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Titre :
L'itinéraire
Depuis 1992, L'Itinéraire fait découvrir aux Montréalais les intérêts, les préoccupations et les revendications des gens de la rue, des activistes sociaux et des collaborateurs qui participent à la publication. [...]
L'Itinéraire est un mensuel montréalais dont la publication a débuté au printemps 1992. Le magazine est une initiative du Groupe communautaire L'Itinéraire, organisme basé dans le quartier Centre-Sud à Montréal. Il est vendu dans les rues et dans le métro de Montréal par des camelots. La création de L'Itinéraire visait à offrir une publication aux personnes seules et itinérantes dans laquelle elles pourraient partager avec la population les problématiques de l'itinérance et proposer des pistes de solution. L'Itinéraire permet aux participants l'apprentissage d'un travail rémunéré. Une participation active brise l'isolement. Elle favorise la revalorisation et la réalisation de soi, une reprise personnelle et une culture de l'autonomie. L'Itinéraire transmet aux Montréalais les intérêts, les préoccupations et les revendications des gens de la rue, des activistes sociaux et des collaborateurs qui participent à la publication. Ainsi, l'accès au logement, la réinsertion sociale, le travail du sexe, l'alcoolisme et la toxicomanie, la formation aux adultes, les droits de la personne, les sujets politiques de l'heure, les arts et la culture populaire, sont des sujets traités dans le magazine. On trouve régulièrement une personnalité connue en page couverture de L'Itinéraire, à laquelle est jumelé un article prenant souvent la forme d'une entrevue. Des collaborations spéciales de journalistes pigistes professionnels trouvent leur place chaque mois dans L'Itinéraire. Le magazine offre aussi une tribune à ses camelots, dont quelques-uns sont maintenant des figures connues des Montréalais. THIVIERGE, François, « Intervention de groupe auprès de la population itinérante de Montréal », Service social, vol. 43, no 2, 1994, p. 147-157.
Éditeur :
  • [Montréal] :Groupe communautaire l'itinéraire,1992-
Contenu spécifique :
janvier
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
deux fois par mois
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L'itinéraire, 2001-01, Collections de BAnQ.

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[" L'Itinéraire a besoin de 4Tffi^[| \u2022 frigo commercial \u2022 imprimante laser \u2022 scanner (numérisateur) \u2022 lecteur Zip \u2022 ordinateurs Macintosh: (LC ou plus récent) \u2022 bibliothèque \u2022 caisse enregistreuse \u2022 magnétophones \u2022 appareils photos \u2022 montures de lunettes (homme et femme) \u2022 camionnette Si vous avez des appareils qui fonctionnent encore, s'il vous plaît, contactez-nous au (514) 597-0238 L'Itinéraire est produit et vendu en majeure partie par des personnes itinérantes, ex-tinérantes, sans emploi, alcooliques ou toxicomanes, dans le but de leur venir en aide et de permettre leur réinsertion sur le marché du travail.Pour chaque numéro vendu 2 dollars, 1 dollar revient directement au camelot.Les prolits de L'Itinéraire servent à financer les coûts de production du journal, les projets de réinsertion sociale, le Calé sur la rue, et l'espace multimédia.La direction de L'Itinéraire tient à rappeler qu'elle n'est pas responsable des gestes des vendeurs dans la rue.Si ces derniers vous proposent tout autre produit que le journal, ou demandent des dons, ils le font à titre personnel.Si vous avez des commentaires sur les propos tenus ou le comportement des vendeurs, communiquez sans hésiter avec le responsable de la distribution.Michel Desjardins au (514) 597-0238, poste 32 vencIre L'Itinéraire.C\\h svr U rue, ai 1104, Rit Ontario Est iVjli AmIierst) d: es gens de la rue ou de milieu modeste se côtoient au Café sur la rue dans une ambiance agréable.De bons petits repas sont servis par des personnes en réinsertion sur le marché de l'emploi pour la modique somme de 4,50$.Un cuisinier leur apprend à travailler et à gérer une cuisine.Les personnes à faible revenu peuvent se procurer une carte de membre au coût de 5$ et obtenir un repas à 2,25$, pour une période d'un an.La formation professionnelle des travailleurs(euses) au journal L'Itinéraire a été rendue possible grâce, entre autres, au Ministère de la Métropole, à la CDEC du Plateau Mont-Royal/Centre-Sud, à la Ville de Montréal, à la Régie régionale de la santé Montréal-Centre et à l'UQAM.L'Itinéraire tient à prévenir la population que des imposteurs sol licitent des dons sans son consentement.Que ce soit par sollicitation téléphonique ou de porte à porte, personne n'est autorisé à solliciter des dons monétaires ou matériels pour L'Itinéraire.Le quartier Rosemont sollicité Plusieurs personnes, hommes et femmes, ont à plusieurs reprises sollicité la population du quartier Rosemont.Nous invitons les personnes sollicitées à communiquer immédiatement avec la police pour mettre fin à cette sollicitation frauduleuse.L'Itinéraire victime d'imposteurs Attention aux fraudeurs Pour aider L'Itinéraire, les gens sont invités à se procurer notre revue auprès de nos camelots dûment identifiés.Vous trouverez des camelots sur toutes les grandes artères de la ville ainsi que dans plusieurs stations de métro.Les dons sont les bienvenus mais ils doivent être directement adressés à nos locaux du 1907 rue Amherst, Montréal H2L 3L7.Pour plus d'information, vous pouvez communiquer avec nous au (514) 597-0238.Éric Cimon, Responsable des promotions, (514) 233-5688 cime@cam.orQ ou Ariane Pelletier, Directrice administrative, (514) 597-0238 poste 28, arianepelletier@videotron.ca 1907, rue Amherst, Montréal (Québec) H2L3L7 Tél.; (514) 597-0238 Fax:(514) 597-1544 Courriel: itineraire@videotron.ca Site internet: http://itineraire.educ.infinit.net Le journal L'Itinéraire a été fondé en 1992 par Pierrette Desrosiers, Denise English, François Thivierge et Michèle Wilson.À cette époque, il était destiné aux gens en difficulté et offert gratuitement dans les services d'aide et maisons de chambres.Depuis mai 1994, il est vendu régulièrement dans la rue.Plus de la moitié de cette publication est rédigée par des personnes ayant connu l'itinérance.Les articles écrits par des journalistes pigistes professionnels portent la mention «collaboration spéciale».Le Groupe communautaire L'Itinéraire est un organisme à but non lucratif fondé en 1989 pour aider les itinérants.Le conseil d'administration est composé en majorité de personnes ayant connu l'itinérance, l'alcoolisme ou la toxicomanie.Conseil d'administration du Groupe communautaire L'Itinéraire: Président: Mario Lanlhier Vice- président Jean-Marie Tison Secrétaire: Réjean Mathieu ftésorien Jean-Paul Baril Conseillers: Gabriel Bissonnette.Josée Boisvert Éric Cimon, Robert Dion, Gabrielle Girard Comité de direction: Denise English, Ariane Pelletier Jean-Pierre Lacroix, Michel Desjardins.Sébastien Langlais Equipe de production du journal: Rédacteur en chef: Jean-Pierre Lacroix Adjointe à la rédaction: Reine Côté Collaborateurs: Pierre Demers, Patrice MacDonald.Jean-Marie Tison.Geneviève Denis, Jean-Pierre Béliveau, Élyse Frenette, Pierre Hamel, Éric Cimon, Gina Mazerolle, Michelle Wilson, Léo Paul Lauzon, Maxime, Albert, Michel Desrochers, Vianney, Pierrette Jeanneault, Mario Lanthier, Infographiste: Jocelyne Sénécal Révision: Marie-Thérèse Déry, Jean-Paul Baril, Micheline Bonnoyer, Guy Crevier, André Martin, Mariette Éthier-Morand, Mots croisés: Gaston Pipon Imprimeur Québécor World Lebonlon Tirage: 20 000 exemplaires vendus par des itinérants el des sans-emploi dans les rues du centre-ville de Montréal Administration du groupe: \u2022 Secteur administration Responsable: Ariane Pelletier Ad|olnte administrative Sylvie Boos Publicité Éric Cimon \u2022Secteur Calé sur la nie Responsable Denise English \u2022 Secteur distibution Responsable: Michel Desjardins \u2022 Secteur Internet Responsable: Sébastien Langlais \u2022 Secteur journal: Responsable: Jean-Pierre Lacroix Adjointe Reine Côté L'Itinéraire est membre de: NASNA \u2022 Association nord-américaine des journaux de nie Le réseau international s journaux de rue Son tirage est certifié par ÂVdà AMECC Sommaire 08 ENTRETIEN AVEC YVES MICHAUD 10 INSTITUTION BANCAIRES ET LES GENS À FAIBLE REVENU 16 PRETEURS SUR GAGES: SHYLOCKS LÉGAUX?Dossier 05 Editorial 12 Succursales fermées, services réduits 13 Les Cercles d'emprunt survivront 14 Le micro-crédit s'en vient 15 Victime d'un shylock Chroniques Actualités 18 Spectre de rue a dix ans 20 Bien des maux à dire 21 Lerrance urbaine 23 La moitié gauche du frigo 25 Classique Éric Lapointe 26 Découvrir le monde sans un sou32 SOS pour nos jeunes 35 Létat d'urgence: camp de Noël Page couverture Illustration de Serge Lacroix Billet 06 Dix ans déjà 28 Mots des camelots 30 Prof Lauzon 32 Mots croisés 34 MONTREAL \u2022 JANVIER 2001 L'Itinéraire est \\_j entièrement recyclaOle JOURNAL L'ITINÉRAIRE i Quatrième édition 2001 Hommage Bénévolat-Québec En tant que bénévole, vous savez ce que signifie le verbe donner : donner son amour, donner son temps, donner ses énergies, se donner.Et si, pour une fois, c'était vous qui receviez.le prix Hommage bénévolat-Québec?J'invite toutes les personnes bénévoles et tous les organismes bénévoles à poser leur candidature à l'occasion de cette quatrième édition du prix Hommage bénévolat-Québec.Je souhaite également que nous profitions de l'Année internationale des bénévoles 2001 pour faire rayonner le bénévolat non seulement dans chacune de nos régions, mais également au-delà des frontières du Québec! André Boisclair MINISTRE DE LA SOLIDARITÉ SOCIALE VOUS AVEZ JUSQU'AU 7 FÉVRIER 2001 POUR POSER VOTRE CANDIDATURE.Le prix Hommage bénévolat-Québec veut rendre hommage aux bénévoles pour l'apport social et la générosité dont ils font preuve envers leurs concitoyennes et leurs concitoyens.Décerné dans les 17 régions administratives du Québec, le prix comporte les catégories « Bénévole », « Organisme » et, une nouveauté cette année, le prix Claude-Masson.remis à des jeunes de 18 à 30 ans dans la catégorie « Jeune Bénévole ».Une quatrième catégorie, « Bénévole international », s'ajoute exceptionnellement en cette année internationale des bénévoles.Pour obtenir un formulaire de mise en candidature ou pour tout renseignement, vous pouvez communiquer avec l'un des organismes suivants : SECRÉTARIAT À L'ACTION COMMUNAUTAIRE AUTONOME DU QUÉBEC Région de Québec : (418) 646-9270 Ailleurs au Québec, sans frais : 1 800 577-2844 \u2022 Télécopieur : (418) 644-5795 Courrier électronique : saca@saca.gouv.qc.ca \u2022 Internet : http://www.saca.gouv.qc.ca FÉDÉRATION DES CENTRES D'ACTION BÉNÉVOLE DU QUÉBEC Région de Montréal : (514) 843-6312 Ailleurs au Québec, sans frais : 1 800 715-7515 «Télécopieur : (514) 843-6485 Courrier électronique : fcabq@cam.org \u2022 Internet : http://www.cam.org/fcabq/ Québec II II fcaC>q Secrétariat à l'action Fédération des centres d'action bénévole du Québec Chercher L'erreur !?! La mondialisation devrait permettre non seulement la croissance, mais la répartition équitable de la richesse entre tous.Lors d'un récent passage au Québec, Ricardo Petrella, économiste et politologue, déplorait que «c'est le capital financier qui fixe l'ordre du jour de nos sociétés.Ce n'est plus le politique, les parlements nationaux, ni même les gouvernements.Les gouvernements ne sont plus au volant, mais dans le coffre à bagages!» Petrella constate que «le capital est en train de financiariser la vie et de marchandiser l'existence humaine.» La pensée économique néo-libérale originelle, à la fin du XVIIIe siècle, avait une logique: répondre aux besoins fondamentaux qui n'étaient pas tous couverts par le principe que plus de biens amènent plus de satisfaction.À cette époque, le développement durable ne posait pas de problèmes.Evidemment, les conditions ont changé: plus de besoins sont comblés; la pollution a dégradé la nature; la pauvreté n'est pas disparue.L'argent n'est pas redistribué et la richesse créée ne profite qu'aux grandes corporations et aux banques.L'être humain n'est plus au cœur des préoccupations néo-libérales actuelles.C'est l'individu, la plus petite parcelle de cette société de consommation, qui compte.Le marché est roi, le moteur du profit tourne à fond et cette richesse repose de plus en plus sur l'immatériel et le savoir.On en est arrivé à une déconnexion éthique, une banqueroute morale.L'avenir de l'humanité repose entre les mains de quelques transnationales détentrices des nouvelles technologies d'information et de communication, des formules biochimiques et des secrets des manipulations génétiques.Une Organisation mondiale de développement social, suggérée par Petrella devient essentielle devant l'accroissement spectaculaire des inégalités.Les banques et les caisses populaires ne prêtent pas de petits montants et ne prêtent pas aux démunis.«J'veux du cash, du crédit Quèque chose pour faire l'épicerie [.] J'ai des comptes à régler, des dettes à payer Tou'le monde veut du cash Tou'le monde en arrache» Phénomène par Jean-Pierre Lacroix Rédacteur en chef Comment peut-on espérer consolider ses, dettes dans de telles conditions?Le taux d'intérêt est plus élevé pour un prêt à des fins d'études universitaires \u2014 qui permettrait de trouver un emploi \u2014 que pour l'achat d'une voiture.qu'il faudra changer dans quelques années! Des solutions, il y en a, et on peut en inventer d'autres.Pourquoi pas une économie sociale et solidaire ?Emprunter aux riches pour prêter aux pauvres et faire accéder au crédit des chômeurs ou des personnes à faible revenu.Face à la montée continue de l'emploi précaire et de l'exclusion, il faut investir dans les zones défavorisées.Le banquier John Bryant, de Los Angeles, entama sa lutte contre la pauvreté en 1994: «Je suis un capitaliste, mais avec du cœur.On peut vivre bien en faisant le bien.Une société uniquement basée sur le profit ne durera pas.» Les banques n'ont pas encore compris que les pauvres constituaient un marché en pleine expansion! La pauvreté ne peut être vaincue que si l'on donne aux gens leur indépendance économique et la possibilité d'agir sur leur avenir.Cela ne semble pas être bien compris par les gouvernements qui financent la création des programmes occu-pationnels et conviviaux où les sans-emploi accomplissent de petits travaux en échange d'une modeste bonification de leur prestation d'aide sociale.Il est urgent de trouver une logique économique alternative humaniste.Le revenu de citoyenneté, à condition d'être raisonnable, offre une solution permettant à tout citoyen de vivre dignement, de faire et de réaliser des projets.La mise en place de nouvelles monnaies émises par des coopératives de troc serait possible par la mise sur pied de banques d'emploi facilitant l'échange d'heures de travail contre des bons d'échange.Un vrai réseau d'entraide pour les sans-emploi! jplac@videotron.ca r.1 MONTREAL \u2022 JANVIER 2001 JOURNAL L'ITINÉRAIRE 5l je rmiM.moi non plus.par Jean-Mlarie Tison eiï bnTflRio.Le 15 novembre dernier, on apprenait que le gouvernement ontarien de Mike «got damned» Harris envisageait de faire adopter un projet de loi controversé qui en ferait la première province au pays à obliger les assistés sociaux à subir des tests de dépistage visant à déterminer s'ils consomment de la drogue, avant de leur remettre leur chèque.Les voies du fascisme, comme celles de l'enfer, sont toujours pavées de bonnes intentions.Pour monsieur Baird, ministre des Services sociaux et communautaires, le projet vise à «aider» les toxicomanes plutôt qu'à les punir.Dans un élan de compassion humaniste peu commun chez nos élus M.Baird ajoute que son gouvernement ne baissera pas les bras devant le problème: «C'est difficile de se trouver un emploi lorsqu'on est toxicomane».Oufl Quelle profondeur dans l'analyse! Il est clair que M.Harris et son état-major, mobilisés en toute hâte dans la guerre aux pauvres \u2014pardon! à la pauvreté, sont devenus le plus gros problème des assistés sociaux ontariens.Que dire de plus sinon qu'en plus de violer les droits des personnes, il semble bien que M.Harris vive dans un espace-temps différent du commun des mortels, où les effets précèdent les causes.Il n'est jamais venu à l'esprit de ce monsieur que c'est précisément le désespoir de se trouver un emploi stable qui, parfois, peut conduire une personne à abuser de l'alcool ou des drogues.Mais la véritable beauté la chose, si je puis dire, réside dans le fait qu'il renforce dans l'esprit des «bons-citoyens\u2014contribuables», que tous les assités sociaux (environ 450 000 personnes) sont des alcooliques et des toxicomanes; en plus, bien sûr, d'être paresseux, fraudeurs, profiteurs, et j'en passe.Des gens sans conscience, incapables donc de prendre soin d'eux-mêmes, comme des enfants, qu'il faut tenir en laisse.comme des chiens.«Si tu fais le beau, tu vas l'avoir ton biscuit, sinon.» «Diviser pour régner».La formule ne date pas d'hier.De la même façon, trouver un bouc émissaire.le plus faible, si possible, et l'offrir à la vindicte populaire, permet de détourner l'attention des vrais problèmes, tout en procurant un soulagement temporaire aux citoyens qui conservent l'impression que le gouvernement «fait quelque chose pour eux»! Ce que les bons citoyens oublient, c'est qu'en laissant l'Etat bafouer les droits des plus faibles, ils se font complices des oppresseurs et se placent eux aussi dans la ligne de mire d'un gouvernement qui tente de faire disparaître la notion même de citoyenneté avec tous les droits qui s'y rattachent.On crée ainsi des sous-classes qui doivent obéir à d'autres lois spécifiquement créées pour eux.Des classes de seconde zone, de catégorie «B», comme dans série «B» ou .plan «B».C'est ainsi qu'on en arrive tout naturellement à croire, comme dans le roman La ferme des animaux, de George Orwell, que tous les hommes sont égaux «sauf que certains sont plus égaux que d'autres»! .et au québec Ici même au Québec, on assiste au même phénomène, même si les procédés diffèrent légèrement; on y va par la bande, n'est-ce pas, monsieur Boisclair?En novembre dernier, je vous expliquais comment les droits et les devoirs liés à la notion de conjoint se heurtent de front selon que l'on est ou non bénéficiaire de l'aide-sociale.Dans l'exemple que je citais, la situation du couple illustrait qu'en se comportant comme des conjoints, ainsi que le prescrit le code civil du Québec, ils ne correspondaient plus aux critères d'admissibilité de l'aide-sociale, et ce même si le couple ne cohabite pas.Rappelons brièvement que le Tribunal Administratif du Québec (le TAQ) a établi trois critères afin de définir la notion de conjoint.Selon l'article 2 de la loi, le couple doit cohabiter, se porter l'un à l'autre secours mutuel dans l'optique d'un projet commun et, bien sûr, cette relation doit aussi être de la commune renommée.Ce dernier critère, ne servant qu'à soutenir les deux autres le cas échéant, ouvre la porte, je le rappelle, à la délation de n'importe quel voisin ou ami qui jurera vous avoir vu en train de tenir la main de votre co-locataire.Rappelons encore que dans une décision datée du 6 mai 1998, le Tribunal ajoutait [.] qu'il y a donc lieu de préciser la relation et se demander si elle est de nature de celle qui existe entre deux personnes engagées dans un projet qui se veut durable et supporté par des rapports affectueux et intimes (c'est l'auteur qui souligne).Cette attention tout empreinte d'affection réciproque peut pénaliser le partenaire qui dépend de l'aide sociale et ce, même si I 6 JOURNAL L'ITINERAIRE MONTREAL \u2022 JANVIER 2001 le code civil du Québec ( aux articles 394 et suivants) stipule qu' un conjoint doit apporter à l'autre: appui, dévouement, affection, support moral.Si je me suis permis de citer à nouveau ces textes, c'est que je m apprête à enfoncer le clou un peu plus profondément encore.En effet dans le cas d'un couple hétérosexuel, les enquêteurs peuvent éviter d'en arriver à demander aux requérants s'ils ont des rapports sexuels, dans le but d'établir la preuve qu'ils sont bel et bien conjoints.Qu'adviendrait-il alors d'un couple gai vivant la même situation?À force de luttes constantes, les communautés gaies ont réussi à obtenir une reconnaissance civile et juridique à plusieurs niveaux.A défaut de pouvoir se marier les conjoints de fait sont maintenant reconnus, ce qui permet à l'un des deux conjoints de toucher, éventuellement, une pension alimentaire ou un héritage.Paradoxalement, cette reconnaissance sociale débouche en fait sur une diminution des droits.Je m'explique.Admettons que je partage mon logement avec un ami.Lui travaille et moi je touche un chèque d'aide sociale.Ah oui! j'oubliais un détail! Nous sommes gais et nous nous aimons (je vous rappelle que dans la vraie vie, je suis un autenthique hétéroclite certifié).Un bon matin, je suis convoqué à mon centre du ministère de la Solidarité sociale et les deux agents en face de moi me demandent carrément si je suis gai.Si je réponds oui, je perdrai mon allocation, car on conclura que mon coloc est aussi mon conjoint.Je réponds donc «non».L'enquêteur ne me croit pas.On m'invite donc à parler de mes relations hétérosexuelles.Essayez de vous imaginer ça: vous n'êtes pas dans une taverne avec vos chums! Peine perdue, les enquêteurs ne me croient toujours pas! En conséquence, on m'avise que mon aide sera suspendue et on m'invite à compléter une nouvelle demande en tant que conjoint déclaré.Je dispose alors de 90 jours pour contester la décision devant le Bureau de révision (le BR?) qui n'est qu'en fait qu'un appendice du ministère de la Solidarité sociale La machine administrative de l'aide sociale doit alors faire la preuve devant le Bureau de Révision que je suis le conjoint de mon coloc parce que nous sommes homosexuels.Je précise que cette preuve est constituée d'informations receuillies par les enquêteurs sur ma vie privé auprès de mon entourage (rappelez-vous le critère de la commune renommée).Si la décision de suspendre mon aide est maintenue, Le Bureau de Révision dispose de 10 jours, à partir de la date de réception de la demande de révision, pour rendre sa décision.Je décide donc de consulter un avocat de l'aide juridique pour plaider ma cause.Celui-ci appelle le BR et le somme de rendre une décision.Toujours dans l'éventualité où mon aide demeure suspendue, je décide donc de porter ma cause en appel devant le Tribunal administratif du Québec (le TAQ), un tribunal civil indépendant du ministère de la Solidarité sociale.Ce genre de cause n'a jamais été entendu au TAQ, ce qui MONTREAL* JANVIER 2001 pourrait paver la voie à une jurisprudence dans ce domaine.! Qui plus est, les tribunaux n'aiment pas aller fouiner dans la chambre à coucher des citoyens: cela fait mauvaise presse.Alors si vous vivez une situation semblable dès votre première convocation au bureau où travaille votre agent, vous pouvez refuser de répondre à la question concernant votre orientation sexuelle.Si jamais on décide de vous priver de votre chèque mensuel, vous pouvez même retourner complètement la situation en invoquant devant le TAQ l'article 10 (et 10.1) de la Charte des droits et libertés du Québec, ainsi que l'article 15 de la Charte canadienne des droits.Ensuite?Attendez la suite et, qui sait?en bout de lutte, vous pourriez invoquer aussi l'article 49! Voilà! c'est tout! Les implications liées à la notion de conjoint dans les critères d'admissibilité de la loi sur l'aide sociale constitue une véritable patate chaude pour le ministre Boisclair.Qui sait, monsieur le ministre, vous pourriez peut-être un jour vous retrouver le cul à l'eau, bouche bée, sur l'aide sociale?Éliminer donc au plus sacrant cette notion de conjoint si embêtante pour vous et si injuste pour tout le monde.Vous pourrez ainsi entonner avec vos confrères ce couplet de la célèbre chanson d'Oscar Thiffault: «Y a des hommes de rien Qui m'embrassent et Qui m'embrassent Y a des hommes de rien Qui m'embrassent Pi ça m'fait rien! tison2000@hotmail.com JOURNAL L'ITINÉRAIRE ~TI Charte des Droits et Libertés du Québec DROIT À L'ÉGALITÉ DANS LA RECONNAISSANCE ET L'EXERCICE DES DROITS ET LIBERTÉS.Art.10 Toute personne a droit à la reconnaissance et à l'exercice, en pleine égalité, des droits et libertés de la personne, sans distinction, exclusion ou préférence, fondée sur la race, [.], l'orientation sexuelle, l'état civil [.].Il y a discrimination lorsqu'une telle distinction, exclusion ou préférence a pour effet de détruire ou de compromettre ce droit.Art.10.1 Nul ne doit harceler une personne en raison de l'un des motifs visés dans l'article 10.Art.49 Une atteinte illicite à un droit ou à une liberté reconnu par la Charte, confère à la victime le droit d'obtenir cessation de cette atteinte et réparation. Dossier: Institutions financières r4 Entretien avec Yves Michaud Les affaires sont nos affaires! 5 ans, sur le monde impersonnel de la finance souffle un vent de fraîcheur qui, peu à peu, ébranle les valeurs veillottes des institutions financières.Yves Michaud, dit le Robin des banques, a entrepris une lutte historique contre le système bancaire et les grandes compagnies.De petite victoire en petite victoire, ce David entraîne de plus en plus de gens avec lui contre ces Goliath qui régnent depuis trop longtemps sur nos finances.Yves Michaud est un homme aux multiples professions, qui illustrent son engagement profond à donner à notre société un visage plus humain.Il a notamment été journaliste, député à l'Assemblée nationale, directeur du quotidien Le Jour et délégué général du Québec en France.C'est cependant sous l'angle de son action auprès du monde de la finance que nous vous le présentons aujourd'hui.Coriace et tenace, Yves Michaud ne recule devant aucun défi.Après qu'on lui eut refusé 3 de présenter des propositions à | l'assemblée des actionnaires des f banques, M.Michaud a plaidé 1 lui-même et sans moyen devant \" la Cour supérieure pour les faire & plier.Comme arme, une maîtrise de la langue hors du commun et une détermination à toute épreuve.Yves Michaud a eu gain de cause et il peut maintenant, comme n'importe quel actionnaire, présenter des propositions dans les assemblées de société ouverte.Quels objectifs poursuit-il par cette croisade?Démocratiser le système bancaire qui est tenu par un petit groupe de riches qui profitent du système aux dépens de la société.Les propositions amenées par M.Michaud sont multiples et certaines complexes, pour ceux qui ne sont pas initiés aux rouages des banques.Il propose d'élire séparément par Cric Cimon Yves Michaud chacun des candidats au conseil d'administration, de divulguer les politiques de rémunération des dirigeants, de s'assurer de l'autonomie et de la transparence des vérificateurs et de veiller à la présence d'actionnaires au conseil d'administration, outre ceux qui sont choisis par le conseil ou par la direction.Les propositions d'Yves Michaud et de ses partenaires sont des constats que la société a évolué et que le monde des corporations a un grand bout de chemin pour rattraper la démocratie civile.Du livre qu'il vient de publier, Parole d'un homme libre, Yves Michaud consacre le tiers à pourfendre les habitudes du monde économique.«Encore une fois, obsédés par la poursuite du profit maximal, de l'argent-roi, sans conscience, sans morale, sans humanité, les manipulateurs financiers font en sorte que ce sont les plus petits, les plus faibles, les moins nantis qui vont passer à la caisse, si j'ose ainsi dire, pour gonfler jusqu'à la démesure les profits de leurs institutions.En première ligne, des caissières et des caissiers, préposés à l'accueil et la réception des clients, dont le salaire tourne autour de 25 000 $ par an, vont se retrouver sur le pavé pour grossir les rangs des assistés sociaux.» Pourtant, une bonne partie de la richesse du monde est détenue par les caisses de retraite et les fonds de pensions.Au Québec seulement, c'est 1,5 million d'actionnaires, 114 milliards de dollars d'actif pour 200 caisses de retraites.«On doit s'occuper de nos affaires», insiste Yves Michaud.«Il y a peu de différence de rendement entre les placements éthiques ou environnementaux», ajoute-t-il.«Pourtant on place son argent ailleurs sans se rendre compte qu' au lieu de s'aider, on aide la concurrence qui, 18 JOURNAL L'ITINÉRAIRE MONTRÉAL \u2022 JANVIER 2001 elle, utilise des travailleurs bon marché et ne suit pas les normes environnementales.» Seul au début, il a créé L'Association de protection des épargnants du Québec et, depuis, il parcourt le Québec et prononce des centaines de conférences pour sensibiliser des actionnaires de fonds de retraite.«Les investisseurs institutionnels sont fort discrets sur leurs relations avec les sociétés.Ils possèdent pourtant un pouvoir de changement qui leur est bénéfique, surtout pour les cotisants qu'ils représentent», affirme M.Michaud.Les Caisses populaires Lorsqu'on demande à Yves Michaud son avis sur les Caisses populaires, il répond sans hésiter.«Le mouvement Desjardins a été créé il y a cent ans d'après un modèle hiérarchique ressemblant à l'Eglise.» Il compare sans vergogne les pouvoirs du président à ceux du pape, le président de caisse au curé et le gérant au vicaire.Jugeant le mouvement moins démocratique que les sociétés en bourse, il constate qu'il faudrait un mouvement dans tout le Québec pour faire des changements de fond au mouvement.«Les sociétaires ne sont pas convoqués par la poste et les convocations sont affichées en des lieux peu propices.Les assemblées regroupent normalement une «L'iISUt*© vingtaine de personnes», explique M.Guerre aux usuriers Yves Michaud lance un autre signal d'alarme.Il s'insurge contre les taux imposés par les sociétés propriétaires de cartes de crédits: 30% dans les grands maga- ITIGmG l69dNS66 n'en constitue pas moins une forme de vol, plus subtil peut-être, mais néanmoins un vol.» sins et de 20% dans les banques.«Il est impensable que tous aient le même taux, c'est un cas à amener devant le tribunal de la concurrence.» Les taux d'intérêts élevés n'ont aucune incidence sur les riches qui, eux, acquittent régulièrement leur solde, mais a un effet des plus dévastateurs chez les pauvres.M.Michaud propose un taux d'intérêt maximum pour les cartes, qui ne Michaud.Contrairement aux actions entreprises envers les banques, pour obtenir le même résultat, il aurait dû se présenter à 12 000 assemblées de caisse populaire.Encore une fois, Yves Michaud le répète: «Occupons nous de nos affaires!» Yves Michaud est un homme engagé et foncièrement social-démocrate, qui a prouvé par l'exemple que l'engage- devrait pas dépasser trois fois le taux de base de la banque ment rend les changements possibles.Une personne qui du Canada, soit un maximum de 12%.Dans son livre, M.Michaud n'y va pas de main morte: «L'usure, même légalisée n'en constitue pas moins une forme de vol, plus subtil peut-être, mais néanmoins un vol.Il faut appeler un chat, un chat.Ceux qui s'y adonnent se préparent de mauvais jours.Il est à peu près temps qu'ils se disciplinent de leur propre chef avant que l'État qu'ils redoutent les mette au cachot.» l'organise seule dans son sous-sol, à force de patience et de persévérance, peut faire plier les magnats de la finance.^ \\ 0v * Daniel Dubois Gérant administrateur 501, rue Mont-Royal Montréal (Québe) H2J 1W6 Tél.: 521-3481 Fax: 521-1660 ASSEMBLEE NATIONALE QUÉBEC André Boulerice Député de Sainte-Marie-Saint-Jacques et Leader adjoint du Gouvernement 1951, boul.de Maisonneuve Est Bureau 001 Montréal, Québec H2K 2C9 Tél.: (514) 525-2501 Téléc.: (514) 525-5637 Courriel : abcomte@videotron.ca MONTREAL \u2022 JANVIER 2001 JOURNAL L'ITINERAIRE 91 Dossier: Institutions financières ** surfit «Ce sont les gouuernements qui doiuent s'occuper des gens à faible reuenu, pas les banques!» rilleuse et délicate expérience que celle l'aller demander à des institutions bancaires ce qu'elles font de spécial pour les éventuels clients à revenu modeste.Voulez-vous répétez la question, s'il vous plaît?Après tout, la réponse n'est-elle pas toute tracée d'avance?Dans une institution bancaire, vous n'existez pas sans argent.Et si vous avez le malheur de vouloir emprunter de l'argent sans intérêt, par exemple, alors ils vous diront d'aller voir ailleurs, dans les services budgétaires populaires, par exemple, où l'on prend le risque de le faire.Mais règle générale, les banques n'aiment pas faire affaire avec des gens à faible revenu: C'est avec de l'argent qu'on fait de l'argent.Nous avons tout de même posé la question à des représentants de quelques grosses banques comme la Banque de Montréal, la Banque Nationale et la Banque Royale.Ils ont répondu le plus sérieusement du monde quece qu'elles offrent à cette «clientèle minimaliste», comme l'appelle Raymond Chouinard des relations publiques de la Banque Royale se résume ainsi: «Pour ouvrir un compte ici on n'a pas besoin d'être riche, il faut seulement être fiable.On change même les chèques gouvernementaux des clients qui n'ont pas de compte chez nous.Et pour la modique somme de $4,00 par mois, on peut ouvrir un compte qui permet de faire des transactions de base.Si le client veut un prêt, il doit faire vérifier son dossier de crédit.Vous savez, nous sommes des entreprises privées, on a des frais à rencontrer et des actionnaires à satisfaire.» Même ouverture d'esprit à la Banque Nationale.Mais toutefois, un peu plus de méfiance face à une pareille question.«On ne refuse personne à notre banque.N'importe qui peut y ouvrir un compte.Çà lui prend une adresse permanente, deux cartes d'identité et un historique de crédit valable.Si l'individu n'est pas solvable alors, c'est comme ailleurs, il ne pourra pas obtenir de crédit.Les gens ne se plaignent pas tant que ca, vous savez.L'an dernier, on a fermé 86 succursales à travers le Québec et on n'a reçu aucune plainte à ce sujet.Si un client veut contester une décision de notre banque, il n'a qu'à passer par notre service des plaintes.Ce sont les gouvernements qui doivent s'occuper des faibles revenus, pas les banques.» par Pierre Demers À la Banque de Montréal, on a même droit au service d'un ombudsman pour recevoir les plaintes des clients qui se sentent exclus ou injustement traités.Mais la politique de cet arbitre impartial qu'on doit contacter à Toronto est claire: il reçoit les plaintes mais ne peut faire changer une décision concernant le crédit.Un autre problème vécu par les clients à faible revenu dans les institutions bancaires, c'est l'absence de micro crédit.Il est très difficile d'obtenir des prêts de moins de 3 000$ et moins.Dans les services budgétaires populaires, on nous a indiqué que les banques ne veulent pas prendre le risque de prêter à des assistés sociaux, à des chômeurs et à des gens qui gagnent en moyenne 500$ par mois.Seules les Caisses populaires démontrent cette ouverture d'esprit envers les gens à faible revenu.La raison est simple: chaque Caisse populaire autonome contrôle un fonds de développement communautaire qu'elle peut injecter dans des organismes socio-communautaires.Et parmi ceux-ci, on retrouve un peu partout au Québec des services budgétaires qui offrent des petits prêts sans intérêt et du dépannage financier.Député de Laurier-Sainte-IRarie 1717.h ou I Rene Lévesque Est.bureau 205.montreal (Quebec) HZL iTï Tél.: 1514) 52Z 1359 Téléc.: 15U) 522 9899 JOURNAL L'ITINERAIRE MONTRÉAL \u2022 JANVIER 2001 L'Itinéraire recherche: Responsable de la distribution Mais, les grosses banques qui font des millions de dollars de profits par trimestre, posent tout de même quelques gestes «philanthropiques» pour aider les gens à faible revenu, sans évidemment leur prêter de l'argent sans intérêt.À la Banque Royale, Raymond Chouinard a voulu insister sur ce dernier point pour nous faire oublier sans doute que sa banque a réduit son personnel depuis quelques années, fermer de nombreuses succursales parce que la majorité des opérations se font désormais par téléphone ou par Internet et que les profits annuels dépassent le milliard de dollars.«On a un programme de financement des organismes communautaires de 3 millions $ par année au Québec.On recueille des fonds à chaque Noël pour Jeunesse au Soleil et le Chaînon.Depuis 1998 également, on a contribué au financement des organismes qui participent à l'économie sociale dans le prolongement du sommet économique.Mais on ne fait pas encore de micro crédit.Les risques financiers y sont trop grands.Mais, vous savez, chaque client de notre banque est évalué à son mérite, cas par cas.On ne discrimine personne.» A-t-on répondu à la question du début?.Les pauvres ont-ils un compte à la banque?La plupart oui, mais ils y font au début du mois quelques transactions très limitées qui consistent à changer leur chèque et à régler deux ou trois factures qu'ils peuvent payer.Le reste du temps, ils ne mettent jamais les pieds dans les banques.Celles-ci sont faites pour ceux et celles qui ont de l'argent.La conscience sociale et communautaire des institutions bancaires se limitent à cela.Les gens à faible revenu doivent se débrouiller.autrement.Il y a tous les commerces et autres services budgétaires privés à intérêts composés et décomposés, qui se bousculent pour les faire plonger rapidement dans le tourbillon du crédit qui n'en finit plus de tourner.Mais ça c'est une autre histoire.Service d'écoute pour personnes en détresse TEL-AIDE 'i' 935-1101 Une écoute respectueuse, anonyme et confidentielle 24 heures/jour 7 jours/semaine Bilingue keaton videotron.com \\ La Maison du Père 550, boul.René-Lévesque Est Montréal (Québec) H2L 2L3 Tél.: (514) 845-0168 Fax: (514) 845-2108 RESPONSABILITES Accueillir et former les camelots Gérer le personnel de la distribution Gérer et développer le réseau de distribution Produire tout document pertinent Représenter la distribution auprès de diverses instances Mettre place des outils de gestion (inven taire, statistiques, vente, etc.) Parfaire sa formation Toute autre tâche connexe EXIGENCES Expérience pertinente du milieu commu nautaire et de l'itinérance Capacité de travailler en équipe, en cogestion et sous pression Écoute, tolérance, initiative et autonomie Sens de l'organisation Connaissance des logiciels Word, Filemaker, Excel, etc.(environnement Mac) CONDITIONS DE TRAVAIL 35 h/sem, horaires variables contrat de 6 mois, menant à permanence minimum 18 000$ / année Faire parvenir votre cv le 11 janvier 2001 à: L'Itinéraire, 1108, rue Ontario, Mtl.H2L1R1 télécopieur : 597-1544 / courriel: télécopieur : 597-1544 / courriel: itineraire@videotron.ca La n '/ oie d'apprendre \u2014™ La Passion d'enseigner Formation universitaire des maîtres L'Institut catholique de Montréal 2715, chemin de la Côte-Sainte-Catherine Montréal (Québec) H3T 1B6 Tél.: (514) 735-4881 Téléc.: (514)735-2935 Courriel: institut.cm®videotron.ca www.pstc.reseaubec.ci MONTREAL* JANVIER 2001 JOURNAL L'ITINERAIRE 11 I Institutions financières Succursales fermées, services réduits Les clients n'y trouuent pas leur compte par Pierre Hamel lec 11 banques à charte à propriété canadienne et 42 filiales 'balques étrangères, le système bancaire génère plus de 50% de des services financiers au pays.Pendant l'année qui s'achève, les six plus grandes banques ont réalisé près de 10 milliards $ de profits.Rationalisation oblige, les frais administratifs augmentent, l'automatisation s'accroît, les mises à pied s'accentuent et les fermetures de succursales se multiplient en milieu rural et dans les quartiers urbains défavorisés.Comment consolider les services aux personnes et faire cesser la discrimination dans la prestation des services sans nuire au processus?Déposé avant le déclenchement des dernières élections fédérales, le projet de loi C-38 sur les services financiers est mort au feuilleton.Pourquoi ne pas réglementer et encadrer efficacement l'activité de ce secteur-clé de l'économie?«Un appel pressant qu'il nous faut lancer aux banques et aux autres institutions de dépôt, c'est de ne pas oublier une certaine partie de la population, c'est-à-dire celle qui est la plus démunie.Cessez de regarder l'avenir par la seule lorgnette des moyens technologiques.Il s'agit d'offrir un service essentiel», plaide Jannick Desforges cï Option Consommateurs, organisme connu jusqu'en 1997 sous le nom d'Action coopérative d'économie familiale ou ACEF-Centre de Montréal.Laissés-pour-compte «Le rôle social des banques à titre de service public, explique Yannick Desforges, devrait être écrit noir sur blanc dans un texte de loi.En moyenne, les gens vont au comptoir environ 2, 3 fois par mois.Les nouvelles technologies, guichet automatique et Internet compris, laissent de côté tous ceux qui ne sont pas à l'aise avec ça.Il y a les personnes analphabètes ou peu scolarisées.Elles ne sont d'ailleurs pas les seules à se montrer critiques de la situation actuelle.Il y a tous ces gens qui n'ont plus confiance dans les divers modes de paiement, débits préautorisés et autres formes de paiement direct au moyen de la carte débit.» Les nombreuses fermetures de points de services viennent compliquer encore un peu plus la vie des consommateurs.«Sur l'île de Montréal, on trouve maintenant moins de succursales bancaires qu'il y en avait en 1967.À elle seule, la Banque Nationale a fermé plus de 60 succursales depuis 1980.Et on sait que la Banque Laurentienne vient de procéder à 22 fermetures dans le grand Montréal.On voit bien les effets de ces fermetures dans certains secteurs», analyse Jacques St-Amant, dans le numéro de l'été 1998 de Consommation, bulletin cï Option consommateurs.I 12 JOURNAL L'ITINERAIRE «Par exemple, dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve, 1 un des moins riches de Montréal, on avait, en 1977, vingt (20) succursales bancaires et huit (8) points de services Desjardins.Aujourd'hui on a toujours ces huit (8) points de services, mais il ne reste plus que quatre (4) succursales bancaires.Il s'agit là d'une baisse de 80%.Toutes les Caisses populaires du quartier sont présentement rentables.Comment expliquer alors que seules les banques aient quitté massivement?», s'interroge M.St-Amant.Ces données proviennent d'une enquête menée par Option consommateurs en 1997-1998 et réalisée dans deux grandes villes canadiennes, Montréal et Calgary, ainsi que dans deux régions rurales: l'est de l'Ontario et l'est de la Nouvelle-Ecosse.Un rapport d'enquête a été remis au gouvernement fédéral le 17 juin 1998: «.Les Portes closes: l'état alarmant des réseaux des institutions financières», dans lequel on arrive à trois grandes conclusions.Celles-ci ont trait à la concurrence restreinte (moins du quart des 10 000 localités canadiennes ont une ou plusieurs institutions financières), à Xinsatisfaction grandissante des clients et, enfin, à ^opposition des consommateurs lesquels tiennent à la prestation de services personnalisés alors que les banquiers misent plutôt sur un usage accru des services automatisés.«Pourtant, on ne mesure pas encore toutes les conséquences de la fermeture des succursales bancaires, car c'est un phénomène récent.Mais on peut imaginer le foisonnement de services financiers parallèles, du type prêteurs sur gage, Instachèque ou Instancomptant, c'est selon.Eux changent les chèques moyennant un certain pourcentage du montant total, malgré une disposition dans la Loi sur la protection du consommateur qui interdit pareille pratique», s'indigne Jannick Desforges.fllternatiue Heureusement, une solution de rechange se fait jour.Au Québec, un exemple nous vient de Mont-Joli et de Sainte-Flavie où une banque communautaire prête des petites sommes (quelques centaines de dollars) à des gens qui en ont besoin pour remplacer, disons un frigo, une cuisinière ou quelque autre meuble.Mais l'accessibilité à ce genre de prêts reste restreinte.«Des banques indépendantes mettant en oeuvre une gestion alternative ont été créées et ont pignon sur rue en milieu communautaire», rapporte madame Desforges.«À l'autre bout du pays, à Vancouver, Four Corners Community Savings, ainsi nommé en référence à la provenance multiethnique des usagers, se donne comme mission d'offrir des services bancaires aux plus démunis.» Une bonne façon de lancer une pratique sociale renouvelée en matière financière.pierlafleurhamel@yahoo.com [gfl _ MONTRÉAL \u2022 JANVIER 2001 Les Cercles d'emprunt suruiuent de justesse À la fin de l'été 1999, les Cercles d'emprunt de Montréal (C.E.M.) ontfailli disparaître par manque de financement.Le Fonds de lutte contre la pauvreté qui finançait les C.E.M.a 100% leur a coupé les vivres d'un seul coup.«Nous avions espéré une diminution des fonds graduellement mais ce ne fut le cas», nous fait part Maria-Carmen Mérino, coordonnatrice des services.«Nous continuons à chercher des fonds et devenir auto-suffisants».par Elyse F renette__ métro Bonauenture adame Louise Harel, ministre des Affaires municipales, ccmna\\ l'importance des Cercles d'emprunt.Deux semaines avant la fin de leur mandat avec le Fonds de lutte contre la pauvreté, les Cercles d'emprunt s'entend avec le ministère des Affaires municipales et de la Métropole pour financer l'implantation en réseau de 39 nouveaux cercles d'entrepreneurs dans la région métropolitaine, soit 13 par année pour les trois prochaines années.En 1990, les Cercles d'emprunt étaient réservés aux femmes, dont la plupart vivent une situation économique précaire.Celles-ci se voient souvent refuser l'accès au crédit bancaire.Dans ce contexte, les C.E.M.sont des organismes à but non-lucratif et ont pour mission de développer l'autonomie financière de personnes porteuses d'un projet d'entreprise ou de travail autonome.En mai 1999, un projet pilote a été mis sur pied pour répondre aux besoins des hommes.Un prêt varie entre 200$ et 20 000$.Depuis ses débuts, on a prêté plus de 66 000$.Le taux de remboursement se situe autour de 97%, ce qui est supérieur à celui des banques.Actuellement, il y a 6 prêts en activité.L'objectif des Cercles d'emprunt est de développer le sens d'en-trepreneurship auprès de leur clientèle.Par un réseau d'aide, de coopératives, un participant peut poursuivre son cheminement d'entrepreneur, qu'il soit travailleur autonome ou micro-entrepreneur.De cette façon, les travailleurs autonomes brisent leur isolement.Les Cercles d'emprunt de Montréal orientent leurs services en favorisant la flexibilité, la qualité, la solidarité, l'efficacité et la rentabilité.L'organisme est l'initiateur des cercles d'emprunt en milieu urbain au Canada.Inspiré par la Grameen Bank du Bangladesh, il a adapté et appliqué le modèle à la réalité des femmes montréalaises.L'équipe se compose de professionnels bilingues.Titulaire d'un MBA et possédant plus de 5 ans d'expérience dans le milieu des affaires.Les membres des Cercles d'emprunt peuvent ainsi obtenir un soutien efficace dans leur cheminement dans le domaine des affaires.Pour rejoindre les Cercles d'emprunt de Montréal: 514-849-3271 ou cercles@cam.org.elysefrenette@hotmail.com \\ 40$ pour 12 numéro (taxes et port compris) RECEVEZ'NOUS CrIEZ VOUS! Ad R esse Tél.:.Montant .je dtsiRf recevoir un reçu d'inpÔT (pour tout montant de 10 s et plus) Contribuez à la poursuite de cette OeUVœ auprès des plus démunis Pour chaque abonnement supplémentaire à la même adresse, ajoutez 20$.Pour tout renseignement: (514) 597-0238 Nom.Prénom:.Adresse:.Tél.: ( ).Nombre d'abonnements À compter du mois de.Nom du camelot qui vous a suggéré l'abonnement: Envoyer un chèque ou mandat-poste à l'ordre du groupe L'Itinéraire à l'adresse suivante: 1108, rue Ontario Est, Montréal (Québec) H2L 1R1 MONTREAL \u2022 JANVIER 2001 JOURNAL L'ITINERAIRE 131 J Institutions financières J3 5 S-' 3 0 Le micro-crédit Enfin une alternatiue pour les démunis ^3$^ l'es personnes à faible revenu auront bientôt une nouvelle alternative pour emprunter de l'argent.A partir de mars, la Maison d'Aurore offrira un service de micro-crédit pour les résidents du Plateau et du Centre-Sud référés par des organismes communautaires.Ce projet pilote mis sur pied par la Maison d'Aurore est fait en collaboration avec Option-Consommateur, Action-Solidarité-Plateau et Alerte-Centre-Sud.«J'y participe comme présidente d'Action-Solidarité-Plateau», dit fièrement Mme Lorraine Decelles de la Maison d'Aurore.Le micro-crédit offrira des prêts à des personnes à faible revenu pour satisfaire à des besoins essentiels.Il s'agit de petits prêts allant de 200$ à 700$ selon les besoins, un frigo, par exemple.Il faut que la personne ait un besoin précis et doit passer par un organisme communautaire.Une personne doit avoir la capi-cité de rembourser son prêt: on ne veut laisser personne s'endetter.«Il reste des conditions à établir avant de faire approuver le projet.Il faut s'assurer d'un fonds qui permette de faire des prêts à des gens qui n'ont pas accès à un crédit bancaire», indique Mme Decelles.Ce service s'adresse aux femmes chefs de famille, petits salariés, bénéficiaires de l'aide sociale mais capables de rembourser leur prêt dans les 24 mois qui suivent.«C'est une solution collective.C'est une communauté qui se prend en main», ajoute Mme Decelles.Le but du micro-crédit, c'est de rendre le crédit accessible à des personnes et aux familles à faible revenu qui autrement se tourneraient vers les prêteurs sur gages et les Insta-Chèques ou qui utiliseraient trop leurs cartes de crédit, à défaut de liquidités.par Gina RTazerotle Camelot au Carré St-Louis C'est une alternative au prêt-sur-gage et un moyen de faire de l'éducation sur tout les problèmes reliés à l'endettement.Les organismes du Plateau et du Centre-Sud partenaires du projet s'apprêtent à faire de l'éducation et de la formation sur les problèmes reliés au prêt-sur-gage et aux droits des consommateurs.«On ne rejoindra pas les plus pauvres des plus pauvres, car ils n'ont pas les moyens de rembourser les prêts.S'il y a des intérêts, ils seront très minimes», avoue Lorraine Decelles.Pour le nouveau projet, on veut rejoindre au moins 100 personnes qui auront besoin d'une aide financière et davantage pour régler leur problème d'endettement.«On est à l'état de projet et il nous reste à établir des liens avec nos partenaires: la Ville de Montréal et la Fédération des Caisses populaires Desjardins.Nous attendons leur réponse définitive.Le comité se réunit en janvier.Il faut un fonds de 50,000$ pour la coordination du projet er créer un fonds de consolidation.C'est un projet expérimental.S'il y a du succès, on sera en mesure de continuer mais, pour continuer, il faut des partenaires financiers.Centraide a accepté de financer le début de la coordination du projet.Celui qui mène le projet, c'est Option-Consommateur» commente Lorraine Decelles.Ce projet est inspiré du modèle africain la tontine où des femmes mettent un fonds en commun à la disposition de petits emprunteurs.Dans l'Outaouais, le mouvement existe depuis dix ans.À Joliette depuis cinq ans et on en trouve dans la région de Québec.«Il y a eu des expériences pilotes à Montréal qui ont été abandonnées faute d'argent et de personnes ressources», conclut Mme Decelles.\u201e.// \u2022 -, - mazerouegina
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