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Titre :
Croc : c'est pas parce qu'on rit que c'est drôle
Croc est un magazine mensuel québécois d'humour satirique et de bandes dessinées publié à Montréal de 1979 à 1995. [...]

Héritier de la Révolution tranquille, Croc est porté par l'esprit de contestation de l'époque. Créé en 1979 par le trio fondateur Jacques Hurtubise, Pierre Huet et Hélène Fleury, ce magazine satirique est de tendance nationaliste-progressiste et participe de façon humoristique aux débats qui agitent la société québécoise.

Le dessin présenté en page couverture annonce d'emblée le thème du numéro. Pour Croc, aucun sujet n'est tabou : vedettes du petit écran, religion, racisme, sexisme, argent, sans oublier Drummondville, ville souffre-douleur de la rédaction. Nul n'est à l'abri des plumes acerbes des rédacteurs et des dessinateurs de la revue.

Ses allégeances politiques à tendance indépendantiste teintent le choix de ses numéros spéciaux du début des années 1980 alors que le Québec est déchiré par la campagne référendaire. De grands événements politiques et socioculturels tels le Sommet de la francophonie de 1987 ou la visite du pape Jean-Paul II en 1984 sont aussi choisis pour faire la couverture d'un numéro spécial.

Outre la section thématique, le magazine comprend des actualités, des chroniques et des bandes dessinées. Les Actualités abordent les plus récents événements d'intérêt public et scrutent les déboires et faux-pas des personnalités de l'heure. Les Crocniques, quant à elles, tournent en dérision un large éventail d'événements et de situations de la vie quotidienne québécoise.

La revue est également une plateforme de diffusion pour la bande dessinée québécoise, qui gagne en popularité tout au long des années 1980. Croc propulse des héros emblématiques tels que Red Ketchup, Michel Risque, Jérôme Bigras, Les Jean-Guy et Les Ravibreur au rang de classiques du genre.

Au fil des ans, certaines rubriques apparaissent et disparaissent alors que d'autres maintiennent leur présence. C'est le cas des populaires photos-théâtres qui mettent en scène une personnalité québécoise invitée, plongée au coeur de situations rocambolesques. Les parodies de magazines ou de journaux telles Sécrétion de Lectures Indigestes (Sélection du Reader's Digest), ou le très populaire 'ournal de Monrial (Journal de Montréal), participent également au succès du mensuel.

Plusieurs raisons expliquent la longévité du magazine : l'appétit grandissant des lecteurs pour la satire et la parodie ainsi que l'ouverture du marché de la bande dessinée. Il profite aussi de la démocratisation de l'industrie des spectacles d'humour qui a cours dans les années 1980.

Croc mise également sur la diversification de ses illustres collaborateurs qui viennent, à court ou à long terme, se greffer à l'équipe, offrant au lecteur un contenu varié et actuel. Y défilent Claude Meunier, Roch Côté, Michel Rivard, Jacques Grisé, Serge Grenier, Yves Taschereau, Jean-Pierre Plante, Sylvie Desrosiers, Stéphane Laporte, Guy A. Lepage, Pierre Lebeau, Daniel Langlois, François Parenteau, Gité, Serge Gaboury, Réal Godbout, Pierre Fournier, Garnotte, Bado, Jacques Goldstyn et Jean-Paul Eid.

Au début des années 1990, la revue subit les contrecoups de la récession. Elle doit également composer avec une nouvelle taxe à la consommation (TPS) qui, du point de vue des lecteurs, fait augmenter le prix d'achat. Ses revenus s'essoufflent devant une concurrence toujours grandissante et un marché publicitaire fragmenté. En 1991, en moins d'un an, le tirage passe de 60 000 à 40 000 exemplaires. Les problèmes financiers auront finalement raison du magazine en 1995. Le mensuel paraît pour la dernière fois en avril 1995 après 189 numéros.

LEDUC, Jean-Dominic, Les années Croc : l'histoire du magazine qu'on riait, Montréal, Québec Amérique Septentrion, 2013.

SWIFT, William, « La bande dessinée francophone », Encyclopédie canadienne, en ligne.

Éditeur :
  • Montréal :Ludcom inc.,1979-1995
Contenu spécifique :
novembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Successeur :
  • Croc.$pÉdition spéciale
Lien :

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Références

Croc : c'est pas parce qu'on rit que c'est drôle, 1993-11, Collections de BAnQ.

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005776472257011 mm ¦ 172 REDACTION Éditeur: (arques Huriubise Éditrice associée: Hélène Fleury Rédacteur en chef: Jacques I lurtubise Adjoints à la rédaction: Michel Lessard et Alain Castonguay Eminence grise: Pierre Huet Directeur artistique: Michel (iroleau Dir.artistique adjointe: ( ilaite Baron Secrétaire à la rédaction: KdiLh Dali aire Directeur imprimerie: Gilles Levasseur Correctrice: Francine Caviola Comité de rédaction: Luc Déry, Sylvie Desrosiers, Hélène Fleury, Pierre Huet,Jacques Hurtubise, Serge Langcvin, Yves I-apierrc, Michel I-essard, François Pai entean.[ean-Pierre Plante, Yves Xaschereau.Ia-\ membres rln Comité île réd.u lion son! (lês-dléics p.u : Oira-Oil.i liée.Autres textes: Alain Caslongay, Ed Cetera, Pierre Fournier, Jacques Guay, Roger Lapaline, Maurice L^salle.Pascal I.avoie, Fabien Major.Martin Thibeault, Zoomba Couverture: Jean-François Vachon Dessins et bandes dessinées: Patrick Dea, Jean-Paul F.id, Pierre Fournier, Gaboury, Gamotte, Réal Godbout, Jacques Goldstyn, Jinuniny, Benoît Laverdière, Gabriel Morrissette.Diane O'Bomsawin,Jules Prud'homme, Ro, Photos: François Desaulniers, PonoPresse Intle.\gctn c Knsmnc < .ui.ul.i Rédaction: (514) 483-6320 ABONNEMENTS Faire parvenir vos nom, adresse et chèque ou mandat-poste à: CROC, a/s Usa, 404, boul.Décarie, bureau 201.Ville Saint-Laurent, (Québec) H4L5G1 Abonnements par téléphone: (514) 744-1848 Extérieur de Montréal (sans frais): 1-800-665-5372 Abonnements au Québec et au Canada: 2 ans: 49,95 S (toutes taxes incluses).Aux États-Unis: 2 ans: 60 S.A l'étranger, par avion: 65 S par an.Pour recevoir votre exemplaire à temps, veuillez nous prévenir au moins six semaines à Tarante de tout changement d'adresse, en nous envoyant à la lois voire nouvelle adresse et l'étiquette apposée sur la (ouverture de votre magazine.ADMINISTRATION Directrice générale: Hélène Fleury Contrôleur: André Treich Directrice du tirage: Hélène Fleury PUBLICITÉ Montréal: Chantale Côté-Pieper Tél.: (514) 425-1061 Fax: (514) 425-5659 Toronto: Printcorp Advertising inc.1240 iue Bay, bureau 800 Toronto (Ontario) M5R2A3 Tél.: (116) 323-3069 FOURNISSEURS Photogravure: Proscai Imprimerie: Résultats Distribution: Message 9600, Jean Milot, Ville leléplH Fax: (416) 323-3725 ne.Imprimerie Interwcb iesde presse Benjamin inc.Lasalle (Québec) HSR 1X7 1780 Mise à la poste: Rapidinseï i un .Zizinosaure inu (À viitn- m-ivicc depuis MOO, avenue M Montréal (Quel ulilit 0 • mais U np ,„, •1 ! sur Vous voulez acheter des timbres?Attendez.une éternité! Votre colis marqué «fragile»?Ils l'ont écrasé! Votre lettre recommandée?Ils l'ont perdue! Vous êtes pressé?Ils sont en break! Vous pensiez que vous étiez au bureau de poste?Non! Vous êtes en ENFER! AVERTISSEMENT: La scène du préposé à l'étiqueteuse 1 gosse dans la machine avec un stylo bic pendant quinze 1 nutes pourrait être trop intense pour certains spectateurs. 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Ba Un roman en treize volumes par Stéphane King Première Partie J'eusse été qu'un pyed que, dyableul, l'orrore me poygne comme une chossette mal laychaie! (La chanson de Roland) Bill s'affairait à retirer les salopettes de la sécheuse Viking lorsque Jill l'attaqua avec la tronçonneuse.C'est peut-être l'odeur de pétrole surchauffé ou encore le bruit ahurissant de la Skil qui le fit sursauter, mais Bill pivota à temps et la lame mécanisée fendit l'air à deux millimètres de ses omoplates.Jill, hors d'équilibre, s'écrasa à pleine face sur le terraz-zo.La scie couinante lui vola des mains et alla s'implanter en plein centre de la peinture sur velours d'Elvis, l'idole de Bill, qui ornait le mur de gyproc qui séparait la salle de lavage du garage.Bill sentit un frisson le traverser comme s'il avait mordu dans un Revello surgelé.La tronçonneuse maléfique s'enfonça jusqu'au manche entre les yeux d'Elvis et le tailla précisément en deux du nez aux couilles avant de s'étouffer dans un nuage de fumée acre.«Jill! s'écria Bill.Es-tu correcte?» Son épouse se relevait péniblement, les yeux hagards, les cheveux en broussaille.«Euh!., oui.» , fit-elle d'une voix tremblante.«Oui.j'suis correcte.» - Mais que diable faisais-tu avec la tronçonneuse?Tu aurais pu me tuer avec cet engin de malheur! - Euh!.J'ai glissé.j'ai.» Et, sur ce, Jill fondit en larmes.Bill regretta aussitôt d'avoir levé la voix.«Ma pauvre chouette, dit-il.Tu as dû avoir tellement peur! - Je.je t'ai manqué.de si peu, sanglota-t-elle.De si peu.J'y étais presque!» Bill, pris de tendresse par cette giclée de larmes chaudes, s'empressa de virer l'incident au ridicule: «Voyons, ma chouette, dit-il.Ce n'est rien! Oublie ça! - J'ai manqué.- Bien oui! Tu es tellement gauche, dit-il en riant.C'est comme la semaine dernière quand tu as essayé de taper le maringouin que j'avais sur la tête avec une casserole Tefall Ou hier encore, quand tu as accidentellement branché le grille-pain Sunbeain tandis que j'essayais de déloger une croûte dedans avec un couteau.Ah, dis-donc! Je crois que j'en ai encore les cheveux frisés de celle-là!» Jill, les yeux bouffis, esquissa un sourire timide: «Tu n'es pas tuable!», fit-elle d'une voix tremblante.- «C'est ça que je veux voir, ma chouette! Un beau sourire!» Il allait lui faire une bise sur le bout du nez quand Jill, sans doute surprise par le mouvement inattendu, le visage en grimace, repoussa Bill avec une telle violence qu'il percuta la Viking, rebondit dans le cadre de porte et, se tordant le pied, fit un salto arrière dans le garage, atterrissant sur le ciment dans une flaque huileuse et glissa sur le dos jusqu'à ce qu'il s'immobilise brutalement contre la Hyundai, la tête sur le pare-chocs.Pendant un instant, Bill se crut sur scène, à Las Vegas, vêtu d'un jumpsuit blanc brodé d'un aigle en paillettes rouges, en train d'interpréter un My Way mémorable, parfaitement accompagné de gestes de judoka, pour une foule d'adoratrices aux cheveux bleus.Puis , brusquement, il revint à lui.Il vit Jill courir au banc d'outils et revenir vers lui brandissant une hache.«Non, ma chouette! cria-il.Amène plutôt un torchon.Je suis tout maculé de mazout!» Jill sursauta, cacha rapidement la hache derrière elle et baissa la tête, honteuse.Bill retint son sourire.Jill avait l'air trop humiliée de sa gaffe, «La pauvre petite! pensa-t-il.Prendre un outil pour un linge!» qu'il jugea bon de ne pas faire de commentaire qui eût pu désobliger sa douce moitié.Bill tendit la main: «Viens, dit-il.Aide-moi à me lever.Je crois que je me suis fait un tour de rein.» Jill fit un pas en arrière: «Euh!.Je crois que j'entends quelque chose en haut.Ce doit être le facteur.J'y vais tout de suite!» 2 Bill réussit à se relever de la dalle moite du garage et.boitant juste un peu.revint à la salle de lavage.Il n'avait pas fini de vider la sécheuse et le temps pressait.Il aurait dû déjà commencer à faire le souper, un poulet à la root beer dont il avait trouvé la recette dans la circulaire Provigo.Ensuite il y avait les lits à faire, il fallait passer Y Electrolux, il s'était promis de récurer la salle de bain au Cornet aujourd'hui et, si le temps le lui permettait, de laver les stores vénitiens au deuxième.Que de choses à faire! Et la pauvre Jill qui ne pouvait l'aider dans rien de tout ça à cause, lui avait-elle expliqué un jour, d'une rarissime forme d'asthme rénal qui l'obligeait à s'abstenir de tout effort, aussi minime soit-il.Bill regarda la sécheuse.Ses salopettes bleues pendait de l'ouverture, comme la langue d'une immense créature morte étouffée.Bill sentit un frisson le parcourir, comme si quelqu'un lui avait arraché un poil dans le nez.Bill s'était toujours senti.menacé.dans cette salle de lavage avec ses murs rapprochés, son plafond trop bas, son éclairage jaune.Les machines, des Viking avocado sunburst au tempérament difficile, l'avaient toujours effrayé.En marche, elles crachaient l'huile et vibraient tellement que Bill avait l'impression qu'elles cherchaient à se mouvoir, à ramper sur le parquet et à l'écraser.NOVEMBRE 93 Réprimant un frisson qui lui glissa comme un glaçon le long de la colonne vertébrale, Bill s'affaira à vider la sé-cheuse, pliant le linge, l'empilant sur la table de travail.Il achevait sa tâche.Une dernière paire de petites culottes, un dernier chandail, une dernière paire de.Bill fut saisi d'un frisson comme si quelqu'un lui avait enfoncé un balai dans le derrière.Un niagara de sueur froide lui baigna le front.//.lui.manquait.un.bas! La tête lui tournait comme s'il avait calé une bouteille de gros gin.Tout le linge était plié et empilé proprement devant lui.Tout y était, sauf.qu'il lui restait un bas.Un seul.La moitié d'une paire.Et pas n'importe quel bas! Bill sentit son cœur se resserrer comme s'il était pincé par un vise-grip, car c'était un bas carreauté orange et vert! C'était sa paire de chaussons préférée! Celle qui va avec presque n'importe quoi! Celle qui est tellement confortable! Celle qui ne lui ravalait jamais sur la cheville! Celle qu'il avait achetée en vente chez Woolworthl Celle qu'il avait reprisée lui-même tant de fois que les bouts et les talons étaient lourds de Phentex.Bill fut pris d'une nausée, comme s'il avait avalé le contenu d'un crachoir.Puis, comme un voile rouge et écarlate lui descendant sur les yeux, une rage soudaine le saisit.Possédé, Bill attaqua la pile de linge qu'il venait de plier avec tant de soin.Sûrement, le bas manquant s'y cachait! Il secoua chaque chandail, chaque serviette.«Mon bas!» cria-t-il.Mon bas\» En un tour de main, tout le linge fut éparpillé dans la pièce, mais Bill n'avait pas trouvé son bas! Avec un sanglot, comme le bruit que fait une baloune quand on la tord, Bill se prit la face à deux mains.«C'est impossible! pensa-t-il.Mais qu'est-ce que j'ai fait au Bon Dieu pour mériter ça!» l'éternité.Peut-être que le bas, chargé d'électricité statique, avait collé aux parois?Bill avança une main tremblante vers l'orifice métallique puis, se mordant les lèvres, plongea son membre tactile dans le gouffre.Bill fut secoué d'un frisson comme s'il s'était assis sur une poignée de braquettes.Il tâta l'intérieur de la machine, la surface polie du baril, les petits trous de ventilation à l'arrière, la protubérance chaude de la lumière.Rien.Mais peut-être allait-il trop vite?Bill écouta son cœur jouer un solo de drums.Puis il reprit son exploration aveugle.Il sentit ses doigts glisser à nouveau sur toutes les surfaces internes.Rien.Rien.Mais qu— Fut-ce une nano-seconde que Bill crut avoir effleuré une frange laineuse, là, en haut, au-devant de l'appareil! Et puis là, encore! Oui! C'était la texture épaisse et piquante du bas\ Mais aussitôt devinée, elle fuyait! Bill sentit un frisson comme s'il avait mis les deux pieds dans la marde.Eût-il cru ses sens qu'il eût cru que le bas l'évitait consciemment! Une nouvelle rage traversa Bill.«Ce n'est pas une vulgaire chaussette qui va m'échapper ainsi!» pensa-t-il et, oubliant sa sainte terreur de la machine, il s'agenouilla fermement et, sans réfléchir davantage, plongea la tête dans l'ouverture! La chaleur conservée à l'intérieur de la machine lui colla à la peau, lui brûlant momentanément les yeux.L'odeur de mille sous-vêtements toastés l'assaillit.Vu de cette nouvelle perspective, l'intérieur de la sécheuse était une caverne d'acier, un lieu défendu et initiatique.Bill respira l'air chaud.Il compris qu'il devait agir vite parce que, déjà, l'étau de la claustrophobie lui croquait les tempes.Pivotant sur un genou, une main au sol, l'autre sur le dessus de la machine, l'épaule droite coincée contre la porte, Bill s'étira et réussit à tourner la tête suffisamment pour voir le plafond du baril.Et là, collé à la paroi, étiré sur toute sa longueur, Bill vit LE BAS! Il ne restait qu'une possibilité.Bill laissa son regard tomber sur la damnée sécheuse.Aurait-il tout simplement oublié le bas dans la machine?Bill sentit un frisson le parcourir comme si on lui avait vidé le contenu d'une cruche de Gatorade glacé dans ses Fruit Of The Loom.Il ne pouvait plus reculer.Il devait affronter la sécheuse! Bill prit un grand respir et ouvrit la petite porte de tôle verte.La lumière clignota, hésita, puis baigna l'intérieur de l'appareil d'une lueur glauque.Une chaleur humide, comme un souffle d'outre-tombe, embrasa son visage.Accroupi devant la machine, Bill ne voyait rien à l'intérieur.Rien sauf le baril de métal uisant, gris comme Un grognement de triomphe s'échappa de sa gorge.«Je t'ai!» pensa-t-il.Puis le sourire qu'il esquissait lui figea sur la gueule.Alors qu'il le fixait là, aimanté à la surface incurvée du baril, Bill vit le bas se mouvoir] Bill sentit un frisson le secouer comme s'il avait soudainement envie de pisser.Le bas, mû par une force que Bill ne pouvait imaginer, ondula comme un serpent et se positionna directement au-dessus de son visage.Bill resta figé un instant, incrédule, puis il comprit qu'il devait s'ôter la face de là au plus sacrant sinon.Le bas se détacha de la paroi et lui tomba sur la figure.Bill essaya de crier, mais un bout du bas s'enfonça dans sa bouche tandis que l'autre extrémité s'enroula brutalement autour de son cou.Bill sentit le bas sur sa langue comme s'il avait mordu dans un Big Mac au Phentex.Le bas s'enfonça dans sa gorge.Bill ressentit un frisson comme si on lui avait versé du slime dans la craque des fesses.Il ne voyait plus que des phosphènes gros comme des Winnebago.Une sombre noirceur dépourvue de clarté lui descendit sur le crâne.Le bas.le bas.Bill rêva qu 'un pied énorme et mal lavé lui caressait le visage.Bill rêva qu'il se frottait le nez sur le simili-cuir cheap d'une paire de faux Reeboks.Bill rêva qu'il s'agrippait à une immense et nauséabonde semelle Dr.Scholl.Bill rêva. 6 Bill crut qu'il était mort.Il devait sûrement être mort.Comment expliquer autrement qu'il se regardait lui-même d'en haut.Il se regardait en pleine face! Il vit combien il pouvait avoir l'air stupide, la tête dans la sé-cheuse, l'oeil poisseux, la bouche entrouverte, un mince filet de bave gluante sur le menton.En effet, Bill, se regardant ainsi lui-même, crut qu'il aurait dû être mort, seulement.il se vit clignoter des yeux, puis se lécher les lèvres, puis faire un bruit étrange comme quelqu'un qui essaie de se gargariser et de chanter ô Canada en même temps.Le Bill que Bill regardait ouvrit les yeux et le fixa.«Que m'arrive-t-il que je me regarde me regardant?» pensa Bill.Le Bill que Bill regardait esquissa un sourire maléfique et se retira la tête de la sécheuse! «Ciel! pensa Bill, confus.J'ai dû me cogner le crâne sérieusement! J'ai des hallucinations!» Mais s'il hallucinait, pourquoi était-il encore à l'intérieur de la sécheuse et pourquoi entendait-il l'autre Bill se déplacer dans la salle de lavage?Bill fit un effort pour se secouer.Il tenta de s'avancer vers le hublot de la sécheuse, mais ses membres refusaient de répondre.Bill tourna la tête pour voir ce qui le retenait.Son corps s'étirait derrière lui: plat, laineux et carreauté vert et orange! Bill voulait crier, mais il découvrit qu'un bas n'avait pas de voix.Il voulait s'échapper de la sécheuse, mais la coordination lui manquait: il devait fléchir puis relâcher toutes les fibres de son être pour réussir tant bien que mal à ramper quelques centimètres à peine.Dans la salle, il entendait l'autre Bill se déplacer difficilement.L'autre Bill titubait, se cognait sur les murs.Le bas qui avait pris possession de son corps s'habituait à sa nouvelle forme.L'horreur de sa situation électrisa Bill comme s'il avait enfoncé la langue dans une prise électrique.Il crut qu'il allait sombrer dans la folie lorsqu'il entendit Jill arriver dans la salle de lavage.«Bill! dit-elle, que se passe-t-il?Qu'est-ce que tout ce dégât?Jill! Jill! pensa Bill, je suis ici! Dans la sécheuse!» Bill entendit sa voix venir de l'imposteur: «Ce n'est rien! Un petit accident, c'est tout! - Mais tout le linge est par terre, dit Jill.Tu ne pourrais pas faire attention?» Bill fut surpris d'entendre l'imposteur dire «Les nerfs! Enarve-toé pas le poil des jambes avec ça! - Bill! fit Jill.Tu ne m'a jamais parlé comme ça! - Elle comprend! pensa Bill.Elle voit bien que ce n 'est pas moi! - Il était peut-être temps que quelqu'un le fasse! dit le faux Bill.Et qu'est-ce que tu fais avec ce marteau?Tu prépares un autre «accident», je suppose?-Euh!., fit Jill.- Laisse tomber la quincaillerie, grogna l'imposteur.Les choses vont changer ici à partir de maintenant*.- Bill! gémit Jill.Je ne comprends pas.- Tu n'as plus besoin de me courir après avec des fourchettes et des enclumes! C'est clair que tu as besoin d'attention.- Qu'est -ce que tu veux dire?- Je veux dire que le lavage peut attendre.Qu'est-ce que je fais dans la cave quand il y a un pétard comme toi dans la maison! - Bill?- Approche, poulette ! • - Bill?- Cancelle tes rendez vous, bébé.On va être occupés pendant "au moins les trois prochains jours.- Occupés?À quoi faire?- Des acrobaties ma petite Jill, des acroba ties.- Bill! Bill?Bill?Mmmmm.Biiiilllll!» 8 Les jours, les semaines, les mois passent.Les années aussi, peut-être.Un bas n'a pas vraiment la notion du temps.La monotonie était brisée par l'apparition périodique de linge humide qui venait partager ma geôle le temps d'un séchage.J'en vins à apprécier le cycle de séchage.La chaleur me faisait du bien et je m'amusais à virevolter aveuglément parmi les bobettes, les pyjamas et les brassières.Je me liai d'amitié avec une taie d'oreiller qui me visitait régulièrement.Ensemble, nous dansions dans une cascade de blanc, mais quand le cycle était terminé, je me collais dans un coin, terrifié par l'immense poigne qui retirait le linge.Puis la porte se refermait et j'étais à nouveau seul dans la noirceur.Un jour, je me retrouvai face à face avec un bas sport oublié avec moi dans la sécheuse.D'un blanc éclatant, le col rayé rouge et jaune, le jeune bas se mit aussitôt à planifier son évasion.«Je n'ai pas l'intention de passer ma vie à méditer à la noirceur avec une vieille chaussette peureuse, dit-il.J'ai des courts de tennis à parcourir, des gymnases à visiter!» J'eus une semaine pour réfléchir.Aurais-je l'audace de tenter ma chance avec le bas sport?Réussirais-je à fuir mon cachot?Serais-je capable de reprendre ma place dans le monde des humains?Le jour vint.Une bordée de linge tourbillonna autour de moi.Puis la porte s'ouvrit et la main apparut.Je vis le bas sport se cacher dans les plis d'une chemise.Sans y penser, je me lançai contre une grosse serviette de plage et m'y mêlai.L'instant suivant, la serviette fut agrippée et tirée hors de la machine! 9 Mon escapade ne dura guère que le temps d'un battement de cœur en laine.L'imposteur, le faux Bill, me repéra presque aussitôt.Il me saisit et me secoua.Sa voix tonitruante me semonça, mais je ne compris rien à ce qu'il disait.Le langage des humains m'échappe.Mon alter ego maléfique me relança dans la machine et claqua la porte derrière moi.Les images d'une ancienne vie me vinrent comme un souvenir oublié.Avais-je déjà vécu de l'autre côté de la porte verte?Qui est ce Bill qui me hante?Et qui est Jill?Je suis bien où je suis.Le ronronnement du moteur de la sécheuse me berce doucement.J'aime cette chaleur.Le parfum amer des rubans d'assouplisseur m'enivre.Je crois que j'ai toujours été un bas.FIN DU PREMIER VOLUME AUX URNES, CITOYENS ! SERGE SABOURY J'AURAIS BESOIN D'UNE TOMBE POUR MON MARI |^ iPTOt CERTAINEMENT.' \ LE MODÈLE O00OH ' COMME , UN FRIGO?C'EST CA MADAME.' pour ^ faire du bruit/ non.vous n'en avez f?vs une: a- vec une salle de bain ?S, OUI, MADAME ' VOICI NOTRE CATALOGUE.S' m ON A LE MODÈLE classique.VOUS N'AVEZ RIEN D'UN PEU PLUS."CLASSE ".^ COQUE EN FIBRE DE VERRE.INTÉRIEUR EN VELOUR MON MARI AIMAIT BIEN LES GADGETS CELLE-CI A UNE PETITE LUMIÈRE QUI ALLUME QUAND ON L'OUVRE.oui, mais une fois enterrée; on l'ouvre pas souvent, la tombe._r1 EUH- ouais.' c'est ça, le défaut.TOUS LES MARIS AIMENT ÇA FAIRE DU BRUIT AVEC DES MOTEURS jES», CELLE-CI EST ÉQUIPÉE D'UN MOTEUR, ET L'INFORMATIQUE?J'EN Al UNE AVEC ORDINATEUR INTÉGRÉ- LUCIEN, IL A PASSÉ LA MOITIÉ DE SA VIE AU* TOILETTES J'AI ÇA AVEC TOILETTES ET BAIN TOUR- i BILLON PAS DE BAIN TOURBILLON.ENLEVEZ-LE/ TVT^ON PEUT RAS/ ft,T/l T0A55£/ DANGEREUSEMENT DROLE V [gQPO] Voulant savoir comment serait la vie quotidienne des astronautes en herbe au Camp spatial, nous sommes allés enquêter dans un des camps déjà implantés aux Etats-Unis, plus précisément à Swallows, Oregon (le Laval américain), et y avons trouvé ce journal de bord du petit Neil A.III qui a tenu à garder son nom de famille secret pour ne pas nuire à la réputation de son grand-père, premier homme à avoir posé le pied sur la Lune.NOVEMBRE 93 0 7:00 Réveil général.On fait nos lits en pit-chant les couvertures, les matelas et les oreillers un peu par-f f" tout dans le dortoir.C'est pas pour mal faire, c'est parce que le moniteur nous a dit que, de toute façon, c'est comme ça que c'était pour se retrouver dans l'espace.7:30 Déjeuner à la caf.J'ai mangé des toasts en tube, de la confiture en tube et des bananes en tube.Je me suis cassé la gueule en mettant le pied sur le tube de banane vide.8:30 On a fait de l'hébertisme.Exactement comme au camp de vacances ordinaire où je suis allé l'année f f" passée.La seule différence, c'est que le moniteur nous a dit qu'on n'aurait pas de problème à trouver des plantes rares parce que, dans l'espace, les plantes, elles sont toutes rares.Mais avec ma chance habituelle, j'ai quand même réussi à me torcher avec de l'herbe à poux de Pluton.1 2:00 Dîner à la caf.J'ai mangé de la saucisse hot-dog.Ça fait changement de la bouffe en tube.J'ai pas pu m'asseoir.Maudite herbe à poux de Pluton! DANGEREUSEMENT DRÔLE Eh oui! la NASA, comme Line Renaud, aura enfin sa cabane au Canada.Mais ce n'est pas parce que le camp se trouve au Canada qu'il sera nécessairement en bois rond.Loin de là! Nous avons obtenu une copie des plans (merci Claude Morin!) et nous voulons vous en faire profiter.Bonne visite! après les Américains et les Soviétiques, plusieurs autres pays ont tenté l'aventure spatiale.Bibliothèque sous vide du Camp: Les seuls livres que vous pourrez prendre en état d'apesanteur.On peut y trouver les classiques Guerre et paix des étoiles, A la recherche de l'espace-temps perdu, Songe d'une nuit d'E.T., Les voyages de Marco Appollo et Le lexique Berlitz français-martien. camp! La salle historique La réplique à l'échelle de la rampe de lancement et de la fusée qui ont servi au premier voyage dans l'espace du cosmonaute Youri Ga-garine.Le premier satellite espion américain.Le odor eater de la botte droite de Neil Armstrong qui a été la première à se poser sur la Lune.La salle d'entraînement Chaise d'entraînement à la poussée d'accélération Boîte servant à habituer les futurs astronautes à vivre dans des espaces réduits.Elle ne sert plus depuis qu'on a perdu la clé.1 3:00 Préparation à l'éventualité du choc d'une rencontre avec une civilisation extraterrestre.Pour ce faire, le moniteur nous a amenés faire une tournée des nombreux centres d'achats de Swallows.J'ai eu la chienne.Je pense que je ne serai jamais astronaute.1 8:00 Souper à la caf.Le souper goûtait exactement ce que ça sent dans la salle du mal de l'espace.D'ailleurs, déjà, la bouffe en tube, c'est pas drôle, mais je trouve qu'avec les ustensiles en tube et le cabaret en tube, là, franchement, ils exagèrent! 1 9:00 Cours de survie dans l'espace.Le moniteur nous a montré comment faire un feu dans le vide avec pas de bâton.J'espère de ne jamais me perdre dans l'espace avec ma gang de chums parce que personne dans le groupe n'a été capable.22:00 Feu de camp (c'est le moniteur qui l'a allumé).On a fait une ronde au-p tour du feu pour si- muler la vie dans une station orbitale.Ensuite, on a chanté la chanson du camp.En passant, c'est même pas vrai, l'affaire de la monitrice.On a juste un moniteur et ce serait plutôt le contraire.Maudit que je suis tanné de la bouffe en tube! Mais dans un sens, je suis quand même content d'avoir po-gné l'herbe à poux de Pluton. I 4 Machine à mal de l'espace.La dispute entre Montréal et Laval pour l'obtention du nouveau Camp spatial a été à l'image de la rivière des Prairies qui les sépare: elle a exposé la marde au grand jour.Mais ça aurait pu être pire, car d'autres villes ont posé leur candidature.La marde n'est pas un monopole de la région de Montréal.Bill Fitzgerald, président de Spar Aerospace, instigatrice du projet, nous dit les raisons pour lesquelles ces candidatures ont été rejetées.BLANC-SABLON: J'veux ben croire que l'espace, c'est loin, mais pas à ce point-là, quand même! CHICOUTIMI: Parce qu'on veut surtout pas que l'espace soit colonisé par du monde du Saguenay-Lac-Saint-Jean! DRUMMONDVILLE: Pas question d'envoyer nos astronautes dans un trou noir.GRAND-MÈRE: Parce qu'ils voulaient qu'on le fasse en bois rond pis qu'on l'appelle le Camp spatial d'Emilie.HULL: Vous trouvez pas qu'il y a déjà assez de vide là avec tous les fonctionnaires fédéraux?QUÉBEC: Parce qu'ils voulaient qu'on leur invente un Bonhomme Camp spatial.ROUYN-NORANDA: Parce que le seul insecticide efficace contre les bibittes qu'il y a dans ce coin-là, c'est les chansons de Richard Desjardins.Pis ça, chus pas capablel SAINTE-MADELEINE: Le Camp aurait été ben trop proche de l'autoroute.SHERBROOKE: Parce que 75% ont dit non.Toilette spécialement conçue pour simuler la technique de chiage dans une navette spatiale.Entraînement à la manipulation du bras canadien.lui le chan À l'instar des camps scouts et des camps de vacances, le Camp spatial aura sa chanson thème que les jeunes chanteront jusqu'à ce que l'un d'entre eux attrape le mal de l'espace.Voici toujours bien les paroles, car il n'y a pas d'air puisqu'il s'agit d'un camp de l'espace, évidemment.Pour voyager jusqu'aux étoiles Sache que chaque geste est pri mordial Car une simple erreur digitale Peut t'envoyer à l'hôpital (REFRAIN) Beau, laid, bête ou stupide Bienv'nue ami au Camp spatial Ah oui! question de vide C'est vrai qu'l'avenir est à Laval Youdoukaïdi, Youdoukaïdal, Youdoukaïdi, kaïdi, kaïdal Comme emplacement, c'est l'idéal A deux pas du centre commercial Mais son intérêt principal C'est qu'la monitrice, à Laval.(REFRAIN) UJ_ OAHGEKEUSEMEHI DKÔtf 73 22 I I S A.VENITUKES PE ffl-NA.SERGE GABOURY NOVEMBRE 93 £2 laU unicipalité PAR MAURICE LASALLE ILLUSTRATIONS : BENOÎT LAVERDIÈRE Qui n'est jamais allé à Sherbrooke?Et qui, une fois sur place, ne s'est pas demandé ce qu'il était venu faire là?C'est vrai qu'on entend souvent dire que Sherbrooke est une ville platte.Ceux qui disent ça n'y sont pas venus.Du moins pas à vélo.m DANGEREUSEMENT DRÔIE En fait, il serait plus juste de dire que Sherbrooke, c'est creux.En effet, la ville est construite au fond d'un trou.Ce qui fait qu'au printemps, le centre-ville devient une espèce d'Aqua-parc-drive-in des plus pittoresques.Les gens de Sherbrooke s'appellent les Sherbrookois.Remarquez, c'est pas pire que les Campivalenciens.Mais si l'on se fie à la connaissance que la plupart des Québécois ont de Sherbrooke, on pourrait tout aussi bien les appeler les Sher-broo.qui?Sherbrooke est la ville d'origine de Ti-Blanc Richard et, triste conséquence, de Michèle Richard.À proximité du Cégep, une croix a été érigée sur la rivière Saint-François, afin de rappeler aux étudiants qu'ils doivent porter leur croix et suivre leurs cours.Population La population totale de Sherbrooke s'élève à 76 425 habitants.Et, malgré leur apparence, ils ne vivent pas sur une ferme.On dénombre 35 595 hommes pour 40 830 femmes.Ca veut dire que Sherbrooke, c'est assez petit pour que tout le monde sache que t'as une aventure, pis juste assez grand pour que ta femme ne le sache pas. i-«winiw Sherbrooke compte 25 850 célibataires pis j'aimerais ben savoir où les 25 849 autres se tiennent! On surnomme Sherbrooke La Reine des Cantons de l'Est.Bien sûr, c'est un peu quétaine.Mais avouez que ça vaut mieux que de s'appeler Le Roi des Cons ou La Reine des Salopes.Ville jumelle La ville jumelle de Sherbrooke est Jiujiang, en Chine.Bon, O.K.Vu d'ici, Jiujiang c'est loin.Mais dites-vous que Sherbrooke, vue de Jiujiang, c'est pas non plus Brossard vue de Longueuil.En vérité, les deux villes ont été jumelées à cause de leurs nombreuses ressemblances.Par exemple: 1- A Sherbrooke, la plupart des constructions récentes ont un net cachet made in China.2- Tout comme Jiujiang, Sherbrooke est une grande productrice de nouilles.Exemple: Les Anges du Matin.3- Les Chinois de Jiujiang ne savent pas où se trouve Sherbrooke.4- Les Chinois de Sherbrooke non plus.Dans le classement de L'actualité, Sherbrooke est en 26e position.Mais selon un récent sondage, la plupart des gens auraient franchement préféré un bon 69-Sherbrooke est une ville de plus en plus cosmopolite.On y retrouve un nombre égal de jeunes Vietnamiens, de vieux Anglais et de gros Hell's Angels.Sherbrooke a aussi son université, ce qui offre deux avantages: 1- hausse du quotient intellectuel moyen de la population^- baisse de la moyenne d'âge sous le seuil des cinquante ans.L'Université de Sherbrooke est la seule université canadienne à être pourvue d'une charte catholique papale.Cela signifie qu'au- dessus du recteur, il y a le pape et, qu'en son L'entretien des rues de Sherbrooke fait la joie des skieurs.absence, le conseil d'administration est présidé par.Dieu lui-même! Le maire Parlons maintenant de la vie politique municipale.Les gens de Sherbrooke seront heureux d'apprendre que leur maire s'appelle Paul Ger-vais.Avant d'être maire, Ti-Coune qui, comme son surnom l'indique, est un grand orateur, était directeur du cégep.La majorité des étudiants ont dû voter pour lui afin de s'en débarrasser.Les scandales Le maire Gervais est reconnu pour faire les choses à sa manière.Il gouverne tout seul, il décide tout seul et bien des gens pensent qu'il fait probablement l'amour tout seul.Plus que n'importe où ailleurs, la vie à Sherbrooke serait bien platte sans quelques bons scandales.En voici deux: 1- Le quotidien La Tribune a refusé de publier une nouvelle relatant la condamnation, par l'Office de protection du consommateur, de Daniel Beaucage, important concessionnaire automobile de la région.La raison: Monsieur Groscave est le principal commanditaire du journal.2- Ce n'est pas un scandale parce que personne n'en parlera jamais, mais lors de la course à la chefferie du Parti conservateur, plusieurs organismes se sont vu refuser leur subvention parce qu'ils n'ont pas voulu appuyer publiquement Jean Charest.Plus croche que ça, tu perds.La rue du vice Rassurez-vous, la malhonnêteté n'est pas l'exclusivité des députés.En matière de vice, les Sherbroo-kois peuvent faire leurs emplettes sur la rue Wellington où se succèdent les bars, les La vérité sur les armoiries de Sherbrooke La couronne est celle que le maire Gervais rêve de porter en public.Le Y signifie Youp-a-laï! Ce cri, que l'on entend surtout l'hiver, est émis par tous ceux et celles qui tombent et glissent sur le cul jusqu'en bas de la maudite côte de la rue King.Les deux éclairs signifient «À Sherbrooke, y'a rien à foudre!» Les deux fleurs de pissenlit représentent la présence de la culture francophone et la rose, celle des anglophones Cette longue forme disposée à la verticale représente un majeur pointé vers le haut, illustrant bien le type de relations existant entre les deux communautés.Les longues herbes de chaque côté représentent les terrains laissés vacants par les usines ayant fermé leurs portes.La devise de Sherbrooke est Ne quid nimis.Qu'est-ce que ça signifie?Là-dessus, les experts ne s'entendent pas.Officiellement, ça veut dire: Rien de trop, mais la plupart des traducteurs croient qu'il s'agit d'une ancienne manière de dire Y'a rien là.De plus, si l'on en juge par le genre de personnages qui mènent la place, Ne quid nimis pourrait bien signifier Nid de minus.N0VWB«E93 LAMlNICIPALITÉ DUBOIS clubs de danseuses, les arcades, la prostitution juvénile, les pus-hers, de même que plusieurs bureaux d'avocats.A Sherbrooke, le nom du commerce le plus drôle est sans contredit Yvan Laprise, entrepreneur électricien.Mais il ne faudrait pas oublier le garage VIE D'ANGE D'HUILE, ni le centre de conditionnement physique LES MARTEAUX, dont le nom en dit long sur le style de clientèle qui le fréquente.Au niveau économique, Sherbrooke a vu fermer bon nombre de ses industries au cours des dernières dé- EKDfi Yvan Laprise Électrique, entrepreneur électricien.Ça c'est un nom prédestiné! Et c'est tout de même mieux que de s'appeler J.E.Laplante, fourreur.Non?cennies: Tie Communication (électronique), Marimac (transformation textile), l'usine Paton (textile), la Lowney (chocolaterie) et la Kayser (bas de nylon).Qu'à cela ne tienne! Les Sherbrookois restent très fiers des nombreux espaces verts que renferme leur parc industriel et songent même à le présenter au concours Villes et villages fleuris.A Sherbrooke comme ailleurs, une question hante la cervelle de ceux qui en sont pourvus: pourquoi ça va si mal?Mais c'est tout simple! À Sherbrooke, le taux de chômage est à 11,1%.Or, si l'on considère que la région est celle où les salaires payés sont les plus bas au Québec, on ne peut qu'en conclure qu'à Sherbrooke, il est plus payant qu'ailleurs de rester chez soi! Des questions?¦ A- Autoroute 10 que les touristes avisés empruntent pour éviter l'horreur de la rue KII\IG.B- Quartier des riches où l'on compte plus de chiens que d'enfants.C- Cimetière Saint-Michel, site du futur mausolée.D- Centre-ville «sexe, drogues & rock 'n roll.» E- Lennox-ville, camp retranché des valeureux anglophones résistant à l'envahisseur francophone.F- Croix lumineuse rappelant aux électeurs d'aller voter pour Jean Charest.G- Mont Bellevue, où il n'y a pourtant rien à voir.H- Le Parc industriel.Notez les nombreux espaces morts! I- Club de golt où se déroule le tournoi de golf Jean Charest.J- Bureau de Jean Charest.K- Université de Sherbrooke, Jean Charest y a appris le droit et les valeurs de droite.L- B.S.Town. Ohé, ohé, les sportifs; voici votre chance de gagner le grand prix de votre vie pendant le tirage SportsFest de Maxell.Inscrivez-vous dès aujourd'hui pour avoir une chance de gagner GRAN Octobre : Dernière partie de la saison à Baltimore avec les Blue Jays (Tirage le 31 août 1993) Novembre : Voyage pour participer aux festivités de la Coupe Grey (Tirage le 30 septembre 1993) : Voyage d'un fin de semaine à l'occasion de la partie des étoiles du hockey de la LNH (Tirage le 30 novembre 1993) : Voyage à l'occasion du Pro-Bowl de la LNF à Hawaii (Tirage le 31 décembre 1993) : Voyage au camp d'entraînement de printemps en Floride (Tirage le 31 janvier 1994) PRIX ""'e,s ^ iaim "9""*"
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