Bulletin de la Bibliothèque Saint-Sulpice, 1 janvier 1967, Vol. 1 no 1
BULLETIN DE LA BIBLIOTHÈQUE SAINT-SULPICE MINISTÈRE DES AFFAIRES CULTURELLES Volume 1, numéro 1 en guise d'éditorial Un nouveau bulletin d'information, alors qu'il existe déjà tant de périodiques — et qui le sait mieux qu'un bibliothécaire] Pourquoi alors, consciemment, prenons-nous l'initiative de cette publication trimestrielle ?En fait, nos motifs sont simples et se résument dans notre désir et notre volonté de mieux faire connaître la Bibliothèque Saint-Sulpice.Nous croyons qu'il faut accroître son rayonnement puisque, d'une part, maints chercheurs perdent un temps considérable à assembler la documentation dont ils ont besoin, et le plus souvent par ignorance des bibliothèques et des collections qu'elles recèlent; d'autre part — aussi étonnant que cela soit — parce que les bibliothèques partagent encore trop peu leurs expériences dans les différents secteurs de leur fonctionnement et de leur activité.Aussi, ce bulletin ne cherchera qu'à mieux intégrer la Bibliothèque Saint-Sulpice dans le monde de la recherche, en vous renseignant de façon régulière sur certaines collections ou acquisitions particulièrement intéressantes, ainsi que sur les divers services qui sont mis à la disposition de tous.Egalement, il permettra de faire connaître nos options en bibliothéconomie, toutes pragmatiques, c'est-à-dire de partager avec d'autres bibliothèques nos décisions dans l'application quotidienne de la théorie.Le rôle de ce bulletin est donc essentiellement d'informer; si vous y trouvez à l'occasion quelques renseignements utiles, notre but aura été atteint.Le conservateur Georges Cartier. Bibliothèque Saint-Sulpice, 1844-1966 Croire en l'avenir d'une bibliothèque nationale et surtout réaliser cet avenir, c'est le travail d'un peuple conscient de l'importance qu'il faut accorder à l'acquisition, la conservation et la diffusion de la pensée humaine sous forme d'écrits.L'évolution de la Bibliothèque Saint-Sulpice est l'une des preuves de cette prise de conscience chez les Canadiens français.De « Cabinet de lecture » qu'elle était en 1844, la Bibliothèque Saint-Sulpice est devenue, en 1966, selon l'expression du Ministre des Affaires culturelles, monsieur Jean-Noël Trembla}7, « d'ores et déjà notre bibliothèque d'Etat ».En 1965, elle n'occupait qu'un immeuble, rue Saint-Denis.Mais, trop à l'étroit dans cet édifice, il a fallu songer, en 1966, à répartir en deux édifices les différents services.Monsieur Tremblay a aussi souligné cette expansion de la Bibliothèque Saint-Sulpice, en inaugurant l'Annexe Aegidius-Fauteux, le 14 novembre dernier.« Que nous soyons réunis ici, aujourd'hui, pour l'inauguration d'une annexe de la Bibliothèque Saint-Sulpice, marque de façon tangible notre volonté de permettre à cette bibliothèque de maintenir le rythme accéléré de son développement et d'accorder à la nation canadienne-française le moyen par excellence de conserver et de diffuser sa culture».Il souligna également l'importance de posséder, au Canada français, une bibliothèque nationale, comme il en existe dans presque tous les pays: « Si de telles bibliothèques constituent, à travers le monde, les voûtes les plus sûres de l'identité de chaque peuple, si elles sont le fidèle reflet de leur vie quotidienne et de leur acheminement culturel; si elles deviennent rapidement les plus grands centres de recherches où se prépare l'action d'un peuple; si elles sont le ferment de sa pensée; il faut, il est même urgent qu'à son tour, le Québec se dote d'un tel moyen d'action ».« La Bibliothèque Saint-Sulpice, seule bibliothèque du Gouvernement du Québec à caractère public, a déjà entrepris l'énorme tâche de recueillir tout l'imprimé québécois de langue française, qu'il soit livre, revue, journal, publication officielle, manuscrit, affiche ou autre ».Tour d'horizon Voici comment sont répartis les différents services de la bibliothèque.Rue Saint-Denis demeurent les bureaux de l'administration et du conservateur, ainsi que la collection générale qui est mise à la disposition des lecteurs par le service de renseignements, le bureau de prêt, le prêt entre bibliothèques et le service de la photocopie.Le service des acquisitions s'y trouve également.De plus, le service des activités culturelles, qui offre des spectacles variés, dispose d'une salle au sous-sol de l'immeuble.L'Annexe Aegidius-Fauteux, à l'angle des avenues de l'Esplanade et du Mont-Royal, accueille les autres collections et services: l'adjoint aux services techniques, le service du catalogue, les départements des périodiques (revues et journaux) et publications officielles des divers gouvernements, tant fédéral que provinciaux et municipaux, ainsi que des organismes internationaux et des pays étrangers, les services de réception et de reliure, Les documents spéciaux comprenant cartes, plans, manuscrits, gravures, affiches, programmes, etc.y sont aussi conservés.Ce n'est donc pas une succursale, mais une annexe qui réunit des collections particulières auxquelles les lecteurs ont également accès.Depuis un an ou deux, chacun des départements de la Bibliothèque Saint-Sulpice évolue selon un rythme qui lui est propre.Pour mieux nous en rendre compte, voyons quelques faits d'imn rtance pour chacun d'eux. A.la recherche de notre passé Parmi les acquisitions importantes de l'année, il convient de signaler l'achat de seize volumes des Relations des Jésuites dans l'édition originale.Notre bibliothèque possède maintenant vingt-sept volumes (dont deux en remplacement d'exemplaires périmés que possédait déjà la bibliothèque) de cette oeuvre publiée chez Cramoisy, à Paris, de 1632 à 1673.Le périple de l'un d'eux est particulièrement intéressant.L'estampille sur la page-titre révèle que le volume a d'abord appartenu à la bibliothèque de la Société des missions étrangères de Québec.Puis il fut la possession dé personnalités célèbres: l'abbé H.-A.Verreau, historien, le bibliographe James McCoy et enfin le bibliophile James Bell.À son arrivée d'Angleterre, en mars dernier, la Bibliothèque Saint-Sulpice se le procurait à une vente aux enchères.Nous souhaitons beaucoup d'autres rapatriements comme celui-ci! D'un catalogue à l'autre De tous les départements, c'est sans doute à celui du catalogue que l'esprit de renouveau qui anime Saint-Sulpice se traduit par les changements les plus radicaux.Quelques mois seulement se sont écoulés depuis l'historique décision d'abandonner le système de classification Dewey pour le remplacer par celui de la Bibliothèque du Congrès, et de transformer le catalogue dictionnaire en systématique.Déjà, les premiers éléments du nouveau catalogue (auteur-titre, systématique proprement dit, corollaire d'index, topographique) commencent à prendre forme.Une telle réorganisation impliquait nécessairement la reclassification de toutes nos collections: travail gigantesque que nous tentons de faire coïncider avec le traitement des nouvelles acquisitions et qui ne fut rendu réalisable qu'en doublant et même triplant le personnel affecté au service du catalogue.Réorganisation d'un ancien service de « référence » Le nom même de service de renseignements peut prêter à confusion pour les spécialistes qui le connaissent surtout sous l'appellation de service de référence ou de consultation.Après réflexion, nous avons opté pour service de renseignements afin que le lecteur ordinaire se retrouve plus facilement.De ce service relève le bureau de prêt, le prêt entre bibliothèques, le service de photocopie et polycopie, l'aménagement du magasin des livres, la surveillance de la salle de lecture et, enfin, le bureau de renseignements proprement dit.Dans l'ensemble de la réorganisation amorcée en 1964, le travail des deux dernières années a surtout consisté à mettre en place les structures mentionnées plus haut (organisation technique, recrutement et initiation du personnel).Quant au bureau de renseignements, il groupe trois bibliothécaires professionnels qui ont pour tâche de répondre aux demandes faites par téléphone ou courrier et à celles des lecteurs qui se présentent à la bibliothèque.Ce personnel doit également s'occuper de la mise à jour de la collection d'ouvrages de référence.A cette fin, il a entrepris le dépouillement systématique des manuels de bibliographies tels que Malclès et Winchell.Même si, à certaines périodes de l'année, le nombre de bibliothécaires est nettement insuffisant pour répondre aux demandes quotidiennes, ces derniers ont réussi à compiler quelques bibliographies dont la plus importante est celle sur la Rébellion de 37-38 parue dans « Liberté, vol.7 (janv.- avril 1965).Durant l'année écoulée, le service a aussi dressé une liste d'échanges, avec la Bibliothèque Nationale de France, d'environ trois cents titres en sciences de l'homme dans le cadre de l'entente franco-québécoise. Le savoir an jour le jour La bîbliotlbèqme avait (déjà piévtm a mm m^mià^smasm wum (Aêpairteinmemtt spécial pour ses publleatlioms à caractère pêriffixd&jpie.Le projet a été réalisé atu eotuirs «&e H^sauanoeœ pair ï'OTgpjgjeimaemt d"uœm chef «lu département des périodiques.Cestt hm «pm sana cflnsBqgê «J"«9!rgaimîser cette portion de la collection sur des bases déffifloitirTOs et dTaMMBd* mmi imlfcegratfikKa à l'emsenible de la bibliothèque.Un manque flagrant d'espace motus a ammeimés à Bogpr Des périodiques dams un nouvel immeuble où ils sont mmômtemamt tregmotupés.Um ordre de classement a pu être adopté, ce qui permettra urne tmefflletmre turiEsariom de la (collection, même avant la complétion d'un nouvel inventaire ou imoêimae avant la réorganisation complète du < kardex ».Naissance d'an département Le département des publications officielles créé récemment a pris des proportions assez imposantes.Il fonctionne déjà sur urne base autonome.L'établissement de politiques défimitives devra attendre la présence d'un responsable, mais plusieurs jalons ont déjà été posés, pour ce qui concerne les acquisitions des documents ou leur classement, de même que pour la collaboration du service avec les autres départements.Les publications officielles sont définitivement logées dans des locaux appropriés et le service est en mesure de répondre aux besoins de la majorité des chercheurs.Et tout le reste qui n'est pas littérature Créé en 1965, le département des documents spéciaux regroupe les collections particulières dispersées dans la bibliothèque.Au département des documents spéciaux, les documents sont d'origine variée.Les plus anciennes pièces d'archives ou manuscrits datent des années 1512, 1527 et 1602 (fonds français) et de 1687 pour les canadiana.L'organisation du département nous permettra, au fur et à mesure que l'inventaire et le classement se feront, de pouvoir mettre à la disposition des chercheurs les collections de manuscrits, estampes, portraits, photographies, imprimés, cartes et plans, affiches, programmes de théâtre, concerts et autres.Canada français et rayonnement de la culture Nouvellement créé, le service des activités culturelles a ouvert sa saison dans une salle de spectacles et de conférence complètement refaite et embellie.Les sièges nouveaux et confortables (au total 471 fauteuils) et l'éclairage approprié à toute sorte d'événements créent une ambiance accueillante.Le foyer a été transformé en une petite salle consacrée à l'art, où de nouveaux écrans d'exposition permettent une meilleure mise en valeur des oeuvres.Durant les deux premiers mois — octobre et novembre — plus de cinq mille personnes ont assisté aux divers événements culturels et artistiques présentés à la bibliothèque : huit soirées de films éducatifs, six spectacles de théâtre (dont un pour enfants), cinq conférences (dont une donnée par Lanza del Vasto), deux soirées musicales, un récital de chant choral, deux soirées consacrées à la culture de pays étrangers (Italie et Mexique).Il faut ajouter encore trois expositions: Dante et la Renaissance; le monde des enfants et le paysage montréalais: l'oeuvre photographique d'Antoine Désilets; l'architecture mexicaine (pré-colombienne, coloniale et moderne).Ces activités culturelles se poursuivront mois après mois et l'on conservera toujours la politique d'entrée libre, pour dommer à tous ceux qui le désirent une possibilité réelle d'assister à divers spectacles et conférences.
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