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Titre :
Le samedi
Éditeur :
  • Montréal :Société de publication du "Samedi",1889-1963
Contenu spécifique :
samedi 25 juillet 1925
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque semaine
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  • Nouveau samedi
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Le samedi, 1925-07, Collections de BAnQ.

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[" mms» Æ .< \u2019\t/ -v ;/&Æ mm&t Æ .< \u2019 :\u2022./ -v .N .y; ' \u2022 . un fauteuil.il s'a-gt\u2022 notiiliait devant elle.et il répétaiI avec ivresse : Ma mère.tu es nia mère.Elle balbutia : Oh! depuis longtemps ect aveu me hrèilait les lèvres.Le - h uco me tuait.C\u2019était épouvantable.Peut-être me maudis tu.Mon devoir m\u2019ordonnait.de parler plus tôt.,.Je veux que lu saches la raison pour laquelle jusqu\u2019alors je me suis lu., je veux que tu connaisses le secret de ma vie.Il pro les la : - Pourquoi celle confession ! Je ne veux pas savoir les mollis qui ont dicté ta conduite .Je n\u2019ai pas le droit de te juger.« Et « est moi, mère, qui, à genoux, le demande pardon.pardon d\u2019avoir tout à l'heure prononcé des paroles injustes, cruelles.,, pardon de l'avoir tant fait souffrir.Oh ! mon cher petit.\u2022 pouvais-tu te douter.Maintenant tu vas me dire que tu restes.qup lu ne me quitteras pas.Je ne suis pas riche, c\u2019est vrai.Mais je possède «les biens encore, des propriétés en Hretagne.Je les vendrai.tout ce «pii est à moi t'appartient.Nous n\u2019aurons plus à recourir à la bourse «le Madeleine.Je veux que lu sois heureux.Par pitié, dis-moi que tu ne l'en iras pas.It 1 étreignit passionnément.Et il déclara : \u2014 Non, mère, je te le promets.Je ferai simplement ce voyage avec mon ami, et e© sera tout.|Sui!e à la page 23) alto ft h Yè V\"\u2019 l ous ri il a Jonc jamais retournée en France? 25 jqfflet 1925 Mëamêâb m PETIT PIERRE N MORCEAU DE GENRE POUR PIANO Allegro Modi0 Marks CARMAN J Op: 449 PIANO ft\t2* C\\\tf- / /\u2014\t1 ~sr~~: -Sr-»\u2014\u2014J\u2014\t\t\t\t\u2014pz^pr^i.ir~~ârr:\t\t1 \u2014| /\ts#\t le comte et moi nous vou-s connaissons Elle apmta, pmir faire cesser an plus vite une situation qui, par - < faute, ne lai-sml pas que d être .embarrassante.Mais.je suis une étourdie .je m- vous ai pas demande des ii.mvmh's de sa santé.Mou père va lm n , il poursuit sans répit, nuis le sa ce/ le but qu'il a assigne a son existence.Je vous remercie, :11 >\u2022 i mi es.>i|e.Vous et les vôtres comptez séjourner quelque temps encore dans les environs ?Le jeune homme eut un tressaillement.R bin semblait qu\u2019elle avait pose celte interrogation d\u2019une voix qui tremblait légèrement.A moins, hélasî que ce ne fût une illusion, oar en quoi le départ, de la Secte-Rouge, le sien, à lui, Boris, pouvait-il intéresser la jeune fille au point de jeter ia perturbation dans son ame ! Pourtant, à lu façon rloot sflle le regardait.aux paroles prononcées par elle.il venait d'acquérir Ta conviction que In fille du comte nourrissait pour b 11 de la -viiipalltie Mais, le la sympathie.à un sentiment, plus tendre.il y avait loin., il y avait un abîme.L\u2019abîme qui les séparait, lui, le pauvre errant, sans sou m maille.elle, la châtelaine fortunée.trop fortunée.qui était comme une sorle de reine dans ce pays où rayonnait m merveilleuse beauté.Il -déflora : \u2014 Je L ignore, mademoiselle.Mes compagnons et moi .nous ne connaissons pas les desseins de mon père .fl corn mande., il «si le e fief.nous lui obéissons Il la contemplait avec des yeux dévots, Innnbletment, ému, troublé, poussé vers elle par une fonoo impérieuse.Dès F instant où il l'avait aperçue.au château du Bois- Dormant.pour la première fois.elle avait fait ta conquête absolue, définitive de son aine Il ! aimait.!.11 trouvait cela tout naturel.C\u2019était écrit dans sa Destinée !.La jeune fille ne le saurait jamais.Cet amour qui lui était doux.oli ! oui, très doux.!, deviendrait une souffrance peut-être.Il n\u2019y songeait pas., il ne songeait à rien .Il -e disait seulement qu il était heureux de la voir.de lui parier .d\u2019entendre le son harmonieux de sa voix qui.CM m-ce une il -! Us ¦ o 11 ?.par niomciiis -e faisait, tendre, presque ouressiui-tc.Mais, jugeant que l'entre -lien avait assez duré.elle cravachai! m monture et, faisuit, J\" la main, au jeune homme, un signe amical, presque familier ; Au revoir, monsieur Boris.Le Bois.Donnant est loin, va»\u2019«u ta mut.et mon père doit - iiiquoder.Elle s'éloigna.Sans prendre garde a eux, sans les voir, elle passai devant Rodolphe et Hugues.qui n'avaient pu entendre les paroles prononcées par elle et p »r te jeune bouillie.Devant Hugues, ébloui, fasciné par la beauté de l\u2019intrépide amazone.Et qui demeurait pensif Si pensif que son and lui demanda : Eh bien ! est-ce que la vue de celte jolie fille I aurait rendu muet, par hasard ?4 Avoue, iimiiitenaut, que je liai pas exagéré.«Elle est bien belle, n\u2019est-oe pas ?Oui, bien belle.répéta, sur un ton étrange, le fils d\u2019Antoine Péltrot.« Mais dis-moi.connais-tu l\u2019homme qui lui parlait ?.- - Non.c'est quelque bohémien sans doute.îe pays en est infesté.\t.Hugues laissa tomber la conversation Dans son cerveau des idées confuses se précisaient.Il ne regrettait, pas sou voyage en Bohème.Le lendemain du jour où les deux amis l\u2019avaient rencontrée.la jeune fit!» décida d© faire une nouvelle promenade.¦ il .juillet USB Elle aimait la forêt.si vaste.grande comme un inonde.si pittoresque aussi, où elle n\u2019avait rien à oraindre.car tous,\tdans le pays, la connaissaient et la respe-etaiefii.Elle avait abandonné les rênes qui, à présent flottaient sur l'encolure du cheval.Un rêve profond occupait son esprit.Elle songeait à sa mère.A sa mère qu\u2019elle aimait tou* jours.Où était-elle ?Loin, très loin.en France.dans celte France si chère à son near, à elle Loula.et dont jamais plus elle s\u2019entendait parler le langage !.Quelle ne reverrait jamais sans doute !.I n soupir gonfla sa poitrine.El pun, au souvenir de «a mère.un autre,se mêlait.celui du jeune homme.du fils de \\ ircsl.i rencontré la veille, et qui.avec ses compagnons, se eacliaif dins cette immense forêt.Sous ses vêtements grossiers, comme il avait.Here allure 1 Comme il était beau.et comme dans ses yeux, se reflétait une âme simple, franche! loyale ! Elle avait rougi imperceptiblement Pourquoi la pensée de ce jeune 'étranger la pour»uAv»H-flle ainsi !.Elle était tellement absorbée dans ses réflexion?, qu\u2019elle ne remorqua pas que.à deux ou trois i-opriscs.son cheval s\u2019arrêtait.l\u2019oreille au vent, comme s'il fûl effrayé par quelque chose d\u2019insolite, par ta présence d\u2019un être humain dans le voisinage I\u2019\u2019r« efT'd.(L'puis près d'un quart d'heure, la jeune fille était suivie.Suivie par Hugues que son ami.retenu aux Roches, par une violente tjograine u\u2019avail pu iceomp ign.>r \u2022 .Oc dont le fils d\u2019Antoine Pellrot c'avait nullement, été contrarié.Pour ce qu\u2019il avait projeté, il préférait être seul !.La présence de Rodolphe Feùl plutôt embarrassé.Oar maintenant, iî avait prît une résolution définitive.Thnir lui, un mariage riche serait, le salut., B!i bien, il se mariena.it, voilà tout. 25 jttilW i02b Et si, comm® dan® sa fatuité, il l'espirait déjà, c\u2019était avec la jolie fille du Bois-Dormant, il ne serait pas à plaindre.Non bigre !.fille était cent fois plus belle que toutes les créatures plâ- trées.fardées, dont il avait iuaqu\u2019alors payé fort cher les ' faveurs.Et, il avait tressailli d\u2019aise .lorsque, étendu sur la mousse, auf pied d\u2019une roche géante.il avait entendu.non loin de là.les'fers du cheval marteler le sol.a \u2018.ktiane de raattwaT ?k î-jiiu! v sôtïft'.i.i*s lettre* ««es de nti!U- ,!.c- .\u2022 .si l'ni!' .s.-i'.c form-tin jcrrtô a' .,ge qui né l.n-,- aucune plue au tiiitd\u2019 uy:¦¦\t1*1 régi Cgfflèüe./felie-, tiv I ¦ i in ur.l hui vhta Mitre marchant BEAUTE DES YEUX Produits importés de la Grandi Manon Bichara Je Paris.Vous pouvez maintenant vous procure?I« secret du charme des yeux en empkzyiaî I® Mokoheul Bichara Ïui donne au* yeux «n éclat dhruanfé.mpioyé par les plus grandes inistes du monde et les beautés européenne*.PRIX: |2 03 Cillana Bichara Produit pour rendre les cils et le* soareJî* abondants et le* maintenir droit*, au**?pour leur donner une couleur attrayante.CHATAIN \u2014 pour les blonde* NOIR \u2014 pour Ses brune* PRIX : |200 PARFUMS Les parfums Bkhara toril inconieslibiemml les meilleurs parfums de nos )owr» « i puissent d'une réputation européenne «an» rivale HOSF-HÜSr \u2014 YAVOHNA \u2014 CAB R IA \u2014 NIRVANA - SYRIANA -AMBRE.\tPeut flacon fl 00 Fourrminr di U Cour «opale é't tpaftu FN VENTE CHEZ TOUS LES PHARMACIENS rr PARFUMEURS taped.e franto par la malle sur réception du pris PRODUITS BICHARA 502 Sainte-Catherine Est Suite III IIM H Tel E«t Î200 MONTREAL, U«.Ceo.Latour elle, agent pour le Canada est U seul Maga\u2019tne de Vues Animées, rédigé en (rançon, sur tout le continent américain, qui puisse vou tenir an murant de la vie des artistes chef eux et dans les studios, et qui sont en relation s directes avec les grandes c o m fia g m a de vues animées.LC FILM 1ST LE MAC A/J N fi LE PLUS COM PU ï LF LU MU LU: U P MARCHE -, 0 cents le numéro COUPON D'ABONNEMENT ü^FTlTvi Ci-inclus veuillez trouver la somme de fl 00 pour I an ou 50 cents pour 6 mois d'abonnement au magazine LE I II M.Nom .-.Adresie .\u2022\u2014 POIRIER.B ESSE I TE 4 CIE.|j|, rue Odieux, Montréal.LE SECRET DE L\u2019ENFANT (Suite da la page 25) \u2014 En te nus, je ne m\u2019étonne plus que vous parliez; avec tant do pureté, avec tant de covrec- - îion.\t.\u2022 ylljly iStlilillilll \u2014 Oh ! j'avais cinq .ans lorsque j'ai quitté mon pays .Depuis plus jamais R no me suis servi le ma langue mater-neile .Pat oublié bh-u tfèy expressions, .Men des mois.El je n ü! pas à VOIH radier qu'i! m ,1 l\u2019If'- i rréabîc fie ren-n \\mis u n mmpatrio-le.a\\ rr qui .1 ai pu causer.duns le purler qui fui celui de men e n fn nee, \\ 'HI¦ ll èles doue Ullll-ii-reliriinu'e en Elance ?;\t- damai?.\t\\1;,-ééyi ¦ I! y e'isj nj) instant lie' silence.Il demanda : \\'mis êtes orpheline ?®# ne répondit pas direcul ni à la question du jeune homme.¦Je \\is auprès dé mon 1 père, lu - li mt, au manoir du ; iiois-Ditrmant.Elle désignait la montagne.El.fai-aut, un pas dans la direction du cheval dont elle avait fixé les rênes à un arbre ; - Adieu, monsieur.11 comprit qu'il n'avait plus de raison.plus de prétexte.pour la retenir.quelques sc-| rondes encore.près de lui.j II dit doucement : Mademoiselle, j'habite le eli.'itenu .|es Roches, oit je suis i venu eu villégiature.Dans quelque' jours peu!-être, je regagnerai la France.J\u2019em-p trierai, des quelques minutes charmaiiles passées près de vous, un 'Oiivcnir inoubliable.M ¦ le prrmrllez vous ?j Elle balbutia ; Puis-je vous le défetMirç?El, aver un léger sourire : Ce sont des choses que l'on dit., et que l'on oublie.Il proIesIa : ( )!i ! je [l\u2019oublierai pas, je unis le jure.« Au loin, votre pensée me ¦oin ra « El elle sera douce, comme une rêve qui aurait pu être une réalité.Puis, avec un geste de prière ardente ; Avant quo de m'éloigner à lout jamais peut-être.aoeor-dez-moi la faveur de vous revoir.de vous parler une fois encore de celle France que l'un cl l'nulre nous aimons du même amour.« Exaucez ma prière, je vous en supplie.Elle s était remise en selle.Emue, elle regarda le jeune homme.11 avait;.ceité fois, trouvé les paroles qui devaient prendre le chemin du ejeur de celle qu\u2019il voulait cnnvmnere.Pourtant, elle hé-iia un instant encore.Puis cravachant l\u2019animal, elle s\u2019éloigna en criofti'; Apre-,-demain.si le (chips est beau, je repasserai mi a la même heure El elle disparut, à un brusque détour du sentier.Hugues rayonnait.En sourire étrange, mauvais, erra sur ses lèvres minces.Une 11 am me de triomphe s'ôtait (illumée dans ses prunelles.Toi, ma petite.I»! il, je le liens.« Tu arriveras où Je veux te conduire.* Il va, d\u2019ici peu.se passer îles choses drôles.des choses qui vont remplir de stupéfaction cet excellent Rodolphe.« Allons, je suis comme le fameux empereur romain, je n\u2019ai pas perdu ma journée.Et, rassénéré.presque joyeux .il s\u2019éloigna, en silTlot-(ant un air qui, pour le moment, faisait fureur dans les cabarets de nuit de Montmartre.Il s\u2019éloigna sans voir que, derrière lui, d'un taillis voisin dont les arbustes s\u2019écartèrent.un homme venait de surgir.I.homme avec qui, la veille, la jolie fille du Bois-Dormant avait eu un entretien dont Hugues avait pris ombrage.un entretien qui, en vérité, ne semblait nullement déplaire à la riche héritière.Boris !.la* fils du chef de la Secte-Rouge !.\t\u201e .Le futur chef des conjurés !.Boris qui., pâle.une soiill'ranee nlroce au cceur.avait assisté à celle scène.El qui se disait : Mon Dieu.c'est affreux.Voilà que je suis jaloux de cet étranger ! « Voilà que j'ai peur.que j\u2019ai la poitrine serrée comme par le pressentiment d'un grand malheur.d\u2019un malheur irrémédiable.prêt à fondre sur moi.« Oli ! avec quelle ardeur je l'aime i « S\u2019est-elle même aperçu de mon amour.de l\u2019amour d\u2019un malheureux.sur qui son regard.oh ! si doux.si tendre.a daigné s\u2019abaiser ?« Pauvre ver de terre épris d'une étoile ! « Qu\u2019importe !.il faut qua je sache s\u2019il m\u2019est permis d'espérer.« Dès ce soir, je saurai !.Que voulait-il dire ?Poiir lui, le pauvre hère, 1 humble bohémien, une espérance était-elle possible ?.Peut-être VII E\u2019IMPOSSIBLE AMOUR ! Celte nuit-là, un entretien pénible avait lieu entre Varesld et son fils.Très tard, celui-ci était rentré au campement.Inquiet, le vieux chef l\u2019attendait, assis devant la tente dressée pour lui.Depuis quelques temps.depuis la visite faite- par lui et Rons au comte Jean bedka el u sa tille.il avait remarqué un changement dans l\u2019attitude du jeune homme.A deux reprises déjà, sous uo prétexte que le vieillard avait reconnu être faux, il s'était rendu au loin.dans les alentours du Bois-Dormant.et son absence s\u2019était prolongée jusqu\u2019à une heure avancée de la nuit.Quel était le but mystérieux de ces excursions ?Pourquoi, à son retour, Boris semblait-il sombre, préoccupé, nerveux, pourquoi ne répondait-il que par monosyllabes aux questions de son père?Celui-ci se le demandait.El,,, il avait cru deviner.Pour que le jeune homme, qui jusqu'alors ne lui avait Ifinie secréte aucune de ses pensées, se cachât de lui.it fallait qu il fût dominé par un amour sérieux, profond.Peut-être irrésistible.A cette idée, le vieux chef eut un Irêmissement d\u2019angoisse et de colère.De colère surtout.Car il n'ignorait pas îa putt-sauce de l'amour, qui des forts souvent fait des faibles, de l\u2019a-immr qui rend fous les h«»UT-mes, les prive de leur libre ar-.bilre, les pousse à tous les ou -.blis, à tous les renoncement et aussi, parfois, hélas ! à toutes les lâchetés.(A suivre) ' 25 JnilÎPt 1925 &®èh,TMâ* 27 3\\[otre roman littéraire Tante Rabat-Joie \u20141\u20147=\u2014-=r:.\tPar T^oger T)omhre No 8\t|(Suite) XXIV Georgette lui dit aussitôt : « Vous venez de chez papa et de chez belle-maman, vous leur avez demandé ma main, n\u2019est-ce pas ?Je devine ça a votre tête.Et l\u2019on vous a joliment éconduit ?Ça ne fait rien, ne vous désolez pas; ça leur passera.\u2014 Mais.fit le peintre effa- ré.\u2014 Ça leur passera, vous dis-je, je les connais, papa surtout, depuis vingt ans au moins; or, je ne leur donne pas an mois pour vous rappeler à grands cris.-\u2014li n'y a guère apparence! soupira le pauvre amoureux.\u2014 Ça ne fait rien, vous dis-je.Il est excellent au fond, votre beau-père (car papa est votre futur b eau-pore, il n\u2019y a pas à dire), ne le jugez pas sur la petite visite que vous venez de lui faire.Quand vous serez son gendre il raffolera de vous, et iaa belle-mère aussi.Est-ce que ça vous fera quelque chose de vivre avec eux ?\u2014 Mais.je ne sais.fit encore Bernardet désarçonné.\u2014 Mon pauvre papa à horreur de la solitude, et ma pauvre belle-mère aussi; malgré son caractère étbéré, celle-ci ne peut rester seule plus dé cinq minutes, vous comprenez, je remplis pas mal la -maison, moi I \u2014 Je le crois facilement.\u2022\u2014 Or, si je menace mes parents d\u2019épouser un explorateur qui -m'emmènera dans le' Soudan.vous comprenez ?\u2014 Parfaitement.-\u2014Vous verrez : papa fera un beau-père exquis, et ma bellç - mère s\u2019est beaucoup améliorée depuis qu\u2019elle vit en ma société.Bonsoir, monsieur ' Publié en vertu trade tenu la Saciité des Crm de Lettsws.\t, \u2022 Commencé dans U Ho du 20 j»t» 1925.RESUME DES PRECEDENTS Cil AH TRES Le père de Georgette vient d'épouser en secondes noces une de ses cousines que Georgette appelle familièrement \u201cTante Rabat-Joie' vu le caractère sérieux de sa belle-mère.Georgette est placée au Couvent du Sacré-Coeur d'où elle sort quelques années plus tard.Son caractère d'enfant gâtée est restée le même et fait le désespoir de la \"tante Rabat-Joie'\u2019.A la \"Vallée de Larmes\" Georgette reçoit la visite de sa cousine Liliane Les deux jeunes filles font la connaissance dé monsieur des Etres.Georgette fait des pieds et des mains pour lui faire épouser sa cousine, mais il n\u2019est pas très certain que Georgette n\u2019aime pas un peu le jeune homme.Liliane épouse monsieur des Fères.L\u2019année suivante Georgette fait la connaissance d\u2019un peintre célèbre qui fait le portrait de Liliane.Francis, et ne vous chagrinez pas: dans un mois environ vous m'enverrez des bouquets.» Ce petit discours fut accompagné d'un joli sourire et assaisonné d'une poignée de main souple et franche.Bernardot continua de descendre l\u2019escalier et il lui -semblait glisser d-ans un océan de bonheur et d'espoirs, tant || si bien qu'en murmurant ces mots avec ferveur : «Elle est adorable, Dieu! qu\u2019elle est adorable ! » il manqua une marche, tomba et fila toute une montée d'escaliers, sa tête faisant toc! toc! toc! sur le bots heureusement recouvert d\u2019uu bon tapis L\u2019ange gardien des amoureux le préserva de tout mal: il se releva un peu étourdi, un peu meurtri, se tâta, compta scs membres qu\u2019il trouva au complet et gagna la rue et répétant : « Adorable! tout à fait adorable ! » Nous nous hâtons d\u2019apprendre au lecteur, qui pourrait s\u2019en inquiéter, que cette chute n\u2019eut aucune suite fâcheuse.À peine le lendemain Bernardot ressentit-il une légère douleur au mollet gauche.Cependant, rentrée au salon, Georgette de Brèves disait à sa belle-mère : « Vous Avez eu tort, ma tante, d\u2019éconduire ce pauvre peintre; il.i\u2014 Comment sais-tu cela ?s\u2019écria la baronne qui devint rouge comme une pivoine.\u2014 Voyons, ma tante, vous me croyez donc si sotte?Vous savez bien que j\u2019ai un flair pour deviner ces choses-là : je n\u2019ai qu\u2019à vous regarder.-\u2014 En tous cas, fit Mme de Brèves dépitée, épargne-moi ||i observations, Georgette; nous avons agi, ton père el moi, comme nous avons jugé bon d\u2019agir.\u2014 Tout le monde est sujet à l\u2019erreur.Vous avez fait au joli pe.Ut four, ma chore tante, et papa aussi, voilà tout.\u2014 Georgette ! \u2014 Vous ne savez pas ce quo vous refusez.Vous aviez là, sous la main, un gendre qui n\u2019a pas son pareil : un mouton à cinq pattes.\u2014 Un mouton ?.\u2014 Oui, ma tante, à cinq pattes.Et vous vous en mordrez les doigts un jour, papa et vous, lorsque je serai loin d\u2019ici avec un mari ennuyeux comme la pluie qui ne voudra pas de beaux-parents chez lui.\u2014 Tu crois que M.Bernardot consentirait à vivre avec nous?fit la pauvre dame déjà ébranlée.\u2014 Gomment donc! il vous adore ainsi que papa; et il joue au billard comme un ange.Et ce serait un gendre si coulant, si doux, si plein d\u2019égards ! il s\u2019entendrait si bien aussi avec Max et Liliane !.continua la fine mouche en étirant ses gants souples.-\u2014 Oui, mais c\u2019est un artiste, conclut la baronne en revenant à ses premiers griefs.\u2014 Assurément; et il n\u2019ira pas lâcher pour mes beaux yeux un art avec lequel il gagne des sommes folles, vous comprenez, ma tante.\u2014 Ah ! il gagne des sommes folles ?tu crois cela ?fit encore Mme de Brèves soudain Intéressée.\u2014 Mais certainement, tout le monde sait ça.Demandez plutôt à Mme Saint-Bol et à Mme Eriry, vos amies; moi, vous concevez que ça m\u2019est égal, ajouta Georgette d\u2019un air détaché.« Et puis, il est bon de me trouver à son goût, M.Bernardot, en vérité, reprit-elle; c\u2019est un garçon superbe et je ne suis pas jolie.\u2014 Ma belle-fille en vaut bien d\u2019autres, il me semble ! » s\u2019écria la baronne outrée.Car elle tenait, par un amour - p ro pr e dem i -m at e rne 1, à ce que Mlle de Brèves fût déclarée charmante.La rusée Georgette laissa la pauvre femme tout songeuse et alla écrire à Liliane.Le même soir il y eut un long conciliabule entre les deux époux, à la suite duquel le colonel déclara d\u2019un ton rogue à sa fille qu\u2019elle n\u2019épouserait jamais le peintre Bernardot.« C\u2019est voire dernier mot, papa ?» demanda Georgette toute pâle, car elle n\u2019avait jamais vti son père trancher une question avec tant d\u2019autorité.« Mon dernier mot; qu\u2019on ne me reparle jamais de cette ridicule histoire.\u2014 C>st bien », fit tranquillement la jeune fille.Elle demeurait paisible, mais, à certaine étincelle jaillissant de ses yeux, le colonel et sa femme reconnurent qu\u2019un orage se préparait.Le premier se fit plus revêche encore parce qu\u2019il se sentait mécontent de lui-même et M & «Samedi' 25 juillet 1925 n aimait pas à contrarier sa fille; la seconde poussa des soupirs à faire tourner les ailes d\u2019un moulin à vent; la paix s\u2019était envolée du joli hôtel de la \u2022nue de Belleohasse comme du cœur de notre ami Bernardet.XXV « Chérie, « Crois-tu que papa et ma belle-mère, après ce que je t\u2019ai raconté, poussent la perversité jusqu\u2019à me jeter à la tète un autre prétendant ! « Celui-ci n\u2019est pas un Sorel de Colonges, non; mais il ne va pas à la cheville de mon peintre; et d\u2019ailleurs, pour ton infortunée cousine, il n\u2019ÿ a et il n\u2019y aura jamais que M.Ber-nardot.« J\u2019ai dit.« M.et Mme de Prèves ne me connaissent pas encore, paraît-il, mais ils auront du fil à retorde avec Mlle Cleorgette s'ils persistent dans leur manière d\u2019agir avec moi.« Là, franchement, oe n\u2019est pas eux que fou marie; donc, pourquoi peser sur ma volonté ?« Il s\u2019appelle M.de Bigresse (rien que le nom d\u2019abord me ferait fuir; me vois-tu appelée Mme de Bigresse?), il est oITi-oier, cela va sans dire, sorti de Sauraur et non de Sainl-Cyr, ce qui refroidit un peu papa.« 11 n\u2019a pas de vilains fruits, seulement il est rouge comme une langouste bien cuite.Je ne pourrais pas lo dire son âge, mais il paraît avoir de vingt-sept à trente-sept ans; d\u2019ailleurs, si tu crois que je me suis donné la peine de l'examiner beaucoup ! « Il ne m\u2019a fias semble éloquent; aval il - hier u la bible, il me conta qu\u2019il avail été mis aux arrêts pour avoir répondu à son commandant, t Quand on est vif, \u2022! ai humé par la fenêtre ouverte l'air salin venant .lu midi; de petite' troupes de nuages ruses se promenaient dans le ciel bleu et je sentis mon cœur «emplir d indulgence pour l'humanité; aussi ai-je permis à nies compagnons de route de fumer une cigarette.Et maintenant, chérie, amusons-nous, car quoique j'adore ton bébé par anticipation, je ne me sens pas disposée à tirer l\u2019aiguille pour lui ; j'aime mieux courir avec toi les magasins de la ville et lui acheter nulle galeries.Ensuite nous irons à la rencontre de Ion mari qui finirait par nie pro ; dre en grippe si je t'accaparais par trop.» !>\" temps -i autre.Georgi'IL-, qui ne semblait guère se pré -occuper des hululants de la rude Belleehasse, soupirail en voyant passer des militaires ; ' rie pauvre papa doit lout de même terriblement s'ennuyer sans sa.Georgette endiablée ! - S'il allait, t'en vouloir au point de ne pas te donner signe de vie 1 insinuait ulors U Mille inquiété.&$anuxfir f\u2014P;us do danger I » répliquait la jeune fille en secouant sa jolie tète ébouriffée.XXV11I Enfoncée dans un moelleux fauteuil, la baronne de P rêves pique de vastes points sa tapisseries, avec, de temps i autre, des poses admiratives devant son ouvrage ; qu elle éloigne de sa vue pour en juger l'effet.Parfois aussi, un peu inquiète, elle levé le- yeux sur son mari qui garde un silence farouche Assis sur un tabouret en X dont Je oeitmes merveilleux offre un sujet de La Fontaine : « le Lion .uimureox ¦¦le uolü ne) le Proves paraît absorb-¦ par la leetlire de « l'Officiel.» .Mai.-, par moments, il s\u2019agite t uneu.'i-meul .-.ni' smi Lion aneMijÿîix.et bâillé d'une fa-qon désolante.« .Ne trouvez-vous pas qu'il fail un temps propice à la promenade ?hasarda la brodeuse d une voix timide.N11ri, je ne trouve pus », répondit l'officier d'un ton bonrru eil fr ¦ii ssa 111 son jburua 1 dans ses mains impatientes.Et le .nb-m-e retombe plus lugubre.Depuis quatre jours que i ieorgelle « quitté la maison, un ennui mortel plane sur l\u2019bôtel de Preves; le colonel est plus désolé que buis et.si ce n était un reste d amour-propre qui le retient encore, il serait déjà parti pour Marseille.Soudain, jetant au loin » L < » t fieii'l» et arpentant A grands pas le salon, il lance ces umts à sa femme : « Herminie, en somme, quels renseignements ayez-vous recueillis sur ce.ce jeune homme ?» La baronne relève la tête et, de sa voix la plus douce : « Excellents, mon ami, d'ailleurs vous-même l'avez vu au régiment.-\tAu.régiment ?tonna le colonel; oit diable voyez-vous que le peintre Bemardol soit dans mon régiment ?-\tAh ! je croyais que vous parliez, du jeune de Bigresse.Bigresse n\u2019est qu'une huit ce ; qu'on ne m\u2019en parle plus ! » Mme de Proves ouvrit une Imnrhe et des yeux énormes \u2022ï nnoi ! mon ami, c\u2019est VOUS qui.\u2014 Eli bien! oui, et j\u2019ai eu tort, lit 1 officier en se rasseyant sur le Lion amoureux.J'ai eu tort, je le reconnais, et (ieorgelte a bien fait de lui tourner le dos.-\u2014 L approuve/.-vous aussi de mms avoir quittés comme elle l'a fait ?» Le colonel tordit sa moustache et marmonna entre ses denU : « A sa place j\u2019aurais sans doute agi ainsi.Je l approu-M'.je l'approuve, ajouta-t-il plus haul, c'est-à-dire que je lui pardonne son incartade.\u2014 Vous seriez capable.d aller la Clincher à Mai-' ulto.homme lailde que vous êtes ! s'écria la baronne,.(h-rtes oui.j\u2019en serais capable, Le diable c est qu'elle ne me suivra que si je lui promet' de consentir à son mariage avec ce peintre.El vous ne voulez pas y ep n sentir, n'est-ce pas ?» Au lieu de répondre, te m ¦ louel réitéra la question po-ée un instant auparavant ; «Unels renseignements hov.\\oii' recueillis sur le jeune homme.ce Francis Bernardet ?» La baronne ne savait pas mentir: die dut convenir de bonne foi que tout le monde lui avait fait 1 éloge du peintre.« Alors je ne vois ]wis pourquoi (ieorgelle ne l'épouserait pus ; il a été bon fils; il doit être bon gendre.Mais son nom, son nom 1 rugit Mme de Brèves outrée de la faiblesse de son époux.Kl saprelotle ! le nom n est i>as tout dans un homme.L est cela, jurez un peu, cela vous soulagera.Eh! quoi, vous ne trouva/ pas grotesque co nom de Bemardol ?11 est roturier, non grotesque.Enfui, ma chère Herminie, puisque l'enfant tient à celte union !.Elle fait de vous tout ce qu elle veut, celle Georgette.Le fait est qu\u2019elle a le dessus avec tout le monde; toute petit tille elle était déjà un dii Me! fit l'officier avec une a d m i r a t i o n rétrospective.Voyons, reprit-il plus sérieusement, rélléebissons bien encore pendant quarante - huit heures; au bout de ce temps je pourrai m\u2019absenter et.nous aviserons.» Lu baronne haussa les épaules et plia son ouvrage; le soir venu, elle courut consulter son 25 jafflet IMS confesseur et eut avec lui un long entretien.Le lendemain elle alla trouver Mine de Saint-Bol.Le surlendemain, elle vit Mme Ertry, son a,mi.Le jour suivant, elle répéta à son mari que les renseignements s\u2019accordaient en faveur de Francis Bemardol; quelques-uns faisaient bien mention du formidable incendie qui, trois ans auparavant, avait ravagé le coeur de l'artiste; mais ce couir était désormais assuré contre les accidents de ce genre.Bref, le colonel, qui, depuis deux jours, étudiait en cachette Lindieateur des chemins de fer se rendit à la gare de Lyon par le rapide du soir.Tant pis si vous le blâmez ; qu'auriez-vous frit à sa place ?Notez qu\u2019il mourait denVie d'embrasser sa Georgette, et avait une peur terrible de la retrouver fâchée.La baronne resta à Paris, flottant entre le plaisir de voir prochain nrient la m a i s o n égayée de nouveau, cl la douleur de posséder bientôt une bull.\u2018-tille du nom bourgeois de Bernurdol.Eu dépit de sa prétendue nature poétique, la bonne dame entendait peu de chose à Fa-inouï- des enfants de vingt ans, et elle appelait «une amourette, une passionnelle » l'inclination réciproque de sa belle-fille et du peintre.Absolument dénuée de fiel, elle n\u2019eût voulu, pour un empire, faire souffrir Georgette, mais elle croyait de son devoir de mere de veiller au bonheur de celle-ci.r.pour elle, l\u2019idée du bonheur ne s accordait pas avec un nom humble et une position sans éclat.XXIX Eue fine lumière rose et or entre dans la chambre; au de -hors, les marchandes de jiois-son et de fruits crient lotira marchandises en provençal et le mistral gémit sous les portes.Bans un lit douillet, sous 1 ombre douce des r id (Ni 11 x soyeux, une tête mignonne et tout ensommeillée s\u2019enfonce, clans les dentelles de l\u2019oreilletr moelleux.Au tait, vous la connaissez î c'est notre amie Georgette de Brèves qui achève un heureux &$ame$ 25 juïlkt 1025 songe et se frotte un peu les yeux Peu à peu, ces yeux rieurs, s'habituant a la lumière, perçoivent un grand corps vêtu de noir qui se dresse au chevet.Et les bras de la dormeuse s\u2019ouvrent tout grands, et très caressants, au colonel, dont le visage s\u2019épanouit de plus en plus devant cet accueil inespéré; « Alors, tu nç nous en veux pas ?» Tout en se disant que ce sont des rôles renversés, le père demande presque pardon à s« fille, Georgette embrasse à pleines lèvres la bonne ligure de i officier qu'a fouettée le mistral.Et pendant quelques minutes c'est un pétillement de baisers, un chapelet de questions et de réponses ininterrompues; puits Georgette renvoie son père 41a salle à manger, où l\u2019attend Max des Pères, plus matinal que ces dames, et tandis qu'ils déjeunent en tête à tête, vite elle procède à sa toilette. présent elle emmène ce citer papa réconquis, et désormais soumis, à travers les rues de Marseille, k travers aussi le ¦vent furieux qui s\u2019attaque aux jupes des femmes, aux chapeaux des hommes, aux mantes des enfants.Ici, deux chevaux, arrêtés à la station des tramways, frottent leurs têtes F une contre l'autre, d'un air de se dire ; 4 Ouf! il fait meilleur trotter par ce bon mistral; te rappelles-tu la chaleur d\u2019hier ?J\u2019ai cru trépasser ! » Georgette s\u2019en va, légère, joyeuse, au bras du colonel toujours fier de promener sa fille; et iis causent, ils causent! le nom de Francis Bernardot n\u2019a pas encore., été prononcé entre eux, mais il est tellement sous-entendu ! Et quand on a mangé des glaces exquises chez Linder, dévalisé les joailliers à l'intention 'de' Liliane et .les magasins fie lingerie fine à celle du bébé attendu on reprend le chemin du Prado.De retour ¦ de ses ' travaux; Max arrose les fleurs de son jardinet, sa femme et son chien sur ses talons et les cheveux hérissés pa.r le mistral forç, « Père, où donc est ta maH*?demande Georgette.Dans ma poche», répond le colonel.Et de fait il ne s\u2019esl muni que de deux mouchoirs de poche et d\u2019une paire de chaussettes, comptant ne faire à Marseille qu\u2019une apparition d\u2019un jour.« Alors nous partons ce soir?fait Mlle de Brèves en regardant sa cousine en souriant et son père d'un air malicieux.\u2014 Si tu veux.si tu peux être prête.\u2014 Je le serai.Train de neuf heures quinze-, n\u2019esl-ce pas ?C\u2019est convenu.» A la dernière minute du départ, en montant en wagon, Georgette a soin de jeter à ses amis ces mots d\u2019un Ion détaché ; « Quand la date de mon mariage sera fixée, je vous le ferai savoir aussitôt; vous en serez les premiers instruits.» Appuyée au bras de Max, la jeune femme regarde fuir le train, puis murmure à son mari dans un sourire : « Cette Georgette, elle en est arrivée à ses fins cependant ! » Elle eu était arrivée à ses fins eu effet, la mignonne, et après les premières effusions du retour auprès de sa belle-mère, qui avait essayé de paraître froide et digne, Mlle de Brèves lança un petit bleu à Francis Bernardot, contenant ce seul mot : « Récidivez.» Le pauvre garçon tremblait encore, quelque confiance qu il eût dans la diplomatie de sa chère Georgette, et il n'augurait rien de très bon de cette seconde visite a 1 hôtel de Brèves.S'inspirant d'Esther comparaissant devant 1 imposant As-suérus, il prit son courage à deux mains et affronta de nouveau le colonel et sa non moins terrible épouse.Il se jeta aux pieds de la baronne et répéta sa demande avec plus de chaleur encore que lu première fois.A son profond étonnement, on le releva avec bonté et on le renvoya content.Si content même, qu'arrivé au milieu de l'escalier, Francis, joyeusement préoccupé, manqua trois marches et roula au bas des degrés plus rudement que le mois précédent, ainsi qu\u2019on se le rappelle.Il ne se sentit aucun mal, mais le lendemain, comme il venait faire sa cour à Georgette précédé d un charmant bouquet blanc, la gentille fiancée remarqua qu il avait un œil tout noir.Le jour suivant cet œil était bleu; puis il devint vert, jaune, rose, et enfin recouvra sa couleur primitive.XXX « Ma chère Liliane, « llùte-toi de nous arriver, car mes fiançailles touchent à leur fin et ta chambre t\u2019attend à l\u2019hôtel de Brèves; il est convenu que tu te laisseras soigner et dorloter, car il ne faut pas exposer la précieuse petite vie attachée à la tienne.« Ainsi, nous ne Rengagerons jamais à monter en voiture avec nous quand c\u2019est Francis qui conduit; hier il nous a menées au Bois, tante Henni -nie et moi, et il a failli nous faire verser à plusieurs reprises, car il regardait beaucoup plus sa fiancée que la route à suivre.« Bins je vois ce cher Francis, plus je l'apprécie, plus je lui découvre des qualités.« Mais le plus étonnant de l'affaire, c'est que papa raffole de son fuiur gendre quoiqu'il ne soit pas militaire, ce pauvre papa ! il devait en venir là, je l'aurais parié.; d'abord parce qu'il est, bon, puis parce qu'il a le sens droit et finit toujours par reconnaître le mérite d\u2019autrui.« Ma belle-mère est plus lente à revenir sur ses idées.fausses, disons le mot: au fond elle trouve Francis charmant, mais elle ne veut pas en convenir trop vite.« Ça s'arrangera de ce côté aussi.« Pauvre tante Rabat-Joie ! elle se croit obligée de me répéter vingt fois par Jour quels sont les devoirs d\u2019une fiancée ef d\u2019une épouse; oh ! je les sais bien, mon Dieu ! par moments elle devient pathétique et.ennuyeuse aussi.« Mais je ne veux pas médire (Belle puisque fous les obstacles se sont aplanis devant mon mariage et que chacun fait bon visage à mon futur.« Je t\u2019avoue que je passé assez agréablement ce temps de mes fiançailles; juge alors de ce que ce sera quand tu reparaîtras à Paris.« Tous les matins je monte à cheval avec papa et Francis; je trouve insipide cette mode de soustraire les fiancés aux regards du monde pendant les semaines précédant le maria- 3JJ ge; j\u2019admets qu\u2019on ne se moiw tre pas trop au bal et qu\u2019on ne\u2019 se jette pas à corps perdus dans le plaisir, parce qu\u2019il faut un certain recueillement avant de changer de vie; mais de là à se cloîtrer il y a de la marge.« En somme, moi je ne chair gérai pas tellement de vie; après notre voyage de noces, je continuerai à habiter rue de Bellechasse; il n\u2019y aura qu\u2019un homme de plus à la maison et mi mari à mes côtés; quand les bébés viendront, ce sera, différent; et nous en désirons une masse, Francis et moi.« Je trouve l\u2019existence si douce, si belle aujourd\u2019hui, que je me demande comment j\u2019ai pu souffrir il y a quelques temps, et si c\u2019est bien moi, Georgette de Brèves, qui ai eu des larmes dans les yeux.« Tout le monde est heureux autour de moi : papa rayonne, belle-maman commence à s\u2019épanouir, moi j'exulte; Félicité pleure de joie du matin au soir, et je ne parle pas de mon bon Francis, dont l\u2019allégresse se devine.« C\u2019est doux de se sentir jeune, aimée, joyeuse; je profite tant que je peux de mon bonheur, car je sais que c\u2019est une chose fragile qui se brise souvent entre nos mains.« Je voudrais pouvoir donner de mon ivresse à toutes les pauvres créatures qui n\u2019ont jamais goûté la joie d\u2019être chéries et de bénir la vie.« Mon Dieu, pourquoi faut-il qu\u2019il y ait des malheureux sur la terre à côté des heureux ?s> XXXI Grand brouhaha à l\u2019hôtel de Brèves: on n\u2019est cependant encore qu\u2019à l\u2019avant-veille du mariage à la mairie, mais les Fè-res arrivent.Liliane un peu souffrante, Max plein d\u2019attentions pour elle.Debout en costume de cheval dans le grand hall orné de verdure, Georgette la considère dans l\u2019exercice de ses fonctions et se dit, avec un petit sourire contenu : « C\u2019est comme cela que sera Francis avec moi dans quelques jours.» « Où donc est ma tante?demande Liliane en se dirigeant vers le salon.\u2014 Pas visible maintenant; elle se fait bouchonner.\u2014 Tu dis ?\u2014 Je veux dire qu\u2019elle se fait masser par sa masseuse, 32 &&wmedb zfj juillet 19 :3 car elle souffre de rhumatismes pauvre belle-maman ' elle est contente de mon bonheur, certes, mais elle a versé en secret trop de larmes parce que je m'appelle simplement: Mme Bernardet.Bah! le nom de Proves ne s'éteindra pas: j'ai des cousins qui le portent et qui se marieront selon toute probabilité.» En effet, la baronne s\u2019accoutumait enfin à avoir pour gendre un artiste: d ailleurs.Francis savait se fair** aimer de tout le monde, comme Max des Pères, avec un peu moins de gravité dans le caractère; de plus, le colonel al bt'l être promu au grade de général dans un bref délai, ce qui ajoutait, encore à la gaîté des cirrousIanees ae-tuelles.Pendant les deux ou trois jours qui précédèrent le mariage, Georgette se montra plus sérieuse; la soirée de contrat fut magnifique; le mariage civil fit bailler la jeune épousée, et elle rit un peu dans son moir choir parce que le maire, affligé d\u2019un rhume de cerveau, interrompit son discours pour éternuer bruyamment.Le mariage religieux eut iim le lendemain; Bernardut rayon nail; le colonel mâchonnait sa moustache pour ne pas sangloter à la pensée qu\u2019il allait être privé tout un long mois de sa fille bien-aimée.Trempée de pleurs, la baronne racontait à qui voulait l'entendre qu\u2019elle souffrait de voir partir Georgette tout comme si la chère enfant eût été sa propre fille.Liliane, un peu pâle, était exquise, habillée de vieux rose, et.son mari paraissait ti *r des regards d\u2019admiration jetés sur elle h la dérobée.Très fraii lie.presque grave, et gentille dans sa blanche toilette, Georgette u'eut que deux distractions pendant le sermon de M.le curé: une fois, ellë pensa au ràdeâii quVIl > forait à son mari à son prochain anniversaire; une aptre \"in.s-* dit que son mariage, romm \u2022 ce lui de Liliane, était1 dû ou d > fl ni live, à Eliacin.cl ollo .promit de manifester sa v connaissance au bel animal d\u2019une façon quelconque.Ainsi on vil i\u2019hôfol de la rue de lîelloebossf se remplir de nobles hôtes comme quinze ans auparavant.lorsqu\u2019on célébrait les secondes noces du colonel de Brèves.Seulement, aujourd\u2019hui, Mlle Georgette, passée au rang d é-pousée.ne jeta pas par les fenêtres les gàtoai^L e-t les sucreries du lunch; elle lil plus correctement les choses, et envoya aux indigents (tes secours plus utiles.Après la fêle, les jeunes époux montèrent en voilure pour se rendre à la gare; tante Ruhal-Joie pleurait à grosses gouttes; son mari mordait son gant pour refouler une petite larme qui apparaissait au bord de sa paupière; Félicité Sanglotait à fendre l\u2019âme; Auguste.le bon caniche, gémissait tout doucement.Le» Gères devaient demeurer quelques semailles rue de Be Hochasse pour consoler un peu tout ce monde-là.Pendant les premières heures du voyage, Mme Bernardut s montra grave et paisible; mais au moment on son mari lui glissait dans l'oreille de douces paroles et sur la joue un baiser ému, la vitre de la portlio-o s\u2019abaissa avec fracas et une voix caverneuse demanda :\t« Vos billets, s\u2019il vous plaît ! » tandis qu'une main noire se.tendait., année de pin ces de fer.Alors toute la franche gaîté de la jeune femme se réveilla et le reste du voyage fut un enchantement.Beux mois plus lard, le nouveau ménage reparut à Paris pour assister au lui,pleine de Mlle Ileriiimie des pères.Ge fut tante Itabat-Joie qu'on choisit pour marraine .hélas ! la pauvre chéri; aïeule, Mme des pères, n\u2019était plus de ce monde pour assister à cette nouvelle allégresse de son petit - (ils ; elle s était éteinte tout à coup et sans souffrances.peu de jours après le mariage de Georgette, léguant à Max fous ses biens.« Cet enfant-là devrait avoir pour parrain Eliacin et pour marraine ma propre personne, dit la jeune Mme Bernardut en embrassant le nouveau-né.Pourquoi ?demanda Eran I '- étonné.Partie ! c'est un peu nous d 'x qui avoir- fait le mariage I - s \u2018s parents.» A la vue de la tendresse e.x-,\u2022\u2022\u2022 -l\\ e que 1 lia II i f es I a le II I M.et Mue' de Brèves pour le bébé, i .enrgelle soupirail en feignant, un grand effroi : « 1,1 u\u2019est- ci* qu'ils feront pour mes enfants à moi, Seigneur 1 fie J Tftanquey pad de Ure le deuxième Roman Littéraire du magazine gai commencera dans notre numéro de la semaine, prochaine : LES HIBOUX DE LA ROCHE-ROUGE Par DEL LY mm *iü s\u2019ils gâtent autant, celui de Liliane ?C\u2019est-à-dire que je ne.viendrai jamais à bout d\u2019élever ma nichée; ce sera gentil, en vérité ! » « M.et Mme Bernardo! ont l\u2019honneur de vous faire part de la naissance do leurs fils jumeaux , MM.André et Jean Bernardut, nés le mardi 27 décembre î SD* à Paris.« Lu mère et les enfants se portent bien, » Si Ie Ipv leur désire de plut amples informations, il peut s\u2019adresser rue de Bel léchasse, à i'hô,°1 de Brèves, que le vra.avec cordialité, et Rabat-Joie, aussi ravie q '\u2019PO'ix, lui montrera se petits-fils : deux amour! FIN BBig4 ,,-^gpnifflnimrD^^ 25 juillet 1925 Ük'fôamedîi 33 ^ \u201cAprèTchlqueRep**\u201d ^ Nettola U bcradie et les aeatt et aida la digestion.Soolnge in sensation «U lourdeur tprèt on renas abondent etche.se l\u2019ed.dité de la bouche, to Gomme Wrigley offre a subie veleur; elle procure du plaisir et est avantageuse.\t» .Vos YEUX ne prennent jamais de vacances Vous prenez des vacances; c'est une fatigue plus grande pour vos YEUX qui, «ux, jamais ne se reposent.Protégez-les, cet été, avec MURINE.Il calme et rafraîchit les YEUX irrités par le voyage\u2014les soulage du mal que le soleil, le vent et la poussière ont pu leur faire.Ne contient ni belladone ni aucun autre ingrédient dangereux.Ecrivei à Murine Company.Dépt.53, Chicago, pour recevoir une brochure sur la beauté des yeux.1H IRIISts Pour vos YEUX J mmniïi?\u201cMa famille est à la campagne !-ë \"Maintenant que ma famille est à la campagne, dans un cottage, je ne crains plus comme par le passé qu\u2019un incendie survenant, elle se trouve absolument sans défense, étant à la ville dans l\u2019impossibilité de lui venir en aide.Les deux Extincteurs Pyrene que j\u2019ai installés dans mon cottage, protègent silencieusement ma famille contre tout commencement d\u2019incendie, je sais que même les enfants sauraient s\u2019en servir en cas de besoin et je considère que ce n\u2019est pas payer cher la protection des miens et ma tranquillité d'esprit.\" (Extrait d\u2019une lettre d'un homme d'affaires qui sait se protéger à T be Pyrene Manufacturing Company of Canada, Ltd.Toronto.) Les Extincteurs PYRENE sont en vente partout chez les marchands.Demandez notre \u201cCatalogue de Ménage\" \u2014 GRATIS arm: CHRONIQUE -DE LA- PEINTURE COMMENT MELANGER PROPREMENT UNE PEINTURE PREPAREE Pour qu\u2019une bonne peinture préparée donne les meilleurs résultats, il convient qu\u2019elle soit mélangée comme il faut.Par les illustrations ci-dessous mêler la peinture préparée, \u2014 selon toutes les règles de Part et dans le minimum de temps.Agitez la matière colorante et l\u2019huile restante avec une spatule forte et polie d\u2019une forme lui permettant de recueillir sur les bords toute la manière colorante.Ecrasez ainsi jusqu\u2019à ce que la masse soit bien coulante et entièrement uniforme.I Agitez vivement la boîte.Découpez le couvercle.Versez dans une autre boîte environ deux tiers de l\u2019excipient liquide qui a recouvert la matière colorante.Commencez à renverser le surplus d\u2019excipient liquide petit à petit, jusqu\u2019à ce que tout soit mêlé, en agitant constamment.Mettez alors la pein- ( ture en boîte \u2014 c\u2019est-à-dire faites-la passer une douzaine de fois d\u2019une chaudière à l\u2019autre, laissant chaque fois un quart de la peinture dans la chaudière qu\u2019on vide.Suivez ce mode d\u2019emploi et vous ne risquerez plus ainsi d\u2019avoir une peinture épaisse qui s\u2019écaillera ou une peinture trop claire qui ne couvrira pas.COMMENT NETTOYEE DES ETOFFES TACHEES DE PEINTURE Que vous tachiez votre linge, une pièce d\u2019étoffe quelcon-I que ou encore un tapis avec de la peinture fraîche, du vernis ou de l\u2019émail, il vous est toujours facile de faire disparaître ces taches avec de la benzine, de la térébenthine ou de l\u2019essence.Imbibez-en un chiffon et passez vivement sur l\u2019endroit souillé.C\u2019est une excellente idée, quand on le peut faire, de placer un papier buvard sous la tache, \u2014 il absorbera le liquide et l\u2019empêchera de s\u2019étendre.Pour des vêtements fins, on conseille de préférence l\u2019alcool.Si la peinture ou le vernis ont eu le temps de sécher, ainollissez-les d\u2019un nettoyeur spécial pour peinture et vernis, n\u2019endommageant pas le vêtement.RS JmlEsllsaées îèslasSurfaces Pour les^raty^es et autres bâtisses cela paie d\u2019employer la PEINTURE RED SCHOOLHOUSE\" Elle ria pas debate Pour le Ciment, IaBrique et le Béton Cela paie demployer *C0NCRE-J0NE\u2018 Il donne unbeau fini qui ne prend pas la poussière .a.pAiHT yj Pour l\u2019Extérieur et l\u2019Intérieur Cela paie d'employer ^KPIIRE' baite pour résister à l\u2019Usure et aux Intempéries Il y a dans chaque localité un agent-fournisseur de Martin-Senour, qui tient un stock complet des Peintures et Vernis qu\u2019il paie d\u2019employer.11 existe un produit Martin-Senourspécial pour chaque besoin de peinture ou de vernis, et l\u2019agent-fournisseur de Martin-Senour vous donnera tous les renseignements possibles sur ce que vous devez employer, comment il vous faut l\u2019employer et quelle quantité vous est nécessaire.Enrayez une carte postale au bureau-chef à Montréal pour demander les nourelles brocharettes \u201cLe Peinturage à la Mdiso 1 rendu Facile\" et \"Le Bon Vernis.\" ' MARTIN;SENOUR Go.0F PAINT5 *MD vanishes ___v*ncoov« MONTREAL «Jg 3&$a/m«ü/ 25 juillet 1025 Nouvelles Créations Parisiennes li1 \u2019 ' üttJiP.- .n- Ensemble Je reps vert-Je» gris.Le haut Je.la robe en crêpe mal Ju même Ion.s\u2019orne Je revers galonnés J'argent et Je crêpe \"suède\"; des petits motifs d'argent se retrouvent au manteau qui est à larges plis devant et garni Je fourrure d'été.Celte petite robe, simulant redingote dam le dos, est en crêpe poplalga bleu foncé, elle s'ouvre sur un gilet de crêpe-jaune \u201csoufre\" et de dentelle de point à l'aiguille.Ensemble en kasha blanc.Le manteau à godets sur les côtés, est garni dt lapin-renardeau; la petite robe est bleu \"lin\" dans le haut, at crêpe Georgette rayé de plis et de fils J or.¦% 25 juillet 1925 3e
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