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L'itinéraire
Depuis 1992, L'Itinéraire fait découvrir aux Montréalais les intérêts, les préoccupations et les revendications des gens de la rue, des activistes sociaux et des collaborateurs qui participent à la publication. [...]
L'Itinéraire est un mensuel montréalais dont la publication a débuté au printemps 1992. Le magazine est une initiative du Groupe communautaire L'Itinéraire, organisme basé dans le quartier Centre-Sud à Montréal. Il est vendu dans les rues et dans le métro de Montréal par des camelots. La création de L'Itinéraire visait à offrir une publication aux personnes seules et itinérantes dans laquelle elles pourraient partager avec la population les problématiques de l'itinérance et proposer des pistes de solution. L'Itinéraire permet aux participants l'apprentissage d'un travail rémunéré. Une participation active brise l'isolement. Elle favorise la revalorisation et la réalisation de soi, une reprise personnelle et une culture de l'autonomie. L'Itinéraire transmet aux Montréalais les intérêts, les préoccupations et les revendications des gens de la rue, des activistes sociaux et des collaborateurs qui participent à la publication. Ainsi, l'accès au logement, la réinsertion sociale, le travail du sexe, l'alcoolisme et la toxicomanie, la formation aux adultes, les droits de la personne, les sujets politiques de l'heure, les arts et la culture populaire, sont des sujets traités dans le magazine. On trouve régulièrement une personnalité connue en page couverture de L'Itinéraire, à laquelle est jumelé un article prenant souvent la forme d'une entrevue. Des collaborations spéciales de journalistes pigistes professionnels trouvent leur place chaque mois dans L'Itinéraire. Le magazine offre aussi une tribune à ses camelots, dont quelques-uns sont maintenant des figures connues des Montréalais. THIVIERGE, François, « Intervention de groupe auprès de la population itinérante de Montréal », Service social, vol. 43, no 2, 1994, p. 147-157.
Éditeur :
  • [Montréal] :Groupe communautaire l'itinéraire,1992-
Contenu spécifique :
juin
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
deux fois par mois
Notice détaillée :
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L'itinéraire, 2001-06, Collections de BAnQ.

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[" L'Itinéraire a besoin de ' frigo commercial ordinateurs : (Mac LC3, PowerMac ou Compatible IBM Pentium 200 et plus) > imprimante laser lecteur Zip télécopieur magnétophones portatifs \u2022 caisse enregistreuse bibliothèque » meubles d'ordinateur camionnette Si vous avez des appareils qui fonctionnent encore, s'il vous plaît, contactez-nous au (514) 597-0238 L'Itinéraire est produit et vendu en majeure partie par des personnes itinérantes, ex-tinérantes, sans emploi, alcooliques ou toxicomanes, dans le but de leur venir en aide et de permettre leur réinsertion sur le marché du travail.Pour chaque numéro vendu 2 dollars, 1 dollar revient directement au camelot.Les profits de L'Itinéraire servent a financer les coûls de production du journal, les projets de réinsertion sociale, le Calé sur la rue, et l'espace multimédia.La direction de L'Itinéraire tient à rappeler qu'elle n'est pas responsable des gestes des vendeurs dans la rue.Si ces derniers vous proposent tout autre produit que le journal, ou demandent des dons, ils le font à titre personnel.Si vous avez des commentaires sur les propos tenus ou le comportement des vendeurs, communiquez sans hésiter avec le responsable de la distribution.Gabriel Bissonnette au (514) 597-0238, poste 32 venu1 re LlriNÉRAiRE.CtH sur U ruc, au 1104, rie Ontario Est (anc,Ie Amherst) Des gens de la rue ou de milieu modeste se côtoient au Café sur la rue dans une ambiance agréable.De bons petits repas sont servis par des personnes en réinsertion sur le marché de l'emploi pour la modique somme de 4,50$.Un cuisinier leur apprend à travailler et à gérer une cuisine.Les personnes à faible revenu peuvent se procurer une carte de membre au coût de 5$ et obtenir un repas à 2,25$, pour une période d'un an.La formation professionnelle des travailleurs(euses) au journal L'Itinéraire a été rendue possible grâce, entre autres, au Ministère de la Métropole à la CDEC _du Plateau Mont-Royal/Centre-Sud, à la Ville de Montréal, à la Régie régionale de la santé Montréal-Centre et à l'UQAM.L'Itinéraire victime d'imposteurs Attention aux fraudeurs L Itinéraire tient à prévenir la population que des imposteurs sollicitent des dons sans son consentement.Que ce soit par sollicitation téléphonique ou de porte à porte, personne n'est autorisé à solliciter des dons monétaires ou matériels pour L'Itinéraire.Le quartier Rosemont sollicité Plusieurs personnes, hommes et femmes, ont à plusieurs reprises sollicité la population du quartier Rosemont et du Plateau Mont-Royal.Nous invitons les personnes sollicitées à communiquer immédiatement avec la police pour mettre fin à cette sollicitation frauduleuse.Pour aider L'Itinéraire, les gens sont invités à se procurer notre revue auprès de nos camelots dûment identifiés.Vous trouverez des camelots sur toutes les grandes artères de la ville ainsi que dans plusieurs stations de métro.Les dons sont les bienvenus mais ils doivent être directement adressés à nos locaux du 1907 rue Amherst, Montréal H2L 3L7.Pour plus d'information, vous pouvez communiquer avec nous au (514) 597-0238.Éric Cimon, Responsable des promotions, (514) 233-5688 cime@cam.org ou Ariane Pelletier, Directrice administrative, (514) 597-0238, poste 28, arianepeHetier@viiteotron.ca 1907, rue Amherst, Montréal (Québec) H2L3L7 Tél.: (514) 597-0238 Fax: (514) 597-1544 Courriel: itineraire@videoiron.ca Site internet: http://itineriire.educ.infinit.net Le journal L'Itinéraire a été fondé en 1992 par Pierrette Desrosiers, Denise English, François Thivierge et Michèle Wilson.À cette époque, il était destiné aux gens en difficulté et offert gratuitement dans les services d'aide et maisons de chambres.Depuis mai 1994, il est vendu régulièrement dans la rue.Plus de la moitié de cette publication est rédigée par des personnes ayant connu l'itinérance.Les articles écrits par des journalistes pigistes professionnels portent la mention «collaboration spéciale».Le Groupe communautaire L'Itinéraire est un organisme à but non lucratif fondé en 1989 pour aider les itinérants.Le conseil d'administration est composé en majorité de personnes ayant connu l'itinérance, l'alcoolisme ou la toxicomanie.Conseil d'administration du Groupe communautaire L'Itinéraire: Président: Mario Lanthier Vice-président Jean-Marie Tison Secrétaire: Réjean Mathieu Trésorier: Jean-Paul Baril Conseillers: Lise Samuel, Josée Boisvert, Éric Cimon, Robert Dion Comité de direction: Denise English.Ariane Pelletier, Jean-Pierre Lacroix, Sébastien Langlais, Gabriel Bissonnette Équipe de production du journal: Rédacteur en cher: Jean-Pierre Lacroix Adjointe à la rédaction: Nancy Roussy Collaborateurs: Patrice MacDonald, Audrey Coté, Luc Denis, Élyse Frenefte, Pierre Hamel, Pierre Demers, Gina Mazerolle, Michel Boyer, Robert Dion, Maxime, Michel Côté, Marcel Junior, Alain Coulombe, Leo Paul Lauzon, Jean-Marie Tison.Guylaine.Infographiste: Jocelyne Sénécal Révision: Marie-Thérèse Déry, Jean-Paul Baril, Micheline Bonnoyer, Guy Crevier, André Martin, Mariette Éthier-Morand.Mots croisés: Gaston Pipon Imprimeur: Québécor World Lebonlon Tirage: 18 000 exemplaires vendus par des itinérants et des sans-emploi dans les rues de Montréal Administration du groupe: \u2022 Secteur administration \u2022 Secteur Calé sur la rue \u2022 Secteur dlstibution \u2022 Secteur Internet \u2022Secteur journal: Responsable Ariane Pelletier Adjointe administrative Sylvie Bo Publicité Chantai St-Onge Responsable Denise English Responsable Gabriel Bissonnette Adjointe Geneviève Denis Responsable: Sébastien Langlais Responsable Jean-Pierre Lacroix Adjointe Nancy Roussy L'Itinéraire est membre de: Association nord-amér Icair» w|J^T Le réseau international des journaux d ^.«.y Son tirage est certifié par avda L Itinéraire est \\. 4t?assemblee HATIÔ7ÎÂTÊ 1134, rue St-Catherine Ouest Bureau 800 Montréal (québec) H3B 1H4 Téléphone: (514) 395-2929 Télécopieur: (514) 395-2955 I 10 JOURNAL L'ITINERAIRE Ville de Montréal Sammy Forcillo, CA Conseiller municipal District de Saint-Jacques (38) 275, rue Notre-Dame Est Bureau 1.112 Montréal H2Y 1C6 Téléphone: (514) 872-8007 Télécopieur: (514) 872-9131 elu@ville.montreal.qc.ca MONTREAL «JUIN 2001 Pour les Mme Morin pense que la sensibilisation du public constitue une piste de solution.«Beaucoup d'infractions résultent de l'application de règlements municipaux ciblant directement les itinérants.Qui fait pression pour qu'ils soient modifiés ou abolis?», s'interroge-t-elle.La privatisation de l'espace public est un phénomène qui aggrave davantage la situation des sans-abri: ces lieux sont sous la surveillance de policiers privés qui appliquent une loi différente, plus sévère et beaucoup plus répressive.Nous sommes confrontés à une forme de nettoyage urbain, à une criminalisation de la pauvreté.«Une autre piste de solution, poursuit Mme Morin, est de faciliter l'accessibilité aux services sociaux, au réseau de la santé et aux soins psychiatriques».Les coupures gouvernementales ont contribué à la dégradation de la qualité de vie, de survie devrait-on dire, des démunis.Souvent les ressources ne sont pas adéquates, et certains préfèrent ne pas s'en prévaloir.Les utilisateurs sont rarement consultés sur leurs besoins réels.«Sans soins disponibles, la santé mentale des itinérants devient non seulement discriminée mais aussi criminalisée, s'indigne Mme Morin.En liberté, ils sont les abandonnés du système; en prison, leur séjour est trop court pour qu'ils profitent des services d'un psychologue ou d'un psychiatre».Il y a un coût social à payer.L'incarcération, qui ne semble pas être une solution dans bien des cas et qui laisse des stigmates, est loin de favoriser la réinsertion sociale.La «solution prison» peut coûter jusqu'à dix fois plus cher que d'autres solutions.Notre société a le réflexe de penser pénal face à des individus différents ou qui se comportent de façon différente.Il y a un effet pervers à cette répartition inégale du pouvoir, à ces actes de répression.Les démunis n'ont aucun pouvoir de négociation et sont toujours coupables d'être une menace dérangeante, coupables d'être pauvres.Plus on est marginalisé, plus on a d'occasions d'être happé par le système pénal.S'il est connu que la prison est un outil de gestion et de contrôle de la marginalité et de la pauvreté, la recherche dévoile qu'elle produit plus de marginalité, qu'elle accroît la pauvreté et accélère l'exclusion.«Le rapport, souligne Mme Morin, démontre que les périodes de détentions sont presque toujours suivies de périodes d'itinérance».Donc, on réinsère, mais dans la marginalité! «Comment peut-on penser que, dans de telles circonstances, ces personnes puissent réellement s'en sortir?C'est ce que se demandaient les chercheurs au terme de leurs travaux», confie Mme Morin.Pour avoir plus d'information consulter L'errance urbaine du CRI, sous la direction de Danielle Laberge aux Editions Multimondes (Montréal, 2000).jplac@videotron.< a L J les ECO CENTRE^ sont là ! Une bonne façon, pour les Montréalais, de se débarrasser de leurs vieilles affaires.même les dimanches durant l'été! Du 13 mai au 2 septembre Inclus Lundi, mardi, mercredi 9 h à 18 h_ Jeudi, vendredi 9hà 20 h Apportez à l'Éco-centre le plus près de chez vous les objets et matières dont vous voulez vous débarrasser.Apportez également une preuve de résidence ! Sjmedi 9hàl7h.nt ou réutilisable, béton, asphalte, briOUe 18.\"^% non contaminée.Métal, incluant ott'lèl'e5 °U lantes de Pneus! Matériaux de |f°oSt;ruction usagés, toilettes, lavabos.Appareils Ë\\ectro-ménagers, petits et gros, meubles et urninaires, ordinateurs très obsolètes, vieilles [cartouches d'imprimante et autres encombrants 'ndésirables, mais recyclables ou réutilisables^ \"eus, vélos, poussettes, trotinettes, lunette^^ 'e\" sûr, les résidus verts (feuilles, bra\"^eau% L^°'ns, foin) qui seront transformés « \"'Post! Le papier, le carton, le P'^'^tet Co conteTaKn«VecyciaO»es.*PPC es'dus domestiques dangereux RENSEIGNEZ-VO^- Éco-centre de l'Acadie I 200, boul.Henri-Bourassa Ouest Éco-centre de la Petite-Patrie I I 00, rue des Carrières Éco-centre de la Côte-des-Neiges 4925, chemin de la Côte-des-Neiges Éco-centre de Saint-Michel 2S25, rue Jarry Est Éco-centre d'Eadie 1868, rue Cabot (514) 872-1376 (514) 872-7706 (514) 872-3517 (514) 872-3267 (514) 872-8359 JOURNAL L'ITINÉRAIRE 11 I MONTRÉAL* JUIN 2001 Dossier: .QueJI.eJustice?.Le cauchemar des ex-détenues PtaeJUUBfL Chantai Boulay, Sylvie Trempe, Line Beaulieu.ptl°t0 Jean-Pierre Lacroix L'emprisonnement ne se limite pas au temps passé derrière les barreaux.Dans l'esprit du législateur, le casierjudiciaire agit comme un inhibiteur de comportements illicites.C'est aussi une chape de plomb rendant ardu l'effort de réhabilitation.La discrimination à l'égard des personnes judiciarisées ne s'exerce-t-elle pas de façon encore plus insidieuse dans le cas des femmes?Ainsi, la recherche d'un emploi peut s'avérer une véritable course à obstacles.«À leur sortie de prison, pratiquement les seuls emplois disponibles pour des ex-détenues, se trouvent dans une conciergerie, t A I - \u2022 - Qu'est-ce donc qui fait la spécificité des ex-détenues dans leur démarche de réinsertion?v»»»» yum ua cx-ucicnues, se trouvent aans une conciergerie, « On a remarqué un traitement différent des demandes d'emploi un hôtel ou un restaurant.Avec un peu de chance, elles pourraient selon que le postulant est de sexe masculin ou féminin.Par exem- peut-être s'engager à titre de dame de compagnie ou préposée à Peuple, s'il s'agit d'un homme, un employeur éventuel faire une possi- tretien ménager.Hélas!, à cause des nombreuses occasions de vol, ces ble protection de son établissement.«Si mon commerce est victime emplois restent inaccessibles, à toutes fins utiles», explique Line d'un vol à main armée, un «tough» n'aura pas peur de l'agresseur.Beaulieu.«Les préjugés sont tels qu'on juge ces femmes aussi sévère-II va sauter dessus», nous dit-on.Certains suggèrent, par contre, ment que si elles s'étaient rendues coupables d'un meurtre.Elles se qu'une ex-détenue pourrait s'enfuir avec le contenu d'un tiroir- doivent de révéler l'existence d'un casier judiciaire car, si elles ne le caisse, voire même utiliser le commerce comme une couverture pour faisaient pas, ça pourrait se retourner contre elles.On croit qu'on la vente de la drogue».C'est, entre autres choses, ce qui ressort leur fait payer la note, mais en bout de ligne qui se retrouve avec la du document, Sensibilisation à la problématique du retour au facture?, s'interrogent les trois étudiantes en travail social.Bon travail pour les femmes ex-détenues, étude effectuée par trois étu- an mal an, il en coûte 86 000 $ au trésor public pour garder une diantes en travail social de l'UQAM, Line Beaulieu, Chantale femme en prison.Mais il n'en coûterait qu'environ 15 000 $ Boulay et Sylvie Trempe, dans le cadre du cours «mobilisation annuellement pour leur fournir un emploi».et action collective».On estime à six femmes sur dix, environ 62,2%, le nombre Antécédents d'entre elles ayant été condamnées à la prison suite à la com- , j, i - r s.\\ j '\u2022/ mission de délits mineurs, dont le non-respect des biens ou des «Au depart, on a voulu verifier auprès des employeurs su reste , , r ,u i ¦ i, i .n entorses à la circulation routière (1).En général, les séjours sont aux ex-detenues un autre choix que les bars ou la prostitution.On * ., ¦ ¦ ?' de courte durée.A la Maison Tanguay, avec une population de 2 000 personnes, les trois quarts de celles-ci y séjournent pendant trente jours ou moins (2).En revanche, le Conseil du statut de la femme évalue à 35,4% des contrevenantes celles incarcérées pour des infractions au Code criminel (fraude, prostitution, etc.).D'après cet organisme, 69% des détenues de la Maison Tanguay présentent un problème de toxicomanie (héroïne, cocaïne) et peuvent également être des utilisatrices de drogues intraveineuses (UDI).«Selon les informations recueillies à la Maison Tanguay, précise encore le Conseil du statut de la femme, la moitié des contrevenantes sont ou séropositives, ou sidéennes»».La a envoyé aux journaux, une lettre ouverte expliquant, notamment, à l'aide de statistiques, le vécu de Cynthia, une personne fictive, certes, mais aussi un prototype de la condition d'ex-détenue.On a aussi voulu rejoindre les gens ordinaires parmi lesquels se trouvent des employeurs»».De l'avis des étudiantes, «les donneurs de «jobs» n'ont pas beaucoup modifié leur point de vue.Ils nous ont parfois donné des réponses paraissant satisfaisantes mais on sentait très bien que l'authenticité n'y était pas»».L'accès à l'emploi va bien au-delà de la simple responsabilité individuelle et fait également appel à la conscience sociale et à la mobilisation collective.«Faute de se dénicher un emploi, plusieurs se retrouvent régulièrement derrière les barreaux, notamment, pour -.\"T\"\" >«oPosmves, ou siaeennes»».L; des amendes non payées.C'est un cercle vicieux! On incarcère très consom™«°n d'alcool et de médicaments fait également par rapidement même quand la personne ne représente pas un danger tie du quotidien de ces femmes.(3) pour la société.Souvent, des policiers se montrent astucieux.Par exemple, telle femme se livre à la prostitution mais ils n'arrivent pas à la coincer.Ils lui donnent alors une contravention pour avoir traversé la rue à un feu rouge», déplore Sylvie Trempe.Une autre ombre au tableau: le milieu carcéral n'offre pas aux hommes et aux femmes une formation et un apprentissage équivalents.Plus est, les services offerts varient selon que l'établissement relève des services correctionnels canadiens ou I 12 JOURNAL L'ITINÉRAIRE MONTRÉÂLvÎUÎN 2001 québécois.«À l'établissement fédéral de follette, les détenues peuvent acquérir certaines qualifications relatives à l'exercice d'un travail et à une reprise en mains de leur vie.Par contre, à Tanguay et dans les autres établissements du gouvernement du Québec, précisément là où se retrouvent la plupart des détenues, les cours disponibles aboutissent souvent à infantiliser les bénéficiaires.Par exemple, on exigera que la prisonnière s'inscrive à un cours de français.Sinon, elle ne peut aller au gymnase, s'indigne Sylvie Trempe.Pour les gars, la situation est différente.À Bordeaux, les détenus ont accès à une formation académique et peuvent aussi se familiariser avec certains métiers, dont Tébénis-terie, la soudure, etc.».Double échec Entre 50% et 70% des détenues ont un ou plusieurs enfants à charge (4).Si 46,5% ont un enfant, 42,2% en ont deux ou trois (5).«Quand ces mères restent sans emploi, elles ne peuvent récupérer leurs rejetons.Cette réalité a un impact sur les petits qui doivent rester en famille d'accueil avec certaines séquelles, notamment, aux plans psychologique et affectif.Ces femmes vivent un double échec à la fois social et dans leur rôle de mère.Même s'il a fait de ba prison, U père ne rencontre pas pareille réprobation car, U plus souvent, c'est la mère qui se retrouve avec les enfants», indique Chantai Boulay.«En partant, la vie n'a pas favorisé ces femmes.Ainsi, 88% d'entre elles ont été victimes d'actes de violence physique, psychologique et d'abus sexuels (6).S'ensuit malheureusement une faibbj estime de soi.L'incarcération vient enfoncer le clou», déplore Sylvie Trempe.Côté scolarité, les chiffres varient selon les études.On évalue généralement qu'entre 70% et 80% des contrevenantes ont complété leur secondaire.Des chercheurs estiment pourtant à 17,6% le nombre de celles qui n'ont même pas complété le niveau primaire.On imagine sans peine les difficultés supplémentaires pour trouver un emploi (7).«Selon les dires des contrevenantes, l'importance de la scolarisation n'est pas primordiale car le stéréotype des hommes pourvoyeurs est très présent dans leur quotidien, rapportent encore les trois stagiaires en travail social de l'UQÀM.À la question d'une intervenante demandant pourquoi elle s'est laissée frapper, une fille a eu cette réponse: «Que veux-tu?Il m'aide à payer le loyer et il s'occupe un peu des enfants.Je ne peux tout de même pas lui demander d'être parfait!» ».Cran Il existe peu de ressources d'accueil et de suivi des ex-dctenues.«A la Maison Thérèse-Casgrain, à cause de la capacité limitée d'accueil, la direction favorise les séjours de six mois et plus, cette période étant jugée minimale pour une réhabilitation réussie.Plusieurs de ces femmes ne sont pas nécessairement prêtes à affronter la vie; ce phénomène apparaît dans les réponses faites aux intervenantes.Elles disent souvent ce que celles-ci s'attendent à enten- dre», déplorent les chercheuses.À une cleptomane incarcérée à plusieurs reprises suite à des vols à l'étalage, Sylvie Trempe affirme: «Étant donné que tu connais tous les trucs du «métier», tu ferais une excellente employée chez Wal-Mart, chez Sears ou dans un quelconque magasin à grande surface, afin de donner une formation aux membres du personnel chargés de prévenir le vol à l'étalage.Ce cran dont tu as plusieurs fois fait preuve, c'est une force que tu as.Malheureusement, tu l'utilises mal».Voilà un acquis méritant d'être canalisé dans une démarche de réhabilitation, voire même, d'être pris en compte dans un jugement de cour et, peut-être faire jurisprudence! (1) Cousineau, Marie-Marthe, Danielle Laberge et Bruno Théorêt.1986.Prisons et prisonniers.Les cahiers du GRAPP, No.1.151 p.Aussi, Roy, Shirley.1990).Groupe de recherches et d'analyse sur les politiques et les pratiques pénales.Les cahiers du GRAPP.No.10.368 pages.(2) Hamelin, Monique.1989.Femmes et prisons.Montréal: Éditions du Méridien.270 p.(3) Conseil du statut de la femme, 1994.Les femmes en détention, une réalité méconnue.Gouvernement du Québec.41 p.(4) Hamelin, Monique, ibidem (5) Cousineau, Laberge, Théorêt.ibidem (6) Conseil du Statut de la femme et Couturier, Aline, 1988.Les expériences sexuelles d'un groupe de femmes sexualisées.Mémoire de maîtrise, Montréal, UQAM.148 p.(7) Cousineau, Laberge, Théorêt.ibidem pierlafleurhamel@yahoo.com ASSEMBLEE NATTÔNÂLÊ Q U É B E C André Boulerice Député de Sainte-Marie-Saint-Jacques et Leader adjoint du Gouvernement 1951, boul.de Maisonneuve Est Bureau 001 Montréal, Québec H2K 2C9 Tél.: (514) 525-2501 Téléc.: (514) 525-5637 Courriel : abcomte® videotron.ca MONTRÉAL \u2022 JUIN 2001 JOURNAL L'ITINÉRAIRE 131 Quelle justice?Entre la vie et la mort Robert DIOR camelot rue St-Denis Pour une grande partie de la population, la réhabilitation des détenus est sans espoir, surtout lorsqu'on constate qu'un détenu a récidivé lors d'une sortie dite humanitaire et qu'il y a eu mort d'homme.Pour la population, plusieurs questions demeurent sans réponse.L'Itinéraire a rencontré une personne qui a passé plusieurs années de sa vie dans les prisons, occupant même pendant cinq ans, après avoir été condamné à la peine capitale, une cellule dans le couloir de la mort.À 60 ans, Normand L., a l'air d'un citoyen normal qui vit paisiblement et qui profite pleinement de la vie.Mais il n'en n'a pas toujours été ainsi.Normand est né au mois d'août 1941 à Louiseville, dans une famille de cinq enfants.Très jeune, il apprend à se révolter contre la société.Sa famille étant pauvre à cause de l'alcoolisme de son père et de l'indifférence mais surtout du fanatisme religieux de sa mère, il commence très tôt à ne compter que sur lui-même.À 10 ans, il se met à boire en compagnie de sa gang.Il fait des petits vols.Mais c'est surtout à cause de son agressivité et de sa violence qu'il se retrouve à Montréal à l'école de réforme.À 14 ans, il est libéré et le même manège recommence.toujours plus violent.À 16 ans, il est condamné à trois ans d'emprisonnement au pénitencier de St-Vincent de Paul.On le met au trou pour n'importe quel motif.Souvent, les «screws» (gardiens) se défoulent sur le dos des détenus.Evidemment ce n'est rien pour le calmer et l'assagir.Il fera tout son temps.À 19 ans, il se retrouve dans le «Red Light» de Montréal.Là, il entre dans les ligues majeures de la criminalité.Nous sommes en 1960.Violent, il se fait remarquer par les patrons de la mafia.Il est impliqué dans toutes sortes d'événements: vol à main armée, trafic d'armes et de drogue, racket de protection, pots de vin, prostitution.En janvier 1961, au cours d'un vol qui tourne mal, il tue un convoyeur d'argent.Ses complices et lui sont pris en chasse par la police.Après un échange de coups de feu, ils sont pris.Le 24 décembre 1962, il est condamné à la pendaison.Joyeux Noël! Il se retrouve donc à la prison de Bordeaux dans le couloir de la mort.Il est enfermé 24 heures sur 24, sauf pour l'heure de la promenade quotidienne.À chaque sor- tie de cellule, on lui passe les menottes et les chaines aux pieds comme pour tous les autres détenus d'ailleurs.Dans cette aile, rien n'est interdit aux détenus.Il peuvent manger et avoir ce qu'ils désirent à toute heure: chocolat, cigarettes, gomme, etc.Tout leur est fourni.Ils n'ont plus rien à perdre et les autorités sont craintives.Avec un autre détenu et la complicité d'un gardien, il tentera une fois de s'évader mais il sera pris.À un mois de l'exécution, sa peine sera commuée à perpétuité sans possibilité de libération avant dix ans.À partir de ce moment, commença graduellement sa réhabilitation.Il se mit à lire, à suivre des cours, à s'assagir tranquillement.Fin 1974, il profite d'une libération conditionnelle.Il travaillera dans la construction.Même le simple fait de réapprendre à marcher dans la rue représentait un effort, les détenus étant robotisés.Il fait quelques rechutes, son agressivité reprenant le dessus.Heureusement, il ne s'est pas fait prendre.Il a travaillé jusqu'à la fin des années 80 mais l'alcool a fini par reprendre le dessus.Il a connu l'itinérance et les missions.Il a trouvé un logement subventionné au début des années 90.Depuis, il vit en paix avec lui-même.Quand on lui demande si la plupart des détenus sont réhabilitâmes, il nous répond que chaque cas est différent.Certains comprendront à 25, 30, 40 ou 50 ans, selon leur expérience.Mais une chose est certaine: « Tant que la pauvreté, les injustices sociales, la cupidité et Tégoïsme continueront d'exister, le désespoir qui mène à la criminalité continuera lui aussi sa route», i ,., __ robertdionzOOQ'éhotmaiL cornai COMN \u2022 ftéctection et mise en pages_ Telephone 514.524.5713 Télécopieur: 514.524.2101 Suzanne Chabot suzanne.chabot @sympatico.ca\tGROUPES POPULAIRES.COMMUNAUTAIRES ET FEMINISTES.SYNDICATS, ORGANISATIONS DE COOPÉRATION INTERNATIONALE.ASSOCIATIONS PROFESSIONNELLES.ORGANISMES SANS BUT LUCRATIF ET COOPÉRATIVES: DES SERVICES TAILLÉS SUR MESURE ET BASÉS SUR LE PARTAGE DES MEMES VALEURS.JUSTICE.ÉQUITÉ, ENTRAIDE.SOLIDARITÉ.PARTAGE DE LA RICHESSE COLLECTIVE.DÉFENSE DES DROITS FONDAMENTAUX Plus de vingt ans d'expérience de travail et de militantisme dans le milieu syndical, populaire et féministe POPCOMN.pour des services de valeurs!\t JOURNAL L'ITINÉRAIRE MONTRÉAL \u2022 JUIN 2001 Le pénitencier et les ordinateurs Luc Denis L'Internet envahit la vie de tous; il est devenu un outil essentiel d'intégration à la société.Y'a-t-il des ordinateurs au pénitencier?La personne détenue y a-t-elle accès?À quoi servent-ils?L'accès aux ordinateurs en prison n'est pas facile.Tout dépend de qui les utilise.Ils peuvent être disponibles aux prisonniers, aux «utilisateurs autorisés»\u2014employés du Service correctionnel du Canada (SCC)\u2014ainsi qu'aux contractuels ou tiers à qui est accordé l'accès au réseaux électroniques du SCC.L'utilisation du réseau comprend entre autres: le courrier électronique, la gestion de dossiers sur support informatique, l'accès à l'information contenue sur l'Infonet ou l'Internet et la publication d'informations sur l'Internet.Les réseaux électroniques doivent être utilisés pour le travail officiel: ils ne doivent en aucun cas servir à exécuter des logiciels de jeu ou de divertissement.Les personnes autorisées sont tenues de respecter la loi ainsi que les politiques gouvernementales en prenant des mesures raisonnables pour contrôler l'utilisation de leur mot de passe, code d'utilisateur ou compte.Le SCC peut prendre des mesures disciplinaires ou imposer des sanctions dans l'éventualité d'une utilisation illégale ou inacceptable de son réseau.Formation des adultes Pour ce qui est des détenus des établissement fédéraux, le SCC offre des programmes d'emploi et de formation.D'après les tests qu'ils subissent à leur arrivée dans l'établissement, environ 65% des détenus ont moins qu'une 8e année, et 82% moins qu'une 10e année.Les auteurs du rapport L'éducation peut-elle prévenir la récidive chez les délinquants adultes?concluent que «les connaissances acquises par les détenus dans le cadre de la formation de base des adultes peuvent les aider a faire plus efficacement face aux problèmes quotidiens qui se présentent à eux dans la collectivité).L'enseignement est donc un outil.Environ 25% des détenus qui participent à une formation sont inscrits à un programme d'enseignement secondaire.Alors qu'environ 25% choisisssent une formation professionnelle (électronique et programmation informatique), et moins de 10% des détenus sont inscrits à un programme d'études post-secondaires.Certains détenus ont un ordinateur dans leur cellule, lequel ne sert qu'à des fins de divertissement: aucun n'est en réseau, les communications (Internet) directes avec l'extérieur étant interdites.Donc, les détenus ne peuvent échanger avec la communauté extérieure.Certains ont des logiciels prêtés pour faire des travaux afin de terminer une formation à distance.Ainsi, on peut constater que l'ordinateur se révèle un instrument utile lors d'un séjour carcéral, en vue d'une réinsertion sociale.La prison comme si uous y étiez Les détenus ne pouvant utiliser l'Internet pour communiquer avec l'extérieur, les internautes tentent d'utiliser PTnternet pour pénétrer à l'intérieur des murs.Aux États-Unis, l'Internet offre plus d'une opportunité.Ainsi, le shérif Joe Arpaio d'Arizona a fait installer deux caméras à l'intérieur de la prison Maricopa dont il est responsable, pour diffuser en direct la vie quotidienne des détenus.L'objectif?Faire de l'éducation et de la prévention; la caméra ayant, selon lui, un rôle dissuasif.En 1997, Amnistie Internationale a émis un rapport critique dénonçant un usage parfois «abusif» de la force à la prison Maricopa.L'usage de webcam est dénoncé par certains comme une intrusion dans la vie privée des détenus.Le shérif réplique simplement que les caméras permettent à tout le monde de voir ce qui se passe entre les murs de la prison.Les internautes peuvent aussi explorer la liste des 450 condamnés du couloir de la mort du département de la Justice criminelle du Texas et fouiner dans la fiche de chacun pour explorer les informations personnelles.Il est même possible de connaître le dernier repas de chacun! Afficher et visiter de tels sites relève-t-il du voyeurisme morbide ou de l'exercice du droit à l'information?Pour continuer votre réflexion, je vous invite à visiter les sites suivants: http://canada.justice.gc.ca ; www.sgc.gc.ca/fhome.htm ; www.csc-scc.gc.ca ; www.csc-scc.gc.ca/text/plcy/cdshtm/an226a_f.shtml ; www.npb-cnlc.gc.ca ; www.rcmp-gtc.gc.ca ; www.crime-prevention.otg ; http://qsilver.queensu.ca/rcjnet/indexfr.html ; www.msp.gouv.qc.ca/reinsertion/reinsertion.asp?txtSection=commqueb ; www.asrsq.ca ; cba.org/Gate.asp ; www.abcqc.qc.ca/nouveau_site/index.html ; www.msp.gouv.qc.ca/index.asp ; www.suretequebec.gouv.qc.ca ; www.spcum.qc.ca sen/kes d'écoute d'information de référence MONTREAL \u2022 JUIN 2001 JOURNAL L'ITINÉRAIRE 15 I .QueJJ.eJustiçe?., Nouveau milieu de vie Camelot au Carré St-Louis Le 22 février 2001, la Société Elizabeth Fry du Québec située au 5105 Chemin de la Côte St-Antoine, invitait son mondé à célébrer la réouverture de la Maison Thérèse-Casgrain, quinze mois après l'incendie du 1er décembre 1999.L'Itinéraire s'est entretenu avec Mme Ruth Gagnon, directrice clinique.«Je m'occupe des programmes, des services à la clientèle et du personnel», précise madame Gagnon.Elizabeth Fry était une femme qui consacrait beaucoup de temps aux pauvres et aux malades.Lors d'une visite à la prison des femmes de Newgate, elle constata que ces femmes, très démunies, avaient un urgent besoin de conseils et de soutien.La jeune bénévole fonda alors une école à leur intention et leur offrit du travail afin qu'elles disposent d'un peu d'argent au moment de leur libération.En 1817, elle formula des recommandations visant à humaniser le système carcéral.La Société Elizabeth Fry du Québec, | organisme à but non lucratif, existant J depuis 1977, vient en aide aux femmes devant faire face à la justice pénale et qui | sont déterminées à s'en sortir, bien qu'incapables d'y parvenir seules.La Société intervient à diverses étapes du processus judiciaire et offre à ces femmes de multiples services d'aide dont une maison de transition pour femmes, la Maison Thérèse Casgrain.La Société offre aussi le service d'aide à la cour, le programme de préparation à la sortie de prison, le programme de formation et d'encadrement des bénévoles en prison et le programme E.V.E.(entraide, vol à l'étalage).La Société publie aussi le journal Femmes et justice.La Maison Thérèse Casgrain existe depuis 1980.C'est une maison de transition pour femmes, la première du genre au Québec, qui accueille jusqu'à 25 femmes pour des séjours d'une durée variant de quelques semaines à un an.Les résidantes proviennent de la Maison Tanguay, du pénitentier fédéral de Joliette et des tribunaux.Elle est financée en grande partie par les Services correctionnels du Canada et du Québec sur la base d'un per diem.«C'est un milieu de vie, les femmes viennent y demeurer.Il y a un minimum de règles à suivre comme le partage de l'entretien du centre.Elles sont responsables de l'élaboration des repas et les cuisinent elles-mêmes.Elles doivent respecter les heures d'entrée.Mme Ruth Gagnon, directrice clinique I 16 Certains règlements sont plus importants que d'autres comme l'intoxication et le respect envers les autres résidantes», précise Ruth Gagnon.La Maison a pour objectif d'être une solution de rechange à l'incarcération, de prévenir la récidive, de responsabiliser la contrevenante face à son comportement, de favoriser chez celle-ci des attitudes et des habiletés qui lui permettront de développer son potentiel et ainsi, favoriser sa réinsertion sociale.«La population des femmes est en légère augmentation dans les prisons alors que celle des hommes diminue.À Tanguay il y a 150 cellules et à Bordeaux, 700.La criminalité des femmes est souvent d'ordre économique (vol, fraude, etc.)», fait remarquer Ruth Gagnon.On offre des services 24 heures sur 24 et sept jours sur 7.Conseillères, criminologues, travailleuses sociales et psychologues offrent aux résidantes un suivi psycho-social général et des soins qui tiennent compte des problèmes individuels: toxicomanie, violence conjugale ou familiale, relations interpersonnelles, santé, etc.Ces ressources contribuent également à la prévention de la récidive et du retour dans le système judiciaire.«Les résidantes apprennent à s'occuper d'elles-mêmes et à mettre de l'ordre dans leur vie.Elles n'ont pas à se soucier de leur bien-être matériel.Comme les problèmes sont présents depuis longtemps, elles ont l'occasion de se reprendre en main», explique madame Gagnon.À la Maison Thérèse Casgrain, on permet aux femmes de cohabiter tous les jours de la semaine avec leurs enfants de moins de trois ans, les week-end, avec leurs enfants de quatre ans et plus.Elles sont évaluées dans leur rôle de mère: elles se sentent coupables de ne pas être de bonnes mères.Elles ont peur de perdre emploi et enfants.Elles ont plus honte d'être incarcérées que les hommes et elles le vivent habituellement plus intensément.C'est pour ces raisons que l'aide aux femmes comprend aussi la recherche d'emploi, la formation professionnelle, le retour aux études et la recherche d'un logement.Le programme E.V.E.(entraide, vol à l'étalage), lancé en 1988, aide des femmes à identifier les causes cachées de leur problème de vol à l'étalage, qui constitue un des délits les plus fréquents chez les femmes.Cette infraction correspond aux caractéristiques les plus courantes attribuées à la criminalité féminine, c'est-à-dire une criminalité non violente et acquisitive.suite a la p.29 JOURNAL L'ITINERAIRE MONTREAL \u2022 JUIN 2001 Les temps changent.amma et les prisons aussi L'histoire de la prison ne date pas d'hier, mais le milieu carcéral, lui, tel que nous le connaissons aujourd'hui, oui.Pour en savoir davantage L'Itinéraire a rencontré Jean-Claude Bernheim, criminologue et président de l'Office des droits des détenu(e)s, un organisme à but non lucratif.Parmis les dossiers importants de l'Office citons: le Sida en prison, la surpopulation carcérale, les libérations conditionnelles, les transferts internationaux de prisonniers, la réforme de l'aide juridique, la santé mentale en détention et la notion de «pardon».«Il faut se rappeler que le rôle de la prison est de maintenir à l'écart les individus dangereux pour la société», souligne M.Bernheim.Au 19e siècle, il y avait des prisons dites «communes», tant sous le régime anglais que français.À l'époque, il s'agissait de petites prisons répondant à des besoins ponctuels et locaux.L'augmentation de la population et la hausse de la criminalité justifiaient l'ouverture, en 1835, du premier pénitencier canadien à Kingston (Ontario) pour des détenus ayant des peines plus ou moins longues.Ce n'était pas le système idéal: la situation géographique de la prison nécessitait de très longs déplacements de prisonniers.Souvent, celui-ci arrivait à la prison avec une peine presqu'écoulée.Pour cette raison, Kingston est devenu un pénitencier pour peines de deux ans et plus.L'Acte d'Union de 1840 et la Confédération en 1867, ont partagé les responsabilités carcérales entre l'administration fédérale et les gouvernements provinciaux.En 1869, on a tranché définitivement: les pénitenciers fédéraux prennent en charge les détenus ayant reçu des peines de deux ans et plus et les prisons provinciales s'occupent de ceux ayant une sentence de moins de deux ans.Selon Jean-Claude Berheim, «cette décision relève de raisons purement administratives.Il n'y a rien qui concernait le sort des condamnés et la gravité de leurs peines».Il existe donc au Canada, 13 différents systèmes d'administration carcérale: le système fédéral et les systèmes de chaque province et des territoires.Au Québec, nous avons 25 prisons provinciales et 12 établissements fédéraux.La population carcérale du Québec varie de 7000 à 7500 personnes, réparties à part égale entre le fédéral et le provincial.Les femmes représentent 5% de cette population; le Québec en compte un peu plus d'une centaine.«Pour incarcérer quelqu'un, il faut qu'il ait contrevenu à un règlement municipal, à une lai provinciale ou au Code criminel.Des peines seront imposées en fonction de ces infractions.Cela peut aller de la simple amende jusqu'à une peine à perpétuité, déclare Jean-Claude Bernheim.Ce qu'il faut bien comprendre c'est la gestion des peines.Au municipal et au provincial ce sont surtout des peines-«amendes».Mais si les contrevenants ne paient pas leur amende.ils sont passibles d'emprisonnement.C'est ce qui arrive souvent aux pauvres et aux démunis.Il y beaucoup plus de lois qui pénalisent par des amendes, mais en cas de non paiement, la durée d'emprisonnement est souvent laissée à la discrétion du juge.Habituellement le barème est d'une journée par tranche de 50$ d'amende.C'est plus sévère pour les récidivistes: souvent le juge impose des sentences exemplaires».Selon M.Berheim, la surpopulation des prisons est un gros problème.«C'est ce qui justifie les nouvelles prisons.Ce n'est pas seulement depuis les année 1970 que la surpopulation existe.Elle existe depuis longtemps, pour ne pas dire depuis toujours».Et même lorsque le détenu est libéré, il y a des problèmes.«La libération conditionnelle n'est pas facile à vivre.C'est une demi liberté, explique Jean-Claude Bernheim.Il y a tellement de contraintes que la vie devient presqu'impossible: par exemple, le respect d'un couvre-feu, l'interdiction de consommer de l'alcool ou de ne pas fréquenter certaines personnes.En cas de bris de conditions, non seulement on peut perdre sa liberté, mais le juge peut être plus sévère la fois suivante».Et ainsi, le cercle vicieux recommence.Nous remercions Jean-Claude Bernheim pour sa précieuse collaboration.Office des droits des détenus: (514) 522-5965 ou r BmSec&mlnc.I I: A fi Centre de réhahililation pour démunis alcooliques/toKicomanes de Z5 ans et plus ^CA^^
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