Le couac, 1 novembre 2006, novembre
Chantai Santerre démolit Pierre Fortin, p.3 Entrevue exclusive avec Farley Matchett, p.5 Spécial «Ces cons qui nous gouvernent», p.8 m Vol.10 • n° 02 mm* Novembre 2006 ii£ ^ ih i» m bbs i 3,50$ Récit d'un passage à Forces Avenir «You are as beautiful as I think I am, applaudissons-nous » -Roger D.Landry, Le temps des bouffons ous sommes au capitule de Québec à 16h e 28 septembre dernier.Une centaine de jeunes s'entassent dans le hall, conviés pour assister au gala de Forces Avenir où ils sont finalistes.Forces Avenir «Sommes-nous deux cent mille ici ce soir?Non, il y a seulement vous : la crème de la crème.» que les grosses pointures, dont Roch Denis, se feront dégoulinantes de complaisance et de courbettes devant l'ancien pdg de SNC-Lavalin, sans le moindre commentaire sur les plus, n'ayez aucune inquiétude» et la salle éclate de rire devant cette joyeuse perspective.La servitude volontaire a encore un bel avenir devant elle.existe depuis 8 ans et vise à « reconnaître et promouvoir l'engagement étudiant» en récompensant des projets et des étudiantEs.Après avoir pris une photo avec la lieutenant-gouverneur, le troupeau de jeunes dynamiques se retrouve à boire du mauvais vin en attendant le début du gala.François Grégoire, nul autre que le pdg de Forces Avenir, ne fait ni une ni deux et se juche debout sur une table de bois pour adresser la parole à ses jeunes poulains.Les bras en l'air devant le vitrail rouge et blanc d'une époque révolue il s'extasie: «Regardez-vous dans le blanc des yeux.Il y a deux cent mille étudiants universitaires au Québec, sommes-nous deux cent mille ici ce soir?Non, il y a seulement vous: la crème de la crème.» Cette envolée donne le ton.En attendant Gregory Charles qui est en retard pour animer la soirée, le même François Grégoire nous raconte une histoire de sa jeunesse.Il y est question d'un faucon blessé qui, adopté par des poules, commence à caqueter et à se prendre pour un poulet.Le futur pdg de Forces Avenir apporte le faucon schizophrène en montagne avec quelques-uns de ses compères.À force de l'inciter à reprendre son envol, ils réussissent à le voir monter au ciel.«Après quelques tournoiements, il pique vers le sol pour attraper sa proie et remonte avec.une poule dans ses serres ! Un faucon revient toujours à sa vraie nature.» Que les graines de leaders dans la salle se le tiennent pour dit: en tant que faucon ils finiront bien un jour par manger les poules qui les entourent.Qu'ils le veuillent ou non, c'est leur nature.Ce soir-là, le conseil d'administration de Forces Avenir perd un gros joueur, son président, Bernard Lamarre qui se retire après 7 années de service.Toute la soirée, autant les lauréats liens entre SNC-Lavalin et le monde de l'armement.On avait prévenu les finalistes par courriel quelques jours à l'avance: «Les partenaires qui financent vos bourses seront présents le soir du gala.Nous vous demandons de les remercier aussi bien sur la scène lors de votre discours mais également en allant à leur rencontre dans la salle du Théâtre Capitule [.) Soyez reconnaissants à leur égard, ils apprécieront votre sollicitude», tant qu'à remercier les partenaires autant remercier le grand boss lui-même.«Un bâtisseur», «un grand homme», «un modèle», «un exemple» le tout sur un ton presque posthume, devant l'homme lui-même, sans la moindre retenue, sans la moindre décence.Pour en rajouter, François Grégoire présentera une série d'entrevues tournées avec les enfants de Lamarre qui parlent du merveilleux père qu'ils et elles ont eu.« )'ai osé », commente Grégoire en présentant le film.On se serait passé de pareille audace.La soirée continue d'aller bon train et le thème du travail entre en scène.C'est le représentant de Cascade qui ouvre le bal : «Vous êtes la crème de la crème |encore?] et, vous, vous aurez le choix de vos emplois», la foule en délire applaudit à tout rompre.Les gens de chez CGI nous rappellent eux aussi tous ces « boomers qui vont bientôt prendre leur retraite et qui seront inévitablement remplacés».Ce que l'homme de chez SSQ vient presque contredire en rassurant tout le monde: «Avec les assurances d'aujourd'hui, tout le monde peut travailler jusqu'à au moins 75 ans, sinon Le thème du gala Forces Avenir est l'engagement.Le successeur de Lamarre au poste de président du CA s'exclame: «J'ai l'impression d'être entouré de jeunes engagés et inspirants».Ça ne lui en prend pas beaucoup, il y a peut-être le tiers de la salle qui a moins de 35 ans, le reste célèbre la jeunesse sans en faire partie.Ces jeunes engagés, le Vice-Président de Forces Avenir les voit comme «une armée de héros qui se lève».Pour le représentant de Coopsco, cette armée engageante est déjà debout car «ceux qui pensent voir les leaders de la société de demain se trompent, ils ont devant eux ceux de la société d'aujourd'hui».Engagez-vous qu'ils disaient.À 23 h, après sept heures de gala Forces Avenir, certains sortent du Capitole primés et d'autres déprimés.Devant tous ces discours, chacun a pu comprendre l'ampleur et la véracité de ce que Christine Renaud, ancienne lauréate, avait annoncé en conférence de presse de lancement du gala.«L'engagement, quand on est jeune, c'est avoir les cheveux longs, porter un t-shirt du Che et passer des soirées dans un sous-sol pour organiser des activités au lieu d'aller prendre une bière, c'est ça s'impliquer.Après Forces Avenir, on revoit les mêmes jeunes un cellulaire à la main ou une sacoche Gucci à l'épaule, mais au fond d'eux-mêmes ils n'ont pas changés.Ils restent sensibles et engagés».Bien sûr, on peut rester «sensibles et engagés», mais, pour l'essentiel, un faucon revient toujours à sa vraie nature.SIMON TREMBLAY-PEPIN FOUCEVARD RENÉ - LéVESQUE.AVENUE ROBERT-BOURASSA , OM VÏAPUC./ Vieilles idées Lucien Bouchard, critiqué par Parizeau, lui décoche une référence au scandale du vote ethnique.Même les insultes de Lucien Bouchard sont en retard de dix ans.Comme à chaque automne.Les feuilles rouges sont emportées impétueusement par le vent.Les oies s'envolent gracieusement vers le sud.Et le Couac a crissement besoin de regarnir ses coffres ! Nous vous convions donc le vendredi 24 novembre à compter de 20 h au café Le Placard, 2129 avenue Mont-Royal Est (angle de Lorimier, métro Mont-Royal) à une autre de nos mémorables SOiréeS bénéfices du Couac en compagnie cette année de nuls autres que les Zapartistes (www.leszapartistes.com) ! Au moment où vous lirez ces lignes, Jean Charest aura peut-être déclenché des élections hâtives au Québec.Si c'est le cas, quelle bonne occasion pour les Zapartistes de démonter les discours creux du carnaval élec- ¦ i rappeler que la démocratie, c'est pas juste faire son «X» aux quatre ans! On vous promet aussi des invités surprises qui s'annoncent pas tristes du tout parce que comme le disent si bien les Zaps, « rire est une si belle façon de montrer les dents » ! Tout ça pour la modique somme de 10$ (ou plus si vous vous sentez mécène, ou moins si les temps sont durs).X, je vous aime ! Quand on est député et que l'on veut plaire à tout le monde, rien de tel qu'un bon discours passe-partout.Sylvain Simard, député du Parti québécois en a concocté un qui peut s'adresser à toutes les communautés culturelles sans exception.Il suffit de remplacer X par qui vous voulez et le tour (dans l'expression « c'est à ton tour» ) est joué.Il rencontrait l'autre jour la communauté X et déclarait : «J'ai avec vous, depuis longtemps, des liens d'amitié.La démocratie québécoise est exemplaire et vous X y êtes tellement intégrés et associés à celle-ci.Je ne vous dis pas cela parce qu'on m'a conféré le titre de X d'honneur.Vous êtes l'un des éléments les plus sympathiques, les plus heureux qui soient arrivés à Montréal et au Québec.Vous avez transmis aux Québécois le soleil de votre pays d'origine qui fait fondamentalement partie depuis des siècles de votre culture(sic).Vous êtes l'un des plus beaux fleurons de Montréal, du Québec et de notre culture québécoise, que nous partageons.Ce soir, je voulais vous dire que je suis avec vous et que je vous aime.» Remplacez X par Italiens, Grecs, Chinois, Portugais, Espagnols, Japonais, ou n'importe qui: Sylvain Simard vous aime.Dans ce cas précis, l'inconnue de cette équation, l'objet de cet amour universel, si vous ne l'aviez pas deviné, il s'agissait de X=Sépharades.Cela rappelle peut-être un peu, beaucoup, passionnément.la déclaration d'amour spontanée des Canadiens anglais pour les Québécois avant le référendum.Mais comme disait l'autre.c'est à ton tour de te laisser parler d'amour.Dans cet esprit et dans ces conditions je préfère passer mon tour.THOMAS DÉRI Consultation 101 Dans La Paresse du vendredi 20 octobre 2006, Michèle Ouimet fustige l'administration Tremblay, qui a changé le nom de l'avenue Du Parc sans consulter la population, et espère que cette erreur np cp rpnptpra nac à l'avenir- «Oue va- t-on faire quand Lucien Bouchard va mourir?Changer le nom de Montréal?», s'interroge-t-elle.Étrangement, une consultation populaire préliminaire menée par le Couac priorise plutôt l'option «Pisser sur sa tombe», suivie de près par «organiser un méchant pros nartv» 0065385282113 i m wa i Le Couac, novembre 2006, page 2 Nouveaux points de vente pour Le Couac Apartir du mois de novembre, Le Couac compte trois nouveaux points de vente dans de sympathiques cafés montréalais.Les journaux seront déposés là « à la main », donc sans la retenue de près de 50% que prend habituellement le distributeur.Plus rentable pour nous, plus agréable pour vous! L'idéal demeurant toutefois l'abonnement pour être sûr de ne rien manquer (voir le vi \ coupon au bas de cette page).ym> Le Café Touski, au 2361, Ontario Est, est une {^^à^S^rr^Tf)\ coopérative de travail née d'un besoin de créer '^StoÈv^v// un lieu pour les parents et leurs enfants, une ater- ^^ÇrVNÇ^SéF native aux McDos de ce monde.Le Touski sert des V^*^F~Jf plats bio savoureux aux noms rappelant parfois les grandes causes de résistance sociale, tel « le pavé de '68 », une crêpe au jambon, œuf et fromage suisse.Le coin «infos» où Le Couac est vendu regorge de dépliants et d'affiches de groupes communautaires, artistiques et progressistes de toutes sortes.Info: (514) 524-3113 et http://blog.articlestudio.ca/?p=203 La librairie-café Les Utopistes, au 2316, Mont-Royal Est, vient d'être ouvert par Jacques Landôt, ancien éditeur chez VLB, puis à sa propre enseigne.Ayant récemment vendu sa maison d'édition, Landôt se lance dans l'aventure d'une librairie militante qui compte pour l'instant surtout des titres de Lux Éditeur.Les lecteurs du Couac s'y sentiront donc en pays de connaissance puisque Lux publie plusieurs collaborateurs du journal comme Pierre Vadeboncceur et Normand Baillargeon.L'établissement a déjà obtenu un permis d'alcool qui lui permettra de tenir des événements politiques et musicaux.Info: (514) 504-9850 Le Café Le Placard, au 2129, Mont-Royal Est, est un endroit spacieux réunissant à la même enseigne un café et une boutique de vêtements, de bijoux et, depuis peu, un kiosque de journaux, revues et films indépendants! Ça fait beaucoup pour le même endroit, mais c'est ce qui fait son charme unique.Des salades, sandwichs, viennoiseries et du café équitable complète le concept voué à un bel avenir.De plus, le café projettera à chaque semaine des films du RÉZO, un réseau de diffusion de cinéma indépendant dans des salles culturelles québécoise.Le premier film sera Saraband, le dernier long métrage d'Ingmar Bergman.La projection aura lieu mardi le 31 octobre à 19h30.Les projections suivantes se feront tous les mardis à la même heure, avec le 7 novembre le film Cadavre Exquis, d'un collectif de cinéastes québécois.Suivra le 14 novembre Trajectoire sauvage, de Michel Juliani, le 21 novembre Le trésor archange, de Fernand Bélanger, le 28 novembre Moli qui?, de Jo Légaré, le 5 décembre Fugitif, de Jean-Daniel Lafond et le 12 décembre Aller simple pour Guantanamo, de Michael Winterbottom.L'entrée est 5 $.Info: (514) 590-0733 (pour le café) ou (514) 705-2209 (pour le RÉZO).Le Canada et l'Afghanistan Quand « le journal Indépendant » du Québec, c'est-à-) dire le toujours très humble Devoir, rejette un texte de lecteur, le Couac, le «journal poubelle de gauche», le publie, qu'on se le tienne pour dit! o n parle beau-coup, ces ^¦¦¦¦P jours-ci, de la pertinence de l'engagement de l'armée canadienne en Afghanistan.M.Jack Layton, chef du N.P.D.fédéral, va jusqu'à déclarer ouvertement que l'action militaire du Canada dans ce pays est difficilement justifiable et que le but de celle-ci n'est pas très bien défini.Puis-je lui suggé- rer de jeter un coup d'œil rapide sur une carte du Moyen-Orient?Il y verra que l'Iran est précisément situé entre l'Irak à ouest et l'Afghanistan et le Pakistan à l'est.Il pourrait alors se demander, comme nous d'ailleurs, si l'allié américain, auquel le Canada fournit des troupes pour lui permettre de se concentrer sur l'Irak (c'est le compromis Chrétien), n'aurait pas grand avantage à conserver, dans ces pays, des positions stratégique servant à encadrer l'Iran.Ce n'est là, bien entendu, que l'hypothèse d'un profane.Mais autre hypothèse non moins profane et peut-être plus audacieuse: cette guerre ruineuse ne pouvant durer éternellement, si l'un des buts, inavoué autant qu'inavouable, de tout le branle-bas destructeur auquel nous assistons actuellement était d'établir bientôt deux nouveaux «Guantanamo», l'un en Irak, l'autre en Afghanistan.GASTON LAURION Bonne nouvelle «Wal-Mart achète auprès de 1350 fournisseurs québécois».24 heures, 21/09 Mauvaise nouvelle Au rythme où les Wal-Mart avalent les petits détaillants québécois, il ne restera bientôt plus que les Wal-Mart pour acheter des fournisseurs québécois.COURRIER DES LECTEURS Les préférences de Stéphane Dion L'aspirant chef au Parti libéral du Canada, Stéphane Dion, a déclaré que son politicien étranger préféré est le roi luan Carlos d'Espagne.Voilà un homme qui, à l'instar de la reine d'Angleterre et de la gou-verneure générale du Canada, fait essentiellement ce qu'on lui dit de faire.Tout un politicien, en vérité! En tout cas, ce n'est pas avec Dion premier ministre qu'on verra la fin de la monarchie britannique au Canada.Il a aussi déclaré que son film préféré est «Lawrence d'Arabie».Quel était le rêve du Gallois T.E.Lawrence, cet agent politique?Créer un vaste empire arabe sous influence bri-tannique.Bref, fondre les petites entités dans un grand ensemble.Dis-moi tes préférences et je te dirai qui tu es.Le Québécois Dion, comme avant lui Trudeau et Chrétien, fera tout pour fondre le petit Québec dans le grand Canada.Sylvio Le Blanc Lettre ouverte à Madame Pauline Michel, poète lauréate du Parlement Madame la Lauréate, Vous avez fait l'erreur de penser à moi en me proposant de placer l'un de mes poèmes sur le site Internet du « Poème de la semaine» du Parlement canadien; site, ainsi que vous l'écrivez, qu'a lancé en 2004 votre prédécesseur, George Bowering; «site, ajoutez-vous, dédié à la poésie canadienne actuelle».Moi, c'est au Québec que je suis dédié, l'ai eu la faiblesse, pendant une fraction de seconde, d'envisager vous présenter un poème politique soutenant l'idée d'un Québec indépendant.Puis je me suis dit que non.Le Canada serait encore capable de faire de la récupération sur ma «collaboration poétique».De plus, madame la Lauréate, vous ne sem-blez pas réaliser que vous vous adressez à l'ex-président de l'UNEQ qui, pendant 14 ans à ce poste, a travaillé avec force à améliorer le statut économique de l'écrivain.Ainsi, en toute innocence, vous m'informez qu'«aucun droit d'auteur ne pourra vous être versé, vous et votre éditeur» De la pure inconscience tout cela.Voilà ce que je me dis.|.| Comme président, je n'approuvais pas la création de ce poste de poète national que je perçois toujours comme un reste de colonialisme.Pourquoi aujourd'hui je participerais à l'une de ses activités de propagande idéologique que je réprouve avec force.[.] Sachez que, dans La charrette des mots (Éditions Trois-Pistoles, 2006).Jacques Ferron exprime une conviction qui est aussi la mienne: «Écrire ne suffit pas, il faut encore composer le pays incertain.[.] Je n'ai jamais pensé au monde entier en faisant mes livres.[.] Mes livres, je les ai faits pour un pays comme moi, un pays qui était mon pays, un pays inachevé.Qui aurait bien voulu devenir souverain, comme moi, un écrivain accompli.» Oui, j'écris parce que je travaille ardemment à «composer» ce pays libre et démocratique auquel j'aspire.Je mets et y mettrai toutes mes forces parce que ce pays mérite de naître dans une parole qui mènera mon peuple à la lumière des mots, non aux obscurités du discours.Acceptez, madame la Lauréate, que je sois franc tout en prenant la mesure du respect que je vous dois comme personne humaine.Bruno Roy, écrivain Écrivez-nous ! Le Couac publie les courts commentaires de ses lecteurs.Le courrier électronique demeure la meilleure façon de nous joindre (texte® lecouac.org).Sinon, envoyez une disquette par courrier postal: Le Couac, CP.222 Suce.D, Montréal (Québec) H3K 3G5.Charest Solidaire On découvre avec stupéfaction que Jean Charest est sympathique à ÏADQ et à Québec solidaire avec sa volonté de favoriser les Partis Politiques Perdants (PPP).Cinéma politica Cinéma Politica vous invite à trois soirées de projection de films engagés en présence des réalisateurs et d'invités les lundi à 18h.Les projections ont lieu au Café des Arts de l'Université du Québec à Montréal situé au local J-6170 (Pavillon Judith-Jasmin, Niveau 6).Ces soirées sont gratuites et ouvertes à tous.Une projection spéciale aura lieu à la Grande Bibliothèque le 30 octobre à 19h30.L'entrée sera de 10$.Tous les bénéfices recueillis seront directement versés à l'organisme leunes musiciens du Monde.* * * Projection spéciale* * * Lundi 30 octobre, 19n30 {Grande Bibliothèque) : « Les voix de Kalkeri-» (François Lemieux, Gadjo Dilo Films, 79 minutes, 2005, français, anglais, hindi, kannada sous-titré en français) Les Voix de Kalkeri relate la démarche de leunes musiciens du monde, un organisme voué au bien-être et au développement d'enfants défavorisés du Sud de l'Inde.Soirée-bénéfice au profit de l'organisme }eunes musiciens du Monde (Pré-vente 8$- Entrée 10$) En présence de François Lemieux, réalisateur Lundi, 13 novembre 18n (Cafédes Arts) : « Brainwash?•» ()ean-Pierre Roy et ]esus \avia Mendez, Les productions Sortez-moi de ce film !, 82 minutes, 2006, français) BRAINWASH?est le road movie des élections présidentielles américaines de 2004.BRAINWASH?va à la rencontre des pro-Bush des quatre coins des États-Unis afin de comprendre pourquoi ces Républicains soutenaient toujours George W.Bush malgré tout ce qu'on savait sur ses premières quatre années à la Présidence.En présence \ean-Pierre Roy et )esus ]avia-Mendez, réalisateurs Lundi 27 novembre, 1 8n (Café des Arts) : « Le dernier repas » (Julien Élie, Les collègues filment, 68 minutes, 2002, anglais s.-t.français) En présence de )ulien Élie, réalisateur Bienvenue à Huntsville, Texas, capitale de la peine de mort.11 s'agit d'une petite ville calme, où il fait bon vivre, un véritable « small town » comme l'Amérique les aime.Elle a pourtant une curieuse particularité: le nombre impressionnant d'exécutions de prisonniers à la prison Walls.L'industrie de la mort est lucrative pour la ville.Ici, une personne sur trois travaille dans le système carcéral.Pour sa part, chaque fois qu'un homme est mis à mort, Penny Matchett rend visite à son petit-fils enfermé dans le couloir de la mort.POUR S'ABONNER Par téléphone: (514) 596-1017 Par la poste : Le Couac CP.222 Suce.D, MONTRÉAL (Québec) H3K 3G5 Adressez votre chèque à : Le Couac.Abonnement d'un an : 30,42$ + taxes = 35,00$ Abonnement de deux ans : 52,15$ + taxes = 60,00$ Abonnement institutionnel et de soutien: 52,15$ + taxes = 60,00$ Abonnement de groupe d'un an ( 10 copies par parution) : 225,98$ + taxes = 260,00$ Abonnement d'un an à l'étranger: 43,46$ + taxes = 50,00$ Nom Adresse Code postal_Téléphone Courriel Le Couac c.p.222 suce.D, Montréal, Québec, H3K 3G5 Téléphone : (514) 596-1017 Vous voulez collaborer au Couacl Vous pouvez nous faire parvenir vos textes (max.700 mots)/ dessins/photomontages par courriel, via notre site Internet: www.lecouac.org.Fondé en 1997 par Pierre de Belief eu ilk- et Jean-François Nadeau «Vice-président à l'information et éditeur adjoint» : David Ledoyen Co-Rédacteurs en chef: Bruno Dubuc, David Ledoyen, Simon Tremblay-Pepin Collaborateurs: Isabelle Baez, Normand Baillargeon, Pierre de Bellefeuille, Claude C.Charron, Thomas Déri, Francis Dupuis-Déri, Clôde de Guise, Yvon D.Ranger, Gaston Laurion, Michel Rioux, Chantai Santerre, Marco Silvestro, Valentin Tardi, Pierre Vadeboncceur, Ramon Vitesse, Le cercle de zoologie politique Winston-Smith.Illustrations et photos: Bobidoche, Boris, Charb, Luc Giard, Serge Ferrand, Serge Mercier, Neves, Jane Tremblay, Marco Silvestro, Ramon Vitesse.Graphisme: France Mercier Imprimé par: les travailleurs et travailleuses syndiqué-es de Payette et Simms inc.Distribué par: Messageries de Presse Benjamin Inc.Nous remercions chaleureusement Charlie Hcbdo pour sa collaboration.Abonnement et publicité : (514) 596-I0I7 ISSN 1480-2074 • N" de publication (Poste Canada) 1213369 Imprimé au Québec NATIONAL °| fia Contreverse sur la fiscalité ne récente publication de la chaire d'études socio-économiques de l'UQAM s'intitule: L'autre déséquilibre fiscal.Le déplacement du fardeau fiscal des compagnies vers les particuliers au cours des dernières décennies.Dans une publication intitulée : La défiscalisation des entreprises au Québec est un mythe.Pour aller au-delà de la croyance populaire, Pierre Fortin et des chercheurs de la Chaire de recherche en fiscalité et en finances publiques de l'Université de Sherbrooke contestent chacune de ses huit affirmations.Voyons de plus près cette controverse, en reprenant quelques-unes des affirmations des uqamiens et les arguments avancés par le groupe de Sherbrooke pour les contrer.Ie affirmation: Les profits des sociétés augmentent plus vite que la rémunération salariale des particuliers.Le groupe Fortin argue que l'année de comparaison (1982) est une année de faible conjoncture économique et que cela ne permet pas une juste comparaison.Mais en ce cas, considérons l'année 1986, qui n'est pas une année de faible conjoncture économique.Selon l'Institut de la statistique du Québec la rémunération des salariés est passée de 63 591 millions $ en 1986 à 137 470 millions $ en 2004.Au même moment, cependant, les bénéfices des sociétés avant impôt sont passés de 8 547 millions $ à 27 778 millions $.Le PIB, quant à lui, est passé de 94 890 mil-lions$ en 1986 à 211 993 millions $ en 2004.Ce qu'on peut représenter comme ceci : 1986 2004 Variation en % Rémunération des salariés 63 591M$ 137 470 M$ Augmentation de 116% Bénéfices des sociétés avant impôt 8 547MS 27 773 M$ Augmentation de 225% PIB 94 890M$ 211 993M$ Augmentation de 123% Conclusion?On ne peut pas retenir l'argument que la comparaison est faite avec une année non comparative.On peut même conclure que les bénéfices des sociétés ont connu une croissance presque deux fois plus grande que la croissance de la rémunération des salariés et que celle du PIB.2e affirmation: Les gouvernements taxent de moins en moins les profits des sociétés.Le groupe Fortin affirme que les calculs de l'UQAM ne tiennent pas compte de la fiscalité provinciale et que la baisse du fardeau des impôts basés sur le capital investi accordé par le gouvernement fédéral a été plus que compensée par une hausse de celui du gouvernement du Québec, de sorte que le fardeau global, fédéral et provincial, a en fait augmenté.Pourtant, selon Investissement Québec (La Fiscalité au Québec 2006.Des mesures favorables à l'investissement) le taux d'imposition des revenus d'entreprise au Québec est de 9,90% et c'est le taux de 22,12% du fédéral qui fait augmenter la note.Cela contredit drôlement l'affirmation du Groupe Fortin.De plus, le taux québécois n'inclut pas les nombreuses mesures fiscales qui sont offertes aux investisseurs — on les retrouve dans la publication sous la rubrique .«La fiscalité comme source de financement».Cette étude, à elle seule, fournit plusieurs raisons de croire que le Québec est presque un paradis fiscal pour les entreprises.3e affirmation: En 1991, le Gouvernement fédéral a aboli sa taxe de vente défrayée par les entreprises (l'ancienne TFV) pour la remplacer par une nouvelle taxe de vente (la TPS actuelle), à la charge des particuliers.Le groupe Fortin, nous donne comme argument que l'ancienne taxe était elle aussi entièrement supportée par le consommateur.La belle affaire! De plus, il assure que plusieurs produits et services qui n'étaient pas taxés avant le sont maintenant et s'ajoutent à la hausse totale qui est encore pour les particuliers.Il est vrai qu'on ne peut pas affirmer que le fardeau de cette taxe est passé des poches des sociétés à celles des particuliers.Par contre, on peut dire qu'encore une fois c'est la proportion des recettes du gouvernement provenant des particuliers qui a augmenté.__, 4e affirmation : Les impôts des entreprises pèsent de moins en moins lourd dans les revenus fiscaux des gouvernements, de même que dans le revenu intérieur total du Le groupe Fortin affirme ici que, depuis 45 ans, la contribution totale des entreprises aux recettes de l'État n'a pas varié: elle reste à une proportion de 19%.Accordons-leur que le poids des impôts des entreprises n'a pas varié depuis 45 ans.Cela revient à leur accorder qu'il n'a jamais pesé lourd ! De plus, pour arriver à ce faramineux chiffre de 19%, Fortin et al.ont tout mis ce qu'ils pouvaient: ils ont inclus les cotisations à Passurance-emploi, à la CSST, au RRQ et au Fonds de santé, qui sont des dépenses déductibles pour l'employeur et qui génèrent une économie d'impôt qu'ils n'ont sûrement pas déduite.Par contre, l'impôt des particuliers pèse plus lourd — et on ne tient même pas compte des autres taxes que les particuliers doivent payer.Selon des données récentes, la part relative des impôts des particuliers dans les recettes totales est de 31,2% en 2004 et de 31,1% en 2003.5ème affirmation: La majorité des entreprises québécoises ne paient pas un sou d'impôt.Le groupe Fortin affirme que des 146 378 entreprises qui ne paient pas d'impôts, 56% ont des pertes d'entreprise : il est donc normal qu'elles ne paient pas d'impôt.Cependant, les mêmes données montrent que 36% de ces entreprises qui ne paient pas d'impôts ont un bénéfice net positif aux états financiers.Ce n'est donc pas qu'elle ne font pas de profit, mais bien qu'au moyen de certaines déductions, elles évitent tout simplement de déclarer ces bénéfices.Il est vrai qu'il est logique de ne pas payer d'impôt si on n'a pas de revenu; mais il faut rappeler ici que les entreprises peuvent reporter les pertes d'une année pour diminuer le revenu imposable d'une année antérieure ou subséquente.Les autres arguments sont de la même farine.Concluons donc.Contrairement à ce qu'affirment Fortin et ses collaborateurs, les entreprises, au Québec, vivent dans un vrai petit paradis.fiscal.CHANTAL SANTERRE M.NETremblay Développe durable Logique Constatant que c'est le même modèle d'exploitation privé qui a causé les désastres que l'on connaît dans la gestion de la forêt, des pêches, de l'agriculture et des mines, le gouvernement Charest a décidé d'agir et de confier le secteur de l'énergie éolienne à.des compagnies privées ! Reconnaissons au moins la cohérence du geste.Tant qu'à être poche, mieux vaut être parfaitement poche.Euh-empêcher les itinérants de coucher dans les porcs c'est le nettoyage que j'avais promis en campagne électorale.Euh-Top.Deration Montreal.net, c'est ça dans le fond: des parcs propres, citronnés, antibactériens.Éliminer les germes, c'est ma spécialité.Euh.La prochaine étape, c'est de transformer les itinérants en biodiesels pour alimenter le tramway do la rue du Parc.euh.du bou.boulevard 6 Boubou.On pourra enfin augmenter l'offre de transport collectif.V' GO MONTREAL.Euhl Le Couac, novembre 2006, page 3 M Il ego trip de Michaëlle adame Jean va-t-elle enfin se taire?C'est ce qu'on pouvait se demander en septembre quand Michaëlle lean a pris publiquement parti pour les politiques de Harper les plus controversées.Elle se répandait alors en énoncés de politique concernant comme par hasard deux questions qui comptent parmi les plus litigieuses de la politique canadienne: la participation à la guerre d'Afghanistan et le souverai-nisme québécois.L'une et l'autre de ces questions sont, au plus haut point, des affaires de gouvernement et de discussion entre les partis.j'ai consulté là-dessus un émi- o nent juriste constitutionna- c$m _ liste.Voici ce qu'il m'a dit.Le t>y gouverneur général peut tenir des propos comme ceux dont i s'agit, mais à la condition que ce soit le gouvernement qui le lui demande ou l'y autorise.Le roi règne et ne gouverne pas.Ce principe fondamental de droit constitutionnel britannique découle de la Déclaration des droits (Bill of Rights), proclamée en 1689 et promulguant l'autorité du Parlement sur celle du souverain régnant.Le pouvoir n'est plus entre les mains de ce dernier, à qui il n'appartient plus de son propre chef position en matière politique.prendre de Or, de deux choses l'une: ou bien Madame lean s'exprimait de sa propre autorité sur ce qui divise le plus l'opinion canadienne et la deputation, ou bien le gouvernement lui avait donné son aval.Dans le premier cas, il était impératif qu'elle se taise.Dans le second, M.Harper au contraire devait parler, c'est-à-dire s'expliquer et, ouvertement, prendre sur lui la responsabilité de cette utilisation de la fonction de gouverneur général.S'il avait donné à Madame Jean instruction de faire les déclarations en question, alors il l'employait hors du Parlement comme une sorte d'agente sur le terrain et lui faisait jouer à la petite semaine un rôle d'activiste drapé dans le manteau d'une souveraine.Alors la reine, neutre en principe, devenait un instrument de propagande.La reine, rouage politicien, courroie de transmission, y aurait-il là un concept nouveau en politique constitutionnelle?.On ne conçoit pas qu'Elizabeth, en Angleterre, serait prête à servir de paravent au parti au pouvoir et de haut-parleur en faveur d'une politique contestée par l'opposition.Ou bien Michaëlle lean devait mettre un terme à sa logorrhée, ou bien le premier ministre avait à avouer qu'il se servait d'elle dans le quotidien des affaires comme d'un phonographe pour passer des messages partisans contre toute une fraction de l'opposition.Il n'a pas avoué.Ce type prend des libertés avec les principes de base du droit, comme il l'a fait encore à la mi-octobre quand il a parlé de renverser le fardeau de la preuve dans les causes concernant les récidivistes.A surveiller de près, cet apprenti législateur! Maintenant il s'agit de voir si la vice-reine ne va pas recommencer.Elle a le genre pour ça.Le cas est assez spécial, Harper.PIERRE VADEBONCŒUR M.S.10.06 le projet avance, la vision recule Lors du scrutin municipal partiel qui s'est déroulé à Montréal le 24 septembre dernier dans le district Marie-Victorin de l'arrondissement Rosemont - La Petite-Patrie, le parti Projet Montréal a effectué une percée significative en arrivant second derrière l'UCIM, le parti du maire Gérald Tremblay.Projet Montréal, qui ne compte qu'un seul conseiller municipal à l'Hôtel de ville en la personne de son chef, Richard Bergeron, a recueilli 31,7 % des voix pour sa candidate Kettly Beauregard.L'UCIM a coiffé Mme Beauregard avec 37,7 % des voix alors que Vision Montréal s'est contenté de 22,6 % des votes.Le district Marie-Victorin, qui fut longtemps le fief de Pierre Bourque, le chef démissionnaire de Vision Montréal à l'origine de cette élection partielle, perd donc ici des plumes au profit de la jeune formation Projet Montréal.Celle-ci semble en voie de devenir un joueur important lors des prochaines élections générales en 2009.À condition, peut-être, que le parti sorte un peu de sa phase «romantique» qui l'habite depuis sa formation.L'analyse de cette défaite le leur permettra peut-être.En effet, les jeunes militants de Projet Montréal n'ont pas compris tout de suite ce qui se passait quand, au bureau de vote par anticipation des pyramides olympiques le 17 septembre, ils ont vu débarquer les gros canons de l'UCIM accompagnés d'une armada de personnalités les appuyant.L'analyse des résultats démontra que Projet Montréal a perdu essentiellement par le vote pro-UCIM des personnes plutôt âgées des pyramides, personnes qui se sont faites gentiment aider à aller voter par la cavalerie de l'UCIM.Un constat qui va sûrement aider nos amis à passer à une phase plus pragmatique.YVON D.RANGER NATIONAL Le Couac, novembre 2006, page 4 Le cercle de zoologie politique VJinston-Smith L'héritage Irwin Chers lecteurs assidus.chères lectrices attentives.chers amis.Une tragédie dévastatrice a secoué récemment la communauté zoologique contemporaine.Un grand homme nous a quittés.Son apport théorique et son costume beige ont amené plus d'une révolution dans la discipline qui nous occupe, et aucun zoologue ne peut prétendre honnêtement traverser ces moments sans douleur et sans tristesse.Beaucoup d'entre nous pensions qu'il serait toujours là, le collègue, l'ami, l'extravagant compagnon, l'aventurier au long cours, le frère de tous les animaux, notre père à tous : Steve Irwin, the crocodile hunter.Même ceux qui ne partageaient pas son axiomatique et sa témérité reconnaissaient sa rigueur, la justesse de ses propos et la pertinence de son travail et sa ponctualité.Plusieurs jeunes zoologues aspiraient un jour chausser ses shorts et avoir l'accent australien.Aujourd'hui, ces rêves pourrissent au fond de l'océan, transpercés par la queue impitoyable d'une raie perfide.Les membres du cercle de zoologie politique Winston-Smith ont porté le deuil durant deux mois, enfermés dans le pavillon du Winston-Smith Institute entre une tête de Boisclairien empaillée et une photo du Marie-France Oiseau, pétunant au son des cris de la harpie éditoriale.C'est dans ce triste état que nous a trouvés un pigeon voyageur venu d'Australie, qui avait traversé mers et monde pour nous faire part d'une troublante nouvelle.Il appert que, loin du maelstrom médiaque, Steve Irwin, tout comme Luck Mervil, était un homme seul dans la foule, prisonnier de sa tour d'ivoire intellectuelle.Trop occupé à pourchasser aux quatre coins du monde le dernier serpent à sonnette béciphale bleu de Rhodésie, il ne trouvait jamais la compagnie d'esprits suffisamment éclairés, de globetrotters métaphysiciens et d'amis des bêtes épistémologues capables de soutenir une conversation stimulante sur les derniers développements de la théorie zoologique contemporaine appliquée, développements dont il était d'ailleurs le plus souvent à l'origine.Mr.Irwin trouvait alors refuge dans les publications scientifiques de haut niveau.C'est en lisant Le Couac que son regard a pour la première fois embrassé les travaux du Cercle de zoologie politique Winston Smith.Il a immédiatement reconnu là une application audacieuse de ses grilles d'analyse et une attitude aventureuse face à la connaissance.Sa triste missive s'adressait non seulement à d'estimés collègues, mais surtout aux héritiers d'une formidable tâche.«Si vous lisez ceci, écrivait-il, c'est que je suis déjà mort, sans doute victime d'un attentat terroriste animalier contre les forces d'occupation humaine.Cette première offensive marque le point de non-retour à partir duquel les animaux se rebelleront contre la domination humaine du monde.J'aurai tenté toute ma vie l'impossible pour éviter cette guerre, et j'en aurai sans doute été la première victime.À présent, il appartient aux héritiers du rêve de reciviliser l'humanité et de la remettre à sa place.Sans quoi les homards briseront les parois de leurs aquariums.Leur vengeance sera terrible».laquelle elle est assise: l'espèce humaine.Le tout nouveau Cercle philanthropique Winston-Smith consacrera ses énergies et son motton d'argent à cette noble cause.Cela tombe à pic, puisque la simple observation zoologique commençait à nous casser les pieds, comme nous les cassent d'ailleurs depuis fort longtemps déjà Jean-Robert Sansfaçon, Alain Dubuc, Mathieu Bock-Côté, André Boisclair, Marie-France Bazzo, André Pratte, Guy A.Lepage, Lysianne et Katia Gagnon, Nathalie Elgrably, Antoine Robitaille, Michel Kelly-Gagnon, Jacques Brassard, Martin Pouliot, Stéphane Gendron, Christiane Charette, Denise Bombardier, Patrick Lagacé, Josée Boileau, Jonathan Plamondon, Simon Bégin, André Arthur, Stephen Harper, Monique Jérôme-Forget, Jean Charest, Rona Ambrose, Richard Martineau, Joseph Facal, Christian Rioux, Christian Bélair, Franco Nuovo, Roch Denis, Isabelle Maréchal, Charles-Philippe David, Guy Laforest, Mario Dumont, Claude Montmarquette, Lucien Bouchard, Pierre Fortin, Mario Roy, Yves Boisvert, Stéphane Laporte, Scott McKay, Pascale Nadeau et Michaëlle Jean.LE CERCLE DE ZOOLOGIE POLITIQUE WINSTON-SMITH cercle.winston.smith@gmail.corn Irwin ne laissait pas seulement une mission, mais aussi les moyens d'y arriver: une colossale fortune comprenant les droits d'auteur de toutes ses émissions.Le Cercle de zoologie politique Winston-Smith amorce donc un virage historique pour consacrer ses efforts à dompter l'espèce la plus nuisible du règne animal, celle qui scie la branche sur fp| La vie des bêtes jfjft ft\*$ Au lieu de l'habituel combat des opinions et des préjugés dans le domaine politique, le Cercle de zoologie politique Winston-Smith vous propose un regard scientifique sur la basse-cour politicienne.«Il était un fantôme solitaire, proférant une vérité que personne n'entendrait jamais.Mais aussi longtemps qu'il le faisait, d'une certaine manière obscure, la continuité n'était pas rompue.Ce n'était pas en se faisant entendre, mais en restant sain d'esprit qu'on poursuivait l'héritage humain.» - George Orwell, 1984 LE COIcN" DO WISOCHI^ Vous pensiez bien, mon frères ma sœur tout autant masos que moi puisqu'en chaque début de mois recevant votre canard, vous vous précipitez en page 4 pour lire ma chronique, vous pensez bien, ais-je dis, qu'afin de bien vous tourmenter, je ne pouvais passer outre de vous parler le l'affaire Wong.Eh bien, voici.\Ar\L- w s n' t marvelous?french canadianism is com- yj/ I pletely extinguished!)): cri du cœur de George M Brown à l'été 1867 au lendemain de la signature du BNA Act.( 1 ) Pour le chef des Clear Grits, la grande vertu de la nouvelle constitution dont il a été le grand architecte était de casser le pouvoir de nuisance que l'Union de 1840 avait laissé aux Frenches.Eradiquer cette excroissance était le combat de sa vie et il l'avait celle du Manitoba dans la décennie 1890.Grave parce qu'elle avait un caractère anticonstitutionnel.À la suite à la révolte des Métis de 1870, les négociations entre Ottawa et l'évêque de saint-Boniface, Mgr Provencher, avaient résulté en une obligation de bilinguisme pour la nouvelle province.Mais l'arrivée massive d'immigrants anglophones pendant les deux décennies qui ont suivi a fait que de majoritaires qu'ils étaient en 1870, Métis non-assi-milés à l'anglais et Canadiens-français ne forment vingt ans plus tard que 10% de la population.D'où l'envie de déchirer le petit papier.So what, we are of the British Empire ! Mais, c'est chez les Ontariens que les passions seront piquées à vif.Il arrive que la revanche des berceaux les fait trembler de peur.Et puis, il y a ce satané curé Labelle.Nommé ministre de la colonisation par Mercier, ce « papiste » tente de freiner l'exode dans la protestante Nouvelle-Angleterre de tous ceux qui fuient leur vie de misère.Solution : peupler les Pays d'en Haut et pourquoi pas la région de Sudbury.Puis, Saint-Boniface.Le rêve du gros curé L'affaire Wong fait frémir tout orangiste qui craint comme la peste l'encerclement papiste.Le député conservateur D'Alton McCarthy prend la chose en mains.Dans son discours du 12 juillet 1889 à Barrie, il enflamme ses audi- miroir du ROC entrepris dès 1844 par la fondation d'un journal.Chapeau ! À voir la façon dont le Globe and Mail a commenté le drame de Dawson, on voit bien que ce quotidien est resté fidèle à son créateur.Pour Brown, le BNA Act devait assimiler les Frenchies à la culture des vainqueurs des Plaines d'Abraham.De les ghettoïser dans la grande réserve du Québec, dans cette seule province que la constitution Brown contraignait au bilinguisme.Pendant longtemps, nos élites nous ont siroté que ce pays était le fruit «d'un pacte entre deux peuples fondateurs».Tant mieux si cela nous a collectivement permis quelques gains.Mais mythe quand même puisque c'est pour vaincre la réticence des Maritimers que Brown et Macdonald ont consenti que les provinces jouissent d'une certaine forme d'autonomie.Mais le risque était grand que les French-Canadians abusent de cette concession et fassent de la misère à leurs Anglos.On a donc ajouté au papier moult clauses dans le but de les prémunir contre de tels abus.Mais ce qu'on a trouvé bon pour nos Anglos, ne le fut point pour les Frenchies des autres provinces.Preuves en sont les innombrables crises scolaires qui ont jalonnées notre commune histoire.La plus grave a sûrement été h i teurs: «Nous devons prendre nos armes.Nous vivons dans un pays anglais et le plus tôt nous pourrons angliciser les Canadiens français, le mieux ce sera pour notre postérité dont la tâche sera devenue plus facile, et cette question devra être réglée tôt ou tard.» (2) Cet espace du Couac sera partagé avec tout autre maso qui, en ce torride été 1889, trouvera une seule ligne rabrouant les propos anti-french d'un D'Alton McCarthy, que ce soit dans le Globe ou dans le Mail Empire.Depuis qu'en 1936 ces deux quotidiens ont fusionné et adopté le nom de «Globe and Mail», la ligne de pensée de Brown a toujours prévalu à l'occasion des crises qui ont ponctué la vie entre les des deux Solitudes.Et y est toujours présente, la ferme volonté qu'il n'y est qu'un seul peuple au Canada.Le désir de maintenir les Frenchies dans leur ghetto s'est particulièrement fait sentir en 1977.My goodnessl Quel scandale que cette loi 101 qui enlève aux parents néos la liberté de choix de la langue d'enseignement pour leurs marmots! Un autre défi pour vous Couacistes fouineurs sera de trouver un seul édito du Globe dénonçant les fanatiques qui, sans aucune gêne, ont accolé Goebbels au nom de Camille Laurin.Vous n'aurez par contre aucune difficulté à trouver des approbations sur le fait que la Charte des droits de 82 comporte une Clause Canada.Curieux pays.Un Laurier de 1896 incapable d'obliger le Manitoba à respecter la constitution.Et un Trudeau de 1982 imposant la sienne aux Québécois.Et cela, après leur avoir promis que, s'ils votaient non au référendum, « il y aurait du changement au Canada.» Et le Globe d'applaudir.Et c'est aujourd'hui ce journal qui ne s'excuse pas des propos infamants de sa journaliste.Dans son édito du 21 septembre, le Globe se sent contraint de reconnaître «qu'aucune preuve n'existe» selon laquelle, comme l'avait affirmé Jane Wong, la «marginalisation» des immigrants «entraînée par les querelles et les lois linguistiques» aurait pu mener aux assassinats de Polytechnique, Concordia et Dawson.Aucune preuve pour l'instant.Cela présuppose que quelqu'un pourrait un jour la faire cette preuve.Que de mépris dans ce court laïus ! Le Globe and Mail n'est pas le pire de sa catégorie à casser du sucre sur le dos des Québécois car, dans cette course aux plus bas instincts des lecteurs, il est hautement dépassé tant par le National Post que par l'Ottawa Citizen.Et que dire de nos rednecks de l'Ouest?En fait, l'affaire Wong est un miroir grossissant de ce que les gens du ROC pensent des Québécois.Pour eux, nous ne sommes que la plus grosse des minorités.En attendant que les compatriotes de lane Wong nous dament le pion.Comme dirait l'autre: «Vous n'êtes pas tannés de mourir bandes de caves.» CLAUDE G.CHARRON ( 1 ) Daniel Drache, Negociating with a Sovereign Québec, lames Lorimer, Toronto, 1992, page 32 (2) Jacques Lacoursière, Histoire populaire du Québec de 1841 à 1896, Septentrion, Québec 1996, page 440 Errdtlim : Dans sa dernière chronique, Haro sur les Universitaires, votre maso de service trouvait curieux que George Jonas du National Post place le darwinisme social en tête de sa liste des idéologies qui aurait parsemé d'horreurs le vingtième siècle.Lui donne raison le débat qui a cour sur le génocide arménien de 1915.Ce serait donc par «darwinisme social» que les autorités turques de l'époque auraient justifié leur épouvantable entreprise.Toutes nos excuses à nos lecteurs.Et à lonas s'il est un fidèle lecteur du Couac.< i INTERNATIONAL 111 Le Couac, novembre 2006, page 5 Contrats de la honte Dans le Couac d'octobre 2006, nous avons mis en place les éléments du pillage forestier doublé du commerce de la viande de brousse en République démocratique du Congo (RDC).À qui donc profite le bois en RDC ?L'exploitation forestière se concentre dans trois grandes provinces en RDC: le Bandudu, l'Equateur et la province Orientale.Les exploitants sont Libanais, Portugo-Suisses, Allemands et dans une moindre mesure Belges, Français et Congolais.Les concessions forestières sont gardées comme des forteresses et on vous tient à l'œil lorsque vous pénétrez sur les territoires de coupe.Le bois est exporté principalement en Europe occidental et au Sud-Est asiatique (Taïwan, Thaïlande, Philippines).Ce bois est utilisé en Pourtant le chef sait que des communautés bantoues plus instruites ont demandé la construction d'hôpitaux ou d'écoles en échange de leurs arbres.Le chef ne s'octroie pas le droit de l'exiger et se contente de savon et de sel.D'autres exploitants ont fait signer des contrats de coupe de bois en échange de quelques chèvres, de sacs de riz, de boîtes d'allumettes, etc.Ces contrats sont honteux de la part d'exploitants forestiers qui font des millions de dollars en misant sur la misère des communautés locales pour tirer le meilleur de leur forêt.Les compagnies congolaises, pour leur part, achètent des permis d'exploitation à la capitale Kinshasa sans consulter les populations locales.Défendre ses droits En vertu du code forestier en RDC, la loi est destinée garantir que les menuiserie pour la fabrication de meubles, de portes et fenêtres, d'escaliers, de planchers, comme placage, etc.Lorsque l'exploitant forestier a abattu toutes les essences d'arbres intéressantes sur le marché, il déménage dans une nouvelle zone.Il laisse derrière lui des travailleurs locaux sans emploi, des communautés aux prises avec le sida dû à i'augmentation de la prostitution sur les chantiers, des populations dont le mode de vie traditionnel a été complètement chamboulé.Elles se retrouvent plus pauvres et démunies qu'avant la coupe forestière.Les contrats de la honte Seion le nouveau code forestier en vigueur en RDC, les exploitants doivent payer des taxes à l'État congolais et 40 % de celles-ci doivent revenir à la province et de cette somme 15 % doit être versé aux communautés locales pour la construction d'écoles, de cliniques médicales, etc.En l'absence de contrôle étatique, plusieurs exploitants forestiers négocient de gré à gré avec les chefs de village sans tenir compte des contraintes du code forestier.Des chefs peu instruits, qui n'ont aucune idée de la valeur du bois convoité par les exploitants, sont prêts à céder leur forêt pour une bouchée de pain.Selon une dépêche d'Associated Press, du 1er mars 2006, le chef pygmée, Mbomba Bokenu, était prêt à laisser les compagnies forestières couper les arbres de son peuple en échange de quelques sacs de savon et de sel.«Les pygmées souffrent, nous acceptons ce qu'on nous donne.Nos enfants vivent dans la saleté, ils souffrent de maladie.Le savon et le sel signifient beaucoup pour nous», a expliqué le chef drapé dans une peau de civette (un type de félin), un bouclier de bois à la ¦mail."".—=*- - ¦ communautés des forêts bénéficient de la richesse de leur environnement.On estime que plus de 35 millions de personnes dépendent de la forêt pour se loger, se nourrir et se soigner.Comment défendre ses droits alors que : • Les pygmées sont victimes de la négligence et de la discrimination des autorités ; • Certaines tribus découvrent le monde moderne pour la première fois et qu'ils ne sont pas conscients de la valeur de leurs arbres.Il faudra des années de travail pour enseigner aux pygmées leurs droits et comment les faire valoir.Encore la Banque mondiale Le texte du code forestier a été prescrit par la Banque mondiale.Il contraint les compagnies forestières à négocier avec les populations locales pour obtenir les droits de coupe sur leurs territoires et les conditions associées à ce droit en fonction des normes imposées par le code.Les exploitants y perdent au change et s'y opposent sachant qu'ils vont rencontrer de plus en plus de résistance et que leur marge de profit va diminuer.Plusieurs communautés pygmées ont tenté d'expulser les exploitants forestiers de leur territoire.iiiiiij,, y_.- .•"*"!'» * a La Banque mondiale semble tout à fait équitable sur papier mais* ferme les yeux sur la réalité.Avec la complicité des bailleurs de fonds, des agences internationales de développement, des gouvernements, elle donne le feu vert à cette exploitation éhontée et néocoloniale des forêts du Congo Kinshasa.o?':>"s~'\ \vs À suivre.Dans le prochain article mpLes leçons apprises du Camerou^T" I CLÔDE DE GUISE Quand la BBC se bouche les oreilles Il y a quelques semaines, la BBC rapportait que le président vénézuélien Hugo Chavez avait commis une bourde gênante en déclarant que Noam Chomsky était mort.La chaîne britannique se serait ensuite rétractée après une écoute plus attentive des enregistrements des propos de Chavez, ce dernier faisant plutôt allusion à l'économiste John Kenneth Galbraith, décédé en avril dernier.Mais comme l'erreur gênante venait donc plutôt de la BBC, celle-ci, a cru bon d'ajouter qu'il était nécessaire d'écouter à trois reprises les dires de Chavez pour arriver à les comprendre.Étrange, quand même, cette difficulté à saisir le sens de paroles prononcées à voix haute, de la part d'une chaîne qui était tout à fait capable, en juillet dernier, de nous donner dans le détail les paroles de Materazzi, avant le fameux coup de tête de Zidane.In memoriam, Farley C.Matchett (1962-2006) Pour que cesse la barbarie De nombreux québécois ont été choqués d'apprendre que l'État du Texas avait exécuté Farley C.Matchett le 1 2 septembre dernier.Après avoir croupi 15 ans dans le couloir de la mort, Matchett n'aura donc pas échappé à la machine de mort texane malgré les nombreuses demandes de grâce venues de partout à travers le monde.Ayant été impliqués dans le comité québécois de soutien pour Farley Matchett, nous vous offrons ici une brève chronologie de cette campagne.Parce que si cette bataille a été perdue, la lutte qui a amené des milliers de personnes à dénoncer cette pratique barbare nous rapproche inéluctablement de l'abolition universelle de ce châtiment moyenâgeux.Car son abandon progressif, dont la tendance se confirme à l'échelle du globe, n'est pas le fruit du hasard mais bien de luttes acharnées comme celle qui a été inspirée par Farley Matchett.Voici donc, pour la mémoire de Farley, mais aussi pour susciter d'autres campagnes contre la peine de mort, quelques événements marquants de notre dernière année de lutte.La plupart des membres du comité ont pris connaissance de l'histoire de Farley Matchett par l'entremise des deux films que le réalisateur québécois Julien Élie lui a consacré, Le Dernier Repas (2002) et 999 060 (2004) (www.datcha.ca/far-ley pour des extraits).Leur amitié qui remonte à 1998, alors qu'un article lu dans Charlie Hebdo amène Élie à écrire une lettre à Farley.La réponse du condamné à mort le touche et pousse Julien à le visiter dans sa prison de Huntsville au Texas.Il en revient bouleversé et passera les années suivantes à réaliser ses deux films.31 mars 2006.Des collaborateurs du Couac, qui ne connaissent pas encore les autres membres du comité, organisent une projection des deux films de Julien Élie au café Le Placard à Montréal.Fin avril 2006.On fixe la date d'exécution de Farley au 29 août 2006 pour ensuite la reporter au 12 septembre 2006.«J'imagine que le bourreau devait marier sa fille le 29 août.», commente pince sans rire Julien Élie qui sait quelle mise en scène morbide attend Farley.En effet, Farley est alors transféré quelques temps dans une autre prison, histoire de bien marquer le début du compte à rebours.Juillet 2006.Le Couac publie un article sur la peine de mort aux États-Unis et sur l'histoire de Farley (voir au http://www.lecouac.org/article.php3?id_article=98).Août 2006.Au retour des vacances, les « couacquistes » sont mis en contact avec le reste du comité de soutien québécois à Farley Matchett et mettent sur pied, en collaboration avec Amnistie Internationale, une vaste campagne de pressions auprès des instances politiques pour tenter de sauver Farley.La campagne, qui est présentée sur le site d'Amnistie Internationale au www.amnistie.qc.ca/actions/ activite-dans-la-section.cfm ?record=4393, comprend la signature d'une pétition, la recherche de personnalités appuyant la démarche et l'envoi de fax au Texas Board of Pardons and Paroles qui peut recommander la clémence des condamnés à mort au gouverneur de l'état.Début septembre 2006.Consternation à l'intérieur du comité: nous apprenons de la bouche d'un membre du Texas Board of Pardons and Paroles que l'avocat de Farley, Anthony S.Haughton, n'a pas déposé la demande de grâce pour Farley dans les délais prévus et que les centaines de fax qui ont été envoyés au Board ne peuvent donc pas être pris en compte puisque les fax demandent d'appuyer cette demande.Bienvenue à Kafkaland.Colère et découragement au sein du groupe.Après un premier avocat dépressif qui s'est finalement suicidé, et un autre qui l'a aidé du bout des doigts, Farley, comme bien d'autres Noirs d'origine modeste, aura été mal servi jusqu'à la fin par ses avocats.9 septembre 2006.Julien Élie est interviewé par Jacques Bertrand à l'émission Macadam Tribu sur les ondes de Radio-Canada (voir au www.radio-canada.ca/radio/emissions/docu-ment.asp?docnumero=25515&numero=62 ).5 septembre 2006.Plus d'une centaine de personnes s'entassent dans le petit café Le Placard pour visionner 999 060 et entendre Thomas Hellman, Lhassa de Sela et Balthazar nous réchauffer le cœur de leurs chansons.Plusieurs autres invités défilent, dont Paul Ahmarani qui nous fait une lecture poignante d'un texte de Victor Hugo contre la peine de mort.12 septembre 2006.Nos espoirs s'envolent à mesure que les heures passent.Nous expéri- mentons un funeste compte à rebours, indigne de l'espèce humaine.Finalement, la triste nouvelle finit par arriver, avec les dernières paroles de Farley: «À ma famille, à ma mère et à mes trois précieuses filles, je vous aime tous.À mon frère et à ma sœur qui m'ont apporté leur soutien tout au long, restez forts et sachez que je vais vers un monde meilleur.Je demande pardon.À la famille de la victime, que ma mort vous apporte la paix et la consolation, puis passez à autre chose.Notre Seigneur Jésus-Christ, je me recommande à toi.Fais en sorte que ce ne soit pas la fin.Allez-y.Je suis prêt».Un journaliste québécois, que nous avions mis en relation avec Farley Matchett, a réalisé une entrevue avec ce dernier quelques jours avant la date fatidique.N'ayant pu réussir à publier l'entrevue dans le quotidien qui l'emploie, il nous a transmis les questions-réponses qu'il a échangés avec Farley par courriel.En voici un extrait : Pouvez-vous nous dire où vous vous trouvez présentement et dans quelles conditions vous vivez?Farley Matchett: Le couloir de la mort (Death Row), qui compte 3500 lits, se trouve dans la prison Polunsku Unit Prison.Mais, en fait, ce sont 500 prisonniers supplémentaires qui logent ici.Les 12 bâtiments que comprend notre prison sont strictement utilisés pour le couloir de la mort.Nous sommes enfermés 22 heures sur 24 et les repas nous sont servis à travers des fentes que les gardiens ouvrent à l'aide d'une barre.Nous avons droit à 2 heures de récréation par jour, mais sans contact physique entre les prisonniers.Nous pouvons seulement nous parler.Nous pouvons recevoir 2 heures de visites chaque semaine.Les machines à écrire, les radios, les ventilateurs et les bouilloires sont à la charge des prisonniers.Nous prenons une douche chaque jour en isolation totale.Chaque fois que nous quittons la cellule, nous sommes menottes.Selon vous, qu'elle est la chose la plus importante que la société américaine (et le monde) devrait apprendre de votre histoire personnelle?Farley Matchett: Voici ce que les États-Unis et le monde devraient savoir: ceci peut arriver à n'importe qui, à moins que nous commencions en tant que personne à nous tenir debout, car, comme le disait Martin Luther King Junior «l'injustice où quelle soit est injustice aux États-Unis» Mon histoire devrait servir à ouvrir les yeux sur le fait que la justice aux États-Unis est une épée à double tranchant.Les pauvres ont droit à la lame la plus aiguisée, les riches s'en tirent avec une lame émoussée.Le statut socio-économique, l'origine ethnique, la religion et les croyances jouent un rôle prépondérant dans l'application de la peine capitale.Y-a-t-il un message que vous aimeriez transmettre, une émotion que vous voudriez partager?Farley Matchett: Je tiens à dire à toutes et à tous que j'apprécie les efforts de ceux qui se sont battus pour moi et qui m'ont soutenu dans ma lutte pour la vie et pour la liberté.Que vous soyez pour ou contre la peine capitale, je dis que ces actes barbares n'ont aucun effet dissuasif, comme le prétendent ceux qui appliquent la peine de mort.Cette dernière ne sert qu'à assouvir la soif sanguinaire des égo de ceux qui sont au pouvoir.Les pauvres sont sacrifiés pour « nettoyer la société», mais les États-Unis ont toujours maltraité les femmes et les hommes noirs, et ce système d'esclavage moderne enferme aujourd'hui plus de 47% de femmes et d'hommes noirs dans ses prisons du Texas.pour servir de main-d'œuvre gratuite dans les champs.Le couloir de la mort contient à lui seul 41% de personnes noires.Pourtant, malgré ces deux pourcentages, nous ne représentons, comme race, que 14% de la population du Texas.Et pour couronner le tout, on nous maintient en isolement et on nous tue.Quelle que soit l'issue de ce 12 septembre, je suis entre les mains de Dieu et là où je suis, ils ne peuvent plus m'atteindre.Je suis en paix avec moi-même.J'ai foi en Dieu, confiance en mon avocat Anthony S.Haughton et j'ai le support de ma famille et de mes amis.Ce qui me blesse vraiment, c'est de voir le prix à payer pour ma mère, ma grand-mère, mes filles et mes proches.Ils ont été trompés et souffrent en silence.Cela n'est pas juste et j'espère de tout cœur que d'une façon où d'une autre la justice montrera son visage d'ici le 12 septembre à 18 heures.Merci à toutes et à tous.J'espère recevoir de vos nouvelles le 13 septembre, lorsque la victoire aura été acquise.ISABELLE BAEZ BRUNO DUBUC Le Couac, novembre 2006, page 6 INTRODUCTION A LETHIQUE 7/12: L'ÉTHIQUE DE KANT autres, n'ont rien à voir avec la moralité et que nous devons toujours tenir nos promesses.Nous devons est ici le mot-clé et la morale que Kant propose est justement appelée «déontologique» — d'un mot grec qui signifie «devoir».Cela permet de mettre le doigt sur une part importante de ce que Kant affirme: une action est morale quand elle est accomplie par devoir.En termes simples, voici ce qu'il suggère.catégorique.En voici une formulation: «Agis selon la maxime qui peut en même temps se transformer en loi universelle».C'est-à-dire, demande-toi si on pourrait vouloir universaliser le principe selon lequel tu agiras.Si oui, c'est ce que tu dois faire.Kant, en fait, Une action est morale quand elle est faite avec une bonne intention Ll utilitarisme, on l'a vu, est une théorie éthique conséquentia-4 liste, c'est-à-dire qu'elle cherche à déterminer la moralité d'un acte en examinant ses conséquences.Imaginez la situation suivante.À l'hôpital où vous êtes bénévole, un vieil homme malade et sans héritier vous confie qu'il a caché un million de dollars.Il vous dit où cet argent se trouve et vous demande, à sa mort, d'en faire cadeau aux Canadiens de Montréal, son équipe de hockey préférée.Vous promettez.Il meurt aussitôt.Vous savez aussi que l'hôpital aurait besoin d'un important appareil médical qu'il ne peut s'offrir et qui coûte justement un million de dollars.Que faire?Un utilitariste pourrait raisonner ainsi.Cet appareil sauverait des vies et son achat aurait donc de grandes conséquences hautement désirables.Le vieil homme, quant à lui, est mort et ne souffrira pas de cette décision, qu'il ignore.Les Canadiens, pour finir, n'ont pas vraiment besoin de ces sous et le bien qu'il ferait à l'équipe n'est rien à comparer à celui que l'appareil procurera aux patients.Tout bien calculé, un utilitariste pourrait donc vous suggérer d'acheter l'appareil, malgré votre promesse.Si ce raisonnement vous gêne, vous trouverez peut-être de quoi vous satisfaire du côté de ces théories éthiques dites non-conséquentialistes, pour lesquelles la moralité d'un acte dépend justement d'autre chose que de ses conséquences.Parmi elles, la théorie déontologique, proposée par Emmanuel Kant (1724-1804), est la plus influente.Kant soutiendrait que les conséquences, dans ce cas précis et dans tous les Une action est morale quand elle est faite avec une bonne intention (ou volonté) et cette bonne volonté est celle qui agit par devoir conformément à des principes que notre raison (pratique) peut mettre à jour.Cela veut d'abord dire que si je donne dès sous à des itinérants par pitié ou compassion, je n'agis pas moralement: je pose peut-être un geste conforme à ce que la morale demande, mais je n'ai pas agi moralement.Pour cela, je dois agir par devoir selon la règle rationnelle.Laquelle?Kant pense qu'on la trouvera en se demandant si une action est conforme à ce qu'il appelle l'impératif catégorique.Explication.Certaines choses sont admises comme des devoirs si on désire certaines autres choses.Par exemple si je veux devenir médecin, alors je dois étudier.Kant appelle un tel impératif hypothétique (si.alors).Kant pense que la morale est affaire de devoirs catégoriques, qui sont inconditionnels.Ils disent: Tu dois, point à la ligne.Dans tel ou tel cas particulier, on trouvera ce devoir en faisant passer aux actions possibles le test de l'impératif retrouve ici quelque chose qui ressemble à la vieille règle d'or de la moralité: («Ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas qu'ils te fassent » ).Revenons à notre vieux monsieur.Peut-on vouloir que les gens fassent des promesses qu'ils ont l'intention de ne pas respecter?Kant soutient que l'admettre est contradictoire et que l'institution même de promettre serait abolie par ce choix.Nous voici devant un devoir moral : on doit tenir ses promesses, on doit le faire parce qu'on doit le faire, point — et pas pour être bien vu dans son milieu, ou parce que ça nous sert dans telles circonstances et ainsi de suite.Aussi, notez-le, ce résultat a été obtenu par la raison: c'est que pour Kant nous sommes des êtres rationnels pour qui la moralité est affaire non de désirs, de bonheur ou de conséquences, mais de rationalité.Ce résultat (tenir ses promesses) ne souffre aucune exception et est universel.On doit toujours, partout, tout le temps, tenir ses promesses.On aura compris qu'il est bien difficile de vivre en conformité avec ces principes et que la morale kantienne est bien stricte et austère: on la dit même pour cela rigoriste.Kant a, il est vrai, donné diverses formulations de son impératif catégorique et l'une d'elles humanise un peu ce système.La voici: «Agis de façon telle que tu traites l'humanité, aussi bien dans ta personne que dans tout autre, toujours en même temps comme fin, et jamais simplement comme moyen.» En d'autres termes: n'utilise jamais un être humain, ne le traite jamais comme un moyen.Une dernière remarque.Cette pensée s'inscrit dans les idéaux du Siècle des Lumières, ce siècle dont Kant avait donné la formule: «Ais le courage de te servir de ton entendement».Elle se veut donc rationnelle, on l'a vu, et, surtout, fondée sur l'idée d'autonomie, en ce sens qu'elle reconnaît que nous sommes capables de nous donner nos propres lois.Le philosophe Alain résumait la réflexion de Kant en une formule : la moralité, c'est se savoir esprit et à ce titre obligé absolument.On ne peut probablement pas faire mieux en si peu de mots.Mais cette position, vous l'avez deviné, n'est pas sans soulever bien des critiques: on va le constater la prochaine fois.Pour en savoir plus : Les idées éthiques de Kant sont exposées essentiellement dans les deux ouvrages suivants: Fondements de la métaphysique des mœurs-, Critique de la raison pratique.Il existe de nombreuses éditions de ces deux ouvrages.NORMAND BAILLARGEON baillargeon.normand@uqam.ca Novembre, mois des lamentations de la prostate La rumeur qui circule depuis maintenant une vingtaine d'années veut que le mâle québécois souffre d'un profond désarroi, suite à la «victoire» d'un féminisme qui serait «allé trop loin».La complainte de l'homme en désarroi trouve écho dans des dossiers spéciaux de magazines à grand tirage, ainsi que dans des documentaires et des émissions d'affaires publiques à la télévision et à la radio.Dans cette lignée, deux colloques portant sur la «condition masculine» auront lieu le même jour, soit le 15 novembre, dans des hôtels à Québec et à Montréal.À Québec, le colloque s'intitule «Pères d'aujourd'hui: "actualisons la condition masculine"».On pourra y entendre des profs du département de religion de l'Université McGill parler de «discrimination systémique contre les hommes» et voir le documentaire «La machine à broyer des hommes», de Serge Ferrand.Ce colloque est organisé, entre autres, par Gilbert Claes, qui avait présenté un mémoire (le 26-01-05) à la Commission parlementaire sur la réforme du Conseil du statut de la femme.Il y avait déclaré Une pipe pour la paix, est-ce bien suffisant?C'est du moins ce que croyaient les premières nations.Cette bande dessinée raconte l'histoire d'un homme et d'une femme: l'un ancien militant communiste arrivé à 50 ans, l'autre est jeune et en pleine possession de ses moyens.Luis Neves a déjà une carrière de 20 ans derrière lui.Invité au Festival d'Angoulême en 1988, Luis Neves reçoit en 1991 le prix Onésime pour son album Les aventures de Quinquim — Le parapluie d'Ingres.Depuis plus de 10 ans, il enseigne la bande dessinée aux enfants et aux adolescents.*_ rejeter «absolument cette prémisse voulant que les femmes en Occident aient été soumises à une discrimination séculaire de la part de l'homme.» André Gélinas, présent à ses côtés, avait expliqué pour sa part que «l'incapacité juridique de la femme ne faisait que correspondre à un partage des rôles dans la famille traditionnelle pendant 20 siècles.Or, cette organisation familiale traditionnelle a fait en sorte que la race humaine s'est développée de manière considérable sur tous les plans, alors que les organisations familiales que l'on préconise aujourd'hui s'accompagnent visiblement d'une chute dramatique de la natalité.» Les deux larrons nient donc que les femmes aient été dominées par les hommes, soutiennent que tout allait pour le mieux quand les femmes restaient à la maison et que c'est bien de leur faute si la nation se meure.lean-Claude Boucher, qui présentait simultanément un autre mémoire de la même teneur, avait prétendu que lorsqu'une conjointe violentée téléphone au 911, «le père de famille est traité exactement comme un Juif, par Adolph Hitler, l'était, exactement la même chose.» Ce colloque risque donc d'offrir une tribune sympathique aux hommes désireux de cracher leur fiel contre le féminisme en particulier et les femmes en général, au nom des droits des hommes et des pères qui seraient aussi menacés aujourd'hui que ceux des juifs sous les nazis.Triste délire de persécution.À Montréal le même jour, le colloque «Comment ça va, les hommes?», s'inscrit dans la série annuelle des conférences La Presse/Radio-Canada.Ici, la discussion sera sans doute un peu plus nuancée, puisqu'il y aura aussi des féministes, dont Ariane Émond, de l'ancien journal La Mie en rose.Cette journée s'ouvrira toutefois par quelques mots prononcés par Guy Crevier, président et éditeur de La Presse, et par Sylvain Lafrance, vice-président principal des services français de Radio-Canada.La journée sera clôturée par des discours d'André Pratte, éditorialiste en chef de La Presse, et de Jean Pelletier, premier directeur de l'information à la télévision française de Radio Canada.Cet encadrement par des hommes de pouvoir révèle bien que si l'homme québécois va mal, à tout le moins conserve-t-il le con- trôle de la direction des entreprises médiatiques privées ou publiques.C'est d'ailleurs ce qui choque dans ce discours de l'homme en crise: si l'on observe qui trône au sommet de l'État et des partis politiques, des grandes entreprises, des universités, des armées et des Églises, ainsi qu'à la tête des institutions internationales (ONU, OTAN, OMC, FMI, Banque mondiale, Vatican, etc.), on n'y trouve que des hommes, ou presque.Le féminisme, loin d'être allé trop loin, a encore beaucoup de luttes à mener pour que les femmes soient égales aux hommes dans les lieux de pouvoir politiques, économiques, culturels, médiatiques, académiques, militaires et religieux.Que le mâle québécois organise des colloques pour se dire en crise face aux femmes, alors que le gouvernement conservateur vient d'annoncer qu'il coupait 5 millions de dollars au budget du ministère fédéral de la Condition féminine (presque 50% du budget annuel), voilà qui semble au mieux hypocrite, au pire insultant.FRANCIS DUPU1S-DÉR1 Vtoe p»pe parla paix 'OQl-empS/ Je me suis Couche hard dans les bras de , eJ-eo sa compagnie, j'ai repris goût à \d v(e/yQstra»ê (a KBerte- *- ^ ,(M|| n'.-ilM'hWHlI^JkJJJ___!__-'liti-l Pans ses bras J avais goufé au paradi'S.Je sentais protégé par" son amour- Cependant, ocus avions foujcorsIeSenWment-que l'amour eteul noenacé par la porno-^arjhfe : Le march€¦ Nous avions le senfi'-¦nenl" également" Ce système psychofafte.nous meneur en ' jne droite «*- LIVRES Tuer Platon Le Couac, novembre 2006, page 7 c EST LA GUERRE.La philosophie est un art de combat qui oppose, à travers toute l'histoire des idées, les partisans de Platon et les suivants d'Épicure.D'un côté, on célèbre les idées pures et l'Esprit désincarné, de l'autre, on apprécie les plaisirs et le corps.Cette bataille est la thèse de Michel Onfray depuis ses tous premiers ouvrages.Dans les deux premiers tomes (sur six!) de sa Contre-histoire de la philosophie, il se lance dans un passage en revue de l'armée matérialiste et hédoniste dont il se réclame.Tous les philosophes et penseurs qu'il recrute, parfois de force, dans ses troupes sont présentés sous leur rapport avec Platon et ceux qu'il a influencés.Les deux premiers tomes (titrés Les sagesses antiques et Le christianisme hédoniste) se consacrent aux penseurs antiques et aux penseurs de l'époque chrétienne.Au lieu de nous resservir les philosophes que n'importe quel prof de cégep nous a déjà racontés cent fois, Onfray va chercher dans l'histoire de l'antiquité des personnages qui ont été laissés dans l'ombre.En effet, qui connaît bien Leucippe, Antiphon, Aristippe de Cyrène, Eudoxe et Philodème de Gadara?Onfray réussit à montrer que ces penseurs répondent très précisément aux Pythagore, Socrate, Platon, Aristote et autres Plotin qu'on nous présente généralement comme seuls «vrais» philosophes.Ce «régime d'écriture platonicien de la philosophie» voilà ce contre quoi Onfray lutte.En rendant non seulement accessible mais aussi en vulgarisant ces pensées il participe à la « transvaluation de toutes les valeurs » si chère à Nietzsche.Votre but est-il de faire vivre aux humains de la volupté ici et maintenant dans la réalité?Vous cachez-vous plutôt derrière le masque des bonheurs à venir dans des paradis lointains et inaccessibles?Considérez-vous le plaisir du corps comme une chose souhaitable ou comme quelque chose d'impur qui déconcentre des vertus essentielles de l'esprit?Notre vie sur Terre est-elle une opportunité de plaisirs ou une vallée de larmes?Voilà les interrogations autours desquelles Onfray nous présente ceux qu'il met en scène.Avec ces peintures guerrières au visage, les différents philosophes prennent des contours très définis.Leurs idées sont tellement simplifiées qu'elles sont faciles à aborder pour tout le monde.Si on peut saluer le travail immense à la fois d'érudition et de vulgarisation, il est aussi nécessaire de souligner les tares de la démarche d'Onfray.D'abord, même si la guerre que décrit Onfray est riche en explication et en nouveaux points de vue, elle réduit beaucoup de pensées complexes à bien peu de choses.Si on coupe dans la sophistique souvent ennuyeuse, on perd aussi beaucoup en contenu.Tout ce qui ne semble pas entrer dans l'opposition entre la recherche du plaisir matériel et le sacrifice pour les idées pures devient secondaire ou n'est simplement pas mentionné.Ensuite, il semblerait qu'à force de lutter on développe une haine immense contre certains opposants.Platon, bien sûr, passe à la moulinette la plus impitoyable.Même chose pour Paul de Tarse (saint Paul) qui devient le responsable patenté de la déchéance de la chrétienté dans l'horreur ascétique et sacrificielle.Les ennemis deviennent des monstres qui n'ont pour qualité que d'être détestables et de servir de contre-exemples.Enfin, on se demande parfois ce que penseraient les auteurs ainsi embrigadés dans l'une ou l'autre des deux armées philosophiques.Pour les Grecs et les chrétiens souvent caricaturés, passe encore, nous les connaissons de si loin.Mais quand Onfray en sera à aborder des personnages plus près de nous historiquement, est-ce que la division ne paraîtra pas encore plus grossière et simpliste?Les 25 ans que Michel Onfray a passés à enseigner dans un lycée français montrent ici toute leur force.Ceux qui ont eu la chance d'entendre les conférences qui ont donné naissance à ces écrits le savent bien.Tous les professeurs de philo de cégep auraient grand avantage à lire ces ouvrages qui pourraient donner une toute nouvelle couleur à leur cours.Les universitaires trouveront en Onfray un nietzschéen qui dépeint ses ennemis à gros traits, mais, en même temps, un érudit provocateur qui n'a pas son pareil pour tracer les lignes de forces qui habitent certaines pensées connues ou méconnues.Finalement, pour ce qui est du grand public, il est bien possible qu'il trouve là une façon nouvelle et intéressante d'aborder la philosophie, ce qui n'est certainement pas un mal.SIMON TREMBLAY-PEPIN Onfray, Michel, Les sagesses antiques Contre-histoire de la philosophie, Volume 1 Paris : Grasset, 2006, 331 p Onfray, Michel, Le christianisme hédoniste Contre-histoire de la philosophie, Volume 2 Paris.- Grasset, 2006, 341 p Une mamelle primordiale de l'auto-défense intellectuelle demeure, après la capacité de douter, l'enquête.Voici quelques BD tentant d'y voir plus clair ou d'éclabousser un système roboratif à force de bégayer inlassablement des fractions de vérité.LES DAMNÉS DE NANTERRE (Denoël Graphie) de cette rigoureuse Chantai Montellier qui n'a de cesse de s'attacher aux pas de femmes sorcières, de parias et autres pestiférés pour débusquer le museau de l'hypocrisie, des oppressions et des mensonges superposés à l'infini.Dans ce livre, elle contre vérifie le coup de jeunes exacerbés qui, après avoir fait main basse sur des armes, ont flingue du bleu en plein Paris en 94.Son argumentaire inclus des documents de Daeninckx et ramène contexte (politique et social en berne) et perspective (histoire des répressions et meurtre de civils par la police).Galvanisant.PROFESSEUR BELL, T.5 L'Irlande à bicyclette (Delcourt) de Sfar et Tanquerelle n'a aucune vergogne par rapport aux bons sentiments.Les protagonistes ne souhaitent qu'en découdre mortellement avec l'autre même lorsque ce dernier est un lutin!!! Improbable mais jouissif avec un humour noir à débusquer de quoi l'inhumain est capable en matière sombre.PAPY PLOUF (Albin Michel) de Martin Veyron narre une croisière de riches et de pleins.De trop pleins dirait-on à l'unisson avec l'auteur qui surajoute d'abondance jusqu'à faire déborder chacune des situations au point d'en finir avec une propulsion littéralement volcanique pour ce bateau qui ressemble à s'y méprendre au scénario planétaire.Hiérarchie, intelligence et divertissement en prennent pour leur rhume.MIRAGE HÔTEL (6 Pieds Sous Terre) de Pourquié et Matz sont des plus habiles à jongler avec l'illusion, notamment avec un gardien de nuit qui n'arrive plus trop à démêler le vrai du faux.Ultimement et réalistiquement, il assume toutefois ses rêves les plus fous.Un quartier défiguré par l'argent, des politiciens se confondant avec les mafias, des commanditaires avides mais, également une peinture caracolante du feu des couleurs automnales.BRUSSL1, Le conquérant (Humanoïdes Associés) de Fonteneau et Etienne nous amène dans un mystère de l'arrière-pays qui pourrait rappeler les pirouettes du Mont-Orford avec mille méandres et couardises au point de faire ressurgir des loups.Des loups qui acceptent de jouer aux mercenaires en portant des bottes et un uniforme pour ne pas finir.au zoo et à poil.En somme, la métaphore de bien des refus de combattre l'ennemi en son sein.__VALENTIN TARDI SUBHUMANS (Canada), New dark age parade (G7 Welcoming Committee) Revoici les Subhumans d'il y a 26 ans ou presque.Seul le batteur est un nouveau tout en étant un vétéran pour avoir été au sein des DOA et SNFU.Le groupe de Vancouver, bien connu pour son irrévérence et ses valeurs D1Y.Gerry Hannah, bassiste et membre du Vancouver 5 (emprisonné en 1984 pour avoir fait exploser une part de Litton Industries travaillant pour l'industrie militaire de Boeing), signe, comme deux des autres membres, le tiers de textes virulents et de musiques punk rock si typique d'un son Vancouver qui réactivent l'urgence avec à-propos.Tel ce World at war où les laissés pour compte, prisonniers, affamés, deviennent innombrables! LES FRÈRES CHEMINAUD, Les hommes des tavernes (RIF/ Outside) DANY PLACARD, Rang de l'église (RIF/ Local) Il faut saluer RIF cette étiquette de la même gang que la salle le Va-et-vient (sur Notre-Dame près du métro Lionel Groulx) où se produisent la crème de la scène émergente francophone (Arseniq 33, Avec pas d'easque, etc.).Les deux plus récentes productions de l'étiquette ?Du rock de campagne ! Les Frères Cheminaud font dans le rodéo rock électrique avec des bourrées (Ride de char) à en perdre haleine.Parlant haleine, cette dernière, un brin alcoolisée leur fait dire que nous en serions restés à l'homme des taverne.Les deux guitaristes usent également de banjo, mandoline et pedal steel pour ajouter à cette sympathique récolte.Quant à Dany Placard, qui nous a également donné Plywood 3/4 (projet d'instruments inventés), le revoici avec des chansons déconcertantes qui, comme des capteurs de rêves, flirtent avec des moments de vie trop rares.Chaque pièce fait figure de loup solitaire que, au détour d'un sentier, nous croiserions pour un instant inoubliable.Accouchant d'un blues rock du terroir suffisamment lent pour bien pénétrer par toutes les pores de la peau, Placard a dégoté une bande de lascars tout aussi complices que lui à la guitare: Patrick Hamilton (contrebasse), Dany Leclerc (batterie), Benoît Rocheleau (trombone!!!) et quelques autres vieux singes (Urbain Desbois, Eve Tournoyer, etc.).TAGADA JONES, Le Feu aux poudres (Enrage/ Indica) S'autodéterminer rime avec une musique à explosion et des textes hérissés pour ce groupe extrême français.Ouverture d'esprit non dépourvu d'une rage salvatrice résume ce cinquième opus aux textes ponctués dans des registres frères; punk rock, hardcore, métal et électronique.Les remixes offrent de rudes réécritures électroniques tandis que «Combien de temps encore» avec Guizmo (Tryo) capte un clin d'œil acoustique bienvenue.THE BICYCLES, The good, The bad and the cuddly (Fuzzy logic) Sans ambages ce quintet torontois au nom révolutionnaire s'échine avec un bonheur évident sur un rock faisant le pari souriant des années bubblegum (70).À l'instar des Monkees, Kinks, Brian Wilson, ils et elles parviennent à une musique aux arrangements touffus dotés d'une instrumentation étonnante proposant un rendu des plus dynamiques.Comme sur la désopilante Longjohns and Toques.LES BREASTFEEDERS, Les Matins de grands soirs (Blow the fuse/ Fusion III) Survolté ce groupe garage n'est pas sans rappeler l'aspect percutant du garage punk des années 60 en surajoutant, à l'occasion, des textes qui décapent un monde qui tourne au point d'éjecter bien des citoyens dans le néant.«Tout va mieux dans le pire des mondes», «Où allez-vous si vite?» et «Le Roi est nu» sont de ces pièces qui rock avec une tête sur les épaules.Enfin des idées qui ne manquent pas de riffs et de fuzz ! LES GEORGES LENINGRAD, Sangue puro (Dare to care/ Outside) Ce groupe montréalais a su s'imposer dans un circuit international d'un rock basique dopé aux sythés tout en développant une image trouble pour ne pas dire de fou furieux Un rythme soutenu, des miasmes d'électroniques antidatées, des textes fiévreux (Mammal Beats et autres) pour bien achever cet autre George.Essentiellement trashy rock fantaisiste sinon volontairement caricatural d'un rock qui refuse de voir ses doigts dans les narines ! RAMON VITESSE Les profits iront au RADIOTHON de CIBL, les 10, 11 et 12 novembre prochains! Soyez-y! Vous aimez lire la satire du Couac ?Vous adorerez écouter Musironie la radio-poubelle de gauche, au www.musironie.com! Chaque semaine, Alain St-Pierre, Guillaume Lévesque et Bob l'Aboyeur nous présentent les faits marquants des « grands médiocres », les « Bob nouvelles » de la semaine et les perles de l'actualité scientifique, tout ça bien sûr avec une bonne dose d'humour et de dérision! Musironie est diffusé sur les ondes de Radio-Montréal (CIBL) 101,5 FM, le vendredi de 14 à 16 heures.Mais vous pouvez aussi réécouter toutes les émissions passées sur leur site web, et en particulier des entrevues avec: Jean Bricmont (auteur du livre L'impérialisme humanitaire), Real V.Benoît/ Ivy, Jacques Lazure (auteur du livre Abolir les partis politiques), François Parenteau des Zapartistes, Sébastien Lafleur, Johanne Savoy, du groupe Wal-Town, Pierre Dubuc (auteur du livre Le vrai visage de Stephen Harper), Bruno Dubuc (réalisateur de l'Anus Horribilis), André Duchesne, et plusieurs autres.As-tu I l'oreille aux „ * enchères?Venez nous visiter sur : www.montreal.kijiji.ca kijiji CIBL Radio-Montréal met aux enchères des dizaines de prix extraordinaires! Voyages en train, vélos, certificats voyage, livres, billets de spectacle, disques, etc.;fjffe Radio-, Uilp Montréal www.cibl1015.com CES CONS QUI NOUS GOUVERNENT Le Couac, novembre 2006, page 8 Les grands imbéciles Ils n'appartiennent pas nécessairement à la catégorie des imbéciles en général.Ce n'est pas une condition indispensable.Je parle ici plutôt d'une variété supérieure du genre.qui gouvernent les États et, sans exception, les dirigeants des multinationales.La Maison blanche est en bonne place dans le catalogue.La catégorie des grands imbéciles peut comprendre des individus stupides de naissance, mais dans une proportion nullement différente de celle qu'on observe dans l'ensemble de la société.Sous l'appellation générique de grands imbéciles, il y a donc place pour des gens intelligents et leur contraire.Les uns et les autres se retrouvent ensemble dans la poli tique et dans les grandes affaires.La politique, notamment, ne les départage pas, elle les additionne.Sont membres à part entière de cette famille: la grande majorité des individus Grand imbécile I l'ai beau étudier sans parti-pris ces collections d'individus, j'ai beau les comparer aux gens ordinaires, cela ne fait que confirmer mon idée: il fallait créer une classification à part, celle des grands imbéciles, qui coiffe si bien le gouvernement américain actuel, mais d'autres aussi, M.Harper disons.Dans la catégorie de mon invention, un type probablement brillant, par exemple M.Cheney, ne tranche pas sur le moins doué; il lui prête au contraire ce qu'il contient lui-même d'insignifiance, qui est considérable.L'un et l'autre, disons M.Cheney et M.Bush, présentent un front extraordinaire, qu'ils défendent avec un égal culot.Les opinions des deux font un mélange que cimente le liant particulièrement efficace qu'est le mensonge, le mensonge grossier, énorme, public, répété aussi souvent que nécessaire.Le mensonge fond l'intelligence avec la sottise en un composé cynique bien propre à la consommation par des multitudes déjà conditionnées par la télévision et par la presse.Mais, en fin de compte, en quoi consiste la grande imbécillité?Pourquoi cette classification originale?Essentiellement les grands imbéciles sont aveugles aux conséquences des actes économiques, politiques, sociaux et militaires de l'impérialisme.Ces conséquences, démesurées, fatales, peut-être eschatologiques à terme, provoquées principalement par l'esprit de domination violente de la part des États et des intérêts privés ainsi que par le gaspillage des immenses capitaux qui seraient nécessaires pour tenter d'empêcher l'effondrement écologique universel qui s'annonce et est déjà commencé, eh bien ces conséquences n'entrent pas en ligne de compte dans les idées des grands imbéciles.Cette imbécillité spécifique, nouvelle, est en train de compromettre l'avenir de l'humanité.Supposez que le hasard, dans une réunion sociale, vous mette en présence de Cheney, Bush, Rumsfeld.Alors, eux descendus de leur piédestal ou de leurs échafaudages, comment pensez-vous que vous vous sentiriez, face à face avec eux, à hauteur d'homme?Par leur pensée, ce sont des inférieurs.Telle est la véritable mesure de leur taille.Vous n'auriez pas de complexe.Vous les toiseriez, et de haut.PIERRE VADEBONCŒUR Deux télévisions qui rivalisent de stupidité Lj éléphant médiatique Québécor (je refuse de supprimer l'ac-i cent) va présenter le 27 novembre ses requêtes au Conseil de la radio et de la tévévision canadiennes (CRTC).En tête de liste, militant, contre tout bon sens, en faveur du phénomène antidémocratique de concentration de la presse, Québécor veut unifier ses diverses salles de nouvelles.Si jamais le CRTC devait autoriser pareille ânerie, il faudrait en remplacer tous les membres.Mais Québécor soulève, peut-être sans s'en rendre compte, une question plus vaste, celle du rôle de la télévision dans notre société.Lorsqu'elle a été créée, dans les années 50, et confiée à la Société Radio-Canada (SRC), la télé n'était pas conçue principalement comme un divertissement ni comme un vecteur publicitaire.C'était un puissant instrument d'éducation populaire, dont l'Unesco vantait l'énorme potentiel.Des organismes comme l'Institut canadien d'éducation des adultes (ICEA) collaboraient étroitement avec la télé naissante.Pendant que des penseurs remarquables comme René Lévesque (Point de mire) et Fernand Séguin (Le sel de la semaine) examinaient en profondeur l'actualité mondiale, des écrivains comme Roger Lemelin (Les Plouffe) et Claude-Henri Grignon (Les belles histoires des pays d'en haut) présentaient des miroirs à une société dans laquelle la Révolution tranquille était déjà en gestation.Peu après la création de la télé de Radio-Canada, Télé-Métropole (TVA), une télé privée, est née, sur laquelle Québécor allait mettre la patte.Le CRTC a fixé une règle selon laquelle TVA ne doit pas diffuser plus de douze minutes de pubs à l'heure.Québécor demande maintenant la suppression de cette règle.Signalons que la pub à la télé ou à la radio n'est pas de même nature que la pub dans les journaux, revues ou prospectus.La première s'impose sans ménagements, mobilisant notre attention, tandis que la seconde est soumise à notre droit de tourner la page.Les pubs à la télé peuvent devenir insupportables.Mais le téléspectateur hésite à tourner le bouton, s'il tient à l'émission qui prend les pubs en sandwich.La demande stupide de Québécor reflète donc un certain mépris du spectateur et le culte de l'argent-roi.La télévision de Radio-Canada manifeste quant à elle sa propre stupidité, qui consiste à se percevoir comme une concurrente de Télé-Métropole dans la chasse aux cotes d'écoute, au détriment de sa mission éducative.Elle doit enrichir ses spectateurs spirituellement et non pas enrichir financièrement son temps d'antenne.Québécor demande que Radio-Canada soit limitée à un maximum de six minutes de publicité à l'heure.On pourrait s'étonner de la timidité de cette demande, et proposer que Radio-Canada se contente des sommes qui lui sont votées par le Parlement fédéral et qu'à l'exemple de la radio publique, elle laisse le financement privé à la télévision privée.Québécor aurait parfaitement le droit de considérer que la concurrence de Radio-Canada pour le financement privé est une concurrence indue.Entre autres mesures, pour se contenter du financement public, Radio-Canada pourrait réduire considérablement son temps d'antenne.Elle pourrait aussi saisir l'opinion publique de ses besoins essentiels et réclamer une plus grande générosité du Parlement central qui nage dans les surplus.Le double financement n'a aucune justification rationnelle ni morale.On ne le tolère que parce qu'on n'y a pas vraiment réfléchi.PIERRE DE BELLEFEUILLE Martineau ou la conspirationnite aiguë Pas une chronique où Martineau ne glisse, pour rehausser la crédibilité d'un journaliste, qu'il n'est pas un conspirationniste disjoncté qui passe ses journées devant son ordi1 ! Richard est à la bêtise, ce que Milou était à Tintin ; ça, on le savait déjà.Mais il est devenu tellement lassant à compulser sur le même sujet depuis des mois qu'on serait quasiment heureux de le voir revenir à son autre thème préféré: lui-même., , 1- Richard Martineau, Voir, Édition du 12 octobre 2006 Souveraineté.alimentaire ! Voyant un graffiti où on pouvait lire Mort aux cons, De Gaulle, imperturbable, avait dit: Vaste programme.Dans le programme du Parti Vert, qui compte 61 pages, ce n'est qu'à la page 54 qu'apparaît finalement le mot souveraineté.Il y est question de souveraineté.alimentaire! Encore récemment, on pouvait entendre le front les convictions profondes des Québécois, davantage progressistes.Et que fait McKay?Il attaque Québec solidaire, trop hostile selon lui au monde des affaires.« C'est pas le socialisme qui va régler les problèmes environnementaux», clame-t-il, prenant position «au centre du spectre idéologique».Et que fait Boisclair, de son côté?Fait le cave, si vous voulez mon opinion.Dans une Cl M E PPAR J* yoGouirr perce, qv'tl y a, un peu de-nous autres là-ded& X chef de ce parti, un certain Scott McKay, proclamer son refus de «s'associer à l'un ou l'autre des deux camps qui s'opposent sur la question nationale».La souveraineté ou le fédéralisme ne sont pas la préoccupation des Verts, a ajouté le chef.Ça alors ! Dans un programme qui apporte des solutions urbi et orbi pour absolument tous les problèmes qui touchent la société — sport, transport, travail et le reste, mettez-en —, la souveraineté ne serait qu'alimentaire! Réducteur, dites-vous?De quoi faire passer Robert Bourassa et sa souveraineté culturelle pour un irrédentiste séparatiste.Citant le ci-devant McKay, la Presse canadienne en rajoute.«Le regard tourné vers le développement durable, le PVQ ne va pas s'aliéner la moitié de la population en appuyant une option référendaire particulière.» Soyons sérieux, messieurs-dames des Verts.Un si beau programme, mais pas de territoire pour le mettre en œuvre.Un peu comme le gars qui se fait imprimer le plus beau ticket de l'histoire des autobus, dans une ville où il n'y a malheureusement pas de transport en commun.Force est de constater que, comme les voies de la Providence, les positions électorales sont parfois tortueuses.Voyons plutôt.Un sondage de La Presse (14 octobre) nous apprend que le parti de Stephen Harper «dégringole au Québec».Les raisons avancées?Les positions conservatrices heurteraient de conversation en tête à tête avec Réjean Thomas à la radio, il susurre qu'il«/aut soulager le capital, il faut que le Québec devienne l'endroit au monde où le capital est le mieux accueilli possible, créant de l'emploi et donnant de la richesse aux gens».Il est en effet de commune renommée que la première préoccupation du capital est de rendre les gens heureux.Décidément bien lancé, Boisclair avouait partager plusieurs idées avec l'homme-lige de Power Corp., Alain Dubuc.Normal alors qu'il s'en prenne à «une certaine gauche», utopiste et qui se trompe en voulant que les riches et les entreprises contribuent davantage en taxes et en impôts.La vérité, selon Boisclair, c'est qu'on manque de riches au Québec.On le devine bien décidé à en créer d'autres.Comme si c'était des forts en chiffres, et non des utopistes, qui ont fait faire à l'humanité des progrès signifiants.Un lecteur du Devoir écrivait récemment: «Quand je vous ai entendu vous questionner sur la signification d'« être à gauche » et sur les excès de votre parti dans cette direction, j'ai compris qu'aux prochaines élections, les Québécois devront choisir entre le conservatisme et l'ultraconservatisme.À tout prendre, je choisis le conservatisme de M.Cnarest (.).Mieux vaut un mal qu'on connaît qu'un mal encore pire qui n'ose pas s'annoncer.» À bien y penser, avec des amis du genre Boisclair, a-t-on besoin d'ennemis?Non! Mais je ne voterai pas libéral pour autant.Même si, pour paraphraser Guy Bedos que je citais dans la dernière livraison du Couac, il est parfois bien difficile d'être indépendantiste, surtout quand on n'est pas fédéraliste.MICHEL RIOUX
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