Bulletin de la Bibliothèque nationale du Québec, 1 septembre 1975, septembre
?nnnnnnn ?nanuDnna ?bulletin de la bibliothèque nationale du québec Montréal — Vol.9, No 3 — Septembre 1975 IMonsieur J.-Z.-Léon Patenoude, directeur général de la FILM, "M ion excellence monsieur Jules Léger, gouverneur général du Canada, I monsieur PhMippe Fulardeou, président, et madame Falordeou, I au sfonJ de la BIBLIOTHEQUE NATIONALE DU QUEBEC.I ?UDODQnUDDDQ bulletin de la bibliothèque rationale du québec SOMMAIRE fpTioYorServlce de micropholograpnie) Montréal - Vol.9, No 3 - septembre 1975 DIRECTION Louis Bélanger COMITÉ DE RÉDACTION Roland Auger Laurette Caron Jacques Lafontaine PHOTOGRAPHIE Jacques King (Service de microphotographie) COLLABORATEURS Hubert Aquin Jean-Marie Bussières Claude Chamberland Marc Desjardins Gaétan Dostie Jean-Louis Parent Courrier de la deuxième classe Enregistrement no 1503 Dépôt légal — 3etrimestre 1975 Bibliothèque nationale du Québec CN ISSN 0045 — 1967 Reproduction autorisée des textes non copyright, sur demande et mention de l'auteur et de la source.Les articles publiés n'engagent que leurs auteurs.LE BULLETIN DE LA BIBLIOTHÉ QUE NATIONALE DU QUÉBEC est publié trimestriellement.Il est distribué gratuitement à titre personnel.On peut se le procurer en adressant sa demande à la: Bibliothèque nationale du Québec Service des publications 1700, rue Saint-Denis Montréal H2X 3K6, QUÉBEC 1 - La présence de la Bibliothèque nationale du Québec 2 - Automatisation d'un fichier autorité 3- Stage en France sur la restauration de documents graphiques 4- Pleins feux sur le personnel de soutien 5- Raconté en cartes: Montréal, circa 1875 6- Les angoisses d'une cigale-fourmi 7- Rencontre internationale de la contre-culture 8- Le théâtre, la culture et la vie quotidienne 9- La Semaine de la Chanson québécoise 10- Festival international du cinéma en 16mm Montréal Hubert Aquin Roger Robert Fernand Longpré Laurette L.Caron Michèle Ouellette Gaétan Dostie Marc Desjardins Jean-Louis Parent Jean-Marie Bussières Claude Chamberland LA PRÉSENCE DE LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DU QUÉBEC.La Bibliothèque nationale du Québec a tout fait pour être nationale lors de la Foire internationale du livre de Montréal.Et elle n'a quand même pas, pour autant, réussi à ne pas être à la hauteur de cet événement international.En ce paradoxe réside le secret de toute institution nationale dynamique: sa réussite débouche sur une réalité mondiale.Plus elle se manifeste, la culture québécoise affirme sa dimension nationale et s'intègre, dans un même temps, dans un contexte planétaire.On peut être fier d'être Québécois jusque dans le détail: c'est le sentiment que m'a inspiré le stand de la Bibliothèque nationale.Et comme je sais que, derrière ce détail, se cache Colette Fortier, responsable du Service des manifestations culturelles, je lui dis bravo.HUBERT AQUIN vient de mériter un dernier prix.Après le prix du Gouverneur général (refusé) et le prix David (accepté), il a reçu le troisième prix prestigieux, le Grand prix littéraire de la ville de Montréal.Son roman « Neige noire », a été publié aux Éditions La Presse, dont il est le directeur littéraire.Le critique littéraire du Devoir, M.Jean Éthier-Blais, a déjà défini en quelques mots le lauréat: « un seigneur par l'intelligence et la dignité».Le premier roman (la première bombe) de Hubert Aquin, « Prochain épisode », est paru en 1965 au Cercle du livre de France.La même maison publia ensuite « Trou de mémoire », « l'Antiphonaire » et « Point de fuite ».Hubert Aquin (Extrait de La Presse, le 17 mai 1975).2 BULLETIN DE LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE QUÉBEC/SEPTEMBRE 1975 AUTOMATISATION OUN FICHIER AUTORITÉ L'automatisation de toute opération, quelle qu'elle soit, nécessite toujours de la définir clairement dans son contexte actuel.Ainsi, dans cet article, on esquissera d'abord une définition d'un fichier autorité avec ses objectifs et ses principales caractéristiques; on verra ensuite de quelle façon peut être opérée l'automatisation, et quels en seraient les avantages et les inconvénients.Fichier autorité conventionnel (dans le contexte d'une bibliothèque) Définition: Un fichier autorité est en réalité un registre de toutes les décisions prises concernant l'identification de tout élément normalisé ou normalisable (ex.: auteurs personnels ou collectifs, vedettes-matière, collections, etc.).Le registre contient habituellement, pour chaque identification, les informations suivantes: -forme acceptée de l'élément identifié -forme(s) équivalente(s) -forme(s) rejetée(s) -note historique ou explicative pour situer le sujet dans le contexte - recherches effectuées pour prendre les décisions précédentes - renseignements complémentaires utiles pour l'usage efficace de ce registre (ex.: date de naissance d'un auteur, profession, etc.) Objectifs: L'objectif de base est la normalisation de l'information, de sorte qu'on utilise toujours la même forme pour un même sujet.Cette normalisation comporte deux avantages majeurs: 1) Utilisation externe: les usagers indirects de ce fichier (c'est-à-dire ceux qui utilisent les sous-produits du fichier comme l'index de la Bibliographie du Québec ou le catalogue de la Bibliothèque) sont assurés de toujours retrouver leur information sous des formes normalisées ou d'être guidés vers ces formes par des renvois.Ces usagers peuvent même penser à adopter directement cette normalisation, comme autorité chez-eux, s'il s'avère qu'elle rejoint leurs besoins particuliers.2) Utilisation interne: les usagers directs du fichier (c'est-à-dire ceux qui participent à son élaboration) n'ont pas à refaire les mêmes recherches, ni à reprendre les mêmes décisions plusieurs fois lorsque l'identification a déjà été complétée pour un sujet spécifique.En principe, une identification est faite une seule fois selon des critères précis, et elle ne devrait être reprise que pour des erreurs majeures.Caractéristiques de base: Autorité: un fichier autorité doit imposer une grande déférence à tous ses usagers directs et indirects, sinon il est abaissé au niveau d'une quelconque liste, plus ou moins normalisée, que chacun interprète et modifie à son gré.Normalisation: il est absolument nécessaire que ce fichier soit normalisé au maximum: de cette caractéristique dépendra beaucoup son autorité./Access/b/7/'ré: tous les usagers directs doivent pouvoir le consulter très facilement; ce registre doit toujours être à portée de la main.Écran cathodique pour l'entrée des données à l'ordinateur (Photo: Service de microphotographie) Sécurité: malgré sa grande accessibilité, des intrus ne devraient pas avoir la possibilité de le bousiller facilement, gâchant ainsi des mois ae travail.Envergure: un fichier autorité remplit d'autant plus ses objectifs, qu'il a une envergure permettant de modifier directement tous les sous-produits qui en dépendent, au moment de toute mise à jour du fichier.Souplesse et rigidité: autant il doit être souple pour accepter les nouvelles identifications, autant il doit être rigide pour les modifications, de sorte qu'on ne le modifie pas à la légère au gré du vent.Dans cette éventualité, il aurait tendance à perdre son caractère officiel et, en quelque sorte, un peu sacré.On a couvert, je crois, les principales caractéristiques d'un fichier autorité sérieux; on pourrait continuer l'énumération, mais cette base paraît suffisante pour introduire le concept d'automatisation.Fichier autorité automatisé: Comme principe de base, l'automatisation ne devrait pas remettre en question la définition, les objectifs et les caractéristiques majeures d'un système conventionnel efficace.Mise en ordinateur: Il y a sûrement plusieurs façons de gérer un fichier autorité par BULLETIN DE LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE QUÉBEC/SEPTEMBRE 1975 3 ordinateur.On présentera ici un système qui non seulement devrait se révéler efficace au point de vue informatique, mais aussi qui tend à conserver des habitudes de travail très similaires au point de vue de l'utilisation directe.Pour cette méthode, l'ordinateur requerra deux fichiers magnétiques complémentaires: 1 ) un fichier de base 2) un fichier-index 1) Description du fichier de base: — la clé d'accès à ce fichier est le numéro séquentiel attribué à chaque identification par l'ordinateur.— chaque dossier ou identification contient toutes les informations énumérées dans la définition d'un fichier autorité conventionnel (décrite au début de l'article), en plus du numéro de dossier.— ce fichier servira de référence pour toute demande d'information complète, ainsi que de base pour la production des sous-produits.— ce fichier deviendra assez volumineux, donc le temps d'accès sera augmenté (une augmentation possible de quelques millisecondes par recherche) , mais on n'y accédera que pour une information complète; les recherches sommaires (recherches les plus courantes) étant effectuées sur le fichier-index.2) Description du fichier-index: — la clé d'accès à ce fichier consiste en toute forme acceptée, rejetée et équivalente contenue au fichier autorité.— chaque enregistrement contient la forme servant de clé d'accès, la nature de cette information (rejetée, acceptée, équivalente), et le numéro du dossier correspondant dans le fichier de base.— ce fichier demeure très restreint comparativement au fichier de base, donc le temps d'accès sera beaucoup plus rapide.Il servira surtout à renseigner les usagers directs sur l'existence et la nature des formes d'identification demandées.— toute modification au fichier de base sera d'abord validée en passant par le fichier-index (ex.: ajouter une forme qui existe déjà dans le fichier de base est une erreur détectée au fichier-index).Avantages d'un fichier autorité automatisé: Sécurité: un fichier autorité sur ordinateur jouit d'une sécurité qu'on pourrait qualifier de maximale.Les fichiers directement accessibles se trouvent sur disques magnétiques, mais on garde toujours sur rubans magnétiques des copies en rotation de ces fichiers (la rotation s'effectue à période fixe pré-déterminée selon le volume des mises à jour aux fichiers).Il devient très difficile (sinon impossible) pour une personne, ne connaissant pas les clés d'accès au programme de modification, de bousiller les fichiers.En supposant un sabotage quelconque ou un « crash » de l'ordinateur, il s'avère toujours facile Exemple d'un fichier de base contenant 2 dossiers Exemple du fichier- index correspondant No dossier Sous- Type* Texte Type* No dossier (clé d'accès) séquence d'information Texte (clé d'accès) d'information de base 0001 01 A Loranger, Françoise, 1913- Bennet, Hazel, 1919- A 0002-01 02 R Loranger-Michaud, Françoise Françoise Marcel E 0001-05 03 R Michaud, Françoise Loranger Loranger, Françoise 1913- A 0001-01 04 R Simard, Françoise Loranger Loranger-Michaud, Françoise R 0001-02 05 E Françoise Marcel Michaud, Françoise Loranger R 0001-03 06 N Pour les ouvrages de Françoise Loranger écrits en collaboration avec Marcel Leduc, la forme équivalente est Françoise Marcel Simard, Françoise Loranger R 0001-04 07 Q B.Bibl.1949, p.62 08 Q Grandpré: V-4, p.124 0002 01 02 03 04 A Q c c Benne», Hazel, 1919-Tél., à l'auteur (Institut de diététique de l'U.de Montréal) Date de naissance: 23/03/1919 Né à Toronto, demeure maintenant au Québec Le type d'information est codifié comme suit: N.B.A: forme acceptée N: Note explicative C: renseignement complémentaire O: recherches effectuées E: forme équivalente R: forme rejetée La représentation ci-haut des deux fichiers donne une idée globale de l'information qui y est contenue: il est certain que les fichiers réels seront plus détaillés et plus complexes.4 BULLETIN DE LA BIBLIOTHEQUE NATIONALE DE QUÉBEC/SEPTEMBRE 1975 de regénérer les fichiers à partir de la copie la plus récente sur ruban magnétique.Envergure: cette caractéristique, dans l'optique de l'automatisation, est développée à plusieurs niveaux: 1) Retranscription: Il est certain que les catalo-gueurs n'auraient pas à transcrire, dans une notice catalographique par exemple, une forme acceptée déjà contenue au fichier autorité; il ne la mentionnerait que par son numéro de dossier dans le fichier.L'ordinateur se chargerait, à l'impression complète de la notice, d'inscrire la transcription à une vitesse et avec une exactitude phénoménale.Ainsi, à chaque nouvelle utilisation automatisée de cette notice, les formes acceptées qui y apparaissent correspondent toujours à la réalité actuelle, car l'ordinateur ira à chaque fois extraire l'information requise du fichier autorité à jour.On obtient, en plus, une réduction appréciable de temps, tout en évitant aux spécialistes de la bibliothéconomie cette tâche de transcription très ennuyeuse.2) Listes spéciales: On peut programmer l'ordinateur pour lui faire extraire, du fichier, des listes très spécifiques utiles au travail quotidien.Par des procédures manuelles, on ne penserait même pas à faire cette opération (dans la plupart des cas), car celle-ci demanderait, pour sa réalisation, plus de temps qu'elle pourrait en épargner (ex.: liste de tous les sigles des organismes contenus dans le fichier).3) Études mathématiques: Toutes sortes d'études mathématiques, pour différents besoins, peuvent être faites avec une programmation simple de l'ordinateur (ex.: proportion de formes rejetées vs formes acceptées, nombre moyen de caractères par forme, etc.).4) Diffusion: Pour une institution qui voudrait utiliser ce fichier autorité, il serait facile de le faire imprimer et de le lui envoyer sous certaines conditions.Accessibilité: il est facilement possible d'imprimer des « listings » des fichiers magnétiques à des intervalles très courts.Ainsi, chaque catalogueur aurait sur son bureau un «listing » du fichier-index continuellement à jour, et chaque groupe aurait à portée de la main une copie du fichier de base pour les renseignements complets.Ceci amène une réduction appréciable du déplacement des catalogueurs, pour compléter les vérifications au fichier conventionnel, afin d'établir les différentes identifications ou de prendre l'identification déjà enregistrée.Normalisation: il est reconnu que les systèmes informatiques efficaces, à cause d'une logique implacable, obligent à une normalisation poussée de l'information entrée.Pour un fichier autorité, y a-t-il un principe plus important que la normalisation?Autorité: en ce qui concerne la déférence portée à un fichier autorité et sa reconnaissance plus ou moins universelle, le contenu de ce fichier avant tout, plutôt que le support sur lequel il réside, lui amènera une réputation enviable ou non.Sur ce point, l'automatisation n'amène pas d'avantages majeurs directement, si ce n'est le fait que sa réputation grandira plus rapidement.Inconvénients d'un fichier autorité automatisé: Il n'est pas possible, en pratique, qu'un système offre tant d'avantages sans impliquer certains inconvénients.Précision: pour reconnaître une forme spécifique, l'ordinateur a besoin d'une exactitude minutieuse, sinon il ne retrouvera pas l'information demandée, à moins d'une programmation complexe et beaucoup trop coûteuse permettant la reconnaissance de formes plus ou moins similaires.Codification: il est nécessaire d'attribuer un code à chaque champ d'information, pour bien le définir au niveau de l'ordinateur, avant de pouvoir l'introduire dans la banque de données.Il s'agit d'un inconvénient qui peut se transformer, à la limite, en avantage si l'on considère que la normalisation très poussée constitue une condition essentielle pour ce genre d'application.On peut prendre le format MARC comme exemple de codification des formes.Duplication de formes: il peut arriver qu'une forme rejetée s'applique à deux formes acceptées différentes; à ce moment, il faudrait ajouter, par exemple à la fin de cette forme, un chiffre permettant à l'ordinateur de considérer deux formes rejetées différentes (une normale et l'autre avec un chiffre à la fin).Il s'agit d'un inconvénient seulement pour les usagers directs, car ce chiffre disparaîtrait automatiquement lors de l'impression de tout sous-produit du fichier autorité.Conclusion L'automatisation d'un fichier autorité est sûrement recomman-dable, moyennant les conditions suivantes: - accès à un ordinateur puissant - volume d'information élevé -sous-produits diversifiés tirés du fichier autorité - préparation du personnel aux nouvelles méthodes d'utilisation du fichier La Bibliothèque nationale du Québec élabore présentement un projet d'automatisation de fichier autorité; ce projet devrait être réalisé à court terme.Roger Robert BULLETIN DE LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE QUÉBEC /SEPTEMBRE 1975 5 Restauration au papier pur chiffon (Photo: Service de microphotographie) STAGE EN FRANCE SUR LA RESTAURATION DE DOCUMENTS GRAPHIQUES Historique.La coopération des gouvernements français et québécois a rendu possible l'organisation d'un stage en France sur la restauration de documents graphiques.Le Centre international des Étudiants et Stagiaires en a assuré la bonne marche en facilitant l'adaptation matérielle des participants en France et en supervisant efficacement les différentes étapes de son déroulement.L'accueil réservé au groupe s'est avéré extraordinaire.Un Canadien-français se sent chez-lui à Paris.Dans ce climat propice, il m'a été loisible d'orienter le stage vers une spécialisation qui m'apparaissait le plus utile dans le contexte de notre conservation actuelle des documents à la Bibliothèque nationale du Québec, c'est-à-dire la restauration des papiers.Les problèmes actuels de la BNQ sont précisément de cet ordre.On rencontre fréquemment des papiers cassants, friables et jaunis.Les moisissures et les champignons constituent encore des exceptions, mais nous sommes à l'orée de problèmes de cette nature, car ils apparaissent à peu près au 3e siècle de la vie d'un document, si la conservation n'a pas été très bien assurée.Le séjour d'études dans ce domaine de la restauration s'est réparti en trois étapes coincidar-.-; avec autant d'institutions, soit: la Bibliothèque nationale de France, l'atelier « Reliural » et les Archives nationales de France.Diverses études sur la restauration À la Bibliothèque nationale de France, les problèmes de la conservation des papiers ont retenu principalement l'attention.Dans un premier temps, l'étude a porté sur les lavages permettant de nettoyer et blanchir certains documents ainsi que sur leur désacidi-fication, leur réencollage et leur réparation.Le doublage au papier chiffon, la teinture et le comblage de trous furent aussi abordés.La deuxième étape en fut une de récapitulation et d'assimilation des techniques courantes de restauration des reliures.On pourrait, dans le domaine de la recherche bibliographique, retenir des applications pratiques de l'un des aspects de cette étude.En effet, il m'a été possible de découvrir, que grâce à certains procédés particuliers à chaque siècle, l'on pouvait sans risque majeur d'erreur, situer un volume dans le temps.Cela devient précieux notamment pour établir la chronologie lorsque les pages de titres, indiquant les dates, manquent ou, pour déterminer si la reliure appartient à la même époque que l'édition qu'elle recouvre.De plus, les feuilles de garde selon leur dessin représentent des siècles bien déterminés.Il s'avérera relativement facile, avec les données recueillies de monter un carton de références avec l'illustration des particularités de gardes et de techniques à l'intention de ceux qui se penchent sur l'histoire du livre cnez-nous.Finalement le troisième volet de ma démarche à la Bibliothèque nationale de France comprit l'étude de la restauration des parchemins, des affiches, estampes, cartes et plans, ainsi qu'à celle de la dorure.Mon passage à l'atelier privé « Reliural » m'a permis de réap- 6 BULLETIN DE LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE QUÉBEC/SEPTEMBRE 1975 profondir plusieurs techniques déjà expérimentées antérieurement, mais orientées nécessairement dans un contexte de rentabilité.L'adaptation de l'outillage à ces critères de commercialisation présente un grand intérêt.Quelques éléments nouveaux ayant surtout trait à la prévention des avaries et à la teinture des parchemins de couverture garantissent une meilleure conservation.La dernière partie de ce stage m'a amené aux Archives nationales, où l'on analysa des problèmes d'un tout autre ordre.Là, les documents sont restaurés selon le procédé américain « Barrow » de laminage.Il s'agit d'une technique rapide et plus adaptable aux pièces non reliées, mais non exclusive à ces dernières.Le processus ne consiste pas simplement à passer le document au « laminator », mais bien de le préparer en vue d'une conservation prolongée.Le traitement final s'effectue mécaniquement tandis que la préparation s'exécute manuellement.Dans les années à venir, les trous et les manques dans le papier pourraient s'éliminer avec une autre machine appelée « Re-curator » mise au point par les Israéliens et également utilisée aux États-Unis.Le principe de base de cette restauration d'archives manuscrites ou imprimées consiste à fabriquer un « sandwich » composé du document, de deux feuilles d'acétate de cellulose et de deux papiers chiffon fixés entre eux par des touches d'acétone.Les déchirures ou orifices reçoivent une obturation de papier pur chiffon.Lorsqu'il passe dans le « laminator » à 90°C l'acétate de cellulose fond et emprisonne le document.Ce procédé mis à l'épreuve depuis plus de 25 ans possède ceci de particulier: il peut être réversible.Avec l'acétone, on peut, dans le cas d'erreur ou d'ajout, défaire le résultat et recommencer.Remarques Pour la restauration des journaux, on note peu d'amélioration des techniques de conservation.Le séricollage ne répond pas aux espérances qu'on y avait mises, à cause des lourdeurs de mise en marche, de nettoyage et de productivité mécanique.Ce procédé s'avère trop coûteux manuellement et peu applicable dans le cadre actuel des heures de production du fonctionarisme.On a de plus, envisagé la perspective de se départir des collections de journaux après microfilmage.Mais jusqu'à maintenant, aucun organisme ne veut prendre la responsabilité d'être l'initiateur de cette décision.Je crois que, dans une certaine mesure, plusieurs originaux devront toujours être disponibles.Mais je demeure persuadé que la désagrégation lente détruira les autres, à moins que l'on ne trouve des façons rapides et économiques de contrer les effets du temps.Le travail provisoire de laminage ne se révèle pas recomman-dable, car il accentue le processus de détérioration et n'empêche plus après quelque temps la friabilité des documents qui deviennent alors irrécupérables.Du côté de la reliure traditionnelle, loin de la considérer révolue, je conserve la conviction qu'il faudrait revaloriser son utilisation.Partant de ce postulat qui s'est vérifié, on continuerait à protéger les volumes en les enjolivant selon les caractéristiques de l'époque actuelle.Ce siècle a vu naître beaucoup de nouveaux supports dans le domaine de la communication écrite à l'instar des siècles passés, les documents de valeur devraient recevoir des relieurs, un complément de protection qui pourrait devenir: une reliure-sculpture par exemple.Le relieur devrait évoluer vers la conception de contenants qui empêcheraient la mécanisation de standardiser d'une manière abrutissante pour l'humain.La restauration peut s'appliquer même dans les cas de détérioration les plus graves que l'on puisse imaginer.Il faut au préalable s'assurer de la pertinence du travail à accomplir.Le développement d'une spécialisation en restauration doit s'inscrire comme un objectif à long terme dans les programmes delà BNQ.La restauration incombe aux grandes institutions auxquelles revient l'obligation d'assurer la conservation.Les bibliothèques nationales ont comme responsabilité la sauvegarde du patrimoine littéraire de leur collectivité.Leurs usagers doivent exercer leurs droits et exiger d'elles qu'elles maintiennent leurs collections dans leur meilleur état.Fernand Longpré BULLETIN DE LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE QUÉBEC /SEPTEMBRE 1975 7 Si vous entendez un administrateur de bibliothèque proclamer: « Nous avons réalisé ce grand projet grâce à nos bibliothécaires et à nos bibliotechniciennes », ou un directeur d'hôpital déclarer: « Nous avons atteint cet objectif grâce à nos médecins et à nos infirmières » vous serez porté à être d'accord avec cet énoncé.Par contre, si ces deux mêmes personnes disent: « Nous avons réussi cette entreprise grâce à notre personnel de soutien », là, vous allez sûrement vous exclamer: « Franchement, ils exagèrent un peu.! » Et pourtant!.ils manquent autant de nuances dans le premier cas que dans le deuxième, car aujourd'hui pour suivre un programme, le mener à bonne fin, il faut l'apport non seulement de son personnel professionnel et technique, mais aussi, de son personnel de soutien.Il faut se garder de conserver, même en plein 20e siècle, une vue anachronique du travail.C'est bien entendu, qu'il y a plusieurs années, le bibliothécaire effectuait lui-même le catalogage, la classification, la dactylographie et le classement de ses fiches; le médecin s'occupait entièrement de son patient, sans collaboration; le professeur ne bénéficiait d'aucune aide pour préparer son cours; à ce compte-là, ils étaient vraiment les seuls responsables de leurs succès ou de leurs échecs.Mais aujourd'hui, ce n'est plus la même chose, le travail est réparti entre plusieurs personnes, si bien qu'en cas de succès, c'est toute l'équipe qui mérite des félicitations, la base autant que le sommet.Et en cas d'échec, le personnel de soutien ne doit pas porter seul le fardeau des reproches.J'ai travaillé, il y a plus d'une décennie pour une banque montréalaise.Nous étions, au Bureau-chef, à peu près une centaine d'employés.À ce moment-là il n'y avait pas de syndicat, le grand patron était donc le maître incontesté du lieu.Mais cet homme, - rïk i-1 H - (Photo: Service de micropholographie) PLEINS FEUX SUR LE PERSONNEL DE SOUTIEN qui chaque matin, se promenait parmi les membres de son personnel, les saluant tous, portiers, messagers, caissiers aussi bien que comptables, était estimé de tous justement parce qu'il s'intéressait à chacun.Il s'informait de leur santé, voyait d'un coup d'oeil discret si tout fonctionnait.Cette promenade parmi son personnel s'avérait pour lui très importante et il avait raison.C'était paternaliste, assurément, mais réconfortant.Quand j'observe le conservateur qui, à chacune de ses visites, se promène parmi les employés leur adressant à chacun un petit mot gentil, je pense à cet ancien patron et je trouve cela sympathique.Cette façon de procéder démontre son accessibilité, son intérêt pour nous tous.Bien entendu, le personnel de soutien possède maintenant son syndicat (et c'est probablement le plus beau fleuron de la couronne de ces organismes que d'avoir réussi à grouper tous ces gens oeuvrant dans l'anonymat, à leur donner voix au chapitre) mais ce n'est pas suffisant.Le fait d'avoir un personnel syndiqué n'enlève pas à une administration le devoir, l'obligation de maintenir le bon moral de «ses troupes ».Pour l'agent de bureau, la secrétaire, la dactylo, etc.dont le travail est plus discret, plus effacé que celui du bibliothécaire par exemple, il importe qu'ils sachent que leur apport est précieux, essentiel à la bonne marche du service; aussi qu'ils font partie intégrante de l'équipe.Si les administrateurs dans les hôpitaux se promenaient un peu plus souvent dans les bureaux, la cuisine et la buanderie, le nombre de débrayages spontanés, de mécontentements et de plaintes, de la part de leur personnel de soutien diminuerait, sans doute, sensiblement.Porter une attention spéciale à son personnel de soutien, l'intégrer harmonieusement à l'équipe, ne se révèle pas une question de gentillesse, voire de condescendance, mais une simple notion de justice.Laurette L.Caron 8 BULLETIN DE LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE QUÉBEC /SEPTEMBRE 1975 POINT DE VUE D'UN ECRIVAIN ET CHERCHEUR ou LES ANGOISSES D'UNE CIGALE-FOURMI Une section de la Bibliothèque nationale du Québec (Photo; Service de microphotographie! Je sais, les fourmis n'ont pas bonne réputation depuis qu'elles ont envoyé promener la cigale; on a prétendu que leurs réserves étaient faites au détriment de ceux qui n'accumulent rien.Bien sûr, la morale donnait raison à la fourmi, mais danser et chanter c'est tellement plaisant et le travail de fourmi paraît tellement terne.Moi je suis un curieux mélange: cigale-fourmi! Et croyez-moi, ça fait encore plus suspect.Je suis de ceux qui refuse de mourir, qui s'objecte à enterrer le passé de peur d'hypothéquer irrémédiablement notre avenir.L'amnésie est un risque d'asphyxie.Tout lien m'importe! Pour moi, la notion même de « passé » est une supercherie: nous sommes des maillons d'une chaîne et responsables de tous les moments de notre visage! Et je ne suis pas le seul.Comprenez donc ce qu'est pour nous une Bibliothèque nationale du Québec: notre réservoir, notre carburant, notre congélateur, notre cordon ombilical, notre gardienne de sécurité! Parce que nous sommes d'une race qui ne veut pas mourir.On trouve ça tellement important notre Bibliothèque nationale qu'on est prêt à la défendre jusqu'au bout.On a déjà sorti nos armes pour sauvegarder son intégrité.Parce que c'est le rôle d'une Bibliothèque nationale d'être un lieu vivant de notre culture.Parce qu'on est écrivain, on sait que des archives littéraires ne se traitent pas comme toutes les autres et on tient à ce que nos archives et manuscrits accompagnent nos oeuvres pour les éclairer, les prolonger.Bien sûr, on est fier de notre Bibliothèque nationale: les collections rassemblées ont déjà la saveur de la sève, il y a promesse de bourgeon; la politique d'acquisition, de récupération, d'accessibilité atteint parfois une efficacité qui touche à la prestidigitation.Certains services que m'a rendus et que continue à me rendre la BN me gênent presque.À force de la fréquenter, je m'y suis fait des amis, des complices.Mais je suis quand même inquiet, peut-être même pressé et pressant.J'ai de moins en moins le goût d'attendre.On ne fait pas assez pour la Bibliothèque nationale! Mon penchant fourmi est moins angoissé que mon côté cigale: l'effort de conservation, le travail de récupération peut trouver des défenseurs, les contempteurs de choses mortes pourraient à la rigueur y trouver satisfaction.Pour les fossoyeurs de notre culture, notre BN peut être un excellent cimetière! On n'a qu'à en faire un lieu d'abandon, lui grignoter ses responsabilités, sa crédibilité, son « leadership », sa force de polarisation, de cris-talisation.On a qu'à continuer la politique de l'éteignoir: ne pas favoriser l'éclatement de la BN dans tous les champs de la culture, de tripoter le sens même de culture pour en faire soit un quelque paravent élitiste, soit un vague tissu sociologique.Semer la zizanie, la suspicion, disperser les différents dépôts de la BN aux quatre coins des possibilités, élaborer de vastes projets de construction mais ne jamais passer aux actes.Je pourrais continuer des pages tant je suis amer.Je n'ose pas formuler des objectifs, des projets de crainte qu'on m'accuse d'être un rêveur, une vulgaire et paresseuse cigale quoi! Si bien que je ne prends pas de risque: depuis l'âge de douze ans, je collectionne les imprimés québécois (les manuscrits aussi cela s'entend).Toutes mes archives et les quelque 20 000 manuscrits littéraires, plus environ 8 000 imprimés, tout cela n'est pas à l'abri du feu, requiert des soins, devrait être accessible.En tant qu'écrivain et chercheur, une des choses qui me gênent le plus: je n'ai pas accès aux livres directement.Voir, toucher, feuilleter n'est pas la même chose que commander un livre à partir d'un fichier.Les vraies découvertes que j'ai faites ce fut toujours devant des bibliothèques qui avaient une âme.Puis, je trouve qu'on devrait avoir des bibliothèques classées par genre littéraire, par centre d'intérêt.Soit que la BN favorise et collabore à la mise sur pied d'une fondation privée, soit qu'elle inaugure des collections particulières qui pourraient accueillir ces bibliothèques d'écrivains et de chercheurs qu'il ne faudrait pas disperser.BULLETIN DE LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE QUÉBEC/SEPTEMBRE 1975 9 RACONTÉ EN CARTES: MONTRÉAL, CIRCA 1875.Voyez-vous, c'est mon côté cigale qui cherche comment son côté fourmi pourrait satisfaire ses goûts de cigale, sans rebuter sa complice.À la différence de la cigale de La Fontaine, je ne viens pas crier famine.Non pas que je n'ai pas faim, mais je suis seulement venu vous dire: Je vous trouve tellement essentielle que vous ne serez jamais assez parfaite! Et j'ai l'impression que vous n'avez pas trop de monde pour vous aider.Gaétan Dostie GAÉTAN DOSTIE est écrivain, chercheur, critique littéraire et professeur de CEGEP, en littérature québécoise.NOUVEAU SICOTTE,LOUIS WILFRID - Cadastral Plans: City of Montreal [ca 1874] - Plans officiels de la Paroisse do Montreal [10 78] -Plans ofliciels des Comtés d'Hochelaga et Jacques-Cartier 1876 moinlmcnt dupon.blet » Put n -.i , .• fociltfé d>nl,ipo,oqo • Dilponibilitt' df la d«um*n,o>'on en i admionr u 'o ¦ llllOTMfOUE NATIONAll OU OUUtC 1700.IV, lainl.Otni, Parmi les productions du Service de microphotographie, quelques titres d'atlas trouvent déjà place.Ce genre de documents ayant fait l'objet d'une forte demande, de nouveaux titres viennent dès maintenant s'ajouter à ceux mentionnés dans le Catalogue des microéditions 1974, dont: Plans officiels des comtés d'Hochelaga et de Jacques Cartier, de Louis-Wilfrid Sicotte.Avocat de profession et travaillant pour le Bureau du Cadastre, de Montréal, Louis-Wilfrid Sicotte se chargea de l'enregistrement de: Cadastral plans: city of Montreal, datant environ de 1874 et dont les plans furent dressés par F.W.Blaiklock et E.-H.-Ch.Lio-nais, arpenteurs et dessinateurs, également du Bureau du Cadastre.En 1878, L.-W.Sicotte veille à l'enregistrement des Plans officiels de la paroisse de Montréal, préparés cette fois par F.W.Blaiklock et J.-H.Leclair.Ces trois titres sont maintenant disponibles et, chacun d'entre eux ayant été produit indépendamment des autres, ils peuvent être commandés individuellement.Michèle Ouellette 10 BULLETIN DE LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE QUÉBEC/SEPTEMBRE 1975 COLLOQUE D'ÉCRIVAINS DE NOUVELLE CULTURE FRANÇAIS AMÉRICAINS QUEBECOIS RENCONTRE INTERNATIONALE DE LA CONTRE-CULTURE « Nous levons l'ancre, qui se balance à l'avant; les grandes voiles se gonflent; les sonnettes donnent à plein; les trois cacatois s'incurvent sous la brise qui nous poursuit au large comme une chienne hurlante.Toute voile dehors, comme un épervier aux ailes étendues, nous faisons glisser notre ombre sur la mer, et tanguant et roulant, nous fendons l'onde salée.Où allons-nous?Où cinglez-vous, mariniers?» Herman Melville, Mardi « Chose sûre, chose certaine, y faut tout faire sauter.Bon maintenant que c'est dit, passons à autre chose ».Jean-Marie Poupart Chère touffe, c'est plein, plein d'fautes dans ta lettre d'amour.(Photo: Service de microphotographie) Les tenants ou prônants actuels d'une culture différente et alternative sont partagés entre une inconscience des choix à faire et une incohérance du dit au fait.Partagés également entre une culture de masse, accessible à tous, et une culture expérimentale, où un renouveau constant des formes éviterait le statisme.D'où les conflits actuels opposant les partisans d'un marxisme dogmatique, désireux de percevoir la production culturelle à travers l'analyse de la lutte des classes à ceux qui ont envie d'une liberté plus grande de perceptions, cela n'excluant pas toutes les tendances en deçà ou au-delà.De là nous apparaissait la nécessité d'une confrontation publique.Elle s'étendit sur une période de sept jours, sous diverses activités ayant principalement lieu à la Bibliothèque nationale du Québec, cela du 21 au 27 avril avec le titre collectif de « Rencontre Internationale de la contre-culture ».Partiellement internationale puisque regroupant des participants du Québec, des U.S.A.et de la France; des raisons financières aussi bien que techniques nous ayant empêché d'avoir des invités de Chine, des pays socialistes, du tiers-monde ou de l'Amérique latine.Nous n'avons pas voulu y faire d'apologie ou de contestation de la contre-culture sous l'une ou l'autre de ses formes, mais il y jaillit d'importantes contradictions, pour ne pas dire d'évidents conflits, qui autrement sont souvent marqués par le contexte des pratiques quotidiennes de nos participants, tant dans la salle que sur la scène.Quoique souvent les motifs ou les aboutissants du débat se perdirent dans une certaine confusion due au nombre de gens dans la salle et à un manque d'information préalable.Plusieurs points qui semblèrent clairs ou même répétitifs aux intervenants ne furent même pas perçus dans la salle.Il était beaucoup plus justifiable de donner une « situation-nelle » socio-historique à un phénomène qui regroupait, et on s'en est rendu compte, un nombre incroyable de tendances, du pacifisme américain à l'indépendantisme « explosif » québécois en passant par l'anarchisme de mai '68 en France, tendances qui ne faisaient pas toujours bon ménage dans la même salle.Cette dialectique du débat ouvert a permis de faire un point, aussi instable soit-il, au delà duquel il faut maintenant aller pour poursuivre une lutte entreprise sur bien des fronts à la fois.La semaine était divisée en différents événements dont les ateliers de l'après-midi et les interventions du soir.Les ateliers furent de loin les lieux où le plus d'éléments constructs d'analyse et de travail s'énoncèrent.Touchant à cinq thèmes génératifs, et animés par un modérateur en plus de cinq ou six intervenants spécialisés, ils permirent à la salle de clarifier des situations qui, pour beaucoup, n'apparaissaient pas encore dans leur compréhension de la situation.La salle Saint-Sulpice fut toujours bien remplie, ce qui en surprit plus d'un étant donnée l'heure ou la teneur « sérieuse » des ateliers.Il est cependant à déplorer le manque de temps et d'espace qui a empêché de constituer des petits groupes de travail étudiant des sujets précis d'une manière plus calme.Ce qui produisit souvent, dans une salle de 400 personnes, des retours à certaines généralités, inévitables pour un groupe où le niveau de compré-hensibilité est lié à celui d'intelligibilité physique.BULLETIN DE LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE QUÉBEC/SEPTEMBRE 1975 11 Et il y avait des enfants qui pleuraient, des chanteurs qui chantaient, des danseurs qui dansaient.et des journalistes pour en parler Les interventions, elles, furent beaucoup plus houleuses, cela à cause de la présence sur une même scène d'individus venant de milieux et de tendances qui diver-gaient souvent diamétralement.Il s'agissait d'étoffer le débat par des témoignages d'individus sur leur pratique personnelle.Cependant la question « magique »: « Qu'est-ce que la contre-culture?» nous fut servie à toutes les sauces.D'un autre côté, l'aggressivité de certains commentaires et interventions venant de la salle a témoigné des préoccupations d'une foule qui n'avait rien de la joyeuse bande de prophètes fleuris et inoffensifs qu'on associe au terme contre-culture.La semaine eut sa conclusion en un spectacle-fête au Palais du Commerce le dimanche 27 avril de 4 hres p.m.à 2 hres a.m.Spectacle très diversifié et hétérogène dans son contenu et sa forme, qui se déroula devant un peu plus de 1000 personnes ce qui est peu, et cela s'explique sans doute par un manque de publicité spécifique et le temps choisi: un dimanche.Il y eut toutefois des moments carrément extraordinaires et les gens qui y assistèrent parurent s'amuser ferme.D'autres activités connexes eurent également lieu: entre autres, des projections de films, qui attirèrent une bonne quantité de gens; une programmation vidéo au Vidéographe; une exposition de collages et de murales photographiques dans le hall et la galerie, ainsi qu'une série de spectacles de musique.Cependant la scène parallèle la plus importante restait la rue St-Denis elle-même, qui semblait plus colorée que d'habitude.Et les nombreux bars ou cafés autour de la Bibliothèque nationale du Québec furent le site de rencontres pour le moins intéressantes.Il y eut sans doute autant sinon plus de débats à l'extérieur qu'à l'intérieur de l'enceinte.L'Équipe, qui réalisa l'événement, constituée d'une dizaine de personnes provenant de milieux différents, appuyée techniquement par l'Atelier d'Expression Multidisciplinaire, a sans doute encore beaucoup à dire sur le déroulement de la Rencontre.Sans argent, dans une mer de contradictions, avec fort peu d'expérience de ce genre d'événement, il s'agissait d'une situation d'apprentissage idéale et nous avons tous beaucoup appris.Une chose, toutefois, demeure certaine, c'est que nous désirons continuer cet apprentissage/production.Le travail entrepris pour et pendant cette semaine doit se poursuivre et aller plus loin que les découvertes que nous y avons faites.Bon nombre de projets s'esquissent et nous espérons des appuis multiples.Il est certain que dans le contexte actuel nous devons encore lutter contre les mêmes tendances: le fatalisme et le dogmatisme.Il faut pour cela tenter de provoquer l'éveil en milieu étudiant et donner à la critique des outils de construction.Comment?Nous trouverons bien avant d'asphyxier.Et conclure.?Je pense qu'il n'y a pas à conclure; il serait facile de dire qu'avec plus d'argent et des moyens techniques tout aurait été différent, mais est-ce que c'aurait été mieux ainsi?Nous avons agi, nous comptons poursuivre, quoi d'autre à dire.Il n'est plus le temps des insistances mais celui des résistances.Nous aimerions remercier ici la Bibliothèque nationale du Québec pour son accueil et sa collaboration grâce au Service des manifestations culturelles.Nous avons particulièrement apprécié la participation empressée du Service des publications dont l'initiative, avec le concours du Centre bibliographique, par lui sollicité, nous a valu un document de travail exceptionnel.Marc Des jardins Membre du collectif de la Rencontre Internationale de la Contre-Culture L'Atelier d'expression multidisciplinaire 12 BULLETIN DE LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE QUÉBEC /SEPTEMBRE 1975 LE THÉÂTRE, LA CULTURE ET LA VIE QUOTIDIENNE.L'initiative de la Bibliothèque nationale du Québec et plus particulièrement du Service des manifestations culturelles, face à un phénomène aussi important que l'évolution et l'expression du jeune théâtre québécois, témoigne de l'attitude de plus en plus consciente de certaines institutions devant la situation d'un peuple engagé dans un processus d'identification.Ce processus n'est décelable, jusqu'à présent, que chez certains groupes sociaux, plus activement chez les jeunes: étudiants, intellectuels ou autres.Et ce qu'intuitivement nous ressentons et désirons, nous ne pouvons que le transmettre, le partager, comme pour mieux le comprendre et l'assumer.Un des moyens privilégiés par lequel il est possible de communiquer et de concrétiser toute aspiration, toute action à tenter en vue du développement culturel et social d'un peuple, est le théâtre, plus spécifiquement le langage théâtral comme outil révolutionnaire.Le spectacle que nous présentions le 22 mars dernier « Y ta noir dans mon tiroir » à la salle Saint-Sulpice de la Bibliothèque nationale du Québec, poursuivait, entre autres, deux objectifs précis.Le premier: démontrer qu'il est possible, pour tous, de participer à la création d'un théâtre québécois, sans pour autant avoir reçu de formation technique.Ce n'est pas tant l'utilité pratique d'une telle formation que nous mettons en doute que la conception de son « Protestation contre l'idée séparée que l'on se fait de la vie, comme s'il y avait la culture d'un côté et la vie de l'autre; et comme si la vraie culture n 'était pas un moyen raffiné de comprendre et d'exercer la vie.» (Antonin Artaud, Le théâtre et son double) absolue nécessité dans le devenir du jeu dramatique, aux dires d'une certaine élite théâtrale bourgeoise.Il nous apparaît plus favorable de développer la créativité de l'individu dans l'action quotidienne que de l'enfermer dans des stéréotypes conformes à une esthétique académique, classique et vide.En dépouillant au maximum notre théâtre de tous ses artifices secondaires (décors, costumes, éclairages extravagants) nous rendons le comédien /homme à lui-même, à sa simplicité, pour l'amener à utiliser pleinement son corps, sa sensibilité, à faire coincider le vécu quotidien avec l'action dramatique immédiate, pour occuper tout l'espace du lieu théâtral, tout l'espace dans la tête du spectateur/acteur de sa propre vie montrée sur la scène.Notre deuxième objectif était de traduire, par le biais de l'activité ludique, la réalité quotidienne et d'inscrire simultanément son propre procès.1 On ne doit pas isoler entre eux les différents aspects sociaux, politiques et culturels d'une même société, car, par exemple, vider la culture de son contenu social et politique consiste à la désincarner, à lui retirer toute signification.C'est aussi faire de toute forme d'art, une sorte de bonbon de luxe et inoffensif, produit par cette élite et qui ne sert que ses intérêts en contraignant le peuple à la consommation passive d'un divertissement Scène de la pièce de théâtre (Photo: Service de microphotographie) d'où est absente toute trace d'un vécu immédiatement perceptible.En ce sens, l'initiative de la BNQ doit être considérée comme un événement important (c'est dans la transformation de ses institutions qu'une société se transforme) tant au point de vue de la reconnaissance du jeune théâtre, comme perspective d'un changement, que dans l'importance accordée au dialogue spectateur/comédien après chacune des représentations et qui suscitait l'attitude critique, donc créatrice, du spectateur, face au langage théâtral et à sa position dans ses implications sociales, politiques et culturelles.Et le théâtre aura atteint son but lorsqu'il assumera entièrement son rôle de médiation et de divertissement (au sens brechtien).Jean-Louis Parent au nom des « Mal Commode » ' La pièce divisée en tableaux distincts, illustrant chaque fois un jeu (jeux d'enfants ou bien dans un sens global: — «jouer un rôle » — représentation du rôle social déterminé pour chaque individu par la structure de la société, jeux favorisant la compétition à tous les niveaux.) qui consistait à hiérarchiser tout rapport numain, et tendant à annuler ainsi toute communication sociale, et tout effort vers une conscience collective.À travers ce cheminement nous inscrivons le procès d'une réalité faussée.BULLETIN DE LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE QUÉBEC /SEPTEMBRE 1975 13 La semaine de la chanson québécoise %a I chant'août LA SEMAINE DE LA CHANSON QUÉBÉCOISE Symbole de la manitesiation Proclamée par le ministre des Affaires culturelles, monsieur Denis Hardy, la Semaine de la Chanson québécoise s'est avérée un franc succès.En effet, du 10 au 17 août, sur les hauteurs d'un Québec encore frais témoin de la Super-franco-fête, nos jeunes aèdes et musiciens ont tenté en langages divers de chanter leur pays, leurs amours et leurs aspirations.Ce fut ce que Vigneault, dans une heureuse fusion de mots, appelle la «Chant' Août », ce temps des récoltes qui a permis au public de recueillir les fruits variés d'une longue pléthore de chansonniers.Le point d'attraction le plus important de ce festival de la chanson fut la petite Bastille et les terrains avoisinants où s'installaient la grande scène et les quatre pavillons thématiques.C'est à l'occasion de cet événement que la direction de la Bibliothèque nationale a fait paraître un troisième numéro à sa série des Bibliographies québécoises sous le titre de « La chanson québécoise 1965-1975 ».Cette publication renferme au-delà de 2 000 notices concernant les chanteurs, les compositeurs et les chansonniers.Il était inévitable que cette longue nomenclature ne comportât point de noms d'oeuvres et d'auteurs de valeur inégale, voire contestable.(L'industrie parfois l'exige).Il reste que l'amateur, l'étudiant tout autant que le chercheur auront l'occasion de puiser dans cette publication une excellente matière à recherche.Cette récente bibliographie de la Bibliothèque nationale témoigne de l'extraordinaire influence de nos chansonniers sur un public sans cesse plus nombreux et plus fervent.Elle perpétue à sa façon l'apport bénéfique, sur plusieurs plans, de la Semaine de la Chanson québécoise.Guy Maufette a préfacé l'ouvrage; il l'a fait avec un bonheur évident.Avec une fantaisie des plus rafraîchissantes et un sens de l'émerveillement jamais émoussé, ce rêveur éveillé évoque avec à propos les noms de devanciers célèbres dont le charme d'époque et la sûreté du métier devraient assurer la pérennité des oeuvres.Maufette veut se souvenir d'artistes excellents dont l'art a ouvert la voie à la chanson québécoise.Le Service de l'Information des Affaires culturelles qui s'efforce de mettre en lumière les réalisations culturelles des différents services attachés au ministère est heureux de seconder la dernière parution de la Bibliothèque nationale.Il a le sentiment de servir ainsi la chanson québécoise et de contribuer à la diffusion de l'ouvrage que l'on y a consacré.Un certain nombre d'exemplaires, en provenance du ministre, sont parvenus aux organismes concernés.C'est encore sur les ailes de la chanson que la musique et la poésie peuvent atteindre le plus allègrement le grand public.Ceux qui la pratiquent sortent généralement du peuple et de l'anonymat pour aller à la rencontre d'auditoires qui ne demandent qu'à vibrer avec eux.Selon Joseph Jol-liet, le goût de la musique et du chant sont, pour ainsi dire, les premiers sourires de la culture.Il est donc à souhaiter que « La Chanson québécoise 1965-1975 » puisse entretenir ces sourires chez un public de plus en plus attentif à la chose musicale et poétique.Jean-Marie Bussières Agent culturel Service de l'Information 14 BULLETIN DE LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE QUÉBEC/SEPTEMBRE 1975 FESTIVAL INTERNATIONAL DU CINÉMA EN 16MM MONTRÉAL Le Cinquième Festival International du Cinéma en 16mm de Montréal aura lieu à la Bibliothèque nationale du Québec du 21 au 26 octobre 1975.La mission spécifique de la Bibliothèque Nationale du Québec — conservation et acquisition — implique un complément essentiel: la diffusion.Cet objectif incombe particulièrement du Service des Manifestations culturelles qui doit encourager, susciter ou organiser des activités directement ou indirectement reliées i x livres afin de favoriser l'essor culturel.L'institution dispose, entre autre, d'un amphithéâtre spacieuy d'une capacité d'environ 500 sièges, de jeux de lumière, d'une cabine de projection et d'équipement festival irrcEmAiionAL c.nÉmAEni6mm mon^éal sonore.Disposant des aménagements physiques, c'est dans cette optique, que la Bibliothèque nationale du Québec invite le Festival à illustrer, dans ses murs, le développement de l'art cinématographique dans les pays différents.Le Festival se donne pour objectifs de découvrir et de promouvoir chaque année les films de qualité supérieure réalisés en dehors de l'industrie cinématographique conventionnelle.Le Festival de Montréal demeure toujours unique dans son genre et le principal carrefour international du cinéma 16mm.Les films sont choisis selon des critères d'originalité, de conception, d'idées, de structure et de forme.Le Festival accorde un intérêt particulier aux cinéastes dont l'oeuvre s'oriente vers des idées progressistes et dont l'usage original du format 16mm contribue à révolution de cet art.Ainsi le Festival espère-t-il de par l'occasion qu'il offre de visionner ces films, aider à leur diffusion ultérieure au Canada.L'année dernière, le programme du Festival comprenait plus de cinquante heures de films choisis parmi quelque 300 soumissions.Suite aux projections, le Festival offre des séances d'information et des rétrospectives intéressantes ainsi que des rencontres et des discussions avec les cinéastes invités, le public et les représentants de la presse.Le Festival est organisé par la Coopérative des Cinéastes indépendants et se veut un événement culturel d'information dédié à la promotion du cinéma progressiste et indépendant.Claude Chamberland CLAUDE CHAMBERLAND fait partie du conseil exécutif de la Coopérative des Cinéastes indépendants; il occupe le poste de coor-donnateur.BULLETIN DE LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE QUÉBEC /SEPTEMBRE 1975 15 PUBLICATIONS DE LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DU QUÉBEC Les Ouvrages de référence du Québec Introduction bibliographique aux principaux ouvrages de consultation du Québec dans toutes disciplines.Comporte 609 notices bibliographiques avec annotations établies d'après l'examen des documents mêmes.Index des auteurs et des titres.Mises à jour prévues tous les deux ans.189 p.$4.50.En vente exclusivement chez l'Éditeur officiel du Québec Hôtel du Gouvernement, Québec, G1A 1G5 Bibliographie du Québec Bibliographie courante des publications québécoises ou relatives au Québec.Publiée trimestriellement depuis le mois d'avril 1969, et mensuellement depuis le mois d'avril 1972.De plus, une rétrospective de l'année 1968, de même que les index cumulatifs pour les années 1968/69, 1970, 1971, 1972 et 1973 ont déjà paru.Présentement elle est distribuée gratuitement aux bibliothèques, aux maisons d'édition, aux libraires, ainsi qu'à toute association ou institution qui en fait la demande par écrit à la Bibliothèque nationale du Québec.Collection Jacques Mordret Catalogue d'une collection privée acquise par la Bibliothèque nationale d'un Français devenu, depuis plusieurs années, Québécois d'adoption, et constituant le premier d'une série de bibliographies, sur divers sujets, que la bibliothèque a l'intention de publier.Ce catalogue présente des ouvrages rares, des manuscrits, dont le plus ancien remonte à 1316, et de nombreux documents sur la période de la Révolution française.Cette publication, à tirage limité, est distribuée aux bibliothèques nationales à travers le monde, aux principales bibliothèques du Québec et du Canada ainsi qu'à certaines bibliothèques universitaires françaises.Ml maassÊBÊBS .____ Répertoire analytique d'articles de revues du Québec (RADAR) Répertoire savérant une synthèse du Québec, RADAR dépouille et analyse tous les articles de cent revues choisies selon leur intérêt d'utilisation reconnu par tous les chercheurs.Le choix de ces revues dont la liste est constamment mise à jour par un comité formé de spécialistes s'est effectué en tentant de toucher tous les aspects intéressant tout autant la collectivité québécoise qu'un vaste public international.C'est une publication bimestrielle dont le dernier des six numéros constitue une refonte annuelle.Le prix de l'abonnement annuel est de $75.00 Pour toute correspondance relative aux abonnements, écrire à: RADAR, Case postale 2447, Québec G1K 7R4, QUÉBEC.Bulletin de la Bibliothèque nationale du Québec Si vous désirez recevoir gratuitement notre bulletin à titre personnel, un plaisir d'inscrire votre nom sur notre liste permanente d'envoi.votre commande à: Bibliothèque nationale du Québec Service des publications 1700, rue Saint-Denis Montréal H2X 3K6, QUÉBEC.nous nous ferons Veuillez adresser 16 BULLETIN DE LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DU QUÉBEC/SEPTEMBRE 1975
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