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Titre :
Bulletin de la Bibliothèque nationale du Québec
Le Bulletin de la Bibliothèque nationale du Québec, publié à Montréal de 1973 à 1983, rend compte des activités de la bibliothèque et présente ses richesses documentaires. [...]
Le Bulletin de la Bibliothèque nationale du Québec, publié à Montréal de 1973 à 1983, rend compte des activités de la bibliothèque et présente ses richesses documentaires. Le Bulletin est publié au rythme de quatre à six parutions par année. Il fait suite au Bulletin de la Bibliothèque nationale (1967-1972). Créée en 1967, la Bibliothèque nationale du Québec est logée au 1700, rue Saint-Denis à Montréal, dans le bâtiment de la Bibliothèque Saint-Sulpice, dont elle est l'héritière. Elle a pour principale mission de conserver et de diffuser le patrimoine documentaire québécois. Le Bulletin contient de nombreux articles rédigés par les bibliothécaires de l'institution, qui y présentent des portraits de collections et des trouvailles. On y découvre aussi les activités de l'institution, telles que le travail bibliographique, les expositions et les initiatives de mise en valeur des collections, les acquisitions de fonds d'archives, la référence, la reliure et les services techniques. La Bibliothèque nationale du Québec étant dépositaire légale de l'imprimé québécois, on trouve dans le Bulletin de nombreuses études statistiques sur l'édition québécoise ainsi que des portraits de l'état de la publication sur différents sujets. La bibliothèque profite de la revue pour présenter ses activités de rayonnement ainsi que ses publications d'ouvrages bibliographiques et de référence. Médium d'information sur le livre, l'imprimé et la bibliophilie, le Bulletin publie autant des articles sur la littérature et l'histoire que sur des incunables, des livres d'artistes et des cartes géographiques. En 1984, le Bulletin fait place à L'Incunable - Bulletin de la Bibliothèque nationale du Québec (1984-1986).
Éditeur :
  • [Montréal] :la Bibliothèque,1973-1983
Contenu spécifique :
février
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
quatre fois par année
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Bulletin de la Bibliothèque nationale
  • Successeur :
  • Incunable,
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Bulletin de la Bibliothèque nationale du Québec, 1976-02, Collections de BAnQ.

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?bulletin de la bibliothèque nationale LDDDD Montréal — Numéro spécial — Février 1976 (Photo: Service de microphotographie! Rencontre sympathique, à la Bibliothèque nationale du Québec, lors de l'ouverture de l'exposition Nadeau: Gaston Miron, Jacques Nadeau, Cécile Chabot, Mme Jean-Marie Nadeau, le juge André Nadeau, Gaétan Dostie, Mme Gabriel Nadeau (épouse du Dr Gabriel Nadeau), RobertChoquette, Jean-Jacques Lefebvre, Jean-Rémi Brault, Roland Auger, Mme Prévost.(Photo, Service de microphotographie). ?DODO UDl.?¦?\ bulletin de la bibliothèque nationale du quétx SOMMAIRE Photo Service de microphotographie Montréal - N'spécial - Février 1976 DIRECTION Louis Bélanger COMITÉ DE RÉDACTION Roland Auger Laurette Caron Hélène Roussel PHOTOGRAPHIE Jacques King (Service de microphotographie) COLLABORATEURS Jean-Paul Brousseau Robert Choquette Jean-Jacques Lefebvre Courrier de la deuxième classe Enregistrement no 1503 Dépôt légal — 1 trimestre 1976 Bibliothèque nationale du Québec CN ISSN 0045 — 1967 Reproduction autorisée des textes non copyright, sur demande et mention de lauteur et de la source.Les articles publiés n'engagent que leurs auteurs.LE BULLETIN DE LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DU QUÉBEC est publié trimestriellement.Il est distribué gratuitement à titre personnel.On peut se le procurer en adressant sa demande à la: Bibliothèque nationale du Québec Service des publications 1700, rue Saint-Denis Montréal H2X 3K6, QUÉBEC 1- Soirée passionnante en hommage au Dr Nadeau 2- Le docteur Gabriel Nadeau 3- Visite à Louis Dantin 4- La Collection Nadeau, une mine sur Dantin 5- Collection Nadeau Colette Fortier Jean-Jacques Lefebvre Robert Choquette Jean-Paul Brousseau Roland Auger SOIRÉE PASSIONNANTE EN HOMMAGE AU DR GABRIEL NADEAU f£v»M>;oi?:oiiiiïft?s mmm\ Choquette, Robert.Métropolitain Museum.Montréal, s.n., 1931.29 p.Voici comment les choses se passèrent dans la soirée du 27 novembre à la Bibliothèque nationale du Québec, car, dans cette aire unique de silence, on chuchote de plus en plus qu'il plane parfois du mystère sous les grands candélabres.L'ouverture de l'exposition de la collection du Dr Gabriel Nadeau débuta par un mot d'accueil de M.le Conservateur de la B.N.Q., qui donnait la genèse de l'acquisition de ce trésor, grâce aux démarches de M.Roland Auger, coordonnateur du Département des collections spéciales.Un discours de M.Jean-Jacques Lefebvre, ex-conservateur en chef de la Bibliothèque Saint-Sulpice et ancien directeur des 2 BULLETIN DE LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DU QUÉBEC / FÉVRIER 1976 Archives judiciaires de Montréal éclairait la contribution exceptionnelle du Dr Nadeau en tant que médecin, romancier, éditeur, historien, historien de la médecine, généalogiste, critique littéraire, collectionneur et correspondant de marque.Il traça également les points de convergence de leurs carrières respectives dans l'amitié et l'échange.Anticipant la visite de l'exposition — grâce à l'obligeance et à la participation active du Ministère des Communications à Montréal — divers services de la B.N.Q., dont le Département des manuscrits, d'ailleurs également responsable de la recherche et de l'exposition proprement dite, le Service de microphotographie, les Services publics et le Service des manifestations culturelles présentèrent, en collaboration, un diaporama.Ce dernier illustrait les diverses étapes de la vie de cet eminent médecin universel, donnait un léger aperçu de sa polyvalence et de ses multiples contributions à l'avancement des Franco-Américains comme de la médecine et enfin témoignait de sa fidélité au Canada français.Ce document mit l'assistance en appétit, relativement à l'exposition proprement dite, mais provoqua également la soif, en raison de plusieurs éléments du diaporama.L'heure du vin d'honneur avait d'ailleurs sonné! Ce fut la merveilleuse rencontre de tous les invités qui trouvèrent un vif plaisir à échanger des souvenirs relatifs au Dr Nadeau de même que le récit d'expériences respectives.Parmi les invités, signalons la présence de l'épouse du héros de la fête, Mme Nadeau, car la santé du docteur ne lui permit pas de faire le voyage.Il y avait également une tante et une nièce du Dr Nadeau (Mesdames Yvonne Rodier et Thérèse Nadeau), le Juge André Nadeau, Mme Jean-Marie Nadeau, son fils (Jacques), le juge Léon Lalande, de nombreux écrivains, dont en particulier, Robert Choquette, un correspondant du Dr Nadeau et de Louis Dantin.L'exposition comporte d'ailleurs, outre des éditions de luxe à tirage limité de Robert Choquette, dont Metropolitan Museum, plusieurs documents pertinents.Cécile Chabot s'y trouvait aussi, elle qui avait dédicacé au Dr Nadeau plusieurs éditions illustrées de son Vitrail.Bref, on comptait d'autres merveilleux poètes: Gaston Miron, Gaétan Dostie; des auteurs: Charlotte Savary, Pierre Page, Jean Bruchési (historien), des gens de théâtre illustre: Nicole Germain, Ovila Légaré, Paul Guèvremont et Yves Bourrassa.Il y avait aussi de nombreux professeurs de lettres et d'éminents médecins, dont le Dr Edouard Desjardins, directeur de l'Union Médicale, Dr Thérèse Cartier, Dr Marcel Cadotte et le psychanalyste Jean-Baptiste Boulanger.Colette Fortier LE DOCTEUR GABRIEL NADEAU © Été 1927.Lindbergh vient de réaliser, en mai, son immortel exploit.Depuis quatre ou cinq mois, j'occupe un emploi de clerc au palais de justice.De cinq à sept, je vais classer des lettres au bureau de poste, avec de nombreux étudiants, pour ajouter quelque peu aux maigres appointements des employés de justice.L'un d'eux m'offre de le relever, pendant l'été, à faire la lecture pendant leur dîner, aux Sulpiciens retraités du vieux Séminaire de la Place d'Armes.La rémunération: les trois repas du jour.C'est avant la grande crise de '29.La table y est savoureuse, repose et compense de la maigre cuisine des gargotes accessibles aux étudiants.Outre le bon exercice de diction que constituait cette lecture, de vieux Messieurs charmants venaient aussi en relever les faiblesses, quand il y avait lieu.J'y gagnai de lier connaissance avec une grande personnalité du Séminaire, M.Hector Filiatrault, un fin lettré, assez désabusé par ailleurs, et d'y gagner ma plus longue amitié, oeut-être, celle même de l'émi-nent médecin et écrivain dont la personnalité et la générosité nous vaut d'être réunis ici même ce soir.Car nous étions deux — j'étais alors inscrit à la faculté de philosophie — en qualité d'étudiants, à procéder à cette lecture, à bénéficier de cette hospitalité du Séminaire.Le premier jour que je m'y présentai, je me trouvai, à la petite salle à manger qui nous était réservée, face à un homme de taille peu élevée, mais de tête sculpturale, le teint mat, les yeux pers, la BULLETIN DE LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DU QUÉBEC / FÉVRIER 1976 3 rmoiriPSHA intlenii un dns \ \ \ \ vJï_.—y ?4* Jlndot /Raine /Haine jYladeau n'a dos Tlarinu du lïpil (Euadfloupp physionomie pensive, l'expression concentrée, le verbe bas, bref l'air le plus sérieux du penseur dont les préoccupations n'avaient visiblement rien de folichon.Les présentations d'usage faites, chacun se tenant sur la réserve, selon le mode courant des hommes qui se jaugent d'abord, quand mon interlocuteur apprit que j'étais au service des Archives du Palais, ce fut comme un déclenchement.La conversation dévia aussitôt sur l'histoire nationale, le passé du Québec, les historiens de toujours.Mon étonnement fut grand de découvrir chez ma nouvelle connaissance, qui disait achever son cours de médecine, un homme aussi profondément versé non seulement dans les auteurs bien connus de l'histoire du pays, mais même dans les spécialistes des questions les moins courantes.Ayant passablement potassé le même grave sujet dans mes années de collège, j'en étais, à ce moment précis, assez distrait ou éloigné par ma cléricature judiciaire, où je tentais de m'initier à la complexité de cette grande administration de la justice, qui s'occupe de vous lors même que vous ne vous occupez pas d'elle — tout aboutit au palais, dit l'axiome.Et je me demandais alors comment on pouvait ainsi se livrer à la sévère discipline médicale et concilier tout cela avec le champ infini de l'érudition historique.Je mis du temps à le découvrir.L'été passa.Celui que j'avais remplacé revint.Une autre année Armoiries rie la Famille Nadeau scolaire s'écoula.Mon interlocuteur, qui m'avait si étonné, s'en sortit avec son brevet de médecin.Je le perdis de vue.Plongé alors, en tous mes loisirs, au tréfonds de nos origines, je ne tardai pas à demander mon agrégation à la vieille Société historique de Montréal, que maintenait en action, sous la présidence du conservateur de cette Bibliothèque, l'incomparable érudit Aegidius Fauteux, un noyau de connaisseurs et deux ou trois douzaines d'amateurs, tous d'âge canonique.En y entrant j'eus un peu l'impression d'y être un intrus.Mais non, on m'y montra beaucoup de bienveillance.Il n'y avait pas deux ans que j'en étais, que l'on m'y offrit avec insistance la tribune du conférencier.Et pendant quatre années consécutives, j'y fis mes plumes, en recherchant par la voie de biographies d'hommes politiques, l'évolution consti- 4 BULLETIN DE LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DU QUÉBEC / FÉVRIER 1976 Le Serment d'Hippocrate tutionnelle et démocratique de la province et du pays.Mon nom commençait à traîner, à titre de conférencier, dans les colonnes des journaux.Un jour, je ne sais plus exactement à quel moment, ce devait être trois ou quatre ans après la rencontre de l'été '27, je reçus de mon ancien interlocuteur une brève lettre, dont j'oublie la teneur, et qui pouvait être une demande de précision documentaire.Deux ou trois années passèrent encore.Tout à coup, ce fut le coup d'éclat dans le ciel de la recherche historique au Canada français.Mon prédécesseur aux Archives, E.-Z.Massicotte, ancien journaliste, affectionnait beaucoup en ses brefs articles au Bulletin des Recherches historiques, que dirigeait son ami P.-G.Roy, à Québec, les manchettes quelque peu tape-à-l'oeil.Il avait à tout le moins le mérite de remettre en lumière des personnages que la grande histoire néglige mais dont l'action sociale est souvent loin d'avoir été minime.Un jour, à propos d'un trafiquant de fourrures des lendemains de 1760, Jean Orillat, alors bien ignoré, il lança un de ces articles sommaires pour remettre son rôle en valeur.Il se demandait en conclusion si ce n'était pas ce trafiquant, qui avait laissé son nom à une petite ville du Nord-Ontario, Orillia, celle-là même qui éleva, en 1909, un beau monument au découvreur Champlain et où, depuis, des congressistes se réunissent nombreux chaque été.À peu de temps de là, encore le Bulletin des Recherches nous apportait, suite à cet article de M.Massicotte, une savante étude, profondément élaborée, d'une érudition hors pair, sûre, et qui épuisait le sujet, sur le marchand voyageur des années 1765-1775.Cette fois, la réputation d'annaliste consommé du signataire, le Dr Gabriel Nadeau, était définitivement établie dans le monde, encore étroit, des chercheurs en histoire nationale.On voulut savoir la fonction, la personnalité de l'auteur, on se demanda d'où pouvaient lui venir tant de connaissances de l'histoire, si bien assimilées et si bien appropriées.Et l'on apprit que dès son admission à la profession à l'Université de Montréal, il s'en était allé à un sanatorium de cet État du Massachusetts où, déjà, les habitants d'origine québécoise se comptaient à près d'un demi-million, qu'il y était attaché comme médecin traitant et consultant et y consacrait tous ses loisirs — les sana sont situés en rase campagne, loin des villes — à la recherche historique.BULLETIN DE LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DU QUÉBEC / FÉVRIER 1976 5 fondée le 9 septembre.ISS9 "Lax et Viriteu" Monsieur le docteur CARTEL UADEaU titulaire de la MEDAILLE "GRAND PRIX" le secretaire le president dent I F«i.à B»ton.Mau.cr.u~tU ce ^ Q^** jggfe Diplôme du Commonwealth of Massachussetts attestant que le Dr Gabriel Nadeau a complété et réussi un cours en administration, en 1964.Est-ce l'époque où reprit, où s'intensifia notre correspondance?En traçant ces lignes, je ne saurais préciser.Déjà ma première page avait passé au même Bulletin des Recherches.C'était une simple lettre au directeur à propos d'un ancien magistrat.À ma surprise, il en avait fait un article.Ce fut la porte ouverte à bien d'autres qui suivirent jusqu'à la derrière livraison, en 1968, à ce périodique québécois, le plus cité en dehors de la province jusqu'à 1940.C'est le temps également où le vieux secrétaire de la Société historique, Napoléon Brisebois, me confia son onéreuse fonction de garde-notes, de rédacteur des procès-verbaux de la Société historique, plus tard celle de secrétaire et surtout l'ingrate recherche de conférenciers bénévoles, que l'on ne rétribuait pas.Depuis son célèbre article sur Orillat, la savante prose du Dr Gabriel Nadeau se retrouva en vingt périodiques, heureux d'accueillir cette pensée objective, présentée de l'oeil froid du clinicien, précise, positive, et toujours souverainement claire.Les premiers articles du Dr Nadeau semblent avoir paru en 1932 au vaillant Travailleur, de Worcester, fondé et encore dirigé par M.Wilfrid Beaulieu.Et la rubrique en était symbolique: «Carnet d'un bibliographe.Ouvrages anglais traitant du Canada français et pu-blis par des étrangers.[Au cours de 1930 et 1931 ] ».En cette matière, le Dr Gabriel Nadeau devait se révéler sans rival.Où diable puisait-il toute cette vaste documentation?Il n'était pourtant pas bibliothécaire, ces favoris des sources bibliographiques.Pour retrouver partout dans les innombrables livres et périodiques qui sortent des presses américaines, les traces du nom français en Amérique, le Dr Nadeau n'eut pas son égal.Il se surpassa sans doute dans la rubrique qu'il tint sur le même sujet dans la revue québécoise Culture où, pendant cinq ou six années, de 1945 à 1951, il alla repérer partout ceux des nôtres qui sont allés planter leur tente aux quatre coins de l'horizon, ou des quarante-huit États — ceux d'avant 1950.L'intérêt intrinsèque de cette rubrique pour décrire le rayonnement de ceux de notre nom à travers ce vaste continent ne saurait être surévalué.Ces dernières années, je proposai à son auteur de réunir de ces articles en un recueil.Avec sa modestie excessive, il déclina la proposition.Et dire que nos Conseils des Arts sustentent si généreusement tant de publications qui souvent ne valent guère plus que le papier sur lequel elles sont couchées, comme ces sueurs lyriques d'adolescentes, ces tentatives romanesques de jeunes gens qui n'ont même pas le sens élémentaire des vocables, encore moins celui de leur transposition en symboles, ou encore de prétentieux essais d'esprits sans maturité.Des périodiques où l'on retrouve les études si étoffées du Dr Nadeau, je nommerai encore le Naturaliste Canadien, la Revue Trimestrielle canadienne, le Bulletin de la Société historique franco-américaine, l'Oeil, l'Écrin, — mais ce dernier n'était pas un périodique — le Canada français, qui précéda la Revue de l'Université Laval, le Canado-Américain, les Mémoires de la Société généalogique, The Bulletin of the History of Médecine, The Canadian Medical Ass'n Journal, the Hospital, et il va sans dire, l'Union Médicale du Canada, que dirige — et ce n'est pas une mince tâche — le vaillant docteur Edouard Desjardins, autre savant que de prétentieux auteurs de précis d'histoire des lettres, si généreux à l'endroit de gens qui écrivent à peine grammaticalement mais qui ont la cote 6 BULLETIN DE LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DU QUÉBEC /FÉVRIER 1976 Certificat de la Société historique franco-américaine attestant que M.Gabriel Nadeau a obtenu la médaille « Grand Prix » le 17 octobre 1956.de l'industrie publicitaire, ne retiendront pas.Quant à l'objet, ou au sujet de ces études du Dr Nadeau, je relève ici quelques titres, qui rappelleront peut-être, par analogie, le fameux Dr Cabanes et ses quarante volumes si généreusement illustrés, des Éditions Albin Michel.Ainsi je cite des titres: D'Abisag, la Sunamite à Marie Chambly — il s'agit, ici, d'un négociant montréalais du Régime français, à qui son médecin avait prescrit du lait de femme, 1940; on lui trouva une nourrice de couleur; M.de Callières — [d'abord gouverneur de Montréal, puis gouverneur général de la Nouvelle-France ] — était-il tuberculeux?1938; Le Dr de Bonald — [un Français établi sur nos bords ] — et sa machine à diagnostiquer la tuberculose, 1940; The Story of Norman Bethune, en 1940 — c'était plus de trente années avant que la Chine populaire de Mao ne glorifie son nom; Le Scalpe, 1942; Le plus illustre de nos poitrinaires, sir Wilfrid Laurier, 1944.Un journaliste montréalais eut le mauvais goût de prétendre s'opposer, en un journal de parti, à ce genre d'étude.C'est dans sa courtoise réplique que le Dr Gabriel Nadeau apprit à son public qu'il avait lui-même été touché par le terrible fléau.On le sait, on ne traite cette affection avec efficacité seulement depuis qu'un célèbre médecin américain, d'origines louisianaises et, par delà les générations, montréalaises, Edward Levingstone Trudeau, eut l'idée de l'isolement du malade en latitudes élevées et que la contagion en fut finalement vaincue.Le nom du docteur Trudeau et un grand centre de recherche médicale sont passés à une localité du nord de l'État de New York, près du lac Placide.Les Canadiens du Québec devraient se faire un devoir d'aller au moins une fois visiter ces lieux.Je continue d'évoquer les titres, symboliques, de certaines études du Dr Nadeau.Ainsi, Un Cas d'Adi-pocire en 1844, (1943); l'adipo-cire?selon le dictionnaire, une substance ammoniacale, résultant de la décomposition cadavérique, longtemps confondue avec le cholestérol; la Bufothérapie ou Mme d'You-ville et ses crapauds, 1944 — Jean Rostand, à qui les crapauds sont si chers, eut donc un prédécesseur montréalais, illustre parmi nous; Le Dr Desjardins vient de rééditer (1975) cette étude en son Anthologie de l'Union médicale; l'Hérédité en fonction de la généalogie, 1944; rappelons-nous ici la superbe introduction du Dr Cabanes en son ouvrage sur le Mal héréditaire, ou les Fous couronnés; l'Apport germanique dans la formation du Canada français, 1945; l'Eau de la reine de Hongrie, 1948; le Grand Électuaire et l'Orviétan en Nouvelle-France, 1948.J'évoquerai ici une conférence sur la Démence de Louis Riel dont le texte n'a malheureusement pas été publié.C'est à mon instigation que le Dr Gabriel Nadeau nous fit l'honneur de venir présenter cette étude à la Société historique de Montréal en octobre 1944.Depuis quelques mois, j'étais devenu le directeur de la belle institution dont le toit hospitalier nous accueille ce soir.Je me rappelle que l'époque coincida avec un BULLETIN DE LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DU QUÉBEC / FÉVRIER 1976 7 LES CAHIERS LOUIS D AN T I N CAHIER NUMÉRO UN POÈMES D'OUTRE - TOMBE Préface de Gabriel Nadeau EDITIONS DU BIEN PUBLIC TROIS-RIVIÈRES 1962 Dantin, Louis.Poèmes d'outre-tombe; préface de Gabriel Nadeau.Trois-Rivières, Éditions du Bien public, 1962.164 p.redoublement de nos relations épistolaires.J'avais eu à tout le moins l'occasion de lui signaler pour sa rubrique à Culture, les proches origines canadiennes-françaises du célèbre auteur américain, qui raconta sa nuit de Jouffroy dans l'un de ses premiers ouvrages Transition, Will Durant, l'auteur, plus tard, d'une ambitieuse Histoire de la Civilisation, dont la version française suisse n'est, à mon sens, pas toujours heureuse.Je me demande si déjà je n'avais pas rendu visite au Docteur Nadeau, au sana de Rutland, Massachusetts.Ce sujet de la folie de Riel ne fut peut-être pas du goût de tout le monde, mais la démonstration était magistrale, irréversible.Il en ressortait que le malheureux agitateur était véritablement dément en ses derniers mois.Partant, son exécution, concédée aux fanatiques d'une certaine presse de l'époque, chauffée à blanc, ne fut rien de moins qu'un meurtre juridique.L'abbé Groulx, présent, nous fit part, tout désarçonné, qu'il se rendait le lendemain au Manitoba inaugurer un monument commé-moratif à celui que l'histoire, ou la légende, ont depuis réhabilité et que l'on a appelé « le père du Manitoba ».Singulière destinée.À quoi tiennent donc les réputations historiques?Je n'ai indiqué que sommairement l'objet des nombreuses études versées par le Dr Nadeau dans les périodiques déjà énu-mérés.Notons encore que trente, et quarante, ans après ses premiers articles au Travailleur, il y donnait en 1962 une étude sur un beau poète, Alice Lemieux et, dix ans après, une critique de l'ouvrage généalogique du P.Ernest Desjardins, jésuite, sur sa famille, les Roy-Desjardins (1972), dont les débuts étaient fort délicats à traiter pour un descendant.Enfin, des études plus poussées, d'une profonde psychologie, ont paru à l'automne 1972 à l'Union médicale du Canada sur le Dr [ Ernest ] Choquette et le poète Nelligan.C'est à dessein que j'ai omis jusqu'ici la mention de ce qui est sans doute, aux yeux du grand public québécois, l'oeuvre capitale du docteur Nadeau, celle à qui son nom sera communément accolé, j'entends son Louis Dantin, 8 BULLETIN DE LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DU QUÉBEC / FÉVRIER 1976 sa vie et son oeuvre et, plus tard les Cahiers de Louis Dantin.Le nom de cet auteur, aujourd'hui célèbre, propriété publique, fut révélé à notre génération par l'Anthologie des Poètes.de Jules Fournier, publiée en 1920 par son ami Olivar Asselin.Jules Fournier présentait Dantin dans les termes suivants: « Nom imaginaire d'une personnalité qui veut rester mystérieuse .ses aventures ont été surtout intellectuelles et n'ont guère eu d'autres témoins que son âme et sa conscience.«.Il avait pour les lettres une vocation bien déterminée qu'il n'a pu poursuivre.» Après avoir évoqué la magistrale préface de l'oeuvre de Nelligan, l'anthologiste citait des extraits, d'un beau rythme, d'un recueil de 1900, Franges d'Autel.Fallait-il plus que ces notules pour piquer l'imagination des jeunes gens de l'époque?Pour ma part, je fus loin de soupçonner alors que je connaîtrais intimement plus tard l'un des neveux du personnage mystérieux.Ce que ne pouvait prévoir non plus le compilateur de l'anthologie de 1920, c'est la renaissance de Dantin aux lettres.La même année, il commença ses vivantes chroniques à la Revue moderne de Madeleine, et sa rubrique de critique à un hebdomadaire de province, l'Avenir du Nord, de Saint-Jérôme de Terrebonne, dirigé par le sénateur Jules-Édouard Prévost.Cette intégration par Fournier dans le courant des lettres canadiennes fut-elle la Sésame de Dantin?Je crois savoir que feu Louis Carrier, l'éditeur de tant de beaux ouvrages, et M.Robert Choquette furent parmi les premiers à relancer à Boston le pauvre exilé montréalais vivant, depuis plus de vingt ans, parmi la population ouvrière du Massachusetts, où il exerça le dur métier de typographe d'abord, puis celui de correcteur d'imprimerie aux presses de l'université Harvard.J'ignore l'époque des premiers contacts du Dr Nadeau avec ce lettré de grande classe comme l'avaient révélé ses pages de critique parues aux périodiques précités, recueillies en ses Gloses critiques (1931), précédées de son recueil de nouvelles, si vivantes, la Vie en rêve, (1930).Sans doute ces contacts du Dr Nadeau et de Dantin furent-ils fréquents et intimes puisqu'il devint, lors de son décès, son héritier littéraire.Ce sera la gloire du Dr Gabriel Nadeau de s'être attaché à l'étude et à la révélation de cette grande personnalité aux «aventures intellectuelles » comme dit Jules Fournier, peu communes alors en notre société conformiste qui, depuis la Révolution peu tranquille du Québec, depuis l'avènement du bon pontife, le Pape Jean, en a vu bien d'autres, de toutes les couleurs.Et sans scandale pour personne.Au décès de Dantin, devenu aveugle, survenu dans un quartier populaire de Boston en 1945, commença à paraître en chronique, à ce même Travailleur de Worcester, la Vie et l'Oeuvre de l'écrivain.La publication s'y poursuivit plus de deux années.Le Dr Gabriel Nadeau avait alors assumé le secrétariat de la Société historique franco-américaine, vaillant organe de la survivance française en Nouvelle-Angleterre et dont la fondation remonte en 1899.En plus du secrétariat, il dirigeait la publication du Bulletin de la Société qui prit dès lors une couleur plus scientifique — à préoccupations moins ouvertement « patriotiques ».Il me fit l'honneur de m'y convier.J'y donnai une petite étude, peu orthodoxe peut-être, sur les Canadiens [ Français J et la Révolution américaine — sujet d'actualité à la veille du bicentenaire.Elle n'eut pas l'heur de plaire à une vieille dame, d'esprit boulevardier qui la conduisit finalement au suicide, mais Adolphe Robert, président de l'Association Canado-Américaine, m'a dit s'en être souvent inspiré pour ses conférences en milieux yankees.En 1948 m'arrivait, flatteuse-ment dédié, un exemplaire du recueil des articles parus au Travailleur pendant près de trois ans sur notre eminent compatriote, critique incomparable, poète inspiré, romancier réaliste — mais son roman, les Enfances de Fanny est posthume — bref ce Louis Dantin dont la critique universitaire — c'est la gloire — s'est désormais emparé.Comme Albert Laberge, de Châteauguay, le Dr Gabriel Nadeau, écrivain fortuné, s'offre des éditions à tirage restreint.Son Dantin de 1948 est à 225 exemplaires.Comme Henri Martineau pour Stendhal — est-ce sa jolie petite librairie que j'ai visitée à Grenoble en 1959?mon souvenir est désormais imprécis — comme Marcel Bouteron pour Balzac, le Dr Gabriel Nadeau se donna la tâche BULLETIN DE LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DU QUÉBEC / FÉVRIER 1976 9 délicate d'assurer le rayonnement et la gloire de son auteur.Dans les années 1960, il créa les Cahiers de Louis Dantin, toujours édités à ses frais, chez l'auteur des Villages Rouges, M.Clément Marchand, homme de goût, à Trois-Rivières.Il y publia sept de ces cahiers dont des poèmes inédits et des lettres retrouvées.Il me fit encore l'honneur de me convier à y collaborer en me demandant une étude sur les origines familiales d'Eugène Seers.En relevant les éléments précis des «trois races diverses [qui ont] mêlé en lui leurs empreintes.» comme disait Jules Fournier, j'eus l'occasion, une fois de plus, de constater comme est bigarrée la composition d'une population prétendument homogène, à quoi entendent nous réduire des partisans d'un racisme sournois.À vingt-cinq années près de travaux d'érudition sans nombre, le docteur Gabriel Nadeau s'offrait, en 1954, une fantaisie, en édition hors commerce, avec la Fille du Roy, conte drolatique récit de « haulte gresse », aurait dit Rabelais, ou son admirateur moderne et l'un de ses plus vivants biographes, Léon Daudet.L'ouvrage, parait-il, ne plut pas à quelques duègnes égarées en nos bibliothèques.Mais les lettrés authentiques, moins bégueules, en savourèrent son réalisme souriant.Ai-je couvert, en cette esquisse, tous les aspects de cette vie si remplie?Évidemment non.Je ne me suis pas attardé à ce qui est, aux yeux de l'historien littéraire, le second métier.Claudel fut-il d'abord un diplomate, ou un littérateur?J'ai sans doute eu tort.Il va sans dire, pour tout homme digne de ce nom, la première obligation, c'est le devoir d'état, la profession, la tâche quotidienne qui s'impose avant tout.Le reste est de surcroît.Je n'évoquerai plus que brièvement la carrière proprement professionnelle du Dr Gabriel Nadeau, mais en la traitant un peu à la manière synthétique, et peut-être trop sommaire, des rubriques que je tiens à la Revue du Barreau depuis si longtemps, et à la Revue du Notariat depuis déjà une demi-génération.Au lendemain du décès tragique et accidentel de mon cher ami et commensal de vingt-cinq années, mon prédécesseur à la direction de cette institution, dont il réorganisa les services lors de sa réouverture en 1942, Jean-Marie Nadeau, cousin éloigné du sujet de cette esquisse, je donnai en 1960, en hommage à sa mémoire au Bulletin des Recherches historiques, sa lignée canadienne.On y retrouve le pionnier arrivé au pays avec les troupes de M.de Tracy en 1665, de l'Angoumois, d'où nous vient depuis toujours le bon cognac, puis des résistants aux envahisseurs de 1760, des sympa-tisants des Yankees en 1775, des meuniers en nombre, des pionniers des belles paroisses de Saint-Mathias et de Saint-Césaire, de proches alliés d'un archevêque de Québec et du premier recteur de l'Université Laval, d'autres ecclésiastiques, des médecins, de grands voyageurs par tout le continent, des agriculteurs progressifs, des maires de nos municipalités, des hommes de loi, notaires, avocats et juges, de vail- lantes mères de famille aux tâches obscures, des religieuses hospitalières et enseignantes, bref le compendium d'une famille canadienne-française pendant huit générations.C'est de cette même famille que naquit, en 1900, en la plus riche paroisse agricole de la Province, au dire du géographe français Raoul Blanchard, à Saint-Césaire de Rouville, le Dr Gabriel Nadeau.Sa mère était née Auclair, son aïeule et sa bisaïeule paternelles avaient noms Dufresne et Rainville.Poussés par le courant des débuts du siècle, ses parents allèrent s'établir en Saskatchewan, dans un bourg au nom bien français, à Montmartre, et s'y éteignirent dans les années 1950.Le Dr Gabriel Nadeau, élève du petit séminaire de Saint-Hyacinthe, y gagna partie de ses cours.Il reçut sa formation médicale à l'Université de Montréal.Diplômé en 1928, il devint, la même année je crois, attaché au State Sanatorium de l'État du Massachusetts, à Rutland.Il y passa plus de trente ans, en devint éventuellement le directeur, enfin, en ses dernières années de service, 1965 et 1966, le directeur général.Le sana ferma en 1966.Il y trouva sa femme, en la personne de l'une des directrices des services hospitaliers, Helen Mc-Carty, dont le mariage fut célébré en 1942, et que nous avons l'honneur d'avoir parmi nous ce soir.Ils ont une fille, Marie, retenue au collège pas ses études supérieures et qui est sur le point de contracter mariage.Au sana, il noua encore des amitiés précieuses dont le docteur Paul Dufault, un autre Québécois 10 BULLETIN DE LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DU QUÉBEC / FÉVRIER 1976 qui s'y distingua, et le Docteur Antoine Dumouchel, à qui il a rendu de vivants hommages fraternels.Déjà agrégé [fellow] de l'Ame-rican College of Chest Physicians, le Dr Gabriel Nadeau reçut en 1950, avec quelques autres Franco-Américains dévoués à l'oeuvre de la survivance française en Nouvelle-Angleterre, un doctorat honorifique de l'Université de Montréal des mains du recteur Mgr Olivier Maurault et du secrétaire du temps, M.Edouard Mont-petit.Lors de leur retraite au sana, le Dr Gabriel et Helen Nadeau firent bâtir en la banlieue de Worcester, à Holden, une spacieuse et bien agréable maison donnant, à l'arrière, sur un bosquet, où hébergent aux beaux jours des oiseaux chanteurs de toutes espèces à qui le Docteur assure la pâture.Je l'y ai vu faire.C'est ainsi que ce sage accumula pendant quarante ans, d'abord au modeste logement d'un pavillon de sana, puis dans la belle demeure que la diligence d'un couple heureusement assorti érigea, cette superbe, infiniment précieuse documentation, constituée de notes d'histoire de la médecine et des lettres, d'un total de 3 500 dossiers, formée de 175 000 pièces, d'une bibliothèque de près de 5 000 volumes, de microfilms, de tableaux et de sculptures.Ce trésor, il a voulu qu'il revienne à la terre de son enfance, à l'institution même qui abrita sa studieuse jeunesse, en hommage à la nationalité dont il est issu, qu'avec la science il a célébrée, et avec sa famille, chérie pardessus tout.À LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DU QUÉBEC, le 27 octobre 1975.Jean-Jacques LEFEBVRE.de l'Académie des lettres et des sciences humaines (Can.) © Jean-Jacques LEFEBVRE, 1975.VISITE A LOUIS DANTIN* J'étais ému au delà de toute parole.Je savais ma veine.Que de poètes et de prosateurs de chez nous, dont les oeuvres ont subi la loupe de notre critique, eussent envié mon sort! J'avais à peine touché, d'un pied qui tremble, la deuxième marche du perron, que je reconnus sa fenêtre, à l'échafaudage de volumes s'élevant le long des rideaux.J'entrai.C'était lui.Flamme et verbe dans le regard! Et, tout de suite, presque sans préambule ni présentation, nous parlions poésie.Partout autour de nous, sur les meubles, sur le plancher, même sur le lit: des livres, des livres.Assis à sa table de travail, crayon aux doigts, il examine quelques poèmes que je lui soumets.Jamais je n'ai compris avec tant d'inquiétude comme il est surhumain de mener à perfection un seul poème, une seule page française.Jamais les mots ne m'ont paru si sournois.Les passages que je sais plus faibles me semblent tout à coup ressortir du texte comme les pâtés dans mes premiers cahiers de calligraphie.Le crayon va pourtant s'y arrêter.Effectivement, et il picote la phrase pendant quelques secondes.Le mot juste, qui n'est pas là, me revient tout à coup, et vite je vais le suggérer: Louis Dantin l'a déjà sous la pointe du crayon.Ainsi se passent les choses quand on surveille deux joueurs de dames.Le damier complaisant se prêterait, semble-t-il, aux combinaisons les plus fructueuses.L'affaire, c'est de s'asseoir en face du damier et d'avoir autant d'imagination.Robert Choquette président de l'Académie canadienne-française 'Petit morceau écrit en 1928, à la suite de la première visite de monsieur Choquette à Louis Dantin, à Cambridge, Massachusetts.Il était l'un des tout premiers Canadiens à prendre contact en personne avec Dantin.après son long silence volontaire.BULLETIN DE LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DU QUÉBEC / FÉVRIER 1976 1 1 La collection Nadeau, une mine sur Dantin1 (.) La cession à la BNQ de sa collection par le Dr Gabriel Nadeau, un Québécois ayant pratiqué la médecine de nombreuses années en Nouvelle-Angleterre et s'étant intéressé notamment à la folie de Louis Riel et ayant mis au point les « Cahiers Louis Dantin », devait être marquée par la Bibliothèque nationale de façon publique, d'où l'exposition de quelques pièces du fonds Gabriel Nadeau dans la grande salle de lecture de la BNQ.Qui est le Dr Nadeau?Photos des parents, Eglantine et Napoléon Nadeau, de la ferme familiale à St-Césaire en 1915, du Dr Nadeau en premier communiant, lettre de Médard Bourgault, le sculpteur de St-Jean-Port-Joli ( « Je nait jamai fait detude tou ce que je fait je lait aprie de moi même.»), menu du grand banquet de la XXXIIIe Convention de l'Union des Franco-Américains, mai 1939.Il semble que tous les petits et grands papiers de toute une vie sont là.Le Dr Gabriel Nadeau?On se demande comment il a pu trouver le temps de pratiquer la médecine, en constatant la quantité et la variété de ses intérêts.Mais n'anticipons pas.Né en 1900, Gabriel Nadeau a eu l'éducation bourgeoise des Québécois de son époque se destinant à l'élite: cours classique au Séminaire de St-Hyacinthe, études en sciences sociales avec Edouard Montpetit et en médecine à l'Université de Montréal.Mais menacé par la tuberculose, le Dr Nadeau est attiré par un projet pilote dans un sanatorium de Rutland au Massachusetts, où il entre comme simple médecin pour en devenir un jour surintendant.Ce sont les années où la lutte contre la tuberculose fait de tels progrès que le sanatorium se transforme en hôpital.Au collège, il est portier, ce qui aide à défrayer ses études.Sa loge est assez près de la salle des professeurs pour lui donner accès à leur bibliothèque.C'est le commencement, sem-ble-t-il, d'une insatiable curiosité.Il hante la BibliothèqueSt-Sulpice, devenue plus tard Bibliothèque nationale où reposent (l'inventaire n'est encore que sommaire) : — 33 tiroirs de classeurs (3,511 dossiers) ; — 29 tiroirs de fichiers de bibliothèque; — 4,794 volumes dont 49 journaux reliés; — 15 boîtes de microfilms; — 18 pièces de sculptures (Bourgault, Laliberté) et cadres.Le fonds Dantin Le Dr Nadeau s'est intéressé, nous l'avons dit, à Louis Dantin, à la folie de Riel, mais aussi à toute la vie française en Nouvelle-Angleterre (des fiches sur les pièces de théâtre qui y ont été jouées, en plus des fiches sur celles jouées au Canada), au docteur Bethune, etc.Dans le catalogue de la Collection Nadeau accessible à ceux qui ont vu l'exposition, Gisèle Hogue, responsable du département des manuscrits à la BNQ, a détaillé ces richesses, étant entendu, dit-elle, que « le fonds Dantin est celui qui a le plus retenu notre attention et qui justifie la valeur de toute la collection du Dr Nadeau à cause de l'originalité et de la rareté des documents.» Ce fonds Dantin comprend 864 dossiers de correspondance, écrits manuscrits de Dantin, poèmes manuscrits et papiers et correspondance concernant Dantin, en plus de la correspondance de Dantin avec Fanny Johnston.Le Dr Nadeau a retenu chez lui en vue d'une publication 130 dossiers titrés « Dantin et Nelligan » et 71 dossiers sur « Dantin en Europe ».BULLETIN DE LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DU QUÉBEC / FÉVRIER 1976 Chantons pour survivre: paroles et musique sur l'air de « Auprès de ma blonde Quelle nostalgie.Par exemple, les paroles écrites par le Dr Na-deau pour une chanson, « Chantons pour survivre »: « Pour la survivance, qu'il fait bon chanter.» Le climat d'une époque remonte.Dans une montre, une lettre de Dantin à Robert Choquette, qui a pris charge de « La Revue moderne »: «.vous admettrez bien que la France est notre maîtresse dans la culture intellectuelle et qu'elle le sera pour longtemps encore.» (18 mai 1928).tions spéciales, qui avait mené, sous l'ancien conservateur en chef de la BNQ, M.Georges Cartier, les négociations et l'inventaire préliminaire de la collection.L'exposition a cependant été la responsabilité principale du Service des manifestations culturelles que dirige Mme Colette Fortier, qui a bénéficié, il va sans dire, du concours de plusieurs autres collègues de la BNQ.Les petits bois vernis de Bour-gault, qui répète dans une lettre au Dr Nadeau qu'il n'est pas « un vrai sculpteur ».C'est M.Roland Auger, maintenant coordonnateur des collec- ' Le présent article résumant le cheminement de la longue carrière du Dr Nadeau ainsi que ses nombreuses occupations est un extrait d'un reportage paru dans La Presse du samedi 1"' novembre dernier.Monsieur Jean-Paul Brousseau, chroniqueur au Cahier des Arts et Lettres a signé cet intéressant compte rendu.BULLETIN DE LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DU QUÉBEC /FÉVRIER 1976 13 COLLECTION NADEAU T-rT Pi ! i-,u U \ h t M il ig sa ~ '•• St S3 :: c: CS es HP À l'occasion de l'exposition organisée dans ses murs, la Bibliothèque nationale du Québec a lancé une publication.Cet ouvrage ne prétend surtout pas être un catalogue; tout au plus c'est une présentation de la Collection Nadeau.Il eût été intéressant de présenter longuement et d'une façon approfondie les divers aspects de cette collection, de même qu'il eût été utile d'analyser en détail la masse de dossiers en ré-partissant par thèmes les préoccupations de recherche du docteur Nadeau.Ce travail eût exigé encore beaucoup de temps et une équipe de cinq ou six personnes détachées de leurs tâches courantes pour ne s'appliquer qu'à cette recherche spécifique.La B.N.Q.a choisi d'offrir au public une présentation globale et de signaler les thèmes majeurs en les illustrant de pièces significatives provenant de la collection.C'est pourquoi le lecteur trouvera un texte sur la personne du docteur Nadeau, sa bibliographie répartie par sujets, une description sommaire de l'ensemble des livres et documents, par catégories.Il n'aurait pas été loisible d'ailleurs de fournir un catalogue détaillé parce que plusieurs de ces documents ne sont pas immédiatement accessibles, en particulier la correspondance, pour des raisons d'élémentaire discrétion qu'il n'est même pas nécessaire d'exprimer.D'ailleurs, Monsieur Nadeau lui-même, en cédant la collection, a exigé, selon son droit et avec raison, que la correspondance ne soit pas communiquée du vivant des personnes concernées.En revanche, la B.N.Q.donne la liste des pièces exposées et fait le sommaire des documents 14 BULLETIN DE LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DU QUÉBEC / FÉVRIER 1976 Cambridge, lfl Mal [ 1 .• f en classeurs de sorte que déjà le lecteur y trouve une première orientation.La Bibliothèque est très fière d'avoir pu recueillir les fruits d'une patiente recherche s'étalant sur près de cinquante ans et d'avoir, parmi ces documents, une documentation abondante et de première main sur Louis Dantin.L'oeuvre poétique et l'oeuvre critique de cet écrivain en exil occupe déjà une place importante dans l'histoire de la littérature québécoise.La reconnaissance de la Bibliothèque nationale du Québec va d'abord au docteur Nadeau d'avoir tenu à rapatrier ce patrimoine dans l'institution où l'on s'attend naturellement de le retrouver.Il faudrait mentionner monsieur Harry Bernard, journaliste et écrivain, qui a préparé la voie, monsieur Pierre Prévost qui a cédé les premiers papiers Dantin, et monsieur Georges-Henri Daignault, aux Affaires intergouvernementales à Québec, qui a fourni l'occasion d'entrer en contact avec le docteur Nadeau et d'acquérir cette mine précieuse pour les chercheurs.Roland Auger Cher u.Choqnette.J'ai été extrêmement heureux de vous sevolr en charge de fJ**! la ReTue Moderne.C'est une occupation tou-a-falt conforme a vos talents oomme a Toe goûts, et qui donne un but à votre vie.Je suis >•* sur que vous mettrez cette revue 8ur un pied littéraire, et votre Intention de lui donner un caohet canadien me paraît fort louable, pourvu toutefois que vous ne soyez pas trop exoluslf, car vous admettrez bien que la France est notre maîtresse dans la oulture Intellectuelle, et qu'elle le sera pour longtemps encore.i/als 11 est exoellent de vouloir faire de votre publication un reflet de l'âme canadienne, et donner à nos écrivains l'occasion de s'essayer et de se produire.J'aimerais même beauooup a voir, de temps en temps, quelques-uns des romans français remplacés par des productions natives qui auraient vraiment quelque Intérêt et quelque mérite.D'ailleurs, pour ce que valent les romans français que vous êtes forcera, de servir a Céline et à Phllomène pour ménager leur tris sensitive pudeur, ou celle de leur mère!.Je verrai très volontiers ma critique du livre de M.Pierce reproduite dans vos pages - S'il m'ar-rivalt d'avoir plus de loisirs j'aimerais même à vous envoyer par-fols quelque ohose d'Inédit.- Je dois oouper court a cette lettre, vous ne sauriez deviner pourquoi - Je pars a l'Instant même pour l'hSpltal oh Je dois subir une opération.Vous aurez oooupé les dernières dix minutes de mon séjour ohez mol.ehoquette-18 mal- il^ï-Z Croyez a mes sinoères souhaits pour votre succès, et a mon sordlal dévouement.Louis Dantin J 4.\ Lettre dactylographiée de Louis Dantin adressée a Monsieur Robert Choquette.le 18 mai 1928 BULLETIN DE LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DU QUÉBEC / FÉVRIER 1976 15 PUBLICATIONS DE LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DU QUÉBEC WC.S w75 La chanson au Québec 1965-1975 Instrument de travail composé presque exclusivement d'ouvrages et d'articles de périodiques.Pour la période considérée, quatre quotidiens (La Presse, Le Soleil, Le Devoir, Le Jour) et une vingtaine de revues ont été dépouillées.À cette analyse systématique il faut ajouter un certain nombre d'articles de journaux et de revues recueillis au hasard des recherches depuis plusieurs années.Distribué gratuitement aux organismes concernés, bibliothèques et institutions.Index 1968-1973 de la Bibliographie du Québec Refonte des index annuels de cette époque produite par automatisation.L'ouvrage est publié en deux volumes et la pagination en est continue.Il comprend deux sections.Dans la première, celle dont la numérotation est précédée d'un A, on retrouve l'index proprement dit.La deuxième section B contient la liste numérique des notices bibliographiques révisées.En vente à la Bibliothèque au coût de $25.00.diquébec m*» sr i ouït Les ouvrages de référence du Québec Supplément 1967-1974 Supplément contenant, comme la publication principale, des ouvrages de référence au sens strict (encyclopédies, dictionnaires, almanachs.) et d'autres, au sens large (guides, manuels, traités, synthèses.).Les sources sont des Laurentiana, c'est-à-dire, des travaux publiés au Québec ou à l'extérieur du Québec mais dont l'auteur est Québécois ou dont le sujet principal se rapporte au Québec.La période d'inclusion comprend de novembre 1967 à juin 1974.Trois index (auteurs, titres, sujets) complètent l'ouvrage.En vente à la Bibliothèque nationale du Québec au prix de $3.00.IKIÏliliïROTïHlïl Collection Nadeau LL'liJUU .¦ miiïmm Ouvrages présentant la collection Gabriel-Nadeau, fruit d'une patiente recherche s'éta-lant sur près de cinquante ans et comprenant, entre autres, une documentation abondante et de première main sur Louis Dantin.On y trouve un texte sur le chercheur, sa bibliographie répartie par sujets et une description sommaire de l'ensemble des livres et documents, par catégories.Remis gratuitement aux bibliothèques, sociétés historiques et centres de documentation.Catalogue des microéditions, supplément 1975 Brochure indiquant les nouveaux titres de microfilms produits au cours de cette présente année ainsi que les coûts minimes pour les acquérir.Fait suite au catalogue paru en 1974.Distribué gratuitement aux organismes qui utilisent ce support de l'information.16 BULLETIN DE LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DU QUÉBEC / FÉVRIER 1976
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