L'itinéraire, 1 janvier 2002, juin
[" L'Itinéraire est produit et vendu en majeure partie par des personnes itinérantes, ex-itinérantes, sans emploi, alcooliques ou toxicomanes, dans le but de leur venir en aide et de permettre leur intégration au marché du travail.Pour chaque numéro vendu 2 dollars, 1 dollar revient directement au camelot.Les profits de L'Itinéraire servent à financer les coûts de production du journal, les projets de réinsertion sociale, le Café sur la rue, et L'Espace Internet.La direction de L'Itinéraire tient à rappeler qu'elle n'est pas responsable des gestes des vendeurs dans la rue.Si ces derniers vous proposent tout autre produit que le journal, ou demandent des dons, ils le font à titre personnel.Si vous avez des commentaires sur les propos tenus ou le comportement des vendeurs, communiquez sans hésiter avec le responsable de la distribution.Geneviève Denis au (514) 597-0238, poste 29 VENCJRE Vh'\\NéRAÏRE.C»fi sur U Rut, w 1104, rue Ontamo Est Des gens de la rue ou de milieu modeste se côtoient au Café sur la rue dans une ambiance agréable.De bons petits repas sont servis par des personnes en réinsertion sur le marché de l'emploi pour la modique somme de 4,50$.Un cuisinier leur apprend à travailler et à gérer une cuisine.Les personnes à faible revenu peuvent se procurer une carte de membre au coût de 5$ et obtenir un repas à 2,50$, pour une période d'un an.L'Itinéraire a besoin de ?\u2022 machine à espresso commerciale ?\u2022 ordinateurs compatibles IBM, Pentium II ?\u2022 magnétophones portatifs et dictaphones ?\u2022 2 classeurs verticaux (4 tiroirs, 81/2x 14) \u2022 5 chaises secrétaire ?\u2022 fourniture de bureau en général ?\u2022 classeur 4 tiroirs avec serrure ?\u2022 calculatrice à ruban Si vous avez des appareils qui fonctionnent encore, s'il vous plaît, contactez-nous au (514) 597-0238 Attention aux fraudeurs! L'Itinéraire tient à prévenir la population que des imposteurs sollicitent des dons sans son consentement.Que ce soit par sollicitation téléphonique ou de porte à porte, personne n'est autorisé à solliciter des dons monétaires ou matériels pour L'Itinéraire.Nous invitons les personnes sollicitées à communiquer immédiatement avec la police pour mettre fin à cette sollicitation frauduleuse.Pour aider L'Itinéraire, les gens sont invités à se procurer notre revue auprès de nos camelots dûment identifiés.Vous trouverez des camelots sur toutes les grandes artères de la ville ainsi que dans plusieurs stations de métro.Les dons sont les bienvenus mais Ils doivent être directement adressés à nos locaux du 1907 rue Amherst, Montréal H2L 3L7.Pour plus d'information, vous pouvez communiquer avec nous au (514) 597-0238: Chantai St-Onge, conseillère en publicité, poste 27 ou Ariane Pelletier, responsable de l'administration, poste 28, arianepelletier@videotron.ca La formation professionnelle des travailleurs(euses) au Journal L'Itinéraire a été rendue possible grâce, entre autres, au Ministère de la Métropole, à la CDEC du Plateau Mont-Royal/Centre-Sud, à la Ville de Montréal, à la Régie régionale de la santé Montréal-Centre et à l'UQÀM. 1907, rue Amherst, Montréal (Québec) H2L3L7 Tél.: (514) 597-0238 Fax:(514) 597-1544 Courriel: itineraire@videotron.ca http://itineîaire.educ.iohnit Le journal L'Itinéraire a été fondé en 1992 par Pierrette Desrosiers, Denise English, François Thivierge et Michèle Wilson.À cette époque, il était destiné aux gens en difficulté et offert gratuitement dans les services d'aide et maisons de chambres.Depuis mai 1994, il est vendu régulièrement dans la rue.Plus de la moitié de cette publication est rédigée par des personnes ayant connu l'itinérance.Les articles écrits par des journalistes pigistes professionnels portent la mention «collaboration spéciale».Le Groupe communautaire L'Itinéraire est un organisme à but non lucratif fondé en 1989 pour aider les Itinérants.Le conseil d'administration est composé en majorité de personnes ayant connu l'itinérance, l'alcoolisme ou la toxicomanie.Conseil d'administration du Groupe communautaire L'Itinéraire : Présidente: Josée Boisvert Vice- président : Jean-Marie Tison Secrétaire: Réjean Mathieu Trésorier: Jean-Paul Baril Conseillers: Robert Beaupré, Josée Boisvert, Éric Cimon, Robert Dion, Mario Châteauvert Comité de direction: Denise English, Ariane Pelletier, Jean-Pierre Lacroix, Geneviève Denis, Mylène Bonin Équipe de production du journal : Rédacteur en chef: Jean-Pierre Lacroix Adjointe et stagiaire à la rédaction : Valérie Provost Collaborateurs: Gina Mazerolle, Maxime, Audrey Coté, Jean-Marie Tison, Michel Boyer, Léo Paul Lauzon, Sylvio Hébert, Robert Beaupré.Jacques Brochu, Luc Denis, Jean-Pierre Béliveau, Michel St-Amant, Michel Côté, Daniela Laine, Réal Dion, Michel Montpetit, Bastien.Infographiste: Jocelyne Sénécal Révision: Guy Crevier, André Martin, Patricia Rodrigues, Francine Noél, Raymonde Paradis, Suzanne Lacroix, Inès Lopez, Louise Langlois.Mots croisés: Gaston Pipon Imprimeur: Québécor World Lebonlon Tirage: 18 000 exemplaires vendus par des Itinérants et des sans-emploi dans les rues de Montreal.Sommaire Administration du groupe : \u2022 Secteur administration \u2022 Secteur Café sur la rue \u2022 Secteur dWfbotton \u2022 Secteur Internet \u2022 Secteur journal: : Ariane Pelletier U|omte administrât!™-.Sylvie COë Publtetté: ChantaJ Sl-Onge : Denise English : Geneviève Denis Responsable: Mylène Bonin Responsable: Jean-Pierre Lacroix Adjoint: a déterminer L'Itinéraire est membre de : NASfW \u2022 Association nord-américaine des journaui de rue Le réseau international A IlICPA \"S™ desroumauxderue A/VtLvv Son drage est certifié par Dossier: Lart pour s'en sortir\t\tChroniques\t 7\tLart utilisé comme thérapie\tÉditorial\t4 8\tUn livre qui fait Bang!\tCourrier du lecteur\t5 9\tLa créativité au service du mieux-être\tBillet\t24 10\tLes jeunes de la rue s'expriment\tGlobe trottoir\t26 12\tDes pontons.artistiques !\tChronique Internet\t27 14\tPour un monde sans violence\tMots des camelots\t29 15\tDes artistes à connaître\tProf Lauzon\t32 16\tRegroupement collectif\tMots croisés\t34 Actualité\t\t\t 6\tMIRE: L« autre » centre de recherche d'emploi\t\t 17\tTrouvé Dieu ?\t\t 20\tDes escrocs\t\t 21\tOccupations pour le logement\t\t 22\tAffaire Lizotte\t\t Page couverture : Le peintre Daguy Photo : Valérie Provost AVDA ~ Ml recyclable MONTREAL\u2022 JUIN 2002 JOURNAL L'ITINERAIRE 31 Le logement : un droit parmi d'autres Le phénomène d'embourgeoisement urbain et la croissance des banlieues ont des effets dévastateurs sur les populations des centre-villes.L'expansion des banlieues a pour effet de vider les quartiers centraux de ses habitants à revenu moyen ou élevés.Les usines ferment, le commerce diminue, les services se rarifient, le quartier s'appauvrit.Les propriétaires cessent d'entretenir leurs bâtiments.Ces quartiers sont majoritairement habités par des personnes à faible revenu.Le Sud-Ouest, le Centre-Sud et Hochelaga-Maisonneuve en sont des exemples.À l'inverse, l'embourgeoisement crée un phénomène de revitalisation : rénovation des immeubles, apparition d'appartements de luxe, transformation de logements en copropriété, démolition de vieilles maisons et construction d'immeubles, apparition de boutiques spécialisées et de restaurants chics.On constate que l'embourgeoisement fait disparaître un quartier où logent, à titre de locataires, des personnes à faible revenu et des pauvres pour le remplacer par un quartier destiné à des personnes aisées qui achèteront leur appartement.Une transformation radicale de l'identité du quartier sur les plans physique, social, économique, culturel et démographique s'ensuit.Le mode de vie des nouveaux arrivants est donc différent, le quartier est complètement transfiguré.L'engouement pour les modes de vie « retour-à-la-ville », « pas-de-pont-à-traverser », « pas-d'auto-mon-condo-près-du-boulot » y est pour beaucoup.La spéculation joue aussi un rôle important.On l'oublie souvent, mais l'espace que nous occupons est un bien, une commodité essentielle.Dans un centre-ville et sa périphérie immédiate, posséder une parcelle de cet espace, de plus en plus rare, devient un investissement.On le voit, immeubles et terrains changent de propriétaires à un rythme effarant.Une véritable mine d'or pour les promoteurs immobiliers.Cette revitalisation se fait sur le dos des démunis.Chassés de leur logement qu'ils n'ont plus les moyens de payer, à cause de la hausse vertigineuse des prix causée par le déséquilibre entre l'offre et la demande, ils sont forcés de déménager.Mais émigrer où ?Et à quel prix ?Trop souvent dans un autre quartier et à un coût plus élevé, ce qui rend leur situation encore plus précaire.Cette relocalisation entraîne toujours des pertes et nécessite une réadaptation.Certains n'ont même plus les moyens de se rendre au travail tellement le loyer gruge leur budget.Tean-Pierre Lacroix Rédacteur en chef Cette revitalisation n'élimine pas la pauvreté : elle déplace le problème en le changeant d'endroit et, de plus, l'aggrave.Vu sous cet angle, le phénomène d'embourgeoisement est en réalité destructeur et nuisible pour ceux qui en sont victimes.On est loin de l'image optimiste du progrès.C'est encore l'amélioration de la qualité de la vie des riches qui est concernée.La crise du logement ne concerne que la rareté d'appartements locatifs à prix abordables.Le logement n'est pas un bien banal comme d'autres biens : c'est un droit.Ce droit à un logement convenable est inscrit à l'article 25 de la Déclaration universelle des droits de l'homme adoptée le 10 décembre 1948 par l'Assemblée générale des Nations Unies.Plus que le droit au logement, c'est l'accès au logement convenable et à prix abordable qui n'est pas encore une réalité pour toute une couche de la population.Ces conditions de logement la privent d'exercer leur citoyenneté dans la dignité.Lorsque plus du quart du budget familial est alloué au logement, il devient difficile de pourvoir correctement aux autres nécessités que sont l'alimentation, le vêtement, les soins de santé, le transport, etc.Ce calcul vaut pour un budget en santé ! Dans la vraie vie, c'est près de 40 % de la population qui éprouve des difficultés financières, incluant les 25 % se trouvant sous le seuil de la pauvreté.Il existe, bien sûr, du logement social pour remédier au problème.Une solution nettement insuffisante, sans compter la période d'attente de trois à cinq ans ! Quelques chiffres sont éloquents : Montréal compte un parc de 10 000 habitations à loyer modique, la liste d'attente est de 5 000 ménages et il ne s'en libère que 2 000 par année ! Les sommes attribuées tant à la lutte contre la pauvreté qu'au logement sont ridicules.La majorité des groupes d'aide aux défavorisés dénoncent cette situation.Les milliers de logements sociaux promis par nos gouvernements n'arriveront pas à temps pour éviter que de nombreuses familles qui n'auront « pas trouvé » se retrouvent littéralement à la rue en juillet prochain.jplac@videotron.ca I 4 JOURNAL L'ITINERAIRE MONTREAL \u2022 JUIN 2002 Courrier M \\ec\\ew Bonjour J'ai acheté aujourd'hui un journal, plus pour me donner bonne conscience que pour le lire.Mais voilà que rendu à la maison, je me suis mis à le feuilleter.Soudain, l'intérêt m'a gagné de sorte que je n'ai pas pu m'empêcher de le lire du début à la fin.Je suis estomaqué par la qualité de cette revue et l'intérêt de tous les articles que j'y ai trouvés ainsi que par la très grande humanité, et j'irais même jusqu'à dire la spiritualité, de beaucoup d'articles signés par des camelots et autres gens qui ont souffert et qui sont maintenant capables de dire des choses et d'exprimer des sentiments que la plupart des gens dits normaux ne savent plus exprimer.La souffrance fait mûrir, attendrir et voir des choses que nous ne voyons plus, étant tellement occupés à vivre et à nous débattre avec tout ce que la société de consommation nous force à faire.Bien que nous soyons toujours libres ou non de vivre ça, on se fait si facilement piéger.Je me suis pris à aimer ces gens qu'on dit marginaux et, je l'avoue, que j'ai un peu de misère à aimer parce que je ne les connais pas et qu'on a souvent peur de ce qu'on ne connaît pas.Merci pour cette revue que je vais acheter plus souvent maintenant.Vous êtes rafraîchissants ! Pica tou Transcal Québec Service de Formation Internet à Domicile Sylvain Tremblay de danse et de musique traditionnelles québécoises 14-15-16 JUIN 2002 Place du marché Maisonneuve EïSKL'SÏ LA BOTTINE SOURIANTE LES CHARBONNIERS DE L'ENFER 100 ARTISTES ET ARTISANS 17 SPECTACLES 20 ANIMATIONS QUÉBEC-POITOU billetterie /à 342, rue Jubinville, Laval H7G 3E2 Téléphone: (450) 663-7009 \u2022 Fax: (450) 663-1760 Courriel: info@transcal.qc.ca Internet: www.transcal.qc.ca ns* Articulée (514) 844-2172 INFO FESTIVAL: (514)273-0880 www.spdtq.qc.ca ssatrt prrtmu psûm8nttûelâ6flbs£ U i.r»i Im-tain la lira) 111, Kww.} Km m tii.sit-m-etii tw ; si4-i73-k1! V.1**1 Ml ¦ ¦ MONTREAL\u2022 JUIN 2002 JOURNAL L'ITINERAIRE 51 MIRE L'« autre » centre de recherche d'emploi Sylvio Hébert MIRE offre de la formation en informatique.Le Mouvement d'Intégration et de Rétention en Emploi (MIRE) est, selon Daniel St-Onge, agent de liaison, l'«autre» club de recherche demploi .J'y ai rencontré la première équipe de dix jeunes qui débutaient fin avril, des séances de formation qui les prépareront, leur donneront accès à un emploi et surtout leur permettront de le garder.Le projet MIRE est un tout nouveau service visant les 17-35 ans qui sont exclus des ressources jp-s actuelles en employabilité, à cause de leur attitude, pi de leur comportement.MIRE a été pensé et imaginé dans une «autre» optique d'appui, plus globale, pour pallier aux vrais problèmes de ces jeunes.Le projet s'inspire principale-1 ment de deux organismes riches en expériences: Portage et STRIVE (Harlem, NYC) et est appuyé financièrement par la Fondation Lucie-André Chagnon qui l'administre conjointement avec Portage.Le but premier de MIRE est de lutter contre la pauvreté en favorisant l'intégration par l'autonomie sociale et économique.L'organisme est destiné spécifiquement aux jeunes qui doivent surmonter des barrières relativement à l'emploi pour cause de difficultés d'adaptation à des programmes existants, de dépendances de toutes sortes, de manque d'assiduité ou de sens des responsabilités, etc.Et pour y réussir, leur façon de faire: une préparation à l'emploi se déroule sur une période de six semaines qui amènera les candidats à des attitudes et des comportements jugés acceptables par les employeurs.Le matin et à la fin de la journée, ils se rencontrent dans un contexte d'entraide et cette entraide continue après leurs six semaines par un jumelage avec les prochains participants.Un nouveau groupe démarre aux trois semaines.Dès le début du programme ils reçoivent un salaire et, à la fin, se voient offrir un emploi de la banque d'employeurs de MIRE, lesquels comprennent et partagent les objectifs poursuivis par MIRE.Ce qu'il y d'innovateur, c'est un suivi de deux ans avec une travaileur social, facilitant la rétention d'emploi.Si le jeune éprouve des difficultés à son travail durant les deux premières années, MIRE, l'employeur et le jeune se rencontrent en vue de régler les problèmes et de maintenir le jeune à l'emploi, plutôt que de subir un échec désastreux.Les locaux sont modernes, propres, spacieux et très éclairés.Lors de ma rencontre avec la première équipe de jeunes, déjà très soudée après seulement cinq jours, à leur réunion matinale, je les ai interrogé pour connaître leurs impressions et leurs motivations à poursuivre cette démarche.« Vous sentez-vous à l'aise ?Croyez-vous aboutir | à quelque chose de concret à la fin du parcours ?» Kenney m'a répondu : « Le fait d'être entouré de gens compétents nous motive à demeurer confiants.» Ce qui accroche le plus Catherine : « Ça m'enlève des défauts, la timidité par exemple, tout en me donnant de la sagesse.» Louis et Josée soulignent e climat l'entraide.« Si on a un dossier criminel on est appuyé dans nos démarchent pour rédiger notre curriculum vita », ajoute Kenny.Pour ce qui est du jumelage/mentor, ils y croient.Josée confirme : « Nos suggestions sont positives lorsque se les dit entre nous.» Et pour finir, ils avaient quelques mots à transmettre aux jeunes en difficulté.Josée lance : « Tentez votre chance ! »; Marc-André affirme : « T'a rien à perdre et tout à gagner ! »; Éric avise : « Prépare toi, c'est l'enfer.»; Josée philosophe : « // n'est jamais trop tard pour commencer.» Je vous avoue percevoir un immense potentiel dans le projet MIRE car les intervenants sont compétents, expérimentés et dynamiques.La formule est gagnante ! Les jeunes peuvent s'y faire valoir, se découvrir et se lancer à fond.MIRE s'assure la collaboration de nombreux groupes communautaires comme antennes dans son recrutement.Je crois que certains camelots de L'Itinéraire profiteront de MIRE pour continuer leurs démarches en réinsertion sociale, f Notre journaliste discutant avec des membres du projet.I 6 JOURNAL L'ITINERAIRE MONTREAL \u2022 JUIN 2002 Dossier: Lart pour s'en sortir L'art utilisé comme thérapie Jean-Pierre Lacroix Louise Lacroix a enseigné, principalement à des adultes, le dessin, l'aquarelle et la peinture pendant une quinzaine d'années.C'est son questionnement sur le processus créateur et sur la nécessité d'avoir un espace de création qui l'ont poussé à s'inscrire à la maîtrise en art-thérapie à l'Université Concordia.Depuis de nombreuses années, elle pratique cette discipline en milieu hospitalier auprès d'enfants immigrés et, de plus, enseigne l'art-thérapie à l'université Concordia.L'art-thérapie est née dans les années 40 parallèlement en la psychose, poursuit la professeure.Idéalement, nous souhaitons Angleterre et aux États-Unis.Les pionniers utilisaient l'art sublimer; presque tout le monde a vécu au moins une fois une expéri-comme outil thérapeutique.À cette époque, en France, l'art était ence de somatisation et personne ne désire se rendre à la psychose.» utilisé comme instrument de diagnostic : le psychiatre analysait À l'hôpital, elle s'occupe d'enfants immigrés victimes de la les œuvres de ses patients.En Suisse, on assistait au prélude de guerre.« Je soigne des malades qui ont des réactions tout à fait lart brut.normales face aux événements anormaux qu'ils ont vécus », affirme L'art-thérapeute ne donne pas réellement des cours d'art, il Louise Lacroix, enseigne des techniques de base; son travail est d'accompagner le Selon C.G.Jung, c'est en peignant que l'individu se dépeint patient dans sa production.Ce qui est important avec cette méthode, ce n'est pas tellement le résultat, mais plutôt le processus qui est très révélateur de l'état du patient.Le thérapeute est surtout témoin de la création et aide au besoin.Par la suite, le consultant décrit son oeuvre, ce qu'elle représente et explique les symboles.Un peu comme s'il parlait à un psychiatre, l'artiste communique visuellement.Il y a beaucoup moins de censure dans l'expression visuelle que dans l'expression verbale; les mots viennent consciemment, mais c'est souvent inconsciemment que l'on censure.En communication visuelle, c'est l'autre émissaire du cerveau qui entre en action; les images sont plus fortes que les mots.L'art-thérapeute est un psychothérapeute utilisant le langage graphique, tandis que les psychiatres et psychologues utilisent l'échange verbal et gestuel.« Des trois niveaux d'univers symboliques \u2014 archetypal, culturel qu'il se crée.Pour se créer, il faut savoir d'où l'on vient.Mme Lacroix se souvient de son premier emploi en art-thérapie où elle traitait des handicapés physiques et mentaux : « Des individus qui, ne pouvant s'exprimer par la parole, étaient très fiers d'être parvenus à s'exprimer par des dessins.Exposées sur les murs, leurs œuvres leur apportaient non seulement la joie, mais la confiance et l'estime de soi.» L'art-thérapie ne se limite pas qu'aux arts visuels.Elle intègre autant la musique que l'écriture, la danse, le théâtre, la photographie et même l'infographie.Pour Mme Lacroix, l'art-thérapie n'est pas vraiment nouvelle : « Nos ancêtres s'exprimaient sur les murs des grottes.La tradition nous a transmis des musiques, des chants, des danses.L'expression artistique existe dans toutes les cultures.L'art fait partie du développement humain.» Autrefois, l'art était, dans sa pratique quotidienne comme Service d'écoute pour personnes en détresse et personnel\u2014 c'est la symbolique personnelle qui est la plus impor- dans les rituels, l'expression du sacré et du monde spirituel.Mme tante.Il faut toujours vérifier le sens avec l'auteur.Avec le temps, le Lacroix cite l'anthropologue Ellen Dissanayake : « L'art a toujours patient parviendra à verbaliser ses émotions », explique Mme été utilisé pour rendre quelque chose d'ordinaire extraordinaire.» Lacroix.Dans un pre- L'art serait donc faire quelque chose de spécial, donner plus de mier temps, l'art- sens à sa vie.thérapie permet de « Quand les gens viennent en thérapie, c'est pour se sentir mieux, libérer les émotions déclare la thérapeute.Je ne dirais pas que je soigne l'âme; je donne reliées aux conflits des outils pour que le patient trouve en lui son guérisseur, découvre ses ressources personnelles pour se guérir.» Art-thérapeute professionnel du Québec est une marque de certification de {'Association des Artothérapeutes du Québec (AATQ).Ces professionnels en santé mentale œuvrent dans le réseau de la santé et des services sociaux : hôpitaux, C.L.S.C., organismes communautaires, ressources alternatives en santé mentale, TEL-AIDE 935-1101 Une écoute respectueuse, anonyme et confidentielle 24 heures/jour 7 jours/semaine Bilingue intérieurs.« Nous avons trois façons de réagir à nos émotions : l'intellectualisation ou la sublimation; la somatisation (fatigue ou mal de tête par exemple); et finalement milieux scolaires.AATQ, 514-990-5415 jplac@videotron.ca \\ MONTREAL \u2022 JUIN 2002 JOURNAL L'ITINERAIRE 7 I Dossier: L'art pour s'en sortir Un livre qui fait Bang ! Dans le cadre de la Journée mondiale du livre et du droit d'auteur, L'Itinéraire a eu le plaisir de recevoir la visite d'Yves Boisvert au Café sur la rue.Le poète est venu discuter et faire la lecture d'extraits de son dernier recueil, Bang !, qui traite des événements du 11 septembre dernier et de l'attitude états-unienne.Valérie Provost - Les propos d'Yves Boisvert ont ouvert une discussion intéressante au Café sur la rue.Ce recueil, Yves Boisvert l'a conçu en trois avant-midi.Il l'a fait pour plusieurs raisons, entre autres, pour « dénoncer une forme d'impérialisme, créer un esprit littéraire critique, immortaliser l'opinion d'un Québécois » sur les attentats contre les Etats-Unis et, bien entendu, pour s'exprimer.L'écrivain considère que l'engouement pour le drapeau états-unien, qui a augmenté en popularité depuis les attentats, est une forme de fanatisme comparable au nazisme.En fait, l'auteur exprime tout haut ce que plusieurs ont pensé tout bas.« À force de poser le doigt sur plein de pays, il y a quelqu'un qui un jour te dit : \"Tasse-toi de d'ià!\" », explique-t-il en parlant des attaques terroristes.La manière directe qu'il a d'exprimer son opinion sur l'événement peut rendre l'ouvrage un peu choquant pour certaines personnes.L'auteur s'attendait d'ailleurs à avoir de la difficulté à faire éditer son recueil, ce qui n'a cependant pas été le cas.« fe pensais que mon éditeur allait me dire \"Non\" ou allait me demander de changer des choses, mais il a juste dit 'OK', s'étonne M.Boisvert.[L'œuvre] va être traduite en anglais à Toronto.On verra les réactions que ça va produire, mais pour l'instant, elles ne sont pas mauvaises.» Bref, sans les légitimer, l'oeuvre d'Yves Boisvert tente de comprendre et d'expliquer les attaques elles-mêmes ainsi que la réaction du peuple et des dirigeants états-uniens.Mais, par-dessus tout, c'est le reflet de la pensée de quelqu'un qui, assis devant sa télévision, a assisté, impuissant, au Bang ! le plus spectaculaire jamais diffusé en direct.La visite de M.Boisvert faisait partie des activités parrainées par l'Union des écrivains du Québec (UNEQ) à l'occasion de la Journée mondiale du livre et du droit d'auteur.Bang !, Écrits des Forges, 67 pages.PRO-CLEF me.Service: Serrurerie, Système d'alarme Système caméra Contrôle d'accès, Coffre-fort RBQ 3100-3189-12 ALAIN PILOTTE Conseiller en sécurité 1166, boul.Ste-Foy, Longueuil, Qc J4K 1W9 RIVE-SUD : (450) 651-3445 MTL : (514) 521-5234 FAX : (450) 651-1695 Jacques Chagnon ASSEMBLEE NATIONALE QUÉBEC Député de Westmont-Saint-Louis Hôtel du Parlement Bureau 2.129 Québec(Québec) G1A1A4 1134, rue St-Catherine Ouest Bureau 800 Montréal (Québec) H3B1H4 I 8 JOURNAL L'ITINERAIRE MONTREAL \u2022 JUIN 2002 La créativité au service du mieux-être Ressource alternative en santé mentale Récemment, j'ai découvert l'Atelier d'artisanat du centre-ville.J'ai été impressionné par son atmosphère calme et par les œuvres exposées a l'entrée : bijoux finement ciselés, vêtements et linge de maison joyeusement colorés, décorations murales recherchées séduisent l'œil et aussi l'âme.Plus loin, comme dans une ruche, des dizaines de participants supervisés par des artisans professionnels s'appliquent à produire ces merveilles.Michel Boyer Ces créateurs en puissance ont un jour opté pour la vie : ils se sont incrits à l'Atelier, une ressource alternative et communautaire en santé mentale.Depuis, ils utilisent la créativité comme baume à l'âme.« Notre but est éducatif et thérapeutique même si le centre n'offre pas de théraphie comme telle », explique Nicole René, l'enthousiaste directrice générale du centre.L'organisme à but non lucratif œuvre depuis 30 ans dans le domaine de la santé mentale.Il offre des ateliers de sérigraphie, de batik et d'impression sur tissu, de joaillerie, de vitrail, de couture et d'émail sur cuivre.« On aborde les gens par la partie saine de leur être.La participation leur permet de constituer un réseau, précise Mme René.Ils parlent avec d'autres et vibrent.Ils brisent l'isolement et apprennent à produire tout en contrôlant leur stress.» « Parce que la créatiuité est porteuse de solution.» Louise (pseudonyme), âgée aujourd'hui d'une trentaine d'années, a fréquenté le centre pendant sept ans.Elle a traversé un processus d'alphabétisation, un programme d'intégration au travail, a effectué des stages dans des cuisines de restaurants comme aide-cuistot.Par la suite, elle a poursuivi sa formation en tant qu'aide-cuisinière avec le projet PART et a participé à d'autres stages.Présentement, elle tavaille 40 heures par semaine et vit en appartement avec son copain.« Elle nous rend visite régulièrement », témoigne Mme René qui, visiblement, a foi dans le travail de l'Atelier.« Cette femme a été soutenue par les organismes communautaires pendant dix ans et ça a donné des résultats ! » L'Atelier offre quatre programmes distincts conçus pour répondre aux besoins des personnes ayant côtoyé la détresse psychologique ou ayant un vécu psychiatrique : l'insertion sociale, l'intégration au travail, le retour à l'em- ploi et le suivi au maintien en emploi.Certains cours sont offerts au grand public à un coût minime.« Dans une période de six mois après leur départ de l'Atelier, près des trois quarts des participants s'impliquent dans une activité précise, travail ou étude, nous confirme la directice.Ils sont surtout mieux armés pour faire face à l'échec.» Le centre, subventionné par Centraide, le Ministère de la Santé et Emploi-Québec, dispose d'une boutique permanente.Il présente une exposition sur les lieux mêmes, en mai et en novembre, ainsi que des expositions itinérantes sur demande tout au long de l'année.L'artisan reçoit 50 % du prix de vente.Cette visite à l'Atelier (fondé par Mildred « Millie » Ryerson, une ergothérapeute qui croyait à l'action sociale), je l'ai faite par une journée pluvieuse et morose.Ce jour-là, j'étais stressé, craignant d'être en retard, mais je vous le dis : c'est un lieu qui vous remet sur le piton, c'est garanti ! On rejoint l'Atelier d'artisanat du centre-ville au (514) 844-6458, de 9 h 15 à 16 heures et aussi en soirée.J'aimerais souligner que le gouvernement devrait réviser ses priorités en ce qui concerne la santé, surtout la santé mentale.Je remercie madame Andrée Bélisle, une femme charmante, pour sa précieuse assistance dans mon travail journalistique.Réal Ménard, Député Hochelaga-Maisonneuve 4036.rue Ontario Est Montréal (Québec) H1W 1T2 Tél.: (514) 283-2655 Fax: (514) 283-6485 MONTREAL \u2022 JUIN 2002 JOURNAL L'ITINERAIRE 91 Dossier: L'art pour s'en sortir Paysages urbains Les jeunes de la rue s'expriment Valérie Provost Stagiaire Le 24 avril dernier a eu lieu le vernissage des oeuvres de cinq jeunes rattachés au «monde de la rue» à L'X Centre d'Expression de Création et de Diffusion.Cette exposition de tableaux était le résultat du concours Faunes et paysages dans la forêt urbaine.Dans la simplicité, ils ont dévoilé leurs fresques et, en même temps, une partie d'eux-mêmes.Le concours a été lancé par le CLSC des Faubourgs et la Fondation du CLSC des Faubourgs en février dernier.Il avait pour but de « donner aux jeunes la chance de montrer leur talent, de mettre en valeur ce talent », explique Suzanne Dessureault, intervenante au CLSC.L'appel a été lancé aux jeunes artistes par le biais des endroits ressources qu'ils étaient susceptibles de fréquenter.Le fait que la réponse n'ait pas été très forte démontre, selon Mme Dessureault, que « la confiance n'est pas là.» Cependant, l'expérience a su redonner un peu de cette confiance à ceux qui y ont participé, croit-elle.Un jury, présidé par l'artiste Massimo Guerrera, a choisi cinq finalistes qui ont pu peindre, chacun sur un grand canevas, le croquis qu'ils avaient soumis, et ce en trois semaines environ.Contre un montant de 600 $, chaque jeune a remis sa toile au CLSC pour qu'elle y soit exposée.Ce sont donc Eduardo Aragon, Mélanie Arsenault, Véronique Dufour, Julie Pilote et Patricio Virumbrales qui ont enchanté, par leur imagination et leur talent, les gens présents à cet événement.Julie Pilote a entendu parler du concours où elle suivait un programme de réinsertion dans l'emploi ainsi que chez Pops.Ce n'était pas la première fois qu'elle peignait quelque chose, puisqu'elle a découvert la peinture il y a deux ans et demi.Depuis ce temps, elle s'en passionne et s'en sert pour cheminer dans sa vie personnelle.« C'est comme un Prozac : ça me donne un peu d'amour et de André Boulerice rêve> dlt.t.ejle en sourian, Ça mefait du bim % wir des ¦ Ministre délégué aux relations ;; ;, ± , , .,, r ., , \u201e.comme celles-là et de me laisser aller comme une entant », aioute-t- avec les citoyens et limmigration 1 ' > et Député de Sainte-Marie/Saint- elle en Pointant quelques-uns de ses tableaux disposés dans un Jacques coin de la salle.1951, boul.de Maisonneuve Est Bureau 001 Montréal, Québec H2K 2C9 Véronique, une des cinq artistes, devant l'oeuvre qu'elle a dévoilée.Téléphone : (514) 525-2501 Télécopieur : (514) 525-5637 Courriel : aboulerice@assnat.qc.ca Québec www.ccmm-csn.qc.ca (514) 598-2021 du montréal métropolitain CSN 10 JOURNAL L'ITINERAIRE MONTREAL\u2022 JUIN 2002 En effet, les œuvres très colorées de Julie sont empreintes de fraîcheur et d'une belle naïveté.Selon elle, peindre des images négatives qui montrent que les choses vont mal n'arrange rien.« Je trouve que ça nous amène dans un cercle vicieux, que ça nous garde au point de départ; ça finit par mal aller pareil, explique-t-elle.Moi, j'ai envie de donner des images qui vont réveiller une parcelle a l'intérieur des gens.Peut-être que ce ne sera qu'une personne dans ma vie; je m'en fous! Au moins je vais l'avoir aidée par mes œuvres de la même manière qu'elles m'ont aidée, moi, dévoile-t-elle.Quand tu te lèves le matin et que tu vois le soleil et les oiseaux dehors, ça donne le goût de passer une belle journée.J'ai envie quelles soient comme ça, mes toiles : j'ai envie quelles fassent du bien aux gens.» À la présentation de chaque toile, l'artiste expliquait son œuvre et ce que l'expérience lui avait apporté.En somme, l'exposition a eu un effet bénéfique sur les cinq artistes, car elle leur a permis de s'exprimer et de communiquer au public une vision toute personnelle de la vie.Et Julie s'est improvisée la voix du groupe en insistant, après avoir dévoilé sa peinture : « Ça m'a extrêmement valorisée ! » Si, au départ, M.Rosaire Théorêt, président-fondateur de la Corporation Berri-UQAM, doutait un peu des résultats, il a quand même investi dans le projet.« Je suis agréablement surpris de la beauté et l'intensité des œuvres, nous con-fie-t-il.Les jeunes ont besoin de projets et de défis à leur mesure.» Pour Massimo Guerrera, qui fait de l'art contemporain, ce projet a été une façon de poser un geste pour les autres sans que cela lui rapporte nécessairement.« Le cœur [de l'expérience], c'est de sentir, au-delà de la valeur plastique, la valeur d'expérience et tout le rapport de confiance, précise-t-il.Pour moi, à ce niveau-là, c'est effectif.Et l'art est une belle façon de bâtir une confiance en soi qui permet de poser des questions par rapport aux normes.» M.Guerrera considère le travail des jeunes artistes comme « un discours moins intellectuel ou structuré, mais beaucoup plus juste au niveau de l'émotivité » que ce à quoi on est habitué Julie souhaite aider les autres avec l'art de la même façon que l'art l'a aidée, elle.StiURlrt- MrfGRRTWn 6JMLYSE SÉCURITÉ- IMÛGRfITIOn 6 RMILYSE Alain Pilotte Conseiller en sécurité - Spécialiste de la division serrurerie SITE : WWW3.SYMPATIC0.CA/SIAINC TÉL.: (450) 651-1432 COURRIEL : SIAINC@SYMPATICO.CA TÉL.(Mtl) : (514) 248-4789 RBQ # 8250-5900-39 FAX : (450) 646-9909 MONTREAL \u2022 JUIN 2002 JOURNAL L'ITINERAIRE Dossier: Lart pour s'en sortir Des pontons.artistiques Gina Mazerrolle Camelot, Carré St-Louis L'Association culturelle du Sud-Ouest (ACSO), en partenariat avec la Ville de Montréal, Parcs Canada et la Société du Vieux-Port, présente le projet de la parade de bateaux Les Nefs urbaines, dans le cadre de la réouverture du canal Lachine.Les Nefs urbaines est un défilé d'embarcations allégoriques.Cette création collective réunit les oeuvres sculpturales d'artistes reconnus et de jeunes étudiants des écoles-ateliers du Sud-Ouest de Montréal, en vue de célébrer, lors d'un grand grand défilé nautique, la réouverture à la navigation du canal Lachine.Cette activité unique se déroulera les 15 et 16 juin 2002.Le cortège de dix bateaux partira de la marina de Lachine pour se rendre au Vieux-Port de Montréal.Le lendemain, les bateaux feront le circuit en sens inverse.Il faudra approximativement cinq heures pour chaque parcours.Une exposition intitulée Les Nefi urbaines se tiendra du 5 août au 29 septembre 2002 au centre culturel Georges-Vanier, afin de souligner le travail de 300 étudiants impliqués dans la réalisation artistique de la parade.Projet unique en son genre, Les Nefi urbaines suit une tendance internationale du marché de l'art en pleine effervescence depuis quelques années.À Montréal, on observe une hausse des touristes attirés par les événements culturels.Cette année, Les Nefi urbaines sera la première édition d'une manifestation artistique qui pourrait être présentée annuellement.Depuis sa fondation en 1997 VACSO mène plusieurs actions qui confirment son dynamisme et sa pertinence en tant qu'intervenant majeur dans le mil-lieu culturel; elle est perçue comme un interlocuteur fiable contribuant à l'essor et au développement culturel du Sud-Ouest de Montréal.Son mandat est de soutenir et d'initier des projets culturels.Les écoles et les écoles-ateliers du Sud-Ouest sont responsables de l'encadrement des étudiants et de la production des œuvres.Cette manifestation, par son implication sociale, aidera le milieu du Sud-Ouest à une participation active à l'événement et favorisera le rayonnement culturel de la région.Elle donnera la possibilité aux jeunes de parfaire leurs connaissances et leur apprentissage dans un projet réunissant les arts visuels et le nautisme.En plus, elle mettra en valeur le travail accompli en éducation culturelle dans les institutions scolaires, les écoles-ateliers et les organismes culturels de l'arrondissement du Sud-Ouest.Les résultats envisagés à court, moyen ou long termes sont la création d'un milieu de vie culturel et social pour la jeune relève du Sud-Ouest de Montréal, la réalisation d'une manifestation culturelle et récréotouristique annuelle et l'accroissement d'un sentiment d'appartenance de l'ensemble des Montréalais face au canal Lachine.Pour la création d'un ponton en particulier, le Centre des textiles contemporains de Montréal s'est associé avec l'artiste Armand Vaillancourt.Roseline Vaillancourt, étudiante au Centre des textiles contemporains de Montréal et petite-nièce d'Armand, explique : « C'était un projet de sculpture : automatiquement, il fallait s'associer à un sculpteur.Nous avions commencé à planifier un projet de sculpture avant d'avoir l'offre dans le cadre de la réouverture du canal Députée de Mercier Nathalie Rochefort #> ASSEMBLÉE NATIONALE.QUÉBEC 1012, rue Mont-Royal est Bureau 102 Montréal (Québec) H2J 1X6 Tél.: (514) 521-NATH (6284) Télécopieur: (514) 521-0147 nrochefort@assnat.qc.ca Système d'alarme Contrôle d'accès Caméra à circuit fermé RBQ #8108-7223-17 Les Services Techniques Lynch Inc.Daniel Lynch 1771 Orléans, Terrebonne (Québec) J6X 4L2 Tél.: (514) 892-5205 / Fax : (450) 964-2181 I 12 JOURNAL L'ITINERAIRE MONTREAL' JUIN 2002 Lachine.Les processus de création et de planification étaient déjà amorcés, donc nous avons pensé à Armand.» Marie-Renée Lefebvre, également étudiante, ajoute : « Armand était, au départ, porte-parole pour notre exposition de fin d'année.Le projet du canal Lachine arrivait presque en même temps.Alors, nous lui avons demandé de faire partie de l'événement.Finalement, notre projet de sculpture a changé d'envergure pour faire place au projet de ponton du canal Lachine.» Roseline poursuit : « J'apprends beaucoup à travailler auprès d'Armand.Il a beaucoup de rigueur.Il a une dynamique contagieuse.Armand est un artiste très généreux et on peut le voir dans ses créations.C'est une personne engagée, autant dans sa vie personnelle que dans sa vie artistique.Je l'aime beaucoup.» « C'est tout l'imaginaire qu'on voit autour de lui, dans la façon de s'inspirer et de créer avec des objets recyclés qu'on n'aurait jamais pensé recycler.Il y a beaucoup d'ordre dans ce qu'il fait.Quand il cherche quelque chose dans son atelier bondé d'objets recyclés, il trouve toujours ce qu'il cherche, raconte Marie-Renée.Autour de la thématique des textiles, nous sommes les personnes-ressources.Nous apportons l'élément textile de cette sculpture.De plus, nous serons quatre à parader sur la sculpture flottante, mais nous sommes une dizaine à participer à la réalisation du ponton.» Armand Vaillancourt explique que c'est Roseline qui lui a demandé de collaborer au projet du ponton en créant une œuvre.« On ne se connaissait pas beaucoup, Roseline et moi, raconte-t-il.On s'était vu juste quelques fois.Moi, je suis actif et très occupé, par le fait même.La directrice de son école m'a expliqué que les étudiantes avaient déjà un projet qui n'avait pas abouti, mais le défilé de pontons avait éveillé leur désir de travailler avec moi.Il va y avoir dix pontons pour l'événement.» Armand Vaillancourt raconte que la directrice lui a montré des rouleaux de fil synthétique qui étaient là depuis longtemps et qui ne servaient plus à rien.« Je me suis demandé ce que je pourrais en faire ! lance l'artiste.Je lui ai demandé un couteau et j'ai sectionné une partie pour en faire une moppe en l'attachant avec une corde.J'en ai fait deux et mis une dans l'eau pour voir la réaction en cas de pluie.J'ai apporté l'autre pour mûrir l'idée.C'est comme ça que le projet a débuté.» Le ponton à construire aura huit pieds de large par vingt pieds de long; le maximum requis pour le projet.Armand est préoccupé par les corporations qui exploitent la main-d'oeuvre dans les pays du Tiers-monde.« Des compagnies, comme Nike, ne respectent pas du tout ceux qui font les runnings shoes.Ils font travailler des enfants comme des esclaves, s'indigne-t-il.Dans d'autres pays, il y a des enfants de six ans qui travaillent dans les manufactures de tapis et qui se font exploiter à longueur de journée.Ils sont comme des prisonniers.Le textile a quelque chose de beau et d'épouvantable à la fois.L'exploitation de l'homme par l'homme!» C'est un thème qui le touche profondément à cause des vertus du textile.Tout le monde en a sur le dos, car nous sommes tous habillés.Mais il y a l'envers monstrueux de la médaille.«L'art, c'est un moyen privilégié de communiquer, poursuit M.Vaillancourt.Si je m'engage souvent, c'est pour me rapprocher des gens.Ils me voient travailler, fonctionner et voient aussi l'intégrité que j'apporte dans mon travail et les relations humaines.Je suis ferme et dur au travail, mais je suis com-préhensif.Je travaille à construire une vision nouvelle d'un monde qui devrait être meilleur, plus près des gens et axé sur les vraies valeurs.Je trouve que la plus grande force de l'homme est la simplicité.Je pense que la formule que j'emploie à travailler dans les écoles, depuis 47 ans, à développer la créativité, est une formule gagnante.J'aime faire des semences un peu partout.Pour pouvoir mieux comprendre ce que l'on fait, il faut déborder.Je ne peux pas vivre en pensant que tout est parfait.Il faut être entier et faire ce que l'on peut.Pour moi, rien faire, c'est être complice.Ça m'enrichit d'aider les autres, mais d'un autre côté, ma production personnelle en prend un coup.J'aime travailler à faire prendre conscience qu'on est tous capables de réaliser des choses », conclut-il.EsJ CHAMBRE DES COMMUNES Bernard Bigras Député de Rosemont 2105, rue Beaubien Est Montréal (Québec) H2G 1M5 LA RICHESSE EST LE FRUIT DES EFFORTS DE LA MAJORITÉ Confédération des syndicats nationaux ÎÔOI, ov.De Lorimier, Montréal, H2K 4AA5 Tél.I 800 947-6177 CSN MONTREAL \u2022 JUIN 2002 JOURNAL L'ITINERAIRE 131 Lart pour s'en sortir Pour un monde sans violence Valérie Provost L'art, peu importe la forme, peut être utilisé pour lutter contre toutes sortes de fléaux ou militer pour toutes sortes de causes.C'est l'outil qu'ont choisi les jeunes du Projet L.O.V.E.( Leave Out ViolencE ) qui luttent contre la violence sous toutes ses formes.Ils ont présenté une exposition de textes journalistiques et de photographies, le 17 avril dernier.Entourés d'invités, amis et dignitaires, les membres de L.O.V.E.sillonnaient la salle d'exposition du Musée des Beaux-Arts de Montréal.Bien identifiés par leur t-shirt à l'effigie du groupe, les jeunes avaient tous le sourire aux lèvres.Ils semblaient fiers de pouvoir parler de leurs oeuvres avec les visiteurs.Brigit et Emilie s'entendent pour dire que L.O.V.E.peut régler les problèmes de violence.Textes et photos illustraient tous le même thème : la violence, cause pour laquelle ce projet a vu le jour.L.O.V.E.est né il y a quelques années à Montréal dans la communauté anglophone.Depuis trois ans, le volet francophone a été développé.Le Projet s'étend maintenant à quatre provinces au Canada.Il cible des jeunes de 12 à 18 ans, peu importe leur lieu d'origine et leur situation sociale et économique.Par contre, « il faut qu'ils aillent à l'école, à temps partiel ou à temps plein, précise une intervenante du Projet, Anne Fradette.On n'est pas outillés pour répondre aux besoins qu'auraient des jeunes complètement décrochés.Quand on ne peut pas les prendre pour telle ou telle raison, on les référé à d'autres organismes.» Les jeunes qui font partie du groupe ont l'occasion d'apprendre l'écriture journalistique et l'art photographique et peuvent aussi publier un journal.Un camp d'été réunissant les membres de tout le pays est également organisé chaque année.Brigit et Emilie sont les membres les plus âgées du groupe francophone.Pour elles, L.0.V.E.est très bénéfique.« Moi, j'étais une personne très violente.Ils [L.O.V.E.] m'ont montré comment gérer ma violence d'une autre manière, raconte Brigit.Tout ce qui me troublait, qui me fâchait, à la place de le garder à l'intérieur et d'exploser à un moment donné, je l'exprime maintenant sous forme de poèmes ou de photos.Et puis, je peux m'exprimer ouvertement à L.O.V.E.parce qu'il y a beaucoup de personnes qui nous écoutent.Moi, j'ai besoin de ça.» Pour Emilie, c'est différent.Le Projet l'a aidée à s'ouvrir aux autres.« J'étais très timide, je ne parlais a personne, je n'avais pas d'amis à l'école.J'étais quelqu'un de très irritable aussi.Je n'avais aucune confiance en moi.Mes problèmes, je les gardais tous pour moi.Je prenais beaucoup de drogue à cause de ça, explique-t-elle.Je suis allée au Projet L.O.V.E.et ils m'ont appris à foncer, à ne plus avoir peur, à parler aux gens.» Pour L.O.V.E., la lutte à la violence s'effectue au sens large.On considère que tout ce qui fait du mal est une forme de violence.Le Projet oeuvre donc également à la prévention de la toxicomanie, de l'anorexie, de l'auto-mutilation, etc.S'il y a de l'aide et de l'écoute de la part des intervenants, une part importante de soutien vient des autres jeunes.« J'ai écouté plein de problèmes des jeunes.Des fois, ils voulaient savoir ce que je ferais à leur place, étant donné que j'ai leur âge.Il y a même une fille que j'ai sortie de la coke », confie Brigit.« Il y a des plus jeunes qui viennent nous voir parce qu'on a plus d'expérience.Des fois c'est nous qui allons les voir parce qu'ils savent des choses qu'on ne sait même pas.On s'influence », ajoute Emilie.C'est d'ailleurs tout le principe du groupe, comme l'explique une autre intervenante, Caroline Simard : « Ce qu'on essaie de faire, c'est de prendre des jeunes qui auraient plutôt été des leaders négatifs et de leur apprendre à devenir des leaders positifs, des gens qui vont apporter des bonnes choses dans leur communauté.» En résumé, le discours de L.O.V.E.est que « personne n'est obligé d'être une victime, ni quelqu'un qui va frapper.On peut juste être quelqu'un qui se tient debout», conclut-elle.114 JOURNAL L'ITINERAIRE MONTREAL \u2022 JUIN 2002 Des artistes à connaître Valérie Provost Grâce à une subvention du programme gouvernemental Initiative de partenariats en action communautaire (IPAQ, le Centre de jour St-James pour itinérants a pu améliorer son service d art-thérapie.Le 15 avril dernier, une quinzaine de participants ont exposé le fruit de leur travail a l'Université McGill, dans le cadre d'une exposition intitulée The unknown artists (Les artistes inconnus).Richard, dont les oeuvres était exposées, provient d'une grande famille d'artistes des Territoires du Nord-Ouest.L'argent de l'IPAC est évidemment utilisé pour louer un local et pour acheter le matériel nécessaire aux ateliers d'art, mais aussi pour financer des expositions comme The unknown artists.Les activités d'art-thérapie « étaient toujours un peu improvisées, explique Isabelle Leduc, coordonnante du Centre St-James.Etant Sandra Baly adore travailler avec les membres du Centre St-James.donné le succès, on a décidé d'investir et de consolider ce volet-là.» Un investissement qui vaut la peine, apparemment, car l'art est bénéfique sur plusieurs plans pour ceux qui fréquentent le Centre.« J'ai vu des gars débuter en étant à peu près nuls en technique et leurs œuvres sont exposées ce soir, raconte Mme Leduc.On voit aussi la stabilité que ça amène dans la vie de quelqu'un : la confiance, l'estime de soi, T amour-propre, une plus grande fièreté.» C'est une artiste, Sandra Baly, qui dirige les ateliers d'art-thérapie à St-James.Elle anime aussi un groupe à La rue des femmes.« On a chacun du talent, croit-elle, il faut juste qu'il y ait quelqu'un qui nous encourage à le développer.C'est ça mon travail, plus ou moins.Et comme je travaille individuellement avec chacun, je peux trouver quelque chose qui puisse aider une personne et autre chose qui puisse aider une autre personne.» Le travail qu'elle effectue avec les utilisateurs du Centre est assez varié.Il va du dessin les yeux fermés, qui sert à faire ressortir ce qui est enfoui à l'intérieur | d'eux, aux monotypes qui consistent à % transférer sur papier la peinture disposée ï sur une vitre.Bien entendu, les artistes s Z ont également du temps pour créer des Ê œuvres plus personnelles, qu'ils peuvent commenter avec Sandra Baly.Selon elle, un changement perceptible dans l'art de quelqu'un est directement relié à un changement dans la vie de cette personne.« Si quelqu'un fait toujours des traits géométriques, jamais de lignes courbées, il faut juste le convaincre à entrer les lignes courbées [dans ses œuvres] et tout de suite il y a des changements, explique-t-elle.Il y a un problème bloqué dans ces carreaux; il n'y a pas de fluidité dans sa vie.Plus tard, il va reconnaître que c'était là, sans toucher au problème.» Cette méthode rend la thérapie plus objective, croit Mme Baly, car elle se fait à travers l'art, sans qu'elle ne sache vraiment les problèmes des gens.« Je corrige l'art et, quand je corrige l'art, je corrige le problème », précise-t-elle.Bien entendu, la thérapie que pratique Sandra Baly, comme les autres d'ailleurs, ne guérit pas complètement les gens, surtout lorsqu'ils ont des problèmes de santé mentale.Cependant, elle leur permet d'arriver à « vivre dans ce monde, à être heureux dans ce monde, et puis à être vraiment confortables dans cet espace.C'est déjà quelque chose ! » s'exclame-t-elle.De plus, elle ajoute que l'activité n'est pas seulement thérapeutique : « Ils sont prêts à apprendre l'art.À ce moment-là, ils deviennent des artistes.» MONTREAL \u2022 JUIN 2002 JOURNAL L'ITINERAIRE 151 Dossier: L'art pour s'en sortir Regroupement collectif Syb Hébert Récemment, je me suis intéressé à d'autres lieux que L'Itinéraire comme groupes d'entraide, de soutien et de protection.Ce que je cherchais avant tout: des lieux qui pratiquent un type d'intervention différent de celui que l'on rencontre dans la rue.Existe-t-il un support \u2014 semblable au noyau qui soudait autrefois nos familles \u2014 qu pourrait aider un groupe d'itinérants disloqués et les sortir de l'engrenage des services sociaux Ces réflexions m'ont alors amené à rencontrer une artiste du Plateau, Marcelle Leblanc, du collectif des artistes du Mile-End L'Ame-art, laquelle m'a parlé d'artistes du Mile-End se regroupant en un espace collectif pour avoir un lieu commun de travail, pour s'entraider.Voici donc quelques bribes de l'entrevue qu'elle m'accordait.L'itinéraire : Comment faites-vous pour vous retrouver ?Marcelle : Nous avons un lieu commun qui est le collectif où ion reçoit nos artistes et gens de la rue.Cela nous permet de supporter à peu Le président du conseil / r - i \u201ea., » » _ /.\u201e./¦ d'administration, M.Gutierrez.de frais les coûts de base d un atelier commun de production et d'un galerie.L'Itinéraire : Comment se développe un collectif ?Marcelle : Dans notre cas, voilà trois ans, nous avions une grande demande d'aide des artistes du Mile-End.Le YMCA, de façon caritative, a financé nos trois premières années avec l'objectif d'atteindre une autonomie financière.L'Itinéraire : Qu'est-ce qui vous incite à vous réunir ?Marcelle CIRQUE DU SOLEIL mb 8400, 2e Avenue, Montréal (Québec) Canada H1Z 4M6 Macelle : En premier, et c'est là notre force, l'esprit d'entraide qui nous aide à contrer la peur de ne pas réussir.Ensuite, l'aide que l'on s'apporte mutuellement pour partager les tâches quotidiennes qu'impliquent un collectif, tels l'entretien, la gérance de la galerie, etc.Et, en terminant, cela nous donne un lieu d'exposition pour nos oeuvres.L'Itinéraire : Y a-t-il un minimum ou un maximum de membres dans un collectif ?Marcelle : Notre collectif est composé de neuf membres actifs résidents et de plus de trente membres sym-patisants et/ou supportants.Plus nombreux nous sommes, plus la facture peut facilement être répartie entre tous les membres.Par le fait même, il est plus facile de faire des équipes de travail quand vient le temps des travaux, des réunions et des vernissages.L'Itinéraire : Quel type d'aide leur apportez-vous ?Marcelle : L'esprit d'entraide, l'implication dans le milieu, les activités communautaires artistiques et le fait de se sortir de l'isolement.Par-dessus tout, on se retrouve entre artistes et on partage, et cet échange est surtout au niveau de la compréhension artistique, que ion ne retrouve pas dans la rue.L'aide que ion s'apporte consiste aussi en échanges techniques, par exemple des cours et de la formation.Notre galerie nous apporte beaucoup de contacts humains, ce qui nous renforce et nous permet d'aller plus loin.Entre autres, nous donnons la possibilité d'exposer à des artistes qui n'ont pas les moyens financiers.Cette formule semble profitable pour L'Âme-art.Pourquoi d'autres groupes se priveraient-ils d'utiliser ce principe d'entraide ?Quels sont les avantages que cela pourrait apporter ?Peut-on utiliser ce principe de collectivité pour nous entraider, nous, les itinérants ?Voilà bien des questions qui méritent d'être examinées en profondeur ! 16 JOURNAL L'ITINERAIRE MONTREAL\u2022 JUIN 2002 Trouvé Dieu ?Robert Beaupré tcUAsctcA ijac L&ô (Vectra Ateliers de groupe > Âgé(e) de 16 ans ou plus > Stages en entreprise > Motivé(e) à intégrer ou > Suivis individualisés réintégrer le marché du travail > Activités post-formation > Démuni(e) face à l'emploi > Support dans la Les services du GIT sont offerts grâce à la contribution financière d'Emploi-Québec recherche d'emploi Québec IS Emploi-Québec Groupe Information Travail > 2260, av.Papineau > Montréal (Québec) H2K 4J6 > git@videotron.net Photo : Valérie Provost Les employés de la Banque de Montréal sensibles à la cause de l'itinérance! Le premier mai dernier, la Fondation fontaine d'espoir des employés de la Banque de Montréal remettait un chèque de 2 500 $ au Groupe communautaire L'Itinéraire.Ci-haut, dans l'ordre habituel : Jean-Pierre Lacroix, rédacteur en chef du journal; Ariane Pelletier, responsable de l'administration; Pascal Bélanger, directeur des relations d'affaires à la Banque de Montréal; Audrey Coté, agente de projets/levée de fonds et Sylvio Hébert, archiviste et camelot du journal.Geneviève Denis AuW elle ^Uil U pour me fAMASser, AuW elle y é\\*\\\\ oour me CASser.6w elle ^'aI loueurs ou comoler.?Af elle, ^ me suis Wiaws j-Aile jcurrer.loueurs e\\\\e m'a semblé semée ^useur Ai^re-douce Ainsi ejiAg sow Absewce.Elle él\\\\\\ wa meilleure Amie e\\ ima vire ewwtmie \\>e\\e'^eme suis ewjuie.iA^ue.50,61$ pour 12 numéros (taxes et frais de poste compris) Recevez-nous chez vous! Pour chaque abonnement supplémentaire à la même adresse, ajoutez 24$.Pour tout renseignement: (514) 597-0238 Nom.Prénom:.Adresse:.Tél.: { ).Nombre d'abonnements.À compter du mois de.Nom du camelot qui vous a suggéré l'abonnement: Envoyer un chèque ou mandat-poste à l'ordre du Groupe L'Itinéraire à l'adresse suivante: 1108, rue Ontario Est, Montréal (Québec) H2L 1R1 118 JOURNAL L'ITINERAIRE MONTREAL\u2022 JUIN 2002 Le 29 avril dernier, le député de Sainte-Marie-Saint-Jacques et ministre des Relations avec les citoyens et de l'Immigration, monsieur André Boulerice, rendait hommage aux bénévoles de son comté.Parmi ceux-ci, monsieur Luc Denis, bénévole dans plusieurs secteurs de L'Itinéraire, s'est vu remettre un certificat honorifique soulignant l'excellence de son engagement communautaire.Photo : Valérie Provost AIDE AUX PARENTS POUR LEURS REVENUS DE TRAVAIL (APPORT) LE PROGRAMME APPORT PEUT VOUS OFFRIR: \u2022 une aide financière mensuelle \u2022 une aide pour frais de garde de 3 $ par jour (garderie à 5 $) \u2022 des versements anticipés du crédit d'impôt pour frais de garde SI LE TOTAL DE VOS REVENUS BRUTS ANNUELS EST INFÉRIEUR A: 21 820 $ pour une famille biparentale ou 15 330 $ pour une famille monoparentale POUR PLUS D'INFORMATION Communiquez avec le Bureau APPORT de la Ville de Montréal Téléphone : 872-8888 Internet : www.mess.gouv.qc.ca Emploi et Solidarité sociale Quebec Ei o JOURNAL L'ITINÉRAIRE 191 Des escrocs Robert Beaupré Je me rappelle une histoire contée par Yvon Deschamps.Tot un matin de printemps, un petit oiseau se trouve à geler sur le bord d'une route de campagne.Un fermier se rendant a son champ l'aperçoit de sa carriole et se dit : « Voilà bien une triste fin pour une si belle créature.» Ne pouvant l'amener avec lui, il l'installe sur du crottin de cheval fumant et poursuit son chemin.Peu de temps après, un hup passe et extirpe l'oiseau de son nid douillet et le croque à belles dents.La morale de cette histoire : ce n'est pas toujours un ennemi qui nous met dans la merde et ce n'est pas toujours un ami qui nous en sort.J'ai appris à jouer un jeu : détecter l'ennemi.Il ne m'est pas venu spontanément, la vie s'est chargée de m'instruire et se charge encore de me dévoiler ma véritable personnalité et celle des autres.Je sais que parfois un individu parvient à un poste de directeur d'école par un certain goût du pouvoir et pas nécessairement par vocation; qu'un homme ne pouvant développer sa créativité d'artiste choisit le métier de gérant d'artiste; qu'un autre s'est dirigé vers la médecine uniquement pour l'argent.Un médecin, lors d'une visite pour me faire déboucher un canal auditif, confirmait que celle-ci n'était pas payante pour lui puisque cela prenait trop de temps.J'ai même connu un abbé qui, ayant perdu la foi, persistait à se pavaner comme le représentant d'un Dieu évacué depuis longtemps de sa propre conscience.Des escrocs, nous côtoyons souvent des escrocs ! Bien naïvement j'ai déjà cru que cette double identité était le propre de l'alcoolique ou du toxicomane, comme le personnage d'un roman de Sinclair Lewis, Elmer Gantry, un prédicateur aux prises avec cette double identité, divisé entre l'alcool le soir et le prêche le jour.L'idée n'est pas de prendre toute figure d'autorité en grippe mais bien plus de ne pas sombrer dans le culte de la personnalité.Il y a un côté pernicieux à prendre la vie au premier degré.Il y a des effets pernicieux à une relation négative.Mais il y a aussi une excitation à dévoiler au grand jour, ne serait-ce que pour nous-mêmes, ce que nous ne percevons qu'intuitivement.Notre sensibilité en alerte reconnaît parfois les vagues obscures d'une animosité non formulée.Un personnage sans gêne me déclarait ne pas croire à la possibilité qu'une personne de la rue puisse devenir poète.Comme s'il suffisait de savoir écrire trou du cul sans faute pour avoir quelque chose à dire.Les ignorants instruits courent les rues mais ils voyagent en première classe.Pourtant ils sont parfois les meilleurs à ne pas être ce qu'ils sont au grand jour.J'ai appris un grand nombre de choses qui ne sont pas dans les livres.Les meilleurs livres s'impriment dans notre chair.Beau- coup d'information nous est donnée aussi par les êtres qui nous entourent.Phylos, auteur de la saga énigmatique/W vécu sur deux planètes, prétendait que nous pouvions vivre toute une vie avec une personne et la considérer comme une amie alors qu'en fait elle était notre pire ennemie.Peut-on craindre la paranoïa par crainte de s'interroger ?Mais on peut aussi trop s'interroger.Un jour, alors que je visitais les toilettes de La Grande Passe, un ancien bar de la rue Saint-Denis, je me suis attardé sur les magnifiques graffitis qui ornaient les murs.J'y ai lu « Les gens qui sont gentils avec les gens qui sont cruels finissent par être cruels avec les gens qui sont gentils ».L'escroc profite de l'ignorance et de la bonté.Un individu peut fréquenter les nécessiteux et jouer auprès d'eux le rôle de protecteur et pourtant, il abuse de leur bonne foi en les méprisant secrètement.Il dira : « Tu ne peux être ceci ou cela.Regarde les conditions dans lesquelles tu vis ! » Il utilise une logique marécageuse dans laquelle il désire nous enfoncer.Ce type de menteur est faible avec les forts et se croit fort avec les faibles ou ceux qu'il méprise.Là se situe sa double vie.C'est un démagogue.Ce genre d'escroc est plus difficile à démasquer puisque les bénéfices qu'il retire de son comportement ne sont pas nécessairement visibles, mais une fois que nous avons souffert à son contact, notre sensibilité est sur un pied d'alerte.J'ai connu la révolte négative avant de sombrer dans la dépression; révolte qui me procurait une énergie de survie face à un monde qui m'avait rejeté.La révolte positive est celle qui permet à l'individu de tourner le dos à l'autodestruction et d'affronter ses propres moulins à vent.La révolte négative est une mascarade, à moins, bien sûr, que nous ayons à vaincre un tyran.Toutefois, de façon générale, dans le monde qui est le mien \u2014 au risque de paraître banal, j'affirme ne pas vivre dans une république de bananes \u2014 le tyran est en moi.Il est celui qui pousse vers la consommation, la surconsommation et le malheur.Lorsque la volonté de poursuivre ma petite rébellion négative m'a quitté j'ai sombré dans le désespoir.La porte de la conscience venait de s'ouvrir au grand jour, laissant filtrer la lumière sur ce que j'étais vraiment : un désespéré, une âme en peine.Les relations humaines procurent des occasions de grandir.Certains prétendent que Dieu est entré dans leur vie, a changé telle ou telle chose alors que cela ne prenait que l'action d'une personne des plus incarnées.Je dois admettre que souvent, dans mon cas, il ne s'agissait pas en définitive de personnes amies mais d'individus avec qui j'avais certaines expériences à vivre, de vieux comptes à payer, ni plus ni moins.nadabindu@lycos.com I 20 JOURNAL L'ITINERAIRE MONTREAL\u2022 JUIN 2002 Occupations pour le logement Jacques Brochu Je vous informe de la situation des squatts qui continuent depuis les rusions municipales.C'est sur l'île Dorval que de nouveaux « squatters de luxe » ont entrepris leur action en achetant d'abord une maison et ensuite l'île au complet! Ils ont agi avec éclat, faisant fi des politiques gouvernementales.Face à son impuissance, la nouvelle Ville de Montréal a demandé un avis juridique et cherche « administrativement » à saper leur moral en leur coupant l'eau, pour des prétendues raisons de santé.Un petit détail m'inquiète : en cas d'incendie, combien de temps prendront les pompiers pour trouver de l'eau ?Est-ce suffisant pour penser à préparer leur éviction ?Va-t-on leur promettre la construction d'un pont, à même les deniers publics, pour les convaincre de réintégrer la nouvelle ville ?Contrairement aux squatteurs de l'été dernier, ceux-ci ont un informateur au sein de l'administration municipale.Un dossier à suivre ! J'ai appelé ma mère pour lui souhaiter une bonne fête des mères, et je me suis rendu dans le quartier Côte-des-Neiges, où c'était le « jour 1 » d'occupation dans le cadre de la semaine d'occupation de terrains et de bâtiments vacants, qui vise à dénoncer la crise du logement à prix abordables et le manque de logements sociaux.On dénonce le fait que dans le quartier, 11 % des logements nécessitent des rénovations majeures et 25 % des réparations mineures.Ce qui n'empêche pas les loyers de grimper, provoquant ainsi l'augmentation du taux d'endettement des locataires qui peut atteindre jusqu'à 28 %.Le Front d'Action Populaire en Réaménagement Urbain (FRAPRU) dénonce que seulement 2 500 des 8 500 logements sociaux annoncés seraient destinés à des gens à faibles revenus et que pour les gens qui attendent les 1 000 logements demandés d'urgence pour le premier juillet 2002, il faudra penser réserver près de 950 chambres d'hôtel ! Par chance, j'ai pu visiter le logement des horreurs \u2014 une exposition de photographies \u2014 avant que celui-ci ne s'écroule, victime d'une bourrasque.Une équipe a bien tenté de le rénover, mais les moyens techniques et financiers manquaient pour le transformer en condo.J'ai profité de l'occasion pour faire un tour du quartier afin de vérifier si le maire avait respecté ses engagements.Malheureusement, le 330 rue Bedford, qu'il avait promis de transformer en coopérative d'habitation, était toujours insalubre.C'est à partir des locaux du comité Base pour l'action et l'information sur le logement social (B.A.I.L.S.) que les activités d'occupation se mettent en branle.Ce n'est qu'au dernier moment que l'emplacement du site à occuper est dévoilé.Pendant le «jour 2», dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve, c'était le site de l'ancienne usine Lavo qui servait de squatt.L'objectif était de demander clairement à la Ville d'y aménager de 100 à 150 unités en HLM (habitations à loyer modique).On demande aussi à l'administration municipale de réserver l'ensemble des terrains et des édifices publis disponibles pour les consacrer à la construction de logements sociaux.Pour que le grand chantier de 8000 logement sociaux par année voit le jour, tous les paliers de gouvernements devront participer.Le responsable du comité B.A.I.L.S., M.Laporte, dit que «les différents pouvoirs publics doivent agir sans avoir à attendre un signal de la part des autres.» Vers 18 h 30, l'activité a été écourtée en raison de la forte pluie et des bourrasques de vent.Décidément, c'est le monde à l'envers : les gens du FRAPRU ont démoli le « condo symbolique » construit par d'ex-squatteurs pour l'occasion.Le mois prochain, je vous ferai un compte-rendu de la suite de cette semaine de dénonciation.^!É2 t Église Unie Saint-Jean Communauté protestante francophone au cœur de la cité + célébration chrétienne dominicale à 10h30 + ressourcement spirituel et biblique + pastorale des mariages Visitez notre site web: www.cam.org/~stjean 110, rue Sainte Catherine Est Montréal H2X1K7 (514) 866-0641 MONTREAL \u2022 JUIN 2002 JOURNAL L'ITINERAIRE 21 Affaire Lizotte : Le policier Stante fait enfin face à la justice ! Audrey Coté Après plus de deux ans de mesures dilatoires, le procès du policier Giovanni Stante accusé d'homicide involontaire sur la personne de Jean-Pierre Lizotte a débuté le 6 mai dernier.Rappelons que c'est le 26 avril 2000 que des accusations d'homicide involontaire ont été portées contre le policier du SPCUM et le videur du Shed Café, Steeve Deschâtelets.Ce dernier subira son procès séparément à l'automne prochain, selon la décision du juge Me Fraser Martin, juge en chef de la Chambre criminelle de la Cour supérieure du Québec.Les deux hommes sont accusés d'avoir battu Jean-Pierre Lizotte devant la terrasse du Shed Café le 5 septembre 1999.Lorsqu'il est transporté à l'hôpital, on constate qu'il a deux vertèbres brisées et qu'il est paralysé de la nuque aux orteils.Jean-Pierre Lizotte est décédé le 16 octobre 1999.Dans le procès en cours, le procureur général de la Couronne, Me Michel Breton, estime que M.Stante a utilisé une force excessive et que la mort de Jean-Pierre Lizotte est la conséquence directe des blessures qui lui ont été infligées par le policier et le portier.mesures dilatoires inacceptables Ce n'est pas par hasard ni par coutumière bureaucratie juridique que le procès a mis autant de temps à s'organiser.Les personnages qu'il met en scène \u2014 la victime et l'accusé principal (Stante) \u2014 sont aux antipodes de la considération sociale.D'un côté, le pouvoir dans son incarnation la plus costumée; de l'autre, l'impuissance dans son incarnation la plus dépouillée.Le policier contre l'itinérant.La confrérie policière contre un individu, un « sans-le-sous-sans-impor-tance ».D'où la multitude de procédures mises en place pour retarder la tenue du procès qui a cours présentement.Les faits parlent d'eux-mêmes et il est de la mission de L'Itinéraire de rappeler les plus importants au public.Jean-Pierre Lizotte a été correspondant de L'Itinéraire à partir de la prison de Bordeaux où il a été incarcéré pendant près de 20 ans.À sa mémoire, il importe donc à L'Itinéraire de dénoncer les délais éhontés du système judiciaire dans cette affaire.Giovanni Stante Steve Deschâtelets au centre 5 septembre 1999 : Jean-Pierre Lizotte est passé à tabac par un policier et le portier du Shed Café, rue Saint-Laurent à Montréal.M.Lizotte est transporté à l'hôpital; il a deux vertèbres de brisées et se trouve paralysé de la nuque aux orteils.16 octobre : Mort de Jean-Pierre Lizotte.16 décembre : Le directeur du Service de police de la CUM , Michel Sarrazin annonce qu'il a commandé une enquête administrative sur les procédures d'information à l'interne.Celui-ci estime n'avoir été informé de l'affaire Lizotte que le 18 octobre.30 décembre : M.Sarrazin dévoile les résultats de l'enquête administrative et les sanctions qui en découlent.Deux enquêtes disciplinaires seront effectuées sur les deux policiers impliqués.Ceux-ci sont mutés à des tâches administratives.14 janvier 2000 : L'enquête de la Sûreté du Québec confirme que Jean-Pierre Lizotte a été frappé et que des accusations criminelles à l'endroit des policiers pourraient en résulter.15 janvier : Remise du rapport de la Sûreté du Québec au bureau du coroner.7 février : Le rapport du coroner n'a pas encore été rendu public.De plus, L'Itinéraire apprend du procureur-chef de la Couronne, Me Michel Breton, que le dossier a été transféré à la cour de Longueuil pour des raisons de transparence.I 22 JOURNAL L'ITINERAIRE MONTREAL \u2022 JUIN 2002 15 mars : Les substituts du procureur général au bureau de Longueuil demandent la tenue d'une pré-enquête devant un juge de la Cour du Québec.12 avril : le procureur Michel Breton, chargé de l'affaire Lizotte à la Cour de Longueuil, révèle que la pré-enquête à huis clos se déroulera sans témoin et sera présidée par un juge.26 avril : La pré-enquête présidée par le juge François Doyon donne enfin lieu à des accusation portées contre le policier Giovanni Stante et le videur du Shed Café, Steeve Deschâtelets.Les accusations sont : voies de fait, voies de fait ayant causé des lésions, voies de fait graves et homicide involontaire sur la personne de Jean-Pierre Lizotte.12 mai : Brève comparution des deux accusés au Palais de justice de Montréal.Le policier se présente avec quelques confrères et son avocat Philip Schneider.Le videur du Shed Café se présente avec son avocat, Gérald Soulière.20 juin : Coordination des agendas des deux accusés.On ne parvient pas à s'entendre et c'est remis au 5 septembre.5 septembre : Remis au 28 septembre.28 septembre : Remis en janvier 2001.29 janvier 2001: L'enquête préliminaire des deux accusés devait avoir lieu, mais, coup de théâtre, l'avocat de Stante se retire du dossier en raison de conflit d'intérêts.L'avocat en question « découvre » qu'il a déjà défendu Sylvain Fouquet, le collègue qui accompagnait Stante le soir du 5 septembre 1999.Bizarrement, aucune accusation n'est portée contre lui, car il devient le principal «témoin» (?) retenu dans l'affaire Lizotte.Séance remise au 16 février.16 février 2001 : Bonne nouvelle.Le procureur de la Couronne, Me Michel Breton cite directement les accusés à procès, éliminant ainsi toute possibilité d'enquête préliminaire.Remis au 5 septembre pour permettre à M.Stante de se trouver un avocat.5 septembre : Le juge Fraser Martin exprime son impatience aux nouveaux avocats des accusés, Me Michael Stober pour Stante et Me Claude F.Archambault pour Deschâtelets.Il leur donne jusqu'au 28 septembre pour étudier les dossiers.Me Stober exige que le procès de Stante se tienne en anglais, langue de son client.28 septembre : Remise du procès.L'avocat de Stante n'a pas eu assez de temps pour la traduction des dossiers.29 octobre : Autre comparution.Le juge en chef de la Chambre criminelle de la Cour supérieure du Québec, Fraser Martin, a décidé que les procès de Stante et Deschâtelets auront lieu séparément.7 janvier 2002 : Le juge Fraser Martin explique que le procès de Stante aura lieu en anglais avant celui de Deschâtelets.8 février : Le juge Martin fixe enfin les dates du procès.6 mai : première journée d'audiences.* * * Le sentiment d'impunité des policiers qui fait commettre l'irréparable à certains d'entre eux est inacceptable dans une société dite démocratique.Peu de gens savent qu'outre le fait d'avoir été toxicomane et prisonnier, Jean-Pierre Lizotte avait complété un baccalauréat en sociologie et s'adonnait à la poésie.L'Itinéraire lui a permis de trouver sa voie en 1997 en publiant les poèmes 1 qu'il écrivait de sa cellule de Bordeaux.I Dans l'un de ses poèmes intitulé 1 « Gardien dans l'Enfer vieux rose de Bordeaux », certains passages font étrangement écho à la violence qu'il allait subir le soir du 5 septembre 1999: Je vis dans un Enfer vieux rose La sécurité est une overdose On veut m'apprendre à aimer et à vivre Mais je ne fais que haïr (.) Je vois que l'Homme est un prédateur Je le ferai payer à son heure Je veux de la douceur et de l'amour On me traite en vautour (.) Ce sera le prix de l'audience L'austérité amènera la non-clémence On ne doit pas punir par la violence Celle-ci engendre la sentence (¦¦¦) __ Jean-Pierre Lizotte JOURNAL L'ITINERAIRE 23 MONTRÉAL» JUIN 2002 H\\e\\ Festivités policières Jean-Marie Tison Les nombreux festivals qui ponctuent et agrémentent le décor urbain de notre trop court été sont devenus une tradition.Faut-il rappeler que cette grandiose mise en scène estivale est elle-même précédée d'un tout aussi traditionnel nettoyage printanier des éléments « indésirables » communément appelés les z'irritants par les fonctionnaires municipaux et les crottés par les policiers à qui échoit la lourde tâche de faire place nette avant l'arrivée de la manne touristique ?Les « agents de la paix » se métamorphosent donc en « agents Glad » urbains afin de veiller à ce que rien ne vienne troubler la quiétude, la bonne humeur et le contentement béat des festivaliers insulaires et étrangers.Montréal devient ainsi le salon dans lequel on reçoit la visite.Mais la misère et son cortège grimaçant sont priés de rester au vestiaire.Afin de procéder à cette javellisation urbaine, les forces de l'ordre doivent parfois utiliser des ruses de Sioux.Cette dénomination transpirant d'un profond relent colonialiste, je me contenterai de l'épithète sauvages ! Par exemple, il est difficile d'établir un constat d'infraction criminelle à l'encontre d'une travailleuse du sexe prise en flagrant délit de sollicitation.Chacun sait, en effet, que sans cette constante sollicitation \u2014 le harcèlement incessant des travailleuses du sexe envers l'honnête et chaste citoyen \u2014 le problème de la prostitution à Montréal serait inexistant.(Ceux qui prétendent le contraire ne méritent rien de moins que la castration!) Enfin bref, les grands stratèges des forces de l'ordre et de la salubrité morale urbaine ont donc convenu d'opérer par la FONDATION DOLLARD-CORMIER Alcool, drogue, jeu excessif centre dollard-cormier ùtAemête.SWvi un pa& en avant! 110, rue Prince-Arthur Ouest, Montréal (Québec) H2X 1S7 Tél.: (514) 982-4533 poste 545 Téléc.: (514) 282-5599 Courriel : fondc@cam.org La Toile : wvAv.centredollardcormier.qc.ca/dc_fondation.htm bande.Ainsi, on accentue la répression envers une certaine « frange » de citoyens en multipliant de façon systématique les constats d'infraction à des règlements municipaux.On ne compte plus le nombre effarant de ces « glorieux constats » émis à l'encontre des travailleuses du sexe pour flânage ou pour avoir traversé sur un feu rouge.Ces infractions sont normalement sanctionnées par des amendes variant de 75 $ à 150 $ ! Les prostituées «œuvrant» dans le Centre-Sud se disent harcelées par certains policiers.L'organisme Stella qui vient en aide à ces femmes, mentionne le cas de l'une d'elles, aux prises avec une QUARANTAINE d'infracrions de ce genre! Cela laisse songeur lorsqu'on sait qu'en agissant de la sorte, on accentue la pression sur les prostituées en les condamnant dans les faits à travailler davantage.et à prendre des risques, dont celui d'accepter de suivre certains clients qu'elles refuseraient en temps normal.On use de la même stratégie en ce qui concerne les mendiants, itinérants, clochards, quêteux, squeegees, robineux, j'espère que je n'oublie personne ! Bref, tous les laissés-pour-compte de notre système, tous ceux qui vivent, mangent, boivent, se défoncent, dorment, rient, pleurent et meurent dans la rue.Ceux qui parlent et qui « jazzent » tout seuls ! Ceux qui sont juste pas drôles dans un festival Juste pour rire ! Ceux dont on ne chante pas encore le blues parce que les oreilles du public ne sont pas encore en mesure de le syntoniser et surtout de l'encaisser.Des blues profonds et grinçants aux oreilles et que seul, peut-être, le coton du Sud pourrait mettre en sourdine.On sait pertinemment que le fait de mendier pour assurer sa survie est un droit reconnu par la Cour suprême du Canada.Droit que la réglementation municipale a assorti d'un « .en autant que la voie publique ne soit pas obstruée par la personne qui Daniel Dubois Gérant administrateur 501, rue Mont-Royal Est, Tél.: 521-3481 Montréal (Québe) H2J 1W6 Fax: 521-1660 I 24 JOURNAL L'ITINERAIRE MONTREAL\u2022 JUIN 2002 mendie.» Bien entendu, comme dans le cas de la prostitution, c'est la SOLLICITATION qui demeure interdite.On peut tendre la main, en autant qu'on ferme sa gueule.Comment faire, alors, pour se débarrasser desdits mendiants ?Eh bien, on se gare à proximité de l'un d'eux jusqu'à ce que le pauvre bougre aiguillonné par la nature aille soulager sa vessie dans une ruelle à proximité.(Tout l'monde sait que les restaurateurs réservent leurs urinoirs à leurs clients !) Et là, toc ! infraction.Il suffira de le cueillir et de l'enfermer la prochaine fois qu'il cédera aux instances de la nature dans un lieu public.puisque, bien sûr, entre temps, il ne se sera pas acquitté de sa dette envers la société.Voilà pour les ruses de Sioux.Pardon, des sauvages.Kafka feuillage Il arrive cependant que ces outils que constituent les règlements municipaux fassent défaut.Les conséquences de ces cafouillages prennent des allures kafkaïennes.Il y a plus d'un an, deux policiers procédaient à mon arrestation et me « collaient » un constat d'infraction pour m'être assis « en Indien » (la position du lotus pour les granolas !) sur un banc public avoisinant une station de métro bien connue du Centre-Sud.Le couple constabulaire était formé d'un mâle dans la trentaine à l'odeur musquée, arborant une coiffure de type skin head, couronné de verres fumés de type Corleone et affichant le sourire du prédateur carnassier, caractéristique franchement étrange et déplacée chez un RUMINANT.La femelle suivait le mâle de près, comme il est de coutume chez cette espèce.À première vue, ses caractéristiques physiques donnaient à croire à une malheureuse tentative d'hybridation entre Aunt Jemima et Arnold Schwarzenegger.De plus, la malheureuse, qui portait tout de même avec ostentation des verres fumés du même type que son compagnon d'infortune, semblait dépourvue de la capacité de s'exprimer.Les deux créatures m'ont invectivé en me sommant de m'iden-tifier.J'ai, bien entendu, refusé d'obtempérer avant de savoir « de quessé qu'on m'accusait de.Tsé ! » J'ai fini par comprendre à travers les explications qui bavaient entre les dents du mâle offici- er que je contrevenais au règlement RRVM P-3 de l'article 6 qui stipule, comme tout le monde le sait, qu'on ne doit pas occuper plus d'un espace sur un banc public.Je résolus donc de m'identifier au plus sacrant afin de démontrer le peu de bonne volonté dont j'étais encore capable à MON égard.Le bovin et sa bovine trottèrent vers moi d'un pas allègre et me tendirent un constat d'infraction payable dans les 90 jours, à défaut de quoi j'aurais droit à une scéance à guichet fermé en cour municipale avec juge, portier, greffier et tout le bataclan.Je remerciai les deux bestiaux.Ils affichèrent l'air béat de ceux qui achèvent de brouter un champ d'avoine en regardant le train-train quotidien de leur prochain qui déraille.C'était un dimanche matin.J'ai contesté ce billet.Huit mois plus tard, lorsqu'on m'a appelé à la barre, la greffière \u2014 ou je ne sais quel commis d'office \u2014 s'est éclairci la gorge à la lecture des faits qui m'étaient reprochés.« Monsieur le juge, dit-elle, le règlement RRVM P-3, article 6, n'est pas inscrit dans le nouveau « bestiaire » des règlements municipaux.» « Comment ?» s'est exclamé le juge.« Sans doute un malencontreux oubli, monsieur le juge.» « Ma-l'an-contre-eux », me suis-je dit.« Eh bien ! Dans les circonstances, M.Tison, je me vois dans l'obligation de vous libérer sur-le-champ des accusations qui pèsent contre vous », a dit monsieur le juge.C'était mon moment.Je l'ai savouré, j'attendais un mot d'excuse, un peu de sympathie.Mais non, rien, seulement le souffle du juge, un peu rauque, et surtout, pressé de passer au cas suivant.« Merci, votre honneur », ai-je dit.Combien d'autres ont payé pour la même offense pour éviter d'avoir à se présenter en cour?Y'aurait peut-être de quoi organiser un festival avec ça Juste pour faire ch.Fjg^ Député de LaurierSainte-ÎTlarie Chef du Bloc québécois 1717, boul.René-Lévesque Est, bureau 205, Montréal (Québec) H2L 4T3 Tél.: (514) 522-1339 Téléc.: (514) 522-9899 >._ 427, rue de la Commune Est Montréal (Québec) H2Y IJ4 if ^Téléphone: (514) 845-3906 Télécopieur: (514) 845-7Q1 9 MONTREAL\u2022 JUIN 2002 JOURNAL L'ITINERAIRE 251 Tout le monde a le droit à un toit! Street Sheet, avril 2002 La National Affordable Housing Trust Foundation sera entendue au Congrès américain ce printemps.Si ses demandes sont acceptées, cette fondation sera en mesure de créer 1,5 million de logements pour les personnes à faibles revenus pendant une période de dix ans.Pour ce faire, elle utilisera des fonds provenant des surplus d'intérêts sur les prêts de la Federal Home Administration.La plupart des représentants fédéraux ont déjà appuyé les revendications de la fondation.De plus, la congresswoman Nancy Pelosi a été sollicitée par les activistes qui lui ont demandé d'utiliser son pouvoir en tant que Democratic Whip afin de s'assurer que les revendications de la fondation soient bien accueillie au Congrès.Plusieurs gestes ont également été posés dans le cadre de la campagne Housing Winter, qui consistent en une série d'actions nationales publiques destinées à soutenir les démarches de la fondation.Les actions se sont tenues dans une douzaine de villes depuis le 14 novembre, date officiellement reconnue comme le National Day of Housing Actions.À San Francisco, le 17 mars dernier, plus de 150 personnes ont manifesté pour la National Affordable Housing Trust Foundation.Ces personnes ont construit une petite maison rose devant le Civic Center Plaza San Francisco pour symboliser les demandes qu'elles appuyaient.Des artistes ont également construit un arc de 15 pieds avec des chariots à provisions pour rappeler aux gens l'existence de ceux qui meurent dans les rues chaque hiver, faute de logement.Nouvelles internationales par Valérie Provost.Ces informations proviennent de différents journaux de rue du monde entier.Des nouveaux logements à Halifax Street Feat, mars-avril 2002 La Metro Non-Profit Housing Association (MNPHA) a célébré l'ouverture d'un immeuble à logements abordables, à Halifax.Ce projet a été réalisé en partenariat avec le Gouvernement du Canada.Le bâtiment met 18 studios à la disposition de sans-abri ou de personnes à très faible revenu et fournit un nouvel emplacement au Housing Support Centre, un service de la MNPHA qui offre un soutien aux personnes itinérantes ou «à risque» d'itinérance depuis 1996.Une équipe d'intervenants {Community Support Team) est également établie dans l'immeuble pour aider les sans-logis ainsi que les personnes «à risque» et les diriger vers les ressources disponibles dans la communauté.Cette équipe résulte d'un partenariat entre la MNPHA, la branche halifaxoise du Canadian Mental Health et le Service des Soins en Santé Mentale de l'Université Dalhousie.Ce genre de projet est nécessaire puisque, selon la directrice générale de la MNPHA, Carol Charlebois, plusieurs personnes vivent dans des logements non sécuritaires ou font les frais de propriétaires violents qui leur refusent des services essentiels, tel le chauffage, même lorsqu'ils sont compris dans le loyer.La MNPHA travaille à quatre autres projets de logements sécuritaires et abordables et supporte également une chorale de personnes sans-abri ou qui l'ont déjà été.Les Œuvres de la Maison du Père 550, boul.René-Lévesque Est Montréal (Québec) H2L 2L3 Tél.: (514) 845-0168 Fax: (514) 845-2108 Centre d'accueil pour hommes de 25 ans et plus.I 26 JOURNAL L'ITINERAIRE MONTREAL \u2022 JUIN 2002 Internet et Luc Denis camelot métro Unluerslté de Montréal Joueur compulsif! Mais non ! Chaque mois, je joue mes billes sur un nouveau sujet.Je parie réussir à couvrir de vastes thèmes sur Internet en quelques paragraphes ! Souvent, j'y perds ma mise.Ce mois-ci, je place tous mes jetons sur le jeu compulsif.Je courtise le sort, voulant expliquer le problème et la solution.Je mise sans réserve, jouant le tout pour le tout.Depuis des mois, je rate les gros lots.Ce mois-ci, je vais me refaire ! Je vous invite à visiter les sites proposés, à http ://itineraire.tri-pod.ca/compulsif.htm, pour approfondir les aspects qui vous intéressent.Vous êtes le croupier de votre navigation.Novice à ce jeu, je joue cartes sur table et propose des sites alimentés par ceux qui connaissent hgame ou mènent le jeu.Bottin mondain du Jeu Loto-Québec Je gage que vous ne saviez pas que Loto-Québec mise pair sur la promotion du jeu qui doit rester un jeu et impair sur sa prévention en contribuant au Centre québécois d'excellence pour la prévention et le traitement du jeu à l'Université Laval.Plus de 90 % des Québécois ont acheté un billet de loterie au moins une fois dans leur vie.Loto-Quebec, ce sont les petits billets de loterie, mais c'est aussi la Lotomatique, le Pari sportif, les bingos au Québec, Ingenio (loteries sur cd-rom), les vidéo-pokers (surtout installés dans des bars et dépouillant l'alcoolique, le toxicomane, le joueur compulsif et le solitaire esseulé) et la Société des casinos du Québec (exploitant les casinos de Montréal, de Charlevoix et celui du Lac-Leamy à Gatineau).Prévention et traitement Je vous prends à dix contre un : vous ne connaissez pas le Cenrre québécois d'excellence pour la prévention et le traitement du jeu à l'Université Laval dirigé par Robert Ladouceur, professeur à l'École de psychologie.Un traitement très efficace pour les joueurs pathologiques y aurait été mis « au point ».Ce centre est considéré comme une référence mondiale en la matière.Le professeur Suissa Quitte ou double : vous n'avez jamais entendu parler de Amnon J.Suissa, professeur au Département de travail social de l'Université du Québec à Hull et spécialiste des dépendances (alcoolisme, toxicomanie et gambling).Pourtant, dans son analyse L'Etat au banc des accusés, il établit la responsabilité de l'État face au jeu compulsif.jeu compulsif Psynternaute Sans être compulsif, il m'est impossible de ne pas vous relancer vers le « Psynternaute » sans que cela génère en moi angoisse et culpabilité.Ce « psy » des internautes offre un site consacré aux dépendances et à la cyberdépendance.Jean-Pierre Rochon, psychologue, spécialisé en alcoolisme, toxicomanie et autres dépendances, traite les personnalités obsessives-compulsives depuis longtemps.Son site nous informe sur le jeu compulsif, qui ne serait qu'une dépendance parmi d'autres telles que la dépendance affective, l'alcoolisme, la toxicomanie, le sexe compulsif, le mangeur compulsif, le perfectionniste pathologique, l'ergomane (travailleur compulsif).Centre Dollard-Cormier Le site du Centre de documentation de Dollard-Cormier, c'est le «7 en Feu» avec plein de combinaisons gagnantes possibles ! Vous brûlerez de faire sauter la baraque et remporterez le gros lot ! Si vous aimez jouer avec le feu, ce site crachera un déferlement d'informations primordiales tant sur la toxicomanie que sur le jeu pathologique.Cyberperdants.La combinaison : les casinos et autres jeux en ligne (les sites XXX sont offerts en bonus).Je pourrais y ramasser le jackpot, si seulement mes cartes (de crédit) n'étaient pas déjà full aux as.Hdieu! La chance m'a quitté ! Le Bureau du coroner rapporte que le nombre de suicides reliés au jeu pathologique ne cesse de croître.Est-ce la solution ?Je suis trop fatigué pour y penser, laissons le hasard décider.Je joue le rout pour le tout à la roulette russe (la cote est 5 contre 1, c'est gagnant).Je n'ai plus rien à perdre, je suis fauché, je n'ai plus de femme, plus de job, j'ai perdu mes enfants, mon assurance-vie ne paiera pas car j'ai laissé la prime dans un salon de paris dont j'avais trouvé l'adresse sur le site de la Société nationale du cheval de course.SOS Si le jeu n'est plus un jeu.je mise sur moi en composant le numéro sans frais de « Jeu : aide et référence » : 1-866-S.O.S.-JEUX (1-866-767-5389).Si je ne tire pas le bon numéro, alors je relance au (514) 527-0140 ou 1-800-461-0140.Solutions extrêmes L'autoexclusion, pawner son ordi et aller se reposer à la Maison Claude Bilodeau pour joueurs compulsifs.Si ma chronique vous aide, c'est Superfecta ! Bingo ! Sinon, je compte bien me refaire le mois prochain.le sort sera peut-être du bon bord ! MONTREAL\u2022 JUIN 2002 JOURNAL L'ITINERAIRE 271 Bulletin d'information Info RAPSIM Pour que notre droit de manifester soit respecté.Le 15 mars 2002, 371 personnes ont été arrêtées dans le cadre d'une manifestation contre la brutalité policière.Suite à cet événement, la Table de concertation jeunesse/itinérance du Centre-Ville, le Comité Itinérance du Plateau Mont-Royal, Alerte Centre-Sud et le RAPSIM ont transmis par écrit leurs préoccupations à Monsieur Michel Sarrazin, directeur du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).Voici donc reproduite la lettre qui a été expédiée à Monsieur Michel Sarrazin : « Les signataires de la présente lettre tiennent à porter a votre attention leurs vives inqidétudes concernant l'arrestation massive de 371 citoyens et citoyennes lors de la manifestation organisée dans le cadre de la journée internationale contre la brutalité policière.Au préalable, nous souhaitons vous rappeler que cette journée internationale est soulignée par des manifestations dans plus d'une centaine de pays dans le monde.La manifestation de Montréal n'a donc rien de marginal dans son principe, ni dans la cause quelle entend défendre, ni même dans le profil de ceux et celles qui y participent et/ou l'organisent.Notre inquiétude vient en partie du fait que l'opération policière qui a été menée le 15 mars 2002 constitue une menace importante au droit à l'occupation de l'espace public et à l'exercice légitime de la démocratie.Notre inquiétude est d'autant plus vive que cette opération constitue un acte de répression politique et non un exercice de protection de la sécurité publique.Nous en voulons pour preuve le fait que des 371 personnes arrêtées, seulement 7 soient accusées de méfaits.Les méfaits perpétrés se résumant à quelques vitres cassées et à quelques graffitis ne peuvent donc justifier l'arrestation de 371 personnes.Dans le même ordre d'idée, nous étions bien loin d'être en présence de crimes contre la personne et, incidemment, de menace pour la sécurité publique.De plus, la grande majorité des personnes qui participaient à cette manifestation (qui regroupait entre 500 et 600 personnes) n'ont eu aucune connaissance des méfaits perpétrés.C'est vous dire combien, somme toute, l'événement se déroulait dans le calme et non dans une ambiance préparatoire à une émeute ou à des actes de saccage.Cette arrestation massive nous apparaît donc un exercice visant à intimider des citoyens et citoyennes afin de les décourager d'exercer leur citoyenneté en ¦^mààhaÊÊàahùÊÊàiiÈaÊÊàahiSÊm^àaaÊÊià protestant publiquement et ce, alors que ce sont les forces de l'ordre elles-mêmes qui font l'objet de la dénonciation.Notre inquiétude vient aussi du fait que le SPVM utilise la présence des jeunes marginaux dans cette manifestation pour légitimer ses actions répressives sous prétexte que ces derniers représentaient la grande majorité des manifestants et qu'ils n'étaient là que pour « faire de la casse ».Nous dénonçons cette pratique du SPVM qui crée et alimente, via les médias de masse, les préjugés à l'égard des jeunes marginaux.Cette image que le SPVM s'entête à donner d'eux contribue à créer un fossé d'intolérance entre les divers citoyens.De plus, c'est également à tort que le SPVM affirme que la majorité des manifestants était constituée de jeunes marginaux.Les quelques centaines de personnes présentes à cette manifestation étaient aussi diversifiées que le sont les victimes d'abus policiers.Bref, tous des citoyens.Par ailleurs, nous sommes également inquiets lorsque le SPVM décrit l'ensemble des manifestants comme des activistes professionnels et que cette seule présomption justifie des arrestations massives, politiques et répressives sous prétexte d'éviter des émeutes.Cette assertion laisse entendre que le militantisme est essentiellement un acte de subversion et non l'exercice d'un droit.Vous n'êtes pourtant pas sans savoir que la liberté d'opinion et la participation à une manifestation sont des activités non seulement légales, mais qu'il s'agit de droits fondamentaux.Vous n'êtes également pas sans savoir que les abus policiers existent (nous en voulons pour preuve l'existence du Bureau du Commissaire à la déontologie policière) et que, de fait, la population a le droit, et même le devoir de les dénoncer.Et vous n'êtes pas sans savoir que la présomption d'innocence est enchâssée dans les fondements même de la justice canadienne.Enfin, et conséquemment à tous les points ci-haut mentionnés, nous sommes inquiets d'assister à l'instrumentalisation des forces de l'ordre dans l'avènement d'une société dont sont de plus en plus exclus les droits et libertés de la personne ainsi que l'exercice libre, massif et populaire de la citoyenneté.En souhaitant que vous considérerez les préoccupations des présents signataires comme légitimes, recevez, Monsieur Sarrazin, \"\"\"\"\"\" Le réseau d'aide aux personnes seules et itinérantes de Hlontréal.Tél.: (514) 879-1949 JOURNAL L'ITINERAIRE MONTREAL \u2022 JUIN Souuenir de la St-Jean sur le mont Royal.maxime Camelot, niêtroJarry Dans ma jeunesse, j'ai vécu les plus belles St-Jean-Baptiste qui ont jamais existé.Ça s'appelait 1 fois 5.C'était sur le Mont-Royal.Les artistes que j'ai découverts : Harmonium, Canot, Plume Latraverse et Jean-Pierre Ferland, avec « La route 11 à 100 milles à l'heure ».Ça nous faisait tripper, surtout en « bécique à gaz ».Il y avait aussi «les trois mousquetaires» : Yvon Deschamps, Ferland et Félix Leclerc.Le show durait à peu près trois jours.Je peux me compter chanceux d'y avoir assisté, étant donné que j'étais assez jeune.Le spectacle a débuté, après le coucher du soleil, sur le bord du lac des Castors.En me promenant avec une petite bière à la main, je me suis fait offrir le calumet de la paix.Ça nous a permis de rencontrer de belles petites Québécoises et de fumer un joint avec elles devant le feu de joie.Dans ce temps-là, il n'y avait pas de clôture autour du feu de joie.Des fois, après le show, la fête continuait jusqu'à trois heures du matin ou même plus tard.Le lendemain matin, sous un soleil très chaud, on s'est baignés dans le lac des Castors.Dans ce temps-là, l'eau était propre.L'après-midi, on s'est reposés pour garder des forces pour le dernier spectacle du soir.Le lendemain, quand la fête s'est terminée, j'ai rencontré des gens de Québec et je suis parti avec eux, mon sac sur le dos.C'étaient des bons fumeux.Dans le camion, il y avait une brique de hasch; alors, en route, on a beaucoup fumé.Ils m'ont laissé aux chutes Montmorency avec un petit cadeau.J'ai dormi à la belle étoile avec le bruit des chutes.Le lendemain matin, je me suis rendu aux plaines d'Abraham.J'ai cherché un lift et je suis revenu à Montréal avec un homme, sa femme et ses deux filles.Je pensais que c'étaient des bons « trippeux », mais non.Je ne regrette pas ce petit voyage rapide de la St-Jean-Baptiste.Je suis certain que beaucoup de baby-boomers ont des souvenirs semblables.Évidemment, aujourd'hui je suis beaucoup plus sage.Bonne St-Jean-Baptiste à toutes mes lectrices et à tous mes lecteurs ! Je reuiens uous écrire Jean-Pierre Béliueau Camelot, métro Laurier Je vous écris un petit mot afin d'expliquer les raisons pour lesquelles je n'ai pas écrit d'articles les deux derniers mois.Pour le mois d'avril, je voulais faire un suivi sur le dossier « Stratégie nationale de lutte à la pauvreté et l'exclusion » que le gouvernement du Québec devait mettre en application.Je me suis rapidement aperçu que, comme journaliste, il me manquait des outils essentiels pour m'attaquer à de gros dossiers.et que ma dépendance envers l'alcool m'en empêchait aussi.J'ai donc décidé de mettre de l'ordre dans ma vie, de travailler sur moi, de solutionner mes problèmes afin d'accomplir correctement ma mission envers le journal.Durant cette période, je me suis efforcé aussi d'acquérir les moyens pour faire ma job de journaliste correctement.C'est ainsi que j'ai économisé mon argent pour m'acheter mon propre ordinateur et me brancher à Internet.Cette autonomie m'est vitale pour travailler mes « gros dossiers ».Bonne nouvelle : mission accomplie ! Cela n'est pas évident de le faire, à coup de deux dollars !!! Vous, lecteurs de L'Itinéraire, êtes responsables de cette réalisation et je vous en remercie beaucoup.Attendez-vous à des articles qui seront percutants et intéressants.Je suis déjà à l'œuvre.Quand j'étais dans l'armée, j'ai bu comme un trou.Le jour de mon départ pour l'Allemagne, j'ai été porter mon stock militaire et j'ai démissionné.à cause de ma dépendance.Une période d'abstinence de huit ans a suivi et c'est la connaisssance qui l'a remplacée avec mon retour aux études.Encore aujourd'hui, le même phénomène se répète.Mes cours en informatique datent des années 80 et j'ai beaucoup de mises à jour à faire.À 46 ans et en voyant le travail à effectuer, je n'ai plus de temps à perdre avec ma dépendance.Dans un livre, j'ai lu : « La connaissance libère ».Je commence à le croire car mon goût de l'alcool s'est évanoui en prenant conscience des projets à réaliser pour être utile à la société.Encore une fois, merci beaucoup.Jean-Pierre Béliveau, alias cyber-camelot du métro Laurier.MONTREAL \u2022 JUIN 2002 JOURNAL L'ITINERAIRE 291 Des choses sur moi Bonjour! Ce mois-ci, j'aimerais bien vous dire certaines choses à mon sujet.J'ai comme de la misère à l'écrire : à cause de la gêne, du manque de confiance en moi peut-être, ou à cause IMçhfLSJ-Rniant ¦ Vitrines ^JUUdjjjJJ-'M^A^^ >¦ Magnétiques ^^KTS Mé^^ PJpP^^ ^ Banderoies jfrgti^p^ ____(P^^^ >¦ Camions j^^^^^^^ Lundi, mercredi, vendredi de 9h à 18h ° esc:CDrriF>tE! 2260 Ontario E., Montréal, (2e étage) Tel: 514-814-2235 Pag: 514-846-6474 www.lettrimage.com F34~~ JOURNAL L'ITINÉRAIRE MONTREAL^ JUIN 2002 La télé à petit prix illico vous offre la Télé numérique la plus économique sur le marché.Procurez-vous votre terminal illico pour seulement 92 $ dans un magasin Le SuperClub Videotron ou chez Archambault.Et accédez à un univers télévisuel unique.Pour vous abonner, composez le (514) 281-1711 / 1 877 380-2511, visitez notre site au www.illico.tv ou présentez-vous chez : ARCHAMBAULT WWW ARCHAMBAULT CA Qllico La télé comme vous ne l'avez jamais vue.1 Débours* de 169 î moins ciMil de programmation de 77 î conditionner » I abonnement au servKeQultra Appareil remis a neuf, pleine garar Le modèle peut être difièrent de i.MM ¦\" s.conditions et tarifs peuvent varier selon les réglons el sonl modiliables sans préavis laies er Merci de nous soutenir! Nous n'avons pas encore atteint notre objectif» Je vous fais parvenir mon don de: 20$ ?50$ ?Autre 100$ ?_ $?Nom : Prénom : Adresse : Code postal : Tél.: ( )_ Je désire recevoir un reçu pour fin d'impôts [ Envoyer un chèque ou mandat-poste à l'ordre du Groupe communautaire L'Itinéraire à l'adresse suivante: 1108, rue Ontario Est, Montréal (Québec) H2L 1 RI Pour information communiquez avec A.Pelletier tél.: (514) 597-0238, poste 28 moulé Le Café électronique pour personnes démunies est unique en son genre à Montréal.Il offre à tous et toutes la possibilité d'utiliser un ordinateur à peu de frais.En effet, il n'en coûte que 1$ l'heure pour faire du traitement de texte ou naviguer sur Internet (contribution volontaire de ceux qui le peuvent).Le personnel sur place se fera un plaisir de vous aider.Si vous le désirez, vous pourrez aussi vous inscrire à une séance de formation.Ce projet a été réalisé grâce, entre autres, à la participation de Vidéotron et du Gouvernement du Québec 1907, rue Amherst (angle Ontario est) Tél.: (514) 597-0238, poste 31 3$ pour Vous voulez aider les gens de la rue autrement qu'en leur donnant directement de l'argent?\t\t OFFREZ AUX PLUS DÉMUNIS DES\tSjfik L'Itinéraire g ^MPtARTE pour 1 repas § gratuit £= 1 104, hue ontahio est z' ^\\ 1 e («h» a.bersl) i 00 ) 1 o momul (oueb\u20acc) x-y 1 léléphoner (514) 597-02 ï 8 pome ï2 q.^ nom es\t POUR SEULEMENT 2,50 $ chacune Offrez-leur une carte-repas du Café sur la rue.Ils pourront bénéficier d'un bon repas et seront accueillis dans une ambiance cordiale par les membres de L'Itinéraire.Vous leur donnerez peut-être la chance de se faire de _ nouveaux amis et de recevoir une aide de la part personnes qui ont vécu la même situation.de Bon
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