Le couac, 1 décembre 1997, décembre
Le Cirque du Soleil s'en va en Chine Après nos clowns, les Chinois reçoivent nos acrobates.L'appel de la race canadienne La démocratie n'existe pas pour les dégénérés Calvin Ku Klux Klein Station Sherbrooke, le métro démarre.Votre regard s'arrête sur un trio d'affiches identiques, rendues quelque peu impressionnistes par la vitesse à laquelle elles défilent.Vous n'avez eu le temps d'en retenir que ces trois lettres: KKK.Diable! Et pourtant, derrière ces trois «K» ne se cachent ni cagoules pointues ni croix enflammées, mais d'innocents jeans et caleçons moulants signés Calvin Klein.Comment une telle confusion a-t-elle pu naître?Voici l'autopsie d'une gaffe, l'arithmétique d'une bévue.Tout commence par une rencontre.D'un côté, il y a ce géant de la mode qui a su redonner aux femmes sans poitrine et aux hommes en slip kangourou toute leur dignité.Son sigle: cK.De l'autre, il y a Métro Média, vendeur d'espaces publicitaires, qui a pris l'habitude de nous donner la berlue en multipliant par trois les affiches sur les quais des stations montréalaises.Un petit «c» délavé + un grand «K» bien imprimé, le tout mis côte à côte trois fois = sigle du Ku Klux Klan, ou message involontaire.«Nous avons reçu trois ou quatre plaintes de la part d'usagers du métro, dont une qui a été publiée dans le journal Le Devoir |5 novembre 1997|, explique Odile Paradis, chargée des relations de la STCUM avec la presse.Une telle confusion est bien dommage, car Calvin Klein est un grand nom de la mode et ses publicités respectent nos codes.Tout cela à cause de la disposition.» Chez les représentants de Calvin Klein, on s'exclame, on s'indigne, on ne savait rien du tout avant que Le Couac ne les informe.C'est que leur agence se trouve à Toronto, où l'on ne connaît pas ce système d'affichage en triptyque.George Tucci, représentant des ventes chez Métro Média, admet en effet que la compagnie de vêtements n'avait pas vraiment le choix dans la disposition de ses affiches publicitaires: «Aucune stratégie ne se cache derrière tout cela.Calvin Klein a suivi les conseils que nous donnons à tous nos clients, le ne sais pas encore si les posters seront retirés.» Et il ajoute, dans un français incertain: «C'est uniquement par chance qu'une telle confusion a pu se produire.» Par kkkoi?CATHERINE PÉPIN Obsédé par la pureté raciale et la charge économique des «asociaux», le gouvernement suédois a stérilisé contre leur gré, entre 1935 et 1976.plus de 60 000 personnes.À la fin de l'été, des révélations à ce sujet ont provoqué beaucoup d'émoi en Europe.Les médias d'ici ont tout au plus évoqué l'affaire.Dommage: la triste expérience suédoise aurait pu les mener à examiner les pratiques similaires qui ont eu cours au Canada jusqu'au début des années 1970.En Alberta, de 1928 à 1972, une loi autorise la stérilisation par la force des handicapés mentaux, des épilep-tiques et des gens touchés par la maladie d'Huntington.lusqu'à l'automne de 1940, au plus fort de la vague eugéniste canadienne, 1536 individus sont examinés en Alberta De ce nombre, 715 subissent une intervention chirurgicale.Entre 1927 et 1972, plus de 2800 individus sont stérilisés par la force dans cette province.Au moins 15 jeunes Albertains qui souffrent du syndrome de Down subissent par exemple une vasec-tomie entre 1953 et 1971.Les médecins savent pourtant depuis 1940 que ces malades sont naturellement stériles.Les procès-verbaux du comité albertain chargé d'approuver les stérilisations montrent que les membres du comité ont agi avec zèle jusqu'en 1972.Ailleurs au Canada Il n'y a pas que l'Alberta qui, durant cette période, propose de régénérer l'humanité en s'appuyant sur une pseudo-science, l'eugénisme.Une loi semblable existe aussi en Colombie-Britannique de 1933 à 1972.Elle semble peu utilisée au début.Une étude de la Commission royale des relations entre le Dominion et les provinces laisse entendre que 22 personnes, en grande majorité des femmes, ont été stérilisées entre 1934 et 1937.Un article du Canadian Medical Association journal publié en 1996 estime cependant à plusieurs centaines le nombre de victimes entre 1933 et 1972.À partir des années 1930 surtout, la stérilisation eugénique est pratiquée dans certains États de nos voisins du sud, de même qu'au Danemark, en Norvège, en Suède, en Finlande, en Estonie, dans l'Allemagne hitlérienne et, en Suisse, dans le canton de Vaud.Cependant, dans tout l'Empire britannique, elle ne se pratique nulle part ailleurs qu'au Canada.Dès 1927, le Canadian Medical Association \ournal appuie en éditorial une politique d'élimination de ceux qui ont «des raisons amères de regretter leur naissance» Cette biopolitique est mise de l'avant au nom de la promotion du bien-être de la race.Pour ces défenseurs de la race, la société est avant tout affectée par des problèmes médicaux plutôt que sociaux ou économiques.L'eugénisme est alors très a la mode au Canada anglais.Plusieurs mouvements proposent d'améliorer la «nation» en freinant la reproduction des individus jugés génétiquement malsains.Ils prêchent l'eugénisme avec une ferveur quasi évangélique.Emily Murphy, première femme à être nommée juge dans tout l'Empire britannique, est une des têtes du mouvement.Selon elle, 75% des problèmes mentaux sont héréditaires.Il faut donc interdire la procréation aux personnes malsaines La Eugenics Society of Canada La campagne en faveur de la stérilisation est menée en majeure partie par la Eugenics Society of Canada, appuyée par plusieurs médecins et groupes sociaux.La Society a ses bureaux en Ontario, à Brantford.Elle présente des émissions de radio intitulées «The Future of the Race»; elle propose des conférences, elle fait en outre ce que l'on appellerait aujourd'hui du lobbying politique.Dans une émission de radio de la Society, Burton Hurd, professeur d'économie politique à l'Université McMaster, affirme que «dans la mesure où le volume du revenu atteste d'une supériorité intellectuelle ou garantit une meilleure éducation des enfants, la qualité de la population peut souffrir de cette disproportion».Il propose de limiter la procréation chez les plus démunis afin que le génie des riches puisse se diffuser dans la race.Ce bon professeur de Hamilton s'inquiète encore des «frais d'entretien des anormaux».La solution?Il pense au bon sens d'une législation semblable à celle qu'ont adoptée les Nazis le 14 juillet 1933.Mais Hurd n'est pas seul à s'intéresser à la «solution» allemande.Herbert A.Bruce, ancien lieutenant-gouverneur de l'Ontario, propose lui aussi de s'inspirer de lAllemage de Hitler en matière d'eugénisme À partir de 1933, cet ancien représentant de la couronne défend l'idée d'une loi qui rendrait légale la stérilisation forcée en Ontario.Pour lui, la présence de déficients intellectuels dans la société canadienne constitue rien de moins qu'un appauvrissement de l'héritage de Dieu.L'association médicale de l'Ontario l'appuie alors dans sa croisade.À défaut de pouvoir compter sur une loi de la législature ontarienne, Herbert Bruce encourage les initiatives privées.Il est particulièrement fier, par exemple, d'un médecin de Kitchener, le Dr Kaufmann, qui «contribue de façon valable au bien-être de la race».La guerre de 39-45 contre les forces nazies donne même un nouvel argument en faveur de la stérilisation au D' William Hutton, le président de la Eugenics Society: l'effort financier du Canada pour la victoire de la démocratie serait facilité si les sommes consacrées à l'entretien des indésirables et des dégénérés étaient disponibles pour autre chose.La démocratie n'existe pas pour ces gens-là, aux yeux des membres de la Society.De son côté, le Manitoba souhaite, jusqu'à la Deuxième Guerre mondiale, adopter une loi semblable à celle de l'Alberta, mais il se heurte à l'opposition des catholiques, c'est-à-dire des francophones.En 1933.les promoteurs et les opposants d'une loi sur la stérilisation s'affrontent au bénéfice de ces derniers.Un des opposants les plus farouches à l'adoption d'une loi eugénique est un catholique canadien-français, l'abbé Antoine d'Eschambault.Partout au pays, les consciences catholiques font preuve, à l'égard des politiques eugénistes, d'une vive opposition.Au Québec, malgré quelques rares écrits favorables à la stérilisation, l'opinion publique s'oppose à cette mesure jugée incompatible avec la morale religieuse.Le mariage Certaines provinces canadiennes-anglaises adoptent des mesures juridiques au sujet du mariage afin d'empêcher la naissance d'une «progéniture infirme ou indésirable».Dans ces provinces, l'examen médical est obligatoire avant le mariage.C'est là une autre façon toute canadienne de veiller à l'amélioration de la race.En Colombie-Britannique et en Alberta, le mariage est par exemple interdit aux syphilitiques.Les mesures sont beaucoup plus restrictives en Saskatchewan.Là, les futurs époux doivent subir un examen médical dans les dix jours antérieurs à leur union.À partir du 1er juillet 1941, le médecin doit empêcher l'union d'époux qu'il juge atteints de maladies mentales ou contagieuses.La célébration d'un mariage non conforme à cette directive conduit à une amende de 500$, somme fort considérable pour l'époque.En Ontario, où une loi similaire est alors en vigueur, les contrevenants sont passibles d'une peine maximale de 12 mois de prison.L'eugénisme s'est pratiqué au Canada pendant plus de 40 ans.Un tel système social qui permet de contrôler la reproduction et l'élimination d'êtres humains en vue d'améliorer la qualité de la nation, cela ne vous fait penser à rien?En Allemagne, une politique publique tout aussi inspirée a eu cours pendant 12 ans sous la botte d'un dictateur.Mais ce sont des choses dont les Canadiens, qui se considèrent vertueux en politique, n'ont pas envie de parler.JEAN-FRANÇOIS NADEAU Vol.1 • no 3 Décembre 1997 1,99$ Dissident et décideur «Les louanges des gens me gênent et me font honte, car je n'ai pas fait assez pour la démocratie en Chine».Non ce n'est pas de Bouchard, notre pétaradant premier ministre , mais du dissident chinois Wei lingsheng, libéré par Pékin après un long et pénible internement qui a ruiné sa santé (AFP, 22 novembre).Un type plein de complexes, ce Wei.Bouchard en Chine Pendant la dynamique mission économique menée par le premier ministre québécois n'y avait pas, paraît-il, de place pour la politique.Il faut dire qu'aux yeux de Lulu la Chine n'a pas la grandeur de la France et surtout qu'elle n'a pas eu l'honneur de coloniser le Québec.Gaffeurs Pendant son voyage en Amérique, « liang Zemin reconnaît que Tienanmen a été une erreur» (La Presse, 2 novembre).Parions qu'il veut dire que les étudiants n'auraient pas du manifester imprudemment devant les tanks, comme ils l'ont fait le 4 juin 1989.Peine de mort Au Texas La peine de mort est très en demande au Texas.En moyenne, un condamné à mort coûte à l'État 2,3 millions de dollars, soit trois fois le coût pour emprisonner un homme pendant 40 ans dans un pénitencier à sécurité maximale.Tuez-vous les uns les autres Entre 1973 et 1988, la Floride a dépensé 57 millions de $ américains pour exécuter 18 personnes.En 1992, les autorités de la Floride ont relâché en vitesse 3000 personnes à cause de coupures de 45 millions de $ dans le budget de la «justice».En avant le progrès L'État du Massachusetts vient d'adopter à son tour la peine de mort.En 1992, 53% des villes de cet État ont refusé une hausse de taxes pour augmenter la qualité de l'éducation et des services municipaux.Pour la peine de mort Malgré ces faits, un sondage Gallup montre que 66% des Québécois se montrent favorables à la peine de mort.Cherchez l'erreur.Indice: elle n'est pas dans la marge d'erreur du sondage, qui est de 6%.Vive le serpent de maire Le maire Bourque est très copieusement hué au Centre Molson par plus de 20 000 personnes.Déclaration de l'intéressé dans Le Devoir du 7 novembre: «Je ne l'ai pas pris personnel » Dommage.Ignorance Le président chinois, M.liang Zemin, a reçu lors de sa récente visite aux États-Unis une grande leçon.Il a appris qu'il n'est pas nécessaire de noyer dans le sang les manifs pour la démocratie; il suffit de les ignorer.Vide du routard ou guide dérouté Lu dans le Guide du routard «Québec et provinces atlantiques» 1997-1998: «Le "Vive le Québec libre" de De Gaulle était d'autant plus étonnant que Québec a appuyé le régime de Vichy.» Ah bon?Le parlement du temps aurait donc appuyé Pétain?Première nouvelle.De plus, les études historiques montrent que la population québécoise était très divisée à ce sujet.Et puis, Vichy était le régime légal de la France, pas du Canada.Le Guide du routard, dans sa belle logique, doit s'étonner que les Français fassent un procès à Maurice Papon: après tout, l'Hexagone était pétainiste durant la guerre.Le commis «Je me sens comme un commis voyageur qui met le paquet pour aller chercher le maximum» a affirmé Bouchard en Chine [journal de Montréal, 5 novembre) Le premier ministre veut nous dire qu'il va donner son 110% et travailler fort dans les coins, quoi.chine n.f.Pop.Monde ou métier des colporteurs: Marchand à la chine.chineur, eu se n.et adj.Pop.Brocanteur: Dans le métier de chineur (tel est le nom des chercheurs d'occasion) | Balzac] Grand Larousse encyclopédique, 1963 m m m 2.chine |Jin| n.f.1° Brocante.2° Vente de porte en porte.Vente à la chine.2.chiner [Jine| v.tr.(1847, probabl.alter, d'échiner « travailler dur »).1° Chercher des occasions (chiffonier, brocanteur).2° (1889, de « duper le client ») Critiquer sur le ton de la plaisanterie ironique.V.Moquer, plaisanter, railler, taquiner (Cf.pop.Mettre en boîte).Le Petit Robert, 1991 Les droits de l'homme, une nuisance Le président chinois, Jiang Zemin, a fait mentit tous les clichés sur tes « chinoiseries » lors de sort récent voyage aux États-Unis.Il y est allé de déclarations aussi brèves que limpides.Pat exemple: « les droits de l'homme sont culturels et non pas universels ».Vouloir que la Chine mette en pratique cette « invention » européenne serait donc l'expression d'un intolérable ethnocentrisme occidental Par contre et de toute évidence, ies dollars de nos Investisseurs ne sont pas culturels Ce ne sont certainement pas Messieurs Bouchard, Chrétien et Bourque qui diront le contraire.Mais les Chinois doivent bien avoir quelques droits.M Zeming explique, avec la même limpidité, que « le droit le plus important pour les Chinois, c'est celui à la subsistance ».C'est sans doute pour assurer ce droit qu'il y a maintenant un McDonald et un Kentucky Fried Chicken sur la place Tienanmen Toutefois, l'observateur naïf est frappé par le fait qu'en Chine les partisans de la démocratie survivent moins bien que les autres.C'est bien la preuve que les droits de l'homme nuisent à fa santé.i Le Couac, décembre 1997, page 2 L'Imprimatur de La Presse Pourquoi les journalistes et les médias, qui font du pétage de bretelles avec l'objectivité, le sens critique, l'indépendance intellectuelle et le discernement, perdent-ils soudainement toutes ces qualités lorsque vient le temps d'aborder des questions de nature religieuse?Plusieurs centaines de coupures de presse, amassées au fil des ans, illustrent l'incroyable parti pris des médias et l'abandon de leur sens critique lorsque les choses les plus insignifiantes ou dénuées de toute crédibilité ont un caractère religieux.En voici quelques exemples, glanés uniquement dans La Presse récemment.12 novembre.Révélation stupéfiante: «Le pape légèrement enrhumé».En parcourant le scoop du correspondant de l'Agence France-Presse (AFP) au Vatican, le lecteur est rassuré: «Le Vatican n'est pas inquiet car il ne s'agit pas d'une grippe et le pape n'a pas de fièvre, a-t-on précisé de bonne source.» Ouf ! On l'a échappé belle.Nos prières l'accompagnent.S'il fallait qu'il pète.10 novembre «Découverte de la pierre où Marie s'est reposée avant d'enfanter Jésus» (AFP lérusalem).Sur la photo, trois patriarches orthodoxes qui ne se doutent pas un instant de l'absurdité de la chose, ou du moins qui croient que nous les croyons.Par hasard, la découverte coïncide avec les préparatifs des fêtes de l'an 2000 qui devraient «attirer de très nombreux pèlerins à lérusalem» espèrent les trois agents de voyage barbus.15 mai.«Les malades croyants guérissent plus vite, disent des experts.» Des experts ont le droit de dire n'importe quoi, y compris ce qui suit: «sur 232 patients opérés du cœur, la mortalité des non-croyants a été trois fois plus importante que celle des croyants»! Ce qui prouve que les croyants sont immortels.Une nouvelle de l'AFP au Vatican.13 mai.«80e anniversaire de l'apparition de la Vierge à trois petits bergers» (AFP à Lisbonne) L'événement ne fait aucun doute: «la Vierge est apparue en 1917 à Lucia |.|.Lors d'une apparition, la Vierge a annoncé à Lucia: «La Russie se convertira et nous vivrons en paix» à condition que ce pays soit consacré à son Cœur Immaculé.La madame n'a pas dit que c'était au capitalisme sauvage que se convertirait la Russie.Dire que j'ai fait plusieurs mois de Marie pour cette conversion! 19 avril.Cahier H, Vacances-voyage: «Le tourisme religieux en France».On apprend que «la Vierge Marie est apparue le 27 novembre 1830 dans la Maison-Mère des Filles-de-la-Charité», que «sainte Anne est apparue plusieurs fois à un pieux laboureur nommé Yves Nicolazic en 1625», que «lésus apparut à une jeune religieuse nommée Marguerite Alacoque le 27 décembre des années 1673, 1674 et 1675».que la cathédrale de Chartres abrite «la relique du voile de la Vierge» et que Thérèse de Lisieux fut canonisée «par le saint pape Pie X».Cette fois, pas d'AFP, le délire étalé sur cinq pages est l'œuvre de Gilles Houle dont La Presse a retenu les services à titre de «collaboration spéciale».3 avril.Dénouement: «A l'occasion du lancement de la neuvième campagne de financement du diocèse de Montréal, sur le thème «Dieu vous le rendra», l'archevêque de Montréal, le cardinal lean-Claude Turcotte, et le président de la campagne.M Serge Saucier, ont effectué une visite de courtoisie au président et éditeur de La Presse, M.Roger D.Landry, qui leur a accordé son entier appui.» Heureusement, M.Landry est là.DANIEL BARIL Le Couac 788, rue Laurier Est, Montréal (Québec) H2] ICI Téléphone: (514) 270-9392 Éditeur: Pierre de Bellefeuille Rédacteur en chef: lean-François Nadeau Collaborateurs: Sabina Badilescu, Daniel Baril, Marco de Blois, Geneviève Cardinal, Marc Cassivi, Louis Cornellier, Francis Dupuis-Déri, Pierre Falardeau, Marc Gauchée, Philippe Gauthier, David Ledoyen, Laurent Mailhot, Yves Michaud, Catherine Pépin, Marion Piekarec, Sylvain Ratté, Céline Vangheluwe, Nadine Vincent.Graphisme : Zirval Design & Imprimerie (525-3781) Illustration : Luc Giard, Bruno Laporte.Gilles Laporte.Warten.Zep Publicité: lacques Fleurent (355-2103) ISSN 1480-2074 Imprimé au Québec Le Couac paraîtra tous les mois, tant qu'il le pourra.ABONNEMENT 1 an.25 $ «2 ans: 45 $ • Institutionnel: 50 S Soutien: envoyez plus de 50 S ou (mieux) tout ce que vous avez.Statistique intéressante: Le Couac a de plus en plus d'abonnés La Cage aux porcs La belle mouche Le magazine du pêcheur américain Fly Rod & Reel propose un dossier dans son numéro de novembre-décembre: «Les femmes doivent-elles posséder leur propre canne à pêche?» On n'arrête pas le progrès.Confus Capté, sur les ondes du Réseau des sports, cet avertissement : «Nous ne produisons pas d'émissions culturelles.» Lu dans La Presse, ce titre d'une critique de Stéphane Potvin qui entendait dénoncer le mépris que les intellectuels entretiennent envers le sport : «Le sport, élément de culture.» On l'avoue, on est un peu confus.Que les galeux se grattent La Régie des alcools, des courses et des jeux (RACI) déclare que les bouteilles de la Bière de Noël de GMT doivent disparaître de la circulation parce qu'y figure un père Noël (La Presse.22 novembre).Un règlement de la Régie interdit la publicité pour l'alcool, dont l'achat est de toutes façons prohibé aux moins de 18 ans, au moyen d'un «personnage fictif ou réel associé aux personnes mineures».Pendant ce temps, Loto-Québec offre, en vente tout ce qu'il y a de libre, ses «gratteux» de Noël, qui sont bien plus moraux, eux.L'union fait la force Ainsi donc, le groupe de motards «Rock Machine» se serait affilié aux «Bandidos», une multinationale du crime organisé, basée au Texas, pour mieux combattre les succursales locales des «Hell's Angels», une autre multinationale américaine dont le «Head Office» est en Californie.Dans la langue de bois des «Chicago Boys», traduite par les «Boys» des Hautes Études Commerciales, on appelle ça le libre-échange, ou encore la mondialisation des marchés.«Support your local Bandidos» peut-on lire sur les chandails de ces «hommes d'affaires» bien de chez nous.On dirait la «gang» de Sheila Copps.«Support Canada.» Vivement le prochain référendum pour que les «Bandidos», comme les «Hell's» la dernière fois, puissent appuyer le comité du Non.Ces dignes représentants du capitalisme sauvage le plus pur pourront s'unir encore une fois au Conseil du Patronat et aux succursales du « Board of Trade» pour défendre l'intégrité du territoire canadien et éviter la fracture d'un marché plutôt lucratif pour ces bonnes âmes.Chacun pourra ainsi continuer à brasser ses «p'tites affaires».«Bommes» d'affaires de tout le pays, unissez-vous.PIERRE FALARDEAU Stéphane Corbel!, motard: «Support your Local Bandidos Motor Clufc».De notre correspondant particulier à Paris Quand Charlebois, le public trinque Robert Charlebois est passé au Bataclan, du 31 octobre au 8 novembre, mais aucun Parisien ne peut dire s'il a payée une place pour entendre les chansons d'un artiste ou pour supporter les slogans d'un brasseur.En effet, il était impossible d'échapper aux noms des bières placardés depuis l'entrée de la célèbre salle jusque sur les t-shirts des musiciens.Le groupe précédant Charlebois n'a pas manqué de rappeler que « Maudite », « Eau bénite » et « Fin du monde » n'appartiennent pas qu'au vocabulaire des curés.De toute façon, à 40 francs (10 $) la bouteille, ça faisait cher le sermon! Mais le pire et le plus significatif, la disposition de la salle : un bar a été installé entre les spectateurs et la scène ! Et Charlebois de s'étonner que les Parisiens ne dansent pas ! Comment se laisser entraîner par ce chanteur dont on voulait boire les paroles, et pas forcément la bière?MARC GAUCHÉE Pensée du jour En France, tout finit par des chansons; au Québec, tout passe par le houblon.(Attribuée à R.Charlebois) Timbré de De Gaulle M Pierre-Louis Malien est tout offusqué et nous l'apprend dans une lettre publiée dans Le Devoir (27 octobre) Outre-Atlantique, c'est ce membre de l'Institut de France qui avait eu l'idée d'un timbre-poste commémorant le trentième anniversaire de «l'historique visite du général De Gaulle au Québec », visite au cours de laquelle il avait lancé son fameux cri.Or, il s'est trouvé, écrit Malien, « une autorité aussi impudente que malveillante» pour s'opposer à son projet Cette autorité « audacieuse et inconsciente» n'est autre que le Canada, «simple puissance anglophone de second ordre» |!|, qui a comme on le sait protesté contre la commémoration de ce qui.du point de vue des relations Paris-Ottawa, reste un incident diplomatique commis par l'homme au képi.M.Malien a une bien meilleure opinion du Québec.Puisque ce dernier « n'a jamais été une simple colonie, dès Louis XIV, la Nouvelle-France " dite vulgairement Canada " |.| est une province de France, au même titre que l'Auvergne |.|, il est normal qu'il se conduise mieux que cette colonie mal décolonisée qui s'appelle Canada.» Évidemment, être la province des uns c'est assurément mieux que d'être la colonie des autres.Bref, ce n'est pas d'être provincial qui est le mal, mais de ne pas être la province de l'Hexagone.Ben.mon colon.par FRANCIS DUPUIS-DÉRI et PHILIPPE GAUTHIER Affaires ni.I.Rien à faire, faire des affaires, ce sera toujours faire et refaire: en affaires, le silence est d'or et la parole est d'argent.2.Milieu des affaires: malgré son nom.il est plutôt à droite.3.lournal Les Affaires-, voir néolibéralisme.Anticonstitutionnellement adv.Le plus long mot de la langue française, mais celui le plus facilement prononcé par un juge de langue anglaise.Bière n.f.1.Boisson brassée avec de l'eau, du malt, du houblon et une bonne dose de publicité: la bière est une bonne source de sport professionnel.2.Seule cause pouvant motiver un Québécois à sortir dehors par -30° C à 22h58: la bière consommée avec modération est ennuyeuse.3.Les bières industrielles: si vous voulez péter de la broue.choisissez une biire de micro-brasserie.4.Là où l'on vous mettra si vous abusez du divin liquide et qu'une crise de foie vous emporte: selon les experts en bière, il faut prendre très au sérieux la menace de réchauffement de la canette.Casino n.m.I.Lieu de perdition où l'on a tout à gagner, surtout si l'on est ministre des Finances.2.Économie de casino, système économique où la prospérité dépend de l'appauvrissement général.Crise n.f.1.État normal de la société depuis 1973.2.Crise du pétrole, hausse marquée des prix du pétrole en 1973 qui a eu pour effet de réduire la taille des autos américaines et d'augmenter celle des limousines des chefs d'État arabes.3.Crise économique (archaïque), période d'instabilité économique et de misère pour la population: à défaut de changer quoi que ce soit à la réalité de la crise économique, des expressions comme «.problèmes conjoncturels» et «ajustement struc-tureh ont le mérite de rassurer les politiciens qui les emploient.4.Crise de confiance, doute persistant que les citoyens entretiennent à l'égard des institutions: nous ne sommes pas certains que nous pouvons nous fier aux politiciens pour régler la crise de confiance actuelle.5.Crise des valeurs, processus par lequel les anciennes valeurs d'humanisme et de sacrifice ont fait place à l'individualisme et à la consommation de masse: la crise des valeurs ouvre la porte à des campagnes comme celle contre la cigarette, une vraie fumisterie où, sous le couvert d'un écran de fumée, on écrase surtout la tolérance.6.Crise du couple, quand le cœur ne répond plus (on dit aussi crise cardiaque).7.Crise de la famille, nom donné à l'éclatement de la cellule familiale traditionnelle: la crise de la famille sera bientôt résolue par sa disparition pure et simple.Dégraissage n.m.Travail ingrat qui consiste à déclarer superflus des secteurs importants de l'État pour pouvoir ensuite les couper avec la conscience tranquille.Marginal dans les années 70, le dégraissage a fait tache d'huile: le problème avec le dégraissage, c'est que les grosses huiles s'en tirent toujours.Distinct adj.1.Caractère de ce qui est différent, de ce qui ne s'assimile pas à l'ensemble ou à ses voisins: moins le peuple québécois est reconnu comme distinct, plus il se fait distant.2.Société distincte, reconnaissance constitutionnelle que le Canada refuse au Québec de peur de perdre son identité: le Canada forme une société distincte de par sa culture, ses traditions, sa majorité anglophone et son Common Law.Dynamique adj.(Langue de bois) Mot vidé de tout sens depuis longtemps, mais qui indique une approbation bruyante de la part de l'establishment: un jeune cadre dynamique, une industrie dynamique, une Bourse dynamique.Selon l'Académie néolibérale de la langue française, les usages suivants sont à proscrire: un vieux fonctionnaire dynamique, un syndicat dynamique, un salon de pompes funèbres dynamique.École n.f.I.Institution qui remonte au Moyen-Âge, mais que les 5 000 fonctionnaires du ministère de l'Éducation sont toujours incapables de définir: depuis Charlemagne, l'école a vraiment fait école.2.École polyvalente, l'école des classes populaires.3.École privée, paradoxalement, c'est l'école de ceux qui ne se privent de rien.4.École de la vie, école qui n'émet qu'un seul diplôme: le certificat de décès.5.Réforme de l'école, projet sans cesse à l'étude: après l'échec de la dernière réforme de l'école, le ministère a dû refaire ses devoirs.6.École de réforme, synonyme de ministère de l'Éducation.7.École de conduite, concept dépassé, où l'on encourageait l'élève à suivre sa voie.8.École de quartier, école qui, à défaut d'être isolée de son milieu, est sans doute isolée à l'amiante.9.École rurale, vile école de village que le vache de gouvernement veut fermer.10.École confessionnelle, école instaurée au nom de la liberté de religion et qui interdit désormais la liberté de conscience: à l'école confessionnelle, pas question de faire la queue devant les distributrices de condoms.Électeur n.m.Adulte qui fait la queue pour se rendre à l'isoloir quand le processus électoral se met en branle: les électeurs seraient peut-être plus nombreux si les isoloirs étaient triple-X.Marijuana n.f.Plante qui pousse aussi bien au Québec qu'en Colombie-Britannique et qui justifie pleinement la fière devise du Canada: a mari usque ad mari. Le Couac décembre 1997, page 3 LAction nationale et l'hémorragie de nos épargnes à l'étranger Un des êtres les plus extraordinaires qu'il m'a été donné de rencontrer, M.Rosaire Morin, directeur de la revue L'Action nationale, la plus ancienne du Québec, s'est livré à une recherche de moine bénédictin sur le placement des épargnes des Québécois.M.Morin vient de publier une étude gigantesque de 500 pages, dans l'édition de novembre-décembre 1997, sur la déportation de nos épargnes vers l'étranger.Nous sommes riches à craquer.Les bas de laine de nos caisses de retraite sont gonflés de milliards.Nos placements dans les fonds mutuels atteignent des proportions inimaginables.Mais nous laissons filer plus de 225 milliards de dollars en dehors du Québec pour assurer l'emploi, la richesse et le confort des autres.C'est cinq à six fois le budget annuel de notre État national qui est géré à Toronto, Vancouver, Hong Kong, Singapour ou Séoul, par des gestionnaires les mieux payés au monde.Nous nous administrons nous-mêmes, sans l'aide de personne, une volée de coups de pied où vous savez ! Quelle est cette sorte de plaisir malsain qui nous porte à nous auto-flageller de la sorte?Des milliards de nos épargnes sont placés hors Québec pour créer des emplois à l'extérieur de nos frontières et faire tourner la roue de l'économie des autres provinces, des États-Unis, de l'Europe et des pays asiatiques.Pendant ce temps-là, les ténors du monde des affaires se battent les flancs pour chercher des poux aux bénéficiaires de l'aide sociale, des chômeurs, des plus démunis de notre société.Ils ne soufflent pas un mot de cette hémorragie de nos épargnes, amassées de peine et de misère par tous les travailleurs et travailleuses du Québec.Il y a quelques jours, la maison de courtage Nesbitt Burns, filiale de la Banque de Montréal, suggérait de diminuer le taux de chômage au Québec à 10,5%.Ses solutions: baisser les impôts des entreprises, réduire le salaire minimum, sabrer dans la sécurité sociale.Les fonds communs de la Banque de Montréal, révèle en passant le directeur de l'Action nationale dans sa remarquable étude, ne détiennent aucun titre du gouvernement du Québec.Zéro, trois fois zéro.Ce sont ces mêmes donneurs de leçons, roulant sur l'or de nos épargnes, qui lancent des cris d'orfraie lorsque le salaire minimum augmente de dix cents l'heure La moyenne des salaires au Canada est en baisse depuis plus de 10 ans, tandis que ceux des chefs de direction ont augmenté de 32% de 1993 à 1996, et les primes au rendement de 61%.Cela donne envie de hurler, mais c'est un peu beaucoup par notre faute, notre très grande faute, que nous nous laissons manger la laine sur le dos.Le seul exemple de la caisse commune de retraite des employés de la Ville de Montréal donne matière à réflexion.Sur 1 milliard 700 millions de dollars — ce n'est pas de la tarte — seulement 23% est réinvesti au Québec.Cette somme énorme est gérée par un comité conjoint où les représentants syndicaux siègent.Il y a une contradiction pour le moins gênante de la part des organisations syndicales à réclamer à cor et à cri le maintien des planchers d'emploi et des droits acquis et à laisser filer le gros de l'épargne de leurs membres à l'extérieur du Québec.À la décharge des organisations syndicales, elles n'ont pas le dernier mot dans la gestion des caisses de retraite, mais elles pourraient être plus combatives, ce qui semble être heureusement le cas depuis quelques mois.Quoi qu'il en soit, l'étude de Rosaire Morin prouve, hors de tout doute raisonnable, qu'il est urgent d'ouvrir un nouveau front de bataille sur la ligne de déportation de nos épargnes.«Quand les requins se battent entre eux, les écrevisses ont le dos brisé», dit un proverbe coréen.Il est temps qu'une réglementation minimale de la gestion de nos épargnes vienne un tant soit peu durcir notre carapace financière, pour en finir avec la légende voulant que nous soyons nés pour un petit pain.C'est le contraire qui est vrai.La miche est énorme, mais nous ne ramassons que les miettes.Un peuple qui aspire à la souveraineté ne peut ni ne doit laisser le fruit de l'épargne de ses citoyens, mondialisation ou pas, entre des mains qui n'ont d'autres intérêts que ceux de s'enrichir à nos dépens et à nous maintenir sagement dans un état de dépendance.YVES MICHAUD L'Action nationale, novembre-décembre 1997.Tél.(514) 845-8533 Où va le monde?En butte aux pressions de quelques extrémistes, la compagnie Mattel va modifier sa célèbre poupée Barbie en lui donnant des formes plus réalistes (AFP, 18 novembre).Il y aurait même le projet de la doter un jour d'un cerveau.Du chinois Extrait du tract électoral d'Hélène Tousignant, candidate lors de la récente campagne électorale à Ville Lemoyne: «L'union fait la force, certes, mais avoir le pouvoir de choisir devient une force intérieure que nous possédons tous et toutes car il nous a été donné, et de par cette réflexion, n'est-il pas vrai de prétendre sans se tromper que tous les grands hommes et femmes qui ont écrit notre histoire étaient des indépendants avec leur pouvoir de choisir, car ils étaient seul avant tout, et ils le seront toujours, et pourtant.» Mais bon sang, c'est clair! Ad maire usque ad mairesse La députée Liza Frulla, qui fut ministre de la Culture sous les Libéraux et que d'aucuns pressentent comme candidate à la mairie de Montréal, trouve que la ville en question manque diantrement de leadership (Le Devoir, 18 novembre).Selon elle, la faute n'en incomberait pas tant à l'administration du maire Bourque qu'au gouvernement de Québec, qui ne vient jamais à bout de la reconnaître comme métropole (Montréal, pas Liza Frulla!).Par ailleurs.Mme Frulla ne croit pas que Montréal, à l'instar de Toronto, doive absorber les villes voisines.Il faut bien avouer que tant qu'il n'y aura pas eu d'élection municipale à Montréal ce serait bien vache pour elles.Un petit dessin Au sommet de la Francofaçade de Hanoï.Bouchard, qui au sortir de la Chine se souvenait subitement des droits de l'homme, a voulu faire toutes sortes de déclarations.Le.francophonien en chef, le Président lacques Chirac, lui a fait comprendre qu'il n'était pas question de se mêler de la politique intérieure des pays membres.C'est sans doute ça le sens de «l'accompagnement» qui a tant énervé MM.Bouchardet Landry à Paris.L'allégement fiscal «L'opposition estime que la baisse des cotisations à l'assurance-emploi est trop modeste» (La Presse, 22 novembre).On peut enfin dire que l'opposition ne chôme pas! En direct de la pub Lesprit de toilette «La publicité, finalement, ça rend les toilettes pas mal plus sympathiques», écrit Marie-Claude Lortie.responsable de la page «publicité-marketing» de La Presse (J9 novembre) Est-ce que ça rend aussi les chroniqueurs plus intelligents?Notre ami Entendue sur les ondes de CKAC.cette publicité des pharmacies lean Coutu.notre ami à tous: La petite fille: «Maman, je me pose des questions: d'où on vient, où on va?» La maman: «Casse-toi pas la tête ma petite fille: on vient de sortir de la maison, pis on s'en va chez lean Coutu.» C'est le cas de le dire: la philosophie a une pharmacie! Vers luisants Un studio de bronzage de la Plaza St-Hubert s'affiche ainsi dans le métro, « un beau bronzage reflète votre image ».C'est vrai, surtout si on abuse simultanément de l'huile solaire et du miroir.Faites la guerre, pas l'amour Mary Kay Letourneau, une enseignante de l'État de Washington, a été condamnée le 14 novembre à six mois de prison pour détournement de mineur.Elle a admis avoir eu des relations sexuelles avec un de ses étudiants dont elle est enceinte.Letourneau enseigne en sixième année.Ses élèves ont donc tout au plus 12 ans.Au Michigan, le même jour, un garçon de 11 ans se présente devant un tribunal pour subir son procès pour meurtre.La justice de l'État considère qu'il doit être jugé comme un adulte.Le gamin de 11 ans est donc plus mature que celui de 12 ans9 Comme quoi il y a des armes plus dangereuses que d'autres Clodo Morin La taupe qui (re)venait de Ste~Foy Vous vous souvenez du ministre péquiste Claude Morin.la taupe de la police politique d'Ottawa, connu sous le nom de code de « French Minuet », et dont René Lévesque a obtenu la démission en 1981?Il est aujourd'hui de notoriété publique, surtout à Québec, que Morin fait des pieds et des mains pour se réhabiliter auprès de l'opinion et surtout du « bunker » où siège l'entourage de Lucien Bouchard.Ces démarches ne sont pas étonnantes, Morin ayant manifesté la plus grande inconscience de la gravité de son comportement.Ce qui est plus étonnant, c'est le succès de l'opération de charme de « l'ex-espion ».Le groupe de jeunes souverainistes Génération-Québec a invité Morin, parmi des conférenciers de marque, lors d'un colloque qui a eu lieu dans un club de golf de Laval le 15 novembre (date mémorable).Pour mémoire, rappelons que « l'affaire Morin » a fait beaucoup de bruit lorsqu'elle a éclaté sur les ondes de Radio-Canada, en 1992.À plusieurs moments, sur une période de vingt ans, le savant professeur devenu ministre avait été à la solde de la Gendarmerie royale du Canada, la renseignant sur les activités du PQ.On a du mal à comprendre l'indulgence que beaucoup de souverainistes manifestent à l'endroit de Morin.« Il s'est mis au service de la GRC à la demande de Jean Lesage », dit l'un.C'est plus facile à dire qu'à vérifier « Morin prétend n'avoir livré aucun renseignement » dit l'autre.Pourquoi alors la GRC a-t-elle fait appel à ses services à plusieurs reprises?« Il obtenait lui-même des renseignements de la GRC », dit-on encore.Comble de naïveté et de présomption! Lorsqu'un gouvernement veut se renseigner sur les activités d'un autre gouvernement, il engage des espions plutôt que de demandera un de ses membres, connu par surcroît comme grand stratège, de se mettre au service de la police secrète de l'adversaire.|N'insistons pas sur les grandes stratégies.Celle de 1981 a mené à l'isolement du Québec et à la « nuit des longs couteaux » dont Morin, plus que tout autre, porte la responsabilité.) Pour un simple citoyen qui adhère à une cause, se mettre au service de la police de son adversaire politique, ce n'est pas joli.C'est infiniment plus grave dans le cas d'un ministre qui, lié par le secret ministériel, jouit de la confiance de tout un peuple.Pourtant, aucun quotidien québécois n'a fait le moindre commentaire sur la réhabilitation de Claude Morin auprès de Génération-Québec.Le fait a cependant été relevé dans le Toronto Star, sous la plume de son correspondant à Québec, Robert MacKenzie.Il faut parfois lire les journaux d'ailleurs pour savoir ce qui se passe ici.PIERRE DE BELLEFEUILLE Hiroshima, mon p'tit chou Le 8 novembre, Télé-Québec présentait Les Sept Brandies delà rivièreOta.une adaptation cinématographique de la pièce de Robert Lepage.Des affiches en annonçaient la diffusion par l'image d'un quidam affublé d'un masque à gaz et par un slogan: « Radio-actif à mort ».Toute la pièce de Lepage tourne autour de l'explosion de la bombe d'Hiroshima, qui a le côté cool que l'on sait.Douteux.Landry, d'hier à aujourd'hui Il y a trente-cinq ans, Bernard Landry faisait campagne pour devenir président de l'Association générale étudiante de l'Université de Montréal (AGÉUM).Dans son programme électoral, publié dans le Ùuartitr latin du 20 mars 1962, M Landry parlait de «relancer la campagne pour la gratuité scolaire».Maintenant qu'il est devenu le très rigolo ministre des finances du Québec, les mauvaises langues racontent partout que ce n'est plus pour cette gratuité-là que milite Landry L'anecdote est rapportée ces jours-ci sur des tracts distribués par l'AGESSHALQ, une association étudiante de Î'UQAM.qui s'inquiète de l'endettement étudiant actuel et réclame.la gratuité scolaire Tout le monde sait que les jeunes s'énervent pour rien Une chance que la jeunesse ne dure pas toujours; ce serait tellement essoufflant qu'à coup sûr elle nous userait à mort.Par ailleurs, dans sa campagne de '62.l'étudiant Landry songeait sérieusement à la «refonte du concours Miss Quartier Latin».Et on dira après qu'il n'est pas progressiste! Le Couac, décembre 1997, page 4 S Mi* A votre santé! À la fin novembre.Michel Montignac était de passage dans la métropole à titre d'invité d honneur du Salon du livre de Montréal.Il le mérite bien.Auteur du succès le mange donc je maigris, ce gentil gourou vient de publier un autre guide: Boire du vin pour rester en santé.Les nouvelles qu'il nous y annonce sont réjouissantes: boire de 2 à 5 verres de vin rouge par jour éloigne le cancer, l'Alzheimer et les risques de maladies cardiovasculaires.C'est le fameux paradoxe français.Mais attention, M.Montignac nous avertit que tous les vins rouges ne sont pas aussi efficaces.Pour nous guider sur le chemin de la vérité, il a donc eu la philanthropie de créer son propre vin, le seul porteur de toutes les qualités nécessaires: le cru Montignac, bientôt disponible au Québec.Et rassurez-vous, le pain Montignac est déjà en vente dans toutes les boulangeries Première Moisson.Qui a dit que la santé était déficitaire?Notre-Dame de Desjardins Chaque mois, les Caisses populaires Desjardins donnent à lire à leurs membres la Revue Noire-Dame, une petite revue imprimée et dirigée par les Missionnaires du Sacré-Cœur.Les sujets moraux et religieux y sont à l'honneur.Les Caisses Desjardins possèdent des actifs de plus de 78 milliards S.C'est extraordinaire tout le sirop inoffensif qu'ils produisent avec ça pour l'intelligence de leurs membres.La guerre des sectes Dans le publi-reportage que lui consacrait Lactualité du 1er novembre, le médiatique cardinal lean-Claude Turcotte en lance une bonne.Il s'est donné comme mission de protéger les jeunes qui sont des proies faciles pour les sectes, «ces bandits qui les exploitent».Comment?En cherchant à les ramener à l'Église.Quand les Français s'emmêlent Désireuse de s'ouvrir à la francophonie, l'Édition française du Bescherelle de la conjugaison a ajouté à sa dernière édition des verbes de Belgique, d'Afrique et du Québec.On y apprend notamment que ma-merest un verbe africain |!|.Quant aux 608 verbes québécois, ils laissent pantois.Des exemples?Affarmir, xaminer.shesser, enwoyer, rac-moder.guesser.speecher.yérir.clanchir.cigailler.etc.Pour une traduction, consulter Léandre Bergeron, un pseudo-lexicographe local dont le dictionnaire devrait fatalement être bientôt réédité, comme il l'est aussi régulièrement qu'inexplicablement depuis près de vingt ans.Et les droits de la personne' Après son séjour en Chine, où il n'en a eu que pour l'économie, Lucien Bouchard se rend au Vietnam pour le sommet de la francophonie.Au programme du sommet: la question des droits de la personne.Lulu a dû se dire qu'il ne valait pas la peine d'en parlera Pékin puisqu'on en parlerait à HanoT.Quand l'ambassadeur parle Deux ambassadeurs ont été rappelés cet automne pour des questions de passeport: d'Israël, David Berger, ex-député libéral, de Paris, Jacques Roy, futur sénateur.Fonctionnaire dans l'âme (et le corps), celui-ci est devenu tellement étranger au Québec qu'il y revient comme messager (Federal Express).Au moment où Jacques Parizeau faisait une dizaine de conférences en France, Jacques Roy, peu demandé là-bas, se rabattait sur Sainte-Foy et Cap-Chat.A Point de presse, le 26 octobre, notre ambassadeur «at home» n'a pas répondu aux questions précises de Rhéal Séguin et de Chantai Hébert.Affirmant d'abord qu'il ne rapporte que des faits — il appelle ainsi n'importe quel chiffre ou citation —.Roy finit par présenter comme certitude son «espoir», sa «conviction» intime que le Canada perdurera tel quel Sa définition du nationalisme se limite au mot de Mitterrand («c'est la guerre»), qui parlait de l'Europe historique.Patrick Nicol ed un Wmw mcA Un roman drôle et délinquant.Une satire politique féroce.14,95$ vlb éditeur 1117! KVllRr /> ./ / /• / I I -(a /Hf'S'Sto// ae fa fif fera fare Toujours vivant Trouvé à notre porte: un exemplaire du journal Vers Demain, la feuille des bérets blancs, ces irréductibles partisans du Crédit social.Le numéro est presque tout entier rédigé par Louis Even, le fondateur C'est extraordinaire quand on songe qu'il est mort en 1974.logique À la page 3 de notre exemplaire de Vers Demain, un slogan en caractère gras: «Des provinces parfaitement autonomes dans un Canada uni » Pourquoi pas un Québec indépendant dans un Canada fort?«Lichez» le progrès Les postes du Canada viennent d'émettre un timbre en l'honneur de Réal Caouette.l'ancien chef du Crédit social.Les postes soutiennent le progrès, comme il se doit.Des projets de timbre pour l'avenir: Jean Drapeau.Jérôme Choquette, Solange Chaput Roiiand.Roger D.Landry, Conrad Black.Maurice Duplessis.Elvis Gratton.Mgr Léger et Jeanne Sauvé sont exclus de la liste.Ils l'ont déjà, leur timbre.Refrain «Envouaiye Caouette donne-leu le fouette.Ils méritent en tabarouette! Envouaiye Caouette donne-leu le fouette! Ils méritent en tabarouette!» C'est le refrain de la chanson-thèse du Crédit social dans les années 1960.Heureusement que les Postes rappellent à notre mémoire cette époque glorieuse de la politique québécoise.Mélodies >-Sx>-x:::^:-:-:-:-x-:o:-;:x Des disques Du jazz Que du jizz ¦Pli te seur au Quebec 4375, rue Saini|Denis Montréal 514»845«1736 Pas « game »! Le Bloc Québécois doit disparaître, affirme Michel Gauthier, lui-même du Bloc Québécois.Tous les mêmes ces politiciens, toujours à faire des promesses qu'ils sont incapables de tenir.Vous verrez, les Bloquistes se trouveront bien une raison d'être.C'est quand même triste un pays qui rende si nécessaire la bande à Duceppe.Un autre scoop «Un policier n'est pas un travailleur social» (La Presse, 21 novembre).Ça explique bien des choses! Quelqu'un qui pense À la une des journaux pendant des semaines, on a pu lire: «Monique Simard réfléchit toujours».Ça fait plaisir de le savoir.Dans la boîte à malle De Valère Gariépy.87 ans: «Finalement, ce n'est pas si mal la grève des postes.|.| Ça me fait des journées pas mal moins angoissantes, au moins, dans ce temps-là, je suis sûr qu'il ne se passera rien.» Calomnie Nathalie Petrowski veut perdre de réputation Nicole Bélanger, l'auteur de Salut mon roi mongol\ Elle a écrit au sujet de ce livre: «j'aurais aimé l'avoir écrit moi-même» (La Presse.21 novembre).Or chacun sait que lorsque Nathalie Petrowski affirme des choses aussi graves au sujet d'un livre, c'est qu'elle veut le couvrir du ridicule de son jugement littéraire.J.-F.N.Encore Jacques Godbout Grande nouvelle! Dans une entrevue récente à Canadian Press, «l'écrivain, cinéaste et journaliste Jacques Godbout», (pourquoi pas avocassier du dimanche ou pêcheur à la ligne) disait être de ces romanciers qui ne savent pas où ils vont.«C'est justement pour le savoir que j'écris.Ce sont les personnages qui développent l'action.» Comme si personne n'avait jamais remarqué que Godbout ne savait pas où il allait.Il ne va jamais très loin d'ailleurs, histoire de ne pas se mouiller, au cas où.En fait il n'est jamais allé nulle part.Il se contente de tourner en rond avec ses mots d'esprits plutôt brillants et sa pensée qui finit par se mordre la queue.Et gare aux poursuites judiciaires Le Roy du livre Comment vendre un livre Le responsable des pages littéraires de La Presse, Mario Roy, lance un roman, son tout premier.Roy est déjà considéré comme un grand écrivain puisqu'il a publié une biographie de Gerry Boulet et un pamphlet pro-américaln.Aussi est-il logique que le cahier littéraire de La Presse, édition du 26 octobre, consacre à son roman toute sa première page et une partie de la seconde .Un si grand écrivain, ce n'est pas tous les jours qu'on en voit un.C'est ce que le romancier a dû dire au responsable du cahier, qui s'est empressé de lut donner raison et de rendre justice à son immense talent.Cité hockey À qui Mario Roy, directeur du cahier livres de La Presse, s'est-ll adressé pour faire la critique du roman de Mario Roy?À un collaborateur inhabituel: Philippe Cantin.de la section des sports dudit journal.On n'est pas directeur d'un cahier littéraire pour rien.Inceste Jusqu'au 20 novembre, les nouveaux abonnés de La Presse pouvaient gagner on exemplaire de Cité, le magnifique roman du journaliste Mark» Roy.Le pied dans la bouche Question adressée à Mario Roy par Johane Despins, l'animatrice de l'émission De bouche à oreille (Radio-Canada.26 octobre); «Est-ce que ça cause des problèmes de diriger un cahier littéraire et de publier un romand Réponse de Roy: «Ça cause quelques difficultés pratiques.» Chose certaine, à voir la couverture que s'est accordée Mario Roy dans tes pages de La Press*, ça ne cause pas de difficultés morales.Une pleine charrette critique L'animatrice Christiane Charette a reçu à son émission Mario Roy pour parler de Cité, son extraordinaire roman.Charette avait aussi invité pour l'occasion Philippe Cantin, histoire de l'entendre dire de vive voix à quel point son collègue a écrit un grand roman.Décidément, cette émission favorise vraiment le sens critique Voir Roy Voir est toujours prêta accorder toute son attention à de grands romanciers.Dans l'édition du 6 novembre par exemple, deux pages sont consacrées a Mario Roy À Voir, le talent de Roy est bien connu.Son livre précédent.Pour en finir avec l'antiaméricanisme, était d'ailleurs publié dans la collection «Pour en finir avec», dirigée par Richard Martineau.rédacteur en chef du Voir.Les journalistes Pascale Navarro et Marie Labrecque se sont mises à deux pour nous parler de Cité.Conclusion: le roman est extraordinaire.Navarro a même trouvé qu'«une des grandes caractéristiques de Cité, c'est de créer un univers tout à fait romanesque».Avouons que pour un roman, c'est fort, très fort.¦WBrftf __Que font-ils ?DESIGN ft IMPRIMERIE Z I R V A I RESIGN 8 IMPRIMERIE 1131 m AMHERST Mil 121 311 • TEL: S1I.H5.37I1 • lÉlEC: S1l.S2S.47i2 Amis lecteurs, Le Couac vous ouvre ses colonnes.(Hé, ouil) Une information?Une réaction?Une drôlerie?Une affaire juteuse?Tout ça est à adresser au Couac, 788, rue Laurier Est, Montréal, H2) ICI. Le Couac, décembre 1997, page 5 Un convaincu M.lacques Parizeau, qui a fait en France la promotion de son dernier livre, y rencontra assidûment les «amis du Québec» [NDLR.les «amis de la souveraineté»!.L'ex-premier ministre se dit convaincu du soutien indéfectible de la France à un Québec qui voterait OUI.À notre époque, ça fait plaisir de voir un si bel optimisme.Lady Di (suite sans fin) Cynique, l'humour français?Vue il y a quelques jours juste au-dessus de l'entrée du tunnel de l'Aima à Paris (rendu célèbre, comme chacun sait, par un certain accident de voiture impliquant une princesse blonde): la bande-annonce du nouveau film du comique Pierre Richard, «Droit dans le mur».Mal léché! On murmure que le projet de timbre à l'effigie de Charles De Gaulle, commémorant «l'affaire du balcon» à Montréal, aurait été abandonné à la suite des résultats désastreux des premiers tests: le premier ministre Philippe Seguin ne serait pas parvenu à lécher le timbre du bon côté.Au courant Les champs magnétiques ne causent pas le cancer chez les rats (La Presse, 8 novembre).C'est du moins la conclusion d'une étude récente commanditée par Santé Canada, Hydro-Québec et Hydro-Ontario.Ce sont les rats qui doivent être soulagés.S.R.Pensée unique Microsoft s'est défendu le 11 novembre contre les attaques des autorités américaines qui l'accusent de pratiques monopolistiques.Le directeur juridique de Microsoft.William Neukom: «Microsoft décide ce que les consommateurs veulent et conçoit des produits pour les satisfaire».Comme MacDonald, Microsoft veille aux intérêts du public.Tourisme «II s'agit dune découverte d'une importance considérable, d'un véritable tréso* pout les chrétiens» (U Devoir, 10 novembre).C'est en ces mots que s'est exprimé le patriarche de Jérusalem à la suite de la découverte de la pierre sur laquelle Marie se serait reposée avant d'enfanter lésus II a également exprimé le sotihait que ce lieu en vienne à attirer, une fois rénové, de très nombreux pèlerins, notamment pour l'an 2000, le deuxième millénaire de la naissance de Jésus.Les pèlerins pourront alors en profiter pour se procurer la tasse et le t-shirt commémoraîifs.Un cadavre La décision de la justice française d'exhumer le corps d'Yves Montand pour comparer son ADN avec celui d'une jeune femme qui affirme être sa fille a soulevé indignation et protestation en France.Le producteur Gilbert Rozor» a bien déterré Charles Trenet sans que personne ne s'en offusque.S.R.Un scoop M.Montignac, le célèbre diététiste français qui a démontré depuis longtemps que bien manger est compatible avec la santé financière (la sienne), et qui, au cours d'une marathonienne journée tint le crachoir dans au moins trois émissions de radio et de télé, dont une diffusée deux fois, a le don de nous asséner des révélations.Ainsi, pendant l'émission de Marie-France Bazzo il occupa du temps d'antenne de la radio d'État pour affirmer sans rire que « le vin fait partie de la civilisation occidentale ».Le dictionnaire au secours de la politique À la suite du référendum de 1995, Le Petit Robert a eu l'amabilité d'ajouter à sa dernière édition le mot «souverainiste».Définition: Au Canada, Partisan de la souveraineté du Québec.Un souverainiste de Colombie-Britannique est donc maintenant partisan de la souveraineté du Québec! Voilà qui simplifie le débat.La loi et l'ordre «Privatiser des prisons, resserrer la gestion des sentences, attacher des bracelets électroniques aux chevilles des détenus en libération conditionnelle»: des sujets dont allaient discuter les délégués de l'Action Démocratique de Mario Dumont les 15 et 16 novembre (La Presse, 14 novembre).Le député de Rivière-du-Loup se défend auprès du journaliste de vouloir imposer un virage à droite à sa formation politique.Et il se défend à juste titre, dirions-nous.Que justice lui soit rendue: depuis toujours, même quand il tourne en rond, ce jeune trop vieux est toujours au centre.Au centre de la droite, bien sûr.J.-F.N.Tourisme poétique à TroiS'Rivières Grâce aux poètes de la Chambre de commerce et des Pâtes et papiers, le Festival international de la poésie de Trois-Rivières a atteint ses objectifs: un million de brunches, deux millions de bières (dont quelques importées) 299 activités en 1997.1999 en l'an 2000.Les plus courues: le sonnet policier sur l'autoroute Félix-Leclerc, le Livre des Morts dans les hôpitaux, les nuits erotiques au motel, la visite en vers libres aux Hell's Angels deïrois-Rivières-Ouest.«On va travailler avec 5000 à 7000 personnes de plus au cours de la période qui vient», annonce l'organisateur Gaston Bellemare en dévoilant le plan quinquennal de sa stratégie d'accueil.Sa devise est un oxymore: «on doit devenir plus touristiques, sans pour autant être moins poétiques» (sic).Le budget de 600 000 S multiplie ses retombées dans le centre commercial mauricien.«Tout l'argent qu'on donne aux poètes est dépensé ici.le n'ai jamais vu autant de poètes acheter autant de linge», a déclaré M.Bellemare à la Presse canadienne (Le Soleil.14 octobre).Et c'était durant l'été des Indiens! Plagiat?B ru no Hébert a fait paraître cette année C'est pas moi, je le jure), un premier roman.Le livre a reçu plusieurs bonnes critiques.Mais on n'en parle déjà plus.Comme pour beaucoup de romans, il a fait trois petits tours et puis s'en est allé.L'éditeur, qui s'occupe bien de ses livres, a tout de même réussi, sur cette courte lancée, à vendre les droits de traduction en espagnol et les droits d'adaptation cinématographique.C'est déjà pas mal.C'est pas moi, je le jure1, est placé, selon les dires de son auteur, sous le haut patronage de Marie-Claire Biais.Ce ne sont pas tous les romans qui bénéficient d'un support aussi prestigieux.Marie-Claire Biais est une amie de longue date de la famille Hébert.En entrevue, le jeune Bruno n'hésitait d'ailleurs pas à le faire savoir.Cela ne pouvait pas lui nuire.11 le savait bien.L'auteur d'Une saison dans la vie d'Emmanuelle, une de nos plus grandes écrivaines, fut lancée dans les années 1960 par nul autre que lacques Hébert, le papa de Bruno.Jacques Hébert, après avoir été une sorte de boy-scout avec Trudeau dans les années 1950, était alors le très respectable éditeur des Éditions du lour.Depuis devenu sénateur libéral, stade suprême du scoutisme et du trudeauisme, papa Hébert n'a pas hésité à quitter un moment son siège de cuir pour venir dire un bon mot pour son fils à la télévision de Radio-Canada.Comme quoi on n'est pas sénateur pour rien.Enfin, tout ça pour dire qu'on a beaucoup parlé de Bruno Hébert et qu'on n'en parle plus, le laisserais volontiers les choses ainsi si je ne m'apercevais pas qu'un autre roman, très semblable à celui du petit Hébert, est passé tout à fait inaperçu lors de sa parution en 1995.Il est vrai que la couverture n'est pas tellement jolie et que la quatrième, banale, invite trop peu à la lecture.Et l'au-teure ne pouvait monter, elle, sur les épaules de ses relations pour vendre son livre Des relations.Nicole Bélanger n'en a pas.Son roman s'intitule Salut mon roi mongol*.Ce titre fait penser à celui de lean Basile.La Jument aes Mongols.Rien à voir pourtant.Mais je songe, de là, par un curieux rebondissement, à ceci: Basile, comme tout écrivain convenable, avait pour lui une écriture et une sensibilité, tandis que Nicole Bélanger compte surtout sur des émotions, des émotions très pures.Or je préfère cette émotion-là à une belle écriture qui en serait privée.L'écriture peut venir après l'émotion, à force d'efforts.Ce n'est pas vrai en sens inverse.Pour illustrer cela, pensez à Jean Éthier-Blais, hibou sec, plein de style et de lui-même, à qui l'Académie des lettres et Le Devoir viennent de consacrer un hommage ridicule II n'y a chez Éthier-Blais qu'une écriture froide, une écriture d'académie justement, où toutes les émotions sentent le calcul à plein nez.C'est une écriture morte, sans âme.Chez Bélanger, au contraire, il y a quelque chose de fort et de beau, même si l'écriture ne s'y trouve pas encore tout à fait, comme on l'aura déjà compris.le m'écarte un peu de mon sujet qui est le livre de Bruno Hébert.J'ai dit que son roman et celui de Bélanger sont très semblables.Les similitudes sont en effet saisissantes, le pèse ces mots.Le roman d'Hébert se déroule en 1968, celui de Bélanger, deux ans plus tard, durant la Crise d'octobre.Dans les deux romans, le même ton: le narrateur est un enfant sensible qui descend lentement en lui-même.C'est une voix d'enfant qui mène les deux récits.Chaque roman commence par un prologue, une façon de faire tout de même assez peu usitée.Un détail: le papa de chacune des intrigues possède une Chevrolet.C'est insignifiant comme ressemblance, n'est-ce pas?Un autre détail.Dans Salut mon roi mongol1., le père souffre en silence.Les médecins lui ont installé un anus artificiel et des tubes pour uriner.Dans le roman d'Hébert, un tout jeune enfant souf- fre avec ces mêmes tubes.Allez, encore d'autres détails.Une statuette religieuse phosphorescente apparaît dans les deux romans, Che Guevara et des carrés aux Rice Crispies aussi.C'est toujours insignifiant en soi, comme détails.Nous sommes bien d'accord.Mais des similitudes du genre, il s'en trouve tellement que leur accumulation finit par frapper le lecteur.C'est sans parler des effets de style, souvent semblables dans les deux romans.Similitude encore quant à la trame de chacun des romans.Léon, le personnage principal de Hébert, se sent abandonné par ses parents qui vont se quitter.Il s'enfuit de la maison.Il fait des coups.Les autorités le rattrapent, mais il finit par s'échapper pour retrouver Clarence, son amour.Manon, le personnage principal de Bélanger, apprend qu'elle va être placée avec son frère dans une famille d'accueil.Elle se sent abandonnée et décide de faire un coup: enlever une vieille dame.En fuite à La Tuque, les policiers la rattrapent.Elle finit par s'échapper pour rejoindre l'amour de sa vie, son frère.Il faudrait être aveugle pour ne pas constater là d'étonnantes ressemblances.«Papa» et «maman» sont centraux dans les deux livres.Nicole Bélanger: «Quand les yeux de ma mère devenaient noirs, elle ne nous voyait plus du tout».Bruno Hébert, lui aussi au sujet de la mère: «Quand ses yeux se posaient sur moi, j'étais comme un carreau de linoléum».Ces deux mères, à plusieurs égards, se ressemblent tellement qu'il est bien sûr normal que l'enfant de chacune ait certains airs communs.Plagiat?Mais non.Un avocat empli à ras bord du bon sens que lui confère la connaissance des lois se risquerait tout au plus à parler d'«inspiration».Et puis tout cela relève peut-être du simple hasard Qui sait?La littérature et les écrivains sont si imagina-tifs de nos jours.JEAN-FRANÇOIS NADEAU Bruno Hébert, C'est pas moi je le jure\, Boréal, 1997.Nicole Bélanger, Salut mon roi mongol1.Les Intouchables, 1995.Le journal le plus libre en ville Abonnez-vous au plus vite ! (C'est pour notre bien.) • SPÉCIAL ÉTUDIANT (avec photocopie de la carte): 20 $ • Abonnement régulier d'un an: 25 $ • Abonnement régulier de deux ans 45 S • Abonnement institutionnel et de soutien: 50 $ FAITES PARVENIR VOTRE CHÈQUE À L'ORDRE DE : LE COUAC 788.rue Laurier Est.Montréal (Québec) H2| ICI Nom.0> Adresse.Téléphone Elinor K.Senior 1837-1838.Une dimension militaire méconnue.Un affrontement historique.Livre grand format, abondamment illustré, 29,95 $ Une république de castors Le 30 août 1661.le fils de Péronne du Ménil est assassiné en pleine rue à Québec.Il faut bien dire que son père avait le notoire défaut d'être un inspecteur obstiné des finances de la Communauté des Habitants du Canada pour le compte de la Compagnie des Cent-Associés, bailleur de fonds de la colonie.Cette sombre affaire, occultée par les témoins de l'époque et marginalisée par l'historiographie classique de la Nouvelle-France, est le point de départ d'une nouvelle et brillante enquête d'un jeune historien, Christophe Horguelin.Son ouvrage, La Prétendue République, véritable polar par le style, ne cherche pas à élucider les circonstances du crime — à quoi bon?— mais bien les stratégies politiques de la première oligarchie canadienne, celles des « principaux Habitants » maîtres de la fourrure, et de ses alliés, ecclésiastiques notamment, pour conserver leur emprise sur l'assiette au beurre coloniale Le livre porte sur une période charnière du XVIIe siècle canadien, celle qui va de la chute de la Huronie (1650), principal fournisseur de pelleteries, à l'avènement du gouvernement royal (1663).et y montre, contrairement aux idées reçues, que les conflits intrinsèquement politiques étaient loin d'en être absents.C'est justement par ces conflits qu'Horguelin cherche à comprendre pourquoi l'on réclamait le gouvernement de Sa Majesté, gouvernement qui changera complètement la donne pour les petits maîtres locaux.Christophe Horguelin, La Prétendue République, 169 p Septentrion, 1997.Pertinent Nathalie Pétrowski, dans La Presse du 21 novembre, rappelle qu'elle a trouvé bien bon C'est pas moi.je le jure\,àe Bruno Hébert (Boréal).Elle dit aussi beaucoup de bien de Salut mon roi mongd\ de Nicole Bélanger (Les Intouchables) qu'elle a enfin découvert.Tant qu'à parler des deux auteurs dans le même papier, évoque-t-elle les similitudes entre leurs romans?(Voir article «Plagiat?» ci-haut).Nenni.Elle se contente de déplorer que Mme Bélanger n'ait pas de père sénateur et que les «vrais» éditeurs aient boudé son manuscrit.En effet, tout le monde n'a pas la chance d'être publié à l'enseigne du Boréal.L'Inspiration de Nathalie Nathalie Pétrowski aurait aimé avoir écrit elle-même le roman de Nicole Bélanger.Mais elle n'a que le faire et à dire qu'elle s'en est inspirée.Le prix Nathalie Pétrowski Nathalie Pétrowski, à la suite de la remise du prix Gilles-Corbeil à lacques Brault, s'est étonnée que la Fondation Émile-Nelligan puisse remettre un prix de 100 000$ à un poète que peu de gens lisent.Elle écrit dans La Presse: «Pourquoi je gagne jamais 100 000$, moi?» La rédaction de la revue Gnou, édition d'avril 1997, a proposé en vain à Nathalie Pétrowski de lui écrire pour avoir des explications.Elle peut aussi écrire au Couac, si le cœur lui en dit.Nous lui ferons un petit dessin autour duquel elle pourra bien broder un de ses malheureux romans si cela lui chante.Allez, courage Nathalie: il se trouvera toujours Mario Roy pour dire du bien de ton prochain livre.I.-F.N.île croupei !wiir.\nRii' III'UKUIKI I vlb éditeur ./a /)(iwio/i
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