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Titre :
Bulletin de la Bibliothèque nationale du Québec
Le Bulletin de la Bibliothèque nationale du Québec, publié à Montréal de 1973 à 1983, rend compte des activités de la bibliothèque et présente ses richesses documentaires. [...]
Le Bulletin de la Bibliothèque nationale du Québec, publié à Montréal de 1973 à 1983, rend compte des activités de la bibliothèque et présente ses richesses documentaires. Le Bulletin est publié au rythme de quatre à six parutions par année. Il fait suite au Bulletin de la Bibliothèque nationale (1967-1972). Créée en 1967, la Bibliothèque nationale du Québec est logée au 1700, rue Saint-Denis à Montréal, dans le bâtiment de la Bibliothèque Saint-Sulpice, dont elle est l'héritière. Elle a pour principale mission de conserver et de diffuser le patrimoine documentaire québécois. Le Bulletin contient de nombreux articles rédigés par les bibliothécaires de l'institution, qui y présentent des portraits de collections et des trouvailles. On y découvre aussi les activités de l'institution, telles que le travail bibliographique, les expositions et les initiatives de mise en valeur des collections, les acquisitions de fonds d'archives, la référence, la reliure et les services techniques. La Bibliothèque nationale du Québec étant dépositaire légale de l'imprimé québécois, on trouve dans le Bulletin de nombreuses études statistiques sur l'édition québécoise ainsi que des portraits de l'état de la publication sur différents sujets. La bibliothèque profite de la revue pour présenter ses activités de rayonnement ainsi que ses publications d'ouvrages bibliographiques et de référence. Médium d'information sur le livre, l'imprimé et la bibliophilie, le Bulletin publie autant des articles sur la littérature et l'histoire que sur des incunables, des livres d'artistes et des cartes géographiques. En 1984, le Bulletin fait place à L'Incunable - Bulletin de la Bibliothèque nationale du Québec (1984-1986).
Éditeur :
  • [Montréal] :la Bibliothèque,1973-1983
Contenu spécifique :
décembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
quatre fois par année
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Bulletin de la Bibliothèque nationale
  • Successeur :
  • Incunable,
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Bulletin de la Bibliothèque nationale du Québec, 1979-12, Collections de BAnQ.

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bulletin de la bibliothèque nationale du québec Montréal — Vol.13.n° 4 — Décembre 1979.Emile Nelligan: Centenaire de sa naissance. iMMpDDapoDan btMkl de la bibliothèque nationale du québec SOMMAIRE Montréal — Vol.13.n° 4 — Décembre 1979 DIRECTION Louis Bélanger COMITÉ DE RÉDACTION Anastassia Saint-Pierre, Présidente Lise Côté Denis Rivest Hélène Roussel PHOTOGRAPHIE Jacques King (Service de microphotographie) COLLABORATEUR Raymond Biais Courrier de la deuxième classe Enregistrement n° 1503 Dépôt légal — 4* trimestre 1979 Bibliothèque nationale du Québec ISSN 0045 — 1967 Reproduction autorisée des textes non copyright, sur demande et mention de l'auteur et de la source.Les articles publiés n'engagent que leurs auteurs.LE BULLETIN DE LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DU QUÉBEC est publié trimestriellement.Il est distribué gratuitement à titre personnel.On peut se le procurer en adressant sa demande à la: Bibliothèque nationale du Québec Service des publications 1700, rue Saint-Denis Montréal (Québec) H2X 3K6 1- Emile Nelligan Éléments de biographie (1879-1941).2- L'oeuvre de Nelligan (1896-1899).3- L'oeuvre dans son milieu.4- Leg d'un écrivain québécois à la Bibliothèque nationale du Québec.5- Sur la nécessité d'un fichier d'autorité automatisé.6- Radar, instrument pour faire connaître les revues québécoises.7- Les bibliographies du cours de bibliothéconomie de l'université Laval, 1947-1966, sur microfiches.8- Acquisitions récentes de la Bibliothèque nationale du Québec.9- « Rien n'est beau que le vrai ».10- Des témoins de l'enfance.11- Catalogues d'exposition.12- Nouvelles brèves.Pierre de Grandpré Pierre de Grandpré Pierre de Grandpré Roland Auger Pierre Deslauriers Raymond Biais Richard Thouin Ruth Tétreault Michel Biron Jean-Rémi Brault EMILE NELLIGAN ÉLÉMENTS DE BIOGRAPHIE (1872-1941) conservées.Ses premières vacances à Cacouna, ses lectures de poètes, ses musiques préférées, ses admirations féminines, l'essentiel, en somme, de la vie de l'adolescent se retrouve dans ces poèmes dont l'intérêt est surtout anecdotique et biographique: Devant deux portraits de ma mère, Le Voyageur (dédié à son père), La Sorella dell'amore (Gertrude, la soeur cadette?), Béatrice (la jolie cousine), Prière du Soir, Premier Remords, Le Talisman, A une femme détestée, Lied fantasque, Vieilles Rues.« Il est en proie à cette tristesse noire, rançon des âmes exquises.Son mal.c'est le mal des Chimères, c'est le supplice des jeunes hommes qui ont lu trop de livres et fait trop de rêves.» (Anatole France) Pour faire revivre EMILE NELLIGAN dans le souvenir, il faut tenter de recréer une atmosphère familiale, de retracer l'histoire d'un quartier, de rappeler par l'image et le texte ce qu'était la vie morale et intellectuelle, à Montréal, au tournant du XXe siècle.Il était aisé de situer l'auteur dans son milieu familial, scolaire ou collégial et dans l'univers de ses lectures: plusieurs de ses poèmes se rapportant à ses proches correspondent à des photos de famille qui ont été Né la veille de Noël 1879 au 602 rue Lagauchetière, dans une maison détruite par le feu il y a un demi-siècle, Nelligan, d'abord à l'actuel 3686 rue Laval, près du Carré Saint-Louis, puis au 3958 de cette rue, vit 2 BULLETIN DE LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DU QUÉBEC/DÉCEMBRE 1979 surtout avec sa mère, née Emilie Hu-don, affectueuse, musicienne, et ses deux jeunes soeurs, Éva et Gertrude.À partir de ses premières années à l'école Olier, qu'il a fréquentée de six à dix ans, Nelligan, au détriment de ses études, est emmené en villégiature à Cacouna, notamment à la « Peck-a-Boo Villa », dès le début de mai.Le père, David, Irlandais anglophone, employé des postes, ne fait que passer au foyer familial: sa région d'inspection est la Gaspésie.Lorsque Emile signa ses premiers poèmes Emile Kovar, puis à l'occasion Emile Nélighan dans Le Monde illustré, ce fut, semble-t-il, pour marquer ses distances à l'égard d'un père qui eût bien voulu « asservir au réel » ce fils à son gré trop rêveur.C'est à peu près l'époque — l'été de ses dix-huit ans — où Emile, « marin profane », s'engage sur un bateau qui n'a rien du Vaisseau d'or, découvrant au passage Liverpool, Belfast et peut-être Dublin.Ce père lui propose ensuite des emplois de commis-comptable.C'est qu'entretemps, c'est-à-dire de 10 à 17 ans, Emile avait fréquenté avec la même inconstance — et la même irégularité dans ses notes — le Mont Saint-Louis (3 ans), le Petit Séminaire de Montréal (3 ans), le collège Sainte-Marie (1 an) jusqu'à l'abandon complet de ses études coïncidant avec son entrée à l'École littéraire de Montréal (février-mars 1897).Il y retrouve Joseph Melançon (futur Lucien Rainier) rencontré au collège Sainte-Marie où il était en rhétorique alors que Nelligan y reprenait sa syntaxe, ainsi que des amis plus intimes: Charles Gill et surtout Arthur de Bussières.Il y triomphe un soir de mai 1899.Le 9 août de cette année-là, malade, surmené, il est conduit à la Retraite Saint-Benoît.Il ne restera plus de lui, dès lors, que son oeuvre.¦ Pierre de Grandpré Le Vaisseau d'or.Tiré de: Pelletier, Louis.— « Je sens voler.» [ neuf eaux-fortes et un burin exécutés par Louis Pelletier; textes d'Emile Nelligan ].— [ Saint-Antoine-sur-Richelieu: L.Pelletier], 1977.BULLETIN DE LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DU QUÉBEC/DÉCEMBRE 1979 3 L'OEUVRE DE NELLIGAN (1896-1899) Le thème majeur du Rêve, dans cette oeuvre, orchestre et pénètre quatre autres grands thèmes: l'Enfance, l'Amour, la Névrose et la Mort.1- RÊVE ET MUSIQUE (« .Tant de musiques éplorées ») Sur fond de grisaille (« de soir blanc en soir brun »), les thèmes de la grâce, du rythme, de l'évasion, de la pureté et de la langueur sont dominants; ils imprègnent tous les autres aspects de la poésie nelliganienne: « Cette âme aux sons noirs qui m'entraîne — Et m'a rendu malade et fou » {Chopin).Le poète évoque avec nostalgie: « .les chères paix anciennes — dont je n'entends jamais les voix musiciennes — Monter dans tout le trouble où je geins, où je vis.» Le poème capital est ici Le Vaisseau d'or, le plus connu de tous, celui où tout est dit en quelques brèves formules: « Qu'est devenu mon coeur, navire déserté?— Hélas! il a sombré dans l'abîme du Rêve! » Quelques vers de Chopin, Soirs d'automne, L'Idiote aux cloches, Thème sentimental et Hiver sentimental illustrent bien ces aspects; on peut citer en outre: Clavier d'antan, Vieux Piano, Five O'Clock, Violon de villanelle, Mazurka, Rêve d'une nuit d'hôpital, Sainte Cécile, Le Violon brisé, Frisson d'hiver, Placet, Berceuse, Fantaisie créole et Violon d'adieu.Maints Soirs indique une première parenté artistique capitale en rendant hommage aux Cydalises de Gérard de Nerval; les poèmes à la gloire de Chopin en désignent une seconde; et le poème Sur un portrait de Dante peut nous rappeler que le plan initial rédigé par Nelligan pour l'ensemble de son oeuvre, qu'il devait intituler Motifs du Récital des anges, prévoyait une démarche un peu appa- rentée à celle de La Divine Comédie, mais inversée: c'est-à-dire le passage des illuminations paradisiaques aux gouffres ténébreux.2- ENFANCE ET NOSTALGIES (« Ma vie coulait.blanche et ravie ») Dans une « aura » de blancheur, le thème du regret de l'enfance s'associe à ceux de l'amour maternel et filial, de la vie de famille, aux élans « Qu'est devenu mon coeur, navire déserté?Hélas! Il a sombré dans l'abîme du Rêve! » religieux et aux scènes agrestes, sous le signe constant de la fuite irrémédiable du temps: « Fuyons vers le castel de nos Idéals blancs — Oui, fuyons la Matière aux yeux ensorcelants.» Jardin d'antan est le poème-clé de cette série, qui comporte aussi, notamment, Ma mère, Devant mon berceau, Tristesse blanche, Presque berger, Caprice blanc, Petit Hameau, > 4 BULLETIN DE LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DU QUÉBEC/DÉCEMBRE 1979 Le Salon, Le Robin des bois, Le Regret des joujoux, Sous les faunes, Les Camélias, La Fuite de l'enfance; et aussi, en premier lieu, Mon âme, Prélude triste, Refoulons la sente et surtout Soir d'hiver: « Ah! comme la neige a neigé!.Pleurez, oiseaux de février », ou encore: « Mon âme est noire: où vis-je?où vais-je?— Tous ses espoirs gisent gelés.» En un seul vers, le poème Automne indique trois parentes esthétiques: « Watteau! que je vous aime, Autran, ô Millevoye ».Le Millevoye de La Chute des feuilles et de La Mort d'un poète eut en effet une importance comparable, pour Nelligan adolescent, comme en témoigne un de ses devoirs de classe au collège Sainte-Marie, à celle d'un André Chénier et, un peu plus tard, au Verlaine des Poèmes saturniens, des Fêtes galantes et de Sagesse, ainsi qu'au Ro-denbach de La Jeunesse blanche, recueil dont Albert Laberge a écrit qu'il avait toujours vu Nelligan en porter un exemplaire dans sa poche.3- AMOUR ET GLOIRE (« Qu'est-ce que le spasme de vivre?») Associés à la couleur-symbole de l'or, les thèmes de l'amour, des amitiés intellectuelles, de la tendresse, du bonheur et de la gloire correspondent plus que tout le reste, chez Nelligan, à de simples rêves, à des rêves d'ailleurs d'avance déçus: « Nous déjeunions d'aurore et nous sou pions d'étoiles » (Un rêve de Watteau).« Ma pensée est couleur de lunes d'or lointaines.Elle court à jamais les blanches prétentaines »: voilà comment le poème majeur de ce groupe, Claire de lune intellectuel, définit pareille esthétique du songe et de la rêverie.Esthétique souvent proche de celle de Baudelaire, à qui deux sonnets sont nommément consacrés; elle a aussi des accents mal-larméens (Amour immaculé, etc.) et s'évertue même parfois à des prouesses parnassiennes apparentées aux vers triomphants d'un Hérédia (dans Sonnet d'or ou Châteaux en Espagne, par exemple).« Je sens voler en moi les oiseaux du génie »: sont pareillement frôlés de leur aile des poèmes comme Le Mai d'amour, Le Soir, Gretchen la pâle, Petit Vitrail, Bergère, Ruines: « Il est un pays d'or plein de lieds et d'oiseaux — Nous dormirons tous deux aux frais lits des roseaux ».4- LA NÉVROSE (« Oh! je veux être fou ») Sous le signe dominant du rouge, les thèmes de la détresse, de la mélancolie, de la solitude et finalement d'un naufrage mental d'avance assumé, d'une démence poétiquement transmuée (« Oh! qu'on me fasse fou, avait-il écrit dans une première version de Je veux m'éluder, et le poème précise: « Oui, je voudrais me tromper jusque — En des ouragans de délires »), ces thèmes s'expriment dans des vers d'une force et d'une modernité singulières.Au premier rang de ces poèmes: La Romance du vin, Sérénade triste, Un poète, et surtout Vision: « D'où me viennent, dis-moi, tous les ouragans rauques — Rages de fifre ou de tambour?» Il faut citer encore, dans cette veine assombrie, La Vierge noire, Devant le feu, Je plaque, Rondel à ma pipe, Soirs hypocondriaques, Confession nocturne, Rêves enclos, Tarentelle d'automne, Aubade rouge et Le Boeuf spectral.Des vers comme: « Pendant qu'aux ors mourants mes troupeaux de névroses — Vagabondaient le long des forêts de santal » peuvent évoquer Albert Samain et plus encore le Maurice Rollinat des Névroses; quant à Rimbaud, déjà rencontré dans des poèmes comme Rêve de Watteau, il apparaît ici plus qu'ailleurs un poète-frère de Nelligan.5- LA MORT (« Derrière ce funèbre écran ») Et voici que la couleur-symbole de l'oeuvre nelliganienne devient, selon une formule de Saint-Denys Gar-neau, « de gris en plus noir » avec Musiques funèbres (« J'aime à m'inoculer de bizarres musiques »), Ténèbres, Banquet macabre, Le Puits hanté: « Dans le puits noir que tu vois là — Gif la source de tout ce drame ».D'autres poèmes: Le Corbillard, Berceau de la muse, Marches funèbres, Le Lac, La Passante, Le Spectre, disent aussi ces sombres vertiges où l'âme « au bout de la spirale descendue », comme l'écrivait Samain, « sentie vent de l'abime et recule éperdue »; ce que Nelligan exprimait ainsi: « Moi, je ne pourrai plus; je sens des bras funèbres — M'asservir au Réel, dont le fumeux flambeau — Embrase au fond des Nuits mes bizarres ténèbres! » Le Chat fatal, dans cette veine, évoque le début du Corbeau d'Edgar Poe; Le Cercueil permet de relier l'héritage symboliste incarné à Montréal par Nelligan au Crémazie de la Promenade des trois Morts; et La Terrasse aux Spectres n'est pas sans rappeler celle d'Elseneur et l'Hamlet de Shakespeare affrontant le spectre paternel.Notre poète en révolte contre le Réel, la Matière, la Vie « noire et méchante » ira ainsi répétant inlassablement jusqu'à devenir un mort-vivant: « Ah! que je hais la vie et son noir Carillon.», — témoin, ou plutôt héros tragique, parmi nous, d'une quête de l'Impossible.¦ Pierre de Grandpré BULLETIN DE LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DU QUÉBEC/DÉCEMBRE 1979 5 L'OEUVRE DANS SON MILIEU - Un jeune homme sensible tourné vers la vie intérieure, s'intéressant à la musique et à la littérature, aurait été tout à fait désadapté dans une ville-frontière américaine du siècle passé.Il aurait été un objet de ridicule et n'aurait pu satisfaire ses intérêts.La même personne dans une société littéraire fin de siècle de Paris aurait joui d'une grande estime et de hautes protections.» (Franz Alexander, Principes de psychanalyse) Tenter de faire revivre le milieu montréalais qu'a fréquenté Nelli-gan adolescent à la fin du XIX" siècle, c'est évoquer, bien sûr, les charmes évidents et bien connus de la Belle Époque, mais en môme temps, on ne peut l'oublier, les diverses contraintes mieux cachées — morales, économiques, etc.— de cette « fin de siècle » au Québec.Au-delà de la vie familiale du poète, des maisons qu'il a habitées, du Carré Saint-Louis où il a sans doute souvent rêvé, des rues voisines ou lointaines qu'il a maintes fois arpentées (Saint-Denis, où se réunissait l'École littéraire, Saint-Laurent où habitait Bussières, etc.), au coeur même de la grande-ville qu'il a explorée inlassablement jusqu'en ses confins, bouillonne toute une vie sociale et intellectuelle pleine des ferments qui ont engendré notre XX' siècle.Pensons aux soirées musicales et littéraires du Parc Sohmer, de l'Eldorado, du His Majesty's, du Monument National, etc.; évoquons les tournées théâtrales et les grands concerts.Et isolons quelques noms qui ont compté pour Nelligan: la belle féministe Idola Saint-Jean, « Madeleine » (M™ Gleason-Huguenin), amie de la famille, et surtout « Françoise » (Ro-bertine Barry), liée de près à M™ David Nelligan et qui impressionnait si fort un jeune Emile tout sur la défensive: « Moi, sans amour jamais qu'un amour d'art, Madame.» Pères de la rue Mont-Royal où était présente à titre d'organisatrice M™ David Nelligan et où son fils, diseur de bonne classe et de belle prestance, se prêta, semble-t-il, à la lecture de divers poèmes.Louis Dantin allait être pour le poète, sur le plan de l'art, un véritable père, un critique avisé, puis l'éditeur semi-clandestin de l'oeuvre, l'ami fidèle et constamment attentif, le révélateur de ce génie qui aura un instant fulguré puis se sera effondré sous trop de conditions défavorables, à la suite de l'abattement mental qu'elles devaient engendrer en lui.Emile Nelligan, ce toujours jeune « martyr de l'Idéal », comme l'a si exactement désigné, dès 1913, le Français Louis Arnould, demeure, malgré ses failles, du moins dans la partie la plus valable de son oeuvre ici rassemblée, l'un des plus authentiques poètes issus de notre sol.¦ Pierre de Grandpré Outre les amis du poète, déjà nommés, au sein de l'École littéraire, rappelons un nom essentiel: celui de Louis Dantin, alors abbé Eugène Seers (en littérature Serge Usène), déjà plus ou moins en rupture d'ordre chez les Pères du Saint-Sacrement dont il rédige le Bulletin, et que Nelligan a vraisemblablement rencontré au cours d'un grand bazar à la paroisse Saint-Louis-de-France, le 17 avril 1896, manifestation au Drofit des 6 BULLETIN DE LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DU QUÉBEC/DÉCEMBRE 1979 LEG D'UN ECRIVAIN QUEBECOIS À LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DU QUÉBEC En mai dernier, décédait l'écrivain québécois Harry Bernard.Romancier, poète, naturaliste et journaliste pendant cinquante ans, il a dirigé le Courrier de Saint-Hyacinthe.Auteur des Jours sont longs, de La Dame blanche, dans ses dernières années, il rassemblait ses souvenirs et mettait la dernière main à deux romans qui n'ont pas pu paraître.Par testament, il a fait don de sa bibliothèque et des documents qu'il avait accumulés au cours de sa carrière.Il suivait de près la production littéraire québécoise, y participait, et avait aussi un intérêt marqué pour la scène politique aussi bien nationale qu'internationale.D'ailleurs, son rôle de directeur de journal l'y amenait naturellement.Sa longue et fructueuse carrière offrira aux chercheurs, quand la BNQ aura pu recueillir et inventorier tous ces documents, une mine considérable de renseignements sur la vie du Québec des cinquante dernières années, renseignements réunis par un chercheur attentif.Évidemment, pour certains de ces documents, qui sont de caractère privé, une discrétion normale s'imposera pendant plusieurs années tant que les proches pourront en être affectés.¦ Roland Auger Coordination des collections spéciales Passionné de la nature, il s'est intéressé aux poissons, aux animaux, à la botanique.Il a parcouru en tous sens la Mauricie et, il y a quelques années, il s'est même rendu à Fort-Chimo.Sa correspondance est d'une abondance et d'un intérêt peu commun: plusieurs milliers de lettres avec ses collègues en littérature, avec les hommes publics et les confrères en journalisme.On retrouve environ 300 lettres reliées à sa thèse portant sur le roman régionaliste aux États-Unis.On ne compte plus les coupures de presse qu'il a accumulées sur des sujets très variés lorsqu'il était à la direction du journal.Sa bibliothèque rassemble systématiquement, en plus de ceux du Québec, des ouvrages sur divers pays comme l'Angleterre, l'Autriche, l'Espagne, la Turquie, etc.; elle comprend 7 ou 8 mille volumes.Harry Bernard BULLETIN DE LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DU QUÉBEC/DÉCEMBRE 1979 7 SUR LA NÉCESSITÉ D'UN FICHIER D'AUTORITÉ AUTOMATISE1 Dans le but de rendre disponible et accessible plus rapidement l'information biblio-catalographique des documents publiés au Québec, la Bibliotèque nationale du Québec entreprenait en 1971 une étude en vue d'automatiser ses opérations.Cette étude déboucha sur une expérience pilote: la publication de l'index cumulatif (1968-1973) de la Bibliographie du Québec courante.Cette première étape avait fait ressortir la nécessité de normaliser tant les méthodes de travail que les instruments de traitement bibliographique et catalographique (bordereau unique, normes de rédaction des notices dans le format MARC).En 1974, débuta la mise sur pied d'un système permanent, soit la constitution et l'exploitation d'une banque de données bibliographique.L'exploitation de cette banque a servi, en 1977, à la préparation du Fichier MARC québécois (distribution bimensuelle sous forme ordinolingue de descriptions de documents pour, entre autres, la production automatique des fiches de catalogues de la BNQ).La Bibliographie du Québec courante fut également préparée automatiquement durant cette année.En septembre 1978, commençait la saisie des notices de publications en série rétrospectives selon le format MARC des publications en série.Enfin, en mars 1979, débutait la saisie des données bibliographiques en vue de la publication de la Bibliographie du Québec, 1821-1967.Cette banque de données qui comprend actuellement plus de 33 000 dossiers bibliographiques a rempli son but: la communication rapide et complète des données bibliographiques colligées et l'impression automatique de ces données.Plusieurs autres motifs auront incité la BNQ à commander une étude sur la possibilité de mettre sur pied un fichier d'autorité automatisé.Dans le cadre du Contrôle bibliographique universel, les agences bibliographiques nationales seront appelées à identifier et à déterminer la forme des noms d'auteurs nationaux en plus d'en assurer la diffusion.Afin d'assurer une meilleure disponibilité de l'information contenue dans la banque de données et pour pallier aux déficiences des méthodes manuelles actuelles, le mécanisme le plus adéquat consiste dans l'utilisation des techniques de repérage automatisées.Du point de vue administratif, la BNQ devait rentabiliser sa banque de données afin d'en faire un véritable instrument de traitement de la documentation pour ses services de traitement en plus d'assurer un accès rapide à la documentation pour les services au public.La gestion des catalogues sur fiches (principaux instruments de repérage de l'information) s'avère de plus en plus difficile à maintenir et surtout de plus en plus coûteuse.Enfin, l'existence à la BNQ de plusieurs fichiers d'autorité divergents sur les mêmes autorités, et l'utilisation accrue de ces autorités dans la banque de données commençaient à poser un sérieux problème d'intégrité dans les fichiers bibliographiques.C'est ainsi que la Coordination de l'informatique et la Coordination des services techniques ont créé un groupe de travail sur le fichier d'autorité (Phase I)2 et lui ont confié le mandat suivant: 1.Déterminer les objectifs d'un fichier d'autorité pour la BNQ; 2.définir et déterminer le contenu du fichier d'autorité: — définir une identification et une autorité; — délimiter les éléments d'information et les éléments de contrôle d'un fichier d'autorité; 3.effectuer l'inventaire des fichiers d'autorité existants à la BNQ et proposer l'adoption ou le rejet d'un fichier d'autorité unique; 4.effectuer l'inventaire des systèmes existants, les comparer, proposer une méthode d'exploitation et déterminer le support des sous-produits d'un fichier d'autorité.De plus, déterminer, s'il y a lieu, à partir de quelle zone le repérage en ligne devra être effectué; 5.effectuer toutes consultations jugées pertinentes, mais plus particulièrement auprès du personnel des Services publics.La Phase I de cette étude couvrait les aspects techniques d'un fichier d'autorité; la Phase II, dont les travaux sont prévus pour cet automne, touchera à la mise sur pied du fichier, à l'organisation et à l'évaluation des ressources nécessaires pour l'utilisation efficace d'un fichier d'autorité automatisé.1.Sur la nécessité d'un fichier d'autorité automatisé: rapport du Groupe de travail sur le fichier d'autorité, Phase 1.— Montréal: Ministère des affaires culturelles, Bibliothèque nationale du Québec, mai 1979.— Document interne.2.Ce groupe de travail était composé de Marcel Beauchamp, Pierre Deslauriers (Président), Guy Dionne, Denis Houde, Suzanne Ledoux, Pierre Lépine, Denise Paquet.> 8 BULLETIN DE LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DU QUÉBEC/DÉCEMBRE 1979 RADAR, INSTRUMENT POUR FAIRE CONNAÎTRE LES REVUES QUÉBÉCOISES En tenant compte des constatations précédentes, le groupe de travail a fait les principales recommandations suivantes: — que le fichier d'autorité soit centralisé; — que les dossiers d'autorité soient uniques; — que le format interne et le format de communication soient compatibles avec le format MARC canadien pour les autorités; — que la BNQ cesse d'alimenter ses catalogues sur fiches à compter de la date d'opérationnalisation du fichier d'autorité automatisé.Cette dernière recommandation était reliée à la mise en application de AACR 2 à la Bibliothèque.Le Conseil de la BNQ a accepté dernièrement, en principe, la mise sur pied d'un fichier d'autorité automatisé et la poursuite des études en ce sens.Le Groupe de travail sur le fichier d'autorité (Phase II) devrait débuter ses travaux incessamment.Lors de la publication de ce deuxième rapport, nous aurons l'occasion d'élaborer plus longuement sur la structure du fichier d'autorité.¦ Pierre Deslauriers Coordination de l'informatique Savez-vous qu'il existe au Québec au-delà de 600 revues, bulletins ou magazines, dont 225 seraient de bonne qualité?Ces 600 revues renfermeraient, dans une année, entre 20 000 et 25 000 articles écrits par des auteurs de chez nous et destinés à nos concitoyens, selon leurs centres d'intérêts, leur profession ou leur discipline, ou selon leur groupe d'appartenance.Et si on vous demandait, sur-le-champ, de nommer les revues du Québec qui vous viennent en mémoire, combien de titres pourriez-vous mentionner?Et combien de numéros de revues du Québec avez-vous lus ou consultés l'année dernière?Avez-vous déjà recherché certains articles précis dans les revues du Québec, qui auraient pu vous offrir des renseignements sur les sujets concernant vos occupations?Auriez-vous trouvé facile ou difficile de retrouver l'information désirée dans les revues publiées chez nous?Ces questions et quelques autres encore ont été posées récemment, dans le cadre d'une enquête, à 83 usagers des bibliothèques dont 14 demeuraient à Sherbrooke, 29 à Québec et 40 à Montréal.De ce nombre, on a interrogé 32 usagers des bibliothèques universitaires, 31 des bibliothèques de collèges, 10 des bibliothèques municipales, 5 de la Bibliothèque nationale du Québec et 5 des bibliothèques gouvernementales.Si vous avez tenté d'énumérer quelques revues du Québec, en réponse à la question du début de cet article, et si vous n'avez pu obtenir plus de deux titres de votre mémoire, ne soyez pas trop offusqué.Les 83 répondants de l'enquête ont fait mention 202 fois au total des revues québécoises, soit une moyenne de 2,4 titres de revue pour chacun d'eux.9 de ces répondants, soit 11%, étaient incapables de mentionner ne serait-ce qu'un titre de revue québécoise! 52 ou 63% ne pouvaient en nommer plus de deux.Enfin, 9 répondants, soit 10%, pouvaient nommer 5 revues du Québec et plus.Les 83 usagers des bibliothèques, qui ont été interrogés, ont identifié 67 titres différents de revues québécoises.D'un autre côté, 4 titres seulement englobent 92 mentions, soit 45% de celles-ci; ce sont Actualité, nommé 36 fois, Québec-Science, nommé 31 fois, Châtelaine et Nous avec respectivement 13 et 12 mentions.Ces 4 revues sont vendues dans la plupart des kiosques à journaux.Il est possible que les répondants de l'enquête connaissent plus de 2,4 revues en moyenne, mais ils ne les avaient pas suffisamment en mémoire pour retrouver leur nom à volonté.En pratique, ils ne connaissaient donc que très peu de revues publiées au Québec.Vous vous demandez comment se sont comportés les universitaires interrogés dans cette enquête?Et les collégiens?Les réponses ne surprendront nullement ceux qui, à la lecture de ce texte, on perdu toute illusion; elles ont été très faibles pour les deux catégories: 2 revues, en moyenne, pour chaque catégorie.En fait, seuls les usagers rencontrés à la Bibliothèque nationale du Québec ont enregistré une moyenne vraiment supérieure de 5,4 revues nommées.Retrouver un renseignement contenu dans les revues québécoises est-il une opération facile?20 répondants, soit 24%, l'ont affirmé; 23 répondants, soit 28%, ont jugé cette tâche relativement facile; 30, soit 36%, l'ont dé- > BULLETIN DE LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DU QUÉBEC/DÉCEMBRE 1979 9 clarée presque impossible, et enfin, 10 (12%) ne pouvaient pas répondre à la question puisqu'ils n'avaient jamais tenté de le faire.Radar, répertoire analytique d'articles de revues du Québec Peu de répondants ont su quelle est la façon de rechercher l'information publiée dans les revues du Québec.C'est pourquoi la plupart de ceux-ci jugent la démarche plus ou moins difficile.44 d'entre eux (53%) ont avoué qu'ils feuilletaient les revues afin de retrouver l'information désirée; 36 (43%) consultent des répertoires et des index en général et 16 (19%) se réfèrent à leur connaissance personnelle des revues.Donc, la plupart des personnes interrogées s'en remettent au hasard pour repérer l'information dont ils ont besoin.11 personnes, soit 13% seulement, ont répondu qu'ils utilisaient l'index vraiment spécialisé dans le dépouillement des revues québécoises: Radar, répertoire analytique de revues du Québec, afin de rechercher les articles correspondant à leurs sujets de préoccupation.28 répondants (33%) ont reconnu le répertoire Radar, quand il leur fut présenté; mais 17 d'entre eux ne l'ont pas associé spontanément à leur recherche d'articles parus dans les revues du Québec.En fait, pour 72 répondants sur 83 (87%), leur besoin en information ne les oblige pas à faire spontanément appel à Radar, comme instrument de recherche.Radar, publié tous les deux mois (avec une refonte annuelle), est pourtant l'ouvrage spécialisé grâce auquel la population du Québec peut avoir accès chaque année à 9 000 articles de 140 revues québécoises et, depuis 1972, à plus de 40 000 articles.Radar offre une indexation par sujets précis et des résumés de ces milliers d'articles écrits par des auteurs de chez nous.Il est publié par la Biblio- thèque nationale du Québec et produit par l'entreprise Micr0f0r Inc.En fait, Radar est la sortie d'une banque d'information gérée par ordinateur.Il est possible de l'interroger en direct, au moyen d'un terminal léger, selon le système informatique développé chez Informatech France-Québec.Pour en connaître davantage à ce sujet, communiquer avec Mm¦/ que de Montréal illustre bien le but que s'est fixé le Commandeur Jacques Viger en fondant cette société: « favoriser l'étude et la diffusion de l'histoire canadienne en général et de l'histoire de Montréal en particulier sous tous les aspects, dans toutes les classes de la population, avec priorité à la petite histoire et avec le souci constant de fidélité aux faits' ».Le 11 avril 1858, en compagnie de Raphaël Bellemare, Ubald Baudry, Georges Baby et L.A.Huguet-Latour, Jacques Viger jeta les bases de la Société historique de Montréal à qui l'incorporation fut accordée le 4 mai 1859 par le Parlement canadien.À ces ouvriers de la première heure ne tarda pas à se joindre toute une pléiade d'amis de l'histoire canadienne recrutés à travers l'élite la plus éclairée.La Société fut particulièrement active sous la présidence de l'abbé Hos-pice-Anthelme Verreau (1859-1901) qui succéda dès le début à Jacques Viger.C'est sous sa direction qu'ont été publiés les dix premiers mémoires de la Société.De 1901 à 1970, la direction de la S.H.M.fut confiée tour à tour à: Louis-Georges Baby (1901-1906), Louis-W.Sicotte (1906-1911), Nazaire Dubois (1911-1916), Victor Morin (1916-1928), Aegidius Fauteux (1928-1941), Olivier Maurault (1948-1958), Ubald Baudry (1959-1961), A.D.Archambault (1961-1970).Puis la présidence fut assumée par Eugène Lapierre, Armour Landry, Maurice DaSilva et enfin par Marcel Cadotte, le président actuel.En déposant ses archives à la Bibliothèque nationale du Québec en 1970, la Société historique de Montréal nous a légué le fruit de près de cent vingt ans de recherches et d'intérêt pour l'histoire.Ces archives se divisent en deux grandes catégories: les collections particulières et les archives proprement dites.Les collections particulières Les collections particulières regroupent les documents qui ont appartenu ou qui ont été collectionnés par des personnes ou des familles et qui témoignent de leurs activités ou de leurs intérêts.Ces différentes collections ont été remises à la S.H.M.à cause de leur valeur historique.Nous y retrouvons les papiers de Urgel-E.Archambault qui fut directeur des études de la Commission des écoles de Montréal et l'un des fondateurs (1873) de l'École polytechnique de Montréal.Il y a les papiers de la famille Cuvillier-Delisle, riche famille de négociants et financiers de la deuxième moitié du XIXe siècle.Nous y retrouvons également une grande partie de la correspondance de Louis-H.Lafontaine, plusieurs dossiers généalogiques de la famille Le-fèbvre, compilés par Arthur-A.Lefai-vre, la correspondance d'Édouard-Zotique Massicotte alors qu'il était archiviste aux Archives judiciaires de Montréal.Enfin, il y a aussi les papiers des familles Louis-Jos.Ainsse, Ainsse-Delisle, Etienne Augé, Pierre Guy, Le Gardeur de Repentigny et des livres de comptes concernant la Baronnie de Longueuil et quelques documents sur le recensement de 1825.Les archives proprement dites Ces archives sont constituées des documents produits et émis par la Société ou encore recueillis par elle.Il s'agit surtout des archives administratives de la société: procès-verbaux, rapports annuels, rapports financiers, correspondance, conférences, etc.Il s'agit aussi des documents qui ont un intérêt pour l'étude de la diffusion de l'histoire canadienne: papiers légaux nommés ainsi à cause de leur caractère officiel (contrats, baux, actes de concessions, etc.) qui ont appartenu à différentes personnes qui ont vécu aux XVIIIe et XIXe siècles.Puis il y a ce qu'on a appelé les dossiers qui regroupent les feuilles volantes et quelques documents reliés sur différents sujets d'intérêt 1.Société historique de Montréal.Projet de règles administratives, p.3.> 14 BULLETIN DE LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DU QUÉBEC/DÉCEMBRE 1979 historique tel ce billet au porteur, de dix sous, émis par la distillerie Saint-Denis en 1837 ou encore ce tableau des rues et des faubourgs de Montréal dressé par Jacques Viger en 1817.Nous y retrouvons aussi des objets comme un verre qui a servi dans la vieille prison de Montréal au notaire Joseph-Augustin Labadie qui y a été enfermé comme patriote pendant les troubles de 37-38.Ce sont tous là autant de témoins de notre passé qui ont été recueillis par la Société historique de Montréal parce qu'ils font partie de notre patrimoine culturel.Ils sont en dépôt à la Bibliothèque nationale du Québec et on peut les consulter au Département des manuscrits.¦ Michel Blron Département des manuscrits -owm Lettre de Louis-Hippolyte Lafontaine à Louis-Joseph Papineau.6 décembre 1845.BULLETIN DE LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DU QUÉBEC/DÉCEMBRE 1979 15 TEMOINS DE L'ENFANCE* C'est dans le cadre et la fidélité aux recommandations de l'UNESCO que la Bibliothèque nationale du Québec a décidé d'organiser une série de manifestations ayant pour thème l'enfant.Et je suis heureux de vous souhaiter une bien cordiale bienvenue pour la première de ces manifestations.Nous avons centré l'ensemble de nos réflexions autour de la thématique des « témoins de l'enfance ».Bien sûr, nous sommes tous des témoins de l'enfance, d'une façon ou d'une autre.Mais il nous est apparu que les écrivains québécois le sont d'une façon particulière.Leur observation revêt souvent une coloration qui s'appelle de son vrai nom, la poésie.Je pense que vous éprouverez ce sentiment de poésie en parcourant ce « recueil d'extraits de la littérature québécoise des années 1960 à 1979 ».Comme aussi, vous ressentirez un grand plaisir à admirer les magnifiques reliures d'art, présentées pour la première fois, par un regroupement d'artistes.Je tiens à offrir du fond du coeur à tous ces artistes mes félicitations les plus sincères.Les oeuvres exposées sont magnifiques.Et je souhaite qu'elles soient vues par le plus grand nombre de personnes aussi bien au Québec qu'à l'étranger.Je leur dis également la gratitude de la Bibliothèque nationale: ils nous font un très grand honneur en nous prêtant leurs oeuvres pour cette exposition.Permettez aussi que j'exprime ma reconnaissance à toutes les personnes qui ont travaillé à la préparation de ces activités qui débutent ce soir.Ce sont toujours celles qui travaillent dans l'ombre qui travaillent le plus fort, celles qu'on ne voit pas et qui ne font pas de bruit, qui permettent que l'événement ait vraiment lieu et qu'il soit de bonne qualité.Je dis notre gratitude à tous, à la conceptrice de l'exposition et aux bibliothécaires qui ont effectué la recherche des textes.Je souligne le dévouement exceptionnel des personnes du Service de l'animation et je mentionne le travail inlassable du personnel des Services des publications, de la photographie, de l'impression et de la reliure qui ont rendu possible la présentation des catalogues d'accompagnement.Toutes ces personnes et bien d'autres ont permis qu'une fois de plus la Bibliothèque nationale fasse connaître des créateurs québécois, écrivains et relieurs.Je vous souhaite une bonne soirée.¦ * Allocution de M.Jean-Rémi Brault, Conservateur en chef de la BNQ, à l'occasion de l'inauguration de l'exposition de l'Année internationale de l'enfant, lundi 15 octobre 1979.CATALOGUES D'EXPOSITION Suivant son habitude de préparer un instrument bibliographique de base chaque fois qu'elle organise un événement culturel, la Bibliothèque nationale du Québec a publié deux catalogues d'accompagnement à l'occasion de l'exposition des « témoins de l'enfance » tenue dans le cadre de l'Année internationale de l'enfant.Ces ouvrages portant sur le thème de la manifestation, avaient pour titres: Recueil d'extraits tirés de la littérature québécoise des années 1960 à 1979 et Exposition de reliures.Une lecture véritable des extraits qui composent le Recueil prend l'allure d'une merveilleuse aventure.Cette aventure, l'équipe de travail l'a vécue avant de l'offrir au public.Elle a préoccupé tous et chacun pour diverses raisons.Les membres devaient d'abord tenter de prendre connaissance d'une vaste production littéraire québécoise afin d'y repérer les passages où est rappelé le thème de l'enfant ou de l'enfance.Ce travail, fruit d'une étroite collaboration, visait à choisir les extraits susceptibles d'évoquer fortement le vécu des enfants.Ce contact direct avec la création littéraire québécoise, surtout celle des années 1960 à 1979, a fourni la matière d'une exposition.Par l'exposition, les visiteurs ont pu se familiariser avec le thème de l'enfance dans la littérature à l'occasion de l'Année internationale de l'enfant.Mais encore, quels extraits devait-on retenir et quels auteurs?Puisqu'il n'est pas possible, dans un délai donné, d'effectuer une recherche vraiment exhaustive et qu'il est encore 16 BULLETIN DE LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DU QUÉBEC/DÉCEMBRE 1979 moins opportun d'en publier « in extenso » les résultats, les responsables ont dû effectuer un choix.Sans entreprendre des études d'ordre historique ou sociologique, et tout en se défendant d'adopter des schemes de pensées inspirés plutôt des connaissances psychologiques ou philosophiques pour aborder la création littéraire, une question se posait: qu'est-ce que l'enfant ou l'enfance?Comment délimiter ce qui lui appartient en propre et ce qu'il partage avec les adultes?Sans doute chaque recherchiste se souvenait de sa propre expérience.Elle y était même l'interlocutrice privilégiée au cours de toutes ces lectures.Venait ensuite une certaine appréciation du pouvoir d'évocation des extraits retenus, soit qu'ils pouvaient être isolés de leur contexte sans trop perdre de leur sens soit qu'ils pouvaient servir d'introduction à la lecture intégrale des oeuvres.À mesure qu'elle progressait dans sa connaissance de l'enfance telle qu'elle est véhiculée par la littérature, l'équipe a découvert une floraison de thèmes à l'image de cette réalité.On ne peut souhaiter qu'une chose: que ces extraits se présentent comme une appréciation possible d'une richesse littéraire toujours à découvrir, comme l'enfance elle-même, à laquelle cette riche créativité littéraire introduit le lecteur.Le second catalogue explique que la reliure d'art prend naissance en France, au XVe siècle, avec l'avènement de l'imprimerie et que c'est surtout à partir du XIX* siècle que la reliure connaît un essor considérable.On apprend que la France en particulier, mais aussi l'Angleterre et l'Ai- DES TÉMOINS DE L'ENFANCE Recueil d'extraits tirés de la littérature québécoise des années 1960 à 1979 DES TÉMOINS DE L'ENFANCE EXPOSÏTJON DE MUUMS Un des présentoirs renfermant des reliures d'art lors de l'exposition des Témoins de l'enfance.lemagne donnent à cet art les plus grands maîtres.L'excellence de leur technique est caractérisée par la perfection de leurs décors, la finesse de la dorure et l'originalité de la conception.L'unicité de chaque création est en parfaite harmonie avec le livre qu'elle recouvre.Au Québec, ce métier, bien qu'encore peu connu, n'a pourtant pas manqué d'experts ni d'adeptes.Il existait à Québec, en 1890, un Le-mieux, un Lafrance et à Montréal un Dawson.Plus tard, messieurs Noble, Beaudoin et Perreault ainsi que mademoiselle Marguerite Lemieux présentent des travaux très soignés et d'un grand intérêt.Tant d'autres relieurs ont oeuvré dans l'ombre de telle sorte qu'il s'avère impossible de les répertorier.Le document relatif à l'Exposition prouve qu'aujourd'hui quelques personnalités s'érigent en chefs de file.Leur talent, leur audace et leur acharnement ont fait naître chez les plus jeunes le goût du livre bien fait et beau à regarder.Dans l'ouvrage, chaque auteur livre ses commentaires sur la reliure d'art et une photographie illustre la pièce exposée.¦ u BULLETIN DE LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DU QUÉBEC/DÉCEMBRE 1979 17 NOUVELLES BRÈVES Lancement d'un nouvel abécédaire Toujours dans le cadre de l'exposition Des témoins de l'enfance, la BNQ participait le 30 octobre dernier au lancement de l'Abécédaire des éditions La Courte Échelle.En présence du directeur Bertrand Gauthier, le public a été invité à participer à un échange d'idées sur le cheminement qui a précédé cette édition avec le concepteur graphique Gilles Tibo, l'auteur du texte Marie-Francine Hébert et l'auteur du disque Claire Bourbonnais.La soirée a commencé dans le Foyer de la salle Saint-Sulpice, où les invités pouvaient regarder les deux exemplaires reliés de madame Simone Benoît-Roy faits à l'occasion de l'année de l'enfant et regarder également les illustrations encadrées de Gilles Tibo.L'audition du disque de Claire Bourbonnais, d'après un texte de Ma-rie-Francine Hébert, avec la participation des comédiens Yvon Bouchard, Suzanne Garceau et les Mimes Électriques, a donné lieu à une critique très positive grâce à la qualité remarquable de la musique et de l'interprétation.L'échange de points de vue a permis de souligner également la beauté, la variété et la pertinence des textes et des gravures qui composent l'Abécédaire.Couverture de l'Abécédaire.Cet abécédaire particulièrement québécois dans sa création et remarquablement bien adapté aux enfants d'aujourd'hui est un événement unique.Un abécédaire, dit l'auteur, « même si c'était seulement pour apprendre à dire et à écrire le mot capable [¦¦¦]» ¦ 18 BULLETIN DE LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DU QUÉBEC/DÉCEMBRE 1979 Fonds Maurice-Meerte La Bibliothèque nationale du Québec vient d'acquérir 3 000 partitions manuscrites du chef d'orchestre montréalais Maurice Meerte.Issu d'une famille de musiciens belges, M.Meerte a fait ses études à Boston et, tout jeune encore, il s'est établi à Montréal où il jouait dans les cinémas avec les orchestres qui accompagnaient les films muets.Par la suite, sa carrière prit une nouvelle orientation avec l'avènement de la radio et, à la tête d'un orchestre, il s'est occupé pendant de nombreuses années de la musique des émissions radiophoniques telles que « En chantant dans le vivoir », « Soirées de chez-nous », « Radio-Carabin ».Plus tard, enfin, il a été directeur musical des émissions de télévisions « Reflets », « Prends la route » et de plusieurs autres.La majeure partie des 3 000 partitions de M.Meerte sont des arrangements qu'il a faits de chansons populaires ou de folklore, d'extraits d'opéras, d'opérettes, de comédies musicales.On y trouve aussi les thèmes musicaux des émissions de radio dont il était le directeur musical et de nombreux pots-pourris qu'il créait sur des thèmes comme les oeuvres d'un compositeur, le folklore de différentes nations, les airs populaires pendant la guerre 1939-1945.Souvent M.Meerte demandait la collaboration d'autres musiciens et c'est ainsi qu'il nous a laissé 250 arrangements réalisés par Giuseppe Agostini, Allan Mclver, Michel Perrault, etc.Le fonds comprend, en outre, 450 partitions d'orchestre que divers compositeurs ont écrites pour accompagner les films muets.Ce fonds révèle l'ampleur et la diversité des activités musicales de M.Meerte et il constitue une source importante de documentation principalement sur la musique qui était jouée au cours des émissions radio-phoniques et télévisées entre 1930 et 1955.¦ « Les Vrais Perdants » Le 18 octobre dernier, dans le cadre des activités de l'exposition « des témoins de l'enfance », l'auteur du film Les Vrais Perdants était présent lors de la projection de son film.À la suite de la projection du film, l'auteur, entouré de plusieurs personnes ressources, a engagé un dialogue avec l'auditoire.André Melançon a confié au public ses propres interrogations sur les attentes des parents que traduit avec éloquence son documentaire.Plusieurs réflexions sur l'éthique professionnelle ont été soulevées.Elles portaient en particulier sur la façon dont les sujets du film sont traités.En prenant comme point de départ ce que peuvent exprimer des enfants en situation d'apprentissage technique et compétitif, et en interrogeant les professeurs et les entraîneurs, pour enfin décrire les attentes des parents concernant les succès possibles de l'enfant, le film Les Vrais Perdants soulève avec force la question « Comment traduire justement le point de vue de l'enfance à l'écran?».Le film connaît présentement un grand succès dans les milieux qui cherchent à donner à l'enfant la place qui lui revient dans notre société.En présence d'André Melançon et de son équipe de production, le public présent est amené à se situer plus clairement relativement à sa propre éducation et à celle qu'il veut transmettre.¦ BULLETIN DE LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DU QUÉBEC/DÉCEMBRE 1979 19 PUBLICATIONS DE LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DU QUEBEC Les bibliothèques de collectivités à Montréal (17e — 19e siècle) LAMONDE (Yvan).— Les Bibliothèques de collectivités à Montréal (17' — 19" siècle): sources et problèmes.— Montréal, Ministère des Affaires culturelles, Bibliothèque nationale du Québec, 1979.— 139 p.Ouvrage qui porte sur ce que l'on appelle actuellement les bibliothèques publiques de l'île de Montréal.Plus précisément, la recherche retrace l'origine de celles-ci, puis précise leur passage de l'état de bibliothèques de collectivités à celui de bibliothèques publiques.Cette histoire d'une forme culturelle, la bibliothèque publique, s'insère dans le projet plus général d'une histoire socio-économique des formes culturelles.L'étude de la bibliothèque publique constitue ainsi un moyen d'éclairer le passage de la culture pré-industrielle à la culture industrielle, de la culture rurale à la culture urbaine, d'une culture bourgeoise à une culture de collectivité, d'une culture orale de masse à une culture de l'imprimé, d'une culture de l'imprimé à une culture de l'électricité (radio) et du loisir.Le travail, de même qu'un autre de monsieur Marc Lebel qui portera sur le même sujet mais pour la ville de Québec, est l'aboutissement d'une recherche commune entreprise à l'intérieur du Groupe de recherche en histoire de l'imprimé au Québec (GRHIQ).Distribué sur demande écrite aux bibliothèques et aux centres de documentation.¦ CÇS B)BC)fl£H WS Yftii Camonde 20 BULLETIN DE LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DU QUÉBEC/DÉCEMBRE 1979
de

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