Le couac, 1 novembre 2009, novembre
Novembre 2009 | Vol.13- n° 2 | 3,50$ Je pense, donc je nuis Forum Social Québécois : réseautage ou combativité?p.3 Charkaoùi brise ses d chaînes P.s ouac Dix fausses croyances sur l'Iran P 8 POSTES CANADA CANADA ^mtw POST Po*iM# oax3 Po,i« Publication* A PubhrJlioni M.il 0024866 minis îm iiaciiand ntmu SIMON TREMBLAY-PEPIN Un rapport confidentiel de la Fondation pour un contrôle à visage humain (FCVH), obtenu en exclusivité par le Couac, présente les tentatives de paniques médiatiques des dernières années comme ayant des résultats «bien en deçà des effets escomptés».La fondation, reconnue pour financer généreusement les médias de masse, ne soulève qu'un bon point au carnet des vastes empires tant écrits qu'électroniques : la grippe A-H1N1.Le rapport de la FCVH intitulé Un peu d'effroi pour un monde plus juste s'ouvre sur un constat accablant : «Alors que la frousse généralisée, la peur bleue et la panique bien sentie sont au centre de notre stratégie de développement depuis les dix dernières années, on ne peut faire autrement que de constater avec regret que leurs effets s'étiolent malgré des efforts financiers soutenus de notre part.» Les exemples de ce marasme présentés dans le rapport sont légions.Parmi ces exemples, l'ouragan Bill.«Cette option nous semblait prometteuse.Nous avions connu de bons succès avec des ouragans précédents et un énorme retour sur l'investissement avec Katrina.Bill nous semblait un bon nom et la Nouvelle-Ecosse assez proche pour effrayer le commun des mortels».LCN a donc mis le paquet : logo effrayant et entrevues choc.Bilan : aucune panique réelle, pas de discussions dans les rues, personne ne tremble dans les chaumières.Comble de malheur, alors qu'une animatrice la contactait pour une entrevue téléphonique, une résidente de Halifax, Carole Leblanc, prenait l'approche de l'ouragan à la légère : la dame, voyez-vous, «adore les tempêtes».Tout heureuse de parler à la télé, la voix pimpante, elle racontait qu'elle aimait voir tomber la pluie et souffler le vent et à quel point tout le monde était prêt et qu'il n'y avait pas à s'inquiéter.La FCVH comptait aussi sur la nouvelle chaine V, en particulier sur l'émission Dumont36o, pour distiller des petites craintes quotidiennes, «pas des vraies grosses frousses mais des petits éléments vaguement épeurants qui attirent l'attention : requins blancs au large d'Old Orchard, curés kidnappés à Longueuil, renaissance de l'ADQ.Rien de bien sérieux, mais des choses qui mettent les gens mal à l'aise».Le rapport souligne à quel point ses investissements dans V n'ont pas porté fruit pour l'instant, malgré l'expertise apportée par les productions «La Presse», pourtant reconnues dans le milieu du scandale de petite envergure.Plus récemment, une autre tentative a échoué : « Depuis des années, le terrain est préparé pour la question des finances publiques.Tant les coupures dans les revenus de l'État, le choc démographique, les mentions répétées de la croissance de la dette que les menaces de déficit et d'austérité à venir ont été lancées : tout était prêt.Or, le lancement de cette campagne nous a bien déçus.» L'animateur vedette de TVA, Pierre Bruneau, trônait au centre d'un dispositif sans pareil.Le Québec dans le rouge a été le thème de plusieurs bulletins de nouvelles avec, en plus d'un logo annonçant le scandale, un compteur de la dette (lancé la semaine précédente par l'Institut économique de Montréal) en continu au bas de l'écran.Là aussi, grande déception pour la Fondation pour un contrôle à visage humain : les Québécois-e-s répondent négativement à un sondage sur l'augmentation des tarifs, même après de nombreux papiers des agents de terrain Dubuc, Piché et consorts.En entrevue dans le décor apocalyptique de Pierre Bruneau, le ministre des Finances (pourtant libéral) ose même dire qu'il ne coupera pas dans les dépenses sociales de l'État.« Le journaliste, dont on ne pourrait blâmer les efforts, insiste un peu, mais rien n'y fait.Le ministre veut bien limiter la croissance des dépenses, mais pas de coupures, il ne faut pas trop s'énerver.Les beaux jours du déficit zéro de Lucien Bouchard, avec ses mesures audacieuses, sont bien loin», se désole le rapport de la FCVH.Seul bon coup au tableau : la grippe A-H1N1.« L'avantage dans ce dossier, c'est qu'il y avait de vrais morts dès le début.Il fallut bien sûr hausser le ton, crier plus fort qu'on le devrait et faire sonner les trompettes, mais au moins nous avions une base.À partir de cette base il est facile de transformer toute non-nouvelle en nouvelle.» Malgré tout, le pari n'était pas gagné d'avance, constate le rapport : «L'échec du virus du Nil et celui du SRAS aurait pu refroidir la fondation, mais heureusement, elle a plutôt continué d'aller de l'avant avec le projet A-H1N1.Il faut saluer ici le courage des investisseurs dont le soutien a été indéfectible et prendre acte d'un constat très simple : pour qu'une pandémie fonctionne, il faut des morts.» Cité en exemple de succès sur ce dossier, Radio-Canada a, par exemple, consacré un reportage à apprendre à la population qu'en cas de crise, un hôtel de l'Estrie pourrait être utilisé pour recevoir des malades.La journaliste nous fait faire un tour complet de l'hôtel, on y rencontre tous les employé-e-s pour conclure que ce genre de mesure pourrait avoir lieu partout au Québec.sauf dans les grands centres comme Montréal, Québec, Sherbrooke, etc.«Des reportages de ce type semblent anodins à première vue.Ce dont il y est question ne concernera qu'une très mince partie de la population, si même ce projet venait à se réaliser.Par contre, le seul fait qu'on parle sérieusement à la télé de transformer un hôtel en hôpital donne de la crédibilité à la panique.» Malgré une baisse importante du «taux de volatilité de l'effroi public» (TVEP), la Fondation pour un contrôle à visage humain veut garder le cap.« Il est important de noter que malgré cette baisse de panique, la population québécoise ne semble pas pour autant s'intéresser aux questions politiques de fond ni aux débats de sociétés.Si nous pouvons nous réjouir de cette apathie, nous ne pouvons pas présumer qu'elle durera éternellement.Continuer d'investir pour augmenter le TVEP semble encore la meilleure option.» Malgré une baisse importante du « taux de volatilité de l'effroi public» (TVEP), la Fondation pour un contrôle à visage humain veut garder le cap."y.v If we can, why not ?Barrack Obama a reçu le Pullitzer la semaine dernière, pour l'autobiographie qu'il fera paraître à la fin de sa présidence.musironie Encore grippe A HiNi Un sondage démontre que 95 % des Québécois sont prêts à se faire vacciner si on leur garantit d'arrêter de leur en parler après.musironie OUF, ON A CHAUD! Le palmarès du-magazine Forbes montre que les 'riches ont souffert de la crise; heureusement, l'appauvrissement du reste de la population a^permis de conserver intact le fossé entre les deux.mustronie Grippe A H1N1 Après une batterie de tests menés par des épidémiologistes de l'Institut de la Santé Publique du Québec, on sait maintenant que la durée de vie du virus chez l'humain est de 8 à 10 jours, alors qu'elle est de 8 à 10 mois chez les médias.musrionie BATMAN.A LA SURPRISE GENERALE ETIENNE DESPRÉS : co = r> .o :i - • -1- En conférence de presse à Oslo ce 9 octobre dernier, le Comité Nobel a annoncé que l'honneur du Prix Nobel de la paix reviendra cette année à Batman.Au-delà du combat inlassable du justicier masqué contre les forces du mal au cours des soixante-dix dernières années, ce sont ses voeux de paix dans le monde qui ont conquis le jury.« Batman s'est démarqué par sa volonté claire, puissante et sans compromis de bâtir un monde meilleur pour nos enfants », a souligné en conférence de presse Thorbjorn Jagland, président du Comité Nobel.«Il a su fasciner l'humanité par ses rêves de justice, et son message d'espoir trouve écho partout à travers le monde.Et son costume.moulant mais viril.Flexible mais ferme.Voilà la marque d'un vrai sauveur de l'humanité.» Interrogé sur la capacité d'un personnage fictif d'avoir un impact réel sur le monde, M.Jagland n'a pas paru ébranlé.«Notre processus de sélection est rigoureux et évalue les candidats selon leur mérite, leur parcours et leurs engagements.Nous ne discriminons pas selon la race, le sexe ou la matérialité.» Rejoint à son domicile quelques minutes après l'annonce, Batman se disait surpris de la décision du Comité.«C'est Robin qui m'a réveillé peu avant 6h pour m'annoncer la nouvelle.J'ai d'abord cru qu'il bougeait en rêvant - il me donne souvent des coups de pied dans son sommeil.Mais voilà qu'il m'annonce cette nouvelle invraisem- blable ! Cette fois c'est moi qui croyais rêver.» «J'accepterai le prix avec humilité.Ce n'est pas un honneur qui me revient personnellement ; le combat que je mène est celui de tous les hommes et de toutes les femmes.Que ce jour serve d'inspiration à tous ceux et celles qui luttent pour un monde meilleur.» Mis au courant de la bourse de dix millions de couronnes suédoises accompagnant le prix, le chevalier noir a enfilé son costume de bain, inscrit «Fermé» sur la porte de la Batcave et lancé «Chéri! On part en croisière ! ».Si certains lauréats des années passées ont accueilli favorablement la nomination de Batman, d'autres étaient moins enthousiastes.Henry Kissinger, lauréat de 1973, a déploré la violence de certaines interventions de Batman dans le cadre de sa lutte contre le Joker et estime que «la paix ne devrait s'obtenir que par la paix».Theodore Roosevelt, lauréat de 1906, a pour sa part critiqué le lourd arsenal accumulé par Batman, allant même jusqu'à qualifier le vengeur masqué de «militariste».Parmi les candidats en lice figuraient également Edward Cullen pour sa promotion de la cohabitation harmonieuse entre vampires et humains, Harry Potter pour ses efforts de rapprochement avec les Moldus, et les lunettes du Dalaï Lama pour avoir fourni à ce dernier la vision d'un monde plus juste.Le Comité Nobel a refusé de commenter sur l'armée de 40 000 mort-vivants que Robin serait en train de mettre sur pied dans World ofWarcraft pour venir à bout d'une vieille guerre qui s'éternise.077176670387902 2 Le Couac | novembre 2009 1400 LE COMPTEUR DE L'INADMISSIBLE Au ier novembre 2009, cela fait 1400 jours que Abdelkader Belaouni se terre dans l'Église St-Cabriel pour ne pas être déporté.Pour l'aider : www.soutienpourkader.net O 3$ 9m Falardeau et Macerola Il faut remercier les libéraux de Jean Charest.Ils ont attendu la mort de Pierre Falardeau avant de nommer François Macerola à la présidence de la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC).Quelle délicatesse ! Souvenons-nous que Macerola était directeur général de Téléfilm Canada lorsque Falardeau cherchait désespérément du financement pour son film «15 février 1839».Celui-ci bénéficiait d'un large soutien populaire, mais cela n'a pas ébranlé au début Macerola, qui lui a fait livrer des Dunkin'Donuts pour lui dire toute l'estime qu'il portait à son projet.Cela a pris trois ans avant que l'organisme fédéral ne consente finalement à verser deux fois moins que ce que la SODEC avait déjà consenti à verser.L'oeuvre majeure que l'on sait pouvait malgré tout naître.Et voici maintenant ce type (candidat libéral défait en 1998 et président de la commission politique du PLO de 2002 à 2004) à la tête de la SODEC, l'organisme québécois qui aura droit de vie ou de mort sur nos projets filmiques.Misère! Si Falardeau avait su que Macerola allait être nommé à la SODEC, il aurait peut-être rendu l'âme plus tôt.Oui, merci Jean Charest.SYLVIO LE BLANC La pondération des tarifs des services publics est une hérésie La question de la tarification des services publics risque de faire la manchette des grands médias jusqu'à plus soif durant les quelques mois qui suivent.Pour ma part, je n'en peux plus d'entendre couler les larmes de crocodile chez les promoteurs de cette stratégie, sérieusement envisagée par le gouvernement Charest.Cette fois le prétexte est pour se sortir [de son] du déficit qu'il a lui-même créé au profit de ses tis-amis (ceux qui financent ses élections et sa cour$e à la cheffe-rie du PLO) en diminuant leurs impôts à coup de milliards, qui sont par hasard ces mêmes milliards qui lui manquent aujourd'hui.Est-il besoin ici de préciser que ceux qui ne bénéficient pas de leur part des richesses collectives, choix politiques obligent, n'ont pas du tout vu d'avantage des énormes diminutions d'impôt offertes par le gouvernement Charest dès sont élection de 2003.Quand je dis les larmes de crocodile, je parle des considérations que les promoteurs de la révision de la tarification des services publics ont à l'égard de ceux que nos dirigeants politiques privent de leur part des richesses collectives parce qu'ils les gardent pour eux et leurs tis-amis.Ce qui est pour moi une hérésie c'est le fait que les promoteurs de cette tarification mur à mur des services publics évoquent régulièrement la possibilité que les organismes dispensateurs de ces services à la collectivité mettent eux-mêmes sur pied une tarification pondérée, comme dans le cas d'Hydro Québec, par exemple.Ce serait pour moi une très grave erreur politique de demander à ces organismes de gérer eux-mêmes une pondération de leurs tarifs afin de protéger le pouvoir d'achat de ceux qui sont privés de leur part de richesse parce que leurs mieux nantis s'en réservent plus que leur part.Le seul moyen et qui est strictement de la responsabilité directe de gouvernement c'est d'augmenter les revenus de ceux qui sont privés de leur part de richesse collective.Il ne faut pas demander à Hydro Québec, par exemple, de mettre sur pied un service de pondération de ces tarifs.Ceci serait une très grave erreur et un précédent très dangereux.Ce n'est pas de la responsabilité des organismes publics ou parapublics de répartir les richesses.Il s'agit de la responsabilité stricte de l'exécutif du gouvernement élu.En mettant sur pied un service de pondération de la tarification à l'intérieur de chaque organisme qui rend des services à la population cela donnerait alors raison aux irréductibles de la diminution de la taille de l'État.De plus, ce n'est pas leur rôle (les organismes de services) et ils n'ont pas du tout l'expertise et le mandat populaire pour le faire, comme de financer les écoles encore dites abusivement privées.RENAUD BLAIS Pourquoi ne pas lier taxes et environnement Le premier ministre Jean Charest déclarait récemment ne pas vouloir lier lutte aux gaz à effet de serre et besoin de renflouer les coffres de l'État.On peut se demander pourquoi.En effet, les deux sont une nécessité.Pourquoi ne pas faire d'une pierre deux coups?Les écotaxes et particulièrement les taxes sur le carbone sont très utilisées en Europe.La Finlande a adopté une taxe carbone dès 1990.Elle fut suivie par la Suède, la Suisse, le Royaume-Uni et la France qui vient de décider de taxer le carbone en 2010.Le ministre Suédois des Finances déclarait récemment à propos des taxes Le Couac 6940, rue Jogues, Montréal (Québec) H4E 2W8 514.596.1017 Fondé en 1997 par Pierre de Bellefeuille et Jean-François Nadeau co-rédacteurs en chef Guillaume Beaulac, Bruno Dubuc, Simon Tremblay-Pepin.collaborateurs Isabelle Baez, Christine Burtin Lauthe, Julian Cole, Eve-Lyne Couturier, La Souris Déglinguée, Etienne Després, Marianne Di Croce, Martin Dufresne, Nadeige Fortier, Emilie E.Joly, Frédéric Legris, Eric Martin, Anne-Marie Provost, Lulu Schmiel, Valentin Tardi, Simon Tremblay-Pepin, Christian Vanasse, Ramon Vitesse.illustrations et photos Bobidoche, Serge Ferrand, Luc Ciard, Hal, Rémy, Ramon Vitesse.correction Louise Caroline Bergeron mise en page Coopérative Molotov - molotovcoop.org imprimé par Hebdo-Litho distribué par Cladu distribution Abonnement et publicité : 514.596.1017 ISSN 1480-2074 • N° de publication (Poste Canada) 1213369 Imprimé au Québec PLOGUE Halim Mahmoudi, dont les dessins réjouissent, provoquent ou questionnent les lecteurs du Couac depuis de nombreuses années, vient de lancer en France sa première BD intitulée « Arabico ».Fortement inspiré de son enfance dans la «cité» française, la bande dessinée raconte l'histoire d'Arabico, un jeune français de 13 ans d'origine algérienne.Ayant perdu sa carte d'identité et connaissant le sort qu'on réserve aux «sans papiers», Arabico prend peur, se terre, s'enfuit puis disparaît.Abordant des thèmes comme le rapport entre amis, la famille, la violence et les humiliations face aux différentes institutions et, connaissant la plume acérée de notre ami Halim, on espère que l'album sera disponible bientôt au Québec.Pour info : http:// arabico.canalblog.com Cadeau empoisonné Cambriolage au bureau de comté de Justin Trudeau : la police minimise la disparition de l'ordinateur personnel du député de Papineau, affirmant que personne de sensé ne voudrait usurper son identité.musironie '«&¦ HT"- carbones : « c'est une très bonne source de revenus et c'est un modèle très efficace pour réduire les émissions de CO2.De plus, le Québec n'a-t-il pas innové à l'échelle Nord-Américaine en 2007 en mettant en place une faible taxe sur les hydrocarbures ?Notre environnement est de plus en plus mal en point et nous nous devons d'agir énergiquement.Les ténors de l'écologie nous disent qu'il faut changer de mode de vie.Dans ce contexte, l'utilisation des écotaxes, loin d'être un prétexte pour aller chercher plus d'argent dans les poches des citoyens, doivent être vues comme un moyen de propulsion vers des comportements plus écologiques.PASCAL GRENIER Dany Turcotte et Bernard Fortin à Gentilly pour La petite séduction Bernard Fortin qui porte une affection particulière aux échanges intergénérationnels aura-t-il le courage de dénoncer la centrale nucléaire, principal centre d'intérêt de ce village?Le legs de cette usine sera un trou sans fond de dépense pour notre génération et les générations futures, sans compter les 2500 tonnes de déchets hautement radioactifs qui continuent de s'entasser dans cette belle région.Souhaitons à M.Fortin et à M.Turcotte que les vents chargés de tritium soient nord-est pour éviter de mauvais souvenirs à ces derniers.Les organisateurs de l'émission ont passé outre la visite du site nucléaire.On peut se demander pourquoi?La plus belle séduction que Gentilly pourrait offrir à tous visiteurs serait l'annonce du démantèlement de cette vieille usine et la création d'un centre de recherche en déclassement nucléaire.SÉBASTIEN BOIS POUR S'ABONNER Un an : 30,42 $ + taxes * 35,00 $ Deux ans : 52,15 $ + taxes « 60,00 $ Abonnement institutionnel et de soutien : 52,15 $ + taxes = 60,00 $ Abonnement de groupe d'un an (10 copies par parution) : 225,98 $ + taxes » 260,00 $ Abonnement d'un an à l'étranger : 43,46 $ + taxes = 50,00 $ nom _ adresse code postal téléphone par téléphone 5l4.596.lOl7 par la poste Le Couac, 6940, rue Jogues Montréal (Québec) H4E 2W8 Adressez votre chèque à : Le Couac Vous voulez collaborer au Couac ?Vous pouvez nous faire parvenir vos textes (maximum 700 mots), dessins, photomontages par courriel au info@lecouac.org.www.lecouac.org Le Couac | novembre 2009 Après le Forum social Québécois La gauche : réseautage ou combativité ?ERIC MARTIN De retour du Forum social québécois (FSQ), je repense à ce que je m'étais dit en rentrant du Forum social mondial (FSM) de Mumbaï, Inde, en 2004.Un rassemblement fantastique, pluriel et bigarré, où l'on se sent chez soi.mais avec cette détestable impression qu'en dehors de s'éprouver, cette grande famille de la gauche n'allait porter aucun coup significatif au capitalisme.Cinq ans plus tard, même constat, à une différence près : la perspective de celui qui écrit a changé, et sa patience s'est érodée.Au FSM, on faisait du «réseautage» et de la mise-en-partage d'expériences, en remplissant son livret de «contacts».Au final, par contre, l'affaire débouchait tout au plus sur une dénonciation du «néolibéralisme», sans que celle-ci soit suivie de quelque plan offensif coordonné des résistances et mouvements sociaux.Accumuler des adresses et multiplier son appartenance à des réseaux de «solidarité», voilà qui est bien beau, mais on serait tenté de poser à nouveau la question du romancier français Georges Bernanos qui disait «la liberté, pour quoi faire?» : du réseautage, ok, mais, «pour quoi faire?».On se retrouve au Québec un peu avec le même genre de foire bigarrée qu'à Mumbaï.Un lieu de convergence fantastique, sans doute, mais encore?Cela ne veut pas dire que des débats chers à l'extrê-me-gauche, ou des intervenant-e-s en provenant, n'ont pas eu leur place au FSQ.Les Nouveaux cahiers du socialisme ont tenu une série d'ateliers, des groupes socialistes ont tenu des kiosques, des débats ont eu lieu sur des enjeux militants chers à l'extrême-gauche : rôle de l'État, rapports de forces et de classes, réformer ou renverser le capitalisme, comment s'organiser, etc.Mais, alors, où est donc le problème ?Quittant le FSQ, un camarade : «Il paraît que les mouvements sociaux sont apathiques au Québec.En tout cas c'est ce qu'on a fait comme constat dans la plupart des ateliers auxquels j'ai assisté».Et pourtant, nous voici en pleine crise économique, au bord d'une négociation du secteur public et aux prises avec des menaces de tarification des services publics sur les bras, ce qui risque de signifier toute une série de privations et de violences pour la classe des travailleurs et travailleuses au Québec.Comment se fait-il que la gauche ne soit pas en colère et sur le pied de guerre ?Quelques pistes.D'une part, la nature du forum fait problème.Il s'agit d'un lieu propice au réseautage, aux discussions et aux bilans, mais la question «Que faire?» s'y pose très peu, puisqu'il ne s'agit pas d'un lieu de coordination de la lutte, mais d'un «espace d'échange».Cela empêche aussi le développement d'une analyse globale synthétique, malgré son existence fragmentaire.Ensuite, le rapport des forums sociaux avec l'action politique combative ou révolutionnaire les place de facto sur le terrain du réformisme.Partout, et particulièrement au Québec, cela révèle la présence d'un fossé entre l'extrême-gauche révolutionnaire et la gauche sociale, syndicale ou alter-mondialiste, distance qui révèle à son tour une évacuation du marxisme, du socialisme et de l'anar-chisme et sa marginalisation dans les organisations révolutionnaires.La gauche « mainstream » peut ensuite difficilement faire autre chose qu'une critique verbale du néolibéralisme, ce qui la conduit immanquablement à un repli sur le néokeynésianis-me ou «l'économie sociale», laissant intacte la mécanique profonde du capitalisme et de la société de classes.Des années de cogestion et de collaboration de classes ont laissé le syndicalisme mal en point.On émettra un communiqué de presse ou on fera une manifestation sur l'heure du lunch (tout en promet- tant un «automne chaud» qui ne vient jamais).Certes.Mais en dehors de la dénonciation discursive, tout recours à l'organisation concrète, à la désobéissance civile ou à l'action directe semble écarté à priori, le moralisme petit-bourgeois bien-pensant des «journalistes» aidant.La communication et le réseautage semblent avoir remplacé la combativité.Il n'est pas question ici d'être ingrat envers les avancées concrètes de la gauche québécoise cette dernière décennie.Par contre, il s'agit de poser la question des endroits où sont investies les énergies, et de la capacité de ces moyens à rencontrer une fin qui, elle-même, reste drapée de brouillard.Si nous avons comme objectif de transmuer la résistance perpétuelle en offensive, un réexamen s'impose.L'auteur de ces lignes n'a plus de patience pour les sempiternels constats sur l'échec du néolibéralisme et les «manifestivations» alors que nous devrions être en train de nous battre collectivement et d'édifier une alternative au capitalisme.Peut-être est-il utile ici de rappeler cette phrase de Pierre Vallières, dans La liberté en colère, à propos de la différence entre un révolutionnaire et un réformiste, qui est celle entre «celui qui parle d'allumer un incendie, et celui qui le fait».Peut-être avons-nous désappris ce que veulent dire colère, combativité et liberté.Voilà peut-être des idées qu'il vaudrait la peine de faire tourner un peu plus dans.nos réseaux.La liberté, cela ne veut pas dire faire «table-rase» de tout.Il s'agit d'être assez attaché aux autres et au monde pour refuser, lorsqu'on leur fait violence de manière systématique, de se contenter d'une énième pétition, qui, en définitive, reste une supplique adressée à ceux qui détiennent illégitimement le pouvoir et s'en servent pour refuser sa dignité au peuple.Comme le dit le film 24 heures ou plus, on a alors le choix : s'étourdir festive-ment/contre-culturellement, mourir seul, ou se battre avec les autres.NO» Toujours plus loin Les frontières de la stupidité ont encore été repoussées la semaine dernière, alors que Guy Laliberté s'est retrouvé en orbite autour de la Terre.,, musironie Découverte scientifique Une nouvelle nébuleuse peu lumineuse a été identifiée la semaine dernière par des astronomes amateurs qui l'on nommée la nébuleuse de la tête de Guy.musironie Fin de la mission sociale et poétique de Guy Laliberté RDI doit maintenant trouver des nouvelles.musironie Plusieurs personnes se s^>hj ^Vmrées/ds^Uçs en àpp'reharii qùè lé.voyage de- Guy Laliberté d&ns}!e,sp3fce n'était pas un aller sirrrpre,: ^ ; ' ' - ' - .' .• .• • ." ~ - musironie Un titre usurpé En conférence de presse, l'astronaute Marc Garneau a tenu à rectifier certains faits: c'est bien lui, et non pas Guy Laliberté, le premier clown de l'espace.musironie Décrochage CHRISTIAN VANASSE Les statistiques de décrochage dans nos écoles, particulièrement chez les jeunes hommes, sont présentées de façon alarmante dans les médias.65 % des garçons décrochent du secondaire ! Le chiffre fait frémir.Catastrophe absolue, écrit l'éditorialiste, échec lamentable, vocifère l'animateur, génération sacrifiée, hurle la ligne ouverte! Wo, les émetteurs.Loin de moi l'idée de ne pas être aussi excité par cette troublante statistique mais, c'est plus fort que moi, les chiffres, je m'en méfie comme de mon comptable.C'est ce que dit toujours mon comptable.Et si à l'école on nous apprend que 2 et 2 font 4, dans la vie, ça dépend.Ça aussi, mon comptable me le dit souvent.Comme l'écrit le professeur Louis Cornellier, «un DEC n'est pas le seul gage de réussite scolaire, et les élèves qui décrochent un diplôme d'études professionnelles (DEP) méritent aussi nos félicitations.» Et chez les moins de 20 ans, le taux de diplomation est à 80 %.Pas tout à fait absolue comme catastrophe.Échec de l'école ?Un jeune ordinaire passe sa journée au téléphone à jouer à des jeux vidéo au son de la musique qu'il télécharge pendant qu'il regarde You-Tube en twittant ses amis Facebook.Y mue, y pue, yé full testosterone et carbure au Curu.On va lui demander de prendre un crayon, une feuille de papier pis fouiller dans un vieux Larousse de 1986 ?La lutte est inégale.L'école est comme l'élève, sans moyens, elle échoue.Pis ceux qui ruminent qu'on était ben mieux avec le cours classique oublient qu'avant la Révolution tranquille 66 % des étudiants l'échouaient le cours classique.pourtant, cette génération a quand même fait deux, trois affaires pas pires, non?Facque, j'attendrais un peu avant de sacrifier une génération.Ça s'peut qu'ils finissent par tous nous torcher ! Et ça, mon comptable me le dit toujours.Faible mobilisation des profs de philo LA FAUTE A PLATON ?MARIANNE Dl CROCE Le 19 septembre dernier, Le Devoir publiait le «devoir de philo» de Bernard La Rivière intitulé «Max Stirner et "l'égoïsme" des professeurs de philosophie».Ce texte, écrit au nom du c.a.de la Nouvelle Alliance pour la philosophie au collégial (NAPAC), tente d'expliquer le manque d'engagement des professeurs de philosophie dans cette association, la seule nous dit-on, leur permettant de se réunir pour défendre l'enseignement de la philosophie dans les cégeps.Questionnant ce manque de mobilisation qui fragilise la NAPAC et d'autres initiatives du milieu philosophique, l'auteur soumet quelques réponses à l'aide de l'anarchisme individualiste de Max Stirner.À partir de deux idées, «l'anarchie, c'est finalement le refus de toute autorité autre que soi-même» et «chacun est unique», on avance que la réticence à s'associer des professeurs de philosophie reposerait sur la crainte de l'autorité qui pourrait émaner du groupe.Elle risquerait de diluer l'unique en affectant l'autonomie ou le pouvoir de chacun sur lui-même.Est-ce bien là le fond de l'affaire ?Les profs de philo seraient-ils et elles effectivement des stirnérien-ne-s qui s'ignorent et qui ne parviennent pas à s'associer au nom de leur autonomie, voire de leur intégrité?Si cette idée peut sembler séduisante, permettez-moi de considérer une autre voie pour expliquer en partie la démobilisation qui semble affecter bon nombre d'entre eux et elles.La tradition philosophique n'enfermerait-elle pas le «philosophe» dans une sorte d'individualisme suffisant qui le tient à l'écart de l'action?Cette question choquera sans doute les principaux intéressés.Mais un détour par l'histoire de la philosophie ne tend-t-il pas à nous donner un peu raison?Platon sème déjà une base individualiste dans la figure du philosophe qu'il institue sous la forme du philosophe-roi.En tant qu'individu naturellement capable de connaître le Bien, lui seul peut et doit gouverner la cité.Cet avantage que lui confère sa connaissance du Bien place le philosophe dans une position privilégiée.N'y aurait-il pas là le germe d'un sentiment de supériorité l'empêchant de faire véritablement partie d'un groupe d'égaux?Considérant que les profs de philo, de par leur formation, sont rattaché-e-s à la tradition philosophique, cela pourrait expliquer leur désintérêt à s'associer.Dans leur classe, avec leurs étudiant-e-s, ils et elles peuvent confortablement être ces philosophes-rois détenant et transmettant la connaissance.C'est beaucoup moins évident lorsque qu'ils et elles se retrouvent ensemble.Il n'est donc pas étonnant qu'ils et elles préfèrent le refuge de la connaissance à l'action collective.Si cela paraît mince pour justifier complètement l'idée que la tradition philosophique est intrinsèquement porteuse d'individualisme, c'est négliger l'influence déterminante de Platon sur le développement de la philosophie.Whitehead écrivait d'ailleurs en 1929 que «la philosophie occidentale n'est qu'une série de notes de bas de pages aux dialogues de Platon».Quelques décennies après Platon, les Stoïciens conçoivent le philosophe comme ce sage comprenant qu'il n'a pas de pouvoir sur les choses qui lui sont extérieures et que tout ce qu'il peut changer c'est lui-même.Cette affirmation, parfois utile, conduit néanmoins l'humain à se détacher du monde qui l'entoure et à se centrer sur lui-même.Au plan politique, la pensée stoïcienne induit un désengagement, car les changements dépendent rarement d'un seul individu.Notre ami Descartes n'arrangea pas les choses avec son «je pense donc je suis» qui a fortement contribué à positionner la philosophie du côté de l'individualisme.Cette célèbre formule pose l'individu comme étant lui-même la chose qu'il peut le mieux connaître et comme ultime point de départ de la connaissance.Plusieurs autres exemples pourraient être apportés pour montrer que la philosophie est porteuse de cet individualisme, mais l'espace manque.C'est toutefois cette forte tendance qu'a la philosophie à penser l'individu avant la communauté et à s'attribuer une supériorité, qui me semble expliquer l'attitude des représentant-e-s de cette tradition et pourquoi l'action collective ne leur est pas évidente.Pas surprenant que certain-e-s philosophes ont WHKKêêêêKêêKêKSêKêêKHM fortement critiqué leurs pairs et la philosophie.Pensons à Marx et Engels : « Les philosophes n'ont fait qu'interpréter diversement le monde, ce qui importe c'est de le transformer».Ou à Hannah Arendt, qui préférait se dire théoricienne du politique plutôt que philosophe, reprochant à la philosophie d'avoir valorisé la pensée au détriment de l'action.Il ne s'agit pas d'excuser les profs de philo qui devraient, comme «philosophes», pouvoir s'abstraire de l'influence de cette tradition.Le constat, ne leur en déplaise, est qu'ils et elles sont des personnes comme les autres et bien de leur temps.Si la philosophie occidentale échoue ici à dépasser l'individualisme et le désengagement contemporains, il est grand temps de redécouvrir « l'autre tradition » qui s'y cache.Celle de Marx et d'Arendt pour ne nommer que ceux-là.Il devient urgent de «jouer la tradition contre la tradition», afin que la philosophie puisse véritablement s'engager dans le monde et y déployer le potentiel qu'elle porte pour participer à le transformer.Les philosophes n'ont fait qu'interpréter diversement le monde, ce qui importe c'est de le transformer. Le Couac | novembre 2009 Du côté des « motés » christine burtin lauthe J% ai assisté à un atelier du Forum social québécois sur Les Clients de la prostitution -à Québec, les femmes en situation de prostitution les appellent les «motés».Le sujet est plutôt subversif puisque ces hommes sont habituellement tenus dans l'ombre et que bon nombre de gens nient que la prostitution ait toutes les caractéristiques d'une oppression.La première à intervenir - devant 60 à 70 personnes, dont une dizaine d'hommes - fut Aurélie Lebrun, auteu-re d'une étude à ce sujet - «Être un homme, exercer son pouvoir», CATHII, juin 2009.Elle a interviewé une dizaine de «clients» ayant prostitué des femmes dès l'âge de 14 ans, toujours dans les bars de danseuses qui jouent, dit-elle, un rôle important dans l'apprentissage des prostitueurs.Apprentissage intimement lié au processus actuel de devenir homme et qui se déroule entre hommes.Mais, en bout de ligne, ils préfèrent les escortes et les masseuses qu'ils peuvent plus facilement forcer (payer) à faire ce qu'ils veulent.La deuxième fut Stéphanie Charron, ex personne prostituée, qui avec beaucoup d'aplomb et de vérité mais sans tomber dans le voyeurisme ni le pathos, a témoigné de ce qu'elle avait vécu jusqu'à l'été dernier à titre de danseuse dans ce milieu.Sa présentation a été très applaudie.Enfin, Rhéa Jean a insisté sur les aspects sociétaux de la prostitution et de la consommation de femmes et de jeunes par les hommes adultes, un problème ignoré par le discours qui limiterait les intervenantes à une simple «réduction des méfaits».Un monde sans prostitution Les trois jeunes présentatrices se rallient aux propositions de la CLES (Concertation des luttes contre l'exploitation sexuelle).Les questions de l'auditoire ont été assez nombreuses sur le conflit entre les féministes abo-litionnistes et le lobby réglementariste - incarné à Montréal par l'organisation Stella, l'amie de Maimie.Quelqu'un a déploré que les mouvements féministes ne soient pas capables de s'entendre alors qu'ils partagent certains enjeux : la décriminalisation des personnes prostituées elles-mêmes, par exemple.On s'est également questionné sur la possibilité pour des personnes très atteintes par la prostitution et la drogue de s'en arracher un jour, en demandant aux panélistes ce que la CLES proposait comme solutions dans cet enjeu de sortie de la prostitution.Pour ma part, j'ai souligné l'importance de disposer enfin aujourd'hui d'études sur les prostitueurs-clients, et donc sur la demande.Il me semble indispensable que le Québec apporte, avec le mouvement abolitionniste, une autre parole, un espoir et une perspective d'avenir pour celles et ceux qui sont dans la prostitution (contrairement au discours convenu de Stella à l'appui de l'industrie).J'ai trouvé les réponses des panélistes pertinentes et solides ; on sent que la mouvance abolitionniste se structure et s'impose progressivement comme intervenant de premier plan, en vue d'un monde sans prostitution.LE PRIX NOBEL RENOUE ENFIN AVEC LA PENSÉE DE SON FONDATEUR emilie e.joly Après les attaques préventives, nous connaissons maintenant l'avènement des prix Nobel préventifs.À la surprise générale, le Comité Nobel norvégien a décerné le prix Nobel de la paix 200g à nul autre que Barack Obama, «pour ses efforts extraordinaires en vue de renforcer la diplomatie internationale et la coopération entre les peuples».Dès cette annonce, les avis étaient partagés quant au mérite réel du président étasunien.Récipiendaire du prix en 1983, le syndicaliste, exprésident polonais et «libérateur de la Pologne du joug communiste» Lech Walesa considère que le prix lui est décerné pour trop peu et surtout trop tôt.Le parti républicain a pour sa part dénoncé que le prix soit remis au président seulement pour sa célébrité et ses qualités d'orateur, plutôt que pour de réels accomplissements.Barack Obama - qui n'arrive toujours pas encore à croire qu'il ait réussi à se faire élire président - s'est lui-même dit très surpris par cette récompense.Pour essayer de désamorcer la controverse des nouveaux prix-préventifs, Obama a annoncé «avec humilité» qu'il acceptait de recevoir cet hommage en le considérant comme un «appel à l'action, un appel à toutes les nations à répondre aux défis du 21e siècle».Il a également mentionné qu'il verserait la bourse d'environ 1,4 million de dollars à diverses œuvres de charité, bien que certaines rumeurs allèguent que Michelle ait tenté de le convaincre d'user de cette somme pour refaire la cuisine de la Maison-Blanche.Évidemment, plusieurs se sont offusqués que le prix Nobel de la paix soit remis à l'homme le plus puissant de la planète, qui mène de front deux guer- res simultanées, plutôt qu'à une défenseur-e des droits humains persécuté-e.Cette récente attribution lance donc une nouvelle ère des prix Nobel récompensant la paix et la diplomatie.Le prix fut bien remis pendant certaines années à de fortes personnalités engagées dans des luttes actives contre l'oppression, mais qui, à bien y penser, n'ont pas accompli bien davantage qu'Obama, et qui, pour leur part, ont joui de beaucoup plus de temps.En effet, la majorité des récipiendaires n'ont réellement que très peu d'accomplissements concrets à leur actif et ont réussi à recevoir leur Nobel sans grande polémique.Pensons récemment à l'iranienne Shirin Ebadi (2003) et aux graves violations aux droits humains -et aux droits des femmes en particulier- qui persistent en Iran, ou à Aung San Suu Kyi (1991) qui n'a toujours pas libéré la Birmanie du Myanmar.Quant à d'autres récipiendaires renommés, nous n'avons qu'à nous tourner vers le Cuatemala pour constater que les efforts de Rigoberta Menchû Turn (1992) n'ont pas vraiment porté fruit pour l'avancement des droits des peuples autochtones ou vers l'Inde toujours accablée par la pauvreté malgré les efforts de Mère Teresa (1979).Ainsi, bien que le comité Nobel norvégien ait erré par le passé, il apparaît que cette nouvelle attribution renoue enfin avec la véritable pensée de son fondateur, Alfred Nobel, inventeur de la dynamite, qui a fait fortune - fortune sur laquelle fut initialement basée les récompenses accompagnant les prix Nobel - dans le domaine de l'armement.Obama est le quatrième président à recevoir le prix Nobel de la paix après Theodore Roosevelt (1906) - conquête de Cuba, guerre aux Philippines - ; Woodrow Wilson (1919) - fondateur de la Société des Nations, certes, occupation des États-Unis en Amérique Latine et dans les Caraïbes (Mexique, Haïti, République dominicaine), Première Guerre Mondiale - ; et Jimmy Carter (2002) - guerre en Afghanistan version x.o - : tous de grands présidents étasuniens ayant excellé pour la paix dans le monde.Enfin, en 1973, Henry Kissinger, criminel de guerre aux grands talents de diplomate, a également reçu le Nobel de la paix pour son travail lors de la négociation des accords de paix du Vietnam.Sa contrepartie nord-vietnamienne, Le Duc Tho, a pour sa part refusé « sa moitié » du prix Nobel, expliquant que la paix n'avait pas encore réellement été restaurée au Sud-Vietnam.Ainsi, Obama a souligné qu'il ne voyait pas cette récompense comme une «reconnaissance de ses réalisations», mais plutôt comme une «affirmation du leadership des États-Unis face aux aspirations de toutes les nations».Et là, rien de nouveau.Historiquement, comme le souligne si habilement l'historien Howard Zinn dans son article « Nobel Prize for Promises?» (Truthout, 10 octobre 2009), les prix Nobel de la paix ont toujours récompensé l'impérialisme américain.Et ont souvent souligné les maigres efforts faits pour tenter de régler des conflits que les États-Unis ont eux-mêmes créés.Enfin, s'il était vraiment question de reconnaître l'esprit de paix dont sont capables les États-Unis, il aurait mieux fallu attribuer le prix Nobel de la paix à l'étasunien moyen.L'étasunien qui a perdu sa job, qui a vu son fonds de pension disparaître pour servir au refinancement de General Motors ; l'étasunien qui a perdu sa maison, faute de pouvoir payer son hypothèque.Cet étasunien moyen qui, malgré tout, n'a pas, dans ces moments de désespoir, prit une de ses nombreuses armes achetées légalement pour descendre son patron.Voilà un bel exemple de paix sociale étasunienne.Fausse joie À Cuantanamo Bay, on aurait voulu sauter de joie et applaudir le Nobel de la paix à Obama, mais avec les fers aux pieds et les deux mains attachées'dans le dos.musironie TaSE* ET SAMÎC ttCMTALE.• C'EST "B»tM LA PERSoNNE- ?7 NON,'/.' L.U.CttT MON COLLÈGUE oui A le.TRJ5om',0.uE.Décès de Nelly Arcan MMMMWMM MARTIN DUFRESNE Une amie me fait remarquer que ce sont surtout des hommes qui écrivent aux journaux pour déplorer la mort de Nelly Arcan.Pourquoi?Peut-être à cause du fantasme de Putain, un titre racoleur imposé par son éditeur.Pourtant, la chercheure Melissa Farley (www.prostitutionresearch.com) nous a dit il y a trois ans, à Montréal, qu'il s'agissait là du livre le plus réaliste jamais écrit sur le mépris des «clients» et l'expérience de l'érosion de soi dans la prostitution, même dite de luxe.Peut-être aussi - c'est ce que pense mon amie - parce que peu de femmes ont tendance à s'identifier à une belle femme dénonçant le culte de la beauté.«Choisis, fille!» Pourquoi?Heureusement, on trouve sur des blogues et des listes de diffusion comme Netfemmes des textes beaucoup plus sentis sur la perte d'Arcan.J'ai entendu celle-ci dire, lors d'un atelier organisé à l'occasion des 25 ans du CSF (Conseil du statut de la femme), que ses proches étaient toutes et tous malheureux comme des pierres, un aveu surprenant dans la culture du bling-bling médiatique.Et Folle, son deuxième livre, brossait sans y échapper un procès décapant du Grand Amour qui vous scie les jambes.Un tas de clés, mais pas de serrure en vue.Redevenue Isabelle Fortier dans la mort, Arcan nous laisse seul-e-s à ruer dans les brancards de ces contradictions.De la destruction des milieux humides, de l'art jputblic Gt cLgs cLc?UlX ci Ici foxs NADÈGE FORTIER Au nom des membres de l'exécutif de l'Association facultaire des étudiant(e)s en art de l'UQAM La ville de Montréal se vante d'être une ville culturelle.Les festivals internationaux, qu'ils soient musicaux, humoristiques ou cinématographiques, y abondent.On y bâtit présentement un quartier des spectacles brillant par sa modernité.On souhaite rattraper le retard pris quant aux oeuvres d'art public.On quintuplera même les budgets d'entretien des 300 œuvres existantes qui représentent, pour une grande partie de la population, un premier contact avec l'art contemporain.Néanmoins, un arrondissement de cette ville culturelle a décidé de rayer de sa surface une installation cinétique et écologique de l'Atelier In-Situ, Milieu Humide, dont les derniers rodages n'étaient pas encore effectués, et ce sans consultation ni demande aux artistes de corriger la situation.Les raisons évoquées touchent la sécurité publique, notamment parce que les bâtons réfléchissants risquaient d'éblouir les automobilistes.Pourtant, il est évident que les motifs de l'administration municipale sont purement esthétiques.Les commentaires d'un groupe Facebook dénonçant une autre œuvre sise à l'île-des-Sœurs sont clairs en ce sens : Milieu Humide ressemble à de la construction, les œuvres «donnent le goût d'emprunter un bulldozer pour quelques minutes».Certains commentaires sont encore plus crus.On regrette, par ailleurs, que les œuvres choisies ne reflètent pas l'esprit du quartier, voire son histoire.Cependant, l'œuvre de l'Atelier In-Situ est parfaitement en continuité avec le passé de l'île-des-Sœurs dont les habitants ont déjà oublié l'apport architectural de Mies Van der Rohe.Avec sa station service et ses tours d'habitation, cette banlieue chic était prédestinée à devenir une vitrine de l'avant-garde.Milieu Humide rappelle des roseaux ou des quenouilles, d'où son titre.Savent-ils seulement que leur joli lac fut créé à même un marécage il y a 20 ans ?En alliant culture - art - et nature - par la forme, la symbolique, le fait qu'elle se transforme au gré des saisons et du temps comme n'importe quel végétal -, l'œuvre rappelle justement cet équilibre réussi entre nature et urbanisation qui les met en valeur.Elle constituait donc une valeur ajoutée à l'ensemble urbain mieux que n'importe quelle fontaine «champêtre» que semblent réclamer ses détracteurs.Puisque les œuvres publiques sont une vitrine des savoir-faire de nos artistes et un investissement dans la culture aussi indispensable que la salle de spectacles qui vient d'avoir le feu vert dans l'arrondissement, nous sommes extrêmement déçues de la mise à mort - non nécessaire - de Milieu Humide, qui advient par ailleurs en pleine campagne électorale.Si le motif véritable du démantèlement était la sécurité publique, nous attendrions avec impatience le retrait des larges panneaux publicitaires lumineux qui polluent la vue urbaine et distraient l'œil des conducteurs sur les autoroutes de la métropole par leur clarté exagérée. Le Couac | novembre 2009 Charkaoui brise ses dernières chaînes ISABELLE BAEZ Lorsque Adil Charkaoui s'est installé au Québec en 1995, il ne se doutait certainement pas que deux jugements de la Cour suprême porteraient un jour son nom.Il ne se doutait certainement pas non plus qu'il se retrouverait en prison, qu'il en ressortirait près de deux ans plus tard avec le vocable «présumé terroriste» étampé sur le fond de culotte et un bracelet CPS accroché à son mollet.Mais se doutait-il de ce qui l'attendait en ce 24 septembre 2009 en Cour fédérale de Montréal?Ce jour-là, le bon sens a enfin pris d'assaut le tribunal.Exit les délires des procureurs.La juge Tremblay-Lamer a en effet d'emblée envoyé promener les tentatives de la Couronne de présenter des documents pour que le certificat de Charkaoui soit maintenu.Elle a ensuite annoncé que le certificat devrait être annulé et Charkaoui, libéré.Dans l'absolu, une telle entrée en matière de la part de la juge n'a rien d'étonnant.On ne saurait en effet continuer à accuser quelqu'un d'un crime lorsque les preuves au dossier sont retirées les unes après les autres.Comme le soulignait le 24 septembre dernier l'une des avocates de Charkaoui, au criminel, si les preuves qui justifient l'accusation d'une personne disparaissent du dossier, il n'y a plus de dossier.Élémentaire, mon cher Watson.Dans le cas qui nous occupe, on n'est pas au criminel mais dans cet inextricable labyrinthe qu'est la sécurité nationale.Les certificats ont été déclarés non constitutionnels en Cour suprême.Les entrevues originales sur lesquelles étaient basés les soupçons de terrorisme ont été détruites.Tout dernièrement, l'avocat général du SCRS a concédé que le dossier ne pouvait être qualifié de fiable ni de complet.Malgré tout cela, il aura fallu plus de 6 ans pour que le châ- teau de cartes s'effondre et que Charkaoui retrouve sa liberté.À présent, si la justice et si les médias faisaient honnêtement leur travail, c'est chacun des 4 certificats de sécurité restants qui serait passé au crible et le cas Charkaoui deviendrait un précédent.Car Harkat, Almrei, Jaballah et Mahjoub sont tous officiellement soupçonnés de terrorisme, mais tous sont sortis de prison - même s'ils vivent à présent dans la geôle qu'est devenu leur domicile.Si les preuves contre eux étaient convaincantes, les aurait-on sortis un après l'autre de la coûteuse prison de Millhaven?Reste donc à savoir combien de temps le gouvernement prendra pour avouer que le roi est nu.Un temps qui risque d'être long si l'on en croit sa joyeuse politique de l'autruche, que ce soit avec Arar, Abdelrazik ou Mohamud.D'après vous, combien de millions de dollars va-t-on finalement payer pour l'impunité du gouvernement conservateur et de ses sous-fifres?Les paris sont ouverts.Peut-être qu'on aura droit à un spécial pour les 5 ?Au moment d'aller sous presse, on apprenait que Charkaoui venait de recevoir les 60 pages du jugement de Tremblay-Lamer.Le dossier est clos : le certificat est bel et bien révoqué et Charkaoui est tout à fait libre.Autre fait important : le jugement stipule que le gouvernement, n'ayant aucune base pour aller en appel, ne saurait être autorisé à déposer une telle demande.EXPERIENCE FROM WITHIN THE MATRIX Ou le merveilleux monde des médias LA SOURIS DÉGLINGUÉE Jeudi 24 septembre.Adil Charkaoui est un homme enfin libre.(voir l'article ci-contre).La justice canadienne vient finalement de reconnaître que ce Montréalais d'origine marocaine n'est sans doute pas le dangereux terroriste qu'Ottawa le prétend être depuis 2003.Ses dernières conditions de remise en liberté son levées et ce n'est pas sans émotion que l'homme coupe son bracelet de sécurité devant les médias.La juge Lamer-Tremblay conseille au gouvernement Harper d'abroger le certificat de sécurité qui pèse contre lui depuis six ans.On attend toujours.Ce soir-là, au Téléjournal de Radio-Canada, le précède - c'est-à-dire le court texte qui introduit le reportage télé - se lit comme suit : «Adil Charkaoui, soupçonné de terrorisme, blabla-bla.» Je bondis sur ma chaise! Quoi '"'7!!!«soup-çonné de terrorisme»?!!!! Il est 20 h et quelque, le Téléjournal n'est pas encore diffusé, et je décide de me payer le culot d'aller parler à l'équipe du TJ.«Salut télé.Vous pouvez m'en-voyer ch.mais.pour Adil Charkaoui : dire "soupçonné de terrorisme", dans les circonstances, n'est peut-être pas des plus heureux», lui dis-je tout à fait poliment.Question très pertinente, me répondent les rédacteurs en poste qui me promettent d'en parler à leur secrétaire de rédaction et à Céline Calipeau quand ces derniers seront de retour à leur bureau.Je retourne à mon poste.Ce soir-là, je n'ai pas gagné mon point envers l'équipe du TJ.À 21 h, sur les ondes de Radio-Canada, Adil Charkaoui a bel et bien été présenté comme étant «soupçonné de terrorisme».Une panthère à Montréal HE a ai La loi c'est la loi : \ Le Libéral Jacques Dûpùis a surprise'Assemblée nationale en endosàant le£este -d'un fliç de Québec qui, accompagné dfe 7 collègues; s'était tout de-même' senti obligé d'électrocuter au-Tâser eh août, damier un pensionnaire de residence saé" ciale scuffrant de'trisi>mia21 et èn proie à Une crise,MC.- Ou'aN FArrfc'LA 8 Le Couac | novembre 2009 DIX FAUSSES CROYANCES SUR L'IRAN Dans le dossier sur l'Iran publié par Le Monde en octobre, on pouvait lire que ce pays représente une «menace stratégique majeure».De fait, le budget militaire de Téhéran est inférieur à celui de la Suède.Le président de la République ne manque pas de rappeler régulièrement qu'Ahmadinejad a menacé de «rayer de la carte» Israël.Il n*a pourtant jamais prononcé cette phrase, mais uniquement émis le souhait que le «régime sioniste» quitte la scène de l'histoire.À l'image de ces deux affirmations largement reprises par les médias et certains politiques, le dossier iranien est l'objet de tous les fantasmes, de toutes les exagérations - et parfois de manipulations.Pourtant, au moment où s'ouvrent enfin des négociations, il convient plus que jamais de savoir raison garder, et de ne pas tomber dans la caricature.L'universitaire Juan Cole passe au crible dix assertions à propos de l'Iran.¦MMMMM JUAN COLE Traduit par Contre Info (contreinfo.info) Le ier octobre dernier fut une journée historique, marquée par le début des rencontres à Cenève entre L'Iran, les États-Unis, l'Allemagne et les autres membres du Conseil de Sécurité des Nations unies pour tenter de résoudre les questions en suspens.Bien que le président iranien Mahmoud Ahmadinejad ait auparavant tenté d'exclure la question nucléaire de la table de négociation, cette posture était au plus une diversion, et les questions nucléaires ont animé les discussions.Comme l'a souligné Henry Kissinger, ces négociations ne font que commencer et il est très peu probable qu'elles connaissent des avancées avant longtemps.La diplomatie est un marathon, pas un sprint.En cette occasion, je crois qu'il est utile d'établir une liste de convictions répandues au sujet de l'Iran dont le bien-fondé est discutable.l'Iran est un pays agressif qui a menacé d'attaquer Israël, ses voisins ou les États-Unis.L'Iran n'a pas déclenché de guerre d'agression durant l'histoire contemporaine (contrairement aux États-Unis ou Israël), et ses dirigeants ont une doctrine de «non première frappe».Cela est vrai pour le guide suprême Ali Khamenei, ainsi que pour les commandants des Gardiens de la Révolution.l'Iran est une société militarisée, bardée d'armes dangereuses, qui représentante une menace croissante pour la paix mondiale.Le budget militaire de l'Iran est d'un peu plus de 6 milliards de dollars par an.La Suède, Singapour et la Grèce ont toutes des budgets militaires supérieurs.En outre, l'Iran est un pays de 70 millions d'habitants, de sorte que ses dépenses militaires par habitant sont infimes par rapport à ces exemples qui sont des pays dont la population est bien moins nombreu- se.L'Iran dépense moins par habitant pour son armée que n'importe quel autre pays de la région du golfe Persique, à l'exception des Émirats Arabes Unis.l'Iran a menacé d'attaquer Israël militairement et de le « rayer de la carte.» Aucun dirigeant appartenant au gouvernement iranien n'à menacé Israël d'un acte de guerre.Cela serait en contradiction avec la doctrine de «non première frappe» à laquelle le pays adhère.Le président iranien a explicitement déclaré que l'Iran ne menace aucun pays, y compris Israël.Le président Mahmoud Ahmadinejad n'a-t-il pas menacé de « rayer Israël de la carte » ?Le président Mahmoud Ahmadinejad a cité l'ayatollah Khomeini en déclarant que «ce régime d'occupation à Jérusalem doit disparaître de la page du temps» (en rezhim-e eshghalgar-Qpds i bayad comme safheh-e mahv Riizgar shavad).Ce n'était pas la promesse d'une invasion de chars ou d'une frappe de missiles.C'est l'expression de l'espoir que le régime va s'effondrer, tout comme l'avait exprimé l'Union Soviétique.Ce n'est pas du tout une menace de tuer quiconque.Les Iraniens ne sont-ils pas négationnistes?Certains le sont, d'autres non.L'ancien président Mohammad Khatami a fustigé Ahmadinejad pour s'être interrogé sur l'Holocauste, et l'a accusé de «crime du nazisme».Parmi les instances du régime, de nombreuses personnes cultivées ont parfaitement conscience des horreurs de l'Holocauste.En tout cas, malgré ce que les propagandistes indiquent, ni le déni de l'Holocauste (aussi pervers soit-il), ni les injures envers Israël ne sont la même chose que la volonté d'attaquer militairement.l'Iran ressemble à la Corée du Nord par son programme nucléaire militaire et représente le même genre de menace pour le monde.L'Iran dispose d'un site d'enrichissement d'uranium à Natanz près d'Ispahan, où il affirme vouloir produire du combustible pour les futurs réacteurs nucléaires civils destinés à la production d'électricité.Tous les dirigeants iraniens nient que ce site soit destiné à la production d'armes, et l'Agence Internationale de l'Energie Atomique l'a inspecté à plusieurs reprises et n'a détecté aucun programme militaire.Le fait que l'Iran ne soit pas totalement transparent donne naissance à quelques doutes mais tous les éléments de preuve réunis par l'AIEA et la CIA indiquent une absence de programme militaire.L'édition 2007 du National Intelligence Estimate, rédigé par 16 agences de renseignement américaines dont la CIA et la Defense Intelligence Agency, ont évalué de manière fiable que l'Iran n'avait pas de programme d'armement nucléaire.Cette évaluation était basée sur des entrevues avec des scientifiques du nucléaire ayant fait défection, ainsi que sur les documents qu'ils avaient emportés, et sur l'espionnage des communications en Iran.L'Allemagne, Israël et récemment les services Britanniques de renseignement sont plus suspicieux quant aux intentions iraniennes.Mais l'ensemble de ces services se sont lourdement trompés sur les présumées armes irakiennes de destruction massive et l'Allemagne en particulier avait été abusée par les vantardises d'un ivrogne irakien dont le nom de code était «Curveball».L'Occident a récemment découvert une usine secrète iranienne d'armement nucléaire située sous une montagne près de Qom.L'Iran a annoncé le 21 septembre dernier à l'Agence Internationale de l'Energie Atomique qu'elle avait commencé à construire une seconde installation civile d'enrichissement d'uranium à proximité de Qom.Il n'y a pas de matières nucléaires sur ce site et il n'est pas en service, l'Iran n'est donc pas techniquement en violation du Traité de non-prolifération nucléaire, bien qu'il ait rompu l'engagement pris avec l'AIEA d'informer immédiatement l'ONU de toute réalisation d'une nouvelle installation.L'Iran s'est engagé à autoriser que ce site soit inspecté régulièrement par l'AIEA, et s'il honore cette promesse, comme il l'a fait en grande partie à l'usine de Natanz, l'Iran ne pourra pas produire d'armes nucléaires sur ce site, car cela serait détecté par les inspecteurs.La Secrétaire d'État Hillary Clinton a admis le 27 septembre dernier que l'Iran ne pouvait pas produire d'armes nucléaires à Natanz, précisément parce que ce site est inspecté.Pourtant, les faucons américains ont demandé à plusieurs reprises une frappe sur Natanz.La communauté internationale devrait sanctionner l'Iran non seulement à cause de son programme d'enrichissement nucléaire, mais aussi parce que le régime actuel a volé l'élection présidentielle de juin et brutalement réprimé les manifestations qui ont suivi.Le mouvement réformateur en Iran est farouchement opposé à l'imposition de sanctions renforcées contre l'Iran, qui n'auraient probablement pas d'effet sur le régime, mais affecteraient les Iraniens ordinaires.Le régime iranien n'est-il pas irrationnel et dément, de sorte que la doctrine de la destruction mutuellement assurée ne pourrait pas s'appliquer dans ce cas?les hommes politiques iraniens sont des acteurs rationnels.S'il s'agissait de fous, pourquoi n'ont-ils pas envahi l'un de leurs voisins?L'irakien Saddam Hussein a envahi l'Iran et le Koweït.Israël a envahi ses voisins'plus d'une fois.En revanche, l'Iran n'a jamais déclenché de guerre.Diaboliser ses adversaires en les qualifiant de déséquilibrés est un vieil artifice de propagande.Les élites américaines étaient autrefois totalement opposées à ce que la Chine accède au savoir nucléaire parce qu'elles croyaient que les Chinois étaient intrinsèquement irrationnels.Ce type de discours est une forme de racisme.La communauté internationale n'aurait pas à imposer des sanctions contre l'Iran et ne serait pas si inquiète si ce pays ne posait pas une menace nucléaire grandissante.La technologie de centrifugation que l'Iran utilise pour enrichir l'uranium n'est pas à usage unique.Auparavant, on pouvait déterminer quels étaient les pays qui pouvaient vouloir acquérir la bombe nucléaire selon qu'ils entreprenaient la construction de réacteurs à eau légère (impropres à la fabrication de bombes) ou de réacteurs à eau lourde (qui pouvaient être utilisés pour fabriquer une bombe).Mais avec les centrifugeuses, lorsque l'on parvient à enrichir l'uranium à 5 % pour alimenter un réacteur civil, on peut théoriquement recycler le matériau de nombreuses fois et l'enrichir jusqu'au 90 % requis pour une bombe.Toutefois, aussi longtemps que des usines de centrifugation sont activement inspectées, elles ne peuvent pas être utilisées pour fabriquer une arme.Le danger proviendrait du fait que l'Iran expulse les inspecteurs ou qu'il parvienne à bâtir une installation secrète.Cette dernière tâche serait extrêmement difficile, toutefois, comme en témoigne la découverte par la CIA de la construction de l'installation Qpm en 2006 grâce à des photos satellites.Les installations nucléaires, en particulier les centrifugeuses, consomment une grande quantité d'eau, de matériel de construction, et ainsi de suite, de sorte qu'en construire une en secret n'est pas chose aisée.En tout cas, on ne peut pas attaquer et bombarder un pays sur le simple soupçon d'une activité illicite.On doit disposer d'une forme de preuve.Par ailleurs, Israël, le Pakistan et l'Inde sont des membres de la communauté internationale plus condamnables que l'Iran, car ces pays ont refusé de signer le TNP et ont ensuite tout fait pour obtenir une bombe.Malgré cela, rien n'a été entrepris contre aucun d'entre eux par le Conseil de Sécurité des Nations Unies.Publication originale Juan Colc, juancolc.com/2009/10/ top-things ~you-think-you-know-about.html Ingratitude BITUMIC PARK Le lanceur de soulier Moufltazér al-Zafdi déclare avoir été torturé en prison, par des gardiens qui lui reprochait d'avoir'manqué Georges W.Moron.musironie DERNIÈRE DE 3 PARTIES1 Ou ce que la société pétro-capitaliste produit de mieux.Et pour tout le monde.bien sûr.LULU SCHMIEL Adapté par LoCa Noregreb Flambée des prix de l'immobilier Un autre «effet collatéral» de ce «boom» d'exploitation des sables bitumineux en Alberta est que ce projet industriel pharaonique a attiré des centaines de milliers de travailleurs canadiens et étrangers.Ces travailleurs, après des journées de 10 à 12 heures de travail, aiment bien avoir un toit sur la tête, d'où une grave pénurie de logements.Les salaires sont plus élevés qu'ailleurs mais les loyers ont explosé et les personnes n'étant pas employées dans les secteurs industrialo-pétro-chimi-ques sont les premières à se trouver à la rue.En particulier les femmes.Elsey, 55 ans, habitante de Fort McMurray depuis 20 ans, raconte : «Je travaillais dans la construction des maisons, je m'occupais des finitions et je me suis blessée sur le chantier.La caisse d'assurance ne me paye que la moitié de mon salaire, et avec un loyer de 1200 dollars, je n'en pouvais plus, alors je me suis retrouvée à la rue.Je vis au refuge depuis.» Le refuge, c'est là où atterrissent les nombreux travailleurs sans logis.On leur demande une participation de pas moins de 400 dollars par mois, et on les fout à la porte à 7 heures le matin, avec leurs affaires.La journée, celles et ceux qui ne travaillent pas errent dans la ville ou se retrouvent au «Centrede l'Espoir», un abri financé par une association chrétienne où on se vautre devant la télé et où on est sanctionné pour avoir dit un gros mot.Amen.Camps de travail et immigration jetable Trouver un logement relevant de l'exploit et coûtant une petite fortune, un grand nombre d'ouvriers et d'ouvrières sont parqué-e-s dans les camps de travail situés à côté des sites d'exploitation, à des dizaines de kilomètres de la ville.Ces camps abritent entre 1500 et 2 500 personnes chacun, dans des «chambres» de 10 à 12 m2.Les gens travaillent souvent 6 semaines d'affilée et rentrent chez eux 2 semaines, aux frais des compagnies qui leur payent l'avion mais exigent qu'à chaque fois, ce soit avec toutes leurs affaires afin de «souligner que les travailleurs sont sur le site pour travailler».Le soir, rien à faire, à part regarder la télé et boire.Le service de sécurité du camp y veille.Certains camps n'abritent que des travailleurs «importés», appelés les Travailleurs temporaires étrangers.C'est qu'il faut du monde pour faire tourner les machines et finalement recueillir la précieuse huile.L'Alberta serait en pénu- rie de travailleurs qualifiés et se tourne essentiellement vers la Chine, les Philippines et le Mexique pour lui fournir sa force de travail (pas trop coûteuse).En 2006, ils et elles étaient plus de 22 000.Mais attention! pas question encore une fois de s'installer ici : tu viens, tu bosses et tu te casses.Les agences des services aux immigrant-e-s sont tenues par contrat de ne pas apporter d'aide (cours de langues, conseils, etc.) à ces travailleur-e-s, sous peine de perdre leur financement du gouvernement.L'accès à ces camps est interdit à tout syndicat.Le permis de travail est accordé par l'État et seulement s'il n'existe aucune possibilité d'embauché locale.Ces procédures ont été simplifiées et accélérées depuis 2004, permettant ainsi aux compagnies de maintenir le niveau des salaires dans le domaine du «raisonnable », ce qui serait impossible si elles laissaient faire la sacro-sainte loi de l'offre et de la demande.Les permis de travail portent le nom de l'employeur et un-e travailleur-e peut être renvoyée à tout moment, à la discrétion du patron.Libre alors à lui ou elle de chercher du travail ailleurs, mais cette démarche peut durer des mois avant qu'un autre permis ne soit accordé, et évidemment pas d'employeur, pas de logement.Enfin, personne ne peut savoir combien ces travailleur-e-s sont payé-e-s.Business is business Des arrangements passés dans la plus grande opacité en marge de l'Accord pour le libre échange en Amérique du Nord (ALENA) affaiblissent le contrôle des États sur l'immigration, l'agriculture, les ressources naturelles et les services publics.Un autre de ces arrangements permet aux entreprises (de construction de pipelines, d'usines pétrochimiques, etc.) de poursuivre en justice quiconque (personne ou administration) aurait l'audace de mettre en place des mesures nuisibles au bon déroulement des affaires, avec la possibilité de réclamer des réparations financières pouvant aller jusqu'à 5 millions de dollars.L'ALENA stipule enfin que les taux d'exportations canadiennes de gaz et de pétrole ne peuvent pas diminuer, y compris en cas de pénurie, ce qui oblige le Canada à importer pas loin d'un million de barils de pétrole par jour, alors qu'il en produit suffisamment pour couvrir sa consommation.Il est pas beau le libre-échange?Le Canada, colonie énergétique des États-Unis?C'est ce que certaines mauvaises langues commencent à dire.Source : The Dominion, automne 2007 (thedominionpaper.ca) ollfandstruth.org « Fuelling fortress America » rapport publié par le Centre Canadien de Politiques Alternatives.1 Pour les deux premières parties de cette série, voir Le Couac de septembre et d'octobre 2009.
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