Le couac, 1 juin 2006, juin
CERTIFICATS DE SECURITE Les quatre détenus dont on ignore la faute sont transférés dans ce que l'on appelle déjà le «Guantanamo du Nord».Page 4 ELOGE DE LA RICHESSE Avis aux constipés : Alain Dubuc sort un nouveau remède gluant de complaisance et d ' auto-congratulation Page 7 www.lecouac.org LE C OUAC Vol.IX No IX JUIN 2006 3,50 $ Enquête Winston-Smith — Le Couac Les Québécois veulent Youppi LE CERCLE DE ZOOLOGIE POLITIQUE WINSTON-SMITH cercle.winston.smith@gmail.com Un parti dirigé par Youppi et le maréchal Pétain écraserait le PQ et le PLQ La moitié des Québécois souhaitent le retour de Youppi en politique.Ils seraient même prêts à l'appuyer massivement s'il formait avec le maréchal Pétain, un nouveau parti politique, laissant loin derrière péquistes et libéraux.Le Cercle de zoologie politique Winston-Smith a terminé récemment une vaste étude de la faune québécoise afin de déterminer quel animal politique serait le plus apte à dominer le règne animal Québécois.Contrairement aux résultats anticipés, ce n'est pas le Couillon ou le Boisclairien qui reçoivent instinctivement l'appui des Québécois, mais bel et bien le poilu Youppi et feu le cadavre du maréchal Pétain.Si des élections avaient lieu maintenant, un parti formé de ce dynamique duo passerait littéralement la Zamboni sur le Québec avec 97% des voix (puisque 3% des gens doutent encore des capacités d'un cadavre à dominer la société).Selon le zoologue et motivateur Jean-Marc Chaput, il faut y voir l'émergence d'une éventuelle troisième voie politiquement incorrecte au Québec.«Les gens cherchent ailleurs.La voie alternative d'un parti ruminant québécois incarné par Youppi et le maréchal Pétain a de l'effet.C'est le courant velu et collabo mort que, seul dans un caveau en France, le maréchal Pétain ne réussirait pas à incarner.Mais avec Youppi, le tandem ramasse le Québec au complet», fait valoir M.Chaput.son travail comme ex-député de Verdun et sa célèbre formule «Travail, Famille, Youppi».Méthodologie «L'Idée de Youppi avait fait l'unanimité au sein du Cercle de zoologie politique Winston-Smith», a dit Jean-Marc Chaput.«Nous avons demandé une première fois à notre échantillon ce qu'il pensait de Youppi.Nous avions devant nous des regards de merlan frit.Nous avons alors pensé ajouter le nom du maréchal Pétain.Après trois heures d'explications sur les qualités respectives des membres du tandem énergique, Ce n'est pas le Couillon ou le Boisclairien qui reçoivent instinctivement l'appui des Québécois, mais bel et bien le poilu Youppi et feu le cadavre du maréchal Pétain.«C'est le courant velu et collabo mort que, seul dans un caveau en France, le maréchal Pétain ne réussirait pas à incarner.Mais avec Youppi, le tandem ramasse le Québec au complet», fait valoir Jean-Marc Chaput.Du changement L'enthousiasme soulevé par un éventuel retour de Youppi à l'avant-scène se vérifie dans toutes les régions du Québec, tant dans la faune que dans la flore, tant dans le monde aquatique que sur la terre ferme.Et même si le maréchal Pétain est mort en 1951, sa candidature est souhaitée tant par les animaux en putréfaction que les embryons en devenir.Selon l'analyse de Jean-Marc Chaput, la population recherche un leader avec du poil, du coffre, de l'orangé et la capacité de lancer une fastball.En plus d'être un pont entre le baseball et le hockey, Youppi correspond au type de leader que veulent les Québécois, croit M.Chaput.«Il est perçu comme un gagnant malgré le lock-out de 1994», ajoute-t-il.A 27 ans, M.Youppi demeure un homme public qui ne laisse pas indifférent.Il préside les snacks bars du forum, et a vécu récemment les tourments d'un conflit de travail et d'un déménagement.Quant au maréchal Pétain, il a collaboré, avec plusieurs autres personnes, au sein du régime de Vichy.On le connaît surtout pour trois tournées générales et une série de promesses d'emplois au sein du gouvernement Youppi-Pétain, une sympathie suprenante pour les futurs leaders hypothétiques du Québec a pris forme.Le consensus a d'ailleurs surpris l'ensemble des membres du Cercle, qui ne s'attendaient pas à ce que cette hypothèse toute innocente suscite tant d'appui populaire.«Cette méthodologie sans faille nous permet d'affirmer aujourd'hui que les Québécois veulent Youppi.Quant aux Québécoises, je ne sais toujours pas ce qu'elles veulent», affirme Jean-Marc Chaput.Joint par téléphone hier après-midi, Youppi a refusé de commenter les résultats de cette étude, soulignant que le faire, «c'est déjà entrer dans l'aréna politique.Pour moi, c'est clair, l'habit est définitivement zippé».FICTION POLITIQUE Le retour du boiteux V ¦ A lire en page 8 Chers lecteurs et lectrices du Couac, écoutez bien et regardez moi fixement dans les yeux.50% d'entre vous veulent Lucien Bouchard.70% d'entre vous aiment Harper.40% d'entre vous trouvent Bernard Derôme espiègle.45% d'entre vous lisent le Couac Befc\T>oC.H6 oi.Éditorial de Claude Rioux en page 8 La fabrication Il paraît que Chomsky va sortir un nouvel essai qui s'intitulera Manufacturing Lulu (à prononcer «loulou» parce ce que c'est un Étasunien).Réchauffement planétaire Halliburton veille sur les têtes dirigeantes BRUNO DUBUC Les dirigeants d'entreprise n'ont plus à craindre les catastrophes climatiques découlant du réchauffement planétaire.C'est du moins ce qu'affirme l'entreprise américaine Halliburton qui vient de mettre au point les SurvivaBalls™, sorte de scaphandres autonomes destinés à assurer la sécurité des hauts responsables lors d'éventuelles crises planétaires.Prenant la parole à la conférence « Catastrophic Loss» qui s'est tenue les 8 et 9 mai à l'hôtel Ritz Carlton de Amelia Island, en Floride, Fred Wolf, un représentant de Halliburton, a déclaré que cette nouvelle technologie était la seule réponse rationnelle aux changements climatiques.Résumant les nombreuses études scientifiques qui prédisent une augmentation des ouragans, des inondations, des sécheresses et autres désastres climatiques attribuables au réchauffement climatique, M.Wolf a rappelé l'injonction des scientifiques à réduire de 70% nos émissions de gaz à effet de serre dans les années à venir.Devant un public attentif et préoccupé de gens d'affaires des compagnies d'assurance, M.Wolf s'est cependant empressé d'ajouter que cette option n'était évidemment pas envisageable puisqu'elle affecterait de façon significative le profit des grandes entreprises.Pour lui et son collègue, le Dr Northrop Goody, chef de la division du développement des produits d'urgence chez Halliburton, il faut plutôt intégrer les désastres écologiques dans nos plans d'affaire et se tourner vers des solutions d'avant-garde, comme les SurvivaBalls™.Avec force de diagrammes et d'animation vidéo, le Dr Goody à démontré les multiples fonctions des SurvivaBalls™ avant d'enfiler devant un public impressionné une maquette de la fameuse bulle pro- tectrice.«It's essentially a gated community for one», commentait en anglais le chercheur en faisant allusion à ces quartiers américains sécurisés où l'on ne peut accéder que par un portail gardé.Ainsi protégé non seulement des assauts climatiques mais de tous les débordements sociaux qui en découlent, les dirigeants d'entreprises seront en mesure de poursuivre leur mission en toute sécurité.«Comme la peste noire a mené à la Renaissance et le Déluge à la suprématie de Noé sur les autres animaux, les catastrophes de demain pourraient bien être VOIR PAGE 8: HALLIBURTON 006538528211309 î Sgaig IB Le Couac, juin 2006, page 2 On allonge un peu la laisse.Suite à l'article Charkaoui face à la machine paru dans nos pages le mois dernier, nous publions la décision prise par la Cour fédérale quant à l'assouplissement des conditions de libération d'Adil Charkaoui.-11 peut entrer seul dans le jardin derrière le bloc d'appartements qu'il habite (avant, il ne pouvait y aller qu'accompagné, comme partout à l'extérieur de son logement).- Il doit respecter un couvre-feu de 22 h à 7 h (au lieu de 20 h 30 à 8 h).- Il pourra aller écouter les audiences de la Cour suprême concernant la constitutionnalité des certificats de sécurité en juin prochain (c'est là une exception à son obligation de rester sur l'île de Montréal).Les autres conditions (nombreuses) demeurent telles quelles.ISABELLE BAEZ COURRIER DES LECTEURS En tant que jeune producteur de foie gras traditionnel, je vous envoie ce texte fort intéressant.Il provient de l'union paysanne.Il nous explique clairement les conséquences du confinement obligatoire sur le terroir québécois.Brillât Savarin disait «La destinée des nations dépend de la manière dont elles se nouris-sent».Martin Coulombe Grippe aviaire - M.le ministre, la paysannerie ne veut pas de votre argent ! Sous prétexte de nous préserver de la grippe aviaire, le ministère de l'Agriculture (MAPAQ) a lancé une véritable chasse aux sorcières face aux petits éleveurs de volailles.Depuis novembre dernier, le MAPAQ a ordonné le confinement complet des volailles, créant un tort considérable à notre terroir et aux éleveurs biologiques, pour qui l'accès au grand air des oiseaux est une exigence majeure pour la santé des volailles.D'autre part, le MAPAQ ne semble nullement se soucier de santé humaine puisqu'il mentionne clairement dans son site Internet de même que dans la lettre envoyée aux éleveurs son souci de «protéger les exportations».Or, s'il s'agissait réellement de protéger la santé humaine, le gouvernement devrait plutôt revoir les pratiques d'élevage industriel où les volailles sont concentrées en grande densité, nourries avec des antibiotiques de façon abusive et préventive, voire avec du fumier et des déchets.Actuellement, tout semble indiquer que la propagation de la maladie suit plutôt les voies de transport industriel des volailles et de nourriture et non les voies migratoires des oiseaux sauvages.Tandis que le ministre propose un programme d'aide financière de 1,7 millions qui ressemble plus à une subvention pour confiner nos oiseaux à jamais, nous lui recommandons plutôt de chercher pourquoi le Québec est un des seuls endroits dans toutes les Amériques à avoir un confinement qui détruit sa campagne.À qui profite le crime?Pour l'Union paysanne, il est clair que la santé humaine et animale passe d'abord et avant tout par des pratiques dévelop- pant le système immunitaire des oiseaux et la diversité.L'Union paysanne demande au gouvernement de lever le confinement 1 des oiseaux et d'enquêter sur les véritables causes de la propagation de la maladie.Une vie d'usine moins longue, enfin.Le confrère président de la FTQ, Henri Massé, mentionnait lors de son discours du 1er Mai que 25,000 emplois avaient été perdus dans le textile depuis un an à cause des faibles salaires des ouvriers chinois.À ce que j'ai compris d'une autre déclaration d'un économiste réputé, la transformation (plus ou moins volontaire mais fort légitime pour réduire leur pauvreté) de millions de paysans pauvres de Chine en ouvriers plus productifs aurait permis de réduire de 300.00 $ par année le coût de la vie élevé des familles au Canada et au Québec à cause des réductions de prix.Réussite prometteuse pour un pays se réclamant du «socialisme de marché», concept nouveau et controversé dans le domaine théorique et pratique de cette forme de gouvernement.Pourquoi ne pas transformer une partie de ce 300.00 $ par une taxe spéciale, en pensions disponibles pour les plus âgés des ouvriers québécois dont les usines sont fermées au nom de la productivité chinoise afin de rétablir un certain équilibre envers ces salariés de nos pays, tout autant producteurs de richesse?Expliquée ainsi, une taxe nouvelle s'attirerait sans doute la sympathie de la population, tout autant majoritairement salariée que ces ouvriers laissés pour compte à cause des fermetures d'usine Guy Roy Contre ces « missions de guerre pour faire la paix» Lors de sa visite en Afghanistan, M.Harper a souligné que les missions de paix ne sont plus ce qu'elles étaient.Ce ne sont plus des missions collectives de paix sous l'égide l'ONU, mais des actions offensives et guerrières, voire des attaques préventives contre le «terrorisme» dit agresseur ou menaçant où qu'il soit.Pour contrer l'insécurité économique et/ou politique, le principe de la responsabilité de protection partout dans le monde constitue, au Canada, le cadre des « missions de guerre pour faire la paix» (Le Devoir, 18 mars 2006.B3).C'est un changement de mandat que les Canadiens-Québécois et les Canadiennes-Québécoises n'ont ni discuté, ni voté.La collectif «Échec à la guerre» qui regroupe plus de soixante-dix groupes et associations, dénonce cette orientation militaire du Canada.Comme le réclament les partis d'opposition d'Ottawa de même que Québec Solidaire, il faut un débat démocratique sur le rôle du Canada dans ces conflits armés, sur les dépenses d'équipements militaires de 5,3 milliards de dollars en cinq ans et aussi sur la participation du Canada au bouclier anti-missile.Du côté de la société civile, les mouvements Peace Tax Fund fondé en 1978 et incorporé en 1983 sous le nom de Conscience Canada (CC) de même que Nos impôts pour la paix(NlPP) fondé en 1987 se définissent comme des objecteurs de conscience fiscale, forme moderne de l'objection de conscience traditionnelle.Refusant d'être complices de cette course aux armements et de ces guerres, les membres demandent de consacrer la part militaire de leurs impôts à financer des moyens non militaires et non violents d'assurer plus efficacement et durablement la protection, la sécurité et la paix au Canada-Québec et dans le monde.Pour ceux-ci, il ne s'agit pas de se replier mais plutôt d'explorer et de développer de nouvelles manières alternatives de prévenir et de résoudre ces nouveaux types de conflits, de même que de construire et de maintenir la paix par des moyens non militaires.Pour en savoir plus et s'impliquer, outre le Collectif « Échec à la guerre » : www.nipp.ca nipp@nipp.ca www.consciencecanada.ca con-sciencecanada@shaw.ca André Vidricaire Écrivez-nous ! Le Couac publie les courts commentaires de ses lecteurs.Le courrier électronique demeure la meilleure façon de nous joindre (texte@lecouac.org).Sinon, envoyez une disquette par courrier postal : Le Couac, CP.222 Suce.D, Montréal (Québec) H3K 3G5.Démagogie 101 Pour refuser de répondre à une question, les hommes et femmes politiques invoquent souvent le fait que la question est hypothétique: elle demande de dire ce qu'ils ou elles feraient si.Pourtant, toutes leurs campagnes électorales sont, par définition, fondées sur un raisonnement hypothétique: si je suis élu(e), alors.Comprenne qui peut.Trait de caractère Si André Boisclair est aussi mou au lit qu'en politique, c'est une bonne chose qu'il ne parle pas trop fort de sa gaytitude! UN PUR ET DUR -PLOGUES À voir: le dernier cabaret des Zapartistes ! Les Zapartistes, convaincus que la résistance s'orchestre mieux dans le rire, mordent plus que jamais dans l'actualité politique avec leur spectacle en cours intitulé «Les invasions lucides».Ceux qui doutent encore que le «manifeste des lucides» est l'un des grands textes humoristiques de l'histoire du Québec devraient aller au Lion d'Or, 1676, Ontario est, à Montréal les 7 et 8 juin prochains.Quand l'idéologie néolibérale est devenue une religion, on ne s'étonne pas que Lulu en soit son vicaire.Billets 20$ (incluant les taxes).Ouverture des portes 19h30, début du spectacle: 20h30.Pour réservations: (514) 282-0911 ou en ligne sur le site Internet des Zapartistes au www.leszapartistes.com POUR S'ABONNER Par téléphone: (514) 596-1017 Par la poste : Le Couac CP.222 Suce.D, MONTRÉAL (Québec) H3K 3G5 Adressez votre chèque à : Le Couac.• Abonnement d'un an : 30,42$-(-taxes = 35,00$ • Abonnement de deux ans: 52,15$ + taxes = 60,00$ • Abonnement institutionnel et de soutien: 52,15$ + taxes = 60,00$ • Abonnement de groupe d'un an (10 copies par parution): 225,98$ + taxes = 260,00$ • Abonnement d'un an à l'étranger: 43,46$ + taxes = 50,00$ Nom Adresse Code postal Courriel_ .Téléphone Le Couac c.p.222 suce.D, Montréal, Québec, H3K 3G5 Téléphone : (514) 596-1017 Vous voulez collaborer au Couac?Vous pouvez nous faire parvenir vos textes/dessins/photomontages par courriel, via notre site Internet: www.lecouac.org.Fondé en 1997 par Pierre de Bellefeuille et Jean-François Nadeau «Vice-président à l'information et éditeur adjoint» : David Ledoyen Co-Rédacteurs en chef: Bruno Dubuc, David Ledoyen, Simon Tremblay-Pepin Collaborateurs: Isabelle Baez, Normand Baillargeon, Pierre de Bellefeuille, lacques Bouchard, Marc Bouchard, Claude G.Charron, Richard Gervais, Claire Jacques, F.K.A., Yvon D.Ranger, Claude Rioux, Michel Rioux, Alain Saint-Pierre, Valentin Tardi, Pierre Vadeboncoeur, Jeannine Valois, Ramon Vitesse, Le cercle de zoologie politique Winston-Smith.Illustrations et photos : Bobidoche, Boris, Charb, Luc Giard, Serge Ferrand, Sniper, Marco Silvestro, Richard Suicide, Ramon Vitesse.Graphisme : France Mercier Imprimé par: les travailleurs et travailleuses syndiqué-es de Payette et Simms inc.Distribué par: Messageries de Presse Benjamin Inc.Nous remercions chaleureusement Charlie Hebdo pour sa collaboration.Abonnement et publicité: lecouac(« vif.com (514) 596-I0I7.ISSN 1480-2074 • N" de publication (Poste Canada) 1213369 Imprimé au Québec Si if NATIONAL 0 Canada ! Terre de leurs aïeux ^'ien sûr, madame Lysiane Gacnon, qui a ses entrées dans ce beau monde, l'affirme péremptoirement.« (e ne crois pas qu'il s'agisse d'une opération planifiée de propagande fédéraliste, même si tel est effectivement le résultat objectif de cette entreprise.Il n'y a sûrement pas eu de direction politique dans ce fatras », écrit-elle en commentant la fumeuse réforme de l'enseignement de l'histoire dévoilée par Le Devoir voilà quelque temps.Bien sûr que non, chère madame.La preuve en est que la semaine suivant cette révélation du Devoir, la Fondation Pierre-Elliott-Trudeau* remettait une bourse de 225 000 $ au professeur locelyn Létourneau, titulaire de la chaire de recherche du Canada en histoire de l'Université Laval.Et, de son propre aveu, père spirituel en quelque sorte de cette réforme dont le ministre responsable dira n'en avoir jamais entendu parler.Cette réforme, dans laquelle le Québec est pudiquement désigné comme « la société dans laquelle évolue l'apprenant », prétend jeter les bases de l'enseignement de notre histoire nationale.Pourtant, si elle venait à être appliquée, l'apprenant en question n'apprendrait rien de la déportation des Acadiens, de l'Acte de Québec, des Rébellions de 1837-1838, de l'Acte d'Union, de la Crise de la conscription, ni des référendums de 1980, 1992 et 1995.L'apprenant n'apprendrait pas non plus que la fédération canadienne formée en 1867 le fut sans que le Québec soit consulté.L'apprenant n'apprendrait pas non plus que Meech n'est pas qu'un lac.Curieux apprentissage que celui-là, alors que la Conquête de 1760 serait présentée comme «l'accession à la démocratie dans la colonie britannique».Une chance qu'on a eu les Anglais, comme le disait une ministre libérale aux dernières élections ! Mais comme à toute chose malheur est bon, cet épisode nous a permis d'en apprendre des vertes et des pas mûres sur ces questions du nation building Canadian.Plutôt rouges que vertes, d'ailleurs.Ainsi en est-il de la fondation Historica, une branche de la famille Bronfman.Un chercheur de l'UQAM en révélait les activités dans Le Devoir du 8 mai.Les Minutes du patrimoine, produites par cette fondation et diffusées à la télévision, ont coûté plus de 15 millions $.En 2004, Historica a dépensé plus de 6 millions dans ses divers programmes.«Historica s'est donné d'imposants moyens de diffuser son récit de l'histoire canadienne dans toutes les écoles du pays.La plupart des acteurs du monde de l'éducation sont visés par l'un ou l'autre des programmes, que ce soit les professeurs aux niveaux primaire et secondaire, les élèves eux-mêmes, les historiens, les didacticiens de l'histoire et, en fin de compte, la totalité de la nation canadienne», écrit Alexandre Lanoix.Le )ourna\ de Montréal, de son côté, rappelait à notre mémoire, celle-là même qui a la fâcheuse habitude de s'oublier, l'existence de la «trousse pédagogique» fabriquée il y a neuf ans par les services de Sheila Copps.« Présentée dans un élégant boîtier, la trousse comportait un guide de l'enseignant, un disque compact, une bande vidéo, une cassette, un cahier pour les élèves, une centaine de drapeaux autocollants et un message de Jean Chrétien», rappelle le journaliste Laurent Soumis, qui ajoute que la trousse, payée par les fonds publics et destinée aux 16 500 écoles du pays a nécessité le concours de six maisons de production, dix organismes, 12 ministères et plus d'une quarantaine de spécialistes.Comment dites-vous.?Dire que madame Copps a qualifié de «propagande soviétique» le livre Parlons de souveraineté à l'école, vendu, lui, en librairie! Et elle l'a fait dans une chronique qui paraît dans le journal de Montréal, qui lui offre ses pages avec complaisance.MICHEL RIOUX * Siègent au conseil d'administration de cette Fondation, entre autres, Roy Heenan, avocat antisyndical s'il en fut et chez qui Trudeau s'est réfugié après avoir quitté la politique ; Paul Desmarais fils, de Power Corp ; Bill Davis, ex-premier ministre de l'Ontario et principal allié de Trudeau lors du rapatriement de la constitution ; Robert Lacroix, ex-recteur de l'Université de Montréal, ami du CN et de sa gare de triage et Marc Lalonde, exécuteur des basses œuvres de l'autre.Tous connus comme de fieffés séparatistes, comme on le sait.Le Couac, juin 2006, page 3 Harper, un clone de l'affreux Bush Le pénible incident Abdou Diouf a confirmé ce qui devenait déjà évident: Harper n'est qu'un clone de George W.Bush.Il partage avec le maître de la Maison blanche l'obsession de la sécurité, qui permet de violer les droits humains et les règles de la diplomatie.Il partage aussi le culte de la guerre, à laquelle le Canada participe en Afghanistan.Il gonfle au delà de toute raison nos dépenses militaires.Esclave des grandes entreprises, il dénonce les accords de Kyoto sur les gaz à effet de serre, sans égard aux conséquences désastreuses: réchauffement de la planète, fonte des glaciers, inondations.L'affaire Diouf comporte au moins deux volets.Premier affront: ancien président du Sénégal, pays ami, actuel secrétaire général de l'Organisation internationale de la Francophonie, dont le Canada est membre, Abdou Diouf, évidemment muni d'un passeport diplomatique, a quand même été fouillé sans ménagements à son arrivée à l'aéroport de Toronto.Deuxième affront : son rendez-vous avec Harper a été annulé à la dernière minute, sans explication.À Ottawa, le député libéral Denis Coderre, qui a été ministre de la Francophonie sous Paul Martin, affirme que M.Diouf a en outre été insulté par une agente de sécurité à l'aéroport de Toronto.Insistant pour qu'il se soumette à la fouille, celle-ci a menacé de le renvoyer en avion, en lui disant que « même s'il s'appelait Jacques Chirac, il subirait le même sort».Il partage avec le maître de la Maison blanche l'obsession de la sécurité, qui permet de violer les droits humains et les règles de la diplomatie.Parlant d'une «vague d'indignation qui enfle dans le monde», le ministre sénégalais des Affaires étrangères, Cheikh Tidiane Gadio a réclamé des excuses publiques de la part du premier ministre du Canada.Harper a refusé de le faire, de même que sa ministre de la Francophonie, Josée Verner.Celle-ci a parlé plutôt de «regret».Elle n'a pas expliqué pourquoi elle n'est pas allée à Toronto afin d'accueillir le visiteur de marque qui a rang de chef d'État.L'opposition réclame sa démission et celle de Peter MacKay, ministre des Affaires extérieures.Le flirt électoraliste de Harper avec Jean Charest ne doit pas nous endormir.Le prétendu «accord» sur l'Unesco ne représente aucunement une participation autonome du Québec aux délibérations de cet organisme.La réalité, c'est que le nouveau gouvernement à Ottawa subit une forte influence alber-taine et une aussi forte influence de la Maison blanche.Un sentiment francophile ou québécophile ne fait pas partie de ces influences.PIERRE DE BELLEFEUILLE Cheval de ïïoie version québécoise Dans le débat concernant le programme d'études en histoire, on apprend que le ministre Fournier n'a pas lu le projet.À mesure que nous sont dévoilés d'autres éléments au dossier, on peut dire que nous avons affaire ici à une version québécoise du Cheval de Troie.C'est depuis le référendum de 1995 qu'Ottawa construit ce cheval.À nos portes et sous notre nez.Trousses d'histoire et autres gadgets de propagande sont les éléments de sa carapace.Tant que tout restait au seuil de la classe, cela était relativement grave, mais ça le devient beaucoup quand le programme d'histoire du Québec émanant du ministère de l'Éducation laisse toute la place à ceux-là mêmes qui nient notre existence comme peuple.Après consultation, le ministère aurait donc laissé tomber les dates importantes qui jalonnent notre histoire.Un des «consultés», Jocelyn Létourneau, a salué « l'ambition générale du projet d'en finir avec l'espèce de vision misérabiliste qui perdure dans la vision historique des Québécois.» Il faut savoir qui est ce professeur Létourneau.Titulaire de la Chaire de recherche du Canada en histoire et économie du Québec, il travaille une étude sur Le soi et l'autre-, l'énonciation de l'identité dans les contextes intercultureb, subventionnée par le Conseil de recherche en sciences humaines du Canada.Résultat: «le misérabilisme exacerbé des Québécois» Ses «judicieux conseils» serviront donc à corriger ce «pervers penchant».Et l'activiste de s'enthousiasmer: «Amener les élèves à prendre conscience de ces mythistoires, à les critiquer aussi et à découvrir leur limite comme cadre de compréhension du passé, est un objectif auquel je souscris.» (Le Devoir, 1er mai 2006) Souscription payante en espèces résonnantes: Létourneau vient de bénéficier d'une bourse de 225 000 $ provenant de la fondation Pierre-Elliott Trudeau, le prix le plus important du genre au Canada qui récompense les lauréats pour leur érudition et leur sagesse.La sagesse consiste ici à apprendre aux petits Québécois à entrer dans le rang.À ne plus déranger le reste du Canada avec toutes ces «mythistoires» que La sagesse consiste ici à (.] ne plus déranger le reste du Canada avec toutes ces « mythistoires » que sont la pendaison des Patriotes et l'emprisonnement sans raison d'un demi-millier de personnes lors de la crise d'octobre 1970.sont la pendaison des Patriotes et l'emprisonnement sans raison d'un demi-millier de personnes lors de la crise d'octobre 1970.À l'Assemblée nationale, Jean-Marc Fournier a déclaré qu'il était hors de question que le ministre fasse du dirigisme et que ce soit le gouvernement du Québec qui écrive l'histoire.« Il y a des spécialistes pour faire ça», a-t-il ajouté, pour ensuite pointer l'opposition en brandissant le guide Parlons de la souveraineté à l'école, « Vous autres, vous avez les vôtres, hein?Vous autres, vous avez vos spécialistes à vous autres.On les rejette, ceux-là.Ce n'est pas ça, l'histoire.» On peut comprendre que le PLQ ait actuellement intérêt à soutenir le projet et laisser le cheval entrer dans nos écoles.Quoi de mieux que ce programme d'histoire qui fait abstraction de conflits entre anglophones et francophones ! Et comme la nature a horreur du vide, on peut prévoir que Patrimoine Canada sera encore moins gêné de fournir aux écoles le matériel nécessaire à la compréhension des grands événements de notre commune histoire.Et pour expliquer la bataille des Plaines d'Abraham de 1759, quoi de mieux que de suggérer aux profs d'installer sur le lecteur DVD de la classe Le sort de l'Amérique, un documentaire produit par l'ONF, réalisé par Jacques Godbout et mettant en vedette René-Daniel Dubois, deux intellectuels ce qu'il a de plus «sûrs» idéologiquement.Le film date de 1996, en pleine ère péquiste.Une scène nous montre le duo dans les bureaux du Ministère de l'éducation.Godbout demande à parler aux responsables du programme d'histoire.Personne n'étant en mesure de leur répondre, les deux compères se dirigent eux-mêmes vers le Département d'histoire et se retrouvent dans une salle désaffectée.Pas un chat.«C'est le Département d'histoire», dit Dubois.«Au moins, on surplombe les plaines d'Abraham», réplique Godbout.Ainsi donc, les souverainistes avaient beau être au pouvoir, ils dormaient au gaz et laissaient tout le temps qu'il fallait à Ottawa pour construire son beau grand cheval.Le PLQ n'est plus le parti autonomiste de Lesage et son intérêt est d'ouvrir toutes grandes les portes et laisser le cheval Ottawa s'installer à demeure au cœur de notre système scolaire.CLAUDE G.CHARRON, RICHARD GERVAIS, CLAIRE JACQUES ET JEANNINE VALOIS NATIONAL Le Couac, juin 2006, page 4 Le bonheur est dans le pré ou quand la justice est dans le champ Le 24 avril dernier, les hommes les plus dangereux du Canada ont été transférés de leurs geôles respectives à Bath, près de Kingston en Ontario, dans l'enceinte du centre de détention à sécurité maximale de Millhaven.Ces hommes s'appellent Mohamed Harkat, Mohammad Mahjoub, Hassan Almrei et Mahmoud laballah.Pourquoi sont-ils si dangereux?Mais parce qu'ils sont détenus sous un certificat de sécurité.Pourquoi?Mais parce qu'ils sont dangereux, je vous l'ai dit ! 11 faut me croire sur parole.Aucune preuve n'ayant été rendue publique, il faut avoir la foi, c'est tout.Il fut un temps où on demandait des faits tangibles pour pouvoir incarcérer et où existait la présomption d'innocence.En tout cas, c'est ce qu'on enseigne aux futurs juristes.La formation pourrait à présent être largement écourtée: suffit de croire.Ces hommes dangereux, donc, se sont vus offrir de beaux locaux tous neufs, construits juste pour eux.Le nouveau Centre de surveillance de l'immigration dispose de six cellules.Il en reste encore deux de libres, car les terroristes sont partout de nos jours, comme Dieu l'était dans le petit catéchisme.11 faut dire que l'endroit fait rêver, Millhaven signifiant Le refuge (ou le havre) du moulin.Ah, le calme enchanteur de la campagne.En tout cas, pour Laurie Gillmore, relation-niste à l'Agence des services frontaliers du Canada et que Le Couac a jointe par téléphone, les prisonniers seront beaucoup plus heureux là-bas.Elle nous a dressé une liste des avantages dont ils vont bénéficier: 1 - des rencontres avec leur famille (c'est sûr, à Bath, ils s'en sont éloigné considérablement) 2 - de quoi téléphoner, écrire et lire (c'est la moindre des choses dans l'ensemble des prisons canadiennes) 3 - des petits exercices à l'extérieur (sans commentaires) 4 - un office religieux (vu qu'on les prend pour des énervés d'Allah, c'est primordial) 5 - une procédure de règlements de différents (I! est pas content, le monsieur?Qu'il remplisse le formulaire B44-1279682 en 3 exemplaires et tiguidoul) 6 - des services médicaux et dentaires essentiels (voir point numéro 2) 7 - la cerise sur le sundae : l'utilisation de la vidéoconférence pour «garder un lien étroit avec les membres de leur famille et leur avocat».Vu qu'ils s'en trouvent éloignés, vont en avoir besoin ! Laurie Gillmore devrait peut-être parler de tout ça avec Sophie Harkat, la conjointe de M.Harkat.Car Sophie Harkat n'a pas pu, à titre d'exemple, parler à son mari une seule fois, du 24 avril au le mai, alors qu'elle le fait d'habitude chaque jour.Aucune visite non plus, même si madame Harkat devait voir son mari le mardi 25 avril.Mais on n'en est pas à une contradiction près: une responsable de l'Agence des ser- Pourquoi sont-ils si dangereux?Mais parce qu'ils sont détenus sous un certificat de sécurité.Pourquoi?Mais parce qu'ils sont dangereux, je vous l'ai dit ! vices frontaliers du Canada, Car Prest, déclarait au mois d'avril en entrevue que les médias ne seraient pas autorisés à pénétrer dans le nouveau centre.Au contraire, Laurie Gillmore nous envoie un joli formulaire à remplir pour vérification et, éventuellement, accréditation.Le Couac pourrait être le premier média à entrer à Millhaven ! Tout ce cirque amène une question : on a construit une nouvelle prison (au coût d'environ 3,2 millions $) et on y a transféré des détenus fin avril alors que la grogne contre les certificats de sécurité s'étend et que la Cour suprême du Canada doit se réunir les 13 au 15 juin prochains pour statuer sur la constitutionnalité de tels certificats.Pourquoi dépense-t-on autant d'argent si on accepte de se pencher, vraiment, sur la question?Et, si la décision de construire le nouveau centre de détention a été prise par les libéraux, peut-on s'attendre à autre chose qu'à son agrandissement sous les conservateurs d'Harper?Peut-on vraiment espérer de la compassion ou la moindre remise en question alors que depuis l'arrivée d'Harper au pouvoir, les rafles contre les immigrants sans-statut se multiplient et qu'on les expulse à tour de bras?Le samedi 13 mai dernier, un peu moins d'une centaine de personnes manifestaient devant le Complexe Guy Favreau contre l'ouverture du nouveau Centre de surveillance de l'immigration à Millhaven.Malgré la pluie, la rencontre était belle et les convictions, fortes.Mais, quand même, 100 personnes, ça fait pas gros.Il est pourtant temps, plus que temps, alors qu'on essaie de nous endormir avec de la purée conservatrice, de dire haut et fort qu'on n'est pas dupes.Que les certificats de sécurité violent les droits et donc nos droits.Et que ces six cellules-là sont six cellules de trop.ISABELLE BAEZ Au moment d'aller sous presse, nous apprenons que depuis le transfert des prisonniers à Millhaven, les choses se sont nettement compliquées pour leurs familles, certains visiteurs ont par exemple dû se soumettre à des fouilles à nu avant de pouvoir voir un détenu.Puritanisme féministe La censure c'est le progrès «.N'oubliez jamais que ce qu'il y a d'encombrant dans la Morale, c'est que c'est toujours la Morale des autres» Léo Ferré Le mois dernier, Le Couac publiait un texte du camarade féministe Francis Dupuis-Déri (FDD) plongé dans la perplexité (Hupersexualisation de lantiféminisme).Imaginez, l'auteur de ces lignes s'est permis de critiquer les propos alarmistes de certaines féministes qui prétendent, sans en faire la preuve, que les pré-adolescentes sont menacées par une épidémie gallopante de fellations [Trop de fellations, pas assez de cun-nilingus, Le Couac d'avril).Pire, ô sacrilège, j'ai osé comparer le puritanisme de certaines féministes à d'autres puritanismes religieux envahissants.L'article de FDD, truffé de raccourcis intellectuels, d'amalgames et de sous-entendus accusateurs, n'apporte aucun argument factuel verifiable, démontrant que la prétendue épidémie de fellations menaçant les fillettes prébubères dénoncée par la droite religieuse et certaines féministes alarmistes, est bien réelle.Rien non plus qui contredirait le fait que le mot hupersexualisation est un néologisme québécois créé par ceux-zé-celles qui dénoncent cette «calamité».À court d'argument valable, FDD sermonne, moralise et tente, en vain, de faire la démon- stration que toute forme de critique d'un argument féminisme est indigne d'un «progressiste».Vive la liberté Le Couac devrait-il défendre les acquis de la révolution sexuelle?Pourquoi pas?Dans notre société de plus en plus dominée par la morale chrétienne puritaine des conservateurs qui remettent en question le droit à l'avortement, l'accès à la contraception pour les mineurs, condamnent l'homosexualité et songent à s'aligner sur les États-Unis en criminalisant les rapports sexuels entre adolescents consentants, la place des « progressistes» n'est sûrement pas aux côtés de ces puritains.Les progressistes espèrent vivre dans une société tolérante, égalitaire, libertaire et pourquoi pas libertine.Une société fondée sur le puritanisme féministe n'est pas plus souhaitable qu'une autre basée sur la morale religieuse, peu importe la religion.L'accumulation de raccourcis intellectuels douteux dont abuse FDD pour discréditer ceux qui critiquent certains dogmes féministes fait la preuve, s'il le fallait, que la critique est méritée.JACQUES BOUCHARD Le droit à l'eau menacé par le pompage massif Au début des années 2000, le Conseil mondial de l'eau (CME) a initié un processus de commercialisation de l'eau.Regroupant plusieurs compagnies d'exploitation de l'eau ainsi que plusieurs banques, le CME a pris position quant à la stratégie mondiale de commercialisation de 1' «or bleu».Mais une question aussi importante doit être débattue publiquement afin que l'on puisse mesurer les conséquences de la commercialisation de l'eau sur l'accessibilité, la quantité et la qualité de la ressource pour la consommation humaine.En Abitibi-Témiscamingue, plusieurs municipalités sont situées sur ce que l'on appelle un esker.Les eskers ont été formés il y a 100 000 ans lors de la fonte des glaciers.Il s'agit de dépôts de sable, de graviers et de blocs de roches variant tant par leur forme que par leur grosseur et transportés par les masses d'eau.L'eau qui est filtrée naturellement par l'esker se nomme «eau de source».Située à dix kilomètres d'Amos, la municipalité de St-Mathieu-de-l'Harricana, qui compte à peine plus de 600 âmes, est située sur l'esker Berry-Lamotte et jouit de ce fait d'un potentiel hydrique considérable.Malgré l'abondance en eau de source, les citoyens et citoyennes de St-Mathieu-de-l'Harricana ne peuvent avoir accès à une eau potable de qualité, puisqu'ils puisent l'eau de puits artésiens et que certains de ces puits ont une concentration élevée d'arsenic et d'hydrocarbures, selon une étude de la Régie régionale de la santé, en 1997.Il est contre nature qu'une municipalité possédant une eau potable de très grande qualité, ne puisse alimenter l'ensemble de sa population.à une filiale de la banque américaine Morgan Stanley, au montant de 18 millions de dollars.De ce fait, les Américains ont pris le contrôle de la ressource hydrique dans la petite municipalité et, par le fait même ont acquis le droit d'exploiter cette ressource sans en payer de redevances, pour ainsi créer une réserve d'eau pour certains États américains se trouvant devant une problématique d'épuisement de nappes phréatiques.Les réserves en matière de ressource hydrique se font de plus en plus rares aux États-Unis.Une des masses d'eau la plus connue au monde est l'aquifère d'Ogallala, qui alimente une grande partie du sud-ouest américain.Selon des études, cette aquifère s'épuise 14 fois plus vite qu'elle ne se régénère.Ce constat vient éclairer l'interprétation que l'on doit faire des intentions des Américains.Dans une entrevue à la radio anglaise de Radio-Canada et reprise par la Presse canadienne le 29 décembre 2005, l'ex-ambassadeur des États-Unis, Paul Celluci trouvait bizarre que les Canadiens ne soient pas enclins à vendre leur eau, une ressource renouvelable, mais à vendre leur pétrole, une ressource non-renouvelable.Les propos de monsieur Celluci démontrent une évidence : les pressions sont de plus en plus fortes sur le Canada pour qu'il commercialise sa ressource hydrique.Mais, pourquoi vendre l'eau aux Américains, alors qu'ils la possèdent déjà gratuitement à St-Mathieu-de-l'Harricana?Plusieurs ont cru, à tort ou à raison, que l'implantation d'une usine d'embouteillage aurait dynamisé l'économie de la municipalité.Mais, à quel prix?La population de la Pourquoi en est-il ainsi?A cause d'une usine d'embouteillage d'eau sur le territoire.Peu avant le départ de l'ex-premier ministre du Québec Lucien Bouchard, le gouvernement québécois a facilité l'implantation d'une usine d'embouteillage d'eau dans mon village.À cette époque, cette usine était détenue majoritairement par l'ancien géant de l'alimentation Parmalat.Les activités de l'usine d'embouteillage ont causé un profond malaise au sein de la petite communauté.En effet, la population s'est vue aliéner son droit à l'accessibilité à une eau potable, au profit de la commercialisation de «l'or bleu».En 2003, le Groupe Parmalat, dont le siège social est en Italie, a été accusé de blanchiment d'argent et de fraude fiscale par le gouvernement italien, laissant derrière lui une dette accumulée d'environ 100 millions de dollars pour _ l'usine de S t-M a t h i e u - d e -l'Harricana.En septembre 2005, un juge de la Cour supérieure du Québec a accepté la vente de l'usine d'embouteillage d'eau petite localité d'Abitibi verra sa qualité de vie se détériorer, sans l'accessibilité à une eau de qualité.Il devient impératif que le gouvernement québécois intervienne devant le nouveau paradigme qui semble orienter les investisseurs étrangers vers le «mercantilisme de l'eau».11 faut que le gouvernement mette en avant un projet de loi-cadre sur le droit à l'accessibilité à l'eau pour la consommation humaine.Cette loi décréterait que l'eau est un bien collectif essentiel à la vie de chaque individu.Il faut insister pour que le gouvernement acquiesce à cette demande et qu'il ne succombe pas aux activités mercantiles des « magnats de l'eau », mettant ainsi en péril la qualité de vie des citoyens et des citoyennes.MARC BOUCHARD i mai- INTERNATIONAL Chacun pour soi La question est de savoir si, advenant des actions contre l'Iran, le monde arabe, les divers gouvernements de l'Islam, lèveraient le petit doigt.Ils ne l'ont fait ni pour l'Afghanistan, ni pour l'Irak, ni pour la Palestine, sauf, plus ou moins en catimini, l'Iran ou la Syrie.Le gouvernement américain doit sûrement penser que les pays de l'Islam, à part les| coups de main terroristes et un ou deux «pays-voyous», ne sont guère redoutables, bien qu'on puisse s'y enliser.Il n'y a que des puissances pour aller se mêler d'un combat où l'intervenant n'est pas directement et immédiatement concerné.D'ailleurs il intervient à la condition d'y trouver d'abord son intérêt.Les pays arabes ne l'ont pas fait pour d'autres pays arabes.Pas d'intervention, sinon quelques paroles.Pas de chantage pétrolier notamment.L'Amérique n'avait rien à craindre de ce côté.Mais naturellement il faut dire qu'une baisse sérieuse dans les approvisionnements serait considérée comme une cause de guerre C'est quand même étrange, ce silence, cette inaction.Les puissances pétrolières au Moyen-Orient sont-elles donc à ce point rivales entre elles?Ou bien craignent-elles que la guerre ne finisse par s'étendre jusque chez elles?Ou encore, le capitalisme arabe vit-il en parfaite harmonie avec les capitalistes d'Occident?Les aristocraties régnantes d'Islam, riches à milliards, ont des liens économiques avec les États-Unis Le capitalisme arabe vit-il en parfaite harmonie avec les capitalistes d'Occident?entre autres et tiennent sans doute à protéger ce commerce mirifique, fondement de leur pouvoir.Il y a du reste quelque chose de plus simple et de plus général: on ne peut guère parier sur la solidarité.Syndicaliste, j'ai appris cela jadis dans un domaine où la solidarité est pourtant considérée comme la vertu par excellence.À cette époque, la CSN représentait les travailleurs de l'aluminium à Arvida.L'Alcan avait aussi une usine à Kitimat, en Colombie britannique.Nous envisagions une action syndicale commune avec les ouvriers syndiqués de là-bas.Or cette action conjointe s'est révélée impossible.De même ici, dans d'autres secteurs que l'aluminium, la solidarité entre syndicats d'une même industrie, voire d'une même entreprise, n'était pas facilement envisageable de la part de ceux qui n'étaient pas immédiatement concernés.Ce sont là de bien modestes exemples pour illustrer une loi si universelle.Mais celle-ci se manifeste entre pays exactement de même façon.Le droit a une formule lapidaire pour exprimer ce réalisme: «L'intérêt est la mesure des actions».C'est à la Faculté de droit que j'ai entendu ce brocard pour la première fois.Quand l'Europe, les États-Unis et le Canada coupent les vivres à l'Autorité palestinienne, quel pays «frère» fait quelque chose pour suppléer, si ce n'est l'Iran et peut-être la Syrie, qui sont déjà dans la mire de Washington?Les autres pays musulmans restent sur leur quant - à - soi.On peut se risquer à prédire que cela ne changera pas.PIERRE VADEBONCŒUR Le Couac, juin 2006, page 5 Désaccords de défense Les accords de défense qui lient l'Hexagone à certaines de ses anciennes colonies sont, une fois encore, mis à rude épreuve.Alors que les brûlures de la Côte-d'ivoire peinent à se cicatriser, la polémique enfle à nouveau autour du soutien militaire que la France a apporté le 13 avril dernier au président tchadien acculé par des rebelles du Front uni pour le changement (FUC).Au nom du «devoir d'ingérence», les troupes françaises basées à l'aéroport de N'Djaména ont prêté une providentielle main forte à l'armée tchadienne surprise et débordée par l'offensive des rebelles visiblement résolus à en découdre avec le régime de Déby-ltno.Sans prendre le risque de s'impliquer dans ce conflit, l'armée française ne s'est pas moins mise en première ligne en tirant un coup de sein o n c e à l'endroit des assaillants.Cela a suffi pour déclencher des tirs croisés sur le fameux « accord de défense » dont se prévaut Paris.Depuis octobre 2003 où le Tchad est devenu exportateur de pétrole, le choc des intérêts rend les choses plus inflammables.En mettant en déroute les rebelles du FUC, la France n'apporte-t-elle pas de l'eau au moulin de ceux qui croient que cet instrument militaire ne sert qu'à protéger des régimes en difficulté.Il n'est un secret pour personne que ldriss Déby-ltno est «politiquement fragile et isolé».Pour avoir charcuté la Constitution de son pays pour se maintenir au pouvoir, il s'est délégitimé.Mais force est de reconnaître que dans cette région où le conflit soudanais constitue une véritable poudrière, il suffit d'une petite étincelle pour la faire exploser.Depuis octobre 2003 où le Tchad est devenu exportateur de pétrole, le choc des intérêts rend les choses plus inflammables.Dans ces conditions, l'exécution d'un «accord de défense», si séculaire soit-il, crée plus de désaccords qu'autre chose.La frontière est nécessairement ténue entre la défense de la paix et la protection des intérêts F.K.A.SOURCE: Le journal du \eudi (hebdomadaire satirique burkinabé) ABONNEZ-VOUS ! www.lecouac.org Nouvelles images vidéos du Pentagone lors de l'attaque du 911 Rien ne s'éclaircit, bien au contraire Le département de défense américain a fait beaucoup de bruit le 16 mai dernier en dévoilant deux nouvelles bandes vidéos du vol 77 qui se serait écrasé sur le Pentagone le matin du 11 septembre (voir http7/judicial-watch.org/flight77.shtml).On se souviendra qu'à part quelques images montrant la boule de feu quelques secondes après l'impact, aucune image montrant clairement l'avion n'avait encore été dévoilée.La raison officielle: on ne pouvait dévoiler ces images avant la fin du procès de Zacarias Moussaoui pour ne pas influencer le jury.L'impact psychologique de la vue du Boeing 757 s'enfonçant dans le Pentagone aurait-elle pu exacerber l'esprit de vengeance du jury?Serait-elle une source de stress post-traumatique pour les familles des victimes?Montrerait-elle enfin comment le mastodonte a fait pour laisser si peu de débris et faire un si petit trou?C'est dire à quel point ces images supposées «lever tout soupçon sur l'écrasement de l'avion» étaient attendues avec fébrilité.Bref, on s'attendait à ce que ces images mettent enfin un terme aux spéculations de plus en plus répandues suivant lesquelles ce ne serait peut-être pas cet avion qui aurait frappé le Pentagone mais un missile ou un drone (un avion plus petit téléguidé).Or que nous montrent ces fameuses images reproduites ci-haut?La seule image où l'on voit «le nez de l'avion», pour paraphraser les grands médias, est celle de la 23e seconde (il n'y a rien encore à la 22e) Pour ma part, et comme des milliers d'internautes qui ont commenté ces images, tout ce que je vois, c'est un cylindre blanc allongé qui pourrait être n'importe quel «objet volant non identifié».Allait-on le voir mieux sur l'image suivante de la bande vidéo?Eh bien non (je sens votre grande déception).Non, parce que la caméra de surveillance ne prenait qu'une image par seconde et que la seconde suivante l'impact avait déjà lieu.Résumons.Le bâtiment le mieux gardé et le mieux surveillé du monde utilise seulement deux cameras vidéos (car il y a eu une autre bande dévoilée, sensiblement du même angle et avec encore moins de détails sur l'objet volant) pour surveiller l'une de ses 5 façades.Ces caméras utilisent encore la technologie des caméras de surveillance de centre d'achat avec une image par seconde.Il n'y a officiellement pas d'autres images que celles-là.On n'a donc rien trouvé sur les multiples vidéos des caméras de surveillance des stations services, autoroutes et hôtels environnants confisqués rapidement par le FBI le matin du 11 septembre.Et moi, je m'appelle comment vous pensez?Oui, c'est ça, lésus Christ.YVON D.RANGER L'article de Radio-Cadenas relatant la sortie de cette «bande vidéo choc» se terminait ainsi: «Depuis mai 2005, un film disponible dans Internet, Loose Change, reprend la théorie de M.Meyssan en ajoutant des questionnements sur le déroulement des événements de New York.De nombreux spécialistes ont pourfendu ces thèses depuis.» (http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/ 2006/05/16/007-pentagone-l 1-septembre.shtml) Ce que notre Pravda locale se garde bien de dire cependant, c'est qu'autant de «spécialistes» disent exactement le contraire.Leurs arguments tantôt basés sur des documents officiels ou des déclarations émanant de la Maison Blanche, tantôt sur des lois élémentaires de la physique, méritent à tout le moins qu'on s'y attarde.Plusieurs cinéastes ont aussi fait des films résumant ces évidences qui vont à rencontre de la version officielle sur ce qui s'est passé le 911.Loose Change en est un, mais il y en a plusieurs autres.Pour une liste des principaux, rendez-vous sur: www.question911 com/links.php ou www.91 ltruthseekers.org Autres sites de référence: www.st91 l.org/, www.reopen91 l.org/ ou www.91 ltruth.org/ BLOC-NOTES Le Couac, juin 2006, page 6 INTRODUCTION A L'ETHIQUE 2/12 : LE RELATIVISME ETHIQUE Ce qui est moral varie d'une société à l'autre et la morale n'est qu'un nom commode pour désigner des comportements socialement acceptés.Ruth Benedict, anthropologue ¦ éthique, on l'a vu, est un effort pour chercher à répondre ration- nellement aux questions et problèmes que nous pose la conduite de nos vies.Mais se pourrait-il que cette entreprise elle-même n'ait aucune chance de succès et qu'on perde notre temps en s'y attachant?Plus précisément: se pourrait-il qu'il n'y ait pas, en éthique, de critères, de normes, de valeurs qu'on pourrait défendre rationnellement parce qu'ils seraient en quelque sens de ces mots objectifs ou universels?C'est précisément ce que suggère le relativisme éthique, une doctrine très répandue et qui mérite un examen attentif.De la « reine du monde » au relativisme éthique Au point de départ, cette position fera remarquer la grande variété des codes éthiques d'une époque, d'une culture, d'une société à l'autre.Par exemple, certaines sociétés ont permis et encouragé la polygamie, tandis que d'autres l'ont jugée inacceptable et l'ont interdite; certaines sociétés ont permis et encouragé l'infanticide, alors que d'autres l'ont jugé inacceptable et interdit; certaines sociétés ont recommandé de manger les parents décédés, d'autres de les enterrer; l'esclavage était acceptable à certains peuples, mais nous ne l'acceptons plus.On pourrait continuer indéfiniment ce petit jeu et c'est peut-être justement le fondateur de l'histoire en Occident, Hérodote, qui l'a joué le premier.11 concluait en citant le poète Pindare selon qui la coutume est « la reine du monde».Remarquer la diversité des codes éthiques, c'est faire un constat — historique ou ethnologique — que personne ne contestera.Mais attention: en rester là, ce n'est pas encore être arrivé au relativisme éthique.Ce que ce dernier avance, en se fondant sur l'observation de la diversité des codes, c'est une thèse à propos de l'éthique.Cette thèse comprend typiquement deux idées qu'on peut formuler comme ceci: 1.Il n'existe pas de normes ou de vérités universelles en éthique et toutes les normes éthiques sont arbitraires et relatives aux sociétés où elles sont présentes.2.Puisque le code éthique de notre société n'est qu'un code parmi d'autres, sans privilège d'aucune sorte, on en devrait ni juger les normes et le pratiques d'une autre société, ni tenter de lui imposer les nôtres.Ces deux propositions sont logiquement distinctes, mais les partisans du relativisme éthique soutiennent typiquement les deux.Que faut-il en penser?Comme on va le voir, cette position résiste mal à un examen sérieux.De graves problèmes La première chose à noter, c'est que bien qu'il soit très séduisant, le raisonnement qui passe de l'observation de la diversité de codes moraux à l'inexistence de normes ou vérités universelles en éthique est invalide — la conclusion ne découle pas des prémisses.Pour le comprendre, pensez à la diversité des positions qui ont été (ou sont encore) défendues sur, disons, la forme de la Terre, sa situation dans l'espace, son éventuel mouvement: on ne pourrait en conclure qu'il n'y a pas de vérité en la matière.(Notez bien qu'il se pourrait qu'il n'y ait pas vérité en éthique: ce que je fais remarquer ici, c'est qu'on ne peut pas le conclure à partir du constat de la diversité des codes.) Une deuxième difficulté du relativisme est de rendre impossible tout désaccord en éthique.Par exemple, si on le prend au sérieux, on ne pourra pas s'opposer à la politique nazie d'extermination des Juifs puisque cette pratique était morale du point de vue de leur code social.On sera ici tenté de remarquer qu'il y avait pourtant des gens, en Allemagne, en 1936, qui s'opposaient à la politique nazie.Justement: la notion de société que pratiquer l'infanticide dans un contexte de vie très difficile (les Inuits) est une manière de témoigner son attachement à sa famille.Ce contextualisme, qui n'est pas le relativisme, est ce qu'il y a de juste et à préserver dans la position relativiste.C'est son premier mérite.Son deuxième est cet appel à la tolérance que lancent souvent les rela-tivistes — c'est la deuxième thèse relativiste énoncée plus haut.Mais ici, il faut mettre un bémol.Individuellement, nous appartenons à plusieurs sous-groupes de notre société, dont les codes d'éthique sont parfois, sur certains points, en opposition.qu'invoquent les relativistes est floue et ne permet pas de rendre compte de désaccords et conflits éthiques, y compris au sein d'une même société où ils surgissent pourtant.Pire: individuellement, nous appartenons à plusieurs sous-groupes de notre société, dont les codes d'éthique sont parfois, sur certains points, en opposition.Que doit penser Lucie qui se demande si elle doit avorter, elle qui est à la fois catholique et citoyenne canadienne?En quoi le relativisme moral peut-il l'aider?Pour finir, on pourra remarquer que la diversité des codes dont les relativistes partent n'est si grande que si on en reste à la surface des choses.Examinés plus attentivement, les codes éthiques semblent au contraire remarquablement convergents et leurs différences pourraient bien s'expliquer par des contextes différents.Deux mérites du relativisme éthique On dira alors que manger ses parents ou les enterrer sont deux manières différentes de leur manifester son respect ; J'ai dit que cette idée est logiquement distincte de la première, qui affirme les normes éthiques sont arbitraires et relatives aux sociétés où elles sont présentes.À y regarder plus près, les deux idées sont en fait incompatibles entre elles: en appeler à la tolérance est inconsistant pour une doctrine relativiste, puisque c'est justement faire appel à un jugement moral universa-liste.Malgré tout, et même s'il est bien mal défendu par cette position, l'appel à la tolérance est un des mérites du relativisme éthique.Il nous met en garde contre le dogmatisme, l'impérialisme, l'ethnocentrisme et l'arrogance.Et si quelqu'un voit mal l'intérêt de tout ça, il peut consulter n'importe quelle histoire du colonialisme, n'importe où dans le monde.On peut conclure de ce qui précède que le relativisme éthique ne devrait pas nous interdire de chercher à répondre rationnellement aux questions et problèmes que nous pose la conduite de nos vies.Mais ce n'est pas la seule position qui prétend que l'éthique est impossible.La prochaine fois, on en examinera une deuxième.NORMAND BAILLARGEON (baillargeon.normand@uqam.ca) De la dure job d'expliquer l'absurdité aux enfants.Mon fils a 4 ans et demi et il pose de plus en plus de questions.Contrairement à il y a encore quelques mois, i écoute attentivement les réponses.Voici la transcription d'une de nos conversations, alors que nous embarquons dans une auto louée qui sent la cigarette à plein nez: Mon fils: Ça pue, maman ! Moi: Oui, ça sent la cigarette.MF: Pourquoi?M: Ben, parce que quelqu'un a fumé.MF: C'est pas correct, ça.Hein maman?M: Non, mais y'a plein de gens qui fument.Moi aussi avant je fumais.MF: Pourquoi?M : Parce que je trouvais ça bon.MF: Mais ça sent pas bon.M : Tas bien raison, puis c'est mauvais pour la santé.Un silence.MF: Mais alors, pourquoi les gens y fument?M : Parce que dans la cigarette, y'a quelque chose pour te donner envie de fumer tout le temps.MF: HEIN?C'est MAGIQUE?M: Non, pas du tout.C'est des gens qui ont cherché des produits très mauvais pour la santé, mais qui donnent envie de fumer tout le temps.Un silence.MF: C'est pas correct, ça.Hein, maman?M: Non, c'est pas correct, mais ils le font pareil.MF: La police, elle va les arrêter.M: Ben, non, justement, elle va pas les arrêter.MF: Mais pourquoi?M : Écoute, quand tu seras plus grand, on regardera ensemble un film et tu comprendras tout ça.MF: C'est trop cool quand on est grand !!! M : Pas toujours, tu sais .Allez, on y va, on va encore être en retard à la garderie.Ce film génial, c'est Tabac, la conspiration.Il a demandé trois ans de recherche à sa réalisatrice, Nadia Collot, et il démonte un par un les rouages des plans machiavéliques de l'industrie du tabac.Une industrie qui tue 5 millions de personnes par année et qui le fait sciemment depuis 1953.Une industrie qui commence à nous trouver tannants avec notre mobilisation antitabac et dont le nouvel objectif est maintenant l'Afrique.Une Afrique où un paquet de cigarettes équivaut à 3 repas et qui fait déjà face au sida, à la pauvreté et à la faim.J'ai pas hâte d'en parler à mon fils.Toutes les infos au: http://tabac-le-film.hautetfort.com/ ISABELLE BAEZ Longtemps après le bruit causé par le ramadan du 11 'septembre, deux duos d'auteurs revisitent des lieux plus secrets ; des arcanes effacées, certaines clefs pour décoder le discours prédominant sur le sujet terrorisant.L'AFFAIRE USA (coll.Romans, Casterman) de Munoz/ Sampayo qui ramènent leur privé Alack Sinner pour l'occasion ; pour débusquer des tractations aussi troubles qu'intéressées avec le graphisme fluide et évocateur que nous leur reconnaissons.Pour UNE VIE SILENCIEUSE (Albin Michel) de Joos/Debomy une des histoires du recueil, à partir des écrits de Chomsky, Brauman et Halimi, rappelle comment ce jour prit des proportions emblématiques en gavant et justifiant un discours et une guerre perpétuelle.L'encre soufflée des dessins tachistes de Joos participe admirablement à cerner de telles folies calculées.PAROLES DE SOURDS (Delcourt) d'un collectif, « parle » des sourds, témoigne de différents points de vue (sourds, entendants, interprètes, etc.), des difficultés à «être, être simplement sourd dans un monde d'entendants».Parmi les dessinateurs de ces témoignages, entièrement scé-narisés avec brio par Corbeyran (il a fait un boulot analogue pour Paroles de Parloirs et Paroles de Taulards), Tronchet, Edith, Davo-deau, Larcenet sont de cette vingtaine d'interventions graphiques qui, en plus d'éclairer notre lanterne- je pense à cette BD de Coudray sur le SIDA et les sourds, ne manquent guère d'humour et d'à-propos.De fait, voici un furieux panorama d'auteurs BD qui, en soi, vaudrait déjà le coup.À cela, surenchérit une lecture sur un sujet méconnu à partir des premiers concernés : les sourds et ceux qui les côtoient.SINE QUA NON (L'An 2), Marcel Ruijters et JUSQU'À SAKHALINE (L'An 2), Berrou/ Rabaté nous offrent l'occasion de saluer un micro-éditeur refusant de se spécialiser autrement qu'avec un catalogue «affichant des couleurs: internationale, féminine, innovante.».Dans le premier album quasi sans textes (en latin), l'auteur reprend une manière d'enluminures médiévales pour débusquer des rigidités religieuses qui ressurgissent même au sein du politique (conversions, stigmates, anathèmes, etc.) en tendant à figer le monde; à l'empailler! Quant au deuxième livre, d'après un voyage de Tchékhov, photographies, coups de crayons, commentaires des auteurs et reprises de ceux de Tchékhov se conjuguent pour étinceler: «Maintenant que j'en ai fini avec le bagne, j'ai le sentiment d'avoir tout vu, mais de ne pas avoir remarqué ce qui me crevait les yeux.».Un voyage avec l'inattendu.VALENTIN TARDI CANICHE HARA-KIRI, éponyme (Monsieur Fauteux m'entendez-vous/ DAME/ Local) Véritable smala, le septuor expérimental aux velléités populaires sans concession propose une alléchante gamme instrumentale : violon, accordéon, saxo, guitare, clavier, basse/contrebasse, etc.Ajoutons encore deux voix et des textes toujours à repousser les limites du non-sens sans toutefois se refuser à une nécessaire folie pour survivre mais, aussi et surtout, pour se refigurer sans gêne.Un disque aventure offrant théâtralité, chanson audacieuse et éloge de la lenteur (un chouia trip hop).NAVET CONFIT, LP1 (Navet confit/ Local) THE DOERS, Whatcha Doin'?(Red Cat) Le rock serait-il le seul lien entre ces productions indépendantes aux chansons imbriquées dans le quotidien, dans le trivial?Peut-être.Navet révèle un multi-instrumentiste affectionnant autant les guitares que les claviers, appuyé de quelques invitées, pour une expérience de rock alternatif et à des collages verbaux ouverts (Sous la table, Ces choses-là, Pourquoi tu fleuves, etc.).Quant aux Doers, de Vancouver, il s'agit d'un groupe «acoustique-folk-punk-soft-math-rock» présentant un second et remarquable album tant par sa verve, avec guitare et basse acoustique, que par les voix mixtes pour des clins d'œil savoureux : Sports cars for everyone, When S- Why, Wicked world.On ne se surprendra pas si le chat rouge du logo de leur label flanque un coup de griffe à trophone ! élec- LA GACHETTE , Ne renoncera pas (Burnout/ Local) HI -JACK Choose your side (Cruel éléphant/ Local) Deux groupes punk des Cantons de l'Est.Le premier officie dans le genre oï et les pièces de ce deuxième album groove à souhait tandis que les textes oscillent entre politique et fête; de l'Insoumission à l'Hymne à la bière (heureusement instrumentale) il y a un bout de chemin à parcourir ! Le second ne manque pas d'audace en prétendant «détourner» l'ordre imposé.C'est à travers un prisme underground, punk garage, ska, rock'n'roll reggae et rock heavy, que sont déclinés différentes pistes visant à susciter prise de conscience et, ultime-ment, à encourager à ne pas rester du côté de l'approbation silencieuse.Par exemple, Pears from New Zealand récapitule les conséquences de nos caprices alimentaires.RAMON VITESSE LIVRES Qu'on se le dise Après lecture d'Éloge de la richesse, on ne peut arriver qu'à une conclusion sur Alain Dubuc : c'est un cave.N'importe quoi! Alain Dubuc affirme: «Le gel des frais de scolarité et les hausses de tarifs d'Hydro-Québec, sont deux cas types de batailles qui devraient être classées de droite parce que leurs principaux bénéficiaires seront les citoyens fortunés.» L'égalité de tous devant les besoins essentiels comme s'éduquer et se chauffer n'est pas un combat de gauche?Ton gourou quand tu étais trotskiste était-il payé par la GRC?Prochaine étape À la fin de son dernier livre Alain Dubuc écrit: «Si les Québécois étaient capables de retrouver la même énergie, la même audace, les mêmes ambitions, la même soif de modernité, le 21e siècle pourrait leur appartenir.» Suivant les conseils du chroniqueur, Jean Charest promet qu'après avoir payé la dette il mettra sur pied un fondation pour que les Québécois puissent s'acheter le siècle.Pourquoi étudier Alain Dubuc : «L'éducation ne procure pas seul ement aux jeunes et aux moins jeunes la formation précise qui correspond aux besoins des employeurs; elle leur donne aussi les outils pour être plus souples, plus adaptables aux changements, pour être plus performants, pour être plus épris de succès».l'ai mal au cœur.Plaidoyer pour un cadavre «Un cadavre domine la société, le cadavre du travail » - Krisis, Manifeste contre le travail Il le fallait bien.Après André Presse de La Pratte, son cousin Dubuc.Quelle horreur.Quelle lancinante douleur provoque la lecture de ce livre répétitif, mièvre et gluant de complaisance et d'auto-congratulation qu'est LÉloge de la richesse.Son titre, déjà, est une insulte à Lafargue qui n'avait pourtant rien demandé à personne à paresser dans son coin.Dubuc se prétend audacieux, provocateur, étonnant, ambitieux, neuf.Il se croit peut-être même intéressant.Rien de tout cela ne correspond à cet écrit d'une droite molle et sans vigueur qui professe les dogmes habituels en ajoutant des bémols qui ne changent rien au message de fond.Que lit-on dans cet ouvrage?D'abord cette phrase lapidaire: «Le Québec est pauvre», qui rappelle un certain Nous sommes inquiets.Suivent 190 pages de démonstration: a) que le Québec est pauvre, b) qu'il serait mieux riche, c) que les méchants Québécois n'aiment pas parler de richesse à cause des maudits syndicats et de leur fond catho et conservateur.En long et en large, on nous rebat les oreilles avec des clichés présentés comme la grande nouveauté, comme la surprise générale.Pourquoi s'étendre sur ces stéréotypes ?La raison est très simple, parce qu'il s'agit simplement de convaincre les Québécois qu'il faut s'enrichir et la partie sera gagnée.« L'enjeu principal, ce ne sera pas de définir une stratégie de créa- tion de richesse.On sait bien, ici et ailleurs dans le monde, ce qui doit être fait.Non, le vrai défi, ce sera de vendre ce virage, de trouver les arguments pour con-vaincre ces puissantes résistances.» N'entendez-vous pas l'écho de Jean Charest et de son gouvernement qui se présentent comme des révolutionnaires incompris, comme des grands sauveurs en quête d'un plan de relation publique?Nous en sommes exactement là.Parce que voyez-vous : ils savent.Ils savent ce qu'il faut faire et quand et avec qui.S'il advenait que nous rechignions, ce n'est pas parce que nous aurions un brin d'intelligence et que nous nous opposerions pour des raisons cohérentes et défendables: c'est que des idéologies couvrent notre perception, nous sommes sous les dogmes des méchants syndicats et des autres idéologues dogmatiques qui nous hypnotisent.Nous n'avons aucun droit de n'être pas d'accord avec tous les plans d'ajustement structurels de ce monde, qu'ils soient du FMI ou des conservateurs locaux.Nous n'avons droit qu'à l'imbécillité de ceux qui n'ont pas encore vu la lumière.Qu'en est-il du débat démocratique?De la capacité des gens de remettre en question les politiques gouvernementales?Il n'en est rien.«On ne peut pas toujours tout ramener à ce débat gauche droite.C'est simpliste et réducteur.[.] Il ne faut pas avoir peur que ceci ou cela soit à gauche ou à droite.Ça ne veut rien dire.» Bien sûr, M.Dubuc, les courants politiques qui ont traversé l'histoire et qui ont changé son cours, ça ne veut rien dire.Magnanime, l'homme admet qu'il «y a des idéologies» mais lui, par chance, n'en fait pas (plus?) partie.Il est bien au-dessus de toutes ces choses douteuses, il est en lien direct avec la réalité, certifiée par l'institut Fraser.Qu'est-ce qu'il veut nous vendre?La même chose que d'habitude: la prospérité à venir.Éloge de la richesse est l'avatar parfait du discours de la droite paresseuse.Tout comme la gauche paresseuse prétend proposer le bien commun qu'elle est la seule à pouvoir définir, la droite paresseuse prétend vendre la richesse qu'elle est la seule à connaître.L'objectif est: «soyons plus riches».La prescription coule de source : « travaillez plus, travaillez mieux, soyez plus productifs, payez plus cher votre électricité, payez des taxes à la consommation, baissez l'impôt des entreprises, dégelez les frais de scolarité, construisez des barrages et faites entrer le privé dans les universités et les hôpitaux».Bref, appauvrissez-vous un moment, les riches pourront économiser un peu et augmenter leurs investissements et plus tard, peut-être, grâce aux retombées de ces investissements, aurez-vous un peu plus d'argent à dépenser pour acheter leurs produits.Des propositions neuves?De l'audace?Tout le contraire.Toujours le même monde, vide de sens, qui répète la même litanie-, travail, travail, travail.SIMON TREMBLAY-PEPIN DUBUC, Alain, Éloge de la richesse.Les voies parallèles, Montréal, 2005, 335 p.Le Couac, juin 2006, page 7 Palme pour Alain Le Couac remet à Alain Dubuc la palme de l'humour 2006 pour cet extrait d'Éloge de la richesse: « Il y a de cela quelques décennies, j'ai été militant dans un groupe d'extrême gauche.Un lecteur attentif aura sans doute noté que j'ai changé depuis.» Maintenant que tu as gagné Alain, tu peux arrêter.charmes de la campagne Selon Alain Dubuc : «Pour les régions dont le potentiel n'est pas aussi évident, il faudra appeler un chat un chat.Accepter que, dans certains cas, il y a peu d'espoir, oser dire que les échecs peuvent aussi s'expliquer par les régions elles-mêmes, par leur absence de sens de l'initiative, par leur culture de dépendance.» Le Couac s'engage à trouver deux cent chômeurs de régions sans «potentiel évident» pour qu'Alain Dubuc leur dise cette phrase en pleine face.Oxymore Dans la même page Alain Dubuc affirme: «L'économie québécoise est sous-performante |.| Si nous accusons des retards, c'est très certainement parce que nos institutions, nos politiques et nos valeurs constituent un frein [.] La création de richesse n'est pas un but en soi.C'est un moyen.» Donc ce sont nos valeurs qui nous empêchent d'être plus riches et il faut changer ces valeurs.Mais être plus riches n'est pas une fin mais un moyen.Un moyen pour faire quoi, réaliser nos valeurs?Celles qu'il faut changer pour être plus riches?Philo 101, allô?Alain et Marx En proposant de former l'esprit d'entrepreneurs chez les jeunes Alain Dubuc se défend: « Par pour former des petits capitalistes, mais plutôt pour fabriquer des jeunes qui auront le goût de foncer et de voler de leurs propres ailes, d'avoir leur entreprise plutôt que d'être des employés.» Donc, ne plus vendre leur force de travail mais investir du capital pour que d'autres travaillent éventuellement à leur place?Tu étais trotskyste, c'est bien ça?La terre est une marchandise Selon Alain Dubuc : «On a du mal à voir Hydro-Québec comme une entreprise, à voir son électricité comme un produit, à accepter que l'eau et l'électricité puissent être associées au succès, à l'économie marchande, aux profits, aux exportations.» On n'a pas du mal Alain, on veut juste pas.Le Commentaire d'Allan Greenspan JR.Le conservatisme révolutionnaire dont fait preuve Alain Dubuc dans son dernier bouquin fait de lui un candidat idéal à ma succession.V - Vf ce €u>G*,p£iA toe ' DC LA TûgGtfÇC par AtAiN OUgUGÎf Anarchiste et endiablé Norman Nawrocki a été au coeur de la guérilla du groupe Rhythm Activism, qu'il co-fonda et anima avec emphase de ses textes rebelles, de sa voix de trublion et de son violon inspiré de 1985-1998.Montréal connut ainsi un groupe d'agit-prop de facture métisse alliant le caractère iconoclaste du cabaret, l'enracinement populaire du libre folklore d'Europe de l'Est et l'irrévérence tonique du punk.Que reste-t-il de ce groupe clef qui, pour citer Nawrocki, n'avait autre utilité que de «fournir de la musique de danse pour vos barricades, avant, pendant et après l'événement principal» sans oublier que les arts doivent être « une partie intégrante, quotidienne et émanci-patrice du travail de transformation révolutionnaire, et non un élément ajouté comme décoration»?Bien entendu Nawrocki n'a de cesse, en anarchiste vivace, de multiplier les expériences avec de nouveaux groupes (DaZoque!, Bakunin's Bum, The Montréal/Manhattan Project, etc.) et de se produire en « spoken word» avec une prédilection pour la vie, l'amour et.le sexe! Également parolier et écrivain, Nawrocki nous a offert Chasseur de tornades (EDAM/Les Pages Noires 1998) qui présentait des textes du groupe traduits en français.En 2003, l'activiste publiait The Anarchist and the Devil Do Cabaret (Black Rose Book) qui se voit maintenant offert dans une impeccable traduction sous le titre Uanarchiste et le diable.Véritable jonglerie, ce livre récapitule les aléas et questionnements politiques d'une tournée européenne de Rhythm Activism, des rencontres avec des gens de la rue (clochards, prostituées, squatters, punks, etc.) et des lettres d'un original oncle polonais dont le père de Nawrocki l'a chargé d'en retrouver la trace.Cette part du livre ne manque pas de faire revivre en direct l'envahissement nazi et le déchirement de familles séparées; voire décimées.Du même coup, Nawrocki publie Letters from Poland/ Lettres de Pologne (Les Pages Noires, 2006) un DC solo (violon, alto, tsym-baly, piano, accordéon) complémentaire au livre nouveau ajoute autant de dimensions et une résonance exceptionnelle à ces lettres troublantes.Lettres qui ont, indéniablement, un caractère universel à illustrer la bêtise humaine tout en induisant l'importance de, soi-même, participer à la résistance.Cela commence ici et maintenant puisque notre pays prétend guerroyer en notre nom.RAMON VITESSE NAWROCKI, Norman, LAnarchiste et le diable, Voyages, récits et autres contes, coll.Instinct de liberté, Lux, 2006, 300 p.NAWROCKI, Norman, Letters from Poland/Lettres de Pologne, Les Pages Noires, 2006 LE COUAC, JUIN 2006 EDITORIAL Le Devoir veut Bouchard Un parti dirigé par Lucien Bouchard et Mario Dumont ferait plaisir à la bourgeoisie bien-pensante.e Devoir veut Bouchard.C'est avec ce gros titre qu'aurait été plus honnête la «une» du quotidien du 6 mai 2006.Mais entre journalisme de combat (conservateur) et journalisme d'information, Le Devoir n'a pas choisi.Il a donc titré: «Les Québécois veulent Bouchard».Évidemment, on ne sait rien de la méthodologie employée par les sondeurs, qui accordent 41 % des «intentions de vote» (sic!) à un éventuel tandem Lucien Bouchard - Mario Dumont.Mais les « analyses » de M.Jean-Marc Léger laissent peu de doute sur la commande qui lui a été passée: «la population recherche un leader avec du coffre, de l'expérience et la capacité de prendre en compte les intérêts du Québec».Par-dessus ces lieux communs entendus et imprimés mille fois, le sondeur rajoute une louche de sa bouillie: « Lucien Bouchard est positionné là où se situe la population».On ne précise pas de quelle «position» il s'agit là, mais, n'en déplaise aux esprits scabreux, on sous-entend que les Québécoises et les Québécois partageraient les positions politiques contenues dans le manifeste Pour un Québec lucide.Une « analyse » pour le moins téméraire, quand on se souvient avec quelle froideur a été accueilli le manifeste en octobre 2005.Quelques semaines après sa publication, devant l'avalanche de messages outrés, on avait retiré du site des «lucides» la section «forum»! Le sondeur fait également mine d'ignorer la franche hostilité suscitée par tous les projets défendus par M.Bouchard: le CHUM à Outremont, le déménagement du casino à Pointe-St-Charles, la hausse des frais de scolarité.Selon Mme Kathleen Lévesque, le sondage «tend à démontrer» que le potentiel conservateur est grand au Québec (70 % des Québécois «seraient» satisfaits du gouvernement Harper).Ce dont Le Devoir prend acte, en amorçant un virage éditorial qui, bien que pas tout à fait inattendu, risque de bouleverser le petit monde médiatique du Québec.En effet, à la «une» de la même édition, M.Michel David y va d'un portrait aussi machiste que dithyrambique de Monseigneur Bouchard: «homme de la situation», «vrai chef», celui que Le Devoir appelle à la rescousse saura rassurer les Québécois, car «ils auraient au moins l'assurance qu'une main ferme tiendrait la barre».En page éditoriale de la même édition, c'est le directeur du Devoir lui-même, M.Bernard Descôteaux, qui donne le ton de ce nouvel alignement du journal.Après avoir inscrit Lucien Bouchard dans la lignée des «leaders inspirants» (les Honoré Mercier, Jean Lesage et René Lévesque), la plume du directeur fourche et laisse paraître le caractère proprement politique de ce «sondage».En effet, avec une candeur inespérée, M.Descôteaux avoue: «Un tel sondage s'imposait car la confiance qu'ont les Québécois envers leurs leaders actuels est à la baisse.» Qui donc a «imposé» cette commande au Devoir?On le saura peut-être lorsque les commanditaires du futur parti Bouchard - Dumont seront connus.M.Descôteaux, imperturbable devant ceux et celles qui pourraient l'accuser de colporter des clichés, conclue que «l'observation qui a été faite par Léger Marketing alimentera certainement la réflexion de tous ceux qui aimeraient que le Québec soit dirigé par un homme capable de proposer une vision stimulante de son avenir».Au-delà de l'insolence qui consiste à prétendre connaître ce que «veulent» les Québécois et les Québécoises par des sondages lisibles ou des élections encore plus ridicules, Le Devoir, par le biais de cette vraie fausse nouvelle, nous montre comment se rallier (au conservatisme) tout en présentant ce ralliement comme la suprême contestation (d'une classe politique «en crise»).La recette est simple: une petite série d'omissions, quelques faux étonnements, une neutralité affectée et hop!, l'honneur journalistique est sauf.Que ce journal passe de l'indigeste à l'intolérable en lâchant le PQ pour les conservateurs, c'est son droit.Mais l'hypocrisie qui consiste à présenter ce choix politique comme étant la volonté populaire est odieuse.CLAUDE RIOUX Mon bîEUf// jm soudain vue FoLle envie «Lt Devoir».t>£ Lucien BMJcHARb LoeiDirf 11 / SUITE DE LA PAGE 1 -?- Halliburton porteuses de bienfaits étonnants.L'industrie doit être prête à saisir ces opportunités et c'est ce que propose Halliburton avec les SurvivaBalls™.» C'est sur cette remarque pleine d'espoir et sous des applaudissements nourris que Fred Wolf a conclu sa présentation.Les questions n'ont pas tardé à suivre.Comment les SurvivaBalls™ se comporteraient-elles en cas d'attaque terroriste?Étant donné toutes les applications intégrées, n'y avait-il pas un danger d'encombrement à l'intérieur des SurvivaBalls™?Et qu'en étaient-ils de la faisabilité au niveau des coûts?Wolf et Goody ont tenu à rassurer les participants que toutes ces questions seraient considérées dans l'élaboration prochaine des premiers prototypes.Pour de plus amples renseignements sur cette nouvelle technologie, voir le site de la compagnie au http://www.halliburtoncon-tracts.com/EPDU/.• • • Les événements relatés dans le texte précédent sont vrais, seul les noms ont été changés.Car les inquiétants Fred Wolf et Northrop Goody sont en réalité Andy Bichlbaum et Mike Bobanno, fondateurs des célèbres Yes Men) Passés maîtres dans l'art de la «rectification d'identité», les Yes Men usurpent l'identité des décideurs, présidents de grosses multinationales et autres criminels en veston cravate pour montrer leur vrai visage et les humilier publiquement.Leurs frasques géniales qui ont récemment fait l'objet d'un film sont trop nombreuses pour être résumées ici, mais un petit tour sur leur site web (www.theyesmen.org/) vous montrera la puissance de leur art: nous convaincre qu'il ne manque souvent qu'un peu d'audace au discours néolibéral ambiant pour étaler au grand jour sa grotesque supercherie.Et bonne chance pour discerner le vrai du faux dans les nombreux sites web de compagnies qu'ils ont pastichés (voir les «Solutions for» sur le site www.halliburton-contracts.com/)! FICTION POLITIQUE Le retour du Boiteux ALAIN SAINT-PIERRE Avertissement: La chronique qui suit est une fable de pure fiction politique.Toute ressemblance avec des faits et des personnages réels serait une hallucination dangereuse nécessitant une visite à l'Urgence la moins débordée de votre voisinage.Lieux: Le Grozégo est un pays utopique qui révolutionne tranquillement sur lui-même en prenant grand soin de ne jamais se donner de statut clair et définitif.Le Granada est la maison mère du Grozégo.Son histoire est deux épopées (une dans chacune des langues de plywood officielles), le trou du Nord fort et frit (The True North strong and free!).Personnages: Le Boiteux a autrefois renié le Granada pour ensuite régner sur la terre du Grozégo.Il s'est retiré il y a quelques années pour devenir un con insultant au moins 6 fois mieux rémunéré qu'un simple régisseur de démocratie provinciale.Le Dément (prénommé Mario) est un attardé politique qui prêche l'autonomie dépendante et la troisième voie d'évite-ment.Le Patapouf est le régent actuel et bien-aimé de presque 10% de la population du Grozégo.Comme toutes les autres vedettes de cette fable, le Patapouf est un conservateur libéral d'extrême centre qui privilégie le changement et le statut quo vadis avec son agenda caché.Le Boisvide est le nouvel aspirant au demi-trône du Grozégo.Sa principale qualité est de sourire sur commande en montrant toutes ses dents tout en faisant la promotion de la ressemblance de sa différence.Le Stefen Harpon est le nouveau chef minoritaire du garnement du Granada.Il est réputé pour respecter ses promesses qui sont de régler le déficit féodal avec le Grozégo tout en investissant massivement dans le renforcement militaire et policier du Granada (juste au cas où les négociations n'aboutissent pas comme il le voudrait).Il était une fois.le mois dernier, un journal en mal de lecteurs qui demanda à une firme de sondage en mal de sondés de poser à la population du Grozégo une question hypothétique dans la pure tradition des débats référendaires qu'affectionnent particulièrement les zélecteurs du pays utopique.«Advenant que le gouvernement actuel du Grozégo continue de se couvrir de ridicule et de se farcir des records de pop-hilarité, advenant que des élections soient déclenchées après-demain aux aurores, advenant qu 'aux dites élections vous ayez le choix entre le PLCul de Patapouf, le PCul de Boisvide et entre un nouveau parti (le parti des Glucides) formé par une association entre le Dément et le Boiteux, advenant que ce nouveau parti serait évidemment dirigé par le très rassurant Boiteux, celui à qui l'on doit le supposé déficit zéro, le dernier référendum perdant, la crise du verglas et le casino de Pointe Saint-Charles.enfin bref, advenant son retour, voteriez-vous avec enthousiasme pour le Boiteux, notre sauveur?» Voici les réponses que les sondeurs, commentateurs et autres radottorialistes des grands médiocres corporatifs ont réussi à tirer de cette gargantuesque question: 41% des moutons répondants ont répondu: OUI, JE LE VEUX.21 % des répondeurs ont préféré s'essayer sur le Boisvide en espérant que s'il est élu, il recommencera à consommer.Au risque de passer pour des masochistes invétérés, 18% des répondus ont déclaré que leur homme c'était Patapouf, que Patapouf c'était leur partenaire public en privé, qu'ils avaient contribué à la campagne de Patapouf dans le passé et que ça leur avait bien rapporté, que Patapouf, lui il l'avait l'affaire.6% des répondants ont répondu qu'ils allaient voter pour les autres là, les gauchistes, qui n'ont même pas de vrai nom, ni de logo, ni de chef, juste des porte-paroles, AIE DES PORTE-PAROLES, TOÉ CHOSE.Le Dément a répondu que de s'associer avec le Boiteux, c'était un nouveau beau risque enrichi et amélioré, que le Boiteux était quasiment un pépère pour lui et que même s'il se ferait sûrement tasser par le Boiteux s'il devait s'associer avec lui comme l'ont été Mulroney pis Parizeau, ce serait un honneur pour lui de s'en faire passer une par un si grand Tom politique.Le Patapouf a répondu que les Grozégoins et les grosses égoïnes reconnaîtraient à la dernière minute l'excellent bilan de son gouvernement, que c'est un gouvernement de changement et qu'un changement de gouvernement n'est pas toujours nécessaire pour se vautrer dans le changement régressif, qu'il lui faudrait encore plus de temps pour ne pas respecter ses promesses, que cette fois-là c'est vrai qu'il est prêt à tout pour se faire hair encore plus.Le Boisvide a déclaré qu'il ne commentait jamais les sondages, surtout ceux qui n'étaient pas commandés par son propre parti-pris.Le Stefen Harpon a répondu qu'il n'était pas sûr d'avoir bien saisi la question, mais que pour lui la sécurité c'était une priorité et que bientôt les granadiens et les grozégoins allaient avoir chacun une prison dans leur patelin avec plein de monde dedans et pour longtemps.Le Boiteux a tenu à rassurer les nombreux clients de son cabinet qui se sont habitués à lui verser des déshono-raires fabuleux pour profiter de ses conseils charismatiques, rassurants et lucides, il n'était vraiment pas question de redevenir un petit gérant de salle de quille provinciale, il avait 2 bouches de garçon à nourrir et il tenait à leur payer les meilleures adversités étatsuniennes pour qu'ils fassent de quoi de bien dans la vie et surtout beaucoup de cash.100% des non répondants, soit plus de 60% des personnes contactées, ont répondu: VEUX-TU ME CALISSER PATIENCE TOÉ AVEC TES QUESTIONS STUPIDES.COMMENT?.Y EN A PAS DE FEMME DE LA MAISON.PIS TU ME DÉRANGES PENDANT LE HOCKEY, HOSTIE DETAWIN.En terminant, le chef des achalants a tenu à préciser que sa boulechitte risquait d'être exacte juste 19 fois sur 20 dans 96,9% des cas d'espèce.
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