L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction, 1 décembre 1932, Décembre
54e Vol.Québec, Décembre 1932 N° 4 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE ÉDUCATION — INSTRUCTION PÉDAGOGIE UNE ECOLE POUR LES INFIRMES L’“EcoIe Victor Doré” Le 18 octobre, à Montréal, la Commission scolaire de cette ville a inauguré une école spécialement aménagée pour les enfants infirmes (1).Cette école a été bénite par S.Exc.Mgr Deschamps, évêque auxilaire de Montréal, en présence de Mgr Piette, recteur de PUni-versité, de l’honorable M.David, secrétaire de la Province, de M.Doré, président de la Commission scolaire, de M.J.-M.Manning, directeur des études, de M.A.-C.Miller, sous-directeur, de M.l’abbé Desrosiers, principal de l’École normale J.-C., de M.J.-P.Labarre, principal du Plateau et de plusieurs membres du clergé.Après la cérémonie religieuse, des discours furent prononcés.M.David proposa que l’école pour les infirmes portât le nom de “Victor Dore”, le fondateur de la nouvelle institution.L’auditoire applaudit à cette proposition, rendant ainsi hommage au zèle du M.Doré envers les enfants infirmes.La commission scolaire ratifia peu après cet heureux choix.Environ deux cents enfants infirmes fréquentent l’école Victor Doré.Cette école est admirablement aménagée: classes appropriées, salles de travaux manuels (horlogerie, cordonnerie, reliure et autres petits métiers, pour les garçons, qui peuvent se pratiquer à la maison); pour les filles salles de couture, cuisine ,etc.Un réfectoire reçoit chaque midi tous les élèves qui y prennent un bon dîner.I es enfants sont voiturés en autobus matin et soir, gratuitement.Un bureau de médecin et une infirmerie complètent l’organisation de cette école spéciale que nous avons eu le plaisir de visiter en compagnie de M.Victor Doré, de l’honorable M.Delâge et de M.J.-P.Labarre.M.Zotique Guérin est le principal de l’institution.Dix institutrices sont préposées aux classes et aux soins des élèves.C.-J.Magnan.PARLONS BIEN Habituons les élèves au bon langage A l’école, en classe et en récréation, le maître doit profiter de tous les exercices de conversation pour donner aux élèves l’exemple de la pureté et de la dignité de langage et pour corriger les fautes qu’ils commettent en parlant.Ën veillant à ce que, dans l’école, nulle faute contre la langue ne soit commise sans être relevée, on crée un milieu dont l’influence favorable ne peut manquer de se faire sentir plusieurs heures durant sur la manière dont les élèves traduisent leurs pensées.(1) Ancienne École Montcalm. 202 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Il ne suffit pas d'être attentif à ce qui fait l’objet immédiat et actuel de l’enseignement particulier dans les exercices oraux ou écrits, il faut profiter de toutes les occasions qu’offre cet enseignement, non seulement pour bannir les tournures impropres, triviales, contraires aux connaissances, mais encore pour apprendre la correction et la perfection de la langue (prononciation, orthographe, ponctuation, syntaxe, et même dans une certaine mesure, dignité et élégance de la forme).C’est un moyen de tout utiliser.Tout gagne à ce système, l’enseignement de la langue et l’enseignement spécial lui-même, car on apprend à l’enfant à mettre plus de netteté, d’exactitude dans ses expressions, ses formules et ses définitions.L’INFLUENCE MATERNELLE Parmi les créatures qui honorent l’espèce humaine, il en est une dont toutes les langues et toutes les générations reconnaissent et célèbrent à l’envi les mérites.Nous en portons l’image au plus profond de nos cœurs; et nous avons tous, un jour, goûté la joie de sentir passer sur nos fronts sa main caressante.Son souvenir rayonne, comme une clarté d’aurore, sur les débuts et sur les progrès de notre existence.Elle a recueilli notre premier sourire.Elle a présidé à nos premiers pas.Ses lèvres s’ouvrirent amoureusement pour moduler nos premières formes de langage.C’est à elle que nous devons nos premiers signes de croix, nos premiers élans vers Dieu, nos premières manifestations de foi, d’espérance et d’amour.C’est par sa voix douce et grave, tout ensemble, que nous furent inculquées les premières notions religieuses qui acheminent l’homme vers_le tabernacle où le Dieu-hostie réside, et vers les parvis du ciel.Après l’Église,—de laquelle nous tenons la vie de la grâce, et qui jouit elle-même de toute la gloire d’une maternité surnaturelle,—rien ici-bas ne nous paraît plus précieux qu’une mère chrétienne.Et ceux-là le savent mieux que tous autres qui ont perdu ce trésor, et dont le front ridé par l’âge ou assombri par l’infortune s’incline, au cimetière, avec une irrésistible émotion, sur la tombe de L’être chéri que personne ne remplace, et de qui leur sont venus, avec la vie de la nature, tant de biens.Mgr L.-A.Paquet.{Études et appréciations, 193H.) SOYONS FIERS DE NOS ORIGINES Sang de France C’est le titre d’une page empruntée aux œuvres de Mgr Bougaud, déjà connu par sa vie de sainte Monique et celle de saint Vincent de Paul.Cette page doit nous remplir de fierté, nous Canadiens français, descendants directement, et sans mélange, des Français des seizième et dix-septième siècles qui fondèrent et colonisèrent le Canada.“Sang de France” va nous rappeler de quel sang nous sommes issus.Il se compose de quatre éléments.D’abord à l’origine, “une goutte de sang gaulois”, je ne sais quoi de gai, de vif, de railleur, ce qu’on a si bien appelé: “le sel gaulois, l’alouette gauloise”.L’alouette.^ ous savez ?ce quelque chose de gai, de vif, de léger qui monte en chantant dans la lumière! Ensuite “une goutte de sang romain”.C’est la solidité, le bon sens, la droiture, la clarté, ce qui a fait notre langue, notre droit, notre magistrature.En troisième lieu, “une goutte de sang franc”.C’est de là que vient notre épée, la francisque rapide, sûre de son coup, invincible, qui est devenue plus tard la baïonnette, la véritable arme française.Et enfin, le “sang chrétien”.Le sang du Calvaire, le sang du sacrifice et du dévouement, le sang qui bouillonne dans nos veines quand nous voyons le droit enchaîné, la faiblesse outragée, l’honneur méprisé, comme ce vieux roi notre aïeul, qui, entendant le récit de la Passion s’écriait: “Que n’étais-je là avec mes Francs!” L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 203 LE PONT DE GASPÉ En octobre dernier, la bénédiction du pont qui relie les deux rives du bassin de Gaspé donna lieu à une belle cérémonie.A cette occasion, Son Excellence Mgr l’évêque de Gaspé prononça un intéressant discours dont nous détachons le passage qui suit : “Lorsque, dit Mgr Ross, le premier évêque de Gaspé (Mgr Ross lui-même) vint prendre possession de son siège, le 2 mai 1922, deux jours de soleil ardent avaient ému la glace encore assez ferme jusque-là.Ne voulant pas laisser l’Évêque prendre son siège à York (sur l’autre rive), les citoyens se livrèrent à une manœuvre héroïque; armés de scies, de haches et de câbles tirés par des chevaux, ces braves gens entreprirent d’ouvrir un chemin dans le Bassin, à lAxemple de Moïse dans la Mer Rouge.La seule différence fut que, contrairement aux Hébreux, l’Évêque et sa suite passèrent sur un chemin liquide entre-deux haies de glace, glace attendrie plutôt par l’ardeur du soleil de la veille que par la vue de l’Évêque qui craignait de voir tomber à l’eau tous les projets qu’il apportait dans sa-tête.Et c’est en grimpant sur un mur glacé et à pic, auquel on avait appliqué une échelle, que l’Évêque put prendre pied dans la ville épiscopale.Voilà ce que nous avions il y a dix ans, Messieurs; voilà ce que nous avions encore au printemps de 1932.Bienheureux pont qui nous jette subitement en pleine civilisation!” Depuis 10 ans, Gaspé; grâce au zèle inlassable de Mgr Ross, a été doté d’une École normale, d’un séminaire et d’un hôpital.Une communauté missionnaire vient d’y naître, les Sœurs du Christ Roi.G.-J.M.DE L’ENSEIGNEMENT DE L’HISTOIRE NATIONALE (Pour Y Enseignement Primaire) MÉTHODOLOGIE (1) IL L’histoire et la formation de l’enfant B—L’éducation morale 1.L’histoire fait connaître l’âme /mmaine.—L’histoire, récit des actes humains, donne sur la psychologie de lumineux aperçus.Montaigne le savait bien; il avait puisé dans cette étude une grande partie de sa connaissance de l’homme, et c’est d’expérience qu’il écrivait: “L’histoire, c’est mon gibier”.Elle nous présente des actes qui révèlent l’âme avec ses grandeurs et ses faiblesses, ses passions, ses vertus, ses vices, ses aspirations les plus nobles, ses bassesses les plus dégradantes.L’histoire des nations chrétiennes révèlent une humanité transfigurée par la Rédemption, capable de sacrifice, s’exerçant aux vertus les plus sublimes, pratiquant l’amour du prochain jusqu’à l’héroïsme, méprisant les biens passagers, n’attendant de récompense que de Dieu seul.Elle nous offre des paroles révélatrices et qui rendent le “son d’une âme”.Lorsque Champlain écrit: “J’ai toujours eu le désir de faire fleurir dans la Nouvelle-France le lis avec l’unique religion catholique, apostolique et romaine”, il énonce l’idéal qui inspira tous ses actes.Louis Hébert demandant des concessions de terre “pour donner commencement à une peuplade chrétienne”, nous fait connaître les nobles aspirations de son âme.Que d’autres paroles tout aussi révélatrices on peut glaner dans l’histoire! Enfin, l’histoire fournit d’innombrables modèles: apôtres, martyrs, prêtres, religieux, princes et grands seigneurs, gens du peuple, riches et pauvres, accomplissant avec fidélité leurs devoirs d’état ,dans toutes les conditions de la vie, dans tous les milieux, sous toutes les influences.Nous y trouvons surtout l’âme des hommes supérieurs et celle des peuples soulevés par une forte émotion.De cette étude se dégagent les lois générales de la phychologie humaine, celles qui conviennent à l’homme de tous les temps et de tous les lieux.Enfin, on peut déduire de cette étude que tout progrès digne de ce 7iom est le résultat d’une ascension de l’âme vers le beau, le vrai, le bien et que ce progrès laisse une trace d’autant plus (1) Voir VEnseignement Primaire de septembre et octobre 1932. 204 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE profonde et durable qu’il a sa source dans une pratique plus parfaite des vertus de l’Évangile.C’est ainsi que l’histoire de la civilisation pourrait s’écrire par l’histoire des saints.2.Éducation du cæwr.—L’histoire peut faire naître les plus nobles émotions par le récit de traits de bravoure, d’héroïsme, de dévouement, de charité; elle excite l’admiration pour les grands hommes, les héros, les saints; elle inspire l’indignation et le mépris pour les tyrans, les malfaiteurs, les traîtres et les félons.L’enfant est très sensible aux exemples des personnages illustres de son pays.Il lit avec passion leur biographie; il écoute avec une attention extraordinaire le récit de leurs belles actions, pour peu que le maître possède le talent de raconter.Son cœur se laisse facilement toucher, et c’est sous le coup de ces bienfaisantes émotions qu’il sent vibrer en lui la flamme patriotique, l’orgueil de sa race, le désir de réaliser l’idéal qu’il a conçu, de faire siennes les aspirations de ses ancêtres et de ses contemporains, de garder fidèlement les traditions nationales.Les pages douloureuses de l’histoire l’affectent profondément.Il ne faut pas les lui cacher; ce serait manquer à la vérité, ce serait entretenir en lui un chauvinisme et une fatuité ridicules.Kacontez-lui avec émotion les horribles tourments de saint Isaac Jogues, la dispersion des Acadiens, la reddition de Québec; loin de le déprimer, ces récits pénétreront toutes les fibres de son cœur, et lui feront aimer son pays d’un amour plus vif.“Il est des choses qu’on ne voit bien qu’avec des yeux qui ont pleuré”, dit Louis Veuillot.L’inspecteur Defodon rencontra un jour une petite fille tout en pleurs: “Ah! Monsieur, lui dit-elle, ils ont tué Jeanne d’Arc!” Heureuse la maîtresse qui avait provoqué de telles larmes! Et l’on peut ajouter: Heureuse l’enfant qui avait une telle maîtresse! 3.Éducation de la conscience.—“L’homme moral, dit Augustin Thierry, c’est la matière de l’histoire”.Il est bien vrai, en effet, que l’histoire est un arsenal de faits moraux dont on peut se servir avec fruit pour éclairer les consciences.Il en découle d’abord cette vérité que certains hommes accomplissent leur devoir et que d’autres le négligent, que les uns font le bien, les autres le mal.L’appréciation du maître sur ces personnages forme la conscience, lorsqu’il apprécie les faits avec sagesse et modération sans dogmatisme, mais de manière à éclairer l’enfant, à lui inculquer le sentiment du devoir, l’horreur de ce qui est bas, de ce qui souille l’âme et fait rougir de soi.L’enseignement de l’histoire éclaire encore la conscience par le contraste qu’il établit entre la réalité et les besoins du cœur humain; l’enfant proteste naturellement quand il voit d’une part l’homme vertueux méprisé ou persécuté, d’autre part le méchant au sein du bonheur et de la prospérité.“Une telle réaction ne peut avoir que d’heureux effets au point de vue de la volonté qu’elle fortifie dans l’amour du bien, dans la foi à une justice capable d’amener tôt ou tard les réparations nécessaires, dans l’espoir d’un ordre de choses différent de celui que l’expérience nous présente”.(Rayot) Un des enseignements de l’histoire est qu’il y a des rapports de cause à effet, et que plus un homme occupe un rang élevé dans la Société, plus il doit donner le bon exemple, plus il a de responsabilité devant Dieu et devant les hommes; que tout acte humain a des conséquences heureuses ou malheureuses; par hypocrisie et dissimulation, on peut tromper les hommes, on ne trompe jamais Dieu.Certains actes peuvent exercer pendant des siècles une influence sur les individus, les familles, les nations, l’humanité.Qui saura jamais les conséquences de la Réforme et de la Révolution française?Quel bien n’ont pas fait Y Imitation et V Introduction à la vie dévote] Que d’âmes atteintes par le venin des œuvres de Voltaire et les paradoxes du Contrat Social] On ne cachera pas à l’enfant les fautes historiques; on profitera de toutes les occasions pour flétrir le mal; mais on insistera davantage sur les bonnes actions.On lui fera comprendre qu’il existe une solidarité historique et qu’une justice immanente atteint les malfaiteurs dans eux-mêmes et leur postérité.“Cette justice de l’histoire, dit M.Duruy, n’est pas toujours celle de la raison; elle épargne parfois le coupable et saute des générations; mais jamais les peuples n’y échappent.Que d’héritiers innocents, individus ou sociétés ont payé la rançon des aïeux coupables! Considérée ainsi, l’Histoire devient le grand livre des expiations et des récompenses; de sorte qu’en montrant aux peuples le lien étroit de solidarité qui unit le passé à l’avenir, elle peut leur rappeler la parole biblique: “Faites le bien ou le mal et vous serez récompensé ou puni dans votre postérité jusqu’à la septième génération”.(1) (1) Cité par C.Julljan, Extraits des historiens français du XIXe siècle, p.463.L.Riboulet. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 205 ENSEIGNEMENT ÉLÉMENTAIRE DE L’AGRICULTURE Un peu de chimie agricole.Le problème de la Terre.La joie de connaître.(Pour l’Enseignement Primaire) “Beauté de la Chimie! C’est d’elle que nous pouvons attendre le plus de clartés sur la nature de la matière.” (1) Que de choses entrent dans la composition du globe terrestre! Le sol que nous foulons tous les jours renferme des mystères et des merveilles.A part le plaisir de les découvrir, que d’applications pratiques nous apporteraient quelques notions de chimie agricole.L’agriculture se rattache à toutes les sciences pour les dominer, pour les servir, ou encore pour les utiliser à son profit.Souvent, il arrive que le cultivateur passe sa vie impuissant à vaincre les difficultés qui fourmillent sur le sol arable.Dans le grand atelier de la nature, où il demeure le principal ouvrier, ses efforts acharnés sont souvent mal recompensés, à cause de son manque de connaissances en sciences naturelles.La chimie moderne se relie très étroitement à la science agricole.Aussi, importe-t-il au cultivateur d’en connaître les notions rudimentaires.Ici, la théorie et la pratique agricoles se rattachent à la chimie par des liens indissolubles.En 7ième et Sième années, page 184 du Programme d’études de l’école primaire élémentaire, on lit, au titre de chimie agricole, les mots suivants: éléments, atomes, molécules, affinités, combinaisons chimiques, bases, acides, sels, acides végétaux,composition du lait et des œufs, fermenta- tis'/A AlTTRej -, .///l Courtrrt>f* Mrv ¦— X _ ma JWgj Cette cuve renferme la plupart des éléments dont la plante a besoin pour vivre.Cependant, l’azote, un des plus importants, manque en grande partie, ce qui limitera la croissance du végétal.En d’autres termes, c’est l’élément qui est en moindre quantité qui limite le rendemant.C’est ce qu’on appelle la loi du minimum.(1) Pierre Termier : La Vocation de savant (1929).2 206 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE tion lactique, beurre et fromages, etc.Autant de problèmes qui exigent des renseignements pour comprendre.A part l’intérêt que crée l’étude de la chimie élémentaire en 7ième et 8ième années, on peut croire que ces leçons seront fort utiles aux futurs agriculteurs.Cette source précieuse d’information, sur la qualité et les réactions des matières minérales du sol, acide phosphorique, potasse et chaux, etc., devrait les éclairer.De plus, l’élève rural aurait avantage à savoir où la plante prend ces différents éléments, comment elle les absorbe et se développe.A cette fin, il convient de connaître un peu de chimie, en vue de savoir comment les plantes vivent et de quelle façon l’azote et l’hydrogène, le carbone et l'oxygène agissent dans la période de croissance.Aussi, à part les matières minérales (ou cendres) nécessaires à la vie végétale, il y a les gaz; par exemple, lorsqu’on brûle une plante, ces gaz retournent à l’atmosphère d’où ils proviennent presqu’en entier.Comment ces corps sont-ils associés entre eux dans la plante, de quelle manière celle-ci s’en nourrit, par quels procédés ou engrais peut-on favoriser la végétation; voilà des sujets intéressants à soumettre à l’attention éveillée des élèves.Puis, ce sont les conditions auxquelles doit satisfaire le milieu où l’on sème les grains, où les plantes croissent.L’air et l’humidité, le sol et la chaleur, interviennent alors et la couche de terre en culture subit des réactions et des effets que le cultivateur doit connaître, pour les favoriser ou les atténuer dans l’intérêt de ses cultures.Sait-on l’origine et l’assimilation du carbone et de l’hydrogène, de l’azote et de l’oxygène ?Où et comment les plants prennent ces éléments ?Pourquoi et de quelle façon leur aider à se procurer cette indispensable nourriture ?Autant de questions qui méritent d’être connues du futur cultivateur.Ce dernier doit se préoccuper de fournir à la plante quatre éléments principaux: Y azote, Y acide phosphorique, la potasse et la chaux.La plante désire ces quatre éléments à la fois; si l’un fait défaut, les autres deviennent inefficaces et le végétal se développe mal.C’est la loi du minimum.Quant aux autres substances secondaires, fer, manganèse, etc., il s’en trouve toujours assez dans l’ambiance.Et, que d’autres choses à connaître: l’atmosphère, considérée comme source d’aliment pour la plante; la constitution chimique des terres arables et leurs propriétés; le sol et ses propriétés biologiques; le rôle des microbes en agriculture.Que de problèmes qui devraient susciter l’intérêt chez les élèves! “Si les microbes, disait Pasteur, disparaissaient de notre globe, la surface de la terre serait encombrée de matière organique morte et de cadavres de tout genre, (animaux et végétaux).Ce sont eux qui donnent à l’oxygène les propriétés comburantes; sans eux, la vie deviendrait impossible, parce que l’œuvre de mort serait incomplète.” Enfin, la chimie intervient aussi dans le choix et l’application des engrais, la possibilité de cultiver une plante dans le même terrain, l’alternance des cultures, la conservation de l’eau dans le sol, la réaction de la couche arable et les combinaisons qu’elle favorise, la formation des nitrates, le rôle chimique du purin dans le engrais, la perte de l’azote ammoniacal du fumier d’étable, les mélanges d’engrais chimiques, la propreté du lait, etc., etc.Quand elle intervient à tort, faute de science chez l’agriculteur, la chimie devient tyran.Si l’homme, par l’intelligence la guide et la fovorise, elle devient une force bienfaisante.En matière de chimie agricole, quelques notions claires et nettes, appliquées aux choses rurales, c’est tout ce que nous demandons.Et, qui sait si une vocation de savant ne surgira pas dans le cœur des élèves, enthousiasmés par la joie de connaître.! Enseignons donc, sous forme de leçons de choses, un peu de chimie aux futurs agriculteurs, sinon par amour de la nature, ou pour la satisfaction de l’esprit, ce qui serait déjà fort bienfaisant, donnons au moins ces notions de chimie, ne serait-ce que pour éclairer l’esprit des jeunes agriculteurs, sur le rôle de la nature dans l’œuvre agricole dont ils vivront, et ainsi, de les aider demain à ne pas crever de faim.J.-Chs Magnan, Agr., Ministère de VA griculture de Québec. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 207 LES SCIENCES NATURELLES DANS L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE II A l’école primaire (suite) (1) 4° Les programmes des Écoles primaires comportent des exercices de vocabulaire, d’élocution, de composition (exercices de pensée et de langage).Il me semble que l’Histoire naturelle, plus que toute autre discipline peut-être, parce qu’elle est vaste, et plus concrète, plus près de la perception des enfants, est éminemment apte à alimenter, et très agréablement, la source de ces exercices.Car, elle doit faire constamment usage, nous le verrons, de la méthode concrète.Ce sont les objets eux-mêmes qui doivent être soumis à l’examen, à l’observation directe des enfants.Or, “plus l’observation se précise, plus les idées éveillées sont multiples, plus les nuances perçues sont délicates, et l’enfant est amené de lui-même à désirer les mots nécessaires à l’expression de sa pensée.Les mots ainsi acquis resteront bien mieux gravés dans son esprit que s’il lui avaient été donnés arbitrairement et sans qu’il éprouvât le besoin de les utiliser.(R.Paucot)”.Il ne s’agit pas, bien entendu, d’imposer à l’enfant un vocabulaire de termes techniques.Les sciences naturelles présentent à cet égard un danger, très facile à éviter, mais dont on n’a malheureusement pas toujours su se garder.Il n’est pas davantage question de rechercher les expressions rares ou inusitées, ce qui conduirait à l’autre faute, non moins grave, de verser dans l’érudition ou la subtilité.Il s’agit seulement, en restant dans les ümites de la langue courante, d’enrichir lé vocabulaire de l’enfant, de lui faire apprendre des mots plus précis, plus exacts, de lui faire sentir les nuances qui séparent des expressions en apparence synonymes.Les sciences naturelles n’auraient-elles que ce rôle unique à jouer dans l’éducation de nos enfants, qu’elles mériteraient déjà une place honorable dans nos écoles, car la pauvreté et l’imprécision du vocabulaire sont peut-être les deux plus graves défauts dont soit affligée la langue des Canadiens français.5° A côté de l’éducation intellectuelle et morale, il y a l’éducation physique, dont se préoccupent très justement les règlements du Comité du Conseil de l’Instruction publique.Les Sciences naturelles peuvent coopérer à cette éducation de diverses manières.Indirectement tout d’abord, puisqu’el es fournissent la plupart des notions scientifiques sur lesquelles s’appuient les préceptes de l’hygiène rationnelle.Plus directement ensuite, en favorisant le développement de l’habileté manuelle par les manipulations- et les dissections que leur étude comporte, et surtout, en apportant à la culture physique proprement dite le secours de l’exercice gymnastique par excellence: la marche au grand air.Les élèves qui fréquentent nos écoles sont en pleine période de croissance : période fragile, au cours de laquelle, il ne faut pas l'oublier, se joue tout leur avenir physique.La fréquentation scolaire, par les conditions hygiéniques, les heures d’immobilité et les attitudes défectueuses qu’elle impose à l’enfant, complique singulièrement le problème de l’éducation intégrale.Il n’est pas toujours facile de déterminer avec exactitude la part qui doit revenir à l’étude et aux exercices musculaires.Une commission a été récemment chargée par l’Académie de Médecine de Paris d’enquêter sur le surmenage scolaire.J’emprunte à une étude sur cette question publiée par Albert Obré dans 1’“Enseignement scientifique” de janvier 1930, quelques-unes des conclusions de cette enquête: “Un enfant doit dormir 13 heures de 5 à 7 ans, 12 heures de 7 à 9 ans, 11 heures de 9 à 14 ans, 10 heures de 14 à 18 ans.Les heures d’immobilité ne doivent pas dépasser deux heures de 6 à 7 ans, 3 heures de 8 à 9 ans, 4 heures de 10 à 11 ans, 5 heures de 12 à 14 ans, 6 heures de 15 à 16 ans, 7 et 8 heures à partir de 16 ans.De plus l’enfant ne doit pas travailler avant 8 heures le matin et après 7 heures le soir.” Ces règles sont évidemment très générales, et bien que certaines d’entre elles puissent paraître trop ridiges, elles peuvent néanmoins servir de critères et prévenir les abus.Outre la nécessité d’un tel dosage de l’étude et du repos, les données physiologiques les plus sérieuses réclament que l’éducation physique n’impose à l’enfant que des exercices appropriés à ses besoins et aux moyens de son âge.Il s’agit de corriger les attitudes défectueuses que le travail scolaire entraîne, et de développer les qualités physiques générales (force, adresse, agilité).Il s’agit d’activer les grandes fonctions respiratoires, circulatoire et articulaire, et de “perfectionner la coordonation nerveuse”.L’éducation physique doit porter, non pas sur tel ou tel organe en particulier, mais sur l’organisme tout entier “de façon qu’il se développe, dans son ensemble, avec équilibre et harmonie”.—(à suivre).Dr Geo.Préfontaine, Professeur de biologie àfi’Université de Montréal et à l’École normale de Saint-Hyacinthe.(1) Voir l'Enseignement Primaire de septembre, octobre et novembre 1932. 208 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE LA TÂCHE DE L’INSTITUTEUR Au début de l’année scolaire, M.A.-B.Charbonneau, inspecteur des écoles du District-Est de Montréal, a donné au personnel enseignant placé sous sa juridiction une conférence dont nous détacherons plusieurs passages qui seront lus avec intérêt par nos lecteurs.Après avoir dit que l’école primaire “ne donne pas ce qu’elle peut donner”, M.Charbonneau entre dans le vif de son sujet.Ecoutons-le : Donc nous devons travailler tous ensemble à améliorer ce qui est si bien commencé; nous devons chercher les défauts, les lacunes, s’il s’en trouve, et rendre meilleurs des résultats obtenus jusqu’ici.Quand j’ai été nommé votre inspecteur, je vous ai promis mon entière collaboration; je crois que j’ai tenu parole.Vous m’avez vu à l’œuvre; je vous ai donné le meilleur de moi-même et je continuerai.Vous m’avez apprécié; moi de même.Vous m’avez reçu les bras ouverts.C’est un plaisir de visiter vos classes.Tout le monde y semble heureux.Chacune de vos écoles forme une belle grande famille qui y vit dans l’harmonie la plus complète.La discipline y est facile parce que l’amour, l’ordre y régnent, parce que l’aisance se ht sur toutes les figures.Ce n’est plus la rigueur d’autrefois, la terreur d’autrefois, l’anxiété d’autrefois.Il y a du travail de part et d’autres; de la bonne volonté, sinon du savoir-faire de part et d’autres.Les résultats pourraient-ils être meilleurs ?Je le crois.L’école primaire n’a pas donné et ne donne pas ce qu’elle peut donner.Cela tient à de multiples facteurs et il faudrait tout un volume pour les détailler.Je me permettrai d’en relever quelques-uns qui sont de première importance.D’abord pour réussir, il faut se connaître et s’aimer.Au début de l’année et toute l’année, en classe, vous êtes en face de trente, quarante élèves, qui vous observent pour vous connaître et que vous devez observer pour les connaître.Le travail, l’enquête est beaucoup plus considérable pour vous que pour eux.Ils n’ont qu’une seule personne, qu’un seul caractère à étudier; vous, vous en avez trente, quarante et quelque fois plus.L’enfant est perspicace; il a tôt fait de découvrir vos qualités et vos défauts, vos défauts surtout, vos faiblesses pour les exploiter.Cet âge est sans pitié, dit Lafontaine.Vous devez donc vous surveiller, montrer une belle façade, faire au point de vue pédagogique et psychologique ce que les femmes font au point de vue physique.La scène humaine est une immense comédie et souvent une tragédie où les acteurs jouent leur rôle avec le plus de talent et de diplomatie possible.Donc surveillez-vous; surveillez votre caractère, votre humeur.Pour conduire les autres, il faut être capable de se contrôler soi-même.Le vieux Platon l’a dit: “Connais-toi, toi-même” Avant de commander les autres, il faut se commander soi-même.Donc une parfaite égalité d’humeur, pas d’emportement, pas de ces mots malheureux qui ruinent l’autorité, l’amitié.Des malins disent que la femme est impulsive; avec Lafontaine on pourrait ajouter que, sur ce point beaucoup d’hommes sont femmes.“Si vous avez de petites manies de gestes ou de langage, corrigez-vous; elles seront vite exploitées par vos élèves.Je me rappelle qu’à l’école Montcalm où j’étais professeur, des écohers se moquaient de leur maître en répétant certains mots ou en refaisant certains gestes trop coutumiers.Mais il ne suffit pas de vous observer; il faut observer, étudier vos élèves pour connaître, discerner à votre tour leurs qualités et leurs défauts, leur tempérament, leur caractère, leurs aptitudes et leurs déficiences, leur force et leur faiblesse, afin de savoir comment les aborder, les contourner, monter à l’assaut de leur cœur et de leur esprit.C’est alors que vos études psychologiques et physiologiques, vous seront d’un grand secours.Cette année surtout où l’on parle de classes spéciales pour sous-doués, arriérés pédagogiques ou mentaux.Cette observation vous permettra le dépistage nécessaire au bon classement, car les déficiences physiques ou mentales sont nombreuses : hérédité pathologique (tares psychiques, vénériennes) alcoolisme, tuberculose etc.On peut considérer deux sortes d’anormaux: ceux de l’intelligence et ceux de caractère.Les tests d’intelligence sont extrêmement délicats, aléatoires; les experts mêmes s’y trompent; les constatations de caractère sont plus faciles: les nerveux dominent, les instables sont nombreux, les débiles de même, les lymphatiques ne sont pas rares.Je suppose que vous avez déjà commencé cette enquête et que vous êtes plus ou moins fixés sur chacun de vos élèves; il importe que cette sélection soit faite d’ici à la fin du mois pour l’établissement définitif des classes spéciales.Je suppose aussi que vous avez pénétré dans l’intime de leur cœur, que vous avez sondé leur sens affectif ; que vous avez pris les moyens de vous l’approprier.La chose est facile.L’enfant aime qui l’aime et il le sent très bien, a dit Socrate.Aimer pour se faire aimer: tout est là.Vous y parviendrez facilement, vous surtout les femmes.L’amour doit être démonstratif, il doit s’affirmer par des actes, par une foule de petits gestes répétés, regards, sourire, parole, prévénances, attention, intérêt.Un souvenir me revient: un jour en classe, un de mes élèves se coupe un doigt en aiguisant son crayon; l'enfant n’avait pas de mouchoir; heureusement j’en avais un propre; je le déchire et je panse mon blessé. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 209 Le lendemain ce petit garçon me remettait un beau mouchoir neuf pour remplacer le mien.Il y a de petites attentions qui gagnent les cœurs.Une bonne parole, un compliment bien placé, une récompense choisie sont des moyens éducatifs puissants.J’irai plus loin.Ne vous serait-il pas possible de prendre contact avec les parents ?Il en résulterait de grands avantages.Vous connaîtriez le milieu social où l’enfant a grandi, où il se me it actuellement, l’ambiance favorable ou défavorable.Avec un peu de tact, vous connaîtriez les antécédents, les difficultés passées, les succès ou les insuccès, enfin une foule de choses qui vous aideraient dans la formation de l’enfant.Disons que tout cela est fait ou doit se faire.Vos élèves ont suivi une bonne retraite.Ils ont pris de bonnes résolutions, comme vous-mêmes.Avec eux, vous vous mettez au travail.Vous entreprenez la tâche, l’immense tâche, l’incommensurable tâche de les cultiver, de développer en eux les puissances qui sont à l’état latent.Déjà vous possédez leur cœur; ils vous aiment et vous les aimez; ils ont confiance en vous et vous leur faites confiance.Vous, comme eux, profitez de toutes les occasions pour mettre en action ces principes.Vous les traitez avec la plus grande justice, la plus grande charité; vous tâchez de leur plaire, comme de leur côté, ils s’efforcent de vous plaire.C’est ce qui se fait et ce que j’ai constaté généralement, à peu d’exceptions près.—(à suivre).A.-B.ClIARBONNEATJ.UNE GRANDE ÉDUCATRICE CANADIENNE Marguerite Bourgeoys Ses œuvres multiples Marguerite Bourgeoys fut une femme vraiment étonnante.Non seulement elle comprenait merveilleusement tous les besoins de son temps; mais elle avait comme l’intuition des besoins et des nécessités de l’avenir.Il n’est peut-être pas d’œuvres sociales féminines dont elle n’ait posé les bases.Elle fonde des écoles ménagères et industrielles, qui pourraient servir de modèles à nos institutions modernes de ce genre.Au sortir du couvent ou de l’école, elle groupe ses anciennes élèves dans des congrégations externes, qui entretiennent la ferveur et l’amour du devoir.Elle invite ses chères enfants à revenir de temps en temps se refaire pendant quelques jours sous son toit, près de l’aptel, dans la prière et la solitude.Elle crée ainsi l’œuvre des retraites fermées, qui produit de si merveilleux fruits de grâce dans les âmes.,Sous son inspiration, en 1686, les élèves des Sœurs s’engagent à combattre le luxe et l’inconvenance des ajustements féminins; et elles furent fidèles à leurs engagements.Ce fut sans doute la première ligue contre les modes inconvenantes.Elle forme non seulement des élèves, mais encore des maîtresses d’école, des catéchistes, des institutrices laïques.N’est-ce pas là le germe des écoles normales d’aujourd’hui ?Elle comprend de quels dangers sont entourées dans le monde les jeunes filles qui sont obligées de gagner leur vie.Elle crée pour elles des ouvroirs, qui ne sont guère autre chose que ces “Foyers” qu’on s’efforce de multiplier pour la protection des jeunes filles et qui font tant de bien dans nos grandes villes.Il n’est pas jusqu’à nos hospices, ces refuges de la vieillesse délaissée, dont elle n’ait jeté les fondements.C’est même pour commencer cette œuvre qu’elle entreprit, à 69 ans, cet incroyable voyage à travers les bois, de Montréal à Québec.Enfin l’œuvre des Tabernacles, qui subvient aux besoins des églises pauvres et des missions, ne Pa-t-elle pas fondée aussi, de concert avec sa sainte amie, l’illustre recluse Jeanne LeBer, qui s’était enfermée dans sa petite cellule d’amour, près du tabernacle de la chapelle des Sœurs de la Congrégation, consacrant tout son temps à la prière et à la confection des linges d’autel et des ornements sacrés que nous admirons encore ?Mais par-dessus tout, Marguerite Bourgeoys a laissé, pour continuer son œuvre, son admirable Institut des Sœurs de la Congrégation de Notre-Dame, que Dieu n’a cessé de bénir, et qui n’a cessé de prospérer, puisqu’il compte aujourd’hui (1930) près de 2500 religieuses, donnant l’instruction à plus de 50,000 élèves, dans 170 établissements, au Canada et aux Etats-Unis.L’abbé Louis Bouhier, P.S.S. 210 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE UNE BELLE ŒUVRE EDUCATIVE ET NATIONALE Le Jardin Zoologique de Québec A deux reprises nous avons parlé du jardin zoologique que le Ministère de la Colonisation de Québec est à installer à Charlesbourg, près Québec.M.L.-A.Richard, le sous-ministre du Ministère de la Colonisation a bien voulu nous fournir de nouveaux renseignements sur cette œuvre éducatrice et nationale: NOTRE FAUNE Comme l’honorable M.Laferté le faisait justement remarquer dernièrement au congrès annuel de l’Association pour la protection du poisson et du gibier, “d’un océan à l’autre, de la ligne 45e jusqu’aux terres de Baffin, nous avons une faune considérable, variée et intéressante.Or, c’est notre ambition de créer un jardin zoologique qui soit uniquement consacré à cette faune et où notre population pourra aller observer et étudier des spécimens-types.” N’est-ce pas le bon sens même et ne convenait-il pas tout d’abord de chercher à familiariser le public, et les enfants plus spécialement, avec la faune canadienne ?Ce programme est ambitieux mais il n’est pas irréalisable et, d’ici quelques années, il pourra être mené à bonne fin, sans qu’il soit nécessaire de dépenser des millions.Grâce à tous les concours qui s’offrent si libéralement, il deviendra possible d’avoir une collection complète de mammifères canadiens, car il est aujoud’hui reconnu que tous ces mammifères s’accommodent -très facilement du régime de la captivité.Une telle collection ne pourrait manquer de créer un vif intérêt, puisqu’elle est susceptible de comprendre des animaux d’au moins 40 genres différents, sans mentionner quelques centaines d’espèces ou de sous-espèces.Bêtes sauvages du plateau laurentien, des plaines de l’Ouest, des Rocheuses, de la Colombie, des Barren Lands et de l’Articque, c’est, somme toute, la faune d’un territoire plus vaste que l’Europe qui, pour la première fois, sera représentée au complet dans un jardin zoologique.Mais les mammifères, tout intéressants qu’ils soient, ne prendront pas à eux seuls toute la place, car une importante partie du jardin sera destinée à l’ornithologie, conformément au programme qui a été tracé et dont l’exécution se poursuivra méthodiquement au cours des quelques années à venir.En effet, il existe tant de bonnes raisons d’ordre sentimental, économique ou scientifique, pour faire large, très large, la part des oiseaux dans une organisation de cette nature.Plus riche que les mammifères en ordres, en familles, en genres et en espèces, la gent ailée ne cesse jamais de provoquer un intérêt considérable, non pas seulement chez les naturalistes et les savants, mais aussi chez tous ceux qui savent apprécier ce qui donne à la nature une valeur inestimable.UN VILLAGE CANADIEN DU XVIIie SIECLE tant que notre histoire, nos traditions, notre nature laurentienne n’auront pas inspiré à nos artistes une architecture originale, pourquoi le Canada français ne resterait-il pas fidèle à la simplicité harmonieuse et au charme quelque peu sévère de l’architecture normande que nos pères ont apportée avec eux et qu’ils ont vite adaptée à leurs nouvelles conditions de vie ainsi qu’au rude climat canadien ?.v construisant, au lendemain de leur arrivée, ces demeures agréables, faites pour braver les siècles, nos pères ne marquaient-ils pas leur volonté de se fixer pour toujours dans ce pays ?Et ce simple fait ne suffit-il pas pour donner chez nous un caractère national à l’architecture d’inspiration normande ?Ceux qui ont préparé le programme de construction et d’aménagement du jardin zoologique de Quebec n ont pas pensé autrement.Et ils se sont dit qu’il ne serait pas banal, si toutes ces constructions étaient ainsi faites et ainsi distribuées sur le terrain, qu’elles puissent donner l’illusion d un petit village canadien-français du bon vieux temps.Ne serait-ce pas faire d’une pierre deux coups ?i i 7'V0is I?la^sons Qeneris sont actuellement en construction.L’une servira pour les bureaux, e laboratoire, la bibliothèque, les collections et l’alimentation, la seconde tiendra lieu d’hôpital et la troisième sera réservée au gardien.Comme il était nécessaire d’avoir un poste d’observation pour permettre aux techniciens de suivre attentivement les animaux de la ferme expérimentale en certaines saisons de l’année, il fut ecide de construire,^au lieu d’une tour plus ou moins banale comme la chose se fait habituelle-men , une réplique d un de ces vieux mouhns à vent comme il en existe encore quelques-uns dans la province, bien qu’ils semblent tous frappés de mort. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 211 LES CONSTRUCTIONS FUTURES Faute d’argent, une partie seulement du programme pourra être exécutée présentement.Mais ce programme n’en comporte pas moins, pour l’avenir, plusieurs autres constructions et, entre autres, 1° un aquarium qui sera bâti sur l’une des chutes de la rivière du Berger et qui sera une adaptation de l’antique moulin de Vincennes, à Beaumont; 2° une maison de style ancien dans laquelle sera reconstitué aussi fidèlement que possible, un intérieur canadiens-français du temps de la conquête, avec ses meubles rustiques, l’ensemble des métiers si utiles à la ménagère, la vaste cheminée sur le feu de laquelle bouillait le pot familial.Mieux que le plus beau des livres, une telle reconstitution ne permettrait-elle pas à notre population et aux enfants en particulier de se rendre compte de la façon dont vivaient nos ancêtres dans ces demeures où les châssis vitrés étaient rares, l’éclairage artificiel très primitif et les poêles inconnus ?3° une autre maison ad hoc dans laquelle seraient accumulés tous les souvenirs qui concernent le chasseur, le trappeur, le coureur de bois et tous ceux qui ont mis dans notre histoire la poésie de l’aventure.Et, pour donner une atmosphère spéciale à ce village et s’assurer qu’il sera bien évocateur, pourquoi ne pas ajouter, non pas seulement une réplique de quelque beau calvaire de campagne, mais encore un four à pain, un abreuvoir, un puits couronné d’une longue perche et tout cet ensemble de choses qui sont déjà rares et qui, malheureusement pour nos enfants, le deviendront bientôt davantage?Qu’on n’aille pas prétendre que l’aménagement d’un jardin zoologique est une chose, la reconstitution d’un petit village d’autrefois une autre chose, et que c’est une erreur de mêler l’histoire à la zoologie.La faune a eu une telle importance dans la colonisation de ce pays qu’il est tout naturel d’associer à nos animaux sauvages le souvenir des premiers colons.Établir un jardin zoologique exclusivement destiné à la faune canadienne, c’est déjà faire une reconstitution historique, puisque c’est rappeler que ces animaux étaient ici avant nous et que c’est à cause d’eux que nos ancêtres sont venus.Puisqu’il est question de reconstitutions, il convient d’avouer que le programme en comporte plus d’une.Combien de gens dans nos villes et même dans nos campagnes ignorent le genre d’existence des sauvages et des bûcherons dans les grands bois ?Pour percer, à leurs yeux et aux yeux des enfants, le mystère de la forêt et pour leur montrer une chose qu’ils n’auraient peut-être jamais l’occasion de voir, un endroit a été réservé au jardin zoologique pour y dresser un campement de sauvages et un campement de chantier.Ils pourront mieux se rendre compte de la vie primitive que mènent en forêt ceux qui y sont attirés par la chasse des animaux à fourrure ou par l’industrie forestière.POUR LES ENFANTS Charlesbourg, grâce à la ferme expérimentale et au jardin zoologique, pourrait bien devenir un centre d’études important et le rendez-vous de tous ceux qui, dans la ville et le district, se destinent ^ux sciences naturelles.Rien ne sera négligé pour encourager ces pionniers et les aider: un laboratoire bien équipé, une bibliothèque bien pourvue, des collections organisées avec méthode, un personnel compétent et obligeant.Mais une attention toute spéciale sera accordée à la jeunesse.C’est elle qu’il faut atteindre, qu’il faut intéresser et qu’il faut aiguillonner vers les choses de la nature.Plus tard, des jours spéciaux de réception seront organisés à son intention et des instructeurs mis à sa disposition.Lorsque le temps sera venu, tout un programme pourra être élaboré à ce sujet avec les maisons d enseignement pour le bénéfice des jeunes naturahstes.L’ENSEIGNEMENT DU CHANT ET DE LA MUSIQUE À L’ECOLE {Troisième article) Sa mise en œuvre (1) De cet enseignement nous avons vu la grande utilité sous un triple aspect: religieux, la splendeur et 1 intérêt de nos cérémonies en seraient grandement rehaussés: social, les manifestations publiques en recevraient un éclat de meilleur aloi; individuel, la musique apporte des jouissances d ordre intime plus intenses et plus profondes que tout autre art humain.(1) (Voir VEnseignement Primaire de septembre et octobre 1932. 212 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Mais cet enseignement si désirable, comment en réaliser la diffusion dans les écoles primaires, tant rurales qu’urbaines?Problème complexe dont la solution n’est guère facile.Elle comporte, en effet, la formation d’un personnel capable d’acquérir et de transmettre les notions musicales, et cette exigence requiert évidemment une préparation de quelques années.Il faudrait en outre un Manuel spécialement rédigé à cet effet, car les manuels existants ont généralement pour but de former des spécialistes en musique (pianistes, violonistes, etc).On le voit, l’œuvre à réaliser, toute importante et féconde qu’elle s’avère, demande une organisation sérieuse et qui ne laisse rien au hasard.* * * Essai d’un plan d’enseignement Ce plan à établir comporte un programme bien défini, d’après lequel sera rédigée une méthode ou manuel à mettre aux mains des professeurs et des élèves.Ce programme lui-même doit être tracé en vue du but à obtenir et ne pas le dépasser.Or, dans l’enseignement à l’école primaire, on se borne, en général, aux rudiments des matières mises à l’étude; il en doit être ainsi pour la musique.Ajoutons, pour préciser, qu’il ne saurait être ici question que de la musique vocale, à savoir le solfège et le chant.Disons de plus que cet enseignement rudimentaire ne se propose pas immédiatement de former les futurs membres de chorales,—ce point doit faire l’objet d’un triage spécial et d’un entraînement propre,-—mais de développer de façon générale chez nos populations leurs belles aptitudes natives et leur sens musical.Programme d’études Pour être complet tout en étant rudimentaire, ce programme doit porter sur la lecture musicale (intonation et rythme) et sur la formation vocale.Chaque leçon, bien que brève, comporterait des notions de solfège, de rythme et des exercices de chant adaptés aux différents cours.Ces cours seraient au nombre de trois et correspondraient aux années sept, huit et neuf des enfants, et ne dépasseraient pas, en fait d’intonation, la gamme majeure et les intervalles naturels; en fait de rythme, les mesures à deux et trois temps, avec rondes, blanches et noires.Quant à l’émission vocale, veiller à l’observation de deux points fondamentaux: faire chanter en douceur, (ne jamais tolérer de cris ou d’efforts); développer la respiration.Chose singulière, chez l’enfant qui chante le phénomène de la respiration si naturel pourtant devient chose compliquée: il respire à tout instant sans nécessité, et souvent mal à propos.Distribution du programme Bien des auteurs de “Méthodes de chant” prétendent qu’avant sept ans un enfant n’a pas de voix susceptible de formation.Je ne saurais me rallier à cette opinion, trop souvent démentie par les faits.Que cette jeune voix ne puisse suivre un entraînement régulier, un cours de chant proprement dit, soit; qu’on doive la laisser inculte, à un âge où la mémoire (celle des sons en particulier) est si facile, où les impressions reçues laissent une si forte empreinte, où les loisirs à l’école sont plus nombreux, vu le peu de matières à leur apprendre, ce serait absolument regrettable, surtout quand la besogne se résumerait à quelques chants faciles, de peu d’étendue, qu’on leur enseignerait de mémoire et qu’on leur ferait souvent répéter.De la sorte ils auraient déjà un petit répertoire musical à leur usage, avant d’aborder l’étude des caractères de la musique.C’est ainsi qu’avant d’apprendre à lire, l’enfant parle depuis des années et possède un certain vocabulaire qui lui facilite le travail.C’est la méthode dite maternelle, la plus naturelle, la plus logique et la plus féconde; ajoutons: la plus agréable. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 213 Premier cours (7e année) Le premier cours comprendrait un certain nombre de petits chants, aisés, ne dépassant pas l'étendue d’une quinte, et proportionnés à la tessiture vocale des tout jeunes.Dans les premiers mois, ces chants seraient confiés à la mémoire, comme il a été dit ci-dessus.On les ferait alterner avec des exercices rythmiques élémentaires, en ayant soin de veiller à la régularité et à la précision.De même, pour l’émission vocale, exiger la douceur, l’ouverture de la bouche par l’écartement des mâchoires, l’articulation dégagée des paroles, et la respiration bien ménagée.Puis après quelques mois de pratique, aborder la lecture des signes, mais à petite dose et lentement.Ici le proverbe italien “Che va piano va sano” est tout à fait de saison: “Qui va doucement va sûrement”.Cinq notes, do ré mi fa sol; mesures à deux et trois temps, en rondes et blanches; exercices de rythme bien simples; émission douce des sons, justesse de l’oreille, respiration bien ménagée, voilà un programme d’une brièveté, dérisoire à première vue, pour toute une année.Qu’on se détrompe: là est l’avantage.Ces quelques notions, souvent répétées au cours de l’année, finissent par s’imposer aux plus réfractaires, et forment une fondation solide.Et puis, pour le personnel enseignant, ce très court programme peut être assimilé en quelques jours, pour être utilisé tout le long de l’année.Deuxième cours (8e année) Après avoir au début de l’année scolaire revu soigneusement le premier cours, on étudie la gamme majeure avec les intervalles naturels ne dépassant pas la quinte; les mesures à deux et trois temps avec rondes, blanches et noires, et leurs silences correspondants.On aborde aussi les vocalises faciles et lentes qui développent la voix, surtout sur les sons u, ou, i.La notation chiffrée, très simple, rendra de précieux services et aidera par la suite à mieux saisir la constitution des gammes en leurs différentes tonalités et à bien comprendre les termes qui désignent les intervalles.Ici encore se rappeler que si “la répétition est, selon un mot fameux, la meilleure figure de rhétorique, elle est également en pédagogie musicale l’industrie la plus efficace.” Troisième cours (9e année) Parallèlement à la revue des deux cours précédents dans les premiers mois, viendrait s’ajouter la dictée musicale, déjà inconsciemment préparée; l’étude un peu plus poussée du rythme par l’adjonction de la “croche”, en vue du grégorien.Celui-ci requiert la lecture du latin, avec prononciation à la romaine.Autrefois ces exercices de lecture latine étaient au programme des classes les plus avancées, et ce n’était pas un mince honneur que d’y être admis! Ce troisième cours devrait comporter à tout le moins les textes latins avec prononciation figurée et traduction des chants ordinaires de la messe: Asperges, Kyrie, Gloria, etc.Le Credo surtout y devrait figurer afin de rendre possible le chant d’ensemble par toute l’assistance paroissiale de cette grande profession de foi, — chacun de ces cours, de format égal, ferait un fascicule de vingt à trente pages, selon le degré, et serait le manuel en usage pour l’élève et le professeur.A ce dernier un supplément de formation et d’informations pourrait aisément se donner en quelques jours à l’époque des vacances.Dans les instituts religieux l’organisation en est des plus faciles; pour les laïques, il leur serait également aisé de se réunir, à une époque déterminée, dans les Écoles normales.3 214 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Le problème des professeurs U se dresse, tout d’abord, sur la route que nous avons tracée: “Où les trouvera-t-on pour tant d’écoles à la fois?” C’est la question qui se présente d’elle-même et qui réclame une solution, sans quoi rien ne se fera.D’abord, n’allons pas l'oublier, l’enseignement musical, tel qu’on en vient d’esquisser le plan et en tracer le programme, ne requiert pas de spécialistes en musique.Tout sujet, pourvu d’aptitudes ordinaires et animé de bonne volonté, pourra facilement et en fort peu de temps, (quelques jours à peine), s’assimiler suffisamment le court programme à enseigner durant l’année.La musique n’a rien du mystère dont on se plaît à l’entourer, par suite de méthodes maladroites et routinières.Avec un manuel bien fait procédant graduellement du connu à l’inconnu, avec, en plus, quelques directives données par des gens d’expérience, on aura vite reconnu qu’on se faisait un épouvantail d’une tâche bien facile et qui ne manque pas d’agrément une fois bien comprise.Écoles rurales Dans les écoles des villes, divisées en classes ayant chacune son titulaire, les choses devraient marcher de soi.Mais dans les écoles rurales, où il n’y a qu’un ou deux professeurs, la situation devient plus compliquée.Comment, en pareils cas, distribuer l’enseignement aux trois différents cours ?Il est certain que l’adaptation est plus difficile et que le point demande d’être bien examiné.L’exercice de chant dans un local où les différents cours sont réunis ne peut se faire sans inconvénients pour la classe.Une certaine catégorie d’élèves ne peuvent étudier pendant qu’une autre chante, ne fût-ce qu’à voix modérée, sans que l’application ou la discipline en souffre quelque peu, beaucoup parfois, le cas échéant.Par ailleurs, dans de telles écoles où préside un seul titulaire, aidé d’un assistant, un cycle ou roulement s’établit dans l’ordre des matières, et le personnel s’habitue à faire son travail, pendant qu’à côté toute une section s’adonne à une occupation différente.Le pli est bientôt pris chez les enfants et les premiers pas faits en ce sens, l’habitude est vite acquise.Il y a aussi la ressource de l’enseignement mutuel qui peut fournir une solution à cette réelle difficulté.Au début du cours ou de l’année, tout le monde est sur le même pied et les exercices seront communs à tous et faits en même temps.Mais quand il y aura deux ou trois cours différents, la situation se corse: le maître peut difficilement subvenir à tout enseignement et discipline.Il se rencontrera d’ordinaire, en toute école, quelques sujets bien doués qui auront vite maîtrisé le programme et qui pourront à leur tour en contrôler la répétition, pendant que le professeur a l’œil ailleurs.Ce sera tout profit pour l’élève répétiteur (on sait que les enfants se disputeront ce poste privilégié), et pour le maître qui se verra déchargé d’autant et pourra exercer ailleurs son activité.Initiative opportune Dois-je m’excuser de présenter une ébauche nécessairement incomplète et plutôt informe d’un plan de telle envergure ?Mais l’introduction dans nos écoles de cet enseignement de la musique, même à dose si res- treinte, aurait des effets si avantageux que plus tard on se blâmerait de ne pas l’avoir établi plus tôt.Que de fois j’ai entendu des hommes d’un certain âge et des jeunes gens, possesseurs de belles voix, mais dépourvus de toute notion musicale, regretter amèrement de n’avoir pas eu la chance d’apprendre la musique! Ce n’est pas à seize, vingt, trente ans que cette étude se fait, mais de cinq à dix ans : on y a le temps, la facilité, les aptitudes et l’on s’y plie volontiers.Plus tard, il est trop tard.C.-H.Lefebvre, S.J. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 215 ENSEIGNEMENT 111 ANTIALCOOLIQUE | Li s Clercs de SI- Mule 20til, Sl-lhiininiiiur Muntreu! .Trrrz- z^rjrir-™jr«*a' L’ALCOOL JUGÉ PAR LES MÉDECINS TABLEAU Dis-moi ce que tu bois, je te dirai quelle est ta santé.U En 1903 L’Académie de Médecine de Paris a ainsi condamné l'alcool : En 1908 593 médecins d’Angleterre 693 “ de Hollande déclaraient: “Les boissons alcooliques sont dangereuses et nuisibles à cause des essences et de l’alcool quelles renferment” ‘T L’alcool est un poison; 2° L’usage même modéré des boissons spi-ritueuses est toujours nuisible à la santé En 1910 1426 médecins de la Belgique affirmaient que ¦ç» ' f Nimm En 1912 La Société Médicale de Montréal et 677 médecins de la Province de Québec déclaraient.En 1917 L’Association Médicale d’Amérique (représentant 60.000 médecins) faisait la déclaration suivante : “1° C’est une erreur LC de croire que ' l’usage des bois- >> *¦¦?¦¦** sons alcooliques donne des forces, nourrit et réchauffe; 2" L’usage des boissons enivrantes prépare et aggrave les maladies; _____________________________________ 3° L’eau bien pure est la boisson la plus hygiénique.” “1° La science contemporaine soutient avec raisons et preuves à l’appui, que l’alcool, poison du foie et du système nerveux surtout, est, en vérité, une substance dangereuse dont les hommes doivent absolument s’abstenir; 2" Il n’y a pas de boissons hygiéniques parmi les boissons alcooliques.” “1° Nous croyons que l’usage de l’alcool est nuisible à la constitution physique de l’homme; 2° Que son emploi comme remède, tonique, stimulant ou aliment, n’a aucune valeur scientifique.” Eau-de-vie, eau de mort : si elle fait vivre ceux qui la vendent, elle tue ceux qui la boivent.-||n IfliMMElîM niM Tableau II de la collection publiée par les Clercs de Saint-Viatf.ur {Reproduit de la TEMPÉRANCE avec permission.) 216 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE DOCUMENTS OFFICIELS LE MERITE SCOLAIRE Département de Tlnstruction publique Aux communautés enseignantes de la Province de Québec (1) Québec, le 5 septembre 1932.Le Comité qui administre l’Ordre du Mérite scolaire ayant décidé d’en élargir les cadres, un certain nombre de nouvelles décorations devront être décernées dans un avenir prochain.Je crois devoir vous rappeler que cet Ordre comprend trois degrés: 1° Le 1er degré, désigné sous le titre de Méritant, accordé à tous ceux et celles qui ont au moins 35 ans d’enseignement; 2° Le 2ième degré, désigné sous le titre de Bien méritant, décerné à ceux et celles qui enseignent depuis au moins 20 ans et qui ont obtenu des succès signalés; 3° Le 3ième degré, désigné sous le titre de Très méritant, décerné à ceux et celles qui enseignent depuis au moins 20 ans et qui ont obtenu les plus grands succès.Vous trouverez sous pli la liste des membres de votre Communauté qui sont déjà déco-rés-rées, et je vous prie de bien vouloir me faire connaître, d’ici au 10 novembre prochain: 1° Les noms et adresses de tous vos religieux (ou religieuses) ayant consacré au moins 35 ans à l’enseignement dans notre province et qui n’ont pas encore été décorés-rées; 2° Les noms, par ordre de mérite, et adresses de deux ou trois de vos religieux (ou religieuses) ayant au moins 20 ans d’enseignement et considérés-rées comme ayant remporté des succès signalés; 3° Le nom et l’adresse d’un de vos religieux (ou religieuses) ayant au moins 20 ans d’enseignement et considéré-rée comme ayant remporté les plus grands succès.Il est entendu que l’on doit faire compter l’année scolaire courante dans les années d’enseignement de tout religieux ou religieuse recommandé-dée pour une décoration et qui est encore dans l’enseignement.Votre recommandation pour une décoration du 2ième ou du 3ième degré peut aussi bien concerner une personne déjà décorée d’un degré inférieur, si vous considérez qu’elle mérite une promotion.Je vous prie aussi de me faire savoir s’il y a eu des décès parmi les membres de votre Communauté qui ont été décorés-rées.J’ai l’honneur d’être, Votre tout dévoué, Le Surintendant de l’Instruction publique, ________ Cyrille’-F.Delage.(1) Une circulaire identique se rapportant aux instituteurs et aux institutrices laïques, a été adressée à MM.les inspecteurs d’écoles. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 217 75e ANNIVERSAIRE DE LA FONDATION DE L’ECOLE NORMALE JACQUES-CARTIER, MONTRÉAL Allocution prononcée par l’honorable Cyriîle-F.Delâge, Surintendant de l’Instruction publique Monsieur le Président, (1) Excellence, (2) Messieurs, Le 2 octobre 1932.La famille normalienne est une belle, une nombreuse famille ayant bonne tête et grand cœur.Elle ne pratique pas la religion de l’oubli, de l’ingratitude; elle a, au contraire, le culte du souvenir.Aussi, par la manifestation de si brillantes qualités établit-elle la réputation de sa maison, de son Alma Mater, jette-t-elle constamment du lustre sur son blason.J’ai pour elle, pour cette famille, je l’avoue, du respect, de l’admiration, de la reconnaissance.Ma présence en est une preuve plus manifeste, plus éloquente que les paroles qui tombent en ce moment de mes lèvres.Cette appréciation, elle la mérite; ce témoignage, elle y a droit et je suis heureux et fier d’être ici pour la lui donner et le lui rendre personnellement et officiellement.Le 75e anniversaire de la fondation de l’École normale Jacques-Cartier ne pouvait passer, ne devait passer d’une manière inaperçue.Grâce à votre zèle, Monsieur le président, grâce à celui de vos dévoués collaborateurs, grâce à la piété filiale qid nous animent tous; il ne passe pas d’une manière inaperçue.Des fêtes en marquent la date dans nos annales, la burinent profondément dans les cœurs et les cerveaux pour l’honneur et l’avantage de cette institution, du corps enseignant et de l’instruction publique dans cette province.Mes cordiales félicitations pour ce geste touchant et réconfortant, à la fois évocateur et provocateur, et mes remerciements les plus sincères pour votre aimable invitation à augmenter le nombre de ceux qui en seraient les heureux témoins.Il est non seulement nécessaire de s’arrêter dans la montée afin de reprendre haleine, mais aussi salutaire de jeter alors un regard sur le chemin parcouru avant de continuer la course toujours de plus en plus difficile vers le sommet.PASSÉ—PRÉSENT-—A VENIR Cest le triple avantage de votre démonstration.L’instruction a toujours été une de nos plus grandes préoccupations, une de nos continuelles préoccupations.Nous ne nous en sommes jamais désintéressés.Pour nous, c’était, c’est encore, ce sera toujours le bouclier qui protège l’existence, assure la survivance.Le passé! Il n’est pas assez éloigné pour que nous ne puissions l’apercevoir sans grande difficulté.Nous le touchons du doigt; soixante-quinze ans au plus nous en séparent.Pouvons-nous le contempler avec satisfaction, avec fierté?Pour juger une œuvre, l’apprécier à son véritable mérite, il faut, il me semble, se reporter à l’époque où elle a été accomplie, reconstituer la scène sur laquelle elle a fait ses débuts.Quelle était notre situation en 1857, lors de l’ouverture de nos premières écoles normales?Notre système scolaire était à l’état embryonnaire.Son personnel enseignant, restreint, disséminé sans préparation suffisante, ne pouvait par conséquent, malgré sa bonne volonté, suffire à la tâche, répondre aux nouvelles et légitimes exigences.Et tant vaut le maître, tant vaut l’élève, la famille, la société.Chauveau, mon illustre prédécesseur, plus que tout autre, le savait, en était convaincu; aussi, avec son patriotisme éclairé, cherchait-il le remède, et le découvrant dans l’école normale, cet organisme qui recrute et forme l’instituteur, en sollicita et obtint l’ouverture de deux, l’une à Québec, l’autre à Montréal.Honneur à lui et reconnaissance! Cette dernière dont vous célébrez aujourd’hui l’un des glorieux anniversaires fut confiée à la sollicitude d’un homme d’une rare valeur, feu M.l’abbé H.-A.Verreau.Inclinons-nous bas, bien bas devant sa mémoire.Vous l’aimez votre école normale, vous en êtes fiers.Vous avez raison, ce sentiment est légitime.Oui, quand je constate le chemin qu’elle a parcouru depuis sa fondation, les résultats qu’elle a obtenus, les nombreux et excellents sujets qu’elle a formés, fournis à toutes les classes de la société, l’élite qu’elle a créée, sa parure et sa récompense, je puis regarder le passé avec fierté, comme vous, et, sous le (1) M.Irénée Vautrin, vice-président de l’Assemblée législative.(2) S.Exc.Mgr Gauthier, archevêque-administrateur, de Montréal. 218 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE coup d’une grande satisfaction, offrir des remerciements et des félicitations aux Verreau, aux Dubois, aux Desrosiers et à leurs élèves, bref à tous ceux auxquels nous le devons.Nous avons donc recueilli une riche, mais lourde succession.Le fait est incontestable.Mais il ne suffit pas de recueillir un bel héritage, il faut le conserver, le transmettre à notre tour, cette fois agrandi, augmenté.Agir autrement serait s’arrêter, et s’arrêter c’est reculer.A maintes reprises, des heureuses suggestions ont été faites par des voix très autorisées; la plupart ont été écoutées.Ne reculons ni devant l’effort, ni devant même le sacrifice, afin que les autres le soient également dans un avenir prochain.Le succès de l’œuvre l’exige.Et s’il en est ainsi, selon le désir exprimé par son premier principal, elle ne périra point; au contraire, elle continuera de se développer davantage en force et en beauté, arrivera triomphalement à son centenaire.C’est le vœu très sincère que je forme en terminant, avec l’espoir qu’il sera entendu et exaucé.LES COURS DE PERFECTIONNEMENT PÉDAGOGIQUE DE L’UNIVERSITÉ LAVAL DE QUÉBEC A L’USAGE DU PERSONNEL ENSEIGNANT PRIMAIRE Brevets et certificats Liste officielle Le 18 octobre dernier, le secrétaire de l’Université Laval, M.l’abbé Arthur Maheux, a communiqué aux journaux la liste des instituteurs et des institutrices (religieux et laïques) qui ont subi avec succès les examens des cours universitaires de perfectionnement pédagogique.Ces cours ouverts aux instituteurs et aux institutrices et recommandés parle Comité catholique du Conseil de l’Instruction Publique, sont couronnés soit par un certificat, soit par un brevet universitaire primaire.Les matières fondamentales sont la religion, la pédagogie, la langue française (grammaire et littérature), les mathématiques et l’anglais.Une séance d examens fut tenue en mai 1932 et une autre au mois d’août.Sur les candidats qui se sont présentés, cinquante ont subi les examens avec succès.Voici la liste des personnes qui ont obtenu le brevet ou les certificats.Brevets Sr Marie-Cléophas, des Sœurs de la Charité, a.t.g.d.; Sr Marie Médiatrice, des Sœurs du U,°,n Vasteur, a.g- d.; Sr St-Grégoire de Naziance, des Sœurs du Bon Pasteur, a.g.d.; Sr Ste-Mech-tilde, des Sœurs de Limodou, a.g.d.; Sr Marie de St-Ludger, des Sœurs du Bon Pasteur, a.d.; |pte—Uildegarde, des Sœurs du Bon Pasteur, a.d.; Sr.Ste-Lucienne, des Sœurs du Bon Pasteur, a.d., J.-E.Beaumont, avec succès; J.-Eloi Perron, avec succès; Gérald Paré, avec succès; Marguerite Laroche, avec succès.0 Certificats (a) Sœurs du Bon Pasteur: Sr Mary-Stella, cinq certificats.(b) Sœurs de Limoilou: a A/?r .®^"Uouise du Sacré-Cœur, cinq certificats; Sr Marie du Divin Cœur, cinq certificats; Sr Marie-Louise, quatre certificats; Sr Ste-Sophie, trois certificats; Sr Ste-Florentine, trois certi-, s’ .q ®~Uulalie, trois certificats; Sr Ste-Félicité, trois certificats; Sr Mafie de Jésus, trois cer-tro?s certifias•0rnUa ^’ *r01S certificats; Sr Ste-Isabelle, trois certificats; Sr Marie-Constance, wt ^ Uaïques.Géraldine Bornais, cinq certificats; Jean-Paul Lavoie, quatre certificats; J.-Bte Wespnes deux certificats; Jules-H.Tousignant, deux certificats; Rose-Anna Cantin, deux certi-ncats; Wiitnd Carbonneau, un certificat; Mary Paquet, un certificat; Philippe Goulet, un certi- PRIMATE F, 219 BUREAU CENTRAL DES EXAMINATEURS CATHOLIQUES For English Applicants a.The "History of Pedagogy during the 17th Century” found in History of Education by McCormick Catholic Educational Press, 1326, Quincy Street, Washington, U.S.A.b.Pedagogy: “Elements of Pedagogy by the Brothers of the Christian Schools”, and “Appendix A” (Sections 1 and 2) of the “Schools Regulations of the Catholic Committee of the Council of Public Instruction”, from page 55 to S3.METHODOLOGIE LA LECTURE EXPLIQUÉE A L’ECOLE PRIMAIRE SUPERIEURE ET A L’ECOLE NORMALE (Pour Y Enseignement Primaire) PAYSAGE ALSACIEN (RENÉ BAZIN: Les Oberlé) Le jour bleuissait dans le pli des ravins.C’était l’heure où l’attente de la nuit ne semble plus longue, où le lendemain se lève déjà dans l’esprit qui songe.En quelques minutes, Jean eut traversé la cour, suivi les corridors du monastère, et ouvert la porte qui donne sur un jardin en angle aigu, à l’est des bâtiments.C’est là que tous les pèlerins de Sainte-Odile se réunissent pour voir l’Alsace quand le temps est clair.En ce moment, le brouillard était divisé en deux régions, car le soleil était tombé au-dessus de la crête des Vosges.Tout le nuage qui ne dépassait pas cette ligne onduleuse des cimes était gris et terne, et, immédiatement au-dessus, des rayons presque horizontaux, perçant la brume et la colorant, donnaient à la seconde moitié une apparence de légèreté, de mousse lumineuse.D’ailleurs, cette séparation même montrait la vitesse avec laquelle le nuage montait de la vallée d’Alsace vers le soleil en fuite.Les flocons emmêlés entraient dans l’espace éclairé, s’irradiaient et laissaient ainsi apercevoir leurs formes incessamment modifiées, et la force qui les enlevait, comme si la lumière eût appelé leurs colonnes dans les hauteurs .Dans la brume qui montait, les voix des cloches étaient encloses et serrées.Elles s’échappèrent tout à coup du nuage, et on eût dit que chaque paquet de brouillard éclatait comme une bulle sonore.et versait à la cime du mont sacré l’harmonie d’un clocher.“Pâques! Pâques! Le Seigneur est ressuscité! Il a changé le monde et délivré les hommes! Les cieux sont ouverts!” Elles chantaient cela, les cloches d’Alsace.Elles venaient du pied de la montagne, et de loin, de bien loin; voix de petites cloches et voix de bourdons de cathédrales; voix qui ne cessaient point et qui, d’une volée à l’autre, se prolongaient en grondements; voix qui passaient, légères, intermittentes et fines, comme une navette dans la trame; chœur prodigieux dont les chanteurs ne se voyaient point l’un l’autre; cris d’allégresse de tout un peuple d’églises; cantiques de l’éternel printemps qui s’élançaient du fond de la plaine voilée de nuages et montaient tous ensemble au sommet de Sainte-Odile. 220 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE La grandeur de ce concert des cloches avait rendu silencieux les quelques hommes qui étaient là groupés.L’air priait.Les âmes songeaient au Christ ressuscité.Plusieurs songeaient à l’Alsace.—Il y a du bleu, dit une voix.—Du bleu, là-haut, répéta une femme comme en un rêve.On l’entendit à peine dans le mugissement de sons qui soufflait de la vallée.Cependant tous les yeux à la fois se levèrent.Ils virent que, dans le ciel, dans la masse des brumes galopant à l’assaut du soleil, des abîmes bleus s’ouvraient et se comblaient avec une rapidité vertigineuse.Et, quand ils regardèrent de nouveau en bas, ils reconnurent que le nuage aussi se déchirait sur les pentes.C’était l’éclaircie.Des parties de forêt glissèrent dans les fentes du brouillard en mouvement, puis d’autres, des crevasses noires, des halliers, des roches.Puis, brusauement, les derniers lambeaux de brume étirés, tordus, lamentables, montèrent en tourbillons, frôlèrent la terrasse, la dépassèrent.Et la plaine d’Alsace apparut, bleue et dorée.Un de ceux qui regardaient cria: —Que c’est beau! Tous se penchèrent en avant pour voir, dans l’ouverture de la montagne, la plaine qui s’élargissait à l’infini.Toutes ces âmes d’Alsaciens s’émurent.Trois cents villages de leur patrie étaient au-dessous d’eux, dispersés dans le vert des moissons jeunes.Ils s’endormaient au son des cloches.Chacun n’était qu’un point rose.Le fleuve, presque à l’horizon, mettait sa barre d’argent bruni.Et au delà, c’étaient des terres qui se relevaient, et dont le dessin se perdait rapidement dans les brouillards encore suspendus au-dessus du Rhin.Tout près, en suivant les pentes des sapinières, on voyait, au contraire, les moindres détails de îa forêt de Sainte-Odile.Elle avançait dans la vallée plusieurs caps de verdure sombre, elle recevait entre eux la verdure pâle des premiers prés.Tout cela n’était plus éclairé que par le reflet du ciel encore plein de rayons.Aucune partie éclatante n’attirait le regard.Les terres fondaient leurs nuances en une harmonie, comme les cloches fondaient leurs voix.COMMENTAIRE LITTERAL Le jour bleuissait: commençait à devenir bleu.L’attente delà nuit ne semble plus longue: on n’a plus à attendre longtemps la nuit.Le lendemain se lève déjà dans l’esprit qui songe: l’homme réfléchi pense déjà au lendemain, et le voit pour ainsi dire.Jean eut traversé.: Dans la proposition principale, le passé antérieur exprime l’achèvement rapide et complet de l’action.Crête: partie saillante, étroite, sur la cime d’une montagne, d’une vague, d’un mur, etc.1 .Onduleuse: qui a les mouvements souples, sinueux, comme ceux de l’onde.Mousse: exactement écume qui foisonne à la surface d’un liquide; par leur légèreté, leur forme, leur couleur, les nuages ressemblent à cette écume.Flocons: 1 petite boule légère de soie, de laine, de coton; 2° petite masse légère de neige, de plumes, de poils, etc.S irradiaient: se multipliaient, se propageaient en rayonnant.„ , Leurs colonnes: les flocons emmêlés forment des groupements minces, allongés, qui ressemblent a des colonnes.Leurs voix étaient encloses et serrées: L’épaisseur du brouillard (la brume) tenait la voix des cloches comme etroitement enfermée.On eût dit que chaque paquet de brouillard éclatait, etc.Lorsqu’une bulle d’air se heurte à un obstacle, elle éclaté.Le son des cloches perçant ici la brume, leur éclat ressemble à l’explosion du brouillard venant toucher le mur.Cime, sommet pointu d’un objet élevé.—Ce mot appartient surtout au vocabulaire poétique., : h.sacre: La montagne de Ste-Odile porte un couvent, où, depuis des siècles, les Alsaciens multiplient les pèlerinages.Harmonie, accord de sons agréables à l’oreille, ou même succession de sons agréables, expression harmonie d’un clocher” s’accommode de l’un ou de l’autre sens, suivant que le clocher compte une ou plusieurs cloches.Bourdons: très grosses cloches à son grave.\olée.oscillation complète d’une cloche mise en branle.Orondements: sons sourds, prolongés, effrayants.ntermittentes: le contraire de continues, dont l’action s’arrête, reprend, et ainsi de suite, inoni (jrnrr!elme navette dans la trame: Sur le métier à tisser, sont tendus d’abord les fils qui consti-rm e C aine’.a travers ces fils, on lance un petit instrument appelé navette (petite nef, à cause oi me, qui est celle d un petit bateau) et portant les fils de la trame.En fait, la navette ne I > ;; f t L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 221 passe pas dans la trame, mais dans la chaîne.Il semble bien que l’écrivain ait ici commis une légère erreur.Chœur: ensemble de voix chantant à l’unisson ou en parties.Allégresse: joie vive.L’air 'priait: Dans le silence des hommes, l’air ne vibre plus que de la voix des cloches, qui est comme une prière.Mugissement: cri sourd et prolongé des bovidés.Il s’agit ici de la sonnerie grave des grosses cloches.Qui soufflait: Tous ces carillons ébranlent l’air comme d’un souffle.Les brumes galopant à l’assaut du soleil: Le romancier nous a montré déjà l’ascension rapide des nuages vers le soleil, qu’ils semblent vouloir attaquer et emporter.Des abîmes bleus: des pans de ciel bleu profonds comme des abîmes.Se comblaient: se remphssaient entièrement (de brume).Vertigineuse: qui donne le vertige.L’éclaircie: apparition de la clarté dans un ciel sombre.Crevasses: fentes plus ou moins profondes à la surface d’un corps.—Tl s’agit ici des gorges de la montagne.Halliers: réunion de buissons serrés et touffus.Lamentables: dignes de pitié, avec une nuance péjorative comme piteux.Frôlèrent: touchèrent légèrement.Le fleuve: Le Rhin.Sa barre d’argent bruni: Le fleuve semble barrer l’horizon.Sous le ciel “encore plein de rayons” il brille comme l’argent, mais d’un éclat atténué par le crépuscule proche.Elle avançait.plusieurs caps: les contreforts de la montagne s’avancent au-dessus de la plaine comme des caps.Elle recevait entre eux la verdure, etc.Entre ces contreforts, des prés pénètrent en la montagne qui semble les accueillir.Les terres fondaient leurs nuances.Les tons des terres se mêlaient doucement entre eux, en un accord pareil à une harmonie.ANALYSE LITTÉRAIRE René Bazin nous donne ici un bel exemple de sa manière.Observateur attentif, il peint avec exactitude.Poète, il ordonne, il interprète en vue d’un effet d’ensemble.Psychologue, moraliste, il ne sépare pas la nature de l’homme, mais au contraire les associe volontiers dans un même drame.Il peint avec exactitude deux ordres de phénomènes: un phénomène lumineux et un phénomène sonore.Le phénomène lumineux, ce sont les jeux du brouillard et du soleil.Ils sont indiqués avec une précision qui semble d’abord comporter quelque sécheresse.Répartition des ombres et des clartés, formes, couleurs, mouvements, densité, tout y est: “.le brouillard était divisé en deux régions, car le soleil était tombé au-dessus de la crête des Vosges.Tout le nuage qui ne dépassait pas cette ligne onduleuse des cimes était gris et terne, et, immédiatement au-dessus, des rayons presque horizontaux, perçant la brume et la colorant, donnaient à la seconde moitié une apparence de légèreté, de mousse lumineuse.D’ailleurs, cette séparation même montrait la vitesse avec laquelle le nuage montait de la vallée d’Alsace vers le soleil en fuite.” Un peu plus loin, c’est “l’éclaircie”; et là encore le phénomène est peint, dans sa progression, avec une précision exacte à la fois et pittoresque: “Des parties de forêt glissèrent dans les fentes du brouillard en mouvement, puis d’autres, des crevasses noires, des halliers, des roches.Puis, brusquement, les derniers lambeaux de brume, étirés, tordus, lamentables, montèrent en tourbillons, frôlèrent la terrasse, la dépassèrent.” Comme il reproduit les mouvements successifs du brouillard, R.Bazin discerne les nuances, les intensités diverses d’une même couleur: “La forêt avançait dans la vallée plusieurs caps de verdure sombre, elle recevait entre eux la verdure pâle des premiers prés.Tout cela n’était plus éclairé que par le reflet du ciel encore plein de rayons.” Le phénomène sonore n’est pas reproduit avec moins d’exactitude.Voici d’abord comme un effet de surprise: “Dans la brume qui montait, les voix des cloches étaient encloses et serrées.Elles s’échappèrent tout à coup du nuage, et on eût dit que chaque paquet de brouillard éclatait comme une bulle en touchant le mur.”—Et maintenant, l’analyse du concert, c’est-à-dire la part faite à chaque instrument dans le chœur ou la symphonie: “Elles venaient du pied de la montagne, et de loin, de bien loin; voix de petites cloches, et voix de bourdons de cathédrales; voix qui ne cessaient point, et, d’une volée à l’autre, se prolongeaient en grondements; voix qui passaient, légères, intermittentes et fines.”.—Tout y est encore une fois, timbre, amplitude et rythme; mais, nous allons le voir, sans que cette exactitude, cette précision nuise aucunement au caractère poétique du morceau.Poésie pittoresque d’abord.4 222 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Nous avons vu déjà avec quel bonheur Bazin trouve les images nécessaires à un effet lumineux ou coloré: “Des parties de forêt glissèrent dans les fentes du brouillard.Les derniers lambeaux de brume étirés, tordus, lamentables, montèrent en tourbillons.—Voici un autre exemple: “Chacun (des villages) n’était qu’un point rose.Le fleuve, presque à l’horizon, mettait sa barre d’argent bruni.” Pour exprimer le brusque élan, la subite arrivée du concert longuement attendu, Bazin apporte une image à la fois familière et hardie: “Dans la brume qui montait, les voix des cloches étaient encloses et serrées.Elles s’échappaient tout à coup du nuage, et on eût dit que chaque paquet de brouillard éclatait comme une bidle en touchant le mur.” Mais aux comparaisons, aux métaphores qui laissent aux choses leur aspect, même pittoresque, de choses, le poète qu’est Bazin préfère les images qui leur communiquent, avec la vie, une dignité supérieure.Ainsi, dans la phrase qui suit et qui semble d’abord purement descriptive, ainsi prête-t-il à la lumière une force, une intention qui, de fait, la dépassent: “Les flocons emmêlés entraient dans l’espace éclairé, s’irradiaient, et laissaient ainsi apercevoir.la force qui les enlevait, comme si la lumière eût appelé leurs colonnes dans les hauteurs.” Pareillement, pour René Bazin les cloches ne sont pas seulement des instruments dont il analyse le rôle en la vaste symphonie, elles sont des voix, des voix pieuses qui “versent à la cime du mont sacré l’harmonie” des clochers.A reproduire leur chant, lui-même s’exalte, il le célèbre comme il ferait un chant humain: “Chœur prodigieux dont les chanteurs ne se voyaient point l’un l’autre; cris d’allégresse de tout un peuple d’églises: cantiques de l’éternel printemps.” Mais ces derniers mots nous révèlent déjà un autre procédé de R.Bazin.Pour la commodité de notre étude, nous avons distingué entre les phénomènes lumineux et les phénomènes sonores reproduits par le romancier; et de fait, il y a bien chez lui deux descriptions successives.Mais la première ne finit pas quand commence la seconde; il y aura des retours, des reprises; ici, le thème lumineux alternera avec le thème sonore; ailleurs, il se mêlera à lui, et leur harmonieuse rencontre aboutira à une symphonie poétique des lumières, des couleurs et des sons.Déjà, on se le rappelle, l’éclosion des sonneries avait été comme une évasion hors du nuage, comme une entrée joyeuse dans la lumière.Un peu plus loin, le romancier célèbre encore cette victoire de la claire musique sur le brouillard: “Cantiques de l’éternel printemps, qui s’élançaient du fond de la plaine voilée de nuages et montaient pour se fondre tous ensemble au sommet de Sainte-Odile.” Et quand tombe le soir, c’est un même apaisement des sons et des couleurs: “Trois cents villages.étaient au-dessous d’eux, dispersés dans le vert des moissons jeunes.Us s’endormaient au son des cloches.Chacun n’était qu’un point rose.Le fleuve, presque à l’horizon, mettait sa barre d’argent bruni.”— Et pour finir: “Tout cela n’était plus éclairé que par le reflet du ciel encore plein de rayons.Aucune partie éclatante n’attirait le regard.Les terres fondaient leurs nuances en une harmonie, comme les cloches fondaient leurs voix.” Cette harmonie, Bazin ne se contente pas de l’établir entre les formes diverses et les divers éléments de la nature; il la fait régner entre les choses et les hommes.Aux choses elles-mêmes, il prête des attitudes, des intentions, des actions humaines; et nous avons signalé déjà telles formules poétiques qui confèrent à sa description un caractère spirituel: “.voix.légères, intermittentes et fines: .chœur prodigieux.cantiques de l’éternel printemps.En voici une qui, les résumant toutes, prépare l’union intime des choses et des âmes: “La grandeur de ce concert des cloches avait rendu silencieux les quelques hommes qui étaient là groupés.L’air priait.” Dans cette atmosphère spiritualisée, l’homme ne peut avoir, lui aussi, que de hautes et pures pensées: “L’air priait.Les âmes songeaient au Christ ressuscité.Plusieurs songeaient à l’Alsace.” Paroles émouvantes qui achèvent de donner à toute la description son caractère profond.Si beau qu’il soit, en effet, avec ses montagnes, ses forêts, sa plaine et son fleuve lointain, le paysage n’est pas décrit pour lui-même.La montagne de Sainte-Odile est un lieu de pèlerinage, un sanctuaire national et religieux.On y vient, surtout aux grands jours, chercher des consolations et des espérances; on y vient admirer, aimer, prier.Le moindre phénomène y prend une valeur symbolique, que des spectateurs avides interprètent avec une passion silencieuse.Un coin bleu dans un ciel sombre, c’est peu de chose en soi.Mais pour des âmes nostalgiques, quel signe et quel gage! “L’air priait.Les âmes songeaient au Christ ressuscité.Plusieurs songeaient à l’Alsace.—Il y a du bleu, dit une voix.—Du bleu, là-haut, répéta une voix de femme comme en un rêve.“On l’entendit à peine, dans le mugissement de sons qui soufflait de la vallée.Cependant tous les yeux se levèrent.Ils virent que, dans le ciel, dans la masse des brumes galopant à l’assaut du soleil, des abîmes bleus s’ouvraient et se comblaient avec une rapidité vertigineuse.Et, quand ils regardèrent de nouveau en bas, ils reconnurent que le nuage aussi se déchirait sur les pentes.C’était l’éclaircie.” Et, quand le brouillard fut dissipé, “la plaine d’Alsace apparut bleue et dorée.” “Un de ceux qui regardaient cria: —'Que c’est beau!” L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 223 Cri banal en soi; mais, ici, cri d’amour et cri d’espérance.Ainsi le comprennent les autres pèlerins, dont le romancier peint l’attitude: “Tous se penchèrent en avant, pour voir, dans l’ouverture de la montagne, la plaine qui s’élargissait à l’infini.Toutes ces âmes d’Alsaciens s’émurent.Trois cents villages de leur patrie étaient au-dessous d’eux, dispersés dans le vert des moissons jeunes.Ils s’endormaient au son des cloches.Chacun n’était qu’un point rose.” Spectacle poignant, spectacle exaltant, si bien que ces prudents, ces silencieux ne peuvent plus contenir leur émotion; et qu’à la description succèdent peu à peu un dialogue passionné, coupé d’exclamations douloureuses ou violentes, puis une prière pathétique où s’exprime l’âme de tout un peuple.Nous n’avons pu reproduire cette conclusion; au cours même de notre citation, nous avons dû couper un passage narratif mettant en scène un groupe d’Alsaciens.Cependant, le texte que nous proposons ici suffit à notre démonstration.Exacte et poétique, la description de René Bazin est, de plus, profondément émouvante.Le romancier, en effet, l’a ordonnée tout entière en vue d’un effet pathétique.Autour du paysage, il a groupé des pèlerins douloureux et passionnés; le spectacle leur est, tour à tour, une souffrance et une joie.Un drame se joue dont la nature n’est pas seulement le décor; elle y participe comme un personnage vivant, exultant, portant à son paroxysme l’émotion de ces hommes qui l’aiment comme une partie d’eux-mêmes.Gaillard de Champris, Professeur à l’Institut Catholique de Paris.GEOGRAPHIE Eau de ruissellement (suite et fin) (1) £ o sl IsT/j rrte.Brjs mort Eros/en Islhmt ecu.ctnvejte //ouvezu tours' résultant t/e /érosion Fia.// - Trsns forms tien c/e.s r/t'es r I erosion ef l'edi fia lion nom fines Figure 11.—Méandres Lorsque, dans le cours d’une rivière ou d’un fleuve, une roche ou un obstacle quelconque vient à modifier légèrement le sens du courant, celui-ci se jette contre la rive opposée à l’obstacle et la ronge, tandis que des dépôts de boue et autres débris se forment sur l’autre rive.Ces sinuosités ou méandres (Fig.11) s’accentuent avec le temps.Le courant étant plus fort sur la rive concave où il bute, ronge cette rive qui devient abrupte par suite des éboulements; sur la rive convexe, au contraire, il se ralentit et dépose du limon formant un talus à pente douce.(1) Voir VEnseignement Primaire de septembre, octobre et novembre 1932. 224 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Comme ces sinuosités augmentent constamment, il arrive parfois que le fleuve entoure une presqu’île dont l’isthme finit par être coupé; alors le fleuve redresse son cours à cet endroit, car il abandonne la courbe qui, par suite des dépôts, devient un bras mort queTévaporation dessèche peu à peu.Lac.£r/e C/iy *ç/?c//e_ ~_M*rnes Koche.i T fi u, • ns town ()/ L»e Ontario tondre.Grès tendre Fin- /-2Fornutlon d'une cfiuté Fia.i3 Recul Je le c/iutc dl/ir\ mm Fig.12.Formation d’une chute.Fig.13.—Recul de la chute Niagara.Quand le cours d eau coule sur deux roches, l’une plus dure en amont, l’autre plus tendre en aval (Fig.12), il creuse davantage la roche tendre, il en résulte une différence de niveau qui va en s accentuant, et produit d abord une chute de faible hauteur, puis une cataracte.On a là l’explication de la formation de la chute Montmorency, de la chute Sainte-Anne, etc., dans la Province, et surtout la chute Niagara (Ontario), la plus belle du monde.Cette chute recule constamment (environ un pied par année) ; cela est dû à ce que le lit inférieur, qui est de roche marneuse, cède plus vite à l’action de l’eau que le lit supérieur, qui est de calcaire.L eau en tombant, creuse peu à peu le pied de la falaise.Une excavation se produit, et la masse qui surplombe s’écroule de temps en temps (Fig.13).Ay.U-: _______• .v Roche Yv.V -F Atvr.v ' 'î Fia- M Fa rmatlcn e.l/a W'Vh ^Barrc Fiq.if.' lEstüa/re et èarre De Itas Fig.18.'—Estuaire.Fig.17.—Delta.L’embouchure des fleuves peut présenter deux aspects bien différents suivant qu’ils se jettent dans une mer calme ou dans une mer agitée.1°—Si le fleuve arrive dans une mer calme, soumise à de faibles marées, comme la Méditerranée ou le golfe du Mexique, les matériaux qu’il transporte sont peu dérangés par la mer; ils forment à la longue une sorte d’île généralement triangulaire, nommée delta, à cause de sa ressemblance avec la quatrième lettre de l’alphabet grec (Fig.17) Le cours d’eau se trouve alors partagé en deux branches dans lesquelles pourront se former d’autres dépôts triangulaires; de sorte que le fleuve débouche dans la mer par un grand nombre de bras.C’est ainsi que les bras du Rhône limitent une plaine d’alluvion, la Camargue, qui est le delta du Rhône; cette partie a avancé sur la mer de 22 kilomètres depuis le IVe siècle.On peut encore citer le delta du Nil et celui du Pô, dans la Méditerranée, ceux du Gange dans l’Océan Indien.En Amérique on remarque les deltas du Mackenzie, de l’Orénoque et surtout du Mississipi, dont la surface est de plus de 13,000 milles carrés, et qui empiète chaque année environ 200 pieds sur le golfe de Mexique.2°—Si, au contraire, le fleuve se jette dans une mer agitée soumise à de fortes marées, les matières qu’il dépose sont sans cesse remuées par la mer qui les emporte et qui use les deux rives du fleuve en élargissant considérablement son embouchure; on a alors un estuaire (Fig.18).Cet élargissement du fleuve se fait jusqu’au point où la marée, en montant, refoule les eaux du fleuve, qui semblent alors couler en sens inverse; à la marée descendante, ces eaux s’ajoutent à celles de la mer pour détruire plus énergiquement les rives du fleuve.En résumé, l’action des eaux courantes est la suivante : attaque, dégradation et démolition des lieux élevés, transport des produits d’érosion; exhaussement des plaines et des lieux bas; et par suite tendance à annuler la vitesse d’écoulement des eaux et à amener un état d’équilibre dans lequel les eaux cesseraient d’être un agent géologique.4.EAUX MARINES L’action de la mer comme celle des cours d’eau, est double: 1° en certains endroits, elle détruit le sol {érosion)-, 2° en d’autres endroits, elle dépose les matériaux provenant de cette destruction et contribue ainsi à l’accroissement du sol (sédimentation).1°—Erosion ¦par les eaux marines.—La mer, perpétuellement agitée par les marées et les vents, se lance sans cesse à l’assaut des continents.Quinze ou vingt fois à la minute ses vagues puissantes L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 227 viennent se ruer sur les falaises.On imagine sans peine l’effet produit, surtout si l’on songe que chaque vague peut exercer sur un obstacle qu’elle rencontre une pression qui va de 6,000 à 60,000 livres par mètre carré, et qu’elle entraîne avec elle des galets qu’elle projette avec force sur l’obstacle qui l’arrête.12 érosion 11 érosion /// 'QXEtoVvafcn / 'prcdu/lï /r ./por Its ejux'/, /y/Ç y y 'y/y^ Zyyy Zs / / ' s /// y / / / / Z / / / / / ' Ftÿ- /f- — Recul des fa/xides.Fig.19.—Recul des falaises.Sous les chocs sans cesse répétés des vagues et des cailloux, la base de la falaise s’émiette et se creuse, tandis que la partie supérieure devient de plus en plus surplombante (Fig.19).Finalement toute la partie supérieure s’écroule dans la mer et les éboulis sont peu à peu dispersés par les flots.Les falaises sont plus ou moins rongées par les eaux, suivant leur plus ou moins grande résistance.Lorsque la nature des roches composant la falaise n’est pas homogène, certaines parties plus dures peuvent résister plus longtemps et donner lieu à la formation des caps, appelés aussi pointes ou promontoires, des îles et des presqu'îles.Les parties moins résistantes sont arrachées et broyées; à leur place, la mer s’avance formant des golfes, échancrures larges et profondes; des baies, petites échancrures assez ouvertes; et des criques, échancrures à ouverture étroite.Les vagues marines peuvent, comme les eaux des torrents et des fleuves, creuser des marmites de géants.rou/it 'Jra.v/tr Salle fin \ ; ATizesiv de ?* mer____,_ Fia.2.0 — Depots i//tsrtox¦ Fig.20.—Dépôts littoraux.Fig.21,—'Lagune.2°—Edification par les eaux marines.—Les blocs arrachés au rivage sont brisés par les mouvements de la mer.Les parties les plus dures comme le silex, par exemple, sont roulées les unes contre les autres et par leur frottement mutuel produisent des galets ou cailloux roulés, des graviers et des 228 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE sables; les roches plus tendres, calcaires, schistes ou argiles, produisent des vases limoneuses.Tous ces matériaux, roulés par les flots le long des rivages, finissent par trouver une côte basse où les eaux peu profondes se calment et les déposent, élargissant ainsi la côte qui empiète sur la mer (Fig.20).Les galets et les graviers qui se déposent sur le rivage forment des sortes de digues appelées cordons littoraux.Ces cordons isolent parfois des échancrures du rivage et transforment des baies en lagunes communiquant encore avec la mer par quelques passes (Fig.21).Avec les siècles, la lagune peut être comblée par les alluvions marines et former une plaine alluviale.Dans la haute mer, très loin des côtes et des rivages, la sédimentation se produit encore; mais elle est beaucoup plus lente et moins intense.Les grands fonds de la mer s’enrichissent en effet des dépôts de boue effectués par les courants, des carapaces calcaires des animaux vivants à la surface, et des éléments provenant de la décomposition animale.QUESTIONNAIRE 1.D’où provient l’eau de ruissellement?2.Quelles sont les conditions requises pour le ruissellement des eaux pluviales ?3.Quels sont les effets produits par le ruisellement des eaux pluviales ?¦ 4.A quoi les eaux de ruissellement donnent-elles naissance ?5.Qu’est-ce qu’un torrent ?6.De quoi se compose-t-il ?7.Comment peut-on diminuer la puissance dévastatrice des torrents ?8.Qu’est-ce qu’un fleuve ou une rivière ?9.Par quoi sont alimentés les fleuves ou les rivières ?10.Quelles sont les diverses phases de l’action des fleuves ?11.Expliquez l’élargissement des rives des cours d’eau.12.Comment se forment les cascades—les lacs ?13.A quoi est dû le recul des chûtes ?14.Que deviennent les matériaux transportés par les fleuves ?15.Comment se forment les estuaires et les deltas ?16.Expliquez l’action d’érosion de la mer sur les falaises.17.Expliquez la formation des caps, des golfes et des baies.18.Quelles transformations subissent les matériaux arrachés aux falaises par l’érosion marine ?19.Où se déposent ces matériaux ?20.Qu’est-ce qu’une lagune ?Soeur X, des SS.de VAssomption.COMPOSITION La bénédiction paternelle (développement) Les petits se sont levés à la hâte au premier appel de la grande sœur.On devine de la joie, une joie tempérée par l’émotion, dans ces braves petits cœurs.Aucun ne se dérobe ce matin à la sensationnelle toilette à l’eau froide que Pauline, la grande sœur, s’est chargée d’administrer.Enfin, les voilà prêts, gracieusement vêtus comme au matin des plus beaux jours; Gaston, 1 aîné des garçons, 10 ans; puis Denise, la seconde des filles 8 ans; enfin, Fortunat qu’un nouveau petit frère a récemment supplanté de sa dignité de cadet, qu’il tenait depuis cinq ans.Ils connais- L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 229 sent bien, ces chers petits, la scène qui se passera dans quelques instants.Pauline les y a préparés soigneusement; voyez-vous: Papa les attend à la cuisine et, quand les petits seront agenouillés devant lui, Papa les bénira; pour eux, c’est tout une cérémonie; et ils entendent la rendre aussi solennelle que possible.Le moment est arrivé.Tous les enfants s’avancent à la file, le plus petit en tête.Dès qu’on entre è la cuisine, Pauline et Maman apportent le ber avec le joli poupon aux joues roses qui y sommeille; elles le placent devant Papa, et les enfants se groupent à genoux tout autour.C’est Fortunat qui est délégué pour demander, au nom de tous, la bénédiction paternelle.Mais, la rencontre de ses regards avec ceux de Papa le rend impuissant, le pauvre petit, à balbutier la moindre syllabe.La grande sœur, qui a vu son embarras intervient; '‘Bon Papa, dit-elle, vos petites filles et vos petits garçons agenouillés à vos pieds vous demandent de les bénir”.Alors, le père se lève; il regarde l’un après l’autre chacun de ses enfants; l’émotion se lit dans son regard, et les petits, émus eux-mêmes, fixent leurs grands yeux ingénus sur leur père debout devant eux.La maman s’est retirée à l’écart; elle craint que ses larmes viennent tout à.coup trahir son émotion.D’un geste imposant, le père étend ses deux mains sur le petit groupe, et, les yeux aux ciel, il demeure silencieux pendant un long moment.Quels sentiments remplissent son cœur, quel colloque engage-t il avec la Providence des siens ?Dieu seul le sait ?M ais, qui ne lit sur sa figure l’ardeur de sa prière en ce moment sublime ?Qui ne devine quels souhaits ce père, ce chrétien, ce patriote, formule au Père commun pour l’avenir de ses enfants ?La maman elle-même, les yeux baissés, les mains jointes, prie avec ferveur dans une parfaite conformité de pensée à son époux La voix du père s’élève bientôt, grave et imposante: “Enfants, puissiez-vous être toujours l’honneur de notre religion, de notre patrie et de notre famille.Faites la consolation de vos parents par une vie digne, laborieuse et chrétienne.Que notre Dieu répande sur vous et sur notre foyer ses plus abondantes bénédictions, afin que nous nous retrouvions tous au Paradis.” Puis, sur le front de chaque enfant, il pose un baiser plein d’amour; et, l’un après l’autre les petits, sans dire un mot, vont se jeter dans les bras de leur maman attendrie jusqu’aux larmes.Ecole normale de Laprairie, Fr.R.-E.UNE LEÇON D’HISTOIRE Le développement constitutionnel du Canada Le développement constitutionnel du Canada jusqu’à la Confédération est basé principalement sur quatre actes importants du parlement britannique: l’Acte de Québec de 1774, l’Acte constitutionnel de 1791, l’Acte d’Union de 1840 et l’Acte de l’Amérique Britannique du nord de 1867.Le premier de ces actes tire son importance du fait qu’il établit le droit civil français dans tout ce qui était alors la Province de Québec.Le deuxième a pour but la division du Canada en province du Bas-Canada, de langue française, et province du Haut-Canada, de langue anglaise.La troisième de ces lois réunissait les deux Canadas sous une législature unique et concédait le principe d un gouvernement responsable, l’Exécutif devenant par cette loi responsable à la Légis lature.Le quatrième dissolvait l’Union législative des deux Canadas et convertissait ceux-ci en provinces, chacune d’elles devant administrer ses propres affaires locales, tout en étant englobée dans une confédération qui, en très peu de temps, a étendu ses frontières.Voilà le processus suivi par les gouvernants d’hier, chargés de doter notre pays d’une constitution conforme à son idéal, à ses privilèges ou prérogatives.Les Pères de la Confédération, en 230 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE travaillant à la rédaction de cet Acte de l’Amérique du Nord, désormais fameux et sur lequel reposent toutes les lois édictées depuis lors, avaient en vue l’avenir d’un grand pays dont les citoyens seraient assurés du respect des droits des minorités, de la survivance des deux langues officielles, de la reconnaissance à priori des deux races qui ont contribué à l’édification de notre patrie.Cette reconnaissance officielle, consacrée par ce qui constitue l’essence même de toutes les clauses de l’Acte de l’Amérique Britannique du Nord, fut le grand cheval de bataille de tous nos législateurs.Bien plus, envisageant la situation faite aujourd’hui aux descendants de ceux qui présidaient aux destinées de notre pays, sous l’Acte de Québec, l’Acte constitutionnel, l’Acte d’Union et l’Acte de l’Amérique Britannique du Nord, nous pouvons dire sans erreur que les deux races officielles ont eu le précieux privilège de tirer le meilleur parti de la liberté accordée, des faveurs consenties et que si elles n’ont pas, l’une ou l’autre, profité de ces avantages, elles en sont les premières responsables.L’Acte de l’Amérique Britannique du Nord ratifiait par une nouvelle élaboration les droits respectifs des constitutions précédentes.Il ouvrait large la voie des réalisations.Il insufflait à tous le courage, l’énergie, la volonté, nécessaire à la réalisation d’une grande œuvre.L’espoir des Pères n’a pas été complètement vain, et les espérances ne se sont pas changées en déceptions.Notre immense pays s’étend, à perte de vue, de la mer à la mer.La dévise “A mari usque ad mare”, c’est-à-dire, “d’un océan à l’autre” est extraite de la version latine du 8e verset du psaume 72.“Et dominabitur a mari usque ad mare, et a flumine usque ad termines orbis terrarum”.La tradition veut que les Pères de la Confédération aient puisé dans ce verset le mot Dominion.Alphonse Loiselle.LE DESSIN A L’ECOLE PRIMAIRE—DÉCEMBRE 1932 Programme mensuel suggéré aux divers cours COURS INFÉRIEUR En première et deuxième années: étude des objets à forme ronde continuée.Combinaison de courbes et de droites.Recherche des objets usuels qui offrent ces deux sortes de lignes.Applications variées.Profiter du temps de Noël, ou du premier de l’an pour faire dessiner quelques jouets préférés; ou encore, une carte de Noël ou du premier de l’An, ornementée d’un motif simple bien approprié: PREMIERE ANNÉE 1.Ballons divisés en bandes et coloriés.2.Silhouette d’une souris.3.D’après nature: fer à cheval.4.Enveloppe.5.De mémoire: carte de Noël ayant dans un coin un motif simple de décoration.DEUXIÈME ANNÉE 1.Figure d’enfant en traits rudimentaires.2.Béret de matelot.3a.Arbres de Noël.3b.D’après nature: deux carottes.4.De mémoire: jouets de Noël.COURS MOYEN En troisième et quatrième années: étude des courbes et de l’ovale.Le tracé à la main libre de la circonférence à l’aide du carré: on procède pointillées, on corrige s’il y a lieu, puis, l’on fait le tracé définitif.Donc, construire un carré; mener les diagonales et les axes par le centre tracer la circonférence cherchée.d’abord par lignes de la figure; puis, L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 231 COURS iNRÉRiEIUR U ® ^ I COURS MOYUN COURS SUPÉRIEUR \ ''Y xv : 45* Voe ^e.ometra.Le/ rYl ¦Perspective cavalière^; 232 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Autre moyen: attacher le crayon à un fil dont l’autre extrémité est fixée par une épingle au point choisi pour centre.Avec le fil comme rayon, décrire la courbe.Troisième moyen: déterminer sur la règle ou sur une bande de papier la longueur qui doit servir de rayon à la circonférence; puis, une extrémité du rayon étant posée à l’endroit choisi pour centre, faire tourner la règle ou la bande de papier en pointillant le parcours de l’autre extrémité.Le tracé de l’ovale se fait au moyen du losange.Ici, les dimensions peuvent varier à l’infini pour ainsi dire, car la longueur n’est pas constante par rapport à la largeur.Il faut donc définir au préalable longueur et largeur, et tracer un losange.Puis, l’on pointillé, corrige, et l’on trace la courbe d’un trait continu en évitant de décrire trop aiguës les extrémités.TROISIÈME ANNÉE 1.Papa lisant son journal.2a.Loupe.2b.Poulie.3.Le castor (peut être exécuté en silhouette seulement).4.De mémoire: des fruits (colorier).QUATRIÈME ANNÉE 1.Frise: répétition de la circonférence.2.Motif suggéré: carte de Noël.3.D’après nature: lorgnon.4.De mémoire: quelques poires faisant groupe (colorier).En cinquième et sixième années: perspective d’un pot suspendu au mur.Application de deux ovales parallèles ayant leurs centres sur un même axe.Vue géométrale d’une bibliothèque accompagnée de sa perspective cavalière réduite à la demie de sa longueur, avec inclinaison à 45°.Projet de carte de Noël (bordure: feuilles de houx).Tracé au compas du plein-ceintre et de l’ellipse.Cette méthode peut être appliquée à la construction de l’anse de panier.En effet, la demi-courbe 1, 3, 2 n’est autre que l’anse de panier.CINQUIÈME ET SIXIÈME ANNÉE 1.Pot en perspective.2.Bibliothèque: vue géométrale et perspective cavalière.3.Motif suggéré: carte de Noël.4.Demi-circonférence et ellipse (au compas).5.De mémoire: Un tapis décoré au centre d’un motif ellipsoïdal.Frère Amédée, des Écoles chrétiennes.ENSEIGNEMENT DE L’ANGLAIS D’APRÈS LA MÉTHODE DIRECTE “La classe en anglais” COURS SUPÉRIEUR THÈME D’iMITATION 1.Est-ce que tout le monde se figure bien combien il est difficile d’apprendre une langue sans professeur ?2.Avec une piastre, on peut acheter vingt-cinq de ces jolies cartes de Noël.—3.Il faut encourager chez les jeunes le désir de l'étude.—4.Toute toile couverte de peinture et encadrée n est pas un tableau.5.Cultivez ce goût de la musique que vous avez, vous deviendret un artiste.-^ 6 Nous pensions d’avance, avec joie, aux vacances qui approchaient.—7.Je revoyais avec tristesse l’heureux temps de ma jeunesse.—S.La prière est une aide et une consolation.— 9.Ln bon chrétien a bien des motifs de reconnaissance.—10.J’ose affirmer qu’un enfant qui a le gout de la musique n’a pas le cœur dur.—11.On donnait aux élèves tous les moyens de lire les ouvrages qui pouvaient traiter de leurs études préférées.—12.Un enfant dont le passe-temps lavori était de collectionner des cailloux est reconnu, de nos jours, comme le plus grand gélogogue L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 233 Does anybody realize bow difficult it is to learn a language without a teacher ?—2.One dollar will buy twenty-five of these pretty Christmas cards.—3.A desire for study is to be encouraged in the young.—4.Every piece of canvass covered with paint, and framed, is not a painting.— ô.Cultivate your taste for music, you will become an artist.—6.We looked forward with joy to the coming vacation.—7.I looked back with sadness to the happy days of my youth.—8.Prayer is a help and a consolation.—9.A good Christian has much to be thankful for.—10.I venture to assert that a child who has a taste for music is not hard-hearted.—11.Every chance was given the pupils to read such volumes as treated of their favorite studies.—12.A child whose hobby was the collecting of pebbles is spoken nowadays as the greatest geologist in Canada.MATERIAU FOR A CONSERVATION ON BOOKS Part of a book: the covers, the back (the groove, the ribs), the corners (square, round), the edges (plain, red, gilt), the printing on the cover and the back, the embellishments, The covers are made of cardboard, usually very thick and stiff.They may be covered with paper, cloth, leather.The leaves, the pages, the printed space, the margins, the title, the number (somestimes to be found at the bottom), a paragraph (the first word is indented).The title-page contains: the title of the book, the name of the author, the name of the printer or publisher, the name of the place or country where the book is printed, published or sold, the year of the publication, etc.A book is usually divided into chapters, each containing a number of pages.The paper is white, opaque, more or less transparent, glossy or mat, thick or thin, stiff or soft.The leaves are sewed together and inclosed in boards.The art of maldng paper was known in the IXth century; before that, parchment, papyrus, waxed tablets and clay were used.A book may be illustrated with pictures; they may be black and white, or colored; line engravings or half tones.In a folio, the sheet is folded in the middle forming 2 leaves and 4 pages.In a quarto, the sheet is folded twice, forming 4 leaves and 8 pages.In an octavo, the sheet is folded three times, forming S leaves and 16 pages, Book-binding is the art of connecting together the several parts of a book.—A book-binder does the binding and embellishing.When the sheets have been folded, they are gathered into volumes.On the cover there is black printing, colored printing, gilding, embossing.Books bound in leather go through a careful process.BooK-seller, publisher, editor, library, librarian, a copy of a work.Book, tome, volume, work, treatise, text-book, handbook, writing, tract, opuscule, manual, pamphlet.“PAYSAGE DE CHASSE” « Rédaction d’après l’image, en 7ème et Sème années (exercices d’observation, de langage et de rédaction d’après une gravure, au cours complémentaire: 7ème et Sème années.) (Pour VEnseignement Primaire) I.QUELQUES QUESTIONS ET NOTES INSCRITES DANS LE CAHIER DE PRÉPARATION, POUR AIDER A SUSCITER EN CLASSE LA “CAUSERIE PRÉPARATOIRE”.Que représente, d’après chacun de vous, cette reproduction d’une peinture à l’huile de Philip R.Goodwin?(Premier coup d’œil, aspect général.) Quelle sorte de page pouvons-nous le plus facilement écrire en observant cette gravure?.Celle du “paysage à décrire, du fait à raconter ou de l’idée générale à développer” ?Quels “regards” pouvons-noüs avoir pour observer et décrire un paysage?—-“Regards des traits distinctifs, des traits à rapprochement par analogie ou contraste, des traits de l’âme des choses et des traits idéalisés” (d’après “La Normalienne en Belles-Lettres”).(1) Ce travail d’observation a été fait d’après les vraies couleurs d’une gravure mesurant 21" x 16", pouvant être aisément examinée par toute la classe.On peut facilement,en ramassant des calendriers de bon goût, se faire une collée-tion d’images qui pourront servir aux leçons de langage et de rédaction. 234 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Dans l’observation de cette gravure, nous ne nous occuperons que des “traits distinctifs”, tout en notant à la fin “un espoir” qui pourrait se rattacher à, “l’âme des choses”.De même dans la rédaction que vous ferez, je n’exigerai que le développement de ces traits, laissant cependant chacun libre d’en souligner ou développer d’autres.Qu’entendez-vous par “traits distinctifs” ?—Ce sont, dans un coin de nature, dans un site, dans un objet ou tout ensemble d’objets à décrire, les parties marquantes, les éléments caractéristiques, revêtus chacun de “détails à couleur locale”, de notes intéressantes qui en constituent l’aspect d’originalité.(Nous supposons que ces notions ont été déjà expliquées aux élèves.) Qu’est-ce que l’auteur de cette peinture a introduit ici dans cette nature sauvage?—Un animal et des hommes.Comment pouvons-nous appeler les traits distinctifs de tous les éléments ou êtres d’un paysage, à part ce qui caractérise la vie même de l’homme introduit dans ce paysage?—“Traits pittoresques”.Comment pouvons-nous appeler les traits qui marquent l’attitude, les gestes, les actions ou mouvements, les sentiments ou passions, la pensée, les paroles, les volontés, etc., de l’être humain qui est là?—“Traits psychologiques”.(Notions déjà expliquées aux élèves d’une façon concrète.) Quelles sont les parties marquantes de tout ce paysage ?.Regardez bien.Discernez.Quels sont ici les éléments importants qui constituent ce paysage, mais qui pourraient tout de même en être détachés, enlevés, sans trop nuire au reste ?—On pourrait d’abord enlever les hommes avec leur canot.—Bien, nous allons maintenant regarder le paysage, comme si cette partie était cachée avec un morceau de papier.Une autre partie importante que l’on pourrait mettre de côté?—L’orignal qui est au milieu du lac.—Supposons, pour le moment, qu’il n’y est pas.Y a-t-il un coin spécial de ce paysage, dont nous pourrions, en analysant cette gravure, faire aussi abstraction, au moins pour un temps donné ?—Le rocher où se trouve le campement.—• Qu’est-ce qui resterait alors ?—Le lac et son cadre.Comment pourriez-vous désigner chacune de ces parties?—Par exemple: le lac au coucher du soleil, le campement sur le rocher aux pins, l’orignal à la nage, la poursuite en canot.Quelles questions générales, pour apprendre à observer, peut-on se poser intérieurement durant que l’on fixe son regard sur la partie du paysage en question?—Que vois-je?.Que vois-je?.Formes?.Couleurs?.Mouvements?.Et parfois: qu’entends-je (au moins en imagination) ?.Par quoi faut-il répondre à ces questions?—Par des précisions.Alors ici, quels sont les éléments qui entrent dans le paysage de fond de cette gravure: le lac et son cadre général ?—Le ciel, la forêt et l’eau.Que voyez-vous en regardant l’horizon de ce côté-ci (à gauche) ?Comment pouvons-nous alors situer les points cardinaux ?.Que voyez-vous dans le ciel plus haut et en allant vers l’est ?Choses, formes, couleurs, mouvements ?.Que voyez-vous en regardant au-dessus de l’horizon vers le nord ?Choses, formes, couleurs, mouvements ?.Comment est la forêt de ce côté nord ?Choses, formes, coideurs, mouvements?.Qu’est-ce qui, de l’ouest, vient rejoindre cette bande horizontale?Formes, couleurs, mouvements?.Qu’apercevez-vous en regardant de tous les côtés du lac ?Choses, lieux, mouvements ?.Précisez.A signaler et à expliquer ici le fait que dans cette forêt faite d’abord de trembles et bouleaux, ceux-ci ont été plus tard, dans la lutte pour la vie, étouffés par les conifères.Que voyez-vous en ragardant le lac?Éléments, formes, mouvements, couleurs?.Précisez .Qu’aurions-nous senti, si nous avions été là ?En regardant le rocher ici à gauche, que voyez-vous ?Choses, formes, couleurs?mouvements?.Qu’entendrions-nous, si nous étions là?.Par qui la tente a-t-elle été tendue?.Pourquoi sont-ils venus ici?Que viennent-ils de faire, pensez-vous autour du feu de bûches?.Si vous les regardez (en imagination) achevant leur collation, que voyez-vous ?Attitude, gestes ?Que se passe-t-il, pensez-vous, en eux ?Sentiments, paroles ?.Qu’entendent-ils soudain?.D’où vient cet animal?.Qu’entendez-vous, si vous écoutez en imagination?.Précisez.Vers quoi se dirige-t-il?A expliquer ici que l’orignal fréquente plutôt les terrains bas sur les bords d’un lac, qu’il se nourrit des rhizomes et feuilles de nénuphars.Que va faire maintenant l’orignal?.Vers quoi se dirige-t-il?En l’observant bien,que voyez-vous?Parties, formes, couleurs, mouvements?.Précisez. ijlifS -, .-À fiîMk ,s^4sg - , ¦1 mii^ mn ¦!»li8 *^~ ¦ ' -«X *$» .;' —i i*ii plHlÿ WK'v^ 2*' .sïy-iX P « «, **' ] “PAYSAGE DE CHASSE” {Tableau de Philip R.Godivin.—Reproduit du calendrier de la maison Grant-H olden-Graham, d’Ottawa) 236 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Quels sentiments éprouvent alors les chasseurs?.Que vont-ils faire?.Où était leur canot?.A expliquer ici, au moins en partie, comment est confectionné le canot d’écorce.Comment apparaît le canot ?.En regardant maintenant les chasseurs l’un après l’autre, que voyez-vous ?Aspect, actions ou mouvements ?.Précisez.Quels espoirs ont-ils, pensez-vous ?En admirant ce spectacle, qu’est-ce que cela peut nous faire espérer pour notre province ?.Que faut-il faire pour cela ?Quel titre pourrions-nous donner à toute cette gravure ?.Vocabulaire (termes appropriés à faire trouver par les élèves ou à leur donner, au fur et à mesure de l’observation, avec explications, si nécessaires) : occident, traînées, en grisaille, violacées croupe d’une montagne, barrage, conifères, habitat, gymnospermes, chaînons de montagnes méandres, échancrures, onde, clapotis, anfractuosités, ramures, cramponnés, myriades, bruissement, nemrods, trophées, halètements, naseaux, éclaboussement, rhizomes, nénuphars, panache, museau, trapue, protubérance, garrot, sillage, dépression, “mackinaw”, esquif.II.ESQUISSE d’un PLAN DANS LE CAHIER DE PRÉPARATION Paysage de chasse 1°) Traits distinctifs / ciel à l’horizon vers l’ouest; plus haut et vers l’est; à l’horizon vers le nord.bande horizontale au nord; pointe boisée de l’ouest vers le lac; Poussée des conifères de tous les côtés.A) Le lac au coucher'! forêt du soleil: A) Le lac au coucher'! forêt du soleil: réservoir serpentant en méandres; pointes ou caps alternent avec baies ou anses la surface: couleurs, mouvements, le vent.B) Le campement sur blanche tente de soie; le rocher aux pins:-! chercheurs de beaux sites et amateurs de chasse: 'Clapotis de l’eau sur le bord du rocher; brise du large dans ramures des pins; près de bûches en tisons dégustent thé rêvent de trophées C) L’orignal à j se lance à la nage, vers pointe opposée: la nage : < Descend dans le bois vers la rive: bruits; i se jette à l’eau, arrache quelques nénuphars; eau, arrache quelques nénuphars; fpanache et museau, son poitrail; son aspect:< corps trapu, pelage brun, garrot et croupe; (.soulève un sillage profond.Le canot, où, son aspect; on le glisse sur l’eau; D) La poursuite en canot: La poursuite je départ- 5 c^asseur ^ ^avant) asP6ct, mouvements; en canot: - ) 2ème chasseur à l’arrière, aspect, mouvements.\ .leurs espoirs.2°) Un trait de l’âme des choses Un souhait: i que notre province garde ses forêts et le gibier; l pour cela coopération de tous avec pouvoirs publics. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 237 III.QUELQUES RÉFLEXIONS PÉDAGOGIQUES.Il s’agit ici d’une description surtout.Mais comme il y a dans ce paysage des êtres animés, il convient, pour mieux présenter le moment précis de l’action tel que fixé sur la gravure, de dire brièvement ce qui s’est fait immédiatement avant.La plupart des questions préparées ci-dessus sont, à dessein, d’une portée générale.Certains mots, comme “formes”, “mouvements”, doivent même être pris dans un sens très extensif.“Les nuées s’accumulent”, “les conifères descendent les flancs.”, “la brise du large met en vibration.c’est du mouvement.Nous supposons que les élèves de 7ème et Sème années auxquels nous nous adressons ont déjà, durant les années précédentes, été entraînés à ce genre de travail: ce qui leur permet maintenant d’avoir plus d’initiative personnelle, de trouver et de préciser davantage par eux-mêmes.On sentira quand même le besoin, durant la causerie préparatoire, de poser, suivant les circonstances, des questions plus précises.Il sera facile de les improviser sur place.De même pour le plan synoptique ci-dessus.On ne l’écrira pas nécessairement tel quel au tableau noir.Mais on se servira plutôt, en les corrigeant au besoin, des trouvailles des élèves, pour fixer, au fur et à mesure, au tableau noir, quelques points de repères.Ces jalons, il est bien probable, seront jetés un peu pêle-mêle.On se réservera quelques moments, à la fin de la classe, pour les ordonner, avec le concours des élèves, en un plan plus logique ou plus conforme à la réalité.Mais même ce plan (quelquefois on n’en fera confectionner aucun en classe) constitué en commun, on ne permettra pas aux élèves de le copier.On l’enlèvera même du tableau noir.Il faut que la matière analysée, les réalités observées se transforment maintenant dans l’imagination de chaque élève, sous la direction de l’intelligence, en une vision intérieure personnelle, en un vivant tableau.C’est pour cela qu’il serait préférable que le devoir écrit correspondant à chaque leçon orale ne soit fait que le lendemain, afin de donner le temps aux images et idées d’entrer en fermentation pour s’organiser en un tout dans la tête de l’élève.Il est clair que l’observation de cette gravure, si on veut la pousser un peu à fond, peut prendre deux leçons ou même plus.L’élève, cependant, ne sera pas obligé de charger chaque partie de son travail d’autant de détails qu’en contient la page descriptive ci-dessous qui a peut-être trop épuisé l’analyse.Il suffit qu’il choisisse et précise bien quelques éléments de beauté.Il est entendu que la page descriptive rédigée d’avance au cahier de préparation ne doit pas être lue aux élèves avant qu’ils aient fait et remis leur propre rédaction.Mais alors, pourquoi se donner tant de peine pour réfléchir d’avance à des questions, pour tracer un plan et surtout pour rédiger soi-même une page, si le travail que l’on fera faire ne sera pas tel que celui préparé ?Rappelons-nous ce point pédagogique très important: c’est que le maître ou la maîtresse doit avant tout être un guide qui “provoque, dirige et soutient l’activité personnelle de l’élève”, mais qui ne marche pas à sa place.Un guide cependant, pour ne pas être embarrassé et pour bien remplir sa fonction, doit très bien connaître le terrain où il fera cheminer les autres.Il faut qu’il l'ait exploré le premier en tous sens.C’est pour cela qu’il sera très utile au maître de faire la rédaction d’avance.Elle l’aidera à bien observer et achèvera sa pensée.Débarrassé alors de tout souci du côté de la matière à enseigner, toute sa préoccupation portera sur la manière de s’adapter aux capacités actuelles, aux possibilités d’efforts de ses élèves, et autant que possible à leur originalité personnelle.IV.UNE PAGE DESCRIPTIVE DANS LE CAHIER DE PRÉPARATION.Paysage de chasse A l’occident, le soleil qui vient de disparaître semble avoir allumé un immense incendie.Il a, de ce côté, chargé l’horizon de lueurs rougeâtres qui contrastent avec le vert sombre de la forêt._ En s’élevant dans le ciel et en s’étendant vers l’est, ces traînées de pourpre du soleil couchant s’éclaircissent peu à peu.Elles se changent graduellement en une couleur jaunâtre et bordent, comme de franges d’or, les nuages épars que l’automne peint en grisaille.Au nord, les nuées s’accumulent au-dessus de tout l’horizon qu’elles surmontent comme d’une muraille aux teintes violacées.Là, dans ce lointain, la forêt, pour séparer le ciel de l’eau, s’étend en une bande vert foncé et légèrement ondulée par la croupe d’une montagne.Les lignes horizontales de cette bande sont rejointes par une pointe de terre boisée, qui, plus près, à gauche, s’avance de l’ouest dans le lac.On dirait un barrage qui non seulement ferme la vue, mais tente même d’empêcher la masse hquide d’aller outre.^De tous les côtés, c’est la danse poussée des conifères: sapins, épinettes et pins, qui recouvrent la cime des monts, en masse serrée, descendent leurs flancs, pour déborder jusque sur les rives du lac.Des trembles à la feuille frissonnante et des blancs bouleaux, en nombre, avaient autrefois élu domicile en cet habitat.A peine, ici et là, quelques-uns, dont novembre a d’ailleurs achevé d emporter le feuillage, ont trouvé grâce dans cette épaisse ruée de gymnospermes. 238 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Contenu entre des chaînons de montagnes, un vaste réservoir d’eau serpente ici en de nombreux méandres.Les pointes ou caps que la montagne pousse assez avant dans les eaux alternent avec les anses ou baies que les eaux creusent en revanche au flanc de la montagne et dans les échancrures des terrains plus bas.Ce lac, à cette heure, apparaît comme une toile mouvante dont le fond aurait été peint avec le vert des bords forestiers qui lui servent de cadre, et sur laquelle toutes les teintes et nuances du ciel se renversent en miroitant.Cette surface est mise en mouvement et berce ses milliers de reflets par l’ondulation des vagues que pousse une brise venue du sud-est et toute chargée de F arôme tonifiant des résines.Ici, tout près, à gauche, Fonde vient se briser en clapotis sur le bord arrondi et dans les anfractuosités d’une pointe de roc grisâtre.En même temps, la brise du large, soufflant dans les fortes ramures de deux gigantesques pins cramponnés sur ce granit, met en vibration les myriades de leurs aiguilles et s’achève en un bruissement doux et reposant.Ce coin ombragé invite le chercheur de sites pittoresques à mettre pied à terre.Aussi, sur ce rocher aux pins, deux voyageurs, amateurs de belle nature, en même temps que nemrods de passage, ont, à l’aide de gratifies perches de bouleaux, tendu leur blanche et légère tente de soie.Dans cette fin d’après-midi d’automne, en avant de leur campement, face au lac, nos deux chasseurs, près des bûches en tisons qui les réchauffent, viennent de prendre une collation.Tout en dégustant quelques tasses de thé chaud qu’ils puisent à même la petite chaudière, qui en plein feu s’est enduite de suie, ils admirent le paysage, remplissent leurs poumoins d’air pur et devisent des chances de leur chasse.Maintenant, un peu assoupis par le bien-être qui envahit leurs membres, il se taisent, et tout en fixant la braise qui s’éteint, ou en suivant les formes fantaisistes de l’âcre fumée qui se disperse vers l’ouverture de la tente, ils rêvent des plus beaux trophées.Mais voilà que soudain des pas de bête se précipitent dans le bois, accompagnés du bruit sec de branches qui se brisent et de halètements qui semblent sortir de puissants naseaux.Puis un corps lourd qui se jette à l’eau avec éclaboussement.C’est, à n’en pas douter, le roi des animaux de nos forêts, l’orignal, l’élan du Canada.Il est descendu vers le terrain bas de l’anse, en arrière du rocher.Après avoir, dans la vase du bord, arraché pour s’en nourrir, quelques rhizomes et dernières feuilles arrondies de nénuphars, il s’est mis à la nage pour traverser le lac.S’étant aperçu de la présence de l’homme, il se dirige maintenant en toute hâte vers la plus proche pointe du côté opposé.Il porte fièrement, en le couchant un peu sur son cou, un immense panache, privilège du sexe mâle, et dont le nombre de branches équivaut à l’âge de l’animal.Il tient au-dessus de la crête des ondes son énorme museau charnu et arrondi, durant que, de son large poitrail, il fend la vague.Presque la moitié de la masse trapue de son corps au pelage brun reste sortie de l’eau, mettant en relief la protubérance du garrot au-dessus des épaules et la courbure accentuée de la croupe.L’animal soulève par son passage un sillage profond.Quelle surprise pleine d’émotion pour nos chasseurs! Quelle heureuse fortune pour eux, que ce superbe gibier dont le bois leur semble bien mesurer quatre pieds de large! Quelle aventure émouvante que de se lancer à sa poursuite! Là, sur le bord, dans une dépression du rocher, le léger et brun canot d’écorces de bouleaux, aux coutures faites de racines d’épinette et enduites de résine, est prêt.Vite on le glisse sur l’eau.L’un des chasseurs, cheveux au vent, mouchoir rouge au cou, s’est agenouillé à l’avant du canot, en s’appuyant sur la deuxième traverse.En face de lui, il a déposé sa carabine, canon en 1 air.De ses mains nerveuses, il a empoigné solidement l’aviron que d’un poignet sûr il plonge dans l’eau pour diriger l’embarcation vers l’animal sur lequel son regard reste fixé.Au même moment, l’autre chasseur, à la chemise “mackinaw” avec barres noires sur fond rouge, couteau de chasse à la ceinture, s’est embarqué à l’arrière.Le pied droit posé au fond du canot, le buste penché, les mains appuyées de chaque côté de l’embarcation si prompte à chavirer, il est tout occupé à la maintenir avec habileté en un parfait équilibre.A l’instant même où son compagnon donne le premier coup d’aviron, lui, par une poussée du pied gauche sur le roc, augmentera l’élan du frêle esquif.Grâce à leur effort si bien combiné, nos deux hommes seront bientôt à une distance convenable pour tirer.Quel beau coup de feu ils se promettent! Il y aura de quoi en parler aux amis.Souhaitons que, par la coopération de tous aux efforts des pouvoirs publics pour sauvegarder nos forêts et protéger notre gibier, notre province puisse toujours offrir de telles jouissances aux admirateurs de beaux paysages et aux amateurs de chasse intelligente.Roch Aubry, École normale de Hull. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 239 ENSEIGNEMENT PRATIQUE INSTRUCTION RELIGIEUSE L’indéfectibilité de l’Ëglise (Suite) Les monuments élevés par la puissance de l’homme sont périssables comme lui: Dieu fait des œuvres immortelles parce quTl est éternel.Toutefois, malgré la calamité des choses de ce monde, malgré les ruines du passé qui dressent ça et là leurs masses imposantes, il y a quelques vieux peuples qui ont survécu aux antiques sociétés et restent debout sur une terre transformée autour d’eux, comme ces vieillards qui ont atteint l’extrême vieillesse après avoir vu tomber la plupart de leurs contemporains.Mais que de changements, que de modifications profondes survenus dans le cours de leur existence nationale! La royauté et la démocratie républicaine, l’aristocratie et l’empire, l’anarchie et la dictature ont tour à tour présidé aux destinées de ces peuples; des éléments nouveaux sont venus altérer la pureté de la race primitive et parfois l’éliminer; le territoire, lui-même, ce berceau des nationalités, a reculé ou rétréci ses frontières, et la langue s’est tellement transformée que les dernières générations comprennent à peine les écrits de leurs devancières.Il était réservé au christianisme de donner au monde, où tout vieillit et se transforme, le spectacle d’une société toujours jeune, pleine de sève et semblable à elle-même; car Jésus-Christ a fait son Eglise indéfectible, c’est-à-dire, impérissable.Il a, pour cela, engagé sa parole/livine.Mais, pour comprendre la véritable signification des promesses du Sauveur à son Église, il faut se rappeler que, en dehors de notre monde matériel, il est une puissance formidable d’esprits pervers sous la domination de Satan qui, depuis le premier homme, s’efforce de pousser l’humanité dans la voie de la perdition: c’est la cité du mal décrite par saint Augustin.Or, dans la sombre géhenne, comme dans les villes fortifiées, les portes sont l’emblème de la force, le symbole de la puissance, le lieu où l’on se représente les chefs de la milice infernale réunis pour comploter contre la cité de Dieu.Portes terrifiantes, s’il en fut jamais, cause déjà de bien des désastres depuis la catastrophe de l’Eden.Ne craignons rien toutefois, le Christ, qui a déjà broyé la tête du serpent infernal, en mourant sur la Croix, nous rassure.Son Église, sa ville à lui, sera inexpugnable, malgré les assauts réitérés de l’enfer, car il doit la bâtir sur une pierre mystérieuse que le maudit ne pourra jamais entamer: “Sur cette pierre je bâtirai mon Église et les portes de l’enfer ne prévaudront jamais contre elle.” La Société chrétienne, remarquons-le bien, ne sera pas à l’abri des attaques de l’ennemi.Le Maître a été un signe de contradiction, l’Église sera comme lui en butte aux persécutions; sa vie sera un combat continuel.“Le serviteur n’est pas plus grand que le maître.S’ils m’ont persécuté, il vous persécuteront aussi.” (1) “Us vous chasseront des Synagogues; et le temps vient que quiconque vous fera mourir croira faire une chose agréable à Dieu.” (2) L'Église, comme autrefois la barque des apôtres sur le lac de Tibériade, sera ballottée par les flots courroucés de cette mer orageuse qu’on appelle le monde, mais Jésus dort au fond de cette barque, et, durant son sommeil, il veille sur elle et l’empêche d’être submergée.“Je vous ai dit ces choses afin que vous trouviez la paix en moi.Vous aurez bien des affictions dans le monde; mais ayez confiance, j’ai vaincu le monde.” (3) Pourrait-il, d’ailleurs, ne pas veiller sur son Église, qui est son royaume et son héritage re-conquis au prix de son sang, “Celui qui règne dans les cieux et de qui relèvent les empires,” à qui l’univers entier se soumet et dont la providence garde avec un soin jaloux la moindre parcelle du monde, son vaste domaine ?L’Église n’est pas seulement le royaume et l’héritage de Jésus-Christ, elle est son corps mystique, une partie de lui-même.“Vousêtesle corpsde Jésus-Christ” (4) disait saint Paul aux (1) St.Jean., XV, 20.(2) XVI 2.(3) XVI 33.(4) Chap.XII v.27. 240 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE chrétiens de son temps, faisant par là comprendre quelle union étroite, quoique mystérieuse, existe entre le Verbe incarné et ceux qui professent sa doctrine.Or, de même que la chair ressuscitée du Christ est maintenant incorruptible et immortelle, de même aussi l’humanité régénérée, sortie du sépulcre où l’avait ensevelie le péché, de-veni e par une assomption glorieuse le corps du divin Rédempteur sous la forme d’une société religieuse, ne peut s’altérer, se corrompre ou périr.L’Église est donc immortelle, indéfectible.C’est bien, du reste, ce que nous prouve son histoire.Combien de fois ses ennemis n’ont-ils pas essayé de la détruire, et, pour cela, de la noyer dans le sang de ses propres enfants?Le plus puissant empire qui fut jamais, qui a tenu dans ses mains pendant près de dix siècles les destinées du monde, jure sa perte.Le colosse l’étreint dans ses bras vigoureux et déploie pour l’étouffer toutes les ressources de sa force immense.Il lutte avec d’autant plus d’avantage que l’Église ne se défend pas.Elle prie, se cache dans les souterrains, s’agenouille avec ses martyrs sous la dent des bêtes féroces, offre aux instruments de torture la chair palpitante de ses enfants; mais, elle respecte jusque dans la mort la puissance tyrannique de ses bourreaux.Combat inégal, s’il en fut jamais, du moins en apparence, entre la force et la faiblesse, entre le meurtrier et sa victim.e! Cette lutte héroïque se prolonge durant trois longs siècles et fait tomber plus de vingt millions de chrétiens sous les coups de la persécution romaine.Cependant, quand le monstre, gorgé du sang de ses victimes, se repose; quand il est maîtrisé à son tour par le jeune et immortel Constantin, l’Église qui, à ce moment, relève son front radieux et sort des Catacombes, voit le monde entier accourir sous ses ailes et des peuples entiers se ranger sous l’étendard de la Croix.Elle entonne le chant du triomphe et constate que le divin Maître ne l’a pas trompée.Les portes de l’enfer, si formidable pourtant, sont demeurées impuissantes.La rage de Satan n’a réussi qu’à implanter la foi sur la terre et à peupler le ciel d’une légion de martyrs! D.-M.-A.Magnan, ptre.LANGUE FRANÇAISE Ecole primaire élémentaire COURS INFÉRIEUR EXERCICES DE PENSÉE ET DE LANGAGE I De quelle couleur est le sucre?(Le sucre est blanc).—De quelle couleur est le tableau?—le mur de la classe?—la couverture de ce cahier?—mon porte-plume?—les raisins?—la craie?—les oranges?etc.II Trouver dix noms de fruits;—cinq noms de légumes;—cinq noms de boissons;— cinq noms de vêtements.DICTÉES I LE JOUR DE NOËL .y 0^ci le j°ur de Noël.J’entends, dans la pièce voisine, les rires et la voix de mon petit frère qui demande à entrer.Papa, c’est Jacques qui vient vous montrer ce que le Petit Jésus lui a apporté.—Entre, mon bon chéri, dit papa, viens vite nous montrer le cadeau du Petit Jésus.Questions.—-Qu’est-ce que le jour de Noel?Que veut dire la pièce voisine ?Pourquoi le petit frère rit-il?Que veut-il?Que veut-il montrer?Est-il heureux ?Ses parents sont-ils heureux ?Analyse: la pièce voisine; mon bébé entre.Conjuguer le verbe recevoir un cadeau.LE THÉ Le thé est la feuille d’un arbrisseau qui croît dans l’Asie orientale et surtout en Chine.On cueille les feuilles du thé.Puis on les grille légèrement sur des plaques de fer ou de cuivre.On prépare avec les feuilles du thé une infusion agréable à boire.Les Anglais en font une énorme consommation. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 241 Questions.—-Qu’est-ce que le thé?(C’est: 1° un arbrisseau: 2° sa feuille; 3° l’infusion de cette feuille).—Où cultive-t-on le thé?(En Chine et dans les Indes.)—A qui sert-il de boisson?(Aux Chinois, aux Orientaux, en Europe et en Amérique, particulièrement aux Anglais.)—Dans le commerce/combien de sortes de thé?(Le thé noir et le thé vert.)—D’où vient la différence?(Le thé noir a fermenté avant d’être grillé et l’autre non, le premier est plus doux.)—-En France, quelle boisson est remplacée par le thé?(Le café.)— Qu’est-ce qu’une infusion?(C’est une plante ou une drogue jetée dans l’eau bouillante qui en prend les principes solubles.)—Comment fait-on l’infusion de thé ?(On jette les feuilles de thé dans l’eau bouillante, on recouvre, on laisse faire un bouillon, puis on retire du feu.) Grammaibe.—Analyser les pronoms: 1° relatifs 2° indéfinis: 3° personnels.—Trouver les verbes qui ont un complément direct d’objet.—Conjuguer: croître et croire: au présent de l’indicatif, au futur simple et au conditionnel présent.RÉCITATION MATIN D’HIVER EN l’iLE (1) Il neige ce matin, dans ITle.Le village est silencieux.Sous un linon frêle et mobile La terre se marie aux cieux.Nul bruit dans la maison tranquille Que le pouls consciencieux De l’horloge vive et docile Et que le brasier radieux.Au châssis que fleurit le gel J’entends frapper, comme un appel, Les coups brefs et clairs d’une cloche.Tenant des enfants par la main, Des vieux s’en vont sur le chemin Vers Noël, qui, déjà, s’approche.Alphonse Désilets.RÉDACTION l’hiver des petits oiseaux et des malheureux Canevas.— 1.Parlez des petits oiseaux qui nous restent pendant l’hiver.—2.De quoi souffrent-ils par la mauvaise saison?—3.Dites que leur sort vous fait penser aux malheureux dont l’hiver augmente la misère.DÉ VE LOPPEMENT 1.La plupart des oiseaux nous quittent ayant l’hiver pour aller aux pays d’un climat plus doux.Pourtant, quelques-uns nous demeurent, comme les moineaux et quelques autres.Ceux-là, je les aime de nous rester fidèles malgré les mauvais jours; mais, en même temps, je les plains beaucoup, car l’hiver les rend bien malheureux.2.D’abord, ils souffrent du froid.Tout Ije temps, ils sont dehors, sans abri, sans rien qui les protège contre les vents glacés.Oh! comme ils doivent grelotter! Ils souffrent aussi de la faim; point de vermisseaux sur le sol gel,é ou couvert de neige; point de moucherons dans l’air.Pauvres petits oiseaux, comment peuvent-ils apaiser leur faim?Oh! je voudrais qu’ils sachent que je suis leur amie! Je voudrais qu’ils viennent becqueter dans ma main les morceaux de gâteau que je serais si heureuse de leur offrir! 3.Le sort de ces chers petits oiseaux me fait penser au sort que fait aussi l’hiver aux malheureux, aux mendiants qui sont sans feu ni lieu.Ceux-là m’inspirent encore plps de pitié, car ils sont mon prochain, c’est-à-dire, mes frères.Aussi, quand j’en aurai les moyens, comme je m’empresserai de venir en aide à toutes les misères que je pourrai soulager! COURS MOYEN EXERCICES DE PENSÉE ET DE LANGAGE I.Combien y a-t-il d’heures dans un jour?A quelle heure entrez-vous en classe ?A quelle heure sortez-vous de l’école ?Quels sont les instruments ou machines qui indiquent les heures?Quel est celui qui fait des horloges, des pendules?des montres ?Quelles sont les différentes parties d’une montre ?(Le boîtier, le verre, les aiguilles, le mécanisme).Que renferme le boîtier?Le mécanisme est-il bien fragile?Comment faut-il le manier?De quoi est pourvu le boîtier?{D’un anneau).Quelle est l’utilité du verre de la montre?Sur quoi les heures sont-elles inscrites ?Quelles sont les autres divisions qui se trouvent sur le pourtour du cadran?Combien y a-t-il d’aiguilles?Qu’indique la plus petite ?Et la plus grande ?Qu’est-ce qui fait le tic-tac ae la montre ?Comment remonte-t-on la montre ?En quelles matières une montre peut-elle être faite ?II.Faire entrer dans une phrase chacun des mots suivants: heure, montre, horloge, pendule, horloger.Nous sortirons dans une heure.Louise a acheté une montre en argent.D’horloge de l’église est arrêtée.Cette pendule a besoin d’être réparée.Je connais un bon horloger.DICTÉES I LA BONTÉ (Réflexion au soir de Noël) Par-dessus toute chose, soyez bon: la bonté est ce qui ressemble le plus à Dieu (1) LTle d’Orléans. 242 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE et ce qui désarme le plus les hommes.Yous en avez des traces dans l’âme, mais ce sont des sillons que l’on ne creuse jamais assez.Vos lèvres et vos yeux ne sont pas encore aussi bienveillants qu’ils pourraient l’être, et aucun art ne peut leur donner ce caractère que la culture intérieure de la bonté.Une pensée aimable et douce à l’égard des autres finit par s’empreindre dans la physionomie, et par lui donner un cachet qui attire tous les cœurs.Je n’ai jamais ressenti d’affection que pour la bonté rendue sensible dans les traits du visage.Tout ce qui ne l’a point me laisse froid, même les têtes où respire le génie; mais le premier homme qui me cause l’impression d’être bon me touche et me séduit.Lacordaire.Application:—Mettre cette dictée en rapport avec les connaissances de grammaire acquises.II LA MAISON PATERNELLE (Réflexion au soir de Noël) Si de magnifiques châteaux m’étaient offerts, je ne voudrais pas, pour les habiter, quitter l’humble maison de briques rouges qui se cache là-bas, dans les érables touffus.Elle est située non loin de la grand’route.C’est là que j e m e suis sentie le plus heureuse, pendant les courtes années que j’ai vécu ici-bas.Aucune saison qui n’ait ses charmes, aucunes vacances que je n’aie vues finir sans pleurer.L’aurore m’y est toujours d’une grande douceur, soit que j’entende l’hymne matinal des rouges-gorges et des fauvettes; soit que ma mère, le plus doux des réveille-matin, se penche sur mon petit lit blanc.Toute saison m’y paraît belle: le printemps, avec Pâques fleuries et ses bourgeons frais éclos; l’été, malgré sa foudre et ses orages; l’automne, à la riche parure de feuilles écarlates et vert foncé; les sombres journées d’hiver, alors que la nature est nue, sans voix, n’y goûte-t-on pas mieux qu’en toute autre saison, les joies intimes du foyer?Quels que soient les jours que le Seigneur me prépare, jamais je n’oublierai le coin de terre où j’ai goûté les plus pures délices.Ne peut-on pas dire du foyer comme de nos églises : “Un jour passé au sein de la famille vaut mieux que dix mille à l’étranger.” Application: Mettre cette dictée en rapport avec les connaissances de grammaire et de syntaxe déjà apprises.RÉCITATION CHANSON D’HIVER La terre a mis sa robe blanche; Au bord du toit, L’oiseau muet tremble et se penche, Transi de froid! Voici qu’il gèle à pierre fendre; Sur les chemins, On voit des vieux pleurer et tendre Leurs faibles mains.Nous, cependant, les portes closes, Dans nos dodos Nous rêvons de suaves choses, Bonbons, cadeaux! Noël, Janvier, pour l’enfant sage Si généreux, Ah! n’oubliez pas au passage Les malheureux.G.Haurigot.RÉDACTION LETTRE POUR LE JOUR DE l’aN 1.Sujet.—Souhaits de nouvel an: Un jeune garçon occupe une situation loin de son village natal.Pour la première fois, il passe le jour de l’An loin de ses parents.Chers parents, En ce jour qui commence une nouvelle année, ma pensée tout entière se porte vers mes parents chéris dont je regrette beaucoup d’êtré éloigné aujourd’hui.Je n’oublie pas les bienfaits dont vous m’avez toujours comblé, les bons soins que vous m’avez prodigués ni surtout l’excellente instruction que je vous dois et grâce à laquelle je puis gagner honorablement ma vie.' f Aussi c’est le cœur rempli d’une douce émotion que je viens vous assurer de mon ardente affection et de ma reconnaissance sans bornes.Si mes vœux sont exaucés, votre santé sera parfaite et vous passerez encore de longues et belles années au milieu de ceux qui vous aiment.De votre côté, je suis persuadé que vous souhaitez de me voir marcher constamment dans la voie que vous m’avez tracée.Je réaliserai vos désirs bien facilement.Je n’aurai qu’à me conformer aux exemples que vous m’avez donnés.Je m’engage à toujours me maintenir dans les habitudes d’honneur, de piété et de travail qui rendent l’homme heureux.Je dois L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 243 vous dire que je ressens un peu de tristesse en ce moment où tant de personnes sont dans la joie.Je voudrais passer le premier jour de Tan en votre chère compagnie.Je me consolerai en pensant à vous et en prenant de bonnes résolutions, ce qui est encore une bonne manière de vous causer du plaisir.Je vous réitère mes meilleurs vœux et vous embrasse bien affectueusement.Votre fils dévoué.Jean.COURS SUPÉRIEUR EXERCICES DE VOCABULAIRE ET DE LANGAGE LE TEMPS ET LA VIE HUMAINE Les noms.—La vie, la naissance, le baptême, l’enfance, la jeunesse, l’adolescence, la virilité, la maturité, le déclin, la vieillesse, l’âge, la mort.Les adieciffs.—Natif, natal, enfantin, puéril, jeune, juvénile, adulte, viril, vieux, sénile, défunt; —-quadragénaire, quinquagénaire, sexagénaire, septuagénaire, octogénaire, nonagénaire, centenaire, séculaire, millénaire.Les verbes.—Vivre, naître, débuter, se hâter, prier, espérer, patienter, prévoir, s’établir, rajeunir, décliner, vieillir, mourir.Exercice.—a.Distinguer: enfance, adolescence et jeunesse (la première jusqu’à 13 ans environ, la deuxième de 14 à 25 ans, la troisième est l’ensemble des deux premières) ; distinguer adolescent et adulte ; distinguer enfantin, puéril et infantile.b.Mettre les adjectifs de la leçon en rapport avec un nom ou un complément convenable (natif de Charlesbourg), le pays natal, un plaisir enfantin, des propos puérils, un jeune homme, une ardeur juvénile, l’âge adulte, un courage viril, un vieux paysan, la faiblesse sénile, l’empereur défunt).c.Ajouter à chacun des infinitifs de la leçon ci-dessus le nom correspondant et un autre nom de la même famille.Ex.: Vivre, vie, survivance.Naître, naissance, natalité, etc.d.Le préfixe ad dans adolescence (latin: ad, vers; olescere, grandir.Etat de celui qui s’achemine vers la virilité).L’élève séparera le préfixe de la racine et définira rapidement les mots suivants d’après le sens des éléments: adjacent, adducteur, acheminer, aboutir, achever, adoucir, affaiblir, affoler, apaiser, anéantir, arriver, atterrir.Ex.: ad-jacent: qui est jeté vers, qui touche à.Deux angles adjacents.DICTÉES I LA FAMILLE Dans une famille, tous ont en vue l'avantage de tous, parce que tous s'aiment et que tous ont part au bien commun.Il n’est pas un de ses membres qui n’y contribue d’une manière diverse, selon sa force, son intelli- gence et ses aptitudes particulières; l’un fait ceci, l’autre fait cela; mais l’action de chacun profite à tous et l’action de tous profite à chacun.Qu’on ait peu ou beaucoup, on partage en frères; milles distinctions autour du foyer domestique.On n’y voit point, ici la faim, à côté l’abondance.La coupe que Dieu remplit de ses dons passe de main en main, et le vieillard et le petit enfant, celui qui ne peut plus ou ne peut pas encore supporter la fatigue, et celui qui revient des champs le front baigné de sueur y trempent également leurs lèvres.Leurs joies, leurs souffrances sont communes.Lamennais.II CHARITÉ Il ne s’agit point d’épuiser sa bourse et de vider l’argent à pleines mains: je n’ai jamais vu que l’argent fit aimer personne.Il ne faut point être avare et dur, ni plaindre la misère qu’on peut soulager; mais vous aurez beau ouvrir vos coffres, si vous n’ouvrez aussi votre cœur, celui des autres vous restera toujours fermé.C’est votre temps, ce sont vos soins, votre affection, c’est vous-même qu’il faut donner: car, quoi que vous puissiez faire, on sent toujours que votre argent n’est point vous.Raccommodez les gens qui se brouillent, prévenez les procès, portez les enfants au devoir, les pères à l’indulgence, empêchez les vexations, employez, prodiguez le crédit en faveur du faible à qui on refuse justice et que le puissant accable; déclarez-vous hautement le protecteur des malheureux; soyez juste, humain, bienfaisant.Ne faites pas seulement l’aumône, faites la charité.J.-J.Rousseau.Applications:—Mettre les dictées ci-dessus en rapport avec la grammaire et la syntaxe déjà étudiées.RÉCITATION CHE7 LE PAUVRE EN HIVER L’humble logis n’a qu’une pièce, Et les murs sales, dégarnis, Offrent au regard la tristesse Et le désordre des vieux nids.Par les ouvertures mal closes Entre le vent glacé du soir; On croit voir de lugubres choses Au fond de l’âtre froid et noir. 244 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Sur sa couchette nue et dure, Dans un coin, le père, souffrant, Cache la douleur qu’il endure Avec un sourire navrant.Plus loin, deux enfants au front pâle Donnent, les bras entrelacés; Leur souffle siffle comme un râle, Et leurs petits pieds sont glacés.Sous la lampe fumeuse et basse, La mère, seule pour nourrir La famille, quoique bien lasse, Force son aiguille à courir.Elle a, pendant cette journée, Travaillé sans compter son temps; Sa tâche n’est pas terminée, Il faut encor peiner longtemps.Hélas! plus de pain dans la huche, Et les remèdes coûtent cher; Voici que la dernière bûche Est éteinte depuis hier.Songeant à toutes ces misères, Elle voit l’espoir qui s’enfuit, Et ses larmes coulent, amères, Dans le silence de la nuit.Napoléon Legendre.(1).COMPOSITION SUJET A TRAITER La façon de donner est mieux que ce qu’on donne Un pauvre aveugle demande la charité._ Un riche passant lui jette dédaigneusement une pièce d’argent qui roule à terre.Embarras de l’aveugle qui ne peut la retrouver.Un enfant passe; gentiment, il ramasse la pièce et ajoute un petit sou à l’offrande.Réflexions.(l) Poète canadien-français.École primaire SECTION GÉNÉRALE DICTÉES I SOUS L’ETOILE DE BETHLÉEM Déjà le ciel a un air de Noël.Réjouissons-nous, car Noël, c’est l’étoile guidant les âmes au Maître de la Vie.L’étoile, il y avait longtemps que des sa- SUJET TRAITÉ Il fait froid; une bise âpre et glacée souffle impitoyable aux oreilles des passants, qui se hâtent vers leur demeure.Un pauvre aveugle, appuyé sur le mur de la Porte-Saint-Jean, à Québec, et faisant face aux promeneurs, leur jette un modeste: “Ayez pitié d’tm pauvre aveugle!” que les uns n’écoutent pas, que d’autres entendent sans avoir la charité d’y répondre.Un monsieur chaudement vêtu, le collet de fourrure remonté aux oreilles, les mains dans ses poches, se retourne pourtant.D’un geste machinal, presque hautain, il laisse tomber, comme s’il ne pouvait faire autrement, une pièce blanche dans la sébille tendue vers lui, il a mal calculé son mouvement, et la pièce roule.Il n’en a cure et passe outre.N’était-ce pas assez que d’avoir fait le geste de la pitié ?Le pauvre aveugle tâtonne avec son bâton sur le trottoir glacé, car il a entendu le bruit de la petite pièce; peine perdue; nouveau Tantale, il sait que son maigre dîner, sous la forme de la petite pièce, est là peut-être à ses pieds, et qu’il ne peut l’atteindre.Heureusement, petit Jacques a tout vu.C’est un honnête petit garçon que Jacques; il travaille déjà, quoique pas bien haut, et son cœur est plus grand que sa taille.Il court après la pièce, la ramasse joyeux.—Tenez, dit-il au pauvre aveugle; voici ce que vous cherchiez, et que cette offrande vous soit douce! et il part léger et joyeux, sous le vent qui rend sa joue toute rouge et ses yeux tout brillants.Quelle charité avait été la meilleure ?Il n’est pas difficile de le dire.Il ne suffit pas de donner, il faut le faire avec cœur, avec compassion pour ceux qui souffrent.Si nous ne donnons que pour accomplir un devoir de rigoureuse justice, nous donnerons mal; si nous donnons parce que nous aimons les pauvres et que nous voulons les soulager, nous donnerons bien, car nous donnerons avec cœur.vants la cherchaient dans les cieux.Et voici qu’elle revient maintenant depuis près de vingt siècles faire tressaillir de joie la terre et ses immensités.L’étoile, c’était l’espérance.Et cette espérance a brillé sur la grotte où pleurait et souriait un enfant.Mais cet enfant était un Dieu.Heureux ceux qui ont cru en l’étoile! Mais, ne le savons-nous pas, les premiers complémentaire L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 245 appelés par les divines miséricordes ne portaient sur leurs fronts ni les bandeaux de la science ni la couronne des rois.Simples bergers, pauvres entre les pauvres, petits parmi les plus petits, c’est de ces humbles que le Roi de la Crèche voulut orner sa cour.Il le fit, pour exalter les humbles.L’étoile avait d’abord attiré leurs regards, et ils sentirent aussitôt chanter dans leurs cœurs de profondes et pures espérances.Déjà, ils crurent.L’ange apparut dans la nuit: ce fut la récompense de leur foi.Le messager ajouta qu’il leur montrerait le désiré des nations sous les traits d’un enfant volontairement offert à la misère que leur tendre enfance avait elle-même connue.Et les pasteurs partirent bénissant Dieu.Déjà leurs âmes s’incendiaient d’amour.Depuis, des légendes dignes de foi nous apprennent que ces humbles se retrouvèrent plus tard à la suite de Jésus, parmi ses plus fidèles disciples, ses témoins et ses martyrs.Application:—Mettre cette dictée en rapport avec la grammaire et la syntaxe étudiées depuis novembre.II l’ivrognerie Il n’y a aucun vice qui soit plus honteux, plus fatal dans ses conséquences que Vivro-gnerie.L’homme ivre déraisonne et descend au-dessous de l’animal qui ne raisonne pas, il est vrai, mais qui demeure constamment fidèle aux règles que Dieu a établies.Les instincts de l’animal lui tiennent lieu de sagesse, tandis que les instincts de l’homme le conduisent presque toujours aux excès et aux sottises de tout genre, si la raison n’est pas là pour les discipliner.Or, dans l’ivresse, la raison a disparu, et les appétis les plus désordonnés ont libre carrière.Craignez tout d’un homme adonné à la boisson, et n’en espérez rien, ni dévouement, ni respect des choses les plus sacrées, ni même probité.Ceux qui se sont abandonnés à cette indigne et funeste habitude méprisent le travail, dédaignent les joies de la famille et ne remplissent aucun devoir de la vie publique ou privée.Ils ne sont plus des créatures humaines, dit un ancien philosophe, ils sont des brutes ou des bêtes féroces.EXERCICES Soit.—Emploi du mode subjonctif.Pourquoi?Ivrognerie.—Fonction de ce mot.L'homme ivre.a établies.—Analyse logique de cette phrase.Instincts.—Justifier l’emploi de la lettre c.Établies, disparu, désordonnés, abandonnés.— Orthographe de ces participes passés.Cette indigne et funeste habitude.—-Dire pourquoi on n’a pas répété le déterminatif cette devant funeste.Construire une phrase où la répétition aurait lieu.Bêtes.—-Justifier l’emploi de l’accent circonflexe.Dit un ancien philosophe.—Nature de cette proposition.SECTION AGRICOLE DICTÉES I LA FENAISON Voici un beau souvenir de mes dernières vacances: J’ai vu les faneurs dans les pré's, l’été dernier, et j’ai trouvé que leur travail était plus fatigant qu’il n’en a l’air.D’abord je vis les faucheurs couper le foin et je leur demandais quel jour on fanerait.Ils me répondirent: “Nous aurons fini ce soir et on fanera dans deux ou trois jours, si le beau temps continue.” Le beau temps ayant continué, mes cousins et moi nous allâmes voir les faneurs.Avec des fourches et des râteaux, ils étendaient le foin au soleil.A midi, ils le retournaient et le soir ils le mettaient en petits tas, qu’ils appellent vailloche ou vdl-lotte.Le lendemain, ils recommencèrent.Je voulus les aider, mais j’étais bien maladroit et je dus y renoncer.Nous les regardâmes faire ainsi, jusqu’à la fin.Ensuite ils rentrèrent le foin dans les granges.Il servira à la nourriture des bêtes pendant l’hiver.Questions diverses.—-Qu’est-ce que la fenaison?—-faner?—Le travail du faneur est-il fatigant?—Par quels ouvriers sont-ils précédés dans les prés?Que font les faucheurs?—Quel temps doit-il faire pour qu’on puisse faner?—De quels instruments se sert-on pour faner?—A quoi sert chacun de ces instruments?—Est-ce facile de faner ?—A quoi sert le foin ?Analysez les pronoms personnels contenus dans la dictée.Trouvez et épelez des mots en eau, comme râteau, et donnez-en le pluriel.—Trouvez et épelez des mots de la famille de fatigant.—-Quelle différence y a-t-il entre fatigant et fatiguant, (adjectif qualificatif et participe présent.)—Trouvez et épelez des mots qui ont toujours un s final, comme tas (repas, repos, bras, succès, etc.)—Trouvez et épelez des mots en oin, comme foin (coin, soin, groin, benjoin, besoin, etc.) II MON VILLAGE Il est tout petit, mon village.Je ne vous dirai pas comment il s’appelle; je ne le dénoncerai pas aux citadins en quête de verdure 246 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE et de tranquillité pour l’été prochain.Ce serait bientôt le village de tout le monde; ce ne serait plus mon village.Il se pelotonne frileusement sur le penchant d’une colline qui se chauffe en plein midi.A ses pieds, une étroite vallée où une ligne sinueuse de saules et de peupliers révèle et cache une petite rivière; sur sa tête, un vaste plateau où le regard file en tous sens à perte de vue.Il a bien su ce qu’il faisait en se blottissant à mi-côte, r on village.En bas, les brouillards d’automne qui noient tout sous leurs vagues floconneuses; en haut, le vent qui, les jours de tempête, balaye tout de son souffle impérieux.Mais à lui les caresses du soleil et de la brise.Résumé de la dictée.—L’auteur décrit son village et insiste sur ce point qu’il ne veut pas dire où ce village est placé, de peur que les gens des villes ne viennent s’y installer et en troubler la tranquillité.BÉCITATION NOËL A LA CAMPAGNE Nuit calme et solennelle! Oh! oui, qu’elle était belle, La rustique chapelle, Sous son naïf décor! Avec ses feux magiques, Et ses autels féeriques.Et ses joyeux cantiques.Mais écoutez! la cloche sonne Au clocher lointain qui rayonne.La cloche sonne et carillonne A réveiller tout le hameau.A ce signal, chaque chaumière Magiquement soudain s’éclaire; La carriole attend, légère; A la chapelle !—il fait si beau ! Non, pas même une humble cabane! Sous les yeux d’un bœuf et d’un âne! Quel fils de pauvre paysanne N’eût pas rougi de naître ainsi! Frêle Enfant que rien ne protège, Il nous arrive avec la neige Et les oiseaux blancs pour cortège.Dans son berceau, Jésus repose! Le lys dont la corolle exhale Une senteur si virginale La neige fraîche et matinale Qui charge au bois les verts buissons; Enfin, la perle la plus belle Avec moins de grâce étincelle Que sa vive et calr e prunelle, Pleine d’amour et de rayons! Nuit calme et solennelle! Vieille et sainte chapelle, Si riante et si belle Sous ton naïf décor; Avec tes feux magiques, Et tes autels féeriques, Et tes joyeux cantiques, Te reverrai-je encor?Abbé A.Gingras, Poète canadien-français.SECTION MÉNAGÈRE LE LOGIS DE FAMILLE Victor de Laprade a dit: “Il faut tenir paré le logis de famille; C’est l’œuvre de l’épouse et de la jeune fille.” Développez rapidement ces deux vers et complétez la pensée qu’ils renferment en montrant comment la jeune fille peut et doit être la joie de la maison.DÉVELOPPEMENT “Il faut tenir paré le logis de famille.” Ouq car ce logis abrite des âmes créées à l’image divine; c’est comme un sanctuaire respectable; il convient, il est né-ceeeaire même que ce séjour intime, où nous passons les meilleures heures de notre existence, présente un aspect aimable et repose agréablement les yeux de ses habitants.Il faut donc le tenir soigneusement paré.Cette besogne regarde-t-elle le chef de famille ?Non.L’homme a d’autres soucis.Son travail l’appelle soit aux champs, soit à l’atelier, soit au bureau.C’est pourquoi la bonne tenue du logis, ajoute le poète: “C’est l’œuvre de l’épouse et de la jeune fille.” Parer le foyer domestique de toute la grâce, de toute la beauté qu’il peut revêtir n’est pas peu de chose; c’est véritablement une œuvre d’art à renouveler tous les jours, une œuvre d’art qui demande de l’intelligence et du goût.A la jeune fille de seconder sa mère dans la jolie tâche de la parure du logis.Par^ ce mot de parure, il ne faut pas précisément entendre des ornements plus ou moins artificiels: festons, guirlandes, et autres, fanfreluches.Non.La parure de l’intérieur est faite, avant tout, de l’ordre et de la propreté qui doivent y régner; L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 247 de l’ordre: que rien ne traîne, que chaque chose, chaque objet soit bien mis à sa place, de façon que l’ensemble du mobilier offre un arrangement harmonieux; de la propreté: il faut que tout soit scrupuleusement nettoyé, que l’argenterie et les cuivres bien astiqués, reluisent avec éclat et que pas un grain de poussière n’entache les meubles ni les tableaux qui décorent les murs.La jeune fille apportera tout son talent, toute son adresse, toute son activité à pourvoir à ces soins quotidiens et même à d’autres soins de détail.Par exemple, elle s’empressera de remplacer par des rideaux plus frais ceux qu’elle aperçoit ternis aux fenêtres.Par exemple encore, si le chapeau, en papier de couleur, qui orne la lampe à suspension, lui apparaît un peu vieilli à l’usage, elle saura, de ses mains de fée, en fabriquer un autre artis-tement dentelé.De plus, aux beaux jours, elle cueillera quelques fleurs de saison pour en former un vase qui ornera la table ou le dessus de la cheminée.Rien n’égaie un appartement comme la présence riante des fleurs.C’est ainsi que le logis fera le plaisir des yeux et l’enchantement de ceux qui l’habitent.Ajouterai-je que la jeune fille doit être elle-même, en personne, la plus gracieuse parure du logis?“Comment, me direz-vous?Est-ce en paraissant en brillante toilette, fardée et couverte de bijoux?” Erreur! J’aime plutôt la voir ne montrer qu’une mise à la fois simple, élégante, et en rapport avec sa condition.Je veux dire qu’elle sera la parure vivante et la plus exquise du logis par les vertus dont elle saura l’embellir, par sa douceur inaltérable, par l’amabilité de ses manières, par son attention à obliger, se gênant pour mettre à l’aise les autres, enfin par son air enjoué et cette perpétuelle bonne humeur qui déride les fronts soucieux, chasse la tristesse et fait, pour ainsi dire, rayonner du soleil dans les cœurs au sein de l’heureux logis.Et voilà comment la jeune fille peut et doit être la joie de la maison.MATHEMATIQUES ARITHMETIQUE, ALGEBRE, MESURAGE Arithmétique COURS INFÉRIEUR lere ANNÉE 1.Exercices oraux.— -Combien faut-il ajouter, pour faire 25, à 21 ?à 20 ?à 19?à , 17?à 15?2.Combien manque-t-il pour faire 30, à 28 ?à 25 ?à 27?à 23?à 21?3.Comptez de 5 en 5, à partir de 5 jusqu’à 30.4.Exercices écrits.— 17+3= ?16 + 5= ?21+5= ?17+4= ?19+4= ?22 + 7= ?18+3= ?18+7= ?25+5= ?5.30-2 = ?29 - 4 = ?23 - 4 = ?30-4= ?28 - 6 = ?25-7 = ?30-7= ?24 - 4 = ?23 - 8 = ?6.Lucie achète une livre de sucre 6 sous et une livre de riz 8 sous.Combien lui revient-il sur une pièce de 25 sous ? 248 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 2e ANNÉE 1.Exercices oraux.—Combien faut-il ajouter,pour faire 200,à 175?à 150?à 125 ?Combien de fois 25 en 100 ?en 200 ?en 175 ?En 200, combien de fois 50 ?comibien de fois 20?de fois 40?Quelle est la moitié de 200?la quart de 200?2.Exercices écrits.— 25 X ?= 100 50X2= ?50X ?= 100 25 X ?= 125 50X3= ?50 X ?= 150 25 X ?= 175 50X4= ?50X ?= 200 3.Ecrivez en chiffres les nombres de 500 à 520 et de 580 à 600.4.Multiplications.32 47 35 43 84 78 X6 X8 X5 X4 X7 X5 5.Quel est le prix d’un agneau de 54 livres, à 8 sous la livre ?COURS MOYEN 3e ANNÉE 1.Un cultivateur a vendu 35 minots d’avoine pour $12.60.Combien recevra-t-il au même prix pour 134 minots ?Solution : 35 minots = $12.60 1 minot —l-g-6— 134 minots = 3 5 = $48.24.Réy.2.Une ménagère a élevé 128 poulets qui lui ont coûté en travail et en nourriture $43.52.Combien devra-t-elle vendre chaque poulet pour gagner $0.36 l’unité ?Solution .Un poulet coûte $43.52-^ 128 = $0.34 Elle devra vendre $0.34 +$0.36 = $0.70.Rép.3.Une ouvrière gagne $12.75 par semaine de 6 jours.Combien pourra-elle dépenser chaque jour, si elle veut économiser $2.25 par semaine ?Solution : Somme à dépenser par semaine.$12.75—$2.25 = $10.50.“ “ “ jour.$10.50-f-7 = $1.50.Rép.4e ANNÉE 1.Après avoir vendu % de ses choux plus la moitié du reste, un jardinier en a encore 150.Combien en avait-il récoltés?Solution .Soit sa récolte.-f- - = ^ 1er reste L2 de ¦j'= ¦§" 2e vente X - -g- = s' dernier reste.^- = 150 et f = 150 X 8 = 1200 choux.Rép. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 249 2.Une fermière a tissé une pièce de toile écrue de 28p2 verges.Elle en a vendu 2-| verges, 6J- verges et 13|-.Si le reste vaut $2.62, quelle était la valeur de la pièce entière ?Solution : 2|+6|-+13|- = 2^|-4-6-|-| + 13-||- = 23-214-verges 283/2 ~ 23-21j = 5^ verges qui restent.o-|-j verges = $2.62 1 verge = 2.62-=-5^ = 2.62 —ou 283^ verges = ?^^^ = $13.68.Réy.COURS INFÉRIEUR 5e ANNÉE 1.Un champ peut être fauché par 10 hommes en 6 jours.Au moment de commencer les travaux, 2 hommes manquent à l’appel.Combien de jours faudra-t-il aux autres pour faire l’ouvrage ?Solution : 10 hommes prennent 6 jours.8 “ “ ?1 h.prendrait 10 joursX6 = 60 jrs.8 hommes prendront -6g2- = 73^ jours.Réy.2.10 hommes peuvent faire un drainage en 5 jours.Après 2 jours de travail, 4 hommes tombent malades.Combien de temps prendront les autres pour finir l’ouvrage ?Solution : Après 2 jours, il reste de l’ouvrage à 10 hommes pour 3 jours, et la question revient à celle-ci: 10 hommes prennent 3 jours 6 “ “ ?-^|La = 5jours.Réy.3.Si .0375 d’un arpent de terre valent $9.00, quelle est la valeur de 3% d’arpent ?Solution : .0375 = 9.00 1 10000 375 10000 9Xi0000 10000 375 5 3=oxmm Rép Taux pour 146 jours = $°- 5-yg 1-—= 3% $618.Rép.18‘ Taux pour l’année = 3^3665 =7+?%.Rép.Montant >18.54X100 Mesurage (Voir section industrielle) SECTION INDUSTRIELLE 7e ANNEE Mesurage 1.L’hypoténuse d’une pièce de terre en forme de triangle isocèle rectangle est de 520 pieds.Combien coûtera la clôture de cette pièce à 54 sous la verge ?Solution .Carré de l’hypot.= 5202 Carré d’un côté =-+|^-2 Longueur d’un côté = V = 367.75 Périmètre = 520+367.75+367.75 = 1255.50 pieds Dépense =J-^-35-ûN_5-^ = $225.99.Rép.2.Dans un quadrilatère ABCD, la diagonale AC mesure 600 pieds et les perpendiculaires abaissées des points B et D sur cette diagonale ont respectivement 70 pieds et 120 pieds.Trouver la superficie en acres.Solution : Superficie du 1er triangle = 6 ° °^ ° = 21000 pi.car.“ du 2e “ = e^oXi2o.= 36000 pi> cari 2100 0X36000 1 4 3 5 60 i 3 acre.Rép. 252 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Algèbre 1.Nous désirons corriger une erreur qui s’est glissée dans l’énoncé du premier problème d’algèbre proposé pour la 7e année dans la livraison d’octobre.Dans les 2e et 3e lignes, au lieu de “j’ai autant de moutons que de chevaux et de vaches réunis” on devrait lire “j’ai deux fois autant de moutons que de vaches”.2.Si 2 livres de beurre coûtent autant que o livres de saindoux et que 43^ livres de saindoux, plus 6 livres de beurre, coûtent $5.07, trouvez le prix de la livre de beurre et de la livre de saindoux.Solution : Soit x le prix de la livre de saindoux.Alors |£ “ “ “ beurre 4 + 6 X= 507 Ox + SO.r = 1014 39.r = 1014 Rép.: x = :L 3 9~ = 26 sous la livre de saindoux Rép.= 26 X-f = 65 sous la livre de beurre.3.Combien de pintes d’eau faut-il mélanger avec 250 gallons d’alcool à 80% pour faire un mélange à 75% ?Solution : Soit x le nombre de gallons.(2 5 0 + r)7 5 _ 2 5 0X8 0 100 100 18750 + 75a: = 20000 753 = 20000 - 18750 = 1250 — 1 2 5 0 — 16f- gai.Rép.x 7 5 8e ANNÉE Mesurage 1.Les Règlements scolaires exigent que dans une salle de classe la surface du plancher donne au moins 15 pieds carrés par élève et la capacité de la salle au moins 150 pieds cubes d’air par élève.D’après ces données, combien d’élèves pourrait recevoir une salle de 30 pieds de longueur, 24 pieds de largeur et 10 de hauteur ?2 Solution : ^0x24xL> =4g élèves.Rép.m Chaque élève aura sur le plancher: -3-°^-^= 15 minimum règlementaire.2.Si la salle ci-dessus n’a que 9 pieds de hauteur, combien d’élèves pourra-t-on y admettre ?Solution : 30x24x9 — 43 élèves.Rép.Chaque élève aura sur le plancher: — °4y^- = 16f|- pi.carré.3.Si la salle ci-dessus a 12 pieds de hauteur, combien d’élèves pourront y être admis? L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 253 : D’après la capacité: £0x24x12 = 57 élèves m 5 Mais en divisant la superficie du plancher par 15, on ne trouve pas le minimum exigé: 3j)>
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