Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
L'itinéraire
Depuis 1992, L'Itinéraire fait découvrir aux Montréalais les intérêts, les préoccupations et les revendications des gens de la rue, des activistes sociaux et des collaborateurs qui participent à la publication. [...]
L'Itinéraire est un mensuel montréalais dont la publication a débuté au printemps 1992. Le magazine est une initiative du Groupe communautaire L'Itinéraire, organisme basé dans le quartier Centre-Sud à Montréal. Il est vendu dans les rues et dans le métro de Montréal par des camelots. La création de L'Itinéraire visait à offrir une publication aux personnes seules et itinérantes dans laquelle elles pourraient partager avec la population les problématiques de l'itinérance et proposer des pistes de solution. L'Itinéraire permet aux participants l'apprentissage d'un travail rémunéré. Une participation active brise l'isolement. Elle favorise la revalorisation et la réalisation de soi, une reprise personnelle et une culture de l'autonomie. L'Itinéraire transmet aux Montréalais les intérêts, les préoccupations et les revendications des gens de la rue, des activistes sociaux et des collaborateurs qui participent à la publication. Ainsi, l'accès au logement, la réinsertion sociale, le travail du sexe, l'alcoolisme et la toxicomanie, la formation aux adultes, les droits de la personne, les sujets politiques de l'heure, les arts et la culture populaire, sont des sujets traités dans le magazine. On trouve régulièrement une personnalité connue en page couverture de L'Itinéraire, à laquelle est jumelé un article prenant souvent la forme d'une entrevue. Des collaborations spéciales de journalistes pigistes professionnels trouvent leur place chaque mois dans L'Itinéraire. Le magazine offre aussi une tribune à ses camelots, dont quelques-uns sont maintenant des figures connues des Montréalais. THIVIERGE, François, « Intervention de groupe auprès de la population itinérante de Montréal », Service social, vol. 43, no 2, 1994, p. 147-157.
Éditeur :
  • [Montréal] :Groupe communautaire l'itinéraire,1992-
Contenu spécifique :
février
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
deux fois par mois
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (12)

Références

L'itinéraire, 1997-02, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
[" à la portée des plus démunis! L'Itinéraire offre la possibilité aux gens de la rue d'acquérir de la formation en informatique et de s'initier à Internet.Nous avons plein de projets pour leur ouvrir de nouveaux horizons.mais nous manquons de matériel.Pour ouvrir prochainement notre café électronique accessible à tous et offrir la chance à plus de gens d'apprendre, nous avons besoin de vieux ordinateurs, Macintosh de préférence, ainsi que des fournitures de bureau.Nous avons le besoin pressant d'un système téléphonique.Merci à tous! Avant de jeter vos vieux Macintosh, appelez Richard Hétu ou Serge Lareault à L'Itinéraire Téléphone: (514) 597-0238 Fax (514) 597-1544 E-Mail: itiner@cam.org Ça peut aider bien du monde! L'Itinéraire est produit et vendu en majeure partie par des sans-emploi, des personnes itinérantes, ex-itinérantes ou toxicomanes, dans le but de leur venir en aide et de permettre leur réinsertion future sur le marché du travail.Pour chaque exemplaire vendu à 2 dollars, 1 dollar revient directement au vendeur.Les profits de L'Itinéraire servent à financer les coûts de production du journal, les projets de réinsertion sociale, et le Café sur la rue, destiné aux personnes itinérantes.Pour toute information concernant la distribution ou les camelots de L'Itinéraire, communiquez avec Mme Josette Bouchard au (514) 525*5747.Les personnes qui désirent vendre L'Itinéraire sont invitées à se rendre au Café sur la rue, au 1104, rue Ontario Est.(coin Amherst) Hors Concept, Le Lion D'Or & La Belle Gueule présentent: Cabaret de Vincantation à la PLEIflE LUflE VENDREDI 21 FÉVRIER 2007 i,'.', , LOTUS & MOUCHE COUSUE Tr~S\\ Sylvie Legatilt %^.~*rs Louis Bern ici* Christian*! Kuhy \"\" Los Dimnenti's - \\ Btc.Lt / (.hurles, (ViL'Hiiizic / Céline iH'slisle \\W Les Sorcières y/ roriitfl I^hA I.fs Secrétaires y _ Percutantes V| 201100 Dctié Vanderbis au LION D'OR Francis (;ranilm.nl MW^ 1676 Ontario Est ¦ Mijjucl Hilton Manuel Foulia Montreal Fakhass Sico \u2022 59IM1709 Scydmi Zon Biltvls en vente au RFTROVISFUR Outrance en danse avec Rachel/Chateaubriand LES NOMADES RÉTROVISEUR, RACHEL & CHATEAUBRIAND y 201100 au LION DOR 1676 Ontario Est Montréal 5t«-070ti Billets en vente au RÉTROVISKl'R Rachcl/Chulcaubriand 'IT/xr 1223, rue Ontario Est imZ*M Montréal (Québec) > H2L1R5 CANADA % Tél.: (514) 597-0238 Fax: (514) 597-1544 !.W t E-mail: itiner@cam.org %w^.^ Site internet: http://www.v-planet.com/itineraire Plus de la moitié de cette publication est rédigée par des personnes ayant connu le milieu de l'itinérance.Les articles écrits par des journalistes pigistes professionnels portent la mention «collaboration spéciale».Enfin, les propos tenus dans les pages de L'Itinéraire n'engagent que la responsabilité de leurs auteurs.La formation professionnelle des travailleurs(euses) au journal L'Itinéraire a été rendue possible grâce au support de la SQDM et de la CDEC du Plateau Mont-Royal/Centre-Sud.Conseil d'administration du Groupe communautaire l'Itinéraire: Gabriel Blssonnette, président; Mario Lanthler, v I c e - p r é s I d e n t ; R éj e a n Mathieu-, secrétaire; François Thlvlerge, trésorier; Claudette Godley, Micheline Lefebvre, Gabrlelle Girard, conseillères.Comité de direction: Alain Demers, Serge Lareault, Josette Bouchard, Denise English.Rédacteur en ohef: Serge Lareault.Adjointe à la rédaction: Nathalie Labonté.Collaborateurs: Gabriel Blssonnette, Gabrlelle Girard, Richard Hétu, Stéphane Gendron, Jean-Marie Tison, Cylvle Glngras, Jean-Pierre Llzotte, Glna Mazerole,Patrick Ranger Illustrateurs: Pol Mall, Benoit Melançon.Caricaturiste: Jean-Pierre Glrerd.Photographe: Gabrlelle Girard.Révision: Jean-Paul Baril, Cylvle Glngras.Mots-croisés: Gaston Plpon.Infographie: Serge Lareault, Lorraine Bertrand.Publicité: Éric Clmon.Administrateur: Alain Demers.Secrétaire-comptable: Sylvie Boos.Relations publiques: Gabrlelle Girard.Distribution: Josette Bouchard, Michèle Wilson, Gui Soleil, Mario Lanthler, François Thlvlerge.Coordination du Café sur la rue: Denise English.Imprimeur: Hebdo Lltho.Tirage: 18 000 exemplaires vendus par des itinérants et des sans-emploi dans les rues du centre-ville de Montréal.L'Itinéraire est membre de l'Association des médias écrits communautaires du Québec (AMECQ) et son tirage est vérifié par l'AVDA.Journal L'Itinéraire Montréal février 1997 Quel monde de sexe.SERGE LAREAUlT M®ACTEUR EN CHEF SEXE! SEXE! SEXE! Est-ce que L'Itinéraire cherche lui aussi à attirer l'attention en titillant les instincts sexuels de ses lecteurs, comme le font de façon insistante la plupart des publicistes?Plus que jamais, le sexe semble mener le monde et le public exacerbé n'a plus qu'à se rendre à la Trappe d'Oka pour trouver un peu de paix.Mais avez-vous déjà remarqué comme le Christ est nu sur la croix ?Enfin, le corps et la sensualité se vendent de mieux en mieux, et de plus en plus.Récemment encore, on exploitait le corps de beaux jeunes hommes pour vendre des produits aussi triviaux que du Hertel, des fours jfmicro-ondes ou des biscuits secs ! L'Itinéraire chercherait-il à en faire autant ?Plusieurs lecteurs nous ont souvent demandé comment on choisissait le contenu du journal.Un journal d'itinérants ne devrait-il parler que de problèmes de pauvreté ?On deviendrait déprimant, et pas à peu près ! À L'Itinéraire, le thème mensuel du journal est choisi par le comité de rédaction qui réunit les principaux collaborateurs.Régulièrement, des gens de la rue viennent aussi s'asseoir avec nous pour discuter des sujets dont ils aimeraient parler.Les canpibts, de plus en plus à l'affût des sujets traités, participent souvent aux dossiers dé L'Itinéraire et ajoutent leur point de vue par des témoignages et des articles qui s'intègreopâ ceux des rédacteurs habituels.Contenu «bîsexuel» Le journal se divise en deux genres: le dossier du mois, annoncé en page frontispice, se retrouve en première partie.Cette partie comprend cinq ou six articles traitant en profondeur d'un même sujet.Cela permet à l'équipe de rédaction d'en cerner les aspects méconnus, en les abordant sous des angles différents.La deuxième moitié réunit des textes qui ont trait à la pauvreté, aux enjeux sociaux, aux événements de la vie quotidienne vécus par tous et chacun.Des camelots et autres membres du groupe peuvent y exprimer leur opinion sur différents sujets.Bien entendu, les poRtK|Ë||tet les grosses stars qui ont déjà l'attention des médias, ne sont pas privilégiés'd^é^itinéraire, même si.à l'occasion, on aime bien en parler.exclusion sur le papier L'Itinéraire étant d'abord et avant tout un journal école, nous choisissons des thèmes simples, concernant la vie des gens en général, afin que les sujets soient abordables pour ceux qui commencent à écrire.Pas question de se lancer dans des analyses politiques ou économiques, les rédacteurs n'ont pas le diplôme nécessaire.du moins pour l'instant! L'information est présentée à partir du point de vue particulier des gens de la rue.Ainsi, l'idée de l'exclusion est souvent explorée sous toutes ses formes.Par exemple, le numéro de janvier dernier portait sur les étudiants et révélait comment ;léi*}e»nés peuvent être exclus dans notre société actuelle.Un numéro sur la zoothérapie avait par ailleurs été inspiré par une ex-itinérante qui avait cessé de vivre dans la rue parce qu'elle « était tannée que son chat soit sans-abri ».Voilà donc pourquoi L'Itinéraire vous présente chaque mois des sujets si variés.Ce mois-ci étant celui delà Saint-Valentin, nous avons décidé de parler des difficultés contemporaines reliées au sexe et à l'amour.Les itinérants, qui sont rarement entourés d'amour et qui font l'amour « quand ça passe », quand le hasard veut bien être généreux, vous parlent ce mois-ci de situations tantôt pénibles, tantôt réjouissantes, mais vécues par bien des gens.Sexe, quand tu nous manques.Journal L'Itinéraire H o n t r é a février 1997 Par NATHALIE lABOHTt Comportement sexuel et Sida Pas de chapeau, pas de dessert! L'avènement du sida a changé plusieurs de nos comportements sexuels, c'est clair.Aujourd'hui, on ne part plus sans condom, ce petit bout de caoutchouc indispensable pour ceux qui tiennent à la vie.Le préservatif fait désormais partie du rituel amoureux, tout comme le test de dépistage du sida devient un sujet incontournable pour les nouveaux amants.Des couples se présentent désormais dans les cliniques pour avoir la conscience tranquille.D'autres personnes, sceptiques quant à la fidélité de leur partenaire et des tests, préféreront l'abstinence.Au Québec, si le sida a connu une légère régression au sein de la population en général, il en est tout autrement pour les junkies.Malgré tous les efforts déployés, il semblerait que les usagers de drogues intraveineuses n'ont rien changé à leurs comportements : ils continuent à défier la mort et à contaminer leurs victimes.Apprendre qu'on est séropositif change bien des choses dans une vie, surtout au plan de la sexualité.Quand Jean apprend qu'il est séropositif, il est incapable d'avoir des relations sexuelles pendant 10 mois.«Ma libido est tombée à zéro, relate-t-il, même si plusieurs occasions se présentaient à moi.Je n'avais même pas le goût de me masturber.» Mais lorsque Jean commence à accepter sa maladie et à en parler à des gens compétents, son désir sexuel revient peu à peu.«A ce moment-là, je rencontrais des filles mais je préférais ne pas leur dire que j'étais porteur du VIH, se souvient-il.J'avais trop peur de les perdre.Effectivement, la première copine à qui j'ai partagé le résultat de mon test m'a donné mon bleu!» Par la suite, Jean n'a pas eu vraiment le choix de parler des risques de contamination à sa seconde copine, parce qu'elle lui a demandé de faire l'amour sans condom après quelques mois de fréquentations.par-dessus l'autre.Même si ma blonde de l'époque me disait que cela ne la dérangeait pas que je sois séropositif, je voyais bien que son attitude avait changé, dans ses gestes, dans ses yeux.Ce n'était plus la même chose, le même désir.Nos rapports étaient moins fréquents.J'ai compris à un certain moment qu'elle avait l'impression déjouer avec la mort.» Aujourd'hui, Jean a apprivoisé sa maladie et cela, il le ressent dans ses relations avec les autres.«Quand j'ai commencé à communiquer ouvertement ma séropositivité, je n'ai jamais été aussi populaire auprès des femmes.Plusieurs désiraient avoir des relations sexuelles protégées avec moi, alors que d'autres voulaient jouer à l'infirmière et me voyaient déjà sur mon lit de mort.Celles-là, je les fuyais.Lorsqu'il s'agit d'une relation d'un soir, je ne conte pas ma vie en détail puisque, de toute façon, mes rapports sexuels se font avec préservatif.» Séropositif, mais je vis À chaque fois qu'il fait l'amour, Jean ne se sent pas du tout bien dans sa peau.Premièrement, il sait qu'il cache quelque chose de très grave: « Même si j'avais un condom, je pensais que je pouvais infecter quand même ma partenaire, que le préservatif n'était pas sûr à 100 %.Un jour, en cachette, j'ai même enfilé deux condoms un TEL-AIDE Un service gratuit Une écoute attentive 935-1101 (Photo: Geneviève Ste-Marie) Vie hasardeuse Sexe hasardeux Parmi les différents groupes où le sida fait des ravages, on compte les toxicomanes, particulièrement ceux qui s'injectent leur drogue à l'aide de seringues.«En général, les junkies n'ont pas changé leurs habitudes sexuelles, constate Carole Gagnon, éducatrice-sexologue, et ce, qu'ils soient homosexuels, hétérosexuels ou bisexuels.» «Leur vie est une véritable roulette russe, ajoute Chantai, une extoxicomane qui participe depuis six ans à une étude sur le sida et la drogue.Leur thrill: défier la mort, la leur et celle des autres.On se moque éperdument des conséquences.Pour un vingt dollars de plus, certain(e)s prostitué(e)s junkies n'hésitent pas à se passer de préservatif.Par contre, d'autres qui pratiquent la prostitution dans le but d'améliorer leur vie matérielle, étudiantes et femmes de famille monoparentale par exemple, évitent les rapports avec les utilisateurs de drogues intraveineuses.» Même si, lors d'un trip de coke à trois, on assigne une couleur de seringue à chacun, on tient l'eau de javel pas trop loin, y en a toujours un dans la gang qui réussit à prendre la seringue d'un autre», souligne Chantai.Cela fait Journal I t i n é r Montréal e v r i e r 19 9 7 009365 beaucoup d'injections à risque, quand un hit de cocaïne dure en moyenne 15 minutes.Tu ne baiseras point.Pendant longtemps, la religion a ralenti les ardeurs sexuelles des gens.À travers l'enseignement catholique au Québec, on a longtemps dicté les comportements sexuels à adopter ou plutôt à éviter, sous peine de châtiments éternels.Maintenant, l'agir des gens est grandement influencé par la communauté scientifique et les découvertes médicales.C'est une question de vie ou de mort pour plusieurs.«Plus les gens sont scolarisés, plus ils sont susceptibles de changer leur comportement sexuel face au sida, note Carole Gagnon.Tout part du respect qu'on a de soi: plus on se respecte, plus on se protège.Les jeunes adultes dans la vingtaine, la génération de l'amour qui tue, sont probablement ceux qui se protègent le plus.» Nadine, une infirmière de 24 ans, connaît les répercussions du sida.«J'ai soigné des gens au plus fort de la maladie, raconte-t-elle.J'ai vu les ravages psychologique, social et physique qu'entraîne ce virus mortel.Le sida ne me fait pas peur, mais c'est sûr que je ne coucherais pas avec n'importe qui sans protection.» Nadine et son nouveau copain ont passé un test de dépistage cet été, à la clinique L'Actuel: «C'était primordial pour nous deux!» Homosexualité et sida Les gais et les lesbiennes ont-ils aussi changé leur comportement sexuel?Depuis le début de l'épidémie du sida, au tournant des années 80, on a associé cette maladie à la communauté gaie.Selon le ministère de la Santé et des Services sociaux, les homosexuels ou bisexuels représentaient 70 % des cas déclarés de sida, en date du 30 septembre 1996, alors qu'on évaluait qu'entre 10 et 20 % des membres de ce même groupe séropositifs.« Dans la communauté gaie, la venue du sida a été très difficile à accepter, observe Daniel Plante du groupe de prévention Séro-zéro.On a vu mourir bien du monde.Aujourd'hui, les gars sont tannés d'en entendre parler.» Affiches et dépliants ne sont plus suffisants.Les intervenants de Séro-zéro doivent se pointer directement dans la rue, les parcs, les saunas et les bars pour écouter ce que vivent les gens et les conseillers.« C'est clair qu'il y en a qui se protègent, répond Daniel, puisqu'on distribue 3 500 condoms et lubrifiant par semaine dans une quinzaine de bars du village.» Chez les gais, on pose beaucoup de questions sur les relations orales, alors qu'on connaît les risques élevés d'infection lors de relations anales.«En général, dans les saunas, le port du condom est une habitude intégrée, observe Richard.On s'y rend pour avoir des relations sexuelles anonymes.En entrant, on nous donne un condom et ça s'appelle: ne venez pas sans lui! Par contre, l'utilisation d'un préservatif lors d'une fellation n'est pas très acceptée dans la communauté.» Alors qu'on lui faisait une fellation dans un glory hole, trou dans le mur, Richard a eu la peur de sa vie: «Je ne m'étais pas rendu compte que le gars de l'autre côté avait changé de position, que la relation était devenue anale.J'ai été choqué et troublé, car je ne portais pas de condom et le gars ne m'avait pas averti.» Cet incident a en quelque sorte poussé Montréal Richard à participer à la Cohorte Oméga, la plus grosse étude sur le comportement sexuel des hommes ayant des relations sexuelles avec d'autres hommes.Cette recherche vise à interviewer quelques 2 000 personnes dans le but de proposer des pistes de prévention.«Les jeunes bisexuels et homosexuels sont probablement ceux qui prennent le plus de risque», remarque Daniel Plante.Même si le comportement sexuel des lesbiennes est en théorie moins risqué que celui des gais, le sida y laisse aussi sa trace.Selon la journaliste française Anne Souyris, les lesbiennes suivent avec 10 ans de retard le même chemin que les gais.«A Montréal, il n'existe pas d'organismes de prévention du sida qui vise particulièrement les lesbiennes», soutient Daniel Plante.Pour ne pas risquer d'être contaminées, les femmes devraient éviter le sadomasochisme, l'utilisation d'accessoires sexuels et les rapports sexuels pendant les menstruations.De plus, la digue dentaire, un carré de latex, serait de mise pour la pratique du cunnilingus avec une partenaire à risque.Disponible en pharmacie, on peut également la fabriquer à l'aide d'un comdom qu'on découpe.Le VIH se transmet par les sécrétions sexuelles et le sang.Le baiser et la masturbation ne sont pas dangereux, sauf si le sang contaminé entre en contact avec une plaie ouverte.Il existe toujours un risque théorique.Sommes-nous suffisamment informés?En général, les gens se considèrent suffisamment informés sur les modes de transmission du sida.Pour Jean, qui est séropositif, c'est très important.«Je veux savoir où sont mes limites, insiste-t-il.Je dois demander à mon médecin ce que j'ai le droit de faire et de ne pas faire.» Par contre, pour bien des couples séropositifs, on ne connaît pas le danger d'aggravation de l'infection.«Plusieurs couples porteurs du VIH ne prennent pas plus de précautions, note Carole Gagnon, même si l'un des deux peut s'infecter davantage et atteindre un stade plus avancé de la maladie.Aujourd'hui, on peut être séropositif pendant 12 ans.» Selon Nathalie Foucault agente d'information au Comité des personnes atteintes du VIH du Québec, les femmes demeurent le groupe le plus difficile à rejoindre par la prévention.«Les femmes, février 1997 Journal Itinéraire Ça peut vous arriver Le sida a transformé nos rapports interpersonnels et sexuels.Bien des gens de tout horizon social adoptent un comportement sexuel sécuritaire; cependant, lors d'une situation toute particulière, un moment de folie ou de joie intense, ils vont se laisser aller jusqu'à oublier toute rationalité au profit de la passion.Ce phénomène, plusieurs l'ont vécu et en ont gardé un goût amer.Disons qu'ils n'ont vraiment pas été chanceux.A l'extrême, le sida peut aussi freiner les élans de la passion et ramener à la raison deux partenaires sensibilisés au danger.Côtoyer volontairement quelqu'un de séropositif peut prendre la forme d'une épée de Damoclès.«C'est difficile de triper, d'être heureux avec la personne qu'on aime, car le spectre de la maladie refait toujours surface, confie Robin.Après avoir fait l'amour ou au moment de l'orgasme parfois, il arrive de se demander subitement si une goutte de sperme ou de sang n'a pas été en contact avec une petite lésion, aussi microscopique soit-elle.Il faut être très fort psychologiquement pour conserver notre amour.» victimes de violence ou de dépendance affective, n'ont souvent pas leur mot à dire dans la sexualité de leur couple.Elles sont prêtes à risquer leur vie pour être aimées.Une fois qu'elles sont contaminées, le mythe de la super femme apparaît: on continue sa vie comme si rien n'avait changé, jusqu'à oublier sa maladie et les ressources qui pourraient nous venir en aide.Certaines ont peur de perdre la garde de leurs enfants» L'amour libre, plus jamais On ne pourra pas retourner à l'amour libre des années 60, aux moeurs sexuelles dévergondées.«La découverte d'un vaccin contre le virus du sida pourrait s'avérer efficace, mais elle ne pourra pas éliminer la maladie, soutient Nathalie Foucault.Il y aura toujours des cas de résistance au virus ici et là, comme on retrouve encore de nos jours des gens atteints de tuberculose, alors que les médecins savent comment la traiter.Il faut garder le risque en tête, car même si le sida devient curable, on devra encore se protéger de l'herpès, de la chlamédia, de l'hépatite A, B, C.«Chez Séro-zéro, on craint que, sous l'influence des médias et des compagnies pharmaceutiques, le sida ne devienne une maladie chronique au même titre que le diabète et que les gens arrêtent de se protéger.» Au Québec, l'infection du VIH n'est pas une maladie à déclaration obligatoire contrairement au sida.Dans le code criminel canadien, il n'existe pas de loi spécifique contre la transmission du VIH.Cependant, depuis 1988, 15 cas de poursuite criminelle ont vu le jour, ce qui a suscité le débat de la criminalisation du VIH.Pour Ralph Jùrgens, du Réseau juridique canadien VIH-sida, «certaines situations peuvent justifier la crimina- y>hoto: Geneviève Ste-Marie) lisation.Par exemple, on a vu des personnes séropositives en contaminer d'autres simplement pour faire du mal.Mais, dans la plupart des cas, c'est une question de santé publique.Les gens qui ont contracté le virus n'ont pas besoin d'être envoyés en prison pour changer leur comportement.Ils nécessitent de l'écoute et des soins.» Près de 20 ans après l'apparition connue du sida, on parle encore de prévention.Toutefois, celle-ci se fait à sens unique: la majorité des pharmaciens refuse encore de vendre des seringues à 1 $, parce que leurs profits découlent de la vente du dispendieux cocktail thérapeutique.PftéPOATAWC Centre de réadaptation pour personnes itinérantes alcooliques et toxicomanes.(514) 521-1280 3100, rue Rachel Est, Montréal, Que, H1W 1A1 LES OEUVRES DE LA MAISON DU PÈRE 550, boul.René-Lévesque Est Montréal (Québec) H2L 2L3 Tél.: (514) 845-0168 Fax: (514) 845-2108 Journal L' Itinera Montréal février 1997 La sexualité itinérante Par GABRIELLE GIRARQ On pourrait penser que les itinérants n'ont pas de vie sexuelle.Qui accepterait de coucher avec un gars ou une fille sans vie stable et sans possibilité de se laver convenablement?J'ai interrogé des itinérants que je connaissais dans mon entourage et à la Maison du Père.Pour la première fois de ma vie, j'ai pu poser des questions indiscrètes à une dizaine de gars sur leur vie sexuelle.Bien sûr, la plupart des hommes se sont vantés de leurs exploits sexuels.Mais leurs mythes de baises quotidiennes, vous ne les lirez pas ici.En fait, je constate que les histoires de ceux qui ont bien voulu me parler franchement sont un peu tristes.Pas de vie sexuelle C'est difficile pour la plupart des gars de la rue de rencontrer une personne de l'autre sexe.«J'avais aucune vie sexuelle, je ne pensais seulement qu'à consommer, de dire Louis, un exitinérant qui intervient maintenant auprès des sans-abri.La souffrance était trop grande.Je ne pensais même pas à ça.Je me droguais pour cacher la souffrance que je vivais.» Les femmes, ça ne s'achète pas Les prostituées ne sont pas nécessairement une solution pour les itinérants.«J'ai couché avec des prostituées, mais j ' ai jamais fait l'amour avec elles à cause de ma consommation de cocaïne.Je bandais jamais, poursuit Louis.Avant, je pensais au sexe, je ne pensais pas à faire l'amour.C'était l'acte sexuel qui comptait pour moi.L'amour, il y a un paquet de choses qui entourent ça: les préludes, le respect, l'amitié.Maintenant, ça me prend tout cela: j'peux pas baiser juste comme ça, avec des prostituées.Je n'ai rien contre elles, mais ce type de baise ne m'intéresse plus.J'ai travaillé deux ans et demie dans les clubs de danseuses, je partais souvent avec une, mais y se passait rien.Ça, c'est mon histoire: un gros flop! Plus je vivais ça, plus je consommais, pis plus je consommais, plus je vivais ça.Le dernier trip que j'ai fait, m'a coûté 11 000 $.Y avait sept danseuses dans ma chambre, pis j'bandais même pas, j'avais le gros smile fendu jusque là!» Un autre dans la même situation m'a confié: «Dans ma tête, les femmes, tu payes pas pour ça.Maintenant, c'est l'amour qui compte.Avant, j'avais pas connu ça.Je me suis rendu compte que je me suis servi des femmes que j'ai eues dans ma vie.J'étais avec elles pour avoir une place pour rester.J'avais les tapes dans le dos que j'avais besoin pour devenir quelqu'un.Quand j'ai cessé d'avoir des tapes, je suis tombé à plat.» «J'ai manipulé des femmes, affirme aussi Mario, itinérant depuis quatre ans.Être avec une femme, ça me dépanne pour ne pas venir à la Maison du Père.Mais parfois, je me faisais prendre à mon jeu.Je tombais en amour.» Besoin d'amour Les itinérants ont besoin d'amour comme tout le monde.Beaucoup m'ont dit que ce sentiment était plus important pour eux que le sexe.«L'amour, c'est un sentiment qui se vit à l'intérieur et le sexe, ça se vit à l'extérieur», de dire Louis.Pour Bertrand, un autre usager de la Maison du Père depuis dix ans: «L'amour, c'est dans le respect, l'acte sexuel, c'est la soupape de vapeur.» «L'amour, c'est quelqu'un qui t'aime énormément, avec qui tu n'es pas obligé de coucher pour passer du temps.Le sexe, c'est bing pis c'est fini!», m'a aussi affirmé Marc, un itinérant transexuel.On baise où on peut Les relations sexuelles se passent dans différents endroits comme les tourist rooms et les saunas ou même dans des ruelles, quand ils n'ont pas d'argent pour se payer une chambre.La plupart du temps, ça se passe au début du mois (le syndrome du premier) ou quand ils ont de l'argent.«Je flambais tout mon chèque pour me payer des filles, pis après j'me ramassais dans la rue pour le reste du mois à faire la «run de lait» des missions pour survivre», explique un itinérant.Suite à la page 23 Journal L'Itinéraire Montréal février 1997 Notre camelot au pays des sadomasos Quand l'amour sort ses griffes.Par Camelot au Carre CrlNA St-Louis Curieuse et aventurière de nature, j'ai fait la rencontre d'un maître en sadomasochisme.J'ai voulu en connaître davantage sur le sujet et vous partager mon expérience.Connaissez-vous la croix St-André, le fétichisme, le body piercing, la soumission et la domination ?Ces éléments font partie de la réalité sadomasochiste.Selon le dictionnaire Robert, le sadomasochisme, c'est le sadisme combiné au masochisme dans la même personne.Ça veut dire quoi, dans la vraie vie ?La croix St-André est une pièce d'équipement très populaire pour quiconque veut pratiquer le sadomasochisme (cinq sadomasos sur dix possèdent une croix St-André).Elle sert à attacher le sujet de face ou de dos et en facilite l'accès au maître, dominateur, pour des scènes de cire chaude, de momification et de flagellation.De plus, la couleur noire est prédominante dans tout l'attirail vestimentaire sadomasochiste.Le noir ajoute un effet plus dramatique et théâtral.En écoutant un reportage sur le mouvement PUNK, j'ai appris que les Sex Pistols avaient été influencés par le sadomasochisme pour leur tenue vestimentaire.Le cuir et le latex sont omniprésents dans cette mode.Elle donne un côté très sexy en épousant les formes du corps.J'ai moi-même feuilleté quelques magazines sadomasos pour constater le prix exorbitant de vous ne pouvez acheter l'iàêrèe ces magnifiques vêtements.J'aurais bien aimé me procurer quelques échantillons de cette lingerie qui ne passe pas inaperçue, tout à fait féminine, faite de dentelle et de soie, pouvant vous transformer en femme fatale.L'amour exagéré Le fétichisme, c'est l'admiration exagérée et sans réserve pour une personne ou une chose, comme une patte de lapin.C'est aussi une satisfaction sexuelle recherchée par le contact ou la vue de certains objets normalement dénués de signification erotique.Le fétichisme peut-être ancré à différents degrés d'un individu à l'autre.Pour certains, il n'est qu'un artifice aux fantasmes.Pour d'autres, il peut-être une obsession mentale essentielle à l'orgasme.Par exemple, le maître que j'ai rencontré aime porter des talons hauts, même s'il mesure plus de six pieds.Fils unique, élevé dans un cadre puritain et bourgeois, il m'a raconté que son fétichisme venait du fait que sa mère portait uniquement des talons hauts.Cet anneau d'or Le body piercing est très à la mode de nos jours, surtout chez les adolescents.Il amplifie les sensations du toucher.On peut Abonnement «Je sens le maître me tirer par mon collier, m'obligeant à marcher à quatre pattes dans la noirceur.Je me sens non pas comme un chien guide, mais comme un chien aveugle guidé par un maître voyant.» se faire percer partout : le nez, les sourcils, les oreilles, la langue, le nombril, le bout des seins, le clitoris, les lèvres du vagin et même le pénis.Cela doit se faire chez un professionel et dans des conditions d'hygiène appropriées.Le temps de guéri-son peut être très long et très douloureux.Les anneaux sont en or, parfois même montés d'un diamant.Rituel amoureux Le sadomasochisme est un jeu de rôles sous forme de rituel.Le chant grégorien est à l'honneur dans le déroulement d'une scène.Les jeux sadomasos impliquent nécessairement un scénario pouvant être évolutif.En jouant avec les sens, le dominateur peut amener son sujet jusqu'à un état euphorique.Les vrais joueurs s'abstiennent de consommation de psychotropes.Un abonnement d'un an (12 numéros) frais de poste compris ments supplémentaires bre d'abonnement(s) À compter du mois de Téléphone gnature.Envoyez un chèque ou 1223, rue Ontario du Journal L'Itinéraire uébec), H2.L 1 R5 Journal L'Itinéraire Montréal février l 9 9 7 Scène sadomasochiste Voici une scène typique sadomasochiste telle qu'on me l'a racontée : Dominé: « Mon maître s'approche de moi alors que je suis accroupi dans un coin de l'appartement.Les yeux bandés et les mains menottées dans le dos, il m'est impossible de parler à cause du bâillon dans ma bouche.» Maître: «Je m'approche de mon sujet à pas de loup, voulant le surprendre ; par le sens de la perception, il a le sentiment de ne pas être seul dans la pièce.» D: «Je sens la présence de mon maître à mes côtés, je sens une sorte de torpeur m'envahir.La douleur provoquée par des gouttelettes de cire chaude ou un cube de glace peut être un plaisir qui ne fait pas mal.Incapable de distinguer douleur et plaisir, cet état d'âme me rend euphorique.» M: «Cet état d'incertitude fait partie de l'inconnu, l'imprévu, l'inattendu qu'un bon maître peut manier subtilement, rendant son sujet totalement dépaysé.» D: «Je sens le maître me tirer par mon collier, m'obligeant à marcher à quatre pattes dans la noirceur.Je perds totalement la notion du temps à cause des moyens employés pour limiter mes sens.Je me sens non pas comme un chien guide, mais comme un chien aveugle guidé par un maître voyant.Ce sentiment de domination me met dans un état de soumission totale.» M: « Le sentiment de pouvoir et de dépendance se marient conjointement entre les deux acteurs.» D: «Je sais que je dois obéir; je serai châtié, si je ne me plie pas à ses ordres et à ses moindre désirs.» M: « La domination verbale, le châtiment corporel où l'ignorance souvent peut amener le sujet à différents états d'âme.» D: « Il m'arrive parfois de désobéir pour recevoir une punition physique qui, parfois, m'excite.La voix autoritaire de mon maître semble diriger mon subconscient comme une personne hypnotisée obéit à son hypnotiseur.» Jeux de mains pas vilains Tous les jeux sadomasochistes doivent se faire dans la confiance, la tolérance, la sécurité, le respect des limites préétablies lors de la discussion du scénario d'avant-scène.Il est conseillé de discuter de ses émotions après une scène.Le but de ces jeux est d'amener l'individu dans un état où la sensualité est à fleur de peau.La relation sadomasochiste est considérée par ceux qui la pratiquent comme possédant un haut degré de confiance mutuelle entre les deux conjoints.« Ces jeux nous permettent de faire revivre l'éternel enfant en nous, exploitant la créativité de son imagination et chassant ainsi la monotonie dans laquelle la plupart des couples tombent au fil des années », conclut le maître.La jeune génération des moins de 35 ans à tendance à jouer de façon extrême, abusive et violente.En exploitant leurs limites, ils peuvent s'infliger des blessures parfois graves.*0 Adresse: Ville: Province: Code postal: Tél.: (_)_ Signature: Veuillez nous faire parvenir un chèque ou mandat-poste à l'ordre de: Groupe communautaire L'Itinéraire À l'adresse suivante/ourna/ L'Itinéraire 1223, rue Ontario Est, Montréal (Québec) H2L1R5 (Allouez de 4 à 6 semaines pour la livraison) Vous pouvez commander par téléphone: (514) 597*0238 Veuillez me faire parvenir le(s) numéro(s) suivants) à 2$ la copie (frais de poste compris) ?Tous les numéros précédents au prix de 30$ ?Vol.I N° 2 juillet-août 94 / Balconville ?Vol.I N° 4 nov.-décembre 94 / Noël et itinérants ?Vol.II N° 2 février 95 / L'envers de la santé ?Vol.II N° 3 mars 95 / L'action au-delà de l'âge ?Vol.II N° 4 avril 95 / Des bêtes et des hommes ?Vol.II N° 5 mai 95 / Les femmes ?Vol.II N° 6 juin 95 / La presse alternative ?Vol.II N° 7 juillet 95 / Face cachée de Montréal ?Vol.II N° 8 août 95 / Santé psychologique ?Vol.Il N° 11 novembre 95 / Riches vs pauvres ?Vol.II N° 12 décembre 95 / Différents Noëls ?Vol.IJJ N° 1 janvier 96 / Les journaux de rue ?Vol.IllN° 2 février96/Lesdrogues ?Vol.m N° 3 mars 96/Les enfants ?Vol.III N° 4 avril 96 / Art et itinérance ?Vol.m N° 5 mai 96 / L'Itinéraire a deux ans ?Vol.in N° 6 juin 96 / Qui sont les bizarres?Vol.II! N° 7 juillet 96 / Architecture à Montréal ?Vol.III N° 8 août 96 / Église et pauvreté ?Vol.III N° 9 septembre 96 / Les jeunes de la rue ?Vol.m N° 10 octobre 96 / Les nouvelles technologies ?Vol.in N° 11 novembre 96 / Les fonctionnaires ?Vol.IU N° 12 décembre 96 / Joyeux Noël malgré tout ?Vol.IV N° 1 janvier 97 / Pauvres étudiants Journal Itinéraire M o n t r e a février 1997 Quand l'amour virtuel se matérialise CYLVIE OlNGRAS Mot du rédacteur en chef Lorsque le journal s'est branché au réseau Internet, il y a environ un an, notre crainte portait sur un mauvais usage virtuel de cette nouvelle technologie.Le sexe et Internet font bon ménage, bien que l'utilisation de ce réseau à des fins sexuelles soient tout de même minime comparativement aux multiples possibilités et usages que l'on en fait déjà à l'échelle planétaire.Cylvie fut l'une des premières du groupe à utiliser Internet.C'est d'un oeil perplexe que je la regardais se lancer dans ce que j'appellerais la drague virtuelle.Devrais-je autoriser cette utilisation inhabituelle de nos ordinateurs ?Comment réagir face à cette nouvelle situation?Les propos tenus sur Internet entre Cylvie et ces inconnues devraient-ils être censurés ou interdits?Est-ce que j'assiste sans réagir à une situation condamnable ou serais-je simplement le témoin incom-préhensif d'une nouvelle forme de rencontre qui en vaut bien d'autres?Je ne savais pas à ce moment-là que tout ça conduirait la gang de L'Itinéraire à être témoin d'une histoire merveilleuse et à la production du texte suivant.Serge Lareault BmSmmlne.\u2022\u2022l'H./l; ,V£J2\\ 'lit i J j yv-,.Tf;,,,< ; 1 y(., Centre de réhabilitation pour démunis alcoolipes/toHicomanes de 25 ans etplus AdtnMen de 9 à 16 heure* 565, DuéM (514) 935-m2 À l'approche du troisième millénaire, selon Richard Klein, professeur de français à l'Université de Cornell, l'inforoute semblerait être une des causes de l'augmentation de l'obésité chez les Américains, soit 59 % des hommes et 49 % des femmes.En effet, pourquoi prendrais-je soin de mon apparence quand je peux collectionner les conquêtes virtuelles et les baiser à bout de bras sur mon ordinateur ?Mais si soudain une de mes conquêtes cybernétiques désirait follement venir me baiser en chair et en os?Aaaaargh! Est-ce que j'envoie à ma place ma meilleure amie parce que je me suis virtuellement recréée de toutes pièces ?Ou encore, puis-je me permettre de croire qu'une entité dont l'existence n'est que virtuelle puisse m'aimer avec toutes mes imperfections ?Entre les octets et les bits, y a-t-il un semblant d'âme et de chair ?Dans le vaste cyberespace, où l'on baise du bout du clavier, peut-on parler de sentiment?On parle souvent de rencontres sur Internet, mais surtout du côté négatif du phénomène.Les services de rencontre existent depuis longtemps, mais avec Internet, l'échange est instantané et a une portée mondiale.Lorsque L'Itinéraire s'est branché au réseau Internet, mon premier réflexe a été de me lancer moi aussi dans l'arène de l'amour virtuel.L'amour dans le monde virtuel Alors, en février 1996, la fièvre printanière m'a attrapée très tôt et j'ai été incapable d'y résister! J'ai donc placé une annonce (ça me permet de choisir au lieu d'être choisie, ce qui est un plus) sur un serveur qui s'adresse aux personnes à l'orientation sexuelle joyeuse.Hé oui ! En plus d'avoir vécu la toxicomanie, l'itinérance et côtoyé la criminalité, j'ai un fort faible pour la gent féminine.«Un chausson aux cerises avec ça?» Personne n'est parfait! Une petite annonce qui fait le tour du monde «Femme cherche parmi plusieurs femmes amoureuses des lettres pour correspondance erotique », telle était mon annonce.Comme ça, pour le fun.Je ne savais même pas si j'allais y donner suite.N'ayant agi que par simple curiosité via le Net, sans attentes précises, c'est avec grand étonnement que j'ai constaté que 15 femmes avaient répondu à.mes avances.Au premier coup d'oeil, la variété des « fôtes » était proportionnelle à celle des réponses.Une jeune femme âgée de 18 ans (ça va mal !), hétérosexuelle (ça se gâte !) qui veut vivre une aventure homosexuelle: « Cou' donc, j'écris-tu en chinois?» Une autre désirait que je lui écrive des lettres cochonnes pour se masturber ! « Madame, je ne suis pas Lili Gulliver alors, pas question que vous éja-Q-liez sur mes mots ! » Parmi toutes les réponses reçues, il y en a une qui m'a accrochée par son absence de vulgarité et, surtout, par sa dose de scepticisme : Cécyle:« Lors d'un périple Internet -dévié malignement sur le serveur, je déniche par hasard cet appel qui me frappe : il se targue à mes yeux d'une haute témérité.Mais qui est donc cette femme, kamikaze à l'extrême, affirmant maîtriser l'entrelac corps et mots sans verser tout de go dans la vulgarité?Une pulsion angélique et me voilà qui l'avertis: «Attention ma jolie, tu jongles sur un fil!» Intervention sur l'heure à l'oubli.Cet éclair nous -suffit.» Journal Itinera Montréal f é v r 19 9 1 Je lui ai alors répondu que là où il y avait de la scabrosité, il n'y avait pas de place pour la poésie et.j'ai confondu la sceptique ! Sur une autre planète Je me suis d'abord demandé de quelle planète elle venait, puisqu'elle ne connaissait pas L'Itinéraire.Ce n'est qu'au troisième message que j'ai commencé par le commencement, c'est-à-dire regarder l'endroit d'où provenait le message qui m'était destiné: Paris! Ah ben ça par exemple ! Une maudite Française ! Il ne m'était jamais venu à l'esprit que mon annonce pouvait faire le tour du monde.Moi qui l'engueulais presque : « Comment ça que tu connais pas L'Itinéraire^.TOUT l'monde connaît L'Itinéraire]» Je l'ai quasiment traitée d'inculte! Il y a eu entre nous quelques messages électroniques, qui m'avaient ravie avant que je ne parte en vacances prolongées.sans laisser d'adresse.Elle a remué ciel et terre pour me retrouver et elle a réussi ! Cécyle : « Un, deux, trois messages pour se séduire, s'enduire de poésie.Puis elle disparaît sans laisser UNE raison, du moins, qui me parvienne.Somnambule de ses mots, je panique et je cherche, lève le ciel et la mer pour retrouver ma québécoise.Parisienne combattante, sale gosse volontaire, je la retrouve dans une ville verdoyante de lumière à panser plaies et drames.Nous respirons ensemble un air parfait et pur, trait d'union symbiotique entre âmes et continents.» Nous nous sommes écrits à la main et échangés nos photos.Nous nous sommes plu physiquement, mais c'était un boni puisque de part et d'autre la séduction exercée à travers la sensibilité, l'humour et l'intelligence avait fait son chef d'oeuvre: nous nous étions conquises Coeur et Ame.Elle est devenue ma dope nirvanesque.Je ne pouvais plus me passer d'elle.Accro raide.Mon héroïne intra-coronaire.Je suis allée à la pêche et j'ai ramené.une sirène.Cécyle : « Entre Montréal et Paris, chaque lettre de l'une, désormais manuscrite, amorce de nouvelles vagues aux écumes colorées d'émotions pour une passion sauvage.Attirées, captivées, romantiques, magnétiques, nous sommes amantes virtuelles aux prises d'une grande toile d'araignée.L'on se choque d'attentions, l'on s'encense de désir.L'on se heurte parfois: bien trop sensibles.De surprise en miracle, de miracle en surprise, de tempêtes presque fatales en paradis énigmatiques, chaque jour nous conforte dans ce qui semble tracé: une drôle de destinée.» Arrivée à Montréal Le 6 novembre dernier, elle m'annonçait son arrivée ici, au Québec (et non pas au Canada !) pour le 30 novembre.La délégation de L'Itinéraire, composée de mon boss, de ma collègue Nathalie et de moi-même (qui avais passé une nuit blanche d'excitation.rien comparée à celles qui allaient suivre) était à Mirabel pour accueillir celle qui avait su me séduire sur Internet tout au long des mois passés.Le vol avait trente minutes de retard, Quand on fait une rencontre cybernétique et que les «octets et bits crochus cliquent», la séduction virtuelle exerce sur nous un réel ensorcellement, mais le conte de fée peut aussi tourner au cauchemar.C'est un coup de dés du hasard.misèèèère ! J'étais derrière la grande baie vitrée, ventousée comme un Garfield.Et là, je l'ai vue ! Dieu qu'elle s'est fait attendre ! Le coup de foudre ! BANG ! Cécyle : « Trente minutes de retard.Les couloirs de l'aéroport s'étirent démesurément.Je marche à la manière d'un automate, calquant mes pas sur ceux des autres voyageurs, paralysée.Ces pas incontrôlables, incontrôlés, réglés au millimètre près de la conscience avortée me conduisent à la douane.Au-dessus de nous, juste derrière une longue baie vitrée, une foule accueillante, souriante, excitée, fouille du regard nos yeux cernés.Je ne la vois pas mais je sais qu 'elle est là.Et je sais qu 'elle m'attend.» J'ai passé les deux plus belles semaines de ma vie ! heu.pas mes voisins, comme le dit si bien la chanson de James: « This bed is on fire/with passionate love/the neighbours complain about the noise above/but she comes only when she's on top.» Oui, deux semaines empreintes de romantisme, complicité, tendresse, douceur, «peau-ésie», gros câlins, fous rires interminables, nuits follement, passionnément, éperdument blanches, au cours desquelles la lune n'aura jamais tant brillé.Overdosée raide par tant d'Amour.Bien sûr, nous avons eu nos petites épreuves, mais notre humour indéniable et notre optimisme fondamental ont eu raison des p'tits aléas de la vie quotidienne.Cécyle: « Neuf mois plus tard, mutuellement amorcées par des centaines de pages, je quitte la France pour aller la retrouver.Là, à Mirabel, je sais quels bras se tendent.Des bouquets de tendresse, des parfums concentrés de longues nuits à s'aimer, des fous rires apaisant quelques gouttes trop salées.Vivre pour vivre, vivre pour la vivre.Voilà ma déraison.Je t'aime Cylvie.en maudit! » Repartie au septième ciel Mon boss m'a dit en riant qu'il aurait presque souhaité que ça « foire » pour que ce soit plus excitant (comme quoi l'excitation, c'est relatif) pour vous lecteurs et lectrices, mais au fond de lui (son fond n'est pas bien profond), il est heureux pour moi, pour nous.Oui, nous sommes «folles-ment, passionnées-ment, et perdues-ment» éprises l'une de l'autre.Quand on fait une rencontre cybernétique et que les « octets et bits crochus cliquent », la séduction virtuelle exerce sur nous un réel ensorcellement, mais le conte de fée peut aussi tourner au cauchemar.C'est un coup de dés du hasard.Depuis son départ, on s'inonde de messages électroniques auquels s'ajoutent nos missives folâtres qui se croisent au-dessus de l'océan.Elles arrivent à destination avec quelques nuages d'euphorie happés au passage.Oui, c'est parti pour la plus Belle, la plus Grande des Aventures.Cécyle, bon sang que tu m'manques ! Journal L'Itinéraire Montréal février 1997 La vie de Palace Le cybersexe la jouissance de l'avenir «™ Vous habitez chez vos parents?Vous avez une connection Internet et du temps libre?Vous avez la libido bien vive et vos doigts sont habiles sur un clavier?Ne perdez plus de temps et branchez-vous sur un Palace, vous pourrez y pratiquer le cybersexe de la nouvelle génération.The Palace est un logiciel qui offre un environnement graphique et sonore pour «châtier» en temps réel sur un serveur.Les Palaces sont des mondes virtuels où les internautes peuvent se déplacer et interagir entre eux.Leur popularité est croissante et à ce jour des centaines de ces communautés se sont établies de par le vaste réseau virtuel.La façon de communiquer y est bien différente de celle du classique IRC (Internet Relay Chat où le texte des utilisateurs déroule de façon linéaire.Dans les Palaces, ce qu'on tape sur son clavier est reproduit dans des bulles, comme dans une immense bande JH dessinée vivante et interactive.Les usagers qui circulent dans les Palaces se nomment des avatars.S'ils ont payé le coût d'enregistrement du H logiciel (25$) ils ont la possibilité de ¦ personnaliser leur avatar en utilisant des photos, des dessins, des icônes et même des animations.Les visiteurs (guests), eux, doivent se contenter de simples smileys comme représentation graphique.Cependant, tous peuvent se ||| munir d'accessoires (props), tel que des chapeaux, des cigarettes ou des lunettes.Et il y a aussi des logiciels audios qui permettent d'entendre ce que les usagers s'écrivent! L'aménagement de ces lieux virtuels est très diversifié et chacun des Palaces possède plusieurs salles (backdrop ou room).Par exemple, la maison-mère des Palaces, le «Mansion», est riche d'environ trente salles dont la plupart sont propices à la détente et l'intimité.On y trouve, entre autres, un bar, une salle de jeux, une piscine et.une chambre à coucher! Pénétration virtuelle Comme il n'y a rien de mieux que de vivre une expérience pour en parler, je suis allé visiter ce Palace où beaucoup de gens aiment se rencontrer pour jaser, et pas nécessairement de sexe.Atteint du syndrome du nouvel arrivant, j'avais la ferme intention d'y pratiquer le sexe virtuel, mais j'ai vite Journal h ' 1 constaté que l'anonyme smiley qui me représentait n'était pas des plus intéressants pour tous ces avatars personnalisés.Même en me présentant comme journaliste, il n'était pas évident d'amener la conversation vers le cybersexe, motus et bouche cousue chez les avatars.J'ai même conversé de longues minutes avec un sympathique serpent (qui sifflait sur ma tête.), mais qui ne connaissait rien du sujet.Pas surprenant, car vers la fin de notre échange ce serpent m'a finalement avoué qu'il était une jeune fille de 12 ans dans la vraie vie! Où tout peut arriver La nudité des avatars humains n'est pas admise dans les Palaces (du moins dans les m salles publiques), mais les membres utilisent régulièrement des avatars d'hommes ou de femmes partiellement nus.Ces représentations sexys ont été identifiées comme des «avatars de séduction» par le chercheur John Suler, professeur à la Rider University et auteur de livres sur la psychologie du cyberespace et des avatars.Danielle Verville, étudiante en maîtrise en communication à l'UQAM, s'intéresse à la question de l'identité sur les Palaces: «Ces espaces virtuels étant davantage fréquentés par les hommes, un avatar «sexy» peut facilement devenir un avatar de puissance, puisqu'il possède une attraction et un certain contrôle sur les autres.» C'est donc dire que cette belle fille virtuelle que je cruisais tantôt pourrait être un gars dans la réalité! Bon, c'est O.K.pour moi, je n'ai pas de problèmes avec ça.Je trouve même ça plutôt excitant.Sex crime Il y a bien sûr des règlements (House Rules) à suivre dans les Palaces, entre autres, en ce qui concerne le sexe.Ces règles sont édictées par les opérateurs du système (les gods) et mis en application par les modérateurs (wizards) nommés par les gods.Danielle Verville nous affirme: «L'obscénité n'est pas autorisée dans les Palaces.Aucun language outrancier ou avatar représentant des gestes ou des images obscènes n'y est toléré.Le harcèlement n'y est pas admissible, et il ne faut pas faire d'avances sexuelles avec insistance.» Cependant, il est possible de s'adresser à un avatar en mode privé et il existe dans certains Palaces des salles où on peut se retirer (et verrouiller) pour aller parler sexe en faisant marcher ses doigts.Certains adeptes s'enferment dans ces salles et baisent ensemble par images pornographiques interposées! Miguel XXX, Palacien d'Argentine Il rencontré dans un Palace pour les gais raconte: «Pour moi, c'est maintenant plus qu'un simple passe-temps, c'est devenu une forme d'art erotique.J'ai développé une relation bien particulière avec un autre gars.On a numérisé des photos de nos corps véritables qu'on fait interagir sexuellement dans les ||| salles privées.Ça ressemble à une danse cybernétique porno et c'est bien thrillant.» L'avenir virtuel s'annonce radieux pour les pornophiles et les érotomanes en tous genres qui trippent sur le cybersexe.On ose à peine imaginer ce que ça sera quand l'animation des images s'y mettra vraiment! Y'a des mains qui vont se faire aller sur le clavier, sur la souris et sur.Quelques sites sur les Palaces: La site mere des palaces http-y/thepalace,com Le site d'un Palace français lrttp-y/www.webconceptfr/levlllage/ Pour les gais et lesbiennes et autres http://www.thatscape.com/ Un répertoire de Palaces httpy/manslon.thepalace.com/cgl-bln/dlrectory.pl Amour et sexe: Un Cyrano cybernétique pour envoyer une déclaration d'amour ou de rupture rrttp-y/www.nando.net/toy8/cyrano.htrnl Pour les textes erotiques de Mary-Anne http://www.lam.com/maryanne/ f é v r i e r 9 9 7 t i n é r a i r e - Montréal Sexe, drogue et vie Rock'n Roll n wëiNGRAs Opinion d'une fille qui en sait long sur le sujet.Plusieurs personnes se plaisent à croire que l'alcool et la drogue apportent une plus grande satisfaction sexuelle.Pour ma part, le plus gros buzz, le plus beau high, c'est l'Amour et tout ce qui en coule, oups! en découle.Je ne mélange pas les buzz.Je n'ai jamais été capable de faire l'amour après avoir bu beaucoup de bières ou quand j'étais sous l'effet de drogues dures: c'est dur la dope sur le body! Par contre il est vrai, depuis des années, j'évite de fumer du hasch « en public » : ça m'aphrodise tellement que j'en deviens un danger public! Mythe ou réalité?Qu'en est-il vraiment?FIEVRER : Avoir la fièvre selon mon dictionnaire.La fièvre du coeur que l'Amour irrigue.La fièvre qui s'empare du corps qui devient un sexe ambulant.Les oreilles et la bouche fiévreusement branchées sur une ligne 1-976 ( Le 1-969 serait plus approprié !).Le 1-976, ça doit être pour nous rappeler qu'on s'est tous fait fourrer avec le Stade olympique ! Bien sûr, je crois que le top ou l'intensité des orgasmes, selon que l'on est un homme ou une femme, découle de l'Amour sauf que, si je m'obstine à chercher l'Amour pour arriver à jouir, je risque certainement plus de crever de sécheresse génitale que du sida ! J'ai appris que le plaisir sexuel a tout à voir avec la présence confortable de l'autre, avec le rire, la complicité et surtout, avec une folle attirance, comme deux aimants, oups, deux amants.Et si cela n'existe pas à l'intérieur du couple, la dope ne peut pas l'inventer et sert souvent de palliatif aux carences affectives.Il y a des couples qui font l'amour le samedi soir à huit heures, quand les p'tits sont couchés et que la pause entre deux périodes de hockey leur suffit.Pour eux, les clubs de « travestis-transexuels-drag queens-gays-sado-maso-swingers », et les hommes mariés qui trippent avec des jeunes hommes majeurs ou non, ne sont pas « sexually correct ».C'est synonyme de dépravation, de déviation, d'anormalité.Je n'ai pas d'opinion sur les impacts par les effets de la drop (Photo : Serge Lareault) psychologiques du hockey dans la vie sexuelle des couples, mais j'ai recueilli, au « cours de mon expérience au pays des junkies », certains témoignages de toxicomanes qui jouaient pas mal fort avec « la poque » dans leurs relations sexuelles.Quand les joueurs pratiquent le « dopage » durant leur partie de fesses, il n'y a bien souvent que des perdants.L'alcool, cette drogue légale.Il est vrai qu'à petite dose, l'alcool excite l'homme et la femme, mais plus on boit, plus notre sexualité est affectée.Entre 25 et 30 ans, l'homme éjacule très facilement et parfois il a de la difficulté à se contrôler.L'alcool ralentit son métabolisme, ses réactions sont plus lentes et il a alors l'impression de contrôler son excitation, mais il n'en est rien.D'autres part, l'alcoolisme est une des causes les plus fréquentes de l'impuissance chez l'homme de 40 ans et plus, selon la sexologue Claire Bouchard.Les drogues douces À l'époque des hippies, les propriétés aphrodisiaques de la marijuana et du has-chich ont été largement vantées tout comme ses propriétés désinibitrices.Dans la réalité, la distorsion des perceptions inhérentes à l'usage de ces drogues fait croire à des orgasmes plus prolongés.De plus, ces produits peuvent avoir été imbibés d'autres substances.À long terme, cela aurait un effet négatif sur la sexualité de l'homme et de la femme: le désir et l'excitation diminueraient, les réactions seraient ralenties et l'orgasme de moins en moins atteignable.L'envoûtement de la poudre Une ex-toxicomane confiait récemment à Claire Bouchard: «Lorsque j'ai commencé à prendre de la cocaïne, je pensais avoir trouvé le paradis et être en ligne directe avec Dieu.Après quelque temps, je me prenais pour Dieu pour finalement m'apercevoir que je m'étais trompé de porte et que j'étais plutôt rendue en enfer.» Concernant la sexualité, c'est le même processus.Au début, la personne cocaïnomane éprouve un sentiment d'euphorie, lors de ses rapports sexuels.Le désir augmente et certains disent que leurs orgasmes semblent durer une éternité.Mais cette période ne dure pas.Avec le temps, le plaisir sexuel disparaît.Presque toutes les femmes que j'ai interrogées m'ont avoué n'être pas sur la même longueur d'onde que leur chum lorsque le couple consommait de la cocaïne avant la baise.« J'ai le corps anesthésié lorsque je suis sous l'effet de la cocaïne, raconte Carole.Je suis incapable de faire quoi que ce soit.Les hommes ont vite envie de me sauter dessus.Moi, je n'ai aucun désir de sexe.A la limite, je n'ai pas envie que l'on me touche ou alors j'ai seulement besoin de tendresse, d'affection, un minimum de préliminaires, quoi.Ce n'est que lorsque je suis sur le « down » de la coke que ma libido est à son comble.Mais le gars, lui, n'a plus envie ou a déjà joui.Alors, c'est le temps de la masturbation.» Ce ne sont pas tous les hommes qui réagissent ainsi, mais la plupart des gars Journal L'Itinéraire Montréal février 1997 B?$3?$2B cocaïnomanes que je connais voient leur sexualité devenir exarcerbée quand ils s'injectent de la cocaïne.Pour ceux qui sont très sexuels, c'est même un critère pour tester la qualité de la drogue, comme l'explique Jean-Pierre: « Si la coke me tombe dans les testicules, c'est qu'elle est bonne! Quand je m'injecte, je ne pense qu'au cul! Ça a toujours été ainsi.Si je ne « pogne » pas un buzz de cul, c'est que la coke n'est pas bonne.Sur le rush, j'ai une semi-érection et je n'éjacule pas, mais sur le down, je me masturbe et c'est incroyable la quantité de sperme que j'éjacule ! C'est tellement plus que quand je suis straight que ça ne se compare même pas.» Bref, dans un couple hétérosexuel, la consommation de cocaïne risque souvent d'être la cause de grandes frustrations chez la femme comme chez l'homme.Souvent, la femme assouvit les besoins de son compagnon « insistant » alors qu'elle n'en a pas envie.Il arrive également que l'homme soit déçu parce que sa femme refuse de participer à toute activité sexuelle.La coke semble réunir tous les éléments pour désunir un couple.La vie sexuelle s'en trouve souvent perturbée et il n'est pas rare que des hommes finissent par croire qu'une relation sexuelle doit toujours être vécue sous l'effet de la cocaïne.Bien des hommes choisissent la coke pour véritable maîtresse: rêves de fellation, masturbation, exhibition et autres pulsions.Un pusher de ma connaissance m'affirmait récemment : « Étant un revendeur, j ' ai le fric et la dope, alors j ' ai le choix parce qu ' il y en a des femmes qui me courent après ! Je choisis pour compagne stable celle qui réussit à me faire jouir quand je suis coké.» L'héroïne, la seule amante Quand on n'en est plus aux petites bières ou à renifler la poussière blanche, l'héroïne devient alors le choix de plusieurs.A ce stade, le sexe, on n'en parle plus.Les héroïnomanes n'ont qu'une seule maîtresse et n'ont besoin de rien ni de personne.Le buzz est tellement fort que l'on ne pense plus à faire l'amour.On n'est plus là.Pourtant, dans le sexe ou la drogue, tout le monde recherche la même chose: le plaisir.Seuls les moyens d'y parvenir et d'y goûter sont différents.A vouloir goûter trop intensément le plaisir sexuel à l'aide de drogues diverses, bien des gens manquent le bateau.Le peintre Charles Hollingsworth prétend que si tout le monde avait des orgasmes, il n'y aurait pas de guerre le lendemain.« Si nous sommes sur cette planète, c'est bien parce que les hommes et les femmes ont toujours recherché cet instant de bonheur qui leur a permis de se reproduire pendant des millénaires », affirme le Docteur Ruth K.Wesfheimer, dans son livre Le sexe pour les nuls.Le vrai buzz n'est-il pas de tripper avec tous ses sens plutôt que de les anesthésier ou d'essayer de les décupler par des substances trop souvent trompeuses.Mais il semble que la tendance ne va pas dans ce sens.Maintenant c'est l'Ectacy, bientôt le GHB, plus tard, peut-être, le suppositoire aphrodisiaque.Chronique juridique ME STÉPHANE GtNWUN Les infractions aux bonnes moeurs et le Code criminel À la lumière de deux événements récents survenus à Montréal et à Toronto et portant spécifiquement sur la notion de décence et de sexualité, nous dressons ce mois-ci un bref portrait de la situation en regard des articles 173 et 174 du Code criminel canadien.Il y a environ un mois, la police de Montréal effectuait une descente dans un bar (Bar Coeur à Corps) en y invoquant la commission d'actes indécents entre couples, plus particulièrement des attouchements et des échanges de nature sexuelle.Bien que le procès comme tel n'ait pas débuté, à notre avis, ces échanges, bien qu'entre adultes consentants, risquent de constituer des actes indécents commis dans un lieu public puisque le bar en question était détenteur d'un permis d'alcool.En effet, la seule détention de ce permis donne à l'institution un caractère public et, par conséquent, prohibe les échanges de nature sexuelle entre adultes consentants.Pour être dans les normes, il aurait plutôt fallu organiser cet «événement» dans un endroit généralement non accessible au grand public et sans permis d'alcool.Apparemment, il existerait des semblables lieux à Montréal opérant en toute légalité.Dans un autre ordre d'idée, la Cour d'appel de l'Ontario a tout récemment acquitté une femme ayant contesté une accusation de grossière indécence sous prétexte qu'elle s'était promenée les seins nus en pleine ville lors d'une journée chaude d'été.Le critère ayant guidé la Cour dans ce cas était double.Premièrement, s'agissait-il d'une conduite portant atteinte au standard de moralité de la communauté en général?A cette question, les juges tranchèrent par la négative.Deuxièmement, la convention sociale voulant que les femmes se couvrent systématiquement la poitrine est-elle discriminatoire et sexiste ?A cette dernière, les juges répondirent par l'affirmative.Cette décision, bien qu'ayant provoqué un remous important parmi les leaders de la droite conservatrice, est en quelque sorte un gain de plus pour les femmes en général.Outre les blagues et les sourires que cette décision peut provoquer, celle-ci vient établir et consacrer le principe voulant que la poitrine féminine ne doit plus, a priori, être considérée exclusivement comme un objet sexuel mais bien comme une partie de l'anatomie, au même titre que les poitrines masculines qui s'exhibent en toute liberté par temps de canicule.De plus en plus, les notions de droit gravitant autour de la sexualité s'apprécient en fonction des standards véhiculés par la communauté dans laquelle nous évoluons.À titre d'exemple, on se souviendra que la Cour suprême du Canada avait jugé tout à fait légal les activités du studio Pussy Cat de la rue Ontario à Montréal, où les clients avaient la possibilité de se masturber en compagnie d'hôtesses.Dans la même veine, la masturbation mutuelle dans ces mêmes studios était jugée légale par la Cour municipale de Montréal.Comme à l'habitude, si vous aviez quelques questions spécifiques à ce sujet ou désiriez que j'aborde un thème particulier dans le cadre de cette chronique, n'hésitez pas à m'en faire part via la rédacteur en chef du Journal.Il me fera alors plaisir de répondre à vos questions.Journal l'Itinéraire Montréal février 1997 Tout ce que vous n'avez jamais voulu savoir sur la pornographie sans pour autant oser vous fermer complètement les yeux Par PENIS LORD Collaboration spéciale Texte publié iImiis le jour nul ,1e rue ileQnébee Lu Quête, décembre 1996 En 1995, 20 012 films et imprimés montrant des femmes et des hommes nus ont paru aux États-Unis.Comme chaque film ou revue montre en moyenne cinq différentes personnes nues et que les États-Unis comptent 248,7 millions d'habitants, cela signifie que 100 060 (0,04023 %), Américaines ont montré leur cul.À qui ?Selon le U.S Consultation Board, 29 % de la population américaine consomme de la pornographie, c'est-à-dire 72 123 000 individus.De ce nombre, on considère que 25 millions d'hommes se sont masturbés au moins trois fois en regardant «es films ou ces revues.L'homme éjaculant en moyenne un dixième de litre de sperme par année, cela donne 7,5 millions de litre dudit liquide qui s'est perdu, l'équivalent de 916 422 caisses de 24.Etant donné que 81 % des femmes sont fertiles et que 17,8 % de ces hommes ne le sont pas, qu'il y a 2,6 % d'accidents de grossesse et 9,4 % d'avortements.que 49,9 ch des humains utilisent des moyens de contraception qui sont efficaces à 79,2 %, cela signifie qu'à cause de la pornographie, 59 218 112 d'Américains ne sont pas nés en 1995.Comme nous l'avons vu précédément, 0,0403 % de ces enfants auraient, s'ils étaient nés.posé nu(e)s pour des revues ou des films et 29 % en auraient acheté.Il s'agit d'un manque à gagner de 23 865 de nudistes et de 17 173 252 de voyeurs.II faut donc conclure que, d'une certaine façon, l'industrie de la pornographie creuse sa propre tombe, se tire dans le pied.Mais ce qui est vraiment chiant, c'est que la majorité de ces revues sont imprimées sur papier glacé.Elles ne sont pas recyclables.Voyeurisme et exhibitionnisme Sous l'effet de la cocaïne Par JEAN-PlERRE LlZOTTE CORRESPONDANT DE PRISON Jean-Pierre Lizotte s'est souvent retrouvé en prison pour cause de voyeurisme ou cl 'exhibit ionismc.La cause directe : sa consommation de cocaïne.Cette substance augmente radicalement sa libido et le pousse à poser des gestes irréfléchis, souvent indécents.Ce trouble de comportement, jamais maîtrisé, a gâché une majeure partie de sa vie.J'étais un adolescent timide, peu informé sur la sexualité et incapable d'aborder les femmes.Vers l'âge de Je suis UU Weill1 15 ans, je commence à devenir voyeur et parfois à entrer dans les toilettes des femmes, dans les centres d'achats.Je ne suis pas un agresseur de femmes, et encore moins un violeur.Je déteste ceux qui violent les kStlisMl UÉIcscentoui refuseJe rifillif femmes et ceux qui les battent.D'ailleurs en prison, les violeurs et les batteurs de femmes ne flUfl MISf/IIIS liftl, Ml sont pas bien vus.Les autres ÉnjurJilliïÉ (liera! détenus les battent férocement.Voyeur Quand j'ai commencé à me « shooter», vers l'âge de 19 ans, cela n'a fait qu'empirer mon problème.Sous l'effet de la krenuiwtjefcniattentionté cocaïne, j'ai commencé à faire de l'exhibitionnisme.'Iff Je sois ce uue c'est à peter me cm Dans l'intérêt de tous et toutes, on devrait enseigner aux adolescent(es) le bien-être de se retrouver avec leurs pairs.Il faut les aider à vaincre leur timidité et enseigner à tous les ados comment aller vers les autres pour avoir des échanges enrichissants au lieu de punir leur sexualité par des châtiments corporels ou psychologiques, comme j'ai Jean-Pierre Lizotte eus.En répétant toujours à un ou une ado qu'il ou elle ne fera jamais rien de bon, on les dévalorise dans leurs valeurs.Ils ou elles finiront par passer comme moi 20 ans en prison et à se sentir mal-aimés et incompris.La cocaïne a fait de moi un exhibitionniste et mes actions m'ont valu la prison.À toutes les femmes à qui j'ai fait peur en exhibant mon sexe, je profite du journal L'Itinéraire pour m'excuser publiquement.Vous pouvez écrire à Jean-Pierre Lizotte à L'Établissement de détention de Montréal, 800 boul.Gouin Ouest, Montréal (Québec) H3L1K7.Membre de l'Ordre professionnel des travailleurs sociaux du Québec Roland Burgalières, t
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.