L'itinéraire, 1 janvier 2002, août
[" L'Itinéraire est produit et vendu en majeure partie par des personnes itinérantes, ex-itinérantes, sans emploi, alcooliques ou toxicomanes, dans le but de leur venir en aide et de permettre leur intégration au marché du travail.Pour chaque numéro, vendu 2 dollars, 1 dollar revient directement au camelot.Les profits de L'Itinéraire servent à financer les coûts de production du journal, les projets de réinsertion sociale, le Café sur la rue, et L'Espace Internet.La direction de L'Itinéraire tient à rappeler quelle n'est pas responsable des gestes des vendeurs dans la rue.Si ces derniers vous proposent tout autre produit que le journal, ou demandent des dons, ils le font à titre personnel.Si vous avez des commentaires sur les propos tenus ou le comportement des vendeurs, communiquez sans hésiter avec le responsable de la distribution.Geneviève Denis au (514) 597-0238, poste 29 Des gens de la rue ou de milieu modeste se côtoient au Café sur la rue dans une ambiance agréable.De bons petits repas sont servis par des personnes en réinsertion sur le marché de l'emploi pour la modique somme de 4,50 $.Un cuisinier leur apprend à travailler et à gérer une cuisine.Les personnes à faible revenu peuvent se procurer une carte de membre au coût de 5 $ et obtenir un repas à 2,50 $, pour une période d'un an.L'Itinéraire ^ a besoin de ?\u2022 machine à espresso commerciale ?\u2022 ordinateurs compatibles IBM, Pentium II ?\u2022 magnétophones portatifs et dictaphones ^ \u2022 coffre-fort \u2022 5 chaises secrétaire ?\u2022 fourniture de bureau en général ?\u2022 classeur 4 tiroirs avec serrure ?\u2022 calculatrice à ruban Si vous avez des appareils qui fonctionnent encore, s'il vous plaît, contactez-nous au (514) 597-0238 Attention aux fraudeurs! L'Itinéraire tient à prévenir la population que des imposteurs sollicitent des dons sans son consentement.Que ce soit par sollicitation téléphonique ou de porte à porte, personne n'est autorisé à solliciter des dons monétaires ou matériels pour L'Itinéraire.Nous invitons les personnes sollicitées à communiquer immédiatement avec la police pour mettre tin à cette sollicitation frauduleuse.Pour aider L'Itinéraire, les gens sont invités à se procurer notre revue auprès de nos camelots dûment identifiés.Vous trouverez des camelots sur toutes les grandes artères de la ville ainsi que dans plusieurs stations de métro.Les dons sont les bienvenus, mais ils doivent être directement adressés à nos locaux du 1907, rue Amherst, Montréal H2L 3L7.Pour plus d'information, vous pouvez communiquer avec nous au (514) 597-0238: Chantai St-Onge, conseillère en publicité, poste 27 ou le responsable de l'administration, poste 28.La formation professionnelle des travailleurs(euses) au Journal L'Itinéraire a été rendue possible grâce, entre autres, au Ministère de la Métropole, à la CDEC _du Plateau Mont-Royal/Centre-Sud, à la Ville de Montréal, à la Régie régionale de la santé Montréal-Centre et à l'UQÀM. 1907, rue Amherst, Montréal (Québec) H2L3L7 Tél.: (514) 597-0238 Fax:(514) 597-1544 Courriel: itineraire@videotron.ca http://itineraire.educ.in finit Le journal L'Itinéraire a été fondé en 1992 par Pierrette Desrosiers, Denise English, François Thivierge et Michèle Wilson.À cette époque, il était destiné aux gens en difficulté et offert gratuitement dans les services d'aide et maisons de chambres.Depuis mai 1994, il est vendu régulièrement dans la rue.Plus de la moitié de cette publication est rédigée par des personnes ayant connu l'itinérance.Les articles écrits par des journalistes pigistes professionnels portent la mention «collaboration spéciale».Le Groupe communautaire L'Itinéraire est un organisme à but non lucratif fondé en 1989 pour aider les itinérants.Le conseil d'administration est composé en majorité de personnes ayant connu l'itinérance, l'alcoolisme ou la toxicomanie.Conseil d'administration du Groupe communautaire L'Itinéraire: Présidente : Josée Boisvert Vice-président : Sylvio Hébert Secrétaire : Réjean Mathieu Conseillers : Robert Beaupré, Mario Châteauvert, Sylvio Hébert, Audrey Coté, Michèle Wilson.Comité de direction : Denise English, Éric Cimon, Jean-Pierre Lacroix, Geneviève Denis, Mylène Bonin, Gabriel Bissonnette.Équipe de production du journal : Rédacteur en chef : Jean-Pierre Lacroix Adjointe à la rédaction : Valérie Provost Collaborateurs : Gina Mazzerolle, Maxime, Gabriel Bissonnette, Léo Paul Lauzon, Nancy Roussy, Robert Beaupré, Anne de Saurel, Jacques Brochu, Michel St-Amant, Michel Côté, Réal Dion, Élyse Frenette, Martin Richer, Pierre Demers, Nathalie Corriveau.Infographiste : Jocelyne Sénécal Révision : Mariette Ethier-Morand, André Martin, Guy Crevier, Louise Langlois, Francine Noël.Mats croisés : Gaston Pipon Imprimeur: Québécor World Lebonlon Tirage: 18 000 exemplaires vendus par lies ibnérants el des sans-emploi dans les rues de Montréal, Administration du groupe : \u2022 Secteur administration Responsable: Éric Cimon par intérim Adjointe administrative: Sylvie Cote Publicité: Crantai Sl-Onge \u2022 Secteur Café sur la roe : Responsable: Denise English \u2022 Secteur distlbution : Responsable: Genevieve Denis \u2022 Secteur Internet : Responsable: Mylène Bonin \u2022 Secteur |oumal : Responsable: Jean-Pierre Lacroix Adjoint: Valérie Provost Représentant des camelots: Gabriel Bissonnette L'Itinéraire est membre de: NASNA \u2022 Association nord-américaine des journaux de rue L'RInéralre est entièrement recyclable Le réseau international des journaux de rue AMEC Son tirage est certifié par mmA '¦¦¦¦/¦¦ AVDA Sommaire Dossier: la violence familiale 6 Des propos de la rue 8 Un lâche.9 Portrait de la violence 11 Quand le milieu familial ne rime pas avec bonheur.13 inter-vai Chroniques 14 Les jeunes qui fuient Éditorial 05 Mots des camelots 30 Actualité Prof Lauzon 32 4 Quand des citoyens reprennent leur parc en main Mots croisés 34 15 À l'assaut du capital, prenons la capitale! 16 Résistance en fête 17 Le Sommet de Montréal et l'itinérance 18 Lorsque la rue se fait mondiale 19 Huitième anniversaire à l'Alizé 22 Juillet passé, crise toujours présente, futur incertain.25 Le procès du policier Stante (suite) 28 FATOX Page couverture : Julien Provost, photo : Valérie Provost MONTRÉAL.AOÛT 2002 JOURNAL L'ITINÉRAIRE ~3l Quand des citoyens Gina Mazze roi le Camelot au Carré St-Louis Le 15 juin dernier, avait lieu l'ouverture officielle des nouveaux jeux d'eau du Parc de Rouen (rue De Lorimier angle De Rouen).Cette initiative a été réalisée dans le cadre du programme La prévention par l'appropriation de son quartier (Projet P.A.Q.), un projet pilote qui vise la réduction et la prévention de la criminalité dans deux parcs et une école du secteur Sainte-Marie, au Centre-Sud de Montréal.L'objectif du projet est de réduire la criminalité et la violence dans les espaces publics et les écoles.Il s'agit de permettre aux résidants du quartier Sainte-Marie, à l'intérieur d'un processus de sensibilisation et de résolution de problèmes, de s'approprier les espaces publics par la réalisation d'actions et d'activités, et aussi d'impliquer les parents dont les enfants fréquentent l'école primaire Jean-Baptiste-Meilleur.Ce projet fut mis de l'avant à la fin 2001, par le Comité d'intervention Sainte-Marie.Ce comité, regroupant des intervenants et des citoyens du quartier, avait préalablement établi un constat sur la situation socio-économique des familles habitant le secteur.Les travaux du comité ont ensuite abouti à la présentation d'une demande de subvention, par Tandem Montréal/Plateau Mont-Royal/Centre-Sud, dans le cadre du programme Quartiers sensibles du Gouvernement du Québec et de la Ville de Montréal.Hélène Beaudry, avocate en droit familial, réside aux abords du Parc de Rouen, l'un des deux parcs ciblés.L'élément déclencheur qui a poussé Mme Beaudry à s'impliquer est lié au fait que sa fille jouait au parc tous les jours.Selon elle, il n'était pas normal qu'une enfant qui s'amuse dans un parc soit en contact avec des détritus, des seringues et de la vitre.Mme Beaudry a décidé de faire changer les choses.« En grande partie, le quotidien du parc était fait d'incivilités, d'usage de drogues et de prostitution.Les gens venaient se piquer et jetaient leur seringue par terre.D'autres urinaient à la vue des enfants et des parents.Des jeunes haranguaient de paisibles citoyens qui se reposaient dans le parc », affirme Hélène Beaudry.« Un parc c'est un lieu où on peut commencer à pratiquer un civisme élémentaire.Les espaces verts sont limités dans la ville et sont donc des lieux précieux, précise Pierre Leclerc, chargé du projet pilote.Afin d'embellir une partie de ces espaces verts, le Projet P.A.Q a organisé, ce printemps, une plantation d'arbres et d'arbustes dans les deux parcs, avec la participation des reprennent leur parc en main citoyens, en partenariat avec Éco-Quartier Ste-Marie et le Sentier Urbain.En embellissant leur environnement, les citoyens se sentent davantage invités à s'approprier leur espace.» Hélène Beaudry est fière de ses démarches pour l'amélioration de la qualité de vie au Parc de Rouen.« Je me suis rendu compte que le parc de Rouen était un espace dangereux à cause de son manque d'éclairage et je me suis aperçue qu'il n'y avait pas de fontaine.J'ai préparé une pétition.» Mme Beaudry a recueilli 500 signatures en faisant du porte-à-porte et envoyé la pétition au député Boulerice, au maire Bourque, au service des Travaux publics de la Ville de Montréal ainsi qu'à Martin Lemay, conseiller municipal du quartier.« Lors de la remise de la pétition à M.Lemay, à l'époque candidat au poste de conseiller municipal du quartier Sainte-Marie, ce dernier venait d'être victime de voies de fait par un groupe de jeunes qui avaient pris possession du parc.Cela confirmait mes craintes, atteste Mme Beaudry./'tf/ rencontré le maire Bourque dans le parc et il a débloqué un montant de 50 000 $ pour améliorer l'éclairage et construire une fontaine.Après mes démarches, les citoyens ont constaté un changement rapide.Suite au résultat obtenu, je me suis rendu compte de l'impact que pouvait avoir la voix d'un citoyen.Lors de mes visites quotidiennes au parc, j'ai dû, de façon régulière, demander l'intervention policière pour différents problèmes.Je dois malheureusement admettre que je n'ai pas toujours senti l'appui réclamé.Avec le Projet P.A.Q, je pense que le travail de conscientisation a porté fruit, car les citoyens, aux abords du parc de Rouen, fréquentent de plus en plus ce petit espace vert », affirme fièrement Hélène Beaudry.Le Parc Walter-Stuart, un parc qui nécessite une revitalisation, se trouve enclavé derrière l'église St-Eusèbe et l'édifice de la JTIMc Donald.Bon espoir pour le futur, un noyau de citoyens résidant aux abords du parc commence à se former.Ils veulent remédier aux différents problèmes qu'ils y rencontrent tous les jours; ils entendent présenter, en concertation avec l'école et la garderie, un plan d'immobilisation pour le réaménagement complet du parc en 2003.En conclusion, Hélène Beaudry souhaite que le Projet /M.Q soit l'étincelle qui permette aux citoyens et citoyennes de sortir de leur résidence et de fréquenter leurs espaces verts.Pour sa part, Pierre Leclerc espère que de plus en plus de citoyens aussi impliqués qu'Hélène Beaudry se manifesteront.Pour plus de renseignements sur le Projet P.A.Q: Tandem Montréal au 522-2280.?I 4 JOURNAL L'ITINÉRAIRE HvlONTREÂL \u2022 AOÛT 2002 Banalisation de C'est peut-être absurde de vouloir changer le monde.Il serait encore plus absurde de ne pas vouloir le changer.La violence peut être perçue comme un symptôme.Comme la fièvre, par exemple.Certains disent qu'il est inutile de parler du symptôme si on ne guérit pas la maladie.D'autres conseillent de combattre la fièvre, car elle peut être mortelle.Oui, on peut mourir d'un symptôme.D'autres encore diront qu'il faut simplement laisser tomber la fièvre pour guérir le mal.La violence est trop souvent banalisée, nos perceptions seraient-elles faussées?Au delà des violences « cachées », la violence urbaine s'est installée au grand jour et nous en sommes à la fois les sujets et les acteurs.Autrement dit : nous en sommes victimes et coupables.Par quel aveuglement avons-nous laissé la situation se dégrader à un tel point ?D'où la violence ?Pourquoi doit-on tellement faire respecter l'ordre ?Pourquoi ne se préoccupe-t-on pas plutôt d'éliminer la pauvreté, la misère et l'exclusion ?La pauvreté, la misère et l'exclusion sont aussi des formes de violence.Travailler à les éliminer augmenterait le sentiment de justice, d'harmonie, d'égalité, de respect.Un débat sur la violence remettrait en question la façon dont chacun d'entre nous exerce le pouvoir.Il faut aborder la violence comme on a abordé la situation des femmes ou la cause de l'écologie : d'abord et avant tout par un changement d'attitude.Notre société doit sortir de ce dérapage idéologique où prime la loi du plus fort : bon citoyen, justice, police.Tous devraient être égaux devant la loi ! Des graffitis aux quatre coins de la ville dénoncent la situation : « Police partout, justice nulle part ».Il faut remettre en question nos valeurs, nos attitudes.La violence est omniprésente et toujours inacceptable, que ce soit en famille, au travail, dans les institutions.Et si la violence est inacceptable, elle est d'autant plus inacceptable de la part des « forces de l'ordre ».Si les mots et les images ont un sens, si les statistiques traduisent une réalité, il n'est plus possible pour personne d'ignorer ou de nier que quelque chose de grave se passe sous nos yeux : la brutalité policière se manifeste trop souvent.Editorial la violence Jean-Pierre Lacroix Rédacteur en chef Le 5 septembre 1999, le policier Giovanni Stante procédait à l'arrestation la plus difficile de sa carrière en passant à tabac un itinérant maintenu immobile par Steve Deschâtelets, portier du Shed Café.L'action se déroulait sous le regard de nombreux témoins et aussi sous les yeux du policier Sylvain Fouquet, coéquipier de M.Stante, qui est demeuré passif.Jean-Pierre Lizotte décédait 41 jours plus tard, le 16 octobre, des blessures infligées par la violence de son arrestation.Le délit : Jean-Pierre Lizotte se masturbait devant le Shed café.et il en est mort.Au delà de la contradiction des nombreux témoignages, tant de citoyens que d'experts, il y a des faits troublants.Beaucoup de questions demeurent sans réponse.Pourquoi le coéquipier de M.Stante n'est-il pas intervenu devant la violence excessive de son collègue ?Pourquoi n'a-t-on pas appelé une ambulance pour transporter à l'hôpital M.Lizotte ensanglanté et visiblement blessé ?Pourquoi MM Stante et Fouquet ont-ils mis 35 minutes pour parcourir le trajet du Shed Café à l'Hôtel-Dieu située seulement à quelques coins de rue ?Pourquoi le rapport d'incident de M.Stante est-il incomplet, bourré d'erreurs et de graves omissions ?Pourquoi M.Stante a-t-il maquillé les faits ?À qui cela profite-t-il ?Pourquoi le policier Fouquet, qui a omis de porter assistance à un citoyen dont la vie était en danger, n'est-il pas accusé ?Malgré l'usage de violence excessive devant plusieurs témoins, malgré les omissions et les imprécisions dans son rapport, M.Stante est présenté par son avocat aux membres du jury comme un bon fils, un bon père, un bon mari et un bon policier au dossier disciplinaire vierge avant l'affaire Lizotte.Les 12 jurés doivent décider si M.Stante est responsable, hors de tout doute raisonnable, de la mort de Lizotte.Le procès de M.Deschâtelets débutera d'ici l'automne.Tout comme M.Stante, il sera accusé de voies de faits graves, de voies de faits ayant causé des lésions et d'homicide involontaire.Nous souhaitons que la « vraie » vérité soit dévoilée et que justice soit faite.Jean-Pierre Lizotte ne retrouvera pas la vie, mais nous devons tout faire pour que des actes de violence comme celui dont il est mort ne se reproduisent plus.Changer d'attitude, c'est déjà commencer à changer le monde.MONTREAL \u2022 AOUT 2002 jplac@videotron.ca [^2 JOURNAL L'ITINÉRAIRE 51 Dossier: la violence familiale Des propos de la rue Pierre Demers Voici quelques propos recueillis auprès de gens de la rue sur la violence familiale.Le sujet est particulièrement évoca-teur pour celles et ceux qui veulent l'aborder.Le plus souvent, la violence de la rue prolonge d'une certaine manière la violence familiale, comme une sorte de maladie héréditaire qu'on soigne en vain toute sa vie.Jean-Pierre (45 ans) rencontré à l'Accueil Bonneau « Personnellement, je n 'ai pas vécu de violence familiale.La mère de mon enfant elle, oui.Quand elle avait sept ou huit ans, son père la battait à coups de poing et une fois à coups de hache.Ils étaient cinq enfants dans la famille.Ça s'est calmé quand le père a cessé de boire.Sa femme et ses enfants (plus particulièrement mon ex) ont écopé par la suite.Elle est devenue paranoïaque et doit maintenant être suivie par un psychologue.La violence qu'elle a subie, elle l'a assimilée à sa façon; entre autres en pratiquant la manipulation, la cruauté mentale et le chantage affectif.En plus, elle prend de la dope et ne peut pas entretenir de relations avec les autres, je n'ai pas vécu très l'eau froide volontairement dans la fontaine du Carré Viger longtemps avec elle, à peine cinq mois.C'était impossible de fonc- quand les flics - évidemment - ne patrouillent pas trop les jours de tionner.Par accident on a eu un enfant ensemble, je voudrais canicule.» bien le voir mais il y a peu de chance que ça arrive.Elle me manipule avec cet enfant âgé de deux ans et demi.Je suis aussi Dauid (18 ans] au Carré Uiger auec son chien perturbé par son comportement que par celui des autres membres « Je vivais seul avec ma mère à Joliette.Ma mère me frappait de sa famille.Elle n 'a jamais voulu parler de violence familiale, avec des dictionnaires et des casseroles.Pas très fort mais régulière-ni avec moi ni avec d'autres.Ça n 'existe pas pour elle : c'est un ment.Je devais avoir 8 ans et demi alors.Je me suis écoeuré.À 9 sujet tabou.À l'occasion, elle revoit son père, je crois.Elle ne se sent bien que dans l'isolement.Moi aussi.Je change mon prénom, pour ne pas qu 'elle me reconnaisse.» Lori (16 ans] a la fontaine du Carré Uiger « Chez moi, des claques et des douches à l'eau froide, pour mieux nous «dresser» comme disaient nos parents, c'était courant.C'était mon père qui frappait pendant que ma mère essayait vainement de l'empêcher.Mon père avait été mis en adoption chez sa grand-mère très jeune.J'ignore s'il avait été battu dans son enfance.Je lui disais souvent que ce n 'étaitpas correct de Normand nous battre, que j'allais téléphoner à la DP].Mes parents ont fini par se séparer et c 'est là qu 'on a commencé à se promener partout.Ma mère est devenue dépressive, violente et elle a perdu notre garde pendant quelques mois.Elle n 'était pas violente avec nous.Elle faisait des graffitis dans la cuisine et cassait de la vaisselle.Avant qu 'elle accepte de prendre des antidépresseurs, je l'ai quittée.Mon frère et moi nous nous sommes cachés chez des cousins pendant quelques mois.Je suis retourné chez ma mère, mais là, je la battais et je battais mon frère quand j'étais à bout.Aujourd'hui, je n 'habite plus avec elle.On se voit deux ou trois fois par mois et c'est bien comme ça.Dans la rue, il y a beaucoup de violence gratuite.C'est souvent la loi de la jungle qui veut cela.De cette manière, on se fait une réputation.On se fait voler nos sacs avec tout leur contenu.Il faut se défendre et faire comprendre à ceux qui nous volent de ne plus le faire.On se fâche quand la pression est trop forte ou quand ça va mal.Mais c'est moins violent qu'avec mon père et on finit par se faire respecter.On peut même prendre des douches à Institut de graphologie Roma Lavoie inc.École accréditée de L'Association des Graphologues du Québec (AGQ) Formation complète en graphologie Tél.: (514) 990-8602 jeanm.labrie@sympatico.ca 5055, rue Rivard, Montréal (Québec) Métro Laurier I 6 JOURNAL L'ITINERAIRE MONTREAL\u2022AOUT 2002 ans et demi, je suis parti vivre dans la rue.Je couchais chez des amis.Je voyais souvent mon demi-frère.À 12 ans, j'ai commencé à prendre de la drogue.J'ai arrêté l'école en sixième année.Comme vendeur de dope, j'ai dû développer des réflexes violents : pour se faire payer, il faut faire peur aux autres.J'ai suivi trois thérapies en toxico et on s'est aperçu très vite que j'avais une dépendance affective.Ma mère m'a abandonné trop tôt, je cherche un autre crochet.Je lui téléphone parfois, mais elle ne veut rien savoir de moi.Sans « blonde », je deviens violent rapidement.Je frappe dans les murs, je me drogue.Il faut que j'apprenne à être moins autoritaire avec une blonde, que j'apprenne aussi à prendre ma place, à ne pas trop faire le petit chien avec elle.Je ne veux plus retourner à Juliette.Je connais tous les petits vendeurs de dope.Je vais les faucher avec une mitraillette.Parfois, j'ai envie de retourner là où je suis né, à Jonquière.C'est là que j'ai les meilleurs chums et les meilleurs souvenirs.Mon demi-frère y demeure.Je suis écoeuré de vivre dans la rue.Il me semble que ça fait une éternité que j'y suis ! » Robert Ualérie (18 ans) et Sébas (28 ans), squeegees rue Ste-Catherine angle St-Laurent Ualérie « C'était stressant chez nous quand on revenait de l'école.Mon père me pinçait quand on n'avait pas de bonnes notes.Une fois, il m'a imprimé sa bague dans la face.Je n 'ai pas aimé cela.On vivait toujours avec du stress.À 13 ans, je me suis retrouvée dans un centre d'accueil.Je me suis sauvée, j'ai vécu dans la rue à Toronto et ici à Montréal.Je fais du crack.J'ai eu un enfanta 17ans.Ils ont bien fait de me l'enlever.J'aurais sans doute été violente avec lui.J'ai été élevée par la rue, c'est ma famille.Mes parents ne veulent plus me voir si je me drogue et si je vis dans la rue.J'ai rencon- Daniel tré Sébas à Toronto l'an passé et depuis, on est ensemble.Certains chauffeurs voudraient que les filles de la rue soient toutes des «play-toys».Ils me demandent souvent si je suce.On gagne notre vie (et notre dopej en faisant du squeegeeing au lieu de faire de la prostitution.Certains chauffeurs n'aiment pas cela.La rue et le squeegee nous rendent agressifs, parfois.C'est normal.On refuse tout le système et on voudrait revenir à l'âge de pierre.Parfois, je suis violente avec Sébas, je le pogne à la gorge, je le frappe et je hurle après lui.Il encaisse bien.J'ai peur de m'installer en appartement avec lui.Si on se chicane, qu 'est-ce qu 'on fait ?La violence me fait peur.» Sébas « Moi je suis écoeuré de vivre dans la rue, je voudrais en sortir.Je ne partage pas la vision de Valérie sur la grande famille des itinérants.Dans la rue, c'est chacun pour soi.La violence est omniprésente.L'autre jour, un chauffeur m'a arraché mon squeegee des mains et il me Ta cassé sur le bras.Un hostie de fou, man.' Tout le monde joue aux bras dans la rue.A cause de Valérie qui est trop belle, les autres jeunes de la rue veulent tous me casser la gueule.Il y a des limites à se battre pour une fille.En plus elle me saute dessus quand elle est violente à cause du crack.Avant de vivre dans la rue, j'ai travaillé et j'ai vécu d'autres expériences.Je peux faire des liens et prendre un certain recul.La seule façon de survivre dans la rue, c'est de prendre de la drogue.Les flics nous tolèrent, ils sont moins dangereux que les automobilistes.La violence entre nous est omniprésente, mais on a tendance à la nier.Moi, je n'ai pas vécu de violence dans ma famille.Si Valérie continue à faire du crack, elle va sûrement me tuer un jour ou je vais la tuer.» j L'Institut de pastorale des Dominicains un centre universitaire à taille humaine un lieu de formation permanente à la foi chrétienne 2715, chemin de la Côte-Sainte-Catherine, Montréal (Québec) H3T 1B6 Tél.: (514) 739-3223 Téléc.: (514) 739-1664 Courriel : ipastorale@yahoo.com Site Internet : www.institutdepastorale.org MONTREAL\u2022AOUT 2002 JOURNAL L'ITINÉRAIRE 71 Dossier: la violence familiale Un lâche.Robert Beaupré Je craignais mon père, sa violence imprévisible.Je respirais d'aise lorsqu'au retour de l'école je découvrais son absence.Je détestais par-dessus tout le masque souriant du type contrôlant la situation qu'il affichait avec les voisins ou la parenté.Plus nous avons de choses à nous reprocher, plus il est urgent de sauver les apparences.À treize ans, debout, je le regardais droit dans les yeux et ce regard l'impressionnait plus que moi.Je venais d'entrer dans les Cadets de l'air et il déclara que, puisque j'étais maintenant un homme, je pouvais fumer.En fait, il avait peur que je me mette à le frapper au même rythme qu'il le faisait lui-même quand j'étais sans défense.Il me racontait parfois sa guerre sainte, la deuxième d'entre toutes les grandes guerres de ce siècle, celle où l'on a vu le plus de nations se fendre en quatre pour lutter, suer, chier et mourir pour son politicien national préféré qui, à son tour, était en lutte contre le politicien préféré de l'autre race de demeurés.Krishnamurti disait que l'intelligence commence où le patriotisme finit.Nous n'avons que les politiciens que nous méritons.Mon père avait eu la guerre en horreur.Il en était revenu caporal, dégradé de sergent pour avoir refusé d'accomplir un ordre injuste, prétendait-il.Il avait reçu également une balle dans le bras, cadeau d'un franc-tireur allemand.« Je me suis mis à courir en zigzag parce que je savais qu 'un sniper allemand me visait dans le dos.Les quinze autres avaient été tués.La balle m'a traversé le bras.Je suis monté dans les airs et je suis retombé entre des cadavres.J'ai fait le mort puisque les Allemands tiraient une balle dans la tête de ceux qu 'ils ne croyaient pas morts.» « J'étais un lâche », avouait-il.« La nuit tombée, j'ai marché jusqu 'à une clairière où une lueur brillait dans une maison.Je me suis approché lentement.» Dans la campagne italienne, les puisards sont à ciel ouvert et dans l'obscurité, il est tombé dans ce grand trou malodorant.« Je suis tombé dans de la merde verte », se plaisait-il à souligner.Des livres d'images sur l'Holocauste gisaient dans la petite bibliothèque du salon vert émeraude en attente que, dans une fascination morbide, je les contemple.Certains enfants aspirent à vivre les aventures d'Hansel et Gretel.Moi, je louchais presque en passant devant les étagères où gisaient ces millions de macchabées aplatis entre des pages de livres.Je dévorais ces pages, fasciné par l'exposition en masse de ces corps rachitiques et nus où pendaient des sexes et des seins mous ou endommagés.Comment ces gens avaient-ils pu survivre avec si peu de chair sur les os ?Leur regard livide hantait ma vie.Je n'ai pas eu à descendre à Caserta en Italie ou à Londres pour connaître la guerre.Elle m'a été livrée à domicile.Dollard a été une chair à canon d'excellente qualité, un bœuf à crever grade Canada Al, comme des millions d'autres qui ont cru servir un pays.J'ai parfois le remords d'être dur.Déjà, à ce moment, j'avais connu la dureté et j'y avais fait ma demeure.Dureté que j'ai toujours identifiée comme une présence, un refuge; dureté que beaucoup d'enfants connaissent peut-être, mais troquent plus tard pour un comportement plus civilisé, davantage porté sur l'abrutissement diversifié, sur une mollesse respectable.Mais la dureté est toujours là, invariablement.Elle prend le nom d'indifférence.II faut quand même vivre.De toute façon, on n'est perdu qu'à partir de l'enfance et on s'y retrouve également aussi.Tout le reste, le travail, la drogue, les études, la famille, la guerre, l'amour, le sexe et quoi encore, ne sont que des chemins qui nous y ramènent, dans la vérité ou dans le mensonge, comme un médicament qui nous rend malade afin de nous guérir.Chemin tortueux que prend la maladie pour se protéger aussi, comme une bête tapie dans l'ombre, maladie de l'ignorance de soi qui tue davantage que la mort elle-même, puisqu'elle fait de nous des morts-vivants en attente d'une vie éternelle promise face au grand vide.La maison, elle, était investie d'un passé omniprésent, omnipotent.Photos du début du siècle où des gens chauffaient leur maison avec du charbon qu'ils emmagasinaient dans des caves, images d'un monde où les voitures roulaient sur des roues de bois, où le tramway courait sur des sillons de fer fraîchement creusés.Un univers étrange et brun où des gens aisés, un dimanche après-midi ensoleillé peut-être, se déhanchaient sur des bicyclettes aussi hautes que des maisons, mais dépourvues de chambre à air.J'habitais un monde où les objets comme les humains refusaient de refléter ma présence.Souvent à cette époque, je me souviens, je m'enfermais dans la salle de bain et je m'observais dans la glace tout en me tâtant le visage et je m'interrogeais : « Est-ce que j'existe?Est-ce que je suis là ?» Naturellement, il m'a fallu autre chose pour me sentir vivant, autre chose que cette violence qui m'éclaboussait.Le chemin le plus simple aurait été de tuer non seulement les autres, mais aussi ce mal qui champignonnait dans l'émotion.Mais moi aussi, j'étais un lâche.^ 18 JOURNAL L'ITINERAIRE MONTREAL\u2022AOUT 2002 Portrait de la violence Nathalie Corriveau Camelot tourbillonnant au Parc La Fontaine et dans les rues de la uille Je vous résume ici une recherche que j'ai eu à faire dans le cadre d'un cours universitaire il y a plusieurs années.Ce travail est véritable et réaliste.Véritable, car je me suis basée sur des ouvrages écrits par des gens qui travaillent en relation d'aide avec les individus violents.Réaliste, car j'ai personnellement vécu plusieurs « facettes » (triangle de Maslow \u2014 sauveur, victime et persécuteur \u2014) ou expériences de violence reliées, la majeure partie du temps, à une dépendance affective.Si vous lisez avec votre cœur, cela vous ouvrira les portes de la compréhension et de la prévention sur le sujet, pour mieux percevoir ce qui arrive trop souvent autour de nous.La violence physique est la pointe de l'iceberg.Elle est supportée par les violences psychologique, verbale, économique ou sexuelle souvent non identifiées.Souvent, les politicologues et les historiens en parlent comme si une guerre et une vulgaire bagarre de ruelle n'étaient pas la même chose.Les anthropologues et les biologistes savent bien que c'est du pareil au même.La violence est le fait d'agir sur quelqu'un ou de le faire agir contre sa volonté, en employant la force ou l'intimidation.C'est une disposition naturelle à l'expression brutale des sentiments émanant d'une manifestation d'origine organique ou psychogène.En bref : « la violence est le résultat d'un déséquilibre dans l'expression des énergies agressives et libidinales causé par un ou plusieurs facteurs qui affectent le niveau d'adaptation d'un individu ».Portraits types Pour de nombreux thérapeutes contemporains, la personne violente est aux prises avec un ego perturbé, une piètre estime de soi, des besoins narcissiques et une surdépendance émotive.L'individu présente de grandes difficultés à contenir ses nombreux besoins immatures de gratification immédiate ainsi qu'une incapacité fondamentale à neutraliser adéquatement ses énergies pulsionnelles.Dans ce contexte, le portrait-robot de l'individu violent se présente sous la forme suivante : il s'agira d'abord d'une personne au « moi » très faible, tiraillée de tous côtés par des forces contradictoires provenant de son intérieur profond et de son milieu de vie.L'individu violent est reconnaissable avant tout à son caractère primaire, extraverti et expansif, au contenu agressif actif de son langage et à ses fortes tendances à accuser autrui de ses pro- pres intentions négatives.Surveillons ce qu'il dit des autres, car c'est justement là qu'il parle le plus ouvertement de lui-même.Il existe un autre type d'individu violent, identique au premier sur le fond de la personnalité, sauf qu'au lieu de tout extérioriser, il n'extériorise à peu près rien.Il exerce un contrôle excessif sur lui-même, demeure très conformiste en apparence, très fermé, extrêmement tendu, et pour cause.Tout ce qui n'est pas exprimé s'imprime, il doit contenir la même charge sans broncher.Il est particulièrement renfermé, surtout s'il s'agit de parler de lui-même, et il ne peut s'empêcher, après de longues périodes, d'exploser.Les violents proviennent de tous les milieux et de toutes les professions, sont éminemment jaloux et vivent une très grande dépendance affective envers leur conjoint.Causes et solutions Selon la conception biologique, il semblerait que la violence soit fondamentalement naturelle chez l'homme.En effet, le mystère de l'agressivité n'est pas encore éclairci, mais la testosterone en serait l'une des causes les plus évidentes.Et pas seulement l'hormone qui circule dans l'organisme après la puberté, mais aussi celle qui circule dans le sang pendant les premiers mois du fœtus, lors de la formation du cerveau.Une personne agressive ne l'est pas en raison d'une situation donnée, elle le serait plutôt en fonction de dispositions internes particulières.Notre culture ne serait-elle donc en rien responsable des abus de violence dont les hommes sont si coutumiers ?Bien sûr que si, mais cette influence agit sur un organisme déjà prédisposé à se comporter de manière agressive.La société peut atténuer comme elle peut exacerber cette tendance.Les intervenants des programmes d'aide destinés aux hommes se demandent si l'incarcération représente vraiment une mesure appropriée, même dans le cas où il est évident qu'il y a eu violence criminelle.Plusieurs considèrent en effet que la prison constitue elle-même une école de violence et qu'un séjour dans ce milieu ne fera que renforcer la violence.D'ailleurs, de nombreuses études ont nettement démontré que ce sont les techniques fondées sur l'amour qui sont les plus efficaces pour développer un comportement non violent.L'important, c'est d'amener l'individu violent à refuser la violence comme moyen de communication.Il doit prendre con- MONTREAL\u2022AOUT 2002 JOURNAL L'ITINERAIRE 91 Dossier: la violence familiale science que, derrière son comportement violent, il y a quelque chose qui l'a amené à commettre ces actes.Plus de 80 % des hommes violents ont été victimes ou témoins de violence dans leur enfance, et souvent cette violence était celle de leur propre père; la violence, intégrée, devient la norme de leur existence.S'inspirant des modèles d'hommes proposés par notre culture, ils développent des rapports basés sur la rivalité, l'affrontement et le culte du pouvoir.Ces hommes souffrent d'une piètre estime d'eux-mêmes et d'un manque de respect de la personne.On parle certes de l'imporrance de faire en sorte que les hommes acceptent la pleine responsabilité de leurs actes et cessent de rejeter la faute sur les autres.Toutefois, l'histoire psychologique de l'homme violent, par exemple son enfance difficile, est souvent citée comme cause première de sa violence actuelle.Derrière toute forme de violence réside en fait une grande immaturité émotionnelle.L'adulte violent demeure au stade infantile puisqu'il n'a jamais pu intérioriser la signification des délais imposés à ses besoins de gratification immédiate.J'espère entreprendre une thérapie approfondie afin de me libérer de mon passé d'une manière convenable et constructive.Si vous avez à coeur de m'aider financièrement, n'hésitez pas à me contacter par courriel à nathxoxoxo@hotmail.com.La thérapie commence en septembre et elle est assez coûteuse, mais nécessaire à ma réintégration sociale.Note : J'ai consulté les auteurs suivants pour rédiger mon texte : Claude Roy {Vieprivée), Jacques Broué {Quand l'amour fait mal), Michel Huard {La violence apprivoisée), C.Guèvremont {Retrouver l'homme derrière la brute), Melvin Konner {Une hormone mâle qui empoisonne.notre existence), Jiirgen Dankwort {Une conception alternative de la violence conjugale : vers une intervention efficace auprès des hommes violents) .[jj^ Anne de Saurel J'ai mal à mon pays, Québec, pas encore né À son faible taux de natalité À son record de suicidés À son penchant pour la fatalité J'ai mal à mon pays, Québec qui n'aboutit pas, qui fuit son ombre sous les palmiers.qui vend son âme aux marchés boursiers J'ai mal aux Québécois désarticulés, ventres de bière, cœurs de pierre occupés à descendre tout ce qui aspire à monter, à étouffer les inspirés, à craindre jusqu'au délire l'émotion, à circonscrire hypocritement toute velléité de révolution, à arracher sans discernement leurs racines, à massacrer le peu de français en précaire équilibre sur la pointe de leur langue.J'ai mal aux Québécois qui fument un joint entre deux cigarettes de contrebande « ben » évachés devant la télé, « ben » écrasés, branchés mais déconnectés croyant au cellulaire, pratiquant la Super 7.J'ai mal à mon pays, Québec, et à ce qu'on fait avec; j'ai mal à nos résistances, nos intolérances, nos doléances, nos avances à reculons, nos reculs d'avance J'ai mal à ce qui nous défait, à ce qui nous détruit, ce qui nous désunit, ce qui nous avilit.Le Québec aux Québécois ! .vous souvenez-vous ?« Je me souviens » .« C'est à ton tour de te laisser parler d'amour ».Le chantez-vous ?Voici revenue la Saint-Jean, la « Saint-Jean de Baptiste » comme disent les Anglais.La « baptême » de Saint-Jean Baptiste que je dirais ! Que revienne donc parmi nous Saint-Jean et avec lui la grâce, l'esprit du baptême pour baptiser mon pays asséché, déshydraté, décalcifié, mon pays de lâchetés peuplé de découragés effrontés, de paumés carnassiers, de désœuvrés subventionnés, d'écœurés bureaucratisés, d'esseulés informatisés.Voici revenue la Saint-Jean et son cortège de vanités, de vœux pieux éculés, de foules paquetées, d'émeutes improvisées.J'ai mal à mon pays, Québec, pas encore né que même Saint-Jean ne pourra baptiser, lui qui perdit la tête d'avoir tenu tête.J'ai mal à mon pays, Québec, pas encore né que même le Christ crucifié ne pourra sauver aussi longtemps qu'être Québécois nous laissera de bois.J'ai mal à toi, mal à moi, mal à toi et moi si peu Québécois.J'ai mal à mon pays, Québec, pas encore né.CENTRE DE SERVICE RÉPARATION - ENTRETIEN \u2022 IMPRIMANTE LASER \u2022 JET D'ENCRE \u2022 MATRICIELLE Gilles Laviolette propriétaire 3848, rue Ontario Est, Montréal (Québec) H1W 1S4 Bureau: (514) 521-9520 \u2022 Télécopieur : (514) 521-4069 I 10 JOURNAL L'ITINERAIRE MONTREAL \u2022 AOUT 2002 amilial ne rime pas avec bonheur.Martin Richer Plusieurs mythes se rattachent à la violence: la violence engendre la violence et il y a plus de violence dans les milieux pauvres que dans les milieux favorisés.La violence familiale n'échappe pas à ces mythes.Pour la professeure au département de psychologie de l'Université de Montréal, Andrée Fortin, il faut identifier ce qui sous-tend cette pauvreté.« C'est quoi être pauvre ?La pauvreté n 'égale pas automatiquement violence.Par contre, les contextes de cette pauvreté (monoparentalité, environnement social pauvre ou manque de travail) et le passé d'une personne peuvent expliquer un geste violent.» Le pire drame de la violence familiale, c'est que ça vient chercher le jeune dans le dernier refuge où, normalement, il aurait dû se sentir en sécurité.Le milieu familial est rempli, pour ceux qui, comme vous et moi, n'ont pas connu ce genre de problèmes, d'images de bonheur et de joie, que ce soit à l'occasion d'un repas, d'un voyage ou de quelque autre activité.En fait, la famille se doit d'assurer la protection de ses membres sur les plans social, économique et physique, tout en leur offrant un support moral, spirituel et affectif.Des statistiques qui donnent froid dans le dos : -Les enfants et les jeunes de moins de dix-huit ans représentent 20 % des victimes d'agression physique; -Les parents, plus que les autres membres de la famille, commettent plus souvent des actes de violence envers les enfants et les jeunes; -Près de la moitié des enfants dont le signalement est retenu par la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) appartiennent à des familles vivant de l'aide sociale; -Au Québec, entre 3 et 5 % des adolescents ont des comportements perturbateurs qui les mènent au décrochage scolaire, voire à commettre des actes de délinquance qui feront qu'ils auront, tôt ou tard, des démêlés avec la justice; -55 % des abuseurs adultes avaient déjà développé ce problème à l'adolescence; -Le taux de suicide chez les moins de 14 ans aurait triplé entre 1975 et 1998.Pourtant, les jeunes qui sont victimes de violence se sentent également très attachés à leur milieu familial.« Les jeunes aiment profondément leur famille.S'ils dénoncent la violence dont ils sont victimes, ils auront peur de briser l'équilibre familial, de se retrouver en famille d'accueil, ou d'être séparés.Ils voudraient que ça cesse et que tout rentre dans l'ordre », explique Nathalie Lamy, directrice du Centre d'aide aux victimes d'actes criminels du Saguenay.Quant à la professeure Fortin, elle ne croit pas que le lien familial se brise, mais il y a toutefois d'importantes séquelles à la violence.« Il y a plus de méfiance de la part de l'enfant vis-à-vis du parent.L'enfant ne trouve pas ce lien sécurisant.» JOURNAL L'ITINERAIRE 11 | Dossier: la violence familiale La famille est un Lieu sacré, un lien qui devrait normalement être fort.Les abuseurs jouent donc la carte du secret avec leurs victimes pour ne pas briser le lien (dommant-dominé) qui les unit Dans le rapport de la Conférence mondiale sur la violence familiale de Singapour, tenue en 1998, on écrivait: « Le \"secret\"prend des proportions telles qu 'il isole l'enfant.Convaincu-e que personne ne peut comprendre ou même croire ce qu 'il ou elle vit, l'enfant se sent complètement et désespérément seul-e.» Les effets de cette violence sont assez divers, mais surtout des plus dévastateurs.De plus, ils sont très différents selon que ce soit une fille ou un garçon qui en est la victime.Les garçons auront tendance à associer l'idée que la violence peut être une solution à tous leurs problèmes.De plus, l'idée stéréotypée que les hommes sont les dominants et les femmes les soumises s'incruste aussi en eux.Les jeunes filles auront plutôt tendance à s'effacer et à toujours se remettre en question, en plus de douter de leurs capacités tout en retournant leur agressivité contre elles-mêmes.« Les jeunes garçons sont plus violentés que les jeunes filles, explique Mme Fortin.Les garçons montreront plus leur agressivité et seront identifiés comme des meneurs.Les filles, on les éduque à être gentilles, dociles et douces : elles auront plus tendance à se replier et à développer des symptômes de dépression.» Pour Sophie Gilbert, coordonnâmes de recherche pour le Groupe de recherche sur l'itinérance des jeunes adultes (GRIJA) à l'UQAM, ces jeunes violentés chercheront ailleurs le réconfort qui leur fait défaut.« Un jeune garçon cherchera, par les vols répétés, la provocation de l'autorité sociale, cette figure paternelle de force par excellence qui amène, paradoxalement, la sécurité et le calme.derrière les barreaux.Une jeune fille dont les tentatives de suicide ne se comptent plus, retrouvera la mère attentive dans le personnel hospitalier qui lui prépare régulièrement une civière.» Sans être directement victimes de violence, les jeunes peuvent être témoins de la violence de leur père envers leur mère, un frère ou une sœur.Souvent les effets sont les mêmes.La violence en milieu familial affecte aussi l'apprentissage des jeunes; on remarque qu'ils accusent un retard important dans leur formation scolaire.Selon Anita Patil Deshmukh, directrice du Community Pediatric Residency Program au Lutherian General Children's Hospital en Illinois aux États-Unis, ce retard s'expliquerait par l'urgence du moment présent: « Un enfant qui vit dans l'angoisse et la peur apprend à vivre en état d'urgence, il est toujours prêt à se défendre ou à défendre un membre de la famille.La perception de l'avenir, du lendemain, peut en être profondément transformée.Comment ou pourquoi faire ses devoirs ou apprendre ses leçons si tout ce qui importe pour l'enfant est sa survie immédiate ?» Une question demeure : est-ce que cette violence se transmet de génération en génération, comme un héritage empoisonné ?La réponse comporte trop de tons de gris pour que nous puissions répondre par oui ou non.« Il y a une vulnérabilité, c'est sûr.» En fait, un peu comme dans n'importe quel domaine de vie, les enfants s'identifient aux modèles qu'ils côtoient, les comportements étant appris.Un enfant violenté ne verra pas d'autre solution que la violence aux problèmes qu'il vit.Pour la professeure Fortin, les victimes de violence réagissent de différentes façons.« Plusieurs vont s'en sortir indemnes.D'autres vont être plus vulnérables et, s'ils sont soumis à certains facteurs, seront portés à être violents.Finalement, d'autres, n 'ayant rien connu d'autre recourront tout simplement à la violence.» Citant une étude, Mme Fortin signalait que certaines personnes interrogées disaient avoir été punies sévèrement par leurs parents, mais qu'elles allaient être aussi sévères avec leurs propres enfants.La violence n'a jamais rien réglé et n'est la solution à aucun problème.Ce serait même plutôt le contraire !!! Il faut donc continuer les programmes de prévention pour que les enfants puissent vivre sans violence et ne pas avoir l'idée que le monde leur est hostile.CIRQUE DU SOLEIL 8400,2e Avenue, Montréol (Québec) Canada H1Z 4M6 Députée de Mercier Nathalie Rochefort » » » *^ k% plus inttuento nu roun* f (.'rte orjjaiijui* iJ (k.-.itti'luc*M uui fwt» ilTivIctli imm-titmK-» U- ti5 yiot PAS urmocfal*]u cm, I II ¦\u2022 a \" I '¦ Cl I'*' il -, pru-ilèglunl le.pruiM Gina Mazzerolle Camelot au Carré St-Louls Les 26 et 27 juin dernier à Ottawa a eu lieu une mobilisation de la région du Nord-Est américain contre le sommet du G8 qui avait lieu à Kananaskis, en Alberta.Sous le nom de À l'assaut du capital, prenons la capitale !, des citoyens et citoyennes du monde entier se sont rassemblés à Ottawa pour dénoncer la rencontre des chefs des huit pays les plus puissants de la planète qui étaient dans les montagnes de Kananaskis pour faire avancer leur propre ordre du jour.Ce dernier portait sur la croissance et le redressement économiques, sur un nouveau partenariat de libre-échange avec l'Afrique et sur la guerre au terrorisme.Les manifestants ont pris la rue pendant deux jours sous une pluie intermittente les deux jours pour faire de l'éducation populaire, du théâtre de rue, des actions de résistance actives et créatives et, surtout, pour confronter les différents symboles et institutions du capitalisme concentrés à Ottawa.Le mercredi 26 juin était surtout une journée d'actions décentralisées dans le but de provoquer et de perturber le centre d'affaires et politique d'Ottawa avec tous les symboles du G8 qu'on y retrouve.Le jeudi le 27 juin, c'était la marche des 10 000 drapeaux de la résistance.Les buts de cette marche : l'élimination des frontières, la décriminalisation des immigrants et des réfugiés, l'opposition au racisme, aux génocides et à la guerre.Les manifestants marchaient aussi en solidarité avec les luttes des peuples masque la détresse de ces jeunes pour qui la rue peut devenir une solution à des situations familiales et institutionnelles intenables.» 1-CÔTÉ, Marguerite Michelle, Les jeunes de la rue, Montréal, Éditions Liber, 2002, 177 pages.2-Données tirées du feuillet Freiner la marginalisation, un effort collectif, un projet conjoint Justice Canada et ministère de la Sécurité publique du Québec.Les informations contenues dans ce document proviennent d'un article scientifique de Robert, Pauzé et Fournier intitulé « Les expériences de vie adverses et l'itinérance chez les adolescents : un examen des conditions assurant la convergence des deux phénomènes ».^-Relations et représentations interpersonnelles de jeunes adultes itinérants, effectuée par Mario Poirier (Ph.D.), Véronique Lussier (Ph.D.), Robert Letendre (Ph.D.), Pierre Michaud (Ph.D.), Monique Morval (Ph.D.), Sophie Gilbert (B.Se.) et Annie Pelletier (M.Ps.), terminée en février 1999 pour le GRIJA.4-« Décrypter l'itinérance chez les jeunes adultes », La Presse, 29 juillet 2001.Lauréat du prix de vulgarisation scientifique de l'Association francophone pour le savoir (Acfas).autochtones pour l'autodétermination et avec ceux qui subissent l'oppression économique et militaire de l'impérialisme.Le slogan était Personne n'est illégal! En marchant, les gens ont manifesté pour plusieurs raisons, c'est-à-dire contre la croissance économique qui égale privatisation, exploitation et pollution.Quand les chefs parlent de croissance économique, ils veulent en réalité créer des conditions propices à l'exploitation des ressources naturelles et de la main-d'oeuvre par les multinationales et privatiser tous les secteurs au profit des investisseurs.Le 26 avril dernier à Montréal, les ministres du Travail du G8, poussés par l'OCDE (Organ isation de coopération et de développement économiques) se rencontraient pour parler de création d'emplois dans l'optique de la flexibilité du travail, sans tenir compte des droits des travailleurs.La flexibilité entraîne la précarisation des emplois et la dégradation des normes du travail.De plus, les employeurs peuvent couper les salaires, effectuer des mises à pied massives et déplacer leurs entreprises dans les pays où la main-d'œuvre et les ressources sont bon marché.Cela ne fait qu'abaisser les conditions de travail au niveau mondial.Le monde, comme dans le cas de l'Afrique, est très endetté même si elle nous donne l'illusion d'une vision d'un monde meilleur.Dans le document du Nouveau Partenariat pour le développement de l'Afrique (NPDA), le G8 se sert du Fond monétaire international (FMI), de la Banque mondiale et de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) pour s'enrichir sur le dos des pays les plus pauvres, déjà mis au pied du mur à cause de leurs dettes extérieures.En 1970, la dette totale des pays les plus pauvres s'élevait à 100 milliards de dollars et en 2000, elle atteignait la somme astronomique de 3 000 milliards.Depuis que le FMI a commencé à gérer l'économie du continent africain, la dette extérieure totale des pays a augmenté de 400 %.La guerre au terrorisme met notre sécurité en péril, car elle sert les intérêts économiques américains, par exemple l'industrie du pétrole.Cette guerre accélère la militarisation du monde.Depuis le 11 septembre, les chefs votent des lois anti-immigration racistes au détriment des droits des communautés immigrantes, institutionnalisent la répression et facilitent la multiplication de raids, d'arrestations et de déportations des sans-papiers et des sans-statut.Cela satisfait l'industrie militaire, car les pays du G8 augmentent leurs dépenses dans ce domaine.Le G8 pollue à nous tuer.Par exemple, les États-Unis ont rejeté le protocole de Kyoto qui profitait d'un appui mondial pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.La surconsommation favorise la détérioration de la planète, par exemple, la culture excessive du coton assèche la terre.PJ3 MONTREAL\u2022AOUT 2002 JOURNAL L'ITINERAIRE 151 AL1MEN Résistance en fête Valérie Provost Plusieurs actions de protestation contre la réunion du G8 qui s'est tenue à Kananaskis, au fin fond de l'Alberta, ont eu lieu un peu partout au Canada.Calgary, Vancouver, Toronto et Ottawa ont vu leurs rues et endroits publics pris d'assaut par des centaines de manifestants.À Montréal, au Parc La Fontaine, on a eu droit à quelque chose de plus.festif! L'animation était au rendez-vous à certains stands, comme à celui d'ENvironnement JEUnesse (ENJEU).C'est avec le jeu de la chaise musicale que le Festival des résistances a débuté.Au son de la fanfare Pourpour, les participants tentaient désespérément de garder des chaises qui étaient enlevées par des organisateurs personnifiant les membres du G8.Ensuite, il y a eu des conférences, des projections de films et une exposition.Pendant ce temps, différents groupes tenaient des stands d'information dans une ambiance festive et Montréal François Pilon B.P.63533, suce.Van Horne Montréal, H3W 3H8 Tél.: (514) 731-7261 Téléc.: (514) 737-6447 Cellulaire: (514) 591-7542 Courriel: francoispilon@sympatico.ca une optique d'éducation populaire.Les passants pouvaient discuter et obtenir des tonnes de renseignements sur une multitude de sujets : de l'environnement au logement, des droits des travailleurs à la consommation, etc.Étaient également présents libraires et journaux alternatifs de même que l'Union des Forces Progressistes (UFP), le nouveau parti politique.À certains stands, on pouvait répondre à des questionnaires, voter sur les grandes questions traitées lors du sommet de Kananaskis et même décider du sort du monde en jouant aux poches ! Un spectacle de variétés a eu lieu en fin de soirée et mettait en vedette musiciens et chanteurs de styles dif- férents, en groupes ou en solo, un humoriste ainsi qu'une narratrice qui a récité un poème de façon magnifique.Durant le spectacle, quelques-uns des organisateurs ont pris la parole, au grand regret de certains.Bref, le 26 juin dernier, on a assisté à une façon peu commune de protester : l'éducation populaire dans une ambiance de fête.C'est la preuve que tous les moyens sont bons pour se faire entendre.Service d'écoute pour personnes en détresse TEL-AIDE 935-1101 Une écoute respectueuse, anonyme et confidentielle 24 heures/jour 7 jours/semaine Bilingue La fanfare Pourpour a mis de l'ambiance lors de l'ouverture du Festival.JOURNAL L'ITINERAIRE MONTREAL \u2022 AOUT 2002 Le Sommet de Montréal et l'itinérance» \u2022 Le suivi attendu ^ SOMMET DE Montréal Pierre Demers Le Sommet de Montréal des 4, 5 et 6 juin dernier semble avoir été bien accueilli dans le milieu de l'itinérance.De façon générale, les représentants des organismes contactés admettent que les ateliers étaient branchés sur les vrais problèmes et surtout que de vraies solutions ont été proposées.On a constaté une nouvelle volonté politique municipale et une détermination d'agir coûte que coûte face à la réalité de la pauvreté montréalaise.On n'avait pas senti jusqu'ici à l'Hôtel de ville de Montréal une pareille ténacité pour changer l'inévitable, en produisant cette concertation directement branchée sur le milieu.Dans la série des propositions présentées le 4 juin, on confirme la priorité de l'atelier 3.4 pour combattre la pauvreté, traduite en action 5 : promouvoir le soutien communautaire en ce qui concerne le logement social pour les personnes itinérantes.En complément, les résultats visés indiquent une bonne perception de la réalité itinérante.On souhaite ainsi diminuer les problèmes socio-urbains en établissant des indicateurs pour chaque projet et/ou intervention et en produisant une étude de faisabilité pour la mise en place de zones de tolérance sur le territoire; en ouvrant un « centre d'injection assisté » pour les toxicomanes; enfin, en réduisant sensiblement le nombre de jeunes sans-abri par l'augmentation du nombre et de la qualité des interventions de réinsertion socioprofessionnelle, en collaboration avec le milieu communautaire, et en développant des mesures d'accueil pour les jeunes de l'extérieur de Montréal afin de les référer et de les orienter vers les ressources appropriées qui leur faciliteront l'intégration à la vie montréalaise.Pour atteindre de tels résultats, on évalue les besoins à deux millions de dollars par année pour une période de cinq ans (financement conjoint).Comme on peut le voir, le logement avec l'appui communautaire semble au centre des solutions envisagées pour « changer la face » de l'itinérance (et de la pauvreté) à Montréal.Claude Chapdelaine du RAPSIM (Réseau d'Aide aux Personnes Seules et Itinérantes de Montréal) partage ce point de vue : « Le consensus sur la construction de 500 unités de logement avec soutien communautaire nous réjouit.Tous conviennent que la solution à l'itinérance passe par là.De plus, on vient de débloquer à la Régie régionale 300 000 $ récurrents pour l'appui communautaire.Il faut répartir cette somme de façon équitable dans les plus brefs délais.C'est du nouveau dans le décor.Il y a au moins une évidence reconnue par tout le monde maintenant : la nécessité de construire des logements sociaux et d'investir dans l'appui communautaire pour lutter contre l'itinérance.La Ville a aussi confirmé une volonté de régler les problèmes de la pauvreté et de l'itinérance de façon beaucoup plus tangible que sous l'administration Bourque.» Robert Warren de la Old Brewery Mission garde une très bonne impression du Sommet.Lui aussi y a senti une volonté de changer les choses et les façons de faire dans la lutte contre l'itinérance.« La Ville s'est impliquée dans les dossiers qui nous intéressent et nous en sommes très satisfaits, affirme-t-il.Nous attendons maintenant les résultats.Pour notre part, on constate que les personnespsychiatrisées, un pourcentage de notre clientèle, ont besoin de plus de ressources.Mais la Ville n 'a pas a s'occuper d'eux, car c'est un dossier provincial.Il faut repenser en entier les ressources en santé mentale.À notre avis, la désinstitutionalisation des malades mentaux est un échec.On a besoin de lits supplémentaires pour ce genre de malades.Ils n 'ont pas leur place dans les refuges pour itinérants.Notre autre clientèle, les itinérants sans problèmes de santé mentale, a besoin de logements sociaux avec soutien communautaire.Il y a des limites à encourager la construction de condos à 1 000 $ par mois Tu veux travailler?Le GIT peut t'aider! GIT> Pour t'inscrire: (514) 526-1651 Services gratuits > Ateliers de groupe > Stages en entreprise > Suivis individualisés > Activités post-formation > Support dans la recherche d'emploi Tu es > Âgé(e) de 16 ans ou plus > Motivé(e) à intégrer ou réintégrer le marché du travail > Démuni(e) face à l'emploi Les services du GIT sont offerts grâce à la contribution financière d'Emploi-Québec QuébecSS Groupe Information Travail > 2260, av.Papineau > Montréal (Québec) H2K 4J6 > git@infotravail.net MONTREAL\u2022AOUT 2002 JOURNAL L'ITINÉRAIRE 171 partout dans la ville ! Là, la Ville doit intervenir avec un plan précis.Il faut plus de logements sociaux à des prix abordables.On attend des actions concrètes de l'administration Tremblay dans ce domaine.C'est la seule façon de soulager les refuges pour itinérants.» Jacinthe Ouellet, du Chic-Resto-Pop, a aussi apprécié les discussions et les décisions du Sommet : « On y a posé les bonnes questions et, surtout, on a invité les bonnes personnes.J'ai bien aimé qu'on insiste sur la nécessité de trouver des emplois pour les jeunes - à la Ville par exemple - afin de les sortir de la rue.On veut leur offrir des stages; j è-spère qu 'ils seront rémunérés.Dans le domaine qui me concerne plus, soit l'aide alimentaire, eh bien il faut se méfier de la multiplication des énergies.Il faut évidemment réduire le recours aux banques alimentaires et favoriser auprès des gens démunis la prise en charge de leur sécurité alimentaire.On est dans la bonne direction en soutenant le fonctionnement et la coordination de réseaux tels ceux des magasins partage, des cuisines collectives et des groupes d'achat.On se débrouille assez bien en aide alimentaire.C'est le problème du logement qui est plus chronique et, d'ailleurs, le Sommet Ta démontré de façon éloquente.» Mais ce qui risque de compromettre l'application des décisions du Sommet de Montréal, c'est peut-être les moyens financiers promis par les partenaires de la Ville.Les gouvernements provincial et fédéral ont un gros bout de chemin à faire dans ce domaine, comme le souligne Claude Chapdelaine du RAPSIM.« Lors de la dernière journée du Sommet, le ministre Boisclair est venu mêler les cartes en questionnant la responsabilité de la Ville en ce qui a trait à la loi sur la Sécurité du revenu.Malheureusement, les assistés sociaux n'étaient pas représentés au Sommet et on s'est mis à discuter de leur sort en leur absence.De plus, le projet de loi contre la pauvreté annoncé par Québec risque aussi de modifier les règles du jeu dans cette lutte à l'exclusion.Les groupes communautaires auront à prendre position assez rapidement sur ce sujet.Pour notre part, on fait une analyse critique du projet de loi en vue de la commission parlementaire et on s'apprête à consulter nos membres.La question du revenu de citoyenneté nous intéresse plus particulièrement.Il faut que toutes les catégories de citoyens soient inclus dans le projet de loi.C'est bien de vouloir lutter contre la pauvreté et l'exclusion, mais voyons à ne pas exclure trop de gens en le faisant.» Lorsque la rue se fait mondiale Nancy Roussy #En avril dernier, avait lieu, à Madrid, le 7e congrès de l'International Network of Street Papers (INSP, association internationale des journaux de rue).Cette dernière regroupe maintenant plus de 45 membres provenant de 25 pays différents.Un des objectifs principaux de l'INSP dont fait partie L'Itinéraire est d'établir la communication entre tous ces journaux puisque le partage d'expériences diverses est vital lorsque l'on touche aux problèmes de la pauvreté et de l'itinérance, tant locaux que mondiaux.L'INSP veut démontrer à quel point les journaux membres sont des médias influents en raison d'un tirage global annuel de plus de 24 millions d'exemplaires.Elle vise à promouvoir le respect envers les journaux de rue tout en attirant l'attention sur la problématique de l'itinérance à l'échelle planétaire.Une cinquantaine de délégués se sont rencontrés pour trouver des solutions aux nombreux problèmes que chacun vit dans son petit coin du monde.Outre les affaires habituelles de comités, l'ordre du jour cportait sur les thèmes suivants : l'avenir immédiat de l'INSP, les moyens pour venir en aide à certains journaux en difficulté, les divers projets sociaux, le contenu des journaux, la diversification des affaires, le tournoi mondial de soccer de rue de l'an 2003.Il y eut des travaux d'équipe sur l'amélioration du site web, du journal interne, de l'image de l'INSP, etc.Pour un congrès si court, la liste des choses à faire était longue et parfois exténuante, mais avait toujours pour but ultime l'amélioration des échanges internationaux entre journalistes et le partage d'idées et d'informations qui stimuleront le développement des journaux de rue, dont l'importance sociale ne fait plus de doute.suite à la page 24 Un groupe de congressistes en atelier de discussion.JOURNAL L'ITINERAIRE MONTREAL \u2022 AOUT 2002 Pour souligner le huitième anniversaire de la vente du journal dans la rue, L'Itinéraire fête ça à L'Alizé Gabriel Bissonnette L'organisateur et l'animateur de la soirée.Le 18 juin dernier, L'Itinéraire célébrait ses huit ans de vente dans la ^ rue.Comme on dit dans notre lan- gage> c'était un « méchant party ».^ ^| Nous avons célébré au Centre de diffusion artistique L'Alizé, près de L'Itinéraire.Cette fête a été la plus belle, la plus simple et la plus réussie.Nous avons eu aussi une assistance record de 100 personnes au plus fort de la soirée.Il faut mentionner que tous les membres du Groupe communautaire L'Itinéraire étaient invités.Une première ! flouuelle uision Pour la première fois dans l'histoire du Groupe, nous avons décidé de changer le sens de l'anniversaire, les motifs et les raisons de la fête cette année.Pourquoi ?Nous nous sommes aperçus avec les ans qu'à chaque anniversaire, nous disions que c'était « le party des camelots ».En fait, nous étions dans l'erreur, car ce n'était pas seulement le party des camelots, mais aussi le party du Groupe.Le journal ne se fait pas tout seul ! C'est bien beau de le vendre, le journal.On a beau dire que ça prend du courage et que ça prend de l'audace, je sais aussi que ce n'est pas facile de vendre par mauvais temps ( le froid, la neige, la pluie, le vent.) sans compter les « mauvaises rencontres » que nous faisons, nos petits « bobos personnels » et tous les obstacles auxquels nous avons à faire face.Mais si on veut vendre ce journal, il faut d'abord le faire et ça prend « ben du monde » et beaucoup de travail.Donc, il faut toute une équipe.Nous nous sommes dit qu'à partir de maintenant, ce n'était pas seulement le party des camelots, mais plutôt celui de l'anniversaire de la vente du journal dans la rue et que ce ne sont pas seulement les camelots qui devraient être invités à célébrer cet anniversaire, mais l'équipe au complet.Je crois sincèrement que c'est à cause de cet ajustement que le huitième anniversaire a été un grand succès.aout2002 - Jeudi 1er aeut le Franchisees Z nomades 65 mm* ~jl SanSSÎ 3 aaûtttj Party de fin de production du film1 \u2022t.Ma passion, m Mardi Bawrt ^Peinture en direct - Mossaik entree libre uWÊÊL v*\"ir' *M Mercredi 7 aeutl avec Axel Fischfc Jazz Brésilianf Les points forts du party Les moments les plus intéressants de la soirée ont été, premièrement, la participation et la présence des membres : la première fois que je voyais autant de gens avoir du fan comme ça pour un anniversaire.Ce qui m'a marqué a été la présence des vieux membres, version 1994, et la présence de notre ancien rédacteur en chef, Serge Lareault.Nous avons beaucoup apprécié la présence de Gilles Trépanier de la Corporation de développement économique et communautaire Centre- Edwin et Annie, nos artistes (musiciens) invités.MONTREAL \u2022 AOUT 2002 JOURNAL L'ITINÉRAIRE 191 Nos techniciens de son : Ron de L'Itinéraire et Jean de L'Alizé.Sud/Plateau Mont-Royal, qui nous a toujours encouragés et aidés.Je voudrais aussi souligner la présence de la sympathique députée de Mercier, Nathalie Rocherort, qui a même donné un lift à une de nos camelots, France Ouellet, temporairement handicapée.nos artistes inuités Nous avons eu la chance d'avoir de très bons moments avec nos invités débordants de talents.Le couple de musiciens Annie et Edwin nous a fait chanter et danser sur du Rock and Blues.Ils sont très chaleureux et beaux dans la tête.Quelques membres de la Ligue nationale d'improvisarion (LNI), dont Stéphane Crête et Sophie Caron, onr performé sur une impro qui avait pour thème « Les clients de L'Itinéraire » et une deuxième sur « Les camelots de L'Itinéraire ».Je peux vous assurer que nos quatre acteurs, avec beaucoup d'humour, ont été très près de la réalité.Pendant l'impro, un nombre impressionnant de camelots se sont reconnus.C'était super drôle de voir les gars et les filles qui disaient « Chu pareil ! » ou « Jfais la même chose; criss, c 'est moé ça ! » Il ne faut pas oublier l'artiste peintre Manon Gagnier, qui nous a peint en direct une formidable toile immortalisant l'événement; l'œuvre est exposée au Café sur la rue.m Notre artiste peintre Manon Gagnier et l'amie du groupe Marianne.\t \t \tW 3\"- f W3à \t L'union fait la force Nous avons tous aimé le discours de notre secrétaire au Conseil d'administration, Régean Mathieu « Monsieur empowerment » lui-même, qui nous a servi un discours à saveur un peu syndicaliste.Le « père » nous a envoyé un message extrêmement clair disant que \\'empowerment est le mot clé de la réussite pour le Groupe et que nous sommes capables d'y arriver avec la solidarité, que nous le prouvons depuis huit ans et il nous a encouragés à continuer dans ce sens.Les inuités arriuent tôt Les gens sont arrivés de très bonne heure.Nous n'avions même pas terminé la décoration de la salle que ¦ M.Empowerment en person ne, Réjean Mathieu, qui nous quelques invités sont arrivés et nous a servi tout un discours.¦ ,, , , ont aides a la terminer en un temps record.Je voudrais remercier tout le monde, les ami(es), les collègues et l'équipe technique qui ont fait de la maudite bonne job.On n'a même pas eu un pépin pendant la soirée.Mille fois merci aux filles pis aux gars ! Çdswingue] J'ai bien aimé la participation de notre D.J.et sa bonne musique rock dansable et un peu de rétro.Je vous avoue que ça swinguait, pis pas à peu près.Je ne savais pas que j'avais des amis De gauche à droite : Geneviève Denis, Audrey Coté, Ariane Pelletier, Cathy Bazinet, Jocelyne Pilotte, Sylvie Côté, Sylvio Hébert et Jocelyne Sé'nécal.www.ccmm-csn.qc.ca (514) 598-2021 du montréal métropolitain C5N 427, rue de la Commune Est Montréal (Québec) H2Y IJ4 Téléphone: (514) 845-3906 Télécopieur: (514) 845-7Q19 JOURNAL L'ITINERAIRE MONTREAL \u2022 AOUT 2002 L'Itinéraire version 94 : Pierrette Desrosiers, Richard Touzin, Alain Coulombe, Luc Lenoir, Denis Blanchard, Denise English, Robert Beaupré et finalement Serge Lareault.et collègues qui avaient d'immenses talents de danseurs et de danseuses.Surprenante des fois la vie, hein ?Les camelots prennent leur place Nous étions fiers de voir nos collègues camelots avoir autant de plaisir.A un moment donné, j'ai regardé sur la piste de danse et me suis aperçu que la ligue du vieux poêle dansait, tous ensemble.Ça ressemblait plutôt à une grande famille qui se réunissait pour une grande fête dans le respect et dans l'accord.En terminant : IMRCI ! Pour terminer, je voudrais remercier toutes les personnes qui m'ont aidé à organiser cette super soirée.C'est grâce à vous aussi si c'a été une réussite.Je ne nommerai personne, pour ne pas en oublier, et vous savez que j'ai beaucoup apprécié votre aide et que je vous en remercie de tout mon coeur.Par contre, je voudrais dire un merci particulier à une amie du Groupe, Marianne, pour les belles photos qu'elle a prises pendant le party.Je voudrais remercier aussi notre rédacteur en chef, Jean-Pierre Lacroix, de m'avoir fait confiance pour le petit historique publié en juillet dernier et m'avoir permis de faire la une du mois dernier.Ben oui, c'était ma face ! Merci Jean-Pierre ! En parlant du petit historique, le mois prochain je vais vous parler de quelques camelots qui sont avec nous depuis le début du Groupe et de nos clients qui sont là, avec nous, eux aussi depuis le commencement de la vente du journal et de mes clients assez spéciaux et des Jean-Guy.et surtout d'un Jean-Guy en particulier.À la prochaine, bye-bye ! gabrielbissonnettel 01 @hotmail.com Daniel Dubois Gérant administrateur 501, rue Mont-Royal Est, Montréal (Québec) H2J 1W6 Tél.: 521-3481 Fax: 521-1660 ^Le 18jmM dewùev, legommai 3>Q%ùn âmiw célélmittem 6e fiMMw de vetite ûuv la vue.çj^vâce à l'vmAlicatUm iocmle deb co4n/m&*ca/ntàJ celte jeté a été urne vét/Aâite.Q/flei>
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