Le couac, 1 août 1998, août
Le huard s'effondre TTcmms le* s cli si.s sentir s unis ccmtr€î Ici» s cflinsircis HAUSSE °u Dubuc est contre Attention ! Alain Dubuc est contre.11 vient de l'écrire dans un éditorial léché de sa grosse Presse (04-07) Mais contre quoi?Contre l'augmentation du salaire minimum.Personne ne s'y attendait.Il est contre.Remarquez qu'il le dit avec beaucoup de délicatesse.Comme à son habitude d'ailleurs.Vous savez, une augmentation serait une bonne chose si.Elle pourrait être acceptable, mais.Le gouvernement du Québec a décidé d'augmenter de dix sous le salaire minimum.11 sera désormais de 6,90 $ l'heure.Réaction immédiate de l'ancien disciple de Karl Marx, passé chez Power Corporation après avoir bouffé du Mao : le salaire minimum «dépassera ainsi celui de l'Ontario, que le gouvernement Harris a bloqué à 6,85 $ depuis trois ans.» Si Harris le dit, Dubuc aussi.De disciple de Marx à disciple de Harris : on aura tout vu.Bien qu'il jouisse du deuxième plus haut salaire minimum au Canada, le Québec détient le plus grave taux de pauvreté.Qu'en conclut Dubuc?Tout simplement que cela «semble indiquer qu'un salaire minimum élevé n'est pas un outil très efficace de lutte contre la pauvreté».L'idéal, ce serait sans doute d'abolir le salaire.Il est drôle Dubuc.Enfin, un peu.11 prend ses déductions pour des analyses.C'est charmant.À petites doses.Le salaire minimum est dangereux.Le saviez-vous?Alain Dubuc vous l'apprend.Sous sa plume, c'est aussi simple que deux et deux font cinq.Écoutez-le: « Le salaire minimum ne favorise pas la création d'emplois».Suite logique: puisqu'il nuit à l'entreprise, il est forcément nuisible aussi à la société.À La Presse, l'éditorialiste en chef, comme tous les chroniqueurs économiques, s'efforce de faire croire que les entreprises fabriquent des produits pour rendre l'avenir social meilleur.L'entreprise est bienfaisante et aimable.Alors quoi?Il faut l'aider, par Toutatis.Au diable le salaire minimum ! À vrai dire, l'éditorialiste en chef de La Presse ne s'efforce pas de faire croire à ce qu'il dit.C'est plus simple.Il y croit.Il doit y croire.D'abord parce qu'il ne pourrait pas écrire autant de bêtises s'il n'avait pas la conscience tranquille.On ne travaille pas comme éditorialiste à La Presse en jouant les adeptes de l'économie triomphante.On en est.Et on participe gaiement à l'illusion entretenue que son travail d'éditorialiste se fait en toute liberté alors qu'il puise sans cesse dans un ensemble de préceptes, de jugements et de dogmes moraux qui sont ceux de son milieu : La Presse, le journal d'un des groupes financiers les plus puissants au Canada, Power Corporation.Et dire qu'il se trouve encore des gens qui se demandent comment un groupe dont les intérêts sont, strictement financiers peut ainsi contrôler le discours social des éditorialistes.Power Corp ne contrôle pas.Power Corp ne contrôle rien.11 ne tire pas de ficelle.Il ne manœuvre pas.Il ne joue pas du coude.Tout ça lui appartient.Et Alain Dubuc le sait.C'est tout.IEAN-FRANÇOIS NADEAU drôle oiseau Cout\z, Couàc Couùç, RETRACTATION : Nous sommes allés trop loin au sujet de Vidéotron Nous, du mensuel Le Couac, désirons rétracter certains des propos que nous avons publiés à l'endroit de Vidéotron et de ses dirigeants, dans un article précédent qui traitait de l'existence sur le serveur Internet de Vidéotron de groupes de discussions utilisant du matériel pornographique impliquant des enfants.Cet article intitulé «Vidéotron et la pédophilie» {vol.1, no.9, notre publication de juin 1998) est allé trop loin.Nous reconnaissons aujourd'hui que notre texte était offensant à l'endroit de Vidéotron et de ses dirigeants.Au-delà de la problématique importante portée à l'attention du public, l'article prêtait des intentions malveillantes à l'entreprise qui ont pu modifier certains aspects de la réalité que nous voulions décrire.Le problème -soulevé par la présence de ces groupes de discussions concerne l'ensemble des fournisseurs d'accès Internet du Québec et de partout à travers le monde alors que l'article portait un éclairage singulier sur Vidéotron.De plus, le texte accusait, à tort, l'entreprise et ses dirigeants de commettre des infractions criminelles.Nous reconnaissons que des passages de ce type ont échappé à notre vigilance.Nous déplorons l'inquiétude soulevée auprès de la clientèle de Vidéotron suite à la publication de l'article.Nous reconnaissons que certains de nos propos- et la propension naturelle des lecteurs à ajouter foi à ce qui est publié ont pu injustement porter atteinte à la réputation de Vidéotron et de ses principaux dirigeants.Nous applaudissons la célérité avec laquelle Vidéotron s'est montré sensible à la situation en retirant de son serveur Internet tes sites dont notre article parlait.Nous offrons en conséquence nos excuses à Vidéotron et à nos lecteurs.LE COUAC La taxe Tobin en une leçon Ah ! la mondialisation de l'économie, hein ! Pourtant, dans les faits, les échanges au sein de l'économie réelle sont en gros aujourd'hui simplement revenus au niveau où ils étaient en.1914! Ah ! la merveilleuse reprise économique.Pourtant, dans les faits, cette reprise est la plus lente qu'on ait connue depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale ! Pour comprendre un peu ces phénomènes et bien d'autres semblables, il faut se rappeler ce qu'ont signifié d'une part les accords de Bretton Woods de 1945, d'autre part leur démantèlement au début des années 1970.Vous allez voir: ce n'est pas sorcier et même lean Charest comprendrait — là, j'exagère peut-être un peu.Bretton Woods est une jolie petite ville américaine située pas très loin de Sherbrooke.En 1945, l'Angleterre et les États-Unis y concoctent un système monétaire et économique qui doit assurer l'accroissement du libre-échange, en chute libre depuis 1914, tout en exerçant un contrôle sur les circulations de capitaux qui, sinon, peuvent d'un seul coup s'envoler et mettre à mort des politiques sociales.On fonde donc le FMI, la Banque mondiale et.roulez roulez petits bolides de l'économie réelle.Au début des années 1970, les États-Unis, avec à leur tête un Richard Nixon qui n'a pas attendu le Watergate pour faire des conneries, démantèlent le système.Ils savent ce qu'ils font.Essentiellement, on va renoncer au contrôle sur les flux de capitaux.Ce qui devait s'ensuivre s'ensuivit: en 1970, l'économie réelle représentait 95% de l'activité économique, l'économie virtuelle 5%.Ces chiffres sont aujourd'hui inversés.On prend une grande respiration.Qu'est-ce que tout ce fric de casino?Que fait-il?C'est de la spéculation, surtout sur des monnaies, et ça fait des tas d'allers-retours électroniques en quelques jours, parfois en quelques heures.Et ça marche puisqu'on y croit et seulement parce qu'on y croit: question de confiance, cette confiance dont tous les experts nous rebattent les oreilles.Résultats ?Les maîtres ont leur sénat virtuel et tiennent tout le monde par les couilles.Il n'était pas difficile en 1972 de prédire que c'est ce qui allait se passer.La plupart s'en sont réjouis.Mais un homme l'avait prédit et s'en inquiétait: if s'appelle lames Tobin.Il est prix Nobel d'économie, mais pas ignoble pour autant.Pour jeter un peu de lest et tamiser la puissance de ce sénat virtuel d'investisseurs capables, d'une touche de clavier, de sanctionner des comportements qui leur déplaisent (lire: mesures sociales, éducation et ainsi de suite), Tobin a proposé, il y a 25 ans, la création d'une taxe, toute petite, sur les mouvements de capitaux.L'idée a fait son chemin.Lentement.Car vous allez rire : les économistes, les gens d'affaires et la plupart des politiciens sont contre la taxe Tobin.Si, si, ils n'aiment pas cette idée.Pas souhaitable, qu'ils disent; ou encore: pas praticable; quand ils ne traitent pas carrément de naïfs ses promoteurs.Mais tous ces arguments sont foireux.Foireux parce que la taxe Tobin serait applicable et constituerait un formidable outil de réappropriation collective de l'action politique à l'heure de l'économie de casino, qui se porte d'ailleurs de plus en plus mal.Voyez l'Asie.Les maîtres détestent cette taxe ?C'est donc à nous d'en causer et de l'imposer.La France, où l'idée a été lancée par le Monde diplomatique, vient de donner l'exemple.Ces jours-ci, au sein de l'ATTAC (l'Association pour une taxe Tobin d'Aide aux Citoyens), on voit en France se multiplier les groupes de réflexion, d'éducation et d'information.L'enthousiasme est énorme et prometteur du retour du citoyen dans l'arène politique d'où on l'a exclu.Tout ça par la seule vertu de la mobilisation, qui est à l'action citoyenne ce que la confiance est aux boursicoteurs.En prime, à la clé, des centaines de millions de dollars à utiliser pour lutter contre la pauvreté, l'exclusion, la dégradation de l'environnement, et ainsi de suite.Le devoir de vacances pour la gauche du Québec devrait être de mettre sur pied, pour cet automne, une Association pour une taxe Tobin d'aide aux citoyens.On s'y met?RAYMOND LA SCIENCE Pour plus d'informations : Attac, 9 bis, rue de Valence, 75009 Paris.TÉL.: +33 1-43-36-30-54.http ://attac.org/.Vol.1 • no 11 Août 1998 1,99$ Covàç, Du canard dans l'huile chaude?Pour faire cuire le canard que vous venez sauvagement d'abattre, vous achetez une bonne bouteille d'huile italienne.Saviez-vous que nombre de ces huiles contiennent en fait de tout sauf des produits italiens?Souvent de l'huile d'olive grecque, mélangée à une lampée d'espagnole ou de tunisienne.Mais l'embouteillage se fait en Italie, d'où l'étiquette «italienne».Il faut apprendre à se méfier de tout ce qui est écrit, bon sang de canard! Pour en savoir plus, lisez Qu'est-ce qu'on mange?, le spécial agroalimentaire du Canard enchaîné.En vente dans les bons kiosques à journaux ces jours-ci.Magazines Claude I.Charron, propriétaire des publications Trustar, a fait interdire la circulation d'un pastiche de son magazine 7 lours par Safarir.Prochaine étape: faire interdire LActualité de lean Paré, qui propose des 7 jours déguisés sous un faux titre depuis des années.Conrad Black Congédiement Slack Le magnat de la presse Conrad Black vient de congédier la rédactrice en chef du Catholic Herald en Angleterre.Black souhaite que son journal religieux soit plus agressif.Il y a quelques mois, Black avait aussi congédié la rédactrice en chef de The Gazette, son journal montréalais.loan Fraser, jugeait-il alors, n'était pas assez agressive en politique québécoise.Fraser travaille désormais au Conseil pour l'unité canadienne, une boite politiquement frileuse comme chacun le sait.Selon toutes probabilités, l'ex-rédactrice en chef du Catholic Herald devrait donc pouvoir se trouver un emploi bientôt auprès de la papauté.Femmes en Black Dans son autobiographie intitulée Conrad Black par Conrad Black, le propriétaire de journaux progressistes avoue que, lors de son arrivée à Toronto, il connaissait «des tas de gens, mais très peu de femmes».Et quand on en connait enfin une, on découvre qu'elle est rédactrice en chef et qu'elle manque de couilles : il faut donc la virer.Black Market Conrad Black vient «d'échanger» quatre hebdos de l'Ontario contre le plus important journal économique canadien, le Financial Post.Diane Francis, l'éditrice du journal, doit être sur ses gardes, lusqu'ici, elle a seulement recommandé que l'on pende les indépendantistes québécois.Black risque donc de la trouver trop molle. Le Couac, août 1998, page 2 Du Beursur l'Arc de triomphe Le Mondial ?C'est ce qui arrive à un sport quand les Français s'en mêlent.Ah! si le libéralisme politiquement correct des Anglais avait prévalu.Voyez comme ils ont laissé le rugby voguer à sa guise de par le monde.L'ancêtre du ballon ovale — ainsi conçu pour être mieux pris en main, et joué à 15 par les Anglais — se voyait bizarrement rebaptisé football (pour mesurer en pieds ?) et joué à 1 ) pour l'américain, à 12 au Canada et à 18 en Australie.Offrant à chacun le championnat mondial de sport qu'il serait seul à pratiquer.Génial, non?Pas besoin de mobiliser un pays tout un mois, de l'obliger à se bâtir de nouveaux stades aux frais des contribuables, d'organiser des éliminatoires qui s'éternisent deux ans afin de ramener les 170 pays inscrits à 32 pour le tournoi final, de s'encombrer d'une fédération internationale (FIFA) et d'imposer les mêmes règles de jeu à tous.Pourquoi pas aussi l'Euro pendant qu'on y est?Aujourd'hui, la France triomphe Son équipe est championne pour la première fois depuis que Iules Rimet initiait voici 70 ans la tenue d'une coupe du Monde Faut dire que les Français sont bien naïfs.Voyez les Américains: leur Super Bowl n'existe que depuis 1967 et pourtant ils l'ont déjà gagné 32 fois Non seulement les meilleurs footballeurs français, Kopa, Platini, n'ont jamais brandi la coupe en or massif, mais encore le Mondial a-t-il surtout contribué à valoriser On s'en fout! « L'île où a été enterrée la princesse Diana est aussi un cimetière pour animaux familiers, y compris pour son chat favori Marmelade.» {Le Devoir, 07-07).des étrangers tels Pelé ou Maradona.Avouez que les Français avaient mal débuté en 1904 quand, fondant la FIFA, ils s'étaient faits les promoteurs d'un sport concocté par les Anglais.Ces derniers, dotés de la langue concise que l'on sait, le nommaient football association et parfois soccer.En passant, aviez-vous noté que les deux grandes puissances anglophones n'ont pas de nom distinct?LE Royaume-Uni, comme si les autres étaient plus désunis que le leur.LES États-Unis d'Amérique, comme si les 23 États du Brésil n'avaient pas droit au même épithète.Mais revenons au Mondial que les Français, otages d'un cartésianisme périmé, ouvraient à tous au lieu de se te garder Voilà qu'ils doivent reconnaissance éternelle au Beur Zinedine Zidane, dont le visage projeté en gros plan sur l'Arc de Triomphe éclipsait les victoires napoléoniennes, illustration sympathique d'un succès tricolore plus Black, Blanc, Beur, que bleu, blanc, rouge.Et af-Front national pour Le Pen.Comment fêter cette équipe métissée?Avec une formule bien française : une victoire plurielle.Fallait y penser, plurielle, la première victoire à en valoir plusieurs.Disons cinq, ça fera une de mieux que le Brésil.Après la multiplication des petits pains, voici celle des Coupes du monde Allez les Bleus.GEORGES SCHWARTZ Cadavres exquis On savait depuis longtemps que les morts pouvaient se retourner dans leur tombe.Avec Yves Montand et le tsar Nicolas II, on sait maintenant qu'ils peuvent simplement retourner dans leur tombe.Le Couac 788, av.Laurier Est, Montréal (Québec) H2J 1G1 Téléphone : (514) 270-9392 • Télécopieur : (514)270-7461 Éditeur: Pierre de Bellefeuille Rédacteur en chef : lean-François Nadeau Collaborateurs: Sabina Badilescu, Normand Baillargeon, Marco de Blois, Geneviève Cardinal, Marc Cassivi, Francis Dupuis-Déri, Pierre Falardeau, Christophe Horguelin, David Ledoyen, Laurent Mailhot, Georges Malédicque, Marion Piekarec, Georges Schwartz, Nadine Vincent, Hélène Visentin.Illustration: Serge Ferrand, LucGiard, Bruno Laporte, Gilles Laporte, Richard Suicide.Abonnement: Periodica (514) 274-5468 1(800) 361-1431 Publicité: lacques Fleurent au (514) 355-2103 lean-François Nadeau au (514) 270-9392 ISSN 1480-2074 » N° de publication (Poste Canada) 1213369 Imprimé au Québec ABONNEMENT 1 an : 28,76 $ »2 ans : 51,76 $ • Institutionnel : 57,51 $ taxes incluses Soutien : envoyez plus de 50 $ ou (mieux) tout ce que vous avez.OFFRE À SAISIR : Abonnez-vous au Couac, et Pierre Bourque ira passer la nuit dans votre salon.Un Bourque par personne par nuit.Y.pegjj
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