Le couac, 1 novembre 2004, novembre
Pratique anti-syndicale Appel au boycott de Wal-Mart en réponse aux menaces de fermeture de sa franchise de Jonquière.Vol.8 • n" 02 1 Dossier éducation p.41 Le ministre Reid veut crucifier les cégeps et changer les bourses en prêts.Un nouveau Christ.d'incompétent?PKP entarté Le magnat des médias québécois, Pierre Karl Péladeau, a enfin reçu sa récompense sucrée.Novembre 2004 3,50$ Ai sait $4 âat *k âat ffk saa *U m tau Le rôle de la télé selon Patrick Le Lay, lauréat d'une Palme d'or du Couac : «Rendre les cerveaux disponibles pour la pub» Cette année, le convoité prix de la Palme d'or de la Déclaration de l'année décerné lors de notre gala du 23 octobre, a été remis à Patrick Le Lay, grand patron de TF1, la première chaîne de télé française.M.Le Lay s'est mérité ce prix pour avoir dit tout haut ce que tout bon directeur de programmation d'une chaîne télé pense tout bas: «Il y a beaucoup de façons de parler de la télévision.Mais dans une perspective business, soyons réalistes: à la base, le métier de TF1, c'est d'aider Coca-Cola, par exemple, à vendre son produit».Et comme si ce n'était pas déjà assez succulent, le monsieur en rajoute: «Or pour qu'un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible.Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible: c'est-à-dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages.Ce que nous vendons à Coca-Cola, c'est du temps de cerveau humain disponible».M.Le Lay n'a malheureusement pas pu être présent pour recevoir son prix.Il a demandé à notre collaborateur Normand Baillargeon de l'accepter pour lui et de faire la lecture de quelques mots préparés par ses scribes.On soupçonne toutefois notre collaborateur d'avoir légèrement trafiqué le discours de M.Le Lay.M es dam es, Messieurs, Sales gauchistes, J'aurais sincèrement aimé être parmi vous ce soir pour accepter ce prix dont vous me gratifiez.J'étais même venu de Paris rien que pour ça.Hélas, hier, avec Mario (Roy), Alain (Dubuc) et Paul (Desmarais) on a, comment dire, légèrement abusé des excès.En passant quel boute-en-train ce Paul ! Et quel humour, ce Mario ! C'est fou comme je me suis senti des affinités avec eux — alors que je n'en ai aucune avec les ploucs qui regardent TF1.Quoiqu'il en soit, je me suis mis hier les pieds dans les plats et aujourd'hui je ne suis pas du tout dans mon assiette.Vous devrez donc vous contenter de mon auguste présence épistolaire et de la lecture de ce texte.Nous avons terminé la soirée vers trois heures du matin, en regardant la chaîne Boutique TVA, que m'a fait découvrir Paul.Putain ! Le nirvana ! La classe ! Au Québec, j'ai vu l'avenir.Plus d'émissions pour divertir le spectateur entre les pubs : rien que des pubs, sans arrêt.J'étais ému, vraiment ému.Aux larmes.Ceci dit, quand j'ai appris que vous me décerniez ce prix, j'avoue que j'ai été un peu déçu: pour une fois qu'un journaliste disait la vérité.Car soyons francs : les journalistes passent la moitié de leur temps à parler de ce qu'ils ne connaissent pas et l'autre à taire ce qu'ils savent.Mais cette fois.Cette mienne déclaration.J'ai simplement dit tout haut ce que tout le monde pense tout.là-haut.Hé, ho: les gauchistes.Vous croyiez quoi?Qu'on est là pour informer?Pour vous traiter en citoyens?Pour vous informer, je ne sais pas moi, du fait que l'armée américaine utilise — et utilisera dans les années à venir — un nombre tellement énorme de munitions que ses fournisseurs habituels, aux États-Unis, ne suffisent plus à la tâche et que l'armée US a donc fait appel à des compagnies étrangères pour lui fournir ses joujoux; et que parmi les heureuses élues on compte SNC Technologies et son usine située à Le Gardeur, laquelle appartient à Lavalin.Vous vous attendez à trouver ça dans vos médias, entre deux pubs?Vous voulez rire?D'ailleurs, Mario, Paul, Alain et moi, on en rit encore.Je vous le dirai donc en termes clairs : nous sommes là pour vous divertir.Notre forte devise, c'est: un citoyen engourdi est un consommateur disponible.L'ONU n'a pas regardé où il fallait: nous possédons — que dis-je: nous sommes — les armes de diversion massive.Nous menons à terme une fabuleuse expérience de neurochirurgie du cerveau et faisons à chaque jour un peu plus la preuve qu'on pourra fort bien vivre avec quatre neurones.Vous me décevez donc, les gauchistes.Et le public me déçoit, lui aussi.Il est de moins en moins capable de se concentrer sur une pub.Ou sur un article en forme de pub.On en parlait hier encore avec Alain et Paul.Mario m'expliquait d'ailleurs que s'il fait un éditorial pour vanter les mérites de la politique étrangère américaine, il perd désormais les neuf-dixièmes de ses lecteurs dès le deuxième paragraphe.Faites un effort, que diable ! Concentrez-vous ! Prenez exemple sur nous, les grands médias, qui sommes capables d'une si grande concentration.Exercez votre jugement Pepsi ou Coca Cola?Star d'un soir ou Star Académie?C'est important de distinguer le mal du bien, le faux du vrai, Le lay du beau.Reprenez confiance.Confiez-vous à nous.Confiez-nous vos cerveaux.Confiez-nous vos écoles.Confiez-nous vos enfants.Comme on confie l'incendie au pompier pyromane, le poulailler au renard, les États-Unis à G.W.B.et TF1 à moi.Voici comment ça marche, c'est tout simple: donnez-nous vos montres, on vous donnera l'heure.De toute façon, on n'a pas besoin de montre pour perdre son temps.Pour finir, camarades — vous permettrez que je vous appelle camarades?— vous voulez savoir l'heure?Il est moins cinq.NORMAND BAILLARGEON Note ; Le siège social de SNC Lavalin est situé au 455 René-Lévesque Ouest.On peut les appeler pour leur dire ce qu'on pense de leur récent contrat: 514-393-1000; ou leur envoyer un courriel: info@snclavalin.com ABONNEZ- nous - "-VOUS i 4 Sécurité urbaine En ville, il y a deux sortes de piétons: les rapides et les morts.y La télé de SRC : quelle merde ! Jadis excellente, la télévision de Radio-Canada s'est dégradée à tel point qu'elle n'est plus regardable.De toute évidence, un préjugé antiintellectuel fait la loi dans la tour du boulevard René-Lévesque.La radio aussi en a souffert, surtout la deuxième chaîne devenue muette puisqu'on n'y diffuse plus que de la musique.À la télévision, la grande innovation de la rentrée était la copie servile d'une mauvaise série française, Tout le monde en parle, avec un animateur prétentieux et arrogant, Guy A.Lepage (notons l'initiale au milieu à l'américaine) et un choix d'invités très discutable.L'esprit de commérage (ou de compérage) qui anime cette émission rappelle celui qui règne à CHOI-FM à Québec.Parmi les causes de cette dégradation, il y a sûrement la course aux cotes d'écoute.Radio-Canada entend faire concurrence à la télévision privée.Cela n'est pas le rôle de la télévision publique, qui est censée être une télévision de qualité qui mérite ainsi d'être subventionnée à même les impôts.11 est étonnant que les télé-diffuseurs privés ne protestent pas plus fort contre le comportement de Radio-Canada avec son double financement public et privé qui crée une situation de concurrence indue.D'ailleurs, ce qui fait que la télé de Radio-Canada n'est plus regardable, ce n'est pas seulement la baisse de qualité, c'est aussi l'abondance indécente des messages commerciaux.C'en est rendu à un point tel qu'on diffuse souvent le même message deux fois durant la même pause.On nous prend pour des imbéciles, ou pour une pâte molle à modeler.C'est, venu des États-Unis, l'argent-roi.Un regime de prêts et dettes PAR ERIC MARTIN PIERRE DE BELLEFEUILLE Plus de deux cent ans après la COn-quête, l'Angleterre continue de coloniser le Québec.Après les habits rouges, le système de cantons, Engelbert Humperdink et le néolibéralisme, on aurait pu croire que c'en était fini des cochonnerie importées de la perfide Albion.Que nenni ! « Le modèle anglais » débarque dans toutes les petites têtes carrées d'ici, à croire que le parti libéral de Patapouf a organisé en 2003 un voyage de groupe à Piccadilly Circus.Pendant que Monique lérôme-Forget désertait le double-decker bus libéral pour aller «étudier» les partenariats public-privé pour mieux nous vendre notre eau, le ministre de la formation industrielle, Pierre Reid, lorgnait d'un air lubrique les réformes du travailliste de droite (sic) Tony Blair en matière d'éducation.L'été suivant, le régime de prêts et bourses subit une cure d'amaigrissement forcée: 103 millions de bourses en moins.L'endettement étudiant moyen dépasse les 20 000 dollars.La décentralisation, le dégel des frais de scolarité, le contournement des conventions collectives des enseignants.Ça va mal, au point où certains camarades envisagent d'interrompre leurs études ou de ne pas poursuivre à la maîtrise.Pour pallier au passage à tabac du régime de prêts et dettes, le ministre propose une forme de remboursement proportionnel au revenu (RPR) qui ressemble étrangement à l'impôt post-universitaire appliqué dans le pays où l'on conduit du mauvais côté.En transférant ainsi le fardeau financier de l'éducation sur les individus et en anéantissant la fiscalité, le gouvernement Patapouf décharge la société de la responsabilité collective d'assurer une éducation gratuite, accessible et de qualité aux générations montantes.ou descendantes, on ne sait plus trop.L'éducation devient dès lors une affaire individuelle, tout comme la retraite ou la santé.Ce n'est plus le problème de la société si les gens sont malades ou peu instruits, parce qu'ils n'ont pas su capitaliser sur les opportunités de «gagner» ou parce qu'ils n'ont pas investi suffisamment « d'efforts » pour mériter d'être « riche et en santé ».« C'est votre problème, pas le mien ! » S'installe alors une logique de clientélisme avec l'ensemble des services sociaux.L'État n'est plus l'instrument de redistribution de la richesse, mais plutôt le gérant d'un énorme Wal-Mart, comme le disait Michel Venne, où l'étudiant, le bénéficiaire, le client en moyens, magasine sa survie en piétinant les autres comme dans le pire stampede d'un boxing day particulièrement féroce.Suite en page 4 A, 077831301091602 Le Couac, novembre 2004, page 2 La Grosse Presse compressée Les actualités d'Air Canada expliquées par les gros titres de la grosse Presse «Air Canada prévoit un bénéfice d'exploitation de 255 millions » «2000 emplois montréalais menacés dans les services techniques» (16-10) «Des "Bougons" épingles par Revenu Québec» «Des millions d'options pour la direction d'Air Canada» (23-10).\pmtatf'.?La Floride, un état en voie de développement ?Avec tout ce qui se passe en Floride, on devrait reléguer l'État au rang de pays en voie de développement et lui octroyer de l'aide internationale.En effet, c'est un État où les catastrophes naturelles sont fréquentes (par exemple les ouragans ou l'élection de leb Bush) et dévastatrices.C'est un endroit où de grandes compagnies multinationales exploitent des installations touristiques et de la main-d'œuvre à bon marché.C'est rempli de patronage et de corruption.Les frontières sont poreuses La répression est féroce.La population blanche est au pouvoir et généralement conservatrice.Les infrastructures électorales sont tellement désuètes qu'on a songé à faire appel à des observateurs de l'ONU pour les présidentielles.Toutes les caractéristiques d'une république de bananes, n'est-ce pas?COURRIER DES LECTEURS À propos du film de Yves Pelletier, Les aimants Il serait important de révéler aux savants critiques du septième art que le film «Les aimants» d'Yves Pelletier est l'adaptation du roman de Goethe «Les affinités électives» publié en 1808.Adaptation avec tout ce que cela comporte de marivaudage post-moderne et de happy-end amélie-poulinesque.Ah la la.L'imposture de la culture a un prix: celui de la connaissance.France Boisvert Qui aidez-vous, M.Martin?M.Martin enrobe encore la conquête des marchés d'aide humanitaire.forcée.Et le privé devrait y être associé, comme s'il n'y était pas déjà à pleines mains.En Colombie, les compagnies canadiennes pullulent.Il s'y assassine on ne sait combien de syndicalistes chaque année.Comment les protègera-t-on ?Est-ce que l'ouverture au privé en Colombie comprendra des agences de gardiens de sécurité subventionnées pour palier au discrédit des paramilitaires terroristes?Est-ce qu'après avoir envoyé des soldats et des policiers aux peuples dans le besoin, comme en Haïti il y a quelques années, on leur fera parvenir autant de secours que la population a besoin pour survivre et perpétuer le traitement cruel qui consiste à les tenir en vie jusqu'à ce qu'on ait l'opportunité d'affaire, toute privée, de les enfermer dans ces usines à macjob?Allez parler de développement en Irak ou en Palestine après la mise à feu et à sang.M.Martin n'aborde même pas la question de ces foyers de tension.La position canadienne ressemble à un grand détour effectué pour revenir en arrière.Elle n'est ni plus ni moins, comme c'est la déplorable habitude de faire de nos gouvernements, qu'une justification honteuse de l'impérialisme mondial collé aux USA.Qu'est-ce qui démarque nos politiques internationales en Afghanistan, par exemple?L'immolation de nos soldats par l'implacable machine de guerre U.S.?Nous souhaitons être un pays souverain, mais nos politiques tournent encore à la sous-traitance idéologique et politique pour les États-Unis.C'est malheureux et inopérant car ce qu'on « protège » à un bout de la chaîne, on le sacrifie au système mondial qui affame, pille et tue à l'autre bout de la mécanique impériale.Guy Roy Val-David, encore une fois.Lors de la dernière réunion municipale (12 octobre) à Val-David, le conseil municipal a donné son aval, à l'unanimité, pour la construction de condos sur le site « les versants du Mont Plante».On se souvient d'une époque pas si lointaine où personne n'aurait imaginé que ce haut lieu du plein air et du patrimoine soit cédé à un promoteur et pourtant.C'est même un conseiller municipal qui a commis l'irréparable en vendant le Mont Plante.Il est à noter que c'est à cet endroit que devait être érigé le fameux stationnement pour le parc Dufresne; mais comme le terrain n'était plus disponible, on choisit par la suite le site de Guindonville, avec les conséquences que l'on connaît.Lorsque l'on pense à la dernière campagne référendaire concernant l'avenir du parc, où les élus actuels avaient joué un très grand rôle: il fallait chasser le «méchant promoteur» de nos montagnes, celui-là même qui avait acheté en toute légalité ces terrains tant convoités aujourd'hui par la mairie .Il me semble - et je ne suis pas seul à le penser - que nos élus jouent double jeu : d'un côté on ne veut pas de promo- teur et, de l'autre, on les accueille bras ouverts.Trouvez l'erreur .l.-P Charce, Val David Le colis piégé de Postes Canada Dorénavant, le courrier entrant au pays - en particulier celui en provenance de nos voisins du Sud - et ne comportant pas une adresse complète, sera retourné à l'expéditeur.Comme par exemple une carte de Noël n'ayant que la seule mention «grand-père» comme destinataire.Quel sort réservera-t-on aux milliers de cartes adressées au Père Noël, qui, comme nombre d'enfants dans le monde le savent, vit au pôle Nord, quelque part au Canada?L'équipe de postiers et de facteurs qui, chaque année, répondait bénévolement et généreusement aux enfants rêveurs et candides, remettra-t-elle cela cette année?Pauvre Société canadienne des postes, qui aura réceptionné un colis piégé des États-Unis.En l'ouvrant, l'anthrax de la peur du terrorisme lui aura sauté à la figure et l'aura contaminée.Depuis quasiment leur création, les États-Unis ont eu besoin d'ennemis.Il y a eu un temps les communistes; il y a maintenant les terroristes et les États voyous.En maintenant la peur chez un peuple largement désinformé (faire avaler l'idée que l'Irak pouvait s'en prendre aux États-Unis, il fallait quand même le faire), les stratèges du gouvernement font diversion pour mener plus librement les affaires du pays, dans l'intérêt de l'on sait qui.Sylvio Le Blanc, Montréal Écrivez-nous ! Le Couac publie les courts commentaires de ses lecteurs.Le courrier électronique demeure la meilleure façon de nous joindre (texte@lecouac.org).Sinon, une disquette par courrier postal: Le Couac, CP.222 Suce.D, Montréal (Québec) H3K 3G5.-PLOGUES Bibliothèque anarchiste Le D.I.R.A.(Documentations, Informations, Références et Alternatives) est un projet libertaire indépendant cherchant à créer un espace de diffusion de la pensée libertaire et des alternatives qui en découlent.Le DIRA, veut permettre de rétablir les faits concernant l'anarchisme.Faire connaître ses origines, ses différents courants de pensée et partager les expériences et moyens envisageables pour se libérer du joug des chefs.916 Ontario Est, Montréal, Métro Berri-UQÀM ouvert de 13h à 17h du dimanche au samedi www.clac.taktic.org 514-524-4529 Le Rézo reprend du service Plus que jamais Le Rézo affirme sa volonté de célébrer les œuvres cinématographiques en les présentant, de façon permanente, sur grand écran.Les activités du réseau de diffusion du cinéma indépendant ont repris en octobre dans 10 salles au Québec.Plus de 12 films témoins d'une cinématographie riche et inspirante seront présentés - à prix populaire - au cours de l'année.Cette nouvelle saison d'activités s'enrichit de 4 nouveaux partenaires: La Gitana à Montréal, le Théâtre du Marais à Val Morin, Le Zaricot Café à St-Hyacinthe et le Café Foin Fou à Champlain.Ces dernières s'ajoutent au Centre St-Pierre et à l'Utopik à Montréal, au Café Côté Cour à lonquière, au Café St-Charles à Mont-Laurier, au Cabaret de la Dernière Chance à Rouyn et au Grand Théâtre de Pierreville Pour la programmation détaillée: www.lerezo.org État d'urgence L'Action terroriste socialement acceptable (ATSA) nous invite à financer un repas gastronomique à quelqu'un qui n'aura jamais l'occasion de s'en offrir un.Le prix du couvert est de 50 $.Les dons de vêtements sont également bienvenus.Le banquet et la fête auront lieu le 6 décembre prochain, sous des tentes chauffées, sur la Place Amélie-Gamelin.Le repas gastronomique est concocté par le Chef Martin Picard du restaurant «Au Pied de Cochon ».11 est possible de visionner le film sur l'État d'Urgence 2003 au www.atsa.qc.ca Info: (514) 844-9830 Café petite Gaule Lancement d'un livre anarchiste Samedi 13 novembre, 19h, lancement du livre «Only a beginning: An anarchist Anthology », écrit par Allan Antliff.Au bénéfice de la bibliothèque anarchiste DIRA et du Salon du livre anarchiste de Montréal.5$ slonanarchiste@taktic.org, (514) 859-9090 Soirée projection : les guignols de l'info leudi 18 novembre, Sélection de La Petite Gaule, 20h.Grat Concert avec Jean-Hugues Labrecque et Landriault Samedi 20 novembre, 20h.Gratuit 2525 rue Centre, Pointe St-Charles, métro Charlevoix www.cafepetitegaule.com SUPPORTEZ LA PRESSE INDEPENDANTE ! ABONNEZ-VOUS ! La presse indépendante est sur les dents! Elle a décidé de s'unir pour mieux résister à l'hégémonie de la presse commerciale.N'attendez pas que les poules aient des dents et abonnez-vous à un second, voire à un troisième journal indépendant! Ils ont tous une dent contre la bêtise et se complètent si bien.Le Mouton NOIR est un journal d'opinion et d'information, plus mordant que le loup.?Individus: 20 $ ou soutien $ ?Organismes sans but lucratif: 25 $ ou soutien $ ?Entreprises/institutions: 40 S ou soutien t LeMoiton noir ?Abonnement cadeau: 40$ ou soutien $ Groupe d'âge: ?19 à 25 ans ?26 à 35 ans ?36 à 49 ans ?50 à 64 ans ?65 ans et + Nom Adresse Faites votre chèque à l'ordre des Éditions du Berger Blanc Code postal _ Téléphone CP.113 Rimouski (Québecl Courriel G5L7B7 POUR S'ABONNER Par téléphone: (514) 596-1017 Par la poste : Le Couac CP.222 Suce.D, MONTRÉAL (Québec) H3K 3G5 Adressez votre chèque à : Le Couac.• Abonnement d'un an : 30,42$ + taxes = 35,00$ • Abonnement de deux ans: 52,15$ +taxes = 60,00$ • Abonnement institutionnel et de soutien: 52,15$ + taxes = 60,00$ • Abonnement de groupe d'un an (10 copies par parution): 225,98$ + taxes = 260,00$ • Abonnement d'un an à l'étranger: 43,46$ + taxes = 50,00$ Nom_ Adresse Code postal Courriel_ .Téléphone Le Couac c.p.222 suce.D, Montréal, Québec, H3K 3G5 Téléphone: (514) 596-1017 Fondé en 1997 par Pierre de Bellefeuille et Jean-François Nadeau Co-Rédacteurs en chef: Bruno Dubuc, David Ledoyen, Marco Silvestro Collaborateurs: Normand Baillargeon, Pierre de Bellefeuille, Jacques Bouchard, Lynda Champagne, Claude C.Charron, François Cyr, Andrée Desharnais, Pierre Dostie, France Ciroux, Jasmine et Valérie Guilloteau, Clôde De Guise, jean-Marie Laliberté, Sylvio Le Blanc, Eric Martin, Michel Rioux, Marcel Séguin, Valentin Tardi, Simon Tremblay-Pepin, Pierre Vadeboncœur, Ramon Vitesse.Illustrations et photos : Simon Banville, Bobidoche, Boris, Normand Blouin, Daniel du Plessis, Luc Ciard, Kérozen, Serge Ferrand, Sniper, Valérie Remise, Richard Suicide, Ramon Vitesse.Graphisme : France Mercier, Charlotte Lambert Nous remercions chaleureusement Charlie Hcbdn et Le Rire (France) et Le Journal du jeudi (Burkina Faso) pour leur collaboration.Abonnement et publicité: lecouac@vif.com (514) 596-I0I7.ISSN 1480-2074 • N" de publication (Poste Canada) 1213369 Imprimé au Québec NATIONAL L'année des punaises de sacristie et des grenouilles de bénitier Le Couac, novembre 2004, page 3 Les États-Unis d'Amérique forment un pays qui est passé directement de la barbarie à la décadence, sans jamais avoir connu la civilisation.— Albert Einstein Il v a, bien sûr, un grand nombre de réseaux qui se réclament de la chrétienté.Il en est certains dont les positions et les pratiques sont fort honorables.l'en fréquente certains de près.D'autres, par ailleurs, viennent confirmer une chose que je viens de découvrir: chrétien et crétin ont la même racine étymologique.Remarquez.Cela fait au moins quarante ans qu'ici, on a fait le lien.Les deux sont arrivés à la tête du gouverne- prononcé en faveur de l'avortement, comme l'a fait )ohn Kerry.«Voter pour un tel candidat, c'est coopérer avec le Mal», a décrété l'archevêque, ajoutant qu'un catholique qui le ferait «devrait s'en confesser avant de recevoir la sainte communion.» Pays de cow-boys, le Colorado ! Cela se voit.De prosélytes aussi ! Quatorze des 28 dernières lettres pastorales de l'archevêque Chaput ont été consacrées aux élections.Plus de 50 000 volontaires ont été lancés aux trousses des électeurs du Colorado pour les inciter à mettre leur croix du bon bord, celui de Dieu.C'est avec un sourire angélique que l'archevêque de Denver précisait: « Nous ne sommes pas avec les Républicains.C'est eux qui sont avec nous.» Cow-boy, prosélytes et pratiquant aussi la casuistique avec un sans-gêne que ne renieraient ni les ayatollahs, ni les hassi-diques.On comprend tout cela quand on apprend, comme cela fut encore mon cas récemment, que les mots voter, dévotion et dévot partageaient aussi la même racine latine.Comme c'est aussi le cas pour les mots évêque, suspect et espion ! ment canadien en même temps et ont sévi dans le plus grand irrespect des valeurs morales pourtant contenues dans les Évangiles.Fascinant de voir que le chrétien, et la chose a commencé en Savoie et dans le Valais, s'est lentement transformé pour prendre le sens de bon chrétien, puis de benêt, puis de crétin, finalement.Ce qui donna lieu à cette maladie mentale qui s'appellerait désormais.crétinisme.On a remarqué une forte hausse de cette déficience mentale ces dernières années chez les Étasuniens, notamment dans les régions où les évangélistes, à l'instar des islamistes fondamentalistes et des juifs de la plus dangereuse orthodoxie, jasent en tête à tête avec Dieu, Yahvé et Allah, ce qui ne peut avoir pour effet que de leur monter à la tête et de la leur faire perdre, pris d'un vertige bien compréhensible.Mais le mal se répand et ce sont aujourd'hui les catholiques qui en sont atteints.Eux qui, jusqu'en 2000, votaient majoritairement démocrate s'apprêtent, selon les sondages, à appuyer George W.Bush.Le Nw York Times du 12 octobre dernier nous en apprenait de belles à ce sujet.Ainsi, l'archevêque de Denver, au Colorado, Mgr Charles |.Chaput, a décrété qu'un catholique ne pouvait voter pour un candidat s'étant C'est le véritable boss du Vatican, le cardinal Ratzin-ger, chef de file de la droite religieuse du haut de son poste de responsable de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, nouvelle appellation de la Sacrée Congrégation de l'Inquisition romaine et universelle — l'Inquisition, de sinistre mémoire — qui doit jouir in petto.En juin dernier, alors que Jean-Paul II admonestait son visiteur, le président Bush, au sujet de la guerre en Irak, ce qui donnait de la bonne copie aux journalistes présents, le cardinal recevait discrètement Karl Rove, celui qui tire toutes les ficelles en coulisses, dans le camp républicain.Retour d'ascenseur.Quelques semaines plus tard, Ratzinger fournissait aux évêques étasuniens un avis sur lequel tous les Mgr Chaput se sont par la suite appuyés.60 millions de catholiques, c'est des votes en tab., comme aurait dit Moose Dupont! «Il peut y avoir une légitime diversité d'opinions sur la guerre ou la peine de mort, mais pas sur l'avortement.», a écrit Ratzinger, une phrase que les évêques de droite aux USA ont bue comme du petit lait et dont ils s'autorisent pour marcher main dans la main avec les plus intégristes.Ce que j'aimerais être un petit ange pour assister à la volée de bois vert qui devrait être servie à ces prélats domestiqués quand ils se présenteront à la porte de saint Pierre.Si, évidemment, j'ai bien compris le message évangélique.MICHEL RIOUX Wal-Mart : mensonges et tentatives d'extorsion Sur une échelle d'intensité servant à mesurer l'ampleur de la culture antisyndicale, Wal-Mart arriverait en tête probablement ex aequo avec McDonald's.La menace de fermeture formulée contre les « associés » de Jonquière ne trompe personne.Facilement prévisible, cette tactique d'intimidation reprend ce que les avocats patronaux enseignent à leur client: mesure dilatoires, faire semblant de négocier, invoquer des difficultés économiques, se débarrasser de l'accréditation et in fine, si nécessaire, pour l'exemple, on «ferme la shop».McDonald's l'a fait.Wal-Mart le fera peut-être.Pendant ce temps, une certaine presse aux ordres entonne l'air connu: c'est la faute aux syndicats si on perd nos emplois dans ce monde si compétitif.Un enjeu continental Wal-Mart est le plus gros employeur privé du monde.Il vient même de dépasser Kroger aux États-Unis comme l'un des principaux détaillants en alimentation.Ce secteur a d'ailleurs connu d'importantes luttes syndicales en 2003 en Californie du sud et en Virginie Occidentale où les United Food and Commercial Workers (équivalent américain de nos Travailleurs unis de l'alimentation et du commerce — TUAC) ont bataillé ferme pour protéger des acquis (notamment l'assurance santé), menacés par cette gigantesque pression à la baisse sur les conditions de travail des syndiqués suscitée par la seule présence de Wal-Mart concurrençant les autres chaînes.À terme, l'enjeu c'est l'existence même du syndicalisme dans le commerce de détail.D'où les efforts sérieux des TUAC au Québec pour enfin établir la preuve qu'on peut syndiquer un Wal-Mart et surtout négocier avec succès une première convention collective.Le Québec est analysé comme l'un des maillons faibles de la chaîne d'exploitation du système Wal-Mart nord-américain grâce au fort taux de syndicalisation et aux lois du travail plus avancées.Les reculs à ce chapitre (article 45) n'ayant pas encore eu le temps de montrer tous leurs effets.Cependant, on cherche vainement dans notre droit du travail, qu'on aimerait voir plus avancé, une quelconque obligation de l'employeur de prouver les difficultés économiques alléguées.Le droit de gérance, découlant du droit de propriété, est souverain.Tous les GM, Mcdo et Wal-Mart de ce monde n'ont de compte à rendre à personne.On ment sur la situation économique.On ferme.Merci, thank you, bye bye chers associés à $8.00 de l'heure.Quelle tactique de lutte ?Voilà pourquoi les progressistes proposent l'introduction de lois strictes visant à faciliter l'accès rapide à la syndicalisation, à garantir le droit à la négociation et à la grève et à réglementer les licenciements et les fermetures d'entreprises, qui devraient être interdites lorsqu'elles sont rentables.On sait par exemple que les trop longs délais des processus d'accréditation sont souvent utilisés par les employeurs pour faire déraper les démarches des employés par diverses tactiques, notamment les mises à pied suivies d'embauché de nouveaux employés, la tenue de nouveaux votes ou même la fermeture de l'entreprise.Ces dernières années, le lock out a été utilisé par des employeurs pour carrément affaiblir les syndicats et leur capacité de négocier des conventions collectives.L'absence de règles sur les fermetures d'usine accentue l'impuissance des travailleurs et des collectivités dont les intérêts sont ignorés par les choix des grandes entreprises.Afin de sauvegarder nos emplois, pourquoi ne pas mettre sur pied des plans sociaux obligeant l'employeur à créer au sein des entreprises un fonds de protection contre les licenciements collectifs et individuels financé par les entreprises et géré par les salariés.Utopi-que?Radical?Peut-être.Mais qu'est-ce qu'on fait lorsque nous sommes collectivement confrontés à une véritable tentative d'extorsion?Renoncez à vos droits, à vos lois ou nous partons.Étrange situation ou à l'échelle individuelle une personne privée qui s'estime victime de tentative d'extorsion signale le délit à la police.Lorsqu'un groupe de salariés est victime du même crime, nous ne disposons d'aucun recours, sauf celui de crier notre indignation.Alors une campagne de boycott de Wal-Mart?C'est aux travailleurs et travailleuses directement et immédiatement concernés d'en décider.Et à personne d'autre.Aux forces sociales et politiques solidaires de ce combat d'emboîter le pas, le cas échéant.Quelque soit leurs choix, les progressistes seront à leurs cotés.FRANÇOIS CYR ET PIERRE DOSTIE Militants syndicaux, les auteurs sont membres de l'exécutif national de l'Union des Forces Progressistes Chronique sportive Des zamours mal placées Les Expos de Montréal sont rendus à Washington.Si ce n'était du respect dû aux fanas du baseball, je m'exclamerais: bon débarras! Nos zamours n'étaient pas vraiment de Montréal.Ils sont partis comme ils étaient venus, par le jeu argenté des coulisses du sport professionnel.Dans mon enfance et ma jeunesse, j'ai joué à la balle molle pour mon quartier, et, plus tard, au tennis, toujours pour mon quartier, dans les deux doubles, le mixte et le masculin.Les gens du voisinage nous acclamaient, dans la défaite comme dans la victoire.C'était du vrai sport.Les modestes trophées n'avaient pas de prix.Plus tard, à l'époque bénie des Maurice Richard et des lean Béliveau, j'aimais bien le hockey, émanation de notre climat.Mais le baseball, venu de régions plus chaudes, m'était indifférent.Alors que le hockey est fait d'action haletante et soutenue, le baseball, avec ses règles compliquées, ses lenteurs et son culte des statistiques, suintait l'ennui.Mon lien avec mon quartier devenait mon lien avec ma ville, pour le hockey sinon le baseball.Mais le lien avec ma ville n'existe plus.Il n'y avait pas de Montréalais parmi les Expos.Les joueurs sont des denrées qu'on achète.Ils ne représentent personne.C'est à peu près la même chose au hockey avec les Canadiens.Surtout, il y a l'énorme différence entre le sport amateur et le sport professionnel.Celui-ci est soumis au règne de l'argent.Il est très onéreux de soutenir une équipe.Les salaires des joueurs grimpent dans les hauteurs.Le billet pour assister à un match est hors de prix, très supérieur au billet de théâtre ou de concert.L'appât du gain supplante l'esprit sportif.Au hockey, il en résulte un climat de brutalité, de véritable violence.On cherche à justifier ce climat en affirmant que cette brutalité attire le public.Mais cela n'absout pas les plaquages et autres collisions, pas plus que l'affluence populaire, dans la Rome antique, ne justifiait la pratique selon laquelle, au forum, les lions dévoraient les chrétiens.D'ailleurs, mon horreur de la violence m'empêche de considérer la lutte et la boxe comme de véritables sports.Pardonnez-moi cette hérésie.PIERRE DE BELLEFEUILLE Nuisance syndicale Dans sa chronique du 2 octobre dernier parue dans le journal Les Affaires, Michel Kelly-Gagnon, président de l'Institut économique de Montréal, affirme avec justesse qu'un haut taux de syndicalisation engendre presque inéluctablement une baisse du taux de croissance du PIB.Les sceptiques n'ont qu'à penser aux quelques McDo et Wal-Mart qui ont dû fermer boutique dans les jours suivants leur syndicalisation.Die-in lors du récent congrès contre la peine de mort à Montréal.Gilles Duceppe ne semble pas avoir compris le principe.Deux épigrammes Sur ]acques Parizeau C'est un homme de sciences, Docteur en sciences économiques, Il a été député pendant quatorze ans Ministre des Finances, puis du Revenu, Président du Conseil du Trésor, Premier ministre du Québec.Il n'y a pas de quoi rire.Alors pourquoi riez-vous?Sur ]ean Cfiarest Après une terrible plongée dans les sondages, Il a voulu redorer son image En promettant des réductions d'impôts Jusqu'à vider l'entrepôt.Hélas, sa réingéniérie S'est terminée.en liste d'épicerie.MARCEL SÉGUIN I Le Couac, novembre 2004, page 4 DOSSIER EDUCATION Régime de prêts et dettes : les conséquences Lettre ouverte au ministre de l'Éducation M onsieur le ministre, Par la présente nous désirons vous faire connaître les conséquences immédiates de vos coupures de plus de 100 millions dans le programme d'aide financière aux études (programme de prêts et bourses).Monsieur le ministre, je suis mère monoparentale d'une fillette de 15 mois et je tente de terminer la maîtrise qui me permettra d'espérer un poste de professeure de philosophie au collégial.Cette année est particulièrement difficile car c'est exactement 4 500$ qu'il manque à un budget annuel de moins de 15 000$ et ce, sans compter la hausse des frais de garderie et d'électricité.Mon endettement ayant déjà dépassé largement les limites du supportable, comprenez que je compte surtout sur les bourses pour subvenir aux besoins de ma famille et que la nouvelle de l'augmentation de ma limite d'endettement à 40 000$ n'est pas venue me réconforter.Malheureusement mon cas est loin d'être unique et je désire parler aujourd'hui au nom de tout ceux que vous plongez ainsi dans l'insécurité.Nous vous demandons de reconsidérer votre décision pour de nombreuses raisons, dont les suivantes: Premièrement, cela a directement pour effet de réduire l'accessibilité des études postsecondaires aux plus démunis car, rappelons-le, tous les étudiant-es qui sont admissibles à l'aide financière reçoivent un prêt, mais seulement les plus défavorisés se qualifient aux bourses que vous avez réduites de moitié.Vous avez donc enlevé de l'argent aux orphelins, aux étudiant-es ayant des enfants, aux étudiant-es provenant de milieux défavorisé que les parents ne peuvent aider financièrement.Deuxièmement nous entendons souvent pour justifier les coupures que nous avons le régime le plus généreux en Amérique du Nord et que nous avons les frais de scolarité les plus bas.Permettez-moi, monsieur le ministre, de vous inciter à nous comparer aux pays comme la France, où les études, même universitaires, sont pratiquement gratuites et où un généreux programme de bourses est disponible pour les étudiant-es moins favorisé-es.Ne devrions-nous pas tend-e vers le meilleur plutôt que vers le pire?Troisièmement, votre décision semble avoir été prise de façon trop rapide sans en soupeser toutes les conséquences.En témoigne l'imbroglio avec les bourses du Millénaire* ainsi que le fait que nous avons dû attendre plus de quatre mois avant de connaître les montants alloués aux bourses et aux prêts cette année (période d'insécurité pendant laquelle il a été impossible d'établir un budget).Maintenant que vous êtes pleinement conscient de tous ces faits, nous espérons que vous reviendrez sur votre décision.L'éducation est l'un des champs du pouvoir politique qui implique le plus l'avenir de la société québécoise et chacune de vos décisions doit répondre parfaitement aux impératifs immédiats, bien sûr, mais doit aussi être en adéquation avec les valeurs fondamentales et les aspirations à long terme de notre société.Nos respects, VALÉRIE GUILLOTEAU ET SA FILLE JASMINE *NDLR: en réduisant le programme de bourses, le gouvernement québécois a contrevenu à une entente avec le gouvernement fédéral et s'est privé d'un important montant (70 millions) relié au programme des Bourses du Millénaire.Vendredi, 22 octobre, nous avons tenu, ma fille et moi, un campement symbolique au ministère de l'Éducation à Québec.Nous avons distribué des centaines de lettres comme celles-ci aux employés de l'État et la réception fut excellente.Accompagnées de journalistes de Radio-Canada nous sommes allées remettre la lettre au cabinet du ministre, mais personne n'a voulu la recevoir devant les caméras.Dans l'après-midi nous avons reçu un appel téléphonique de lean-François Belleau, attaché politique du ministre.Ce faisant rassurant, il a tenu à nous dire que dans les faits nous n'avions pas perdu d'argent cette année, car les bourses que nous avons en moins sont transformées en prêts.De plus, il nous disait de ne pas nous inquiéter car ils travaillaient actuellement à mettre en œuvre une mesure qui permettra le remboursement de la dette proportionnellemant au salaire Nous sommes vraiment rassurée ! Et nous pouvons maintenant continuer à nous endetter l'esprit tranquille.Un régime de prêts et dettes Suite de la page 1 Quand vient le temps de se coaliser et de se défendre collectivement, la logique consumériste et individualiste a déjà fait sa sale besogne.L'étudiant qui achète un diplôme accepte déjà le fait de payer.Dans la perspective du « prêt à payer », débourser un peu plus, un peu moins, cela ne change pas grand chose si la valeur de ce qu'on se procure paraît suffisante pour justifier les augmentations de coût.Et de toute façon, dans un marché hautement concurrentiel, il vaut mieux que de moins en moins de gens parviennent à se payer le diplôme, n'est-ce pas?Les coupures apportées au régime de prêts et bourses et les orientations Made in Great Britain adoptées en éducation devraient rencontrer une résistance sans bornes de la part des étudiants et de l'ensemble de la société québécoise.Le hic, c'est qu'en dehors du mouvement étudiant, personne ne s'en préoccupe vraiment.Ce même «mouvement étudiant» qui fait du sur-place depuis le Sommeil des Amériques en avril 2001 et qui serre plus de mains de ministres qu'il n'en ligote.Il y a quelque chose de pourri au royaume du Québec.Des idées tatchériennes qui sentent les boules à mites.Un gouvernement qui transforme nos universités en centre d'achat Harrod's.Pourtant, comme le disait Danton, l'éducation est, après le pain, le premier besoin d'un peuple.Quand est-ce que ce peuple a choisi de se laisser mourir de faim?Car en définitive, en défavorisant ainsi l'accès à l'éducation, le Québec vient de prendre une grosse hypothèque sur son avenir! Durham, vieux ratoureux, avait bien dit qu'il nous aurait à l'usure.Mathématiques irrationnelles Si on change - , vos bourses .vous ne perdez pas d'argent cette année.Trouvez / tvj^ l'erreur/ Salle de classe Le saviez'vous ?Chaque année, il y a environ 1000 fermes qui disparaissent au Québec.Maxime Laplante, Président de l'Union Paysanne, explique qu'il est difficile d'avoir un nombre exact, entre autres parce que de nombreuses fermes ne sont pas considérées comme telles en raison de leur petite taille.Ainsi, il y a maintenant environ 6 ans, l'UPA a exclu environ 7500 petites fermes de son membership en raison de leur taille Rappelons qu'en 1950, il y avait environ 140 000 fermes au Québec contre environ 30 000 aujourd'hui, ce qui veut dire une baisse moyenne de 2000 par an.Des fourmis et des hommes?Uoulons-nous diplômer des barbares ?Lors d'une récente allocution du ministre de l'éducation M.Pierre Reid à l'occasion de la clôture de l'Université d'été de l'Institut du Nouveau Monde, il a longuement entretenu les 400 participants sur la situation des fourmis dans la fourmilière.Après avoir détaillé ce fonctionnement animal, il finit par toucher du bout des lèvres ce qui nous sembla essentiel : la fourmi a-t-elle une vue d'ensemble de tout ce qui se trame autour d'elle?Non.Chacune reproduit inlassablement le cycle de sa programmation génétique.Mais encore, M.Reid?Si le citoyen, contrairement aux insectes, a le pouvoir de participer aux décisions politiques de sa société, toujours faut-il qu'il sache que beaucoup de décisions qui se prennent le concernent.Or, rien n'est moins certains si on ne cultive pas chez l'étudiant le goût du décen-trement qui le situe dans un ensemble plus grand qu'il définit et qui le définit.Tel est le rôle de la formation générale au collégial: permettre à chacun de se développer comme personne et de se situer par-delà sa formation spécifique.Or, la capacité de remettre en question les choix qui nous sont proposés est la condition même de la survie de notre espèce.Si naguère les conséquences de nos manœuvres techniques étaient sans conséquence grave pour l'humanité, les techniciens et ingénieurs actuels prennent des paris dangereux et jouent avec des substances dont l'impact pour l'humanité est à peine mesuré.Le fait de posséder les outils intellectuels de réflexion critique devient essentiel pour nous éviter de commettre des bêtises, voire même l'irréparable.C'est pourquoi ils doivent être enseignés à tous sans exception, tant au secteur préuniversitaire que technique.La philosophie est une gymnastique intel-ectuelle dont 'objet est la pensée de l'Homme.Pour pouvoir vivre dans le monde complexe d'aujourd'hui, et non survivre à l'instar des fourmis, n'est-il pas primordial que chacun apprenne les bases qui lui permettront d'appréhender son époque, de saisir ses enjeux, ses défis, ses périls?Par surcroît, l'autonomie de la pensée est un puissant antidote contre le sentiment d'impuissance qui frappe la jeunesse québécoise.Devant la masse d'informations auxquelles ils ont accès, nombreux sont ceux qui se sentent manipulés et vulnérables.Ce fort sentiment de dépossession alimente non seulement l'angoisse mais ajoute au cynisme ambiant, brimant ainsi la capacité d'inventer et de réaliser un monde à la hauteur de nos espérances.Voilà des raisons suffisantes pour ne pas dépouiller les générations montantes d'une formation globale qui les situe dans un continuum vivant auquel ils prennent part et dont la poursuite est leur responsabilité.LYNDA CHAMPAGNE Professeure de philosophie Lettre ouverte à ceux qui se font du souci pour l'éducation des générations futures.À la suite de Gérald Allard, professeur au Collège de Ste-Foy, je m'adresse à «ceux qui ont à cœur la débarbarisation des barbares que sont nos enfants» (Argument, vol.6, n° 2, 2004).Car depuis un an, une campagne s'organise pour changer en profondeur le modèle actuel des cégeps, comme si on avait fêté pour rien, le 21 novembre 2003, les 35 ans de l'enseignement public de la philosophie.Déjà, avec le «renouveau» de 1993 intervenu dans les cégeps, il y avait une intention de mettre entre parenthèses la philosophie.Si personne n'a douté qu'avec la prétendue réingénierie actuelle de l'État-éducateur, la philosophie aurait du mal à passer l'hiver, tous doivent réaliser autre chose: dans les faits, c'est à toute la formation générale que l'on s'attaque, car on attaque aussi les disciplines comme la littérature dans l'immédiat et, à plus long terme vraisemblablement, l'histoire, les sciences pures ou encore les mathématiques, bref les vrais cours complémentaires de plus en plus rares, qui visent à éveiller, par la culture générale, les étudiants à des univers qui ne leur sont pas familiers.Nous risquons de faire fausse route dans l'éducation au niveau collégial.Car notre société québécoise, en général créatrice, s'attaque cette fois-ci à la structure de la formation générale commune aux étudiants des secteur technique et préuniversitaire.Dans leur avis de la mi-mars, les membres du Conseil supérieur de l'éducation recommandent au ministère de restructurer ia formation générale au secteur technique et pré-universitaire et ainsi de mettre en place une banque de disciplines, modulables selon les pro- _^ grammes offerts par les différents collèges.En concevant trois blocs de formation générale, ces inspira- ®^ teurs envoient en ballottage la philosophie, la littérature, les langues modernes, l'éducation physique dans un second bloc - dans tous les sens du terme - où ils coexistent avec une offre de cours « moins spécialisés », « moins complexes » et « plus modernes» et «signifiants», sinon faciles.Rien de tel que de faire jouer toutes ces disciplines les unes contre les autres pour concevoir un DEC à rabais pour tous ! Sur ce projet d'un nouveau «renouveau», nous demandons : ne s'agit-il pas d'un prototype improvisé avec amateurisme, d'un bricolage de pacotille où la barbarie intérieure se substitue à la culture générale dont les exigences sont trop élevées?Or, le concept selon lequel chacun choisit sa formation générale, cette pédagogie qu'on annonce comme «signifiante», est en réalité un émiettement des connaissances.Un sujet ouvert sur tout ne le sera sur rien et se retrouvera seul dans la spirale de sa propre coquille.Si nous souscrivons à ce grand bazar de savoirs non reliés, nous aurons des diplômés repliés sur une culture appauvrie, sans formation, des barbares.FRANCE GIROUX Professeure de philosophie INTERNATIONAL Personne n'en parle* La concentration des médias au Brésil De notre correspondant à Porto Alegre DANS LES DERNIERS (OURS lltl mois d'octobre se tenait, dans une vingtaine de villes brésiliennes, la deuxième édition de la Semaine de Démocratisation des Médias (Sema-na da Democratiza-çâo da Mfdia - SDM).On y a abordé l'épineuse question de la concentration de la presse brésilienne, mais aussi celle du rôle des universités dans ces questions et des alternatives possibles aux grands médias.Les liens possibles entre la situation médiatique brésilienne et québécoise sont nombreux, mais sur cette voie ce sont les médias du Nord qui sont.en voie de développement.À première vue, on peut résumer la situation médiatique brésilienne à l'aide d'un seul mot: Globo.Globo est un empire médiatique surtout connu pour sa télévision qui naquit en 1965, fondé par Roberto Marinho qui a tout du mégalomane-cliché du monde des médias (un genre de joyeux mélange entre Péladeau père et fils).Aujourd'hui, Globo représente environs 78% des cotes d'écoute de télévision câblée ou par antenne et 95% de ce qui est transmis par satellite.Mais Globo n'est pas qu'un réseau télé, c'est aussi un important journal et plusieurs dizaines d'autres sous-compagnies qui vont des librairies aux studios de cinémas en passant par la création Internet.Globo, l'équivalent brésilien de Québécor, détient 78% des cotes d'écoute de la télé câblée et 95% de la distribution satellite.Sans compter les journaux et magazines.Selon le professeur Venfcio A.de Lima auteur du livre Médias-.Théorie et Politique (Midia-.Teoria e PoKtica, Editora Fundaçâo Perseu Abramo, 2001) la concentration de la presse au Brésil, qui s'est accentuée de 35% à cause des fusions récentes, est visible sous quatre formes: horizontale, verticale, croisée et en croix.La concentration horizontale signifie qu'une entreprise possède la plupart des acteurs d'un secteur (comme Globo pour la télévision).La concentration verticale signifie que toutes les étapes de la production sont réalisées à l'intérieur d'un même réseau (Globo produit des téléromans écrits par ses scénaristes, tournés dans ses studios avec ses acteurs; les diffuse sur son réseau ; les transfère à ses propriétés internationales; en grave la trame sonore avec son matériel et la vend dans ses magasins accompagnée d'objets promotionnels fabriqués dans ses usines, etc.).RBS, un réseau régional du sud du Brésil, est un bon exemple de concentration croisée.Ce réseau possède à la fois les plus grandes radios, les télévisions les plus puissantes, les journaux les plus lus, les revues les plus achetées, en plus d'avoir les réseaux de téléphonies cellulaires les plus populaires.Plus puissante que l'idée de concentration horizontale (qui n'est en fait qu'acheter tous ses concurrents) la propriété croisée consiste à s'étendre dans tous les secteurs.Le monopole en croix vient mettre la cerise sur ce sundae corporatif.En effet, Venfcio Lima a constaté dans ses recherches que, dans 18 états sur 26, une même situation se reproduit: Globo s'affilie un réseau (comme RBS au sud) et lui transmet toute son infsormation.Le plus grand journal de l'état fédéré devient donc la copie locale du journal national Globo, la télévision une part de son grand réseau, les radios diffusent les mêmes nouvelles partout au pays en leur donnant l'accent régional.Voilà qui doit inspirer Pierre-Karl.La SDM était organisée, entre autres, par le seul journal alternatif national et indépendant, le Fato do Brasil Le Couac, novembre 2004, page 5 (www.fatodobrasil.com), né il y a deux ans au Forum Social Mondial.Ce mince hebdomadaire est déjà dans les problèmes financiers jusqu'au cou et il faut autant d'effort pour le trouver à Porto Alegre le jour de sa publication que pour trouver un Couac à Rimouski en fin de mois.Un peu de sauvetage a été lancé.Si la situation québécoise peut un instant paraître meilleure que la brésilienne, elle n'est pourtant pas rose.Les médias alternatifs sont loin de vivre grassement et doivent redoubler d'imagination pour simplement survivre et combattre la domination des grands réseaux dans le monde de l'information.Contrairement à ce que beaucoup croient, ces espaces alternatifs ne sont pas un luxe.Si aujourd'hui ils paraissent souvent ne faire que la critique du discours des grands médias, il faut bien comprendre que si leurs artisans n'étaient pas que des bénévoles y écrivant parce qu'ils y croient, peut-être ces journaux pourraient-ils s'occuper d'enquêtes, de recherches et d'analyses plus approfondies.Leur futur dépend de l'intérêt que les Québécois (et les Brésiliens) investiront dans cette possibilité d'avoir un autre discours, sérieux, inventif et crédible sur nos réalités respectives.SIMON TREMBLAY-PEPIN *article inspiré par les deux textes suivants (en portugais brésilien) : www.jornaldamidia.com.br/noticias/ 2004/10/Brasil/18-Concentracao_de_pro-priedade_na.shtml www.camara.gov.br/internet/camara500/S eminarios/PB VenicioAdeLima.htm ^uez MON freoEôe Te re vetiz ?az ok\ Tu VAS T'es un con! vëteoie avec Toutes, cesses ?as>uesf OHl R£#)RDe il y €H f\ UN Qu\ Sûuôe UNE JAf/lfce.L'injustice originelle Ce que l'on constate, c'est que le paix et la normalité civile ne se rétablissent pas dans certaines contrées par où la guerre de conquête est passée: Afghanistan, Iraq, Palestine.Ces guerres ne se terminent pas.Subsiste dans chaque cas un foyer virulent qui est un perpétuel état d'hostilité active.Conquérants et conquis poursuivent, après un supposé terme, leur conflit : attentats, actes de guerre, destructions, assassinats, bombardements.Qu'y a-t-il donc de si mal ajusté dans la situation?Le mal est sans doute profond.Comment se fait-il que la situation ne finisse pas par se rétablir, au moins dans une paix relative?Les trois pays sont dans des cas similaires.Comme si de rien n'était, le conquérant y parle de «paix» et de «démocratie».Rien de cela n'est réel.Aucun langage n'est plus faux.Qu'est-ce qu'il y a tout au fond et qu'est-ce qui empêche les choses de se normaliser et le discours de correspondre à une certaine réalité?La situation est pourrie par une cause initiale mais qu'on ne fait jamais ressortir ni même ne mentionne.Si l'on veut comprendre, il faut au contraire désigner cette cause de manière distincte et spécifique.La situation repose dans les trois cas sur une donnée générale dont on semble à tout prix vouloir ne pas tenir compte et qu'on ne veut surtout pas corriger: une injustice originelle qu'on refoule entièrement.Territoires volés, richesses naturelles (Afghanistan, Iraq) confisquées, souveraineté réelle qu'on cherche à remplacer par des semblants, gouvernements fantoches, mensonges appuyés sur la force.Chacun de ces trois conflits procède d'une exaction globale, non seulement de réalités matérielles mais du droit.Alors, allez donc revenir à la normale, plaquer une apparence d'ordre sur un si profond désordre! On invente pour ces trois pays des structures, mais dans un pur état de dépossession politique des nations concernées.Puis on se demande pourquoi cela ne marche pas.Cet ordre abstraitement imaginé a pour base réelle la spoliation globale dont je parle.Celle-ci ne figure pas comme une donnée objective dans le plan de «reconstruction», de «pacification», de «démocratisation ».Au contraire, elle demeure soigneusement cachée.On oublie carrément cette réalité, qui est à la racine de tout, même si dans deux cas le régime antérieur était infâme.Les voleurs ne reconnaissent pas qu'ils volent et ne parlent jamais de cela.Ce sont des voleurs anonymes.Ils tuent, mais c'est comme s'ils ne tuaient pas.Ils se sont emparés de la souveraineté des conquis et de Us se sont emparés de la souveraineté des conquis et de leurs biens.(.1 Ce n'est pas rien: on a volé des pays ! leurs biens.En Afghanistan et en Iraq, c'est par appropriation des ressources et par installation de marionnettes au pouvoir, avec la prétention frauduleuse que l'on rend ainsi cette souveraineté à des gens du pays, présentés comme gouvernants légitimes.L'injustice globale, que l'on tait, dont il n'est jamais fait mention, est néanmoins une réalité déterminante.On ne saurait en faire l'économie.Ce n'est pas rien : on a volé des pays ! Il s'agit de dégager clairement ce fait-là pour comprendre les trois cas mentionnés.Ce qui, à ce niveau, ne va pas vers la justice va vers la guerre et vers le terrorisme.Mais on n'ira pas vers la justice.Le problème tel qu'on le représente est cousu de mensonges.C'est d'ailleurs pourquoi on le confie à la force, parce que c'est le dernier argument.Le reste n'est que verbiage.PIERRE VADEBONCOEUR Les Russes à Bush UN SONDAGE RÉCENT révèle que les Russes donnent majoritairement leur appui au président Bush dans sa lutte contre Kerry.Comment s'étonner ensuite que leur petit dictateur en puissance, le président Poutine, soit si populaire.Il appert que les Israéliens sont aussi pro-Bush en majorité.Et on sait que les Russes de confession juive qui émigrent en Israël, déjà très nombreux là-bas, sont parmi les plus conservateurs de ce pays.Décidément, le communisme à la soviétique aura fait bien du tort, et continue d'en faire.S.LE BLANC Tirer sur les petits ALA DEMANDE DE CERTAINS potentats suisses et italiens - notamment de l'Alliance Nationale, un parti de droite associé à la coalition Berlusconi, des serveurs d'Indymedia ont été saisis par le FBI.Les autorités italiennes n'en sont pas à leurs premières frasques contre les médias alternatifs.Rappelons qu'au sommet du G8 à Gênes en juillet 2001, le siège d'Indymedia dans le centre de convergence avait été sauvagement attaqué en pleine nuit et plusieurs disques durs avaient alors disparus.Dans les mois qui ont suivi le sommet, les réseaux d'activistes radicaux ont été particulièrement réprimés par les policiers du Nord italien.La saisie des disques durs s'inscrit dans une lutte contre le pouvoir subversif de la presse indépendante électronique et ce, partout dans le monde et particulièrement aux États-Unis.La Fédération anarchiste mentionne, dans un communiqué du mois dernier que: «En août, les services secrets ont employé une injonction afin d'essayer de perturber l'IMC New York City avant la Convention Républicaine.[En septembre] la Commission Fédérale des Communications US a fermé les stations radio communautaires à travers les USA.[Fin octobre], le FBI a demandé qu'lndymédia supprime un article sur IMC Nantes qui contenait une photo de policiers suisses démasqués, et des bénévoles d'IMC Seattle ont reçu la visite du FBI au même sujet.Le pire dans tout cela est l'utilisation des lois antiterroristes pour justifier ces saisies.À ce que l'on sache, le réseau Indymedia n'a encore jamais tué personne ni posé de bombe.LE COUAC Le Couac, novembre 2004, page 6 BLOC-NOTES Le Gala des Palmes d'or du Couac en images PHOTOS: DANIEL DU PLESSIS • DUPLESSI©AEI.CA Chirstopher Hall y est allé de deux monologues hilarants sur la télé-réalité et l'histoire du Québec vue par un «bloke».Nathalie St-Pierre de feu Recto-Verso déclinant le trophée de la sortie de scène de l'année.La traditionnelle Matraque d'or, décernée cette année à Immigration Canada, fut récupérée par Hélène Nazon du comité solidarité Mohamed Cherfi.David Ledoyen, maître de cérémonie, exhibant fièrement le trophée de la citation de l'année conçu par Jacques Bouchard.La fin de Y homo erectus Lm eminent ASTROPHYSiciEN Hubert Reeves était conférencier invité du groupe Équiterre, le 15 octobre dernier à la Tbhu.Il a débuté sa conférence avec le big bang qui a eu i lieu il y a 13 milliards 700 millions d'années et il nous a progressivement ramené sur terre avec l'annonce d'une mort annoncée.Et pas la moindre: celle de la disparition de l'humanité.Pas de blague, Reeves n'est ni homme à badiner ni un illuminé quelconque.Cette prédiction est pour demain, soit dans une cinquantaine d'années Cinquante ans, un rien du tout dans l'histoire de l'univers, à peine un battement de cil ! Après nous avoir tracé un portrait à nous faire retrousser le poil sur les bras, précisé que nous étions en plein dans la période de la 6e extinction (disparition accélérée des espèces depuis le début des années 1900) et que la précédente extinction remonte à la disparition des dinosaures (il y a plus de 65 millions d'années), Reeves se dit tout de même optimiste L'art de désamorcer une catastrophe annoncée.Les quelques 700 personnes qui retenaient leur souffle se sont alors remises à respirer.Optimiste!!! Tu veux rigoler?Optimiste par rapport à quoi?Le laxisme de nos dirigeants?Les politiques environnementales de George W.Bush?L'accord de Kyoto qui devrait être dix fois plus ambitieux?L'augmentation de la concentration de gaz carbonique dans l'atmosphère qui a doublé ces deux dernières années alors qu'elle était stable depuis 50 ans?La croissance de la vente de véhicules utilitaires sports?La pollution de l'air, de l'eau, du sol?La diminution des spermatozoïdes chez le mâle humain?La disparition de nos forêts?La fonte des calottes glaciaires?Nos montagnes de déchets, nos enfants bourrés de pesticides?Suis-je en dépression et encline à un pessimisme exagéré?Pas du tout.Mais je ne me berce pas d'illusions et je ne vais pas dorer la pilule.l'admets et suis d'accord avec le fait que chaque geste compte et qu'il faut être tenace.Mais soyons réalistes : il faut plus pour renverser la vapeur que notre recyclage, notre bouffe bio, nos coups de pédale sur les trop peu nombreuses pistes cyclables, nos investissements responsables ou notre simplicité volontaire.Le beurre et l'argent du beurre Bien sûr, nous remportons des batailles: l'éolien a le vent dans les voiles un peu partout dans le monde et même au Québec et au Canada.L'Allemagne ferme ses centrales Soupe froide (Caster-man) de Charles Masson narre une échappée belle qui tourne au vinaigre total pour un vagabond en mal de soupe capable de réchauffer son existence Bédéiste amateur et médecin spécialiste qui, ici, souhaite se mettre dans la peau de quelques êtres libres et forcenés l'ayant entraîné bien au-delà des diagnostics équivalents à autant de bras de distance.Avec plus de cent pages de cavale pieds nus dans la neige, dans un style va nu pieds qui a le mérite de mettre le focus sur l'homme (socialement) invisible.Le noir et blanc correspond au précipice.De Ferrandez, il faut saluer la réédition de la version originale noir et blanc de Uhomme au bigos et de Le maître de la nuit (Les 400 coups).Les enquêtes du commissaire Raffini, scénari-sées par Rodolphe, prennent ainsi un nouvel éclairage ténébreux.Proche des univers cinématographiques des années 50 de Georges Franju et Louis Feuillade, on reconnaît bien là certains démons on ne peut plus humains.Un apport BD extrêmement pertinent à ces oeuvres.Trop rares sont les occasions de célébrer les transports en commun, ces moyens de transport conviviaux dont le déclin semble avoir été programmé pour le tout-à-l'auto (ce leurre d'évasion embouteillé et pestilentiel).Correspondances (Albin Michel), signé par un collectif d'allumés d'une BD un rien rêveuse et prônant l'oisiveté, Max Cabanes, lean-Louis Tripp, lean-Claude Denis, Dupuy-Berbérian, célèbre évasivement le prolongement du métro toulousain Évasivement parce que le trajet est prétexte à un robinson urbain qui a délaissé sa mégalomanie de promoteur immobilier en béton, à la quête du «cassolet» et au sens du «gros lot» dans la vie.VALENTIN TARDI nucléaires au fur et à mesure de la fin de leur vie utile.La Russie a enfin signé l'accord de Kyoto.Monsanto a interrompu ses recherches sur le blé transgénique.Quarante pays ont un règlement sur l'étiquetage obligatoire des organismes génétiquement modifiés (mais pas nous).Mais il y a en encore pour trouver que les éoliennes défigurent le paysage On veut le beurre et l'argent du beurre.C'est sans doute ce qui causera notre perte.Vous angoissez?C'est contre-productif.Il faut agir et dégommer les politiciens vendus au pétrole, aux banques, aux industries polluantes, etc.Il faut se mobiliser pour renverser la tendance suicidaire du monde actuel.Cesser de surconsommer, réclamer la fin des subventions aux énergies polluantes dont le sacro-saint pétrole.Boycotter Wal-Mart, McDo et tous les autres qui empoisonnent notre vie.S'opposer à l'établissement des grandes surfaces (généralement américaines) qui tuent le commerce local.Sans un virage à 180 degrés et rapidement.nous courons à notre perte.Lucidité: savoir que les choses sont désespérées et/ou désespérantes et agir quand même - alors, peut-être, collectivement et solidairement, pourrons-nous renverser la tendance?Cinquante ans, c'est peu pour refaire le monde.le ne parierais pas un 50 $ là-dessus!!! CLÔDE DE GUISE Les Breastfeeders font une fixation sur le téton garage rock avec ce Déjeuner sur l'herbe (Blow The Fuse/ Fusion III).Dans une optique de mauvaise graine, les textes ramènent tout au ras des pâquerettes -voire même au point de rupture dialectique (amoureux et social).Angle mort et L'existence précède la diesel sont de beaux exemples d'anar-chisme primaire et réconfortant.Quelques adjonctions tels l'orgue Farfisa ou l'harmonica ajoutent encore à leurs multiples registres.Oui, les enfants nourris à même la mère sont pleins de vie ! Balthazar se réclame de la liberté et du voyage en s'intitulant Mi Wolki (La Tribu/ Select).Du russe, qui signifie «nous sommes des loups» (ceux qui n'acceptent pas de vivre en laisse et préfèrent courir la forêt du monde).La chanson éponyme Tchétchène, à l'image du reste du disque, s'aventure en enregistrant une bohème québécoise et dans le sud de la France constellée de quelques rencontres scintillantes au gré des nuits, des complicités -dont un mando-luthiste.Leur folk-ska-rock accompli une gageure en étant tout à la fois énergie brute, expérimentation échevelée et dansante.Les Écoutilles (Prod.Nathalie Derome/ Local) ouvrent un hublot trublion sur le récent spectacle inter-indisciplinaire des Nathalie Derome, Olivier Tardif et amis pour un «joyeux brasse-camarade démocratique».On reproche souvent à la musique actuelle d'être en orbite avec nulle part.Ici, le projet, résolument populaire, allie les aspects directs du punk, du ska, du western et du swing pour y insuffler la liberté de l'expérimentation et de textes incendiaires qui démontrent que les quatre ronds sont toujours incandescents au cœur de nos révolutions.RAMON VITESSE LIVRES J Après l'empire, ou le « Je vous l'avais bien dit » d'Emmanuel Todd Emmanuel Todd Après l'empire bsa a» la decompaalKxi du ^stème amfticain Il est commun d'entendre que, le 2 novembre, les Étasuniens ont élu «l'homme le plus puissant du monde».Emmanuel Todd s'était inscrit en faux contre cette assertion il y a déjà deux ans avec Après l'Empire, essai sur la décomposition du système américain.Le livre ayant fait fureur dans la «vieille Europe», dixit Ronald Rumsfeld, on a décidé de le rééditer.C'est un véritable «)e vous l'avais bien dit» que nous sert l'auteur en postface.Accusant les États-Unis de faire du «micromilitarisme théâtral » en Irak, Todd mitraille: «Attaquer un faible, ce n'est pas se définir de façon convaincante comme fort.» Devant un Kerry et un Bush qui se disputent à savoir qui serait le meilleur commandant en chef, l'auteur annonce que la thèse centrale de son essai se trouve renforcée: « .prétendre rester la puissance indispensable au monde en attaquant des adversaires insignifiants.Le monde n'a pas besoin de cette Amérique-là: militariste, anxieuse, projetant son désordre interne sur la planète.» Cette charge venant d'un intello français, qui avait été un des premiers à prédire l'effondrement du bloc communiste, n'a rien pour le retour des mots french fries sur les menus de la cafétéria du Capitole.Ni pour calmer la plume d'un Mario Roy qui vient d'écrire que la haine des États-Unis a un relent de racisme, « une haine dont le Québec - en compagnie de la France, est-ce un hasard?- est un des plus fiers dépositaires.» (La Presse, 16-10).Et Le Devoir n'est plus en reste depuis que, directement d'Harvard, Christian Rioux y signe une chronique où il se charge régulièrement de passer Français et Québécois à la moulinette.Aux yeux de l'ex-correspondant du Devoir en France, nous aurions le commun défaut d'être «anti-américains».Rioux pourra cogner à son aise sur Todd, puisque c'est ce que sont devenus les Étasuniens qui constitue l'essentiel d'Après l'empire.Il a constaté que, non seulement les États-Unis, mais également les deux autres démocraties les plus anciennes, la France et la Grande-Bretagne, ont tendance à se transformer en système oligarchique.Tableaux comparatifs à l'appui, l'anthropologue démontre avec brio comment la baisse du taux de fécondité et l'alphabétisation est en train de changer la donne dans de nombreux pays.Ont également favorisé leur émergence, une culture laïque et égalitariste provenant de décennies vécus en régime communiste, des structures familiales et des modes de transmission du patrimoine privilégiant l'égalité entre individus.Todd de conclure que la démocratie progresse là où elle était faible, mais régresse là où elle était forte et que ce sont dans des sociétés musulmanes actuellement tiraillées par l'islamisme radical que le progrès est le plus sensible.Elles seraient en phase de transition vers la modernité comme, au début de l'ère industrielle, l'ont été nos sociétés.Dans nos pays dits développés, le système éducatif a un tout autre effet: «L'éducation secondaire et surtout supérieure réintroduisent dans l'organisation mentale et idéologique des sociétés développées la notion d'inégalité.» La démocratie commence donc à s'implanter dans les pays de l'«Eurasie» alors que, dans nos sociétés, elle se transforme en un système de domination inégalitaire.Au moment où le monde découvre la démocratie et apprend à se passer politiquement de l'Amérique, celle-ci tend à perdre ses caractéristiques démocratiques et découvre qu'elle ne peut se passer économiquement du monde.La société américaine serait comparable à celle de la Rome impériale.« La société se polarisa en un couple opposant une plèbe économiquement inutile et une ploutocratie prédatrice.[.] Comme on ne pouvait éliminer la plèbe indocile, mais géographiquement centrale, on finit par la nourrir et la distraire, avec du pain et des jeux.» Dans le monde actuel, «la globalisation n'est pas organisée par un principe de symétrie, mais d'asymétrie, le monde produit pour que l'Amérique consomme.» Tout serait simple si les États-Unis avaient la puissance militaire de Rome.Or, elle ne peut se passer de l'accord des classes dirigeantes de la périphérie.Le système idéologique américain combine universalisme et différentialisme en une totalité.«Le rejet des Indiens et des Noirs a permis de traiter les immigrés irlandais, allemands juifs, italiens en égaux.» C'est comme si le système mental anglo-saxon aurait besoin de la ségrégation des uns pour assimiler les autres.Le choix d'Israël comme allié inconditionnel «est la manifestation la plus visible d'une montée en puissance du différentialisme qui s'exprime autant sur le plan extérieur, par le rejet des Arabes, que sur le plan intérieur, par les difficultés d'intégration des Mexicains ou par la persistante ségrégation des Noirs.Ce qui peut le plus soulever l'ire des Mario Roy et Christian Rioux, c'est lorsque Todd écrit que ce sont les Russes avec leur vingt millions de morts qui, en 1945, ont le plus contribué à libérer l'Europe.Que, déjà, l'armée américaine pratiquait le principe de pertes minimales en faisant le plus possible la guerre du haut des airs.Les sociétés européennes «sont nées du labeur de générations de paysans misérables.Elles ont souffert des siècles durant des habitudes guerrières de leurs classes dirigeantes.Elles n'ont découvert que tardivement la richesse et la paix.» Idem pour le lapon.Todd entrevoit même ce qui aurait été impensable avant l'arrivée de George W: une Russie qui en viendrait à protéger l'Europe contre les États-Unis.Todd l'écrit noir sur blanc : «L'existence d'un équilibre de la terreur nucléaire reste une nécessité, dans l'état d'incertitude où se trouvent l'économie et la société américaines, que cet équilibre soit maintenu par le potentiel russe ou par la mise en place d'une force de dissuasion européenne.» Ouf! Et que deviendrait le Canada dans ce renversement des alliances?Et le Québec qui fait tant déjà saliver les Américains avec son immense potentiel en eau, en or bleu?Allons-nous devenir une nouvelle Finlande?Un second Porto-Rico?Nonobstant ce que pensent les Roy et Rioux, nous avons toutes les raisons de craindre, non seulement ce que font les Américains, mais ce qu'ils sont.CLAUDE G.CHARRON Le Couac, novembre 2004, page 7 Fourrés1 Q l/illuim Reymond uand on voit le nom-, bre de livres ayant George Walker Bush comme sujet principal parus cet automne, on ne peut s'empêcher de penser que plusieurs éditeurs ont fait le pari qu'il serait réélu.Sinon, pourquoi publier tous ces bouquins qui deviendront sans intérêt si Bush est battu le 2 novembre?William Reymond, un journaliste français établi au Texas, est de ceux qui croient que la machine Bush remportera à nouveau la course.Dans Bush Land, 2000-2004, Reymond analyse le fonctionnement de la machine électorale de George Bush, de la campagne pour l'élection de novembre 2000 à celle de sa réélection cette année.L'éditeur nous promet un livre «d'investigation riche en révélations-chocs [.) où après avoir décrypté les mensonges de la Maison Blanche, l'auteur dénonce son aspect le plus troublant: sont installés au cœur du pouvoir des profiteurs de guerre.» Si le contenu de Bush Land est fort intéressant et William Raymond fort bien renseigné, ses fameuses révélations-chocs sont un peu comme celles de Michael Moore dans Farenheit 9/11 : un ensemble de faits déjà bien connus de ceux qui suivent l'évolution de la propagande bushiste depuis l'élection de 2000.L'intérêt du livre est ailleurs.L'auteur rend ici accessible au commun des lecteurs désinformés par les médias de masse, une information qui lui fait défaut.Car s'il est un aspect troublant dans les «révélations» de William Reymond, ce n'est pas tant que les profiteurs de guerre comme Dick Cheney et les pétroliers du Texas sont au cœur du pouvoir militaire.Ces faits sont bien connus.Ce qui devrait nous troubler au plus haut point, c'est le peu d'importance consacrée par les médias à cette scandaleuse corruption aux plus hauts niveaux de l'État le plus armé du monde.L'auteur décrit très bien comment, grâce à Fox News et à tout un réseau de radios et de publications de droite, la machine électorale de Bush, pilotée par Karl Rove, est arrivée à contrôler l'information, de la fraude électorale floridienne de 2000 aux odieux mensonges de la guerre d'Irak, en passant par les profiteurs de guerre aux commandes de l'armée la plus puissante du monde.Bush doit en partie sa victoire au spécialiste des relations publiques Karl Rove, surnommé le «cerveau de George Bush».La technique de Rove est simple, pour ne pas dire simpliste: «il est plus facile de pousser un électeur à ne pas voter pour un adversaire que de le convaincre de la justesse des idées de son propre candidat.» Rove n'hésite pas à lancer toutes sortes de rumeurs: un tel fréquente les prostituées, Al Gore est un menteur, John Kerry est une girouette et un faux héros qui a lui-même exagéré ses exploits pour avoir des médailles de bravoure, etc.C'est un peu beaucoup à cause de lui si les histoires de mœurs ont remplacé les débats d'idées dans la politique étatsunienne.L'équipe Bush a instrumentalisé les attentats du 11 septembre.On peut dire qu'ils sont tombés drôlement à point, ces attentats.On croirait que Ben Laden travaille pour les républicains.Non seulement ont-ils permis d'envahir l'Afghanistan et l'Irak qui étaient déjà dans la mire des Faucons du Pentagone, grâce à un tissu de mensonges relayés sans contre vérification par les médias concentrés, mais il sont arrivés au moment voulu pour empêcher la publication de la vérité à propos des fraudes électorales de la Floride.George Bush a usurpé le pouvoir et les attentats du 11 septembre ont empêché les médias de publier la vérité.La vérité est la première victime de ces attentats.Reymond dresse aussi l'inventaire des alertes multicolores au terrorisme qui, comme par hasard, surgissent toujours au moment où Bush est en difficulté pour monopoliser la Une des journaux à la place de ses problèmes.Reymond présente Bush comme un fin-finaud qui joue l'idiot par électoralisme.Le moron caricatural qu'on voit dans Farenheit 9/11 serait un personnage inventé pour plaire aux millions de crétins fondamentalistes du Bible Belt et du Deep South qui croient que l'univers à été créé en une semaine, il y a quelques milliers d'années, et que l'homosexualité s'attrape dans les écoles laïques.En privé, Bush serait un fin stratège politique au courant de ses dossiers, sachant déléguer les pouvoirs aux bons conseillers tout en se réservant le pouvoir de trancher, au moment de prendre les décisions finales.Dans le film de William Karel, Le monde selon Bush, Norman Mailer déclare: «Nous avons le pire président de l'histoire des États-Unis.Il est ignorant, arrogant, totalement stupide dans tous les domaines sauf un : il a su se faire aimer par une partie importante de la population — la moins intelligente — qui est très contente de lui, car devant l'étendue de sa bêtise, elle peut se dire: "Formidable, si ce crétin peut être Président, pourquoi pas moi?"» Si, comme le suppose Reymond, Bush joue volontairement à l'idiot, c'est qu'au fond il fait la même analyse que Mailer: il faut avoir l'air d'un idiot pour plaire aux crétins.Sinon pourquoi un homme intelligent accepterait-il de passer pour un moron si ce n'était pour accéder au pouvoir?Selon Reymond, si Bush est élu, il réglera ses comptes avec les pays qui ont refusé de participer au crime irakien, à commencer par la France.Bush n'hésitera pas à intervenir unilatéralement partout où il verra une menace pour la sécurité et la prospérité des États-Unis.Si nous sommes tous devenus Américains le 11 septembre 2001, nous serons bientôt tous citoyens de Bush World.Que pourra-t-on alors espérer de Paul Martin, à part l'aplat-ventrisme servile?JACQUES BOUCHARD William Reymond, Bush Land, 2000-2004, Flammarion, Paris 2004 1 Bush, traduction: buisson, broussailles.taillis, brousse, fourré.Le Salon du livre libre Les cogitateurs-agitateurs organisent, du 18 au 22 novembre, un salon du livre libre qui aura lieu au Café L'Utopik 552, rue Sainte-Catherine Est.Le salon du livre libre est un salon du livre où l'on présentera des livres du domaine public et des oeuvres sous licence libre.Il se déroulera en même temps que le Salon du Livre de Montréal.Ce sera l'occasion d'informer le public sur les abus des éditeurs en matière de droits de reproduction, sur les effets néfastes de la concentration des médias, sur l'état actuel des lois sur le droit d'auteur.Ce sera également l'occasion de présenter des alternatives viables pour lutter contre ces problèmes.Enfin, on y lancera aussi deux recueils de textes libres: le premier présentera des textes de référence au sujet des projets «libres», tandis que le second sera un recueil d'oeuvres littéraires.À cette même occasion, une fête sera organisée au même Café l'Utopik pour le lancement de la version 1.0 de Firefox, le navigateur internet libre.Une journée de discussions et de conférences est également prévue.Plus d'info : http://salondulivre-libre.info Poésie transmise radiophoniquement à rémission Des Monstres dans la gorge.Dimanche : 22 h Proposez vos créations : poésie radtophonique parlée, audio, hruitisme sonore, etc.405,3e avenue Québec, Qc 61L 2W2 www.ckri.qc.ca MEDIAS Le Couac, novembre 2004, page 8 Tarte académie DERNIÈRE HEURE : PKP enta rte, aucun détail dans 1 JOURS! Les médias n'ont pas ébruité l'affaire, mais Les Entartistes ont réussi, le 19 octobre dernier, à déposer délicatement une tarte à la crème dans le visage du roi de la convergence, Pierre-Karl Péladeau.Profitant du sous-financement de l'éducation pour s'offrir une publicité à rabais, PKP était à l'UQAM pour distribuer au nom de Québécor Media une cinquantaine de bourses de 1 000 $ chacune à des étudiants «méritants».Il n'en fallait pas plus pour que les Entartistes enregistrent devant public un nouvel épisode de «Tarte Académie», émission durant laquelle le candidat Wilcrème eût l'honneur de décerner la pâtisserie « haute-vitesse » à PKP.Fait pour le moins révélateur de l'influence du monsieur, à part The Gazette qui affichait le lendemain dans ses pages «Business» une photo du magnat crémé, ni La Presse ni même Le Devoir n'ont accepté de publier quoi que ce soit sur cette réjouissance pâtissière.Quant au journal de Montréal, qui a toujours couvert les entailments de manière ostentatoire, il n'en a pas dit mot non plus.On se demande bien pourquoi.En fait, seul l'Infoman de Radio-Canada a bien daigné diffuser le vidéo de l'entartement, le vendredi suivant.Paraît d'ailleurs que les boss de Jean-René Dufort étaient pas mal de bonne humeur.Rappelons que PKP était numéro un, depuis belle lurette, au scrutin d'entartement sur le site des entartistes (www.entartistes.ca).Comme le veut le règlement, son compteur a été remis à zéro.Ne reste sur le site qu'une belle photo et un vidéo de l'entartement que vous pouvez vous passer en boucle, les jours de grisaille, pour retrouver le sourire.Pour expliquer pourquoi ils ont posé ce geste politique à l'endroit de ce pauvre assisté social milliardaire, les Entartistes ont émis un communiqué dans lequel on peut lire que «PKP a réussi en peu de temps à se démarquer de ses concurrents, en détroussant plusieurs milliards de la Caisse de Dépôt et de Placements du Québec pour financer sa convergence, convergence qui se définit par un appauvrissement du paysage médiatique de la province.Pendant que cet empire publie des revues à potins et uniformise la tribune publique, la presse indépendante crève de faim, le métro est pollué par des journaux sans journalistes, et les ondes dites publiques sont parasitées par les fruits obscènes de sa convergence.Le tout avec la bénédiction de nos gouvernements et du CRTC.» Et ils concluent en écrivant: «Les Entartistes continueront de couvrir de crème tous les barons médiatiques, jusqu'à ce que ces derniers versent une partie de leurs ventes à un fonds dédié au financement des médias indépendants.Comme le dit la chanson: Ce n'est pas fini, c'est rien qu'un début.» Un programme que ne peut qu'appuyer Le Couac\ LE COUAC SUCRÉ Intolérance totale la Presse peut rendre violent Lj autre matin (24-9), en sortant La Presse de la boîte aux lettres, i qu'est-ce que je lis en Une : « Le pot d'aujourd'hui peut rendre dément».C'est le genre de propagande prohibi-tionniste d'extrême droite qui donne le goût de frapper le pauvre d'esprit qui a chié ce titre.l'ai fumé un bon joint.Ça m'a calmé.ses propos alarmistes, le journal a choisi exclusivement comme exemples, des jeunes qu'on pourrait qualifier de cas psychiatriques.Le dossier de La Presse est aussi objectif que le serait une étude sur le mariage qui prendrait seulement exemple sur des divorcés qui se sont déchirés en cour, ou sur l'automobile par le biais de ses victimes lourdement handicapées.«Le pot d'aujourd'hui est parfois si concentré en THC (voir encadré) et en substances ajoutées qu'il peut pousser le consommateur à tuer son meilleur ami», écrit Christiane Desjardins.Admirez l'affirmation, le pot « peut » pousser au meurtre.On se demande sur quelle preuve scientifique s'est basée le véhicule publicitaire de la rue Saint-lacques, pour affirmer pareille ânerie.«La Presse d'aujourd'hui est parfois si concentrée en propagande prohibitionniste et en intolérance ajoutée, qu'elle encourage le crime organisé et la violence dans la société», est-on tenté d'écrire.En lisant l'article, on réalise que cette affirmation est basée sur les déclarations d'un meurtrier polytoxicomane.L'assassin, appuyé par son psychiatre, plaide la folie passagère provoquée par l'usage du cannabis quelques jours avant le crime, pour invoquer des circonstances atténuantes et obtenir une réduction de peine.Y'a toute une marge entre le témoignage d'un meurtrier polytoxicomane qui veut sauver sa peau et une preuve formelle.La justice dérape dan-geureusement quand un magistrat base son jugement sur les fabulations d'un meurtrier poly-intoxiqué racontées en cour par psychiatre interposé.Et que dire de la crédibilité d'un journal qui exploite le témoignage d'un assassin pour soutenir sa propagande prohibitionniste, tout en prétendant à l'objectivité journalistique?Samedi et dimanche 9 et 10 octobre, La Presse poussait plus loin dans la propagande prohibitionniste, en publiait un Dossier sur Les ravages du pot.L'intention de La Presse est de démontrer que la consommation de cannabis dérègle le comportement de plusieurs jeunes.Pour appuyer Overdose de pot Le cannabis n'est pas toxique.Un homme de 70 Kg devrait manger 5 Kg de haschih à haute teneur en THC pour s'empoisonner, soit environ 5 000 fois la dose qu'il faut pour être «gelé comme une binne».Quand on parle d'«overdose» de cannabis, on décrit en fait l'apparition de réactions inattendues.On devrait parler d'ivresse.Québécois, comme la majorité des citoyens des pays industrialisés un hénau-rme problème de prohibition La prohibition engendre le trafic et le terrorisme dans les pays du tiers-monde.Grâce à la prohibition, les organisations criminelles se sont multipliées dans les pays industrialisés, et les prisons sont remplies de pauvres et de minorités raciales.La violence n'est pas causée par la consommation de pot, comme les prohibi- Intolérance totale MriflONepàtxiéHé Il est bien mentionné quelque part que seule une petite minorité d'adolescents reste accro après la vingtaine, mais les articles présentent des portraits de jeunes qui sont troublés par autre chose que le cannabis.Ces enfants consomment abusivement parce qu'ils ont des problèmes socio-affectifs, et non pas le contraire ! Ils cherchent à s'évader, à être reconnus par leurs amis ou à se rebeller contre un ordre établi qu'ils ne comprennent pas.L'abus de cannabis n'est qu'un exemple - parmi d'autres - de comportement autodestructeurs qui sont révélateurs de la détresse psychologique et sociale de ces jeunes.Pourquoi La Presse n'a-t-elle pas tenté de comprendre la détresse de ces jeunes, plutôt que d'en profiter pour démoniser encore le cannabis?Une seule statistique de ce dossier est intéressante : aux Pays-bas, où le cannabis est en vente contrôlée dans des coffee shop interdits aux mineurs, deux fois moins de jeunes fument qu'au Québec Les Québécois n'ont pas de problème avec le pot, ils ont des problèmes avec la justice et le crime organisé.Les L'expression «tolérance zéro» est un oxymoron inventé par des spécialistes en novlangue dans le but d'utiliser le mot tolérance pour exprimer son contraire.«Tolérance zéro» signifie «intolérance totale».Les experts en propagande savent bien que si l'expression « intolérance totale » était prononcée et publiée aussi souvent que l'est «tolérance zéro»: le programme serait massivement rejeté par la population.tionnistes tentent de le faire croire, mais par le commerce illégal engendré par la prohibition.Les ravages de la prohibition sont bien connus.Les médias prohibition-nistes cherchent tellement à tromper la population, que même le mot prohibition est soigneusement occulté.Les lois prohibitionnistes sont immorales et antidémocratiques.La propagande prohibitionniste nourrit l'intolérance et la prohibition engendre la violence.La Presse rend violent ! JEAN-MARIE LALIBERTÉ Le Pot à l'Urgence Se basant sur un rapport d'étude alarmiste d'un groupe prohibitionniste, John Walters, le tsar de la drogue aux États-Unis, accuse le pot canadien «à haute teneur en THC» d'être responsable de l'augmentation du nombre de patients admis aux urgences des hôpitaux.Walters a comparé le pot canadien au crack.Il a déclaré: « Le nombre de cas reliés à la marijuana augmente de façon alarmante dans les urgences, il dépasse même ceux reliés à l'héroïne.Cette étude contribue à dissiper le mythe largement répandu que la marijuana est inoffensive» (Detroit News 23-8-03 et La Presse 20-09).Voilà encore un grossier mensonge prohibitionniste.Le DAWN (Drug Abuse Warning Network) a enregistré tous les cas où un patient admis à l'urgence a « mentionné» le mot marijuana.Vous êtes admis pour une appendicite aigûe et vous admettez fumer un joint de temps en temps: cas «relié» à la marijuana.Vous êtes victime d'un attentat terroriste et vous admettez avoir fumé un joint quelques jours avant: symptômes typiques d'un cas «relié» à la marijuana canadienne super puissante.Wtf- U (tycHAMlysie.: aim Grève à la SAQ La population encore prise en otage! Les transports en commun, passe encore.Mais pas d'alcool pendant la période des fêtes?C'est un plan pour provoquer des émeutes.MUSIRONIE samedi 17h 101,5 FM
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