L'Incunable : bulletin de la Bibliothèque nationale du Québec, 1 mars 1984, mars
BULLETIN DE LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DU QUEBEC l'incunable Montréal, 18e année, no 1 Mars 1984 Ministère des Affaires culturelles Bibliothèaue nationale du Québec ISSN 0825-1746 } 'il [fltmjTcpul femur.I] l'incunable Le Bulletin fait peau neuve A propos de L'incunable André Laurendeau, journaliste, ou l'incandescence sous le givre « Mon père ce héros au sourire si doux » Grâce à André Laurendeau, je suis devenu le Frère Untel Comment j'ai connu André Laurendeau?&3 Professeure et écrivaine Montréal — 18' année, no I — Mars 1984 Éditeur : Jean-Rémi Brault Directeur et rédacteur en chef : Louis Chantigny Adjoint au rédacteur en chef et directeur de l'édition : Louis Bélanger Secrétaire à la rédaction : Louise Lecavalier Directeur de la photographie : Jacques King Courrier de la deuxième classe Enregistrement n" 1503 Dépôt légal — 1er trimestre 1984 Bibliothèque nationale du Québec ISSN 0825-1746 Reproduction autorisée des textes non copyright, sur demande et mention de l'auteur et de la source.Les articles publiés n'engagent que leurs auteurs.LE BULLETIN DE LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DU QUÉBEC est publié trimestriellement.Il est distribué gratuitement à titre personnel.On peut se le procurer en adressant sa demande à la Bibliothèque nationale du Québec.Service de l'édition 1700, rue Saint-Denis Montréal (Québec) H2X 3K6 Le spleen de cette génération Quand « Bona » se souvient .La généalogie apprivoisée Le Père Lévesque : un homme vertical Le Père Lévesque se penche sur son passé La belle alliance du mot et de l'image Larguez les amarres Point de repère : Radar et Périodex se fusionnent Jean-Rémi Brault ( 'onservatettr en chef Arthur Gladu ( 'ollaboration spéciale Louis Chantigny Secrétariat à l'information Pages 3 4 7 Francine Laurendeau 11 ( 'ollaboration spéciale Jean-Paul Desbiens 15 C 'ollaboration spéciale Gérard Pelletier 18 Collaboration spéciale Roland Auger 22 Direction dit développement et de la conservation des collections Pierre de Grandpré 23 Collaboration spéciale Willie Chevalier 25 Collaboration spéciale Daniel Olivier 27 Collaboration spéciale Doris Lussier 28 Collaboration spéciale Roger Duhamel 30 ( 'ollaboration spéciale Mario Hébert 33 Hnrcaii de la bibliographie courante Yvan Morier 40 Bureau de la conservation Pierre Deslauriers 44 Direction des services bibliographiques L'INCUNABLE — MARS 1984 éditorial Le Bulletin fait peau neuve Nous sommes particulièrement heureux de présenter un Bulletin de lu Bibliothèque nationale du Québec rajeuni, endimanché et même casqué d'un nouveau titre.Et paradoxalement, au moment de cet effort de rajeunissement, ce nouveau titre renvoie le lecteur quelques siècles en arrière.Car, à l'origine, faut-il le rappeler, l'incunable identifiait un imprimé produit entre 1450 et 1500.Si par Jean-Rémi Brault bien que le Québec n'a pas produit d'incunable si nous appliquons cette notion de façon rigoureuse.Mais tous les bibliophiles québécois, depuis Philias Gagnon jusqu'à Marie Tremaine, ont toujours reconnu que les documents produits au Québec avant 1800 pouvaient être coiffés du titre d'incunables.La Bibliothèque nationale possède et conserve précieusement des incunables.Outre les 73 incunables français, elle conserve quelques centaines d'incunables québécois.Et ces documents constituent quelques-uns parmi les plus précieux et les plus importants documents qu'elle s'efforce de conserver et de rendre disponibles.C'est donc en pensant au caractère particulier de ce type de document que nous avons décidé que, désormais, le Bulletin de la Bibliothèque nationale du Québec s'appellera L'incunable.Même s'il est vrai que la Bibliothèque nationale doit conserver tous les types de documents de toutes les époques, nous croyons que la mention du plus précieux inclut tous les autres.Identifier le bulletin sous ce vocable, ce n'est donc pas exclure les autres types de documents des autres époques, c'est au contraire les inclure tous dans un concept documentaire qui comprend toute la panoplie de la production documentaire québécoise.Ce changement de nom ne signifie pas que nous entendons modi-fierla politique du bulletin.Comme par le passé, nous souhaitons qu'il constitue un véhicule privilégié pour faire connaître les services et les richesses de cette institution nationale.Et ces richesses, qui sont la raison d'être des services, se renouvellent et augmentent tellement que nous réussissons à peine à les faire connaître.Cette politique a toujours été entendue dans un sens large.Et il convient, croyons-nous, qu'elle s'applique non seulement aux richesses manuscrites, mais qu'elle s'étende à certains documents publiés dont l'intérêt manifeste justifie la présentation.Ainsi, ce premier numéro de L'incunable accorde une place importante au journaliste et écrivain André Laurendeau, à l'occasion de la publication d'une biographie rédigée par monsieur Denis Monière.En plus d'être doté d'une personnalité exceptionnellement riche et d'une vaste culture, l'ancien rédacteur en chef du Devoir a joué un rôle capital dans la vie sociale, politique et culturelle de la communauté québécoise.Les témoignages que nous avons recueillis et regroupés dans la présente parution rappellent cette place unique que Laurendeau a occupée dans l'évolution du peuple québécois.Contribuer à faire connaître les richesses de la Bibliothèque nationale, c'est du même souffle collaborer à la diffusion du patrimoine documentaire québécois.Tel est le mandat essentiel de L'incunable.O L'INCUNABLE — MARS 1984 3 À propos de Lincunable par Arthur Gladu La direction de la Bibliothèque nationale du Québec décidait dernièrement de donner le nom L'incunable à son bulletin trimestriel.Ayant été demandé pour préparer une nouvelle présentation de la couverture, je veux expliquer rapidement les raisons motivant mon choix dans l'arrangement graphique de la première page.L'impression tabellaire ou incunable est définie comme étant une empreinte obtenue à l'aide de planchettes ou caractères en bois portant l'empreinte de mots ou de figures, employée au XV1 siècle.La couverture est reproduite à l'aide d'un encadrement tiré d'une xylographie de cette époque (fig.1 ).Le procédé, destiné à remplacer l'enluminure, était le premier procédé mécanique mettant les connaissances à la portée de tous.Les enluminures étaient des oeuvres d'art consistant surtout à orner des textes calligraphiés d'ornements, d'initiales perlées, brodées ou à fleurs (fig.2) produites en un seul exemplaire, et de ce fait réservées à une classe privilégiée.Il serait injuste de ne pas remonter à une époque beaucoup plus ancienne pour retrouver la première idée de multiplier l'image ou l'écriture par des moyens artificiels.En Extrême-Orient, on gravait à l'envers sur des blocs ou planches de bois, des textes sacrés ou des images.Après encrage, on les pressait isolément sur une feuille, formant ainsi des pages imprimées d'un seul côté.Ce procédé primitif ne permettait pas bien sûr une production rapide et indéfinie mais il représentait déjà un avantage sensible sur les enluminures copiées à la main.Ce moyen était déjà employé vers la fin du VIe siècle de notre ère, une date que nous croyons fort respectable.De 960 à 1278, sous la dynastie des Soung, l'impression à l'aide de tablettes atteignit presque la perfection.De multiples imprimés sont conservés à la Bibliothèque nationale de Paris, et le British Museum possède deux livres de ce genre, dont l'un daté de 1368.En Europe, l'impression tabellaire débute par les cartes à jouer pour ensuite aborder l'édition.On exécute des ouvrages destinés au peuple, qui n'avait pas le moyen d'acheter les livres manuscrits réservés aux gens riches.On emploie d'abord des planches de bois d'une seule pièce, sculptée ou gravée (voir fig.1 ).Ensuite on ajoute aux illustrations en relief des caractères de bois ou de métal.Dans la Impression tabellaire d'une page extraite d'un livre de prière du XV* siècle.Elle fut trouvée, en 1959, parmi des imprimés chez un bouquiniste des quais de la Seine.Après l'impression, les initiales étaient colorées manuellement.4 L'INCUNABLE — MARS 1984 première catégorie, mentionnons la Bible des pauvres, le Donat, livres de grammaire en latin.Parmi les incunables typographiques, c'est-à-dire alliant les caractères mobiles à l'illustration gravée, mentionnons Le grand pardon de Notre-Dame de Reims de Jean du Pré.première affiche imprimée en France (fig.3), la Bible Mazarine (1450-1455 le Psautier de 1457, etc.Cette période de l'incunable se termine vers le début di XVI1 siècle, avec l'introduction du caractère mobile d Gutenberg, dont nous reproduisons une page extraite de la Bible à 42 lignes (fig.4), comportant une initiale imprimée et non dessinée.Au risque de déborder du sujet, je voudrais souligner le souci de l'espacement et de l'alignement parfait produit par le dépassement dans la marge des signes de ponctuation.Pour revenir à la présentation graphique de ce bulletin, il me semblait exagéré d'employer le caractère gothique pour le titre.Le caractère français Univers fut employé pour le mot incunable.Consolons-nous de cette hérésie en se rappelant que le dessin de cette lettre est tiré de la série des antiques et prend son origine sur le grec d'inscription.Je dois mentionner que les « prêt-à-photographier » pour cette couverture ont été préparés par un étudiant en design à l'université du Québec, M.Jean Lachance.Terminons cette brève histoire de l'incunable, en citant cette pensée du poète Brébeuf, du temps de Louis IX, qui illustre bien, encore aujourd'hui, ce grand art de l'imprimerie : .un art ingénieux De peindre la parole
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