L'itinéraire, 1 janvier 1999, juillet
[" On peut se faire vacciner contre l'hépatite B AVANT de se faire tatouer ou percer mais il n'existe AUCUN VACCIN CONTRE LE SIDA ET L'HÉPATITE G E\u201e Gouvernement du Québec ._ Ministère de la Santé LJUCTjf^C S2 ïï et des Services sociaux an 1907, rue Amherst, Montréal (Québec) H2L 3L7 Tél.: (514) 597-0238 Fax: (514) 597-1544 Courriel: itinera ire @videotron.ca Site internet: http://itineraire.educ.infimt.net Le journal L'Itinéraire a été fondé en 1992 par Pierrette Desrosiers, Denise English, François Thivierge et Michèle Wilson.À cette époque, il était destiné aux gens en difficulté et offert gratuitement dans les services d'aide et maisons de chambres.Depuis mai 1994, il est vendu régulièrement dans la rue.Plus de la moitié de cette publication est rédigée par des personnes ayant connu l'itinérance.Les articles écrits par des journalistes pigistes professionnels portent la mention «collaboration spéciale.» Le groupe communautaire L'Itinéraire est un organisme de charité tonde en 1989 pour aider les itinérants.Le conseil d'administration est composé en majorité de personnes ayant connu l'itinérance ou la toxicomanie.i Conseil d'administration du J Groupe communautaire f\\ltB L'Itinéraire: Président: Mario Lanthier * Vice-président: Luc Lenoir Secrétaire: Réjean Mathieu Trésorier: Guy Lapointe Conseillères: Claudette Godley, Michelle Wilson, Gabrielle Girard.Comité de direction: Ariane Pelletier, Serge Lareault, Denise English, Michel Desjardins.Équipe de production du journal: Rédacteur en chef: Serge Lareault Adjointe à la rédaction: Cathy Bazinet Comité éditorial: Serge Lareaull, Réjean Mathieu, Luc Lenoir.Collaborateurs:Cylvie Gingras, Gina MazeroIIe, Pierre Demers, Pierre Hamel, Claude Brûlé, Léo-Paul Lauzon el François Patenaude.Photographes: Robert Simoneau, Éric Cimon.Illustration: André-Philippe Côté.Webmestre: Pierre-Paul Doré.Révision: Jean-Paul Baril, Marie-Thérèse Déry, Michèle Jolicoeur, Robert-Yves Lalonde.Marie-Pau le Arbour, André Martin, Mariette Élhier-Morand.Mots croisés: Gaston Pipon Infographie: Jocelyne Sénécal, Serge Lareault.Distribution: Michel Desiardins (coordinateur), Michèle Wilson, Denis Blanchard.Imprimeur: Hebdo Litho Tirage: 16 000 exemplaires vendus par des itinérants et des sans-emploi dans les rues du centre-ville de Montréal.Administration du groupe: Directrice administrative: Ariane Pelletier Publicité: Éric Cimon, Isabelle Laliberté Secrétaire-comptable: Sylvie Boos Agente de développement: Gabrielle Girard Coordination du Café sur la rue: Denise English Mario Lanthier (adjoint) Resp.Café électronique: Sébastien Langlais(coord) ISSN 1481-3572 L'Itinéraire est membre de la NASNA L'Association nord américaine des journaux de rue et de mm Son tirage est certifié pa /fc L'Itinirdrt ta \" entièrement recyclible L'Itinéraire est produit et vendu en majeure partie par des sans-emploi, des personnes itinérantes, ex-itinérantes ou toxicomanes, dans le but de leur venir en aide et de permettre leur réinsertion sur le marché du travail.Pour chaque numéro vendu 2 dollars, 1 dollar revient directement au vendeur.Les profits de L'Itinéraire servent à financer les coûts de production du journal, les projets de réinsertion sociale, et le Café sur la rue, destiné aux personnes itinérantes.La direction de L'Itinéraire tient a rappeler qu'elle n'est pas responsable des gestes des vendeurs dans la rue.Si ces derniers vous proposent tout autre chose que le journal, ils le font à titre personnel.Si vous avez des commentaires sur les propos tenus ou le comportement des vendeurs, communiquez sans hésiter avec le responsable de la distribution, Michel Desjardins au (514) 597-0238, poste 32.InFo pOUR VENDRE l'hifiÉRMRt.CaH sur U rve, au 1104, rue Ontarjo Est (coirv Amherst) CAFE SUR LA ^RUE, Le café électronique est maintenant climatisé.Bienvenue en pleine canicule! Viens rUs^oir! Photo couverture: Catherine (Pistache) Larivain 5e\tIl f£\tl$/heurefl\t\t Des gens de la rue ou de milieu modeste se côtoient au Café sur la rue dans une ambiance agréable.De bons petits repas à 3,50 $ (2,25 $ pour les membres) sont servis par des gens en réinsertion sur le marché de l'emploi.Un cuisinier leur apprend à travailler et à gérer une cuisine.Le Café sur la rue est également le premier café électronique pour personnes démunies.Il n'en coûte que 1$ l'heure pour naviguer sur Internet ou utiliser un ordinateur.Des animateurs offrent de la formation gratuite à ceux qui n'ont aucune expérience en informatique.Ce projet a été réalisé grâce entre autres à la participation de Vidéotron et du Gouvernement du AQuébec.Café sur la rue: 1104, rue Ontario Est (angle Amherst), télé-| phone: (514) 597-0238, poste 32, fax:(514) 597-1544.\t\t\t\t Attention aux fraudeurs! Nous tenons à vous rappeler que personne n'a le droit de faire du porte-à-porte ou de solliciter des dons auprès des commerçants au nom de L'Itinéraire.Dites non aux fraudeurs et faites parvenir directement vos chèques au journal.\t\t\tLa formation professionnelle des travailleurs(euses) au journal Lltineraire a été rendue possible grâce, entre autres, au Ministère de la Métropole, à la CDEC du Plateau Mont-Royal/ Centre-Sud, à la Ville de Montréal, à la Régie régionale de la santé Montréal-Centre et à l'UQAM.\t Sommaire à r alternative En vous branchant sur InfmiT éducation, vous pénétrez au coeur de la pédagogie.Plus de 25 sites instructifs, vivants et animés, pour mieux apprendre.http;//www.education.infi nit.net Branchez votre école à haute vitesse! Renseignements : (514) 281-9149 1 888 246-2256 Vidéotron Adieux 5 Après cinq ans à L'Itinéraire Départ du Rédac'chef Dossier; Prostitués 12 13 15-17 18 20 21 Serge Lareault Présentation: Faire le trottoir.malgré tout Quand on n'a que sa peau à vendre Entrevues avec des travailleuses du sexe Transexuels et péripatéticiennes Garçons sur le trottoir La prostitution dans la littérature québécoise ~.ils.Tu te sens seul, tu souffres, tu as mal, ta vie n'est plus que peurs, dis-toi qu'aujourd'hui le soleil brillera pour toi, si tu as le courage de lui demander qu'il prenne ta main et te guide ï; dans la tempête de ta vie 1600, Côte Terrebonne, Terrebonne (Québec) J6Y 1G8 (450) 964-7077 Journal l'Itinéraire - Montréal \u2022 juillet 1999 1 9 Prostitution masculine MiqNONS SUR RUE CarI BtRsitn GfNtsr ColUboRATioN spécjaIe Il y a vingt ans, on découvrait en première page d'un quotidien que la prostitution juvénile touchait 5 000 garçons à Montréal.Rapidement, la police avait réagi en affirmant que la réalité était plus près d'une soixantaine de jeunes.Cela en dit long sur notre prise de conscience du phénomène.«Cinq mille, c'est exagéré, mais selon certains organismes, il y aurait actuellement une intensification de la prostitution juvénile au centre-ville», affirme Serge Bruneau, responsable du dossier de la prostitution pour la ville de Montréal.Personne n'ose plus mettre de chiffres sur cette problématique, mais elle touche sûrement plusieurs centaines de garçons «qui ne font pas tous de la prostitution de rue», ajoute Jacques Moïse, du Projet d'Intervention auprès des Mineurs Prostitués (PlaMP).Que ce soit comme danseurs, masseurs, escortes ou acteurs pornos, les jeunes de 13 à 18 ans sont nombreux dans l'industrie du sexe.Certains y sont par choix, d'autres par dépit.Mais même pour ceux qui en font leur métier, c'est loin d'être facile.Marc, un jeune de 22 ans qui se prostitue depuis six ans, l'a compris dernièrement.Il n'avait jamais touché aux drogues dures, mais un soir qu'il était fatigué, l'agence d'escorte qui Pembauchait lui a offert gratuitement de l'héroïne pour lui donner un high.Le petit manège s'est répété et Marc est devenu «accro».Le jeune homme cherche maintenant désespérément à s'en sortir.Prendre sa retraite Les dangers de la prostitution sont nombreux: drogues, maladies, marginalisation.Mais le plus dur, c'est d'en sortir.«L'être humain qui souffre là-dedans choisit souvent d'y rester parce qu'il a trop peur de ce qui arrivera après», raconte Jacques Moïse.Il n'est pas évident, par exemple, de se faire un c.v.après quelques années de prostitution! Le PlaMP offre des services de dépannage alimentaire, de médiation et d'accompagnement en cour, en plus d'un contact personnalisé.Il faut noter que l'organisme est en réorganisation.Le PlaMP a fermé son drop in parce qu'il ne rejoignait plus les jeunes prostitués et tente actuellement de mieux cerner les nouveaux besoins de ces garçons.Selon Jacques Moïse, tout a changé depuis la généralisation de l'utilisation du téléphone cellulaire et d'Internet.Le Projet Prostitution Masculine de l'organisme Séro-Zéro est le deuxième service spécialisé pour les jeunes prostitués.Principalement actif auprès des jeunes de moins de 25 ans qui travaillent dans la rue, le Projet rencontre entre 250 et 300 garçons par année, dont une trentaine de mineurs.Steve Thibeault, travailleur de rue responsable du Projet, raconte: «Séro-Zéro est un organisme de prévention du VIH/sida, c'est donc aussi un de nos mandats importants.On offre des condoms et du lubrifiant gratuitement et on fait de l'éducation.Ces jeunes ont de bonnes connaissances, mais ce n'est pas toujours suffisant.» Le Projet fait également du travail sur l'estime de soi des jeunes en les initiant à divers médiums artistiques.En mai dernier, les Foufounes Electriques exposaient certaines photos produites par des garçons en contact avec le Projet.jean-F.Leblanc (Agence Stock Photo) Actuellement, Steve Thibeault travaille à un projet de recueil de textes écrits par de jeunes prostitués.Peu de ressources Le PlaMP et le Projet Prostitution Masculine sont les seuls organismes spécialisés dans l'aide aux prostitués mineurs.La seule autre personne à aider ces garçons, c'est Yves Côté, l'intervenant en pastorale sociale de l'Église Saint-Pierre-Apôtre.Il rencontre régulièrement des jeunes à son bureau pour les écouter, ou simplement fraterniser autour d'un café.«Je les dirige vers les organismes appropriés quand ils ont des besoins particuliers, comme lorsqu'ils veulent quitter le métier.Il y en a qui pensent qu'il ne sont bons que pour la prostitution!» C'est bien peu de ressources d'aide pour des centaines de garçons qui vivent des réalités parfois très différentes.Entre le jeune qui habite chez ses parents et qui se prostitue pour arrondir ses fins de mois et celui qui vit presque dans la rue et consomme de la drogue, il y a tout un monde! Au Projet Prostitution Masculine, on aimerait qu'il y ait plus de travailleurs de rue.Au PlaMP on croit plutôt que c'est le manque d'écoute sans préjugés des besoins du jeune qui pose un problème.Jacques Moïse explique: «La prostitution, ça peut être un mode de communication.Quand on travaille à sortir le jeune de la prostitution, qui nous dit qu'après il ne déprimera pas, seul?Si on le sort de son milieu de vie et qu'après il va se suicider, on a aidé qui?» En attendant que d'autres organismes offrent des services à ces garçons, le YMCA centre-ville et des partenaires tenteront cet été de réduire le recrutement de nouveaux prostitués.Les jeunes qui arrivent des régions à la Station Centrale (terminus Voyageur) sont particulièrement vulnérables puisqu'ils sont souvent sans ressources.On y tiendra donc un kiosque d'information à leur intention, mais aussi de tout autre voyageur dans le besoin.Au moment d'écrire ces lignes, ce projet, Premier Arrêt, attendait l'octroi d'une subvention pour commencer à travailler.Comme quoi, quand on parle de prostitution, tout tourne toujours autour de l'argent! PlaMP: 284-1267 Projet Prostitution Masculine: 521-7778 Yves Côté: 524-3791 YMCA Centre-ville: 849-8393 Journal L'Itinéraire Montréal ¦ juillet 1999 La prostitution dans la littérature québécoise CacNez ce métier que je ne salraîs Ure! Pjerre Demers Les personnages de prostitué femme ou homme sont fort peu nombreux dans la littérature d'ici, tous siècles confondus.C'est la première constatation qui s'impose quand on consulte quelques spécialistes.Comme si le sujet avait été censuré autant en fiction qu'en réalité dans notre société.Classé dans la catégorie «interdit» ou «tabou».Aurélien Boivin dirige le Dictionnaire des oeuvres littéraires québécoises à l'Université Laval depuis dix ans.Il a presque tout lu de ce qui se publie au Québec depuis le XIXe siècle.Il est particulièrement bien documenté sur les romans et les ouvrages de fiction.Selon lui, on peut compter sur les doigts d'une seule main les quelques prostituées qui font acte de présence dans notre monde littéraire.«La prostituée est un accident de parcours dans notre littérature, souligne-t-il, autant dans la période moderne qu'aux XIXe et XXe siècles.Comme la sexualité, le sujet est tabou alors que, dans la littérature française, des auteurs de renom comme Guy de Maupassant en ont fait le sujet principal de leur roman, notamment La Maison Tellier, ou encore Emile Zola qui décrit longuement la vie quotidienne des prostituées dans Nana.Ici, aucun personnage principal de roman n'exerce ce métier.» Tout ce qu'on peut trouver ici ce sont, à l'occasion, des témoignages de prostituées dans des ouvrages documentaires plus ou moins sociologiques.Un peu comme les témoignages de criminels ou de prisonniers fraîchement sortis de Bordeaux ou de Pinel.Amélie Boivin nous signale même un beau cas de censure d'un ouvrage de Louis Hémon qui s'était fait connaître au Québec en 1920 avec Maria Chapdelaine.Ce même auteur avait écrit en Angleterre en 1909 Monsieur Ripois et la Némésis qui racontait le concubinage d'un homme âgé avec une prostituée à Londres.Pour ne pas ternir la réputation de l'auteur de Maria Louis Hémon, l'auteur de Maria Chapdelaine, a déjà été censuré pour avoir mis en scène un personnage de prostituée dans un de ses romans.Chapdelaine, roman tout de même pudique, la maison d'édition Grasset a retenu la publication de Monsieur Ripois en France et au Québec jusqu'en .1950.Faut le faire.Un autre spécialiste de la littérature québécoise, Laurent Mailhot auteur d'un Que sais-je?sur la littérature d'ici, nous a indiqué que certains genres littéraires sont plus riches en personnages de prostituée que d'autres dans la période contemporaine.«Dans le théâtre québécois on trouve quelques cas de prostitués mâles ou femelles tourmentés et presque toujours tragiques, par exemple dans Being at home with Claude de R.Daniel Dubois, que Jean Beaudin a transposé au cinéma, dans Provincetown playhouse de Normand Chaurette et dans certaines pièces de Michel Tremblay, qui demeure la référence du genre.Mais il ne faut pas se méprendre, la majorité des personnages tourmentés de Tremblay sont des travestis ou des homosexuels qui se sentent incompris.Ils sont des exhibitionnistes bien souvent mais rarement des prostitués en exercice.» Et toujours selon Laurent Mailhot, il faut regarder du côté de la poésie, par exemple, pour y trouver davantage de références à la prostitution.Certains poètes ont fait l'éloge, avec beaucoup de sensibilité, de filles et de garçons qui font le trottoir.Parmi les chantres important de la prostitution sous tous ses angles mentionnons André Roy, Denis Vanier, Josée Yvon et Jean-Paul Daoust.«Des auteurs, souvent à mots couverts, évoquent parfois des liens avec des prostituées.Dans le Journal de Saint-Denis Garneau c'est le cas, mais toujours très discrètement.Dans Une saison dans la vie d'Emmanuel de Marie-Claire Biais, le collège est comparé pafois à un bordel.Le personnage de l'Amérindienne prostituée est évoqué dans le Sun
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