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Le couac
Publié à Montréal depuis 1997, Le Couac est un mensuel satirique résolument à gauche distribué dans l'ensemble du Québec. [...]
Publié à Montréal depuis 1997, Le Couac est un mensuel satirique résolument à gauche distribué dans l'ensemble du Québec. Constitué d'une équipe rédactionnelle et de collaborateurs bénévoles, le journal se targue d'être libre et indépendant. Projet mûri entre anciens camarades de Quartier libre, journal étudiant de l'Université de Montréal, Le Couac est fondé par les journalistes aux nombreux chapeaux Pierre de Bellefeuille et Jean-François Nadeau. Pierre de Bellefeuille agit à titre d'éditeur et demeure à la barre du journal de nombreuses années. Prenant inspiration des éphémères Le Fantasque et La Lanterne, prédécesseurs québécois du XIXe siècle, Le Couac, dont le nom rappelle l'onomatopée du canard, s'inscrit davantage dans la lignée du journal français Charlie Hebdo que du Canard enchaîné. « Le couac » et « le canard », qui peut signifier « journal », peuvent tous deux être associés à un son discordant au sein d'un groupe, le groupe dans lequel Le Couac détonne étant ici l'ensemble de la presse. Le Couac donne son soutien à l'activisme de gauche en dénonçant par la satire, souvent cinglante, l'ordre établi, les réactionnaires, les moralistes, la publicité, le journalisme de masse, les puissants, les injustices, les atteintes aux droits et libertés, les pollueurs, l'économie marchande, etc. Le Couac est en phase avec l'actualité politique, sociale et culturelle québécoise et internationale et montre un intérêt particulier pour les États-Unis. La lutte au terrorisme et ses débordements du début du XXIe siècle y inspirent d'ailleurs plusieurs coups de gueule. En plus des deux fondateurs, un grand nombre de collaborateurs au regard critique et mordant sur le monde participent au journal au cours des années : Pierre Falardeau, Pierre Vadeboncoeur, Louis Hamelin, Marco Silvestro, Isabelle Baez, Jacques Bouchard, Victor-Lévy Beaulieu, Marco de Blois, Michel Rioux, Bruno Dubuc, Francis Dupuis-Déri, François Patenaude, Normand Baillargeon, Simon Tremblay-Pepin. 10 ans de Couacs - Je pense, donc je nuis : les meilleurs articles du mensuel satirique francophone le plus lu en Amérique du Nord!, choix des textes, des brèves et des illustrations par l'équipe du Couac; coordination de Bruno Dubuc, Montréal, Le Couac, 2007, 123 p.
Éditeur :
  • Montréal :[s.n.],1997-2016
Contenu spécifique :
décembre-janvier 2010
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque mois
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Le couac, 2009-12, Collections de BAnQ.

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Décembre 2009 - janvier 2010 | Vol.13 -rt° 3 | 3,50$ Je pense, donc je nuis Fin du compteur de l'inadmissible p.3 Pour la corruption, un seul tour à l'élection p.4 ouac CI Joe et le plaisir du néant P 6 POSTES CANADA CANADA POST fcm l-.i," HH m t P»«« Puklk 4 PublicM1*n* Mill OMNI L'héritage de Michel Freitag (1935 - 2009) POUR RETROUVER L'AMOUR DU MONDE Ce que la terre dans l'alchimie de ses règnes, abandonne et transmue en noueuses genèses, de même je l'accomplis en homme concret, dans l'arborescence de l'espèce humaine, et le destin qui me lie à toi et aux nôtres.- Gaston Miron ERIC MARTIN Avant d'être un «géant de la sociologie», Michel Freitag, dédécé le 13 novembre dernier, était un amoureux du monde.C'est à partir de ce souci profond, sensible, qu'il appréhendait la destruction de la culture et de la nature par les puissances déchaînées et déshumanisantes du capitalisme technoscientifique.Lutter pour préserver le monde, c'était d'abord enraciner la pensée dans le concret pour retrouver ce qui fait la nature du monde fragile que nous habitons.Le Couac rend hommage au penseur majeur qu'il était, mais aussi à un homme d'une grande simplicité, généreux et d'une grande chaleur, dégoûté par l'arrogance des puissants, l'insignifiance technocratique et l'injustice.Un homme dont les idées, comme aurait dit Michel Chartrand, étaient «solides comme des troncs d'arbre».Le « bûcheron de la pensée » Dans un texte de la revue Société, publiée par les membres de ce qu'il est convenu d'appeler L'École de Montréal, le regretté Thierry Hentsch disait ne pouvoir penser à Freitag sans penser aussi à «cette ferme qu'il habite en Estrie, son érablière, sa cabane à sucre, terre de rencontres chaleureuses autour d'une table abondante, lieux d'immenses discussions diurnes et nocturnes sur le monde, sur la modernité, sur les animaux, sur les arbres».Freitag parlait du développement de l'Être à partir des plus simples organismes, des feuilles qui, grouillant au vent, disent déjà «le lien de tout», quand il ne pestait pas contre les bureaucrates et les managers, cigarette au bec, avec son éternel verre de rouge.Fasciné devant la beauté du vivant, il était encore plus heureux, le regard complice, de voir cet émerveillement partagé.Puis il allait prendre soin des arbres, du monde, sans relâche, car «ce travail n'a pas de fin».Sur le chemin de campagne de la maison de Michel, pour reprendre Heidegger, il y avait quelque chose comme la promesse d'une plénitude retrouvée : [.] la tempête d'hiver et le jour de la moisson se croisent, la turbulence vivifiante du printemps et le déclin paisible de l'automne se rencontrent, l'humeur joueuse de la jeunesse et la sagesse de l'âge échangent des regards.Mais tout devient serein dans une harmonie unique, dont le chemin dans son silence emporte çà et là l'écho.L'enracinement symbolique de la pensée Freitag n'était ni idéaliste, ni matérialiste, ni optimiste, ni pessimiste : il avait une pensée révoltée, certes, mais dialectique.Il savait que les choses, le vivant, les humains et les sociétés sont toujours en mouvement, tendus entre ce qu'ils sont, ce qu'ils deviennent et ce qu'ils devraient être.Qu'on ne peut connaître ou critiquer sans exprimer un jugement et sans faire partie de ce qu'on prétend analyser.Que rien ne peut être expliqué sans en référer à son inscription dans la durée depuis son origine.Qu'on ne pouvait changer le monde de manière purement volontariste, sans prendre appui sur la réalité concrète et les contradictions qui la traversent.Surtout, il fallait reconnaître que l'humain habite un monde de symboles, que le rapport symbolique constitue son mode d'être-au-monde spécifique.Que les sociétés ne se reproduisent qu'à travers la reconduction d'un héritage culturel et politique institué, une forme de vie toujours-déjà-là qui accueille l'individu et le façonne.C'est cette appartenance que le capitalisme, la technoscience et l'économicisme s'appliquent à nier et à détruire.À laisser les choses aller commes elles sont, disait Michel, nous seront bientôt dans un monde totalement contrôlé, managerial, où les gens seront réduits à de simples rouages d'un système technique et économique inhumain.Pour éviter d'en arriver à cette dystopie postmoderne, Freitag pourfendait le capitalisme, la globalisation, la technocratie, et, surtout, le «naufrage» de l'éducation.Le sauvetage du monde, pensait-il, exigeait que l'on enseigne aux nouvelles générations à en prendre soin, et il fallait s'opposer pour cela avec fermeté au détournement marchand des institutions universitaires et à leur reconversion en écoles managé-riales au détriment de l'enseignement des humanités.Pas de sagesse sans amour Dans la conclusion de son dernier livre, Michel disait qu'il fallait combattre les injustices liées au capita- Le sauvetage du monde, pensait-il, exigeait que l'on enseigne aux nouvelles générations à en prendre soin.lisme, mais il pensait que celait ne pouvait se faire sans réfléchir d'abord à ce qui devait être sauvé : Mais comment penser pouvoir nous engager, collectivement, sur un autre chemin que celui qui nous mène déjà vers la destruction du monde et des cultures, sans d'abord (.| réfléchir de nouveau sérieusement sur la nature essentielle de ce qu'il s'agit de préserver et de sauver, et donc sans nous remettre justement sur le chemin de la philosophie?Je me suis contenté d'en montrer la nécessité, ou c'est du moins ce que j'ai essayé de faire.(.) Alors nous pourrions peut-être nous arrêter là, non à la fin d'une conclusion, mais au début d'un chemin dont le tracé reste incertain, mais dont la direction au moins a été reconnue?».Pour se défendre, la pensée devait retrouver en elle-même l'intuition de son union avec l'Être.Cette transcendance retrouvée pouvait être éprouvée comme «le sentiment d'appartenance et de participation à l'être compris comme un tout, une appartenance, une participation et une inclusion qui excluent, comme dans l'amour, la possession unilatérale et le pur exercice de la puissance».Freitag savait faire sentir à ceux qui l'écoutaient qu'on ne peut comprendre le monde sans l'enserrer dans son entièreté, pas seulement par la pensée, mais d'abord par l'amour qu'on lui porte : «pour réaliser la sagesse dans notre rapport au monde, il s'agirait d'abord, subjectivement, d'aimer le monde, puisqu'on ne se dirige pas vers la sagesse sans amour.Comme notre subjectivité s'inscrit existentiellement dans l'univers symbolique de la culture et dans ses mises en formes civilisationnel-les, c'est là qu'il s'agirait en somme d'instituer cet amour du monde, qui formerait le noyau de ce qu'on appelle "le sens de la vie", à la réalisation duquel chacun est appelé par sa formation en tant qu'être humain, par sa participation à l'humanitude».Depuis son chemin de campagne, Freitag appelle à la fois à lever les yeux au ciel et à enraciner la réflexion jusque dans les profondeurs de la terre.Il rappelle, ultime leçon, qu'être libre, c'est d'abord retrouver l'appartenance première à une nature et à une communauté de sens.La liberté n'a pas ainsi sa source dans l'individu, mais dans ce commun que le capitalisme s'applique à nier, et dont il faut retrouver l'intuition au plus profond de soi comme une trace effacée.Par-delà «l'oubli de la société» technocapitaliste, Freitag invite à retrouver cet amour du monde qui refuse encore d'être écrasé par l'insignifiance postmoderne pour lutter à partir de lui et assurer.la suite du monde.C'est ce souci amoureux de l'existant, de la justice, ce démenti au désespoir qu'il a su donner en cadeau à tous ceux et celles qui ont eu le privilège de l'entendre.Merci Freitag.adieu, Michel.À lir* : transcription d'un* conférence dt Michel Freitag, en p.t Le retour du quiz du Couac QUI L'A DIT?BRUNO MARQUIS Ni "otre compréhension du monde est nourrie de mythes et d'inventions, de fables et de mensonges.Un vieil écrivain français écrivait que tout se passe dans l'ombre, qu'on ne connaît rien de la véritable histoire des humains.On pourrait rajouter que ce que nous en connaissons nous est en fait bien souvent présenté sous forme de ravissants contes pour enfants, avec leurs grands personnages et leurs méchants monstres.Notre jugement en est bien sûr faussé, avec ce que cela a pour conséquence sur nos relations entre humains, entre hommes et femmes et entre générations.Avec ce que cela a pour conséquence aussi sur nos bons vieux idéaux de justice, d'égalité et de fraternité.Les propos de certains «grands» sont souvent éclairants.Je vous ai préparé un petit questionnaire à ce sujet.Sauriez-vous à qui attribuer les citations suivantes ?: m cl -O .1 ¦ci) 1 Première citation : « Je dirai donc que je ne suis pas - et n'ai jamais été - polir l'instauration, sur quelque Ynode que ce soit d'une égalité sociale etpolitrque-des racesbîanchè ~ v et noire.Je ne suis pas non plus - et n'ai jamaisété - po'ur que l'on accorde.aux Noirs le droit de vote ou,cehrTd'etre juré; pas plus que pour autoriser leur accession aux postes administratifs su.les mariages interraciaux.Aussi, comme tp.ut cela leurést interdit et qu'ils doivent rester entre eux, il > en découle qu'il 4o.it nécessairement y avoir- de&.supérieurs et deslnft*;, 1 rieurs.En ce qui me concerne" comrné'tout le monde, je suis favorable Àxex que les Blancs jouissent de ce statut de supériorité.» .- ,'.' w " ,v y* Deuxième citation : «Je rie comprends pas la pruderie que l'on manifeste envers l'utilisatlon^d" gaz.Je suis profondément favorable à l'utilisation de gaz-poison à^ehcijrit.rè*' r v de trfbus barbares.» ' J ' , .\ .'; - ' i.^*1^.;-" Troisième citation : « La responsabilité essentielle du gouvernement est de protéger les.mjaïéri-tés riches contre la maj'orité.» $ • -.' ./ •auiwuauiE uoijruiisuoa £1 sp jnamr?irdpuud 3j juatuoiqeqojd ia smn-sunj sap juapisard auiourcrïfr (jnaupaxni) A>(suioq3 uicon 'p.tiJnsjuauMjajdiucw.ipuouiun ' uosippw sauirf : i oraïunu asuodoy ¦ ¦•anbiuupjijq ajisiuiui latiuard uapup.i ap sed a\ sçd isa.u ao 'snuuoo xnsmi ana v jusuSeS suinrao is iiBpinSâi Auiy '/v\o.u>| j.upip noA Hjipjnipm± inipmuo uoisuiM : £ oisinnu ssuodaa ¦ •çi-injsD siersisSaris stioa 3( 'ssuue.i ajnoi suep 3JAII inss un.nb sji] ap sTîuiaj s\ zsiap.û snoA ts (irtsiip?xrn) uuiz pjemoh ap sjun-siBJj sapajiDindodajioism .iun.r>8tc" 38\?d ej ç 3ip 'uiODun uipqpjqv : t orsiunu 3suodaci ¦ .:sasuodoH 077176670387904 2 Le Couac | décembre 2009 - janvier 2010 Encore une victoire ! LE COMPTEUR DE L'INADMISSIBLE S'ARRÊTE ENFIN POUR ABDELKADER BELAOUNI ISABELLE BAEZ o ni Fin octobre, s'arrêtait enfin la mécanique du compteur de l'inadmissible qui maintenait Kader Belaouni enfermé dans une église.Une autre preuve que l'engagement et la combativité des citoyen-ne-s, ça finit souvent par payer.Après Adil Charkaoui, c'est au tour de Kader de retrouver la liberté.C'est le même homme, avec les mêmes antécédents, qui s'est vu refuser le sta- tut de réfugié pour ensuite se le voir accorder.Les autorités fédérales auront-elles à rendre compte du harcèlement dont il a fait l'objet?.Niet! Pourra-t-on un jour le dédommager pour ces presque 4 années perdues?Reniet! Ainsi en va de l'absurdité et de l'incompétence des membres du SCRS et des Services frontaliers : décisions arbitraires, déni de possibles erreurs, qui aboutissent invariablement à une remise en liberté avec le moins de bruit possible.En attendant, je ne vous dis pas les millions de $ gaspillés.Que tout cela ne nous fasse pas oublier les nombreux autres compteurs de l'inadmissible qui continuent de tourner, comme ceux de Mohammed Majhoub, Hassan Almrei, Mahmoud Jaballah et Mohamed Harkat, toujours en détention à la maison, avec un beau petit bracelet en prime.Alors, on lâche pas et on continue à mettre, nos pattes de sales canards dans l'engrenage de ces machines à broyer des vies! Infos : http://www.justiceforharkat.com/news.php PLOGUE Couac ou rêve! Y a-t-il un média sain dans la salle?On se le demande effectivement, depuis l'avènement d'une certaine pandémie d'inepties virales faisant rage sur le territoire impersonnel du monde entier.Afin de remédier à cette lamentable situation éditoriale, la C.O.U.A.C (Coalition des Organismes Unis pour l'Abolition de la Connerie) vous invite à une séance de vaccination bénéfice pour maintenir en fonction un des derniers médias sains du territoire québécois, nommément Le Couac, clinique indépendante de la presse écrite ayant procédé à plus d'une transfusion satirique et guéri nombre de bonnes gens atteintes d'intolérance chronique aux chroniques mass-médiatiques.En d'autres mots, une bande, que dis-je, une meute sherbrookoise férue de branle-bas de combat vous invite plus que cordialement à venir célébrer l'existence de ce drôle d'oiseau qu'est Le Couac, ce vendredi 18 décembre à 20 h, au Boquébière, la microbrasserie qui puise son inspiration directement du terroir des Cantons de l'Est.Coopérative de travail sise au 50 rue Wellington Nord, au centre-ville de Sherbrooke, cette microbrasserie, qui fêtera bientôt son premier anniversaire, offre aux plus fins palais une gamme de bières et un menu d'essence farouchement régionale : la John Hopkins, nommée en l'honneur d'un des premiers brasseurs de la région, le sandwich Les Bobines, garni de truite fumée provenant d'East Hereford, ainsi que la toute dernière nouveauté de la maison, l'Acéro, bière de prestige à l'érable titrant à 19,2% d'alcool, ne sont que quelques dignes exemples des délices qui vous attendent sur place.En plus d'une bonne table et d'une bonne pinte, vous aurez droit à des performances surprises d'artistes locaux (musique intempestive, poésie inconfortable et cris de coyotes queers), à des tirages d'abonnement au Couac et maintes autres impertinences, le tout pour un coût d'entrée placé sous l'égide de la contribution volontaire! Les sommes cumulées à l'entrée, ainsi que les pourboires recueillis par les serveuses et serveurs spécialement identifiées pour l'événement seront remis directement à l'équipe du Couac, afin d'assurer la pérennité de cette entité journalistique alternative, dont nous avons tant besoin en ces temps gouvernés par un obscurantisme dont seuls quelques individus, tout aussi obscurs, tirent avantage.Phylactères de tous les pays, noircissons-nous! Vendredi 18 décembre à 20 h Boquébière, 50 Wellington Nord, Sherbrooke - www.boquebiere.com Pour infos : 819.542.1939 les w&tts JuDéo-CH*éT;&iiJÈS i POURQUO, HvoiR FiMMFHENT OCTROYÉ L» «ÉSiMMCt PtrMJWEMTE A HBeIMHIMi ?nos VitfuRS ét\«ht en jeu.« avait PEUR Quit FlX.SSE par I transformer.cette £guse en mosquée.C'est l'histoire d'un mec (de droite).Certains articles, communiqués ou conférences du merveilleux monde des affaires ont souvent l'effet d'un vieux gag archi-connu mais dont on rit pareil, vous ne trouvez pas?On a beau savoir quel est le punch, ça nous fait bidonner pareil tellement c'est con.Quelques exemples.L'institut économique de Montréal (IEDM) affirme sans rire que la concurrence est la solution à la corruption (Le Devoir, 9-11-2009).La prochaine étude devrait démontrer, preuves à l'appui, que la guerre, c'est la paix.En février 2009, l'IEDM publiait une autre de ses audacieuses études intitulée «Privatiser Hydro-Québec permettrait d'enrichir les Québécois de 10 milliards $ par an».L'IEDM aurait d'ailleurs fait les mêmes calculs pour la santé et l'éducation, mais devant la beauté des chiffres obtenus, les données de ces études auraient été elles aussi privatisées avant leur publication.Pierre Marc Johnson, ancien Premier ministre du Québec, a prononcé le 17 novembre dernier au Conseil des relations internationales de Montréal (CORIM) une conférence intitulée «L'Accord économique et commercial global Canada-Union européenne : plus que du libre-échange».Brian Mulroney est d'ailleurs pressenti pour un second volet sur la même thématique intitulé «L'ALENA, plus qu'un simple traité : une place où tu te fais vraiment fourrer».Une semaine plus tard, c'était au tour de Jean Charest de prononcer au CORIM une conférence intitulée « Copenhague : opportunités économiques pour le Québec».Le CORIM projetterait ensuite d'inviter les Yes Men à parler des occasions d'affaires qui se dessinent, avec la grande quantité de cadavres humains que générera le réchauffement climatique, l'huile vivoleum extraite de ces cadavres étant bien sûr l'une des plus prometteuses (http://www.commondreams.org/ news2oo7/o6i5-04.htm ).Tout cela dans une démarche écologique respectueuse du principe des 3R, bien entendu.* 1 Usage et abus du militarisme Le gouvernement Harper continue de mettre en valeur son point de vue militariste d'un autre siècle en s'em-parant du bout de mur de Berlin rapporté au Canada pour en imposer l'installation au Musée de la guerre.Ainsi, le SENS donné par ce type de commémoration « à la gloire de nos soldats morts » est pour moi un abus de pouvoir flagrant de la part d'un gouvernement qui a reçu à peine 25 % d'appui populaire.Même si l'érection du Mur de Berlin a eu lieu dans un contexte de guerre, la fin de celui-ci n'est pas le fruit d'une guerre au sens militaire : ce fut au contraire un geste civil de pacification.La fin de ce mur fut un phénomène de civilisation et non pas guerrier.La fabrication du sens donné à la destruction du Mur de Berlin en l'installant au Musée canadien de la guerre pour en faire un monument à la gloire de nos soldats morts est abusive et «révise» ainsi le véritable sens civique qui a fait tomber ce mur.C'est encore un exemple de récupération par le pouvoir politique, au mépris d'un sens historique élémentaire, pour écrire l'histoire de son point de vue et à son profit.RENAUD BLAIS, QUÉBEC, ÉTUDIANT EN HISTOIRE Le Couac 6940, rue Jogues, Montréal (Québec) H4E 2w8 514.596.1017 Vous voulez collaborer au Couac ?Envoyez-nous vos textes (maximum 700 mots), dessins, photomontages par courriel au info@lecouac.org.www.lecouac.org Fondé en 1997 par Pierre de Bellefeuille et Jean-François Nadeau co-rédacteurs en chef Guillaume Beaulac, Bruno Dubuc, Simon Tremblay-Pepin.collaborateurs Isabelle Baez, Normand Beaudet, Gabrielle Brassard, Eve-Lyne Couturier, Martin Dufresne, Frédéric Legris, Bruno Marquis, Eric Martin, R.C.Petit-Lafond, Johanne Roussy, Guy Roy, Valentin Tardi, Simon Tremblay-Pepin, Ramon Vitesse.illustrations et photos Bobidoche, Boloney, Serge Ferrand, LucCiard, Rémy, Ramon Vitesse.correction Louise Caroline Bergeron, Martin Dufresne mise en page Coopérative Molotov - molotov.ca imprimé par Hebdo-Litho distribué par LMPI Abonnement et publicité : 514.596.1017 ISSN 1480-2074 • N° de publication (Poste Canada) 1213369 Imprimé au Québec Le gros bon sens du SCRS Libération d'Abdelkader Bélaouni : la direction du SCRS affirme que la cécité du ressortissant Algérien est un facteur de risque aggravant pour la population puisque le terroriste pourrait frapper à l'aveugle.musironie POUR S'ABONNER Six mois : 17,71 $ + taxes = 20 $ Un an : 31,01 $ + taxes = 35 $ Deux ans : 53,15 $ + taxes = 60 $ Abonnement institutionnel et de soutien : 53,15 $ + taxes = 60 $ Abonnement de groupe d'un an (10 copies par parution) : 230,34 $ + taxes ¦ 260 $ Abonnement d'un an à l'étranger : 44,30 $ + taxes = 50 $ adresse code postal courriel téléphone par téléphone 5l4.596.lOi7 par la poste Le Couac, 6940, rue Jogues Montréal (Québec) H4E 2W8 Adressez votre chèque à : Le Couac Le Couac | décembre 2009 - janvier 2010 3 Réponse à Éric Martin Qu'est-ce que la combativité politique ?GUY ROY, président du PCQ (collectif de Québec solidaire) Certain-e-s conçoivent qu'adhérer à un parti politique social-démocrate de gauche, comme Québec solidaire, serait renoncer à servir la cause des opprimé-e-s qu'ils-elles veulent avant tout servir en revendiquant que le pouvoir change de main radicalement, souvent sans l'intermédiaire de la représentation.Mais même les conseils, ces institutions fantastiques de la démocratie ouvrière du début du XXe siècle, déléguaient certains pouvoirs à un comité exécutif.Travailler sur le terrain du politique serait plus ou moins se retirer de la lutte de classes selon cette philosophie.Je ne suis pas d'accord.Je suis membre d'un parti qui appelle justement à la révolution (pas nécessairement violente) dans les rapports de pouvoir.La politique me semble au contraire l'endroit où aboutissent, se résument ou se concentrent les forces s'identifiant aux classes sociales qu'ils-elles veulent représenter.Ainsi le patronat met plusieurs fers au feu dans les trois partis néolibéraux : PLQ, PO et ADO.Du côté des couches populaires, on retrouve Québec solidaire.Cela dit sans aucune exclusive puisque plusieurs organisations, souvent non partisanes, se donnent comme fonction «politique» de représenter aussi ces segments moins bien nantis de la population.C'est résumé, et on trouvera ça court, mais c'est pourquoi je suis si emballé à travailler de l'intérieur à édifier un parti de gauche de masse indépendantiste au Québec.Bien sûr il n'y pas les dix mille ou cent mille manifestant-e-s dont je rêve, confortant d'un vœu populaire vigoureux les discours d'Amir Khadir, mais une pierre a été posée pour la conquête de la démocratie.Cette démocratie ne servira plus d'alibi à la défense «démocratique» des intérêts patronaux.Les forces de la gauche sociale qui veulent agir en toute indépendance politique ont raison.Mais les forces de la gauche politique qui veulent aller de l'avant ne sont pas les vils parlementaristes qu'on dénonce à l'extrême-gauche.Finalement, critiquer Québec solidaire et le réformisme est certes nécessaire.Mais on ne peut en rester là.C'est aux contre ¦ pouvoirs à prendre leurs responsabilités.Et ces contre-pouvoirs auront toujours un rôle pour que la société ne se sclérose pas, pour que la démocratie signifie «le pouvoir du peuple».Comme communiste, je pense que ces contre-pouvoirs seront essentiels à une société que je nomme encore socialiste : syndicats, groupes populaires, presse non servile.Nous ne manquons pas de combativité, nous manquons de membres, de forces pour maintenir sur le terrain politique les enjeux de classe que la dynamique, pour ne pas dire la dialectique, sociale et politique est en train de faire naître sous nos yeux ébahis de vieux militant-e-s marxistes-léninistes.Passer à l'action, engager le combat, c'est justement ce que nous faisons, de l'intérieur des institutions traditionnellement consacrées à la défense des intérêts des nantis.Il s'agit de les subvenir, à mon sens, dans leur façon toute conservatrice d'exercer le pouvoir sans prendre en compte les volontés populaires de changement radical.Cela surprendra peut-être nos camarades libertaires, mais Proudhon, en anarchiste conséquent, a été élu au parlement français du 4 juin 1848 au 26 mai 1849.Ce qui ne voulait pas dire qu'il avait renoncé à faire valoir, dans un mode de représentation, les intérêts populaires.Hypersexualisation COWANSVILLE : RETOUR D'ÉLECTION RAMON VITESSE Je me suis dit qu'en toute anarchie, il importait de tenter le coup et de faire la tentative d'une élection dans la peau d'un candidat.En l'occurrence, je me suis présenté au poste de conseiller aux récentes élections municipales d'une petite ville de 12 000 habitant-e-s aux confins de la Montérégie.Plusieurs raisons me motivaient.D'abord, un sentiment de blocage, au sortir d'un vilain conflit de travail, dans l'appareil culturel municipal et dans différents dossiers militants (pistes cyclables, apaisement de la circulation, etc.).Puis, une vision alterno-participative désireuse de brasser une administration un peu trop copain-copain.Bred, je croyais pouvoir apporter du nouveau.Ah, le changement.La belle affaire.Ma gueule à crête, certains ont dit un air de rigolo, même bien connue via les médias pour avoir élaboré plusieurs projets culturels en phase avec les rêves, les révoltes et les utopies des jeunes, n'a guère été utile.De fait, je me présentais face à un jeune policier et à un conseiller sortant, entré en politique près de vingt ans plus tôt - soit à sa retraite! Après coup, moi qui rigolais bien, j'ai finalement compris que la figure de justice et d'intégrité du policier a certainement joué dans l'inconscient sous forme d'imagerie du bien et tif, la culture active, etc.) que lors des rencontres porte à porte où je n'hésitais pas à me présenter comme l'antithèse du grand parleur petit faiseur, en démystifiant notamment l'enjeu sécurité (ici la police est vue comme élément de prévention alors que dans les faits son rôle relève bel et bien de la répression).Le résultat, selon bien des observateurs avisés, a été des plus honorables : 550 voix au policier, 270 au conseiller sortant et 170 pour ma pomme.J'avoue être un peu plus désillusionné devant tout ça.Je commence à comprendre que ma participation n'aura guère servi à autre chose qu'à cautionner le système démocratique s'effritant de toute part où tout un chacun a sa chance.Au meilleur la poche! Mais encore, le désengagement citoyen face aux élections (on m'a bien dit que je n'étais pas dangereux puisque les gens qui voteraient pour ce que je propose ne voteraient pas autrement - traduire une frange marginale de doux rêveurs) est tel que la majorité préférera jouir de sa vie privée tant et aussi longtemps que ça ira pour elle et son confort.Selon Charles Taylor (philosophe et politicologue enseignant à l'université McCill), pour cause d'atomisation des solidarités et son corollaire, l'aliénation de la sphère politique nombriliste et kafkaïenne, le changement ne se fera pas aux élections mais probablement en aval.Retour à la case révolution de tous les instants.du mal.Quant au politicien âgé, l'électorat votant apprécie la stabilité au point de bégayer au moment du choix devant l'urne.D'ailleurs, je comprends désormais quelque chose du concept : «faire sortir le vote».Sous mes yeux d'enfant, des politiciens aguerris m'ont ramené les pieds sur terre en allant chercher, littéralement, les électeurs le jour du scrutin ! Je m'imaginais que je devais y aller franc jeu ; autant dans la campagne électorale, avec une promotion axée sur des idées explicitées et des projets novateurs notamment liés à lutter contre la pauvreté (par le transport collée- CANDIDAT INDEPENDANT, VOLONTAIRE Conseiller quartier #3 VILAS Cowansville UNAUTAIRE > Culture active > Environnement > Solidarité sociale > Démocratie participative > Intégrité, authenticité & vigilar Véritable alternative politique ! Stéphane « Ramon Vitesse » Tardif I li brique pur Stéphane Ramon Vitesse Tardif « apent officiel » / imprime par Impression DF sur papier rec>clé.Stéphane Ramon Vitesse Tardif* agent officiel » g* Cerveaux toujours plus perfuses par la pub Si l'on en croit Patrick Le Lay, ex-PDG de la chaîne de télévision française TFi qui avait dit que le rôle de la télé est de fournir « du temps de cerveau disponible à Coca-Cola », l'espace publicitaire télévisuel ne cesse de prendre de l'expansion.En effet, entre septembre 2008 et septembre 2009, les Étasunien-ne-s ont passé en moyenne 4 heures et 49 minutes par jour devant leur télévision, soit un niveau jamais atteint, a annoncé hier l'institut de mesure d'audience Nielsen (Le Devoir, 11-09-2009).Ces chiffres représentent une hausse de quatre minutes par rapport à l'année précédente et de 20 % par rapport à il y a dix ans.Guide alimentaire planétaire ^LaFOA rappelle, que pour célébrer en grand la Journée .mondiale de* L'alimentation, le sixième de là population terrestre a maxigé de la.marde.Lutte de classe bactériologique À la lumière des résultats d'un récent sondage CROP, on apprend que 60% des travailleur-e-s se rendraient au travail même s'ils ou elles étaient atteint-e-s de la grippe A H1N1, dans l'espoir de contaminer leur patron.musironie Coitus interruptus à La Presse MARTIN DUFRESNE Marrant de voir faire marche arrière des médias qui misaient jusqu'alors sur une diabolisation égrillarde de fillettes en string, taillant des pipes à tout venant sous les yeux de leurs profs.1 Aujourd'hui où de plus en plus d'organisations féministes mettent l'accent non sur les comportements de jeunes mais sur les pressions de l'industrie publicitaire et pornographique, les grands empires de presse s'efforcent de nous rassurer en citant des sexologues sur la «pruderie» des jeunes et en décochant au passage des ruades aux féministes, éternelles empêcheuses de commercer en rond.La distinction entre hypersexuality et hypersexualisation est pourtant simple.La deuxième, politique très réelle du rouleau compresseur des médias et de la mode, ne se traduit pas nécessairement par une sexualité précoce attribua-ble aux seules jeunes filles.Lorsque les militantes du Centre des femmes de Matane ont obtenu en juillet dernier une subvention pour étudier les liens entre cette politique sociale d'hypersexualisation et les agressions sexuelles infligées aux adolescentes, il y a eu des gens pour monter aux barricades en criant au puritanisme.On se méfiait d'une subvention issue du gouvernement et on prétendait que reconnaître l'influence de cette hypersexualisation sur les viols équivalait à culpabiliser les victimes d'agression sexuelle.Est-il si sacrilège de reconnaître que ces agressions sont tout de même le fait d'hommes et de garçons, soumis à un barrage d'images de pin-ups par le monde de l'édition, de la musique, de la pornographie, du cinéma d'aventure, de la publicité d'alcool et de voitures, etc.?Il faut donc distinguer l'hypersexualisation, pratiquée par les institutions sociales, d'un seul de ses EFFETS : certains comportements sexuels et styles d'habillement des filles, sur lesquels s'excite la .droite bien-pensante et la I lf< £WR&A/Tj racaille journalistique.Ce n'est pas évident -n'en déplaise aux éditorialistes de La Presse - que c'est parce qu'une fille porte ceci ou cela qu'elle devient responsable du comportement de gars qui, boostés à la pornographie, l'agressent dans la cour d'école ou dans une relation amoureuse ou amicale (sic).Serait-ce pour ne pas perdre ses plus gros annonceurs que La Presse tente de désamorcer la notion d'hypersexualisation?Reconnaissons-lui le mérite de souligner que la plupart des filles ne suivent pas, qu'elles résistent même ! On découvre alors l'hypersexualisation comme une propagande hétéro-sexiste incessante adressée aux jeunes femmes - qui va jusqu'à en entraîner dans la prostitution - plutôt qu'une supposée hypersexuaiite', bien commode pour en faire de la chair à manchettes.1 http://www.cyberpresse.ca/vivre/sexe/200911/12/01-921217-sexualite-des-ados-moins-debridee-quon-pense.php et http://blogues.cyberpresse.ca/edito/?p=2o84 Le Couac | décembre 2009 - janvier 2010 Corruption et scrutin uninominal à un tour BLA, BLA, BLA Les deux font la paire En tant que jeune journaliste, quoi de mieux que le congrès de la FPJO pour écouter et observer cet étrange milieu qu'est celui des créateurs et créatrices de nouvelles.GABRIELLE BRASSARD La Fédération professionnelle des journalistes (FPJQ) accueillait cette année la meute journalistique québécoise à Sherbrooke, au chic hôtel Delta.Sur fond de chicane entre les candidats à la présidence de la Fédération et de crise des médias, la foule se promenait entre ateliers, conférences et débats.Oh oui, les médias vont mal.Oh oui, l'avenir n'est pas reluisant pour les jeunes loups que nous sommes.Mais, heureusement, grâce à Internet, aux iPhones et aux blogues, n'importe qui peut aujourd'hui être journaliste.«Du moment qu'on a une bonne histoire», dit le gars de La Presse.On s'en reparlera si vous survivez après le ier décembre ! En attendant, la FPJO doit reprendre sa position de neutralité.Bien sûr, le fait que l'ancien candidat à la présidence, Martin Bisaillon, ait démoli son employeur, qui le met à la rue depuis 9 mois, ce n'est pas objectif.Il décide donc de se retirer de la course.Brian Myles, du Devoir, prend donc sa place à quelques jours du vote.Mais que le président sortant, François Bourque, donne son appui à François Cardinal, l'autre candidat à la présidence, ça c'est tout à fait objectif! On revient toujours au même débat : la prise de position et l'éternelle objectivité.Dans la dernière année, plusieurs conflits importants ont éclaté dans les médias, le plus connu étant certainement celui du Journal de Montréal.Les enjeux : pertes d'emplois de bureaux, convergence illimitée du contenu, web et plusieurs autres.La FPJO, dont plusieurs cadres font partie, n'a pas voulu prendre position sur le conflit.À quoi sert une fédération des journalistes si ce n'est pour prendre position : à se rencontrer une fois par année dans un cocktail en région ?À s'écouter parler pour se dire que ça va mal?À discutailler sans trop agir?Du changement, vraiment ?Espérons que Brian Myles, l'heureux gagnant, sera à la hauteur des espérances.Il a du pain sur la planche pour redorer le blason de la FPJQ, notamment aux yeux des jeunes, dont je suis.Institutionnelle, représentant des hauts placés, des journalistes bien établis et des gros organes de presse, les débutants et les pigistes ne s'y sentent pas tout à fait à leur place.L'Association des journalistes indépendants du Québec (AJIO) est là pour ça, de me répondre Cardinal à la question sur les stratégies pour les jeunes.On sait ce qu'il nous reste à faire, donc.Nicolas Langelier, justement de l'AJIQ, vient d'être élu au c.a.de la FPJQ.Il pourra peut-être au moins y défendre un peu plus les intérêts des pigistes, ce qui semble de plus en plus l'avenir du journalisme.On discute beaucoup du milieu, de ce qui s'y passe, mais on ne remet pas beaucoup en question la façon même de faire du journalisme.Entre les Michel C.Auger et les Dominic Arpin de ce monde, pourrions-nous nous attarder au contenu même de ce que nous produisons ?Créer de nouveaux espaces médiatiques où le travail d'équipe, la subjectivité et le journalisme d'enquête (le vrai) pourraient exister ?Trois termes absents des pratiques actuelles du «plus beau métier du monde», mais qui gagneraient à être appliqués dans ce milieu qui semble de plus en plus superflu et grandement questionnable.A chacun son utopie.On s'en reparle dans 10 ans.LA SanivÈU LÉS ASFECf* LEUR ÛEmANbE bE.FiNaNCEHIENt ÉJAiT BOURRÉE DE FAUTES D'ORTHOG^PHE.\u TR.OU^LAHT, N'EST-CE PAS ?YVON D.RANGER Le ministre de la Réforme des institutions démocratiques, Claude Béchard, veut soumettre à l'Assemblée nationale un projet de loi modifiant les règles de financement des partis politiques ainsi que la carte électorale.Ceci, afin de contrer les récentes affaires de corruption, notamment au sein de l'administration Tremblay à Montréal.En réaction à cette annonce, le député de Québec Solidaire, Amir Khadir, a déposé une motion invitant le ministre Béchard à inclure également dans son projet de loi une réforme du mode de scrutin en faveur de la proportionnelle.Rappelons qu'avec un mode de scrutin proportionnel, les partis politiques obtiennent une représentation équivalant au pourcentage de suffrages qu'ils ont reçus.La représentativité s'en trouve ainsi améliorée, et avec elle une diversité et une précarité des élus les rendant moins facilement corruptibles.Claude Béchard a cependant rejeté la proposition du député de QS en affirmant qu'il restait encore beaucoup de chemin à faire avant d'instaurer un mode de scrutin proportionnel.« Encore beaucoup de chemin à faire.» On se tordrait de rire si cette mauvaise blague ne durait pas depuis des décennies au Québec.Comme si les Libéraux, portés au pouvoir par le scrutin uninominal à un tour en vigueur actuellement, avaient véritablement à cœur d'aller vers une meilleure représentativité.Et il n'y a guère plus d'estime pour la démocratie du côté du PO, eux qui avaient la réforme du mode de scrutin dans leur plate-forme électorale dès 1976, mais qui, après avoir constaté que le scrutin majoritaire les favorisait, balaient la proportionnelle sous le tapis depuis 40 ans.Pourtant, comme le rappelait Amir Khadir, le système uninominal actuel est le grand responsable de l'alternance entre deux seuls partis et empêche le renouvellement de la classe politique.«Pour les corrupteurs, c'est beaucoup plus facile d'identifier les pommes pourries au sein de ces appareils qui se maintiennent au pouvoir ou proche du pouvoir, avec les conséquences très graves que l'on sait aujourd'hui», affirme le député de Mercier./ So'>S P*7»* tA TROTdrtIpHHBUï f Il aurait pu aussi rappeler I 71'a'iu€okS, À tlcwTXéAL 3€Aocoap T>£ que les multinationales éta- 1 ,, _„.,,„ _ , H ., \ versions S°ht prises rKorpfaiomummT sumennes prennent pour la \ n * plupart le soin de contribuer \fi (A T^'UE Pfi RATEAUX ou veS ew€LOm^,j aux caisses électorales des Démocrates comme des Républicains.Mais quand on s'élève au-dessus du niveau municipal, on ne parle plus de corruption, mais de «placements sûrs» avec «retour sur l'investissement assuré».Nuance.Et après ça on se demande pourquoi, malgré les pressions venant de partout, Jean Charest hésite à mettre en place une enquête publique pour faire la lumière sur les relations entre le monde de la construction, le milieu des affaires et le financement des partis politiques.Cette enquête serait-elle pour lui l'équivalent d'un «placement à haut risque» ?La justice des urnes Après les accusations de corruption et de collusions pesant sur les membres d'Union Montréal, le maire Cérald Tremblay en prend pour 4 ans.PAS FOU Un fin stratège de l'ONU, préférant conserver l'anonymat, propose d'améliorer la sécurité mondiale en enrichissant les Iraniens plutôt que leur uranium.musironie Afghanistan ¦ .5 .'.¦ \-.Avec lé retrait d'Abdullah-Abdullah de la coursé à là présidence, la ^Comiriissiqti des.plaintes électorales s'est fait: jouer u#Second tour le 7.nbyembie dernier, musironie Beauté des sciences économiques Dans une lettre retrouvée par les autorités, le tireur fou de Fort Hood justifie son geste par un souci d'économie, puisqu'il revient beaucoup moins cher de tuer un soldat localement que de l'envoyer à l'étranger pour le même résultat.musironie Les conscrits de la pauvreté L'armée a-t-elle vraiment «plus de volontaires que de postes» ?NORMAND BEAUDET Membre fondateur du Centre de ressources sur la non-violence Selon le Général Andrew Leslie, l'armée canadienne a dépassé ses objectifs de recrutement et se retrouve maintenant avec un surplus de recrues.Nous aurions donc tort de contester leurs efforts de recrutement en milieu scolaire.L'offensive de communication de l'armée pour contrer le mouvement d'opposition à ce recrutement à l'école prend une ampleur surprenante depuis la rentrée.Face à la controverse entourant ses pratiques de recrutement, l'approche des militaires est typiquement d'éviter de réagir, de peur d'alimenter le débat.Jusqu'à récemment, la seule forme de réponse à la contestation de ce recrutement avait été un communiqué du lieutenant-colonel Albert, de «Cadets Canada», recommandant à ses subalternes de ne pas réagir à la campagne, pour «éviter d'offrir une plateforme de réplique à ses auteurs».Mais au début de l'année scolaire, c'est le commandant en chef de l'armée canadienne lui-même, le général Walt Natynczyk, qui est venu défendre publiquement ses politiques de recrutement, suite à une conférence de presse de la Coalition contre le recrutement militaire dans les écoles du Québec.Compte tenu de la controverse qui prenait forme sur CBC et dans les grands quotidiens anglophones Montreal Gazette, National Post et Globe and Mail, une équipe de majors et de colonels a entrepris, ces dernières semaines, de rendre visite aux membres de la Coalition.Puis, cette activité de relations publiques a débouché sur un coup de théâtre : l'armée n'aurait plus besoin de recruter de fantassins! Il y en aurait déjà trop, trop de troupes de combat, et par conséquent, tout débat sur le recrutement serait de ce fait devenu caduc.Il faut y voir un effet de la transformation prochaine du rôle du Canada dans la guerre menée contre l'Afghanistan.Le vraisemblable déplacement prochain des soldats canadiens de la zone de combat de Kandahar vers une autre région du pays nécessite effectivement une diminution des effectifs et permet une baisse des rotations imposées aux troupes de combat.Il est donc plausible que l'on modifie les priorités d'affectation des effectifs.C'est bien la preuve que les besoins immédiats de l'armée priment toujours sur les belles promesses faites aux jeunes lors de l'enrôlement.S'enrôler, c'est devenir un pion à la solde des hauts gradés et pouvoir en tout temps être réaffecté à un autre métier ou poste.Les jeunes doivent savoir que ce qu'on leur promet, dans le contexte d'une guerre tous azimuts contre le prétendu terrorisme, peut changer selon les priorités du moment, toujours aussi variables qu'imprévisibles.Dans les faits, l'armée est loin d'avoir rencontré les objectifs de recrutement qu'elle s'était fixés après l'arrivée des Conservateurs au pouvoir, objectifs les plus ambitieux depuis la Seconde Guerre mondiale.On se contenterait aujourd'hui d'une surexploitation de ses ressources humaines, au moyen de déploiements à répétition et de ponctions intensives auprès de ses bassins traditionnels de recrutement : les proches des militaires, les cadets et les jeunes, qui voient en l'armée une façon de sortir de la précarité.Ceux-ci et celles-ci suffiraient aujourd'hui à combler les besoins en «militaires de rang».Il faudrait parler de cette conscription par la pauvreté qui sévit dans une période de récession économique où les jeunes sont particulièrement affecté-es.La machine militaire canadienne possède des ressources considérables.Annuellement, c'est plus de 25 millions qui sont investis en publicité pour persuader vos jeunes de «joindre les rangs».Le mouvement «Cadets Canada» coûte à lui seul 200 millions.Et bien sûr, les médias de masse, et particulièrement CBC et Radio-Canada, sont à l'entière disposition des militaires, qu'il s'agisse des analystes consultés ou des nouvelles fabriquées dans les officines du plus important des ministères fédéraux.Pourquoi diable offririons-nous nos établissements d'enseignement à ceux dont le mandat est d'envoyer nos jeunes au casse-pipes?MORT PLUS QU'INUTILE Décès d'un 133e soldat en Afghanistan: la stratégie canadienne serait durement mise a l'épreuve, si seulement il y en avait une.' • musironie Le Couac | décembre 2009 - janvier 2010 Bande de vandales ! FRÉDÉRIC LEGRIS y a-t-il pas une distinction importante entre vandalisme et action politique?J'avoue en avoir assez qu'il y ait peu ou pas de place pour s'exprimer et être entendue dans notre société.Que lors de manifestations les médias ne parlent que de LA roche qui fut lancée, sans jamais parler du message politique derrière le rassemblement.Aujourd'hui, je veux attirer votre attention sur une distinction importante qu'on fait trop rarement : celle entre vandalisme et action politique.Commençons par définir nos concepts.Le vandalisme est considéré comme la destruction stupide des œuvres d'art et des biens publics.L'action politique, pour sa part, nécessite .avant même sa réalisation, des valeurs et des normes de même que des jugements et des justifications.L'action politique suppose (ou du moins devrait supposer) une réflexion critique qui mène à poser un geste pouvant parfois entrainer la dégradation de matériel.VANPAlîSMf ACrioh/ fOÛTiQue Que serait un exemple de vandalisme stupide et brutal?L'émeute sur la rue Sainte-Catherine après la victoire de la Coupe Stanley du Canadien de Montréal en 1993, me semble un exemple frappant.Ici, on ne peut pas dire que la destruction de biens publics soit de quelque façon que ce soit geste politique.Les «casseurs», et non pas tous les partisans du Canadien fiers de «leur» équipe, se sont adonnés à de la destruction stupide et à des vols.Le problème, selon moi, c'est que les institutions et les gens qui les dirigent ont tendance à considérer comme du vandalisme toute détérioration de matériel.En ce sens, toute action menant à une détérioration, aussi minime soit-elle, est nécessairement une action stupide menée par des vandales sans intelligence.Il ne faut pas être dupe, souvent les gens qui sévissent ont conscience que les actions menées sont politiques.La catégorisation des gens en vandales, casseurs, ou autres est par contre bien commode pour discréditer des opposant-e-s.Prenons quelques exemples.Des étudiants militant contre la présence de publicité de l'armée canadienne dans leur institution, ont retiré des affiches publicitaires de l'armée de ZOOM MEDIA.Résultat : ils se sont fait prendre, ont été considérés comme des voleurs (ils ont pris les affichettes) et des vandales (ils ont ouvert les ZOOM MEDIA), et ont été expulsés de l'institution, malgré les protestations de l'association étudiante.On peut critiquer le geste de ces jeunes gens, mais il semble évident que leur geste est politique.Ne devrait-on pas réfléchir sur la présence de plus en plus grande de l'armée dans les établissements scolaires ?Ne devrait-on pas aussi, écouter ce que les étudiant-e-s ont à dire et tenir compte de leurs préoccupations?Pour ne citer qu'un exemple parmi une multitude d'autres : l'UQÀM aurait gagné à écouter les étudiant-e-s au sujet le projet de l'îlot voyageur, puisqu'ils et elles s'y étaient opposé-e-s dàs le début.Bud a lancé une gigantesque campagne publicitaire assez suggestive le «Camp Bud».Ils ne sont pas les seuls à faire ce genre de pub (manoir Coors Light, etc.), mais cela est-il une excuse ?Certaines des affiches de la campagne publicitaire du «Camp Bud» ont été «attaquées».Il est aisé de dire que les personnes qui ont appliqué des collants « sale pub sexiste » ou encore qui ont jeté de la peinture sur ces affiches ne sont que des voyous.Sans vouloir nier la détérioration du bien de Bud, ces gestes n'appellent-ils pas à une réflexion sur l'exploitation du corps des femmes dans l'univers de la publicité?Loin de moi l'idée d'en appeler à la détérioration de biens publics, mais je pense qu'il est nécessaire d'entendre le message que certaines personnes nous envoient et de faire la distinction entre «de la destruction stupide» et des actions politiques avec lesquelles nous pouvons ou npn être en accord.On peut s'interroger sur les moyens disponibles pour s'exprimer dans l'espace public et la résonance qu'on accorde aux propos et aux actions des gens.?rH LA CAROTTE QUI TUE le \faskt£ tel CfirizoViavE JOHANNE ROUSSY, CITOYENNE Le collectif SISUR (Sept-îles Sans Uranium) se mobilise, solidaire des populations locales, pour préserver les modes de vie, la santé et la sécurité des habitant-e-s de la Côte-Nord et du Nord du Québec, notamment contre l'exploitation, ultra-risquée, de l'uranium.1 Voici une leçon de choses donnée à ses voisin-e-s et ses élu-e-s par le citoyen Fafard, résidant de Sept-îles comme moi, pour les sensibiliser aux dangers très réels du minerai d'uranium.Un bon matin, citoyen Fafard, membre actif du collectif SISUR, attend en retrait la fin d'un point de presse donné par le ministre québécois de la Santé à l'Hôpital de Sept-îles.Pour faire bonne impression, il a enfilé ce matin-là sa salopette, sa tuque et apporté sa «tabagan» (traîne sauvage).Dans une poche en coton brodée par une Innue, il a aussi une carotte.Bien sûr, on ne parle pas ici du légume racine, mais d'un échantillon cylindrique de roc, résultat d'un forage.La foule qui commence à se dissiper est donc interpellée par l'homme à la tuque : «Sortez pas tout de suite, j'ai un sujet qui touche la santé publique, donc je pense qu'on devrait en parler.» Tous le monde se rassoit.citoyen Fafard met sa tabagan à l'envers sur deux chaises, sort la carotte du sac, la pose sur la tabagan et tire ensuite de sa poche, non un lapin pour sa carotte mais un compteur Ceiger, outil à mesurer la radioactivité.«Voici une carotte ramenée de la montagne, plus précisément du site d'exploration uranifère du lac Kachiwiss, » explique le citoyen, content de voir les gens attentifs à sa préoccupation.Le lac Kachiwiss (ou lac Sucré) est situé à quelques centaines de kilomètres au nord de Sept-îles.Toutes celles et ceux qui ont souvent vu ce drôle de personnage se promener à -35 degrés Celsius, sa tabagan sur le dos, pour distribuer des tracts ou dire des choses pas si bêtes aux médias, ont bien envie d'en savoir plus sur la fameuse carotte.«Ben, ce genre de carotte-là, vous savez, y a plein de gens qui en ont un morceau sur une table ou dans une bibliothèque.En souvenir.sans savoir.» Silence inquiet de la foule.«Mais le tic-tic bizarre que vous entendez, ça, c'est le niveau de radioactivité de la roche.Plus ça tique-tique vite, plus c'est radioactif.» Mouvement de houle dans le groupe.«Et ça, c'est vrai pour les quatre kilomètres de carottes qui attendent sur le top de la montagne, juste en haut de notre réservoir d'eau potable, accessibles à n'importe qui.La mauvaise nouvelle, c'est que mon compteur Ceiger nous dit que cette roche-là est radioactive.Au-delà de ce que permet la norme.» Puis, citoyen Fafard prend le cylindre de pierre et l'offre au public.Personne ne veut le prendre.Il se retourne vers le ministre de la Santé - après tout, un Je Suis CAT£60RiQUE Cette carotte, n'cSt PAS irradiée .Par CONTtE.,Ei.lE.ME SEM&Lt SUCCULENTE TOOT D'UN coup Mi?, homme politique va certainement se fier aux normes de son gouvernement.Il lui tend la carotte que les minières ont forée selon les normes que le Ministre qualifie de sécuritaire.Eh bien, M.le Ministre se défile et refuse d'y toucher! Malaise.1 Au passage de la Flamme olympique par Sept-tles, TVA est le seul média qui a pris la peine de mentionner l'existence d'une contestation au forage de l'uranium alors qu'on célèbre la santé et le sport : http://tinyurl.c0m/yffc7su Inversion des rôles Maintenant que les homosexuel-le-s veulent se marier, servir dans l'armée et avoir des enfants, plusieurs hétérosexuel-le-s libertin-e-s et pacifistes demandent à ce que ce soit plutôt ces homosexuel-le-s qu'on qualifie de straights.musironie L'AXE IRAN - COREE DU NORD - SEPT-ILES Les habitant-e-s de Sept-îles redoutent de se voir ajouté-e-s à la liste de l'Axe du Mal, depuis qu'ils possèdent une mine pour enrichir de l'uranium.musironie Beaudry-village R.C.PETIT-LAFOND Maudit que je l'ai haï, le dit village! J'avais travaillé dans ce quartier, dans un àrop-in pour les jeunes, puis en éducation populaire, avant tout ça.Je voyais l'ancienne population le quitter, s'en aller plus à l'Est, repoussée par une nouvelle gang, plus jeune et plus instruite.Fini les bougons, les marmots, les bums, les motards, bienvenue le village gai! J'haïssais surtout le village pour ce qu'il allait faire du mouvement gai.Je ne concevais pas que des gars puissent avoir envie de vivre, de travailler, de consommer, de se divertir juste entre gais! Ça ne me rentre d'ailleurs toujours pas dans la tête.Maudit que j'ai gueulé contre l'hostie de village ! On ne fait pas un ghetto pour se libérer de l'oppression! Les Allemands ont regroupé les Juifs pour mieux les exterminer, nous on allait s'autoghettoïser! Rien à voir avec les regroupements de populations dans les quartiers dits «ethniques».À ces endroits, il y a une diversité, plusieurs générations, un métissage, les adultes travaillent à l'extérieur avec des gens de toutes origines, les jeunes vont à l'école avec d'autres de toutes provenances ethniques, de différentes confessions religieuses et origines sociales.Et puis, une culture a des origines, une portée, un passé, un présent et surtout un avenir! Nous, sous le prétexte d'une masse critique pour atteindre la reconnaissance, nous allions sortir du social, cesser de le contaminer ! Et tandis que les autres nous regardaient, à partir de leur «ailleurs», nous allions les mépriser à notre tour par cette auto-exclusion! Les familles, les hétéros qui traversaient le quartier les soirs de feux d'artifice, zieutaient nos vitrines, regardaient nos couples s'embrasser et se tenir la main, comme le spectacle un peu infâme de bêtes de foire! Comme je n'y pouvais rien, j'ai fini par voir cela comme un passage obligé.Un regroupement tactique, avec des lieux de rencontre et de consommation pour nous faciliter la vie.Et oui, plus de visibilité, pourquoi pas, ça pouvait pas faire de mal.Et j'ai bien sûr dû le fréquenter, bien malgré moi, pour militer, consommer, rencontrer.Finalement, quelques années plus tard, la catastrophe que j'avais anticipée ne s'était pas produite.Les gais, omniprésents autour des artères commerciales, n'étaient pas majoritaires sur l'ensemble du quartier.Ouf! Les touristes pouvaient satisfaire leur curiosité, parcourir la Ste-Cath, comme avant, de l'Ouest à l'Est, s'arrêter manger une bouchée, prendre une bière, les bars étaient devenus mixtes.HORS GHETTO Chronique polémique et dissidente .Le quartier s'est embelli, il n'y a que moi pour me souvenir des ruines et des coins chauds du début des années 80, des familles qui vivaient là, maintenant entassées dans les HLM plus à l'est.On a même changé le nom d'une station de métro, on l'a redécorée aux couleurs de la queer nation, mené une expérience pilote de rue pié-tonnière.Ah qu'il est beau, notre village! Et vous savez quoi ?En fin de compte, c'est bien pire en fait que ce que j'avais imaginé! C'est l'endroit au monde que je trouve le plus laid, où j'ai le moins envie d'être! Le passage obligé, je voudrais bien qu'il finisse! Il n'y a pas de place au monde plus artificielle, où la culture est plus plaquée que Beaudry-village! Une culture de gomme balloune, avec son odeur de sécheuse à linge, ses beaux fanions politically correct, sa musique d'ascenseur, une culture «godemiché», épilée.Une culture sans racines historiques : ce quartier n'a pas été celui de nos résistances à nous, mais de notre conquête! Les résistances, elles, sont allées se faire voir ailleurs! Et pour ce qu'il en reste, itinérance, mendicité dont certains voudraient bien qu'elles débarrassent ! Une culture qui n'a pas d'ancrage dans le présent : territoire de transit, refuge de la petite misère comme de la nouvelle fortune.Rien ne s'y arrête.Culture, surtout, qui n'a aucun avenir : la queer nation, c'est celle de la diversité, du mélange ; elle sera nulle part et partout ou ne sera pas du tout.On parle maintenant d'un second village, celui du Plateau, plus cool, plus résidentiel que commercial.Lâchez-nous avec vos hosties d'villages! Allez et dispersez-vous! Ou crevez, ignorants que vous êtes, dans le vide et l'indolence.Maudit que j Thaïs! Le Couac | décembre 2009 - janvier 2010 Coquin d'entresort ! martin dufresne Ouestion du voile, questions d'identité, voilà de quoi faire la page 9 du Devoir; mais «lever le voi-^^^^ le sur l'identité québécoise», voili voilou.faut le faire! J'ai été voir trois fois plutôt qu'une Le Musée des vieux animaux québécois, nouveau show iconoclaste des clounes de Toxique Trottoir, acrobates mentales d'un théâtre de proximité amoureux de médiations culturelles et joué aux quatre coins de la province et dans leur quartier de Rosemont qu'elles ont carrément invité à les accompagner sur la Lune ce printemps (http://www.you-tube.com/user/toxiquepointca).Il faut dire qu'un an et demi après les déchirements de chemise et raccommodements au fil blanc de la Commission Bouleau Noir-T'es Chère, avec son paysage de souches dévastées par l'Islam et le slam, il était un peu temps de siaquer la poulie.Pour leur huitième spectacle depuis 2003, les «toxiques» ne font pas que la siaquer, elles y donnent franchement la claque.Jack.Dans un musée de poche déjanté, elles nous font virevolter de l'ère glaciaire à la Dernière Tourte, génétiquement ranimée par la truculente anthropologue Anne Stein (éblouissante Muriel de Zangroniz), métissée jusqu'au bout des ongles mais «conçue ici, sur ce tapis», sous l'oeil vitrifié d'animaux naturalisés et autres accessoires burlesques.«On a voulu se faire plaisir! », avoue Marie-Hélène Côté, en Carole Macchabée, inquiétante drop-out de l'École de police de Nicolet, tandis que Dominique Marier ose la pirouette du pé-rire jaune et de la mise en abyme de notre regard.Cette trop courte visite guidée des arcanes de notre inconscient correctionnel va du mystique castor géant Agakuk à une toune de pitoune et une leçon de syntaxe d'ici, reprises en choeur par un public de moins en moins méfiant (le pauvre !).Il y a même une vidéo nature sur le Québécois Poule Mouillus, le tout livré sous un microchapiteau, monté cette fois-ci dans le stationnement d'un resto portugais (diversité oblige!).Cat l'entresort, c'est une figure du théâtre de rue où chaque passante est attiré-e dans un espace dont il ou elle ressort transformé-e après 5 minutes ou une heure.Voilà bien la grâce que je vous souhaite, dès que ce petit bijou de pièce sera rejouée en mars! Pour y courir, faites-leur un petit cygne : info@toxique.ca Convergence étendue À caùse-àStndifférend l'opposant au CRTC, Québécor songe àfôndér son pro- pre organisme de réglementation des ondes publiques.MUSIRONIE valentin tardi BWUJES EXPLOSIVES Vide nostalgique eve-lyne couturier allegreto deprimoso (Fluide Clacial) de Romain Dutreix Dans un esprit proche des BD démesurément punk hardcore avec dessins ultra-détaillés du québécois Henriette Valium, Dutreix vient de façonner un album grouillant de folie sur le thème de la musique.Ici, pas question d'adoucir les mœurs, bien au contraire, la musique, qu'elle soit rap, classique, chanson française, punk ou glam rock, reste redoutablement dangereuse et débilitante.En une douzaine de petites histoires où tout se joue à contrario et dans le cirage du décalage culturel, l'auteur n'y va pas de main morte et, bon sang, ça change du bien pensant ordinaire! tuer vélasquez (Clénat Québec) de Philippe Cirard Aurait-il fallu juxtaposer Picasso et Vélasquez plutôt que de tuer Velasquez?On apprend, dans ce récit autobiographique, que développer ses goûts, comme passer le cap de l'adolescence sans succomber au piège à con d'adultes pétri de duplicité, n'est pas si simple que ça.Un religieux, sous le couvert de débloquer des jeunes, les initie à ses fantasmes masculins avec son club, bien nommé, Les Oies Blanches.Adepte d'un dessin d'une rigueur toujours étonnante, artiste ayant un sens du rythme et de l'ellipse quasi-infaillible tout en pratiquant l'équilibre fragile des silences et des textes, Cirard se surpasse (Les Ravins et Une histoire de pêche sont parmi les BD québécoises les plus marquantes) en nous faisant littéralement vivre le trouble abyssal d'un jeune abusé.le groom vert-de-gris, Une aventure de Spirou et Fantasio (Dupuis) de Schwartz et Yann Dans la lignée de ces reprises carte blanche uniques du célèbre personnage de BD, après un chef d'oeuvre d'Emile Bravo (Spirou, le journal d'un ingénu), la barre est haute.Yann, un scénariste qui en a vu d'autres - on lui reconnaît une rénovation certaine de la BD avec des textes plus durs - campe son Spirou dans le Bruxelles de 1942, soit en pleine occupation.Schwartz, un dessinateur affichant une ligne claire redoutable d'efficacité et de punch, contribue également avec brio à un album sur le thème de la résistance et de ses aléas, pastichant l'humour propre à cette série phare tout en adressant des clins d'oeils à divers prédécesseurs dont Hergé.malaise, une comédie pathétique (Mécanique Générale) de Sébastien Rivest hamidou diop (Mécanique Générale) d'Éric Simon et Simon Bossé Voici les deux derniers livres créés sous la houlette de Jimmy Beaulieu pour Mécanique Générale.Un pan de BD d'auteurs du Québec y a été publié depuis 2001 ; parmi ceux-là : Philippe Cirard aka Phlpp Grrd, Benoît Joly, David Turgeon, Leif Tande, Catherine Lepage et Luc Cirard.Pour le premier, il s'agit d'un livre para BD narrant un prolongement des aventures cérébrales de l'agent secret Wolof nommé Hamidou Diop par Hubert Aquin dans Prochain épisode.Toujours à extrapoler et à s'imaginer mille péripéties, l'agent de pacotille se trouve illustré au pied de la lettre par un Simon Bossé pétillant de malice.Quant au second - sous le mode histoires courtes BD - on y découvre un poète inconnu qui tente lui-même de se convaincre du bien fondé de ses écrits.Malchanceux comme pas un, Isodore Malarmé - c'est son nom - ira même jusqu'à utiliser ses fanzines de poésie comme papier-cul.Tout de même, il est question d'introspection et de l'immense besoin de communiquer alors que chacun, paradoxalement même en relation, s'isole dans sa bulle virtuelle.On mesure le fossé quand le personnage dit «Je t'aime ! » et que l'autre lui répond «C'est gentil.» en poursuivant avec «Je dois aller me laver les cheveux.».En bref, deux bonnes BD sur l'enfermement individuel.Le mois dernier, j'ai abordé la question de Tivilight pour vous aider lors de vos soirées familiales à converser avec les jeunes filles qui vous entourent.Cette fois, laissez-moi entrer dans l'univers des gamins.Il est vrai qu'il n'y a pas vraiment de série qui fait autant courir les garçons.Il y a bien James Bond, mais.Ou Batman, quoique.En fait, il s'agit plutôt d'un «genre» de films que d'une franchise en bonne et due forme.Encore plus qu'avec les petites filles, c'est dans l'enfance que l'on cherche à séduire ces messieurs.Retour de Transformers, de Spiderman et même d'Astro le petit robot.Parfois c'est bon.On pense ici aux nouveaux Batman, à la reprise de Star Trek et même au retour de James Bond.Ces films ont décidé de réactualiser leurs mythes et se sont permis de recréer les personnages.Ils prennent le temps de raconter leurs histoires, une à la fois.Sans se prendre entièrement au sérieux, ils acceptent la dérision et reconnaissent l'élément de nostalgie nécessaire à leur succès.Ça reste du divertissement léger, mais du divertissement tout de même.D'autre fois, la nostalgie prend toute la place.Garçons, ils se sont inventé des scénarios dans lesquels il y avait des armes infinies, des bases secrètes miraculeuses et, au final, une fille, une seule, LA fille, pour qui ils sacrifieraient tout.Ils ont été si heureux dans cet imaginaire qu'ils ne voient pas comment une telle recette pourrait échouer maintenant qu'ils ont les moyens de se payer les meilleurs effets spéciaux et les plus belles actrices.Prenons comme exemple le film C.I.Joe-Rise of the Cobra.Après avoir formé la virilité de toute une génération de petits garçons, il était simplement normal que les C.I.Joes reviennent, plusieurs années plus tard, vérifier si leurs enseignements avaient collé.Bien entendu, les dessins animés n'étant pas ce qu'il y a de plus sexy quand on a la testosterone dans le tapis, c'est sous forme de «vrais» acteurs qu'ils tentent de nous séduire à nouveau.Malheureusement, le résultat du film n'est pas optimal.Oui, il y a beaucoup d'explosions, et bien sûr, des femmes en costumes moulants.Mais aussi, le besoin irrépressible de justifier la morale de chaque personnage.Daddy issues, partout.Ainsi, la baronne ne peut se contenter d'être méchante ; elle est en fait l'ex-fiancée déçue du G.I.Joe principal, et a décidé de noyer sa peine d'amour dans la violence et le mal.Ou sont-ce les forces du mal qui contrôlent son esprit jusqu'à ce qu'elle reprenne contact avec l'amour?Un peu des deux sans doute.L'histoire tragique de l'enfance des ninjas permet, quant à elle, de nous faire prendre conscience du mal-être du méchant qui ne cherchait que le respect de son maître.Et c'est ainsi pour chacun.Tout le monde a son histoire triste, tout le monde agit par besoin d'attention, de reconnaissance, d'amour.L'atmosphère n'est pas toujours si dense grâce à Ripcord, personnage Noir central.Loin des stéréotypes, il n'est pas vraiment compétent, plutôt maladroit, se pense irrésistible auprès des femmes et a toujours une blague en poche, en plus d'être un ami fidèle et sincère.C'est comme Jajar Binks, les grandes oreilles en moins.Mention spéciale au Marocain, expert en communication qui voue un attachement sincère à la métropole française qui l'a si bien colonisé.Toujours en évitant la facilité, l'histoire qui se déroule dans plusieurs pays nous indique clairement les différentes langues en jouant des accents anglais appropriés.Pour compenser la tentative ratée de nous accrocher par les histoires et les tourments des personnages, la bravoure des soldats devient un élément marginal pour la réussite de la guerre.Ce sont maintenant les inventions à la James Bond qui font la supériorité des uns ou des autres.Hologrammes, armures «accélérantes», nano-robots destructeurs, habits invisibles, armes qui ciblent électroniquement.de tout pour tous les goûts.Côté violence, soyez rassuré-es.Trahison, dénaturation des êtres humains, souffrances atroces, fusils et autres armes meurtrières.mais pas une goutte de sang.Et à bien y penser, pas vraiment de mort non plus.En fait, pas de cadavres devrais-je dire.Bref, un petit divertissement familial pour tout le monde.Finalement, on ne s'attache ni aux personnages, ni à leur tragique existence, et surtout pas à leur technologie désincarnée.Point positif de ce film - et de tous ses confrères -, on en sort avec l'envie de voir des enfants jouer, d'écouter leurs histoires et de les encourager à continuer à rêver.Le pire qu'il pourrait leur arriver serait d'espérer à 30 ans les mêmes choses qui les faisaient rêver à 8 ans.6.1.Joe: The Rise of Cobra (États-Unis, 2009), réalisé par Stephen Sommers, 118 minutes, Paramount Pictures Prêcher par l'exemple La ministre de la Culture et des Communications, Christine St-Pierre, commande une étude sur l'avenir de l'information, mais avoue son optimisme, déclarant qu'à lui seul, son départ de Radio-Canada avait passablement amélioré la qualité du journalisme.musironie ramon vitesse roberto lopez project, Soy panamericano (Cururamusique/ Select) Que pasa ?le premier album de Lopez et de sa bande latine tous azimuts paru en 2006.Aujourd'hui, avec une joyeuse intensité à puiser avec inventivité dans le creuset des musiques latines de Colombie, Cuba, Brésil, Salvador sans oublier Montréal pour actualiser le tout, nous voilà devant un album gigantesque et frétillant.À neuf lutins des vents, des percussions et des voix mixtes - nous voici convié à un party extraordinaire au cours duquel on dansera : salsa dura, currualo, mambo-urbano, cumbia-funk, reggae ou rai.^VOLUTIONS le vent du nord, La part du feu (Borealis records) La musique traditionnelle du Vent du nord ne donne jamais l'impression de se figer.On sent toujours un allant, le souffle créateur de l'artiste de la forge parvient à donner de nouvelles incurvations au matériau.La pièce Octobre 1837 révèle précisément cette fougue tandis que Montcalm, avec les cuivres de Crùv'N Brass, revisite une des plus anciennes chansons canadiennes composée à la suite de la bataille de Carillon en 1758.Écris-moi réinvente une chanson retrouvée dans une malle, en lui créant un air où interviennent mandoline et accordéon-piano.On va dire comme ils disent (le groupe cite Jacques Boulerice) : «La part du feu, c'est tout ce qu'on est résigné à perdre pour préserver l'essentiel, c'est ce que, collectivement, nous confions à la mémoire.pour s'en faire un avenir.» ! duplex, Worser (Mint records) Le deuxième album de ce groupe quasi-intergénérationnel, de quatre ans à près de la cinquantaine, composé d'artistes de la scène indie rock de Vancouver et d'amateurs jouant de toutes sortes d'instruments (dont des bidules sonores), propose quelque chose de jouissif dans l'univers souvent aseptisé de la musique, trop parfaite et tellement proprette.Ajoutons encore que leur musique qui fait une belle part aux voix, aux choeurs et dont les cuivres sont remarquables, propose une alternative musicale non-infantilisante aux petites personnes.La cerise sur le tout?Les titres fantaisistes et réflectifs comme : That's how we make a sandwich, Salvador, Sounds like work, When animals attack, etc.les ogres de barback, Du simple au néant (Irfan/Outside) et Pitt'Ocha 2 Au pays des mille collines (Irfan/Outside) Voici, de nouveau disponible au Québec, l'ensemble des disques (une dizaine) des quatre frères et sœurs fondu-e-s de la chanson française à texte libertaire et populaire, de la culture tzigane (pensons à leur chapiteau itinérant) et à l'esprit alternatif des années 80 avec Négresses Vertes, Mano Negra ou Béruriers Noirs.Sur Du simple au néant, le quatuor de multi-instrumentistes (une trentaine !) élargit encore son champ musical aux musiques du monde.Il s'offre même une incursion punk ska avec la féministe Ni dieu ni dieue tandis que, sur leur deuxième Pitt'Ocha pour enfants de tous âges, Les Ogres présentent toujours autant de collaborations folles (Cowboys Fringants, Gabriel Yacoub, 17 Hippies, Polo mais aussi des enfants et des femmes birman-e-s, mongol-e-s, rwandais-es!) pour des textes très crapauds. La vraie dureté du mental HOCKEY ET PHILOSOPHIE FRÉDÉRIC LEGRIS LA VRAIE DURETE DU MENTAL Hockey et philosophie Le Couac | décembre 2009 - janvier 2010 Il y a quelques temps on renommait un tronçon de la rue de la Cauchetière en L'avenue des Canadiens-de-Montréal.La seule chose étonnante ici, c'est que cela n'ait pas été fait plus tôt, le hockey au Québec s'élevant depuis longtemps déjà au rang de culte.Culte qui perdure malgré les performances plus qu'ordinaire de « nos glorieux » Canadiens depuis déjà plusieurs années.Est-il possible que des joueurs de hockey aiment la philosophie?Sans doute, comme nous le rappelle Jean Dion lorsqu'il cite le gardien de but Bryzgalov : «J'aime la philosophie, elle m'aide dans ma vie.J'y trouve les réponses à quelques-unes de mes questions.J'aime les philosophes.» (p.XII).Est-il possible que les philosophes soient des amateurs de hockey ?Bien sûr! Ce livre en est la preuve ! Rapprocher philosophie et hockey, est-ce vraiment possible ?C'est le défi que se sont donné Normand Baillargeon (grand admirateur de Bobby Orr) et Christian Boissinot (futur conducteur de zamboni).Ils nous proposent une nouvelle collection chez PUL, Quand la philosophie fait pop! Celle-ci vise à réunir philosophie et culture populaire, ce qu'elle fait avec brio dans le premier livre de la série la vraie dureté du mental, Hockey et philosophie.Ce recueil de textes réussit à sauver la chèvre et le chou, en ce sens qu'il réussit à concilier contenu et simplicité.C'est le sourire aux lèvres que l'on parcourt ces pages qui nous initient à la philosophie du sport.La philosophie du sport est une discipline très jeune (moins de 40 ans) et peu connue, tant des érudits que des profanes.Ce livre nous propose une équipe d'étoiles qui donne son 110 %.Le livre démarre sur les chapeaux de roue avec Tony Patoine qui marque un gros but avec «Hockey, nationalisme et identités au Québec et au Canada» qui expose brillamment la relation particulière qu'ont les Québécois avec le hockey.Ensuite, nous patinerons d'un bon texte à un autre tout au long de cette partie.J'ai beaucoup appris avec «Entre l'étang gelé et le Centre Bell ou comment retricotei le mythe de la Sainte-Flanelle» d'Anouk Bélanger et Fannie Valois-Nadeau.J'ai savouré «La métaphysique du hockey» de Jean Grondin.Notons aussi que plusieurs encadrés ponctuent le texte et nous régalent d'anecdotes, ce qui bonifie les textes en présence.En cherchant bien, j'ai trouvé deux petits points négatifs à ce livre.Premier bémol, les images qui sont parfois réussies, parfois pas.Encore, les gens qui (comme moi) suivent les auteurs dans leurs autres publications auront parfois une impression de déjà-vu.C'est le cas, par exemple du texte de Jon Paquin que j'avais déjà lu dans la revue Médiane (à l'époque, je l'avais adoré).En fait, celui-ci me fait penser au pâté chinois, encore meilleur réchauffé! Ce match ne se solde pas par une nulle, malheureusement pour Weinstock qui en fait la promotion dans «Éloge des matchs nuls».Ce match se termine plutôt par une écrasante victoire de l'équipe Boisinnot-Baillargeon.On peut dire sans crainte qu'ils représenteront l'équipe à battre cette saison.En somme, un livre à lire entre la première et la deuxième période, après avoir mis les insignifiants commentaires de Benoit Brunet sur «mute»! Fallait y penser Un rapport de Goldman Sachs démontre que les riches dépensent moins qu'on ne le pense puisqu'ils font payer leurs factures par les plus pauvres, musironie COQUILLE Stade pré- RÉVÉLATRICE Le ministre de l'insécurité publique, Jacques Dupuis, réitère la position du gouvernement en faveur d'une omission d'enquête publique.musironie maternelle La police de Montréal nie catégoriquement que ses agents s'en prennent aux sans-abri, et affirme que ce sont les sans-abri qui ont commencé.musironie ADO : la catastrophe évitée Apprenant que ce n'était pas Omar Bongo qui avait voté pour Cilles Taillon, mais bien Jean-René Dufort se faisant passer pour le chef d'état africain, Éric Caire s'est dit soulagé, car il craignait que l'ADQcompte un Noir parmi ses membres.musironie Groulx : mode d'emploi SIMON TREMBLAY-PEPIN Je ne connais rien au cinéma québécois.De Cilles Croulx, j'ai vu Le chat dans le sac et c'est tout.Cilles Croulx, le cinéaste résistant, de Paul Beaucage, se devait donc d'être facile d'accès et accrocheur, et non un truc pour cinéphile avertis.À cet égard la préface de Jean-Marc Piotte est rassurante.Piotte nous dit en substance : «c'est le meilleur, vous pouvez pas vous tromper en écoutant ses films».Bon, le bonhomme est un peu biaisé, il a participé très activement à l'un de ses films.Toutefois, comme il est aussi plutôt brillant, on se dit qu'il n'aurait pas travaillé avec n'importe qui.En effet.Un coup d'oeil à la table des matières donne une idée saugrenue.Beaucage a divisé son bouquin suivant les 15 films du réalisateurs, un chapitre par film.L'envie prend, tout soudain, de faire l'alternance : de lire un chapitre et d'écouter le film correspondant.Avec plusieurs des films de Croulx sur le site de l'ONF et l'ensemble de ce qu'il a réalisé disponible sur le coffret DVD produit par l'organisme fédéral et disponible, entre autres, pour emprunt à la Bibliothèque nationale du Québec, voilà une activité de fin de semaine ni trop bête, ni trop coûteuse.Même sans réussir le tour complet de l'œuvre filmée (ce qui signifie un bon 15 h de visionnement) on se rend compte de l'importance du cinéaste auquel on a affaire.Des documentaires subversifs, des longs métrages puissants et recherchés, une pensée qui fait se joindre l'art et le politique tout naturellement, comme ce devrait toujours être le cas.Un regard très critique sur la consommation, le divertissement, le capitalisme et l'exploitation, doublé d'un à-propos séduisant.En visionnant cette œuvre de haute voltige, on en vient facilement aux mêmes conclusions que Beaucage : nous avions un génie du cinéma et on l'a laissé se perdre à la marge.Rappelons-le: en toute une vie, Croulx n'a eu l'occasion de réaliser que 15 films, incluant des (parfois très) courts métrages.Ses longs métrages majeurs se comptent sur les doigts d'une seule main.Pourquoi?En grande partie parce qu'il n'a jamais eu de moyens pour réaliser ses ouvrages.Victime de censure à l'ONF, victime de coupures à son équivalent québécois et insolvable pour les créanciers privés qui cherchent le film à succès : le Québec a choisi de passer Cilles Croulx sous silence.On imagine bien, dans d'autres pays, qu'un tel talent aurait connu un autre destin.Incurie des milieux artistiques subventionnaires ?Certes.Mais aussi un certain mépris de la critique et du public québécois face à son cinéma d'auteur.Beaucage cite en exemple Forcier et Falardeau qui ont subi le même sort.on pourrait allonger la liste.Dans les gros médias québécois, la critique culturelle se résume souvent, à quelques notables exceptions près, à applaudir aux ersatz locaux de la production hollywoodienne.On devine son rapport pour le moins trouble avec la pensée contestataire.Rapidement, ce qui fait penser devient «trop intellectuel», ce qui tente de repousser un peu les contraintes formelles devient «obscur» ou «ésotérique», le mot expérimental devient de facto un poids à porter : «C'est du cinéma expérimental, mais c'est quand même intéressant!».L'ouvrage de Beaucage réussit bien à cerner quel choix Croulx a décidé de faire devant le spectacle navrant du milieu culturel québécois.Aux antipodes d'un Michael Moore qui choisit les armes de la rhétorique hollywoodienne pour faire passer un message militant (quoique souvent inégal au niveau de la réflexion), Croulx a opté pour l'œuvre cinématographique de haute voltige, même si elle reste condamnée à la confidentialité.En suivant son parcours, tant sur les pages que sur l'écran, on voit un rapport à l'art d'une franchise intransigeante.Il ne sera pas question de mièvreries secondaires, il sera question de «la» question : celle de l'état actuel et du devenir de notre société.De quoi peut-on, au final, parler d'autre.?La lecture entrecoupée de projections a cependant un autre avantage, moins glorieux.Elle permet de prendre un temps entre chaque chapitre.On s'en réjouit, car si le néophyte s'instruit grandement au fil de la lecture, le style de l'ouvrage est souvent laborieux.Dans un texte où une langue ampoulée et farcie de points d'exclamation pompeux côtoie de nombreuses références cinématographiques (fort intéressantes pour notre culture, certes, mais dont l'utilité est parfois discutable pour le propos), on sent une répétition qui devient lassante en fin d'ouvrage.On a l'étrange impression que le livre est une série d'articles mis ensemble sans grande relecture, tant des phrases qui se ressemblent comme deux gouttes d'eau sont placées presque côte à côte.S'il y a beaucoup de références cinématographiques, il en manque quand vient le temps d'appuyer les affirmations.On nous dit que Croulx a dit ou fait ceci ou cela, mais rien ne nous donne accès soit aux textes d'origine, soit à d'autres relations des événements.Dommage qu'un livre nécessaire sur un sujet crucial et écrit par quelqu'un qui, de toute évidence, connaît le sujet à fond, pose de si grands problèmes de forme.Souhaitons qu'on ne s'y arrête pas.MIN IUUU6E GILLES GROULX, LE CINÉASTE RÉSISTANT beaucage, Paul, Gilles Croulx, le cinéaste résistant, Montréal : Lux, 2009, 266 p.LEPINE N'A PAS AGI SEUL «Faire taire, supprimer le récit des victimes demeure à ce jour le plus sûr moyen de demeurer impuni.» (Micheline Labelle) MARTIN DUFRESNE Jy haïs les féministes» : trois mots et un geste politique que journalistes, romanciers et cinéastes s'efforcent d'enterrer depuis 20 ans, en même temps que la parole des femmes.Forte des propos du tueur lui-même, Mélissa Biais rappelle avec ce titre le sens terroriste du massacre de 14 femmes à l'École Polytechnique de Montréal.Elle détaille implacablement les divers «discours» dans lesquels les médias à grand tirage ont tenté depuis de noyer le poisson, de «mettre au pas notre mémoire collective», collabos d'un meurtrier qui avait ironisé d'avance sur ce qu'ils diraient de lui.La grande qualité de ce bouquin passionnant est de briser l'illusion de la singularité et de l'irrationalité du massacre commis le 6 décembre 89 - « Un "tireur fou", rien à comprendre, circulez!» Biais enrichit notre souvenir avec la réflexion d'historiennes, de sociologues et de philosophes, au sujet de l'infériorisation sociale des femmes.L'on profite ainsi des analyses de Dworkin, Cuillaumin, Delphy, Montreynaud, Fahmy-Eid, Elena de Aldea, Micheline Dumont, etc.mais également de Candau, Wieviorka, Todorov, Hall, Raboy et plein d'autres décodeurs de discours qu'elle me donne envie de lire.Surtout, en 220 pages - et assez de références pour nourrir des générations de chercheur-es ! -, Mélissa Biais désigne la recherche d'une «mémoire juste» par les survivant-es d'autres terrorismes.en Argentine, par exemple.Elle repère et discrédite les pressions négationnistes et récupératrices.Contre le discours qui se contente de déplorer toute violence : «Les violences faites aux femmes ne relèvent pas exactement de la même problématique sociale qu'une infraction à domicile, une guerre ou la brutalité de Bugs Bunny à l'égard de Daffy Duck.» (p.71) Toute expression de colère ou de crainte chez les femmes a été taxée, depuis 20 ans, de radicalisme et censurée au nom du «recueillement» et du fameux désarroi masculin, toujours invoqué pour justifier les pires coups de force.Melissa Biais reconnaît dans cet interdit le verrou d'une «unité sociale» où on amalgame les intérêts de classes antagonistes pour assurer le maintien du statu quo.Un effort collectif En plus de faire découvrir une voix forte, le livre est une mosaïque des travaux des Joanne Boudreau, Louise Malette, Marie Chalouh, Manon Anne Blanchard, Johanne Lévesque et Hélène Charron, qui ont défriché les voix de la réaction après et depuis le 6 décembre 1989.Dépouillant les grands quotidiens et le journal étudiant de l'UdeM, elles affirment le sens politique de la mémoire contre une désinformation toujours à l'œuvre - pensez aux torturés et aux mort-es de l'Afghanistan.Discours ou pouvoirs ?Au-delà de simples discours, «J'haïs les fe'ministes!» rappelle les pouvoirs bien réels qui ont joué pour banaliser un antiféminisme ordinaire auquel l'assassin risquait de donner mauvaise réputation.Ce furent, par exemple : Radio-Cadenas liquidant Bourgault (pourtant si antiféministe) pour avoir qualifié d'arrogant un Archevêché tenant les femmes hors de la Cathédrale lors des funérailles et parlant à leur place ; le gouvernement provincial refusant une enquête publique aux parents ; la police de Montréal refusant de divulguer le manifeste de Lépine - tout en prétendant ne pas comprendre sa motivation ; l'École Polytechnique se disant personnellement attaquée, et les journalistes et dirigeants étudiants dénigrant les réactions féministes à un crime parfois applaudi, discrètement dans les coulisses des médias et très fort sur leurs lignes ouvertes.Le dernier chapitre déconstruit intelligemment le joli mélodrame du cinéaste Denis Villeneuve, Polytechnique, qui - grasses subventions à l'appui -réussit, comme quelques romans et une pièce, à faire des hommes les véritables victimes du 6 décembre.Récup' masculiniste à l'oeuvre! «J'HAÏS LES FÉMINISTE Mobilisations et monuments En plus de ces traces du déni officiel, «J'haïs les féministes!» cite (au passage) le travail d'arrache-pied des organisations féministes qui, malgré silences et mensonges, affirment et propagent toujours une lutte contre la violence sexiste et ses alibis.Les échos du 6 décembre se répercutent plus qu'on ne le sait chez les femmes des milieux communautaires et artistiques et à l'échelle internationale.Biais parle de «divergences» entre femmes, mais elle note très justement que c'est le système qui les départage en «bonnes» et «méchantes» féministes, selon qu'elles souscrivent ou non aux fausses explications apolitiques du crime.Point aveugle Tant qu'à privilégier l'analyse de discours, je rêve d'en voir une étendue au manifeste de Lépine lui-même et aux thèses masculinistes qu'on y trouve en désordre.A quelles sources s'est nourri l'antiféminisme de ce «perdant radical» - successeur des francs-tireurs qui tuaient les femmes libres de la République de Weimar il y a 80 ans (Theweleit, 1989)?Biais a-t-elle cherché, en amont, les discours qu'a incarnés le fusil mitrailleur, les lectures et influences qui ont poussé cet homme-là au choix de la terreur, comme le font encore certains sites Web, appelant de prochains coups de force?Ce sera sans doute le sujet d'un prochain livre.J'haïs les féministes! -Le 6 décembre 1989 et ses suites, Mélissa Biais, Éditions du remue-ménage, décembre 2009.Biais, Dupuis-Déri et d'autres féministes d'ici organisent du 4 au 6 décembre à l'UQAM une conférence internationale au programme impressionnant : Les violences masculines contre les femmes et les féministes, 20 ans après Poly.On y côtoiera, entre beaucoup d'autres, Patrizia Romito (Un silence de mortes), Lee Lakeman (Obsession with Intent), les Cuerilla Girls (le pied!), Micheline Dumont, Richard Poulin, Aissa Doumara Ngatansou, Sandrine Ricci, Pol Pelletier et la chanteuse Sylvie Tremblay.Trois jours où trouver du sens et du courage! Êtudiant-es : 30 $; grand public : 60 $.Infos : http://www.iref.uqam.ca. Le Couac | décembre 2009 - janvier 2010 (1935 " 2009) Extrait de la grande conférence donnée lors de La nuit de la philosophie, mars 2009, Montréal.Je vais commencer par rendre hommage à la nuit de la Philosophie et à ses organisateurs en disant qu'il appartient à la philosophie de dévoiler la nature des choses et le sens des choses.En tout cas d'y réfléchir.La nature du monde, la nature de la vie, la nature de l'être humain.La nature de la société et de l'histoire sont donc éminemment des objets de la philosophie.Depuis l'Antiquité, plusieurs philosophes ont affirmé qu'il n'y avait pas de nature des choses, que c'était une construction du langage.C'était la position du nominalisme depuis le Moyen Âge, mais cette position s'est amplifiée énormément depuis le développement de la société moderne.Je pense que cette prétention qu'il n'existe pas de nature des choses à laquelle on doive réfléchir et qu'il faille essayer de dévoiler est une aporie.Et la preuve en est que la nature des choses se révèle au moment de leur disparition.On peut prétendre qu'il n'y a pas de nature distincte de la vie et de la matière, mais cette nature se révèle très clairement lorsque l'animal vivant devient un cadavre.Et la question se pose de savoir ce qui a disparu dans l'arrivée du cadavre.J'ai dit que l'objet de la philosophie comportait les grandes questions : la nature de leur nature, la nature des réalités auxquelles elles correspondent, et que parmi ces questions il y avait la nature de la société.La nature de la société a toujours été un objet de la philosophie, un objet de la philosophie politique, etc.Alors comment inclure directement le capitalisme comme un objet de la philosophie.Une question de la salle Penser le capitalisme La raison paraît très évidente maintenant.Elle l'était peut-être moins il y a deux siècles.C'est que le capitalisme est en train de mettre tout à fait directement la main sur la totalité de la société, à travers la société.Puisque l'être humain est un être social et historique, il est en train de mettre la main sur la société et l'histoire.Le capitalisme a assis son existence sur deux institutions : la propriété privée et l'échange marchand régulé par le contrat et non plus par des pactes.Donc en passant des pactes aux contrats, on évacue les normes historiques qui structurent la vie sociale de la négociation et de la décision.L'économie qui s'est développée sur cette base [.] a entraîné des ruptures de solidarité dans la société.Il a mis en péril non seulement des gens mais des équilibres sociaux en général et a suscité du même coup différentes interventions qui limitaient l'autonomie principielle de la propriété et du marché dans la gestion de l'économie collective.Tout ça on peut le résumer très rapidement en disant que c'est l'ensemble des mesures sociales qui ont été prises dans le cadre du réformisme social démocratique.Face à ce réformisme, il y a eu les théories marxistes et révolutionnaires affirmant que le capitalisme n'était en aucune façon réformable et qu'il fallait au contraire pousser, accélérer son implantation afin que par une crise interne, il laisse place à un nouveau régime qui le remplacerait comme naturellement.Mais ce n'est pas exactement ce qui s'est passé.Mainmises En attendant, depuis que le problème est posé, depuis un siècle et demi ou deux, on a vu que la mainmise du capitalisme sur l'ensemble de la société n'a fait que s'accélérer, se diversifier et s'approfondir.En tout premier, cette mainmise s'est faite sur les moyens de production et sur le travail, c'est-à-dire à travers ça sur ce qu'était l'économie en tant que domaine limité de la vie sociale.Il s'est approprié l'économie et la dynamique de l'économie en même temps qu'il s'appropriait le nouveau mode de production industriel.À partir de là, sa pénétration dans l'ensemble du circuit social, l'ensemble des institutions, s'est énormément multiplié.Il a mis aussi sa mainmise sur les besoins à travers la production de besoins.Par la publicité, la manipulation psychologique, les besoins n'ont plus rien de naturel.Ils sont directement produits en circuit fermé par le système économique qui a ensuite pour fonction sociale légitime de satisfaire des besoins.Il a mis sa main sur la culture avec une production d'une culture de masse.Celle-ci n'est pas une culture spontanée.Elle n'est pas initiée spontanément par les individus, les sociétés ou les communautés.Elle est entièrement, d'un bout à l'autre, industrialisée.Donc elle est née directement dans le champ d'expansion du capitalisme, qui en contrôle les développements, les orientations, etc.Il a mis la main sur la science et la création technologique, tout le monde le sait.Ce faisant, il a complètement détourné l'idée même de science et de connaissance vers une simple idée de maximisation de l'efficacité de toutes les interventions techniques dans tous les domaines.Il est en train de mettre la main sur le vivant avec toutes les biotechnologies, les nanotechnologies, etc.Il est aussi en train de mettre la main sur l'éducation en assujettissant l'éducation à la recherche et en assujettissant la recherche à une logique producti-viste, qu'elle soit directement au service de l'économie ou au service de n'importe quoi d'autre.Il s'agit d'une contrainte de production et d'augmentation de production qui est en train de mettre son emprise sur toute la dynamique de l'éducation et sur la finalité de l'éducation.Et ça se voit notamment dans toutes les réformes pédagogiques.Il est en train de mettre la main sur le droit et la production du droit en transformant de plus en plus de l'extérieur ou de l'intérieur les mécanismes juridictionnels en procédures d'arbitrage qui laissent les individus finalement façonner un droit à leur mesure et à la mesure de leurs intérêts, et où ce droit d'arbitrage obtient, même au niveau des conventions internationales, une préséance directe sur le droit national qui a été établi démocratiquement ou non dans le cadre d'un système parlementaire ou par des pouvoirs qui détiennent une légitimité.Le cas de l'arbitrage par exemple est très clair dans le cas de l'accord de l'AMI sur la mobilité des investissements, où toutes les législations nationales encadrant l'économie sont subordonnée à l'arbitrage d'un tribunal spécial qui aurait été désigné non pas par les États membres de l'AMI mais par les grandes institutions commerciales économiques et internationales et directement par les grandes sociétés multinationales.Il y a une mainmise sur les marchés eux-mêmes.Le capitalisme, qui partait de l'autonomie des marchés, a pris le contrôle de tous les marchés dans une première phase.Et dans une deuxième phase, il y a une quasi-suppression du marché, une virtualisation des marchés par le sommet, c'est-à-dire à partir de la virtualisation des titres de la spéculation boursière et financière.Vous savez que ces transanctions spéculatives dépassent d'environ cinquante fois les transactions de biens et de services.Il a mis sa main sur l'État de différentes manières, en attirant par exemple l'État dans la gestion de l'économie de manière prioritaire, mettant ainsi la main directement, avec le déploiement de tout le système de lobby, sur la manipulation de la démocratie, etc.On pourrait continuer à donner des milliers d'exemples à chacun de ces domaines.[.] Et là on pourrait continuer la liste.La limite du capitalisme Tout cela est en cours, rien n'est achevé.Le capitalisme n'est plus le système de la propriété et du marché.Il est devenu le système tout court.Le système suprême et omniprésent.Et ce système se caractérise par un très haut degré d'immatérialité et d'abstraction.Il n'y a rien de plus immatériel que la spéculation boursière.Pourtant, tout le monde le sait, c'est elle qui commande tout.Je ne veux pas dire qu'il n'y a que ça, mais tout le reste obéit désormais à ça.Le signe de la victoire du capitalisme est que nous en dépendons tous [et toutes] dans notre vie.On en dépend pour nos jobs, pour nos revenus, pour les biens que nous consommons, etc.[.] [Mais comme le capitalisme] soumet tout à la loi de la valeur, [.] il ne subsiste qu'en transformant tout ce qu'il touche en valeur et en soumettant tout à la loi de la valeur.Il supprime en cela toute différence, toute différence entre la valeur des choses, la valeur d'usage, les individus, les personnes, les sociétés.Il aplanit tout.Il met tout dans le même moule que la loi de la valeur.Et cette loi de la valeur, il l'a dématérialisée en la projetant dans l'univers infini de la valeur virtuelle.[.] [Par ailleurs], le capitalisme est un système en expansion infinie et celui-ci vient buter contre les limites finies du monde.Et il vient buter d'une manière qui est de plus en plus proche, et le niveau de dégradation autonome de la vie sur Terre ne sera bientôt plus récupérable.Donc il y a une situation d'urgence et c'est peut-être notre espoir, parce que le capitalisme détruit ses propres conditions de survie.Et si la crise qui résulte de cette crise écologique vient suffisamment vite, il y aura peut-être les ressources humaines et les volontés pour changer de système.[.] Depuis deux siècles, le capitalisme s'est nourri des crises que son mode d'existence provoque.Il s'en est nourri justement parce qu'il ne peut pas les résoudre lui-même et qu'à chaque fois, la société est venue à son secours, non seulement pour réparer les dégâts ou les absorber mais pour relancer le capitalisme.Et à chaque fois, le capitalisme mettait un peu plus la main sur la société.Il s'assujettissait un peu plus les instances, les rouages, les pouvoirs, les ressources matérielles et morales de la société.D'une crise à l'autre, le capitalisme n'a cessé de se renforcer et d'étendre sa suprématie.En gros, c'est exactement ce qui se passe encore cette fois-ci.Mais il y a une différence : c'est que la limite que le monde met par son existence à l'expansion du capitalisme est devenue beaucoup plus proche.Maintenant, très vite, le choix qui s'impose à l'humanité, c'est le maintien du monde ou la survie du capitalisme, une fois de plus, jusqu'à la fin du monde.Faire que le capitalisme ait été une parenthèse dans l'histoire de l'humanité - trois siècles, c'est très peu - ou alors laisser le capitalisme aller et devenir la solution finale à tous les problèmes et à toutes les questions.[.] Monsieur Freitag, vous parliez de l'infiltration du capitalisme dans la totalité de la sphère de la vie humaine sous la forme, semble-t-il, d'une dénaturation.Alors faut-il retrouver la nature des choses, et si oui, comment faire?Et plus fondamentalement, peut-on réellement sortir des constructions politiques, culturelles et idéologiques?C'est sûr qu'il y a une dénaturation par rapport à la nature des choses telles qu'elles se sont faites elles-mêmes.Sans se prononcer philosophiquement sur ce que devrait être la nature humaine, ce que devrait être la société, etc.Ce sont des réalités qui se sont faites à travers des millénaires, à travers une histoire.La vie s'est faite sur plusieurs milliards d'années.Or la dénaturalisation qui s'opère à travers l'arbitraire du capitalisme, à travers l'emprise de la loi de la valeur sur la production directe de ces choses, est totalement irresponsable par rapport à leur capacité de survivre dans ce monde qui est un monde complexe où toutes ces choses sont en interrelation.Donc là, sans se prononcer philosophiquement sur la nature des choses, on sait que la nature des choses est une nature qui est héritée depuis très longtemps et qui comporte dans son mode même d'existence les interrelations qui ont été, si vous voulez, plus ou moins arbitrées par un équilibre dont la preuve est que les choses existent.C'est le modèle de l'apprenti sorcier : quand on met le doigt dans la production biologique, quand on met le doigt dans la production, à la limite, du désir humain, on sort le désir humain de l'expérience humaine, de la culture humaine, et on manipule le désir sur des bases qui sont totalement ignorantes de la réalité et des conséquences.Et donc on produit finalement un monde d'artificialité qui est à tenir à bout de bras indéfiniment parce qu'il ne tient plus tout seul.Jusqu'à présent les choses tenaient plus ou moins tout seul, ensemble.Donc le monde que produit l'intervention, la pénétration du capitalisme, est un monde qui dépendra infiniment plus, tous les jours, du capitalisme simplement pour exister encore.Et ceci, d'une manière exponentielle jusqu'à forcément qu'un jour ça se casse.Et donc la réponse, c'est qu'il faut retirer pendant qu'elles existent encore la plupart des choses de cette emprise.Et comme c'est très difficile à faire quand on dépend de la dynamique du capitalisme simplement pour survivre, soit d'une manière positive pour vivre bien mais en étant de plus en plus attaché à la consommation comme «bien vivre»; ou soit qu'on est exclu-e et qu'à travers cette exclusion on prend unilatéralement, si vous voulez, le mauvais côté du capitalisme comme sa condition existentielle première, parce que en même temps le capitalisme nous a enlevé les autres moyens plus anciens, plus archaïques, plus autonomes que les gens avaient de vivre jusqu'à lui.Quand on est dans cette situation, je pense que tout ce qu'on peut retirer à son emprise doit être retiré à son emprise.Et puis c'est dans les périodes de crise qu'il est relativement facile de le faire parce qu'il lâche prise.Il lâche prise sur un certain nombre de choses et la première réaction politique c'est de voler au secours du capitalisme pour qu'il puisse reprendre prise sur ce qu'il est en train de lâcher! Et comme je l'ai aussi évoqué, en même temps on force la société à intervenir en s'assujettissant encore plus profondément à la logique du capitalisme.Et c'est comme ça que ça s'est passé depuis plusieurs siècles.Regardez le keynésianisme, regarder la sociale-démocratie.C'était évidemment pour sauver des gens des misères dans lesquelles le capitalisme pouvait les plonger.Mais le fait de le faire sans [se] soustraire [à] la logique qui a produit ça, au principe du capitalisme, a simplement conduit à absorber l'État dans la gestion du capitalisme.L'État est devenu de plus en plus responsable de la gestion du capitalisme, et donc on a élargi son emprise.! 1
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