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L'itinéraire
Depuis 1992, L'Itinéraire fait découvrir aux Montréalais les intérêts, les préoccupations et les revendications des gens de la rue, des activistes sociaux et des collaborateurs qui participent à la publication. [...]
L'Itinéraire est un mensuel montréalais dont la publication a débuté au printemps 1992. Le magazine est une initiative du Groupe communautaire L'Itinéraire, organisme basé dans le quartier Centre-Sud à Montréal. Il est vendu dans les rues et dans le métro de Montréal par des camelots. La création de L'Itinéraire visait à offrir une publication aux personnes seules et itinérantes dans laquelle elles pourraient partager avec la population les problématiques de l'itinérance et proposer des pistes de solution. L'Itinéraire permet aux participants l'apprentissage d'un travail rémunéré. Une participation active brise l'isolement. Elle favorise la revalorisation et la réalisation de soi, une reprise personnelle et une culture de l'autonomie. L'Itinéraire transmet aux Montréalais les intérêts, les préoccupations et les revendications des gens de la rue, des activistes sociaux et des collaborateurs qui participent à la publication. Ainsi, l'accès au logement, la réinsertion sociale, le travail du sexe, l'alcoolisme et la toxicomanie, la formation aux adultes, les droits de la personne, les sujets politiques de l'heure, les arts et la culture populaire, sont des sujets traités dans le magazine. On trouve régulièrement une personnalité connue en page couverture de L'Itinéraire, à laquelle est jumelé un article prenant souvent la forme d'une entrevue. Des collaborations spéciales de journalistes pigistes professionnels trouvent leur place chaque mois dans L'Itinéraire. Le magazine offre aussi une tribune à ses camelots, dont quelques-uns sont maintenant des figures connues des Montréalais. THIVIERGE, François, « Intervention de groupe auprès de la population itinérante de Montréal », Service social, vol. 43, no 2, 1994, p. 147-157.
Éditeur :
  • [Montréal] :Groupe communautaire l'itinéraire,1992-
Contenu spécifique :
février
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
deux fois par mois
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L'itinéraire, 2003-02, Collections de BAnQ.

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[" jj§ ¦ M m H 7 ¦ L'Itinéraire Encore 80 000$ à trouver L'Itinéraire a enfin trouvé un site pour abriter ses ocaux en 2004, au coin des rues De Lorimier et Ste-Catherine! Il s'agit d'un projet de 800 000 $, assumé pour plus de la moitié par le gouvernement fédéral dans le cadre du programme Initiative de partenariat en action communautaire (IPAC).Ce programme a permis à plusieurs organismes d'acquérir un immeuble afin d'assurer leur continuité.Depuis 1996, L'Itinéraire loue des locaux pour abriter ses secteurs d'activités : le Café sur la rue, le journal L'Itinéraire et L'Espace Internet.Il en coûte actuellement plus de 68 000 $ par année pour la location de ces espaces.Cette somme importante représente depuis des années un frein à notre développement et restreint notre capacité d'offrir de l'aide aux personnes de la rue dont le nombre ne cesse de s'accroître à chaque année.Grâce à la générosité de donateurs privés et publics, nous sommes près du but.Les lecteurs de L'Itinéraire ont jusqu'à présent donné près de 20 000 $.Il nous manque encore environ 80 000 $ pour réaliser pleinement ce projet.La campagne spéciale de financement « Un toit pour L'Itinéraire » se poursuit jusqu'au mois de juin 2004.En vue de la réalisation de ce rêve, nous sollicitons encore une fois l'appui du grand public, des entreprises et des institutions.Chaque don, aussi petit soit-il, compte pour nous.Des dons en matériel pourraient également diminuer les coûts d'aménagement.Le mobilier du Café sur la rue et des bureaux de L'Itinéraire sont en état de décrépitude.Les besoins sont grands mais pour le millier de personnes qui fréquentent nos locaux chaque année, l'espoir d'un meilleur espace de vie l'est tout autant.Merci de nous encourager, nous avons besoin de vous! Nous comptons sur la participation des entreprises, des organismes et de nos fidèles lectrices et lecteurs en les invitant à communiquer avec notre agente de développement au financement, Manon Goulet au (514) 597-0238 (poste 25) pour toute information supplémentaire.Un L'Itinéraire Je vous fais parvenir mon don de : Nom : Prénom : Adresse : Code postal : Tél.: ( )_ MODE DE PAIEMENT ?VISA No de ta carte _/_ Date d'expiration Signature J Chèque au nom de Croupe communautaire L'itinéraire.Je désire recevoir un reçu pour fin d'impôts | | i/'//«w( c/êfoe avec n-oi/sf Envoyer un chèque ou mandat-poste à l'ordre du Groupe communautaire L'Itinéraire à l'adresse suivante : 1108, rue Ontario Est, Montréal (Québec) H2L 1R1 «TET!.Le groupe communautaire L'Itinéraire est un organisme de charité fondé en 1990 pour aider les itinérants.Le conseil d'administration est composé en majorité de personnes ayant connu l'itinérance, l'alcoolisme ou la toxicomanie.Le conseil d'administration : Président : Sylvio Hébert Secrétaire : André Martin Vice- présidente : Michèle Wilson Conseillers : Robert Beaupré, Audrey Coté, Triknripr ¦ Frir Pimnn_ André Canuel.Martin Gauthier \u2022 Administration : Éditeur - directeur administratif : Serge Lareaull Coordnnnatrice de l'administration : Claudette Tuigeon Adjointe administrative : Denise Ouellel Agente de développement : Manon Goulet Conseillère publicitaire : Renée Lariviète Administration du groupe \u2022 Calé sur la rue : \u2022 Distribution : \u2022 Espace Internet : Organisatrice : Carole Couture Organisateur : Sylvio Hébert, François Bouchard Représentants des camelots : Gabriel Bissonnette, Robert Dion.Andre Canuel Coordonnatrice et agente de développement : Nancy Roussy Organisateur : Jean-Pierre East Concepteur Internet : Serge Cloutier Rédactrice en chef : Audrey Coté Adjoint à la rédaction : Jérôme Savary Infographiste : Jocelyne Sénécal Le mensuel L'Itinéraire a été créé en 1992 par Pierrette Desrosiers, Denise English, François Thivierge et Michèle Wilson.À cette époque, il était destiné aux gens en difficulté et offert gratuitement dans les services d'aide et maisons de chambres.Depuis mai 1994, L'Itinéraire est vendu régulièrement dans la rue.Cette publication est produite et rédigée en majorité par des personnes vivant ou ayant connu l'itinérance, dans le but de leur venir en aide et de permettre leur réinsertion sociale et professionnelle.Pour chaque numéro, vendu 2 $, 1 $ revient directement au camelot.Les profits de L'Itinéraire servent à financer les projets d'entraide.Attention aux fraudeurs; personne n'est autorisé à solliciter au porte à porte ou dans les commerces des dons monétaires ou matériels pour L'Itinéraire.La direction de L'Itinéraire tient à rappeler qu'elle n'est pas responsable des gestes des vendeurs dans la rue.Si ces derniers vous proposent tout autre produit que le journal ou demandent des dons, ils ne le font pas pour L'Itinéraire.Si vous avez des commentaires sur les propos tenus ou le comportement des vendeurs, communiquez sans hésiter avec le (514) 597-0238, poste 28.Equipe de production du journal Rédactrice en chef : Audrey Coté Collaborateurs : Nancy Roussy.Audrey Coté, Élyse Frenelle, Jérôme Savary, Jean-Philippe Pleau, Roxane Nadeau, Marie-Sisi Labrêche, Léo-Paul Lauzon, Serge Lareault, Robert Beaupré, Maxime, Jacques Brochu, Gabriel Bissonnette, Calhy Bazinet, Pierre Hamel, Geneviève Garceau.Nicky, Lucie Hamel, Michel Côté, Gilles Bélanger, Albert Grandmaison, Mario Le Coude, Serge Morin, Jean-René Lavoie, Pierre Goupil, Sylvie, André Laurendeau, Denis Brochu, France Lapoinle.Infographiste : Jocelyne Sénécal Photo page couverture : Sara Cameron Illustrations : Vincent Desruisseaux.Odrée Veillette, Simon Banville.Révision : Guy Crevier, André Martin, Lorraine Boulais, Mariette Ethier-Morand, Anne Rodrigue Mots croisés : Gaston Pipon _ Imprimeur : Québécor World Lebonfon Tirage : 17 0O0 exemplaires vendus par des itinérants el des sans-emploi dans les rues de Montréal L'Itinéraire est membre de : NASNA \u2022 Association nord-américaine des journaux de nie ~- Le réseau international /| /AiJ 51^ des journaux de rue AMECO^^ V__s Son tirage est certifié par _\u2014 AVDA \u201e UL'Itinéraire est entièrement recyclable La formation professionnelle des journalistes de la rue à L'Itinéraire a été rendue possible grâce, entre autres, à Emploi Québec, à la CDEC du Plateau Mont-Royal/Centre-Sud, à la Ville de Montréal, à la Régie régionale de la santé Montréal-Centre et à l'UQÀM.L'Itinéraire Administration - adresse postale 1108, Ontario Est, Montréal (Québec) H2L1R1 Journal el Espace Internet 1907, rue Amherst Café sur la rue 1104, Ontario Est Tél.: (514) 597-0238 Téléc.: (514) 597-1544 Courriel : itineraire@videotron.ca Site : www.itineraire.ca sommaire Actualité 4 Édito : Les Bougon ou l'anti-ioft Story 5 Seuls ensemble! 7 La métamorphose du vilain petit canard 8 Misanthropes, les Québécois?10 Cassure 19 Témoignage d'un sinistré 23 Logement social 27 Survivre à la destruction de ses rêves Chronique* Communautaire\t9\tCyberltinéraire\t25 Info/VIH\t12\tLe monde du travail\t26 Livres\t13\tMots de camelots\t28 Personnages urbains\t14\tProf Lauzon\t52 De bonne humeui\t15\t\t Économie socialement responsable\t16\tMots croisés\t54 Cinéma\t22\t\t Vous voulez rejoindre plus de 50 000 personnes par le biais de notre journal de rue?Un public conscientisé qui remarquera votre présence dans une publication venant en aide à des centaines de personnes défavorisées Information (514) 597-0238 poste 30 Notre conseillère publicitaire Renée Larivière Convention de la Poste-publications No 40910015 No d'enregistrement 10764 Retourner toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada au Groupe communautaire L'Itinéraire, 1108, rue Ontario Est, Montréal (QC) H2L 1R1, Courriel : itineraire@videotron.ca Nous reconnaissons l'aide financière du gouvernement du Canada par l'entremise du Programme d'aide aux publications pour nos dépenses d'envoi postal.Canada L'ITINÉRAIRE NUMÉRO 114 - FÉVRIER 2004 édito Les Bougon ou l'anti-Lo/t Story audrey coté rédactrice en chef L'auteur des Bougon, François Avard, affirmait récemment que mettre en scène des personnages engagés socialement n'aurait intéressé personne (Voir, 15 janvier 2004).Et il a malheureusement raison.Il suffit de constater comment, malgré tous les efforts du Front commun des personnes assistées sociales du Québec, atténuer les préjugés et faire bouger les choses relève de l'héroïsme.Mais l'héroïsme du quotidien, aussi grand soit-il, n'est pas vendeur.À l'heure où la goinfrerie des télédiffuseurs pour les cotes d'écoute n'a d'égale que la passivité des téléphages, deux options sont possibles : déranger ou réconforter.Avard a choisi la première.Il a réussi à détourner l'attention des Québécois du tourbillon lubrique de Loft Story, insipide et abrutissant à vouloir se péter la tête contre le Jaccuzi des lofteurs! Les Bougon dérangent parce qu'ils sortent du cadre télévisuel habituel.Leur conscience éclairée de la société qui les entoure les rend plus grands que nature.Ils bougonnent en profitant des failles du système et la réalité leur donne raison.Avec 533$ par mois, un assisté social a besoin d'avoir l'esprit vif et débrouillard s'il veut survivre! D'ailleurs, dans le deuxième épisode, Paul Bougon ne se gêne pas pour vociférer à sa fille qui a « sniffé » de la coke que leur tête constitue leur seule arme contre le système! Il faut donc la garder toute, cette tête.Si c'est pas de l'intelligence, ça! Ça change des conversations creuses et odieusement ronflantes des lofteurs en pantoufles.Mais n'en disons pas trop de mal : parce que c'était réconfortant pour les téléspectateurs, le coussin de TQS s'est rembourré.En plus, c'était tellement réel! Du beau monde enfermé dans un lieu clos comme des souris de laboratoire.C'était si vrai que Les Bougon ont l'air d'une authentique fiction! Une fiction qui rejoint la réalité est toujours plus susceptible de créer des remous qu'une réalité mise en scène.C'est en tout cas ce que nous prouvent les réactions partagées concernant la famille Bougon.Jean-Yves Desgagnés du Front commun des personnes assistées sociales du Québec n'a peut-être pas tort de s'inquiéter du renforcement des préjugés à l'égard des assistés sociaux, mais il n'a pas raison non plus.De toute façon, caricature ou pas, les préjugés exposés avec un humour décapant dans la série étaient déjà bien enracinés dans la pensée de bien des Québécois.Vous en doutez?Demandez aux assistés sociaux comment ils sont reçus par la plupart des agents de l'Assistance-emploi.Comme la crasse, les préjugés sont tenaces.Alors pourquoi les spasmes du rire ne les secoueraient pas, n'embrouilleraient pas l'image du «B.S.looser »! Le rire a parfois cette formidable fonction d'interpeller l'ouverture à l'Autre.Lorsque collectivement, on commence à rire d'un préjugé en le caricaturant, c'est d'abord le signe qu'on le reconnaît et, ultimement, qu'on devrait peut-être se raviser.Dans les années '80, l'émission Chez Denise présentait un homosexuel caricatural, exagérément efféminé et exubérant.Mais il faisait rire.Le personnage de Christian Lalancette, tout en réunissant l'ensemble des préjugés, faisait rire et on s'est dit que oui, il était drôle, sympathique et, graduellement, plusieurs personnes ont commencé à s'ouvrir à la différence.Aujourd'hui, déblatérer sur les «tapettes » est d'autant plus de mauvais goût que l'humour constructif porte ses fruits.On a qu'à penser également à Yvon Deschamps et ses monologues extrêmes sur « les vieux » ou à Clémence et ses personnages de lesbiennes (toujours subtilement évoqués).Dans cette optique, Les Bougon ne risquent que d'ébranler la pyramide de préjugés à l'égard des assistés sociaux.Une vraie thérapie collective, quoi! , .audrey.cote@itmeraire.ca ¦ Offre d'emploi lntervenant-e Sous la supervision du directeur administratif l'intervenant-e devra : \u2022 Intervenir auprès de la clientèle alcoolique/ toxicomane et itinérante du Café sur la rue; \u2022 Établir un plan de réinsertion sociale pour la clientèle avec la Direction; EXIGENCES : Détenir un diplôme en intervention sociale; Posséder au minimum 2 années d'expérience en intervention auprès de la clientèle visée; SALAIRE CONCURRENTIEL, SELON EXPÉRIENCE Faire parvenir votre curriculum vitae à l'administration de L'Itinéraire AVANT LE 25 FÉVRIER PROCHAIN au : 1108, Ontario Est, Montréal, H2L 1 RI.Téléc.: 514-597-1544.Courriel : itineraire@videotron.ca L'ITINÉRAIRE NUMÉRO 114 - FÉVRIER 2004 Seuls ensemble?La démocratisation de l'isolement jean-philippe pleau « En décidant de faire le pari de tout miser sur notre succès personnel, la plupart d'entre nous réduisons de beaucoup la qualité de nos relations interpersonnelles.» -Pascal Thibault, doctorant en psychologie à l'UQAM Vous demandez-vous parfois si vous êtes seul à vous sentir isolé les soirs d'hiver?Si cela peut vous rassurer, la réponse est non! En effet, selon Statistique Canada (2001), il y aurait environ 900 000 personnes vivant seules au Québec.Il s'agit d'une augmentation d'environ 15 °/o par rapport au recensement de 1996.S'agit-il là pour autant d'un indicateur de l'individualisme et, par extension, de l'isolement croissant au Québec?Pour reprendre l'expression du sociologue américain David Riesman (La foule solitaire), en serions-nous arrivés à vivre « seuls ensemble »?Isolement partagé Quelle que soit la position idéologique adoptée, il semble clair que l'individualisme s'impose de plus en plus dans une société où dominent les lois du marché capitaliste.Et cela, non sans impact sur la vie en société.Pour Pascal Thibault, doctorant en psychologie à l'UQAM, l'une des premières conséquences d'une telle tendance est l'isolement social potentiel.Selon lui, «en décidant de faire le pan de tout miser sur notre succès personnel, la plupart d'entre nous réduisons de beaucoup la qualité de nos relations interpersonnelles.Or, les gens se sentent de plus en plus seuls et les organismes communautaires qui viennent en aide aux personnes en difficulté n'ont jamais été aussi débordés.Dépression, épuisement professionnel, troubles mentaux, suicide : voilà des termes que l'on entend de plus en plus dans cette société qui se veut pourtant ouverte sur le monde ».Pour sa part, la codirectrice du Collectif québécois de recherche sur l'itinérance, la pauvreté et l'exclusion sociale (CRI) à l'UQAM, Shirley Roy, soutient que les formes de solidarité traditionnelles ont été ébranlées avec les années.Par conséquent, on assiste à « l'accroissement du nombre de personnes solitaires, au sens de vivre seul, dans les pays fortement industrialisés ».L'un des préjugés les plus répandus dans ce domaine est certes celui qui associe l'isolement social aux moins biens nantis de notre société.Mais qu'en est-il vraiment?Pour Shirley Roy, rien n'est plus faux : l'isolement est en quelque sorte « démocratique » et peut rejoindre tout le monde, même si le phénomène s'opère de manière différente.L'ITINÉRAIRE NUMÉRO 114 - FÉVRIER 2004 « L'isolement n'est pas le fait de personnes démunies, mais il est évident que les conditions de celles-ci peuvent être davantage dramatiques.Quand on est démuni, on ne dispose pas des mêmes ressources pour trouver des solutions.En d'autres termes, les formes d'isolement et les solutions sont fort différentes en regard des groupes sociaux ou des classes sociales », explique Mme Roy.Son de cloche identique pour le chercheur Pascal Thibault.À son avis, «aucune richesse ni aucun statut social ne peut mettre quelqu'un à l'abri.Ainsi, chez les personnes bien nanties, l'isolement peut ressembler davantage au mal de l'âme, à l'idée d'être seul au milieu d'une foule.Ils sont entourés de gens, mais ils n'entretiennent parfois des relations satisfaisantes qu'avec une minorité d'entre eux.Pour les plus démunis, l'isolement comporte souvent un manque total de ressources ainsi que de la stigmatisation ».Solidarité réinventée?Mais cette nouvelle vague d'individualisme pourra-t-elle être porteuse de solidarité?Sera-t-elle en mesure d'assurer la cohésion sociale?Pour Martin Masse, le directeur du Québécois Libre, qui s'intéresse à l'évolution de la société québécoise, il semblerait que oui.Mais attention : on parle ici de solidarité privée, la seule qui puisse vraiment assurer l'accès à la richesse et à la prospérité, car selon, lui la redistribution des richesses par l'État, par les organismes communautaires, par les syndicats ou par d'autres organes à visées collectives demeure un acte immoral.C'est ainsi qu'il soutient que «la seule façon morale d'aider les pauvres est d'abolir notre système socialiste et de revenir au système de chanté privé qui prévalait jusqu'à il y a encore quelques décennies ».' Pour la codirectrice du CRI, s'il est vrai que la solidarité s'organise d'une nouvelle façon, voire de plusieurs même, il n'en demeure pas moins que la question semble beaucoup plus complexe.«En fait, la question intéressante est justement celle d'explorer ces nouvelles formes de collaboration ou de solidarité qui se développent entre les groupes et les individus mais aussi avec ou à partir des institutions.Ne pensons qu'aux nombreuses ressources qui aident, supportent et reçoivent les gens, comme les organismes communautaires de toute sorte.» Quant à lui, Pascal Thibault croit que les formes de solidarité demeurent présentes aujourd'hui mais qu'elles se sont adaptées à l'individualisme.En d'autres termes, elles seraient souvent associées à une perspective monétaire.«Aujourd'hui, la solidarité se définit souvent « Chez les personnes bien nanties, l'isolement peut ressembler davantage au mal de l'âme.[.] Ils sont entourés de gens, mais ils n'entretiennent parfois des relations satisfaisantes qu'avec une minorité d'entre eUX.» Pascal Thibault en signe de piasse, explique le chercheur.Ainsi, des événements comme le Téléthon Enfant Soleil démontrent bien que les gens peuvent faire preuve de générosité à l'égard d'autrui, comme en témoignent les sommes astronomiques qui y sont amassées.» Bien beau tout ça, mais on vit encore majoritairement chacun chez soi! Et que faire de ces longues soirées d'hiver?1 Masse, Martin.(2001).«Redistribuer la richesse est immoral», de Québécois libre, no 80, mars, consulté sur Internet à l'adresse suivante :http://www.quebecoislibre.org/01033 l-2.htm.jppleau@videotron.ca ¦ L'ITINÉRAIRE NUMÉRO 114 - FÉVRIER 2004 La métamorphose du vilain petit canard Pourquoi certains itinérants, toxicomanes ou dépressifs ne se prennent pas en main?On peut comprendre qu'ils ?I aient été maltraités dès leur enfance, victimes d'abus sexuels, abandonnés par leurs parents, etc.Mais quand cela s'est |WMwF ¦ passé il y a 30 ans, pourquoi n'arrivent-ils pas à tourner la page?Pourquoi, parmi les orphelins de Duplessis, la plupart sont demeurés traumatisés, incapables de faire leur place dans la société alors que Bruno Roy, qui a vécu la même situation que les autres, est devenu un individu performant, président de l'Union des écrivains du Québec?serge lareault À première vue, que la vie ait mal commencé ou pas, il est généralement admis que nous puissions tous réussir et devenir heureux.Alors que penser de ceux qui ne s'en sortent pas?C'est dans cette perspective que Boris Cyrulnik nous ouvre la voie d'une meilleure compréhension.Neurologue, psychiatre et psychanalyste, Cyrulnik est l'un des fondateurs de l'éthologie humaine.Il a publié une série de livres sur le sujet dont une trilogie remarquable : Un merveilleux malheur, Les vilains petits canards et Le murmure des fantômes.Les vilains petits canards «Faire naître un enfant n'est pas suffisant, il faut aussi le mettre au monde.Le mettre au monde implique que les adultes disposent autour de l'enfant les circuits sensoriels et sensés qui lui serviront de tuteurs de développement et lui permettront de tricoter sa resilience », écrit Boris Cyrulnik.La resilience est cette capacité que nous avons de nous remettre de nos blessures.Cette capacité s'acquiert dans l'enfance, selon une série de processus qui s'installent avant et après l'apprentissage du langage.C'est ainsi que les vilains petits canards se transforment en cygnes, explique Cyrulnik : « Quand l'enfant blessé parvient à devenir celui qui donne, alors il éprouve un doux sentiment de bonheur.Il n'est plus la petite victime, le petit fautif.En un simple geste, il devient l'enfant fort, celui qui aide.» La métamorphose du cygne L'étude du malheur qui frappe les enfants comme les adultes a démontré à Boris Cyrulnik qu'il peut permettre à certains de triompher et de se renforcer, alors qu'il détruit d'autres personnes qui n'arriveront jamais à se relever, faute de tuteurs de resilience dans leur entourage.Cyrulnik a lui-même connu le malheur.À l'âge de 6 ans, il est arrêté par les nazis, mais parvient à s'échapper pendant que ses parents disparaissent dans un camp de la mort.Surmonter le malheur n'est pas une évidence et lorsque le support essentiel ne se trouve pas à la portée de l'individu au moment où il en a besoin pour son développement, il risque de ne jamais s'en remettre malgré tous ses efforts.Boris Cyrulnik défait les préjugés selon lesquels il s'agit d'une question d'intelligence ou de volonté.Il décrit les différents tuteurs de resilience qui peuvent se trouver à la portée d'un enfant ou d'un adulte et qui lui permettront de transformer son malheur en épanouissement.Ainsi, à défaut de parents aimants, une grand-mère, une voisine ou un professeur peuvent apporter le support nécessaire au développement de l'enfant.Cependant, surmonter le malheur n'est pas une évidence et lorsque le support essentiel ne se trouve pas à la portée de l'individu au moment où il en a besoin pour son développement, il risque de ne jamais s'en remettre malgré tous ses efforts.Survivants du malheur Dans Le murmure des fantômes, Cyrulnik explique que les résilients sont des survivants.Il démontre à quelles conditions l'école, comme les institutions sociales, peuvent être de formidables facteurs de resilience, de même que l'éveil à la sexualité en tant que moment où la personnalité entière se reconstruit.C'est la société qui peut mettre en place des « institutions résilientes ».En étudiant nos organisations (ou désorganisations) familiales et sociales, nous pouvons mieux cerner les problématiques et concevoir des tuteurs de resilience.Qu'on le veuille ou non, les troubles familiaux et la pression sociale sont souvent la cause de traumatismes freinant le développement de milliers d'individus.Heureusement, Cyrulnik redonne espoir.Le malheur, aussi grand soit-il, n'est pas irréversible.Il est possible de s'en sortir.George Orwell, qui a été itinérant dans les années 30 à Londres et à Paris, n'est-il pas devenu plus tard le directeur de la BBC et le célèbre auteur de 1984 ?* * * Boris Cyrulnik, Un merveilleux malheur, Les vilains petits canards et Le murmure des fantômes, éditions Odile Jacob.¦ L'ITINÉRAIRE NUMÉRO 114 - FÉVRIER 2004 SANTÉ MENTALE Misanthropes, les Québécois?cathy bazinet Association canadienne pour la santé mentale - Montréal Le phénomène de l'accroissement du nombre de personnes vivant seules est plutôt saisissant, compte tenu que ces personnes représentaient un nombre marginal de l'ensemble de la population, environ 1 %, il y a à peine 50 ans.À l'heure où nous multiplions les moyens de communication pour établir des relations avec les autres, à l'échelle de la planète, comment expliquer que tant de personnes vivent seules?D'une part, sur le plan économique, l'accroissement des revenus a permis aux individus de débourser seuls les coûts d'un logement et les dépenses de la vie courante.En outre, les progrès techniques ont simplifié l'exécution des tâches domestiques, favorisant les activités à l'extérieur du foyer, notamment pour les femmes.D'autre part, sur le plan psychologique, la valorisation de l'autonomie individuelle et la recherche de l'intimité (qui peut aller jusqu'au refus de négocier avec quiconque la libre disposition de la salle de bain ou de la télécommande!) ont certainement joué un rôle dans ces nouveaux choix de vie.Solitude transitoire et durable Une étude menée en 1999 intitulée Les familles canadiennes à l'approche de l'an 2000 rapporte que ce sont chez les jeunes adultes et les personnes âgées que l'on retrouve le plus grand nombre de personnes hors famille, même si on note une augmentation dans tous les groupes d'âges sur une période de 20 ans.De façon générale, vivre seul est davantage un état transitoire pour les jeunes adultes nouvellement séparés ou divorcés, alors qu'il s'agit d'un état beaucoup plus durable chez les adultes de plus de 50 ans.Dans ce groupe d'âge, les femmes sont en surnombre par rapport à l'ensemble des gens vivant seuls.L'espérance de vie de la femme, supérieure à celle de l'homme, explique en partie ce phénomène.Mais il n'y a pas que les divorcés, les personnes veuves ou les carriéristes qui vivent seuls.De plus en plus, i! y a ceux et celles qui le font par choix.Sans pour autant être misanthropes, les Québécois semblent opter pour un mode de vie où la solitude gagne du terrain.Les recensements récents révèlent une plus grande préférence pour le célibat à tout âge, mais ils ne renseignent toutefois pas sur les réseaux de relation dans lesquels s'insèrent ces adeptes de la vie en solo.Néanmoins, peu importe l'âge, il est primordial de faire attention à l'isolement, un facteur qui joue un rôle important dans la qualité de la santé mentale.Mieux vivre en solo Dans le cadre de sa mission de promotion-prévention de la santé mentale, l'Association canadienne pour la santé mentale (ACSM-Montréal) s'est penchée sur ce phénomène de société.De multiples recherches démontrent que les personnes vivant seules sont plus à risque que celles qui pratiquent diverses formes de cohabitation : leur santé mentale est plus fragile, leur espérance de vie est moindre et elles utilisent plus de soins de santé physique et mentale.En outre, ces personnes doivent faire face à certaines difficultés inhérentes à leur solitude : l'apparition de peurs, la fermeture aux autres, la rigidité des habitudes de vie, l'insécurité financière, la tolérance à l'ennui, le drop-out affectif (l'allergie à l'engagement), la fascination pour l'isolement, la phobie de l'agenda vide, etc.Voilà quelques-uns des pièges qui peuvent mener une personne à la dépression, même si celle-ci a fait le choix de vivre seule.Depuis quelques années, l'ACSM-Montréal offre des ateliers de formation à diverses clientèles afin de rendre la solitude plus supportable.L'atelier Vivre en solo à la retraite est donc une ressource précieuse pour les aînés qui est offerte dans différents CLSC et organismes communautaires.Les personnes âgées, dont le nombre et les besoins souvent liés à l'isolement augmentent dramatiquement dans notre communauté, et la cohorte des « baby-boomers » qui seront bientôt à la retraite (dont plus de 40 % ont vécu un divorce et vivent désormais seuls) constituent l'une des clientèles ciblées par l'atelier Vivre en solo.L'objectif général de l'atelier est de briser l'isolement et surtout d'identifier les comportements de la personne qui l'amènent à s'isoler.Régénérer son autonomie Il semblerait que la solitude existentielle soit celle qui fait le plus souffrir les aînés alors que c'est la solitude affective qui accable les plus jeunes.L'atelier Vivre en solo accorde une large place au questionnement existentiel, à la remise en question des croyances qui peuvent faire du tort à la personne, au parallèle nécessaire à établir entre la pratique religieuse et la vie spirituelle, à l'utilisation de la logothérapie (thérapie par la connaissance de soi) comme moyen de se donner des projets de vie signifiants pour soi.Les aînés qui vivent seuls doivent fournir plus d'efforts pour maintenir leur autonomie, puisqu'ils ne peuvent essentiellement compter que sur eux-mêmes.Or, la tendance bien humaine à chercher à se faire prendre en charge, en L'ITINÉRAIRE NUMÉRO 114 - FÉVRIER 2004 prenant de l'âge, peut être vécue encore plus dramatiquement, surtout quand on vit seul.A ce titre, l'atelier Vivre en solo propose des stratégies concrètes pour maintenir cette autonomie et offre aussi une kyrielle de ressources et services adaptés aux aînés seuls.Les aînés participant aux ateliers apprennent à gérer leur vie de façon constructive.À ceux qui en sont encore « à tuer le temps », on propose une série d'activités tant récréatives que formatrices leur permettant d'ajouter plus de sens et de densité à leur quotidien.Le réseau social : une police d'assurance On le sait, le réseau social est la police d'assurance de la personne qui vit seule.Toutefois, il n'est pas nécessaire- ment facile de convaincre un aîné de créer de nouveaux liens pour rendre sa vie plus attrayante et plus sécurisante.Un autre objectif de l'atelier est donc de faciliter le jumelage ou la naissance d'un nouveau groupe de copains et de copines.Les participants apprennent également à analyser leurs réseaux sociaux, à distinguer pourquoi ils se lient à telle ou telle personne, l'importance d'avoir plus d'un ami, etc.Pour en savoir plus : www.acsmmontreal.qc.caB ASSOCIATION CANADIENNE POUR LA SANTÉ MENTALE FILIALE DE MONTRÉAL COMMUNAUTAIRE Les Auberges du cœur Une bouée de sauvetage pour les jeunes en difficulté À l'avant plan, les deux jeunes participants à la campagne de sensibilisation, Josiane Henry et Hugo Beaudry, entourés de Vincent Cratton, Jean Doré, Luce Dufault et Pierre Audette.Le 14 janvier dernier, Les Auberges du cœur lançaient leur première campagne de sensibilisation nationale.Regroupant 24 auberges réparties dans 11 régions du Québec, Les Auberges du cœur accueillent annuellement plus de 2500 jeunes en difficulté et sans-abri âgés entre 12 et 30 ans.M.Jean Doré, président du conseil d'administration, a insisté sur la nécessité d'une mobilisation collective et politique pour aider plus de jeunes en difficulté, car, dit-il, «nous ne suffisons pas à la demande.On en aide 2500, mais on doit en refuser pratiquement autant».Pour sa part, le comédien et porte-parole, Vincent Cratton, en a profité pour souligner l'importance du travail des journalistes dans la lutte à l'exclusion et à la pauvreté : « Vous avez un grand rôle à jouer pour changer les choses dans notre société.» La campagne de sensibilisation mettra l'accent sur les difficultés vécues par la jeunesse, sa détresse, son isolement et les solutions offertes par Les Auberges du cœur, car «/esjeunes qui y entrent s'en sortent!» CAMELOTS BIEN EMMITOUFLÉS GRÂCE À LA CORDÉE En hiver, nos camelots bravent les froids les plus mordants pour vendre L'Itinéraire.C'est pourquoi La Cordée, coopérative de vêtements de sport et de plein-air, a gracieusement offert tuques et foulards en polar à tous les camelots du journal L'Itinéraire.Merci à La Cordée de réchauffer Michel (ci-dessus) et tous les autres! Le 14 février, faites preuve d'amour envers les gens de la rue! Vous voulez faire un bon achat et une bonne action?Le 14 février, entre 9h et 15h, rendez-vous à la vente de garage du Pavillon Patricia McKenzie de la Old Brewery Mission situé au 1301, Maisonneuve Est à Montréal.Les profits recueillis permettront aux résidants de la Old Brewery Mission d'aller respirer le grand air à Saint-Jovite, du 24 au 27 février.Un achat qui ira droit au cœur des gens de la rue! Pour donner du matériel à vendre ou pour information, communiquez avec Diane Vadeboncoeur au (514) 866-6591.L'ITINÉRAIRE NUMÉRO 114 - FÉVRIER 2004 I Cassure On le sait : la Saint-Valentin est ringarde et odieusement commerciale.En plus, pour plusieurs, elle réveille souvent le mal d'amour.C'est dans cette perspective que Roxane Nadeau a envoyé ce texte poétique, mentionnant à L'Itinéraire qu'il « fit avec février triste et la Saint-Valentin.» roxane nadeau correspondante à Calcutta (récemment renommée Kolkata) Militante féministe pour les travailleuses du sexe, Roxane Nadeau est l'auteure du roman Pute de rue, publié récemment aux éditions des Intouchables.Je pleure.Je pleure les mots que j'ai tués pour toi, pour être avec toi.Les mots d'amour qui t'étaient destinés.Si, pour renaître de tes cendres, tu dois creuser encore la tombe de nous, jusqu'à nous enterrer pour toujours, j'irai jusqu'au bout du monde, jusqu'au bout, mon ange, pour ériger notre effigie.Et j'y déposerai des granules de bruines incandescentes et des spasmes de marées, à nos nuits turbulentes.À nos silences.Même les mots sont presque morts.Presque.T'es comme du miel.Un mirage de cypnne, un élixir extrême infusé dans mon ventre.De la sève jusqu'à l'écorce, je te rêve des élans vers le ciel et me débats pour garder les pieds sur terre.Toute trouée par le manque de toi.Toute craquée parce que tu n'es plus là.Tes seins tatoués sur mes mains.Les vestiges qui se font la guerre.Ta voix sublime qui bourdonne sur ma langue, pâteuse, fourchue, suppliant les inspirations.Te voir.L'avalanche, l'escalade de gouttes de peine, immenses, des océans crevés sur l'asphalte.Remonter l'intolérable, le calciné qui suinte ses cris.J'ai les étangs qui se déchirent dans mon oasis décrépite.Empoisonnée, par ma course folle à te chercher partout.Les voltiges qui se cassent la gueule.T'attendre.T'attendre encore et sans cesse alors que toi, tu t'exaspères à nous éteindre.Ce qu'il reste.La jugulaire d'une poule au bec noir, une chatte à sec.MTS dans mes tripes, mes nuits toutes tachées à t'appeler en vain.Chérie, ma louve des prés, ma belle Poulette, tu me ronges, toi, l'implacable, l'impalpable, qui cherche, qui pince, qui grafigne, qui gicle et qui spleen dans ta ter- reur.Tant de mal, de souffrance; tant d'efforts pour tout foutre au grenier des hécatombes, dans le fin fond d'un passé, d'une histoire.Moi, j'ai la cassure tordue, foutue par ton non désir fulgurant, par ton envie cinglante de mon absence à tout prix.Sans fautes.Sérénades sans voix, quand tout ce à quoi on croit s'est effondré.Ce à quoi je croyais croire.Tes silences, tes criss de silences qui résonnent comme une symphonie meurtrière.Un mur fréon, attention Illustration : Odrée Veillette Ckiréa L'ITINÉRAIRE NUMÉRO 114 - FÉVRIER 2004 les fibromes.Herpès cardiaque, pomper le gluant qui chauffe les amertumes.Je voulais juste entendre ta voix.Et t'as reculé de quinze cent pays.Tout te prendre et la colère qui bouillonne de ne pas t'y trouver.Trop occupée à gueuler, pour voir tes restes qui pendouillent et qui s'amoncellent derrière tes boucliers, grugée, déchiquetée, à bout de batailles.Tes vérités malmenées, bafouées, ta détresse qui pisse de partout et moi qui n'y comprends rien.Tords boyau, ta vie drète-là, crevée, devant moi.Et la paranoïa du je, devenue sourde par exprès, qui doute de tout, en sachant très bien l'impossible.Gifler les tentatives, la vaisselle qui claque et tes yeux, tes yeux, mon ange, dans l'eau d'épouvante.L'autel devenu arène.Mais, je le jure, je le jure, nous sommes le monde, plein la gueule! Avant, je n'étais rien, ça allait, ça allait plutôt pas mal.Maintenant, je ne suis même plus ce rien.Et je t'attends encore, encore et toujours, en regardant les mouches cop-uler.Tu me hantes avec ton corps.Trop immense, beaucoup trop immense pour mes tempêtes gigantesques.Y a la bave qui s'agglutine sur nos illusions, la grogne de nos rêves qui râle, en suspension aux abords et l'amour, oui, l'amour, qui me fait ses crises et qui nous réinvente, la salope, à chaque seconde, à chaque quart de souffle, les palpitations qui urgent et les élans qui s'accrochent.J'ai touché le dos nu d'une autre femme.Et j'ai pleuré.Fuck you ma belle, je t'aimerai toujours.¦ Coups sur coups.Étriper l'amour, excéder jusqu'à la dernière once de respect, jusqu'à la dernière goutte, la dernière léchée, à quatre cent lieux de ton sexe étourdissant.Folle, complètement folle.L'abrutie qui se débat dans l'acide.À bout de souffre.Les rêves brisés en mille pays.Tu ne veux même plus avoir mal de moi.Me voilà graduée, experte chevronnée.T'es plus capable.Mes indécisions incisives, l'admiration sans borne, la stagnation, quand l'ombre de ton chien te suit comme une chienne.Je suis poison.Toi, tu pourrais t'ouvrir une fabrique, tu serais riche.Tu m'as fait un diplôme, tout de glace, juste pour moi.Tu es le miel, les forceps plein les écluses, tu es le miel qui me coagule la vie dans les ruelles de ma survie.Tu me colles dans la dérision, moi je cherche ton étoile.T'es casse-cœur et je me cherche le sang, je me cherche l'ancre.Lumière de sable, je ne sais plus.Je voudrais tellement t'haïr.Mais même là.REMERCIEMENT L'Itinéraire remercie tous ceux qui ont participé au succès de la soirée de Noël pour les camelots : La Cordée, L'Aubainerie, les tricoteuses de bas de Montréal, École Calixa-Lavallée, Trifty, Les Anges Vagabonds, Nettoyants Lemieux, Folies en vrac, Cd @ neuf, Saum'mom, Provigo, Restaurant Montcalm, Blockbuster, Bijouterie Larouche Pointe-Aux-Trembles, Librairie Nouvelle-âge, Marché Richelieu, coin St-Hubert/Ontario et la pharmacie Hoa K.Phan.S'abonner à L'Itinéraire, c'est plus qu'acheter un bon magazine : c'est soutenir les plus démunis qui se prennent en main pour améliorer leur sort.Prix : 74 $ pour un abonnement de 12 mois (12 numéros, taxes et frais de port compris, un montant de 50 $ étant directement réservé à réaliser la mission de l'organisme).Chaque abonnement supplémentaire livré à la même adresse coûte 24 $.Renseignements : (514) 597-0238, poste 26.Nom et prénom :_Mme ?M.Q Adresse :_ Ville : Code postal :_ Téléphone :_(_ Indiquez vos choix en cochant la ou les cases appropriées : _J Un abonnement à 74 $ ou O _abonnements à_$ (ex.74 $+24 $+.) Q Je veux recevoir un reçu de charité de 50 $* Dites-nous quand votre abonnement doit débuter : Je veux que mon abonnement débute en_ _ mois année MODE DE PAIEMENT ?VISA No de la carte _/_ Date d'expiration Signature _l Chèque au nom de Groupe communautaire L'itinéraire.*Les reçus de charité sont postés à la fin de l'année.Merci de retourner ce coupon et votre chèque, s'il y a lieu, à : Abonnements à L'Itinéraire 1180, rue Ontario Est, Montréal (québec), H2L 1R1.Nom du camelot qui vous a suggéré l'abonnement : ./fyY/YY YYY /lY>//rï (Y/, L'ITINÉRAIRE NUMÉRO 114 - FÉVRIER 2004 INFO VIH/SIDA Les personnes séropositives exclues du travail pierre salducci collaboration spéciale « // est urgent de modifier la définition de l'invalidité en ce qui concerne les personnes séropositives.Une personne qui vit avec des effets secondaires majeurs ne pourra jamais se trouver un emploi, même si elle est apte à effectuer certaines tâches.On ne sait jamais quand elle pourra travailler et l'employeur lui-même ne peut pas s'adapter à de telles conditions.» Le statut d'invalidité est l'une des pierres d'achoppement à laquelle l'avocate du Comité des personnes atteintes du VIH du Québec (CPAVIH), Hélène Jolicoeur, se heurte couramment.En effet, plusieurs des réglementations actuelles ne sont pas du tout adaptées à la réalité des personnes vivant avec le VIH et ne font que constituer une source de discrimination supplémentaire.Définition préjudiciable La majorité des institutions se base sur la définition de l'invalidité établie par la Régie des rentes du Québec.«C'esf une définition très sévère, explique l'avocate à la clinique juridique du CPAVIH, parce qu'il faut être reconnu totalement invalide et incapable d'exercer aucun emploi.Les demandeurs qui vivent avec le VIH n'obtiennent pas la reconnaissance de leur invalidité parce qu'on leur répond qu'ils sont quand même capables de travailler, ne serait-ce que dans un autre domaine.» En conséquence, les malades se retrouvent exclus du régime de l'assurance salaire.Privés de toute ressource ou soutien financier, ils sont condamnés à l'aide sociale - quand ils y ont droit! -et là encore, ils ne peuvent même pas toucher le maximum prévu pour les personnes invalides.De leur côté, les patients qui se sont vus refuser le statut d'invalidité sont indignés.Plusieurs vivent dans des conditions si contraignantes que la gestion de leur maladie représente presque à elle seule un job à temps plein.Récemment, un Montréalais dans cette situation a décidé de rédiger une longue lettre et de l'adresser à tous les paliers concernés par le dossier du statut d'invalidité pour les malades du sida : compagnies d'assurance, travailleurs sociaux, médecins, psychologues.Espérant les convaincre de faire bouger les choses et de revenir sur leur décision, il décrit scrupuleusement ce à quoi il doit faire face tous les jours à cause de sa maladie : nausées, impossibilité à se concentrer, impossibilité à se tenir debout trop longtemps, maux d'estomac permanents, difficulté à parler, fatigue chronique, etc.Comment peut-on imaginer qu'on puisse occuper un emploi dans de telles conditions?Comment peut-on prétendre qu'il ne s'agit pas d'une invalidité totale quand l'essentiel du temps d'une personne est passé à se soigner ou à lutter contre des effets secondaires?Et de façon réaliste, quel employeur veut réellement d'une personne diminuée physiquement, à l'allure maladive, ayant peu d'énergie, souvent absente et qui ne pourra jamais garantir qu'elle va respecter ses horaires et ses obligations?Confidentialité malmenée Par ailleurs, l'avocate du Comité des personnes atteintes du VIH du Québec tient à attirer l'attention sur d'autres sources de problèmes.« La notion de \"maladie pré-existante\" est également préoccupante, souligne-t-elle.Si bien que si vous avez consulté pour une question de VIH dans l'année qui précède votre adhésion au contrat de travail et que vous développez un jour un problème lié au VIH, vous ne serez pas couvert par votre assurance salaire parce que votre maladie sera déclarée \"pré-existante\" et donc non assurable.» Et ce n'est pas fini.Hélène Jolicoeur tient à rappeler que le problème de la confidentialité dans les systèmes d'assurance médicaments gérés par les employeurs n'a pas beaucoup progressé.Cela fait déjà pourtant longtemps que la question a été soulevée et qu'on déplore certaines violations de la confidentialité sur les lieux de travail.Plusieurs personnes se sont plaintes du fait que leur seropositive avait été révélée aux autres employés et à leurs collègues, totalement à leur insu, sans qu'elles puissent s'expliquer comment.Tout à coup, tout le monde savait.Un point, c'est tout.Pour que de telles choses ne se produisent plus, «les médicaments reliés à des maladies porteuses de discrimination pourraient être couverts par l'assurance-médicament du Québec.Comme ça, l'employeur ne l'apprendrait pas », propose Hélène Jolicoeur.Pour le CPAVIH, la confidentialité est primordiale.L'organisme a d'ailleurs pris l'initiative de faire parvenir une lettre à tous les pharmaciens pour les sensibiliser à l'importance de la confidentialité.Enfin, un autre point inquiète Hélène Jolicoeur : «On constate que de plus en plus d'employeurs demandent un certificat médical avant l'embauche, expose-t-elle.Normalement, l'examen médical ne peut être demandé qu'après avoir offert l'emploi et il ne doit porter que sur des éléments pertinents par rapport au travail à effectuer.Vérifier si une personne est séropositive est rarement pertinent, à moins d'être chirurgien.Cela risque de se traduire par des refus d'emploi et une nouvelle source de discrimination, c'est évident.» Visiblement, comme elle le dit elle-même, l'avocate du CPAVIH « ne manque pas de pain sur la planchel »¦ L'ITINÉRAIRE NUMÉRO 114 - FÉVRIER 2004 Pirates de bonnes causes internationales élyse frenette journaliste de la rue Nous entendons souvent parler d'aide internationale aux bulletins de fin de soirée, mais qu'en savons-nous au juste?Qui sont les joueurs importants dans cette aide?Qui en sont les bénéficiaires?Le professeur David Sogge répond à ces questions dans son plus récent essai intitulé Les mirages de l'aide internationale - Quand le calcul l'emporte sur la solidarité.Se basant sur une documentation pertinente, David Sogge nous entraîne dans les coulisses de l'aide internationale et nous explique l'inefficacité du système.Au cours des années, l'aide est devenue une entreprise lucrative qui bénéficie seulement à ceux et celles qui sont situés en haut de l'échelle et elle atteint rarement les plus démunis qui ne participent pas à la prise de décisions qui les concernent pourtant.Tout se fait derrière les portes closes des dirigeants sans que ces derniers rendent des comptes à la population.Tout comme le Fonds monétaire international et la Banque mondiale, les organismes d'aide internationale imposent leurs propres conditions aux dirigeants des pays du Tiers-monde.Ainsi, les dirigeants de causes humanitaires peuvent contourner les gouvernements des pays pauvres et réinvestir l'argent, à leur guise, ailleurs que là où les besoins se font le plus sentir.Ce qui peut se comprendre, car si l'argent finit par se retrouver entre les mains des dirigeants des pays concernés, il est rare qu'il soit acheminé aux personnes dans le besoin.Tout comme le Fonds monétaire international et la Banque mondiale, les organismes d'aide internationale imposent leurs propres conditions aux dirigeants des pays du Tiers-monde.Heureusement, un vent de renouveau souffle sur le système d'aide actuel.Certains groupes gouvernementaux et des organisations non gouvernementales occidentaux ont décidé d'accroître la transparence et d'inclure les plus démunis dans leur prise de décisions.Ces derniers sont les mieux placés pour déterminer les besoins essentiels et les plus urgents dans certaines situations.À la fin de l'ouvrage, David Sogge nous offre différentes annexes comportant des références sur l'aide internationale, que ce soit sur l'historique du système ou sur les sources de renseignements et de débats qui sont utiles pour ceux qui désirent en savoir davantage.Les mirages de l'aide internationale - Quand le calcul l'emporte sur la solidarité, David Sogge, collection Enjeux Planète, Paris.¦ Pour lire toutes les critiques de livres allez dans Cyberltineraire : www.itineraire.caJk- -\u2014-\\ U/h L'ITINÉRAIRE NUMÉRO 114 - FÉVRIER 2004 La Classique Éric Lapointe au profit de L'Itinéraire Cette année, Éric Lapointe organisait son tournoi de billard annuel au profit de L'Itinéraire.Réunis au Boule noire de LAvenue du Mont-Royal le 9 décembre dernier, plusieurs artistes ont donc joué au billard pour L'Itinéraire.« C'est ma façon à moi de leur dire de pas lâcher! J'Ies trouve vraiment courageux.pis y sont toujours de bonne humeur.Faut absolument les encourager! », a spontanément déclaré le chanteur.Le tournoi et une partie des profits de la vente d'alcool offerte par le gérant du Boule noire a permis d'amasser 3000 $.De la part de tous les camelots, merci à Éric et à tous les artistes pour leur générosité et leur engagement social! De gauche à droite : Alexandre Péloquin, camelot, Éric Lapointe et Gabriel Bissonnette, camelot.Chronique personnages urbains Ils vous attendent de l'autre côté de la rue! geneviève garceau journaliste de la rue On les rencontre un peu partout.En nous rendant au travail ou en allant faire des courses, en revenant de chez un ami, on les croise sur notre chemin.Poètes ou musiciens, vendeurs de rêves, magiciens de l'âme ils allument de grands soleils sur la grisaille de nos jours.Marginaux, ils ne semblent pas taillés dans le même bois que les travailleurs dits «normaux».Pourtant, j'en connais qui bossent plus fort que vous et moi.Vous ne me croyez pas?Essayez de jouer de la musique ou de marcher sur des échasses par des chaleurs tropicales ou des froids sibériens.Vous m'en donnerez des nouvelles! Non, le travail ne leur fait pas peur : ils l'exécutent tout simplement d'une manière différente des autres.Ils aiment amuser les enfants, distraire les passants, mettre de la chaleur dans les cœurs esseulés.Ayant moi-même joué de l'accordéon en dilettante sur la rue pendant quelques années, je me sens toujours solidaire et proche des personnes souvent marginales qui animent notre paysage urbain.C'est pourquoi j'ai envie de vous les faire découvrir.Qui sont ces gens qui, tout en faisant du bien, ne font jamais la manchette des grands quotidiens?Comment en sont-ils venus à choisir la rue, les parcs ou le métro?Qu'est-ce qui les anime et les pousse à aller plus loin, à recommencer jour après jour?Au cours des prochains mois, je sillonnerai la ville pour aller à leur rencontre.Je tenterai de percer leur mys tère et de vous les faire connaître sous leur vrai jour.Mais peut-être en connaissez vous déjà quelques-uns qui méritent que l'on parle d'eux.Je vous invite donc à m'écrire à L'Itinéraire ou par courriel à l'adresse suivante : genvi2000@yahoo.fr pour m'mdiquer l'endroit où les rejoindre.Il me fera plaisir de les présenter.Je vous donne rendez-vous avec l'inusité! À bientôt! Geneviève et son accordéon Si vous avez\tMISE SUR TOI 1 j \\ i .\t un problème de jeu.\t L'ITINÉRAIRE NUMÉRO 114 - FÉVRIER 2004 CHRONIQUE DE BONNE HUMEI Mes origines pathologiques Dernière version marie-sissi labrèche Marie-Sissi Labrèche est journaliste et romancière (Borderline, La brèche).Avec un humour coloré à la manière d'une bande dessinée, ses romans à caractère autobiographique racontent la quête d'identité et d'amour d'une jeune femme marquée par la maladie mentale de sa mère et la pauvreté de son enfance.Étant donné que j'écrirai pour L'Itinéraire dans les mois à venir, on a tenu à ce que je me présente.Que je raconte mes origines pathologiques qui ont fait en sorte qu'aujourd'hui, à 34 ans, j'écris dans ces pages.Or, comme j'ai l'impression d'avoir abondamment parlé de moi lors de la promo de mes romans, j'ai décidé que cette fois-ci serait la dernière.Alors voilà : je m'appelle Marie-Sissi Labrèche, je suis écrivain, journaliste et scénariste.Je ne viens pas d'un milieu aisé, intellectuel et encore moins huppé.Je suis une fille du coin.J'ai vu le jour au-dessus du Bistro Le Porto, dans le quartier Centre-Sud où j'habite toujours.Tous les chemins mènent peut-être à Rome, mais moi, ils me ramènent immanquablement à mon lieu d'origine, à mes origines pathologiques, comme je disais, à mes origines de pauvreté.Je suis presque incapable de m'en séparer.Je dis souvent qu'une personne peut se sortir de la pauvreté, mais elle ne sort jamais tout à fait la pauvreté d'elle-même.Petits fours de pauvreté Donc, oui, la pauvreté, je connais! De long en large d'est en ouest.J'ai mangé des petits fours de pauvreté, des canapés de pauvreté, des lasagnes de pauvreté.Une indigestion de pauvreté! Le pire, c'était au début de l'adolescence, quand on recevait des paniers de Noël, la honte.Moi qui tentais tant bien que mal de cacher mes origines désoeuvrées en me racontant des histoires de familles qui roulent sur l'or, chaque milieu décembre, je devais me rendre à l'évidence : ma famille et moi, on était pauvres comme ce n'était pas permis.Mais comme je ne voulais pas l'accepter, je me cachais en dessous de mon lit quand ces paniers de Noël se pointaient le bout du nez.Oui, je faisais ça.Ma façon à moi de ne pas accepter la réalité.Car j'ai toujours eu de la difficulté avec la réalité, surtout quand on manquait d'argent et qu'on n'avait pas de quoi bouffer.Je me rappelle à 13 ans avoir pleuré comme une débile à une heure du matin parce que j'avais faim, que j'avais drôlement envie de m'envoyer un Big mac derrière la cravate.Je me rappelle aussi du drame dans ma tête quand ma grand-mère (sur sa pension de vieillesse) et ma mère (sur l'aide sociale, car elle ne pouvait pas travailler à cause des mon- stres qui avaient élu domicile dans sa tête) me disaient qu'elles n'auraient peut-être pas assez d'argent pour m'acheter mes effets scolaires.Mes règles, mes crayons, mes cahiers, j'y tenais! L'école pour moi, c'était ma seule porte de sortie, et ça l'a été.J'ai fréquenté les écoles du quartier : Lartigue (démolie aujourd'hui), la polyvalente Pierre-Dupuy (communément appelée l'école des fous), le cégep du Vieux Montréal et l'Université du Québec à Montréal (bac et maîtrise).Grâce à mes études, j'ai presque réussi à m'en sortir, presque, car il me restait une étape importante à franchir : l'estime de ma petite personne qui était au ras des pâquerettes.Dans un petit casseau J'ai été des années à penser que parce que j'étais pauvre, je n'avais rien à offrir aux autres, étais inintéressante, je ne méritais pas qu'on s'occupe de moi.Cette croyance a eu longtemps cet effet négatif de faire en sorte que je me contentais de miettes.Mais cette croyance a aussi eu cet effet positif qui était de m'ouvnr l'âme, de ne pas compter le temps et l'énergie que je mettais dans la création, ma bouée de sauvetage.Ne pas compter l'effort pour m'en sortir.À travers mes romans, Borderline et La brèche, j'ai pris de plus en plus conscience que j'avais le droit d'exister.Que même sans le sou, j'avais quelque chose à offrir : ma vision artistique, ma voix unique, moi.Un peu comme la chanson de Richard Desjardins : «V'fe donnerais tout c'que j'ai mais ça teindrait d'un p'tit casseau.Tout c'que j'ai, c'est moi.» Ce que j'ai à offrir, pour ma part, ne tient peut-être pas dans un petit casseau mais dans de petits livres et c'est déjà beaucoup.Aujourd'hui, les choses vont mieux.Mon estime ne vole peut-être pas sur le dos des papillons, mais au moins, elle peut marcher librement dans la société.Et d'un point de vue monétaire, je peux vivre, disons, un peu plus, malgré le petit écureuil dans ma tête qui compte tout tout tout ce que j'achète.Quand je choisis un casseau de fraises pour moi, vous l'aurez deviné, je prends toujours le plus petit! Je vous l'ai dit : une personne peut se sortir de la pauvreté, mais elle ne sort jamais tout à fait la pauvreté d'elle-même! ¦ L'ITINÉRAIRE NUMÉRO 114 - FÉVRIER 2004 ECONOMIE Devenir propriétaire, tu rêves-tu?Jérôme savary adjoint à la rédaction À Montréal, le prix des logements augmente et les revenus des locataires diminuent, a indiqué le Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), début janvier.L'équation du logement abordable devient quasi insoluble dans la métropole et près de 50 000 ménages montréalais consacrent plus de 80 % de leur salaire au loyer.Devant le manque de réaction des autorités politiques en ce domaine, certains en viennent désormais à des actions radicales, comme déposer de faux colis piégés devant les projets de condos de luxe.La situation du propriétaire « moyen » est nettement moins précaire.Cependant, l'accès à la propriété semble n'être réservée qu'à une marge privilégiée de la population.Des solutions de rechange permettent l'accès à la propriété, mais il s'agit de propriété collective.« En gardant les gens locataires, on ne fait que pérenniser la pauvreté », souligne la directrice générale de l'organisme Habitat pour l'humanité, Claire Diane Giraldeau.À l'heure actuelle, les pauvres, que les organismes de statistiques qualifient pudiquement de personnes « à faible revenu1 », n'ont pas accès à la propriété individuelle.L'organisme Habitat pour l'humanité (HPH) et les programmes gouvernementaux d'accès à la propriété parviennent à peine à masquer cette évidence.Politique illusoire pour les pauvres HPH est encore peu connu au Québec, mais sa capacité à fournir des logements aux familles démunies de la planète est reconnue : depuis 1976, 150 000 habitations ont été construites dans 89 pays! Cette réussite repose sur des dons, en argent, en expertise et en matériaux, ainsi que sur le recrutement de bénévoles pour la construction des maisons.Celles-ci sont vendues sans profit aux familles \u2014 choisies pour leur faible revenu - qui doivent également donner 500 heures à HPH afin de profiter de l'aubaine.Présent depuis quelques années seulement au Québec, Habitat pour l'humanité a permis la construction de trois maisons à Montréal.En attendant que cette façon originale d'accéder à la propriété prenne de l'ampleur, aucune autre option ne permet ici aux démunis d'habiter dans un vrai «chez soi ».En effet, les programmes d'aide d'accès à la propriété s'adressent surtout aux ménages dont le revenu annuel est supérieur à 45 000 $.C'est le cas du nouveau programme de la Ville de Montréal, effectif depuis le 1er décembre 2003.Ce programme offre une aide financière de 7500$ aux ménages avec enfant, à condition que le prix de la propriété ne dépasse pas 170 000 $ et que l'acheteur l'occupe pour un minimum de trois ans.C'est à cause de ce dernier point que les programmes d'aide ne participent pas de manière durable au logement abordable, souligne le FRAPRU.« Les programmes facilitant l'accès à la propriété n'ont pas d'objectif de pérennité, indique l'organisatrice communautaire au FRAPRU, Marie-José Corriveau.Après [trois ou] cinq ans, l'acheteur peut revendre son immeuble et c'est le prix du marché qui décidera du prix de vente.» Ainsi, selon elle, ces programmes ne permettent pas de maintenir des prix abordables à long terme et ils ne bénéficient pas aux ménages à faible revenu.« Coopérativez-vous! » Si la propriété individuelle traditionnelle reste un mirage pour les pauvres, la propriété collective - les coopératives et les organismes sans but lucratif (OSBL) d'habitation - leur est en revanche accessible.«Les logements sans but lucratif ne sont pas soumis à la logique du marché, explique Marie-José Corriveau.Là, les locataires ne peuvent pas être évincés et les loyers ne répondent pas à la logique du profit.» Ce type de propriété permet effectivement de sortir de la pauvreté, car les loyers payés par les locataires résultent d'une entente de 25 ans signée par le gouvernement fédéral et celui du Québec.Ainsi, les prix des loyers n'évoluent que très peu et restent inférieurs au prix du marché locatif.L'OSBL d'habitation Inter-Loge, situé dans le quartier Centre-Sud à Montréal, confirme que les logements collectifs profitent aux personnes démunies.En effet, 95 % des 300 logements gérés par cet OSBL profitent à des ménages dont les revenus annuels sont inférieurs à 15 000 S.L'adage selon lequel le nombre fait la force se confirme donc une nouvelle fois.Locataires du Québec, « coopérativez-vous! » 1 Soit un revenu annuel de 19 000$ pour une personne seule ou un couple sans enfant à Montréal.Ceci correspond au « seuil des besoins impérieux » fixé par le gouvernement fédéral et reconnu par tous les acteurs du milieu.¦ L'ITINÉRAIRE NUMÉRO 114 - FÉVRIER 2004 Un appui à notre lutte contre la pauvreté 11\t\tGilles Duceppe Député de Laurier\u2014Sainte-Marie Chef du Bloc Québécois \t\t1717 boul.René-Lévesque est, bureau 305 Montréal (Québec) H2L 4T3 Téléphone: (514) 522-1339 txiXaamImiihi icha\\ coi nonn 1\tfj\tTélécopieur: (514) b^-yttyy Courriel: ducepg1@parl.gc.ca Appuyons L'Itinéraire pour bâtir une société plus juste.\t\t CHAMBRE DES COMMUNES Bernard Bigras Député de Rosemont 2105, rue Beaubien Est Montréal (Québec) H2G 1M5 Tél.: (514) 729-5342 Télécopieur: (514) 729-5875 CIRQUE DU SOLEIL 8400, 2e Avenue, Montréal (Québec) Canada H1Z 4M6 Réal Ménard, Député Hochelaga-Maisonneuve 4036, rue Ontario Est Montreal (Quebec) HIW 1T2 Tél.: (514) 283-2655 Fax: (514) 283-6485 ********* ASSEMBLEE NATIONALE QUÉBEC André BOULERICE Député de Sainte-Marie-Saint-Jacques 1951, boul.de Maisonneuve Est Bureau 001 Montréal, Québec H2K 2C9 Téléphone : (514) 525-2501 Télécopieur : (514) 525-5637 andre.boulerice@assnat.qc.ca ^jlky,, Mêêêê Hôtel du Parlement Bureau 2.129 Québec(Québec) G1A1A4 Tél.: (418) 643-4313 Téléc.: (418) 646-4385 Ç&£> câfe) (3K> E L'ÉCHELLE, GROUPE POPULAIRE POUR LA ÙÉFENSE t>ES ÙROtTS t>ES TRAVAILLEUSES ET DES TRAVAILLEURS WW SWWQUÉS EST LÀ POUR VOUS! (51*) prennent d'assaut le grand écran! Irréductibles Mais pourquoi le lancement d'une bande-annonce alors que le film n'est encore que virtuel?« C'esf une façon originale de montrer le talent d'acteur des différents participants, explique Pierre Anthian.Juste au cas où certains en douteraient encore.Les gars se sont produits avec brio dans plusieurs films, notamment celui de Jean-Claude Lord, Station-Nord.» À ceux qui, en bonne logique utilitariste, seraient tentés de taxer de futile ce projet axé sur le développement de la fibre artistique des individus plutôt que sur celui d'habiletés manuelles perçues comme de meilleures garanties de réinsertion, il convient de rappeler l'objectif ultime poursuivi par le groupe.« Une question de dignité! L'expérience acquise à l'occasion de ce tournage devant servir de tremplin au retour en emploi des membres du collectif.Et si parmi eux quelques-uns s'en sont déjà sortis, c'est la preuve que la piste est encourageante et prometteuse », plaide Pierre Anthian.Solidarité « Nous voulons aussi recycler chaque Québécois en coproducteur, ajoute le scénariste.Si tous veulent faire un petit effort pour nous aider, nous les intégrerons au générique au même titre que les membres de l'équipe! » Avec un tout petit coup de pouce, les membres de l'ex-Chorale de l'Accueil Bonneau pourraient bien redevenir la coqueluche du tout Montréal! * * * Avis à tous ceux qui oeuvrent dans l'industrie cinématographique : votre implication bénévole est la bienvenue! Communiquez avec Pierre Anthian au (514) 739-1313.Les dons peuvent être acheminés à la Chorale de l'Accueil Bonneau, journal L'Itinéraire, 1108, rue Ontario Est, Montréal, H2L 1R1, (514) 597-0238.¦ Pour la dignité * Des revenus décents www.ccmm-csn.qc.ca (514)598-2021 OU MONTRÉAL MÉTROPOLITAIN CSN L'ITINÉRAIRE NUMÉRO 114 - FÉVRIER 2004 Logement social Une crise explosive Jacques brochu journaliste de la rue et camelot, métro Lucien-Laitier et La Cauchetière/De la Montagne Photo Palnce Bénaul! Le mois de janvier a été mouvementé à Montréal, pour ne pas dire explosif! Six colis suspects ont été découverts près de condos de luxe en construction, dans les quartiers Hochelaga-Maisonneuve et Centre-Sud.Ces actes ont été revendiqués par le « Comité anti-gentnfication », un groupe inconnu au moment de mettre sous presse.Celui-ci réclame plus de logements sociaux et l'arrêt des constructions de condos.«Nous ne pouvons condamner ce geste, même si ça va à /'encontre de nos méthodes », a indiqué la porte-parole du Comité des sans-emploi (CSE), Catherine Fortin.Selon elle, l'important pour le CSE n'est pas de mettre le feu au bureau du shérif, mais d'éveiller la conscience des gens du comté pour que ce soit eux qui le fassent.Population coupable Même son de cloche du côté du Comité de logement Centre-Sud et du Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), qui se dissocient tous deux du « Comité anti-gentrification ».«Par contre, cette action remet sur la place publique les problèmes de logement dont on ne parlera jamais assez », souligne un responsable du Comité logement Centre-Sud, Gaétan Roberge.Celui-ci indique qu'à ses yeux, «la grande coupable, c'est la population qui fait la sourde oreille.En effet, les mouvements populaires ont beau forcer, les résultats ne suivent pas, entraînant de l'impatience parmi les membres».Gaétan Roberge est parmi ceux qui pensent que la peur engendrée au sein de la population risque de donner des résultats contraires à ceux souhaités : Les pseudo-bombes ont fait également réagir l'Association de défense des droits sociaux (ADDS) « Devant le fait accompli, on va en profiter pour en parler de la crisse de crise du logement! », a déclaré le coordonnateur Richard Miron.Pour sa part, la secrétaire de l'Association Monique Rocheleau a rapporté : « Nous avons reçu la visite de policiers de la brigade communautaire et il semble que des doutes planent sur nous et nos membres.» Vache extra-maigre « J'espère qu'après ça, les policiers ne nous empêcheront pas de manifester sous prétexte que nous poumons être des poseurs de bombes! » - Gaétan Roberge, Comité logement Centre-Sud L'opération 5000 logements se termine en 2005, mais encore là, selon les prévisions du FRAPRU, il manquera tout de même entre 12 000 et 15 000 logements.D'ici cinq ans, il en manquera plus de 20 000, sans avoir de vision à long terme de la part des gouvernements provincial et fédéral pour réinvestir de nouveaux fonds dans le logement social.Est-ce que la crise actuelle ressemble à celle des années trente?«Ça commence à y ressembler.Depuis quelques années, c'est de la vache maigre et on s'en-ligne vers des années de vache extra-maigre, même si en ce moment, la vache est folle », a répondu Gaétan Roberge.Il poursuit : «Avec la fin des subventions au logement ce 30 juin, nous attendons près de 3000 ménages en plus des nouveaux cas de personnes sans logis ».Monsieur Roberge s'inquiète aussi du sort réservé aux célibataires, puisqu'à la Ville de Montréal la priorité est donné aux familles pour les subventions au logement : «Plusieurs personnes seules se retrouvent dans le circuit de l'itinérance, ce qui réduit les statistiques face au dossier du logement.» Au moment de mettre sous presse, L'Itinéraire a appris que des agents du Service canadien de renseignement et sécurité sont à la recherche de noms et numéros de téléphone de gens potentiellement violents lors de manifestations.Puis-je vous suggérer, messieurs les espions, d'appeler M.L'agent au 911?L'ITINÉRAIRE NUMÉRO 114-FÉVRIER 2004 CENTRE BOOTH UN MILIEU DE VIE À L'IMAGE DES BESOINS DE LA COMMUNAUTE Le centre Booth est une ressource d'hébergement communautaire offrant, dans la tradition de l'Armée du Salut, des services adaptés aux besoins des hommes en difficulté et à risque d'itinérance, âgés de 18 ans et plus.880, rue Guy (angle St-Antoine) Tél.: (514) 932-2214 Centre Emmaiis de spiritualité des Églises d'Orient 3774, chemin Queen-Mary, Montréal Tél.: (514) 276-2144 Au pied de l'Oratoire Saint-Joseph.Stationnement et ascenseur.Conférences sur les trésors des églises orientales Méditation hésychaste Chapelle - Bibliothèque - Icônes www.centre-emmaus.qc.ca IMPRIMERIE COMMERCIALE \u2022 IMPRESSION NUMÉRIQUE \u2022 PHOT0TOCOPIE LIBRE SERVICE urgence Copies Marc Thériault 2250, rue Ontario Est Montréal (Que) H2K 1V8 Tél.: (514) 523-2911 Téléc.: (514) 523-9453 I Radio Ville-Marie u 91,3 fm Montréal 100.3 fm Sherbrooke, Une programmation diversifiée et captivante 24 heures à l'écoute de la vie 140 émissions par semaine 110 animateurs et chroniqueurs 150,000 auditeurs en quête de musique de qualité, de réflexion et de partage 30 organismes communautaires participants éclairer, divertir, informer, contribuer au progrès humain, social, culturel et spirituel Dans un monde en changement, Radio Ville-Marie une voix réconfortante qui fait chaud au coeur 1-877-668-6601 - /Ceséefc Pour l'inscrire : Tél.: (514) 526-1651 Téléc.: (514 526-1655\tServices gratuits > Ateliers de groupe > Stages en entreprise > Suivis individualisés > Activités post-formation > Support dans la recherche d'emploi\tTu es > Âgé(e) de 16 ans ou plus > Motivé(e) à intégrer ou réintégrer le marché du travail > Démuni(e) face à l'emploi Les services du GIT sont offerts grâce à la contribution financière d'Emploi-Québec QuébecSS Emploi-Québec Groupe Information Travail > 2260, av.Papineau > Montréal (Québec) H2K 4J6 > git@infotravail.net\t\t L'ITINÉRAIRE NUMÉRO 114 - FÉVRIER 2004 I J'ai des valeurs.j'investis où ça compte ! de crédits d'impôt Une épargne peu coûteuse Un investissement pour la création et le maintien de milliers d'emplois partout au Québec FOND/OO/V POUR LA COOPERATION ET L'EMPLOI CSN (514) 525-5505 \u2022 1 800 253-6665 \u2022 www.fondaction.com Note : Ceci ne constitue pas une offre publique de valeurs.Veuillez lire le prospectus simplifié de Fondaction, disponible à nos bureaux ou dans notre site Internet.(D///CO ^ NUMÉRIQUE 30$ Prévoyez des piles de rechange, Regardez ce que vous voulez, quand vous le voulez.30 chaînes de votre choix pour 30 $*.30 chaînes musicales Galaxie.Jusqu'à 59 canaux de télé à la carte.Deux mois d'abonnement gratuits**.(Une valeur de 81,98$) Installation gratuite***.(Une valeur de 99,95 $) Accès gratuit au câble classique rur vos autres télés*.(Une valeur de 120 $) Terminal numérique en vente chez les détaillants autorisés.Vidéotron 9 OLEBECOR MEDIA ' L'abonnement au service de base illico (10,99 S/mois) incluant jusqu'à 126 canaux est obligatoire et en sus Le choix des chaînes peut varier selon les régions.\" Cette offre, d'une durée limitée, s'adresse aux nouveaux clients résidentiels qui s'abonnent a la télé numérique videotron, est conditionnelle a l'achat d'un terminal et à un engagement de nuit mois.La gratuité s'appliquera sur le premier et le huitième mois d'abonnement Offres disponibles sur d'autres assemblages.Les services, conditions et tanfs peuvent varier selon les régions et sont modifiables sans préavis Certaines conditions s'appliquent.*\"* Offre dune durée limitée Certaines conditions s'appliquent t Jusqu'à concurrence de neuf télés Installation ou déplacement des pnses en sus www.videotron.com (514) 281-1711 / 1 877 380-2511 Rencontrez des personnages hauts en couleur Découvrez des endroits exotiques Voyez des choses bizarres Mais, surtout, échangez vos points de vue, partagez vos idées et passez du bon temps Le programme «Franchir le seuil du Musée» permet à des organismes communautaires d'avoir accès gratuitement à des activités éducatives mises sur pied autour des expositions présentées au Musée ou de ses collections.Thèbes, Idole-cloche, vers 700 av.J.-C.terre cuite, 39,5 cm (h.), Paris Musée du Louvre O Photo RMN, H.Lewandowski Paris, France Traîneau, 1720-1750 Bois peint et doré, velours, fer, 127 x 96,6 x 180,4 cm Musée des beaux-arts de Montréal Don du Canadian Pacific Railway M Tél.: (514) 285-1600, poste 135 ou 136 \u2022 www.mbam.qc.ca MUSÉE DES BKAUX-ARTS DE MONTRHAL "]
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