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Titre :
L'itinéraire
Depuis 1992, L'Itinéraire fait découvrir aux Montréalais les intérêts, les préoccupations et les revendications des gens de la rue, des activistes sociaux et des collaborateurs qui participent à la publication. [...]
L'Itinéraire est un mensuel montréalais dont la publication a débuté au printemps 1992. Le magazine est une initiative du Groupe communautaire L'Itinéraire, organisme basé dans le quartier Centre-Sud à Montréal. Il est vendu dans les rues et dans le métro de Montréal par des camelots. La création de L'Itinéraire visait à offrir une publication aux personnes seules et itinérantes dans laquelle elles pourraient partager avec la population les problématiques de l'itinérance et proposer des pistes de solution. L'Itinéraire permet aux participants l'apprentissage d'un travail rémunéré. Une participation active brise l'isolement. Elle favorise la revalorisation et la réalisation de soi, une reprise personnelle et une culture de l'autonomie. L'Itinéraire transmet aux Montréalais les intérêts, les préoccupations et les revendications des gens de la rue, des activistes sociaux et des collaborateurs qui participent à la publication. Ainsi, l'accès au logement, la réinsertion sociale, le travail du sexe, l'alcoolisme et la toxicomanie, la formation aux adultes, les droits de la personne, les sujets politiques de l'heure, les arts et la culture populaire, sont des sujets traités dans le magazine. On trouve régulièrement une personnalité connue en page couverture de L'Itinéraire, à laquelle est jumelé un article prenant souvent la forme d'une entrevue. Des collaborations spéciales de journalistes pigistes professionnels trouvent leur place chaque mois dans L'Itinéraire. Le magazine offre aussi une tribune à ses camelots, dont quelques-uns sont maintenant des figures connues des Montréalais. THIVIERGE, François, « Intervention de groupe auprès de la population itinérante de Montréal », Service social, vol. 43, no 2, 1994, p. 147-157.
Éditeur :
  • [Montréal] :Groupe communautaire l'itinéraire,1992-
Contenu spécifique :
novembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
deux fois par mois
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Références

L'itinéraire, 1998-11, Collections de BAnQ.

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[" L'Itinéraire est produit et vendu en majeure partie par des sans-emploi, des personnes itinérantes, ex-itinérantes ou roxicomanes, dans le but de leur venir en aide er de permettre leur réinsertion future sur le marché du travail.Pour chaque numéro vendu 2 dollars, 1 dollar revient directement au vendeur.Les profits de L'Itinéraire servent à financer les coûts de production du journal, les projets de réinsertion sociale, et le Café sur la rue, destiné aux personnes itinérantes.La direction de L'Itinéraire tient a rappeler qu'elle n'est pas responsable des gestes des vendeurs sur la rue.Si ces derniers vous proposent tout autre chose que le journal, ils le font à titre personnel.Si vous avez des commentaires sur les propos tenus ou les comportements des vendeurs, communiquez sans hésiter avec Michel Desjardins au (514) 525»5747.Pour vcNdRt L'IthimM.ÏNfo.; au CaH ojh U Ml, 1104 £t 1108 rm Ontarw Est.(coin AmIjerst) Des gens de la rue ou de milieu modeste se côtoient dans une ambiance agréable.De bons petits repas à 3,50 $ (2,25 $ pour les mem bres) sont servis par des gens en réinsertion sur le marché de l'emploi.Un cuisinier leur apprend à travailler et à gérer une cuisine.Le Café sur la rue est également le premier café électronique pour person nés démunies.Il n'en coûte que 1 $ l'heure pour naviguer sur Internet ou utiliser un ordinateur.Des animateurs offrent de la formation gratuite aux gens qui n'ont aucune expérience en informatique.Viens nous voir! Merci aux institutions financières suivantes qui ont contribué à assurer les frais fixes du café électronique en 1998.Joignez-vous à elles: Caisse populaire des Faubourgs de Montréal Caisse populaire Saint-Esprit de Rosemont Caisse d'économie des Syndicats Nationaux 1907, rue Amherst, Montréal (Québec) H2L 3L7 Tél.: (514) 597-0238 Fax:(514) 597-1544 Courriel: itinéraire®videotron.ca Site internet: http://itineraire.educ.infinit.net Plus de la moitié de cette publication est rédigée par des personnes ayant connu le milieu de l'itinérance.Les articles écrits par des journalistes pigistes professionnels portent la mention «collaboration spéciale.» Enfin, les propos tenus dans les pages de Lltinéraire n'engagent que la responsabilité de leur auteur.La formation professionnelle des travailleurs(euses) au journal Lltinéraire a été rendue possible grâce, entre autres, aux appuis du Ministère de la Métropole, la CDEC du Plateau Mont-Royal/ Centre-Sud, la Ville de Montréal, la Régie régionale de la santé Montréal-Centre et l'UQAM.| Conseil d'administration du /\\ Groupe communautaire L'Itinéraire: Président: Mario L a n t h i e r Vice- président: Luc Lenoir Secrétaire: Réjean Mathieu Trésorier: Guy Lapomte Conseillères: Claudette Godley, Michelle Wilson, Gabrielle Girard.Comité de direction: Alain Demers, Denise English.Équipe de production du journal Rédacteur en chef par intérim: Normand Lalonde Comité éditorial: Alain Demers, Réjean Mathieu et Normand Lalonde.Adjoint à la rédaction: Serge Bergeron Collaborateurs: Cathy Bazinet, Isabelle Rivest, Cylvie Gingras, Alain Demers, Gina Mazerolle, Pierre Demers.Maxime, Serge Bergeron, Claude Brûlé, Sébastion 0'Donoughue, Serge Rouette, Mario Rioux, Gilbert Pouliot et Gisèle Bart.Photographes: Philippe Burnet, Ivanoh Demers, Normand Lalonde, Serge Bergeron.Illustration: André-Philippe Côté, Gary Bray.Révision: Jean-Paul Baril, François Chevalier, Serge Bergeron, Cylvie Gingras.Mots-croisés: Gaston Pipon Infographie: Jocelyne Sénécal Distribution: Michel Desjardins (coordinateur) Michèle Wilson, Michel Gendron.' Imprimeur: Hebdo Litho Tirage: 15 000 exemplaires vendus par des itinérants et des sans-emploi dans les rues du centre-ville de Montréal.Administration du groupe: Administrateur: Alain Demers Publicité: Éric Cimon, Isabelle Laliberté Secrétaire-comptable: Sylvie Boos Coordination du Café sur la rue: Denise English, Mario Lanthier (adjoint).Resp.Café électronique: Sébastien Langlais(coord.) ISSN 1481-3572 L'Itinéraire est membre de la NASH A L'Association « AMEC A2DA C \"\"\"*\"**- nord-américain&.fjes journaux de rue Sonlirage esf certifie par DWfl/rxrflon Awm/méritée entièrement recyclable Attention aux fraudeurs! Nous tenons à vous rappeler que personne n'a le droit de faire du porte-à-porte ou de solliciter des dons auprès des commerçants au nom de L'Itinéraire.Dites non aux fraudeurs et faites parvenir directement vos chèques au journal. OMMAIRE 4 Billet Fleur de macadam 6 Courrier 5 L'Accueil Bonneau a Paris! et.Murales communautaires ENTREVUE 7 Françoise David marche vers l'an 2000 DOSSIER PRISON 10 Chez les Souverains anonymes 11 Le SIDA en prison 13 De la prison à l'itinérance DÉCOUVERTE 14 Un accueil Inconditionnel 15 Une école pas ordinaire 20 Mois des Patriotes: un rappel historique 23 Drôles de jeux de rôle 24 Discours du 17 octobre KtrwK I/\\V3CL 17 Les deux solitudes de l'itinérance HUMOUR 25 Gary Bray, méchant freak PAR: GAR y B(W © 1» CHRONIQUES 26 Voix du pavé 27 Globe-Trottoir 29 Contes et Compte$ du prof Lauzon 30 Baptiste le clochard (bd) Mots croisés ELECTIONS PROVINCIALES De I'eau dans Passîette NoRMANd Lalopjdt RÉdACTeuit e n chef La campagne électorale provinciale sera l'occasion pour les organismes communautaires de tracer le bilan social du gouvernement, car la progression de la misère et son lot de problèmes aigus noient ces bouées de sauvetage dans la vague.La grande tasse nous vient de la mondialisation et de la vitesse électronique qu'elle prendra a nous plonger dans une sévère récession planétaire.Sur fond de crise financière mondiale, quelle est l'assurance que l'assiette budgétaire vouée aux affaires sociales soit conservée, voire agrandie pour faire face à l'accroissement de la pauvreté?Si la reconnaissance du secteur de l'économie sociale - est un pas dans la bonne rue, le refus de la misère est plus important que le seul perron de nos intérêts.Les élections nous amènent à placer la lutte contre la pauvreté au centre du débat sur la souveraineté.A l'avenue libérale de la privatisation dans les services publics, proposons plutôt des mesures le partage de la richesse comme «condition gagnante» de la lutte à la pauvreté.Cela passe notamment par le maintien des programmes sociaux et leur développement.Branchez vous à l'alternative en-éducation! En vous branchant sur InfiniT éducation, vous pénétrez au coeur de la pédagogie.Plus de 25 sites instructifs, vivants et animés, pour mieux apprendre.education.infinit.net Branchez votre école à haute vitesse! Renseignements : (514)281-9149 1 888 246-2256 Vidéotron Alexandra et sa guitare, rue Mont-Royal, 4 yjiuiili'UiliuiUL NuitlÛI ¦ rwm 199â - I/AccueîI Bonneau à lfassaut «Je Parîs La Chorale de l'Accueil Bonneau se trouvera en France pour donner une série de spectacles dans le métro de Paris et pour aider à mettre sur pied une chorale de SDF.Le 6 novembre prochain, les 24 membres de la chorale s'envoleront vers la France où ils passeront une dizaine de jours pendant lesquels ils donneront des concerts dans la région parisienne.La majorité des prestations aura lieu à la station de métro Aubert, à deux pas de l'Opéra ! Une représentation a également été prévue à l'ambassade canadienne, à la demande même de l'ambassadeur.Les chanteurs de l'Accueil Bonneau auront peut-être la chance d'accompagner Serge Lama sur la scène de l'Olympia.«Ce n'est pas encore sûr.mais nous sommes présentement en négociations avec les producteurs», a confié le Lors de l'inauguration du 15 octobre dernier, le discours le plus apprécié fut celui du Lieutenant-gouverneur du Québec, l'Honorable Lise Thibault.directeur de la Chorale.Pierre Anthian.En plus de donner des spectacles, les chanteurs aideront leurs cousins Iran- Photos: Ivanoh Demers * S Arthur \"Colas\" Allaire et Jean-Louis une chorale de Gmy> fa chorale de l'Accueil Bonneau SDF à La mie de pain, l'équivalent français de l'Accueil Bonneau.Il y a quelques semaines, M.Anthian nous expliquait que les préparatifs de départ allaient bon train.«Beaucoup de nos chanteurs ont déjà reçu leur passeport.On devrait obtenir les autres d'ici peu», a-t-il ajouté.Fait important à souligner, la compagnie Air Transat a offert les 24 billets pour l'aller et le retour.Au début d'octobre, Raymond Lévesque participait au clip de la chanson À l'Accueil Bonneau, tourné sur le chantier de reconstruction.Les ouvriers ont même participé au tournage.Le 20 octobre dernier, avait lieu le relancement du disque.uraLes en IoIîe ALajn Demers Il y a maintenant deux ans, à la suite de nombreuses plaintes de propriétaires dont les édifices avaient été couverts de graffitis, l'Eco-Quartier St-Jacques a mis sur pied le projet Graffiti Zéro.Un choix se présente aux propriétaires, soit de faire recouvrir leurs murs ou de laisser peindre une murale par les jeunes.M.Robert Lefebvre est le responsable de ce projet.Embauché en mai dernier, il a participé à la création de murales et à l'encadrement des artistes.Titulaire d'un baccalauréat en arts plastiques, il a beaucoup travaillé dans ce domaine, auprès des jeunes, ce qui en faisait le candidat idéal en raison du travail d'intervention qu'il doit faire.Dix murales, dont l'une à l'intérieur même du Café sur la rue, ont vu le jour au cours de l'été, sans compter une dizaine de murs qui ont été recouverts.Le choix du thème de la murale se fait en collaboration entre le propriétaire et l'artiste.Chaque murale de huit pieds sur vingt coûte 250 $ au propriétaire, dont la moitié revient à l'artiste.Cinq artistes ont exer- cé leur talent au cours de l'été.Malheureusement, de nombreux propriétaires refusent soit pour des raisons financières ou tout simplement par manque d'intérêt pour ce projet.Après avoir quitté l'école en secondaire deux, Leyla Majorie s'est mise à peindre.Ce n'est qu'en septembre dernier qu'elle est retournée «sur les bancs de l'école» pour poursuivre des études en arts plastiques à l'UQAM.C'est grâce à cette expérience qu'elle a monté un portfolio qui lui a ouvert les portes de l'université.Elle a d'ailleurs réalisé la murale du Café sur la rue au cours du mois dernier. du Bonjour L'Itinéraire.Tout d'abord, permettez-moi de vous dire que j'achète votre journal chaque fois que je vais à Montréal.J'y trouve toujours des informations intéressantes et de la matière à réflex-ion.Ainsi.par un non-hasard extraordinaire, j'ai lu un texte sur le suicide des aînés, dans la parution de septembre 1998, assise dans l'église en attendant la dépouille de Mme Julien.La phrase suivante m'a beaucoup touchée : «Les personnes suicidaires ne veulent pas mourir, elles veulent ceser de souffrir.» Me ferez-vous l'honneur de publier cette chanson que j'ai écrite dans la nuit du 3 au 4 octobre 1998 et que j'ai chantée dans l'église, après la cérémonie de compassion pour Mme Julien.G.B.Chanson de Gisèle Bart interprétée lors des obsèques de Pauline Julien, le 4 octobre dernier.Paroles et musique de Gisèle Bart Pauline, Tu n'en pouvais plus De ne plus pouvoir nous dire Ce que tu pensais, Ce que tu croyais, Que tu nous aimais.Tu n'en pouvais plus Qu'on n'entende pas Ta désillusion.Ta désespérance Et ton impuissance.PROGRAMME D'AIDE FINANCIÈRE POUR LA PROMOTION DU FRANÇAIS DANS LES MILIEUX DE TRAVAIL DE 10 À 49 EMPLOYÉS À qui s'adresse l'aide financière?Aux petites entreprises (10 à 49 personnes) A des regroupements, tels : ?les comités paritaires, ?les associations patronales, ?les associations syndicales, ?les organismes communautaires, en vue d'organiser, au bénéfice de leurs membres travaillant dans ces petites entreprises, des activités de francisation.Quelles sommes peuvent être accordées à titre d'aide financière?Pour tout projet soumis, une somme maximale de 25 000 $ pourra être accordée.Toutefois, si le projet soumis touche l'ensemble des travailleurs et travailleuses d'un secteur d'activités économiques, la somme peut atteindre 50 000 $.Toute demande d'aide financière doit être adressée à l'Office de la langue française au plus tard le 31 janvier 1999.Pour obtenir plus de renseignements et des formulaires d'inscription : Téléphone : (514) 864-2740 Télécopieur : (514) 864-3948 0Gouvernement du Québec Office de la langue française Pauline, Tu n'en pouvais plus De ne plus pouvoir Agir.D'être à la merci De ce grand désert Qu'on nomme silence.Alors sans mot dire Tu as déserté Sur la pointe des pieds Pendant notre sommeil Le Mont des Oliviers Pauline, Depuis cette nuit-là.On ne s'endort plus.On veille.On a mal à l'âme.Il y a dans nos coeurs Un grand trou béant.Et sur ton absence On verse des pleurs Et nos mains s'en veulent De ne pas avoir Pu te retenir.De ne pas avoir Veillé avec toi.Journal i Itinéraire Montreal - novembre 19&8 La marche des femmes de l'an 2000 contre la pauvreté Entrevue avec Françoise DAvid PiERRE Demers Françoise David, présidente de la Fédération des femmes du Québec et chef d'orchestre de ce gros bateau trouve elle aussi le projet ambitieux et casse-cou, mais elle ne panique pas.Cette femme qui dirige avec des moyens modestes la FFQ depuis 1994 én a vu d'autre.Elle a le t A beaucoup d argent Ça va Jeu dans les yeux a ^ -' * mondiale vient dans la foulée de celle Du pain et des roses organisée en 1995.Ce sont les organisatrices qui ont eu l'idée.Je n'étais à ce moment-là que la porte-parole politique.Elles se sont dit en parlant avec les quelques par- On a besoin de ticipantes venues des autres pays que ce serait intéres- chaque réponse qu'elle nOUS COÛteT plusieurs sant de recom-donne.Rien ne semble la millions, Cette marche.» mencer, mais avec les femmes du ColUboRATJON SpÉCJAlE C'est un gros bateau.Un très gros bateau que la Fédération des femmes du Québec a lancé avec la marche de l'an 2000.Des rassemblements mondiaux et des marches dans plus de 100 pays, du 8 mars au 17 octobre de l'an 2000; plus de 1000 groupes participants provenant de tous les continents.Des interventions et des revendications précises auprès des organismes internationaux (ONU, UNESCO, FMI, etc) et devant les gouvernements de chaque pays.Et un objectif impossible : éliminer la pauvreté dans le monde.C'est gros gros comme diraient les enfants.déboussoler.Manifestement, elle aime piloter les gros bateaux.Avec elle comme capitaine, soyons certains que le Titanic aurait évité l'iceberg.Elle inspire confiance et elle a les pieds bien ancrés sur le pont.pain et des roses L'entrevue à lieu dans le nouveau al de la Fédération, la Maison Parent-Roback inaugurée îe 27 septembre dans le Vieux-Montréal.Les groupes de F.David monde entier.Et voilà, le projet était lancé.La suite, on essaie de s'en occuper.» La suite, c'est l'organisation de la marche actuelle.Faire venir des femmes d'un peu partout à travers le monde pour coordonner les événements et développer des revendications communes dans des réunions qui ont lieu à Montréal, ça coûte très cher.Il faut payer des dizaines de billets d'avion pour les participantes qui femmes (près d'une vingtaine) y logent viennent des pays du Sud et qui n'ont pas depuis le 1er juillet.«Cette maison est les moyens du Nord.très fonctionnelle.Je gagne un temps précieux.La plupart des personnes et des groupes avec lesquels la Fédération travaille y sont présents.On a une photocopieuse par étage, une salle de réunion toujours disponible et deux cuisines.On se voit souvent.Et c'est beau le Vieux.J'aime les vieilles choses, les choses qui résistent.» Belle entrée en matière pour une femme qui pilote la marche de l'an 2000.Mais elle insiste.Ce n'est pas son idée.Elle y prête une chose : sa détermination habituelle.«L'idée de la marche Qui fournit l'argent?Françoise David ne compte pas sur les mécènes et elle n'a pas de secret quand elle parle de finances.«On court après l'argent.Mais on est habituées.On fait ça tout le temps.La marche va coûter des millions.On court toujours après l'argent dans des organisations comme les nôtres.Tout le monde finance le projet.Les gouvernements, les fondations, les communautés religieuses, les syndicats, les organisations internationales, etc.On a vraiment besoin de beaucoup d'argent.» Jouraal L'Itiaéraire - Montréal - navemi/e JJaa~ Françoise David s'y connaît en revendications financières.Elle siège toujours au comité national du Fonds de lutte contre la pauvreté.C'est elle d'ailleurs qui, lors du Sommet économique de 1994, a défendu ce Fonds en affrontant l'establishment politique et financier.C'est sans doute l'une des plus belles victoires de ce Sommet pour les groupes populaires.Elle avait d'ailleurs fait une sortie remarquée, accompagnée d'une belle colère lors de cet événement.C'est rare, mais parfois elle perd patience.C'était le cas à ce moment-là.Le président d'assemblée, le PDG du Mouvement des caisses populaires Desjardins, en avait avaler sa salive.Le premier ministre Bouchard aussi.C'est une femme redoutable.Ses collaboratrices vous \u2022le diront.Elle n'a peur de personne.Et elle embrasse habituellement des projets à sa mesure.Des projets démesurés.«(.) ce n' truc médiatique, c'est sérieux notre affaire.On a des revendications qui sont possibles à réaliser.- F.David 1995.Nos solidarités vont s'exprimer dans l'action.Et on va marcher pour des revendications précises.» Changer le monde c'est bien.Mais quand c'est le temps de s'entendre sur des revendications communes, la situation change.Les organisatrices avaient préparé un premier cahier de revendications, mais il a été remis en question par de nombreuses déléguées.On a exigé des revendications internationales plus concrètes.Il faut donc que, dans un premier temps, 150 déléguées des quatre coins de la planète s'entendent, durant la réunion de Montréal, | sur des revendications i î«o communes et sur un \" g scénario d'action.Ç- Quitte à le peaufiner V-S par la suite.Les déci-rj a.sions vont se prendre par consensus à chaque rencontre.Changer le monde En 1998, le bateau de la Marche internationale de l'an 2000 a commencé à prendre des proportions inquiétantes.Il est en chantier depuis 1995, mais c'est cette année que les vrais problèmes ont commencé à faire surface.L'objectif de la marche était au départ assez simple.«La mondialisation des marchés et du travail est en train d'appauvrir tout le monde, souligne Françoise David.Il faut faire quelque chose.Il faut changer le monde.On ne fait pas de colloque.On sait marcher, on l'a déjà fait.Alors on va marcher encore, comme en On veut acheminer les revendications aux organisations internationales et aux pays respectifs.Des exemples de revendications qui font déjà consensus?Imposer une taxe (dite taxe Tobin) sur toutes les transactions financières internationales, effacer la dette des 40 pays les plus pauvres de la planète, dénoncer les États qui signent les accords internationaux sur les droits des hommes et des femmes et qui ne les respectent pas.Mais tout reste à faire.Il reste à déterminer la formulation de ces revendications nationales et internationales.On est à l'étape de la mise en place de la marche.L'utopie et les femmes Est-ce un projet utopique?«Évidemment, signale Françoise David.On nage en pleine utopie.On se donne un millénaire pour éliminer la pauvreté.Nos enfants continueront. «On se donne un millénaire pour contrer la pauvreté.On commence.Nos enfants continueront.» - f.David On ne peut pas tout faire.Mais ce n'est pas un truc médiatique.C'est sérieux notre affaire.On a des revendications qui sont possibles à réaliser.» La présidente de la Fédération des femmes ne rêve pas souvent en couleur.Ses collaboratrices vous le diront.C'est une fine stratège et politique.Dans le dossier controversé de la lutte à l'aide sociale, les groupes populaires ont presque tous écopé.Mais les femmes dans leur ensemble ont réussi à protéger leurs acquis.Le gouvernement Bouchard a dû affronter la FFQ et Françoise David régulièrement en commission parlementaire.Le mouvement des femmes s'en est bien sorti grâce à sa détermination.Le premier ministre la redoute, car il sait qu'elle est appuyée par un mouvement fort et uni._ C'est d'ailleurs une autre qualité de la présidente de la FFQ, son pouvoir de rassembler le monde autour d'elle.«C'est une rassembleuse hors pair, souligne une de ses proches collaboratrices.Elle peut mettre à la même table n'importe qui.Elle est patiente et fine stratège.Quand le moment est venu, elle sait aussi imposer la ligne directrice.» La Marche de l'an 2000 est portée par les femmes.Le mouvement des femmes la revendique à travers les 100 pays participants.Mais la place des hommes est également discutée.«On veut être inclusive.Ce sont surtout les femmes qui sont pauvres, indique Françoise David, et ce à travers le monde.La pauvreté touche aussi les hommes, mais ce sont surtout les femmes et leurs enfants, dont elles s'occupent souvent seules, qui en sont les victimes.En 1995, quand on revendiquait une hausse significative du salaire minimum, les hommes en ont aussi profité.C'est Marie Cardinal, l'écrivaine, qui disait que la cause des femmes, c'est d'abord et avant tout celle des gens.» à cause des liens que nous, et nos missionnaires avant nous, avons tissés avec eux.La France et la Belgique s'impliquèrent vite également.Les derniers en liste à embarquer ?L'Europe et les États-Unis.Les pays Scandinaves n'ont pas encore donné signe de vie.«On apprend beaucoup au contact de ces femmes, dit là ^ présidente de la FFQ».L'entreprise est également politique.Les femmes veulent faire pression de tout leur poids auprès des décideurs politiques pour changer les choses.Mais la marche sera aussi une entreprise éducative.L'éducation populaire Françoise David est catégorique.La marche veut rejoindre Monsieur et Madame Tout le monde.On va préparer des outils de toutes sortes pour analyser ce qui se passe sur le plan économique et social et combattre le sentiment d'impuissance engendré par la montée de la pauvreté dans le monde.«On a plein de projets d'outils pédagogiques qui vont se réaliser, des albums de photos, des revues, des vidéos pour vulgariser des analyses et les mettre à la portée de tous.On part du principe que les gens sont intelligents.Le monde n'est pas constitué de twits.Les gens sont capables de faire des liens, de réfléchir, de comprendre ce qui arrive.Ils savent que l'argent se fait sur le dos des pauvres et des démunis.Ils comprennent que les spéculateurs n'ont jamais fait autant d'argent.Les femmes qui participent à l'organisation de la marche proviennent de groupes de terrain qui partagent des solutions concrètes.Je leur fais confiance».Et après?Et la mondialisation des solidarités?Il semble qu'au-delà des différences culturelles, les femmes qui organisent la marche et les participantes à travers le monde s'entendent sur l'essentiel.Il y a beaucoup d'adaptation, d'ouverture d'esprit.Chacune tient compte de ses réalités.Les premiers pays à embarquer dans la marche furent ceux d'Amérique centrale et d'Afrique francophone, sans doute Après la Marche de l'an 2000, Françoise David a déjà sa petite idée là-dessus.«Ce qu'on aura gagné à l'ONU et ailleurs, il faudra en assurer le suivi.Ces engagements à l'échelle nationale et internationale vont nous perme-k ttre de consolider le réseau de .solidarité qu'on est en train de mettre sur pied.Un réseau unique, un outil précieux pour l'avenir.Il faudra aussi consolider les acquis avec nos luttes locales.C'est d'abord là que ça se passe.» Yzéro' «Il faudra aussi consolider les acquis avec nos luttes locales.C'est d'abord là que ça se passe.» - f.David TéiwoiqNAqE d'uN ex-souveraîn CLudc BruIe La dernière période d'incarcération de cinq mois et trois semaines entre les murs de la prison de Bordeaux fut bénéfique pour moi.J'ai eu la chance de participer aux Souverains Anonymes, émission radiophonique enregistrée à Bordeaux et diffusée à la radio de CIBL.Deux ou trois heures au local des Souverains Anonymes, deux fois par semaine pour la conception de l'émission, me permettaient de m'évader des murs froids.C ramiste des vedettes Les détenus pouvaient prendre part à l'atelier de céramique deux fois par semaine J'y participais deux jours de plus, car j'étais l'assistant de la prof.Cela me procurait une plus grande liberté.J'ai alors eu l'idée de fabriquer, pour les invités des Souverains Anonymes, des pièces représentatives de la perception que j'avais d'eux.J'ai confectionné et remis un masque en céramique à Yvon Deschamps lors de sa visite.J'étais devenu le spécialiste des morceaux fait en céramique.J'ai fabriqué une réplique d'un Félix tellement ressemblante que quelqu'un a même pensé que c'était un vrai.Un jour, Mohamed Lotfi, le concepteur de l'émission, m'a même demandé quelque chose pour sa boss qui changeait d'emploi.J'ai réparé un coffret à bijoux en forme de coeur brisé pour représenter son départ Le temps que je passais à cette activité me permettait d'utiliser ma dextérité manuelle à bon escient.La conception et l'émission radiophonique m'ont permis de me découvrir un sens de la communication, de l'initiative et de l'organisation.Lorsque je sortais du fameux secteur C, réservé aux récidivistes dangereux, pour me rendre à l'émission ou à l'atelier, je redevenais un homme vraiment libre.De g.à d.en haut: Normand Lalonde, Gina Mazerolle, Claude Brûlé.En bas: Serge Boulet, René Charest, Mohammed Lotfi.LlîiNÉRAiRE k SouveraIns Attottyms (C.B.)Le jeudi 1er Octobre dernier.Souverains Anonyme, l'émission radiophonique animée chaque semaine par Mohammed Lotfi et des détenus de la prison de Bordeaux, recevait le journal L'Itinéraire entre les murs.Trois délégués du journal y étaient invité: Normand Lalonde, rédacteur en chef, Claude Brûlé, journaliste collaborateur et Gina Mazarolle, camelot et journaliste collaboratrice.René Charest, du RAPSIM, et Serge Boulet, de Spectre de rue faisaient également partie des invités.Cette émission sera diffusée à Montréal sur CIBL 101,5 FM, les mercredis 4 et 11 novembre, de 18h à 19h, ainsi que sur les ondes de treize radios communautaires à travers le Québec et de deux radios associatives en France.«Souverains Anonymes» réunit à chaque enregistrement une vingtaine de détenus autour d'un invité ou d'un organisme quelconque.Chaque émission propose un thème précis.Cette fois, on abordait celui de l'itinérance: ses problématiques et la réinsertion sociale possible et accessible par l'entremise du Groupe Communautaire L'Itinéraire.Les invités ont communiqué leurs expériences respectives (itinérance, toxicomanie et détention) aux détenus de Montréal.Cet événement a donné lieu à un fait cocasse: Claude Brûlé, ex-détenu, retournait entre les murs de Bordeaux en tant qu'invité, contrairement à la dernière fois où il s'y était retrouvé.«Souverains Anonymes» est une activité socioculturelle qui met la communication et la création au service de la réinsertion sociale des personnes incarcérées.Daniel Dubois Gérant administrateur 501, rue Mont-Royal Est Montréal (Québec) H2J 1W6 Tél.: 521-3481 Fax: 521-1660 Député de Laurier SainteUlarie 1717, bout.René Lévesque Ouest, bureau 310, Montréal (Québec) H2L Tél.: (514) 522-1339 Fax: (514) 522-9899 ] QyJowaJJ'Uiiluiu.lutriiLiiutiiàiLliU _ Le sida derrîère Les Barreaux IsAbtlU RivesT ColixboRATioN sptiiAc Une peine de prison équivaut-elle à une condamnation à mort ?Le taux de sida est dix fois plus élevé dans les prisons que dans le reste de la population.Des 14 cas connus en janvier 1989.les pénitenciers fédéraux en dénombraient 169 en août 1998.Et ce nombre continue d'augmenter.D'ici l'an 2000, le sida pourrait être la principale cause de décès des détenus en Amérique du Nord.Mais pendant ce temps, les autorités carcérales hésitent à mettre sur pied des programmes de prévention.Tatouage: ill gal Les principaux modes de transmission du sida: tatouage, relations sexuelles et consommation de drogues sont toutes des activités illégales en milieu carcéral.Mais des groupes de pression, comme la Société canadienne du sida et le Réseau juridique canadien sur le VIH-sida, estiment que les responsables des services correctionnels ont l'obligation morale de tout mettre en oeuvre pour protéger la vie des détenus, même si ceux-ci pratiquent des activités illégales.Alerté par la gravité du problème, un Comité d'experts sur le sida et les prisons (CESP) remettait un rapport au Service correctionnel du Canada (SCC) en mars 1994.Il recommandait plusieurs mesures pour prévenir la transmission du VIH en prison.Si certaines d'entre elles ont été adoptées, les autorités carcérales «réfléchissent» toujours aux propositions les plus importantes.«Nous faisons beaucoup de sensibilisation sur le problème du sida auprès des détenus», assure Sylvie Charron, chef des services de santé au Centre régional de réception et conseillère auprès des services de santé de l'administration régionale des Services pénitenciers du Canada.«Nous offrons des tests de dépistage, nous distribuons des condoms et de l'eau de Javel pour la stérilisation des seringues.Les détenus sont bien informés.Ils sont soucieux de ne pas propager le virus et de ne pas s'infecter.A preuve, nos dépliants dans les bureaux des médecins disparaissent.» Bien entendu, la distribution de condoms et d'eau de Javel ne suffit pas, estime Ralf Jûrgens, coordonnateur du CESP.Ce comité recommandait aussi que le tatouage et les relations sexuelles consensuelles entre les détenus soient dépénalisées.Encore aujourd'hui, les prisonniers doivent s'adonner à ces activités en cachette, ce qui rend le travail de prévention des intervenants encore plus difficile.Et les programmes de traitement à la methadone pour les héroïnomanes font toujours cruellement défaut.Mais le plus grave, c'est que les services correctionnels refusent toujours de mettre sur pied des programmes d'échange de seringues.Et pourtant, environ 70% des toxicomanes, un jour ou l'autre, se retrouvent en prison.Une grande partie d'entre eux utilisent des drogues injectables.Le rapport du CESP révélait que les détenus peuvent s'échanger leurs seringues jusqu'à 15 et 20 fois, sans les désinfecter.Plusieurs d'entre eux ont aussi des relations sexuelles non protégées.Us font donc partie d'une population très à risque.Dix fois plus lev «Dire que le taux de sida est dix fois plus élevé en prison, c'est utiliser des \"gros mots\".Si on prenait les sans-abri du centre-ville, on arriverait au même résultat», affirme Sylvie Charron.En effet, environ 50% des personnes itinérantes ont connu la prison.Leurs délits sont souvent anodins, comme d'avoir troublé la paix ou volé de la nourriture.Faute de payer leurs amendes, ils sont de nouveau arrêtés.«Dans plusieurs cas, leur criminalité découle d'un problème de consommation de drogues», poursuit Mme Charron.Guy Samson, conseiller en communication au Service correctionnel du Québec, suggère que la prévention du sida passe avant le respect des lois contre la drogue.«Une seringue devient une arme en puissance», prévient-t-il.Les aiguilles infectées déjà en circulation ne le sont-elles pas encore plus?«Nous ne voulons pas augmenter le nombre de seringues en prison», ajoute-t-il.Et pourtant, un projet-pilote dans une prison pour femmes en Suisse a démontré qu'un programme d'échange de seringues pouvait être mis sur pied de façon sécuritaire, si on s'assure qu'une aiguille propre soit toujours échangée contre une sale et que les détenus déposent leur seringue dans un verre, à la vue du personnel.M thode coercitive Au lieu de lutter contre le sida, le Service correctionnel du Canada a annoncé une stratégie pour combattre la drogue, déplore-t-on à la Société canadienne du sida et au Réseau juridique canadien VIH-sida.Les autorités carcérales tendent plutôt à appliquer des méthodes coerci-tives, comme le dépistage obligatoire.Or, ces pratiques vont à l'encontre de la Charte des droits et des libertés individuelles, allèguent ces organismes.De plus, lorsque les tests aléatoires d'urine sont plus fréquents, les détenus modifient leur consommation, en délaissant des drogues comme la marijuana, détectables dans l'urine pendant un mois, pour des drogues dont la période de détection est plus courte, comme la cocaïne et l'héroïne.Ce qui peut ainsi augmenter les risques de transmission du VIH.«La drogue en milieu carcéral existe», affirme Nathalie Paquette, infirmière et responsable du programme de prévention VIH-MTS dans les Établisse- ments de détention Bordeaux et Tanguay.«On trouve de tout: marijuana, cocaïne, amphétamine, PCP, héroïne, morphine, LSD.Tout ça coûte très cher.» À son avis, la prison est le lieu idéal pour intervenir auprès de la population toxicomane.«Les utilisateurs de drogues intraveineuses sont difficiles à rejoindre à l'extérieur.Plusieurs d'entre eux sont des récidivistes.S'ils ne sont pas encore infectés, ils le seront peut-être à leur prochaine incarcération.Certains détenus ont pris tellement de risques qu'ils croient n'avoir plus rien à perdre, et poursuivent leurs activités à risque.Ils sont tout surpris lorsqu'ils apprennent leur résultat négatif.C'est surtout pour ceux qui retourneront dans la rue qu'il faut intervenir.» Nathalie Paquette anime des ateliers sur la santé et les MTS.«Nos discussions ne sont pas toujours morbides.Nous faisons des jeux de rôle, qui nous amènent à parler de sexualité, de drogues, de relations sexuelles, de plaisir.En prison, de nombreux junkies en profitent pour s'occuper de leur santé.Ils réduisent leur consommation de drogues injectables et rêvent de poursuivre sur cette lancée lorsqu'ils sortiront.Ils veulent se refaire une vie, avoir un travail, une famille.Certains rêvent d'une petite maison isolée au fond des bois.Mais leurs projets sont souvent irréalistes.Nous devons accompagner leur réflexion.» Annoncer à un détenu qu'il est séropositif n'est pas chose facile.«Les hommes réagissent souvent avec colère.Ils cherchent un coupable et veulent se venger.Les femmes, de leur côté, se sentent honteuses.Dans les deux cas, ce ver- dict signifie souvent qu'ils ne pourront pas fonder une famille.Avec un passé difficile, mettre une croix sur son avenir, ça fait beaucoup de deuils en même temps», explique-t-elle.«Le milieu carcéral est très dur pour les séropositifs.Pour survivre, les détenus se font une énorme carapace.Plusieurs d'entre eux se méfient des intervenants.Des détenus infectés préfèrent s'isoler et n'en parler à personne.Ils savent toutefois que les médicaments sont de plus en plus efficaces et que ça vaut la peine d'être suivi par un médecin», poursuit Nathalie Paquette.C'est d'ailleurs ce qui leur donne le courage de continuer.«Des gens qui étaient très méfiants finissent parfois par s'ouvrir.Ils nous racontent comment les choses se passent en détention et leurs peurs de retourner à l'extérieur.Nous comprenons mieux comment ils en sont arrivés là.On a parfois l'impression d'avoir un peu contribué à les aider.» A son avis, installer des distributrices de condoms et de seringues n'est pas suffisant.«Il faut créer un climat de confiance pour amener les détenus à se confier.Nous avons besoin d'infirmières, de psychologues, de travailleurs communautaires, etc.En ce moment, les intervenants ne suffisent pas à la tâche.En plus, avec le «virage ambulatoire» dans les établissements provinciaux, ceux qui sont en poste tombent comme des mouches, déplore-t-elle.Pour de nombreux détenus, la seule personne à qui ils peuvent se confier, c'est le prêtre.Il faut que le réseau de la santé s'implique.En ce moment, c'est le contraire qui se passe.Malheureusement, la montée de la droite morale américaine, qui favorise des politiques strictes, se fait sentir aussi chez nous.» \u20acglt£e ®me ^amt-fean (514) 866-0641 Une église protestante de langue française au coeur de la cité Solidaire avec tous ceux que touche L'Itinéraire Culte: tous les dimanches à 10:30 110, rue Sainte-Catherine Est.Montréal.Québec H2X 1K7 pasteur De Ia p r i so n À 1/iTÎNÉRANCE jean'pjerre Lîzotte Quand un détenu sort de prison et n 'a ni revenu ni personne sur qui compter, il arrive parfois qu 'il se retrouve dans la rue sans grand espoir de s'en sortir.Cependant.J'ai été libéré de Bordeaux le 2 octobre 1998 avec en poche un chèque qui provenait du fruit de mon travail à la buanderie de la prison.Cet argent m'a permis de payer mon appartement.A Bordeaux, lorsqu'un détenu travaille, les autorités carcérales prélèvent automatiquement 10 % de son salaire.Les sommes ainsi retenues sont réparties entre les détenus qui ne travaillent pas, pour s'acheter tabac, produits de toilette, articles de sport, ainsi que pour payer les séances de vidéos, deux fois par semaine.Je travaillais 37,5 heures par semaine et je gagnais 3 $ l'heure.On soustrayait 11,25 $ de ma paye (le 10 %).Il me restait donc 101,25 $.On me donnait la moitié de ce total pour mes dépenses; le reste allait dans un compte d'épargne obligatoire.Le 5 octobre 1998, je suis allé à l'Aide sociale de Laval pour demander une avance de 100 $ sur mon chèque du mois d'octobre, mais on m'a renvoyé cavalièrement, alléguant qu'il manquait le document spécifiant la date de mon entrée en prison et celle de ma libération.Je suis sorti des bureaux de l'Aide sociale, meurtri par des règles qui me punissaient encore! Face I itin rance Le détenu qui n'a pas travaillé et qui n'a aucun revenu peut recevoir automatiquement 100 $ d'avance sur le chèque du mois courant.Il devra alors se trouver une chambre et s'acheter de la nourriture en attendant la balance de son chèque.Difficile aujourd'hui de se loger et de se nourrir avec si peu d'argent.Sans compter la bureaucratie qui retarde encore.C'est pratiquement une invita- tion à retourner voler ou à sombrer dans le labyrinthe de I\"itinérance.Je suis moi-même un toxicomane qui consomme des drogues dures.Je suis maintes et maintes fois sorti de prison et l'avance de 100 $ de l'Aide sociale me servait à acheter de la cocaïne.Quand je n'avais plus rien pour me payer un gîte, je me ramassais à faire la file à la Maison du Père pour aller manger et dormir.Le lendemain, mon existence d'itinérant recommençait.Je devais mendier pour manger ou pour prendre l'autobus.La mendicité m'a rapproché des citoyens.J'ai appris que peu de gens arrivaient à vivre décemment.La thérapie de la quête a fait de moi un homme nouveau.J'ai vu que la souffrance était immense dans notre société.De plus, j'ai connu de nombreux ex-détenus qui faisaient comme moi.Il s'injectaient l'avance de l'Aide sociale et ils dormaient dans la rue.Peu de temps après, fatigués d'être considérés comme des moins que rien, ils recommençaient à voler et retournaient dans les dédales du système de justice.Souvent, je ne mange pas.car je n'ai plus rien dans mon garde-manger.Je me console en me disant qu'au moins je ne suis plus dans la rue.Comme je suis plus sage qu'avant, j'ai pris le temps de me rendre à Bordeaux chercher le fameux document et ensuite je l'ai présenté à l'Aide sociale de Laval. L'ACCUEil ÎNCONdiTÎONNEl J e voudrais vous parler d'un endroit que j'ai le privilège de fré-q u e n t e r.C'est un café un peu spécial qui se nomme L'accueil inconditionnel.Le café est un organisme sans but lucratif qui favorise l'abstinence de drogue et d'al- cool.L'endroit est ouvert à tout le monde mais a été spécialement conçu pour les gens en rétablissement de l'alcoolisme et de la toxicomanie.Vous savez, à part les réunions, il n'y a pas beaucoup d'endroits où ces gens peuvent se rencontrer et partager.Si vous cherchez un endroit où aller à l'abri de la consommation et des consommateurs, c'est l'endroit tout indiqué.L'ambiance est sereine, calme et agréable, les gens sont accueillants et sympathiques.On peut y prendre un café, un soda ou un jus et y grignoter des amuse-gueules.Pour se divertir.L'accueil inconditionnel offre diverses possibilités.L'endroit est muni d'une table de billard et il y a plusieurs jeux ^ A STELLA y~~Yf 285-8889 TU ES: PROSTITUÉE DANSEUSE MASSEUSE ESCORTE?Tu veux écrire dans un journal?Tu as des questions sur les lois?Vivre et travailler en sécurité et avec dignité.d'échecs sur les tables.On y trouve également des jeux de cartes et de société.On peut aussi y faire de la lecture et écouter de la musique.L'accueil inconditionnel est immense et est divisé en deux parties.La description ci-dessus correspond à la partie avant.La partie arrière est munie d'une scène où sont installés instruments de musique, microphone et autres équipements.Il y a un plancher de danse, des tables et des fauteuils.Je lance une invitation aux musiciens qui aiment l'improvisation car, lorsqu'il y a deux musiciens ou plus, il risque d'avoir fusion et jam session.J'ai eu l'occasion de voir de véritables virtuoses à l'oeuvre.Je suis très heureux que L'accueil existe car, depuis que je ne consomme plus, c'est là que je termine la journée.La personne responsable est Gilles C: Il est secondé par Inga.Ils sont toujours à leur poste et sont la raison principale de la survie du café depuis quelques années.Alors, Gilles, continue ton bon travail, on a besoin de ton Amour Inconditionnel.L'accueil Inconditionnel.4584, rue Papineau (entre Gilford et Mont-Royal) Gilbert Pouliot Camelot, rue St-Denis CAMPEAU OUELLET NADON BARABÉ CYR DE MERCHANT BERNSTEIN COUSINEAU HEAP PALARDY AVOCATS-AVOCATES ASSURANCE-CHOMAGE AIDE SOCIALE DROIT DU TRAVAIL LOGEMENT RÉGIE DES RENTES AIDEJURIDIOUE ACCEPTÉE 1406, rue Beaudry C\"P\"95.Succursale \"C-Montréal (Québec)H2L 4J7 Téléphone: (514) 528-7228 Télécopieur: (514) 528-1353 MI DUR 180, rueSte-Cath MontréaKQu H 2 X 1 Téléphone: (514) erine Est 3bec) K 9 879-1949 Centre de rétiabilitation pour démunis alcooliques/toKicomanes de 25 ans et plus Admiitim de 9 à 16 heurei 565, Duéân (514) 935-, 8 le besoiN d'uNE écoIe SédastJen O'DoNotghuE ColUboRATÏON Spéc'lAlt Une .- trentaine de jeunes défavorisés qui, selon la société, sont en grande partie marginaux, fréquentent vingt heures par semaine une école peu orthodoxe, mais reconnue par le ministère de l'éducation: l'école du centre de jour chez Pop's.Cette école comprend deux classes et les étudiants ont accès à une salle d'informatique où un bénévole partage ses connaissances.Les coûts qu'engendre le projet ne sont pas très élevés, car les ordinateurs et le matériel scolaire proviennent de dons.Deux enseignantes sont « prêtées » par la Commission scolaire de Montréal (CSDM).«C'est un échange avec le centre de jour qui fournit les locaux et trouve les étudiants», m'expliqua l'une de celles-ci.Une conseillère en orientation vient deux ou trois fois par année éclairer les élèves sur les choix auxquels ils seront confrontés.Les profs ont le mandat d'offrir des cours couvrant autant le plan académique que social.Un journal, des sorties culturelles et un week-end de ski, financés par un souper bénéfice ou un lave-auto, font partie des activités qui seront répétées cette année.Le fonctionnement des cours est souple et adapté aux besoins variés des différents jeunes.«Je n'aurais pas survécu un an dans une école normale, l'ambiance et les communications sont meilleures, c'est pas comme dans l'armée ici, c'est moins directif», m'a confié un rac-crocheur qui avait d'abord préféré explorer le marché du travail.Grâce à un encadrement flexible (l'une des seules règles étant d'être présent de corps et d'esprit), chacun va à son rythme sans rien se faire imposer.C'est ce qui leur donne une chance d'amadouer le système ou de renouer avec lui, ainsi que de développer par eux-mêmes le goût d'apprendre.« Il n'y a personne pour te pousser dans le cul, c'est moins rushant », m'a affirmé un ex-décrocheur, qui a vécu dans un centre d'accueil jusqu'à l'âge de 18 ans.Il ne pouvait y poursuivre ses études.car selon la loi, on doit partir quand on atteint la majorité.Les places sont illimitées et l'inscription, gratuite, peut se faire en tout temps.Elle ne nécessite qu'un seul préalable: être dans le besoin d'un tel établissement spécialisé.Les tests de classement sont évidemment obligatoires pour que les responsables sachent où l'étudiant en est rendu dans son cheminement.Les examens finals des secondaires IV et V sont offerts à l'école Gédéon-Ouimet qui en assure le bon déroulement.Un an après son lancement officiel, le 15 novembre dernier, le projet est encore trop récent pour que l'on puisse connaître la validité de ses résultats.Mais peut être que, parmi eux, se trouve un futur, honnête et respectable candidat à la mairie de Montréal Centre de jour chez Pops: 1664, rue Ontario Est, Montréal (Québec) H2L-1S7 Tél.: (514) 526-POPS Télécopieur.: (514) 526-5445 427, rue de la Commune Est Montréal (Québec) £ H2Y 1)4 Téléphone: (514) 845-3906 Télécopieur: (514) 845-7Q19 JaoïwlIltiwwtllliijitriiljiuîiBliieJîL POUR UN AVENIR PLUS SOLIDAIRE SUR LES plans politique, économique et social. OlJAN Pjerre Demers CoUadoraj'ion spéciAls Peut-on retrouver dans le milieu de l'itinérance le même clivage linguistique que l'on retrouve dans la société québécoise?Les itinérants se répartissent-ils proportionnellement dans les statistiques démographiques montréalaises?Les jeunes et les femmes sont-ils différents des hommes?Ont-ils des territoires privilégiés?Des cultures, des habitudes différentes?Ont-ils accès à des services comparables dans les deux (ou plus) langues?Ce sont ces questions et quelques autres que l'on formulait en allant rencontrer, à l'Ouest comme à l'Est de la ville, des directeurs de refuges et des itinérants.Il s'en dégage une conclusion d'ensemble que l'on n'envisageait pas si clairement au point de départ: les itinérants partagent une seule solitude, celle de la misère.Au-delà de leur langue d'origine.Les conflits sont ailleurs.Belle leçon de (sur)vie.Absence de statistiques récentes «Ici on accepte tout le monde, peu importe la religion et la langue.On ne compile pas de statistiques là-dessus.Depuis 5 ans, suite à la loi 101, 98% de nos employés sont bilingues.Je présume que notre population en majorité francophone reflète celle de la ville.Sur les permanents qui logent ici en ce moment, 7 sur 54 sont anglos.On a aussi quelques néo-québécois» nous affirme Yvan Lalonde, superviseur à The Old Brewery Mission, située au 915 Clark.Pourtant, il y a 25 ans, le refuge, qui offre aujourd'hui 400 repas par jour et héberge 260 personnes en période de pointe, ne recevait qu'une clientèle anglophone.Les temps ont bien changé, là et ailleurs.Maintenant, les 15 000 itinérants de la ville sont en majorité francophones et peuvent se réfugier où ils veulent, à uItures l'Ouest comme à l'Est de la ville.Mais les données sur l'origine linguistique des gens de la me font défaut.Le dernier recensement date de 1989 et le prochain supervisé par Louise Fournier de la Direction de la santé publique tarde à venir, René Charest, directeur du RAPSIM qui regroupe 52 organismes intervenant auprès des itinérants, précise les raisons de ce retard.«Selon les projections, il y aurait entre 13 000 et 15 000 itinérants à Montréal.Le problème c'est que l'on ne s'entend pas sur la définition de l'itinérance.Ceux qui ne font que fréquenter les organismes de services sans vivre dans la rue, sont-ils des itinérants?On sait toutefois des choses précises sur la population actuelle.Son rajeunissement est marqué: en 1992, on avait observé que plus de 30% des itinérants étaient âgés de moins de 30 ans.Le document de Louise Fournier devrait nous permettre de vérifier, entre autres, l'origine linguistique des usagers.Si l'on se rapporte aux ressources disponibles, il y a 8 établissements sur 50, soit 16%, situées surtout dans l'Ouest et réservés aux anglophones.Ça ressemble au pourcentage des itinérants anglos et autres.Mais on attend le recensement disponible sous peu pour tirer des conclusions».Pour les itinérants eux-mêmes, le nombre d'anglophones ou d'allophones semble plus nombreux. Aller dans I Ouest pour relaxer Un mardi soir à sept heures je parle avec Michel, un itinérant d'Ottawa qui vient de se trouver une chambre pour passer la nuit à l'Armée du salut, à l'angle de Guy et de St-Antoine, dans l'ouest.«Ils sont nombreux les anglos ou les bilingues comme moi.Plus l'été car c'est la saison de l'itinérance.On se promène d'une ville à l'autre.Mais les services de prévention sont meilleurs à Ottawa.Ici'on ne fait que du thérapeutique.On a découvert l'industrie de la pauvreté trop tard.Depuis 5 ans c'est heavy partout.Les gouvernements ont coupé dans les programmes sociaux surtout en Ontario - et tout le monde se retrouve dans la rue.Ce soir, je viens dans l'Ouest parce que je veux relaxer un peu.L'Armée, c'est international et pour 5 $ t'as une chambre et une douche chaude.Pas à la Maison du père où la douche est froide.» Des anglos on en trouve partout.Ils ont évidemment leur circuit privilégié pour quêter.Deux autres itinérants rencontrés près du Old Brewery Mission, André Bellemarre et Mad Dog Rivest me l'expliquent.«Les anglais et les étrangers sont plus nombreux que nous autres dans la rue.Dans l'Ouest, dans le Vieux-Port, sur Ste Catherine près de St-Laurent, et dans des quartiers où les logements sont moins chers comme à Lachine, par exemple.Nous autres on vient ici à la fin du mois et on quête - Teketel Sirac, Welcome dans la rue.C'est mieux que de voler pour manger.On est bilingues.On parle en anglais aux anglos quand ils ne comprennent pas le français.Mais eux, ils ne se forcent pas.Il y a aussi des Italiens, des Indiens, des Chinetoques.(sic).Les Chinois sont les seuls à pouvoir quêter dans le quartier chinois.Nous autres, ils nous chassent.Dans l'Ouest, ils donnent moins quand on quête.Ils sont snobs et cheaps.Les policiers nous arrêtent devant les magasins de riches.Ils sont plus chiens encore que dans l'Est.» La Mission Old Brewery à l'ombre de Palais de justice.La population semble donc se confondre souvent dans les refuges à l'Est comme à l'Ouest.«Anglos comme francos, ils se parlent de leur misère et souvent la partagent» Mission Old Brewery Jcuna! L :i.,ie:a ¦'.Mcrtréal - runliie 1535 Partager la m me mis re Les itinérants anglos, francos et néo-québécois se retrouvent bien souvent dans les mêmes refuges, partagent la même rue et son code, et vivent les mêmes problèmes de survie quotidienne.Teketel Sirac de Welcome Hall Mission - La Mission du Bon Accueil, rue St-Antoine dans l'Ouest, abonde dans ce sens.«Il y a 20 ans, quand j'ai commencé, on recevait ici juste des anglais de Montréal, de Toronto, des provinces maritimes et de Vancouver.Maintenant la majorité est composée de francophones d'ici.Notre personnel est bilingue.Les anglos nés à Montréal parlent français la plupart du temps.Nos clients se tiennent tous ensemble.Ce n'est pas très grand ici.50 lits et 100 repas par jour.Ils vivent ensemble, se parlent de leur misère et souvent la partagent.Ils mangent ensemble, dorment dans des endroits exigus et se lavent ensemble.Ils partagent ainsi la promiscuité de la rue, la promiscuité de l'itinérance.» Les femmes et les jeunes A la Maison Marguerite où l'on offre une dizaine de lits, Céline St-Louis précise la situation des femmes dans la rue.«Ce sont en majorité des francophones.Il y a de plus en plus de femmes itinérantes.Leur moyenne d'âge est dé 32 ans.Depuis quelques années on reçoit aussi des clientes à la recherche du statut d'immigrante.Souvent, elles viennent ici en attendant de trouver du travail et un milieu de vie plus stable.On en reçoit qui viennent du reste du Canada - surtout des amérindiennes -, de l'Amérique latine, des pays de l'Est et des États- Unis.Celles-ci sont les plus dépaysées.Elles apprécient nos services et se trouvent au paradis.Elles sont aussi beaucoup plus poquées.» Et les jeunes itinérants ?Les très jeunes, les mineurs, sont dans la rue.Quelle langue parlent-ils ?Difficile de le savoir.Pour se faire, il faut suivre le Bon Dieu dans la rue.Father Pop et sa soupe populaire.C'est lui qui les rejoint le plus souvent.Là aussi ils semblent en grande majorité francophones et suivent le code de la rue avec un accent particulier sur la violence de nuit et les abus de drogues dures.Encore une fois les statistiques manquent pour bien décrire cette population.Au Refuge des Jeunes s Berri, la directrice générale, France Labelle.fait mentir cette affirmation.Elle a compilé des données précises sur la clientèle de son institution.«Sur un bassin de 1000 jeunes de 18 à 24 ans qui fréquentent les lieux annuellement, 16% sont des anglos.Ils proviennent en grande partie de l'Ontario et ondaire III des autres provinces du Canada.Les «QU3fld francos sont en grande partie mun notre principale clientèle.On a peut-être 4% de nos jeunes qui sont des demandeurs de statut, environ 2% communautés ethniques.Leur dénominateur corn Photo: Ivanoh Demers Ils sont jeunes, pauvres et ont rarement plus qu'un sec-Les anglos se tiennent plus ensemble mais si les francophones bilingues vont les voir, ils se ., mélangent facilement.Mais notre po- ils découvrent la culture d ici les pula*tion est très flottante Montrpéal anglos de l'Ontario veulent souvent - surtout l'été - fait partie du circuit rester.» - France Labelle, d.g.Refuge de transit avec Toronto et Vancouver, des Une dernière remarque: quand ils décou- vrent la culture d'ici les anglos, surtout ceux de l'Ontario, veulent souvent rester.» As-tu 25 cents?Spare change?' Une conclusion ouverte m'est suggérée par Christian, un itinérant qui vient de Sherbrooke et qui vit depuis six mois dans une petite cabane de bois sur de Bleury, près du théâtre Gésus, au centre-ville.«La langue ça fait pas de différence, on ne se parle pas dans la rue, ou si peu.Et quand on se parle les signes suffisent.On est tous habillés pareil, on mange tous dans les mêmes poubelles, on sent tous le même parfum de la rue et on boit tous la même sorte de bière, la moins chère.Les mots de passe restent «As-tu 25 cents?» et «Spore change?».Fuck le reste.r~^ Photo: Ivanoh Demers \tO\tMe Bertrane Royer AVOCATE\tCIRQUE DU SOLEIL 8400, 2e Avenue, Montréal (Québec) Canada H1Z 1M6 spécialisée en droit carcéral (libérations conditionnelles) 3736, rue Saint-Huberr Montréal (Québec) Téléphone : (514) 842-3323 H2L 4A2 Télécopieur : (514) 284-2818\t\t\t ÛRiqiNE de Ia RebellioN THOFieTS I>e CONSTRUIRE ^5 SCHv/CES £>E SAnTê -Tp rftoMlZrs Z> AMELIORER HORIZONTAL 1- De très courte durée \u2014 Petit porc sauvage cTAmérique du Sud.2- Réponse de qqn.de son action \u2014 Bord d'un bois.3- Charcuterie cuite à base de tête de porc \u2014 Union pour la Démocratie Française.4- Terrain stérile qui borde une couche ou un filon de minerai (Pl.) \u2014 Se transformer progressivement.5- Prénom féminin \u2014 Personne qui vend des instruments d'optique.6- Voyelles jumelles \u2014 Religieuses \u2014 Note.7- Se fait à la poste \u2014 Fécule tirée de la racine de manioc \u2014 Belle-fille.8- Violente agitation dans un groupe \u2014 Qui n'agit pas avec rapidité \u2014 Sert à lier.9- (S') évanouit \u2014 Pron.pers.\u2014 Art.contracté.10- Ensemble de trois éléments pris dans un ordre déterminé \u2014 Qui agit avec violence.11- Situation de qqn qui est expulsé ou obligé de vivre hors de sa patrie \u2014 Peu dense \u2014 Passe à Mulhouse.12- Monnaie pricipale de la Bulgarie \u2014 Désoeuvrée \u2014 Nommée à une fonction.1 23456789 1011 12131415 13- Vantent les Cantatrice célèbre mérites (de \u2014 A la mode.qqn) 14- Ane.Ville d'Italie \u2014 Insignes liturgiques portés par l'évêque, le prêtre et le diacre \u2014 Cheveu.15- Dieu du Soleil \u2014 En matière de \u2014 Son perçant émis avec force par l'homme \u2014 Sa poudre est utilisée comme abrasif.S O l U T i O N p A q E 28 VERTICAL 1- Tichodrome \u2014 Se porter.2- Chacune d'elle, recouvre et protège la partie antérieure de l'oeil \u2014 Dieu des Vents.3- Personne grossière \u2014 Inattendue.4- De grande dimension \u2014 Cessation des hostilités \u2014 Espace économique européen.5- Note \u2014 personne que l'on ne connaît pas ou que l'on ne veut pas nommer.6- \"Même.que le dernier mot du 2 vertical\" \u2014 Corps en mouvement orbital autour d'une planète.7- Radon \u2014 Potage ou bouillon épaissi \u2014 Technetium.8- Plus à l'est qu'au nord \u2014 Levée, aux cartes \u2014 Bruit aigu lors de l'inspiration, dans certaines affections du larynx ou de la trachée.9- Devient malingre, chétif (S') \u2014 Déshonoré.10- Division territoriale d'un État placée sous l'autoritée du pouvoir central (Belgique.Canada, etc.) \u2014 De courte durée.11- Grande quantité, immensité \u2014 Note \u2014 Résine malodorante.12- Vent qui se glisse à travers une fente (vent.) \u2014 Particule élémentaire.13- Compliquée \u2014 Fait de servir à qqch.14- Fendre du bois en long \u2014 Se poser sur la Lune.15- C'est-à-dire \u2014 Équipe en machines, un atelier, usine \u2014 Marque le mépris.Journal Lltinéraire - Montiéal - novembre 19,38 \u201e Le bar à salade (réfrigéré) du Café sur la rue est mort.Si vous pouvez nous aider, appelez Denise au 525-5747 Besoin de mini laveuses-sécheuses, de meubles et de télévisions poor aider des femmes en difficulté.Appelez Denise English au 525-5747 Bénévoles recherchés Pour la r vision Le journal L'Itinéraire recherche un/une bénévole pour la révision des textes, en vue de notre prochaine parution.La personne doit être disponible les 13 et 16 novembre, le jour; Si vous êtes une personne sociable, méticuleuse et surtout qui possède un excellent français écrit, téléphoner au rédacteur en chef, M.Normand Lalonde, au 597-0238.Pour la traduction Pour traduire en anglais, en russe ou en toute autre langue, des articles écrits et parus en français dans notre édition imprimée.Ces textes viendront enrichir notre site web.Info: Normand Lalonde, 597-0238 LES OEUVRES DE Tél.LA MAISON DU PÈRE 550, boul.René-Lévesque Est Montréal (Québec) H2L 2L3 (514) 845-0168 Fax: (514) 845-2108 Dans la rue, avec le monde Confédération des syndicats nationaux AbuNNEMENT À L'ITINERAIRE Nom- Prénom - Adresse Tél.: Un abonnement d'un an 34,78 S Abonnements 17,38 S (12 numéros) 2 43 S TPS supplémentaires 1,22 HPS Frais de poste compris ^ ^ CJ 4(1,00 S Total Cj Nombre d'abonnement_ A compter du mois de _ Signature_ 1,00 S Total Envoyez un chèque ou mandat poste à l'ordre du Journal l'Itinéraire à l'adresse suivante: 1907, rue Amherst, Montréal (Québec), H2L 3L7 l _ _ _ _ _ _________________ L'ItInéraîre, Us ÉdmoNs passées Nom: Adresse:.Vdle: _ Province: Code postal:_ Tél.: (_).Signature: Veuillez faire parvenir un chèque ou mandat-poste à l'ordre de; Groupe communautaire L'Itinéraire À l'adresse sxtnmtejournal L'Itinéraire 1907, rue Amherst, Montréal (Québec) H2L 3L7 Veuillez me faire parvenir le(s) numéro(s) suivant(s) à 2,50 $ la copie (frais de poste compris) ?janvier 96 / Les journaux de rue ?février 96 / Les drogues ?mars 96 / Les enfants ?avril 96 / Art et itinérance ?mai 96 / L'Itinéraire a deux ans ?juin 96 / Qui sont les bizarres?J juillet 96 / Architecture à Montréal ?septembre 96 / Les jeunes de la me ?octobre 96 / Les nouvelles technologies ?novembre 96 / Les fonctionnaires ?décembre 96 / Joyeux Noël ?janvier 97 / Pauvres étudiants ?février 97 / La sexualité ?mars 97 / Créer son propre emploi ?avril 97 / Immigration et pauvreté ?mai 97 / 3e an.de L'Itinéraire ?juin 97 / Se nourrir avec peu d'argent J juillet 97 / Préjugés envers les gais ?août 97 / La beauté m'écoeure ?septembre 97 / Don Quichotte des temps modernes ?octobre 97 /Ecstacy ?novembre 97 / Dossier travail ?décembre 97 / Seul à Noël ?janvier 98 / Prévisions 98 ?février 98 / Les Olympiques ?mars 98 / Le métro vu d'en bas ?avril 98 / Les sinistrés des assurances POUR ?\u2022Hum \tTnT|TITïï\t\t\t \t\t\t\t \t\t\t\t njyernertient du ûuébec tlstèfe de ta Santé "]
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