L'itinéraire, 1 janvier 1996, juillet
[" de l'architecture à lrotr_ In camelot au repos Comme plusieurs le savent, je suis camelot au journal L'Itinéraire depuis le 1er mai 1994, à la station Berri-UQAM.J'ai cessé de vendre le 1er mai 1996 pour m'occuper de moi-même.Je suis à la Maison du Père et, maintenant, en route pour la ferme de la communauté religieuse.En effet, j'ai fait une demande pour une thérapie qui se passe à D'Israéie dans les Cantons de l'Est, sur une ferme.On s'occupe des animaux; on fait différents travaux.Je suis né à la campagne, alors c'est pas si dépaysant.Je me suis aperçu que j'avais besoin de retrouver ma santé physique et morale.Mes clients m'ont toujours encouragé à continuer mon travail, mais ce n'est pas toujours facile.Le journal me permet aujourd'hui d'avoir beaucoup d'amis qui m'acceptent tel que je suis.Ça me permet de retrouver ma famille, mes enfants, d'avoir des buts dans la vie.J'ai toujours travaillé par périodes de quelques mois à cause de mes problèmes d'alcool.Je suis tanné de tourner en rond et j'ai hâte de travailler sur la ferme.Je reviendrai à mon poste du métro Berri-UQAM vers la fin du mois d'août.Je tiens à remercier toutes les personnes qui m'ont permis de garder espoir, les travailleurs et travailleuses, les collaborateurs et collaboratrices du journal, les vendeurs les vendeuses, les lecteurs et les lectrices .Je vais essayer de vous écrire sur ce qui se passe à la ferme.Bon été à tous.Mario Lanthier Camelot au métro Berri-UQAM La Place Émilie-Gamelin devient un parc Tasse-toé l'jeune! En terme de réglementation municipale, il y a plus qu'une simple différence de sémantique entre les mots «place» et «parc».Ce que l'on appelait la Place Berri, au moment de son inauguration, est devenue l'année dernière la Place Emilie-Gamelin, en souvenir de la religieuse surnommée la «Providence des pauvres», et qui avait fait construire à cet endroit, au siècle dernier, un accueil pour les plus démunis.En mai dernier, la Ville a décidé que la Place serait désormais le Parc Émilie-Gamelin.Pour les autorités municipales, cela est un simple détail technique: le lieu public sera maintenant géré par le services des parcs.Pour la plupart des gens, il est évident que le but de la Ville était de nettoyer l'endroit de la masse de jeunes itinérants qui s'y rassemblent toute la journée jusque tard dans la nuit.En transformant la place en parc, les jeunes doivent «vider la place» à minuit sous peine de se faire tasser par les «mononcles» du Service de police de la CUM.Encore une fois, la Ville «déplace» les itinérants vers d'autres lieux publics jusqu'à ce que de nouvelles plaintes surgissent.Dans le tout premier numéro de L'Itinéraire, en mai 1994, les architectes de la Place Emilie-Gamelin avaient précisé que cet endroit, compte tenu de sa localisation dans la ville et de la population qu'il dessert, ne serait fonctionnel qui si la Ville prévoyait une programmation d'activités.Parce qu'il ne se passe jamais rien à cet endroit, une foule de jeunes désoeuvrés si rassemble, au grand dam des employés de bureau de la Place Dupuis.Ne serait-il pas plus judicieux d'utiliser cet espace public pour y organiser des activités qui rejoindraient ces jeunes, les occuperaient, et attireraient leur attention vers des choses plus constrictives?Comme le dit l'expression populaire, Emilie Gamelin doit se «r'virer dans sa tombe» en voyant son nom associé à un lieu public marqué par l'intolérance sociale et l'abandon des jeunes à leur propre sort.Serge Lareault, rédacteur en chef Y/1T 1223, rue Ontario Est 4^nËK*> M°mréal (Que.) H2L 1R5 Tél.: (514) 597-0238 I Fax:(514)597-1544 m.WJ E-mail:itiner@cam.org ''\"\"««.te.poch»**' Site internet: http://www.v-planet/itineraire Le Journal L'Itinéraire est produit et vendu en majeure partie par des personnes itinérantes, ex-itinérantes ou toxicomanes, dans le but de leur venir en aide et de permettre leur réinsertion future sur le marché du travail.Les articles écrits par des journalistes pigistes professionnels portent la mention «collaboration spéciale».La formation professionnelle des travailleurs(euses) au journal L'Itinéraire a été rendue possible grâce au support de la SQDM et de la CDEC du Plateau Mont-Royal/Centre-Sud.Comité de direction: Alain Demers, Serge Lareault, Josette Bouchard.Rédacteur an chef: Serge Lareault.Adjoints A la rédaction: Richard Hétu, Nathalie Labonté, Christian Dupuy.Collaborateurs: Julie Leduc, Robert Beaupré, Gabriel Bissonnette, Gabrlelle Girard.Illustrateurs: Pol Mall.Graphisme: Giroflée Ash, Serge Lareault.Promotion: Ërlc Cimon.Relatione publiques: Gabrlelle Girard, Suzanne Calssy.Distribution: Josette Bouchard, Michéle Wilson, Gabriel Bissonnette, Claude Dubuc, François Thivierge.Adjoint administratif: Alain Demers.Photographe: Serge Lareault.Révision: Marie-Nicole Cimon, Jean-Paul Baril.Mots-croisés: Denis Blanchard.Imprimeur: Hebdo Lltho.Tirage: 20 000 exemplaires vendus par des Itinérants au coût de reviennent directement au vendeur Si dont 50* Journal L'Itinéraire Montréal juillet 1996 La prospérité comme l'appauvrissement d'une ville s'inscrit dans son architecture SlRGl lARlAOLT ce mois-ci L'Itinéraire de présente un numéro qui saura probablement intéresser autant le promeneur montréalais, aveuglé par son quotidien, que le touriste aux yeux écarquillés devant toute la nouveauté que lui offre Montréal.Cette édition sur l'architecture et la pauvreté se veut encore une fois un regard différent, une réflexion «itinérante» sur le décor fixe et immobile qui entoure ta masse grouillante et bruyante des citoyens.L'architecture est d'abord une affaire qui se discute entre riches, du moins quand on parle de construction dont la dimension ne dépasse pas celle d'une niche.Mais lorsque les riches ou l'État construisent pour les démunis, ou lorsque les édifices délabrés dont personne ne veut plus sont laissés à eux-mêmes ou abandonnés à ceux qui n'ont que le choix d'y habiter ou de coucher dehors, on devrait se sentir un peu plus concerné.Le logement est en crise à Montréal.De plus en plus d'appartements sont vacants au centre-ville, les citoyens préférant faire la file une heure sur les ponts plutôt que de voir celle qui s'allonge de jour en jour devant l'Accueil Bonneau.Les autres logements sont soit trop chers, soit en état de décomposition avancé parce que le propriétaire ne vient que pour réclamer le chèque mensuel.Quant au logement social, cette espèce a disparu aussi rapidement que les grands dinosaures à la suite d'une éclipse provoquée par le passage de la droite entre le gouvernement et le peuple.Lorsqu'une ville s'appauvrit sous les coups répétés de mauvaises gest|pns, cela se grave dans son architecture.Jour n a 1 I t i n e r Montréal À Montréal, se dressent ici et là des ruines qui n'ont pas la majesté des Antiquités de Rome, des monuments historiques que l'on déclasse pour éviter le luxe de les restaurer, des pans du patrimoine que l'on vend sans se soucier de leur sort.Les collaborateurs de L'Itinéraire ont fureté dans Montréal pour savoir ce que le mobilier urbain de la métropole, tantôt défraîchi, tantôt restauré, avait à nous apprendre sur les habitudes de vie de certains de nos concitoyens.Comme toujours, un regard particulier transparaît dans leurs textes, même si architecture et sans-abri semblent deux termes antinomiques.Un ami architecte me disait dernièrement qu'aux États-Unis .particulièrement, on avait élaboré des projets de construction mobiles pour les sans-abri.Selon lui, il s'agit là d'un étrange paradoxe puisque l'architecture s'inscrit dans la pérennité.Doit-on prévoir des espaces pour les itinérants dans le construit?L'architecture doit-elle s'adapter au phénomène de l'itinérance?Si tel est le cas, s'agira-t-il d'un renoncement social définitif, d'une acceptation inscrite dans nos murs que l'itinérance est un phénomène permanent de nos sociétés?En attendant, il y a toujours des projets d'architecture éphémère qui frisent le ridicule, voire l'humiliation.A New York, il y a deux ans, les autorités avaient fait détruire des habitations de carton et de rebuts que s'étaient érigées des sans-abri en bordure de Manhattan.Cette année, c'est le gouvernement anglais qui offre des maisons de cartons aux sans-abri de Londres.C'est du moins ce juillet 1996 que rapporte le journal de rue londonien The Big Issue dans son édition d'avril dernier.Dans le but de contrer la vague de sans-abri, le gouvernement a mis sur le marché un kit «de démarrage d'habitation»: un ensemble de carton fait de boîtes de pizzas recyclées, accompagné d'un livret d'instruction afin de monter soi-même cette minuscule maisonnette.L'objet inqualifiable vient dans une sélection de merveilleuses couleurs vives afin que cela ne soit pas confondu avec d'autres choses indignes.Même le ministre de l'Habitation de Grande Bretagne a accepté de prouver l'efficacité des «boîtes de pizzas» en passant une nuit sur la pelouse du 10 Downing Street.Si la démonstration est concluante, on devrait étendre le produit à tout le pays.Un organisme de charité a déjà condamné l'initiative comme étant «l'institutionalisation de l'inacceptable».Si l'on gravait encore des hiéroglyphes sur nos temples modernes, c'est sûrement le désemparement de nos dirigeants actuels que l'on pourrait lire.Pauvres archéologues du futur qui essaieraient de comprendre le sens de nos tribulations.SALONJEÂMM F 2112 AMHERST MONTRÉAL Pose d ongles Manucures ^ Electrolyse Maquillage Ouvert du Lundi aa Samedi Coiffure à Domicile 521-4863 \t\t \t\t \t\t \t\t Député de Laurier Sainte-Marie et leader parlementaire de l'Opposition officielle\t\t 1001, boul.de Maisonneuve Est, bureau 580, Montréal (Québec) H2L 4P9 Tél.: (514) 522-1339 Fax: (514) 522-9899\t\t (Photo: Serge Lareault) Dans la rue, avec le monde 1251 Confédération des syndicats nationaux PfftÉPOOTAIftE Centre de réadaptation pour personnes itinérantes alcooliques et toxicomanes.(514) 521-1280 3100, rue Rachel Est, Montréal, Que, H1W 1A1 Journal L'Itinéraire - Montréal - juillet 1996 Loger les pins pauvres Habitation sociale ne rime pas avec architecture banale Par JUUl LEDUC COLLABORATION SPÉCIALE Logement social ne rime pas nécessairement avec architecture banale.A ceux qui associent invariablement les logements sociaux aux ghettos de la pauvreté, il est bon de rappeler que de nombreux HLM de Montréal se sont mérité, au cours des dernières années, des prix d'architecture.Comparativement à Paris avec ses banlieues-dortoirs, ou à d'autres grandes villes américaines qui ont construit des tours pareilles à des prisons pour entasser les gens à faible revenu, il semble que Montréal ait évité la ségrégation en tentant d'insérer ses logements pour plus démunis au tissu urbain des quartiers.Le premier projet d'habitations à loyer modique (HLM) montréalais, les îlots Saint-Martin, a vu le jour en 1967 dans le quartier Petite-Bourgogne, délimité par les rues Notre-Dame, Saint-Antoine, Guy et Atwater.Pour répondre à une pénurie de logements et éliminer des zones de taudis, le Service de l'habitation de la ville de l'époque avait entrepris une opération de rénovation urbaine en démolissant des immeubles insalubres.Les habitations îlots Saint-Martin prennent la forme d'un complexe de 313 logements, qui a permis la relocalisation des familles dont les immeubles avaient été détruits.En 1970, ce projet réalisé par les architectes Ouellet, Reeves et Alain, s'est mérité la médaille Massey de l'Institut royal d'architecture du Canada pour saluer «l'intégration de nouveaux logements dans un ensemble favorable à la vie intime et collective ainsi que la mise en valeur et la conservation d'un quartier».Devant ce succès, la Ville de Montréal, par le biais de son Office municipal d'habitation (OMHM), créé en 1969, a donc poursuivi ses constructions de grands ensembles de logements dans le secteur défavorisé du sud-ouest de la ville, soit les quartiers Saint-Henri, Pointe-Saint-Charles et Petite-Bourgogne.«Les projets étaient cependant trop denses, explique Jacques Parenteau, architecte à l'OMHM.On a remarqué qu'il y avait énormément de problèmes sociaux dus à une trop grande concentration de même monde au même endroit.On a alors diminué le nombre de logements par bâtiment.» En effet, à la (Photo: Gilles Delisle) Les Habitations Crémazie, de l'architecte Dan S.Hanganu, sont un exemple de cette architecture sociale et avant-gardiste qui embellit Montréal tout en logeant décemment les plus pauvres.fin des années 70, l'OMHM met en oeuvre des projets d'habitations plus modestes répartis dans différents quartiers de la ville afin d'éviter que l'idée de ghetto ne soit associée aux HLM.«La ville a été pionnière dans le domaine des insertions qui consistaient à boucher les trous laissés par un incendie, une démolition ou un immeuble barricadé, en insérant un petit bâtiment de 3 à 6 logements, indique M.Parenteau.C'était un peu comme faire de la chirurgie plastique des rues pour garder le caractère des quartiers.» L'architecte qui a longtemps dirigé le module de la construction de l'Office s'est toujours défendu de faire de l'architecture pauvre pour les pauvres.«Au début, mes patrons me demandaient de faire de l'architecture sociale au sens européen du terme, c'est-à-dire qu'il ne fallait pas que la personne démunie semble être logée à une meilleure enseigne que les riches parce qu'on construisait à l'aide des deniers publics, ajoute M.Parenteau.Au fond, c'est que les riches, rien avaient pas pour leur argent, alors que nous, nous allions chercher le maximum de la valeur de notre budget pour l'exprimer en architecture avec de bons matériaux et de beaux projets.».Un exemple de beau projet de HLM est celui des Habitations Crémazie, situé à l'angle des rues Berri et Crémazie, réalisé en 1986 par l'architecte Dan S.Hanganu.Cet immeuble de 8 étages qui abrite 72 unités pour personnes âgées a été doublement primé pour ses qualités architecturales.L'édifice de brique, haut et svelte, réussi à atténuer les inconvénients reliés à son emplacement près d'artères majeures de circulation par sa forme triangulaire qui constitue en quelque sorte un bouclier contre la pollution sonore et visuelle provenant des Suite en page 23 Journal L'Itinéraire Montréal juillet 1996 cVens nu^ Commandes téléphoniques MONTRÉAL (514) 597-0238 Nom: Adresse: Ville:- Province: Code postal: Tél.: (_) Signature: \u2014 Veuillez nous faire parvenir un chèque ou mandat-poste à l'ordre de: Groupe communautaire L'Itinéraire À l'adresse suivante: Journal L'Itinéraire 1223, rue Ontario Est Montréal (Québec) H2L1R5 (Allouez de 4 à 6 semaines pour la livraison) ¦ i i__ ?Tous les numéros précédents au prix de 30 $ ?Vol.I N° 1 mai-juin 94 / Sans-abri de Montréal ?Vol.I N° 2 juillet-août 94 / BakonvUle ?Vol.I N° 3 sept.-octobre 94 / Les adolescents ?Vol.I N° 4 nov.-décembre 94 / Noël et itinérants ?Vol.II N° 1 janvier 95 / Le logement ?Vol.n N° 2 février 95 / L'envers de la santé ?Vol.II N° 3 mars 95 / L'action au-delà de l'âge ?Vol.II N° 4 avril 95 / Des bêtes et des hommes ?Vol.II N° 5 mai 95 / Les femmes ?Vol.II N° 6 juin 95 / La presse alternative ?Vol.II N° 7 juillet 95 / Face cachée de Montréal ?Vol.Il N° 8 août 95 / Santé psychologique ?Vol.II N° 9 septembre 95 / Réinsertion-emploi ?Vol.II N° 10 octobre 95 / La peur ?Vol.II N° 11 novembre 95 / Riches vs pauvres ?Vol.II N° 12 décembre 95 / Différents Noëls ?Vol.III N° 1 janvier 96 / Les journaux de rue ?Vol.III N° 2 février 96 / Les drogues ?Vol.III N° 3 mars 96 / Les enfants ?Vol.III N° 4 avril 96 / Art et itinérance ?Vol.III N° 5 mai 96 / L'Itinéraire a deux ans ?Vol.III N° 6 juin 96 / Qui sont les bizarres Journal L'Itinéraire Montréal juillet 1996 Le logement ouvrier de Montréal Une architecture longtemps menacée de disparition HOFER^BIAUPRÉ Les vieux quartiers tels Pointe Saint-Charles ou Centre-Sud sont considérés par plusieurs comme sans intérêt architectural.Pourtant, pour l'amoureux de l'histoire et du développemement de Montréal, ces endroits regorgent de renseignements sur la vie et l'environnement de ceux et celles qui ont «travaillé fort» du temps de la grande époque industrielle.C'est au XIXe siècle que Montréal connaît l'industrialisation avec l'aménagement du port et la construction du canal Lachine.Les municipalités agricoles des environs deviennent des villes industrielles et sont annexées par la grande ville.Les ouvriers, arrivés de la campagne, habitent désormais près de leur travail.Avec les premières vagues d'immigrants, Montréal devient la métropole du Canada.Les habitations caractéristiques de l'époque sont les duplex, avec souvent un passage menant à une maison en fond de cour.A la fin du siècle, les triplex donnent sur une ruelle arrière.Abandon des maisons ouvrières Après la Grande Dépression des années 30 et les deux grandes guerres, les zones industrielles de Montréal se transportent le long des nouvelles routes et voies d'accès.Les quartiers ouvriers se vi-dent lentement de leur population pour migrer vers la banlieue.L'expansion du centre-ville a-chèvera la désertion des quartiers ouvriers de la métropole par des projets immobiliers, des constructions de routes et des spéculations d'un laisser-faire évident.Montréal est une ville qui a perdu une gran-de part de son patrimoine architectural, selon Suzanne Frechette, bénévole à l'or- ganisme sans but lucratif Le Collectif l'autre Montréal, qui offre des visites guidées du Montréal populaire et des services de conférences et d'animations sur des thèmes liés à la vie urbaine.Particularités montréalaises «Il existe une architecture populaire à Montréal qui donne son vrai caractère à la ville.Nos bâtiments publics sont beaux, mais ils ne sont pas représentatifs de Montréal.Les gares, les bibliothèques, entre autres, on en trouve des semblables à Londres, à New York, à Chicago ou à Berlin.Ce ne sont pas nécessairement des répliques, mais ce sont des bâtiments dont on peut retrouver des équivalents dans d'autres villes riches.» «Par contre, ce qui est beaucoup plus particulier à Montréal, ce sont ses quartiers anciens.On pense à Pointe Saint-Charles, le quartier Centre-Sud, etc.Il n'y a vraiment qu'une minorité de gens qui croient que ces quartiers ont une valeur patrimoniale.L'esprit dominant est encore de s'occuper des grands édifices et de négliger les petites rues ordinaires», se plaint Suzanne Frechette.Une des choses qui a marqué Montréal de façon négative sur ce plan fut la rénovation, qui a fait disparaître des signes particuliers, les anciennes décorations, les travaux du bois, les corniches et les balcons en fer forgé.Suzanne Frechette considère que Montréal est une des villes qui a le plus perdu de son patrimoine populaire.«Il y a 30 ans, lorsqu'à commencé la fameuse Révolution tranquille, les gens qui auraient défendu le patrimoine à ce moment-là auraient été perçus comme des arriérés s'ils TEL-AIDE Une écoute attentive 935-1101 Journal L'Itinéraire Montréal juillet 1996 avaient parlé.On a donc perdu de grands pans de notre histoire.Par exemple, lors de la construction de Radio-Canada, 800 logements ont été détruits.L'autoroute Ville-Marie a créé la même hécatombe: 3 000 logements.Montréal a perdu 30 000 logements entre les années 1958 et 1975 afin de construire l'autoroute Bonaventure, d'élargir le boulevard René-Lévesque et d'édifier le Complex Desjardins.Dans les années 60, on estimait qu'en l'an 2000, Montréal atteindrait 7 millions d'habitants.Les élus de l'époque ont fait preuve d'un grand laxisme au point de vue de la démolition, croyant préparer l'avenir.Ils prévoyaient, en fait, que le centre-ville se rendrait jusqu'à l'avenue des Pins.Ils ont permis la démolition de 600 maisons pour la construction de ce qui est aujourd'hui les appartements La Cité.La destruction de ces espaces résidentiels fait qu'il est plus difficile de se loger à bon marché dans le centre-ville comme, par exemple, dans le quartier des affaires, où il est pratiquement impossible de trouver un logement.Leçons d'histoire?Les maisons ouvrières du siècle dernier ne sont évidemment pas toutes des succès architecturaux.«Au début du siècle, les habitations ouvrières étaient très mal isolées, sans style, très peu fenestrées et, de ce fait, mal éclairées et bâties sur le long», affirme Mme Danielle Dumont-Frenette, enseignante en aménagement du territoire au cégep de Rosemont.«Au début du siècle, un grand nombre de maisons du Plateau Mont-Royal ont été bâties sans marche de recul, dit-elle.Les maisons étaient construites directement sur le trottoir.Inutile de dire que cela nuisait grandement à la qualité de vie, tant sur le plan de la pollution que de l'intimité.Sur le site de l'ancien Centre Paul-Sauvé, où l'on vient de construire de nouvelles habitations, les maisons en bordure de la rue Beaubien ont été faites de cette façon, mais environ 75 ans plus tard.» Le Collectif l'autre Montréal est un organisme sans but lucratif qui favorise la connaissance des sites de ce Montréal si peu glamour que les guides touristiques évitent religieusement de mentionner, mais qui représentent en fait le mouvement des Montréalais au fil des ans.Des visites guidées sont organisées régulièrement et, pour y participer, vous n'avez qu'à faire le numéro (514) 521-7802.(Photo: Stéphane Labelle) 1314, ontario Est, Montréal (Québec) H2L 1R1 Téléphone: (514)S27-8S81.Téléeopieur: (514)527-7239 Robert Perreault Député de Mercier et ministre de la Sécurité publique 1117, boul.St-Joseph Est Montréal, Qc H211L3 Tel: (514) 278-9802 Journal L'Itinéraire Montréal juillet 1996 1 1 yv grandeur des idéaux et démesure architecturale Alio toit JIAN-MARU TISON «Y'a de la lumière dans le loyer, mais y'a pu, personne.» C'est par cette savoureuse expression (qui ne manque pas d'urbanité) que le grand Lucien, un des camelots de L'Itinéraire, a coutume de désigner une «soucoupe» ou si vous préférez quelqu'un qui en a perdu des «bouttes» et qui n'est plus que l'apparence de lui-même.Les châteaux Étrangement, je me fais la même réflexion lorsque je contemple les merveilles architecturales de certaines de nos institutions.La démesure qu'elles imposent au regard en arrive à me faire douter des valeurs réelles qu'elles sont censées incarner et qui ont présidé à leur construction.C'est un peu comme ces boîtes de céréales tellement plus attrayantes que les céréales qu'elles renferment.Les maisons des horreurs Les édifices à bureaux et les centres commerciaux, par exemple, témoignent, par leur prolifération et leur dimension de l'importance de la plus noble et accaparante activité humaine de notre civilisation : gagner et dépenser de l'argent, dans la mesure où nous dépensons dans l'un ce que l'on gagne dans l'autre.Ces géants incarnent de façon optimale l'utilisation de l'espace et le souci d'économie aux dépens de toute considération artistique.Mais se préoccupe-t-on de ce détail lorsqu'on va magasiner chez RONA?Les prisons Par contre, l'élaboration de certaines autres structures forcent l'interrogation.Je pense à ces forteresses immenses, à ces antimondes que sont les prisons.Sont-elles à la mesure de la grande valeur que nous accordons à l'honnêteté ou reflètent-elles au contraire son absence manifeste ou sa relative rareté dans notre société?Je pense aussi à notre fameux «Palais» de justice.Mais comment en sommes-nous venus à nous persuader que la Justice nécessitait un palais avec sa cour?Il me semble qu'un HLM de la justice aurait bénéficié davantage de la confiance populaire.C'est à croire que certains édifices renferment des univers clos, fonctionnant de façon autonome, selon leur propre logique, sans nous, en dehors de nous.Leur démesure force le respect et tient lieu d'argument.La gloire dont nous les auréolons nous leurre sur l'idée que nous nous faisons d'eux et nous rassurent sur nous-mêmes.Les sanctuaires La démesure des stades (avec ou sans toit) sanctifie le sport et les dieux qui s'y ébattent, tout comme la démesure des centres commerciaux déifie l'objet.Les colosses de briques et de béton nous illusionnent sur leur signification, un peu comme le parlement d'Ottawa tente de nous donner l'impression que le Canada est notre pays.Y'a de l'espoir en ce qui concerne les cathédrales et les églises.Elles se vident, car Dieu n'y réside plus à temps plein, dit-on.Ça ne peut sûrement pas lui faire du tort de sortir prendre l'air, et de toute façon n'est-il pas chez lui partout?Sans-abri La plupart des peuples nomades ont été rapidement assimilés ou exterminés par les peuples sédentaires qui les considéraient primitifs en raison de l'absence apparente d'imposantes constructions semblables aux nôtres.Les pauvres nomades n'ont jamais pu convaincre les «civilisés» qu'ils vivaient une spiritualité au coeur de leur quotidien, que leur savoir se transmettait de façon naturelle et spontanée et qu'ils étaient habités par un sens de l'équité, où le «cambriolage» ne trouvait pas d'équivalent dans leur langage.r EGLISE CHR15T.R0I M IM*> «H» Aujourd'hui, au coeur de la ville, le sans-abri, l'itinérant, est devenu un nomade déphasé.Il hante le parvis de NOS églises, traîne dans NOS centres commerciaux, erre dans NOS parcs, s'endort dans NOTRE métro, congestionne NOS trottoirs et encombre NOS prisons.Bien qu'il soit un pur produit de NOS cités, nous considérons souvent qu'un être qui n'a plus de toit n'a plus de MOI non plus.Il n'est même plus un citoyen et à peine un être humain.Il n'est plus des nôtres et il jette une ombre sur nos vénérables monuments.Pourtant, /^'gcf Û>rffl\u20ac \u2022 S\\ VOUS VOU^Z certains d'entre eux ont l'audace de V, .i il certains d entre eux ont 1 audace de , , ,| » ./ j- prétendre que ces monuments leur W\\ p^lÙT, VOUS \\t VrOUUW partout ailkurs J cachent le contredire?soleil.Peut-on les Jour n a 1 Itinéraire Montréal juillet 1996 ANPRÉ ^PASS/OUR COLLABORATION SPÉCIALE La revitalisation de la rue Sainte-Catherine La communauté gaie a retapé un lieu délabré «Je suis moi-même surpris du développement économique que vit le quartier.Le «Village» est un quartier où les résidants et les commerçants se sont approprié leur quartier et se sont engagés activement à l'amélioration du secteur et de cette artère commerciale», disait récemment M.Sammy Forcillo, vice-président du Comité exécutif et conseiller du district de Saint-Jacques.M.Forcillo parle ici du Village gai, soit de la rue Sainte-Catherine entre les rues Saint-Hubert et Papineau.C'est que, depuis le début des années 90, cette partie du Centre-Sud vit un boom économique sans égal.Alors qu'à l'Ouest, vers Atwater, la rue Sainte-Catherine se meurt à petit feu, c'est pratiquement le contraire qui se produit à l'est de Saint-Denis.De moche et monotone, la rue Sainte-Catherine se «saint-laurentise» (certains diront se «saint-denise») de plus en plus.Elle bourdonne d'activités de jour comme de nuit, presque sans répit.Maintenant, sur cette portion de rue, le chic, le cher et même le bon goût se côtoient avec harmonie.Les commerces de services et de restauration s'installent petit à petit, à la satisfaction des palais aventureux et des langues en mal de sensations exotiques.Même le restaurant Saint-Hubert, situé face à la Place Dupuis jadis, s'est transporté à l'angle Amherst pour se rapprocher un peu plus du Village.Un regain inégalé depuis longtemps C'est vers 1975-76 que les premiers commerces gais font leur apparition dans l'Est.«J'ai ouvert la Boîte en Haut (un bar qui a fermé ses portes en 1992) malgré que ça marchait très fort dans l'Ouest, puisque la plupart des bars gais étaient situés dans ce secteur à ce moment-là», (Photo: Serge Lareault) Tout un pâté de maison à été complètement rénové pour aménager le complexe de l'hôtel Bourbon, angle Ste-Catherine et Champlain, qui comprend aussi des restaurants et des bars.explique M.Yvon Jussaume, présentement propriétaire du bar auberge L'Un et l'Autre.Je préférais l'Est, peut-être parce que je suis francophone.C'est sûr que les loyers peu élevés de l'Est de Sainte-Catherine ont joué aussi.En 1975-1976, c'était très difficile.Il y avait bien quelques bars, tels Les 2R, Max et puis le 1681 [l'actuel Adonis].Et puis Priape est venu s'installer sur Sainte-Catherine aussi, mais nous étions seul».Bernard Rousseau, propriétaire du magasin Priape, une boutique de vêtements installée depuis 22 ans rue Sainte-Catherine, a connu lui aussi des temps difficiles quand personne, à l'époque, ne connaissait l'est de la rue.«Nous avons toujours été dans l'Est, parce que les loyers commerciaux étaient trop chers dans l'Ouest.Nous devions faire beaucoup de publicité, parce que les gens ne connaissaient pas l'Est.Il fallait même indiquer [dans notre publicité] où était le métro Beaudry!», affirme M.Rousseau.Des loyers moins chers dans l'Est, un harcèlement policier moins persistant et l'établissement de boutiques, d'hôtels et autres commerces de prestige ont eu pour résultat que la vie gaie de l'Ouest s'est déplacée vers l'Est et pour de bon.Cette installation permanente de commerces et de services a entraîné une affluence dans le quartier.Beaucoup de gais désireux de profiter de ces activités s'établissent dans le quartier et rénovent appartements et maisons.line nouvelle garde L'UQAM aidant, une population de jeunes gais vient également y vivre et travailler dans les commerces du Village, créant ainsi un regain de vitalité dans le secteur, regain qui ne s'était pas vu depuis la Seconde Guerre mondiale.«Depuis quelques années, les jeunes viennent de plus en plus dans le quartier, parce que c'est proche de tout», confirme M.Claude Saletti, copropriétaire du petit café Ogâtô.Pierre Viens, gérant du Journal L'Itinéraire - Montréal - juillet 1996 (Photo: Serge Lareault) Le Sky/Sky Pub est aussi un exemple des transformations apportées par les entreprises rejoignant la communauté gaie du Village.Les anciens édifices de la rue S te- Catherine ont été complètement revampés en restaurants et bars à la mode.complexe Sky/Sky Pub, pense lui aussi qu'«il y a plus de jeunes qui y habitent, qui rénovent, donc ça bouge plus».Il y a aussi une autre explication à tout ce branle -bas de combat.Les entrepreneurs du Village pointent du doigt, d'une part, la saturation des secteurs Saint-Denis, Saint-Laurent et Centre-Ville Ouest, et, d'autre part, le déclin des autres artères, telle la rue Laurier.Ce phénomène fait en sorte qu'on cherche à développer d'autres secteurs de la métropole.Pour l'instant, le Plateau Mont-Royal semble se développer par épisodes alors que les loyers, maintenant hors de prix, ne sont plus accessibles pour les jeunes entrepreneurs.D'où le fait qu'au début des années 90, Daniel Lussier et Régis Thibault, les concepteurs du Shed Café rue Saint-Laurent, ouvrent le Saloon Café (en 1991) et le Piccolo Diavolo (en 1993).Commandez vos\t\t T-Shirts de f\"\t\t L'Itinéraire au prix\t^-¦\u20147 * M-''J'Ai /\t de 10$ chacun en\t\t composant le\t\t (514) 597-0238 >\t\t \t-\t La ruinç des misérables, c'est leur pauvreté.Réunions les dimanche et mercredi, à 19h30 1650, rue St-Zotique Est, métro Fabre, autobus 45 (514)332-4900 Après l'ouverture du Saloon, Pizzédélic s'installe et c'est le coup d'envoi.Plusieurs autres suivront.Une nouvelle génération de gais, des professionnels dans la trentaine aux idées innovatrices, investissent dans le quartier «pour travailler avec ma communauté», déclare M.Lussier.Il y a donc, aussi, un sentiment de fierté et d'attachement à la communauté gaie qui exerce une certaine attraction et un désir de regroupement.Des groupes communautaires tels que le Centre des gais et lesbiennes de Montréal, éparpillés dans l'Ouest auparavant, se regroupent dans le secteur afin de répondre, de manière plus efficace, aux nombreuses demandes.D'après le conseiller Forcillo, les gais comptent pour 40 % de la population totale du quartier.«Ces Montréalais se sont activement engagés ce qui a donné un regain de vie au quartier comparé au désert qui existait auparavant rue Sainte-Catherine», pense Sammy Forcillo.De triste et peu attrayante, la rue Sainte-Catherine Est s'est refait une beauté et sait, plus que jamais, attirer les regards et l'envie grâce au dynamisme de la communauté gaie et de ses entrepreneurs.JOYEUSE FETE DU CANADA LE 1er JUILLET 1996 HAPPY CANADA DAY JULY 1,1996 L'honorable Lucienne Robillard C.P., Députée / P.C., M.P Saint-Henri - Westmount 2360, rue Notre-Dame Ouest, Bureau 300 Montréal (Québec) H3J 1N4 Tél.: (514) 283-2013 journal L'Itinéraire - Montréal - juillet 1996 MCHlVcOMFO Certains immeubles de Montréal sont abandonnés à leur sort pendant de longues années, leurs propriétaires les laissant parfois se détériorer (pour toutes sortes de raisons) à un point tel qu'ils deviennent des ruines contemporaines.Avant de se retrouver sous le pic des démolisseurs, ces espaces sont souvent envahis par toute une faune urbaine de locataires particuliers: des toxicomanes vont s'y piquer, des punks y squattent et des gais y soulagent leur libido.Notre reporter-choc s'est penché sur la question et il nous livre un édifiant témoignage sur ses rencontres nocturnes dans une ruine du genre.Il fait chaud dans le frigo (ou l'architecture du désir) Jeudi soir, 22 heures.Je descends la rue Amherst en vélo pour aller explorer le frigo.Juste avant d'arriver à la rue Saint-Antoine, j'aperçois la masse grisâtre et imposante de cet ancien entrepôt frigorifique qui se dresse enfin devant moi.L'immeuble est complètement dévasté.Il n'en reste que la carcasse, un immense squelette décharné et ouvert à tous les vents.Je m'engouffre dans le lieu par une brèche dans la clôture grillagée.Des dizaines de colonnes de béton enlignées s'offrent à ma vue, évoquant les vestiges d'un temple antique.L'endroit semble désert et désolé, mais peu à peu des silhouettes se découpent dans la lourde pénombre.Avec un peu d'imagination, je pourrais croire que ces ombres sont des archéologues explorant le site mystérieux d'un culte particulier.Je découvrirai bien rapidement que c'est le culte du phallus qui est célébré à cet endroit.Le sol est jonché de débris de toutes sortes et le parcours est parfois difficile d'une colonne à l'autre.Un silence presque religieux règne dans ce sanctu- Réappropriation abandonnés par la aire erotique brisé sporadiquement par un bruit de pas ou un lointain gémissement de jouissance.Je suis fasciné de voir ces locataires d'un soir errer dans les décombres à la recherche de bonheurs d'occasion.On se croise, on se toise, on se sent, on se plaît et on se donne du plaisir.Ici, deux hommes d'âge mûr se régalent d'un Priape bien bâti au crâne rasé, là quatre jeunes hommes assouvissent ensemble leurs désirs sous les regards envieux d'hommes plus âgés.Un gars s'engouffre dans le trou d'un des rares murs de l'endroit et ne suivant que mon instinct (de journaliste à temps partiel), je m'aventure à sa suite.Je pénètre dans une vaste pièce carrée Ça grouille dans les ruines des bâtiments faune nocturne ïï?! Kl (Photos: Serge Lareault) (Photos: Serge Lareault) qui était la cage de l'ascenseur dans une vie précédente.Dans la noirceur, jè parviens à distinguer un vieux matelas sur ce qui reste de la dalle de béton.Je regarde en haut et j'éprouve un étrange vertige à voir les étoiles briller à travers le reliquat des poutres du défunt ascenseur.Je reviens sur terre et enligne mon colocataire.Son regard brillant de prédateur et son organe erectile en main me laissent présager qu'il entend bien jouir des lieux avec moi.Mais n'écoutant que mon devoir, je trouve le courage d'entamer la conversation sur les autres locataires du frigo depuis que les gais ont investi le bloc.J'apprendrai que des punks viennent s'y réfugier encore à l'occasion, que les junkies s'y font rares et discrets et que des dizaines d'hommes s'y rendent chaque soir malgré le risque de descentes policières de plus en plus fréquentes.Ce lieu interdit semble donner bien des sensations fortes à ceux qui ont quitté le parc I Lafontaine, devenu peu sécuritaire la nuit.Je ferme les yeux et m'apprête à prendre l'ascenseur pour le septième ciel.Je m'abandonne au plaisir tout en pensant que les ruines ne sont jamais totalement abandonnées, et que les fantômes qui les habitent sont souvent bien vivants.Journal Itinéraire Montréal juillet 1996 Patrimoine à vendre! Ici et là, à Montréal des édifices à valeur historique ou architecturale sont abandonnés et mis en vente.Plusieurs d'entre eux commencent à se détériorer.Les moulurent tombent les murs se fissurent, les fenêtres éclatent.C'est le paradis des squatters.Mais pendant que l'ont construit des horreurs modernes à petit budget, de beaux édifices sont me nacés de disparaître parce que trop négligés.Pour les amoureux de l'architecture, Buildings for sale! Cette résidence, située angle Berri et René-Lévesque, n'est même pas à vendre.Depuis quelques années, cette structure calcinée pourrait faire de beaux logements en plein centre-ville.Une ruine au coeur de Montréal qui fait le bonheur des squatters.Mais quelle image pour les centaines de touristes qui vont à l'hôtel à côté.Journal L'Itinéraire L'Église Saint-Sauveur, angle St-Denis et Vigerestà vendre.Ce bel édifice en pierre est orné de magnifiques vitraux.Le plafond rappelle celui de l'église Notre-Dame.Ce serait peu spirituel, mais ça ferait une discothèque épatante.o n t r e a juillet 1996 te ITI, un reçue sur l'iti Par ALAIN QlMtRS ITI, le premier recueil de nouvelles d'Alain Cognard est en vente depuis le 13 mai dernier.Le lancement a eu lieu à la salle à mager de l'Accueil Bonneau.Un lieu qui se prête bien au thème de l'auteur, car l'itinérance est le sujet des 20 nouvelles.ITI, publié aux éditions Québécor, est d'ailleurs préfacé par Pierre Péladeau.M.Cognard a voulu que son livre soit lancé dans un I organisme d'aide aux itinérants.Grâce à la collaboration de Québécor, pour chaque recueil vendu lors du la soirée, 40 % du prix du livre, qui se vend vingt dollars, sera versé a l'Accueil Bonneau.Français d'origine, Alain Cognard vit au Québec depuis 29 ans et a enseigné plusieurs années au primaire et secondaire.L'idée d'un livre traitant des itinérants lui est venue il y a près de 6 ans lors voyage en Europe.Lors d'une entrevue accordée à L'Itinéraire, Alain Cognard nous a confié avoir été supris et choqué de voir la pauvreté et le nombre d'itinérants en Europe.«C'est en France et en Angleterre que la situation est la plus dramatique.À Paris, les propriétaires d'immeubles engagent des miliciens pour évacuer les squatters avant le 1er il de nouvelles nérance au profit de l'Accueil Bonneau octobre, car ils ne peuvent le faire après selon la loi.J'ai vu des familles dans certains villages qui se chauffent encore au charbon et qui s'entassent à plusieurs dans une même pièce durant l'hiver afin d'économiser.À l'âge de 20 ans, Alain Cognard a fait comme plusieurs jeunes de son âge et est parti sur le pouce.Même s'il y a une différence entre cette expérience et l'itinérance, cela lui a permis de Alain Cognard Lrs I éditions CHAMBRE DES COMMUNES CANADA Benoît Tremblay Député de Rosemont Pièce 356 Édifice de l'Ouest Chambre des Communes Ottawa K1A0A6 Tél.: (613) 992-0423 Télécopieur: (613) 992-0878 2105, rue Beaubien Est Montréal (Québec) H2G 1M5 Tel: (514) 729-5342 Télécopieur (514) 729-1365 connaître un monde différent.Mais c'est surtout par l'observation qu'il s'est documenté.«Lorsque l'on voit un itinérant couché dehors, dit-il, et qu'il fait -30° celcius, il faut être idiot pour ne pour être capable de s'imaginer ce qu'il ressent» Les nouvelles, d'environ dix pages, sont très variées.«La longueur des nouvelles est à l'image de nos contacts avec les itinérants: très brefs», de dire M.Cognard.«Un de mes amis m'a confié que mes personnages étaient trop instruits, ajoute l'auteur.Je ne suis pas d'accord.Les gens ont tendance à croire que l'on naît itinérant.Plusieurs ont eu un bon emploi, un conjoint, une maison, et ont tout perdu.Ce n'est pas parce qu'on est itinérant qu'on est nono», poursuit Alain Cognard.BmSmmlnc.l'ir.ît f, Kç?\\
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.