hautement; M.Jean-Chs Magnan poursuivra la série de ses articles, de ton original et personnel, sur Vorientation rurale de l’enseignement à l’école de la campagne; M.J.-E.Paquin, professeur à l’École normale de Saint-Hyacinthe, bien connu de nos lecteurs, causera sur la pédagogie pratique avec l’autorité qu’on lui sait.Une précieuse recrue dans M.Roch Aubry, professeur à l’École normale de Hull: M.Aubry se spécialisera, cette année, sur la “rédaction d’après l’image”, exercice d’élocution qui favorisera non seulement la rédaction et la composition, mais aidera aussi les instituteurs et les institutrices à préparer les leçons de choses.Une Religieuse de la Congrégation de Notre-Dame et une Religieuse de l’Assomption, de Nicolet, veulent bien, avec l’assentiment de leur Supérieure respective, gratifier Y Enseignement Primaire de leçons pratiques sur la géographie et l’histoire.La publication des meilleurs travaux pédagogiques recueillis dans les écoles normales sera aussi continuée. 2 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Enfin un Frère de l’Instruction chrétienne veut bien nous communiquer quelques travaux de méthodologie suggérés par une longue expérience.La publication des documents officiels et scolaires, la reproduction d’arti-ticles des revues de France, de Belgique et de Suisse et de pages littéraires et scientifiques conserveront à l’Enseignement Primaire son caractère documentaire et de culture générale.uLa partie pratique” sera variée, soignée, et comme par le passé, l’adwaZ^é sera suivie de près.C.-J.Magnan, directeur.DE L’ENSEIGNEMENT DE L’HISTOIRE NATIONALE (Pour Y Enseignement Primaire) MÉTHODOLOGIE I.Vues générales 1.L’histoire nationale est un des moyens les plus efficaces de donner une éducation nationale.L’éducation nationale est celle qui se rattache au passé, qui conserve avec un soin jaloux les traditions, les croyances, les coutumes des ancêtres, qui est l’écho de leur idéal et de leurs aspirations.Il n’est pas permis à un honnête homme d’ignorer l’histoire de son pays.Comment ressentir la flamme patriotique, c’est-à-dire, le culte des aïeux, la fierté d’être de leur race et de continuer leur œuvre, d’aimer intelligemment son pays, de le servir noblement, si cette flamme ne s’est pas avivée par l’exemple des grands hommes, des héros et des saints qui sont des lumières et des modèles ?2.L’histoire fait connaître et comprendre le passé: le passé tradition, le passé expérience, le passé facteur principal du présent, le passé source d’inspiration et de patriotisme.Le passé canadien est riche en leçons et en exemples; il remonte bien au-delà du XVIIe siècle; il est la fleur des longs siècles qui l’ont précédé; il est le vin, le sang, le froment des chansons de gestes, des croisades, des innombrables prouesses des chevaliers et du peuple choisi de Dieu pour l’accomplissement de ses gestes.A l’histoire de la mère-patrie, il a ajouté des chapitres d’une incomparable grandeur.Ces vues si nobles jettent une vive lumière sur l’histoire canadienne: elles expliquent le rôle des découvreurs, des missionnaires, des premiers défricheurs.L’enfant est fier de se rattacher à cette grande lignée nationale qui, par l’action, la pensée, la parole, a fait son pays ce qu’il est.De là découle l’idée de conserver comme un précieux héritage les traditions, patrimoine sacré des aïeux et les droits particuliers de notre race: vertus religieuses et sociales, culte de l’humanisme, esprit de prosélytisme et de générosité, promptitude de décision, courage et ténacité, instinct de la clarté et de la mesure, sentiment d’honneur, bonhomie et belle humeur, horreur de la lâcheté et de la forfaiture.3.L’histoire fait comprendre le présent.“Le présent a ses racines dans le passé; un siècle est ce que l’ont fait les siècles qui l’ont devancé, une génération hérite du bien et du mal transmis par les générations antérieures; les institutions qui se développent ou qui meurent ont leur cause de ruine ou de vie dans les faits qui ont précédé.En un mot, une grande solidarité lie ensemble tous les âges, et l’histoire est une toile ininterrompue où tous les fils qui vont faire la trame de demain tiennent à ceux qui ont fait la trame d’hier”.(1) Les générations actuelles se doivent de continuer celles qui les ont précédées, de conserver à tout prix les biens de toutes sortes qu’elles en ont reçus.Devant ces bienfaits dont nous sommes les usufruitiers, nous nous sentons “comme en présence d’un dépôt qui fut remis en nos mains sous la condition rigide de le faire valoir et de l’accroître.” (2) (1) Mgr Dupanloup De la haute éducation, III, p.207.(2) Augustin Thierry, Dix ans d'études historiques; première lettre sur l’hist.de France. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 3 4.L’histoire est un guide pour l’avenir.Elle est le grand réservoir de Texpérience universelle.Des enseignements féconds jaillissent de ses pages.Avec le recul on peut s’en faire autant de règles expérimentales.Sans doute, l’histoire ne se répète pas sous des formes identiques; elle n’en reste pas moins pour les vivants comme la somme des expériences de ceux qui les ont précédés.Certes, elle ne permet pas de prévoir l’avenir, mais elle peut nous mettre en garde contre le retour des mômes erreurs.On connaît les prévisions célèbres de Joseph de Maistre et de Donoso Cortès.Ainsi comprise l’histoire est une puissante école de progrès.“L’homme, dit Pascal, tire avantage non seulement de sa propre expérience, mais encore de celle de ses prédécesseurs.De sorte que toute la suite des hommes pendant le cours de tant de siècles, doit être considérée comme un même homme qui subsiste toujours et qui apprend continuellement.” (1) 5.L’histoire fait connaître et aimer la patrie.Un Canadien français qui ne connaîtrait pas l’histoire de son pays ne serait-il pas un déraciné ?La tâche d’un professeur d’histoire est de faire aimer son pays en racontant les hauts faits des générations antérieures; de donner aux enfants “un amour d’estime, de raison et de cœur, faisant toutes les distinctions du bien et du mal, posant les limites nécessaires, hiérarchisant tous les sentiments humains, fondant les convictions sur la science des faits, prêt à donner à la patrie tous les témoignages de la tendresse filiale.” (2) Quelle belle mission pour un maître ! Nous reviendrons sur ce sujet.6.L’étude de l’histoire fortifie les convictions religieuses.Bossuet, instruisant le Dauphin, lui montrait les empires s’écroulant les uns après les autres, et la religion toujours debout sur leurs ruines; et il concluait: “Tel est le double fruit que nous tirons des choses humaines et de l’histoire universelle; le premier, d’affermir en faveur de la religion, par sa perpétuité même, son autorité et sa sainteté; le second, de fournir aux empires, fragiles de leur nature, des appuis dans les exemples anciens, mais sans oublier jamais que la mortalité, naturelle aux choses humaines, est liée à ces appuis eux-mêmes, et qu’il faut transporter l’espérance vers les cieux.” L’histoire des Canadiens français est imprégnée de christianisme.Supprimer le rôle de l’Église dans cet enseignement serait le dénaturer.L’influence des idées religieuses peut seule expliquer les admirables exemples de foi et de vertu des découvreurs, des fondateurs de la colonie, des modestes défricheurs, des hommes illustres qui ont présidé aux destins de la nation canadienne, elle explique la vie et les œuvres des missionnaires, des religieux, des prêtres, des évêques, de tous ceux, en un mot, qui, à des titres divers, ont joué le rôle d’entraîneurs et de chefs.Lorsqu’un enfant trouve un maître capable de lui faire admirer la valeur morale de tels exemples, il est fier d’appartenir à cette Église dont l’empreinte bienfaisante est visible à toutes les époques de l’histoire de son pays; il comprend qu’il est de la race des saints et qu’il ne doit point déchoir.Ces grandes pensées fortifient en lui la foi, l’espérance et la charité; elles entretiennent son idéal, son ardeur vers le bien, sa volonté de devenir toujours plus parfait.Concluons ces vues générales par cette belle page de Guizot qui les résume: “L’histoire nous rend le passé et ajoute à notre existence celle de nos pères.En se portant sur eux notre vue s’étend et s’élève.Quand nous nous connaissons bien, nous nous connaissons, et nous nous comprenons mieux nous-mêmes; notre propre destinée, notre situation présente, les circonstances qui nous entourent et les nécessités qui pèsent sur nous deviennent plus claires et plus naturelles à nos yeux.Ce n’est pas seulement un plaisir de science ou d’imagination que nous éprouvons à rentrer ainsi en société avec les événements et les hommes qui nous ont précédés sur le même sol, sous le même ciel; les idées et les passions du jour en deviennent moins étroites et moins âpres.Chez un peuple curieux et instruit de son histoire, on est presque assuré de trouver un jugement plus sain et plus équitable mênr sur ses affaires présentes, ses conditions de progrès et ses chances d’avenir.” (3) L.Riboulet.(1) Pensées, édition Brunscbvicg, p.79.(2) R.P.Charmot, La teste bien faite, p.170.(3) Mémoires, III, p.170. 4 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE ENSEIGNEMENT AGRICOLE Les cours agricoles de vacances aux religieux.Une fructueuse étape (Pour Y Enseignement Primaire) Nous arrivons d’Oka, où se sont donnés les cours agricoles de vacances aux religieux, enseignant à la campagne.Nous en sommes tous revenus édifiés, encouragés.Le premier sentiment des autorités, des professeurs et des conférenciers, envers ces magnifiques élèves, se traduit par le mot reconnaissance.En effet, combien savent que ces religieux, ayant le vif besoin de se reposer comme les autres, ont sacrifié la plus grande partie de leurs vacances pour se faire étudiants assidus et travailleurs.Combien s’arrêtent à penser que ces modestes religieux ont librement laissé un légitime repos, pourtant si mérité, pour s’assoir aux bancs des.classes, redevenir écoliers, apprendre ou réapprendre l’agriculture, ou encore écouter patiemment des notions connues et peut-être déjà pratiquées! Et, quand on songe que plusieurs, parmi ces religieux, dirigent la ferme de leur communauté et sont des spécialistes en matière d’agriculture, on ne peut que s’incliner devant leur grande modestie et admirer leur désir de connaître davantage.A Oka, dans cette atmosphère sympathique, dans cette fraternité qui crée, entre professeurs et élèves, cet amour commun de la terre et des champs, une mutuelle compréhension s’est épanouie et la plus grande bienveillance s’est manifestée, autour des idées et suggestions soumises par le professorat agricole.Assurément, il n’a pas été nécessaire de prouver à ces élèves, d’un genre nouveau, que l’agriculture a été et demeure notre industrie nationale, notre vraie richesse, même à l’époque du présent malaise dont nous souffrons, qu’elle est encore notre meilleur appoint, notre plus grand actif.C’est l’agriculture qui donne encore à meilleur compte, à la masse de notre peuple, l’abri, le chauffage, le pain et la paix, l’indépendance, la santé et le bonheur terrestre.Tous ont compris ces vérités élémentaires si souvent oubliées ici et là, et, chez ces religieux, le souci d’aider l’agriculture s’est manifesté à maintes reprises aux cours de ces importantes assises.En dehors de cet ordre d’idées, notons avec joie les travaux personnels des Frères.La plupart de ceux-ci ont préparé des herbiers, une collection d’insectes et des tableaux, collections de minéraux, pour leurs écoles, des spécimens de grains, terres, etc., pour les futurs musées scolaires.Toutes ces choses méritent de retenir l’attention et deviennent un bel exemple pour tous les enseignants, laïcs ou religieux.A plusieurs reprises, durant les cours, nous eûmes l’impression réconfortante qu’un mouvement sérieux, optimiste sans cesser de poursuivre des solutions réelles, était en marche pour amener la réalisation intégrale du Programme des études agricoles, dans les campagnes.Tant vaut le maître, tant vaut l’école! Si l’école des campagnes doit s’inspirer des nécessités qui saisiront l’écolier après son stage primaire et complémentaire, il importe d’éclairer, d’entraîner, de former le personnel enseignant à son rôle et à ses fonctions.Par leur geste spontané et généreux, les enseignants ont répondu très nettement à l’appel: ils ont fait ce qu’ils devaient! L’État s’est montré prévoyant, les intéressés prêts à marcher.Que les commissions scolaires et le peuple fassent crédit aux autorités et les appuient de toutes leurs forces pour préparer les futurs agriculteurs à vaincre le sol et à acquérir une vie plus prospère et plus heureuse.Ne l’oublions pas, la plus grande ressource naturelle de notre pays c’est l’enfance; et pour nous,—^ens de la terre— c’est l’enfance rurale.Elle a droit à notre secours pour l’orienter vers son meilleur avenir comme nous avons le droit de compter sur l’appui de tous pour elle.Jean-Chs Magnan, Agr., du Ministère de VAgriculture, Québec. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 5 LA PRIÈRE À L’ÉCOLE Former des âmes croyantes et fidèles, telle est la mission principale de l’instituteur chrétien.Nous devons le redire sans nous lasser.Aussi bien, est-ce chaque fois pour le personnel de nos écoles, l’occasion d’un rappel à la noblesse vraiment apostolique de sa tâche quotidienne de nos écoles, l’occasion d’un rappel à la noblesse vraiment apostolique de sa tâche quotidienne; un stimulant aussi, afin qu’il s’en rende toujours plus digne.Un des moyens les plus efficaces pour réussir dans cette tâche, parfois bien difficile, c’est la prière à l’école.L’enfant prie—il peut prier du moins—ailleurs que sous le regard du maître ou de la maîtresse: en famille, par exemple, au catéchisme, à l’église.Mais il faut qu’à l’école il se forme à la prière bien faite—faite avec recueillement et ferveur.On le sait: prier ne consiste pas à réciter des formules, mais à élever son âme vers Dieu.La formule n’est pas inutile, pourtant: elle soutient, elle provoque parfois le vol de l’âme; mais à la condition qu’elle soit comprise et sentie: sans quoi ce vol se réduirait à un battement d’ailes inutile.N’en est-il pas ainsi trop souvent ?Beaucoup d’enfants répètent sans les comprendre des phrases apprises de mémoire, dont on leur a dit qu’elles étaient des prières.Quelques-uns s’en contentent, hélas! durant toute leur vie.Et combien de prières ainsi faites sont vite oubliées ou ne laissent dans la mémoire qu’un souvenir stérile ou ennuyeux! C’est que les âmes n’étaient pas touchées par les paroles prononcées; celles-ci éveillaient à peine une vague idée religieuse et ne provoquaient aucune émotion.Et “l’exercice” se déroulait, périodique et machinal, sans profit pour la formation morale et religieuse.Conclusion: au lieu de créer chez les enfants des habitudes de piété, une telle méthode les accoutume à un automatisme sans efficacité spirituelle.Qu’on s’étonne après cela des défections dont on a raison de gémir, mais qu’un souci plus intense de la religion et de la piété eût facilement fait éviter! Mais à quoi bon récriminer ?Ne vaut-il pas mieux rappeler, autant que de besoin, le devoir pour tout maître chrétien d’apprendre aux enfants à bien prier ?D’abord expliquons les formules, adaptant nos explications à l’âge et à l’intelligence de notre jeune auditoire.Mettons-y toute notre foi, et toute notre piété.On ne parle pas des choses saintes comme d’une règle de grammaire ou d’un problème d’arithmétique.Il faut qu’on sente, à nous entendre, quelque vibration intime capable de toucher et de provoquer chez autrui une émotion analogue.La prière va commencer.Un signe de croix, d’abord.Que le maître donne l’exemple du recueillement.Qu’avec lui tous se signent posément,'prononçant lentement les paroles appropriées: rien ne vaut pour se préparer à la prière ce geste sacré accompli comme il convient.Au temps lointain de mon petit séminaire, cette remarque nous était faite par un éducateur émérite, disciple fervent de Mgr Dupanloup.Je n’ai jamais oublié l’accent qu’il mettait à nous orienter ainsi vers une prière vraiment pieuse et efficace.Détail, dira-t-on.Oui; mais qu’on en fasse l’expérience: on en verra la salutaire importance.Prenons garde à trop multiplier les formules de prières.L’abondance engendre facilement la satiété et même le dégoût.Il existe des formules officielles et liturgiques; préférons-les.Si nous en ajoutons quelques autres, que celles-ci soient toujours bien choisies et approuvées.Mais surtout travaillons à donner à nos enfants le goût de la prière.Ne laissons passer aucune occasion de les provoquer à prier—pour eux-mêmes et pour leurs familles—pour les intérêts généraux de l’Église—pour les vocations, sacerdotales et religieuses, l’enseignement chrétiennes missions—pour la France (l)et sa prospérité.Les événements de chaque jour inspireront des intentions nouvelles: la maladie d’un condisciple, un deuil,^un mariage, un examen.Et ainsi se créera entre les élèves d’une même classe—ou d’une même école—un courant de solidarité religieuse qui, en rapprochant les âmes dans les mêmes sentiments, contribuera à leur donner pour toujours le goût de la prière.A cette prière collective—et fraternelle—peuvent et doivent s’ajouter des pratiques religieuses dont il appartient au maître et à la maîtresse, d’être, selon les circonstances, des initiateurs:^à eux de juger ce qui convient; mais partout on devrait sentir le zèle pour la communion précoce et fréquente, tant recommandée par les Souverains Pontifes.Quel bien se (1) Pour nous, le Canada. 6 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE ferait dans nos écoles si la piété des enfants était sagement orientée vers la Sainte Eucharistie! Mais que les maîtres et les maîtresses donnent eux-mêmes l’exemple! Les enfants les suivront et ils en resteront édifiés pour toute leur vie.Pourquoi cette rapide évocation d’un devoir très simple, essentiel pourtant à la fonction de l’instituteur chrétien ?Précisément parce qu’il est simple et essentiel.Si facilement on laisse s’y introduire la routine! Et il serait si regrettable de négliger, même involontairement: le devoir de la prière à l’école! De l’avoir rappelé d’un “mot” ce peut n’être pas inutile.(L’École, Paris.) Ch.Delabar.LA GRAMMAIRE DE L’ACADÉMIE Journaux et Revues continuent à commenter cette fameuse grammaire si longtemps attendue.Force est de borner nos citations.Mais il n’est peut-être pas inutile de redire que si cette grammaire est la plus sérieuse référence pour les professeurs, les écrivains, les gens de lettres ou tout autre personne s’intéressant à la langue française, ce n’est pas un manuel pour les élèves.De la Revue des Deux-Mondes: Cette grammaire, qui se présente sans aucun appareil d’érudition, n’a pas la prétention d’être une grammaire savante.Œuvre d’une compagnie qui ne compte parmi ses membres aucun grammairien de profession, elle n’entre pas en concurrence avec les ouvrages des spécialistes.Elle n’a pas davantage de caractère didactique, et n’est pas destinée à l’enseignement.Ne supprimant aucun livre et ne faisant double emploi avec aucun, elle leur servira à tous d’utile référence.Elle s’adresse pareillement à tous les Français qui ont souci de parler et d’écrire correctement leur langue, et aux étrangers qui ont surtout besoin qu’on leur rende la route “courte et facile”.La règle qu’elle a adoptée est la même qu’elle suit pour la rédaction de son dictionnaire, celle del ’usage.“Il y a un bon usage actuel, est-il dit dans la Préface.La raison d’être et l’objet de la grammaire de l’Académie Française est de consacrer le bon usage actuel.” Pas plus que pour le vocabulaire, l’Académie ne se reconnaît le droit de légiférer en matière de syntaxe.En publiant une grammaire qui doit jouer le rôle d’un code, elle rappelle qu’il y a une loi; mais cette loi, elle ne la fait pas, elle la constate.On ne saurait mieux dire.La grammaire de l’Académie consacre le bon usage actuel.Car il y a un bon usage qui fait partie, à notre avis, de la bonne éducation.Elle (l’Académie), estime justement que le principal danger d’aujourd’hui n’est pas celui de “l’anarchie avouée” ni celui de la “franche ignorance”, mais qu’il en est un autre plus grave, celui qu’elle appelle “les menaces de la grammaire aisée”.Le Conseil supérieur de l’Instruction publique lui-même, il y a quelque trente ans, ne réclamait-il pas “une tolérance large et intelligente dans les examens”?Traduisez: le droit à la faute de français.Dans cet envahissement du laisser-aller, c’est l’idée même d’une règle qui risquait de sombrer.Le besoin se faisait sentir d’une intervention autorisée.L’Académie, usant de son autorité trois fois séculaire, apporte non seulement aux écrivains et aux gens cultivés, mais aux “typographes, correcteurs, hommes d’affaires qui ont besoin de savoir comment les mots s’écrivent ou s’accordent”, le minimum de règles indispensables pour éviter “l’incertitude, les discussions et le désordre” où le français aurait tôt fait de se corrompre et de se dissoudre.Après avoir reproduit se qui précède, YEcole, de Paris, ajoute: “Nous n’avons jamais été partisan des “tolérances” orthographiques dont ont parlé naguère les “Conseils” de l’Instruction publique.Si le ridicule tue encore en France, on devrait bien s’émouvoir des expressions de ce genre: “On tolère l’inobservation de cette règle”, remarques qui suivent, dans certaines grammaires, l’énoncé même de la règle.Pourquoi la formuler, si on peut y manquer impunément?La vérité est qu’on vise le moindre effort.Aucune faute de règle n’est admissible.A un examen élémentaire, comme le certificat d’études, on peut très bien n’exiger que les règles principales: il n’y a qu’à choisir les textes de dictées; mais ce qu’on prétend exiger, qu’on l’exige, et qu’on ne voie plus de jeunes gamins “diplômés”,offrir froidement une trentaine de fautes à chaque page .Orthographe d’abord!” (La Grammaire de l’Académie est en vente à la librairie Garneau, rue Buade, Québec.) L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 7 DE L’AUTORITÉ EN CLASSE François Charmot, dans les Études de Paris, revue de haute valeur littéraire et scientifique et dirigée par les révérends Pères Jésuites, a publié sur Tautorité une étude approfondie.L’espace nous manque pour reproduire cet important travail.Nous en détachons les lignes essentielles.“L’exercice de l’autorité, dit-il, doit chercher sa perfection entre l’excès d’autoritarisme et l’excès de libéralisme pratique.Et ce juste milieu, où se rencontre la mesure exacte, n’est pas facile à tenir.“Par esprit de système, par tempérament ou sous la pression des circonstances, les uns à l’égard de leurs enfants abusent de la contrainte, les autres abusent du laisser-aller.Les uns serrent trop les rênes, les autres les relâchent trop.” Et l’auteur recherche “un équilibre stable sur cet étroit sentier de la perfection, où nous marchons entre deux abîmes”.Voici la fin de l’article: “Pour se faire obéir, il n’y a pas de procédés, il n’y a pas de méthodes divergentes.Il faut absolument s’évertuer à développer l’élan vital des âmes, ce qui est exercer encore la paternité.L’autorité doit être paternelle, c’est-à-dire féconde.“On développera cet élan vital par une collaboration constante avec la grâce de Dieu qui en est le principe.“Prions, donnons le bon exemple.Ce qui rend forte la volonté d’obéir, c’est l’autorité morale de la vertu chez celui qui commande.“Formons la conscience de l’enfant par une vie chrétienne fervente et éclairée.Car là est le grand et véritable appui de l’autorité.“Et enfin, méritons que les âmes accordent une confiance totale en ceux qui les dirigent pour leur bien.“Lorsqu’on dresse une barricade pour se combattre, s’épier, se tendre des pièges, et triompher l’un de l’autre, l’enfant ne veut plus obéir; que l’autorité soit sévère ou noble, serrée ou large, ferme ou lâche, cela revient au même.Les enfants ne profitent de l’autorité que s’ils se fient sur elle avec uu cœur ouvert et un amour simple.“Notre Seigneur n’a été suivi que de ceux à qui il a inspiré la confiance totale.Les autres, défiants, sont restés dans leur médiocrité.Et il n’a conquis le monde que par l’amour.” INSPIRONS AUX ÉLEVES L’ESPRIT ET LES HABITUDES DE L’EPARGNE La crise que nous traversons nous fait toucher du doigt la nécessité de l’épargne dans toutes les classes de la Société.Que de familles sont aujourd’hui dans la gêne, parfois dans la misère, pour avoir oublié de faire la part de l’“épargne” aux jours de prospérité.On a méprisé cette grande loi de la prévoyance: “La prévoyance fait partie de l’esprit d’ordre et d’économie.On connaît ce vieil adage: gouverner c’est prévoir.Cette maxime peut recevoir son application dans une petite sphère comme dans une grande, dans un petit ménage, par conséquent.C’est une idée à inculquer de bonne heure dans l’esprit de l’enfant.” (1) Dans notre éducation canadienne-française, dans la famille comme à l’école, faisons-nous la place assez large à la formation du caractère de l’enfant, à sa préparation aux réalités qui l’attendent dans la vie ?Parmi ces réalités, celle de la responsabilité se dresse de bonne heure devant le jeune garçon et la jeune fille.Responsabilité de ses actes, responsabilité de ce qui lui est confié, de ce qui lui appartient.Que fait l’enfant, l’adolescent, le jeune homme des quelques sous, voire des quelques piastres, qu’il a reçus comme récompense ou encouragement ?N’est-il pas vrai que ces sons et ces piastres, au lieu d’être confiés à la caisse d’épargne, sont gaspillés en bonbons, cigarettes, ou autres futilités ?C’est ainsi que se contracte l’habitude néfaste de la (1) O.Barès. 8 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE prodigalité, du gaspillage, et ce qui est plus grave, se déforme le caractère et la volonté qui cèdent à tous les caprices.Devenus hommes, ces enfants, ces adolescents ne sauront rien économiser, et, advenant une crise économique, ils seront réduits à la gêne ou à la mendicité.Cette déformation du caractère, ce manque d’esprit de sacrifice, est chose tellement grave, que nos SS.les Archevêques et Evêques de la Province de Québec, dans un Mandement collectif, en date du 3 juin dernier, document d’une haute portée sociale, ont parlé dans les termes qui suivent de la nécessité de l’économie: “Mettez-vous donc résolument à la pratique de l’économie, d’une économie qui épargne “le sou aussi bien que la piastre.Que les enfants soient retenus dans leurs dépenses pour “friandises et amusements.Que les personnes du sexe s’abstiennent de céder aux exigences “coûteuses de la mode.Que les jeunes gens et les jeunes filles évitent de dissiper en fréquentes “promenades, en achat de cigarettes, etc., le revenu de leur labeur.Que les parents voient “à ce que leurs enfants réservent pour l’avenir une partie au moins de leur salaire.Que par-“tout soit en honneur le travail domestique, qui diminue les frais d’entretien de la famille, “et qui est une protection pour la femme, surtout pour la jeune fille.Qu’une prudente pré-“voyance préside à la tenue de toute maison.Dans les villes, où plus nombreuses sont les “occasions de menus déboursements, la pratique de l’épargne sera l’objet d’une spéciale “vigilance.” Voilà des conseils qui s’adressant au personnel enseignant comme aux parents.En les suivant avec méthode et sincérité, il serait possible de changer le lamentable état d’esprit qui règne dans trop de nos familles au sujet de l’épargne et de l’économie.Vivre selon ses moyens, savoir épargner, savoir économiser, voilà ce qu’il faut apprendre à la jeunesse des écoles.L’imprévoyance, c’est ce que les Conférences de Saint-Vincent de Paul constatent dans les familles que la crise économique actuelle a atteintes le plus profondément.Le manque de travail a surpris ces familles qui, au temps de l’abondance, n’avaient pas songé à l’économie.C’est pour prévenir ce malheur que la Commission scolaire de Québec, de concert avec la Caisse d’Économie Notre-Dame de la même ville, une banque des plus prospères, a organisé un admirable système d’épargne dans chacune des écoles placées sous son contrôle.La Caisse d’Économie fournit au personnel de ces écoles tout ce qui est nécessaire au fonctionnement de la banque scolaire, et accorde, en plus, des prix aux déposants et à l’école même.La Caisse d’Économie Notre-Dame de Québec et la Banque d’épargne de la cité et du district de Montréal sont les deux seules banques de notre province, autorisées par une loi fédérale à établir des Concours d’épargne dans les écoles.La Commission scolaire de Québec se propose d’accélérer le mouvement de l’épargne dans ses écoles, conformément au désir exprimé par nos Pasteurs dans leur mandement collectif.En vertu de la loi 9 Edouard VII, chapitre 33, section 4, article 224 du Code scolaire, il est loisible aux commissaires et aux syndics d’écoles d’établir des caisses de dépôt appelées “caisses d’économie scolaire”, dans les limites de leurs municipalités.Le département de l’Instruction publique a établi des règlements à cette fin.Nous sommes convaincus que le personnel enseignant et les commissions scolaires entreront résolument dans la voie de “l’épargne”, entourant cette initiative opportune de la prudence qui s’impose quand il s’agit d’argent.C.-J.Magnan.LE JARDIN ZOOLOGIQUE DE QUÉBEC Le Ministère de la Colonisation de Québec établit à Charlesbourg, une magnifique campagne qui avoisine immédiatement la vieille capitale, un Jardin Zoologique dont les débuts de l’aménagement font déjà l’admiration des visiteurs.Dans un cadre incomparable, on groupera des spécimens de tous les animaux canadiens.Toutes les constructions nécessaires à l’installation seront d’architecture canadienne (17e et 18e siècles).Après avoir visité le site et les premiers travaux du Jardin Zoologique de Québec, M.l’abbé Albert Tessier, du Séminaire des Trois-Rivières, a écrit un article enthousiaste sur cette entreprise patriotique et scientifique.Nous en détachons le passage qui suit: “Pour me faire juger d’un coup d’œil l’ensemble du terrain, mon guide m’entraîne à l’extérieur, vers une tour massive qui doit servir de poste d’observation au surveillant du jardin.Pour rester L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 9 dans la note canadienne, cette tour sera un moulin trapu, l’antique moulin banal de nos pères dont les ailes aériennes tournaient dans le vent.Les ouvriers maçons cimentent les dernières rangées des pierres aux reflets de bronze sur lesquelles s’appuie déjà la passerelle destinée au guetteur.“Le poste est bien choisi; d’un coup d’œil nous embrassons l’ensemble du terrain.Avec l’enthousiasme d’un artiste détaillant les aspects les plus chers de son œuvre, mon ami fait surgir pour moi les pièces qu’il rêve de grouper dans cette reconstitution d’un village canadien d’autrefois.Ici, s’élèvera une autre maison de style ancien où sera reconstitué un intérieur paysan de la fin du régime français.Rien ne sera omis pour faire de ce foyer une vivante leçon d’histoire: meubles, ustensiles, articles de ménage, images, cadres, métiers, etc.Un peu plus loin, une autre maison rustique étalera aux yeux des visiteurs un ensemble de souvenirs consacrés aux trappeurs, coureurs-de-bois et explorateurs, à tous ceux qui ont mis dans notre histoire la poésie de l’aventure.“Là-bas, au rond-point où déjà s’esquisse un tertre, se dressera un calvaire, un de ces émouvants calvaires de campagne que nos ancêtres, semeurs de croix, érigeaient au-dessus de leurs champs.Puis il y aura le four à-pain, un abreuvoir, un puits à brimbale.Un véritable musée canadien, conçu sur un plan très large, et qui ajoutera à l’intérêt pittoresque ou scientifique des collections zoologiques, le charme de tout un passé ressuscité de façon permanente pour le plaisir de l’âme et des yeux! “Et ce n’est pas tout.A l’extrémité du champ défriché, là-bas, sous les arbres denses, s’érigera un campement indien, et, tout à côté, un campement de bûcheron.De cette façon la vie des bois sera évoquée sous tous ses aspects et elle revivra de façon concrète pour le plus grand intérêt de milliers de gens qui ne la connaissent que par les livres.“Je redescends, ému et conquis! Décidément la réalisation de ce jardin-musée sera une grande chose! Ceux qui en ont conçu l’idée et qui en rendent possible l’exécution méritent bien du pays! Avec le jardin botanique de Montréal, le jardin zoologique de Québec sera une des grandes attractions de la province.Comme l’écrivait l’autre jour un journaliste montréalais: “Ce jardin profitera au pays tout entier, une fois terminé, et retiendra la curiosité non seulement des touristes, mais des naturalistes de l’Amérique du Nord et du continent européen.” On ne peut mieux mettre en valeur la large portée des deux vastes entreprises actuellement en voie de réalisation dans notre province!” L’ENSEIGNEMENT DU CHANT ET DE LA MUSIQUE A L’ÉCOLE Au cours du mois de juillet, le R.P.C.-H.Lefebvre, S.J., professeur de chant au collège Sainte-Marie, Montréal, a publié dans le Devoir, une série d’articles fort remarqués, sur le chant et la musique à l’école.Ces articles méritent d’être conservés et étudiés par les instituteurs et les institutrices.D’accord avec nos programmes officiels, le P.Lefebvre démontre la haute portée intellectuelle, religieuse et sociale de la musique et du chant.Au début de son premier article, le P.Lefebvre pose la question sur son vrai terrain: la musique (et le chant) Aest pas seulement un art d’agrément, c’est surtout un moyen de formation et d’éducation.Écoutons l’éminent auteur: “En ces dernières années, la question de l’enseignement musical est souvent revenue à l’ordre du jour.Récemment, les réclamations se sont faites plus nombreuses et plus instantes à ce sujet.“Rien ne semble pourtant devoir bouger, et l’on reste dans la région embrumée des projets, des promesses et des bons propos.“A ce train, les choses n’avancent guère et la solution de cette question, assez complexe sans doute, risque de se voir indéfiniment ajournée.Et c’est une perspective peu encourageante.“Au fond, ce marasme provient, en grande partie, de la méconnaissance du vrai rôle de la musique.Il faudrait redresser l’opinion courante qui n’y voit qu’un art d’agrément et nullement un moyen de formation et d’éducation.Bien des idées sont à réformer, des préjugés à dissiper, des routines à déraciner pour arriver à des résultats satisfaisants.“Mais, surtout, il importe de bien déterminer quel est l’objectif en vue, le but à atteindre et les moyens d’y parvenir.“La tâche n’est pas mince, et de s’y atteler n’est pas sans mérite, même si les chances de succès sont douteuses.“Pour user de méthode en ce sujet touffu, nous exposerons les raisons d’ordre religieux et profane qui réclament cet enseignement; nous dirons ensuite les difficultés qui lui ont jusqu’ici barré le chemin; enfin nous indiquerons les moyens propres à le réaliser dans les écoles, soit urbaines, soit rurales.” Puis le P.Lefebvre expose avec clarté les raisons d’ordre religieux, d’après les directions Pontificales, qui militent en faveur du chant et de la musique à l’école.Ici le P.Lefebvre cite Pie XI: 10 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE “Dans son admirable et si pratique Constitution “Divini Cul tus”, dit-il, dont les directives fermes et précises finiront par s’imposer, espérons-le du moins pour le réel bénéfice de l’art musical, —Pie XI, en réalisateur qu’il est, ne dédaigne pas de descendre dans les détails, Il prescrit que “fréquemment et presque tous les jours, une brève leçon—ou exercice—de chant grégorien et de musique sacrée” soit donnée aux enfants.“A cet âge, ils apprennent plus facilement ce qui a trait aux mélodies et aux sons; et ils peuvent se débarrasser clés défauts de voix s’ils en ont, ou du moins les corriger; plus tard, ayant grandi, ils seraient impuissants à y remédier.L’étude du chant et de la musique doit commencer dès les écoles élémentaires et se poursuivre ensuite dans l’enseignement scondaire.” Voilà qui est clair.Le P.Lefebvre termine son premier article en démontrant le “côté social ou profane de l’enseignement du chant et de la musique à l’école”.Écoutons encore le P.Lefebvre: “Cette solution, même les musiciens qui n’ont rien à voir dans la musique d’église l’accueilleraient avec empressement: l’art musical y trouvant tout profit.Au cours de l’année 1903 dont la fin devait fournir la sensationnelle apparition du Motu Proprio de Pie X sur la musique d’église, le ministre de l’instruction publique en France, M.Chaumié, présentait un projet élaboré d’enseignement musical dans les lycées et collèges de l’État.“A ce propos, la revue parisienne Le Monde musical faisait la remarque suivante: “Disons que “si la musique ne figure pas encore dans les programmes scolaires des établissements secondaires “de l’État, voici déjà longtemps qu’elle est enseignée dans toutes les écoles primaires de France et “dans les collèges de la ville de Paris.Les lycées ne feraient donc que suivre le mouvement déjà “créé”.“En son rapport pour motiver sa réforme, M.Chaumié donnait une foule de raisons en faveur du chant choral dans les écoles.D’avance, il écartait les objections qui ne manqueraient pas de surgir, et il traçait ces lignes judicieuses: “Quand une matière d’enseignement est reconnue belle “et utile, capable d’avoir de bons effets sur la jeunesse, c’est aux programmes de s’adapter à elle, “ce n’est pas à elle à se mutiler ou s’effacer en vue des programmes”.-—Voilà qui est parler d’or.“Au fond, c’est revenir aux antiques traditions de l’Église, qui dans les programmes de ses clercs mettait la musique sur le pied des études théologiques, Considérable était le nombre des maîtrises en France, au temps de la Révolution qui les balaya comme tant d’autres corporations utiles.Ces maîtrises alimentaient non seulement les églises de chanteurs, d’organistes, de compositeurs, mais c’était parmi leurs élèves que se recrutaient alors les théâtres lyriques.“Les faits sont là pour attester le grand bienfait, l’appoint précieux pour l’art musical tout entier, de l’enseignement de la musique à l’école primaire.” Dans un second article, le P.Lefebvre traite des difficultés et objections, avec réponses.Dans la livraison d’octobre, nous analyserons ce second article.C.-J.M.LES SCIENCES NATURELLES A L’ËCOLE NORMALE ET DANS L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE M.le Dr Geo.Préfontaine, professeur de biologie à l’Université de Montréal, est chargé des cours de biologie, zoologie et botanique à l’École normale de Saint-Hyacinthe, depuis la création d’une quatrième année conduisant au brevet supplémentaire.Il y a quelques mois M.Préfontaine écrivait dans le Courrier de Saint-Hyacinthe xm article très au point sur le rôle des sciences naturelles dans l’enseignement primaire.Nous commençons aujourd’hui la publication de cette étude qui mérite d’être lue et méditée par les professeurs des écoles normales et les maîtres et les maîtresses des écoles primaires.Ajoutons un détail intéressant: M.le Dr Préfontaine, aujourd’hui professeur à l’Université de Montréal, fut naguère élève de notre distingué collaborateur et ancien élève, M.J.-E.Litalien, Inspecteur régional.C.-J.M.LES SCIENCES NATURELLES DANS L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE I A l'École normale En 1929, le Comité Catholique du Conseil de l’Instruction publique a institué une quatrième année d’études dans les écoles normales de cette province.Le cours général de cette année supplémentaire comporte, pour les élèves-institutrices, un enseignement de sciences biologiques L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 11 (zoologie et botanique), que l’Ecole normale de Saint-Hyacinthe m’a fait l’honneur de me confier.La pédagogie est un art.N’y excellent que ceux qui ont des aptitudes innées.Mais elle est en outre une science d’expérience, et particulièrement grave et complexe dans une école dont l’objet est proprement la formation pédagogique des élèves.Il me paraît que c’est le devoir des maîtres d’exposer à leurs collègues leurs vues ou les résultats de leurs tentatives, et que cet échange d'idées représente le moyen le plus efficace d’assurer les progrès de la pédagogie.l es quelques notes qui vont suivre sont nées de cette préoccupation.Elles formulent brièvement les principes qui m’ont guidé, et la méthode que j’ai adoptée dans l’enseignement des sciences biologiques à l’École normale de St-Hyacinthe.Le rôle de l’École normale primaire est d’initier ses élèves aux méthodes générales et particulières de l’enseignement primaire.Elle atteint cette fin par son organisation générale, par son esprit, par son atmosphère, et par la nature même de ses programmes.Tout en y poursuivant leur formation générale et leur instruction, les élève*-maîtres et les élèves-institutrices s’efforcent d’y acquérir l’art d’enseigner.Parmi les moyens mis à leur disposition trois me paraissent d’une importance primordiale: l’exemple du professeur, les cours dogmatiques de pédagogie, et la pratique de l’enseignement dans les écoles d’application.Dans l’exercice de ces moyens, maîtres et élèves doivent avoir constamment en vue le but que poursuit l’enseignement primaire.Or, ce but est double: il doit être utilitaire et éducatif.Utilitaire, c’est-à-dire, qu’il doit préparer l’enfant à la vie, lui donner les connaissances nécessaires à l’exercice de son métier.Educatif, c’est-à-dire, qu’il doit former son intelligence et sa volonté, son jugement et sa conscience, lui donner de saines habitudes d’esprit, “des idées claires, de la réflexion, de l’ordre et de la justesse dans la pensée et dans le langage”.A la poursuite de cette double fin, les sciences peuvent apporter un concours précieux.Aussi les programmes de notre enseignement primaire à tous ses degrés exigent-ils des instituteurs et institutrices une formation et des connaissances scientifiques sérieuses.Dr Geo.Préfont aine, Professeur de biologie à V Université de Montréal et à l’Ecole normale de Saint-Hyacinthe.COMPOSITION PÉDAGOGIQUE (Travail lu devant le Cercle pédagogique de PÉcole normale de Saint- Jérôme) Sujet:—Comment rendre utile et attrayant Venseignement rural à l’école primaire.Développement La ruralisation de l’enseignement est une question très actuelle.Tout le monde en parle : les uns, avec conviction et connaissance de cause: ce sont les éclaireurs: les autres en font leur grand cheval de bataille, simplement pour être “à la page”, sans trop savoir en quoi consiste cet enseignement: ce sont les ignorants.de la question.Évidemment, il importe à une élève-institutrice de n’être pas classée dans la dernière catégorie.Aussi ce soir, chères compagnes, je me permets d’attirer votre attention sur ce sujet important.C’est bien le cas de dire: “Dans un faible corps, s’allume un grand courage”, n’est-ce pas?J’entre en lice bravement, munie d’une arme invincible: les Règlements du Comité catholique du Conseil de VInstruction publique, et j’ai la prétention de “livrer le bon combat”.Pour mettre plus de clarté dans le développement du sujet, entendons-nous d’abord sur le sens de l’expression: “enseignement rural”.C’est, d’après moi, l’enseignement conforme aux exigences de la campagne et des centres agricoles.Il consiste (ce sont les Règlements qui parlent) “à inculquer à l’enfant des convictions solides sur l’importance et la noblesse de l’agriculture,à lui faire aimer cette profession”.C’est le but principal.Voici maintenant le but secondaire: “l’acquisition, pour les fils et les filles de cultivateurs, des notions rudimentaires qui les mettront en mesure de se perfectionner plus tard dans l’étude et la pratique de leur profession”. 12 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Comment atteindre ce résultat, comment rendre utile et attrayant l’enseignement rural à l’école primaire ?La pédagogie nous répond: “En enseignant l’agriculture et l’horticulture systématiquement et occasionnellement; mais, toujours d’une manière expérimentale et pratique”.Avant d’aller plus loin, “éclairons la lanterne”, au sujet des deux termes: systématique et occasionnel.J’en connais parmi vous, chères compagnes, dont la malice irait jusqu’à me comparer à Maître Jacquot, qui, dit-on, n’avait oublié que cela, le pauvre!.et.on en parle encore.L’enseignement systématique est celui qui se donne à des heures déterminées par l’horaire, il est réglé par la méthode et illustré par les procédés.Ainsi, à l’École normale, on enseigne systématiquement l’agriculture dans les classes du cours élémentaire, et au cours supérieur.Au cours supplémentaire, cet enseignement n’est plus qu’occasionnel et, mes compagnes et moi, savons que l’occasion vient souvent.Mais, ne dévoilons pas les secrets de l’avenir! L’enseignement systématique de l’agriculture commence au cours moyen, par conséquent, en troisième année.Dès cette époque, les enfants recevront des leçons théoriques et pratiques sur les céréales de la région; la manière de faire les semailles; ils seront initiés à l’usage et aux avantages des divers instruments aratoires; ils entendront parler des soins à donner aux animaux de la ferme; ils apprendront ce qu’on entend par l’assainissement du sol, les engrais, etc.En quatrième année, on fera une revision de l’année précédente, en y ajoutant des notions sur les industries agricoles de la région.L’agriculture et l’horticulture s’inscrivent aussi au programme de cette année.C’est ici que se placent les notions de comptabilité agricole.Ainsi les garçons et les filles qui cesseront de fréquenter la classe à la fin du cours élémentaire n’ignoreront pas tout, des avantages et des obligations de la profession d’agriculteur.Si le maître a eu soin de développer dans le cœur de ses élèves un amour profond pour la terre paternelle, s’il l’a montrée, selon l’expression de l’abbé Lionel Groulx, comme “le résultat du travail et de l’héroïsme d’une longue lignée d’ancêtres capitalisés”, les jeunes gens continueront bravement et joyeusement à embellir le domaine de leur père, qui deviendra bientôt le leur.Mais, me direz-vous, énumérer tout ce qu’il faut enseigner, n’est pas dire comment enseigner.J’en ai parlé au début de mon travail, il faut le faire d’une façon pratique.Je précise.Un professeur intelligent n’aborde pas l’enseignement de l’agriculture sans avoir enrichi sa classe d’un musée agricole.(1) Les céréales de la région y seront dans leurs diverses phases.C’est ainsi qu’il illustrera ses leçons d’agriculture.Un jardin scolaire se verra à proximité de l’école; les leçons d’observation pratique s’y donneront au cours d’un travail où l’enfant sera appelé à donner la mesure de sa capacité.Ici encore, le maître suggère, appelle, dirige l’observation de ses élèves, fait raisonner leurs opérations et s’assure que les travaux sont exécutés avec ordre et perfection.Il crée l’émulation parmi les élèves, par l’octroi de récompenses.Mais, à la campagne, le musée par excellence c’est la nature.Le maître fera observer aux enfants les choses à leur portée: les semailles, les récoltes de chez eux, le blé, le foin, les arbres, les animaux de chez eux.La botanique nous apparaît comme la poésie de l’agriculture; le professeur avisé fondera donc un cercle de Jeunes naturalistes dans son école.Il s’en servira comme d’un moyen pour développer l’esprit d’observation chez les élèves.Les feuilles, les fleurs, les insectes font le charme de nos campagnes, mais ils rendent aussi service à l’agriculteur.Pourquoi ne pas apprendre aux enfants à discerner les plantes nuisibles des plantes utiles, les insectes qu’il ne faut pas détruire d’avec les autres?Voilà pour l’enseignement systématique^ Je vois des points d’interrogation dans le regard de celles qui écoutent attentivement.Au cours supérieur, que doit-on enseigner dans l’agriculture ?La même chose! Cela vous surprend?Voyons, avez-vous oublié que cet enseignement est concentrique?L’étude des points mentionnés plus haut sera simplement approfondie.On y ajoutera des conseils sur l’ornementation de la ferme et quelques notions de sylviculture.Monsieur J.-Chs.Magnan conseille, dans un article récent de l’Enseignement Primaire, d’unir l’enseignement de la géologie à celui de l’agriculture.“Afin de connaître le sol et le (1) Voir “Le musée scolaire—Conseils et directions,” par J.-Chs Magnan, dans l’Enseignement Primaire de juin 1932, page 599. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 13 sous-sol avec ses éléments divers, dit-il, le cultivateur doit savoir le pourquoi et le comment des divers phénomènes géologiques, anciens et actuels, qui se passent sous ses yeux.Un peu de savoir géologique aurait empêché nos pères d’établir une colonisation malheureuse dans des régions lamentables, aux minces surfaces granitiques ou siliceuses”.Ces notions utiles prennent place au cours supérieur.Et l’enseignement occasionnel de l’agriculture a-t-il sa raison d’être ?Certainement.Il vivifie le premier et crée une atmosphère rurale dans une école de la campagne.Quand et comment se fera-t-il?Dès leur première année, les enfants au moyen d’exercices de vocabulaire et de dessin, apprendront à nommer et à observer les choses qui leur sont familières: les animaux de la ferme, les instruments aratoires, les fleurs, les fruits, les légumes.Les leçons de langage et de rédaction se feront sur le sucre d’érable, le jardinage, les récoltes, les labours, etc.Aux cours moyen et supérieur, les exercices oraux de vocabulaire et les exercices écrits de rédaction seront continués sous forme de leçons de choses.On fera parler et écrire les élèves sur la maison paternelle, les travaux des diverses saisons, les animaux domestiques, les oiseaux, les paysages connus, etc.On insistera beaucoup sur la formation du vocabulaire, en fournissant aux élèves les mots qui leur manquent sur les choses de leur entourage.Les dictées, la géographie économique, l’histoire du Canada, sont autant de matières qui nous permettent de donner du relief à l’utilité, à la grandeur et à la beauté simple et majestueuse de l’agriculture.Il n’est pas jusqu’aux problèmes d’arithmétique qui doivent être appropriés à la vie réelle du cultivateur.Ainsi, au lieu de dicter des problèmes qui intéressent autant les Chinois et les Russes que les Canadiens français, pourquoi ne pas en choisir dans le genre de celui-ci?(1) Le père de Jacques a fait 483^ gallons de sirop d’érable qu’il désire mettre en bouteille d’une pinte chacune.Combien de bouteilles lui faudra-t-il ?Quelques causeries bien dirigées, soit en classe, soit hors de la classe, des lectures appropriées, achèveront de convaincre l’élève de l’importance et de la noblesse de la profession agricole.Des lectures! j’en entends quelques-unes se récrier et dire: On voit bien que vous n’avez jamais fréquenté les écoles de la campagne.Il n’y a pas de bibliothèque dans ces classes.D’abord l’institutrice doit avoir quelques livres à elle, quand ce ne serait que ses prix de couvent: puis, ne peut-elle pas trouver moyen de se procurer, pour l’usage des élèves, quelques brochures canadiennes,telles que: “Cheznous,”et “Chez nos gens”,d’Adjutor Rivard, “Croquis Laurentiens”, du Frère Marie Victorin, “Propos Canadiens” de Mgr Camille Roy, ‘‘Coquillages”, de Marius, “Les Rapaillages”, de l’abbé Groulx, “Les choses qui s’en vont”, du fr.Gilles, et combien d’autres! Avec quel plaisir les enfants entendront, comme récompense d’un travail bien réussi, la lecture de: “En grand’charrette”, “Le livre de messe dema grand’mère”, “Le vieux hangar”, “LesQuêteux”,etc.Ainsi se trouvera amorcé chez eux le goût de la lecture, et ce goût bien dirigé, que de résultats merveilleux ne fournira-t-il pas à notre œuvre ?Les prix de l’inspecteur, qui dorment peut-être dans un coffret, ou sont relégués dans un grenier avec d’autres vieilleries, deviendront les héros du jour et prendront place sur les rayons du meuble à rideau qui, peut-être, sert de bibliothèque.Les commissaires généreux, touchés de la bonne volonté de leur excellente maîtresse d’école, iront de leurs deniers et voyez-vous s’aligner: “La Campagne canadienne”, du P.Adélard Dugré, “Jean Rivard, le défricheur” de Gérin-Lajoin, “Les Anciens Canadiens”, de P.-A.de Gaspé, “La grande amie” de Pierre l’Ermite, “Le blé qui lève”, de René Bazin.Et les enfants nourriront leur esprit de ces pages fortifiantes aux senteurs agrestes.L’amour de la terre paternelle, de la profession d’agriculteur, devient un amour enthousiaste.De ces enthousiasmes, naissent les désirs de continuer la longue lignée des ancêtres, qui ont défriché, amélioré, et cultivé le sol pour le rendre productif : ne reculant devant aucun labeur, aucun sacrifice, pour assurer la prospérité de leur famille.J’aurais fini ma longue conférence, si je ne prévoyais pas que vous me poserez l’objection : “Et dans les villes, devons-nous aussi ruraliser l’enseignement ?”—Bien sûr.Mais, seulement au moyen de l’enseignement systématique, puisque le programme comprend l’agriculture et l’horticulture.Il n’est pas question de créer dans la classe une atmosphère rurale, puisque les enfants des villes ont surtout besoin de recevoir l’enseignement industriel.(1) Chaque mois VEnseignement Primaire fournit des dictées, récitations et problèmes se rapportant à la vie rurale. 14 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Cependant, il est bon que Mlle Suzanne soit bien judicieusement informée qu’elle ne se sera pas mésalliée en épousant un habitant.Il faut qu’elle comprenne aussi qu’elle tiendra en main la prospérité de la famille, si elle sait aider son époux de ses services et de ses encouragements et, surtout si elle ne dédaigne pas de s’occuper Ae la direction de son ménage et même de celle de la basse-cour.Voici comment, à mon avis, on peut rendre utile et attrayant l’enseignement rural à l’école primaire.Je n’ai pas tout dit: mais qui peut se vanter d’avoir tout dit, autour d’un sujet aussi vaste, surtout quand on est à ses débuts dans l’enseignement ?Permettez-moi de clore ma trop longue conférence, par un bouquet spirituel, cueilli dans VEnseignement Primaire de mai dernier: “La nature, c’est un beau livre d’images pour les petits et pour les grands”.Alice Trottier, du cours supplémentaire de l’École ?iormale de Saint-Jérôme.LA TETE ET LE CŒUR Oui, mais.{Dialogue) (Dit par les élèves du Cours supérieur de VÉcole normale de Chicoutimi, à Voccasion de la fête de la Directrice, le G avril 1932).Interlocutrices: Instigatrice: Mlle Gilberte De gagné La Tête: Mlles Madeleine Jobin Paulette Tremblay Claire Villeneuve Yvonne Cantin Aquiline Létourneau Le Cœur: Mlles Jeannette Brisson Julie-Anna Tremblay Fernande Tremblay Adrienne Duperré Alma Gauthier Gilberte.—La tête vaut-elle mieux que le cœur ?Le cœur vaut-il mieux que la tête ?Voilà un problème que je me pose souvent.Tantôt je le résous en faveur de la tête, tantôt au bénéfice du cœur.A certains moments il me semble que rien n’est comparable à une belle intelligence, à d’autres moments, que rien n’égale une grande âme.Hier je ne voulais voir que la raison qui me guide, aujourd’hui la volonté qui commande me paraît être ce qu’il y a en moi de plus excellent.Qu’en pensez-vous, Mesdemoiselles et chères compagnes ?Serez-vous assez aimables pour me donner chacune votre avis sur cet intéressant sujet ?\ vonne.—Moi, j’aime mieux la tête.Adrienne.—Moi, j’aime mieux le cœur.Aquiline.—Je n’avais jamais songé à cela.Alma.—Ai moi non plus.Glaire.—Mieux vaut tard que jamais.Fernande.—Oui, il y a un commencement à tout.Paulette.—Pour moi, je trouve la question fort intéressante.Julie-Anna.—Moi aussi.Madeleine.—Et importante, puisque nous sommes ici pour nous instruire.Jeannette.—Et pour nous former.Madeleine.—Quoi de plus utile que l’instruction?Nombreux sont ceux et celles, aujourd'hui, qui, au sortir de l’école élémentaire, dans le but de se créer une position avantageuse, vont poursuivre leurs études dans des écoles spéciales.C’est ce qui explique notre présence à l'École normale. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 15 Jeannette—Et quoi de plus nécessaire que l’éducation?Nous avons besom, ici, de completer notre propre formation pour nous rendre aptes à ouvrir l’intelligence des petits enfants qui nous seront confiés à l’école et à incliner doucement et fortement leur cœur à la vertu.Ce qui comportera, chez nous, avec une vie exemplaire, de grandes qualités d’âme et de cœur.Aquiline.—Je commence à voir ce que c’est que la tête.Alma.—Et ce que c’est que le cœur.Yvonne.—L’instruction, c’est la tête.Adrienne.—Et l’éducation, c’est le cœur.Jeannette.—C’est-à-dire que l’une est pour la tête seulement, l’autre pour la tete et le cœur, ce qui fait que l’éducation l’emporte sur l’instruction.Claire.—Comment cela?.,, , • Jeannette.—C’est que l’éducation consiste dans la formation, et que 1 on lorme aussi bien 1 esprit que le cœur.Tandis qu’on instruit l’esprit, mais que l’on n’instruit pas le cœur.Paulette.—Mais cela ne prouve pas que le cœur est supérieur à l’esprit.Jeannette.—Peut-être; mais il y a autre chose.L’éducation du cœur, c’est l’éducation morale.Or, celle-ci est indispensable.On peut se passer d’être savant, on ne se passe pas d’être bon.Fernande.—Décidément le cœur l’emporte sur la tête.Madeleine.—Oui, mais attendez.Il n’y a pas d’éducation morale sans instruction religieuse.S’il est nécessaire d’aimer le bon Dieu, il faut commencer par le connaître et savoir comment il veut être aimé.Le premier souci de nos mères a été de nous faire balbutier son nom.Avant la morale, il y a la foi; avant les Commandements, il y a le Credo.Or, la foi est acte de l’intelligence.Jeannette.—Oui, mais ensuite il n’y a plus que l’amour.En définitive, c’est pour l’aimer et le posséder que le bon Dieu nous a créés.Gilberte.—Vous voyez, mes amies, que la question n’est pas si simple et que la querelle entre la tête et le coeur ne se vide pas en un instant.Sans compter qu’il est bien d’autres points de vue.Dites-moi, par exemple, si, dans la pratique, une tête solide est préférable à un cœur ferme.Adrienne.—Qu’est-ce qu’une tête solide ?Claire.—C’est le contraire d’une tête légère.Yvonne.—Et qu’est-ce qu’un cœur ferme ?Fernande.—C’est le contraire d’un cœur faible.Paulette.—Je me rappelle cette sentence ingénieuse de Montaigne, savoir, qu’une tête bien faite est plus désirable qu’une tête bien meublée.Mais les deux ne s’excluent pas.Je suppose qu’une tête solide les réunit.Par l’étude, on a orné son esprit de toutes sortes de belles connaissances; c’est là, si je ne me trompe, l’ameublement.Mais ce n’est pas tout.S’il est beau d’avoir appris le catéchisme, la grammaire, l’histoire, la géographie, la littérature, il est encore plus beau de savoir penser et raisonner convenablement en toutes cés choses, de manière qu’elles nous servent dans notre conduite et dans toutes nos affaires: et voilà la tête bien faite.Gilberte.—Voilà qui est bien parler.Une tête solide ne se laisse pas séduire par les préjugés du monde et ne donne que des conseils de sagesse.Julie-Anna.—Oui, mais si ces conseils ne sont pas suivis, si la volonté ne marche pas et si le cœur regimbe, à quoi aura servi votre sagesse ?Claire.—A indiquer le devoir.La tête aura rempli son rôle.Au cœur à remplir le sien.Fernande.—Donner des conseils est facile.Ce qui est difficile, c’est de les suivre.Les bons principes ne manquent pas.On connaît généralement son devoir.Mais on a trop peu de courage pour l’accomplir.Voilà pourquoi une volonté forte est encore plus nécessaire qu’une sage raison.Les cœurs fermes sont rares, je veux dire ceux qui obéissent aux principes, que les difficultés ne découragent pas, que le malheur n’abat point davantage, qui savent souffrir et s’abstenir, qui vont chaque jour à leur tâche avec soumission entière aux ordres de Dieu.Adrienne.—Oui, cela est rare.Alma.—Et cela est bien beau.Claire.—Il n’en reste pas moins vrai que la sagesse est comme un flambeau qui doit nous guider sans cesse, et que sans cette lumière on risque de faire fausse route et de dépenser son énergie en pure perte.Gilberte.—Mes chères amies, vous parlez toutes avec sagesse, et, à ce compte, je vais être obligée de me prononcer pour la tête.Toutes.—(du côté du cœur, avec surprise et déception)—Oh! Gilberte.—Néanmoins examinons auparavant quelques autres aspects de la question.Les mêmes.-—A la bonne heure! Gilberte.—Lequel est préférable, dites-moi, d’un bel esprit ou d’un bon cœur ?Adrienne.—Le choix sera aisé, si nous nous rappelons que le bel esprit fait des précieuses ridicules. 16 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Yvonne.—Ce n’est pas de ce bel esprit-là que Gilberte veut parler.Je comprends qu'il s'agit de la finesse d’esprit.Alma.—Yvonne prise les gens fins.Laissons-la s’expliquer.Yvonne.—Je pense, en effet, à cet esprit vif, pétillant, qui sait amuser et trouver le mot pour rire.Qu’y a-t-il de plus agréable ?Jtjlie-Anna.—Oui, mais la malice est proche, et gare aux mots piquants si vous n’avez pas l’avantage de plaire à Mademoiselle.Elle vous réserve son peloton d’épingles et son arsenal de flèches.Rien de plus amusant pour la galerie, je le veux bien, que les pointes de ce bel esprit fin, mais il est rare que la finesse ne dégénère pas en raillerie.Adrienne.—Et en méchanceté.Il y a toujours quelque victime, en fin de compte, là où la vanité d’un bel esprit veut se montrer.Qui a-t-on vu retenir un bon mot, même au risque de blesser ?Aq'tjiline.—Pardon, ma chère amie, il ne s’agit pas de cela, mais de malices innocentes, qui font rire tout le monde, même ceux qui sont visés.Alma.—Ils rient jaune.Il faut bien se donner une contenance.A moins qu’on ne riposte, si l’on a soi-même de l’esprit.Mais alors c’est la guerre, et l’on se prend aux cheVeux.Madeleine.—Vous exagérez, ma bonne amie.Est-il donc impossible de rencontrer un genre d’esprit qui ne s’attaque pas aux personnes, mais qui les récrée seulement par des saillies inoffensives, par la prompte vue des ridicules et des contrastes, une finesse enfin qui n’est que finesse et que la délicatesse empêche de nuire ?N’est-ce pas là le charme de la bonne compagnie ?(à suivre) DOCUMENTS SCOLAIRES LE ROLE DE L’INSTITUTRICE Le 19 juin dernier, la séance de fin d’année scolaire de l’École normale de Saint-Jérôme fut présidée par l’honorable L.-A.David, Secrétaire de la Province.A cette occasion, M.David a parlé du rôle de l’Institutrice avec une éloquence et une sincérité qui ont remué les cœurs et touché les esprits.Voici un résumé substantiel de cette belle page: “C’est un plaisir nouveau et que les années ne font qu’intensifier que d’assister à une distribution de prix dans un couvent de ma province.Le même souvenir s’empare de ma mémoire, c’est l’éternel recommencement du dévouement féminin de Mme de Maintenon et de ses filles.“Mesdemoiselles, dans la vie le bonheur on ne l’apprécie souvent que le jour où on l’a perdu.Vous regrettez de quitter cette maison, je vous comprends.Mais vous, vous comprendrez mieux mon sentiment quand vous serez à l’âge de faire un retour vers votre jeunesse, lorsque la vie aura passé, quelquefois vous heurtant.AJors, il vous restera le souvenir d’un dévouement penché sur vos premières années.Cette charité éducationnelle de nos ordres religieux au Canada, je souhaite que l’avenir nous les conserve, que jamais on ne nous les enlève.“Dans vos remarques, M.le Principal, vous appuyiez sur la question de l’enseignement religieux comme étant primordiale, car, sans religion, aucun peuple ne peut se plier à aucune loi.“L’homme sans religion n’est pas un homme”, c’est répéter le mot d’un grand homme accapareur de monarchies, destructeur de trônes, conquérant rêvant de posséder un empire où jamais le soleil ne se couche : “S’il n’y avait pas de religion en France, j’en fonderais une”.C’est qu’à l’homme sans croyances religieuses il manquera toujours le long de sa vie l’assurance d’un but à atteindre.“Vous entreprenez le chemin de la vie.Où vous conduira-t-il?Que vous réserve demain?Mesdemoiselles, j’ai la conviction que vous serez des femmes de bien, des chrétiennes dévouées, des institutrices modèles, c’est à cela qu’ont tendu les efforts de vos professeurs.J’en vois quelques-unes d’entre vous, un certain soir de mai, quand le soleil se couche derrière les montagnes de granit du pays laurentien, modestes et simples institutrices de campagne, mais fières du noble rôle qui leur incombe.Elles ne seront pas de celles que la solitude décourage, sachant que le soleil qui s’en va, reviendra donner la chaleur et la force dès l’aube du lendemain.Votre rôle est admirable: demain, au début de septembre prochain, vous entrerez dans votre Petite École, vous posant cette question inquiétante: “Que vais-je faire de tous ces petits cerveaux confiés à ma surveillance” ?Les parents vous les ont confiés,vous demandant de les remplacer; par cet acte, ils admettent leur incompétence, leur inaptitude, alors votre grand rôle commence.C’est un noble sacerdoce que le vôtre.Allez votre route, conduisez l’œuvre splendide et admirable de chez nous qui fait l’admiration de ceux qui passent, observent et constatent les bienfaits de l’enseignement dans notre province, à travers nos campagnes, le rôle bienfaisant de la Petite École. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 17 “Grâce à vous,dans cent, deux cents et trois cents ans, on continuera de respecter, en la parlant bien, la langue que nos aïeux nous apportèrent de France.“Un jour viendra, où nous ferons comprendre à nos commissaires d’écoles que les institutrices ont suffisamment sacrifié jusqu’ici et qu’il est venu le temps de leur donner un salaire au-delà de celui d’une servante.Jour pas lointain, je l’espère, quand le soleil de la prospérité reluira sur notre province, et aidera au relèvement non pas seulement des salaires, mais permettra au gouvernement de trouver indirectement le moyen de faire son devoir.“J’apprécie l’instruction et l’éducation que donnent à leurs élèves, partout où elles sont, les Sœurs de Sainte-Anne.Là où s’exerce leur surveillance, leur contrôle est un bienfait pour l'éducation, la bonne tenue de nos jeunes filles.Leur rôle est bien grand, puisqu’elles meublent les cerveaux, mais je voudrais que l’on apprécie hautement les fruits d’une éducation soignée, car je voudrais pour longtemps encore, que nous méritions le titre décerné par un gouverneur général du Canada: “Que nous étions un peuple de gentils-hommes”.C’est plus difficile de nos jours de conserver nos traditions.“Mesdemoiselles, vous en formerez des petits gentils-hommes canadiens, n’est-ce pas ?“Un jour, vous constaterez avec étonnement et satisfaction que vous avez ouvert le petit cerveau d’un petit habitant devenu un grand homme.Vous connaîtrez la surprise de l’humble et dévouée institutrice de Saint-Lin qui, en voyant sir Wilfrid Laurier monter les degrés de la gloire, était étonnée d’avoir fait un grand homme sur les bancs de sa petite école rurale”.EN FAVEUR DES INSTITUTRICES Une demande opportune du Surintendant de l’Instruction publique Au milieu de juillet dernier, l’honorable Cyrille-F.Delâge, Surintendant de l’Instruction publique, a communiqué aux journaux de la Province de Québec un chaleureux plaidoyer en faveur des institutrices rurales.M.Delâge a démontré aux commissions scolaires que la diminution des modestes traitements accordés aux institutrices de la campagne causerait un tort irréparable à la jeunesse rurale.Nous espérons que l’appel opportun de M.le Surintendant n’aura pas été fait en vain.L’AGRICULTURE A L’ÉCOLE PRIMAIRE Le mouvement en faveur de la “ruralisation de l’enseignement” se continue avec succès.Le ministère de l’Agriculture, de concert avec le département de l’Instruction publique, a organisé des cours de vacances qui ont été donnés à l’Ecole d;Agriculture d’Oka et suivis par une soixantaine de Frères de diverses ^communautés qui enseignent dans les écoles de la campagne et les élèves-maîtres finissants des Ecoles normales Laval et Jacques-Cartier.Les cours ont duré cinq semaines.Organisés par le chef des Services du ministère de l’Agriculture, M.L.-P.Roy et par M.C.-J.Miller,Inspecteur général des écoles primaires, avec l’approbation du Surintendant de l’Instruction publique, ces cours ont eu beaucoup de succès.Us furent inaugurés par l’honorable Cyrille-F.Delâge, Surintendant.Outre les cours donnés par les spécialistes du ministère de l’Agriculture, M.C.-J.Miller a indiqué le but de l’enseignement agricole à l’école primaire de la campagne et expliqué la partie rurale des programmes officiels.M.Jean-Charles Magnan, chef du Service des jeunes agriculteurs, a donné une conférence pratique sur les méthodes et procédés à utiliser dans les leçons de choses rurales: tableau, petit musée, ruche et instruments aratoires miniatures.Plusieurs Pères Trapistes ont aussi donné un certain nombre de cours.Ces cours ont été suivis avec intérêt par les chers Frères et les élèves-maîtres de Jacques-Cartier et de Laval qui avaient sacrifié une semaine de repos bien légitime, pour le plus grand bien de l’école rurale.Ces cours d’Ofca auront un lendemain pratique: l’honorable M.Godbout, Ministre de l’Agriculture, a communiqué à la presse son désir de favoriser la création de la Section agricole, conformément aux programmes du Comité cathohque, dans les écoles primaires complémentaires rurales dirigées par des Frères, écoles que l’on désigne ordinairement sous le nom de “collèges commerciaux”.Les Frères Maristes, à Sainte-Anne-des-Monts, les Frères des Ecoles Chrétiennes à Saint-Jérôme et les Frères de l’Instruction chrétienne à Sainte-Germaine (Dorchester), ont déjà tracé la voie dans cette direction.D’autres initiatives suivront cette mesure pleine de promesses.3 18 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE LA MAISON PROVINCIALE DES FF.DU SACRÉ-CŒUR A GRANBY La bénédiction solennelle de ce splendide établissement, où l’École normale du Sacré-Cœur est installée, a eu lieu le 24 juillet dernier.Son Excellence Mgr Desmarais, évêque auxiliaire de Saint-Hyacinthe, a présidé la cérémonie.Le “Mont-Sacré-Cœur”, c’est le nom de la nouvelle maison provinciale de Saint-Hyacinthe, renferme un juvénat, un noviciat, un scolasticat-école normale et une section pour les Frères en retraite.NOCES D’OR DU MONASTÈRE DES URSULINES DE ROBERVAL Dans Y Enseignement Primaire de mai, nous avons annoncé les fêtes mémorables qui ont eu lieu àRoberval en juin dernier.A cette occasion, les anciennes élèves des Ursulines de cette locahté avaient organisé une magnifique démonstration à laquelle prirent part, outre les anciennes en très grand nombre, Son Excellence Mgr l’Evêque de Chicoutimi; l’honorable Cyrille-F.Delâge, Surintendant de l’Instruction publique; l’honorable M.Moreau, ministre dans le Cabinet Taschereau; M.Alphonse Désilets, directeur de l’enseignement ménager, M.J -Ed.Boily, inspecteur régional et MM.les inspecteurs primaires de la région, MM.les députés et les notables de Rober-val.Au cours de ces fêtes on a rappelé le souvenir de la fondatrice du Monastère de Roberval, la Mère Saint-Raphaël, cette éducatrice dont la renommée grandit avec les années.On a aussi rendu hommage à M.l’abbé Lizotte, alors curé de Roberval, et à Mgr Dominique Racine, évêque de Chicoutimi qui, en 1882, contribuèrent à l’établissement des Ursulines dans la région du Lac-Saint-Jean.Les orateurs ont célébré tour à tour le mérite des Dames Ursulines de Roberval, qui furent les pionnières de l’enseignement ménager en notre province.Nous réitérons à ces méritantes éducatrices, à ces Religieuses modèles, nos félicitations et nos vœux.C.-J.M.A L’INSTITUT PÉDAGOGIQUE DE LA C.N.D.Environ 125 institutrices laïques ont suivi les cours spéciaux du mois d’août dernier donnés sous les auspices du Secrétariat de la province de Québec à l’Institut pédagogique des Sœurs de la Congrégation Notre-Dame, avenue Westmount.Quatre-vingt-dix-neuf de ces institutrices venant de l’extérieur de la ville furent pensionnaires à l’Institut et environ vingt-cinq étaient de la ville et se retirèrent chez elles.Des religieuses suivirent aussi ces cours auxquels elles étaient cordialement invitées.Les cours de cette année ont porté sur la méthodologie, l’anglais, le dessin, l’écriture; sur l’algèbre, la minéralogie, la géologie et la chimie.Les élèves de la première série de cours recevront à la suite d’examens heureux l’Attestation de l’Institut pédagogique et ceux de la seconde le Diplôme cupérieur de l’Institut pédagogique.Pendant tout le mois de juillet il y eut aussi des cours à l’Institut qui s’adressaient de même aux institutrices laïques, aux religieuses et aussi aux instituteurs.Ils portaient sur le français, l’anglais, le grec, le latin et les sciences.DOCUMENTS OFFICIELS NOMINATION AU CONSEIL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE Par un arrêté en conseil en date du 3 août dernier, l’honorable Juge Antonin Galipeault, de Québec, a été nommé membre du Conseil de l’Instruction publique de la Province de Québec, au lieu et place de M.le Juge Auguste Tessier, décédé. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 19 BUREAU CENTRAL La littérature, Phistoire de la pédagogie et renseignement ménager aux examens de juin 1933 Littérature BREVET ELEMENTAIRE Textes a étudier (voir Lectures littéraires parles Frères de l’Instruction Chrétienne, La-prairie, P.Q.) Fable :—La laitière et le pot au lait Le loup et le chien Narration:—La première apparition de Lourdes Le dernier coup de dé Le dernier moine de Saint-Aubin Description:—Les laboureurs L’hiver au Lac Saint-Jean La fenaison Histoire:—Peuple sans histoire Éloquence:—Rommsige de Pasteur à ses parents Lafontaine Page 141 U “ 126 H.Lasserre “ 119 L.Fréchette “ 104 L.Veuillot “ 20 Lamartine “ 216 L.Hémon “ 271 A.Rivard “ 296 Fr.M.-Victorin “ 195 “ 659 BREVET SUPÉRIEUR _ (Textes a étudier (voir Lectures littéraires, par les Frères de l’Instruction Chrétienne, La-prairie).Fable:—IjQ gland et la citrouille La Fontaine page 135 Narration:-—Les chats de mon grand-père Paul Arène “ 87 Description:—Le chant du grillon Fabre “ 325 Portrait:—Le colon Adjutor Rivard “ 367 Lettre:—Saint François de Sales à une cousine “ 426 Histoire:—Montcalm et Lévis Chapais “ 191 Tragédie:—Cinna (Vers 1 à 54) Corneille “ 511 Comédie:—Les plaideurs (Le plaidoyer comique— Acte III, Scène 3) Racine “ 547 Poésie lyrique:—Mes vieux pins Ph.Lemay “ 483 Éloquence religieuse:—La médisance Bourdaloue “ 639 ENGLISH LITERATURE ELEMENTARY DIPLOMA “The Vision of Sir Launfal” by Lowell (Published by Allen and Beacon, and “The Legend of Sleepy Hallow” (Published by Allen and Bacon); SUPERIOR DIPLOMA “Julius Caesar” and “The Merchant of Venice” (Allen and Bacon).Histoire de la Pédagogie BREVET SUPÉRIEUR 1.Période scolastique—-(Voir “Histoire de la Pédagogie” par L.Riboulet, de la page 154 à 177, édition de 1927)—Cet ouvrage est recommandé comme livre du maître.En vente chez les librairies.2.Résumé de l’histoire de l’enseignement dans la Province de Québec : Domination française et Domination anglaise. 20 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE (Voir: “L’Instruction publique dans la Province de Québec—Bref historique”, par C.-J.Magnan, de la page 7 à la page 17)—Cet ouvrage est recommandé comme livre du maître.En vente chez les libraires, ou s’adresser à l’auteur, 79, Chemin Sainte-Foy, Québec.{For English Applicants) The history of pedagogy during the 17th Century.Pédagogie reprogramme de pédagogie est celui des écoles normales (Voir les Reglements du Comité catholique.) Etudier dans la Pédagogie de Mgr Ross et dans les chapitres: “Organisation pédagogique” et “Organisation disciplinaire” des Reglements du Comité Catholique, ce qui est demandé dans le programme des écoles nornales pour chacun des brevets.Enseignement ménager Brevet élémentaire Économie domestique, 5e et 6e années de l’école primaire élémentaire, des SS.de la C.N.-D: ce volume suffit pour tout ce qui concerne l’économie domestique proprement dite, y compris la coupe et l’art culinaire.Économie domestique, 7e année pour l’Hygiène, les Bienséances et l’Agriculture.Quant à ces trois matières voici quelques précisions: Hygiene: étudier dans l’Économie domestique—7e et 8e année, des SS.de la C.-N.-D., édition 1931, de la page 247 à 286.Bienséances: étudier dans le même volume ci-dessus indiqué, de la page 287 à 330.Agriculture: étudier dans le même volume, de la page 331 à 357.Brevet supérieur Economie domestique, hygiène, bienséances, agriculture dans le volume: L’Économie domestique, 7e et 8e année, (édition de 1931).Les chapitres et les paragraphes marqués d’un astérisque sont des études supplémentaires données à titre de références.Les questions ainsi marquées sont hors de concours, ainsi que les pages et paragraphes imprimés en petit caractère, et les lectures, qui seront lues cependant avec profit.Pour la Coupe: La Coupe à l’École primaire (15 sous), par les Sœurs de la Gong.N.-D.INSTITUT PÉDAGOGIQUE SAINT-GEORGES L’Institut pédagogique Saint-Georges de l’Université de Montréal est établi depuis déjà trois ans; il est l’œuvre des congrégations affiliées à l’Université.D’ici qu’il ait sa maison à lui, les cours se donent dans des salles que lui prête le Mont-Saint-Louis.Cette institution a pour but de donner un complément de formation professionnelle à ceux qui se destinent à l’enseignement primaire ou qui y sont déjà employés.Son enseignement convient tout particulièrement au personnel des écoles normales.Le programme comprend la pédagogie et les sciences connexes.Au cours de la dernière année scolaire, pendant que Monsieur l’abbé Maurice enseignait la psychologie pédagogique, Monsieur l’abbé Perrier parlait de la Philosophie thomiste; le frère Marie-Victorin, Messieurs les docteurs Préfontaine et Barbeau, tous trois de l’Université de Montréal, traitaient de la biologie, de manière à mieux faire connaître la nature de l’être vivant et les rapports du physique et du moral dans le composé humain.L’Institut pédagogique Saint-Georges, comme les facultés universitaires, donne des grades et des diplômes.Pendant l’année 1931-1932.il a décerné le baccalauréat en pédagogie au frère Chrysostôme, des Écoles chrétiennes, à Monsieur Roch Aubry, professeur à l’École normale de Hull, et aux frères Donat-Alphonse et Toussaint-Marie, de l’Instruction chrétienne.Les frères Antolien, des Écoles chrétiennes, Antoine-Célestin, Mariste, Viateur, de la congrégation de Sainte-Croix, Michée-Ephrem, des Écoles chrétiennes, et Berchmans-Eugène, de l’Instruction chrétienne, ont reçu le diplôme de Psychologie pédagogique et expérimentale. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 21 CINQUIÈME CONGRÈS DES INSPECTEURS RÉGIONAUX Tenu à Québec, le mardi, 16 août, 1932.AVANT-MIDI §3^ H*—A) Ouverture par l’Honorable Oyrille-F.Delâge, Surintendant de l’Instruction publique.B) Remarques par M.Lionel Bergeron, Secrétaire du Département de l’Instruction publique.C) Directives par M.C.-J.Miller, Inspecteur Général des Ecoles Primaires.D) La ruralisation de l’enseignement : Résultats obtenus depuis 1930; Moyens à prendre pour généraliser ce mouvement.E) Présentation des rapports de MM.les Inspecteurs Régionaux sur les activités de MM.les Inspecteurs de district.Suggestions et vœux.APRÈS-MIDI 2 H.—A) Présentation des rapports de MM.les Inspecteurs Régionaux sur l’organisation du Certificat d’études dans leurs régions respectives.B) Etude du Bulletin de la première visite.C) Lieux et dates des prochaines réunions des Inspecteurs par région.D) Le programme d’études de l’école primaire est-îl trop chargé?—Moyens à prendre pour l’alléger.Suggestions et vœux.E) Clôture du Congrès.METHODOLOGIE LA LECTURE EXPLIQUEE A L’ÉCOLE PRIMAIRE SUPERIEURE ET A L’ECOLE NORMALE Le Cochet, Le Chat, et le Souriceau Fable de La Fontaine.Un souriceau tout jeune, et qui n’avait rien vu, Fut presque pris au dépourvu.Voici comme il conta l’aventure à sa mère: “J’avais franchi les monts qui bornent cet État, Et trottais comme un jeune rat Qui cherche à se donner carrière, Lorsque deux animaux m’ont arrêté les yeux: L’un doux, bénin et gracieux, Et l’autre turbulent et plein d’inquiétude; Il a la voix perçante et rude, Sur la tête un morceau de chair, Une sorte de bras dont il s’élève en l’air Comme pour prendre sa volée, La queue en panache étalée.” Or, c’était un cochet, dont notre souriceau Fit à sa mère le tableau Comme d’un animal venu de l’Amérique. 22 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE “Il se battait, dit-il, les flancs avec ses bras, Faisant tel bruit et tel fracas, Que moi, qui grâce aux dieux, de courage me pique, En ai pris la fuite de peur, Le maudissant de très bon cœur.Sans lui, j’aurais fait connaissance Avec cet animal qui m’a semblé si doux : Il est velouté comme nous, Marqueté, longue queue, une humble contenance, Un modeste regard, et pourtant l’œil luisant.Je le crois fort sympathisant Avec messieurs les rats; car il a des oreilles En figure aux nôtres pareilles.Je l’allais aborder, quand d’un son plein d’éclat L’autre m’a fait prendre la fuite.—” Mon fils, dit la souris, ce doucet est un chat, Qui, sous son minois hypocrite, Contre toute ta parenté D’un malin vouloir est porté.L’autre annual tout au contraire, Bien éloigné de nous mal faire, Servira quelque jour peut-être à nos repas.Quant au chat, c’est sur nous qu’il fonde sa cuisine.Garde-toi, tant que tu vivras, De juger les gens sur la mine.COMMENTAIRE LITTÉRAL V.1.—Souriceau: petite souris.V.2.—Pris au dépourvu: pris dans une circonstance qu’il n’avait pas prévue, à laquelle il n’avait pas pourvu.V.3.—1° Comme il conta: au 17e siècle, comme a souvent, même en prose, le sens de comment.—2° L’aventure: le mot a ici son double sens de fait inattendu et de fait hasardeux.V.4.—J’avais franchi les monts qui bornent cet Etat: autant de termes emphatiques pour désigner des choses très ordinaires, et qui expriment surtout l’inexpérience et la vanité du souriceau.V.5.—Trottais: courir à petits pas.V.6.—Se donner carrière: Carrière =l’espace à parcourir.—Se donner carrière =se donner le champ libre pour courir à sa guise.Y.7.—Arrêté les yeux: ont fixé mes regards.V.8.—Bénin: bienveillant.V.9.—1° Turbident: qui s’agite en désordre et avec bruit.—2° Inquiétude: exactement, absence de repos, mouvement incessant.V.10.—La voix perçante et rude: 1° La voix aigûe et comme pointue.—2° La voix qui frotte durement sur l’oreille.V.11.—Un morceau de chair: la crête.Y.12.—Une sorte de bras: l’aile courte qui, le coq marchant plus qu’il ne vole, ressemble à une sorte de bras Dont il s’élève: avec lequel il s’élève.V.13.—Comme pour prendre sa volée: 1° La volée, c’est l’essor de l’oiseau depuis sa prise d’élan jusqu’à son retour au sol.Prendre sa volée, c’est donc se mettre à voler.—2° Comme pour prendre: comme s’il voulait prendre sa volée.—-En fait, il ne la prend pas.V.14.—La queue en panache étalée: 1° Panache, faisceau de plumes serrées à la base, et flottantes au sommet.—2° La queue du coq va, de fait, s’élargissant comme un panache.V.15.—1° Or: cette particule marque le passage d’une idée à une autre, ici le passage d’un fait à son explication.—2° Cochet =petit coq.V.16.—Le tableau: le portrait.V.17.—Venu de l’Amérique: Au 17e siècle, l’Amérique restait encore un pays lointain, peu connu, aux indigènes et aux produits étranges.V.19.—Faisant tel bruit et tel fracas: 1° ellipse de l’adjectif indéfini, un.—2° fracas, bruit violent comme d’une chose fracassée, c.-à-d.brisée en éclats.V.20.—Qui, grâce aux Dieux, de courage me pique: 1° grâce aux Dieux =j’en rends grâce aux Dieux.—2° Se piquer de quelque chose =mettre son honneur à s’en déclarer capable. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 23 V.21.—En ai pris la fuite: En, à cause de ce bruit, j’ai pris la fuite.Y.22.—Le maudissant: 1° En le maudissant.—2° Sens atténué de maudire, le mécontentement, la rancune du souriceau n’allant pas sans doute jusqu’à vouer le cochet à un vrai malheur.V.23.—Sans lui: s’il ne m’avait pas fait peur par ses cris.V.25.—Il est velouté: il a la peau douce comme du velours.V.26.—1° Marqueté: il est marqué de taches de différentes couleurs.—2° Longue queue: changement de construction ou anacoluthe.En effet, il faut sous-entendre le verbe il a, ou simplement la préposition avec, l’un ou l’autre régissant les trois substantifs qui suivent: queue, contenance et œil.—3° Une humble contenance: une manière de se tenir modeste, discrète.V.27.—1° Un modeste regard: le chat a souvent l’œil mi-clos; même l’œil grand ouvert, son regard est souvent voilé.—2° Et pourtant l’œil luisant- Le mot modeste qualifie l’expression du regard.L’adjectif luisant qualifie l’aspect de l’organe lui-même.D’où cette opposition qui peut surprendre d’abord, mais qui est justifiée.Même entre ses paupières mi-closes, le chat peut laisser filtrer une lueur.V.28.—Sympathisant: participe-adjectif du verbe sympathiser qui veut dire avoir les mêmes sentiments, partager les mêmes goûts.V.29.—Car il a des oreilles: nous verrons plus loin ce que ce raisonnement a de puéril.V.30.—En figure aux nôtres pareilles: De la même forme que les nôtres.V.31.—1° Je l’allais aborder: a) nous déplacerions aujourd’hui le pronom complément d’objet: j’allais l’aborder; b) le verbe aller suivi d’un infinitif n’exprime pas un mouvement.C’est une espèce d’auxiliaire qui annonce l’intention, ou quelque chose comme un futur prochain: “J’étais sur le point de l’aborder;—c) aborder, aller vers quelqu’un de façon à le toucher ou à peu près.—2° D’un son plein d’éclat: par un cri éclatant.V.32.—L’autre: le cochet.V.33.—Doucet: diminutif péjoratif de doux.V.34.—Minois: mine, apparence du visage.V.35.—Ta parenté: tous ceux de ta famille, au sens le plus large, et même tous ceux de ta race.V.36.—D’un malin vouloir est porté: 1° Remarquez l’inversion.—2° porté, animé.—3° vouloir, intentions, sentiments;—4° malin, au sens premier de méchant.V.38.—Nous mal faire: Nous faire du mal.Y.39.—Servira.à nos repas: Le jour où l’on aura fait cuire le cochet, les souris auront peut-être ses os à ronger.V.40.—Il fonde sa cuisine: Il compte sur nous pour manger.V.41.—Garde-toi de: Interdis-toi de.évite de.V.42.—Sur la mine: d’après leur visage, leur physionomie.ANALYSE LITTÉRAIRE La morale de cette fable ne nous arrêtera pas: Garde-toi tant que tu vivras De juger les gens sur la mine.Le conseil pratique est, sans plus, conforme au bon sens; et visiblement le poète ne l’a épinglé à son récit que pour se conformer aux exigences traditionnelles de la fable.Le récit lui-même présente un caractère particulier.Il n’éveille qu’une curiosité médiocre, parce qu’il comporte peu d’événements, et que le personnage intéressé ne court, à aucun moment, aucun danger.Le poète nous en avertit dès le second vers: Un souriceau tout jeune et qui n’avait rien vu Fut presque pris au dépourvu.Presque pris au dépourvu, il n’y a pas là de quoi nous émouvoir.Et pourtant le récit reste fort agréable.C’est qu’il est pittoresque, spirituel, vivant et vrai.Voyons, en effet, les portraits des personnages.Us sont peints avec une bien plaisante exactitude.Du cochet, deux mots expriment d’abord l’incessante agitation: il est “turbulentet plein d’inquiétude”.Puis, son cri si caractéristique: Il a la voix perçante et rude; et aussitôt ceux de ses traits et de ses mouvements qui doivent le plus surprendre l’ignorant qu est “notre souriceau”: Sur la tête, un morceau de chair, Une espèce de bras dont il s’élève en l’air Comme pour prendre sa volée, La queue en panache étalée. 24 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Enfin et de nouveau, ce mouvement perpétuel et bruyant qui déconcerte son jeune observateur: Il se battait, dit-il, les flancs avec ses bras, Faisant tel bruit et tel fracas.Forme, attitude, démarche, cri, n’avons-nous pas là un portrait complet (seules les couleurs manquent) et vivant?Et celui du chat! D’abord, et comme pour le cochet, une impression d’ensemble, où le moral est peint autant et plus que le physique: L’un doux, bénin et gracieux.Puis un portrait analytique où les traits pittoresques s’associent aux plus fines remarques psychologiques.Sans lui j’aurais fait connaissance Avec cet animal qui m’a semblé si doux; Il est velouté comme nous, Marqueté, longue queue, une humble contenance, Un modeste regard et pourtant l’œil luisant.sensations tactiles (velouté), sensations visuelles de taches, de lignes (marqueté, longue queue) et de lumière (l’œil luisant), traits de caractère (une humble contenance, un modeste regard), tout y est, de ce qui a dû frapper le souriceau et de ce qui peut nous intéresser à notre tour.Reste un troisième personnage,—et c’est le narrateur—, dont le portrait physique et moral n’est pas moins bien venu.La Fontaine l’amorce en deux mots: Un souriceau tout jeune et qui n’avait rien vu.Puis, s’effaçant derrière son personnage, il lui laisse le soin de se révéler plus complètement à nous.Ce personnage, nous l’avons dit, possède, avec un certain sens d’observation, le don de peindre ce qu’il a vu.Cette demi-clairvoyance ne fera que rendre plus plaisantes les erreurs dues à son ignorance et à sa fatuité.La fatuité se révèle dès sa première phrase.Ne se présente-t-il pas lui-même: Comme un jeune rat Qui cherche à se donner carrière ?Plus loin, avec quelle complaisance ne parle-t-il pas de son courage supposé: .moi qui, grâce aux dieux, de courage me pique.Et quand il s’agit d’expliquer, malgré tout, une panique peu glorieuse, avec quelle désinvolture ingénue n’en rejette-t-il pas la responsabilité sur un autre: Il se battait, dit-il, les flancs avec ses bras, Faisant tel bruit et tel fracas, Que moi qui, grâce aux Dieux, de courage me pique, En ai pris la fuite de peur, Le maudissant de très bon cœur.Bien plus, il insiste: Je l’allais aborder quand, d’un son plein d’éclat, L’autre m’a fait prendre la fuite; ne se rendant pas compte, tant il est naïf, que toutes les circonstances évoquées par lui font, au contraire, mieux ressortir sa vanité, son ignorance et, finalement, la fragilité de son courage.Son ignorance se manifeste tout au long et de la manière la plus plaisante.C’est elle qui lui inspire d’amusantes hyperboles: J’avais franchi les monts qui bornent cet État; toutes pareilles à celles d’un de ses congénères: La moindre taupinée était mont à ses yeux.(Le Rat et l’Huître). L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 25 Elle lui dicte, au lieu du mot propre, des périphrases descriptives, d’ailleurs pittoresques et justes: Sur la tête un morceau de chair, Une espèce de bras dont il s’élève en l’air.Enfin elle lui suggère d’étranges raisonnements où la conclusion dépasse dangereusement les prémisses: Je le crois fort sympathisant Avec messieurs les rats; car il a des oreilles En figure aux nôtres pareilles.Paralogisme comique d’ailleurs, car on sent avec quelle gravité notre logicien articule son argumentation; il y a là notamment un car digne d’un savant de Molière.Donc, de son allure juvénile (je trottais comme un jeune rat) à sa juvénile et naïve vanité, notre souriceau est, lui aussi, croqué de main de maître.Dirons-nous que sa mère non plus n’est pas indigne d’attention ?Mon Dieu, oui.Sans doute elle n’apparaît qu’à la fin du conte, et pour en dégager la leçon.D’où le caractère didactique de son petit discours.Discours sans fantaisie, sans pittoresque où les phrases se suivent très sages et très nettes, comme une série de maximes.Discours passionné cependant, oii la violence de certains mots trahit la peur et la haine, “Doux”, le souriceau avait par deux fois appliqué cette épithète au séduisant inconnu.Et sa mère de répliquer d’abord en transformant l’éloge en reproche: Mon fils.ce doucet est un chat, “Ce doucet”, dans ce démonstratif, dans ce diminutif, quelle intention dénigrante déjà! Puis, bien mis en valeur, vient le nom de l’ennemi, le nom qu’on ne prononce qu’avec horreur; aussitôt suivi de commentaires hostiles: Qui, sous son minois hypocrite, etc.Un nom dépouillé de tout sens favorable {minois) et flanqué d’une épithète brutale.Et le réquisitoire continue : Contre toute ta parenté D’un malin vouloir est porté.Il ne s’agit pas de querelle personnelle, mais d’une haine de race.Cette haine est consciente, voulue {malin, vouloir), et c’est elle qui commande les démarches du chat, comme elle inspire ses sentiments (D’un malin vouloir est porté).D’ailleurs, chez la souris elle-même aucun sentiment un peu généreux.Pour elle, tout se ramène à ce problème alimentaire: manger ou être mangé.De l’inoffensif cochet, elle parle donc sans aucune pitié, mais seulement comme d’un comestible éventuel : L’autre animal, au contraire, Bien éloigné de nous mal faire, Servira quelque jour peut-être à nos repas.C’est le seul mérite qu’elle lui reconnaisse, même comparé à celui dont elle dit: Quant au chat, c’est sur nous qu’il fonde sa cuisine.Je sais bien que ce discours est pour ainsi dire déterminé par la leçon morale qui lui sert de conclusion : Garde-toi, tant que tu vivras, De juger des gens sur la mine.Il n’en reste pas moins inspiré de la sagesse la plus égoïste.Grâce à quoi, la souris se présente, elle aussi, avec un caractère nettement dessiné.Femme d’expérience, mère pleine de sollicitude, elle enseigne à son fils une prudence tout utilitaire.Combien de mères,—qui ne sont pas souris — ne connaissent guère d’autre morale! Les citations qu’a exigées cette analyse des caractères, nous ont déjà révélé les qualités du style et de la versification.Nous n’ajouterons que peu de chose.4 26 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Le style est remarquable surtout par sa souplesse et son heureuse adaptation aux divers moments du récit.Au début, phrases simples et rapides: Un souriceau tout jeune et qui n’avait rien vu Fut presque pris au dépourvu.Voici comme il conta l’aventure à sa mère.Et dès que commence le discours, changement de ton.A la vivacité s’associe une certaine solennité, et aussi une certaine brusquerie frémissante : J’avais franchi les monts qui foment cet État Et trottais comme un jeune rat Qui cherche à se donner carrière Lorsque deux animaux m’ont arrêté les yeux, Faut-il maintenant peindre des personnages, le procédé de l’artiste variera avec le caractère même de ses héros.Pour le cochet, "turbulent et plein d’inquiétude”, une série de traits nets, précis, tranchants: Il a la voix perçante et rude, Sur la tête un morceau de chair, Une sorte de bras dont il s’élève en l’air Comme pour prendre sa volée, La queue en panache étalée.Pour le chat, au contraire, de longues lignes souples, sinueuses, caressantes: Il est velouté comme nous, Marqueté, longue queue, une humble contenance, Un modeste regard, et pourtant l’œil luisant.Et ici se produit une péripétie, le narrateur traduit son émoi en une période construite avec la plus plaisante habileté, la longueur ou la brièveté du vers, le nombre et la place des césures exprimant la brusquerie des mouvements, l’essoufflement du souriceau ou la profondeur de son émotion : Il se battait, dit-il, les flancs avec ses bras, Faisant tel bruit et tel fracas, Que moi qui, grâce aux dieux, de courage me pique, En ai pris la fuite de peur, Le maudissant de très bon cœur.Quant à la souris, nous avons indiqué déjà que sa sagesse médiocre s’exprime en petites phrases simples, en vers énergiques mais réguliers, presque monotones.Nous n’y reviendrons pas.Nos lecteurs enfin sont trop familiers avec la métrique de La Fontaine pour que nous ne leur laissions pas le soin d’étudier, s’ils le veulent, l’habileté, la sûreté avec lesquelles le fabuliste joue de la rime, avec toutes les combinaisons possibles.Gaillard de Champris.LES ARMOIRIES DE LA PROVINCE DE QUEBEC Rédaction d’après l’image (Pour L’Enseignement Primaire) EXERCICES DE PENSÉE, DE LANGAGE ET DE RÉDACTION AU COURS SUPÉRIEUR DE L’ÉCOLE PRIMAIRE ÉLÉMENTAIRE (Préparation de classe suggérant une manière de s’y prendre pour amener les élèves, avec l’utilisation d’une gravure, à rédiger la "page dont le sujet est un paysage à décrire”.Plusieurs divisions et termes méthodologiques de ce travail sont inspirés par "La Normalienne en Belles-Lettres” de Mgr Sylvio Corbeil, ex-principal de l’École normale de Hull.) L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 27 I.—LA CAUSERIE PRÉPARATOIRE : UNE ANALYSE 1°) En vue de la page expressive (A)—Traits distinctifs qui marqueront l’aspect local (?) Présentation de l’objet: aperçu général M.Que représente cette gravure?—E.Les armoiries de la Province de Québec.—M.De quel autre mot, vient ce terme “armoiries” ?—E.De “armes”.—-M.Nous verrons plus tard pourquoi.M.Comment s’appelle l’arme que portait autrefois le guerrier devant lui pour défendre son corps contre les coups de l’ennemi?—E.Un bouclier.—M.Venez indiquer sur cette gravure la partie qui ressemble à un bouclier.Indiquez-en bien le contour.Savez-vous quelle autre appellation on donne parfois au bouclier ?—E.On l’appelle aussi un écu.Le nom bouclier est venu de la boucle, saillie en pointe, qui ornait, au milieu, la face extérieure de cette arme défensive.Écu est le terme dont il faut se servir pour désigner cette partie la plus importante, essentielle, des armoiries.M.A quoi servent tous ces dessins que vous voyez en dehors de l’écu?—E.Comme de cadre pour le soutenir et le compléter.—M.Ce sont les ornements extérieurs des armoiries, parties moins importantes, secondaires.—On réserve le mot “armes” à l’ensemble des figures qui couvrent l’écu; tandis que les “armoiries” signifient l’ensemble de l’écu, de ses figures et de ses ornements extérieurs (1).(?) L’écu: ses “détails à couleur locale” Sa forme.—M.Combien de côtés a cet écu?—E.Quatre.—M.A cause de cela, on dit qu’il est quadrilatère.Ordinairement sa largeur contient sept parties ou unités de mesure, tandis que sa hauteur contient huit de ces unités de mesure.Comment sont les angles du sommet?— E.Droits.—M.Comment sont les angles inférieurs?— E.Arrondis.—M.Comment se termine le milieu de la base de l’écu?—E.Par une pointe.—L’écu qui a cette forme s’appelle un écu français.Sa surface.—M.Venez indiquer la surface de l’écu.Comment est représentée ici la plus grande partie de cette surface?—E.Par des petits points.—M.Dans une gravure non colorée, on se sert ainsi de signes conventionnels, points ou traits, appelés hachures, pour indiquer les divers émaux ou couleurs des armoiries.Ce pointillé que vous observez ici indique que le fond, ou pour parler d’une façon plus juste, le champ de l’écu, est du métal or.Ses divisions.—M.Comment est divisé cet écu?—-E.En trois parties.—M.Venez indiquer la partie centrale qui sépare le champ de l’écu.Dans quel sens est posée cette bande ?—E.Dans le sens horizontal.—M.Cette bande ou pièce horizontale placée au milieu de l’écu est une figure d’armoiries qu’on appelle une fasce.Quelles hachures apercevez-vous sur la fasce?—E.De petits traits verticaux.Us indiquent le gueules, c’est-à-dire l’émail rouge.-—M.De quel animal la fasce est-elle chargée?—E.D’un lion.—M.Dans quelle attitude se trouve ce lion?—E.Il a trois pieds à terre, et le pied droit de devant levé, comme dans l’action de marcher.—-M.Ce lion se montre-t-il de face?—E.Son corps est de profil, mais sa tête se montre de face.—M.Pourquoi dites-vous que sa tête est de face?—E.Parce qu’on en voit les deux oreilles et les deux yeux.—• M.Comment est sa queue?-—E.Tournée sur son dos.—M.Par quoi se termine-t-elle?—E.Par un bouquet en dehors.-—M.Dans le blason français, c’est-à-dire dans la façon française de lire les armoiries, quand le lion a cette attitude de “passant”, avec la tête de face, on l’appelle léopard .Quelles hachures remarquez-vous sur le léopard et qu’indiquent-elles ?—E.Des petits points qui indiquent qu’il est d’or comme le champ.—M.Par rapport au guerrier, qui est supposé (1) D’après le “Traité d’art héraldique” de Victor Morin. Armoiries DE LA PROVINCE DE QUEBEC/0 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 29 être en arrière de l’écu, vers quel côté le léopard s’avance-t-ü ?—E.Vers le côté droit.—M.En blason, on dit “à dextre”, par opposition au côté adverse, appelé “à senestre”.M.La partie du sommet de l’écu s’appelle le chef.De quelle figure est accompagné le léopard au sommet de l’écu ou en chef?—E.De deux fleurs de lis.—M.A quoi ressemble la partie centrale de ce lis?—E.Au fer d’une lance.—M.De quoi cette pointe est-elle accompagnée de chaque côté bu “accostée”?—E.Comme de deux crochets.—M.Ce qui réunit toutes ces parties de la fleur s’appelle une traverse.De quelles hachures ces deux fleurs sont-elles revêtues?—E.De petits traits horizontaux.—M.Us indiquent l’émail d’azur ou bleu.M.Quelle figure a-t-on placée au-dessous du lion, en pointe, c’est-à-dire dans la partie la plus basse de l’écu ?—E.Trois feuilles d’érable.—M.Comment sont-elles réunies ?—E.Par une même tige.—M.De quelles hachures sont-elles couvertes?—E.De traits diagonaux de droite à gauche.—M.Us indiquent le sinople, c’est-à-dire, la couleur verte.Ce mot “sinople” vient de Sinope, ville d’Asie-Mineure, remarquable par la verdure de ses terrasses.(c) Les ornements extérieurs M.Quel ornement surmonte l’écu?—E.Une couronne.—M.Quelle est cette couronne?— E.C’est la couronne impériale des rois d’Angleterre.M.De quoi est “accosté” l’écu, comme pour lui servir de soutiens?—E.De deux branches d’érable couvertes de leurs feuilles.—M.Comment sont-elles situées?—E.Elles s’étendent de chaque côté de l’écu jusqu’au-delà de son sommet, se croisant à leur base au-dessous de la pointe de l’écu.M.Qu’apercevez-vous encore d’appuyé sur l’intersection des deux branches et comme drapé dans le feuillage?—E.Une banderolle.—Le manque de hachures sur cette banderolle indique qu’elle est d’argent.—M.Qu’y a-t-il d’inscrit sur cette banderolle ou plutôt sur ce listel ondoyant ?E.Les mots: “Je me souviens”.—M.Que sont ces mots?—E.La devise de la Province de Québec.(B)—Traits qui marqueront l’âme des choses (a) Les souvenirs historiques Origine des armoiries.—M.Comment appelez-vous ces guerriers du moyen-âge qui, couverts d un écu, se battaient héroïquement pour leur Dieu, leur Roi et leur Dame?—E.Les chevaliers.—• M.Quelles grandes expéditions ces chevaliers ont-ils entreprises en Terre-Sainte pour arracher le tombeau du Christ des mains des Musulmans?-—E.Les croisades.—M.Ces chevaliers portaient souvent sur leurs écus des bandes, de formes, de couleurs et même de métaux divers.Us y inscrivaient des emblèmes héréditaires; ils y faisaient même dessiner ou graver des figures qui représentaient leurs hauts faits d’armes.“Les boucliers devinrent alors, dit Jouffroy d’Escha-vannes, des pages d histoire, on pourrait dire des brevets d’honneur que le titulaire portait toujours avec lui .De là l’origine pleine de noblesse des armoiries.Le mot “armoiries” vient donc du fait que les chevaliers, pour leurs tournois et leurs croisades, faisaient dessiner des emblèmes ou figures sur leurs “armes”: casques, écus, etc.Origine des armes {ou figures de Vécu) de la Provinee de Québec.—M.Connaissez-vous le nom d’une reine d’Angleterre qui a su se faire aimer des Canadiens?—E.La reine Victoria.—M.C’est cette reine d Angleterre qui, par mandat daté de la Cour de Saint-James, le 26 mai 1868, assigna à chacune des quatre provinces fédérées du Canada leurs armes respectives.Voici la description, en termes de blason, telle que contenue dans ce Mandat Royal, des armes de la Province de Québec.D or, à la fasce de gueules chargée d’un léopard du champ, accompagnée en chef de deux fleurs de lis d azur, et, en pointe, de trois feuilles d’érable tigées de sinople” (1).DarTExécu^f/dn de,,la brochure intitulée: “Soixantenaire de la Confédération”, publiée en 1927 adootée le 30 novpmhrp célébration.Le texte diffère un peu de celui de la traduction officiellement lieu de ‘‘léopard”, l’expression ‘Xioïpassant gardant”.11 gouvernement de Québec et dana laquelle on emploie, au 30 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Origine de la devise.—M.Quant à la devise inscrite sur le listel, elle est d’origine plus récente.M.Eugène Taché, architecte et sous-ministre des Terres et Forêts de Québec, en préparant les dessins de la façade du Palais législatif de Québec, avait introduit au bas des armes de la Province la devise: “Je me souviens”.Ces plans furent acceptés par le gouvernement de l’époque, sous l'autorité d’un arrêté du Conseil Exécutif et annexés au contrat officiel de la construction signé le 9 février 1883, devant Maître Cyrille Tessier.C’est donc à partir de cette date que notre devise a reçu son caractère officiel.Origine du léopard.—M.Le léopard d’or, c’est l’attitude caractéristique que prend le lion dans les armoiries anglaises, de sorte qu’on l’appelle parfois le “lion d’Angleterre”.En style de blason, les Anglais décrivent cette figure: “Lion Passant guardant”.Disons cependant qu’ils ont depuis longtemps emprunté cette figure d’armoiries aux Normands, lors de la conquête de l’Angleterre par Guillaume le Conquérant, duc de Normandie, par la bataille d’Hastings, en 1066.Origine des fleurs de lis.—M.Les fleurs de lis ont toujours été, depuis le 12e siècle, alors que Louis VU, roi de France, les adopta comme symbole de son nom, les pièces les plus honorables des armoiries françaises; elles ont toujours fait partie des armes de la famille des Bourbons.On les trouve sur les drapeaux et écussons apportés ici de la vieille France catholique par nos premiers découvreurs, fondateurs et militaires.(b) Un espoir M.Quel espoir pour notre race, tous ces nobles souvenirs attachés à nos armoiries vous inspirent-ils?—E.Qu’elle puisse toujours s’en montrer digne dans l’avenir, car “noblesse oblige”.2°) En vue de la page idéalisée : Interprétation qui marquera le symbole M.De quoi l’or esUil souvent l’emblème?—E.De la richesse.—-M.L’or du champ de l’écu peut donc servir à symboliser non seulement la richesse de notre territoire, mais aussi de nos traditions nationales.M.La fasce représente le ceinturon que portait autrefois le chevalier autour de ses reins.Les reins sont le siège symbolique de quoi?—E.De la force.—M.Que représente souvent la couleur rouge?—E.La souveraineté, le pouvoir royal.—M.Que peut alors symboliser la fasce de gueules chargée du vieux lion d’Angleterre ?—E.Elle peut symboliser notre allégeance britannique depuis les jours de la Cession.—M.Quelle force peut-elle marquer?—-E.Celle acquise par notre province sous l’autorité de Sa Majesté le Roi d’Angleterre.M.Que symbolisent les fleurs de lis d’azur en chef de l’écu?—E.Que la France a fondé ce pays; que les rois de France en ont été les premiers maîtres durant plus de deux siècles; enfin elles indiquent bien clairement nos origines françaises et catholiques.M.De quoi les feuilles d’érable situées en pointe sont-elles l’emblème?—E.De notre patrie, le Canada, du sol canadien—M.Oui, et d’une façon plus spéciale pour nous, de la vieille terre québécoise, berceau de notre race, et où l’érable croît en abondance, signe de fertilité.M.Comme pour tout résumer le langage de nos armes, de quoi notre devise nous demande-t-elle de nous souvenir, en même temps que de notre allégeance britannique et de notre fidélité au roi d’Angleterre?—-E.De tout notre héritage cafholique et français.—-M.En effet,les mots de notre devise nous rappellent que la conservation de tout cet héritage est pour notre race une condition essentielle de survivance.M.Que nous rappelle encore notre devise par rapport au sol où pousse l’érable?—-E.Que nous lui devons un amour sincère, un attachement inébranlable.—M.En effet, la terre canadienne doit être non seulement la nourricière de nos corps, ma;s aussi l’inspiratrice de nos esprits. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 31 Roy disait donc avec raison, en parlant de notre devise, ‘‘que les mots qu’elle contient sont une heureuse conception, puisqu’ils disent clairement le passé, le présent et le futur de la seule province française de la Confédération canadienne.” {Remarque.Il serait facile de faire reconstituer par les élèves, en un tableau synoptique, toute cette causerie préparatoire.Il est entendu qu’il n’est pas nécessaire, qu’il serait même impossible de passer à travers tout cela en une seule classe.Il y a là “du pain dans la huche” pour au moins trois leçons.A la première leçon, on pourrait préparer “les traits distinctifs”; à la seconde, “les traits marquant l’âme des choses” et “les traits idéalisés”; et réserver la dernière leçon comme séance de correction de toute la page descriptive.C’est à cette dernière leçon surtout qu’on pourra utiliser le travail ci-dessous de synthèse qu’on aura dû cependant inscrire d’avance dans son cahier de préparation.) II.—LA SYNTHÈSE : UNE PAGE DESCRIPTIVE LES ARMOIRIES DE MA PROVINCE Le 26 mai 1868, presqu’un an après l’établissement de !a Confédération, Sa Majesté, la bien-aimée reine Victoria, par un mandat daté de la Cour de Saint-James, assignait à chacune des quatre provinces fédérées ses armoiries respectives.Voici comment nous pouvons décrire et interpréter celles de la Province de Québec.Les armes sont gravées sur un écu français à champ d’or, emblème sans doute de la richesse matérielle et spirituelle de notre province.La pièce centrale est une fasce de gueules chargée d’un léopard de même émail que le champ.Cette espèce de lion montre son corps de profil.Sa queue renversée sur son dos se termine par un bouquet tourné en dehors.Il pose trois pieds à terre, et lève le pied droit de devant, comme dans l’action de marcher, en se dirigeant à dextre.Sa tête toutefois étant de face, nous voyons ses deux oreilles et ses deux yeux.C’est l’attitude caractéristique de ce vieux “lion d’Angleterre”, que les Anglais appellent “Lion Passant guardant”, mais qu’ils ont eux-mêmes emprunté aux armoiries normandes, à la suite de la conquête de l’Angleterre par Guillaume le Conquérant, duc de Normandie, lors de la bataille d’Hastings, en 1066.Mis en relief par le fond rouge de la bande, couleur impériale, ce léopard d’or, suivant l’expression du blason français, nous apparaît bien comme le symbole de notre allégeance britannique.Posé sur la fasce, qui représente la ceinture dont le chevalier entourait ses reins en comptant sur leur force, il semble signifier la puissance de développement que notre province, fidèle depuis les jours de la Cession a l’autorite du roi d’Angleterre, a su conquérir.Deux fleurs de lis accompagnent en chef cette fasce.Elles ressemblent peu aux lis de nos jardins et même de nos champs.Leur pièce centrale, semblable au fer d’une lance, est “accostée” comme de deux pétales en forme de crochets, une petite traverse réunissant le tout.Il y a longtemps que les fleurs de lis sont les figures les plus honorables des armoiries françaises.Depuis Louis VII, qui régna au 12e siècle sur le trône de France, et qui les adopta pour signifier son nom, elles ont toujours fait partie des armoiries de la famille des princes Bourbons.Avec leur couleur d azur, elles nous rappellent ici la majesté de ces “rois très chrétiens” de la vieille France catho-lique, qui, durant plus de deux siècles, furent les maîtres de notre pays.Elles symbolisent-toutes nos ascendances religieuses et françaises ces belles fleurs de lis que Cartier fixa sur la grande croix de Gaspé, et qui flottaient dans les plis des drapeaux de nos premiers découvreurs, fondateurs et militaires; elles sont la voix des ancêtres, fils eux-mêmes des fiers paladins et pieux croisés du moyen-âge., P0^11^6 de 1 écu figurent trois vertes feuilles d’érable soutenues par une même tige comme xee au sol.C est 1 image de notre patrie, le Canada, et à plus forte raison de la terre québécoise où 1 erable, signe de fertilité, croît en abondance comme interprète de la richesse de toutes nos autres ressources naturelles. 32 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE A titre d’ornements extérieurs, la couronne impériale des rois d’Angleterre surmonte l’écu, tandis que deux branches d’érable chargées de leurs feuilles lui servent de soutiens dans les côtés.Ces deux branches s’entrecroisent à leur base, à la partie inférieure des armoiries.Appuyé sur leur intersection et drapé dans leur feuillage, un listel d’argent porte ces mots: “Je me souviens”.Cette addition à nos armoiries est due à M.Eugène Taché qui, en préparant les dessins de la façade du Palais législatif de Québec, avait introduit cette devise, dont il est l’auteur, au bas des armes de norre province.Ces plans ainsi préparés furent acceptés officiellement par le gouvernement provincial, le 9 février 1883.Cette devise semble bien résumer et mettre en relief le langage de nos armes.Tout en évoquant notre fidélité à l’autorité du roi d’Angleterre, elle nous redit notre attachement à nos origines françaises.Elle clame à notre race, comme condition essentielle de survie, la conservation de notre foi, de notre langue, de nos lois et de toutes nos traditions nationales.Elle nous prêche enfin l’amour effectif du sol canadien, spécialement de la terre laurentienne, qui doit être non seulement nourricière de nos corps, mais aussi inspiratrice de nos esprits.Concluons avec M.P.-G.Roy “que les mots que contient notre devise sont une heureuse conception puisqu’ils disent clairement le passé, le présent et le futur de la seule province française de la Confédération canadienne”.A tout écolier canadien-français incombe le devoir de se préparer à devenir un citoyen digne du “brevet d’honneur” que sont les armoiries de notre province, car “noblesse oblige” (1).Roch Aubry, Professeur à l’École normale de Hull.Hull, le 26 juillet 1932.GÉOGRAPHIE (Programme de septième année) {Leçons modèles : Premiere leçon) (Pour 1’“Enseignement Piimaire”) L’écorce terrestre se modifie continuellement et les phénomènes actuels qui s’observent à sa surface peuvent être classés en deux catégories: 1.'—Ceux qui ont une origine externe et qui comprennent les modifications causées par Veau, Yair et les êtres vivants; 2.—Ceux qui ont une origine interne et qui ont pour cause le refroidissement du noyau central; ce sont les phénomènes volcaniques et les mouvements du sol.(1) Ouvrages consultés: “Traité d’art héraldique”, par Victor Morin; “Les origines de nos drapeaux et chants nationaux, armoiries, emblèmes, devises”, par Hormisdas Magnan; “Bulletin des recherches historiques”, Ile volume pp.19 et 20, article par Ernest Gagnon; “Annalrs de la Société Saint-Jean-Baptiste”, Vol.III, page 173; “The Quebec Gazette", novembre 1869, page 1592. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 33 I.—L’EAU 1.Nature de l’eau 2.Circulation de l’eau 3.Action de l'eau 4.Eau d'évaporation: Formation des nuages A) Eau d’infiltration Nappes d’infiltration (Puits—Sources) Effets mécaniques (Pierres gélives—Glissements) Effets chimiques (Dissolution—Transformation—Dépôts) 5.Eau liquide I Pluies r r Effets mécaniques Effets chimiques , Formation des cheminées de fées Dénudation des racines des arbres Décomposition des roches même les plus dures B) Eau II de \ ruissellement \ Cours d’eau \ C) Eau de la mer r Érosion Édification a) Tot rents b) Fleuves et rivieres \ Éro- sion Érosion (Canal d’écoulement) Édification (Cône de déjection) Nécessité du reboisement / Elargissement des rives Méandres Creusement du lit Chutes d’eau et I lacs Marmites de géants Transport.Cailloux Gravier Sable et limon Deltas et estuaires Edifi- .cation Allu- vions I Recul des falaises Caps, golfes et baies [ Marmites de géants -, Cordons littoraux [ Lagunes 34 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 6.Eau solide 3.Action A) Neige (Avalanches) |1.Formation (neige - névé - glace) 2.Mouvements (crevasses - Ponts de neige) I ( .) creusement du lit Erosion | Roches striées [ Édification ) moraines B) Glaciers -j 1 blocs erratiques 4.Répartition j Continent américain (Cordillères—Rocheuses) actuelle , Europe tempérée (Caucase—Pyrénées-Alpes) [ Asie (Himalaya — Karakoroum) 5.Glaces polaires (Icebergs—Banquises—Fiords) 6.Glaciers anciens (Nord de l’Europe, de l’Asie et de l’Amérique) L’EAU I.Nature de l’eau.—L’eau est le corps le plus répandu dans la nature.Elle résulte de la combinaison de deux gaz: l’hydrogène et l’oxygène.On rencontre l’eau à l’état solide, à l’état liquide et à l’état gazeux.Dans tous ces états, elle est sans odeur, sans goût et sans couleur, à moins qu’elle ne renferme de très petites quantités de matières étrangères, qui lui communiquent une coloration appréciable, sans en altérer la limpidité.IL Circulation de l’eau dans la nature.—La chaleur émise par le soleil chauffe suffisamment l’eau de la surface de l’Océan pour en transformer une partie en vapeur.Cette vapeur s’élève dans l’air et s’y condense sous forme de nuages que le vent pousse vers les continents (Fig.I).Ces nuages, en se refroidissant, vont produire de la pluie dans les régions tempérées et de la neige dans les régions froides.On comprend par là pourquoi nos vents du nord-est qui viennent de l’Atlantique sont si humides et nous apportent si souvent de la pluie ou de la neige.L’eau des pluies en arrivant sur le sol se fractionne en quatre quantités: la première repasse à l’état gazeux par l’évaporation; la deuxième est absorbée par les plantes; la troisième pénètre dans le sol par infiltration; la quatrième ruisselle sur les surfaces, lorsqu’elles sont imperméables, ou si les pentes sont trop fortes. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 35 Partie de l’Océan, l’eau y retourne; il existe donc bien une véritable circulation de l’eau dans la nature.La, figure I résume cette circulation en indiquant le voyage accompli par une goutte d’eau, en même temps que les transformations qu’elle a subies.III.Action de d’eatj.—L’eau liquide, solide ou à l’état de vapeur accomplit une œuvre considérable dans la nature.Elle tend sans cesse, par son travail, à détruire, à démolir, à abaisser tout ce qui est élevé à la surface de la terre; et, d’autre part, à combler, par les débris qu’elle entraîne, les lieux bas, les vallées, les plaines ou les mers.Elle détruit (travail d’érosion) et elle construit (travail d’édification).Nous allons étudier successivement l’eau d’évaporation, Veau liquide et Veau solide.1.Eau d’évaporation.—La quantité d’eau qui s’évapore dans l’air dépend de la température: elle va en diminuant de l’équateur aux pôles, et elle est plus forte dans la saison chaude que dans la saison froide.Elle est considérable à la surface de la mer et des lacs.L’évaporation enlève aux continents les deux tiers des pluies qui y tombent.L’eau à l’état de vapeur (nuages) exerce peu d’action sur l’écorce terrestre; son rôle, en cette qualité, appartient plutôt à la météorologie.Il convient aussi de tenir compte de la quantité d’eau rejetée dans l’atmosphère par la transpiration des plantes et qui est cause de la fraîcheur que l’on constate dans le voisinage des forêts.2.Eau d’infiltration.—A) Sa marche: L’eau des pluies tombant sur un sol perméable, comme le calcaire, le sable, s’infiltre jusqu’au moment où elle rencontre une couche imperméable, une couche d’argile, par exemple.Alors, elle s’arrête, s’accumule sur l’argile et forme ce qu’on appelle une nappe d'infiltration ou niveau d’eau (Fig.2).Ce sont les nappes d’eau formées de la sorte qu’on utilise par le creusement des puits.Si l’on creuse le sol, on n’importe quel endroit, on trouve toujours, à une profondeur plus ou moins considérable, une nappe d’infiltration.Il suffit, pour se procurer de l’eau, d’atteindre la couche imperméable et de creuser dans cette dernière une petite cavité où l’eau de la nappe va s’accumuler (Fig.2).Il faut éviter de percer la couche imperméable, car l’eau s’échapperait dans les couches perméables du dessous.L’eau d’un puits n’est pas stagnante : elle se renouvelle, puisque c’est l’eau de la nappe qui suit la pente de la couche imperméable.rmeià/e d inPiltntion 'e impermei F'J- ^ — Puits orduiiirt trmiil/t 'ÿlle.imp filapp* J'eAu lAjtîa l/e.Il 'T fi Tu//J nrfesie Fia.3.WÈm Il peut arriver qu’une couche de sable perméable soit comprise entre deux couches imperméables d’argile disposées en forme de cuvette (Fig.3).La couche de sable venant affleurer sur les collines qui bordent la vallée, l’eau de pluie va y pénétrer et se rassembler au fond de la cuvette.Dès qu’on percera un puits dans cette région, et qu’on aura atteint la nappe d’infiltration, l’eau jaillira en cherchant à atteindre le niveau des bords de la cuvette.L’eau s’élève ainsi en l’air en vertu d’un principe connu en physique sous le nom de principe des vases communiquants et d’après 36 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE lequel un liquide placé dans des vases qui communiquent tend toujours à atteindre le même niveau.Ces puits jaillissants sont appelés 'puits artésiens, parce que le premier de ce genre fut creusé en Artois, au Xlle siècle.Les puits artésiens ont rendu de grands services dans certaines régions de l’Algérie et particulièrement dans le Sahara.Grâce à eux, des oasis prospères ont été créées de toutes pièces sur cette terre stérile où il n’y avait rien, pas un arbre, pas une goutte d’eau.L’abondance des eaux qu’ils fournissent a permis d’établir des forêts de palmiers qui abritent d’autres cultures sous leur ombrage.Découvrir une nappe souterraine est chose assez facile quand elle est peu profonde; car à l’endroit où l’eau est voisine du sol, il existe une végétation spéciale composée de saules, d’aulnes, de joncs et de roseaux; ou bien encore on y voit, matin et soir, des vapeurs se traîner au ras du sol; ou bien, enfin, après une pluie l’eau y reste stagnante, et des nuées d’insectes voltigent au-dessus de ces endroits.Tous ces signes extérieurs ont une certaine valeur si l’eau est proche, mais si elle est profonde, un seul moyen peut donner des indications sérieuses: c’est le sondage.Pour cela, on utilise les puits tubulaires (Fig.4), formés d’un tube en fer de petit diamètre, muni à sa partie inférieure d’une pointe d’acier, au-dessus de laquelle se trouvent des petits trous.Il suffit alors pour avoir de l’eau d’enfoncer ce tube jusqu’à la nappe d’eau et d’adapter une pompe à la partie supérieure.En quelques heures, le travail est accompli.Si la couche d’argile sur laquelle repose la nappe d'infiltration est horizontale, il y a des suintements partout où elle affleure; si cette couche est inclinée, il se forme au point le plus bas, à l’endroit où cette couche imperméable vient affleurer, une source qui pourra alimenter les cours d’eau voisins (Fig.5).Ca Ica/rt Source.vauc/usienne ispmn Gtiô'.Source Coure J’eiu ¦y fi y.N Ar a i le JS a.p e- d\ 'trme al le J’itipi /tha fie n cl’eau S.— Théorie, de.la formation d'une source.— Puitê tulo/ai Au point de vue hygiénique, il faut distinguer, d’une part, les terrains sablonneux qui sont bien perméables et qui constituent d’excellents filtres pour purifier l’eau, et, d’autre part, les terrains calcaires qui sont peu perméables mais qui présentent ordinairement des crevasses verticales dans lesquelles les eaux superficielles s’engouffrent pour reparaître plus loin sans avoir subi de filtration (Fig.5).L’eau de ces sources, dites vaudusiennes (la célèbre fontaine de Vaucluse, en Provence, en est un type parfait), n’étant pas filtrée par les sables ne doit être employée qu’avec précaution dans l’alimentation.B) Action de l’eau d’infiltration.—L’eau d’infiltration peut exercer sur les roches ou sur les terrains une action mécanique et une action chimique. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 37 1.Action mécanique: Elle se manifeste par l’émiettement des pierres gélives et par le glissement des montagnes.a) Pierkes gélives.—-L’eau de pluie peut, en s’infiltrant dans les roches, agir mécaniquement; elle pénètre en effet dans les pores ou les fissures de la pierre, puis, par refroidissement, se transforme en glace et fait éclater la pierre, car en se congelant l’eau augmente de volume.C’est ainsi qu’une bouteille pleine d’eau et bien bouchée éclate au moment où la glace se forme.L’eau agit donc sur la roche à la façon d’un coin et la fait éclater.On dit alors que cette pierre est gélive.Il est évident que plus la pierre est poreuse et tendre, plus elle est gélive; et plus elle est impropre aux constructions.b) Glissements.—L’eau en s’infiltrant peut aussi détremper une couche argileuse servant de base à une montagne; celle-ci peut alors glisser vers la vallée et causer de terribles catastrophes.C’est ainsi qu’en 1806, une montagne de la Suisse, le Itossberg, se mit à glisser et s’abattit sur la vallée, ensevelissant quatre villages et écrasant plus de quinze cents persbnnes.(à suivre) Sœur X., des SS.de VAssomption.LE DESSIN A L’ÉCOLE PRIMAIRE—SEPTEMBRE 1932 Programme mensuel suggéré aux divers cours COURS INFÉRIEUR En première année: le point et la ligne.Comme exercice préliminaire: faire aligner des points sur le cahier brouillon; faire relever ensuite sur la feuille.Relier par des droites ces combinaisons de points.Le professeur pourrait à l’aide de punaises piquées sur une planchette (bois ou carton) faire comprendre plus facilement les différentes figures à reproduire; ou encore chaque élève aurait à sa disposition: des boutons, des bons points ou autres objets qu’il rangerait lui-même sur son bureau et qu’il dessinerait ensuite.Le tableau noir reste toujours un précieux auxiliaire.En deuxième année: la ligne droite dans ses diverses positions (debout, penchée, couchée.) PREMIÈRE ANNÉE 1.Points formant carrés, croix.2.Points rayonnant autour d’un point central et formant deux croix superposées.3.Points formant les lettres A et V également superposées.DEUXIÈME ANNÉE 1.Verre, forme géométrale.Képi orné d’un plumet (pompon).2.Maisonnette pour les oiseaux.3.Table et chaises en silhouette.4.De mémoire: crayon, porte-plume.COURS MOYEN En troisième année: la ligne droite en ses différentes positions (horizontale, verticale, oblique).Apprendre aux élèves à les reconnaître dans les objets usuels de la classe, de la maison, etc.En quatrième année: ligne droite et courbes faciles.Décrire un papillon au moyen de lignes rudimentaires.1.Chemise: interprétation rigide.2.Deux carrés inscrits dans un premier.Colorier (couleurs primaires).3.Pot à fleurs: vue géométrale.4.De mémoire: silhouette d’une maisonnette. 38 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE COURS INFÉRIEUR COURS MOYEN COURS SUPÉRIEUR mitre. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 39 QUATRIÈME ANNÉE 1.Bobine de fil: projet géométral coté.Face et coupe (principales mesures).2.L’étoile à quatre pointes inscrite dans un carré.La construction peut se faire à l’aide du compas.3.Papillon.4.De mémoire: une table de cuisine.COURS SUPÉRIEUR En cinquième et sixième années: élever une perpendiculaire; 1° au milieu d’une droite; 2° en un point donné sur une droite.D’après nature: une feuille d’érable.Croquis géométral coté d’un banc (3 vues).Tenir compte des lignes faibles et des lignes fortes.Les cotes ou mesures (au moins les principales) doivent donc figurer sur ce croquis.Le croquis peut être exécuté de deux manières: 1° au jugé; ou, 2° sur la dictée du professeur.Perspective: a) un pot à fleurs avec ombre; b) un sac d’écolier appendu à un clou.CINQUIÈME ET SIXIÈME ANNÉES 1.D’après nature: feuille d’érable.Colorier.2.Croquis géométral: cote d’un petit banc.3.à) Pot à fleurs; b) Sac d’écolier.4.De mémoire: adossé à un arbre dépouillé de ses feuilles un vieillard se repose le long d’un chemin.Frère Amédée, des Frères des Écoles Chrétiennes.ENSEIGNEMENT DE L’ANGLAIS PAR LA MÉTHODE DIRECTE “La classe en anglais” STUDIES IN READING AND PICTURES BOOKS FIRST PARAGRAPH Books are resources and consolation; study is a resource and consolation.Both are strong factors in the best home-life; and the man who can look back with gratitude to the time when, around the home-lamp, he made one of the circle about his father’s table, has much to be thankful for; and we venture to assert that the coming man whose father will give him such a remembrance to be thankful for can never be an outcast, or grow cold, or bitter, or cynical.Les livres sont des ressources et des consolations; ressource aussi et consolation que l’étude.Deux choses qui jouent un grand rôle pour rendre la vie de famille aussi belle que possible.Certes, il a bien des motifs de reconnaissance celui qui peut revoir avec plaisir le temps où, près de la table de son père, il faisait partie du cercle qu’éclairait la lampe familiale.On peut même assurer, sans crainte de se tromper, que l’homme de demain, à qui son père aura laissé un aussi bienfaisant souvenir, ne sera jamais un vagabond, pas plus qu’il ne pourra devenir un indifférent, un pessimiste, ou un misanthrope.VOCABULARY Resource: a means of diversion, that which affords aid or support.Consolation: comfort, alleviation, relief.Factor: one of the elements that contribute to produce a result.Home-lije: {vie de famille).Other compounds: school-life, college-life, country-life, etc.Thankful: from thank and full.—To be eternally thankful for it {En avoir une reconnaissance éternelle à quelqu’un).To venture: to advance or put forward, as an opinion, a statement—I venture to say {J’ose dire).To assert: to affirm, to state positively.Remembrance: a reminder, token, memento, souvenir.Outcast: one who is cast out; hence, a degraded person, a vagabond.Bitter: severe or cruel, a pessimist.Cynical: surly, snarling, fault-finding, ill-natured. 40 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE GRAMMAR Study is a resource and consolation.The article is not repeated, rule 522.To look back.to.(Jeter un regard en arriéré.vers.)—An expression of opposite meaning is: To look forward.to.: He looked forward with sadness to the time when he would be far from home.The verb “look” can be followed by several prepositions which give it different meanings: “to look after, about, away, down, down upon, for, forward, in, into, on, upon, out, for, over, round, to, up, up to, etc.”.It is a very difficult thing to learn in the English language: French-speaking people will translate “se rappeler, prévoir” by “to remember, to foresee” rather than by “to look back.to., to look forward.to.”.Can never be an outcast—will never be.“Can” expresses an impossibility, which “will” does not: hence, “can” is more forceful.Outcast: from the verb “to cast out”.Many words may be nouns and verbs: study is a resource, study your lessons; milk is wholesome, milk the cows; a sad look, you look sad; etc.In many expressions composed of a verb followed by a preposition, a noun is formed by placing the preposition first: To let out — an outlet; to let in — an inlet; to fit out — an outfit; to look out — an outlook; to fall down — a downfall; to start up — an upstart.The rule is not absolute, we say: To cast away — a castaway.Home-life, home-lamp: there is a great facility in English to form compound words: “homesick, home-sickness, home-made, etc.” See rules 118, 119, 122, 123, 124.In the rest of the piece, we find: “nowadays, book-shelf, lamp-light, text-book, newspaper, paper-backed.” The man who.has much to be thankfulfor.See rule 205: the object may be separated from the preposition and placed before it: A success to be proud of.Crusoe had nobody to talk to.Such a remembrance to be thankful/or.I had no good pen to write with.Note:—Remarquez ici la souplesse de l’anglais: le même mot peut être complément d’un verbe actil et ü'un verbe neutre : His success was much admired and talked about.En français, avec les verbes admirer et parler de, on ne pourrait employer la tournure passive.On dirait, en donnant un sujet et un complément au deuxième verbe: On admira son succès ; on en parla beaucoup.Voir règle 398.Second paragraph But the taste for books does not come always by nature: it must be cultivated.And everything between covers is not a book; and a taste for books cannot be cultivated in a bookless house.It may be said that there is no Catholic literature, or that it is very expensive to buy books, or that it is difficult to get a small number of the best books, or to be sure that one has the best in a small compass.Mais le goût des livres ne vient jamais comme tout naturellement: c’est le fruit d’une culture.Ajoutons que tout ce qui est entre deux couvertures n’est pas nécessairement un livre; ensuite, qu’on ne pourrait développer le goût des livres dans une maison qui en est dépourvue.Peut-être entendrez-vous dire que la littérature catholique est insignifiante, que les livres sont dispendieux; ou bien, qu’il est difficile, soit de s’en procurer un petit nombre parmi les meilleurs, soit d’être certain qu’on a ce qu’il y a de mieux sur un nombre restreint de sujets.VOCABULARY Taste: liking, fondness.^—-Note the use of the preposition “for”: a taste for music, for painting, for the fine arts, etc.In the third part, we meet, “a desire/or study”.Note:—Les prépositions employées après les noms, les adjectifs et les verbes ne sont pas les mêmes en anglais qu’en français: I dined with a chicken—J’ai dîné d un poulet.—Attention à ce point dans les lectures; consultez le dictionnaire.Quelle différence voyez-vous dans les deux phrases suivantes: The taste of rotten apples.The taste for rotten apples. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 41 Nature: that which is the source or essence of life; creative force (as established by God); good nature (bonté)] ill-nature (mauvais naturel)] good-natured (d'un bon naturel).To cultivate: to devote time and thought, to foster.Literature: the class or total of writings of a given country notable for literary form or expres-eion.Expensive: costly; occasioning expense.—At any expense (à tout prix).At my expenses (à mes dépens).Compass: See answer 7.GRAMMAR It must be cultivated: (ilfaut le cultiver).See rule 268 2° and 399.And a taste for books cannot be cultivated: same remarks as above.It may be said: same as above.(On dira peut-être—quelqu’un dira—U s’en trouve qui disent— peut-être entendrez-vous dire) See 399.Note the use of the comma before the conjunction “or", as in the first paragraph.(à suivre) Frère Henri, des Frères de V Instruction Chrétienne COMMENT PRÉPARER UNE LEÇON DE CHOSES POUR LES COURS MOYEN ET SUPÉRIEUR L’abeille Eléments intuitifs.—Un gâteau à miel; du miel; de la cire; des fleurs; du pain d’épice.Gravure sur laquelle on distingue facilement les abeilles.Plan.Entrée en matière.—L’abeille; ce que c’est; pourquoi ?Comment et où vivent les abeilles; des différentes catégories; caractères distinctifs.Rôle de chaque espèce; les cellules; formation du gâteau ; travaux des ouvrières; le miel; la cire.LTtilité de ces insectes; danger qu’il y aurait de s’approcher trop près de la ruche.Conclusion morale.Vie en société; mutualité; ordre; travail.Récapitulation.—Faire redire par l’enfant, et dans son langage personnel, ce qu’il a appris en écoutant la leçon.N.B.—Cette causerie se divisera en deux ou trois entretiens, suivant le degré d’avancement des élèves auxquels on s’adresse.Exercices de langage.—a) Faire trouver par l’enfant, si l’on doit placer le ou la, un ou une devant les mets dont la signification a été donnée pendant l’entretien; b) formation de propositions renfermant ces mots.Vocabulaire.—Abeille, société, ruche, reine, faux-bourdon, aiguillon, redoutable, palette, brosse, cellule, gâteau, cire, butiner, pollen, trompe, jabot, essaim, pain d’épice, activité, prévoyance.L’entretien au cours inférieur devra être beaucoup simplifié; on se bornera à l’enseignement de quelques nouveaux mots; les plus difficiles seront écartés du sujet.RÉSUMÉ DE LA LEÇON Travail préparatoire au journal de classe.L’abeille est un insecte ailé.(Récapitulation sur les caractères de ces insectes).Les abeilles vivent en société dans une habitation qui porte le nom de ruche; celle-ci renferme trois espèces d’habitants: une reine ou mère, de nombreuses ouvrières et des faux-bourdons.La reine est plus grosse que les ouvrières; elle est d’un brun clair en dessus, d’un beau jaune en dessous; ses pattes sont plus longues que celles des ouvrières; ses ailes ne dépassent pas le milieu du corps; elle a un aiguillon recourbé.Les ouvrières sont d’un roux brun, ont un aiguillon redoutable et les pattes munies de petites palettes et de brosses.Les faux-bourdons sont plus gros que les ouvrières; ils n’ont pas d’aiguillon, ni d’outils à leurs pattes. 42 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE La reine gouverne la ruche; les ouvrières travaillent, et les faux-bourdons représentent les personnes paresseuses qui regardent travailler autour d’elles sans penser que leur devoir serait de gagner leur nourriture.Lorsque les abeilles sont installées dans une ruche, leur premier soin est de construire des cellules, ou petits compartiments, à six pans.Ces cellules sont d’une grande régularité; la réunion d’un certain nombre de celles-ci constitue le gâteau.C’est là que les abeilles logeront leurs provisions et que la reine déposera ses œufs; c’est là que seront élevées les larves d’abeilles.Pour la construction des cellules, elles emploient la cire; cette matière est produite par l’abeille elle-même; elle la possède entre les anneaux du ventre, elle brosse la cire avec ses pattes, la pétrit et la pose successivement à la place voulue; Pendant ce travail, d’autres abeilles vont butiner, c’est-à-dire qu’elles vont récolter le pollen et le suc des fleurs.Pour cela, elles se roulent dans le calice de la fleur, et leur petit corps se couvre de poussière qu’elles grattent avec leurs brosses; ou bien, avec leur trompe (langue) elles recueillent le suc des fleurs, en remplissent leurs jabots, puis rapportent leur butin dans les alvéoles.Mais, la poussière n’est pas placée dans les mêmes cases que la liqueur; celle-ci s’est transformée en miel dans le jabot (estomac) de l’abeille; la poussière qu’elle a sur le corps lui servira de nourriture à elle et à ses compagnes.La reine gouverne, l’essaim lui obéit; lorsque les cellules sont bien disposées, elle pond un œuf dans chacune.Celui-ci se transforme tout comme celui d’un papillon; les larves sont nourries par les ouvrières.Dans le gâteau, les abeilles entassent tout le miel qu’elles peuvent récolter.Comme il n’y a de fleurs que pendant la bonne saison, elles travaillent sans cesse pendant cette période: dès le lever du soleil on les voit partir et elles ne cessent leurs travaux qu’à son déclin.Elles ne se contentent pas de chercher leur nourriture de chaque jour, elles font leurs provisions d’hiver.Anciennement, pour récolter le miel, on enlevait les gâteaux de la ruche et on les laissait simplement égoutter; après quoi, on les pressait pour en faire sortir le miel restant; mais celui-ci n’est pas d’aussi bonne qualité que le premier; la partie dure du gâteau constitue la cire.Actuellement cette opération s’effectue à l’aide d’une machine: l’extracteur.Mais vous comprendriez difficilement le maniement de cet appareil.Pour nous résumer, nous pouvons donc dire que le miel est le suc des fleurs récolté par l’abeille et que la cire est le produit d’une sécrétion de cet insecte.Le miel est un aliment excellent, et de bonne qualité; il est aussi employé dans la fabrication du pain d’épice et d’une liqueur appelée hydromel.Il est utilisé fréquemment en pharmacie.La cire sert à fabriquer des cierges et chandelles.On s’en sert également pour de multiples usages, par exemple pour frotter ou, comme on dit mieux, pour cirer les parquets des appartements.Nous devrions imiter les abeilles en beaucoup de circonstances; elles se contentent du sort qui leur est dévolu, les ouvrières travaillent pour la reine et les bourdons; elles respectent la première, la caressent et lui prodiguent mille petits soins, elles sont enfin un modèle d’activité et de prévoyance.Admirons le Créateur qui a doué ces insectes de si belles qualités et d’un instinct si remarquable, car ils sont architectes, pourvoyeurs, nourriciers et ciriers! N.B.—Ce résumé pourrait paraître un peu trop compliqué, mais ces choses s’enseignent en termes simples; il est même certains points que l’on pourra ne pas aborder.Dans la préparation, il est indispensable de fouiller les plus petits détails, afin de ne pas être pris au dépourvu par la question imprévue d’un bambin plus intelligent.HISTORIETTE EN RAPPORT AVEC LA LEÇON DE CHOSES IL FAUT RENDRE LE BIEN POUR LE MAL Lise se forme un joli bouquet en cueillant délicatement de ses doigts mignons les tiges des résédas, des reines-marguerites, des myosotis et des roses.Tout à coup, elle jette un cri! une abeille, cachée au cœur d’une jolie rose-thé, l’a piquée.Oh! maman!.maman! que j’ai mal, crie l’enfant secouant la mainblesssée, écrase cette vilaine bête qui m’a fait une piqûre si douloureuse.Et, de ses jmux remplis de larmes, la fillette désigne l’abeille qui, malgré son méfait, n’a pas quitté la fleur.Non, ma chère, répond la mère, si je tuais cette abeille, tu n’en souffrirais pas moins et j’aurais détruit un insecte bien utile.Vois-tu, Lise, elle s’est servie de la défense qu’elle possède, croyant que tu voulais la prendre; laisse-la sucer le suc de cette fleur, et le reporter pour nourrir une autre abeille, peut-être; laisse-la vivre, ma mignonne, et apprends ainsi à rendre le bien pour le mal. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 43 LA CAISSE D'ÉPARGNE RÉDACTION Sujet.—Emile écrit à son ami Jules pour l’engager à placer à la Caisse dépense follement à l’achat de friandises.CANEVAS.d’Économie l’argent qu’il Date.Vedette.Introduction.—Entretien de l’instituteur sur la Caisse d’Economie et ses avantages.Recommandations.Émile exprime son contentement de les avoir mises en pratique.Corps.—Conseil d’Émile à Jules.Argent en sûreté, intérêts.Bonnes habitudes que l’on acquiert.Contentement des parents et de l’Instituteur.Finale.—Espoir.Signature.Mon cher Jules, Développement Dernièrement le cher Frère Joseph, qui ne manque jamais aucune occasion de nous donner d’excellents conseils, nous a entretenus longuement de la Caisse d’Économie et de ses avantages.Il nous a engagés fortement à y placer nos petites économies.Je me suis empressé de mettre en pratique ses sages avis et j’en suis très heureux.Pourquoi n’imiterais-tu pas mon exemple?Pourquoi ne déposerais-tu pas à la Caisse d’Économie les sous que tu dépenses follement à l’achat de cigarettes et de friandises, qui ne peuvent que nuire à ta santé ?Tu dois savoir aussi bien que moi que la Caisse d’Économie offre les meilleures garanties et que, par conséquent, l’argent que tu y placerais, y serait en sûreté.En outre, il te rapporterait annuellement trois pour cent d’intérêt, sans compter que tu peux gagner l’un des prix offerts par la Caisse à ceux qui y déposent leurs épargnes pendant toute l’année scolaire.Suis mon conseil d’ami, mon cher Jules, tu t’en trouveras bien.Non seulement tu deviendras économe, mais tu apprendras encore à être sobre et à modérer tes désirs.Tu contenteras, en outre, tes parents et ton maître qui auront la satisfaction de voir en toi un enfant faisant bon usage de son argent.J’aime à croire que tu ne tarderas pas à m’annoncer tes^bonnes résolutions à ce sujet, et à me faire savoir que tu es possesseur d’un hvret de la Caisse d’Êconomie.Dans cet espoir, je te prie d’agréer l’expression de mes sentiments affectueux.Emile.UNE BELLE PAGE DE NOTRE HISTOIRE Madeleine de Verchères (1) Par “Fadette/’ du Devoir (Mme H.-D.Saint-Jacques) Tous les Canadiens savent qui est Madeleine de Verchères, mais cette connaissance est un peu vague, et en général,elle se borne aux quelques lignes classiques consacrées à sa défense du fort de Verchères.Il est intéressant de la placer dans son cadre,de pénétrer dans son intimité et de remonter avec elle à deux cents ans en arrière pour regarder un des aspects de la vie canadienne de cette époque.Quand on lit l’histoire de notre héroïne, il nous semble que tout cela s’est passé dans la nuit des temps ! —Le père de Madeleine, François Jarret de Verchères, vint au Canada, tout jeune officier, dans le régiment du Prince de Carignan, en 1665.Il se fixa dans le pays, et en 1672, et obtint la seigneurie de Verchères, située à mi-chemin, à peu près, entre Sorel et Montréal.(1) Conférence donnée au radio. 44 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Le fort Richelieu d’un côté, le fort Chambly, de l’autre, avaient une importance considérable, mais ils étaient trop éloignés de Verchères pour être d’un grand secours en cas d’attaque inattendue.Or, ces attaques étaient aussi fréquentes que sournoises et brutales.Les Iroquois arrivaient à l’improviste, se jetaient sur les habitants dans les champs, les massacraient et brûlaient leurs maisons.Sur la déf ensive Aussi, les Canadiens se tenaient-ils toujours sur la défensive.Chaque seigneurie avait son fort bâti près de la maison seigneuriale et entouré d’une très haute palissade de pieux fermée par une porte solide.A la première alerte, les habitants accouraient s’y réfugier et ceux qui le pouvaient aidaient à combattre les agresseurs.Dans cette enceinte fortifiée, une centaine d’hommes armés pouvaient facilement tenir en échec une centaine de sauvages jusqu’à l’arrivée du secours.Verchères avait donc son fort et son rempart de pieux.Madeleine, la quatrième des douze enfants du Seigneur de Verchères, avait grandi au milieu de cette guerre continuelle avec les Iroquois.Comme tous les enfants, elle aimait à suivre les hommes qui allaient travailler aux champs, et, plus d’une fois, sans doute, elle avait dû s’enfuir avec eux quand les ennemis étaient signalés par ceux qui faisaient bonne garde.L’année précédant celle qui nous occupe, un des frères de Madeleine, âgé de seize ans, et son beau-frère avaient été tués dans une rencontre avec les Iroquois.Madeleine était intelligente, brave et d’une force de caractère peu ordinaire, mais malgré son jeune âge, avait l’expérience de ces surprises, elle avait souvent vu organiser la défense du fort et elle avait même contribué à repousser l’ennemi.Je ne dis pas cela pour diminuer sa gloire, mais pour vous faire voir qu’elle est bien de son époque, élevée au milieu de dangers de toutes sortes et préparée par une éducation noble et forte à être l’héroïne que nous admirons.Exploit glorieux Son histoire glorieuse mérite d’être connue et conservée toujours chez nous; les guerrières de son âge sont rares même dans l’histoire du monde! Elle est de plus évocatrice d’un passé de vaillance et de souffrance où les femmes et les enfants héroïques ne se comptaient pas et où il n’était pas rare de rencontrer des mères de famille de quinze ans.J’ai lu avec émotion la reproduction de deux manuscrits conservés aux archives nationales.Le premier est une lettre de Madeleine à Madame de Maurepas, lui racontant brièvement l’exploit qui l’illustra.Le second, dont une partie se rapporte au même fait, est un long rapport, écrit à la demande du gouverneur, M.de Beauharnois, qui désirait l’envoyer en France.L’écriture délicate, rapide, ardente, énergique est bien éloquente! La longueur de ces documents si intéressants et le peu de temps dont je dispose m’empêchent de vous les communiquer.J’en ai tiré en partie le récit dont tous les détails sont authentiques.Madeleine avait quatorze ans quand, le matin du 22 octobre 1692, accompagnée par un domestique nommé Laviolette, elle franchit la porte du fort pour se rendre au bord de la rivière à une distance d’environ 150 verges.Un coup de fusil suivi de cris perçants l’avertirent d’une surprise des Iroquois; en même temps elle entendait, venant du fort, un appel angoissé: “Vite! Vite! Mademoiselle! Les Iroquois sont là!” Madeleine courut vers le fort en criant: “Aux armes! Aux armes!” pendant qu’une cinquantaine de balles sifflaient autour d’elle.Elle était poursuivie de si près qu’aux abords de la porte, un Iroquois la saisit par son fichu: avec un sang-froid étonnant et sans ralentir sa course, elle dénoua le mouchoir qui resta aux mains du sauvage et elle se précipita dans la porte ouverte qu’elle referma avec une force doublée par la frayeur.Or, M.de Verchères était à Québec, et Madame de Verchères était à Montréal.(à suivre) L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 45 rsntr©© ©s Musique de A.Godet.Paroles de R.Strivay.Gaîment (mouv1 de marche).-v"- — -3- La clo-che de l’é - cole a re - trou - vé la voix, Et N ZZT =1—; S ' ry' p èslA ï * * ?1/ : .s \ ^4- 1 1 m i i 1 ! 1 l NT* in vous con-vie, en-fants, aux fè - tes du sa voir ; Ou - bli - ez le che- .0 ' 1 ! .•< 1 * T « min des bois, Ou - bli - ez le che - min des bois Et Rail.son - gez au de voir Et son - gez au de - voir ! Il Il faut que, ce matin, vous repreniez gaîment La tâçhe interrompue au lendemain des prix, Puisque c’est de vous que dépend L’avenir du pays! III La cloche de l’école a recouvré la voix Et porte ses accents jusque dans vos foyers; Amis, que de nouveaux émois Fleurissent vos lauriers! ENSEIGNEMENT PRATIQUE INSTRUCTION RELIGIEUSE L’Eglise catholique, apostolique et romaine INTRODUCTION .Ije christianisme est divin comme son auteur, et nul ne peut refuser d’embrasser une religion que Dieu lui-même est venu nous enseigner.Seulement, à peine en possession de cette importante vérité: “que le dépôt de la révélation se trouve dans la religion de Jésus-Christ/’ nous voyons surgir une nouvelle difficulté. 46 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Le mot christianisme, de nos jours, résonne vaguement aux oreilles de la multitude et semble vouloir désigner la variété des sectes dissidentes qui professent, avec des nuances plus ou moins prononcées dans le rite et le dogme, la doctrine du divin crucifié.Le protestantisme, à lui seul, couvre les trois-quarts du globe de ses branches disparates, qui ne se rattachent entre elles que par leur opposition au catholicisme et leur foi multicolore en un certain livre appelé la Bible.Les soi-disant orthodoxes de la Russie et de la Grèce, sous la tutelle de l’autorité civile, forment aussi un groupe à part dans la grande famille chrétienne.Les catholiques, enfin, soumis à l’autorité d’un chef spirituel qui est le Pape, et sous la direction des évêques en communion avec le siège de Rome, constituent un troisième groupement, le plus considérable de tous, qui a ses membres dans tous les pays du monde.Je passe sous silence une foule de petits rameaux sectaires qui, à l’instar de la Réforme protestante et du schisme grec, se sont détachés de l’Église catholique et subsistent encore, plus ou moins ignorés, dans certaines contrées de l’Asie et de l’Afrique.Notons, en passant, que le catholicisme est la seule religion qui soit d’origine vraiment chrétienne.Lui seul est le tronc principal d’où les sectes dissidentes ont été élaguées.Seul, de toutes les dénominations religieuses chrétiennes, il n’a pas une condamnation doctrinale pour point de départ; et aucun homme, si fameux qu’il soit, ne peut se vanter d’en avoir été le promoteur.Toutefois, malgré les apparences qui favorisent le culte catholique, l’homme de bonne foi qui cherche la véritable religion révélée ne saurait s’empêcher, après avoir reconnu la divinité du christianisme, d’éprouver un certain embarras.Si, d’un côté, il sait, comme nous l’avons démontré, que la vérité religieuse est une, de l’autre, il se demande ce qu’il faut penser des sectes dissidentes; comment il se fait que le troupeau de Jésus-Christ soit ainsi divisé, où se trouve, enfin, la religion vraie et divinement révélée de Jésus-Christ.Ce premier moment d’hésitation passé, qu’on se rassure.Jésus, dont la venue fut précédée dans l’histoire du monde par la traînée lumineuse des prophéties qui ont guidé les espérances des peuples anciens, de la porte du paradis terrestre jusqu’à son berceau, ne pouvait permettre à l’erreur de nous faire perdre la trace de son passage ici-bas.Il nous a ouvert une voie bien marquée qui a toujours été, qui subsiste encore et qui sera jusqu’à la fin des temps la voie droite du salut éternel.Il n’a pas confié sa religion à l’aventure, ni laissé l’œuvre de la rédemption, qui lui a coûté son sang, courir le risque des institutions humaines qui prospèrent et grandissent pour décroître et périr.Il a créé pour sa doctrine un moyen de transmission qui la fera parvenir, pure de tout alliage, à toutes les générations humaines jusqu’à la fin des temps.Serait-il admissible que le soleil de justice qui “éclaire tout homme venant en ce çionde,” n’aurait brillé d’un si vif éclat que pour s’obscurcir ensuite ?Non.Il a prêché, manifesté à la terre les vérités de l’ordre surnaturel; il a établi des moyens de sanctification, de véritables canaux spirituels qui déverseront dans les âmes les grâces salutaires méritées par lui sur la croix; mais, ce trésor divinement constitué, mille fois plus précieux que tous les trésors de la terre, sera confié à des mains sûres qui sauront le garder soigneusement et en faire bénéficier l’humanité toute entière.J’ai nommé l’Église de Jésus-Christ.L’Église, en effet, a été établie par notre Rédempteur sous la forme d’une société parfaite et indéfectible.Il lui a donné un magistère infaillible et des notes distinctives pour la faire reconnaître à travers les âges.Cette société religieuse ainsi constituée, comme nous pourrons le constater nous-même par ses prérogatives et ses marques, est l’Église catholique, apostolique et romaine.D.-M.-A.Magnan, ptre (1).(1) M.l’abbé Magnan est décédé au Lac-Noir, comté de Mégantic, où il était curé depuis quatorze ans, le 22 février 1929.Ancien professeur au collège de Lévis, M.l’abbé Magnan fit à Rome, avant son professorat, des études théologiques qui lui valurent le titre de Docteur en Théologie.Auteur de plusieurs ouvrages importants, entre autres l’Histoire de la Race française aux États- Unis.M.l’abbé Magnan publia, en 1902, à Québec, un ouvrage d’apologétique dont les premiers chapitres parurent dans VEnseignement Primaire de 1897-98.Il y a donc trente ans que le chapitre l’Église catholique, dont nous commençons la publication dans la présente livraison, parut dans A la recherche de la Vérité révélée, ouvrage épuisé et d’une haute valeur apologétique.Les pages qui suivront font honneur au zèle religieux de notre cher frère, ainsi qu’à sa science théologique et historique.C.-J.M. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 47 LANGUE FRANÇAISE Ecole primaire élémentaire COURS INFÉRIEUR EXERCICE DE PENSÉE ET DE LANGAGE 1.Avec un mot terminé par ine, compléter les phrases suivantes : Les Chinois habitent.(la Chine.) J’ai un fusil et une.(carabine.) Cet arbre a une profonde.(racine.) Le médecin a étudié la.(médecine.) Ce pauvre cheval a mal à son.(échine.) Les wagons sont traînés par une._ (machine.) On trouve la houille dans des._ (mines.) Il n’y a pas de roses sans.(épines.) Tu dois obéir à la.(discipline.) Ma sœur a une robe de.(mousseline.) Elle met sur sa tête une.(capeline.) Au printemps, on voit fleurir.(l’aubépine.) L’animal le plus blanc, c’est.(l’hermine.) L’épouse d’un dauphin s’appelle.(la dauphine.) II.Faire entrer le mot pauvre dans trois petites phrases convenables: Le pauvre est malheureux—Nous devons secourir le pauvre—Qui donne aux pauvres prête à Dieu.DICTÉES I l’enfant étourdi Jacques est étourdi, il oublie l’heure qu’il est, il néglige ses prières et il manque l’école.Il imite l’oiseau léger qui s’en va dans l’air sans penser à rien.L’écolier sage imite l’insecte appelé fourmi et il travaille sans perdre son temps.Exercices écrits.—1.Copier la dictée en soulignant les articles élidés.2.Faire la liste des noms précédés d’un article élidé et indiquer à la suite le genre de chaque nom.3.Trouver et écrire douze noms d’objets qui se trouvent dans un magasin d’épicerie.Ex.: Comptoir, balances, étagères, bocaux, ficelle, papier, baril, sucre, café, sel, poivre, etc.II LES DEUX FRÈRES Jules et Maurice sont deux frères, mais ils ne se ressemblent pas.Jules, qui est le plus grand, n’est pas le plus sage.Il désobéit à ses parents, il est gourmand, menteur et boudeur.Maurice, lui, dit toujours la vérité, obéit immédiatement et fait tous ses efforts pour devenir un bon petit garçon.Tout le monde aime Maurice et personne n’aime Jules.QUESTIONS ET EXPLICATIONS Épeler: Jules, Maurice, deux, gourmand, toujours, immédiatement.—Désobéit.L’s a Pi le son du z.Trouver d’autres mots où le même cas se reproduira (rose, maison, Louise, cerise, usine, poison.).Les écrire.—Garçon, Devant quelles voyelles le c prend-il une cédille et a-t-il le son de l’s ?Devant a, o, u.Exemples ?(Français, façade;.limaçon, balançons-nous;.j’ai reçu une lettre, Henri a aperçu un lièvre.) Exercices.—1° Mettre sous chacun des mots un chiffre indiquant le nombre des syllabes.— 2° Dire quel nom de petite fille correspond à Jules.(Julie).Écrire dans une colonne cinq noms de petit garçon, puis, dans une autre colonne, les noms correspondants de petite fille: Antoine, Antoinette; Louis, Louise, etc.RÉCITATION DANS LES YEUX Quand petit Pierre n’est pas sage, Qu’il fait trop de bruit, de tapage, Qu’à l’école, il est ennuyeux, Sa maman le voit dans ses yeux.Quand l’enfant dit un gros mensonge, Qu’à son camarade, il allonge Claques et coups de poing fameux, Sa maman le voit dans ses yeux.Lorsque Pierre a des friandises, Bonbons, gâteaux et gourmandises Qu’il donne aux petits malheureux, Sa maman le voit dans ses yeux.Enfant, va! sois bon, sois sincère, Cela fait plaisir à ta mère Et te rend le cœur tout joyeux.Ta maman le voit dans tes yeux.RÉDACTION BILLETS D’INVITATION Cher Cousin, Tu m’obligerais beaucoup si tu voulais bien venir me voir ce soir vers sept heures. 48 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Tu as constaté mon absence de la classe; une indisposition m’empêche de sortir et d’aller te voir moi-même afin de te demander quel devoir d’arithmétique nous avons à faire pour demain, et quelle leçon de catéchisme nous avons à étudier.COURS MOYEN EXERCICES DE PENSEE ET DE LANGAGE 1° Comment qualifie-t-on: Celui qui a l’habitude de mentir?.{menteur).— L’enfant qui obéit toujours?.(obéissant).— Celui qui chaque jour néglige ses devoirs ?.(négligent).— Une chose peu sérieuse, digne d’un enfant (lat.puer) ?.(puérile).— L’autorité d’un roi?.(royale).—Ce qui est conforme à la raison (lat.ratio) ?.(rationnel).— Un animal qui se sauve à la vue de quelqu’un ?.(sauvage).— Une action de héros?.(héroïque).— L’homme qui fait tout en conscience?.(consciencieux) — Un métal dont la fusion est possible ?.(fusible).— Les gens qui se font aimer?.(aimables).2° Expliquer avec l’aide du dictionnaire: volage.— prudent.— individuel.—facteur (àefacere, factum, faire).—précieux (pretio-sus de pretium, prix).— vaillant.—profitable.— hébraïque.— exécutif.— grammatical.— militaire (militaris, de miles, militis, soldat).véridique (veridicus, de verum, vrai, et dicere, dire).DICTÉES I SEPTEMBRE Les grandes chaleurs fuient; les nuits deviennent de plus en plus froides et les frimas sont proches.Les arbres se dépouillent de leurs feuilles et les plus splendides parterres voient se ternir leurs brillantes couleurs.Explications.— Les grandes chaleurs fuient: les grandes chaleurs diminuent, disparaissent.— Frimas: brouillard épais qui se gèle en tombant.— La saison des frimas, c’est l’hiver.— Parterre: partie du jardin employée à la culture des fleurs.Le potager est la partie du jardin employée à la culture des plantes potagères.Grammaire.— Combien y a-t-il de syllabes dans chacun des quatre derniers mots de la dictée ?— Trouver les noms de la dictée.— Les écrire: 1° au pluriel; 2° au singulier.— Quel est le sujet de fuient.— Mettre au singulier: Les grandes chaleurs fuient.II 1.Revision des règles se rapportant au féminin dans les adjectifs Petite pluie abat grand vent.— Un léger reproche semble lourd à l’enfant.— Dieu est la véritable sagesse sensible, la grande bonté, Vin-finie miséricorde.— La journée est magnifique, les prairies sont repoussées et les feuilles des arbres sont rouges et jaunes.— Le loup a la mine basse, l’allure sauvage, l’odeur insupportable, sa nature est féroce.2.Les mots qui commencent par une voyelle remplacent par l’apostrophe Ve ou Va des mots le et la.L’ami — l’ambition — l’arbre — l’ennemi — l’espoir — l’églantier — l’île — l’inimitié — l’impiété — l’iris — l’opinion — l’opium — l’opticien — l’ours — l’univers — l’usage — l’usine — l’humilité — l’humidité — l’humiliation — l’arrivée — l’erreur — l’isolement — l’ouvrage — l’usure.Exercice.— Dire pourquoi ces mots sont des noms et ce qu’ils désignent.Dire si ces noms sont du genre masculin ou du genre féminin.Dire pourquoi l’apostrophe est employée.RÉCITATIONS BON PETIT COSUR Sur un tableau, Lily, gentille et bonne, Voit un homme nu-pieds.“Déchaussez-moi, dit l’enfant à sa bonne.Et bien vite, au pauvre homme, apportons mes [souliers”.l’enfant ET LA NOIX Fanfan vit une noix dans le fond d’une armoire.De ce fruit il était friand ; Il s’en empare au même instant, Comme il est aisé de le croire; Mais, en cassant la noix, ô fatal accident ! Mon drôle se casse une dent, Et la maudite noix se trouve toute noire.Le Baillt.PETIT ENFANT Petit enfant, déjà la brune Autour de la maison s’étend : On doit dormir quand vient la lune, Petit enfant! Petit enfant, rêve aux pervenches, Qui croissent le long du chemin; Rêve aux petits oiseaux des branches, Petit enfant ! L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 49 Petit enfant, dors sans alarmes, Mais si quelque frayeur te prend, Ta mère séchera tes larmes.Petit enfant ! A.Cabteret, Livre de musique, par Claude Augé.RÉDACTION SUJET A TRAITER L’eau-de-vie En rentrant de l’école, petit Jean rencontre un homme qui titube, marche de travers et tombe finalement par terre.Petit Jean a peur, puis touché de pitié, il va chercher son père pour venir au secours du malheureux.Son père lui explique que cet homme est ivre, qu’il s’est enivré avec de l’eau-de-vie, et après lui avoir dit ce que c’est que ce terrible liquide, lui en explique les dangereux effets.SUJET TRAITÉ Il est déjà quatre heures quand petit Jean sort de Técole; en septembre, le jour tombe de bonne heure, aussi court-il bien vite, car il n’aime pas se trouver seul dans le chemin quand il fait brun.Tout à coup, petit Jean s’arrête: au-devant de lui s’avance un homme qui vocifère des mots sans suite et marche en zigzag sur la route.Une grosse peur saisit le petit Jean.Pourquoi cet homme crie-t-il si fort et titube-t-il à chaque pas ?Peut-être pour l’effrayer?Peut-être aussi est-ce le vilain croquemitaine qui enlève les enfants méchants, et petit Jean qui se rappelle avoir désobéi dans la journée à sa mère devient tout tremblant et prêt à pleurer.Patatras ! L’homme vient de tomber.Jean se sauve, puis s’arrête et se retourne.L’homme est toujours étendu par terre ! S’il était mort ?“Papa ! papa ! appelle Jean en rentrant dans sa maison, viens vite voir un pauvre homme qui marchait tout de travers en criant, qui est tombé et qui ne remue plus !” Et le papa de Jean accourt.Il s’approche du malheureux, l’examine, et se retournant: “Tranquillise-toi, dit-il, cet homme n’est pas malade.C’est un malheureux qui a eu le tort de boire de l’eau-de-vie outre mesure et qui est ivre.L’eau-de-vie est une liqueur très forte qu’on obtient en distillant du vin.Cette liqueur est très chargée d’alcool.Aussi rap-pelle-toi qu’il n’en faut jamais boire sans nécessité, sous peine de tomber dans une répugnante ivresse et de devenir un objet de dégoût et de risée publique comme ce pauvre homme que tu vois étendu sur le sol et qui ne sait même plus qui il est et où il est.” COURS SUPÉRIEUR EXERCICES DE PENSÉE E/ST DE LANGAGE INVENTION ET ÉLOCUTION I.Savez-vous ce que c’est qu’une épice?(C’est une substance végétale, piquante ou aromatique, qui sert à assaisonner.) Connaissez-vous quelques épices?Nommez-les.(Le poivre, le clou de girofle, la cannelle).Où achète-t-on les épices?Ne peut-on se procurer que des épices dans une épicerie ?Nommez une dizaine de marchandises différentes que l’on peut voir dans une épicerie.Avec quoi fait-on le pain d’épice ?Qu’est-ce qu’un épicier ?Etes-vous allé quelquefois en commission chez l’épicier ?Qu’avez-vous acheté ?De quel instrument se sert l’épicier pour peser ce qu’il vend?Où ses balances sont-elles placées?Qu’est-ce que le comptoir?Où l’épicier étale-t-il ses marchandises?Qu’est-ce que la devanture d’un magasin, d’une boutique?IL Composer cinq phrases dans chacune desquelles on fera entrer le mot épicerie.L’épicier tient un commerce d’épicerie.Il y a une épicerie à côté de notre maison.Cette épicerie est bien tenue.Je préfère aller dans cette épicerie.Y a-t-il une épicerie dans la rue de l’église ?DICTÉES I l’automne A la chaleur torride de l’été succède la température plus douce de l’automne.Tout prend alors un aspect nouveau: des fruits vermeils pendent aux arbres, dont les branches, sous ce fardeau précieux, s’inclinent vers la terre.Quelques fleurs d’arrière-saison paraissent encore çà et là, mais leur rareté semble annoncer le deuil prochain de la nature.Les oiseaux se réunissent en troupes, comme pour s’exercer au vol et se préparer au long voyage qui les transportera sous des climats plus hospitaliers que le nôtre.Lamartine .Grammaire.— Rétablir l’ordre grammatical de la première phrase.— Donner les sujets des verbes de là seconde phrase.{Tout sujet de prend; fruits sujet de pendent; branches, sujet de s'inclinent.)— Quel est l’infinitif présent de paraissent?— Conjuguer paraître au passé simple de l’indicatif.— Dans 50 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE la dernière phrase, mettre au singulier les noms qui sont au pluriel et réciproquement.Questions.— Quelles sont les quatre saisons de l’année?— Que signifie torride?(Excessivement chaud, brûlant.Le globe terrestre est divisé en cinq zones: la zone glaciale du nord et la zone glaciale du sud; la zone tempérée boréale et la zone tempérée australe; la zone torride dont le centre est l’équateur.) — Que signifie aspect?(Une figure, une face, une façon de se montrer nouvelle.) — Qu’est-ce que Varrière-saison?(La dernière période d’une saison.) — Que signifie le deuil prochain de la nature?(C’est l’annonce de l’hiver qui donne à la nature un aspect triste, un air de deuil.) — Quels oiseaux se réunissent en troupes?(Les oiseaux migrateurs, c’est-à-dire ceux qui, à certaines époques, quittent un pays, pour y revenir à une autre, comme l’hirondelle, le martinet, le merle, les alouettes.) II AIMEZ ET TRY AILLEZ Mes chers enfants, voulez-vous n’être jamais tout à fait malheureux?Il ne faut pour cela que deux choses très simples: aimer et travailler.Aimez bien qui vous aùne; aimez Dieu, qui vous a créé, qui vous a racheté; aimez aujourd’hui vos parents, aimez votre mère, ce qui vous apprendra doucement à aimer votre patrie, à aimer le Canada, mais parti-culièrement la Province de Québec, notre mère à tous, Canadiens français.Et puis travaillez.Quand vous avez bien travaillé et que vous avez contenté vos maîtres, est-ce que vous n’êtes pas plus légers, plus dispos?Est-ce que vous ne jouez pas avec plus d’entrain?C’est toujours ainsi; travaillez et vous aurez la conscience satisfaite.Et quand la conscience est satisfaite, on ne peut pas être entièrement malheureux.Grammaire.— Conjuguer être à tous les temps du mode indicatif.— Quels sont les différents signes de ponctuation du premier alinéa ?— Quand emploie-t-on les deux points ?¦—• Quels sont^ les noms propres de cette dictée ?— Dens le troisième alinéa, à quel temps sont les verbes vous avez travaillé et vous avez contenté?— Conjuguer avoir à l’impératif et aux temps du mode subjonctif.Questions.— Qu’est-ce qu’un malheureux?(Celui qui n’est pas heureux, qui a des malheurs.On appelle aussi malheureux une personne dans l’indigence.Autre sens: méprisable, vil, méchant.) — Est-ce une chose très simple que de travailler?(Oui, excepté pour les paresseux.) — Quels sont les êtres et les personnes que les enfants doivent aimer ?— Ne doivent-ils aimer que leurs parents ?— Quel est le sens de doucement?(Petit à petit, à la longue.Le contraire est brusquement, vite.) — Que signifient légers et dispos?(Ce sont deux synonymes qui veulent dire plus à l’aise, plus vifs, plus agiles, heureux du devoir accompli.) — Qu’est-ce que l’entrain?(Une gaieté animée, franche.) — Qu’entend-on par la conscience! (C’est le sentiment intérieur qui fait que l’homme peut se rendre compte du bien ou du mal qu’il a fait.Un homme sans conscience est celui qui n’a pas d’intégrité, de moralité.) RÉCITATION NIDS VIDES ! J’ai quelquefois trouvé dans des buissons de roses Des nids abandonnés déjà depuis longtemps, Les oiseaux sont partis un matin de printemps, Les nids vides étaient étrangement moroses.J’ai trouvé quelquefois dans des chambres bien closes, Des berceaux.desberceaux de toutpetits enfants! Nids vides, eux aussi, dont les rideaux tremblants Semblaient me raconter de douloureuses choses.Les oiseaux,envolés dans un jour radieux, Chantent sous le soleil, éperdument joyeux,_ _ Et boivent l’eau du ciel dans des roses trémières.Les mignons envolés que nous pleurons encor Chantent sous des rayons d’éternelles lumières Et boivent l’eau du ciel dans des calices d’or!.(Le Noel), 5 rue Bayard, Paris.RÉDACTION SUJET A TRAITER Donner les deux sens des mots suivants, selon qu’ils sont du masculin ou du féminin: Enseigne, cornette, trompette, vapeur, pendule, mémoire, œuvre, manœuvre.SUJET TRAITÉ Un enseigne (celui qui porte Yenseigne ou drapeau).—Une enseigne (étendard ou écriteau sur lequel les commerçants annoncent leur qualité et leur genre de commerce).Un cornette (porte-drapeau).— Une cornette (coiffure de certaines religieuses).Un trompette (celui qui sonne de la trompette) .— Une trompette (instrument à vent).Un vapeur (bateau à vapeur).— Une vapeur (corps ordinairement liquide ou solide et réduit à l’état gazeux).Un pendule (balancier).— Une pendule (horloge dont le mouvement est réglé par un pendule).Un mémoire (compte).— La mémoire (faculté de se souvenir).Un œuvre (ensemble de tout ce qu’a composé un artiste).— Une œuvre (ouvrage).Un manœuvre (celui qui travaillant de ses mains, aide les ouvriers).—La manœuvre (action de manœuvrer). L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 51 Ecole primaire complémentaire SECTION GÉNÉRALE DICTÉES DE REVUE I DES INSECTES AILES De tous les volatiles, ceux dont le vol est le plus curieux et le plus à notre portée sont les insectes.Les uns ont des ailes de la plus fine gaze, comme la mouche; elle exécute toute sorte de vols, et, quand il lui plaît, elle s’arrête en l’air, et y devient stationnaire.D’autres, tels que les papillons, ont des ailes couvertes d’écailles fines comme la poussière, et brillantes des plus vives couleurs.Bien différentes de celles des oiseaux, qui se ressemblent toutes, et qui leur sont distribuées par paire, elles ont des formes variées et sont quadruples.Les papillons n’ont pas de queue comme les oiseaux; mais la plupart sont couronnés d’antennes qui dirigent leur vol: leur gouvernail est à leur tête.Le papillon, avec sa trompe et ses antennes à boutons, semblables aux filets qui sortent du sein des fleurs, avec ses ailes quadruples et éclatantes qui imitent leurs pétales, avec son vol incertain que balance çà et là l’haleine des zéphyrs, ressemble à une fleur volante.Je me suis arrêté quelquefois à voir des moucherons après la pluie, danser en rond des espèces de ballets.Ils se divisent en quadrilles qui s’élèvent, s’abaissent, circulent et s’entrelacent sans se confondre.Les chœurs de danse de nos opéras n’ont rien de plus compliqué et déplus gracieux.Il semble que ces enfants de l’air soient nés pour danser.Une vapeur qui sort de la terre est le foyer ordinaire de leur plaisir; mais souvent une sombre hirondelle traverse tout à coup leur troupe légère, et avale à la fois des groupes entiers de danseurs.Cependant leur fête n’en est pas interrompue: les coryphées distribuent des postes à ceux qui restent, et tous continuent à danser.Bernardin de Saint-Pierre.Application:—Mettre cette dictée en rapport avec les règles de grammaire et de syntaxe étudiées durant le mois.II PROGÈR3 MATÉRIEL ET PROGRÈS INTELLECTUEL Nous vivons dans un âge où l’on est trop porté à faire bon marché des esprits qui ont conservé le culte de l’idéal.Un homme qui s’est enfermé, loin de la foule et du bruit, loin du conflit des intérêts et du choc des ambitions, pour rechercher le vrai dans la pensée ou dans les faits et le beau dans l’expression et dans la forme, pour faire de la poésie, de l’histoire, de l’art, allons donc, cela n’est pas pratique, et nous sommes d’un siècle ennemi du spéculatif ! La matière a étouffé l’idée, le calcula vaincu l’inspiration, le premier machiniste venu nous paraît plus utile que le publiciste célèbre, et la plus belle page de Chateaubriand nous est infiniment moins précieuse que ce chiffon de papier qui est appelé un billet de banque.Voilà le langage qu’un trop grand nombre de personnes, de nos jours, ont sur les lèvres et dans le cœur.Ceux qui parlent ou pensent ainsi, rabaissent le don royal que Dieu leur a fait en allumant en eux la flamme de l’intelligence.Sans doute, le progrès matériel a son importance et sa grandeur.Mais, répé-tons-le toujours, il est d’une nature bien inférieure au progrès moral et intellectuel.C’est ce que l’humanité, malgré des périodes d’égarement, a toujours compris en définitive.Thomas Chap aïs.Application:—Mettre cette dictée en rapport avec les règles de grammaire et de syntaxe étudiées durant le mois.RÉCITATION DIMANCHE Dimanche.Ce mot a la forme harmonieuse Des syllabes qu’on aime à prononcer souvent, Parfumé, ce jour teint de couleurs merveilleuses Résonne dans le cœur comme un écu d’argent; Et lorsqu’à son matin, souriant, on s’éveille, Monte un bruissement délicieux d’abeilles.Dimanche.Et, malgré soi, l’on recherche des yeux Le clocher d’où l’espoir tinte à toute volée: Sur le village passe une caresse ailée, La journée est conçue à l’image de Dieu.Tout ce qui sur le cœur: haine, doute, souffrance Tout ce qui, lourdement, ayant pesé sur lui, Faisait qu’en la semaine il s’était assoupi Se dissipe.Et ce cœur nouveau tressaille et pense Qu’il n’a pas aujourd’hui le droit d’être méchant.Demain s’évanouit.Hier meurt.C’est dimanche.Les rires et les pas s’entre-croisçnt aux champs.Dimanche.Les petits ont mis des robes blanches.Le soleil de la Foi luit au coin des missels; — Oh ! contradiction qui sur les fronts se grave: Les grands sont plus joyeux et les enfants plus graves!— Radieuse, la paix lisse l’azur du ciel; Et, si sombre soit-il, éteint entre les branches, Si violent, l’orage éclos sur la maison, Il flotte encor dans l’âme et passe à l’horizon Je ne sais quoi de clair, de tranquille: Dimanche.Pierre Aquetant 52 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE COMPOSITION l’alcool ne réchauffe pas Sommaire.— Un préjugé populaire — Une illusion — La vraie source de la chaleur animale — Gare à l’empoisonnement du sang.L’alcool refroidit au lieu de réchauffer.DÉVELOPPEMENT De tous “les préjugés populaires” qui ont trouvé grâce auprès de notre peuple, le plus tenace est sans contredit celui qui attribue à l’alcool la merveilleuse propriété de “chasser le froid” de l’organisme.Attaquons dè front “le vieux sophisme” que rejettera ans peine tout homme raisonnable, exempt de “parti-pris”.Nous ne pouvons nier que les buveurs d’alcool éprouvent momentanément une certaine sensation de chaleur; mais à ce phénomène de bien-être, plutôt apparent que réel, succèdent sans tarder un “abaissement de la température”, un “ralentissement de la circulation du sang”, une “congestion des organes centraux aux dépens des extrémités”.L’alcool semble “réchauffer” l’organisme, alors qu’en réalité il le “refroidit”.Voulez-vous avoir de ce phénomène étrange une explication scientifique?La voici.Il n’y a qu’une source connue dé “chaleur animale”’, c’est la combustion, dans les poumons et le sang, du carbone et de l’hydrogène, qui arrivent par la respiration au système pulmonaire.Les substances alimentaires, qu’absorbe régulièrement l’estomac, s’oxydent, et, en s’oxydant, concourent à entretenir la chaleur du corps.D’après les dernières données de la science, l’alcool, qui se mêle aux aliments, se décompose en partie dans le sang.C’est précisément cette décomposition de l’alcool qui va entraver le fonctionnement normal de l’organisme et qui va empêcher le sang de produire les “calories”, nécessaires à l’accomplissement de sa fonction essentielle.Rappelez-vous en effet que le sang a constamment besoin du gaz, appelé “oxygène”, pour consumer le carbone et l’hydrogène, qui lui arrivent par le système respiratoire.Or, l’alcool est un “liquide brûlant”, qui est extrêmement avide “d’oxygène”; il vole donc ce “gaz” au sang, qui en a un incessant besoin.De là, un abaissement notable de la température dans l’organisme ! De plus, le “sang vicié des veines”, pour se refaire, a également besoin “d’oxygène”.Une fois purifié, il pourra brûler “les déchets” et les “matières usées”, dont le sang, après sa course rapide à travers les différents orga- nes, se trouve nécessairement chargé.“L’oxygène” absorbé par le traître alcool, c’est “Vempoisonnement du sang” qui se produit d’ordinaire.Vous pouvez alors conclure qu’un sang empoisonné est pratiquement impuissant à produire la “chaleur animale”, que réclame l’organisme.Avions-nous raison d’affirmer que l’alcool, en voyageant avec le sang, a pour effet d’abaisser, au lieu d’élever, la température en dedans du corps humain ?Mais, direz-vous, si le liquide alcoolique se consume dans l’organisme, n’en peut-il pas résulter une quantité notable de “chaleur animale”?Brûlé en dehors du corps, l’alcool produit, il est vrai, des “calories”, mais il n’en produit pas du tout, lorsqu’il est consumé au dedans de l’organisme.Ce dernier, en effet, n’est pas une “lampe à esprit de vin”\ Aussi la consomption de l’alcool qui s’y opère est tellement “contre-nature” qu’elle le refroidit au lieu de le réchauffer.L’oxygénation des substances calorifiques normales donne de l’acide carbonique et de la vapeur d’eau qui doivent nécessairement s’échapper par les muqueuses bronchiques et pulmonaires.Or, il a été constaté, dans maintes expériences, que l’absorption de l’alcool entrave à coup sûr cette “exhalaison”, rigoureusement indispensable à la production de la chaleur animale.Preuve concluante qu’il y a arrêt de la combustion normale et partant abaissement d e la température ! L’alcool peut sans doute donner “l’illusion d’un feu merveilleux”, mais il est loin de pouvoir “réchauffer”, à la manière des “huiles”, des “graisses”, de “l’amidon” ou du “sucre”.(“La Tempérance”).SECTION AGRICOLE I l’habitation rurale Si vous êtes né à la campagne, si vous habitez une ferme, il me semble qu’il est encore plus facile d’aimer la maison, parce qu’elle est souvent celle où la famille a vécu, depuis bien des années, et parce qu’elle est enveloppée par les champs qui sont bons à regarder.Il y aurait une bien belle histoire à écrire de l’habitation rurale en chaque pays du monde.Songez combien émouvante ! Là est l’origine de toutes les patries, la source cachée des familles devenues illustres et la force principale des États durables.Une politique prévoyante doit s’appliquer à faire de chacune de ces cellules, répandues sur le sol L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 53 national, un petit centre de richesse et de bon sens.Elles ont connu et protégé, pour la plupart, de nombreuses générations d’enfants.Si elles sont neuves, elles ont été construites sur l’emplacement des anciennes, et presque toutes ont un aspect vénérable et las, avec leurs toits couverts de mousse, leurs murs fanés, leurs arbres qui protègent comme des rideaux; elles sont les berceaux toujours pleins où les hommes grandissent pour le travail inconnu, tantôt celui des champs, tantôt celui des villes, quelquefois celui de la guerre.Réné Bazin.Questions.— 1.Expliquer les mots ou expressions: émouvante, force principale, prévoyante, cellule, murs fanés._ 2.Donner les deux premières personnes plurielles du verbe émouvoir aux temps simples de l’indicatif et du subjonctif.3.Dire la nature et la fonction des propositions du premier aliéna: Si vous êtes né.bons à regarder.RÉCITATION LA VIE DES CHAMPS S’éveiller le cœur pur, au réveil de l’aurore, Pour bénir, au matin, le Dieu qui fait le jour; Voir les fleurs du vallon sous la rosée éclore Comme pour fêter son retour; Conduire la génisse à la source qu’elle aime, Ou suspendre la chèvre au cytise embaumé; Ou voir les blancs taureaux venir tendre d’eux-mêmes Leur front au joug accoutumé.Guider un soc tremblant dans le sillon qui crie; Du pampre domestique émonder les berceaux, Ou creuser mollement, au sein de la prairie, Les lits murmurants des ruisseaux; Le soir, assis en paix au seuil de la chaumière.Tendre au pauvre qui passe un morceau de son pain.Loin des soucis du lendemain; Voir de vos doux vergers, sur vos fronts, les fruits pendre, Les fruits d’un chaste amour dans vos bras accourir, Et, sur eux appuyé, doucement redescendre: C’est assez pour qui doit mourir.Lamabtine (1790-1869).COMPOSITION SUJET A TRAITER La 'paille Qu’est-ce que la paille ?A quoi sert-elle dans l’agriculture et dans l’industrie ?SUJET TRAITÉ Voici la moisson à peu près terminée.Le seigle est depuis longtemps engrangé ainsi que le blé, et les faucheurs sont en train de couper les derniers champs d’avoine et de sarrasin.Mon petit cousin Louis, venu de la ville pour passer une journée de congé ici, s’intéresse beaucoup à tous les travaux des champs.Il me pose, à ce sujet, de nombreuses questions auxquelles je m’efforce de répondre de mon mieux.C’est ainsi qu’hier il me demandait ce que c’est que la paille et à quoi elle sert.La paille, lui ai-je dit, est formée des tiges desséchées des céréales, après qu’on a retiré le grain de l’épi.Elle a des usages très variés.Elle entre un peu dans la nourriture des chevaux, des vaches et des moutons, à qui elle sert aussi de litière.La litière, mélangée aux déjections liquides ou solides des animaux, constitue le fumier, l’un des meilleurs engrais.La paille est également utilisée dans l’industrie.Elle sert à garnir des chaises rustiques et à faire des paillassons.On l’emploie encore dans la région du lac Saint-Pierre, quoique beaucoup moins souvent que jadis, à couvrir des étables et des granges; le gros foin sert aussi à cet usage.Mais ces toitures, appelées toitures de chaume, présentent de grands dangers en cas d’incendie.Enfin, mon cher Louis, ai-je ajouté, n’oublie pas qu’avec la paille on fait un nombre considérable de chapeaux et qu’on fabrique même un papier grossier employé surtout comme papier d’emballage.Jean.SECTION MÉNAGÈRE DICTÉE l’art au foyer On peut économiquement faire d’une habitation modeste un logis fort plaisant à voir au dehors et fort plaisant aussi à habiter.De la propreté et du bon ordre, je ne dis rien; il va de soi que l'art ne saurait vivre où manque l’un ou l’autre.Mais ce n’est pas tout d’être propre et rangé.Encore est-il mieux de disposer habilement toutes choses autour de soi.Quelques belles fleurs au jardin ne nuisent pas aux choux ni aux carottes.Dans l’intérieur, de vieux meubles entretenus et cirés; quelques belles vieilles assiettes élégamment posées sur les galeries du dressoir; au mur, deux ou trois gravures de bon goût, simplement encadrées dans du bois de chêne; dans un coin, sur une étagère, un vase où trempent quelques fleurs; en voilà assez pour 54 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE que l’art s’établisse à votre foyer "et devienne votre hôte habituel.PÉCAUT.II Usages du vinaigre De tous les assaisonnements de la cuisine, le vinaigre est, avec le sel, le plus précieux.Par sa saveur fraîche et piquante, par son agréable arôme, il relève les mets qui seuls seraient trop fades.Son emploi n’est pas seulement affaire de goût, mais bien encore d’hygiène, car, en quantité très modérée, il stimule le travail de Vestomac et rend la digestion des aliments plus facile.Il est, avec l’huile, l’indispensable assaisonnement de la salade.Sans lui, cette nourriture crue fatiguerait Vestomac.Il a aussi la propriété d’attendrir les viandes.Pour cela, on les arrose quelques jours à l’avance avec du vinaigre additionné de sel, de poivre, d’oignons et autres condiments.Annotations.— Assaisonnement: Ce mot sert à désigner soit l’action d’assaisonner, c’est-à-dire d’accommoder un mets avec des ingrédients qui en relèvent le goût, soit les ingrédients eux-mêmes qui servent à assaisonner.— Saveur: Qualité qu’ont certains corps d’impressionner agréablement ou désagréablement le goût ; ce mot se dit au figuré de ce qui flatte l’esprit.— Fadeur: C’est la qualité des choses qui sont fades, c’est-à-dire insipide ou de peu de goût; il s’emploie aussi au figuré.C’est le contraire du mot saveur.— Estomac: Organe intérieur au moyen duquel l’homme et les animaux reçoivent et digèrent les aliments.Dans ce mot le c final ne se prononce pas: il est nul comme dans blanc, franc, jonc, etc.— Oignon: Plante potagère qui a une racine bulbeuse : elle répand une odeur forte qui irrite les yeux et les force à larmoyer.Dans ce mot l'i est nul et 1 on doit prononcer ognon.Le mot oignonière désigne une terre semée d’oignons.LECTURE ET RÉCITATION LE SOMMEIL DES ENFANTS Dans leurs berceaux, près de leur mère, Quand dorment les petits enfants, Ne croyez pas que sur la terre Restent ces endormis charmants.Non, non; toujours des anges viennent Qui les emportent dans leurs bras, Et qui dans les cieux leur apprennent De beaux jeux qu’ils ne savaient pas.Et, quand la mère se réveille Et veut voir entre ses rideaux.Son petit enfant qui sommeille, La nuit, dans un heureux repos, Les anges vite le ramènent, Dans son lit, le recouchent bien.Et près du berceau s’entretiennent Sans que la mère en sache rien.Ainsi s’envolent ces années Au vol rapide et gracieux; Ainsi ces charmantes journées, Dont la moitié s’égare aux cieux.Mais, dès qu’une faute première A flétri leurs douces vertus Les enfants restent sur la terre, Les anges ne reviennent plus ! Léon Gautier.COMPOSITION SUJET A DÉVELOPPER La cheminée dans nos vieilles maisons canadiennes Faire revivre les scènes du coin du feu chez nos ancêtres du 17e siècle Quel plaisir de se trouver au coin d’un bon feu, par un temps de pluie, de neige, de brouillards ! Comme il faisait bon, autrefois, se serrer autour de la cheminée, où flambait un bon feu d’érable ! La cheminée était garnie de deux chenets, à tête de hiboux.A côté était le coffre à bois, à deux crochets tenant la pelle, les pincettes, le petit balai à relever les cendres.La cheminée devait être ramonée soigneusement, pour éviter les incendies.Le soir, c’était devant la cheminée que le père où la mère récitait la prière, entouré des grands parents et des enfants.Le plaisir le plus délicat est de faire celui d’autrui.La Bruyère.Aucune force ne peut vaincre l'Église; Dieu qui est plus fort quëtôüt est lui-même l’Église.Saint Jean Chrysostome. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 55 MATHÉMATIQUES ARITHMETIQUE, ALGÈBRE, MESURAGE Arithmétique 1er® ANEÉE Combien font.2 boutons+ 1 boutons?3 boutons+ 3 boutons ?.2 + 2 4 boutons+2 “ 3 “ + 2 3 “ +4 “ 4 “ + 1 4 “ +4 “ 2 “ +4 4 “ +5 “ Combien font.7 pommes +1 pomme ?6 pommes - 3 pommes ?7 - 1 8 “ +1 pomme ?7 + 2 pommes ?8 “ - 1 7 -2 8 “ -2 pommes?6 +3 4 “ +5 3.Dessinez 4 citrouilles et partagez-les en groupes de 2.4.Dessinez 6 prunes et partagez-les en groupes de 3.5.Dessinez 8 concombres et divisez-les en groupes de 4.2e ANNEE 1.Ecrivez en chiffres les nombres de 100 à 120, puis de 120 à 100.2.Additionnez.112 110 121 105 100 + 15 +23 +24 + 16 + 18 +2 +4 + 5 +14 +26 aites les soustractions suivantes.136 148 141 130 150 -24 -15 -26 -16 -42 4.Pendant la première semaine de septembre, Paul a gagné 25 bons points; pendant la deuxième, 28 bons points; pendant la troisième, 36, et pendant la quatrième, 42.Combien de bons points a-t-il gagné en tout pendant le mois ?5.Votre père a récolté 142 minots de patates et en a vendu 108.Combien lui en reste-t-il ?' 4 56 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE COURS MOYEN 3e ANNÉE 1.Posez en chiffres les nombres de 1100 à 1130 et de 9970 à 10,000.2.Mettre au tableau noir et faire faire mentalement.8+4 + 10-2+7+3= ?18+7-5+9 + 11 -8= ?42-7+9+6-15-7= ?8X6 + 10^5+8-6= ?9X9+9 + 6-7-12X6-14= ?3.Un pêcheur de Gaspésie a pris dans une semaine 4,230 livres de morue.Combien recevra-t-il pour ce poisson à 3 sous la livre, si les têtes et les débris à enlever égalent 1,248 livres?Rép.$89.46.4e ANNÉE 1.Un fermier des environs de Québec a fourni à la laiterie Laval, pendant le mois de septembre, 60 bidons de 10 gallons de lait chacun.Combien recevra-t-il •à raison de 4 sous la pinte ?Solution.10g.X 60= 600g.600g X 4 = 2400 pintes.2400pX .04 = $96.Rép.2.Un cultivateur a retiré $104.de la vente d’un lot d’avoine qu’il a vendue à raison de $0.325 le minot de 34 livres.Combien de livres a-t-il vendues ?Solution .Nombre de minots.$104.-^0.325 = 320.“ “ 34X320 = 10880.Æép.COURS SUPÉRIEUR 5e ANNÉE 1.Si le rendement moyen par livre de gras est de 2.597 pour le fromage et de 1.225 pour le beurre, y a-t-il avantage à fabriquer du beurre plutôt que du fromage, lorsque le beurre se vend 20 sous la livre et le fromage 11.5 sous?Solution .Dans la fabrication du fromage llb.degrasrapp.0.115X2.597 = $0.298655.“ “ “ beurre llb.de gras rapp.0.20X1.225 = $0.245.Gain par livre de gras en fabriquant du fromage.$0.298655-$0.245 = $0.053655.Rép.2.La production totale du fromage de la Province de Québec pour 1931 a été de 25,907,681 Ibs.Trouvez la quantité de lait qu’il a fallu pour faire ce fromage, sachant que ce lait contenait en moyenne 3|-% de matière grasse ? L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 57 Solution .Quantité de matière grasse.25,907,681^2.547 = 9,976,003 Ibs.“ “ lait.9,976,003^0.03f = 272,072,809Ibs.Rêp.6e ANNÉE 1.Deux jardiniers de Neuville ont récolté ensemble680 paniers de tomates qu’ils ont vendus $0.32 le panier.Quelle somme revient à chacun, sachant que le premier en a récolté de plus que l’autre ?Solution .Soit y-f- la récolte du premier Alors ^-§- “ “second.xt + TT = il= 680 Paniers 1 _ 6 8 0 1 5 ~ 3 4' 20 yf- = = 300 paniers 1 9 __ fi 8 O X i 9 = 3^q u Recette du premier.$0.32X300 = 196.Rép.“ second.$0.32X380 = $121.60.Rép.2.Deux jardiniers ont récolté ensemble 680 paniers de tomates, f- de la récolte du premier égalent -yg- de celle du second.Quelle est la récolte de chacun ?Solution .du 1er = ^ du second y “ =ïy-x2 =-3^-du second y “ =3^X5 =-^|-du second.Soit yf pour le second.Alors yy “ premier y|-+-y|=yy = 680 paniers.=3-jir et yy = —-yy19 = 380 paniers.Rép.Récolte du 1er = 6-8 o.xi s =300 paniers.Rép.On aurait pu dire également.yy du second = y du premier Tq “ =f h-6= y2y ou^y du premier Soit -jy pour le premier Alors ¦}-§- “ “ second Le reste comme au No précédent.SECTIONS AGRICOLE, COMMERCIALE ET MÉNAGÈRE 7e ANNÉE Arithmétique 1* Louis peut labourer un champ en 12 jours, Paul en 14 jours et Charles en 15 jours.Les deux premiers travaillent ensemble pendant 5 jours, puis ils sont alors remplacés par le troisième.Combien de temps mettra-t-il pour finir le travail ? 58 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Solution : Les deux premiers en 1 jour font +3^ En 5 jours, ils feront X 5 = |-|- 1 9 _ 7+6 _13 8 4 ~ 8 4 Il reste à faire f-f- - -f-l 84 Le 3e en 1 jour fait yg-II prendra h-Y5=|-|X— 2 8 5 3^ijrs.Réy.1 8 4 2.Un commerçant achète un certain nombre de barils de farine pour $4,200.Il en garde 40 barils pour son usage personnel et vend -f- du reste pour $3,260.ce qui égale $60.de plus que les barils vendus ne lui ont coûté.Combien de barils a-t-il achetés ?Solution : Prix coûtant des barils vendus : $3260 - $60 = $3200.-g- du prix d achat = $3200 5 u u U ________$3200X5 5 — 4 $4000.$4200 - $4000 = $200.Prix coûtant des 40 barils.1 baril = $200-h 40 = $5.00 $4200 h-$5.= 840 barils.Rép.8e ANNÉE 1.Divisez 177 acres, 1 vergée, 26 perches, 16 verges, 5 pieds, 90 pouces entre A, B et C donnant à B deux fois autant qu’à A et à C les des deux autres.Solution : Soit 1 part pour A Alors 2 parts pour B et -f de 3 parts ou parts pour C En tout il y aura 5y parts, et en divisant par 5y on obtiendra la part de A.177 a.1 vg.26 per.16 ver.5 pi.90 po.-h 5y Multipliant les deux termes par 4, on a: 709a.2 vg.26 per.6 ver.0 pi.0 po.-h 21 = Part de A.:.33a.3vg.6 per.29 ver.0 pi.123y po.Rêp.B a 2 fois autant, soit: 67a.2 vg.13 per.27 ver.8 pi.66f-po.Rép.La somme de A et B = 101a.1 vg.20 per.26 ver.7 pi.10|- po.Soustrayons du total et l’on aura la part de C.177a.1 vg.26 per.16 ver.5 pi.90 po.- 101a.1 vg.20 per.26 ver.7 pi.10f- 76a.0 vg.5 per.19% ver.7 pi.79y po.2% 36 ou -——- C = 76a.Ovg.5 per.20 ver.0 pi.115-f-po.Rêp.2.Un cultivateur vend à la ville 10 minots 5 gallons et 3 chopines de fèves, à raison de $2.40 le minot.Combien reçoit-il ?Solution : Réduisons les gai.et les ch.en fraction de minot.5 gai.et 3 ch.=43 chp.ou -f-! de gallon.$2.40X5|f = $13.61i.Rêp.Mesurage (Voir section industrielle). L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 59 SECTION INDUSTRIELLE 7e ANNÉE Mesurage 1.Un grange a 32 pieds de largeur et son pignon s’élève à 24 pieds au-dessus de son carré.Quelle est la longueur des chevrons, si la toiture excède de deux pieds de chaque côté du carré ?Solution .Les chevrons représentent l’hypoténuse d’un triangle de 18 pieds de base et de 24 pieds de hauteur.V 182+242 = 30.Rép.2.Combien paiera-t-on pour le plâtrage du plafond et des quatre murs d’une pièce de 40 pieds de long, 28 pieds de large et 12 pieds de haut, à raison de S0.36 la verge carrée ?On déduira 10 ouvertures de 4 pieds par 7 pieds.Solution : Superficie du plafond = 28 X40 = 1120 pi.car.11 des côtés =40X12X2 = 960 pi.car.“ “ bouts =28X12X2 = 672pi.car.Total.2752 pi.car.Superficie des ouvertures=4X7X10 = 280 pi.car.Surface à plâtrer.2472 pi.car.04 Dépense.2472x$0.3ff = S8 Algèbre 1.Un cheval, une voiture et un harnais ont coûté ensemble $336.Trouvez le coût de chacun, si la voiture a été payée 3 fois le prix du harnais, et le cheval 4 fois le prix du harnais.Solution : Soit x le prix du harnais Alors 3 a; le prix de la voiture et 4a: le prix du cheval a: + 3a;+4a; = 336 8a; = 336 x = ^iP':J $42 - Harnais.] 3z=3j.6X3.= $126—Voiture.[ Rép.4a.= 3jL6X4 =sl68>_Cheval.J 2.Un cultivateur de Ste-Thérèse a vendu au marché Bonsecours, 8 dindes, 6 agneaux et 2 porcelets, pour lesquels il a reçu en tout $109.20.Trouvez le prix de chaque animal, si chaque agneau lui a rapporté $2.80 de plus que chaque dinde, et si chaque porcelet a rapporté $7.80 de plus que chaque agneau. 60 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Solution : Soit x le prix d’une dinde Alors æ+$2.70 le prix d’un agneau et £ + $2.70 + $7.80 v ou £+$10.50 le prix d’un porc.8£ + 6 (£+2.70) +2 (£ + 10.50) = 109.20 8£ + 6£ + 16.20+2£+21.= 109.20 16£ + 37.20 = 109.20 16£ = 109.20-37.20 = 72.£=-^|- = $4.50 - Une dinde £ + 2.70 = $4.50+$2.70 = $7.20.—Un ag.£ + 10.50 = $4.50+110.50 = $15.—Un porc.8e ANNÉE Mesurage 1.La section d’une cave à légumes réservée aux patates a 30 pieds de longueur sur 18 de largeur.Combien de minots contient-elle, si elle est remplie à une hauteur moyenne de 23+ pieds ?Solution : Vol.des patates = 30 X18 X 23+ = 1350 pi.eu.Nombre de minots = 1 -3 = 1054-^|-.Rêp.2.Combien coûtera la construction d’une fosse à fumier à raison de $2.40 la verge cube, si cette fosse a 12 pieds carrés à l’extérieur, 8 pieds de hauteur et que les côtés de même que le fond ont une épaisseur de 8 pouces ?Solution : Volume du fond: -1-2-^1y x- = 3-§- verges cubes Périmètre moyen des quatre côtés = 11-|-X4 =45-|- pi.Volume des côtés: ——yy—X— = 8-f-f-f- ver.cubes.= ver- cubes.Dépense $2.40 X 12-|-||-= $30.03.Rép.Algèbre 1.Un cultivateur prend 8 heures aller et retour pour transporter un voyage de légumes à la ville.En allant il fait 20 milles à l’heure et en revenant 25 milles à l’heure.A quelle distance de la ville demeure-t-il, s’il a perdu 2 heures pour régler ses affaires ?Solution : Le trajet aller et retour a duré 8-2=6 heures.Soit £ la distance.Alors gig- temps pour aller, et 23- 11 11 revenir 20 ‘25 u 5£+4£ = 600 £ = ^+- = 66|-milles.Rép. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 61 Autre solution : Soit x le temps pour aller Alors 6 - rr le temps pour revenir æ X 20 = distance cherchée (6 - rc) X25 = distance cherchée rrX20 = (6 - x) 25 20x = 150 - 25x 20x+25x = 150 x=1^L = 3-|-h.—Temps pour aller 20X3^- = 66-|milles.Rép.2.Un voyageur a mis un certain nombre d’heures représenté par J pour se rendre à la ville et en revenir.En allant il a fait m milles à l’heure et en revenant n milles à l’heure.Trouvez à quelle distance de la ville il demeure.Solution : Soit x la distance Alors le temps pour aller etle temps pour revenir.X m ÜL = Y nx+mx = mnJ (m-fn)x = mnJ ^ _ mnS *0 I • ra-f-n Rép.LE CABINET DE L’INSTITUTEUR RELIGIEUSES JUBILAIRES Le 16 juillet dernier, on a célébré à la maison-mère des Sœurs des Saints-Noms de Jésus et de Marie, le cinquantième anniversaire de profession religieuse de la Très Honorée Mère Marie-Odilon, supérieure générale de l’Institut.S.E.Monseigneur l’archevêque-coadjuteur de Montréal a chanté la messe pontificale.Sœur Marie-üctavie, ex-dépositaire générale, a fêté aussi, le même jour, son jubilé d’or, ainsi que Mère Marie-Placide, provinciale de Longueuil, Sr Marie-Honorat.supérieure à Sainte-Anne, Détroit; Sr Mary Bertha et Sr Mary Baptista, de la Californie, Sr Marie-Arthémise, Sr Marie-Denis et Sr Marie-Adalbert.Célébrèrent leur soixantième anniversaire de vie religieuse, Sr M.-Rose du Saint-Sacrement, Sr Marie-Anne de Jésus, Sr Marie-Angélique, Sr Marie-Macédone, et, leur soixante-dixième, Sr Marie-Léonide et Sr Marie-David.Ad multos annos! LE CONGRÈS EUCHARISTIQUE DE DUBLIN Le congrès eucharistique international de Dublin qui eut lieu en juin dernier, a remporté un immense succès.Un million de catholiques ont rendu hommage à la sainte Eucharistie et proclamé la royauté du Christ.Les chefs de la nation irlandaise prirent officiellement part au congrès et le Pape y était représenté par un cardinal légat.A la clôture du congrès, les congressistes eurent le bonheur d’entendre la voix du Saint-Père qui fut fidèlement transmise de Rome à Dublin par le radio. 62 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE AU FORT CARILLON Le 8 juillet dernier, sous les auspices de la Société historique de Montréal, eut lieu une démonstration touchante au fort de Carillon, dénommé aujourd’hui Ticonderoga.Bien que situé dans l’État de New-York, le site de l’ancien fort illustré par Montcalm, est d’accès doublement facile: facilité de communication et sympathique accueil du propriétaire du fort.M.Bell.A cette occasion, les fleurs de lys de la vieille France ont flotté au-dessus du fort de Ticonderoga, pour commémorer la construction, sur ce site, de l’ancien fort de Carillon, il y a 177 ans par l’ingénieur français, le marquis de Chartier de Lotbinière.Une plaque commémorative fut dévoilée an présence des représentants de Québec et de l’État de New-York.Elle portait ces mots: “Cette tablette est érigée à Michel, marquis de Chartier de Lotbinière, chevalier de S.-Louis, seigneur d’Alainville, sur le lac Champlain, qui, comme ingénieur en charge, sur les instructions du marquis de Vaudreuil, gouverneur général de la Nouvelle-France, construisit le fort de Carillon, 1755-1758”.NOCES D’OR SACERDOTALES de Son Excellence Mgr J.-S.-H.Bruneault En juin dernier, le diocèse de Nicolet a célébré avec éclat le jubilé sacerdotal de son vénérable évêque.A cette occasion, le Délégué apostolique, Mgr Cassulo, a remis au jubilaire une lettre autographe de Sa Sainteté Pie XI.Le Pape, dans les termes les plus affectueux, loue l’œuvre pastorale de Mgr Bruneault, prie le Christ, “le Pasteur suprême”, de le protéger et de le conserver pour le bien du troupeau à lui confié.Plusieurs archevêques et évêques, ainsi que nombre d’hommes d’État, assistèrent à ces fêtes mémorables.Ad multos annos ! UNE HEUREUSE INITIATIVE DE LA LIGUE CATHOLIQUE FEMININE C’est une heureuse et féconde initiative que vient de prendre la Ligue Catholique Féminine.S’adressant par l’intermédiaire de son Bulletin à tous les membres des diverses sections répandues dans la Province de Québec et dans le Canada tout entier, elle les presse de signer et de faire signer les suppliques pour obtenir la consécration du genre humain au Cœur Immaculé de Marie et par là la cessation des graves et universelles difficultés de l’heure 'présente.Ce mouvement est lancé avec la haute approbation et les bénédictions de Son Excellence Mgr l’Archevêque de Québec.QUESTIONS DE FRANÇAIS “Tâcher à”, tâcher de.—Tâcher à signifie déployer toute son activité, toute son ardeur, tous ses moyens, à un ouvrage, à une tâche.: J’y tâche.Tandis que tâcher de veut simplement dire essayer, entreprendre, prendre le moyen de.Ex.: Je vais tâcher de réussir; tâchez d’arriver à temps.On l’emploie pour encourager, exciter, exhorter: tâcher de venir, tâchez de ne pas vous ennuyer.—Il ne faut donc pas confondre ces deux locutions.Décadence du français.—Les exemples que je vais citer sont de France et sont pris au hasard de la lecture.“Il est fort à craindre que les Anglo-Saxons.vont se priver.et s’attireront.Il n’eût pourtant pas fallu être bien fort pour remplacer vont par n’aillent et s’attireront par ne s’attirent.“Après que.eûi souhaité.” Nous avons quelque peine à faire discerner aux enfants le passé antérieur, le conditionnel et le subjonctif.Mais ce sont des enfants d’école.—-Et il faut faire remarquer une fois de plus que la locution après que n’admet que l’indicatif.“.la candidate sait que les électeurs ne manifesteront ni hostilité, et les électrices aucune préférence instinctive”.En français, cela pourrait se dire de quelqu’une des manières suivantes: les lecteurs ne manifesteront point d’hostilité, ni les électrices, de préférence; ou: ni les électeurs ne manifesteront d’hostilité, ni les électrices, de préférence; ou: les électeurs ne manifesteront aucune hostilité, et (ni) les électrices, aucune préférence. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 63 '‘Est-ce lui qui a imprégné la pensée de Gandhi avec les idées d’ascétisme.” Depuis quand imprègne-t-on avec?L’auteur a sans doute voulu éviter la répétition de la préposition de.Souvent la peur d’un mal nous conduit dans un pire.Il fallait refondre toute la phrase, en peinant un peu.Les qui et les que.—Us sont passés de mode, comme l’on sait.Beaucoup les évitent avec le plus grand soin et les remplacent par de pesants participes ou d’autres tournures non moins inélégantes.Ces gens sont vraiment trop délicats, quand on constate par ailleurs que l’euphonie est le cadet de leurs soucis.Voici comme parle l’abbé Ragon sur ce sujet.“Contrairement, dit-il, à une opinion très répandue, la langue française n’a pas d’aversion pour la répétition des qui et des que dans une même phrase.Il suffit qu’ils soient correctement employés et amenés naturellement”.Il cite plusieurs exemples, dont celui-ci, de Mme de Sévigné: “Il me semble qu’ïi y a vingt ans vous n’étiez point si innocente que de ne pas savoir quel jour c’était que le lendemain de la veille de la Pentecôte”.Et cet autre, de Jules Lemaître, un moderne et un dégagé, s’il en fut: “Us savent bien que je pense aussi librement qu’eux—ce qui n’est pas bien difficile—et que ce que je dénonce ici, c’est une tyrannie aussi détestable chez eux çw’elle le fut jamais chez les autres”.L’abbé Ragon s’en prend ensuite aux mauvais théoriciens.“Les fautes que j’avais présumé qu’il ferait.Un grammairien dit que cette construction peu harmonieuse doit être évitée.En quoi est-elle peu harmonieuse?Et de quel droit interdire une manière de parler vraiment française, qu’on ne peut remplacer par une meilleure ?Si deux que de suite suffisent à rendre une phrase traînante, comme le dit un autre grammarien, nous devrons à tout instant blâmer le style des grands écrivains”.On.—Origine, homo, homme, om, on.Un mot propre à la langue française, résultat d’une lente formation séculaire.Type du pronom indéfini, il a les sens les plus variés et désigne l’idée d’homme de toutes les façons indéterminées qu’elle peut prendre: un homme, quelques hommes (entendez personnes, cela va de soi), tous les hommes, même cet homme, mémo je, tu, il, nous, vous, ils, dans certains cas particuliers.Ce terme n’avait point d’analogue en latin, où le pluriel des verbes à la troisième personne en tenait lieu.Le grec avait fis, {quelqu’un), beaucoup plus restreint que le mot français.Le pronom on, si original, si riche de sens, si conforme au génie actif du français, tend malheureusement à céder la place à la forme passive venue de l’anglais, chez nous particulièrement, mais même en France.Très souvent, le tour actif, par on, pourrait remplacer avantageusement la phrase passive américaine: nos traducteurs n’y songent même pas; on, cela n’existe pas.Us vont jusqu’à dire: il a été appris, au heu à’on a appris, qui est tellement indiqué.A Paris, on écrit: “Il va être fait état au Palais Bourbon de documents.” Cela est français assurément, mais combien plus lourd que: on fera, on va faire état! Je dis que le français perd par là un des traits les plus marquants de sa physionomie, de son “visage”, comme on dit aujourd’hui.N.Degagné, ptre.MANUEL D’ENSEIGNEMENT RURAL—(3e et 4e années) (Partie du maître) Par suite d’expli cations survenues entre quelques-uns des membres dirigeants du Département de l’Instruction et Monsieur l’Inspecteur général des Écoles normales, il a été convenu, entre ce dernier et la Communauté des Frères Maristes, comme préférable, de ne publier que la partie du maître.Malgré cette diversion nous espérons que l’impression de cette partie se fera en septembre et que le volume attendu sera en librairie (Granger Frères) quelques jours avant la Toussaint.Nous avons cru devoir exposer cette situation devant le public enseignant, comme précision de la première annonce parue dans Y Enseignement Primaire, avant que la modification signalée ci-dessus se soit produite.Nous espérons que le travail, tel que présenté, hâtera les demandes des Commissions scolaires rurales et de Messieurs les Inspecteurs d’écoles, relativement à la partie du maître.Dans ce premier volume, on se rendra compte du plan général adopté, de la division du travail et de la marche des leçons;bref, qn pourra juger assez judicieusement si le but à atteindre a été développé normalement, en ce qui concerne l’enseignement à base rurale, pour les élèves de 3e et 4e années qui fréquentent nos écoles de campagne.Ce manuel du maître est publié conformément à un vœu du Comité catholique, vœu proposé par Son Excellence Mgr l’évêque de Gaspé.Les Frères Maristes. 64 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE LES “EXERCICES FRANÇAIS” DE M.L’ABBË A.AUBERT, DU SEMINAIRE DE QUÉBEC A la réunion de mai 1932, le Comité catholique du Conseil de l’Instruction publique a approuvé les Exercices français de M.l’abbé Aubert, en trois volumes: 3e année, 4e année, 5e et 6e années.Le Comité a aussi recommandé le “Livre du Maître” pour les cours correspondant aux années ci-dessus indiquées.(Voir le procès-verbal de la session de mai du Comité catholique, dans VEnsei-gnernent Primaire\\e juin 1932, page 651.RENÉ BAZIN Le grand romancier catholique et français, René Bazin, dont les livres ont eu et ont encore tant de vogue de bon aloi, chez nous, est décédé le 20 juillet dernier.Membre de l’Académie française, Bazin a illustré non seulement les lettres françaises, mais il a aussi fait grand honneur à la littérature catholique.Bazin fut un artiste qui mit son beau talent au service de la doctrine et de la morale catholique.C.-J.M.UN GRAND DEUIL CHEZ LES SŒURS DE LA PRESENTATION DE MARIE Le 25 juillet est décédée à Bourg-Saint-Andéol, France, la Très Révérende Mère Marie-Caroline, Supérieure générale des Sœurs de la Présentation.Nous offrons nos sympathies à cette communauté qui joue chez nous un rôle si important dans l’enseignement primaire et primaire supérieur.C.-J.M.LE SÉNATEUR BELCOURT Le 7 août est décédé, à Ottawa, le sénateur Belcourt, qui joua un rôle courageux et opportun en Ontario pour la défense de la langue française.Légiste distingué et fier patriote, il consacra une partie de sa vie au service de l’enseignement du français dans les écoles séparées de la pro-» vince voisine.C’est au sénateur Belcourt que nos compatriotes d’Ontario doivent en grande partie l’abolition du fameux règlement XVII.C.-J.M.L’AMICALE DES ANCIENNES ÉLÈVES DES URSULINES DE QUÉBEC Le 16 août dernier a eu lieu au vieux monastère des Ursulines de Québec la première réunion plénière des anciennes élèves du couvent des Ursulines de Québec, au nombre de plusieurs centaines.Inutile de dire que la réunion fut tout à la fois touchante et joyeuse.Anciennes maîtresses et anciennes élèves se dirent la joie de se revoir, et non moins grand fut le plaisir de pénétrer, après plusieurs années, à l’intérieur du cloître et de parcourir salles de classe, corridors et dortoirs, et surtout de s’agenouiller dans la chère chapelle où, fillettes et jeunes filles, l’on pria avec tant de ferveur.Au sortir de cette journée mémorable, les plus anciennes songeaient: “Le temps fuit comme l’ombre.” C.-J.Magnan, directeur-propriétaire, 79, Chemin Sainte-Foy, Québec, Canada.
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