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Titre :
L'itinéraire
Depuis 1992, L'Itinéraire fait découvrir aux Montréalais les intérêts, les préoccupations et les revendications des gens de la rue, des activistes sociaux et des collaborateurs qui participent à la publication. [...]
L'Itinéraire est un mensuel montréalais dont la publication a débuté au printemps 1992. Le magazine est une initiative du Groupe communautaire L'Itinéraire, organisme basé dans le quartier Centre-Sud à Montréal. Il est vendu dans les rues et dans le métro de Montréal par des camelots. La création de L'Itinéraire visait à offrir une publication aux personnes seules et itinérantes dans laquelle elles pourraient partager avec la population les problématiques de l'itinérance et proposer des pistes de solution. L'Itinéraire permet aux participants l'apprentissage d'un travail rémunéré. Une participation active brise l'isolement. Elle favorise la revalorisation et la réalisation de soi, une reprise personnelle et une culture de l'autonomie. L'Itinéraire transmet aux Montréalais les intérêts, les préoccupations et les revendications des gens de la rue, des activistes sociaux et des collaborateurs qui participent à la publication. Ainsi, l'accès au logement, la réinsertion sociale, le travail du sexe, l'alcoolisme et la toxicomanie, la formation aux adultes, les droits de la personne, les sujets politiques de l'heure, les arts et la culture populaire, sont des sujets traités dans le magazine. On trouve régulièrement une personnalité connue en page couverture de L'Itinéraire, à laquelle est jumelé un article prenant souvent la forme d'une entrevue. Des collaborations spéciales de journalistes pigistes professionnels trouvent leur place chaque mois dans L'Itinéraire. Le magazine offre aussi une tribune à ses camelots, dont quelques-uns sont maintenant des figures connues des Montréalais. THIVIERGE, François, « Intervention de groupe auprès de la population itinérante de Montréal », Service social, vol. 43, no 2, 1994, p. 147-157.
Éditeur :
  • [Montréal] :Groupe communautaire l'itinéraire,1992-
Contenu spécifique :
avril
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
deux fois par mois
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L'itinéraire, 2002-04, Collections de BAnQ.

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[" L'Itinéraire est produit et vendu en majeure partie par des personnes itinérantes, ex-itinérantes, sans emploi, alcooliques ou toxicomanes, dans le but de leur venir en aide et de permettre leur réinsertion sur le marché du travail.Pour chaque numéro vendu 2 dollars, 1 dollar revient directement au camelot.Les profits de L'Itinéraire servent à financer les coûts de production du journal, les projets de réinsertion sociale, le Café sur la rue, et L'Espace Internet La direction de L'Itinéraire tient à rappeler qu'elle n'est pas responsable des gestes des vendeurs dans la rue.Si ces derniers vous proposent tout autre produit que le journal, ou demandent des dons, ils le font à titre personnel.Si vous avez des commentaires sur les propos tenus ou le comportement des vendeurs, communiquez sans hésiter avec le responsable de la distribution.Geneviève Denis au (514) 597-0238, poste 32 L'Itinéraire a besoin de \u2022 machine à espresso commerciale \u2022 ordinateurs : Power Mac, Compatible IBM Pentium 200 \u2022 caisse enregistreuse \u2022 4 magnétophones portatifs \u2022 3 imprimantes laser \u2022 2 classeurs verticals (4 tiroirs, Legal) \u2022 5 chaises secrétaire Si vous avez des appareils qui fonctionnent encore, s'il vous plaît, contactez-nous au (514) 597-0238 vencJre L'Itinéraire.Ckli sur U rvc, au 1104, rue Ontaimo Est ANqlt AmIierst) Des gens de la rue ou de milieu modeste se côtoient au Café sur la rue dans une ambiance agréable.De bons petits repas sont servis par des personnes en réinsertion sur le marché de l'emploi pour la modique somme de 4,50$.Un cuisinier leur apprend à travailler et à gérer une cuisine.Les personnes à faible revenu peuvent se procurer une carte de membre au coût de 5$ et obtenir un repas à 2,25$, pour une période d'un an.Attention aux fraudeurs! L'Itinéraire tient à prévenir la population que des imposteurs sollicitent des dons sans son consentement.Que ce soit par sollicitation téléphonique ou de porte à porte, personne n'est autorisé à solliciter des dons monétaires ou matériels pour L'Itinéraire.Nous invitons les personnes sollicitées à communiquer immédiatement avec la police pour mettre fin à cette sollicitation frauduleuse.Pour aider L'Itinéraire, les gens sont invités à se procurer notre revue auprès de nos camelots dûment identifiés.Vous trouverez des camelots sur toutes les grandes artères de la ville ainsi que dans plusieurs stations de métro.Les dons sont les bienvenus mais ils doivent être directement adressés à nos locaux du 1907 rue Amherst, Montréal H2L 3L7.Pour plus d'information, vous pouvez communiquer avec nous au (514) 597-0238: Chantai St-Onge, conseillère en publicité, poste 27 ou Ariane Pelletier, responsable de l'administration, poste 28, arianepelletier@videotron.ca Fin de la campagne téléphonique d'abonnement Le Groupe communautaire L'Itinéraire a mis fin à sa cam- et L'Itinéraire pour mettre fin à toute sollicitation non pagne de sollicitation téléphonique d'abonnement au autorisée.Journal L'Itinéraire.Le mandat du groupe La Relance est Les dons sont les bienvenus, mais ils doivent être donc terminé.ment adressés à nos locaux du 1907, rue Amherst, Personne n'est autorisé à solliciter des abonnements pour le H2L 3L7.Journal L'Itinéraire ou des dons en argent, en services ou en biens.Nous invitons toute personne sollicitée à des fins Pour plus d'information, communiquez ave d'abonnement ou de demandes de dons, en personne ou par à Ariane Pelletier, responsable de l'administra téléphone, de communiquer immédiatement avec la police (514) 597-0238, poste 28.arianenpiiptipnavirion et L'Itinéraire pour mettre fin à toute sollicitation non autorisée.Les dons sont les bienvenus, mais ils doivent être directement adressés à nos locaux du 1907, rue Amherst, Montréal H2L 3L7.Pour plus d'information, communiquez avec à Ariane Pelletier, responsable de l'administration, (514) 597-0238, poste 28, arianepelletier@videotron.ca La formation professionnelle des travailleurs(euses) au Journal L'Itinéraire a été rendue possible grâce, entre autres au Ministère de la Métropole à la rw _du Plateau Mont-Royal/Centre-Sud, a la Ville de Montréal, à la Régie régionale de la santé Montréatcentrê et à mQÀM Sommaire 1907, rue Amherst, Montréal (Québec) H2L3L7 Tél.: (514) 597-0238 Fax:(514) 597-1544 Coutriel: itineraire@videotron.ca http://itineraire.educ.in finit Le journal L'Itinéraire a été fondé en 1992 par Pierrette Desrosiers, Denise English, François Thivierge et Michèle Wilson.À cette époque, il était destiné aux gens en difficulté et offert gratuitement dans les services d'aide et maisons de chambres.Depuis mai 1994, il est vendu régulièrement dans la rue.Plus de la moitié de cette publication est rédigée par des personnes ayant connu l'itinérance.Les articles écrits par des journalistes pigistes professionnels portent la mention «collaboration spéciale».Le Groupe communautaire L'Itinéraire est un organisme à but non lucratif fondé en 1989 pour aider les itinérants.Le conseil d'administration est composé en majorité de personnes ayant connu l'itinérance, l'alcoolisme ou la toxicomanie.Conseil d'administration du Groupe communautaire L'Itinéraire: Présidente: Geneviève Denis Vice-president: Jean-Marie Tison Secrétaire: Réjean Mathieu Trésorier: Jean-Paul Baril Conseillers: Robert Beaupré, Josée Boisvert, Éric Cimon, Robert Dion, Mario Châteauvert Comité de direction: Denise English, Ariane Pelletier, Jean-Pierre Lacroix, Geneviève Denis, Mylène Bonin Équipe de production du journal: Rédacteur en chef: Jean-Pierre Lacroix Adjoint à la rédaction: Gopesa Paquette Collaborateurs: Gina Mazerolle.Élyse Frenette, Pierre Demers, Maxime.Jean-Pierre Béliveau, Léo Paul Lauzon, Pierrette Jeanneault, Alain Forget, Jacques Brochu, Luc Denis, Michel St-Amant, Mario Poulin, Réal Dion.Infographiste: Michel Després Révision: Guy Crevier, André Martin, Patricia Rodrigues, Claude Charbonneau, Suzanne Lacroix, Inès Lopez, Pierre Loïc Chambom, Louise Langlois Mots croisés: Gaston Pipon Imprimeur: Québécor World Lebonfon Tirage: 18 000 exemplaires vendus par des itinérants et des sans-emploi dans les rues de Montréal Administration du groupe : \u2022 Secteur administration \u2022 Secteur Café sur la rue \u2022 Secteur distibution \u2022 Secteur Internet \u2022 Secteur tournât: Responsable: Ariane Pelletier Adjointe administrative: Sylvie CSIé Publicité: Chantai Sl-Onge Responsable: Denise English Responsable: Geneviève Denis Responsable: Mylêne Bonin Responsable: Jean-Pierre Lacroix Adjoint: Gopesa Paquette L'Itinéraire est membre de: NASNA \u2022 Association nord-américaine des journaux de rue Le réseau international l/^T des journaux de rue Son tirage est certifié par Dossier: 6 Aide ou exclusion?8 Pauvres crimes 10 Criminalisation de la pauvreté 12 La pauvreté au Canada Actualité 4 Quelques petits pas vers la réinsertion 15 6e Journée Internationale contre la brutalité policière.16 La rue des femmes 18 La crise du logement 29 L'histoire de l'oie et les enfants dans le monde 31 Les méandres de la matière grise 32 Une aînée engagée 33 Journée de la femme Cahier formation écriture journalistique 22 Un outil de «guérison sociale» Où sont passés les logements sociaux?L'apprentissage de la rue Réveil Une vocation indispensable Le goût de communiquer Chroniques Éditorial 05 Chronique Internet 34 Globe trottoir 35 Mots des camelots 37 Prof Lauzon 40 Mots croisés 42 23 24 26 27 28 AVDA photo page couverture : Gopesa Paquette L'Itinéraire est entieremem recyclable MONTREAL \u2022 AVRIL 2002 JOURNAL L'ITINERAIRE 31 Quelques petits pas vers la réinsertion ! Des ex-itinérants créent une entreprise d'économie sociale.Jean-Pierre Lacroix Rédacteur en chef Il y a six mois Bruno Bélanger et Pierre Leclerc, intervenants au Centre Saint-Pierre, ont présenté un projet d'économie sociale à un groupe d'ex-itinérants fréquentant régulièrement un café-rencontre.Au départ, ils étaient quinze, aujourd'hui, ils sont huit: André, Denis, Gilles, Jean-Louis, Michel, Pierre, Rémi et Sylvain.Leur âge s'échelonne de 35 à 55 ans.Le nom du collectif dit tout: Action Réinsertion.Le projet est rendu possible grâce à un protocole d'entente entre la Ville de Montréal et le Ministère de la Métropole et des Affaires municipales.Le groupe se rencontre une fois par semaine et applique la pédagogie des petits pas : on fait un pas, on effectue un retour sur le processus, on tire des leçons des résultats, on se réajuste et on fait un autre pas.« J'ai deux motivations : la fierté personnelle et le cash témoigne Pierre, un participant impliqué depuis le début.Ça m'occupe et je reprends confiance en moi.» Un autre participant déclare: « Le groupe c'est très important pour moi.Ce n'est pas toujours facile, Richard Chrétien mais on apprend à se connaître et on règle nos problèmes entre nous.» Richard Chrétien, accompagnateur du groupe, confirme : « Chez de nombreux participants, j'ai observé beaucoup de changements positifs.Certains ont été exclus du groupe parce qu'ils n'étaient pas assez disciplinés.Je suis très optimiste.» Le premier projet du groupe : La mise en marché des cartes de Pâques que les membres ont dessinées eux-mêmes.Ils découvrent petit à petit leurs aptitudes et retrouvent leur estime de soi.« Le point faible des programmes de réinsertion est d'être axé sur des problèmes et non sur des individus, précise Richard Chrétien.Ici on mise sur les richesses de chacun.Le défi est de le prendre comme il est et de l'aider à se prendre en main et à se responsabiliser.» D'ici à juin, le groupe d'ex-itinérants devrait avoir élaboré un autre projet plus ambitieux.Il n'a pas peur des défis photos : Jean-Pierre Lacroix JOURNAL L'ITINÉRAIRE MONTREAL \u2022 AVRIL 2002 Combien de temps encore?«L'économie actuelle est en train de nous faire perdre le sens d'être, de faire et de vivre ensemble, le sens du bien commun.» -Ricardo Petrella Jean-Pierre Lacroix Rédacteur en chef Nous voulons un monde meilleur pour tous.Un mieux-être collectif dit-on.Pour paraphraser Mcluhan, on pourrait s'inventer une communauté globale, et mondialiser le bonheur au lieu de la misère.On ne peut changer le monde, nous le savons tous.Mais, non seulement on peut se changer soi-même, nous avons le devoir de le faire.Ce n'est pas inutile puisque chacune de nos actions positives, si petites soient-elles, prises collectivement, exercent un impact positif plus grand qu'on pourrait le croire, sur l'ensemble de la société.Hélas ! la pauvreté est en croissance.Le coupable ?Personne et tout le monde à la fois.C'est notre système capitaliste, axé sur les profits plutôt que sur l'être humain; le capital doit performer coûte que coûte.Ce sont les multinationales qui se restructurent, fusionnent, et sont obligés de licencier des employés pour se garder en bonne santé.économique.On s'interroge trop peu souvent sur le sort des chômeurs et des pauvres que fabrique ce système.Chaque jour, des milliers de travailleurs changent, à leur corps défendant, de statut économique parce que, quelque part, un PDG de grande entreprise ou un propriétaire de PME décide d'augmenter le rendement sur son investissement.Consultation gratuite Luu Le Denturologiste Prothèses dentaires Clinique médicqle Métro Frontenac 1800 Bercy #1 15D Mtl, QC, H2K 4K5 (514) 288-6891 Pourquoi pas un peu plus de justice sociale, d'équité dans le partage des richesses ?Du travail pour tous, de la nourriture pour tous.L'accès à l'éd- ucation et aux loisirs pour tous.Éliminer le racisme, la discrimination et l'exclusion.Installer la paix, l'harmonie, la coopération, la solidarité.Pratiquer le développement durable : exploiter les ressources naturelles en respectant l'avenir de notre planète, l'unique milieu de vie que nous partageons.Les enjeux ne sont pas que financiers : c'est l'économie transnationale qui mène le monde.La démocratie devient une comédie puisque les gouvernements n'agissent que sous la contrainte des investisseurs qui dictent les règles du jeu : la cote de crédit - donc, le pouvoir d'emprunter -qu'accordent aux gouvernements les grandes maisons américaines de courtage force ces courses folles au déficit zéro dont nous sommes témoins \u2014 et victimes \u2014 depuis quelques années.Devant la connivence entre les politiciens et les financiers, des citoyens de plus en plus nombreux ne se donnent même plus la peine d'exercer leur droit de vote tellement il se sentent impuissants! Le paradoxe est que, malgré sa faiblesse évidente, le secteur politique semble s'en sortir avec les honneurs de la guerre.Mais pour combien de temps encore?Il est inacceptable d'être obligé de travailler 52 heures par semaine au salaire minimum pour atteindre.le seuil de la pauvreté! De plus le filet social s'effrite à vue d'œil : coupures dans les prestations d'aide de la sécurité du revenu, dans les services de santé et d'éducation.On est loin de parler de qualité de vie! Quand ceux qui sont aux commandes de cette machine à fabriquer des pauvres à la chaîne prendront-ils conscience?Ce déséquilibre ne pourra durer beaucoup plus longtemps; déjà 25% de la population vit dans des conditions de pauvreté.jplac@videotron.ca MONTREAL \u2022 AVRIL 2002 JOURNAL L'ITINÉRAIRE 51 Dossier criminalisation de la pauvreté La sécurité du revenu Aide ou exclusion ?La pauvreté pousse parfois l'être humain à recourir à une multitude de moyens pour survivre.VAssistance-emploi (aide sociale) en est un, mais nettement insuffisant, d'autant plus que Statistiques Canada évalue le seuil de pauvreté à 17 060 $ annuellement pour une personne et de 23 123$ pour deux personnes.Les gens recourent donc à d'autres moyens fortement réprimés par la loi comme le travail «en dessous de la table».Michel Boyer La situation «Les nouveaux barèmes de l'assistance-emploi sont en vigueur depuis le 1er janvier 2002», explique Johanne Hachey, agente de promotion à l'Assistance-emploi.Les prestations mensuelles se situent entre 537 et 776$, (6444 à 9312$ annuellement) selon l'état de santé, avec la possibilité d'un petit surplus variant entre 100 et 200$ selon la capacité de travail.Bien que la prestation pour enfants ne figure plus dans la loi (il existe les allocations familiales accordées par le gouvernement fédéral), le parent-prestataire peut utiliser la carte médicaments pour ses enfants.Manifestation de l'OPDS devant les bureaux de Louise Harel au printemps 1995 Certains mois, les prestataires ne peuvent pas répondre à leurs besoins et lorsque des imprévus surviennent, ils trouvent des solutions considérées illégales par la Loi sur le soutien du revenu et favorisant l'emploi et la solidarité.«Solidarité sociale signifie qu'on s'organise ensemble.Elle [la loi] divise les gens: les agents sont autorisés à questionner les voisins, à pousser l'interrogatoire des bénéficiaires très loin», estime Etienne Legault, coordonnateur à l'OPDS-Centre-Sud (Organisation populaire des droits sociaux, local Centre-Sud), une organisation de lutte et de soutien depuis 22 ans.Informations sur le logement «Si tu partages un logement avec une autre personne, elle-même prestataire, l'Assistance-emploi coupe les prestations de 50 $ à chacun.Par contre, si les deux colocataires sont classés dans une catégorie sévère, ils ne subissent aucune coupure», selon Mme Hachey.L'abolition de la coupure pour le partage de logement se trouve d'ailleurs au nombre des revendications de l'OPDS.D'autres mesures.Est considéré un couple deux personnes de sexe différent ou de même sexe qui vivent maritalement depuis un an, deux personnes mariées ou deux personnes ayant un enfant ensemble.« Un homme et une femme cohabitent: l'homme reçoit 1200$ de pension de vieillesse et la femme, de l'aide sociale (contrainte sévère), raconte M.Legault.Elle a peine à marcher, son colocataire lui rend des services tels que faire l'épicerie, sortir les ordures ménagères, etc.Après un an de colocation, ils sont considérés comme un couple.» Le gouvernement classifie l'homme de «contrainte temporaire» et la femme de «contrainte sévère», ce qui totalise à ses yeux 1153,34$ par mois.Comme l'homme reçoit 1200 $ de pension, on coupe tout soutien à la dame.«La loi est supposée favoriser la solidarité.Si les personnes s'entraident, elles sont consi dérées comme formant un couple.La loi refuse de voir que cette colocation épargne des frais à l'État, comme l'exigerait un placement en foyer, par exemple.» 16 JOURNAL L'ITINERAIRE MONTREAL \u2022 AVRIL 2002 OPDS CENTRE SUD photo Jean-Pierre Lacroix Etienne Legault coordonnateur OPDS Centre-Sud D'autres possibilités En ce qui a trait aux mères, il existe divers programmes tels que: - des programmes d'employabilité offerts par Emploi-Québec; - le programme REPS, (Retour aux Études Post-Secondaires) frais de garde possibles ; - le programme APPORT destiné aux la familles à faible revenu.L'OPDS regrette que les programmes auparavant définis dans la loi, ne le soient plus aujourd'hui.«Nous, ici, on n'en a pas la moindre idée: il y a plein de petits projets-pilotes.L'OPDS a dû recourir à la Loi d'accès à l'information pour connaître leur existence et c'est encore en processus», déplore M.Legault.On peut imaginer combien cela peut être difficile pour un simple citoyen face à un système aussi complexe.D'autant plus que la loi permet un contrôle des gens «Des clauses à cet effet sont incluses dans la loi.Le but c 'est de faire parler la personne et, sur la base de ses aveux, déduire l'aide possible», déclare M.Legault.Un prestataire peut contester une décision de son agent.Un comité de révision émet alors une recommandation, mais l'agent a le dernier mot.« T'as intérêt à bien t'entendre avec ton agent.» Une autre critique de l'organisme concerne l'abolition du contrôle sur la façon de dépenser.Trauail au noir et criminalisation L'aide sociale s'appuie sur la base des aveux, de délations (indicateurs) ou de visites surprises pour prendre les prestataires en défaut.Le travail au noir est un pensez-y-bien.Finalement, on risque de tout perdre.Ess] WW :« ' yuelle que soit votre clientèle, le Service de l'éducation et oes programmes publics vous attend au Musée des beaux-arts de Montréal pour vous offrir des activités sur mesure.Le programme « Franchir le seuil du Musée» du Musée des beaux-arts de Montréal invite les groupes et organismes communautaires à but non lucratif à participer gratuitement à des activités éducatives.Ht mm Réservez sans tarder en composant le (514) 285-1600, poste 135.g j MUSI-l-: DES BEAUX-ARTS BE MONTREAL MONTREAL \u2022 AVRIL 2002 JOURNAL L'ITINÉRAIRE 71 Dossier: criminalisation de la pauvreté Pauvres crimes Patrice Massé Dans une société comme la nôtre, où la performance et la réussite financière font souvent foi, aux yeux de la masse, de la valeur d'un individu; il n 'estpas rare de voir les gens, rêvant de cette réussite mais n 'ayant concrètement pas les moyens d'y accéder, avoir recours à des stratagèmes machiavéliques comme le travail au noir.D'autres, plus téméraires, ou plus désespérés, deviendront squeegees ou encore pushers au métro Berri.Bon nombre de citoyens s'insur geront.«Ce n'est pas une vie» diront-ils, et ils auront bien raison.Mais cette vie, cette réussite dont on parle, a un prix et il sera rare que quelqu 'un se la paie avec un chèque d'aide sociale Roger Depuis un an, Roger travaille dans une maison de réhabilitation pour alcooliques et toxicomanes, jusque là, tout va bien.Mais un jour, le patron réunit ses employés et leur annonce qu'il ne pourra plus les payer faute de fonds.A moins que.Le patron suggère aux employés encore sous le choc de «se mettre sur le chômage» et il compenserait la différence, une somme d'environ 600$ par mois.Malgré la nature illicite de ce qui était demandé, Roger accepta le marché et chacun des partis respecta ladite entente.La conjoncture actuelle ne permettant finalement pas à la maison de rester ouverte, le patron déclara faillite.La roue avait commencé à tourner pour Roger.Il termina de recevoir ses prestations d'assurance-emploi, fit une demande d'aide sociale et, au cours des mois qui suivirent, trouva un nouvel emploi.Les choses semblaient s'améliorer pour Roger, mais ce dernier emploi fut de courte durée, notamment parce que c'était un de ces programmes gouvernementaux dont ont besoin tant d'organismes communautaires pour survivre.Donc, huit mois de Transcal Québec Service de Formation Internet à Domicile Sylvain Tremblay 342, rue Jubinville, Laval H7G 3E2 Téléphone: (450) 663-7009 \u2022 Fax: (450) 663-1760 Courriel: info@transcal.qc.ca Internet: www.transcal.qc.ca travail, et hop! de nouveau en chômage, mais cette fois il y a un problème.L'ex-patron de Roger ayant déclaré avoir payé des employés au noir, le gouvernement réclame à Roger une très rondelette somme: dix mille dollars et quelques poussières pour être exact.Pourtant, après un savant calcul, Roger est assuré qu'il n'a pas reçu plus de cinq mille dollars « sous la table » de la part de son employeur.Le reste du montant que l'assurance-emploi lui réclame est une amende et des frais légaux.Il recevra donc la faramineuse somme de 196 dollars aux deux semaines après avoir vu tous ses chèques amputés du même montant pour régler sa dette.Il serait intéressant de calculer ce taux d'intérêt, au-dela de 30%; on qualifie cela d'usuraire.L'histoire se répète et les événements suivants sont arrivés; perte d'appartement, retour à la rue, les missions, la rechute, etc.On oublie que ce que voulait Roger au tout début, était d'aider les gens aux prises avec un problème de drogue et/ou d'alcool.C'est lui maintenant qui a besoin d'aide.On se rassurera en sachant que Roger va passablement mieux depuis, mais il répète sans cesse que ce n'est pas grâce au gouvernement.L'argent n'est toujours pas facile à gagner pour lui qui a choisi une voie alternative en se lançant dans les arts.Par contre, il ne déclare plus rien à son gouvernement élu paradoxalement pour travailler pour les gens et non pour la misère.La confiance qu'il avait d'être aidé s'il avait un pépin s'est dissipée au fur et mesure qu'il recevait des prestations.Dédé Dédé a moins de chance que Roger, ayant été obligé d'abandonner l'école très jeune pour aller sur le marché du travail; il a été en proie à diverses tentations néfastes.Aujourd'hui, à 40 ans, Dédé ne travaille plus il, reçoit son chèque mensuel dans une des missions de Montréal car il dort dehors et sombre dans la dernière chose qu'il lui reste; l'illusion du bonheur.Il boit son chèque et retourne «travailler».Son job?Quêteux.Loin de faire CHAMBRE DES COMMUNES Bernard Bigras Député de Rosemont 2105.rue Beaubien Est Montréal (Québec) H2G 1M5 Tél.: (514) 729-5342 Télécopieur: (514) 729-5875 I 8 JOURNAL L'ITINERAIRE MONTREAL \u2022 AVRIL 2002 les 20$ l'heure que certaines personnes croient que les quêteux font (on voit bien qu'ils n'ont jamais essayé), il se tire toutefois assez d'argent pour fumer, manger un morceau, et s'il a de la chance, boire un peu.Mais voilà que des commerçants se plaignent: «Un bum en face de nos beaux magasins touts propres».Et s'en est fait pour Dédé qui, ammené par la police, se retrouve en prison, avec un casier judiciaire.Il est maintenant un criminel, rien de moins.Il est certain qu'avec de tels «encouragements», Dédé retournera bientôt en prison.Sa roue tourne depuis bientôt huit ans et rien ne donne à penser qu'elle s'arrêteta sous peu.Qui engagerait un quêteux, un « bum » ou un alcoolique?La misère engendre la misère La misère est-elle une affaire génétique?Pas nécessairement, mais on peut affirmer que l'aide que l'on reçoit quand on est dans la misère est rare et insuffisante.Ne parlons surtout pas de l'aide que nos grands penseurs nous apportent, avec un coup de main comme celui-là, on n'a pas vraiment envie de tendre l'autre joue.Dans notre société, il est impensable que l'on punisse ceux qui essaient de rendre leur misère un peu moins malheureux et un peu plus vivable.Comme d'habitude, c'est un débat de société.patricemasse3 @ho tmail.com AIDONS LES SANS-ABRI Je vous fais parvenir mon don de: 20$ ?50$ ?100$ ?Autre_$?o y Nom : Prénom : .Adresse :.Code postal Tél.: { ) _ Je désire recevoir un reçu pour fin d'impôts ?Merci de nous encourager Envoyer un chèque ou mandat-poste à l'ordre du Groupe communautaire L'Itinéraire à l'adresse suivante: 1108, rue Ontario est, Montréal (Québec) H2L1R1 RADIO-DON ° ^ ^mai 2002 léphoniques, de témoignages, de ix à gagner et plus encore.Plusieurs personnalités québécoises -arole: obert resident et chef de la rection de RONA inc.MONTREAL* AVRIL 2002 JOURNAL L'ITINERAIRE 91 Dossier: criminalisation de la pauvreté Criminalisation de la pauvreté .acroix Jean-Piern Rédacteur en chef L'idée que nous nous faisons de l'ordre social, des rapports sociaux et de notre façon de vivre repose sur le principe de la reconnaissance et de respect del'autre.Mais lorsqu'on parle de criminalisation de la pauvreté chez les sans-abri, c'est au nom de la défense de la propriété privée et collective, qu'il y a un crime.« La propriété, c'est l'exclusion de la jouissance des autres, informe Georges Lebel, avocat et directeur des Etudes Supérieures à la Faculté de Droit et des Sciences Politiques de l'UQÀM.La propriété est un phénomène d'exclusion.» Par exemple, votre brosse à dents est à vous, c'est une bonne chose d'avoir sa propre brosse à dents : c'est un rapport de possession.Mais le concept de propriété, ne s'applique pas à l'idée de se brosser les dents, mais plutôt au fait d'empêcher les autres de se servir de son bien.«Pour que ça change, pour éliminer la pauvreté et l'exclusion, il faudrait abolir la richesse, puisque la pauvreté est une absence de richesse.Bien sûr, c'est révolutionnaire comme idée!» affirme M.Lebel.Tant que la propriété privée existera comme système d'exclusion des non-propriétaires, la police sera nécessaire.Il y a des réformistes qui tentent de faire valoir que la différence ne veut pas nécessairement dire délinquance.« La police défend la tranquillité des bourgeois et leur propriété.Qui s'attaque aux sans-abri?Jusqu'au milieu des années soixante, il y avait encore, à Montréal, des dispositions dans la loi disant que « ne peuvent se présenter aux élections municipales que des hommes de biens», c'est-à-dire des propriétaires de biens.Nous apprend M.Lebel Ce qui revient à dire que la citoyenneté reposait sur le fait que vous étiez propriétaire : si vous étiez propriétaire, vous aviez le droit de parler; si vous n 'étiez pas propriétaire, vous n 'aviez pas le droit de parler.» Une des conséquences de cet état de fait est que la majorité des règlements municipaux adoptés avant les années soixante conserve cette logique de l'exclusion des non-propriétaires.D'ailleurs, Me Lebel le souligne : «Ily a les crimes contre la personne et les crimes contre la propriété.Les sans-abri sont accusés de méfaits contre la propriété.» La police applique à la propriété collective la logique d'exclusion, à l'endroit des sans-abri, crée pour protéger les propriétaires privés.« C'est l'extension du concept de propriété privée au domaine public qui conduit à la systématisation de l'exclusion juridique de la jouissance du bien collectif, déclare Me Lebel.Donc, le trottoir et les parcs sont à tout le monde, mais les sans-abri ne sont pas tout le monde : ils ne font pas partie des propriétaires.Ils ne sont pas des homme de biens.» Et la privatisation de l'espace public aggrave la situation.Une des conséquences de la répression envers les jeunes de la rue et du « nettoyage » des parcs et des places publics, est la fragmentation et la dispersion des groupes.Pour Me Lebel, cette répression est un travail systématique de déconstruction d'une solidarité, d'une normalisation ou d'une intégration des rapports sociaux souhaitables à l'encontre d'une individualisation.« Ce que veut la police, c'est que les jeunes aillent se coucher à 22 heures et se lèvent à 8 heures du et aillent travailler a 9 heures.» « Ce qui pose problème c'est la discrétion donnée au policier dans l'application de la loi.» affirme Me Lebel.On lui laisse la possibilité de faire valoir ses préjugés dans l'application d'une norme juridique qui devrait s'appliquer également à tous les citoyens.Il y a une difficulté d'intégration des communautés culturelles.Me Lebel relate le fait qu'il n'y ait qu'un seul juge de couleur à i i î Me Georqes Lebel la cour municipale de a Montréal et la candidate ait été par trois fois refusée avant d'accéder à la magistrature.Même à l'intérieur du Service de la police lors du recrutement auprès des membres des communautés visibles, ces derniers ont été victimes de discrimination de la part des autres policiers.Donner latitude au policier laisse place à l'expression de ses préjugés et comporte le risque d'une éventuelle discrimination.La loi s'applique alors de façon sélective.On parle de délit de faciès, de délit d'apparence, et c'est cette subtile différence, justifie l'exclusion.FONDATION DOLLARD-CORMIER Alcool, drogue, jeu excessif centre dollard-cormier ùiôemMe.3'awt un pad en avant! 110, rue Prince-Arthur Ouest, Montréal (Quebec) H2X1S7 Tel.: (514) 982-4533 poste 545 Téléc.: (514) 282-5599 Courriel : fondc@cam.org La Toile : www.centredollardcormier.qc.ca/dc_fondation.htm Nous pourrions croire que nous vivons dans une société où règne une justice à deux vitesses.Erreur! M.Lebel nous éclaire : «Il n'y a pas de justice à deux vitesses.Il n'y a qu 'un seul système judiciaire, mais il n'y a pas de justice.Et le système judiciaire sert à protéger les riches, à protéger la propriété.» On serait tenté de croire que nous ne sommes pas tous égaux devant la justice.C'est une illusion.Tout le monde est traité de la même façon.«Le mécanisme est un mécanisme de protection de la propriété.Donc, les gens qui sont exclus de la propriété, n 'ont pas la protection de l'appareil judiciaire et ceux qui sont dans ce système de propriété jouissent de la pleine protection de ce système qui est fait pour les protéger.» L'exclusion est systémique.C'est que la mécanique du système est organisée pour protéger les propriétaires et exclure ceux qui ne le sont pas.Nous observons depuis quelque temps une accentuation de la répression policière envers les gens de la rue s'adonnant, entre autres au squeegee, à la mendicité ou à la prostitution.Selon Me Lebel, c'est la manifestation de quelque chose d'autre : la crise de l'accumulation capi taliste.«Les propriétaires sont obligés d'exploiter encore plus pour maintenir leur situation.Ça se traduit par la disparition des emplois réguliers et des avantages sociaux qui s'y rattachent.On a donc des emplois précaires et des emplois temporaires, des travailleurs autonomes.Le but est de diminuer les coûts pour obtenir le maximum de profits.» Les travailleurs sont maintenus dans un état de précarité poussé à l'extrême.On voit tous les jours, des gens qui maintenus à la limite par ce système, qui craquent et passent aussi au travers les mailles du filet de la sécurité sociale pour se retrouver à la rue.Les gens ne sont pas méchants, c'est le système qui est mauvais.Le profit l'emporte sur l'humain : l'argent est roi.Les gestionnaires sont obligés d'exploiter les employés pour satisfaire les investisseurs et les actionnaires.Y a-t-il de l'espoir pour freiner ce cycle infernal, à défaut de l'arrêter?Défenseur de la justice sociale depuis plus de quarante ans, Georges Lebel s'est impliqué activement dans plusieurs dossiers.Par exemple, en 1994-95, il était au Sommet de Rio où se sont préparé les rencontres de Porto Alegre.Déjà, le diagnostic suivant faisait consensus : il y a beaucoup de groupes de la société civile qui font du lobbying le principal moteur de leur participation sociale.Me Lebel explique qu'il ne suffit pas de dire au premier ministre qu'il y a des pauvres pour qu'un gouvernement commence à s'en préoccuper et modifie ses politiques pour éradiquer le problème.« Le premier ministre fait partie du système d'exploitation remarque Me Lebel On aura beau lui répéter pendant des an nées, ce sera en vain.Il est là pour défendre le système.» Institut de graphologie Roma Lavoie inc.École accréditée de L'Association des Graphologues du Québec (AGQ) Formation complète en graphologie Portes ouvertes Le mardi 4 juin 2002 à 19 hres.Tél.: (514) 990-8602 jeanm.labrie@sympatico.ca 5055, rue Rivard, Montréal (Québec) Métro Laurier photos Jean-Pierre Lacroix La solution se situe ailleurs.C'est la raison d'être des rencontres du Forum social mondial de Porto Alegre.Pour Me Lebel, il faut poser nos revendications et nos exigences en dehors des gouvernements, en dehors des Nations Unies, en dehors des structures qui sont faites pour maintenir ce système d'exploitation.«À partir de ce moment, on pourra dire que ne seront légitimes que les Etats qui nous donneront la garantie que nos exigences seront respectées, soutient Me Lebel.La première exigence est celle d'inclusion et de solidarité des sociétés, c'est- à-dire que tous soient inclus dans le concept de société.On ne fonde pas un système sur l'exclusion'.» Il y a actuellement diverses propositions de solutions en provenance de nombreux groupes à travers le monde.«Aucune n 'est meilleure que les autres ajoute M.Lebel.«Ily a de la place pour toutes ces propositions, mais les seules qui soient valables sont celles que sous-tend le principe d'une solidarité de société d'inclusion.Il faut changer le système.» conclut-il avec optimisme.Il ne croit pas avoir investi autant d'années et d'énergie inutilement dans le concept de solidarité.Il a toujours confiance en l'être humain.MONTREAL \u2022 AVRIL 2002 JOURNAL L'ITINERAIRE 11 I Dossier: criminalisation de la pauvreté D'un océan à l'autre La pauvreté au Canada Gopesa Paquette Adjoint à la rédaction Depuis 1998, une vague de réformes des programmes d'assistance sociale a transformé l'approche qu'ont les gouvernements provin ciaux par rapport au problème de la pauvreté.Dans l'élan de la lutte au déficit, les provinces ont toutes tenté, à un degré ou à un autre, de diminuer le nombre de prestataires d'assis tance sociale.En 1994, le nombre de bénéficiaires au Canada a atteint le nombre record de 3,1 millions, soit plus de dix pour cent de la population.En resserrant les critères d'admissibilité, en diminuant les prestations et en réorientant les services vers l'obtention d'emploi, les provinces ont réduit le nombre de prestataires d'un tiers.En 2000, plus de 2 millions de Canadiens avaient encore recours à une aide financière gouvernementale.Pourtant, en 2002, un Canadien sur dix se retrouve toujours sous le seuil de pauvreté.«Nous avons tenté de faire en sorte que ce soit plus attirant économiquement d'être sur le marché du travail», explique Rick August, des services sociaux de la Saskatchewan.Directeur général aux orientations stratégiques, il justifie l'orientation vers le marché du travail par le postulat que le meilleur chemin pour contrer la pauvreté est l'emploi.Le gouvernement saskatchewanais a adopté une approche d'incitatifs au travail pour réduire le nombre de prestataires.Un programme contro- versé a éliminé les prestations aux personnes âgées de moins de 22 ans à moins que la personne provienne d'un milieu défavorisé.Tous les prestataires doivent s'inscrire à des programmes de formation ou d'acquisition d'expérience au travail.M.August conclut que, malgré des carences dans les services de garde et dans les programmes visant les populations autochtones, l'expérience connaît du succès.«Sans avoir réduit l'accessibilité à l'assistance sociale, nous avons eu une baisse substantielle de prestataires», dit-il.Même s'il est devenu économiquement avantageux de ne pas avoir recours à l'aide au revenu, M.August avoue qu'il est présentement impossible de savoir si la baisse du nombre de prestataires a été accompagnée d'une hausse du niveau de vie des ex-prestataires.Il est aussi impossible de savoir si ces gens ont tous un emploi.Debby Frost tempère l'optimisme de M.August.Présidente de la Saskatchewan Poverty Advocacy Network (SPAN), elle rappelle que les prestations n'ont pas augmenté depuis 1983: «Ça fait près de vingt ans que l'aide stagne, s'indigne-t-elle.Le gouvernement parle de travail, mais il ne nous aide pas à en trouver.Il ne nous donne pas d'aide pour la garde des enfants, pour le transport, ni pour des vêtements nécessaires à la recherche d'emploi.» Cette priorité sur la recherche d'emploi est présente dans toutes les provinces.Au Québec, le Front Commun des Assistés Sociaux compare Emploi Québec qui administre l'assistance sociale et l'assurance-emploi dans la province, à une agence de NOUVEAU DANS LE QUARTIER >- Enseignes >¦ Affiches >¦ Vitrines >¦ Magnétiques >¦ Banderoles >¦ Camions Lundi, mercredi, vendredi de 9h à 18h ^ escompte 2260 Ontario E., Montréal, (2e étage) Tel: 514-814-2235 Pag: 514-846-6474www.lettrimage.com fTBimflGi I 12 JOURNAL L'ITINERAIRE MONTREAL \u2022 AVRIL 2002 placement.Le président du groupe, Jean-Yves Gélinas, est catégorique: « Emploi Québec est une grosse agence de placement au service de l'entreprise privée! Il n'y a pas d'approche globale pour sortir les gens de la précarité, constate-t-il.Tout le système est axé vers une sortie rapide via le premier emploi disponible, non vers des emplois stables.» Il explique que le guichet unique des Centres locaux d'emploi (CLE) dissimule une approche discriminatoire qui nuit aux assistés sociaux.«Il n'y a aucun service de suivi pour les gens sur l'assistance sociale.L'aide à la rédaction d'un CV, l'aide à la recherche d'emploi, etc.sont tous des services de courte durée.Rien en fait pour les gens qui ont besoin d'une aide plus importante!» Selon Viviane Labrie, porte-parole du Collectif pour une loi sur l'élimination de la pauvreté, on doit adopter une vision moins restrictive de la lutte à la pauvreté si on veut véritablement trouver des solutions.« On doit regarder la lutte à la pauvreté en considérant l'ensemble de la population, avance-t-elle, et non seulement les gens sur l'aide sociale et les chômeurs.Au Canada, le problème n'en est pas un de manque de ressources, mais d'une redistribution inégale de celles-ci.» Après plus de 50 ans de lutte pour faire respecter la Déclaration universelle des droits de l'homme, Mme Labrie considère que notre société est arrivée à un moment décisif où les programmes acquis ont atteint leurs limites.«Nous devons réaffirmer l'importance du rôle de l'Etat dans la redistribution des richesses, soutient-elle.Face au néolibéralisme, nous devons trouver des solutions innovatrices aux problèmes des services sociaux en nous basant sur les leçons du passé.» Selon Mme Labrie, on peut conclure par expérience que l'accès à l'emploi ne suffit pas à réduire la pauvreté.Cette affirmation est confirmée par les données recueillies par l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE).En comparant le taux de pauvreté et celui de la parti cipation au travail des pays membres, il est possible de constater que des pays ayant un haut taux de participation au travail affichent tout de même un taux de pauvreté élevé.C'est le cas des États-Unis et du Royaume-Uni, où le taux de participation au travail est supérieur à 70%, tandis que le taux de pauvreté atteint 17% aux États-Unis et 16% au Royaume-Uni.Par contre, l'Espagne où la moitié de la population ne travaille pas, affiche un taux de pauvreté de 12%.Cette réalité se reflète au Canada, notamment en Alberta, la province qui semble tracer la voie à une réduction croissante des dépenses dans les services sociaux.«C'est vrai qu'il y a un faible taux de chômage dans notre province, assure Donna Lapretre du groupe d'éducation populaire Poverty in Action.Mais, c'est seulement parce que le gouvernement a forcé les gens sur l'assistance sociale à accepter n 'importe quoi! Us se retrouvent tous avec des emplois à temps partiel ou au salaire minimum.» Le salaire minimum de 5,90$ l'heure, en Alberta, est le plus bas au pays.Avec ce salaire, une personne devra travailler plus de 55 heures par semaine pour gagner un revenu équivalant au seuil de pauvreté fixé à 17 060$ pour une personne seule, par Statistiques Canada.« Le gouvernement se débarrasse des assistés sociaux, poursuit Mme Lapretre, mais il produit ainsi des pauvres qui sont dans une situation encore plus précaire que lorsqu'ils recevaient de l'assistance sociale.» Elle assure que les mesures qui commencent à être appliquées en Colombie-Britannique sont en vigueur en Alberta depuis l'arrivée au pouvoir de Ralph Klein en 1993.JOURNAL L'ITINERAIRE 131 MONTRlÂI\"«\"ÀVRÎL 2002 Dossier: criminalisation de la pauvreté Le cas de la Colombie-Britannique reflète la tendance générale des gouvernements provinciaux qui prônent des valeurs conservatrices.En février, le gouvernement nouvellement élu du parti libéral de Gordon Campbell a annoncé une série de mesures affectant l'assistance sociale et l'aide juridique.En plus d'une diminution de certaines prestations variant de 20 à 30%, le gouvernement a resserré les critères d'admissibilité et imposé une limite de deux ans par cinq ans en ce qui concerne l'accès à l'aide au revenu.On refusera l'aide aux prestataires reconnus coupables de fraude.Dans la plupart des provinces, un prestataire qui ne déclare pas les cadeaux qu'il reçoit est passible de poutsuite pour fraude.Les gens qui quitteront leur emploi volontairement n'auront pas droit aux prestations; ce qui implique qu'un travailleur victime de harcèlement sexuel, travaillant dans des conditions inacceptables ou victime d'infractions au code du travail ne pourra pas compter sur l'assistance sociale s'il a l'intention de quitter son employeur abusif.Dans une requête soumise au comité de l'Organisation des Nations Unies sur les droits économiques, sociaux et culturels, un groupe de Vancouver, le Poverty and Human Rights Project, soutient que les nouvelles mesures adoptées par le gouvernement provincial contreviennent aux obligations établies par la Convention sur les droits économiques, sociaux et cultutels.Selon le professeur David Holchanski, directeur du Centre d'études urbaines et communautaires de l'Université de Toronto, lorsqu'on impose des mesures aussi sévères pour les plus démunis, il est inévitable qu'ils se retrouvent à la rue, un jour.« En arrivant au pouvoir en Ontario, le gouvernement conservateur de Mike Harris a coupé les prestations d'assistance sociale de 21 %.L'effet s'est fait sentir dans la rue où le nombre d'itinérants a augmenté dramatiquement.» Pour la seule ville de Toronto, le nombre de lits dans les refuges est passé de 2000 au début des années 90 à 5400 aujourd'hui.La situation est semblable dans l'ensemble de la province.«À travers l'Ontario, toutes sortes de municipalités, petites ou grandes, où il n'y en avaient jamais eu, des refuges ont été ouverts au cours des cinq dernières années.» Selon le professeur, la croyance voulant que la solution à la pauvreté passe par le travail cache une méconnaissance des causes, notamment celles de la pauvreté extrême.«L'itinérance et la pauvreté extrême découlent de trois facteurs : le logement, le revenu et les services de soutien.Alors, lorsqu 'un gouvernement coupe dans un de ces secteurs, ça paraît.Dans la dernière décennie, le gouvernement provincial a coupé dramatiquement dans les trois domaines.» Selon M.Holchanski, le gouvernement a pu agir ainsi à cause de la méconnaissance générale de la pauvreté et de certains préjugés entretenus à l'endroit des personnes pauvres.« L'idéologie du gouvernement conservateur veut que les itinérants qui sont alcooliques ou toxicomanes se reprennent en main ou soient jetés en prison et que ceux souffrant de troubles mentaux soient forcés de prendre des médicaments ou placés en institution.Cette idéologie affirme que c'est ainsi que le problème sera réglé, parce qu 'elle réfute l'argument que l'itinérance est un problème de société.Elle avance plutôt que le problème est le fait de quelques gens refusant de vivre convenablement, s'indigne-t-il.Aux yeux du gouvernement, l'itinérance est un simple trouble du comportement.» Pendant que les réformes des programmes d'assistance sociale continuent, les groupes travaillant avec les plus démunis souhai tent que l'approche visant simplement à réduire le nombre de prestataires fasse place à une démarche globale tenant compte des réalités sociales et des préoccupations des principaux concernés.Pour l'instant, les gouvernements provinciaux semblent déterminés à changer la nature de la relation qu'ils ont traditionnellement entretenue avec les assistés sociaux.«Dans l'assistance sociale, il y a présentement une relation parent-enfant, indique Rick August des services sociaux de la Saskatchewan.Nous voulons nous éloigner de cela.Nous devons commencer à traiter les gens comme des adultes pour qu'ils se comportent en tant que tels.» Comme le dit le dicton américain, It's a man's world (C'est un monde d'hommes).Député de Laurier-SainteUlarie Chef du Bloc québécois 1717, boul.René-Lévesque Est, bureau 205, Montréal (Québec) H2L 4T3 Tél.: (514) 522-1339 Téléc.: (514) 522-9899 I 14 JOURNAL L'ITINERAIRE MONTREAL \u2022 AVRIL 2002 6e Journée Internationale contre la brutalité policière.Jean-Pierre Lacroix Pierre Demers C'est pacifiquement, sous la pluie verglaçante, que s'est mis en marche le petit groupe de parents et amis de Michael Kibbe et d'autres victimes ayant perdues la vie au cours d'opérations policières, pour se diriger vers le Centre Opérationnel Sud du Service de la police de la Ville de Montréal (SPVM) pour tenir une vigile.Le Mouvement Action Justice (MAJ) organisait cet événement pour souligner la 6e Journée Internationale contre la brutalité policière.Michael Kibbe est ce jeune homme qui a effectué une chute mortelle de 8 mètres au Centre opérationnel sud de la rue Guy.Arrêté et menotte, c'est à sa descente de voiture, selon la version policière, que le jeune homme aurait couru 48 mètres, poursuivi par 2 policiers et en croisant 2 autres, franchi un muret de béton d'un mètre et serait tombé dans le vide.C'est avec respect et digni té que les marcheurs ont observé le sculpteur Armand Vaillancourt poser sur mur du Centre opérationnel une plaque commemorative à la mémoire de Michael Kibbe.Au point de presse sui vant la vigile, Yves Manseau, coordonnateur du MAJ, déclarait aux médias que son collectif préférait poser un acte de désobéissance civile non violent parce que son organisme est sérieux.M.Manseau a précisé que le MAJ et le groupe des Citoyen-ne-s Opposé-e-s à la brutalité policière (COBP) étaient deux groupes différents et que leurs méthodes d'action étaient aussi différentes.Rappelons que M.Manseau fut arrêté suite à cet acte de désobéissance civile pour avoir percé 5 trous dans le mur du Centre Opérationnel ayant causé des méfaits de moins de 5000$.photos Jean-Pierre Lacroix Yves Manseau et Armand Vaillancourt La répression lors de la manifestation des Citoyen-ne-s opposé-e-s à la brutalité policière à l'occasion de la 6e Journée internationale contre la brutalité policière en est un exemple flagrant d'intolérance.Les forces de Fanti-émeute sont intervenues sans avertissement 45 minutes après le début de la marche pour procéder à l'arrestation de 371 personnes.J'étais sur place, parmi la foule d'environ 450 participants, et j'ai suivi les manifestants du début au square Berri jusqu'au Palais de justice.La marche s'effectuait dans une joyeuse improvisation - les policiers n'ayant pu obtenir le tracé du parcours, mais ce n'est pas la première fois que cela arrive - sans la casse décrite par le porte-parole du Service de la police de la Ville de Montréal, M.André Durocher.Ce dernier a même affirmé aux rares médias présents que « les manifestants étaient armés de boules de billard, de billes, de pierres et de frondes.de masques à gaz, de poivre de Cayenne et d'ampoules de peinture.Il a oublié de souligner que seulement une minorité de manifestants transportaient de tels objets.Encore une fois, la déclaration du service de la police occupe toute la place dans le compte-rendu officiel de la manifestation.Dans les quotidiens Le Journal de Montréal, La Presse et The Gazette, seul le point de vue de M.Durocher est rapporté.Les télé ont envoyé des cameramen en catastrophe pour filmer quelques images chocs des arrestations.J'ai été témoin de l'arrêt devant le Quartier général de la police, rue St-Urbain.J'ai vu une vitre fracassée, mais je n'ai pas entendu l'ordre de dispersion des policiers.La grande majorité des manifestants a continué à avancer et, je crois, que personne ne les avait entendu.C'est pourtant le prétexte qu'a donné le caporal André Durocher pour justifier l'intervention de l'escouade anti-émeute près du Palais de justice.On peut se demander pourquoi les policiers sont intervenus si rapidement?Les manifestants étaient peu nombreux et, à mon avis, assez disciplinés.Un camion dirigeait les mouvements du groupe et recommandait les arrêts au cours desquels des témoins d'actes de brutalité policière ou d'incarcérations injustifiées prenaient la parole.C'est d'ailleurs à l'occasion d'un de ces arrêts, en face du Palais de justice, que les policiers en ont décidé de charger les manifestants et arrêter un nombre record de personnes.Pourquoi?Pour avoir leur nom dans le livre des records Guinness ou pour prouver que les policiers de la nouvelle ville de Montréal sont moins tolérants?Encore une fois, les policiers de Montréal viennent de creuser la tranchée qui les sépare des jeunes et des moins jeunes militants qui croient encore que la rue appartient à tout le monde.Nombre d'arrestations lors de manifestations montréalaises (source The Gazette) 1955 \u2014 Émeute suite à la suspension de Maurice Richard : 41 1968 \u2014 Émeute de la Saint-Jean à cause de la présence de P.E.Trudeau : 292 1970 \u2014 Le premier jour de la Loi des mesures de guerre en octobre : 450 1993 \u2014 Émeute de la coupe Stanley : 30 2000 \u2014 Journée internationale contre la brutalité policière : 112 2002 \u2014 Journée internationale contre la brutalité policière : 371 MONTREAL \u2022 AVRIL 2002 JOURNAL L'ITINERAIRE 151 La rue des femmes Des autoportraits exposés Gina Maze roi le Cinq des six artistes: Theresa, Patricia, Renée, M-Clô, Thérèse et Diane Trépanière, commissaire de l'exposition La veille de la Journée de la Femme, soit jeudi le 7 mars dernier, a eu lieu le vernissage La rue des Femmes dans le Parc au Centre Culturel Calixa-Lavallée du Parc Lafontaine.L'exposition qui s'est déroulée du 4 au 22 mars 2002 sous le thème de l'autoportrait regroupait 24 œuvres peintes à l'acrylique sur papier fait à la main et réalisées par six participantes des ateliers d'art thérapie du centre La rue des Femmes.La vente des oeuvres, au prix de 250 dollars chacune, permet de verser un revenu aux artistes et d'acheter les matériaux permettant la continuité des activités de l'atelier.M.Clô, Maria, Patricia Cooney, Renée Drouin, Theresa Stiltz et Thérèse Tranquille sont les six participantes qui ont su éblouir tout le monde.Fondé en 1994, le centre La rue des Femmes a depuis été innovateur de projets visant le social et l'humanitaire.Sa mission est d'assurer à des femmes itinérantes et en difficulté des conditions favorables à une démarche de guérison et de reconstruction de leur intégrité personnelle.L'impact positif des ateliers de créativité, fait en sorte les femmes sont en pleine découverte des multiples possibilités d'intégrer leurs émotions, leur créativité et la matière.Ces activités permettent l'expression du potentiel imaginaire de la personne et de son univers intime car devant leurs propres réalisations, elles développent un sentiment de fierté et d'accomplissement.Pour ces femmes, le fait de voir leurs œuvres exposées dans un lieu d'art officiel les valorise et elles se sentent mieux intégrées dans la société.Ces six femmes ont tissé une série d'interprétations visuelles hautement personnelles sur la découverte de soi.Ces femmes qui luttent ou qui ont lutté pour leur survie, sont de courageuses survivantes.À La rue des femmes, c'est depuis le début de l'été 1995 que l'art est accessible aux femmes.Dés le début, elles ont fait des murales, Saundra Baly décrit l'autoportrait comme un voyage à travers la toile affective que chacun tisse tout au long du jour et de la nuit.«Depuis les premiers instants de l'éveil, puis au fil de la journée et de la soirée et jusque dans le sommeil et les nuits chargées mm M Dans l'ordre habituel: Pascal Bélanger; Léonle Couture, fondatrice de la Rue des femmes; Gina Mazerolle, journaliste-camelot à L'Itinéraire et Charles Garlepy.MM Bélanger et Garlepy sont du service des relations d'affaires à la Banque de Montréal.La Rue des femmes recevait récemment un don de 6 000$ de la Fontaine d'Espoir, fondation des employés du Groupe de sociétés de la Banque de Montréal.de rêve, l'artiste puisent dans un labyrinthe d'impressions qui défilent rapidement, se déversent et s'entremêlent à chaque fibre de son être intime, tissant une série d'interprétations visuelles hautement personnelles sur la découverte de soi.» Pour l'événement, La rue des Femmes s'est associée à l'Art neuf inc.un lieu de diffusion de pratiques culturelles qui propose des expositions individuelles et collectives de qualité autant d'artistes amateurs que de professionnels.Leur programmation favorise la promotion d'artistes de la relève, d'étudiants de la CCCL et d'artistes connus qui veulent un lieu différent mais aussi de projets communautaires.Service d'écoute pour personnes en détresse tel-aide K 935-1101 Une écoute respectueuse, anonyme et confidentielle 24 heures/jour 7 jours/semaine Bilingue 116 JOURNAL L'ITINÉRAIRE \"MONTRÉAL \u2022 AVRIL 2002 Je vous présente les six participantes pour mieux les connaître: M.Clô a connu La rue des Femmes par le biais d'une amie, il y a trois ans.Elle peint depuis qu'elle est jeune.«J'avais commencé mes Beaux-Arts en I960.Toute jeune, je me cachais der- faire ma peinture, surtout durant les cours de mathématiques que j'avais en horreur.Je m'inspire de la nature, je suis une rêveuse et la pleine lune m'inspire beaucoup.».Le soir du vernissage, elle avait déjà vendu deux toiles.M.Clô fait de l'aquarelle même chez elle et elle trouve ses propres techniques.« Je suis très fière que les gens aiment ce que je fais.Je suis perfectionniste et cherche toujours à améliorer les détails.À La rue des Femmes nous sommes pressées par le temps parce que l'art-thérapie se fait seulement le mercredi de 13 à 15 h.Ça m'énerve car nous n 'avons pas assez de temps et moi, en plus, je dois téléphoner à l'accueil de nuit de Le Chaînon pour réserver ma place tous les jours avant 15h30.Cela me crée du stress, car je ne suis jamais sûre d'avoir un lit là-bas.Cela nuit aussi à mon inspiration, car je doit tout laisser inachevé et qu 'il est difficile de reprendre le mercredi d'après.» Maria fait de la thérapie par l'art à La rue des Femmes depuis un an.« J'ai eu la chance de faire déjà deux petites expositions avant la première grande de ce soir, ici, à Calixa-Lavallée.La peinture, c'est quelque chose qui me fait du bien.Je trouve que l'homme s'approche de Dieu en s'exprimant à travers Tart.L'hommey exprime le meilleur de ce qui l'habite.Ilfaut être inspiré pour s'exprimer.Dans ma situation, ce n 'était pas difficile de tenter d'y arriver acr tout était propice: un papier d'excellente qualité, de la peinture, tous les matériaux nécessaires, en plus de l'expertise et de l'encadrement d'une excellente professeure, Saundra Baly, art-thérapeuthe et artiste-peintre professionnelle.De plus, pour monter l'exposition, nous avons pu compter sur le soutien de Diane Trépanière, en tant que commissaire, et sur l'aide de Linda Venne, coordonnatrice des exposition chez Ait Neuf» me dit-elle.Patricia Cooney était à la recherche d'un centre qui lui offrirait du support et du soutien, une personne lui a alors parlé de La rue des Femmes.« Ça fait trois ans que je fais de Tart-thérapie.Ça m'aide à relaxer.Ça m'apporte aussi un sentiment de satisfaction et de plaisir.Mon inspiration me vient selon mes sentiments et mes humeurs.C'est ma cinquième exposition pour La rue des Femmes.C'est une grande opportunité que de pouvoir exposer ici, au Centre Calixa-Lavallée.Ça me donne un sentiment de succès dans ma vie dont je bénéficie beaucoup.» Renée Drouin a connu La rue des Femmes par une amie qui fréquentait déjà l'organisme et lui a parlé des ateliers d'art du centre.«J'ai toujours peint depuis mon secondaire.J'éprouve du plaisir à peindre, ce qui me donne la possibilité de m'exprimer à travers les différentes textures et couleurs.Je préfère peindre des scènes, comme des paysages, mais j'aime également beaucoup la peinture abstraite.C'est ma quatrième exposition pour La rue des Femmes.Pour l'instant, c'est plus un hobby car je n 'ai pas l'argent pour m d-cheter le matériel nécessaire.Je me sens plus heureuse intérieurement parce que je présente quelque chose aux autres et c'est une partie de moi-même que je présente.La peinture me permet d'exprimer qui je suis.» Theresa Stiltz a connu La rue des Femmes par l'intermédiaire d'un autre organisme et ça fait trois ans qu'elle fréquente l'endroit.« Ça fait deux ans que je peins.La peinture m'apporte une richesse intérieure, ça m'apporte la paix et l'espoir.J'aime faire des soleils et de l'eau, donc des scènes.Avant, j'étais une personne introvertie, ça m'a changée.Je remercie les différentes personnes qui ont organisé l'événement.Je me sens mieux intérieurement.C'est une activité que j'aime faire car c'est une exploration de moi-même et c'est une passion.» photos : Jean-Pierre Lacroix Thérèse Tranquille a connu La rue des Femmes par le CLSC de son quartier.On l'a aussi envoyée à des endroits où il fallait payer pour manger et elle n'avait pas d'argent.« La peinture me permet de libérer des émotions de souffrance et de tension en laissant le divin les transformer en paix.Cela me permet de découvrir Ut créativité et une meilleure communication de la beauté de l'âme et du coeur.Ça m'enlève des peines, du stress et quand je laisse mon âme refléter le bien-être, je laisse ressortir des joies en moi.Je fais un peu de tout, notamment des fleurs et des personnages.Je suis mon inspiration.Je laisse exprimer l'inspiration qui émane de ma force supérieure.Mes brouillards intérieurs se clarifient et le soleil s'installe de plus en plus longtemps et de plus en plus souvent.Dans mes relations, il y a beaucoup d'amélioration et d'admiration de ma part.Je suis plus consciente: ma visibilité m'amène à admirer la nature en la laissant se fondre en moi et éveille le désir ardent de la reproduire.C'est à cause de l'accueil inconditionnel de ma thérapeute, Léonie Couture, et dans l'abandon que j'ai repris le gout de vivre, moi qui souhaitais toujours en finir avec la vie.Maintenant, je respire à pleins poumons en partageant avec les plus démunis.Il y a de plus en plus de joie dans mon univers.Le bénévolat m'aide beaucoup.» MONTRÉAL \u2022 AVRIL 2002 JOURNAL L'ITINÉRAIRE 17 Crise du logement Le creux entre deux vagues photo Jean-Pierre Lacroix Jacques Brochu Écrire sur un sujet aussi complexe et épineux pour la classe politique me semblait, dès le départ, un beau défi à relever.Au moment d'écrire cet article, j'apprends que le nombre â'ex-squatteurs, qui n'ont pas de logis vient de regrimper à 6, peut-être à 7.C'est fou ce que cela peut être facile pour un propriétaire d'expulser un locataire s'il n'y a pas de bail.Comme axe d'approche, je choisis un petit retour sur le 1er juillet 2001, les répercussions sur le plan humain, l'état actuel de la crise et ce qui est à prévoir pour le 1er juillet prochain.Comme sources d'information, j'ai fait appel au Front d'Action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) au RCLALQ (Regroupement des Comités de Logement et Associations de Locataires du Québec) et à l'Office d'Habitation de Montréal.Entrevues avec Caroline Tremblay du FRAPRU et Denis Cusson du RCLALQ.Une crise préuisible On constate malheureusement au FRAPRU qu'à «chaque printemps et ce, depuis des années, des membres du FRAPRU, surtout les comités de logement, sonnent la cloche de la détérioration progressive de la situation générale des conditions de logement à Montréal.D'un taux viable d'inoccupation autour de 3%, il descendait jusqu 'au seuil critique de 1,5% au printemps de 2001.» Le nombre de néo-itinérants (ménages ou individus) dont les conditions de vie ont changé, que ce soit par la pratique de cohabitation forcée, ou par les files d'attente du circuit d'hébergement temporaire déjà en place, s'élève à 450.Le YMCA fut aussi utilisé pour pallier la crise, mais ce n'est certes pas le même déploiement d'énergie que lors de la crise du verglas.De plus, ce sont des conditions de vie occasionnant un stress supplémentaire et une exposition à la discrimination.Des mesures d'urgence ont été prises l'été dernier, dont un fond d'urgence de supplément au logement.«500 bénéficiaires ont eu accès à un Les Œuvres de la Maison du Père 550, boul.René-Lévesque Est Montréal (Québec) H2L 2L3 Tél.: (514) 845-0168 Fax: (514) 845-2108 Centre d'accueil pour hommes de 25 ans et plus.Daniel Dubois Gérant administrateur 501, rue Mont-Royal Est, Montréal (Québec) H2J 1W6 Tél.: 521-3481 Fax: 521-1660 I 18 JOURNAL L'ITINERAIRE MONTREAL \u2022 AVRIL 2002 montant global de 3,2 millions de dollars.» Il y a eu aussi des relocalisations à travers le parc immobilier de la municipalité et la mise à disposition d'entrepôts pour les gens en attente de relocalisation.Des conditions de vie difficiles à surmonter, les coha bitations forcées, la promiscuité malsaine, le stress supplémentaire et la tracasserie au travail sont le quotidien des néoitinérants.On s'inquiète du côté du RCLALQ: «La situation dépérit d'année en année.Déjà ce n 'était pas facile Tannée dernière; les pro-prios font signer des formulaires de renseignements personnels afin de faire une sélection discriminant les gens selon leur salaire, le nombre de personnes, la permanence d'emploi, etc.» Il est facile aussi de pratiquer la discrimination raciale à travers ces critères.«Le niveau de rareté augmente le niveau de discrimination, c'est pire depuis ces deux dernières années, constate M.Cusson.Ce qu 'ilfaut regarder, comme alternative ou solution, en plus de la construction de nouveaux logements qui va ramener un taux de vacance plus élevé, ce sont aussi des interventions en matière de rénovation, pour les logements innoccupés et/ou abandonnés parce qu 'ils sont trop détériorés.Le propriétaire n'est nullement forcé de faire les réparations, la municipalité ne fait pas de pression, bien que son règlement lui permettrait d'effectuer les réparations et de les facturer au propriétaire.En n 'appliquantpas le règlement, lesproprios laissent l'immeuble se dégrader.Eventuellement, on fera des condos.Les conversions seront pratiques selon les arrondissements.Par exemple, à Verdun, ils ont leurs règlements et ce seront les arrondissements qui auront le pouvoir de dérogation.Même si Montréal réglemente, l'arrondissement peut déroger, lorsqu 'un projet s'intègre dans le milieu et qu 'il est jugé viable.» Tiens donc il y a de la bonne volonté politique dans ces cas-là.Un son de cloche ou le glas À la question sur la situation actuelle, le FRAPRU répond: «À Montréal nous avons présentement 350 personnes et/ou ménages sans logis, dont 70 ménages depuis le 1er juillet dernier.Ceux-ci sont admissibles au programme de supplément au logement, mais le manque de logements les laisse toujours sans logis.Avec un taux actuel d'inoccupation de 0,6%, bien en deçà du seuil critique atteint l'année dernière, cela laisse envisager le pire pour l'été prochain.» Même question au RCLALQ: « C'est ceux qui n 'ontpas cherché de logement depuis 4 ou 5 ans qui vont constater les changements.Il faut déjà prévoir une alternative si l'on ne trouve pas de logement.Les annonces faites vont-elles régler la crise ?Pas vraiment, parce qu 'ily a trop peu de logements annoncés.Ces logements sont destinés à devenir des COOP et des OSBL.S'ils ne sont pas déjà octroyés, les groupes sont déjà formés et ces logements sont pour ainsi dire occupés avant d'avoir été construits.On va se retrouver avec une petite chaise musicale, sujette aux règles du marché, donc avec des hausses des loyers.Faut pas le voir comme une solution miracle; c'est un plaster qui va régler le problème de quelques centaines de familles, mais pas de tout le monde.Donc, pas de logements disponibles pour ceux qui sont dans la rue.» Que suggère-t-on aux gens pour éviter de se retrouver à la rue au prochain premier juillet?Au FRAPRU: « On suggère aux gens de garder leur logement et de retarder au maximum leur avis de départ.» Cette réponse recoupe celle de mon interlocuteur du RCLALQ: «Nous on suggère souvent aux gens de renouveler leur bail, de continuer leurs recherches, s'ils trouvent, ils pourront facilement faire une cession de bail.C'est plus facile de suivre cette procédure que de se retrouver à la rue.Evidemment, les propriétaires n 'aiment pas ça, car ils ont l'obligation d'étudier l'unique demande de location engendrée et ils doivent justifier par écrit les raisons du refus de ce nouveau candidat.» Au moment de l'entrevue avec Mme Tremblay, une conférence de presse avait lieu suite à l'annonce du fédéral.«On demande présentement à John Manley d'insister pour que la société immobilière du Canada accepte de céder rapidement à des fins de logement social, les 312 logements et le terrain de l'ancien complexe pour vétérans Benny Farm, dans le quartier Notre-Dame-de-Grâce, pour pallier le manque à gagner survenu avec le désengagement dans le financement du logement social.On parle donc de 50 000 logements qui auraient dû être disponibles.» Le FRAPRU trouve scandaleux que ces propriétés fédérales demeurent vacantes, alors que tant de familles et individus sont sans logis ou risquent de le devenir sous peu.L'ensemble des revendications et recommandations du FRAPRU: «Mettre sur pied un programme québécois d'hébergement d'urgence (chambres d'hôtel), faire l'inventaire des immeubles pouvant loger les actuels sans logis avec un minimum de rénovations, offrir des espaces d'entreposage gratuits, abolir les coupures d'aide sociale pour cohabitation et plus d'engagement face à la discrimination exercée par certains propriétaires.» Ces mesures auraient pour effet de réduire les délais de relocalisation et l'impact néfaste sur les victimes du 1er juillet prochain.Les revendications du RCLALQ touchent plus le côté législatif.Fort de l'appui de 200 organismes et d'une pétition de 11 000 noms, le gouvernement du parti québécois déposé le projet de loi 26.Ce projet devait encadrer le processus de location et combler le vide juridique sur la question des renseignements personnels exigibles par un propriétaire envers un candidat locataire.« Tout ce que le propriétaire devrait demander, c'est le nom, l'adresse et le numéro de téléphone des candidats tout en numérotant les demandes de location.Premier arrivé, premier servi, devrait être la procédure.Les autres renseignements, portent à discrimination.» Mais depuis, le projet de loi fut mis sur MONTREAL \u2022 AVRIL 2002 JOURNAL L'ITINERAIRE 191 r une tablette et l'étude reportée aux calendes grecques.J'aimerais bien les voir ces tablettes-là! Au nombre de rapports qui sont censés y reposer.Après qu'un maire flyé ait vendu des droits aériens, la municipalité organise la foire aux condos.Serait-ce que la crise étend ses méandres jusque chez les mieux nantis?On dit que les prix sont à la hausse, voire exorbitants, loi du libre marché oblige.Un préjugé envers un système à deux vitesses, deux poids deux mesures, me traverse l'esprit.Un nouveau nom pour la nouvelle ville: Condréal (condo plein Montréal), d'après ma perception personnelle des directions politiques et des objectifs visés par les administrations municipales successives.D'un autre côté, on pense à agandir la Old Brewery Mission.D'après moi, cela signifie que l'on admet comme socialement acceptable d'avoir l'actuel nombre d'itinérants à Montréal.P.S.Comment dirais-je, il paraît que M.Prescott se penche sur le dossier des condos du 5000, rue Hochelaga.Ne restez pas penché trop longtemps, il paraît qu'à long terme les maux de dos s'accompagnent de maux de tête.Prière au Saint-Esprit Saint-Esprit, toi qui résouds tous les problèmes, toi qui éclaires tous les chemins pour m'aider à atteindre mon but, toi qui me donnes le don divin de pardonner et d'oublier le mal que l'on fait, toi qui te trouves à mes côtés dans toutes les circonstances de la vie.Je veux, par cette courte prière, te remercier pour tout et te confirmer une fois de plus que je ne voudrais pas être séparé de toi, même en dépit de toutes tentations matérielles illusoires.Je veux être avec toi dans la gloire étemelle.Merci pour ta miséricorde envers moi et les miens.Vous devez réciter cette prière pendant trois jours consécutifs.Ensuite, la faveur demandée vous sera accordée, même si elle vous paraît difficile à obtenir.Vous devez alors publier cette prière, y compris les instructions, immédiatement après que votre souhait a été exaucé, mais sans mentionner la nature de votre voeu.Seulement vos initiales devront apparaître à la fin de cette prière.CH.Courrier \\ec\\ew Bonjour ! Je suis enseignante à St-Hyacinthe.J'ai une classe de CPC (cheminement particulier continu, adaptation scolaire et sociale) composée de 13 adolescents de 15-16 ans.Je me sers régulièrement de vos articles pour conscientiser mes jeunes face à différentes réalités.Mes jeunes apprécient les articles pour une raison principale : les articles sont écrits par des personnes qui connaissent le sujet, qui ont du vécu.Le langage est abordable pour eux.Mes adolescents ont plusieurs craintes.Une d'entre elles doit être confrontée bientôt: ils sortiront avec un secondaire 1.ils ont peur de ne pouvoir trouver un emploi convenable pouvant répondre à leurs besoins et à leur volonté d'être plus autonome.Le stress les influence dans certaines décisions, bonnes ou moins bonnes.Donc, en leur montrant qu'il est possible \u2014 non sans difficulté \u2014 de se sortir d'une situation pénible à vivre, ils reprennent espoir.D'ailleurs, si je peux faire une suggestion, ce serait de faire un coin \"mon histoire, mes rêves, mes réalisations.\".Mes jeunes apprécient les lettres ouvertes, les lettres qui proviennent de personnes comme eux et qui racontent comment ils ont réussi à «grimper leur montagne».Les expériences de chacun les touchent toujours plus que la théorie.Mélanie V_J I 20 JOURNAL L'ITINÉRAIRE MONTREAL \u2022 AVRIL 2002 CDEC I'l.itcMH Muni Roy;il / Ci'lllio-Siid Conioralion ili: DcV(!lO|l|]CIIICnl h 111111>111111111¦ el Coiinminmitiwo Ce projet a été rendu possible grâce au Fonds des initiatives locales et à la participation de ses partenaires Emploi Québec, la C.D.E.C.Plateau Mont-Royal / Centre-Sud, ainsi qu'à celle de sa formatrice Nancy Roussy.MON I RI Al \u2022 AVHI1 200?JOURNAL L'ITINÉRAIRE Cahier spécial formation F.I.L.L'écriture Un outil de «guérison sociale» Nancy Roussy «Le besoin de rendre mon univers crédible aux yeux des gens qui ne l'ont jamais connu est une des raisons pour lesquelles j'écris.Je sais que certaines choses doivent être ressenties pour être comprises, que le désespoir, par exemple, ne peut jamais être analysé adéquatement; il doit être vécu.Mais si je peux écrire une histoire qui captive la lectrice pour qu'elle s'imagine à la place de mes personnages, qu 'elle ressente leurs sentiments de peur et d'incertitude, leurs espoirs et leurs peurs, alors, à ce moment, je suis plus près de me percevoir comme une personne réelle, importante, tout comme les gens que j'ai toujours regardés avec crainte et admiration.» ~ Dorothy Allison Que dire lorsque, soudainement, quelqu'un nous laisse la chance de prendre la parole?Quels sont les premiers mots que l'on voudrait écrire pour tous ceux et celles les liront ?Lorsqu'on passe sa vie à se faire dire de se taire jusqu'à croire que sa voix ne vaut rien ou compte peu, ce questionnement n'est pas une bagatelle.Tant de choses à dire, mais.comment?qui sera intéressé?qui m'écoutera réellement?pourquoi une voix comme la mienne vaudrait l'écoute?Imaginez-vous alors devant une petite classe remplie de gens désirant enfin s'approprier la voix qui est la leur et qui veulent exprimer publiquement ce qui bouillonne intérieurement depuis des années.Par où commencer pour ces individus qui ont finalement eu le courage de faire les premiers pas vers une réintégration dans un monde qui tente souvent de les masquer?Comment leur donner le goût de la parole sans les écraser sous une montagne de conventions journalistiques?Il est très difficile de devoir critiquer ces voix redécouvertes sans que le désir d'écrire ne s'éteigne, de les aider à développer un sens critique de leur écriture sans détruire leur confiance nouvelle.Je souhaite que ceux et celles qui ont cheminé avec moi, aient pu entrevoir les possibilirés qu'offre l'écriture pour exprimer leur mécontentement, leur désarroi, leur questionnement, leurs découvertes, leurs idées, leurs joies.leur vie, quoi! Dorothy Allison écrit aussi qu'«écrire est un acte significatif qui demande beaucoup de courage, qui contre la dénégation, brave la peur, et me guérit en rendant possible une guérison pour tous ceux et celles qui sont comme moi».Et je crois que ceux et celles qui participent à ce cahier spécial ont relevé le défi avec coeur.Car, le geste si simple pour certains d'écrire sur une page vierge prend souvent une importance cap taie pour la réappropriation de soi-même.Rien de tel que d'exprimer, en ses propres mots, son vécu, dans un méd la qui sera lu ou écoute par des gens qui nous connaissent, pensent nous connaître ou ne nous connaissent pas du tout.Cela facilite une réinsertion par la parole dans une partie de la société qui veut bien laisser une place à la différence de points de vue.L'écriture devient ainsi un outil de «guérison sociale».Après observation, la guérison ou «réinsertion sociale» de ceux et celles qui sont laissés en marge ne s'effectue pas par un merveilleux tour de magie sociétaire.Au contraire, le processus s'effectue par le biais de multiples reprises en main de la personne sur elle-même, stimulée par un environnement favorable à la redécouverte de ses capacités personnelles.Ces quelques pages sont le fruit d'un dur labeur.Chacun des textes qui suivent est le produit d'une vision pet-sonnalisée exprimée dans un style journalistique choisi.Une vision qui n'a pas souvent été mentionnée dans la récente média tisation de la «misère» que vivent itinérants, démunis et laissés-pour-compte de notre société.JOURNAL L'ITINERAIRE MONTREAL \u2022 AVRIL 2002 Cahier .spécjajjonnation Où sont passés les logements sociaux Jocelyne Pilote Nous sommes en 2002 et la construction de logements sociaux se fait de plus en plus rare et cette carence continue de toucher de nombreuses familles démunies.Pour combler la pénurie de logements de plus en plus grande dans le quartier Centre-Sud, le Front d'Action Populaire en Réaménagement Urbain (FRAPRU) demande que le gouvernement Landry planifie un budget pour la construction de 1000 logements en faveur des familles à faible revenu accessibles dès le 1er juillet 2002.Le FRAPRU continue de faire pression pour la construction de 8000 unités de logement social dont la moitié serait constituée d'habitations à loyer modique (HLM) et l'autre moitié serait gérée par des organismes sans but lucratif (OSBL).La Ville de Montréal reconnaît elle-même qu'il y a une pénurie de logements pour les gens à faible revenu.Dans une entrevue accordée au quotidien La Presse le 23 juin 2001, Denis Quirion, directeur du service municipal d'habitation, explique que « la Ville est consciente de la situation.Il pourrait y avoir des cas où les gens se retrouveront à la rue, le 1er juillet 2002».Lors de cette entrevue, M.Quirion, très embêté lorsqu'on lui demande quelles sont les solutions possibles pour régler le problème, suggère: « On pourrait aller voir du côté des sociétés para-municipales ou des résidences d'étudiants.» Il semble qu'on se renvoie la balle, non?Personne ne réagit! Les citoyens ont pu constater l'ampleur du problème dans les régions urbaines au Québec et au Canada.La recherche de logement est pénible, particulièrement pour les familles à faible revenu.Les rubriques de logements à louer dans les journaux sont vides et les rares logements sont de plus en plus chers.Les statistiques de la Société d'habitation du Québec (SHQ) montrent qu'entre 1997 et aujourd'hui, le taux d'inocupation est passé de 5,9% à 1,5% à Montréal, de 6,6% à 1,6% à Québec et de 9,4% à 1,4% à Hull.Dans le quotidien Le Soleil du 17 octobre 2001, Bernard Tanguay écrit qu'« au cours de la dernière décennie, le prix des logements a grimpé de 20% dans les zones métropolitaines canadiennes alors que le revenu réel des ménages n'a augmenté que de 2,7%.» Cette crise du logement rend encore plus précaire la situation de dizaines de milliers de ménages qui doivent toujours consacrer entre 30 et 50% de leurs revenus pour se loger, malgré tous les logements sociaux existants et toutes les formes d'aide au mil photo : Jocelyne Pilote logement actuelles.Des familles dépensent maintenant plus de 50% de leur revenu sur leur logement.Il est temps d'agir! Depuis 1994, le gouvernement fédéral s'est désengagé du financement d'habitations sociales.Il n'y a pas eu de construction de nouveaux HLM depuis que le gouvernement fédéral de Brian Mulroney mis fin au programme.Josée Boileau, journaliste au Devoir, constatait dans un article du 6 octobre 2001 qu'il y a une liste d'attente de 20 000 inscriptions pour des logements sociaux à Montréal.Toujours selon Mme Boileau qui cite une étude intitulée « Le marché de l'habitation durant les deux dernières décennies», on construit aujourd'hui dix fois moins de logements locatifs qu'à la fin des années 80.Je vois des bâtiments abandonnés, rue Montcalm, entre les rues Ontario et Robin, d'autres rue Ontario, entre les rues Beaudry et Amherst.Pourquoi ne pas les transformer en logements sociaux?La ministre Harel, responsable de la Société d'habitation du Québec (SHQ) et le ministre fédéral responsable de la Société canadienne d'hypothèque et de logement (SCHL), Alfonso Gagliano ont conclu une entente concernant le logement abor dable.Cette entente prévoit un montant de 323,3 millions de dollars sur cinq ans pour contrer la pénurie du logement au Québec.Les sommes allouées seront versées à égalité par les gouvernements fédéral et provincial.Il est temps qu'ils prennent conscience de cette réalité trop longtemps ignorée.Tout ça, c'est bien beau! Mais est-ce qu'ils respecteront l'entente qui prévoyait la création de 6500 logements abordables au cours des deux prochaines années?C'est à voir.MONTREAL \u2022 AVRIL 2002 JOURNAL L'ITINERAIRE 231 Cahier spécial formation F.I.L.L'apprentissage de la rue ou a rue.un apprentissage Alain Forget À Montréal, les jeunes de la rue sont plus nombreux aujourd'hui qu'en 1996.Ils sont stigmatisés par les médias et harcelés par les policiers.Ils représentent un mouvement catastrophique de dé sespoir.Naomi Klein, dans No Logo dresse leur portrait: «Les jeunes de la rue ont grandi avec l'impression qu 'on leur a volé leur style de vie, leur identité, leurs idées.Il n'y avait qu'un pas à franchir pour inclure les squeeges et les punks et Us retrouver sous la loupe des compagnies à la recherche, avec cette sous-culture, d'une mine d'or.Ces jeunes squeeges et punks parodient, créent des situations provocantes, ne serait-ce que par des excès de comportement à l'intérieur de manifestations où d'autres groupes sociaux participent».Toujours selon Mme Klein, plusieurs jeunes se révoltent et ressentent une profonde rébellion dans leurs tripes.Céline Bellot, auteure d'une thèse sur les jeunes de la rue et chercheuse au Collectif de recherches sur l'itinérance (CRI) de rUQAM, explique: «Ils proviennent de familles nanties ou démunies, mais le placement en foyer d'accueil ou dans un centre de jeunesse est un facteur déterminant pour ces jeunes de la rue.Certains de leurs problèmes psychologiques s'effacent au passage dans la rue, tandis que d'autres Us suivront tout au long de Uur vie.Ils sont ambiva-Unts et se cherchent intérieurement».Ces jeunes, comme tous les autres, cherchent leur identité et leur place dans la société.Plusieurs s'interrogent sur les ressources dont ils peuvent profiter.Mme Bellot nous explique qu'il existe des endroits où ils peuvent obtenir de l'aide, soit pour avoir de la nourriture, soit pour dormir: Le Bon Dieu dans la rue, U Roc, En marge, U Bunker, U Tournant, l'Escale, L'hébergement St-Denis et L'Auberge du Sud-Ouest.On associe souvent ces jeunes aux drogues, et surtout aux drogues dures.Pourtant, d'après Mme Bellot, «Upro bUme de la drogue existe mais ils ne s'en injectent pas aussi souvent que laissent suggérer Us statistiques».Cependant, cela ne veut pas dire que leur existence est plus facile.«Ils ont une capacité de résistance grâce à Uurs ressources intérieures, I 24 JOURNAL L'ITINÉRAIRE MONTRÉAL \u2022 AVRIL 2002 Cahier spécial formation une façon de rebondir reliée aux situations de la rue.Déplus, ils sont solidaires et s entraident.Un apprentissage qui ne leur est pas reconnu.Ils ont, de surcroît, des valeurs d'engagement supérieures aux autres citoyens.Mais, d'une certaine façon, ils n 'ont pas le choix d'adhérer aux valeurs d'entraide et de solida rite.En outre, la solidarité entre femmes est indispensable.Elle se crée plus rapidement.Les problèmes sont quelque peu différents.Entre autres, la prostitution fait partie d'une des possibilités de s'en sortir alors que chez les gars, c'est tabou.La grossesse a un impact majeur dans leur vie.Elle constitue une bifurcation importante qui les amène à une prise en charge par un réseau en tant que mère, et ce dernier va souvent les aider», précise Céline Bellot.Le jeune de la rue est souvent caricaturé comme un squeegee avec son chien, mais il ne faut pas minimiser la présence des animaux dans sa vie de ces jeunes.Mme Bellot nous fait comprendre que le rôle des chiens, des lézards et des rats est majeur.« // crée un lien affectif particulier et n 'intervient pas à tout moment de sa vie dans la rue.La présence de ces animaux correspond à un moment précis.Elle signifie un meilleur contrôle, ainsi qu 'une reprise en charge puisque le jeune doit soudainement s'occuper d'un autre être.Les chiens sont aussi une protection contre les agressions et de bons gardiens d'appartement.» Céline Bellot conclut: «Au sortir de leur expérience de la rue, la judiciarisation (mandats d'arrêts et dettes cumulées) hypothèque sérieusement leurs projets d'avenir.Si les policiers les retrouvent une fois qu 'ils ont un emploi ou un appartement; ils seront obligés d'abandonner leur logement et ils perdront leur emploi.La prison chez les gars amplifie leur révolte.Les valeurs d'entraide et de solidarité acquises et mises en pratique ne peuvent pas s'inscrire ni se reproduire dans notre société qui les a tellement stigmatisés.Ces valeurs n 'ont pas de place dans une société de consommation.Les jeunes sont obligés de s'ins crire dans un système de performance et d'individualisme qui est très différent de leur ancien système et qui ne leur convient pas».photos : Alain Forgot Ces jeunes, comme tous les autres, cherchent leur propre identité et leur place dans la société.L'expérience de la rue offre un rite de passage nécessaire à l'âge adulte.Elle représente une richesse mais aussi un danger à cause de l'intolérance sociale.Alors, comment peut-on profiter de la richesse, du potentiel de ces jeunes?Comment reconnaître ce potentiel, le transformer et le reconduire dans notre société ?Beaucoup de vigilance et de créativité seront nécessaires pour éviter l'autodestruction car le rite de passage et les apprentissages ultérieurs sont parfois difficiles. spécial formation f.i.l.Réve Sylvio Hébert Je me réveille à peine d'un long sommeil de 35 ans.De plus en plus, j'observe autour de moi et je trouve dans L'Itinéraire un outil pour m'exprimer.Je me sors d'une introversion profonde, refuge qui m'a permis de survivre et de fonctionner quotidiennement, mais où je m'interrogeais continuellement sur moi-même.Je me posais des questions sur les raisons de mes gestes qui ne correspondaient pas à mes attentes.Je m'observais pour trouver un remède aux blessures intérieures, qui me faisaient souffrir depuis trop d'années.J'ose exprimer tout haut, même si c'est tout croche, mes réflexions sur la trame de ma vie, reflet de la société et qui, malheureusement, se reproduit encore i pour beaucoup trop d'en- ï fants.Je dois parler calme- h ment, même si j'ai le goût de crier, pour inviter la société à poser le bon geste d'aide envers ceux qui en ont besoin, faci litant ainsi le chemin de la réhabilitation que nous, itinérants et marginaux, devons suivre.Le vrai problème, c'est que l'on apporte uniquement des solutions à ce qui est visible et dérangeant plutôt que d'aller à la racine du mal.Le système a créé un cercle vicieux piégeant celui qui a besoin d'aide en le forçant à revenir cogner sans cesse à la même porte, lui, qui souhaite qu'on prenne conscience de sa situation et qu'on l'aide d'abord à faire de petits pas pour commencer à solutionner ses problèmes.Ensuite, il pourra poursuivre son cheminement.Quels sont ces «freins» qui m'empêchent d'exploiter mes ta lents de développer mes capacités et qui nécessitent l'aide d'un professionnel?Premièrement, le rejet de mes parents, conséquence d'une séparation.Ils m'ont confié aux services sociaux.Comme mes attentes n'ont pas été comblées, j'ai dû pour survivre, me protéger en m'enfermant dans un monde imaginaire.Ce comportement extrême aurait pu être évité si un système personnalisé d'aide globale \u2014 substitut des parents, éducateurs, soins médicaux, etc.\u2014 orienté plus vers l'individu que vers le groupe avait existé.Laissé pour compte, il m'était impossible de me poser les bonnes questions, de trouver des solutions et d'effectuer une série de gestes qui m'auraient sorti de mon introversion profonde et destructrice.Mon deuxième «frein» est la difficulté d'exprimer ce que je vis, ce que je ressens, parce que le silence est une autre forme de protection.Tous les jours, je vois de nombreuses personnes qui, privées d'aide adéquate, dépérissent lentement.Les ressources de base ne sont pas coordonnées et ne fournissent pas tous les éléments dont les individus ont besoin pour leur développement.Certains cas deviennent de plus en plus graves et exigent des années d'efforts de leur part et de la part du système pour les aider à s'en sortir.quand ils réussissent à le faire.Le fait de garder le silence restreint notre intégration dans la société.Avec le temps, les dommages se font de plus en plus graves et destructeurs et, sans aide, il est impossible de briser cet isole- ment.Aujourd'hui, j'ai un outil pour communiquer : j'écris.Je commence à m'apprivoiser et je dois exprimer la rage intérieure que je n'ai jamais osé extérioriser.Ce que je voudrais dénoncer, c'est l'incohérence de cette société qui fait le contraire de ce qu'elle dit.Certains gestes quotidiens produisent des effets néfastes sur les exclus.On donne facilement à celui qui tend la main pour sa pitance, alors que celui qui fait des tentatives pour s'en sortir n'a pas suffisamment d'aide (sauf exception) et, comme il a des yeux pour voir, il s'aperçoit que l'effort n'est pas toujours valorisé.Une telle attitude n'incite pas à se prendre en main et à devenir autonome : une personne se dirigera alors vers la facilité plutôt que vers un travail gratifiant.Maintenant que j'ai osé ouvrir la porte pour voir mon intérieur, je ferai le ménage.Une fois ma violence évacuée, je serai libéré.Cela me permettra de sauter à pieds joints dans la vie où le seul mot pour la décrire sera amour.I 26 JOURNAL L'ITINERAIRE MONTREAL \u2022 AVRIL 2002 Çahi^r^é^JaLtormation Le travail de rue Une vocation indispensable Pierrette Desrosiers Je tenais à vous donner mon opinion sur cette vocation nécessaire dans le monde actuel.Une vocation, oui! et non simplement un travail.Johanne P., une de mes amie m'en a enseigné les l^L^tÉfl règles de base.Aujourd'hui, elle est ^^^^^^^^^^ décédée d'un cancer après avoir travaillé plusieurs mois pour Dopamine.Elle a laissé comme souvenir une belle trace d'amour.Ça prend du vécu et du respect pour arriver à faire ce travail.Les gens qui sortent de l'université arrivent difficilement à gagner la confiance des personnes qui ont une dépendance.Ceci fait que la peur de l'inconnu et la méfiance finissent par envahir les deux groupes.J'ai déjà demandé à un vendeur de drogues de prendre un récipient pour seringues usagées afin de le mettre dans sa shooting galerie mais il a refusé, méfiant.Il m'a expliqué qu'il avait peur d'être fiché comme vendeur de drogues, même si je lui avais dit qu'il resterait anonyme.C'est difficile la rue, pour une personne qui a toujours eu la vie facile.C'est aussi un milieu où on ne peut pas se créer d'attentes: on ne peut pas aider une personne et en échange lui demander de s'en sortir.Si tu aides dans le seul but que la personne s'en sorte, tu seras déçu.Ça ne dépend pas de toi, la personne doit y aller à son rythme.Je viens du milieu et des gens m'ont aidée, mais je rechutais toujours.jusqu'au jour où moi, j'ai décidé que j'en avais assez.Une personne qui décide de faire le métier de travailleur de rue doit avoir réglé les démons de son passé et être très forte psychologiquement; sinon, ça risquerait de lui nuire.Moi, je trouve que dans une ville comme Montréal, ça en prendrait beaucoup plus.Je tiens à féliciter ceux qui font ce travail avec autant de cœur.|^ C'est difficile la rue, pour une personne qui a toujours eu la uie facile.C'est aussi un milieu où on ne peut pas se créer d'attentes: on ne peut pas aider une personne et en échange lui demander de s'en sortir.MONTREAL\u2022 AVRIL 2002 JOURNAL L'ITINERAIRE 271 KfTtrrraspécial formation F.I.L.Le goût de communiquer Mario Châteauvert Camelot, rue St-Denls C'est le goût de communiquer qui me pousse à écrire.Ça y est, je me lance, je fais le saut, je partager quelques idées avec vous.Je suis un ex-toxicomane et joueur compulsif, mais avant tout, je suis un être humain comme vous, avec ses peurs et ses émotions.J'ai découvert le jeu, particulièrement la loterie vidéo en allant dans un bar pour prendre un coup avec un copain.Je n'y connaissais absolument rien, il m'a initié et ce fut magique : j'ai gagné! Du coup, je devenais accro.Un mal de vivre m'habitait à cette époque et le jeu fut un pansement.À l'époque je n'étais pas conscient de masquer quelque chose.Je faisais comme la gang pour être accepté.J'ai grandi dans la violence conjugale et je l'ai répété dans mon couple plus tard.Je n'aimais pas ce que je vivais dans mon ménage : j'étais dépendant affectif.C'est l'héritage que mon père m'a laissé.Après un certain temps, la consommation d'alcool et de drogues est devenue un problème.Je n'ai plus retrouvé plus l'euphorie du début mais je ne pouvais plus m'en passer.J'en suis venu à développer un malaise continuel : je me sentais mal à jeun mais on est toujours mal «gelé».Le jeu et la drogue m'ont mené à la rue.Je suis sans domicile fixe depuis 1998.Malgré tout, j'ai compris plusieurs choses de cette période.J'ai aussi appris à connaître mes limites.Peu de temps après ma séparation, j'avais découvert les groupes d'entraide et les «12 étapes».Mais, ce n'était pas suffisant.Quatre ans plus tard, j'ai dû faire une thérapie pour voir clair dans ce qui m'arrivait.Je cherchais des réponses à trois questions.Comprendre ma rupture après quatre années de mariage, découvrir pourquoi ma famille m'avait tourné le dos suite à ma dégringolade, et, le plus important, m'expliquer pourquoi le Mario qui souffre à cause de la consommation et du jeu, retourne consommer et jouer aussitôt qu'il a de l'argent.Avec le temps, j'ai retrouvé la confiance en moi et dans les autres.J'apprends à communiquer mes émotions.J'écoute beaucoup : pour connaître l'autre, il faut avoir une bonne écoute.J'essaie beaucoup de comprendre les autres et je ne peux pas à les changer, je peux seulement changer ma façon de les voir.La pauvreté peut se voir et elle peut aussi s'entendre, La pauvreté que l'on entend révèle la pauvreté de l'esprit et la pauvreté du cœur.Cette pauvreté démontre un manque de respect envers la vie.Quand un homme engeule un autre homme, c'est de la pauvreté.La pauvreté du cœur, c'est la pauvreté d'amour.Malheureusement, dans la société d'aujourd'hui, l'individualisme prime; c'est encourager l'égoïsme.Tout ça entretient une compétition malsaine et une forme d'injustice.Ce n'est pas très sain d'être en compétition les uns contre les autres.I 28 JOURNAL L'ITINÉRAIRE MONTRÉAL \u2022 AVRIL 2002 L'Histoire de l'oie et les enfants dans le monde élyse frenette Un événement multidisciplinaire, unique en son genre, a eu lieu à la Salle Marie-Gérin Lajoie de l'UQAM les 19, 20, 22 et 23 février 2002 lors de la représentation de la pièce de Michel Marc Bouchard, l'Histoire de l'oie.Cet événement, qui avait pour titre: Les sculptures vivantes, fut présenté en première partie du spectacle avec la participation d'organismes communautaires et culturels de l'Ile de Montréal.Deux cents participants étaient présents.«La compagnie Les Deux Mondes poursuit un projet triennal de développement sur l'île de Montréal, qu 'elle a proposé en avril 2001, visant à rejoindre particulièrement le public de quartiers défavorisés ou qui a peu accès à la culture.» déclare Medeleine Philibert, responsable des communications.Le théâtre Les Deux Mondes fut fondé en 1973 sous le nom du Théâtre de la Marmaille.Cette compagnie de création et de recherche se trouve au coeur des quartiers de Montréal depuis sa fondation.«Depuis octobre 2001, nous réunissons des organismes communautaires autour d'une réflexion sociale sur le problème toujours actuel de la violence faite aux enfants, souvent moteur de sa retransmission poursuit Mme Philibert.Ainsi, dix-huit histoires font écho au personnage de l'Histoire de l'oie car une douzaine portent sur le thème de l'exploitation des enfants par le travail et six autres témoignent des actions d'animaux, célèbres pour avoir sauvé des vies humaines.» Théâtre Histoire de \"Alexandre offre l'éléphant au soleil\" Acteurs: Steve Mompoint (masque) et Stéphan Gabot (soirées du 19 et 20 février 2002, participation de résidants des quartiers Vllleray, St-MIchel.Rosemont Petite-Patrie, Hochelaoa-Malsonneuve, Centre-Sud.) Tableau Le rive de Munnllar d'être libéré par l'éléphant Artistes visuels: Ghislaine Brossolt, Maria Mule, Léo Scheyburt et Jean Saucier de Saint-Léonard Théâtre Histoire de \"La fabrique de bonbons\" Acteurs: Diane Leprohon et Laurence Lafond-Beaulne (soirées du 19 et 20 février 2002, participation de résidants des quartiers Vllleray, St-MIchel, Rosemont Petite-Patrie, Hochelaoa-Malsonneuve, Centre-Sud.) Tableau Le rêve des enfants de l'atelier clandestin de la fabrique de bonbons d'être libérés par le chien Artistes visuels: Suzanne Nlmbley et Jocelyne Langlols, de LaSalle photos ; Elyse Frenette Pauvreté 50,61$ pour 12 numéros (taxes et frais de poste compris) Recevez-nous chez vous! Pour chaque abonnement supplémentaire à la même adresse, ajoutez 24$.Pour tout renseignement: (514) 597-0238 Nom.Prénom:, Adresse: Tél.: ( ).Nombre d'abonnements.A compter du mois de.Nom du camelot qui vous a suggéré l'abonnement: Envoyer un chèque ou mandat-poste à l'ordre du Groupe L'Itinéraire à l'adresse suivante: 1108, rue Ontario Est, Montréal (Québec) H2L 1R1 JOURNAL L'ITINÉRAIRE 291 MONTRÉAL» AVRIL 2002 Lorsque les portes se sont ouvertes à 19 h 30, nous entreprenions alors une procession silencieuse.Ce silence était demandé pour permettre à la chorale présente d'accompagner les jeunes acteurs qui jouaient les différents thèmes et de nous permettre de regarder les œuvres exposées en harmonie avec l'environnement.Ces thèmes nous ont informés sur les cas de nombreux enfants dans le monde qui travaillent dans les ateliers de tapis, dans les manufactures de bonbons, dans les ateliers de feux d'artifices ou qui font la cueillette de jasmin.D'autres sont des enfants-taupes, domestiques ou pris en servitude pour dette que leurs parents ont contractée.Ces enfants rêvent d'être sauvés par des animaux tels le pigeon voyageur, le chien, la chamelle, le dauphin, l'éléphant et le cheval.Selon les organismes préoccupés par la question de l'exploitation économique des enfants par le travail, 300 millions d'enfants vivent dans des conditions qui rappellent l'esclavage.Cette situation va à l'encontre de la Convention des Nations Unies relative aux droits de l'enfant.Trois ouvrages ont d'ailleurs été écrits sur le sujet dans lesquels les informations ont été puisées pour créer les différents thèmes présentés.1 Tous les participants ont fait un excellent travail, que ce soit dans la personnification des enfants dans les manufactures de bonbons, de tapis ou de feux d'artifices ou dans la création de toiles mesurant quatre pieds sur huit.La pièce de Michel Marc Bouchard est une superbe pièce dont le sujet reste toujours d'actualité.L'Histoire de l'oie nous raconte la journée d'un enfant sur une ferme du Québec.Nous assistons à une relation complice entre une oie perspicace nommée Teeka et Maurice un enfant mal-aimé.La création de cette pièce s'est échelonnée sur une période de quatre ans, soit de 1986 à 1990, et a gagné de nombreux prix jusqu'à présent.André Boulerice Secrétaire d'État à l'Accueil et l'Immigration et Député de Sainte-Marie-Saint-Jacques 1951, boul.de Maisonneuve Est Bureau 001 Montréal, Québec H2K 2C9 Téléphone : (514) 525-2501 Télécopieur : (514) 525-5637 Courriel : aboulerice@assnat.qc.ca Québec Théâtre Histoire de \"Marie, la petite domestique\" Acteurs: Sylvie Berardino et Clémence Viau (soirées du 19 et 20 février 2002, participation de résidants des quartiers Villeray, St-Michel, Rosemont Petite-Patrie, Hochelaga-Maisonneuve, Centre-Sud.) Tableau Le rêve de Marie, la petite domestique, d'être secourue par le dauphin Artistes visuels: Diane Dagenais, Claire Côté et Bruno Benoît, des quartiers Villeray, Ville-Marie et Centre-Sud L'Histoire de l'oie a d'ailleurs été jouée plus de 400 fois et présentée en France, en Angleterre, aux États-Unis, au Venezuela, en Chine, etc.Tant que l'être humain désirera le pouvoir, il y aura, à travers le monde, des cas d'enfants abusés physiquement et exploités dans tous les sens du terme.On ne peut rester indifférent à leur souffrance encore bien longtemps.Pour en connaître davantage sur le travail de la compagnie Les Deux Mondes: (514) 593-4417 1.Libérez les enfants, de Craig Kielburger, les éditions Écoso-ciété, 1998; Les enfants esclaves, de Martin Monestier, Le cherche midi éditeur, 1998 ; Le travail des enfants dans le monde, Éditions la Découverte, 1999 Si la cause des enfants esclaves vous intéresse : Enfants libres international I Free the http://www.freethechildren.org Children, La paix en toute complicité www.ccmm-csn.qc.ca (514) 598-2021 8 mars Journée internationale des femmes DU MONTREAL MÉTROPOLITAIN CSN JOURNAL L'ITINERAIRE MONTREAL \u2022 AVRIL 2002 Les méandres de la matière grise Robert Beaupré Nous aimons tous parler de quelqu'un de nos connaissances de brillant, d'intelligent.D'une certaine façon peut-être, cette association produit sur nous l'effet du toucher de la robe d'un saint : un peu de cette intelligence rejaillit sur nous.Talent, potentiel, ruse, discernement intellectuel, pénétration entre autres termes, font à un moment ou à un autre, office de synonymes d'intelligence.Pourtant savons-nous vraiment ce qu'est l'intelligence?Une de mes connaissances, un psychologue industriel, prétendait que les gens vraiment intelligents n'emmerdaient pas les autres.Peut-on vraiment dire d'une personne qu'elle est complètement intelligente si elle sème le chaos partout où elle passe?Peut-elle se réfugier dans l'idée, chère à la pensée populaire, que ses problèmes sont dus à sa trop grande intelligence?Étonnant tout de même que l'anglais dise « to get an education », pour ce qui se rapporte à l'instruction alors que le français emploie le mot éducation afin de désigner le savoir vivre.Je me souviens que, dans ma jeunesse, à l'école, on nous avait testé le QI, test qui menaçait de nous étiqueter d'indécrottables tarés ou de porte-flambeaux de l'intelligence.Si nous étions sous la barre fatidique de tel numéro, nous ne pouvions plus jamais améliorer nos chances de succès ou du moins atteindre la barre mythique de la respectabilité.À ce moment, je croyais que l'intelligence était une donnée fixe, invariable.Maintenant nous savons que nous pouvons accroître notre intelligence.Les enfants qui n'ont pas la chance de vivre dans un milieu propice à l'épanouissement de leurs facultés intellectuelles, des émotions les plus naturelles et qui se débattent dans un environnement de violence ou de dénigrement, doivent survivre dans un milieu hostile.Cette survie accapare toutes leurs énergies et leur attention n'est pas portée sur l'exploration des potentialités, sauf pour ce qui est des chances accrues de sombrer dans la délinquance ou même dans le crime.Je me suis souvent remémoré un événement de mon enfance qui a un lien avec l'intelligence et la perception de soi-même.Alors que j'arrivais chez un ami pour y jouer, spontanément sa mère en me Jacques Chagnon Député de Westmont-Saint-Louis Hôtel du Parlement Bureau 2.129 Québec (Québec) G1A1A4 Téléphone: (418) 643-4313 Télécopieur: (418) 646-4385 ASSEMBLEE NATIONALE QUÉBEC 1134, rue St-Catherine Ouest Bureau 800 Montréal (Québec) H3B1H4 Téléphone: (514) 395-2929 Télécopieur: (514) 395-2955 voyant s'est exclamé : «Comme il a l'air intelligent ce petit garçon! ».Comme le dit l'expression : «She made my day!».Dès ce moment, l'intelligence est devenue et pour longtemps une valeur à cultiver, bien que j'ignorais et que j'ignore encore, de façon absolue, de quoi consiste de cette qualité en apparence si désirable.Pour citer le Maréchal Foch : «Il n'y a pas d'hommes cultivés, mais des hommes qui se cultivent ».Il y a peut-être des gens qui sont encouragés tôt à utiliser leur intelligence et d'autres, moins.Naturellement, on ne peut tout ramener à l'environnement.Une chose est certaine : à ce moment, je venais de découvrir ce qu'avoir l'air intelligent provoquait chez les autres et je me suis mis en frais de cultiver des activités qui justement me permettent de devenir davantage intelligent et, ultimement, d'être aimé pour moi-même.Intelligence ou jeu de mimétisme?Je l'ignore encore et je préfère ne pas me faire trop d'illusions là-dessus.Michel (prénom fictif) a un an, son univers d'enfant tourne autour de sa mère, d'un mélange touffu de caresses, de sensations buccales, anales, épidermiques.Ceci ne signifie pas pour autant qu'il ne comprend pas les messages non verbaux qui émanent de l'environnement.Plus tard, mais pas si loin dans le temps, l'état de stress, de détresse des parents, la richesse ou la pauvreté du milieu, tant intellectuelle que physique, entre autres, seront autant de facteurs qui pousseront peut-être cet enfant à s'épanouir en lui-même et vers les autres plutôt qu'à placarder ses perceptions et son imaginaire à un écran de télé.Mme Andrée Pomerleau enseigne la psychologie à l'UQAM.Elle participe également à au un groupe de recherche : 1-2-3- Go, en milieu social.Elle met en garde contre la tentation de glisser dans les généralités.«On doit éviter de juger le développement mental de l'enfant à partir uniquement de son environnement.Tout le monde n'a pas la même réaction face au stress.» Toutefois, elle donne une liste de facteurs puissants pouvant influencer le développement mental de l'enfant.«D'après des études faites en milieu populaires, les trois éléments majeurs pouvant promouvoir l'intelligence de l'enfant sont le revenu des parents, leur degré de scolarisation et aussi la mono-parentalité».«Le voisinage est également important.» ajoute t'elle.Qui ne connaît pas des enfants qui passent des heures devant le petit écran?Mme Pomerleau s'inquiète d'un tel comportement.« Plus le facteur de stress est élevé, plus les enfants regardent la télé, » souligne t'elle.De toute évidence, la fixation à la télé n'est pas un élément menant à une plus grande intégration sociale.La matière grise n'est que peu stimulée devant la télé, sauf exceptionnellement.Daniel Goleman, docteur en psychologie et auteur, prétend que la raison pour laquelle certains individus au QI élevé échouent alors que d'autres, moins intelligents (?) réussissent, est dû à une donnée qu'il nomme l'intelligence émotionnelle.Il parle de respect d'autrui, de persévérance, de motivation et de maîtrise de soi.Nadabindu@lycos.com MONTREAL\u2022 AVRIL 2002 JOURNAL L'ITINÉRAIRE 31 I Journée internationnale de la femme Une aînée engagée Sylvio Hébert Les femmes du Comité des Sans-Emploi et le groupe féministe Les Insoumises invitaient les gens à une soirée de réflexion au Comité Social Centre-Sud à l'occasion de la Journée internationale des femmes.J'y ai rencontré Jacqueline St-Urbain, un petit bout de femme dynamique de 72 ans.Dans un temps, pas si lointain, on donnait comme patronyme aux enfants abandonnés le nom de la rue où on les trouvait.Jacqueline nous a fait un témoignage de ses expériences de vie, malheureusement surtout mauvaises, qu'elle a vécues dans des organismes de soutien pour personnes en difficulté.« En ces lieux, nous étions constamment surveillés: pour les heures de rentrée, si on sortait; pour les repas, si on arrivait par mégarde en retard de 10 minutes, les employés nous mettaient de côté et nous devions attendre à n 'en plus finir, même si tous les autres avaient déjà mangé.Pour les achats personnels, notamment pour les produits de soins corporels, les petites gâteries ou, pour moi, les petits toutous que j'affectionne tout particulièrement, les surveillant(e)s saisissaient le tout parce qu'ils disaient que c'était du gaspillage», raconte Jacqueline.Elle est persuadée qu'ils se faisaient de l'argent de poche en les revendant.« Une fois, j'avais un chat gris que j'aimais beaucoup, il ressemblait à un petit bébé tigre.On me l'a saisi! poursuit Jacqueline.J'ai voulu faire une plainte à la police, mais les appels passaient par une centrale contrôlée; j'ai dû me sauver pour faire mon appel.Ils sont venus me chercher au métro Frontenac et m'ont conduit à un gîte d'urgence.J'ai ensuite trouvé une résidence plus permanente.» Ses mauvaises expériences de logement furent constantes.À 37 ans, elle reçoit ses premiers chèques d'aide sociale, au montant de 125$ par mois; son loyer en coûtait 100$.Dans le temps, les services sociaux avançaient 25$ ou 30$ pour manger, mais enlevaient ce montant sur le chèque suivant.« Ça me révoltait!», s'exclame Jacqueline.Une autre de ses mauvaises expériences fut le harcèlement sexuel par les propriétaires.«Ils m'offraient de rencontrer leurs amis afin que je puisse payer mon loyer, confesse-t-elle.Comme je ne répondais pas à leurs avances ils venaient me relancer régulièrement: j'avais très peur.» Elle dut déménager souvent : d'appartement en résidence pour personnes en difficulté vers Le Chaînon.Ce qui lui permit de se prendre en main, de se ressourcer et d'avancer.Ce qui la dérange encore aujourd'hui, c'est qu'elle doive encore gratter les fonds de tiroirs.«Avec une allocation de vieillesse de 968$ et un loyer de 875$, il ne reste plus rien, enchaîne Jacqueline.C'est très difficile de me vêtir, d'avoir des loisirs, etc.Une chance que Logis rente du gouvernement du Québec me verse 80$ mensuellement pour mieux faire face à mes dépenses.La passe d'autobus est essentielle à ma mobilité réduite.» C'est parce qu'elle connaît la misère que Jacqueline participe régulièrement à des manifestations pour aider les jeunes.Dernièrement, elle a vécu deux mois avec les squatters du Centre Préfontaine, ceux qui ont osé montrer la pauvreté vécue par beaucoup de monde et cachée par nos gouvernants.« Je les aimais bien et ils me le rendaient aussi.Plusieurs d'entre eux m'appelaient affectueusement «grand-maman» parce que j'étais la doyenne du groupe», conclut Jacqueline.Tu veux travail\t1er?Le GIT peut t'aider! GIT> Pour t'inscrire: (514) 526-1651\tServices gratuits Tu es > Ateliers de groupe > Âgé(e) de 16 ans ou plus > Stages en entreprise > Motivé(e) à intégrer ou > Suivis individualisés réintégrer le marché du travail > Activités post-formation > Démuni(e) face à l'emploi > Support dans la Les services du GIT sont offerts grâce .il, i \u2022 à la contribution financière d'Emploi-Québec recherche demplo.QuébecSE Emploi-Québec Groupe Information Travail > 2260, av.Papineau > Montréal (Québec) H2K4J6 > git@videotron.net JOURNAL L'ITINERAIRE MONTREAL \u2022 AVRIL 2002 Journée internationnale de la femme Journée de la femme au Comité Social Centre-Sud photo Marie-Christine Gagnon Marie-Christine Gagnon Vendredi, le 8 mars dernier, c'était la Journée Internationale des Femmes et, à cette occasion, différentes activités se sont déroulées à Montréal.Au Comité Social Centre-Sud, on a eu droit à une belle fête organisée par plusieurs groupes.D'abord, le Comité Social a servi un souper spaghetti à coût modique et a prêté la salle et le personnel nécessaire pour le reste de la soirée.Puis, un Comité femmes de l'UQAM, Les Insoumises, présentait une exposition sous le thème L'image de la femme dans la publicité.Les Insoumises voulaient ainsi faire réaliser au public à quel point l'image de la femme projetée par les médias est très loin de la réalité.Plusieurs collages mettaient donc en opposition des photos de femmes publiées dans des magazines et celles de certaines Insoumises.D'autres collages ne voulaient que démontrer l'absurdité de l'image de la femme dans les magazines.Certains collages étaient aussi accompagnés de courts textes relatant des statistiques-chocs ou des phrases comme « ce que les médias projettent nous tue».Il y avait aussi certaines œuvres peintes par une des femmes du Comité.Les Insoumises voulaient donc démontrer que l'image de la femme véhiculée par les médias est néfaste pour la femme «réelle» puisque cette image projette une idée de la femme «parfaite»: mince même presque rachitique, reflétant la vierge tant souhaitée comme compagne, la cochonne «salope» qu'on veut au lit, la mère toujours souriante, la bonne cuisinière: un fantasme, quoi! Un fantasme n'existe pas dans la réalité, ne faut-il pas l'oublier?Tout le monde a les défauts de ses qualités.Avant tout, avec sa personnalité, ses désirs et ses besoins propres, la femme existe au-delà de l'idée qu'on s'en fait.Par la suite, les femmes du Comité des Sans-Emploi ont Atelier sur les femmes et le logement animé un court atelier sur le thème «femmes et logement».On le sait tous et toutes, les logements sont de plus en plus difficiles à trouver.Mais, quand il s'agit d'une femme, la difficulté est souvent plus grande puisqu'elle risque d'être davantage victime de discrimination, de harcèlement sexuel, ou d'intimidation de la part du proprio ou des autres locataires une fois le logement trouvé.L'atelier était donc animé à partir du témoignage de deux femmes (une dans la trentaine et l'autre dans la soixantaine avancée) ayant vécu diverses expériences en rapport au logement.On a aussi tenté d'envisager des pistes de solutions pour contrer cette discrimination, entre autres la solidarité et la poursuite de la lutte.Un spectacle du groupe Les Insoumises a clôturé la soirée.Celui-ci contenait des extraits des Monologues du Vagin d'Eve Ensler, des chants divers dont la très belle chanson d'Anne Sylvestre Une sorcière comme les autres, la composition d'une des Insoumises, L'analphabète, l'incontournable Hymne des Femmes, la lecture d'un poème écrit par une des filles et enfin de la danse (flamenco, ballet, danse africaine, danse moderne, danse in dienne).Plus de cent cinquante personnes ont assisté à la soirée et les commentaires étaient plutôt élogieux envers les organisatrices.Pour ma part, cette soirée aura été, et de loin, la plus belle fin de Journée internationale de la femme que j'ai vécue jusqu'ici.LA RICHESSE EST LE FRUIT DES EFFORTS DE LA MAJORITÉ LAW RICHESSE Confédération des syndicats nationaux 1601, ov De Lonmier, Montréal, H2K 4M5 Tél.: 1 800 947-6177 CSN 427, rue de la Commune ftt i Montréal (Québec) i £ H2Y 1)4 ^Téléphone: (514) 845-3906 Télécopieur: (514) 845-7Q19 MONTREAL \u2022 AVRIL 2002 JOURNAL L'ITINERAIRE Internet et les locataires Dites non aux augmentations! Note : Les sites mentionnés dans la chronique sont énumérés à l'adresse suivante: http://itineraire.tripod.ca/Seloger.htm Luc Denis Le Front d'action populaire en réaménagemenr urbain (FRAPRU) recommande aux locataires, suite à la publication par la Régie du logement de ses estimations de variations de loyer pour 2002, de refuser les augmentations.Lorsqu'on entend dire que trouver un logement est encore plus difficile cette année, le locataire a-t-il intérêt à ne pas prendre son trou?C'esr habité par cette question que nous logeons notre chronique autour des réponses qu'Internet héberge.Ce mois-ci, nous abordons le déménagement et ses problèmes afférents.Faut-il accepter la hausse ou l'avis d'expulsion reçu du proprio?Quels sont les délais et les recours?Tous parlent d'une pénurie de logements.Où trouver ce petit nid chaud et abordable?Internet est un outil efficace, mais non une panacée! Ne rêvons pas, on trouvera seulement sur Inrernet ce que quelqu'un a bien voulu y mettre.Défense des droits des locataires Le Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) veille à la défense et à l'amélioration des conditions de logement et de vie de la population à faible revenu.Il est formé de plus de quatre-vingts organismes actifs dans toutes les régions du Québec.Avec ses groupes membres, il lutte pour le développement de logements sociaux et dénonce une législation incomplète.Un rapport de la Régie du logement, dont il est mention dans le Cyberpresse du 21 novembre dernier, signifie «que plus de 67 000 causes ont été entendues en 2000-2001 dont 36 709 sont liées a des demandes de recouvrement et de résiliation de bail pour non-paiement de loyer.» Considérant qu'au Québec plus de 273 000 ménages consacrent au-delà de 50 pour cent de leur revenu au loyer, le FRAPRU trouve la situation plus que déraisonnable.« Ceci démontre éloquemment que le problème du non-paiement n 'en est pas un de fraude ou de malversation de la part des locataires, signale le FRAPRU, mais de pauvreté et de coût du logement.» Augmentation de loyer La Régie du logement est le tribunal compétent en matière de bail résidentiel.Son rôle consiste à informer les citoyens de leurs droirs et obligations, à promouvoir l'entente entre les parties et à régler les litiges.La Régie est chargée de veiller à la conservation d'un certain nombre de logements et d'assurer la protection des droits des locataires.À Montréal, le bureau se trouve au Village olympique.À l'aide du formulaire CALCUL 2002 - Comment s'entendre sur un ajustement de loyer (version électronique), vous pouvez obtenir immé diatement l'augmentation du coût de votre habitation pour 2002, selon le Règlement sur les critères de fixation de loyer.Il suffit d'inscrire les données et l'augmentation du loyer apparaîtra.C'est un outil que la Régie du logement offre aux propriétaires et locataires pour les aider à négocier l'augmentation.Organismes du milieu Consultez les sites créés par des organismes sans but lucratif: vous y trouverez une mine de conseils, trucs et avis utiles concernant la vie de votre quarrier actuel ou furur, ainsi qu'un survol des problèmes locaux.Ainsi, le Comité du logement du Plateau Mont-Royal propose sur son site le profil de ce quartier en pleine évolution en plus des divers services afférents au logemenr et à l'habitation tels que : ?de F information juridique ?un soutien actif aux locataires par rapport aux hausses de loyer, reprises de possession, réparations, évictions et autres difficultés courantes, au moyen de séances d'information gratuites ?des conseils, des avis sur le non-paiement de loyer, le bruit, la salubrité et le chauffage, en rapport avec vos droits et recours ?son service de secrétariat pour la rédaction de correspondance, mises en demeure, photocopies, etc., vous suggère directement en ligne quelques modèles de lettres type ?une méthode de calcul pour estimer la hausse de loyer possible ?un site Internet ouvrant le chemin vers le cadre légal affecrant les locataires, etc.-T-\t\tÉglise Unie Saint-Jean \t\tCommunauté protestante francophone au cœur de la cité \t\t+ célébration chrétienne dominicale à 10h30 + ressourcement spirituel et biblique + pastorale des mariages 2; B Ï-M -\tIII\t110, rue Sainte Catherine Est Visitez notre site web: Montréal H2 X 1K7 www.cam.org/~stjean (514)866-0641 JOURNAL L'ITINERAIRE MONTREAL \u2022 AVRIL 2002 Nouvelles internationales par Gopesa Paquette.Ces informations proviennent de différents journaux de rue du monde entier.Augmentation de l'itinérance dans les villes américaines The HOMELESS Grapevine, janvier-février 2002 La Conférence des maires des E-U rapporte une augmentation du nombres de personnes qui demandent refuge.À l'échelle nationale, l'augmentation est de l'ordre de 13% alors qu'on remarque la hausse la plus notable chez les familles.Le rapport 2001 sur la faim et l'itinérance en Amérique réunit des statistiques provenant de 27 villes importantes aux Etats-Unis.La ville de Washington a connu une hausse de 82% des familles cherchant un refuge tandis qu'à San Antonio elle a été de 45%, à Chicago de 35% et à la Nouvelle-Orléans de 28%.Sur les 27 villes recensées, neuf ont rapporté que 44% des refuges devaient refuser des gens, faute de places.Selon le rapport, il y a, à Cleveland, un nombre croissant d'hommes et de femmes seuls qui deviennent des résidants permanents du réseau de refuges.Les familles avec enfants doivent attendre plus de temps avant de trouver un logement adéquat ou de transition.Les villes doivent alors mettre sur pied plus de refuges d'urgence.Les maires identifient dans leur rapport, le manque de logements véritablement abordables, les emplois sous-rémunérés, les dépendances aux drogues ou à l'alcool et la maladie mentale comme étant les principales causes de l'itinérance.La population itinérante de ces villes se compose de 40% d'hommes seuls, de 40% de familles avec enfants, de 22% de personnes ayant des troubles de santé mentale et de 34% d'alcooliques et de toxicomanes, etc.Brian Davis directeur de la Northeast Ohio Coalition for the Homeless, est attristé de voir le taux d'itinérance augmenter encore cette année.« C'est une honte que l'on n 'ait pas profité des années de prospérité de la dernière décennie pour s'attaquer à cette forme de pauvreté extrême en construisant du logement permanent pour tous.» Pour une copie complète du rapport The 2001 Hunger and Homeless in America report, allez à : www.usmayors.org.Les toxicomanes seront enfin écoutés ! The Big Issue, 12 au 18 novembre Les héroïnomanes et les cocaïnomanes seront dorénavant au cœur de la nouvelle politique de traitement des dépendances du gouvernement de Londres.Mise sur pied en avril 2001, l'Agence nationale de traitement entend consulter les utilisateurs de drogues dures et leur assurer des postes d'in fluence dans les comités qui établiront les politiques dans le domaine.Avec un budget annuel de l'ordre de 450$ millions de dollars canadiens, l'Agence entend augmenter de deux tiers le nombre de toxicomanes qui reçoivent un traitement.Selon les dirigeants, ces consultations devraient encourager la parti cipation des toxicomanes à la formation, aux prises de décisions, à l'allocation des subventions et aux orientations générales.La consultation systématique des usagers est une pratique nouvelle dans l'amélioration des services.« Le gouvernement a traditionnellement perçu les toxicomanes comme étant des déviants malsains dont l'opinion ne valait pas grand-chose», explique Mat Southwell qui siège à l'Agence de développement national des toxicomanes.Hywel Sims, directeur général d'Adfam, un groupe travaillant avec l'entourage des toxicomanes, renchérit: «Ecouter les toxicomanes est primordial au succès de la nouvelle Agence.Jusqu'à ce jour, la constatation des usagers par les services aux toxicomanes n'a été faite que de manière informelle.Mais c'est très important!» MONTREAL* AVRIL 2002 JOURNAL L'ITINERAIRE Bulletin d'information POUR QUE NOS SOLUTIONS SOIENT PRISES AU SÉRIEUX L'élite industrielle et financière a toujours repoussé les interventions d'un Etat régulateur dans ses affaires.Elle promettait que, débarrassée de toute entrave, elle se chargerait d'assurer la prospérité de chacun.Elle a fabriqué en série des chômeurs, des exclus, des pauvres.Et, au chevet de cette société malade, nos gouvernements, intoxiqués par la philosophie de la compétition, continuent de prescrire les mêmes médicaments : la patience dans l'attente de jouts meilleurs, les avantages accrus pour les entte-prises, la flexibilité du travail, la réduction draconienne des dépenses sociales.Et cet aveuglement qui jette de plus en plus d'hommes, de femmes et de familles entières à la rue s'accompagne parfois d'une apparence de compassion.Les exclus et ceux et celles qui acceptent de prendre parti, n'ont plus la naïveté de croire à cette fausse pitié ni de temps à perdre à tester la sincérité de tous et chacun : Les plus dures réalités ne se compilent pas en statistiques froides mais en drames vécus et partagés par des êtres sensibles.Nous traversons actuellement une grave crise du logement, la situation est critique, les chiffres sont sans appel.Les deux tiers des ménages de la nouvelle ville de Montréal sont locataites.Et locataire rime souvent avec pauvteté.Lors du recensement de 1993, 123 000 ménages locataires, soit un ménage sur quatre, consacraient plus de 50% de leut revenu en loyer, ce qui les obligeait à couper dans leurs autres besoins essentiels et à vivre l'insécurité alimentaire.En cinq ans, petits déjeuners et soupes populaires ont affiché une croissance de 74%.Le taux de logements inoccupés est tellement bas que 500 familles se sont retrouvées sans toit le 1er juillet dernier.La population itinérante ne cesse d'augmenter et, le taux d'occupation de son réseau d'hébergement a doublé entre 1989 et 1998.Au-delà des chiffres, c'est le grand désespoir qui touche de plus en plus de familles et d'individus.Gens du terrain, nous avons des solutions et des moyens pout défendre la dignité humaine.Cependant, pour que nos solutions ne soient plus considérées comme pure utopie et qu'elles soient jugées possibles, elles doivent être évaluées, chiffrées, comptabilisées pour ensuite être adoptées et financées par nos gouvernements.Par exemple, nous devons continuer à faire la preuve que l'investissement dans le support communautaire en logement social est une alternative économique, efficace et durable à la prise en charge institutionnelle et au laisser-aller actuel qui est le lot de plusieurs populations en difficulté.En effet, malgré la diversité des expériences | et leurs bilans positifs, il y a toujours un manque de volonté politique pour financer le support communautaire.C'est pourquoi le réseau d'aide aux personnes seules et itinétantes de Montréal ainsi que plusieurs groupes communautaires qui travaillent auprès des personnes démunies ont décidé de ptésenter, dans le cadre de l'Initiative de partenariats en action communautaire (IPAC), des projets de support communautaire en logement social.Celui du RAPSIM permettra de consulter les groupes membres sur cette question et de docu menter un peu plus le fait que, de procurer un logement et des services aux populations démunies est une solution dutable au phénomène de l'itinétance.Nous allons répertorier et étudier les aspects suivants : - L'information sut les projets en logement social avec support communautaire; - L'impact du suppon communautaire sur la population itinérante et sur la communauté; - L'impact de la situation et la pression financière des groupes et les différentes possibilités de financement.Nous allons tenter de réveiller, encore une fois, nos gouvernements puisqu'ils souffrent d'indifférence chronique et qu'ils sont enfermés dans l'univers illogique du «deux poids deux mesures» quand il est question de coûts économiques.En espérant que nos dirigeants retrouveront la vue et constateront enfin que le modèle de société actuel n'est pas viable à long terme.sauf pour la minorité qui vit entourée d'agents/tes de sécurité pour la protéget.Plus l'on sabre dans les dépenses sociales et plus les dépenses de sécurité déployées pour protéget l'élite augmentent.Le réseau d'aide Le réseau d'aide aux personnes seules et itinérantes de lïlontréal.Tél.: (514) 879-1949 MONTREAL \u2022 AVRIL 2002 ^loURNÀL LÏTINÉRAIRE Théâlre exlrême ! Saison LNI 2002 www.lni.ca ?u IS février au 13 mai, tous les lundis soirs à l3h3Q au Medley II7Q rue Sf-Denis LES NOIRS de Marie Michaud Jean-Michel Anctil Laurent Paquin Vincent Bolduc Maryvonne Cyr Guillermina Kerwin ?iane Lefrancois LES ORANGES de Michel Duchesne Claude Legault Francois-Éfienne Paré Charles Lafortune Martine Francke Isabelle Brouilleffe Edith Cochrane LES BLEUS de Stéphane Mayer Real Bossé Stéphane Crête Luc Senay Marie-Hélène Thibault Nancy Roberge Salome Corbo LES VERTS de Sylvie Potvin Simon Boudreau Jean-Robert Bourdage Christian Vanasse Zoomba Noémie Godin-Vigneault France Galarneau Calendrier 18 -02 Noirs vs Verts 25 \u2022 02 Bleus vs Oranges 04-03 Oranges vs Verts Il -03 Noirs vs Bleus IB \u2022 03 Bleus vs Verts 25 \u2022 03 Hommes vs Femmes ?I -O^t Oranges vs Noirs 08 \u2022 0 l'illmtMMfl.Hko «t disponible la ou la technologie le permet, les services, conditions et tards peuve u serwe@urtra Appareil remis a neut.pleine garantie d'un an l van» selon les régions el soni modifiables sans préavis Taies n Merci de nous soutenir Nous n'avons pas encore atteint notre objectif.Je vous fais parvenir mon don de: 20$ Autre 50$ ?100$ ?_ $?Nom :_ Prénom : Adresse : Code postal Tél.: ( )_ Je désire recevoir un reçu pour fin d'impôts Q Envoyer un chèque ou mandat-poste à l'ordre du Groupe communautaire L'Itinéraire à l'adresse suivante: 1108, rue Ontario Est, Montréal (Québec) H2L1R1 k _____ _ l_J Le mnioinidle mu tout û Le Café électronique pour personnes démunies est unique en son genre à Montréal.Il offre à tous et toutes la possibilité d'utiliser un ordinateur à peu de frais.En effet, il n'en coûte que 1$ l'heure pour faire du traitement de texte ou naviguer sur Internet (contribution volontaire de 3$ pour ceux qui le peuvent).Le personnel sur place se fera un plaisir de vous aider.Si vous le désirez, vous pourrez aussi vous inscrire à une séance de formation.Ce projet a été réalisé grâce, entre autres, à la participation de Vidéotron et du Gouvernement du Québec.1907, rue Amherst (angle Ontario est) Tél.: (514) 597-0238, poste 31 Vous voulez aider les gens de la rue autrement qu'en leur donnant directement de l'argent?L'Itinéraire CARTE POUR 1 REPAS GRATUIT £ 1104, bue Owwio Es, f^nn\\ Ë (coi« Ai»k«si) [ 00 ) O MomréaI (OuÉbEc) ^\u2014s ^ Ukphwt (514) 597-02J6 poMt Ï2 CL S NOM_ AUX PLUS DÉMUNIS DES POUR SEULEMENT 2,50 $ chacune Offrez-leur une carte-repas du Café sur la rue.Ils pourront bénéficier d'un bon repas et seront accueillis dans une ambiance cordiale par les membres de L'Itinéraire.Vous leur donnerez peut-être la chance de se faire de nouveaux amis et de recevoir une aide de la part de personnes qui ont vécu la même situation.Bon dE commancJe pour* carte repas Nom:_ Prénom:_ Adresse: Code postale: Tél.:_ Je désire recevoir nombre de cartes:^ Total:_ _X 2,50$ chacune Signature:_ Veuillez joindre votre chèque à l'ordre du Groupe communautaire L'Itinéraire, et postez à l'adresse suivante: 1907, rue Amherst, Mtl (Que.) H2L 3L7 Aussi en vente au Café sur la rue, 1104, rue Ontario Est, Tél.:597-0238, poste 32 "]
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