Journal des campagnes, 4 juillet 1889, jeudi 4 juillet 1889
[" 2, GER NY , hh Bs, ~J D A '.TH \u2014 1 ie \u201c cup re +.Treat Ai 254 Ou À a TE ps PS \u2014_ aE ed ol Se 47 \"ie .4 ê Ps > v GLIAL ES RE NTT sv oF 7H, 3 Re wa ai Stet Ber Te 1e + mo = er JON ÉD Se \u2014\u2014\u2014 SOUR NeaBinblge TT 5 10° Législativ*.} L'industrie agricole doit toujours être ja base de ca richesse des nations.Sème \u2018Année Jeudi 4 Juillèt 1889 No 22 | 9 0 URNAL DES CAMPAGNES EDITION HEBDOSABAIRE.~ Paraissant tous tes JEUDIS at contenant twute les nouvelles le la semaine.Prix de l'abonnement :-UNE PIASTRE POUR LA FRANCE\": 10 FRANOS Stricterent payable d'adunge Imprimé et publié par LEGER BROUSSHAU, ÉDITEUR-PROPRIÈTAIRE No 9, Rue Buade, H.V., Québec.LA PREMIERE MESSE AU CANADA Le: sixiesme iour du dudict\u2019 moy vinsmes poser à vne ysle qui faict vne petite baye &* couche de terre : Icelle ysle est vne moult bonne terre & grasse, plaine de beaulx & grandz arbres de plusieurs sortes : é» entre autres y a plusieurs couldres franches.\u2018Et parce la nomasmes l\u2019ysle es Couldres.Le septiesme iour dudict moys, (de séptembre,) \u2018dur nostre dame, après- auoir ouy la mésse, nous\u2019 partismes de ladicte ysle pour allet à'mont ledict fleuve.VOYAGE DE JACQUES CARTIER (1535) \u2018 a LA MESSE : L'aurore avait jeté sur les pas du soleil + Sa corbeille dé rose et son manteau vermeil, Lorsque les mariniers trouvèrent un asile.Pittoresque et champêtre au rivage de l\u2019île.AS : ci gr Ce nouveau'contirient est \u2018un présent du ciel ; Et c\u2019est là qu\u2019aujourd\u2019hui le marin immortel Veut en faire au Seigneur un hommage sublime Un y faisant offrir l\u2019adorable victime.| f .- 4 Lh .Un autel de feuillage et de mousse est dresgé Au jommet du côteau, sur un tronc renversé.Opus un massif de st djormes, * Ombrageant le rocher de- leurs byaniches - énodgmes, Fedusiblent aux drceaux an temple \u2018nati : f Des liahes on voit les vefdoyants cordages Retomber en festons au-dessus de l\u2019autel Et des cierges bénis,.parmi les fleurs sauvages, Dont les pieuses\u2019maîrts du prêtre et des matins Oût jonché le sol vierge et les degrés divibs.Sur les bras de la croix rustique se balance , Un faisceau d\u2019étendards aux armes de lea France: Cependant est venu fe moment solennel | Et le prêtre gravit les marches de l'autel.L'équipage vêtu de ses-habits de fête 1 .\u201c ty \u20180 S\u2019agenouille, et Cartier se prosterne à leur tête.Notre patrie a vu bien des jours glorieux : Mais jamais elle n'eut d\u2019instant plus précieux.Le prêtre auguste of saint, avec la blanche hostie,.Elève vers le ciei un tegard qui upplie.Pour la première fois en ce pays nouveau Est offerte la chair et le sang de l\u2019Agnsau.Le flot attent f baise avec respect la plage, Et la brise au csmrau suspend son doux ra.nage.Car ce vaste désert est devenu sacr , Depuis que du Sauveur le sing l\u2019a consacré.La France américaine, en ce moment suprème, À reçu l'onction de son premier baptême.Et Cartier crut ouïr-dans les hauteurs des cieux, Joint à la voix du prêtre, un chant mystérieux : C'était l\u2019hymne d'amour et de reconnaissance De la terre et des mers chantant leur délivrance.C'était la sainte voix de leur ange gardien Qui priait au berceau du peuple Canadien.H, R.CASGRAIN, Pire + \u2014 tbe @ np ED.LA LEGENDE DU LAC CACHÉ (INEDITE.) Prelude A une lieue de I'angle Nord-Ouest de la vaste seigneurie de Beaupré, à moius de sept\u2019 lienes de distance de\u2018 Québec, à vol d'oiseau, dans la, direction approximative Nord uinze degrés Ouest de la Terrasse aint-Louis, se trouve un charmant lac qui a nom Lac-Oaché.Le trop plein des eaux fraîches, claires, profondes et abondantes de ce petit réservoir se déversent dans la Rivière Jacques-Cartier : elles viennent de hauteurs qui voient aussi naître quelques unes des sources également pures, des rivières Montmorency et t -Charles.Ce lac est, depuis longtemps, célé.bre, par la qualité et la \u201cquantité.de traite qu'il fournit et parla, beauté des paysages dont il est entouré.Le pays eñvironnant.est remarquable- | ment- accidenté.de, montagnes.anx \u2018profils ion sévères ou- gracieux, de côteaux, de ravins escarpés, de coulées ombreuses, de plateaux et de vallons : il est arrosé d'innombrables ruisseaux et rivières, qui, de-ci de là, s'épanouissent en bassins, dans le cristal desquels se mirent les massifs des sapins, des épinettes st des pins tonjours verts et la changeante feuillée des bouleaux, des mérisiers et des érables.Pen d'aspeots char- «it \u2018| ment comme les viséés qui s\u2019ouvrent | parfois aux yeux du visiteur pancoun- nn rant ces endroits : rien ne repose comme le calme majestueux de ces grands bois.;( C\u2019est aux ondes aérées de ces soni- mets que l'aqueduc de Québec s\u2019ali- \u2018mente, et sijamais l'approvisionne- \u2018ment du Château-d\u2019eau de la Rivière \u201cŸSaï2t-Gharles devenait insuffisant, un très court canal, débouchant dans un couloir naturel bien encaissé, pourrait facilement suppléer au déficit, en y amenant, par la Rivière-des- Hurons, les eaux courantes du Lac- Caché et des deux rivières auxquelles il a donné son nom I Dans l'été de 1843, si je me rappelle bien l\u2019année, étant étudiant en médecine, je fis une excursion d'une semaine dans ces bois du Nord.de | Québec, en compagnie d\u2019un voyageur genèvois, M.Morrard, ayant pour guide \u2018un chasseur de Lorette, Étienne Gros-Louis.Nqus allâmes, \u2018au départ, à un peu plus de deux lieues du village des Sauvages, rendre visite au patriarche de la tribu huronne, le grand chef Vincent.Le \u2018bon vieillard s\u2019était fait, au sein de la forêt; sûr les bords du lac Larron, un établissement retiré où il vivait alors avec quelques membres de sa famille.Il était bien \u2018affaibli par l\u2019âge s\u2019attendant} commie il le disait, à voir bientôt la fin de sa longue carrière ; mais ga belle intelligence n'avait pas souffert de l'Butrage des ans.Il se montra très sensible à notre attention, et si heureux de nous parler en détail des lieux que nous allions parcourir et de l'histoire de sa race que,sans indiscrétion mais au contraire en lui étant agréables, nôus pâmes jouir durant toute une demi-journée de son intéressante conversation et de ses attachants récits: Le Lac -Caché, qui-pen- dänt longtemps fit\u2019 partie du terri toire dè chasse de\u2018 la famille Sioui, quable, de ce lac nous intriguait ; l'explication donnée constitue le fond de la légende que je vais thui raconter.' Co I Il y avait environ trois quarts de siècle que les Hurons étaient établis à Lorette, notre vieil ami le chef » ne fut pas oublié.Le nom, si remar-.Viricent n\u2019était pas encore né ; les cabanes en tonnelles avaient été remplacées par des maisons confortables et le village, groupé autour de sa chapelle, devait avoir la physionomie qu'il présente aujourd\u2019hui.Les gens de la tribu avaient déjà adopté le\u2018 français pour langue usuelle et contracté les mœurs des canadien-fran- çais.Comme de nos jours, ils vivaient de diverses industries, d\u2019un peu de culture et de beaucoup plus de chasse et de pêche que présentement.La récolte de la gowmme de sapin et la pêche à la truite comptaient parmi les occupations des mois d\u2019été.Les meilleurs endroits de pêche étaient situés en arrière de la seigneurie de Beaupré, où se rencontrent les lacs A-Noël, De-Travers, Al'Epaule et autres, désignés tous ensemble sousle nom générique de lacs du Nord-Est, à cause de leur direction générale par rapport \u2018au village de Lorette : ils se trouvent éloignés du marché de Québec de onze lieues et plus: on y arrivait par un sentier bien frayé qui suivait, à peu près mais à plus court, le même tracé que les chemins de voitures actuels de Stoneham et du Lac Saint Jean.Pour aller pêcher dans ces lacs, on partait le lundi ; on se rendait sur place, on essayait la chance et on s'intallaif le mardi ; on péchait sans relâche le mercredi depuis I'aurore juequ\u2019à une heure plus ou moins avancée de l'après-midi, selon le cas, afin de pouvoir faire le même jourun bout de chemin de retour ; le jeudi on arrivait à Charlesbourg et, enfin, le vendredi,de grand matin, on partait pour le marché de Québec, avec les habitants qui allaient vendre leurs denrées.La truite était apportée bien fraîche, essuyée qu\u2019elle avait été au sortir de l\u2019eau, empaquetée avec des feuilles, fenue soigneusement à couvert - de : l\u2019ardeur : du\u201d soleil et n'ayant été guère plus de deux jours hors de son élément.Avec de la chance, le poisson ne manquait pas alors, ¢a payait assez bien mais.on n\u2019était pas toujours également heureux et le métier était rude ; - cela n\u2019empéchait.pas les gens d'aimer à se livrer, de fois à autre, à ce genre d'exploitation et de ne l'abandonner définitivement qu'avec peine.De.ce nombre, de \u2018son temps, fut le Père \u2019 | Cu « x 4 JOURNAL DES CAMPAGNES Re a ; amt _ fs \u2019 Jean Louis qui, déja fort avancé dans sa soixantaine mais encore alerte, voulut faire, avec son petit fils âgé de dix-sept ans, une dernière expédition anx lacs du Nord-Est, ou pour mieux dire du Nordais.De compagnie avec le Père Jean Louis, deux jeunes hommes du village, deux frères, Paul et Jérôme, s\u2019étaient engagés dans le sentier ; ceux-ci, toutefois, n\u2019allaient point à la pêche mais à la gomme, comme le faisaient voir le gros bidon de fer- blanc et la tasse à bec de même matière qu\u2019ils portaient.Ils ne cheminèrent pas longtemps -ensemble, car les pêcheurs allaient en hâte, tandis que les gommiers cherchaient à loisir les touftes de sapins de chaque côté des sentiers parcourus, piquant a droite, piquant à gauche les ampoules gonflées du limpide et précieux liquide qu\u2019ils recevaient dans leurs tasses, dont le contenu était versé a fur et mesure dans le bidon.C'est de cette façon que Paul et Jérôme, arrivant le jeudi, vers dix heures de la matinée, à une couple de lieues au delà de l\u2019endroit où la Rivière-des-Hurons covpait le chemin, aperçurent le Père Jean Louis et son petit fils assis au bord du sentier, près d\u2019un feu allumé par eux selon l'usage.\u2014Ârez-vous fait bonne pêche, mon parrain, demanda Jérôme, après les salutations ordinaires.\u2014Trop bonne, répondit avec tristesse le Père Jean Louis ; nos biscajous sont pleins, mais nous ne pouvons plus les porter.Nous avons présumé de nos forces : nous sommes complètement épuisés, le petit et moi ; impossible d\u2019aller plus loin avec le moindre fardeau.Les jeunes gens échangèrent entre eux un signe d'intelligence, et Jérôme reprit : \u2014Mon parrain, nous allons porter vos Charges à Charlesbourg.Vous n'aurez pas besoin de nous suivre ; prenez votre temps.Puisque vous n\u2019êtes pas malade,à lège et par reposes, vous pourrez toujours bien gagner les premières maisons avant la nuit, et là il y a des vuitures au besoin.\u2014 Mes braves enfants, fit le Père Jean Louis les larmes aux yeux, que Vous êtes charitables de vous imposer cette fatigue et ce retard pour nous : le Bon Dieu vous en récompensera.\u2014Nous ne sommes pas des sans- cœur, voilà tout, répondit Paul.Après avoir fait, de tout leur drigail, une cache bien abritée et bien barricadée sous un arrachi, nos deux jeunes hommes chargérent leurs épaules des lourds biscajous et se mirent gaillardement en ronte.Tout alla pour le mieux.Je me permettrai une petite digression, au bénéfice des lecteurs à qui la signification exacte du mot d\u2019origine sauvage ci-dessus employé pourrait être inconnue.Le biscajou est un grand panier, une hotte ou un | d cassot d\u2019écorce de boumleanu qui se porte à dos, au moyen d\u2019un collier d\u2019épaule ou de tête, ou des deux à la fois.Ainsi que le canot, la raquette, la tobagane, la nâgane, le nigogue et tous les objets d\u2019un usage général parmi les tribus sauvages du Canada, le biscajou joint l'élégance à une parfaite adaptation au service voulu.La matière en est solide, légère; durable, imperméable ; elle n\u2019est affectée ni par le froid ni par la chaleur et ne s\u2019imprègne pas.La forme, régulièrement mais modérément évâsée de tous côtés, de bas en haut, permet d\u2019unir une grande capacité à une répartition bien calculée du poids de la charge ; en même temps que, reportant la pression du contenu sur les parois, elle prévient l\u2019écràäsement des objets placés au bas.Ce dernier avantage est facile à rendre absolu, par l\u2019usage pur et simple de planchettes de gran- LOT * profondeurs auxquelles on désire les Voir s'arrêter.Tel est le biscajou dans sa perfection.primitive.et incomparable.III .Le vendredi matin,a Charlesbourg, Paul et Jérôme reçurent les remerci- ments et les bons souhaits du Père Jean Louis et de son petit fils, puis reprirent le chemin de leur cache où, arrivant dans l'après midi, ils surprirent, cherchant à faire maraude, un ours qui s\u2019enfuit en les aperçevant.Nos deux braves se hatèrent de tirer de la cache leur fusil et leur hache pour se mettre à la poursuite de l\u2019animal.Après environ une demi-heure de chasse, ils arrivèrent sur le bord d\u2019un petit lac où l\u2019ours, ayant pris l\u2019eau, ne laissait plus de traces ç inutile, par conséquent, de tenter de plus longs efforts.Les deux frères s\u2019assirent, pour reprendre haleine, sur le tronc d\u2019un arbre renversé, baignant à moitié dans le làC : ils étaient à peine assis.qu'ils remarquèrent la truite sauter, dans la petite pièce d\u2019eau, comme jamais ils ne l\u2019avaient vue sauter ailleurs.Ils eurent bientôt fait d\u2019essayer la ligne à mouche que tout chasseur porte sur lui, dans les bois : le poisson mordait à chaque coup.Paul et Jérôme allèrent chercher leur attirail et revinrent au petit lac, pourfy camper le soir.Toute la journée du lendemain fut employée a s\u2019assurer de la valeur réelle de leur trouvaille, puis à marquer de brisées sans plaques un sentier racoéurci, débouchant à la sourdine par le sad de la Rivière-des-Hurons.C'était, en effet, une véritable découverte que les deux frères venaient de faire ! plusieurs, à la vérité, avaient dû avant eux voir ce lac en passant ; les trappeurs et les chasseurs de caribous avaient dû le traverser sur la glace ; mais personne ne semblait en avoir fait le moindre cas.Les petits Sacs abondent dans cette partie du pays et on ne pouvait imaginer que, par une exception unique, il put se rencontrer, dans un espace aussi étroit, une aussi grande abondance de poissons.Et quel poisson! La mignonne truite colorée, chair rose, la truite noble, le gentil sausnon des fontaines (salmo fontinalis), distingué, malgré sa petite taille, dans la famille dis- tingnée des salmonides; car nul habitant des ondes n\u2019est supérieur à la traite colorée des eaux claires, pour le courage, le brillant du regard, la symétrie des formes, la beauté de la livrée, le fumet de la chair et la \u2018facilité de conservation.Pècher dans les conditions qui s\u2019offraient aux deux frères, c'était être toujours sûr du succès, abréger le chemin accoutumé d'au moins trois lieues aller, et trois lieues revenir, ménager de quelques heures le temps e faire une charge et, de plus, exceller sar la qualité du produit.Ce fut donc le cœur réjoui desleur bonne action et de leur belle trouvaille que Paul et Jérôme, ayant observé le repos du dimanclte, reprirent le lundi le cours de leur expédition.Après avoir parcouru un grand circuit vers l\u2019Ouest, comme ils \u2019avaient projeté, ils arrivèrent au village par le Domaine des Pères Jésuites, au fief St-Gabriel, à la fin de la semaine, seconde depuis leur départ, avec une bonne récolte de gomme.Le Père Jean Louis avait raconté son histaire ; aussi les deux jeunes gens receVaient-ils, de tous,des félicitations auxquelles ils répondaient modestement : : \u2014Chacun en aurait fait autant à notre place.Du reste, pas un mot de leur aventure de l\u2019ours et du petit lac.Le lundi de la deuxième semaine après leur retour, quelques villagiers partirent deurs appropriées aux différentes { pour la pêche aux lacs du Nordais ; ; Paul et Jérôme ne firent pas mine de vouloir aller pêcher cette fois encore ; cependant, le lendemain, mardi, ils endosgèrent leurs biscajous et .se mirent en route.On crut, au village, qu\u2019ils avaient l'intention de se rendre soit au lac Saint-Charles, soit au lac Beauport, malgré que, pour être trop fréquentés, ces lacs n\u2019offrissent guère de chance de bonnes captures : aussi | ce ne fut pas une petite surprise d\u2019apprendre, au retour des gens du marché, le vendredi, que Paul et Jérôme avaient été des premiers à Québec, le matin, avec chacun une grosse charge de \u2018truite de choix.Il y avait grand rassemblement à la maison le soir.À toutes les questions faites aux deux frères, ceux-ci.répondaient invariablement : \u2014Que voulez-vous qu\u2019on vous dise ?C\u2019est la chance.Avec ça, nous n'avons pas dormi sur la route.- Réponse à laquelle le Père Jean- Louis s'était empressé d\u2019ajouter : \u2014C\u2019est la récompense de leur charité.Paul, cependant, eut un moment de crainte pour son secret, en voyant la sémillante propriétaire de deux beaux yeux noirs et d\u2019un fort joli minois laisser le groupe \u2018des jeunes filles, pour aller s\u2019assoir sur le coffre traditionnel, dont Jérôme occupait déjà sa part.Au moment où la conversation allait s'engager à voix basse, entre les fiancés Jérôme et Anastasie, Paul ne put s'empêcher de s'écrier : \u2014Jérôme, prend garde ! \u2014As-tu peur qu'on le morde, repartit la promise, en montrant,dans un sourire narquois, deux belles rangées de dents perlées.\u2014Non, Stasie, reprit Paul ; il est assez mordu comme ça; mais on connaît votre pouvoir, Mamzelle, et si je n'ai rien a voir dans vos affaires, je suis de moitié avec Jérôme pour la chasse et la pêche.Les causeries intimes, couvertes par le babil général, n\u2019avaient pas duré longtemps, lorsqu'une fillette d\u2019environ neuf ans, qui s\u2019était faufilée en tapinois auprès des amoureux, s\u2019élança de son poste en s'écriant : \u2014Je le sais ! Je sais le nom du lac ; c\u2019est le Lac Caché ! Tout le monde éclata de rire.\u2014On ne connaît pas de lac de ce nom, dirent les chasseurs.\u2014En voilà une bonne ! exclamèrent les femmes.\u2014Jérôme a joué un tour à Stasie ! \u2014C'est un retard d\u2019an moins six mois ! , \u2014Les noces n'auront lien qu\u2019aprés les avants ! Proclamèrent, les unes après les autres, les jeunes filles, en riant aux éclats.\u2014Vous vous croyez plus savantes que vous n\u2019êtes, leur\u2018répondit Anastasie, avec une moue moitié piquée, moitié rieuse.Puis, apostrophant la fillette : \u2014Toi, ma petite senteuse, on t'apprendra à fourrer ton nez où tu n\u2019a que faire ! Le petit lac, dédaigné jusquelà, était baptisé, tout en restant encore inconnu.IG CONCLUSION.Paul et Jérôme, à force\u201dde précautions, de ménagements et grâce à l'étiquette établie parmi les chasseurs de ne point s\u2019épier, purent exploiter seuls\u201cpendant un temps, leur découverte ; mais l\u2019inévitable arriva, leur secret fat un jour éventé, au grand regret d\u2019Anastasie devenue Madame Jérôme, restée fidèle, malgré les rires de ses compagnes, à la confidence de son fiancé ; car la fillette n'avait pas tout compris.Cependant, le charmant petit lac, devenu notoire et toujours grouillant de truites, a heureusement conservé, jusqu'à ce jour, son nom légendaire et si bon ton de Lac-Caché.Une fois de plus, par cette histoire, \\ + est.vérifiée cette sentence dela sagesse des nations :\u2014\u201c-Un' bienfait \u201c* n\u2019est jainais'perdu.\u201d i : : J.-C.Taoné.SERMON DE : M.L\u2019ABBE L.A.PAQUET, DU SÉMINAIRE DE QUÉBEC, PRONONCÉ LE 23 JUIN, DANS LA BASILIQUE DE QUÉBEC, «« Magnificavit Dominus faccre nobiscum, facti sumus lætanies,\u201d\u2014 Le Seigneur a opéré en nous de grandes choses : voilà pourquoi nous sommes dans la joie.(Ps, 125, Ve 4.) EMINENCE, (1) Mes Frères et bien chers compatriotes.Toute société humaine est faite poür le bonheur.Dans l'essor général qui emporte lès peuples au terme de leurs destinées, un même besoin les presse, un même sonci les domine, une soif commune et insatiable les tourmente : - c\u2019est le besoin, le souci, la soif de la prospérité et du bonheur.Il n\u2019en est pas qui n\u2019essaient de conquérir ce bien précieux, soit en poursuivant dans les hasards de la guerre des projets de gloire et d'agrandissement, soit en s\u2019adonnant aux arts de la paix et au développement régulier de la richesse publique.Or parmi ces peuples, tous épris de grandeur, tous avides de progrès, de prospérité et de triomphe, en connait-on beanconp qui soient vraiment heureux, qui jouissent en repos des douceurs d\u2019une félicité solide et effective 2\u2014J'ouvre la carte du monde, et mes yeux étonnés cherchent vainement dans la multitude des nations celles à qui le bonheur, le vrai bonheur, sourit.Les unes privées encore de toute civilisation croupissent ignorées dans l\u2019ornière, du vice et la barbarie.D\u2019autres, mises en contact avec ies peuples d\u2019Occident, émergent à grand\u2019peine de l\u2019océan ténébreux où elles étaient plongées.Ici c\u2019est la terreur, le despotisme brutal, là les révolutions, le trouble et l\u2019anarchie.De toutes parts, on gémit sous le pesant fardeau d\u2019armements redoncables, et les brillantes richesses dont l'étalage fait en ce moment l\u2019admiration du monde ne peuvent voiler aux regards dés signes trop manifestes de décadence et de ruine.On s'inquiète, on sagite: l'Europe est sar un volcan.Quoi donc! ne se trouve-t-il pas sur toute la face du globe un seul pays, un seul peuple, quelque petit soit-il, qui se puisse dire heureux, dont la conscience droite et sereine porte sans troubler ses espérances et sa fortune.Oui, M.F, il en est un, Dieu merci, il est un peuple, jeune et modeste, sans doute, mais que le Ciel bénit, que le Tout-puissant protège, qui est fier du passé, satisfait da présent, confiant dans l\u2019avenir, qui goûte avec ivresse les bienfaits de la vie sociale, et ce peuple, tout le dit, tout le proclame en ce jour, .c\u2019est vous, c\u2019est nous, c\u2019est le peuple Canadien- français.Nous sommes un peuple heureux : tel est le cri qui s'échappe spontanément de mes lèvres.Ce bonheur, il jaillit, il éclate, il rayonne, dans dans l\u2019imposante majesté de cette démonstration.Vous le portez sur vos fronts, dans le reflet de vos âmes, dans les plis de vos bannières, dans l'anion générale et sympathique de voscœurs.Il s\u2019accroit singulièrement de l'extrême plaisir que vous fait éprouver la présence au milieu de nous de tous ces délégués, de ces (1) Son Eminence le Cardinal \u2018Taschereau, Archevêque de Québec, } WRT r ian A ss [4] TES, rN Eagar RE vo .; Sar) vg / \u2026 JOURNAL DES CAMPAGNES hôtes chéris, de ces amis et de ces frères (1) accourus de si loin et qui gardent si fièrement leurs titres de Canadiens, de Francais et de catholiques.Co éunis ce soir en Cette pieuse enceinte pour répondre\u2019 à la belle pensée qu'ont eue les directeurs de la société St-Jean-Baptiste d\u2019ouvrir par un Salut ce triduum national, vous prouvez en même temps votre foi religieuse et l'esprit éclairé de votre patriotisme.Vous venez une fois de plus, dans le temple de Celui dont la main souveraine dispose à son gré des nations, sceller à jamais par un pacte fécond l'indissoluble alliance de la religion et de la patrie.L'idée est grande, M.F., I'inspiration est divine.: Demain vous assisterez à l'inauguration solennelle d'un de ces monuments qui ont pour mission de redire à tous les âges futurs la gloire touchante des héros.- Vous verrez, à l'endroit.même qui fat comme le berceau de notre race, en présence de nos chefs, de nos plus hautes autorités civiles et religieuses, vous verrez, dis- je, s'écrire sur le granit, sur des tables de bronze%e protocole immortel du traité conclu, il y a trois siècles, entre Dieu et nous.fle que je -veux aujourd'hui, c\u2019est que nos cœurs émus évoquent ces souvenirs pour en saisir le sens et en pénétrer les larges enseignements.Notre pays est \u2018heureux, plus heureux que les grandes puissances qui se disputent l'empire du monde.Quel est donc le secret de son bonheur et de sa force 2 Quelle a été la source, le fondement et la cause de sa félicité ?\u2014Je dis, et votre foi confirmera cette réponse, que I'Eglise catholique, dont nous sommes les fils,a été la cause première, principale, le facteur essentiel de notre grandear nationale.Magnificavit Dominus facere nobiscum, facli sumus lætantes.\u2014Le Seigneur, par son Eglise, a opéré en nous\u2018de grandes choses ; voilà pourquoi nous tressaillons d\u2019allégresse.I Trois éléments, M.F., entrent dans le bonheur d'un peuple : le progrès matériel, la force intellectuelle, la puissance morale et religieuse ; en d'autres termes, l\u2019outil, la plume et l'autel, le sol, la pensée et Dieu.Un peuple sans Dieu n'est qu\u2019an monstre; sans culture d'esprit, c'est une horde sauvage ; sans ressources territoriales, c'est un esclave.Or je ne crains pas d'affirmer qu\u2019au triple point de vue des intérêts matériels, intellectuels et moraux l\u2019Eglise catholique a exercé sur la marche du peuple canadien une influence décisive, et que nul pouvoir n\u2019a pesé comme elle dans la balance de nos destinées nationales.Il faudrait certes n\u2019avoir jamais lu les plus belles pages de notre histoire pour ignorer ce que doit le Canada français, même en ce qui concerne - ses iftérêts matériels, à la religion et au catholicisme.L'Eglise cathelique, M.F., bien qu\u2019elle ait pour objet *, direct de sa mission le salut des Ames Par la grâce,elle sait néanmoins faire à la nature la part qui lui revient; elle n\u2019exclut pas de son action l\u2019ordre des choses humaines, sur lequel comme sur une base nécessaire viennent prendre place les œuvres divines.Loin de 13, j'oserais dire que l'esprit qui l\u2019anime et le zèle ardent qu\u2019elle déploie pour la gloire de Jésus-Christ lui ont en quelque sorte Un devoir de travailler au progrès et au soulage- \u2018ment \u2018matériel des peuples qu\u2019elle veut sauver.C'est ce que démontrent jusqu\u2019à l\u2019évidences nos annales canadiennes.Et d'abord pourquoi les fondateurs \u201cde notre nationalité, les Cartier, les (1) Canadiens-Français venus en grand nombre -des Etats-Unis, os 8 n° + \u201cChamplain, les Maisonneuve, hommes ei distingués, ont ils avec tant de courage sacrifié leur patrie, affronté les fatigues, les dangers et la mort, et, après tant de travaux et de luttes, réussi à créer sur ce continent une société pleine d\u2019avenir ?Est-ce dans un motif humain, dans un intérêt périssable et grossier que nous devrons chercher la source de tant de force et le but premier d\u2019une œu- vre si consistante et si divine ?Ah ! non : si ces héros, secrètement poussés vers de lointains horizons ont jeté les bases d\u2019une France nouvelle, s'ils ont fondé et solidement établi uotre nationalité, c\u2019est qu\u2019ils étaient catholiques : c'est\u2019 que, fils dévoué de I'Eglise, ils voulaient, sur ces fives, planter la croix de leur sauveur, et confier aux mains d'un empire glorieux le sceptre des peuples rachetés ! Suivons, M.F., le peuple canadien pendant cette période si troublée, si mouvementée de la domination française ; voyons-le aux prises tantôt avec les fils d\u2019Albion, tantôt avec les fiers enfants des bois ; toujours la religion, toujours la foi et :l\u2019Eglise apparaissent près de lui comme son meilleur appui et le soutien de son courage.On ne peut lire sans une poignante émotion ces pages dramatiques où l\u2019histoire, mettant sous nos yeux, parallèlement aux luttes des derniers temps du régime français, les actes épiscopaux émanant alors du siège de Québec, nous fait voir quels liens sacrés unissaient dans un même sentiment le pasteur et le trou- -peau.On dirait un seul cœur battant sous deux poitrines amies.Chaque victoire retentit dans l\u2019âme de nos Evêques comme un écho triomphant ; chaque défaite leur arrache des larmes amères et des cris de douleur.Tel a été leur dessein, et pour les seconder dans cette œuvre admirable, quels hommes, quels apôtres voyons- nous accourir ! des disciples généreux de François et d\u2019Ignace, plus tard des fils de l\u2019illustre Olier, c\u2019est-à-dire trois groupes choisis d'ouvriers évangéliques.\u2014 Champlain disait de ces saints religieux qu\u2019avec de telles volontés on eùt vite créé une colonie prospère.L'histoire en effet nous les montre, ces pionniers du Christ, faisant eux-mêmes les premiers défrichements, traçant dans le sol les premiers sillons, et fécondant ainsi de leurs mains consacrées cette terre d\u2019où devait sortir la richesse nationale.Sages agronomes, intrépides colons, découvreurs hardis et infatigables, ils ont donné l'élan aux iindus- tries maissantes parce qu'ils étaient apôtres, et que pour enfanter un peuple à Dieu il faut d\u2019abord songer à lui assurer une patrie.C'est dans ces sentiments et avec cette hauteur de vues que l\u2019immortel Laval fondaitde Québec une école des arts et métiers, dastinée à former l\u2019élite des travailleurs, le noyau d\u2019un peuple industrieux et puissant.Non, tout ce que firent pour l'avancement matériel de ce pays nos apôtres, nos prêtres et nos pasteurs, nous ne saurions le dire.Ils ont mêlé leur vie à la vie de leurs frères, partagé leurs soucis, leurs travaux, leurs souffrances, ils ont béni, cimenté de leurs sueurs chacune des pierres sur lesquelles repose dans son étonnante fermeté notre édifice social.Comment peindre leur charité, leur zèle et leur dévouement dans ces guerres sanglantes, qui\u2019 tant de fois mirent en péril l'existence même de la colonie! S'agissait-il de négocier la paix avec les sauvages, la croix du missionnaire, député auprès le symbole.Fallait-il, au contraire, au contraire, porter les armes contre cet ennemi féroce et cruel, c\u2019est aux genoux des ministres de Dieu que le auvre colon demandait, en partant, A vie des combats et le trophée de la victoire.Grâce à Dieu, cette action du clergé sur le peuple, cette salutaire influence de l'élément religieux sur la vie matérielle des Canadiens-français n\u2019a point cessé avec les guerres et les besoins primitifs.Aujourd\u2019hui comme alors, l'Eglise est l\u2019espoir du pauvre, l'amie de l\u2019ouvrier et l\u2019inséparable compagne du colon.Personne n\u2019a oublié avec quel empressement elle protestait jadis contre les empiète- menis d'un pouvoir tyrannique, dénonçait ses tendances et ses pergé- cutions, joignait sa voix à celle de tout le peuple pour détourner de notre nationalité ce qu\u2019elle considérait (1) comme un grave et suprême danger.Ces lettres ont porté leurs fruits ; le fanatisme n\u2019est plus, ou s\u2019il a conservé quelques restes de vie, le voilà expirant dans une sombre et douloureuse agonie.Aussi avec quel bonheur l'Eglise du Canada contemple maintenant les rapides progrès qui vont s\u2019accomplissant par la main e Ses enfants.Elle se réjouit, M.F., de vos nobles succès, applaudit à vos entreprises, à vos légitimes efforts ; elle favorise vos grandes œuvres, le mouvement agricole, la colonisation, elle ouvre des paroisses, des comtés, des diocèses, elle ne cesse d'appeler sur vous et sur tous vos travaux les bénédictions du Seigneur.Car, vous le savez, celui dont la Providence fait germer le grain de blé et aussi le seul qui fasse prospérer les nations.IT Cependant, hâtons-nous de le dire, le progrés matériel, quelque enviable qu\u2019il soit, n\u2019est lui-même qu\u2019un élément bien médiocre dans le bonheur des peuples.C'est moins par la force des bras et des machines que par l'intelligence qu\u2019une nation s'élève loin du niveau vulgaire où rampent les races inférieures.Rien n\u2019égale, en ce monde, la souveraineté de l'idée.Image du Verbe Créateur, verbe elle-même de l\u2019esprit humain, elle fait et défait les trônes, organise les empires, les soumet, les gouverne.C'est un soleil qui rayonne, un pouvoir qui agit, une influence qui commande.Quand ce soleil luit sur une nation, quand les sciences et les lettres, dignes de la vérité qu\u2019elles sont chargées de répandre, en font pénétrer la lumiêre dans toutes les couches sociales, on peut affirmer sans crainte que cette nation grandit et qu\u2019elle est près d'atteindre aux plus hauts sommets de la civilisation véritable.Eh pien ! je le demande, n'est-ce pas l\u2019église catholique qui, par la voix de ses prêtres, de ses missionnaires et de ses apôtres, a, la première, fait briller sur ce sol d\u2019Amérique, en même temps que la foi, le glorieux flambeau des lettres humaines ?N'est- ce pas à elle que nous devons cet amour de la science, ce éulte de la vérité, cette religion dela pensée dont nos pères nous ont légué l'héritage, et qui n\u2019est pas, disons-le, un des moindres joyaux de notre couronne nationale.En jetant un coup-d\u2019œil sur les premiers temps de la colonie, alors que de rares familles en formaient tout l'espoir, on est heureux de constater que, grâce à l'initiative de zélés religieux et de femmes sublimes, non- seuloment l'instruction primaire était donnée aux enfants, mais que les sciences elles-mêmes fleurissaient déjà sur ces plages nouvelles.; Dès cette époque, en effet, dans le collège fondé par les RR.PP.Jésuites et qui fut d\u2019un si grand secours à la cause de l'éducation, on rapporte que.des thèses sur la philosophie et la physique furent soutenues avec succès en présence des autorités civiles et militaires.Ainsi l'Eglise, en abor- (1) L'union des P ovinces du Haut et projetée du Bas-Cahada en 1840.dant ces rivages, s'empressait d\u2019allumer au cœur de notre race ce feu pur et sacré, cette flamme divine dont l'éclat grandissant nous a révélé le chemin des hautes destinées et des- pacifiques conquêtes.Ah ! de quels bienfaits les générations actuelles ne sont-elles pas redevables à ces antiques maisons, à ces vénérables instituts qui pendant si longtemps, soit par eux-mêmes, soit.par des écoles qu\u2019ils soutenaient de leurs deniers, disons mieux, de leurs sacrifices, ont répondu l'instruction dans toutes les classes populaires, tissé, maintenu le fil de ces traditions d'honneur qui aujourd\u2019hui encore sont notre joie et notre orgueil.Sans doute, en ce dernier siècle, les gouvernements civils, justement soucieux des progrès de l'éducation et de la gloire intellectuelle de notre chère patrie, ont beaucoup fait pour venir en aide à l'insuffisance des parents.Mais qui pourrait nier que dans ce vaste mouvement la part la.pius large et la plus importante appartienne à l\u2019Eglise ?Qui pourrait méconnaître les immenses services que le catholicisme, protecteur né- des arts, des sciences et des lettres, rend chaque jour au pays et à la jeunesse canadienne.La religion, M.F., aime le bien des âmes : puissonce spirituelle, elle veut tout ce qui élève, tout ce qui épure, tout ce qui ennoblit.La lumière a pour elle d\u2019irrésistibles attraits, parce que religion et lumière sont filles du ciel.Ouvrez et parcourez les mandements de nos Evêques, les actes de nos Conciles, voyez ce que décrètent ces voix autorisées sur l'instruction primaire, l'importance des études, des notions philosophiques sur l\u2019enseignement supérieur, sa nécessité, ses bienfaits, comptez en cette province les maisons d\u2019éducation où la religion préside, où elle parle et agit,où elle enseigne-et dirige nombrez, considérez tous les-hommes éminents que sa main a façonnés, hommes d\u2019État, hommes de science, citoyens éclairés, dont les uns dorment en paix dans la poussière du tombeau, les autres brillent \u2018au sommet de toutes les classes sociales, et dites si ce n\u2019est pas des.lèvres de l'Eglise qne descend sur l'âme du peuple Canadien-français ce qui est sa noblesse, sa grandeur et sa vie le fiat Ixx des nations policées.Notre littérature elle-même doit à l'Eglise ses conceptions les plus hautes et ses plus nobles accents.Par elle ont été formés, soutenus à leur début la plupart de nos hommes de lettres et c\u2019est d'elle, de son esprit que sont nées ces pages éminemment canadiennes qui chantent l\u2019héroïsme de nos pères, les vertus et la foi de nos aieux.Un grand orateur (1) a dit: \u201c Les lettres sont le palladium des peuples véritables.\u2026 Il n\u2019y a que les peuples en voie de finir qui n\u2019en connaissent plus le prix, parce que plaçant la matière au-dessus des idées, ils ne voient plus ce qui éclaire et ne sentent plus ce qui émeut.\u201d Sachons toujours, M.F., mettre les idées au- dessus de la matière, le progrès intellectuel au-dessus des richesses, du mouvemeut des écus et de l'épaisse fumée des usines.C\u2019est par le spiritualisme qu'une nation monte à la gloire.Laissons aussi à la religion l\u2019influence qu\u2019elle exerce sur les intelligences.Elle a été jusqu'ici la plus sire sauvegarde de notre esprit national, de nos idées et de notre langue: elle en sera dans l'avenir l\u2019inexpugnable rempart.III Voir jaunir des moissons, prospérer ses entreprises, ouvrir gaiment son âme,aux tranquilles jouissances des lettres et de l'esprit, c\u2019est beaucoup (1) Lacordaire, 6ème Conf.de Toulouse., 6 + pour un peuple.Mais est-ce tout ?Berne NET MON ND Le est-tout ce qu'il faut pour rendre un peuple heureux ! Non,.mes \u2018frères.Un troisième élément, le plus essentiel de tous, le premier et le \u2018plus puissant entre nécessairement dans le bonheur des nations ; c'est l\u2019élément moral et religieux.Otez cet élément, supprimez cette force, et du coup vous sapez le fondement même de l\u2019édifice sociale.\u201c Justitia elevat gentem, miseros autem facit populos peccatum.\u201d (1) La justice, dit l\u2019Écriture, élève les nations, mais Me péché les abaisse et les rend misérables.\u2018La patrie est an temple, un vaste sanctuaire où tout un peuple à genoux prie, espère et aime.Qu\u2019on bannisse lazprièee, qu\u2019on renverse l'autel, et le temple est détruit : ce n\u2019est plus qu\u2019une demeure vide de choses saintes, une constructon fragile qui n\u2019a rien de sacré, rien qui la protège contre les foudres du Ciel et les justes anathèmes du maître souverain des - nations.Si donc la vertu, la religion, la morale sont des forces nécessaires au bien des sociétés, si elles sont le moyen de tenir en équilibre les différents pouvoirs et d\u2019assurer le règne de la justice, de la paix et de l\u2019ordre, quel en sera le principe ?La raison naturelle ?Ah ! consultons l\u2019histoire.L'histoire est là pour nous dire l\u2019évidente impuissance des dogmes philosophiques à maîtriser les passions humaines et à retenir les peuples sur la pente fatale de leur décadence.Les Grecs avaient de l'esprit, les Romains du savoir, et cependant ces deux nations fameuses, déchues, dégénérées, n\"ont-elles pas ronlé dans l\u2019abîme, entraînées par le poids de leur corruption et de leur faute ?Non ! M.F., une seule force, une seule puissance au monde est capable de prévenir de semblables catastrophes : C\u2019est l'Eglise catholique interprète, de la foi, gardienne incorruptible du décalogue et de la loi divine.Or, ai-je besoin de le rappeler à vos .cœurs, cette Eglise est la nôtre : cette force surnaturelle est celle qui nous gouverne, celle d\u2019où nous tenons l\u2019inestimable trésor de notre vie religieuse.Voila ce qui a fait que cette vie saine et féconde, du jour où elle jaillit des flancs de la France chrétienne, s\u2019est maintenue si pure et coule si abondante dans le fleuve sacré de nos traditions nationales.Ici, M., viennent se placer sur mes lèvres des noms que votre reconnaissance appelle, que votre amour exalte et que les anges acclament.Brébeuf, Jogues, Lalemant ! Ah ! quels ancêtres dans la foi, quels héros, quels apôtres du catolicisme canadien ! Vous fûtes, à glorieux saints, pour le peuple qui vous vit mourir ce que Jésus-Christ a été pour l'humanité toute entière.C\u2019est dans le sang d\u2019un Dieu que l'Eglise universelle puise sa force et sa fécondité.C\u2019est dans le vôtre, dans ce sang généreux d\u2019incomparables martyrs que l\u2019arbre jeune encore de l\u2019Église;du Canada plonge avidement pes racines et boit la sève de l\u2019immortalité! ° Ce principe religieux, cette vie sainte et divine infusée dans l'âme de de nos pères, l\u2019église M.F., instrument béni de la Providence, l'a merveilleusement conservée.\u2014 Je ue rappellerai pas avec quel zèle et quelle sollicitude l\u2019Episcopat canadien, suivant l'exemple du premier évêque de Québec, Mgr de Laval, ne cessa de veiller au\u2018maintien des croyances et à la pureté des mœurs publiques.Ces réflexions m\u2019enfraîneraient trop loin.Deux grands faits, cependant, dont l'importance domine la marche historique du peuple canadien-fran\u2014 cais, s'imposent ici à notre patrio tique attention.C'est que les chefs religieux\u2018 dè notre race l'ont sum p\u2014 = (1) Prov.14, 34.TERN Ee ALD ME URI Lia he, tristesses et des hontes d'une double trahison.CL : L\u2019hérésie, d\u2019une part, politiquement victorieuse, eût \u2018bien voulu| compléter son triomphe surle Canadafrançais;en déracinant du'\u2018cœur de ses enfants cette foi catholique dont ils faisaient la base de leur nationalité.D'autre part, quelles pressions, quelles fortes séductions exercées sur le peuple ! Quels motifs apparents offerts à son esprit pour le soulever contre l\u2019autorité légitime et l'entrai- ner hors des voies \u2018d\u2019une franche obéissance \u2014Dieu merci, ces tentatives n\u2019ont pu fléchir la vertu de nos pères ; ils sont restés fidèles et à Dien et an roi.Dociles aux enseignements de l\u2019Eglise et de leurs pasteurs, ils ont marché d\u2019un pas ferme entre les profonds abîmes de l\u2019hérésie religieuse et le piège menteur de l\u2019hérfésie politique, et- cette sage direction les a sauvés.Déjà fort de lui même et de .l\u2019assistance divine le catholicisme canadien franchit les bornes de ce pays.\u2014 Qui de vous, en effet, n\u2019a présenté à cette belle et mémorable expédition entreprise, il y à vingt ans, par une poignée de braves dont le drapeau mêle aujourd\u2019hui sa gloire à celle de Carillon (Les zouaves pontificaux présents à la cérémonie portaient avec eux le drapeau de Carillon) ?C\u2019est une loi naturelle que dans les temps de crise la vie reflue vers sa source.Rome alors était menacée, Rome, la tête du monde, le centre des pensées et des espérances catholiques.Que vit on tout à coup ?des fils du Canada se lever dans leur foi, abandonner sans regrets, patrie, amis et famille, et aller, nouveaux \u201c Croisés (mot de Louis Veuillot\u2014Rome pendant le concile, tomé I) sur le chemin St Pierre,\u201d porter au delà des mers un courage etun dévouement dont l\u2019Europe gardera un impérissable souvenir.: Et nos frères qui émigrent, semant partout leurs croyances, et nos prêtres qui les suivent, et cet appui efficace que le sacerdoce canadien donne depuis des années avec une force croissante au catholicisme de nos voisins ne prouvent-ils pas une vigueur, une plénitude morale merveilleuse ?Pareille exubérance n\u2019esi- elle pas un des signes dont Dieu se plait à marquer les peuples prédestinés ?Mais je vois d\u2019autres signes pius éclatants' encore, et qui sont comme le fait suprème de la faveur divine.Dans un coin renommé de cette terre canadienne, s\u2019élève un sanctuaire où chaque année sffluent de toutes les parties du pays, jusque des Etats- Unis, des milliers de pèlerins.Là les\u2019 aveugles voient, les sourds entendent, les boiteux se redressent : toutes les plaies sont guéries, toutes les misères soulagées.U'est un foyer permanent de vertu et de grâce, un monument de foi, une forteresse religieuse.Or à qui devons-nous ce sanctuaire précieux et cette gloire nationale ?à l'Eglise catholique, à Jésus-Christ lui-même qui a placé Ste-Anne au cœur de ce pays pour en être la gardienne et l\u2019invincible patronne.Et pour que.rien ne manquât aù peuple cauadien, pour que ea foi fût mieux connue de tous et que l'Eglise qui lui est chère reçut sa dernière gloire, sa couronne et sa consécration,l\u2019œil d\u2019un grand Pontife s'est abais:é sur.nous.m vénérable et sainte a choisi l\u2019nn*dès nôtres ; elle a béni, élevé -à-icette sublime dignité dont ces hauteurs réflètent, l\u2019eclat de la tiaïe, qui commande le respect l\u2019admiration.et l\u2019amour, qui rayonne sar le front des peuples, les grandit, les illustre et appelle sur eux les regards de l'univers entier.Voila, mes Frères, ce qu\u2019a été pour \u2018nous la religion catholique.Elle corte Kal SV A an aaa Ti préserver d'une donble \u2018défection, des Sa main\u2019 ANIME TEA TAN NI SRI EL aN qe TES 1 nous a fait heureux ; \u2018au triple point \u2018de vue du progrès matériel, intel- | léctuel et moral; son \u2018étoile a güidé \u2018la marche de nos destinées.C\u2019est \u201cnotre commun, devoir de.saluer dans l\u2019Eglise une amie dé vouée, une \u2018institutrice ét une mère.Ah ! dignes compatriotes, n\u2019allons jamais, par un schisme.sacrilège, soustraire à la tutelle du \u2018pouvoir religieux notre corps social.Le jour où\u2019 éclaterait ce schigme, c'en serait fait de \u2018nôtre grandeur.' L'histoire ne nous \u2018dit bas qu'aucun peuple ait- péri pour avoir donné à l'Eglise trop de place das la majesté de ses conseils.Mais ce que nous savons, ce que l\u2019histoire rappelle en de lugubres récits, c\u2019est que de fortes et vigoureuses nations ont sombré pour avoir rejeté la boussole de la foi chrétienne.- Soyons plus sages, et ne perdons point de vue l'alliance contratée dès nos premières origines entre le pouvoir civil et l\u2019autorité religieuse.Depuis l\u2019illustre Laval siégeant au Conseil Souverain jusqu\u2019à l'Episcopat actuel, si sagement dévoué aux intérêts publics, c\u2019est cette alliance qui a fait notre force, c\u2019est elle qui nous rassemble aujourd\u2019hui, qui nous réunira demain, heureux et reconnaissante, près de l'autel de la patrie.En face de cet autel, en présence du glorieux monument Cartier-Bré- beuf si bien fait pour symboliser l\u2019anion de l\u2019Etat et de l\u2019Eglise, jurons, mes Frères, de ne jamais séparer ces | - deux forces amies, d'affirmer, au contraire, en toute conjoncture les droits de Jésus-Christ dans le gouvernement des nations.Ce soir, tournons nos regards vers St-Jean-Baptiste, dont les reliques insignes, déposées dans le trésor de cette Basilique, seront désormais pour nous et la société qu'il patronne un nouveau.gage d'avenir, prions-le d\u2019intercéder pour nous, d\u2019appuyer notre cause, d\u2019unir en un faisceau, en un» fédération de plus en plus étroite d\u2019efforts et de volontés toute la race fraucu~canadienne.Demandons lui d\u2019exposer a Di-a 105 besoins, et de lui offrir cette prière qui.jaillir en ce moment «u-plus profond denos cœurs : \u201c O Dieu de l'anivers vous à qui ubéissent les empires et les mondes, qui avez tiré de l\u2019Egypté les fils d'Israël, baptisé les Francs aux plaines de Tolbiac, couronné Charlemagne canonisé Saint Louis, vous quidès ici bas châtiez, comme il convient, les sociétés coupables et comblez de faveurs les nations qui vous aiment, voyez ce peuple prosterné a vos pieds.C\u2019est un peuple fidèle, il descend, grâce à vous, de la Fille aînée de l'Eglise ; là croix est son drapeau, l\u2019Evangile sa charte, un Prince du sang chrétien, son Pasteur et son guide.Bénissez-le, Seigneur.Donnez lui de s\u2019accroître, de prospérer toujours dans l'unité de sa foi, l\u2019ardeur de son \u2018courage, l'inaltérable pureté de sa langue et de ses traditions.Qu\u2019il soit grand, qu\u2019il soit fort! Qu\u2019il étende et dilate au loin l\u2019orgueilleuse phalange de ses générations, que \u2018son pied fier et-puissant marque sur ce continent une empreinte de gloire, et que sa tête porte au sommét-des-cieux :le-diadème des nations \u2018données à Jésus-Christ.en héritage ! \u201d Ct ._ \u2018Ainstsoit-il,avec ld\u2018bénédiction de \u2018Son Eminence ! EE La \u2018duclièsse \u2018d'Avate (princesse \u2018Letitia Bonaparte), qui avait\u2018épousé, l\u2019année dernière, \u2018on onclé, l\u2019ez-roi,.Amédée, viéht de donner naissande à un fils.Celui-ci se trouve être en même tenips le cousin-germair de sa mère et le pétit noveu'de son' père.Il est aussi ie cousin germain du prince du Naplés, et deviendrait \u2018héritier présomptif de la couronne, si celui-ci mourait célibataire -ou'sans postérité./ ve ef z Co LINDEMNITE SESSIONNELLE Repliqué:à \u2018 P\u2019Ælecleur\u201d woe Nous avons montré samedi ce que ,valait la première, réfutation de l\u2019Æ- | lecteur.Passons à la\u2019 seconde.qui ne soutient pas mieux l'examen : 2.Vous reprochez au gouvernement national d\u2019avoir porté l\u2019indemnité des députés de $600 à $800.Comment pou- | vez-vous demander la déchéance du gouvernement pour un .acte \u2018qui.dans votre propre opinion est sage et rationnel.Nous disons dans votre opinion ; en effet, n\u2019estyce pas vous qui en 1882 avez porté l'indemnité parlementaire à $800 ?Nous, libéraux, prétendions alors que vous aviez tort; vous souteniez que vous aviez raison.Qui, dans-le monde politique, à oublié votre inepte plaisanterie d'économies de bouts de chandelle à Padresse du gouvernement Joly parcequ'il avait réduit I'indemnité sessionnelle ?Le peuple vous a donné raison dans ce débat en 1881.C'étdis le devoir de M:: Mercier de se soumettre à cette décision, qu'elles qu\u2019eussent été ses opinions personnelles antérieurement.: : Se Au reste, ce que vous lui reprochez, c\u2019est vous-mèmes qui l\u2019avez demandé et appuyé en chambre ; l\u2019un de vos principaux orateurs, M.Desjardins; a fait des discours pour approuver.cel acte.C\u2019est, donc à dire que, si vous étiez restés au pouvoir, vous continueriez un système que vous dénoncez aujourd\u2019hui ?Comment pouvez-vous demander la déchéance du gouvernement par un acte que ; vous feriez vous-même sans le moindre | remords ?| Jamais encore organe politique ne s\u2019est embronillé de cette façon.La défense de l'Electeur, c'est que, le gouvernement Joly ayant réduit l'indemnité à $500,00 en 1878, et le peuple ayant donné le \u2018majorité au parti conservateur en 1881, M.Mercier devait se soumettre à cette déci* sion, et se rallier à- l'indemnité de $800.' Il y a là dedans deux énormes bévues.D'abord, parce que le peuple se prouonce*pour une politique dans uns élection générale, il ne s'ensuit pas nécessairement que les hommes Publics battus doivent renier leurs opinions, La théorie de I'Electeur est abjecte.En second lieu comme question de fait, M.Merciér et son parti ne s\u2019inclinèrent nullement devant le verdict du peuple, à supposer que ce verdict eût été rendu spécialement sur la question d\u2019indemnité, car: en 1882, tout le parti libéral vota contre l'augmentation temporaire de l\u2019indemnité a $800.L'honorable M.Joly, alors chef de l'opposition s\u2019écria : 0 En 1878 vous avons demandé aux députés, \u2018Non seulement d\u2019abandonner toute idée de voir leur indemnité augmenté, mais aussi.de réduire cette indemnité.- Et.cependant l'état financier dela province n\u2019élait pas aussi alarmant qu\u2019il l'est aujourd\u2019hui.Je ne vois pas I'omibre \u2018d'espoir dans l\u2019avenir financier \u2018de*la province.\u2018Lorsque tous déplôrEnt \u2018cet avenir, devons-nous mettre dans l\u2019oùbli l'intérêt public pour commencer par songer à nos inléréts particuliers: Coy Nous commencerions par nous-mêmes \u2018 Quelle \u2018force aurions-nous ensuite pour | fairede l\u2019économie ?Déblits 1882, p.187.) \u201cM: Gagnon.s\u2019éleva, lui âussi, con- \u2018tre l'adgmentation de l'indemnité Conseillers Législatifs : + Sans étre.d'gécord avec le gouvernement sur l'opportunité d'élever l'indemnité, dit- il.Je-trouve encore mills fois plus à redire contre la proposition, lorsque je soilge que\u2019cette augmentation devra également s\u2019appliquer aux membres du très augute corps qui siège dans\u2019 une sulie voisine de Celle que nous occupons.(Débats 1882, p.1391)- Lorsque cet itern du budget sup- | pour les députés et surtout pôur-les -plémentaire fat soumisà la chambre 4 ALIA SI LE M.Joly, chef de l'opposition, proposa la motion suivante: | 7 | Vu l'état des finances de .la province, il v\u2019est pas opportun d'augmenter iwain- tenant, l'indémnité des membres de cette législalure.| A l'appui de cette-motion,un vieux libéral, feu M.Demers, député d'Iber- ; .ville protesta, au nom de son parti, contre l'augmentation.Mettons, s\u2019écria-t-il que la durée moyenne de la session soit de 75 jours, à $500, cela donne plus de $6 par jour.$800 ** gdteront les membres plutôt qu\u2019autre chose.\u201d Le gouvernement libéral de 1868 a pratiqué l\u2019économie d\u2019une \u201cmanière sérieuse.Les ministres ont commencé par retrancher $750 sur leur propre salaire, ** et les députés à la demande de ce cabinet ont fait le sacrifice de $100 pour leur indemnité.\u201d Aujourd'hui, nous, les libéraux nous voulons continuer ce qui a été fait alors.**.Si on vote l\u2019augmentation proposée, cela va ayoir pour effet de susciter un grand nombre de carididats qui voudront venir ici pour vivre à rien faire.(Débats,1882, page 1415.) \u2018 / Le vote fut pris comme suit : Pour la motion Joly :\u2014MM.Audet, Bernard, Blanchet, Demers, Faucher, Gacnon, Joly, Laberge, MARCHAND, Marcotte, MErciER, Owens, Poulio, tINFRET, SHEHYN, Spencer, Trudel et Watts.Ainsi donc le parti libéral se déclarait hostile à l'augmentation du salaire des députés.Et pourtant la session de 1882 avait.été longue et ardue.C'était la session de la vente du chemin de fer du Nord.En 1884, le gouvernement \"ayant proposé une légère augmentation de l'indemnité des membres de la législature, M.\u2018Demers présenta cette motion de non-confiance : Cette chambre, vu l'état des finauces de la province, ne peut consentir à augmenter l'indemnité des membres du Conseil Législatif.Votereot pour cette motion : MM.Bernard, BERNATCHEZ, Demers, Dorais, Faucher, GacxoN,Joly, LEMIEUX, MARCHAND, MERCIER, Paradis, Poulin, RinFrer, RoBiboux, Sueuvy, Stepheus et Watts.(Journal de l'Assemblée, 1884, p.354.) .M.Bernard, député de Verchéres; proposa à son tour la motion suivante : : Cette chambre, vu l\u2019état des finaaces de la province, ne peut pas consentir à augmenter l\u2019indemnité de ses membres, oterent en faveur de la motion Bernard : MM.Bernard, BERNATCHEZz, Demers, Doruis, Faucher, Gagnon, Joly, Lemieux, MancHanp, Mercier, Paradis, RinrrET, ROBIDOUX, SHENYN, Stephens et Watts.( Journal delAssemblée, 1884, p.3559.Au sujet de ces votes on lit dans la brochure rouge des dernières -éléctions : .Comme il est facile de le voir, l\u2019opposition voulait épargner à la province, par ces deux votes, nne somme de $17,800 (que la majorité ministérielle a préféré empocher sans doute en récompense de sa servilité envers le gouvernement.} Elections de 1886.p.103) Remarquez bien que ces : augmentations d'indemnité proposées en 1882 et en 1884 n\u2019étant que temporaires, ne s\u2019appliquaient qu\u2019à la ses sion durant laquelle elles étaient votées.En 1885, le gouvernement Ross voulut régler définitivement pour fixer l\u2019indemnité d\u2019une mahière\u2019 | Permanente à $600.00: SIx.CENTS \u2018 piastres seulement, c\u2019est-à-dire deux cents piastres de moins que sous M.Mercier.°° Eh'bien, savez-vous comment le parti libéral accueillit ce projet de loi ?Il vota contre à l'unanimité ; Six cents piastres c'était encore trop.\u2018 _ _i .le ; - ; cette\u2019 question, et \u2018présenta un bill | rochai i Jement pour le prochain exerciog:; Ils: Qu'on ouvre lejournal de l\u2019Assemblée pour 1885, à la page 295.: CONTRE : MM.BernarcHEz, Boyen, DEMERS, GAGNON, LIEMIEUX, MARCHAND, MCSHANE, MEROIER, RINFRET, ROBIDOUX et Wuyre.\u201c (Jourual de l\u2019Assemblée, 1885 p.295).\" Et la brochure rouge de 1886 dit : \u201c* Ce fut le dernier mauvais vote im- poté par le gouvernement durant cette session à sa docile majorité \u201d.\u2026.En 1878 le gouveraement Joly avait fait passer une loi fixant à 3500 par, session l\u2019indemnité des députéset des conseillers législatifs: en la portant à $600 le gouvernement Ross fit un cadeau de $100 à chaque membre de la législature et augment inutilement de $8,900 par aunée fes dépenses pour la législation.\u201d (Les élections de 1886, p.123).Ainsi donc en 1882, vous vous êtes opposés à l'augmentation temporaire de l'indemnité à $800, messieurs les libéraux.En 1884, vous avez encore combattu une légère augmentation, temporaire de l'indemnité.En 1885 -vous avez dénoncé la fixation permanente de l'indemnité à $600, c'était encore trop.Il fallait revenir a $500.Et cependant aussitôt arrivés au pouvoir.Dès votre première session vous avez élevé temporairement l'indemnité à #800 ; et à votre seconde session, en 1888, vous l'avez fixée «permanemment, par statut à ce même chiffre de $S00.Soit $17,000 d'augmentation sur l'indemnité établie par le gouvernement Ross en 1885.- sur ceite question, vous avez menti à votre programme, vous avez fait, au pouvoir, le contraire de ce que vous promettiez, dans l\u2019opposition.Vous êtes donc des farceurs et des trompeurs.\u2019 Quant au fait que nos amis ne se sont pas opposés en chambre à cette augmentation, il ne diminue en rien votre responsabilité.C'est vous qui êtes le gouvernement, c'est vous qui êtes responsables.Et nos amis, tant de fois attaqués par vous sur les hustings, 2 propos de cette indemnité parlementaire, ont eu leur vengeance en assistant au spectacle de vos contradictions, en vous voyant, sous leurs yeux, vous souffleter vous-mêmes.Allez maintenant devant le peuple auquel vous avez menti, avec cette augmentation d'indemnité dans votre dossier, et vous nous en direz des nouvelles, Voilà notre réplique à la seconde réfütation de l\u2019organe.Nous vous défions de la reproduire dans vos colonnes, fanfarons de l\u2019Electeur.MANGE EN HERBE! Ils ont bon appétit les gens du gouvernement national ! Il y a eu $45,000 de votés i la dernière session pour les arpentages du département des terres de la Couronne.Ces $45,000 ont été votés naturel- \u2018font partie du budget de 1889-90.\" .Eh bien, à l\u2019heure qu\u2019il est, ces $45,000 sont dépensés d'avance mangés en herbe.L'exercice 1889\u2014 90 n\u2019est pas encore commencé, et les $45,000 sont absorbés, dévorés.Lettresde crédit, papiers de je ne sais quelle espèce, ont assailli de tous \u2018côté ce malheureux item du Vous avez donc renié votre passé, |- budget, qui, le 1er juillet prochain sera passé à l\u2019état de chimère.Ceux qui viendront alors, en \u2018temps légal, réclamer leur part du festin, s\u2019entendront dire : \u2018arde venientibts ossa.Et cependant ces $45,000 avaient été votés pour l'exercice commençant le 1er juillet.Bel état de choses ! \u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 Et mom UNE APPRECIATION JUSTE En justice pour le Chronicle, nous croyons devoir reproduire l\u2019appréciation suivante qu\u2019il a publiée du beau spectacle donné par notre peuple, durant nos démonstrations nationales : | * Nulle part on ne peut trouver une foule plus calme et plus digne.Dimauche soir, il y avait au moins dix mille personnes, sur la terrasse Dufferin, pendant qu\u2019il y en avait bien dix mille autres sur les glacis.Et cependant, cette foule énorme, bien mise, venue de la ville, des faubourgs, des villes et villages environnants, ne renfermait pas un seu! tapageur.Une poignée d'hommes de police était là pour maintenir l\u2019ordre, mais ses services n'ont pas élé requis.Cela en dit plus que des volumes, sur le caractère et la bonne éducation de nos compatriotes Cana- diens-Français.Même au milieu des enivrements d\u2019une fête, ils ne s\u2019oublient pas.LA CORPORATION DES PILOTES .C'était la première fois, croyons- nous, que cette corporation nombreuse et l'une des plus importantes de notre ville, figurait dans les rangs de notre procession du 24 juin.Le nom du grand navigateur dont on inaugurait le monument, leur avait fait penser qu\u2019il leur appartenait plus qu'à tous autres d\u2019honorer la mémoire de ce hardi pionnier de la navigation,dans les eaux canadiennes.Aussi étaient-ils venus en assez bon nombre s'associer à cette fête de glorification nationale du plus illustre capitaine de notre histoire.Ils étaient une trentaine, dans les circonstances c\u2019était beaucoup, car tous ceux qui n'étaient pas à leurs devoirs soit ici soit aux différentes stations maritimes de notre fleuve, faisaient acte de présence et marchaient dans les rangs de notre procession,derrière leur superbe drapeau neuf sur lequel brillait un dessin aux reflets dorés représentant un de ces élégants voiliers sur lesquels ils sillonnent en tous sens le St-Laurent.À leur stature robuste, à leur démarche fière et intrépide, il était facile de les distinguer ; ils ne portaient pas le costume des vaillants compagnons de Jacques Cartier,mais à leur regard vif et étincelant,accoutumé à sonder les horizons, on se disait à l\u2019instant : Voilà les valeureux descendants de cette phalange sublime de fiers Bretons qui, il y a plus de 800 ans escortaient la grande et la petite Hermiñe, portant l'immortel découvreur du Canada.Nous les félicitons de s'être ainsi souvenu, et d'avoir ainsi publiquement revendiqué pour les annales de la navigation canadienne dont ils sont les dignes représentants, cette noble figure de Jacques Cartier.La BROCANTAGES ET MARCHANDAGES Un gasqillage de $10,000 Les magistrats de districts Replique a l\u201d \u201c Eleeteur Hélas ! les jours de trève sont ter\u2014 \u2018mminés.1l faut repréndre l'arme du combat.Nous aimerions que les trèves comme celle de la St-Jean-Baptiste fussent plus longues, et plus fréquentes dans l\u2019année.Mais c\u2019est impossible.Le monde a été livré aux disputes des hommes, et tant que l'humanité sera, il y aura des divergences d'opinion.Durant les jours qui viennent de s\u2019écouler, nous avons au moins prouvé une chose.C\u2019est que nous sommes tous unis, quand il s\u2019agit des intérêts primordiaux de\u201cla patrie.Aujourd'hui nous reprenons la suite de nos répliques aux réfutations de l\u2019Electeur.L'organe libéral a cité ce que nous avons dit des marchandages de siége au Conseil Législatif, puis il s\u2019est écrié : Voilà bien des grands mots, mais autant en emporte le vent.Il faut que nos adversaires soient bien à courtpour prendre ainsi leurs plus Eros scandales dans l\u2019histoire ancienne, car ce n\u2019est pas chose précisément nouvelle que la tranformation du Conseil législatif.Aussi leur répondrons-nous par une simple question : Grands parleurs, leur dirons-nous, où sont vos preuves ?C\u2019est bien bel et bon, et surtout bien facile, de proférer des accusations retentissantes, mais encore n\u2019est-il que juste et raisonnable de les appuyer de quelque chose qui ressemble à une preuve.Comment se fait-il donc que jamais il ne s\u2019est levé de son siège un seul membre de lalégisiature pour formuler une accusation précise à ce sujet ?Pas même au Conseil législatif, où pourtant vous étiez en majorité à venir à la dernière session.Croit on en bonne vérité que, si l'opposition eût été en mesure d\u2019accuser le gouvernement a\u2019avoir acheté des sièges pour ses amis, elle ne l\u2019eût pas fait à l\u2019une des trois sessions qui ont eu lieu depuis I'avénement du nouveau gouvernement ?Pourquoi donc a-t-elle gardé le silence pendant trois ans?La raison en est bien simple : c\u2019est qu\u2019à la chambre, les accusations dénuées de preuves, les calomnies n'ont pas leur place.La.quand on parle, il faut avoir des pièces à l\u2019appui.Le mot de la fin, que nous avons souligné, met en plein jour toute l'inanité de cette tirade.L'Electeur prend-il nos amis pour des naifs ?Aller demander un comité d\u2019enquête pour faire une preuve documentaire, et produire pièces à l'appui de l'accusation ! On sait bien que ces brocantages là ne se font pas par devant notaire.Ah ! il n\u2019est pas besoin d'enquêtes.Les marchandages se sont faits au grand jour.Prenons le cas de M.Webb.Oe conseiller était un ardent conservateur, un farouche adversaire de M.Mercier et du parti national.M.Mercier avait besoin de son siège pour mettre un libéral à sa place.Que fit-il ?Il offrit à M.Webb la place du shérif Bowen,de Sherbrooke, qu\u2019il destitua injustement, et il nomma conseiller son ami M.Gilman.Ce honteux marché s\u2019est fait au plein soleil.Que veut /\u2019Ælecteur de plus que cela ?La même chose pour M.Champagne.Il était l\u2019un des chefs de l\u2019opposition au Conseil.M.Mercier, pour avoir son siège, le crée magistrat de district, et met à sa place M.le docteur Marcil, un rouge.Si ce n\u2019est pas là un ignoble brocantage de sié- ges, qu\u2019est-ce donc ?M.Gingras résigne sa position de conseiller, à propos de rien.M.Bresse est nommé à sa \u2018place.D'étranges rumeur courent le public.La Vérité s\u2019en alarme et publie les lignes suivantes : Il court de singulier bruit an sujet de la résignation de M.Gingras.On pretend tout simplement grosse somme d\u2019argent a été payée à ce monsieur pour l\u2019engager à céder son siège de conseiller à M.Bresse.Ce n\u2019est pas la première fois qu\u2019on parle de semblables transactions, muis leur fréquence ne les rend pas plus recomman- ble, loin de 13, ; C'était une invitation à répondre.Rien ne vint.M.Jacques Auger, un libéral, s\u2019émut de cette rumeur, et écrivit au Canadien plusieurs lettres, dans l\u2019une desquelles se lisait cette phrase.\u2018\u201c M.Bresse a-t-il oui \u201con non donné de l\u2019argent à M.** Gingras pour prendre sa place au \u201c Conseil Législatif ?\u201d Jamais un mot de dénégation ne fut produit.On admettait donc l\u2019accusation.Eh bien, n\u2019y a-t-il pas encore là un honteux scandale ?Non, il ne sert à rien de nier la lumière du soleil.M.Mercier a pratiqué en grand le marchandage de siéges au Conseil Législatif.Comment a-t-il gagné le vote de M.Starnes dans l\u2019affaire de la conversion et dans l'affaire Lavallée ?En lui promettant la présidence du Conseil, en remplacement de M.de la Brüère.M.Starnes vota pour M.Mercier et fut nommé président.Croit-on que si M.Starnes eit continué de voter avec nous, il eut obtenu cette position ?C'en est assez sur ce sujet ; insister serait ridicule.Tout le monde sait par quels moyens inavouables M.Mercier s\u2019est acquis une majorité au Conseil ! L\u2019Electeur répond ensuite en ces termes à notre accusation d\u2019avoir nommé inutilement deux magistrats de district à Montréal.Il s\u2019écrie : Le Courrier dit que la cour des magistrats créée à Montréal, est inutile.L'Electeur lui répond qu\u2019il n\u2019a qu\u2019à s\u2019en preudre à ses propres amis.si M.Mercier a dû créer ce tribunal.En effet, il y avait deux aus que toute la magistrature, tout le barreau, tous les justiciables de Montréal, demandaient des juges additionnels.En 1886, la lé gislature se prononçait unauimement dans le même sens; mais le gouvernement Ross n\u2019eu tint aucuu compte, eb sacrifia les intéréts da principal district de la province parce qu\u2019il ne pouvait s\u2019entendre avec le gouvernement fédéral sur le choix des juges.M.Taillon, qui voulait être juge à tout prix, jouait au plus fin avec ses ehefs à Duawa, en retardant les proclamations nécessaires.Et pendant ce tvmps-là, les plaintes du public montaient la gamme.A peiue arrivé au pouvoir, M.Mercier mit le gouvernement eu demeure de s\u2019exécuter ; mais en vain.C'est alors qu\u2019il Créa un tribunal de magistrats : c'était le seul moyen de rendre justice au dis- - trict de Montréal.se -Maintenant, comme question de fait, il est faux de-dire que Ia nomination de ces deux magistrats ait augmenté\u201d les dépenses ou les charges sur le peuple.II fallait deux nouveaux juges ; si le gouvernement fédéral avait nommé ces deux juges, leur traitement aurait été de $3,000 ou $10,000 par année, et c\u2019est toujours le peuple qui aurait payé ces traitements.Or grâce à l'arrangement adopté par M.Mercier, nous arriverons au même résultat avec $6,000, ce qui fait $2,400 où $4,000 de moins par année.LAS , oe » AY vo Te a.Pa tL 2 PR oi, JOURNAL DES CAMPAGNES °_ \u2018 Tout cela est absolument faux.M.Mercier n\u2019avait aucune affaire.à créer cette cour de magistrats.Québec, avait demandé la nomina- tien de.deux, juges additionnels à Montréal.Depws lors, le gouver- nemeat fédéral en a nommé un, l\u2019hon.juge Würtele.Et l'hon.M.Taillon à parfaitement établi la position dans un amendement au bill des magistrats, à la dernière session : \u201c Qu\u2019en demandant la nomination de \u201c deux juges additionnels seulement, \u201c par le dit statut, la législature de \u201c la province a exprimé l'opinion que \u201c ce nombre serait suffisant, et puis- \u201c qu\u2019il ne reste plus qu\u2019un juge à \u201cnommer pour rencontrer les exi- \u201c gences de cette loi, cette Chambre \u201c ne voit pas pourquoi il faudrait \u201c deux magistrats, là ou un seul juge \u201c suffirait.\u201d Cet amendement était l\u2019exactitude même.Uependant le gouvernement n\u2019en tint aucun compte, et fit adopter de nouveau son bill, qui a été condamné même par des journaux plutôt sympathiques qu\u2019hostiles au gouvernement Mercier.La Vérité, par exemple, disait, l'an dernier à ce propos : \u201c La loi inutile, et par consé- \u201c quent nuisible, autorisant la nomi- \u201cnation de deux magistrats de \u2018* district à Montréal est définitive- \u201c ment votée\u2026S'i) y a des souffrances \u201c à Montréal dans le monde judiciai- \u2018\u201cre, que les antéressés prennent les \u201c moyens que la constitution met à leur \u201c disposition pour forcer le gouverne- \u201c ment fédéral à nommer et à payer les \u201c juges voulus.Nous sommes justifia- \u201c ble de dire que ce nouveau triba-] \u201c nal est créé plutôt pour placer d s \u201c amis politiques que pour venir au \u201c secours des justiciables de Mon- \u201c tréal.\u201d (Le Vérité, 28 juin 1888).- Voilà comment l'opinion juge l\u2019établissement de la cour de magistrats de district.On a imposé à la province un fardeau qui incombait à la Puissance et dont celle-ci ne refusait pas de se charger, puisqu'il y avait déjà de la part du gouvernement fédéral un commencement d'action.Mais,dit l\u2019Ælecteur, la dépense n\u2019est que de $6,000 pour les deux magistrats, tandis que si le gouvernement fédéral eut nommé les deux juges, leur salaire \u2018serait de $8,000 où de $10,000 pour les deux.D'abord la dépense de la cour de magistrats n\u2019est pas de $6,000 ; elle est beaucoup plus forte.Nous invitons l'Elecleur à ouvrir un petit document officiel intitulé : Etat détaillé des dépenses de certains services de la province de Québec, pour l\u2019exer- cie finissant le 30 juin 1888.A la page 16 il trouvera ceci .\u2018* Grefie - de la cour des magistrats, Montréal, traitements $6,200, dépenses contingentes $1,500.\u201d Voila donc $7,700, \u2018près de $8,000 admises par un document officiel.Et si nous prenons la loi, nous- voyons par la clause 2544e que le traitement de chacun des deux magistrats sera de $3,000 soit $6,000 pour les deux ; par la clause 2544e qu\u2019il y aura un greffier de le dite cour avec un salaire de $1,400, et que le gouvernement pourra nommer \u201c fous autres officiers el employés nécessaires pour l'expédition te SMa.LT es Te oy ve « CU gy .o 2 : a \u2018 i.; So : : CV 4 ww 4 [INT La loi 50 |.\u2018Vict, chap.2 de la législature de des affaires devant ce tribunal, et à fixer les salaires.\u201d _ Tout cela nous mènera bien près des $10,000 mentionnées par nous L'autre argument de l'Electeur est encore plus boiteux.Deux juges payés par le gouvernement fédéral, ou deux magistrats payés par le gouvernement local, cela revient au même, dit-il ; c'est toujours le peuple qui paie.Oui,mais dans le second cas, c\u2019est le peuple de la province qui paiera tout,qui paiera les $8,000 oun les $10,000 en entier ; tandis que dans le premier cas,ce serait le peuple de toute la Puissance, de toutes les provinces, d\u2019Ontario, du Nouveau- Brunswick, de la Nouvelle-Ecosse, de Manitoba, de la Colombie, de l'île du Prince-Edouard, ce qui réduirait notre part à une bagatelle.L\u2019Ælecteur s'imagine-t-il que notre peuple est trop borné pour comprendre la différence ?Nous continuerons cette œuvre fastidieuse, mais nécessaire, de démolir l\u2019échafaudage d'arguties élevé péniblement par l\u2019Electeur dans six numéros consécutifs.\u2014\u2014- + Retour d\u2019Europe M.John G.McDonald, contracteur du chemin de fer Témiscouata, e:t arrivé d'Europe dimanche accompagné de madame McDonald.Leur jeun: fils est resté à Londres où il fera ses études, \u201cGrange incendiée M Blaise Martin, cultivateur de St- Modeste, a eu le raalheur de voir brûler sa grange la semaine dernière.Cette bâtisse avait 140 pieds de long et était rempli de foin lors de l\u2019incendie.Les pertes sont évaluées à $400 et il n\u2019y avait pas d\u2019assurances.On croit que le feu a été mis par des enfants.La fête du Sacré-Cœur La fête du Sacré-Cœur a été célébrée avec une grande solennité, vendredi matin, à la chapelle des Sœurs de la Charité.Une grand\u2019messe a été chantée, par M.I'abbé Vaillancourt, vicaire a la Basilique.La chapelle était richement décorée.Il y a eu chant et musique pendant la messe.Dans l\u2019après midi, il y eu salut et sermon, Remaniement dans les cercles militaires Le ministre de la milice a approuvé la convention conclue entre le major Wilson de la batterie \u2018A\u2019 et le major Drury de la batterie \u2018B\u2019 du régiment d\u2019artillerie canadienne.Ces deux officiers ogcupe- ront sans délai leur poste respectif.Il y a quelques semaiñes le major Drury avait été nommé comme remplaçant de feu le major Short à Québec, mais en raison de l\u2019échange effectué, il retournera à Kingston et le major Wilson viendra à Québec.\u2014M.Alfred Lord remplace M.J.E.Paradis, comme assistant-chirurgien au 17ème bataillon, Lévis.Triste noyade Vendredi dernier, le jeune fils de M,: Timolaüs Beaulieu, maire .de.Lévis, Louis Joseph Hector Beaulieu, âgé de \u2018treize ans, s\u2019est noyé accidentellement à Lévis.Il était arrivant du collège, cette journée même.Dans l'après-midi, il partit pour aller faire un tour sur les quais et le soir tard n'étant pas encore entré à la maison, ses parents commencèrent à s'inquiéter et avertirent les constables qui firent des recherches.Quelque temps après on trouvait la casquette de l'enfant qui avait été recueillie dans lasoirée par un jeune Davie se promenant en chaloupe.Toute la nuit on fit des recherches à l\u2019endroit où la coiffure avait été trouvée, près des quais Beaulieu, et vers une heure du matin on retrouvait le cadavre du jeune garçon.On suppose qu\u2019en s\u2019aventurant sur les quais, il aurait avancé trop près du ord, aurait perdu l\u2019équilibre et serait tombé à l\u2019eau.Personne n'a eu connaissance de l\u2019accident.Le défunt a été inhumé ce matin à Lévis.Avis aux héritiers Un nommé Pierre Roy, natif de Ste- Anne de la Pocatière, qui vient de mourir, à Queeche, Vermont, a laissé une succession de plusieurs milliers de piastres.Il avait épousé une américaine et trois enfants étaient nés de.leur mariage.Mais sa femme et ses enfants étaient décèdés depuis quelques années.Il est mort subitement, et on a trouvé dans son sac de voyage plusieurs mille dollars en monnaie.Il possédait aussi des biens fonds.Il était parti du Ganada, à l'âge, de 16 ans et il était plus que septuagénaire lors de son décès.Il avait, dit-on, fait un voyage à pieds, au Canada, il y a six ans.Il arrangeait les montres et les horloges le long du chemin.Il n\u2019y a que des petits neveux qui sont héritiers \u2018et ils représentent envirou sept familles différentes.Nouveau pont L'échevin Rousseau; de Montréal, est à l\u2019Ile Verte, où il est chargé de la direction des travaux de construction du nouveau pont en fer de l\u2019Intercolonial.Ce pont a 200 pieds de long et.sera probablement terminé dans trois semaines.Personnel \u2014L'hon.juge Bossé, part aujourd\u2019hui avec sa famille, pour la Matbaie, où il passera l\u2019été.\u2014Le rév.J.E.Martin, curé de St-Paul, Minnesota, délégué de la société St- Jean-Baptiste de ce lieu à la fête nationale,est parti vendredi pour Rimouski où demeure sa famille.Il y passera un mois, et retournera au commencement d\u2019aofit au milieu de ses ouailles de St.Paul.Générosité La maison Jules Robin & Cie, de Bordeaux, a eu la générosité d'adresser à MM.Rioux & Cie, la somme de $500 pour les incendiés de St-Sauveur.Le cirque Barnum \u2018Le fameux cirque de Barnum donnera deux représentations à Québec, le 26 août,et il ira jouer ensuite aux Trois- Rivières.Aux sourds Une personne guérie de surdité et de bruits dans la tête après 23 années, enverra une description de sa maladie GRATIS à toute personne qui en fera l\u2019application à Nicholson, 177 rue McDougal, New-York.Québec, 16 février 1889.893 Morte subitement Isabella Albert, enfant de M.W, J.Carson, est morte subitement à la résidence de son père, 81 rue St-Valier, à l\u2019âge de 4 ans et 6 moisa défunte a succombé à une congestion cérébrale après quelques heures de maladie.Pharmaceutique Les examens pour l\u2019admission à l\u2019étude de la pharmacie ont eu lieu à Québec le 13 du courant Huit candidats se sont présentés.Les messieurs dont les noms suivent ont été : admis J.E.Dubé, J.D.Webb, L.P.Collet, Jules Côté.Distribution des prix Jeudi dernier a eu lieu au\u2019\u2018couvent \u2018 des Sœurs de la Charité de Lévis, la distribution solennelle des prix.AVIS AUX MERES Le * syrop calmant de Mme Winslow devrait toujours être employé pour la dentition des eufants.Il.calme l'enfant, adoucit les gencives, apaise toutes les douleurs, guérit la,colique, et estle meilleur reméde pour la diarrhée.Vingt cing cents la bouteille.Québec, 9 mai 1889, £66 JOURNAL DES CAMPAGNES I3 \" T .LS FEUILLETON DU \u2018* JOURNAL DES CAMPAGNES \u201d 4 Juilleu 1889 \u2014No 22 FLIBUSTIERS \u2014 ET \u2014 TEE CW TW XD M\u201d Ss» | [Suite] \u2014Que dans leur fureur les ladro- nes égorgent leurs prisonniers, continua la douce Inès, c'est possible, nous ne sommes pas responsables de ce malheur, mais la {population trou- Vera, soyez-en certain, plus qu'une compensation a cet accident, en assistant au supplice de trois bandits célèbree, terreur de nos cinquantaines.Suis-je folle à présent ?Vous êtes au contraire une femme de génie, senora, s\u2019écria la marquis ravi de l'habileté d\u2019an plan qui mettrait en son pouvoir ses plus mortels ennemis, et dont la réussite lui paraissait infaillible.Restait la lettre à écrire.çÇ Ce fat Ponce de Valdemar qui la fit sous la dictée de sa mère, la signa du nom de don Pedro de Najera, et et la fit signer de son propre nom par la main de la duégne, pour que les signatures ne fussent pas de la même écriture.Le même jour sur le soir, une barque légère, portant le pavillon parlementaire, partait pour la Basse- Terre, portant à M.d'Ogeron, gouverneur de la Tortue, la réponse de don Pedro de Najera et devant rapporter la réponse précise du Léopard.Au moment où elle aborda à la Basse-Terre, boucaniers et flibustiers se réunissaient dans le hatto de Montbars, sorte de citadelle perchée sur les rochers au bord\u2019 de la mer et entourée de profonds ravins, dans lesquels par les jours de gros temps, les vagues s'engouffraient avec \u2018un épouvantables fracas.Une étroite passerelle, jetée sur l\u2019abîme.conduisait seule à la platefor- me rocheuse, sur laquelie était assise la demeure du terrible écumeur de mers, et personne ne franchissait ce passage aérien qu'il ne se fit reconnaître par les engagés de l\u2019Exterminateur, chargés de veiller à ce qu\u2019aucun espion ne pénétrât dans l'enceinte réservée, i Bien que la salle des délibérations fit de vastes dimensions, la foale attirée par la réputation de l\u2019illustre chef était trop considérable pour que tous pussent prendre place à l\u2019intérieur ; il avait dono été décidé que la moitié seulement des frères emmatelottés, c\u2019est-à-dire .associés deux à deux, serait admise, le matelot favorisé par le sort ayant droit de signer pour lui et pour son camarade la charte-partie ou de refaser sa double adhésion.: Plus de cent aventuriers se pressaient déjà dans la salle\u2019 où Md'Ogeron, non pas comme gouverneur de l'Île mais simplement en sa qualité d\u2019ancien \u2018flibustier et de frère de la côte, causait aÿec animation dans Un groupe composé de l\u2019élite de la flibusterie, lorsque :Van Burg, dit l\u2019Emerillon, engagé de Monbars, vint prévenir le gouverneur qu\u2019un lieutenant espagnol, arrêté à l\u2019entrée du port dans une ombarcation, à la corne de laquelle flottait le pavillon parlementaire, demandait à Être admis en sz présence.| Une semblable démarche, fort peu habituelle aux Espagnols, provoqua un certain étonnement et plusieurs Maîtres poussés.par une curiosité toute naturelle, se préparaient à accom- Pagner M.d'Ogeron, lorsque celui-ci déclara qu'il recevait seul l'envoyé dans le logement qu\u2019il occupait dans les bureanx de la Compagnie, se réservant, si l\u2019affaire intéressait la société, de la lui faire connaître dès qu'il serait renseigné.Sur quoi étant sorti seul, il descendit la colline, fit placer des sentinelles à sa porte et ordonna que le lieutenant fût introduit les yeux, bandés, sans que personne de son équipage pût descendre à terre, ni communiquer en aucune manière avec qui ce fit.CHAPITRE VIII LA CHARTE-PARTIE L'absence de M.d\u2019Ogeron menaçant de se prolonger, le Leopard crut|: l\u2019occasion favorable pour prendre Montbars par le bras, le conduire sur la plate forme et causer avec lui pendant quelques minutes.\u201c \u2014Parfaitement, fit tout à coup l\u2019Exterminateur, qui jusque-là l'avait Écouté avec une religieuse attention, parfaitement, et puisque nous ne pouvons pas nous occuper de notre affaire, que les nouvelles apportées pourraient bien modifier, je vais à l\u2019instant ouvrir la séance,en parlant de la vôtre qui est aussi la mienne.Puis, lui serrant la main, il rentra dans la salle où flibustiers et boucaniers, divisés par groupes, conversaient bruyamment entre eux, eu sujet .de l\u2019arrivée du parlementaire, chacun faisant ses supppositions.Et voyant Montbars monter sur l\u2019estrade, tous se turent, attendant ce qu\u2019il allait leur ahnoncer.\u2014Frères, dit-il alors de sa voix claire et vibrante, après vous avoir remercié de l\u2019empressement que vous montrez à venir* écouter les propositions.que j'ai à vous faire, permettez-moi, en attendant le retour de notre brave gouverneur, qui, vous le savez, veut bien nous donner un précieux concours pour notre expédition, de vous faire une autre proposition à laquelle j'espère, aucun de vous ne fera opposition.J'ai dit; J'espère j'aurais pu dire: je suis certain ; car il s\u2019agit d\u2019un grand acte de justice, de la récompense bien méritée du services rendus à l'exposition par un jeune officier dont déjà vous avez tous entendu parler, qui, renonçant à son grade dans la flotte et dans l'armée du roi notr: maître, une première fois a non seulement sauvé un navire de la compagnie par Sa bravoure et son habilité, mais a empêché plusieurs maîtres d\u2019entre vous, de mourir en combattant, ou de tomber vivants entre les mains de nos ennemiis.\u2014 Est-ce encore du Vautour-Blanc que tu parles ?cria une voix aigre dont l'accent haineux fit contracter les sourcils du Léopard.\u2014De lui même, répondit froidement l\u2019orateur, et je suis heureux lorsqu\u2019il s\u2019agit de récompense à donner, que son nom soit le premier qui te vienne à la bouche.\u2014S'il m\u2019y vient, c\u2019est afin de réclamer, riposta Belle-Tête, pour un fait auquel il y a en beaucoup plus de hasard que d\u2019habilité,il me semble qu'il serait temps de ne plus mendier en faveur d\u2019un mauvais engagé déjà plus que libéralement récompensé par la Compagnie.L i \u2014Ce qu\u2019a fait la Compagnie dont il a sauvé le vaisseau, ne me regarde pas.Nous ne.sommes pas les hommes de la Compagnie, nous ne payons pas ses dettes, mais je ne pense pas qu\u2019il s\u2019en trouve parmi nous, un seul qui consentit à laisser solder les nôtres par qui que ce soit, s\u2019écria l\u2019Exterminateur d\u2019une voix tonnante ; nous ne sommes ici ni des mendiants, ni des ingrats.Un tonnèrre d\u2019applatdissements salua ces fières paroles.\u2014Flibustiers, boucaniers, chasseurs et habitants, nous étions donc ses débiteurs avant méme son arrivée parmi nous, continua Montbars; ! aujourd'hui notre dette s\u2019est accrue, car c\u2019est à un acte d\u2019héroïsme dont il a été la victime, que nos glorieux compagnons, partis pour l\u2019exp-dition de la Savane, ont dû en gr nde partie la victoire.\u2014Qu's-t-il donc fait de si rare?s'exclama le même personnage.\u2014 \u2026 \u2014Ce qu\u2019il a fait, je vais vous le dire, reprit Montbars ; si j'exagère ou si je me trompe, tous les frères de l'expédition.comfiandée par notre ami le Léopard, sont aussi présents : qu\u2019ils rectifient mes paroles ou les démentent.: \u2014 Parlez, parlez ! crièrent cinquante aventuriers.Alors, après &voir exposé le but de lexpédition de la Savane, l\u2019Exterminateur, froid d\u2019abord, mais s'animant peu à peu, raconta dans tous leurs détails, les combats soutenus par une poignée de héros, contre plusieurs cinquantaines espagnols qui, averties | par des espions.sans doute, \u2014 nous les découvrirons un jour, et les punirons comme le méritent les traîtres assassins de leurs frères \u2014 s\u2019écria d\u2019une voix terrible l\u2019orateur, en fixant son regard sur Belle-Tête, s'étaient réunies pour écraser une poignée d\u2019hommes.Puis, s\u2019échauffant de plus en plus, comme si lui-même eût pris part à l\u2019action, il peignit d\u2019une manière si vivante, si dramatique, la dernière attaque des cavaliers espagnols, accourant au galop de des flammes qui dévoraient la plaine, et chargeant avec fureur les aventuriers déjà épuisés par un long combat, qu'un frisson électrique passa dans toute l'assemblée et qu\u2019au récit de l\u2019action héroïque du jeune engagé se ruant tête baissée à travers les piques, jusque sous le ventre des chevaux pour y faire éclater la bombe qui ouvrit une large et sanglante brèche dans ce mur d\u2019acier, un cri unanime de :.Vive le Vautour-Blanc! éclata dans la salle.-Voila ce qu\u2019a fait cet engagé volontaire, rugit Montbars, et dans mon admiration pour son courage, dans ma reconnaissance pour la vie- toire qu\u2019il nous'a procurée, je ne mendie pae, je réclame.oui je réclame, non pas pour lui, mais pour nous, l'honneur d\u2019inscrireson nom parmi ceux des frères de ia côte.-\u2014À quoi bon s\u2019il est déjà perdu ?ricana Celle-Tête.\u2014À honorer sa mémoire, répondit l\u2019Exterminateur, et s\u2019il ne l\u2019est pas, à le sauver.\u2014Oui, oui, Montbars a raison, qu'il soit frére, vociférent les aventuriers, aux voix.Aux voix.\u2014Vous le voulez ?\u2014Nous le voulons.Alors comme président de la réunion, je mets aux voix la proposition suivante : \u2018 \u201c L'assemblée des frères de la côte, représentée par la majorité de ses membres, considérant les services rendus à l'association par l\u2019engagé Raoul, dit le Vantour-Blanc, -la dispense d\u2019ane plus longue épreuve, et le déclare maître.\u201d \u2014Que ceux qui s\u2019y opposent lèvent la main.Belle-Tête senl osa protester.\u2014Que ceux qui y consentent lèvent la main continua l\u2019Exterminateur.Tous les bras se levèrent.\u2014À l\u2019ananimité moins un, tous les membres ici présents, ayant voté en faveur du frère proposé, je déclare le Vautour Blanc, membre de l\u2019association et frére de la cote, dit a haute voix Montbars.\u2014Pour un pauvre diable qui va être pendu, s\u2019il ne l\u2019est pas déjà, ricana Belle-Tête, voici une délibération bien profitable.En ce moment, M.d'Ogeron rentrait ; on fit silence et il monta au bureau, où Montbars voulut par honneur lui céd& le fauteuil de la pré- sidence.leurs chevaux, lance blessée à la lueur Après une courte discussion, le gouverneur ayant cédé, s'assit à la place d'honneur et déclara la séance ouverte.: On s'attendait à voir le chef des flibustiers commencer, ce fut Md'Ogeron qui se leva : \u2014Messieurs et frères, dit-il, je vous demande avant de donner la parole à mon illustre ami, de vous instruire en quelques mots de l\u2019objet de la venue du parlementaire, et de vous lire une lettre du gouverneur de Saint-Domingue, don Pedro de Najera, qui me charge de vons transmettre une demande à laquelle vous aurez à faire une prompte réponse.Vous savez tous que dans le dernier et glorieux combat où dans la grande Savane notre frére le Léopard s'est couvert avec ses.compagnons d'une nouvelle gloire, un de ses engagés qui est en méme temps son parent, après une action d\u2019éclat qui a décidé de la victoire, à eu le malheur d\u2019être fait prisonnier et conduit à Saint Domingue.De votre côté vous avez éga'ement fait non pas un, mais sept prisonniers qui attendent dans Ie fort que leurs vainqueurs aient décidé de leur sort.Il paraît que sur la demande des maîtres il a été décidé qu'un échange serait proposé a don Pedro et c'est pour m'informer qu'il accepte cette offre que le gouverneur m\u2019a envoyé un lieutenant porteur de la lettre que je vais vous lire et qui règle la manière dont doit se faire cet échange.Seulement, Messieurs et frères, quoique la réponse à faire ne regarde que vous, ne dépende que de vous, permettez-moi de vous faire part d\u2019une impression particulière qui sera peut-être anssi la vôtre ; la rédaction de la lettre me semble obscure, embarrassée, peu franche, et pourrait bien couvrir un piège.Voici le-texte de la lettre ; et, dépliant la missive, l\u2019ancien flibustier en donna lecture.\u2014Le seul piège que )apercoive dans tout ce verbiage, fit Belle-Tête en levant les épaules, c\u2019est qu'on nous propose d\u2019échanger un seul homme contre sept, ce qui serait un marché absurde.\u2014Quant à moi, répartit vivement Barthélemy, je ne partage pas cette manière de voir; à mes yeux un frère de la côte vaut plas non pas que sept mais que vingt gavachos.\u2014Bien dit, firent plusieurs voix , \u2014Les maîtres faisant partie de l'expédition l\u2019ont pensé ainsi, reprit M.d'Ogeron, puisqu\u2019eux-mêèmes ont jugé à propos de faire la proposition au gouverneur, par un messager qu'ils lui ont envoyé.\u2014Et qui est arrivé ?Belle-T'ête.\u2014I] y paraît, puisque voici la réponse, gronda le Téopard.\u2014Cela m'étonne.\u2014ÂAvrais-tu pris des moyens pour l'empêcher, répliqua le boucanier en le regardant d\u2019an air de souverain mépris.i ~- M\u2019accuserais-tu d'étre un traitre, fit l\u2019opposant, en blémissant affreusement.\u2014Qui sait! reprit l\u2019implacable Léopard.Lorsqu'un soi-disant frère, au lieu de venir rejoindre ses compagnons qui se battent à deux portées de fusil, continue à chasser tranquil- lament avec ses engagés, comme \u2018tu l'as fait, toi, Bello Tote, dans la Savane, j'ai bien le droit de me défier de lui.Co LP \u2014Je ne l\u2019ai pas fait, je ne savais pas, je n'ai pas entendu, balbutia le coupable.\u2014Tu mens, rugit le Léopard, nous sommes ici dix, qui par ma bouche te disons : tu mens.* \u2014C'est toi qui mens, glapit Belle- Tête fou de colère, en armant son fusil dont il fit craquer les batteries.demanda \u2014Mordieu ! s\u2019exclama le bel Alex- 14 i + JOURNAL DES CAMPAGNES Te; PR wen f- PE a andre, ce n\u2019est pas ici qu\u2019il fallait te battre ; à bas les pattes et cesse de nous casser la tête.\u2019 v \u2014C'est à lui que je la casserai, hurlait Belle-Tête en se débattant.\u2014Lachez-le donc, cria le Léopard, je lui appréndrai que j'ai la tête plus dure que les engagés qu'il assomme, lâche-le, Barthélemy il a besoin d'une leçon.\u2014Silence, frères, ou je lève la séance, dit gravement M.d\u2019Ogeron ; nous sommes ici pour délibérer, non pour disputer.\u2014C'\u2019est facheux,grogna le Léopard, j'aurais eu plaisir à lui briser les reins sur mon genou.La discussion continua au sujet des conditions posées par le gouverneur ; mais ne pouvant pas aboutir à une entente générale elle fut renvoyée à l'examen particulier des boucaniers ayant fait partie de l'expédition.Montbars débarassé de cette question, put enfin \u2018exposer à l'assemblée ses projets et découvrir au moins en partie ses plans.Ce n\u2019était ni à Cuba, ni à la Jamaïque qu\u2019il se proposait de se porter comme il en avait laissé courir le bruit à dessein, pour dérouter les espions et forceriles gavachos à concentrer leurs forces le plus loin possible du lieu qu\u2019il avait l'intention d'attaquer.Jusqu'à ce jour, son stratagème avait parfaitement réussi ; plusieurs navires emportant des troupes étaient partis d\u2019Hispaniola pour aller renforcer laflotte du vice-roi et les garnisons des points menacés.Saint-Domingue même devait, en ce moment, être réduit à un ou deux bataillons, son port vide de vaisseaux de guerre.Sans doute i] y aurait des dangers à courir, mais\u201dl'occasion paraissait des plus farorables pour tenter un coup de main sur la capitale de l'ile et si, contre son attente, on ne pouvait s'en emparer par surprise, il serait facile de ravager et brûler les petites villes de la côte, les piller, enlever les plus riches habitants et les mettre à rançon de manière à se procurer en peu de jour un butin énorme que l\u2019on aurait tout le temps, de rapporter à la Tortue avant que la flotte espagno'e, avertie trop tard pût arriver au secours d\u2019Hispaniola.Une semblable communication ne pouvait qu'être accueillie avec empressement.Les flibustiers en particulier, ge trouvant complètement à sec, applaudirent avec frénésie.Quelques esprits inquiets et soupçonneux dans le genre de Belle- Tête, élevèrent bien de timides objections, demandèrent des explications, voire même les détails du plan | 8 de campagne et tâchèrent d\u2019ébranler- la confiance de l\u2019assemblée; mais Montbars, après avoir repondu aux difficultés soulevées, ayant déclaré u\u2019il se refusait à divulguer des étails dont il se réservait le secret, ajouta qu\u2019il ne voulait commander que des compagnons dont la confiance en lui égalerait l'obéissance à ses ordres, et que ceux qui n\u2019accepteraient pas ces conditions n'avaient qu\u2019à ne pas s'inscrire sur la liste des adhérents.Cinq ou six,des aventuriers présents sortirent alors à la suite de leur chef de file, qu\u2019au grand étonnement de tous le Léopard suivit aussi.Mais ce n\u2019était pas qu\u2019il désapprou- vat Pexpédition, ni qu'il voulât conti- .nuer la dispute engagée comme purent le croire d\u2019autres compagnons, car il revint bientôt après et s\u2019approchant de l\u2019Exterminateur, -lui dit quelques mots à l'oreille.Bien que tous ceux qui maintenant se trouvaient dans la salle fussent décidés à faire partie de la campagne, il restait avant que leur engagement fût définitif, à lire et à signer le contrat préparé d'avance par Mont- bars et qui, précédant chaque entreprise, portait, le nom demeuré célèbre de Charte-partie.Cet instrument, pour se servir d'une expression de droit, dressé avec le plus grand soin, avait pour but de régler tous les rapports des chefs de l'expédition avec leurs subordonnés, les droits de chacun, le partage du butin, la nourriture et l\u2019armement de l\u2019 éfuipage, les indemnités dues pour blessure, enfin toutes les questions qui auraient pu dévenir un sujet de contestation.Quoique copiée en grande partie sur les chartes autérieures, celle de Montbars contenait des articles additionnels particuliers et, pour lui donner une plus grande solennité, le gouverneur général, M.d'Ogeron voulut en faire la lecture.Se levant donc de son fauteuil il prit le large parchemin déposé sur la table et, à voix haute, lut, en accentuant chaque paragraphe : \u201c Ceci est la charte-partie proposée par frère Montbars dit l\u2019Exterminateur à tous les maîtres tant boucaniers que flibustiers présents à l\u2019assemblée par acclamation de laquelle l\u2019expédition a été décidée sur la proposition du dit Montbars amiral général, les signataires de la dite charte s\u2019engageant à en observer scrupuleusement, fidèlement et dans tous ses, articles la teheur ainsi qu'elle est exprimée en ce parchemin (1).\u201c ARTICLE ler\u2014Ohaque associé s'engage à s\u2019embarquer au jour, à l'heure et sur le vaisseau qui lui seront désignés, il sera armé a .ses propres frais d'un fusil de quatre pieds de canon, tirant une balle de seize a la livre, d'une paire de pistolets de ceinture tirant une balle de vingt à vingt-quatre à la livre, d'un bon sabre, de deux coutelas, et d\u2019une baïonnette.\u2018\u201c ART.2.\u2014La poudre, les balles, de même que les grenades, \"boulets et autres munitions, seront fourñis Par l\u2019amiral.Il en sera de -même des Provisions de bouche qu'à bord de chaque navire préparera un cuisinier; \u2018la nourriture sera la même dans tous les navires sans qu'il soit fait aucune distinction de grade.\u201c ART.3.\u2014Pour éviter tout encombrement, les associés n\u2019apporteront comme hardes de rechange que deux chemises et un caleçon.\u201c ArT.4\u2014L\u2019obéissance des asso - ciés aux ordres de l\u2019amiral sera absolue, et celui-ci, tant que durera la course, aura droit sur tous de vie et de mort.Mais au retour de la campagne il devra, devant un con- eil général de la flibuste;- rendre compte des actes qui auraient motivé des plaintes contre lui.\u201c ART.5.\u2014Sur chaque bâtiment il y atira un chirurgien auquel il sera donné, qu'on fasse prise ou non, une sômme de 200 écus, pour son coffre à médicaments, et outre cela, si l'on fait du butin, il aura son lot comme les autres.Si on ne le satisfait pas en argent on lui donnera deux esclaves.PARTS DE PRISE.\u2018* ART.ler.\u2014L'amiral, pour se rembourser de ses dépenses, aura en propriété la coque et le gréement de tous les navires pris, plus le dixième du butin.\u2018\u201c ART.2.\u2014La part des capitaines sera cinq fois plus forte que celle des matelots ou simples auxiliaires.\u201c ART.3.\u2014Chaque matelot ou auxilliaire aura droit à une part.(1) Cette charie-partie est pofir ainsi dire copiée sur original d'un de ces contrats et donne uñe idée exacte des conventions passées entre les Flibustiers lors de leurs aventureuses expéditions, RÉCOMPENSES.\u2018* ARTIOLE ler\u2014Oelui qui aura découvert et signalé le navire capturé rece- .VFA.000000 vez 00600 0000000.100 écuE \u201c ART.2\u2014Celui qui aura enlevé le drapeau espagnol d'un forteresse.50 piastres \u201c ART.8.\u2014Pour chaque grenade lancée dans un ÉOTt.ce.soncco use nocvaues 5 piastres \u201c ART.4\u2014Pour la capture'd\u2019un officier ennemi, en risquant la vie, une récompense proportionnée an grade du prisonnier sera accordée.4 INDEMNITÉS.\u2018\u2018 Pour la perte d'un œil, cent écus ou un esclave ; _ des deux yeux, six cents écus ou six esclaves ; de la main ou du bras droit, 200 écus oun deux esclaves ; des deux mains, six cents écus ou six esclaves ; d'une jambe, deux cents écus ou deux esclaves ; des deux, six cents écus ou six esclaves ; Pour une plaie incurable, 200 écus ou deux esclaves.\u201d Sans doute cette charte ne renfermait aucun article de nature à exciter des réclamations ; car lorsque Md'Ogeron en evt terminé la lecture, aucune voix ne s\u2019éleva pour faire des observations.Seul l\u2019Exterminateur lui-même proposa une addition, celle où serait stipulée la récompense méritée par le frère qui, tant sur mer que sur terre, sauverait la vie a un maitre, on le délivrerait soit de la captivité soit de la prison.À cette proposition inusitée, les aventuriers se regardèrent avec étonnement, mais aucun d'eux n'\u2019élevait la voix quand le Bel Alexandre cria tout à coup du fond de la salle : Pour ce qui me regarde, je refuse, Un frère de la côte en se taisant recevoir, jure de porter secours à tous les frères, c\u2019est donc son premier devoir, l'honneur seul qui doit en être ia récompense./ Il a raison, clamèrent tous les aventuriers ; nous répétons l\u2019article proposé., \u2014Et moi, fit le Léopard qui venait de rentrer, j'en propose un autre pour le remplacer, un article par lequel il sera défendu de commencer l'attaque sans avoir auparavant faif la prière.\u2014Inutile, répliqua le vieux Vent- en-Panne le doyen des flibustiers, jamais parmi nous personne n\u2019a manqué à cette coutume, jamais nous autres Français catholiques n\u2019avons attaqué avant d\u2019avoir chanté le Magnificat ou le Miserere et les Anglais protestants sans avoir lu un chapitre de la Bible du Nouveau Testament.\u2014C'est vrai ce que tu dis là, camarade, fit le gouverneur, un article de ce genre est inutile, nous croyons tous en Dieu, tous nous croyons que c\u2019est lui qui donne la victoire.\u2014Oui, oui ! vociférant les aventuriers en élevant la main droite et de la gauche faisant résonner sur le sol la crosse de leur fusil.\u2014La charte a-t-elle été bien entendue, bien comprise ?reprit le gou- vernear.Cs \u2014Oui, oui ! à la signatare.\u2014Que ceux qui veulent s\u2019engager s\u2019approchent pour signer, cria Montbars, plus tard il serait trop tard.Presque tous les frères signèrent l\u2019un après l'autre en leur nom et au nom de leur matelot.Tout compte fait, il sé trouva deux cent seize signätures ; c'était donc un corps de quatre cent trente-deux flibustiers ou boucaniers, qui se trouvaient composer la petite mais vaillante armée de l'Exterminateur.Au nombre de ceux-qui ne s\u2019ins- j ¢ - crirent pas, on dut s'étonner de trouver le Léopard-et quelque-uns des plus braves chefs de l'association.L\u2019étennement fut d'autant plus grand, que l\u2019on savait le célèbre | boucanier grand ami de Montbars, et que ces même maîtres préparaient de leur côté un navire armé en course et pourvu d'un nombreux équipage.Cependant tout s'expliqua, lorsque l\u2019on sut que le parlementaire espagnol attendait pour repartir l\u2019ac- ceptatiOn de l'échange d\u2019après : les conditions réglées par le gouverneur de Saint Domingue.Il devenait évident que le parent du Vautour Blanc avait pour but de devancer l\u2019expédition de Montbars pourdélivrerle prisonnier avant le commencement les hostilités.Il fallait que Belle Tête ex fut persuadé ; car sorti de l\u2019assembiée pour essayer de parler aux hommes de l\u2019embarcation de l'officier espagnol et se voyant mis dans l'impossibilité de le faire par la surveillance soupçonneuse du Léopard, il s\u2019était résolu à rentrer aussitôt dans la salle après avoir donné ordre à ses engagés de préparer le canot, puis, ressortant au bout d\u2019un instant, avait mis précipitamment à la voile, pour aller courir des bordées à la sortie du canal du côté où devait nécessairement passer le bateau espagnol.De cette manière, il pourrait communiquer avec le lieutenant sans témoins autres que ses propres engagés auxquels il connaissait le moyen le plus propre de fermer la bouche à tout jamais pour peu qu\u2019ils lui inspirassent la moindre défiance ; de plus afin de détourner entièrement les soupçons il n'aurait après cela qu\u2019à aborder dans les environs du port Margo, entrer dansla petite Savane de Saint Raphaël et s\u2019y mettre en chasse ainsi qu\u2019avaient habitude de le faire tous les boucaniers.Le coup était assurément très habilement monté, coup à deux fins, la première, de se faire payer très cher une trahison de cette importante, la seconde, de se venger en une seule fois, autant de Montbars qu'il accusait d'avoir abandonné son parti,.que du Léopard par la mort ignominieuse deson parent.Probablement pourtant, Belle Tête aurait modifié ses plans, si, braquant sa lunette sur les rochers de Fer, formant rempart à la Basse Terre, il avait découvert entre deux anfractuosités, la tête d\u2019un homme couché à plat ventre, et surveillant tous ses mouvements.Mais ce ne fut qu\u2019aprés la disparition presque compléte de la voile blanche dans la direction du cap Haitien, que le surveillant demeuré invisible jusque là et qui n\u2019était autre que Trébutor, se releva vivement, escendit à grands pas par la pente rocheuse et vint informer son matelot au moment où il sortait de la salle avec Montbars, de ce qui se passait.Pour des gens prévenus déjà contre Belle Tête, il ne fut difficile ni de deviner ses projets,ni de les déjouer en employant ruse contre ruse.La plus simple, ceHe du reste à laquelle on s'arrêta, fut de faire immédiatement armer deux canots qui, commandés, l\u2019un par Trébutor, l\u2019autre par le Léopard, sortiraient du port en même temps que le navire espagnol et le forceraient au lieu de prendre la même route qu\u2019il avait suivie en venant, à doubler la pointe est de l'île : c\u2019est à dire à longer pour le retour à Saint Domingue, non pas la côte du sud, mais celle du nord.Ce premier point réglé, les deux aventuriers se transportèrent avec Md'Ogeron à la prison où ils se firent ouvrir le vachot dans lequel était gardé au secret José le Gambusino, y entrèrent et firent refermer la porte sur eux.Entre eux et le prisonnier, la con- férencene dura pas une heure.Le tes LT erent PA SR de pe ESS a es mtr ren Ar ine PE Ua- ~ .- al Ce 1° Fond ARS i \u20ac fy = AR mai VE 45 ly vo Sem ; SoTL Sh AAs Fes te = ere - .x.oH PERT 20 JOURNAL DES CAMPAGNES Cf .Gambusino tenait moins à l\u2019honneur u\u2019à la vie ; aussi pour esquiver la potence à laquelle il se savait condamné d'avance, non sans l\u2019avoir méritée cent fois, était il entré aussitôt dans la voie des révélations, puis après avoirrépété ce que déjà il avait dit à la grande Savane, avait-il don- \" né lui-même toutes sortes de détails peu hono rables pour la moralité de son protecteur dont il affirmait -sur son baptême reconnaître l'écriture dans la* lettre prétendue de don Pedro de Najera affirmant que seule la signature de Ponce de Valdémar n'était pas du marquis, mais probablement de sa mère ou de sa fille Pépita.L'effet produit par cette dé- claratioin l\u2019ayant enhardi, il alla plus loin, et fit serment, si ses trois interrogateurs s\u2019engageaient à lui accorder non seulement la vie sauve, mais une somme de cinq cents piastres avec le moyen de passer à la Jamaique où iln\u2019était pas connu et pour- Tait vivre paisiblement comme un honnête homme, d'introduire cent frères de la côte dans telle partie de la grande terre qui leur plairait, sans en excepter Saint-Domingue, ou de livrer entre leurs mains Ponce de Valdemar, sa mère Inès et même la senorita Légnora.Bien que tous ces promesses ne fussent pas articles de foi, cependant, certaines circonstances révélées par ce coquin étaient empreintes d\u2019un tel caractère de vérité «que M.d'Ogeron, après lui avoir promis simplement la vie si tout ce qu'il avait dit était vrai, ajouta qu\u2019il autorisait Montbars et le Léopard à utiliser ses services comme bon leur semblait en ajoutant ue pour ce qui était de la capture du marquis où de l'entrée à Saint- Domingue, il s\u2019engageait à le renvoyer là où il voudrait avec une forte récompense.A la suite de cette conférence, rien ne s\u2019opposait plus à sa fausse lettre.M.d\u2019Ogeron, accompagné cette fois des signataires de la proposition faite par eux à don Pedro de Najera, remit à l'officier un noaveau pli portant les mêmes signatures et faisant conuaître le jour fixe où les aventuriers échangeraient leurs prisonniers contre le Vautour-Blanc, au lieu et de la manière spécifiée par le gouverneur de Saint-Domingue.\u2014Maintenant senor Alférez ajouta M.d'Ogeron, ayant été informé qu\u2019un navire est parti de la Basse-LTerre dans l'intention d\u2019aller guetter votre passage au bout da canal en face de Port Margo sans mon autorisation et craignant uno attaque de nature à compromettre nos négociations, je vous demande comme un service personelle de doubler l'ile dans le sens opposé afin d\u2019éviter toute rencontre.\u2014Senor Gobernador, je serai heu- Teux de vous donner ce témognage ve déférence si bien mérité par dotre courtoisie, fit l\u2019officier en s\u2019inclinant légèrement devant celui que, dansle fond, il ne considérait que comme un chef de brigand.La séance fut aussitôt levée et le négociateur put énfin, toujours escorté par une garde d'honneur qui en était plutôt une de précaution, rega- @ner son embarcation qui remit à la voile précédée et suivie par les deux Canots armés à l\u2019avance.Le même soir, dans la salle du Petit conseil où le Léopard avait voulu, avant-de partir, réunir autour d\u2019une lourde table plantureusement servie par la célèbre Georgette, ses braves associers, ceux-ci étaient assis causant, famant et buvant à larges lampées les liqueurs fortes que leur Versaient le caiman et Vent-Debout, car la porte de la salle ne s\u2019ouvrait- à Personne qui ne fit partie de l\u2019expédition.Le repas touchait à sa fin et déjà |.les autres engagés de l'amphytrion ou de son matelot, Orocodile et Rit- Toujours, avaient enlevé la plus ande \u2018partie des reliefs destinés à eur repas, et à celui des chiens, lorsqué Balle-dans-l\u2019Œil, placé en.sentinelle au bout du corridor, annonça à haute voix MM.d'Ogeron et Montbars.Quoique l\u2019un et l\u2019autre se fussent excusés de ne pas prendre part au banquet, ils avait promis de venir ; auesi leur arrivée était-elle attendue.Si les fresques extérieures du Grand- Boucan avaient une réputation artistique,parfaitement établie à laTortue, si les pimentades de Poignet-d'Acier jouissaient d\u2019une grande estime chez les gastronomes de Basse-Terre, il faut avouer aussi que tout le monde s\u2019accordait à trouver l\u2019ameublement intérieur de l\u2019auberge, peu en harmonie par sa simplicité primitive, avec les prétentions fastueuses du dehors.Le manchot, qui avait été l'architecte de son établissement, n\u2019avait voulu laisser à personne le droit de s\u2019en dire le décorateur à l\u2019intérieur.De maçon et de couvreur, devenu menuisier, il avait fabriqué à grand renfort de coups de hache et de marteau tout son mobilier, seulement il l'avait réduit aux plus simples proportions ; quelques planches épaisses de quatre doigts et clouées sur des tréteaux, lui avaient suffi pour fabriquer des tables, sur lesquelles on aurait, en cas de besoin, pu poser un muid de vin, ou une tonne de bière sans les faire fléchir.Quant aux chaises, plus simples encore, elles consistaivnt en un escabeau formé d\u2019un tronc d\u2019arbre coupé en forme de fut de colonne et recouvert d\u2019un cuir non tanné, rattaché par une couronne de clous ; du reste, elles étaient peu nombreuses et avantageusement remplacées par des bancs ou plateaux épais cloués sur des tréteaux, sur lesquels on était libre de s\u2019entasser à y étouffer, sans crainte de les briser.Cependant.mais toujours par économie, l\u2019ancien flibustier avait remplacé la vaisselle de terre cuite, seule en usage au Grand Lamentin ou au Soleil d'or, par des assiettes de fer battu très lourdes, très rugaenses, mais n\u2019ayant rien a redouter de la casse, accident passé à l\u2019état d\u2019habitude, pour tout objet venant entre les mains de Goutte-de-lait.La même considération, sauf quulques rares exceptions, avait fait |.adopter les brocs et les pichets d\u2019étain à la place des bouteilles, l\u2019aristocratie des clients de Poignet-d\u2019Acier, ayant contracté la déplorable habitude de décapiter ces dernières d\u2019un conp de revers de la main, pour s\u2019épargner la peine de les déboucher, et aussi, mais seulement après boire, celle de se les envoyer à la tête comme arguments concluants dans la moindre discussion.Mais la réunion de cette soirée était composée de trop solides buveurs pour qu\u2019un broc de plus ou de moins pût empâter leur langue, échauffer leur cerveau ou même produire en eux l'excitation factice qui trop souvent suit un repas.Tous se levèrent à l'entrée des deux arrivants qui, après avoir salué prirent simplement chacun un escabeau et allumèrent leur pipe, dont la fumée s\u2019éleva en couronnes blanches et régulières dans l\u2019air lourd et bleui par sa propre épaisseur.Naturellement Ja conversation tomba sur les projets du Léopard, l'aide que pourrait lui fournir le gambusino José, l\u2019âme damnée du marquis, la lettre fausse qu'il avait envoyée, les dangers que courait le Vautour-Blanc et la chance que pourrait présenter un effort fait en commun pour le délivrer.Chacun propozait son avis, aussitôt discuté et repoussé à une forte majorité comme inexécutable.- On commençait à désespérer de s'entendre, lorsque M.d\u2019Ogeron proposa d'envoyer chercher José le gambusino, pour l\u2019interroger sur le plan dont il avait parlé.Le chemin était plus court par une porte de derrière, fermée avec de forts verrous et donnant sur un terrain vague entouré de clôtures ; en approchant pour l'ouvrir, Trébutor s'arrêta court au bruit qu\u2019il entendit de l\u2019autre côté : \u2014Un espion ! s\u2019écria-t-il en dévé- rouillant la porte et la poussant d\u2019un fort coup de genou.Bas-de-Cuir.le plus voisin de cette sortie, avait son fusil entre les jambes, il l\u2019arma et bondit derrière Trébutor, suivi du Bel-Alexandre.Il était plus de onze heures de la nuit, mais quoique le ciel fût nuageux et la clarté de la lune très faible, tous les trois aperçurent une forme blanche qui, courant vers la barrière, l\u2019escalada avec la légèreté d\u2019un chat sauvage, si rapidement que le seul maître qui fût prêt à faire feu n\u2019eût que le temps de décharger son arme au hassard en se précipitant avec ses camarades sur les traces du fugitif, mais celui ci, qui sans doute avait étudié les chemins, avait eu le loisir de prendre de l\u2019avance et ce fut en vain qu\u2019ils essayèrent de le découvrir.| Leur peinene fut cependant pas entièrement perdue, car en sautant la barrière, l\u2019espion avait laissé tom\u2014 berun couteau de boucanier à large lame, dont la\u2019 poignée en corne de buffle, portait la marque distinctive de son propriétaire,grossièrement tracée en clous à tête de cuivre.Rapportéé par Trébutor et soigneusement examinée, cette marque fut reconnue pour appartenir à Poignetd\u2019 Acier.Cependant quelle apparence que ce boucanier, privé de l'usage d\u2019un bras et appesanti par un long repos, eùt pu déployer une semblable agilité ?De plus pourquoi serait-il armé d\u2019un coutelas pour venir écouter à une porte ?N\u2019était-ce pas plus plutôt un de ses engagés, Goutte-de-lait par exemple ?Toutefois Balle-dans-l\u2019Œil appelé, certifia, sans se douter pourquoi cette question lni était posée, que tous les engagés réunis dans la cuisine depuis la fin du repas s\u2019y occupaient, sous l\u2019activé surveillance de Georgette.à éjamber du tabac pour en faire sécher les feuilles.\u2014-Poignet-d\u2019Acier est-il avec eux ?demanda Pétriens.\u2014I1 fume sa pipe au coin du feu.\u2014Dis-lui que nous avons besoin de lui, fit Montbars.\u2014Ce ne peut pas étre lui, jen mettrais ma main au feu, s\u2019écria Bas- de-Cuir, quand Balle-dans-l\u2019Œil fat sorti.\u2014Je n\u2019en doute pas, répondit l\u2019Exterminateur ; mais n\u2019importe, cur une matière aussi grave, il ne doit pas rester l\u2019ombre d\u2019un soupçon.On entendait dans le corridor les pas précipités du vétéran.\u2014Qu\u2019y a-t-il pour votre service ?fit-il en entrant.Evidemment le brave \u2018homme s'attendait à la demande de quelques nouveaux brocs.\u2014Nous désirerions savoir à qui appartient ce couteau, continua Montbars en le lui présentant.\u2014Il a été à moi dans le temps, flt-il ; voyez ma marque.Comment est-il venu ici ?\u2014C'est Trébutor qui l\u2019a trouvé et comme il voulait le rendre à son propriétaire, reprit M.d\u2019Ogeron, nous t\u2019avons fais appeler pour bien nous assurer qu\u2019il est à toi.h ! pardon, monsieur le gouverneur, il a été à moi, mais voici près de deux ans qu\u2019il ne m'appartient plus.\u2014Quel est donc son propriétaire ?\u2014Vrai, je n\u2019en sais rien pour le moment ; tout ce que je puis dire, c\u2019est que je l\u2019ai vendh à Belle-Tête.Le Léopard et Trébutor se regar- ~ dèrent.\u2014Belle-Tête n\u2019est pas ici, Poignetd\u2019Acier, dit tout à coup Trébutor, et cependant le couteau a été perdu ce soir.\u2014Il n\u2019y a pas une heure, gronda le Léopard.\u2014Pas un quart d\u2019heure, ajouta Barthélémy.%*\u2014 Etes-vous bien sûrs que Belle- Tête ne fût pas ici ?\u2014Parfaitement sûrs, s\u2019exclama Trébutor.\u2014Il n\u2019y a pas une demi-heure pourtant qu\u2019il a soupé dans la salle commune avec Chante-Perdrix ; il m\u2019a même demandé qui il y avait dans la salle du Conseil et est sorti pour aller recommander son canot après m\u2019avoir prié da Jui prêter une vrille.(A suivre) 2 rt EE DOUBLE JEU \u2014 On lit dans l\u2019Empire : \u201c C\u2019est la méthode \u201capprouvée du parti libéral, dit l\u2019Empire, de Toronto, de soulever race contre race, croyance contre croyance, province contre province, et d\u2019amener, par l\u2019intrigue, le désordre, qui, seul, croient-ils, peut leur procurer le succès.Pour ne pas remonter plus loin dans l\u2019histoire des partis, c\u2019est par ces moyens qu\u2019ils ont réussi à Québec et qu\u2019ils espéraient réussir à Ottawa, en criant la vengeance de Riel.Actuellemeut même les journaux de ces intrigants dénoncent sir John Macdonald comme un jésuite dans la province d\u2019Ontario.Telle est la tactique en double au moyen de laquelle ils espèrent détacher de sir John Madonald une partie des conservateurs, et entraver la politique sous laquelle notre pays fait des progrès si étonnants, malgré - leurs manœuvres.Lorsqu'on étudie .ces manœuvres, on voit le but commun vers lequel tous ces gens tendent, et qui est de mettre M.Laurier à la place de sir John.Après cela, que les jésuites aient plus ou moins, ou même rien du tout, cela importera peu, pourvu que les libéraux aient ce qu\u2019ils veulent.\u201c~~ Une lacune a combler dans nos comptes-rendus des fêtes nationales ! Nous avons admiré entre tous les autres, au banquet, le discours de Mle Dr Martel, de Lewiston.M.Martel est un brillant orateur et un patriote ardent, dont la chaude parole a son- levé des bravos réitérés de l\u2019auditoire.teeta.Son Honneur le lientenant-gouver- neur Angers, ancien élève du séminaire de Nicolet, a visité cet établissement à la clôture de l\u2019année scolaire.Le séminaire a fait une brillante démonstration à cette occasion et le lieutenant-gouverneur a été enchanté de la réception qu\u2019on lui a faite.- » # tll 6 \u2018Vendredi était l'anniversaire du couronnement de la reine Victoria.Sa Majesté est née le 24 mai 1819 ; elle est montée sur le trône à la mort .de son oncle, le roi Guillaume IV, le 20 juin 1837 et fut proclamée reine d'Angleterre le 28 juin 1888.7 ==> Press \u201c \u201cAgriculture VERS QUI RONGENT LES ARBRES FRUITIERS Les vers sont la plaie des vergers en ce sens que, sans maniére apparente, ils s'introduisent dans uhé branche, rongent le libier, I'aubier, et quelquefois attaquent la moelle ; de sorte que, peu de temps après, la branche cesse de végéter, et les feuilles tombent avant leur temps.Heureux, lorsque quelques bourgeons apparaissent au-dessous du point d'attaque, pour remplacer la portion de branche destinée à être supprimée Les vers font beaucoup de ravages sur le pommier et- le prunier.Si nous voulons éviter en grande partie l'invasion des vers sur nos arbres fruitiers, nous devons tenir leurs tiges et leurs branches principales dans le plus grand état de propreté ; faire leur toilette tos les printemps, en enlevant les vieilles écorces èt nodosités.Qu'on le sache bien, c\u2019est daus les vieilles écorces qu\u2019en hiver s'abritent des myriades d'animaux et d\u2019insectes nuisibles.L'arbre en étant débarrassé, il faut l\u2019enduire d\u2019une bouillie composée en parties égales de : suie de cheminée, souffre en poudre, chaux éteinte, cendres de bois et de terre argileuse ; le tout allongé d'eau, de façon à former une bouillie épaisse qu\u2019on applique aux arbres semblable à celle dont les maçons se servent pour badigeonner les murs.Cet enduit a non seule ment le grand avantage de préserver les arbres des \u2018vers rongeurs et de bien d'autres animaux et insectes nuisibles, mais encore celui de les garantir des coups de soleil Cette opération est presque indispensable pour assurer le succès de nouvelles plantations.En effet, les jeunes arbres sortant de pepinières, ieux où pendant leur jeunesse ils: sont en partie privés d\u2019air et de lumière, ont leurs écorces lisses et dilatées.Plantés isolément et exposés en pleine lumière, les jeunes arbres souffrent de cette transition ; partout leurs écorces se durcissent, se resserrent sur l'aubier, ce qui entrave la descente de la sève.rsque, malgré ces précautions,la présence d'un vers se manifeste sur un arbre, ce qui est facile de reconnaître à l'écorce qui est de couleur plus foncée et quelquefois avec commencement d\u2019ulcére, il faut s'empresser de le chercher ; après l'avoir détruit, l'en doit enlever avec un instrument bien tranchant toutes les parties \u2018attaquées, et recouvrir les plaies avec du mastic a greffer.LA DIARRHÉE CHEZ LES VEAUX .:La diarrhée dont les veaux sont souvent attaqués est le plus souvent déterminée par des acides qui se trouvent dans l\u2019estomac ; pour guérir cette maladie, les veaux ont l'instinct de lécher les murs blanchis à la chaux.Pour donner satisfaction à ce \u2018besoin, on conseille de suspendre à la mangeoire des morceaux de craie blanche toujours à la portée des jeanes bêtes.La craie est un excèl- lent remède préventif; eile neutralise les acides de l'estomac et empêche la diarrhée de se produire.6 « \u2018EMPLOI DES CENDRES LESSIVÉES Les cultivateurs qui peuvent aisément se procurer\u2019 des cendres lessivées ne doivent pas perdre cette occasion de fertiliser leurs terres.La cendre lessivée, soit qu\u2019on l'emploie seule, soit qu'on la fasse entrer.daus les composts, \u2018exerce sur la fertilité des terres une action beaucoup plus forte qu\u2019on ne se l\u2019imagine généralement.| e 2 rer >, de JOURNAL .- - v : Bd > - .«\u20ac .* ; { N RECEVRA à ce bureau, jusqu\u2019à jeudi, le IT juillet prochain, des soumissions cachetées, adressées au soussigné, avec\u2018la suscription ** Soumission pour fournir le charbon, pour les édifices publics d'Ott-wa.\u201d ;.: On pourra vo r les devis et obtenir des formules de soumission, à ce bureau, où l\u2019on donnera toute information nécessaire, sur demande, à partir de vendredi, le 21 juin, ainsi qu\u2019au bureau de James Nelson, architecte, à Montréal, et au bureau des travaux publics de la Puissance, édifice du bureau de poste, à Québec.\u2019 Chaque soumission devra être accompagnée d\u2019un chèque ce banque accepté, pour la:somme de $300, payable à l'ordre d: I'Honorable Ministre des Travaux Publics, Ce chèque seta confisqué, si le soumissionnaire refuse de signer le contrat sur demande ou s\u2019il n\u2019exécute pas complètement ce qui sera stipulé dns le contrat ; \u2018il sera remis si la soumission n\u2019est pas acceptée.Le Mimstère ne s'engage à accepter ni la plus basse, ni aucune des soumissions, Par ordre, \u2018 A.GOBEIL, .Secrétaire.Ministère des Travaux Publics, Ottawa, 11 juin 1850.1008 Quét:ec, 22 juin, 1889.\u20146 fs, AGENTS DEMANDES PARTOUT la chance pour vous dan avoir Md uno pourtien.Coupez ceci ct envoyez nous lo avec 52 en time BA Lres comme garantie que vous *jètes de bonne foi, pour nos NY [rais d'express, et nous vous en- =} verrons la montre C.O, D.sujet A examen, Sitout est satis.en, faisant et tel que représenté, vous uver DA payer la différence et garder la mon- Rh, tre, autrement cela ne vouscoue 8 terarien.Sivous' A A 6ojours,nous $y vous en enverrons une gratis.Cette i montre, MR importégeta I.un boitier en SilverineDu- cber de 4 oz.[ld face décou- 65 verte, ct ga- A rantle sous tous les cn ports.Nous fe- sonsriensurcette ÿ inontre, mais cela : J.sR)\u2019 os montres en or at à RES en doublé, d'après no- > Me AY tre grand catalogue que M 2 nous envoyons grans.Enwoyez votre ordre immediatement.Cette annonce ne paraltra Bie plus.Adressez: A, C, Roebuck & CO.& 00 Adolaido 8t.East, Toronto, Canada.Nous recommandons cette snontre À tous ceux qui liront cette annone ce, In ordonnant, mentionnez ce jou: Si vous désirez recevoir cette montre par la malle, il faudra envoyer le montant complet, car la :narchandise ne peut pas être envoyéo C.O.D.pes, la malle.Quand lc niontant complet de a de lordre est envoy suite, nous envoyons gratis un chaîne en or double.o Jolla Québec, 9 mai 1889\u2014Ian 989 a AJ ESSIEURS TOUSSAINT & LACROIX, l propriétaires de l'établissement d\u2019incubation artificielle de Sainte-Anne de Lea:pré, offrent en vente des œufs de canard de la fameuse race Pékin pour les fins de reproduction.° Lorsqu\u2019ils ont foridé leur établissement il y à quelques années, ils ont importé 1000 œufs de canards Pékin au coût de.$300 et les œufs qu\u2019ils offrent en vente aujourd'hui ont été pondus par les produits de l\u2019incubation artificielle des mille œufs zinsi importés.Le canard Pékin est blai.c ; il a la taille d\u2019une vie ordinaire, ne vole pas, ne s\u2019éloigne pas de l\u2019endroit où il a été élevé et n\u2019a pas b:soin d\u2019eau pour se baignér.A l\u2019âge de neuf ou dix semaines il pèse de 4!é à six livres.Sa chair est exquise ; il est le seul qui sous ce rapport rivalise avec le fameux canard Cenvas Back.1l pond de 120d 150 ceufs par année, et, comme cette race a été élevé artificiellement de génération en génération depuis de longues années, son tempérament se prête à merveille ù ce genre d'élevage.Co Aux Etats-Unis, la supériorité des produits de l'incubation artificielle est si bien reconnue que la chair des canards couvés artificiellement rapporte sur le marché 5 cents de plus par Ib que les produits de l'incubation naturelle.Notez que le minimum du prix payé pour le canard Pékin, produit de l\u2019incubation artificielle, est de' 16 cents et le maximum 45 cents la lb sur le marché de Boston.MM.Toussaint & Lacroix, vendent leurs œufs aux prix suivants : A $3 pour 13, .\\ $5 do 26, -$7 do 39; \u2018 $15 do 100, Une commission libérale sera accordée aux marchands de la campagne qui leur procureront des commhndes.: .MM.Toussaint & Lacroix fabriquent aussi des incubateurs qp'ils offrent en vente aux prix de $100 pour un incubateur pouvant contenir 300 œufs, et $125 pour un incubateur de 600 œufs.Ils ont entrepris d\u2019introduire ici cette nouvelle industrie agricole dont les rendements sont très considérables dans les Etats de la Nouvelle-Angleterre, et qui fournirait à nos cultivateurs un moyen sûr et facile de faire de l\u2019argent.: S'adresser à leur écôle d\u2019incubation artificielle, à Sainte-Anne de Beaupré, ou chez A.Toussaint &* Cie, marchands de vins en gros, 35, rue St-Pierre, Québec.Plusieurs personnes nous demandent si ces œufs peuvent être couvés par des poules.Oui certainement, car les cannes sont généralement mauvaises couveuses, e ! Les poules sont préférables, Autant que possible, faites vos nids sur la terre, surtout dans les grandes chaleurs, T&L Québec, 25avril 1889, 974 DES CAMPAGNES SL .Pa ès FAUCHEUSES D'ACIER À 1 CHEVAL ET 2 CHEVAUX - \u2014 Rateaux court.et rateaux longs, ;, Moissonneuses simple et double, Leruse, ete A BEAL, .! va .75 Ki; : A fii 1 a 04 4 : Zi Ll j \u2018 | Buggies, Wagons de famille et toute espace de voiture de promenade et de travail.P.T.LEGARÉ, No 177, RUE SAINT-PAUL, Ancien poste de feu CBS SAMSON, Marchand de Fer.Québec, 25 avril I1889\u20144m 973.| SANTE POUR TOUS Pilules et Unguent Holloway LES PILULES Purifient le Sang, corrigent tous les Dérangements du FOIE, de 'ESTOMAC et des INTESTINS, Elles fortifient et restituent la santé à des Constitutions délabrées, elles sout aussi inestimables dans toutes les Maladies particulières au sexe Feminin da toute âg+.Pour les Enfants ainsi que pour les personnes âgées sont invaluables L'ONGT ENT Est un remède infaillible pour les Maux de Jambes, ceux des Seins, Blussures A .cen au2,: Flaies et Ulcères, Il est faux pour la Goutte et Rhumatisme, : Et pour tous les Dérangements de la Poitrine.il est de même sans égal POUR LES MAUX DE GORGE, LA BRONCHITE, LES RHUMES, LA TOUX, sonilement Glanduleux, et toutes les Maladias de la Peau, il est sans rival contractés et jointures raides il agit comme un charme et pour les membres Ces Médecines sont préparées seulement à l'établissement du PROFESSEUR HOLLOWAY, 78, NEW OXFORD STREET, auparavant 533, OXFORD STREET, Et sevendent 3 \u2018s.13d., 2s.9d., 4s.\u20186d, 1ts., 22.et 33s.le Pot ou la Boite, et 0a peut los obtent : dans toutes les Pharmacies de l\u2019Univers.Les acheteurs sont priés de regarder l'étiquette qui se trouve sur chaque Pot et Boîte, s\u2019il n\u2019y a pas l'adresse 533, Oxford Street, Londar, c\u2019ast de la falsification.Québ 3,3 septembre 1885 0° : GRTAIS GHUDON | A vendre.\u201cUIT BEAUX EMPLACEMENTS dans la LE plus belle partie du village de Saint-Jean Deschaillons, dont deux mesurent un demi-arpent de front sur quatre-vingt pieds de profandeur, et les autres cinquante pieds sur un demi-arpent.Les deux premiers se trouvent bornés par le chemin royal et font le coin de la rue.Ce serait un endroit superbe pour y bâtir un grand magasin.L'église est à proximité, .Ces emplacements seront vendus ou conéédés en IMPORTATEURS D'INSTRUMENTS DE MUSIQUE DE FRANCE, D'ALLEMAGNE ET* DES ETATS-UNIS.Aussi : Instruments de fabriques canadiennes, TELS QUE LES CÉLÈBRES PIANOS : HEINTZMAN & CIE, tout temps d'ici au premier de juin prochain.Le WM.BELL & CIE, rix variera, suivant les conditions du marché MASON & RISCH, puis deux cent cinquante à trois cent piastres.La T isse de St-Jean Deschaillons donne beaucou DOMINION & CIE, Etc d'argent, vi wt y a des \u2018briqueteries et qu\u2019il sy \u2018 , fait un d commerce de bois et et d\u2019écorce._ S'adresser À \u2019 \\ :°, °F; X.DESROSIER, ; «++ _.St-Jean Deschaillons, - Québec, 12 avril 1888.| 767.CONDITIONS - Je DU ORGUES ET HARMONIUMS : WILLIAM BELL & CIE, , JOURNAL DOMINION & \"CIE, THOMAS & OIE, Mn Ann .À : RR \u2019 | \u2026 SCHIEDMAYER, Ecc, Er l a.i LEA i \u201c Les dernières publications musicales ; EUITION HEBDOHADAIRE LE regues chaque se maine.1EUDIS of Cy ; 1 tenant 0 MACHINES 4 COUDRE : Paralssan ue selles de la Semaine.sa \" Now Williams, et Davis, à entraÿ/| Prix de l\u2019abonnement :\u2014UNE PIASTRE.nement vertical.\u2019 POUR LA FRANCE :\u201410 FRANCS AUSSI : co - Strictement payable davance.COFFRES DE.SURETE (Safes) A Imprimé et publié par VITRINES (Show Oases) Léger Brousseau, B DITEU R-PROPRIÉTAIRE Rue Buade, No 9, Québec 219, Rue St.Joseph, St.Roch, Québec.\u2018TELEPHONE : Bolte 278 + Québec, 16 janvier 1889\u20141 an { .No - 921 "]
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