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L'itinéraire
Depuis 1992, L'Itinéraire fait découvrir aux Montréalais les intérêts, les préoccupations et les revendications des gens de la rue, des activistes sociaux et des collaborateurs qui participent à la publication. [...]
L'Itinéraire est un mensuel montréalais dont la publication a débuté au printemps 1992. Le magazine est une initiative du Groupe communautaire L'Itinéraire, organisme basé dans le quartier Centre-Sud à Montréal. Il est vendu dans les rues et dans le métro de Montréal par des camelots. La création de L'Itinéraire visait à offrir une publication aux personnes seules et itinérantes dans laquelle elles pourraient partager avec la population les problématiques de l'itinérance et proposer des pistes de solution. L'Itinéraire permet aux participants l'apprentissage d'un travail rémunéré. Une participation active brise l'isolement. Elle favorise la revalorisation et la réalisation de soi, une reprise personnelle et une culture de l'autonomie. L'Itinéraire transmet aux Montréalais les intérêts, les préoccupations et les revendications des gens de la rue, des activistes sociaux et des collaborateurs qui participent à la publication. Ainsi, l'accès au logement, la réinsertion sociale, le travail du sexe, l'alcoolisme et la toxicomanie, la formation aux adultes, les droits de la personne, les sujets politiques de l'heure, les arts et la culture populaire, sont des sujets traités dans le magazine. On trouve régulièrement une personnalité connue en page couverture de L'Itinéraire, à laquelle est jumelé un article prenant souvent la forme d'une entrevue. Des collaborations spéciales de journalistes pigistes professionnels trouvent leur place chaque mois dans L'Itinéraire. Le magazine offre aussi une tribune à ses camelots, dont quelques-uns sont maintenant des figures connues des Montréalais. THIVIERGE, François, « Intervention de groupe auprès de la population itinérante de Montréal », Service social, vol. 43, no 2, 1994, p. 147-157.
Éditeur :
  • [Montréal] :Groupe communautaire l'itinéraire,1992-
Contenu spécifique :
avril
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
deux fois par mois
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L'itinéraire, 2003-04, Collections de BAnQ.

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[" Un'^POUL'ltinéraire Campagne de financement 2003 L'Itinéraire lance un appel public pour la réalisation d'un projet essentiel à l'avenir de sa mission auprès des personnes itinérantes et toxicomanes de Montréal.Depuis 1996, il en coûte plus de 60 000 $ par année pour la location d'espaces abritant nos secteurs d'activités : le Café sur Id rue, le journal L'Itinéraire et VEspace Internet.Les coûts reliés à la location d'espaces représentent depuis des années un frein à notre développement et restreignent notre capacité d'offrir de l'aide aux personnes issues de la rue dont le nombre ne cesse de s'accroître à chaque année.En 2002, L'Itinéraire a reçu un appui majeur du gouvernement fédéral par le biais du programme d'Initiative de partenariat en action communautaire (IPAC).En effet, une somme de 470 000 $ a été accordée à notre organisme pour faire l'acquisition d'un édifice dans l'arrondissement Ville-Marie.Or, les coûts reliés à l'achat, la rénovation et la mise aux normes d'un édifice dépassent largement l'aide gouvernementale reçue.Selon l'étude de viabilité réalisée en collaboration étroite avec le groupe de ressources techniques Atelier Habitation Montréal, nous devons donc trouver 250 000 $ supplémentaire pour la réalisation de ce projet.L'acquisition et l'aménagement d'un immeuble constitue sans contredit un gage de stabilité des services que L'Itinéraire offre à la clientèle alcooliques/toxicomane et itinérante de Montréal.L'objectif principal visé par la concrétisation de cette acquisition est de consolider et développer les alternatives à la mendicité offertes aux personnes issues de la rue.Toute participation, qu'elle soit matérielle ou monétaire permettra à L'Itinéraire de maintenir ses services qui visent à redonner l'espoir et la chance à des centaines de personnes de se sortir de leur pauvreté actuelle.Nous comptons sur la participation des entreprises, des orsanismes et de nos fidèles lectrices et lecteurs en les invitant à communiquer avec notre asente de développement au financement, Audrey Côté au (514) 597-0238 (poste 25) pour toute information supplémentaire.un/t>A l'itinéraire Je vous fais parvenir mon don de : Nom : Prénom : Adresse : Code postal : Tél.: ( )_ ^y^lewl d'être avec nous / Je désire recevoir un reçu pour fin d'impôts Envoyer un chèque ou mandat-poste à l'ordre du Groupe communautaire L'Itinéraire à l'adresse suivante: 1108, rue Ontario Est, Montréal (Québec) H2L1R1 Le Groupe communautaire L'Itinéraire est un organisme à but non lucratif fondé en 1990 pour aider les itinérants.Le conseil d'administration est composé en majorité de personnes ayant connu l'itinérance, l'alcoolisme ou la toxicomanie.Le conseil d'administration: Présidente : Josée Boisvert Vice-président : Sylvio Hébert trésorier : Éric Cimon Secrétaire : Réjean Mathieu Conseillers : Robert Beaupré, Audrey Coté, Michèle Wilson, Marie-Paule Théberge Administration du groupe : \u2022 Comité de direction : codirecteur : Serge Lareault co-directrice : Denise English \u2022 Administration : Responsable : Serge Lareault Adjointe administrative : Sylvie Côte Agente de proiett inancement : Audrey Coté Conseillère publicitaire : Renée Larlvière \u2022 Café sur la nie : Responsable : Denise English \u2022 Oistibution : Responsable : Denise English Intervenants : Robert Beaupré, Julie Me Dermott Représentants des camelots : Gabriel Bissonnette \u2022 Espace Internet : Responsable : Mylene Bonin \u2022 Journal : Responsable : Serge Lareault Agente de développement : Nancy Roussy Le i°jrnal L'Itinéraire a été créé en 1992 par Pierrette Desrosiers, 'î^f * Denise English, François Thivierge et Michèle Wilson.A cette \\r~ZF¥/ époque, il était destiné aux gens en difficulté et offert gratuitement \\Çj§Jy dans les services d'aide et maisons de chambres.Depuis mai 1994, L'Itinéraire est vendu régulièrement dans la rue.Cette publication est produite et rédigée en majorité par des personnes vivant ou ayant connu l'itinérance, dans le but de leur venir en aide et de permettre leur réinsertion sociale et professionnelle.Pour chaque numéro, vendu 2 $, 1 $ revient directement au camelot.Les profits de L'Itinéraire servent à financer les projets d'entraide.Attention aux fraudeurs; personne n'est autorisé à solliciter au porte à porte ou dans les commerces des dons monétaires ou matériels pour L'Itinéraire.La direction de L'Itinéraire tient à rappeler qu'elle n'est pas responsable des gestes des vendeurs dans la rue.Si ces derniers vous proposent tout autre produit que le journal ou demandent des dons, ils ne le font pas pour L'Itinéraire.Si vous avez des commentaires sur les propos tenus ou le comportement des vendeurs, communiquez sans hésiter avec l'intervenant : Robert Beaupré au (514) 597-0238, poste 32.Équipe de production du journal Rédacteur en chef : Serge Lareault Collaborateurs : Nancy Roussy, Gina Mazerolle, Maxime.Christopher Jones, Léo Paul Lauzon, Robert Beaupré, Johanne Gingras, Élyse Frenette.Martin Richer, Michel Côté, Lucie Hamel.Vianney Huard, Réal Dion, Gabriel Bissonnette, Albert Grandmaison, Gilles Bélanger Infographiste : Jocelyne Sénécal Révision : Mariette Élhier-Morand, André Martin, Guy Crevier, Anne Rodrigue, Gabriel le Coutu Mots croisés : Gaston Pipon Imprimeur : Québécor World Lebonfon Tirage : 22 000 exemplaires vendus par des itinérants et des sans-emploi dans les rues de Montréal.L'Itinéraire est membre de: NASNA \u2022 Association nord-américaine des |oumaux de nie /f^-£k Le réseau international AMCrA^: {LSHH ils tournai» de nie AfflLl\" ¦- Son tirage est certifié par A^DA entièrement recyclable L'Itinéraire Administration 1108, Ontario Est, Montréal (Québec) H2L1R1 Journal et Espace Internet 1907, rue Amherst, H2L3L7 Café sur la rue 1104, Ontario Est, H2I1H1 Tél.: (514) 597-0238 Téléc.: (514) 597-1544 Courriel : itineraire@videotron.ca Site : www.itineraire.ca Sommaire Entrevue avec Laurence Jalbert 4 Actualité Élection : 6 Éditorial 7 La pauvreté exclue de la campagne?8 « Un autre Québec est possible » 9 La guerre des B dans Sainte-Marie-St-Jacques 11 Lutte à quatre dans Mercier 12 Vous dansiez?.Eh bien déchantez maintenant!.16 L'Itinéraire et le réseau des centres d'accès communautaires 24 Opinion - La démocratie a-t-elle perdu la guerre?29 Persephone : toujours entre l'enfer et l'espoir 33 Cocos de Pâques et lapins de chocolat : entre délices et écœurement! CiHOiliqUeS Livre - La grande fumisterie 14 Toxicomanie - La recherche au service des toxicomanes 17 VIH/SIDA - La vie après la mort! 18 InfO-jeil « Miser » sur la prévention 21 Prof Lauzon 22 Mots des camelots 25 Mots croisés 33 InfO-aiCOOlisme - Informer sans modération 34 A surveiller le mois prochain L'Itinéraire fait peau neuve! Au mois de mai, dans le cadre du 9e anniversaire de vente sur la rue de L'Itinéraire, nous changerons de look avec une nouvelle maquette, de nouvelles chroniques mensuelles, etc.Pour mieux répondre au besoin d'information à caractère social et grâce à l'appui de nos annonceurs, L'Itinéraire augmentera son nombre de pages afin de traiter régulièrement de sujets qui préoccupent autant les gens de la rue que le public en général.À ne pas manquer! Contribuez à augmenter notre capacité d'informer le public Annoncez dans L'Itinéraire1.Vous pouvez annoncer dans nos pases habituelles ou dans le cadre de nos chroniques: livres et culture, restaurants, économie socialement responsable, le monde du travail, aide aux dépendances, VIH/sida, santé mentale, recyclase, etc.Contactez notre conseillère publicitaire Renée Larivière au (514) 597-0238, poste 27 Photo page couverture : Sard Cameron JOURNAL L'ITINERAIRE 31 Laurence Jalbert : Gabriel Bissonnette et Audrey Coté « J'me suis jamais conformée à quoi que ce soit dans ma vie et j'en ai toujours assumé les conséquences.» Rebelle dans l'âme, Laurence Jalbert l'a toujours été.C'est sûrement ce qui explique pourquoi, lors de son passage au Café sur la rue de L'Itinéraire le 10 mars dernier, elle a su captiver, émouvoir et s'attirer les contidences de ceux qui connaissent les dures réalités de la rue.Eh oui, parce que la rue est aussi dure que peut l'être la vie par moments : « Pendant dix ans, j'ai souffert d'un mal de vivre qui m'a poussée à la toxicomanie.J'ai tout essayé, tout fait jusqu'à ce que je tombe enceinte de ma fille qui a aujourd'hui vingt ans.» Laurence Jalbert et Gabriel Bissonnette lors de l'entrevue à L'Itinéraire Officiellement révélée par l'Empire des futures stars en 1987, la flamboyante artiste roulait pourtant sa bosse depuis belle lurette : « Les bars du Québec, je les ai fait longtemps pour pouvoir chanter.Même que parfois, j'étais là à chanter dans le fond d'une salle enfumée où presque personne ne m'écoutait, mais j'me fermais les yeux et me concentrais pour continuer.», raconte-t-elle l'air songeur.Continuer.Encore et Encore Ce n'est pas parce que Laurence Jalbert a remporté le concours de l'Empire en 1987 qu'elle s'enchante à l'égard de ce genre de compétition : «.J'ai toujours été contre ces concours qui opposent des artistes qu'on ne peut pas comparer.Je trouve absurde qu'on mette en compétition un talent contre un autre talent, un être humain contre un autre être humain.» Nul besoin de lui demander son avis sur Star Académie! Ayant toujours lutté pour rester elle-même et garder le contrôle de sa carrière, disons que le vedettariat préfabriqué n'est pas pour Laurence Jalbert.Trop de choses à écouter, entendre et vivre avant d'en arriver à se livrer sur scène : « En tant qu'artiste, je me vois comme un récepteur.Avant que j'commence à écrire, j'entrais dans un restaurant ou un autobus et, spontanément, les gens me racontaient leur vie.Et ça continue aujourd'hui : les gens m'écrivent et 14 JOURNAL L'ITINERAIRE MONTREAL \u2022 AVRIL 2003 me confient beaucoup leurs souffrances.Écrire et chanter deviennent alors ma façon de leur dire de continuer à se battre, même si, plus souvent qu'autrement, je me sens vulnérable et impuissante.» Très préoccupée par la violence faite aux femmes, sa chanson Encore et encore, qui exprime subtilement jusqu'où peut aller la cruauté humaine, reprend d'ailleurs le titre du journal intime d'une jeune fille de 14 ans de Val-d'Or assassinée par trois membre d'une même famille : «Alors que l'étais en spectacle à Val-d'Or, avant que je chante Encore et encore, la mère de cette adolescente assassinée m'a offert le journal de sa fille qui avait écrit Encore et encore sur la couverture.[.] J'ai tellement mal que parfois, j'avoue que je trouve ça lourd émotivement, parce que je voudrais faire plus qu'écrire et chanter.Mais c'est ma façon à moi de me battre et je vais continuer.» Sachant que Laurence Jalbert n'a pas été épargnée par la vie ces dernières années, cette phrase est d'autant plus émouvante.L'auditoire du Café sur la rue a été visiblement touché et bouleversé par les confidences de la chanteuse en ce qui a trait à la souffrance : « Malheureusement, je crois que c'est vrai que la souffrance nous fait évoluer.J'ai été atteinte par la bactérie mangeuse de chair.J'étais à peine consciente et je me demandais si j'allais mourir, si je pourrais remarcher normalement.C'est sûr qu'après ça, ta façon de voir la vie change ».Mais la souffrance de son fils né prématurément est de loin ce qui l'a fait le plus souffrir : « Quand ton enfant souffre pour vivre, tu te sens tellement inutile.Je ne pouvais lui toucher que du bout des doigts et espérer, croire.», se rappelle la chanteuse avec un tremblement soudain dans la voix.Mais comme toujours, cette souffrance s'est transmuée dans l'écriture et l'interprétation de Chanson pour Nathan, l'une des plus belles chansons du répertoire québécois actuel.Rester debout au milieu des grands remous Laurence Jalbert ne verse pas dans la comédie pour épater la galerie.D'ailleurs, elle se fait souvent reprocher d'être trop émotive, mais ne changera pas pour autant : «Je suis comme je suis.Je n'ai rien à prouver à personne et si ça dérange des gens que je pleure quand j'suis triste ou que j'ai mal, je ne peux rien y faire.» Comme son ami Dan Bigras, Laurence Jalbert est une artiste authentique qui plaît justement parce qu'elle refuse de diluer son tempérament pour plaire à tout prix.Et pourtant, son album Corridor a été certifié platine en 1994 avec plus de 100 000 exemplaires vendus et les chansons de ses albums Avant le Squall (1998) et Et j'espère (2001) sont parmi les plus «tournées» sur la bande FM.Là-dessus, l'auteure-compositeure-interprète reste discrète.Pas l'ombre d'un comportement ostentatoire chez Laurence Jalbert.Une volonté de demeurer équilibrée, de concilier sa vie de femme, de mère et d'artiste : « Malgré mon horaire très chargé, je choisis toujours mes enfants en premier.Je sais que parfois, je rate des choses, mais j'assume mes choix! J'ai toujours eu une carrière à mon rythme.Ma mère a été présente pour moi et je veux faire la même chose avec mes enfants », affirme Laurence Jalbert.Sa mère est d'ailleurs un modèle important pour la chanteuse originaire de Rivière-aux-Renards en Gaspésie : « Ma mère est une femme forte qui s'est bâtie elle-même.Elle a trimé dur pour ses enfants et nous a appris la nécessité de se battre pour rester soi-même.Même si j'étais très rebelle lorsque j'étais adolescente, mes parents m'ont enseigné des valeurs qui sont essentielles dans ma vie aujourd'hui.Tu ne peux pas aller à /'encontre du rythme des marées, du cycle des saisons, c'est pourquoi il faut parfois lâcher prise.» L'autre femme dont la force inspire Laurence Jalbert est Ingrid Bétancourt, femme politique qui a été enlevée par les Forces armées révolutionnaires de Colombie, il y a un an: «J'admire son courage, car cette femme qui contrairement à moi provient d'un milieu très aisé, aurait pu rester dans son confort sans rien faire.Au lieu de ça, elle a décidé de risquer sa vie, de se battre pour lutter contre la corruption qui engendre beaucoup de souffrance et d'injustice en Colombie.» L'espoir en pleine lumière En dépit du fait que Laurence Jalbert dénonce les abus de toutes sortes, la haine et l'injustice, ses chansons sont toujours fortement imprégnées d'espoir.Ce n'est pas pour rien que Tard, extrait de son dernier album très justement intitulé Et j'espère.a pour refrain : « // ne fera jamais trop noir pour ne plus parler d'espoir/ll ne sera jamais trop tard.» Et cet espoir a grandement interpellé les personnes de la rue venues rencontrer Laurence Jalbert au Café.Il fallait voir et constater l'écoute attentive de l'artiste devant l'une racontant ses difficultés à se sortir de la prostitution, l'autre son combat contre la toxicomanie et l'autre encore son espoir de voir son VIH battre en retraite.Bref, le passage de Laurence Jalbert à L'Itinéraire a suscité de beaux échanges et incité ceux et celles qui luttent quotidiennement pour leur survie à cultiver l'espoir de s'en sortir : « Pour vaincre la dépression, j'me suis imaginée une flèche avec une corde, comme une trajectoire de vie que j'aurais lancée et à laquelle je peux toujours m'ac-crocher quand j'ai l'impression de dévier, de perdre le contrôle.» Belle image pour garder le cap malgré la tourmente! fj MONTREAL \u2022 AVRIL 2003 JOURNAL L'ITINÉRAIRE 5l Editorial Voter \tUn \tSerge Lareault 1 1 m.\tRédacteur en chef Le pouvoir de la société civile semble parfois se résumer à peu de choses.On le voit avec le conflit irakien.Malgré les manifestations de millions de personnes à travers le monde, cela ne semble pas ébranler le pouvoir en place aux États-Unis.Et puis il y a le moment où le peuple parle.Enfin, il ne dit même pas un mot.Il fait une marque à côté du candidat de son choix lors d'une élection.Pour plusieurs, l'exercice démocratique semble bien vain.Il est certain que le vrai pouvoir d'influencer le politique passe bien plus par quelques $ dans la main d'un candidat que le X tracé à côté de son nom, dans l'isoloir, par un électeur anonyme.Face à cet état de fait, plusieurs ne voteront pas.Les statistiques démontrent que les plus pauvres de la société sont parmi les plus découragés, ceux qui se sentent les plus impuissants et qui, par conséquent, votent le moins.Il y a aussi ceux qui sont révoltés contre tous les partis politiques confondus et qui n'écouteront même pas le résultat.Il y a bien des jeunes dans cette catégorie.Mais finalement, ce sont parfois les plus floués de tous, car dans bien des cas, ils voteront malgré eux, quelqu'un d'autre l'aura fait à leur place, recyclant leur droit démocratique inutilisé.Toute personne qui a travaillé dans un bureau de scrutin en sait quelque chose.Et il y a ceux et celles qui voteront.Et il y aura un lendemain d'élection, un nouveau mandat se lèvera sur le Québec.Que l'on minimise le droit de vote ou non, il n'en demeure pas moins qu'une majorité de Québécois auront choisi le gouvernement.qu'ils mériteront.Il sera facile dans une couple d'années de dire qu'on est mal gouverné, que notre tissu social s'effrite, que le fossé des inégalités se creuse (lire l'article du prof Lauzon de ce mois-ci), nous aurons en tant qu'électeurs et citoyens notre part de responsabilité.Nous devrons assumer nos choix.Plus ou moins de choix Dans ce match de lutte à plusieurs, nous retrouvons dans le coin gauche l'Union des forces progressistes (UFP).Les forces sont faibles comparées aux gros bras des partis mais on sent une qualité sociale des candidats.Cela offre une avenue intéressante.pour les rares qui auront la chance d'entendre leurs candidats.Dans le coin droit, l'Action démocratique du Québec (ADQ).Ça a mis pas mal d'action effectivement au début de la lutte.Et ceux qui appuient ce parti semblent aussi avoir pas mal d'actions.On sent derrière cette option, pour laquelle les groupes de pression représentent peu de chose à en croire leur chef, une tendance très néo-libérale en ligne directe avec les États-Unis.Enfin, au centre, un bras de fer serré entre le Parti québécois (PQ) et le Parti libéral du Québec (PLQ).On se tape dessus à coup de santé/éducation et de conciliation travail-famille.Une chose est certaine, il y a peu de place dans le débat pour des solutions afin d'harmoniser les écarts de revenus entre riches et pauvres, pour mettre fin à la précarité de la vie des Québécoises et des Québécois.L'impressionnant dossier de La Presse, « Quelle vie de fou », publié le 8 mars dernier, démontrait à quel point nous sommes triturés par nos conditions de vie : des salaires qui n'augmentent pas (malgré les heures plus longues!); un coût de la vie qui, lui, augmente sans cesse; un système de santé qui vous rend malade à force d'attendre dans une file style moscovite; un système d'éducation de plus en plus inaccessible, etc.Les itinérants ne sont que la pointe de l'iceberg d'une société qui se maintient à flot.On doit travailler comme des fous pour joindre les deux bouts et la masse des gens qui décrochent soit psychologiquement (hausse des dépressions alarmantes; lire Québec science de mars 2003) soit physiquement (la Old Brewery déborde et est overbooked pour les prochaines années), ne fait qu'augmenter.Dans cette élection, plusieurs auront misé gros.Mais les grands perdants, on les connaîtra seulement dans quatre ans.On devra élire le gouvernement et les candidats qui semblent le plus tenir compte des besoins sociaux des Québécois et non des besoins économiques des bailleurs de fonds.C'est seulement en gang que la population pourra tasser les gros de la finance qui poussent nos gouvernements dans l'arène économique plutôt que dans le débat social.Et finalement, les manifestations contre le conflit en Irak est peut-être en train de nous faire réaliser qu'entre deux élections, on peut se faire entendre.On n'a pas fini de marcher! L'Itinéraire de la paix! Plusieurs membres de L'Itinéraire étaient présents le 15 mars dernier à la marche du Collectif échec à la guerre.Le Réseau international des journaux de rue (INSP), dont L'Itinéraire est membre tient à manifester son désaccord face à la guerre (malgré le début des attaques sur le peuple irakien lors de l'impression de ce numéro)! Travaillant tous pour lutter contre l'exclusion sociale, la pauvreté et les injustices sociales multiples, nous ne pouvons accepter que la loi du plus riche et du plus fort prévale lorsque le monde entier connaît les effets dévastateurs d'une guerre.Inutile d'en dire plus : nous sommes contre le fait de jeter des Irakiens à la rue! I 6 JOURNAL L'ITINERAIRE serge.lareault@videotron.ca MONTRÉAL \u2022 AVRIL 2003 La pauvreté exclue de la campagne?Jérôme Savary Collaboration spéciale Les partis en course pour l'élection du 14 avril usent de leurs plus beaux atours pour séduire l'électeur tant désiré.À coups de grands chiffres et de petites phrases, leurs chefs se renvoient la balle sur des sujets récurrents, principalement la santé et l'éducation.Qu'en est-il de la pauvreté?De l'exclusion sociale?Les différentes positions sur ces sujets peu médiatiques sont méconnues.Heureusement, un mouvement non partisan veille à l'information du citoyen.D'abord Solidaires présente une analyse comparée des programmes des partis politiques.Ce travail d'éducation politique et la naissance de ce mouvement sont nés d'un constat peu rassurant.« Nous sommes préoccupés par le fait que le bien commun ait tendance à foutre le camp », explique la militante Manon Massé.La pauvreté est notamment l'un des thèmes sur lequel le mouvement a réfléchi.«Moralement, tout parti qui aspire à gouverner doit tenir compte de l'ensemble de la population.Principalement des gens les plus défavorisés », justifie-t-elle.Selon l'analyse proposée dans le site Internet de D'abord Solidaires, il est écrit que «/e Parti québécois (PQ) affirme qu'on ne peut accepter que l'écart grandisse entre les pauvres et les riches.Toutefois, sa plate-forme politique est complètement muette sur les causes de l'élargissement de cet écart 11.Identifier celles-ci ne permettrait-il pas d'imaginer plus facilement des solutions?De leur côté, le Parti Libéral du Québec (PLQ) et l'Action démocratique du Québec (ADQ) identifient, chacun à leur façon, les racines du mal.«Pour le PLQ le problème de la pauvreté c'est d'abord un problème de non-participation à l'activité économique.» En revanche, «Pour l'ADQ le pro- blème résulte de la multitude des programmes de soutien du revenu qui sont maintenant mal adaptés à la nouvelle réalité de la société québécoise.» Jean-Marc Piotte, professeur de sciences politiques à l'UQÀM et co-auteur de l'ouvrage ADQ: à droite toute!, pointe le danger que ce parti représente.« La différence radicale se situe entre l'ADQ et les autres », affirme-t-il.Selon lui, la vision de l'ADQ mettrait tout un pan de la société québécoise à l'écart.«La politique des «adéquistes» est une politique de droite néo-libérale, et selon eux, le marché est la meilleure façon de développer le Québec.Dans cette perspective, chaque individu est responsable de ce qu'il est, tant mieux pour les battants, tant pis pour les autres », dénonce Jean-Marc Piotte.Nul doute que ces positions sont aux antipodes de celles de l'Union des forces progressistes (UFP) et du Parti vert.« // est évident que TUFP apparaît avec des revendications plus claires, car elles sont portées par le mouvement autonome », note Manon Massé.Selon ces deux partis de gauche, le site de D'abord Solidaires indique que «la pauvreté est le résultat d'une mauvaise répartition de la richesse causée par des injustices, la mondialisation néo-libérale et des politiques de droite (Ex.déficit zéro, coupures dans les programmes sociaux et de santé, etc.) ».Cependant, les trois partis représentés à l'Assemblée Nationale ont semblé faire preuve de bonne volonté lors de l'adoption à l'unanimité, le 13 décembre 2002, de la Loi visant à lutter contre la pauvreté et l'exclusion sociale.«Ilest surprenant de constater qu'ils aient voté unanimement l'adoption du texte pour la lutte contre la pauvreté.Mais y aura-t-il de l'argent pour cette loi?», s'interroge la militante de D'abord Solidaires.Suite à la page 10 Richard Brosseau Sainte-Marie-Saint-Jacques Des solutions locales aux enjeux locaux! Autorisé et payé par Robert Tull, agent officiel de Richard Brosseau, candidat du Parti libéral du Quebec .Parti Libéral Québec www.plq.org 1460, rue Ontario Est Montréal (Québec) H2L 1S3 Téléphone : (514)526-0091 Télécopieur : (514)526-2767 smarie-sjacques@plq.org www.plq.org MONTREAL \u2022 AVRIL 2003 JOURNAL L'ITINERAIRE 71 « Un autre Québec est possible » Ce leitmotiv est celui de l'Union des forces progressistes (UFP), le seul parti se réclamant ouvertement de gauche.Fondé en juin 2002, il doit devenir, selon ses organisateurs, le bras politique des mouvements sociaux.«Nous voulons être le parti de la rue-», a d'ailleurs souligné la Secrétaire générale de l'UFP, Monique Moisan, lors de l'investiture du candidat Amir Khadir dans le comté de Mercier.L'originalité de sa plate-forme politique tient dans son parti pris pour la mondialisation des solidarités et contre la globalisation des marchés.Selon son président, François Cyr, l'actualité internationale offre l'opportunité de cultiver la spécificité québécoise, l'opposition à la guerre étant plus marquée au Québec que partout ailleurs au Canada.Car l'UFP est un parti clairement souverainiste.Pour cette formation politique, l'indépendance n'est pas une fin en soi, mais un moyen de réaliser son projet de société.Suivant cette approche nationaliste, l'État reste le gardien du bien commun, même si sa forme et son approche doivent être renouvelées.Le dernier né de la famille des organisations politiques propose aussi une nouvelle forme de représentation populaire.Ainsi, «la direction collégiale de l'UFP ne place pas tous les pouvoirs entre les mains d'un chef, mais favorise plutôt le leadership collectif'», peut-on lire dans un document du mouvement.Cette opposition au culte du chef unique se manifeste notamment dans le choix de deux porte-parole (la jeune Molly Alexander et l'expérimenté Pierre Dostie) pour propager le message dans les médias.Les femmes occupent une place importante dans l'organisation du parti.Le comité exécutif national du parti est ainsi composé de 50 % de femmes.Quoi de plus normal pour un parti qui présente la question des femmes, parallèlement à la lutte contre la pauvreté et à l'économie alternative, comme l'une de ses préoccupations centrales.Enfin, l'UFP ne fait pas cavalier seul dans la présente campagne électorale, puisqu'une entente a été signée avec le Parti vert du Québec.Si chacun s'entend pour dire que leur score sera modeste, l'alternative progressiste qu'ils proposent aux Québécois mérite d'être soutenue.Souhaitons-leur bonne chance! UFP Union des forces prog Amir Khadir UNION DES FORCES PROGRESSISTES\t Ste-Marie-St-Jacques Gaétan Breton Oui, un autre\tMercier Amir Khadir Québec est possible ! Pour une fois, votez pour vous ! UFP WWW.UFP.OC.CA Autorisé «t payé par Ranald Cameron, agent officiel dAmir Khadir Autorise par Marc-Antoine Fleury, agent officiel de Gaétan Breton! 18 JOURNAL L'ITINÉRAIRE MONTRÉAL \u2022 AVRIL 2003 Nathalie Rochefort candidate libérale de Mercier DES ACTION «Ma parole: Demeurer facilement accessib et continuer de bien vous servir.» (514) 270-NAT www.NathalieRochefort.com ocal de campagne coin St-Andr Québec Luc Parent, agent officiel La suerre des B dans Sainte-Marie-St-Jacques SL- Le comté où sont situés les locaux de L'Itinéraire et dans lequel se retrouvent plusieurs organismes d'aide aux sans-abris, Sainte-Marie-St-Jacques, connaîtra la guerre des B : André Boulerice (PQ), André Brosseau (PLQ), Annick Brousseau (ADQ) et Gaétan Breton (UFP).Depuis 1985, André Boulerice, actuellement ministre des délégués aux relations avec les citoyens et à l'Immigration, occupe le siège de député pour le parti québécois.Très engagé dans le développement du comté, M.Boulerice est associé à plusieurs réalisations tant du côté communautaire que commercial (développement du Village) et social (reconnaissance des conjoints de même sexe, augmentation des services aux personnes immigrantes, etc.).Ce comté est marqué par l'arrivée massive de nouveaux résidants et la construction de condos de luxe.On parle d'un nouveau Plateau en même temps que l'on y constate une augmentation importante des sans-abri.Le comté aura à faire face à des problèmes sociaux reliés à tous ces changements._^ Pour faire avancer Mercier, il faut voter Daniel Turp le 14 avril! Pour nous joindre : 2131, avenue du Mont-Royal Est Tél.: 514-529-6003 Télécopieur : 514-529-6102 www danielturp org/pq.mercier Courriel danielturp@bellnet ca Q Parti Québécois MONTRÉAL \u2022 AVRIL 2003 JOURNAL L'ITINERAIRE 91 1 Suite de la page 9 Le candidat du parti libéral du Québec, Richard Brosseau, était jusqu'à récemment directeur des politiques au cabinet du maire de Longueuil.Il est aussi administrateur à la Magnétothèque.«Je suis conscient des problèmes sociaux reliés au développement du comté et j'appuie des projets d'habitations sociales tels que proposés pour le site de Radio-Canada, a-t-il affirmé à L'Itinéraire.Les libéraux n'ont pas l'intention de couper dans les services sociaux et il faut encourager les initiatives des groupes communautaires.» Le candidat de l'Union des forces progressistes, Gaétan Breton, est un universitaire reconnu (professeur de comptabilité à l'UQAM) qui donne régulièrement des cours à Paris.M.Breton prône un «partage plus équitable des richesses.Elles existent! On produit plus de richesse par habitant que jamais.Il faut cesser de taxer les individus et en demander plus aux entreprises », dit-il.Selon le candidat, «le Parti québécois donne trop d'exemptions de taxes et de crédits d'impôt aux entreprises étrangères qui viennent s'installer ici.Ce n'est pas aux Québécois de payer pour de grosses multinationales comme IBM! » La candidate de l'ADQ, Mme Annick Brousseau, n'a pu être rejointe au moment de mettre sous presse.Prière au Saint-Esprit Saint-Espnt, loi qui résouds tous les problèmes, toi qui éclaires tous les chemins pour m'aider à alteindre mon but, loi qui me donnes le don divin de pardonner el d'oublier le mal que l'on fait, loi qui te trouves à mes côtés dans toules les circonstances de la vie.Je veux, par cette courte prière, te remercier pour lout el le confirmer une fois de plus que je ne voudrais pas être séparé de toi, même en dépit de toutes tentations matérielles illusoires.Je veux être avec toi dans la gloire éternelle.Merci pour ta miséricorde envers moi et les miens.Vous devez réciter cette prière pendant trois jours consécutifs.Ensuite, la faveur demandée vous sera accordée, même si elle vous paraît difficile à obtenir.Vous devez alors publier cette prière, y compris les instructions, immédiatement après que votre souhait a été exaucé, mais sans mentionner la nature de votre voeu.Seulement vos initiales devront apparaître a la fin de cette pnere j.t Suite de la page 7 La présentation du budget 2003-2004 par la ministre des Finances Pauline Marois, faite le 12 mars dernier, est loin de répondre aux attentes suscitées par les annonces précédentes.Ainsi, au lieu du 1,5 milliard de dollars prévu en cinq ans en faveur des plus démunis, seulement 160 millions de dollars sur trois ans seront consentis.« Ce gue le gouvernement dit aux gens, c'est: « Contentez-vous du rêve gu'il y a dans la loi.» En 2003, on dit aux parents : «Continuez à avoir faim, continuez à vous appauvrir » », avait alors affirmé au Le Devoir la responsable du Front commun des personnes assistées sociales du Québec, Nicole Jette.Pourtant, il semble acquis que le politique a en main des leviers essentiels pour agir.« Comme le marché ne fonctionne uniquement que pour les plus forts, l'État a un grand rôle à jouer à ce niveau là, souligne le professeur de sciences politiques, Jean-Marc Piotte.L'État et l'école doivent compenser le handicap que connaissent les familles démunies.» La campagne électorale qui a débuté le 12 mars est aujourd'hui propice à la réflexion et au débat d'idées.Néanmoins, les sujets de préoccupation des citoyens n'auront pas forcément d'échos durant ce moment privilégié de démocratie.« Nous craignons que les partis ne discutent que de santé », avoue Manon Massé.La nécessité d'alerter l'opinion publique apparaît alors de façon évidente.« Ce qui est important pour les électeurs, c'est d'avoir accès à l'ensemble de l'information, indique la militante de D'abord Solidaires.Tout au long de la campagne, nous allons éditer un hebdo solidaire dans Internet, pour réagir par rapport à la campagne, en espérant que celle-ci sera propre et axée sur les contenus.» Site Internet du mouvement D'abord Solidaires : http://www.dabordsol-idaires.ca Gravel CompNet Marcel Gravel Marcel Gravel, technicien en réseau Informatique senior vous propose les services suivants : \u2022 réparation, configuration d'ordinateur, \u2022 vente de pc, \u2022 installation, configuration et gestion de serveur NOVELL NETWARE et WINDOWS NT/2000, \u2022 câblage résautique Contact : Téléphone : 514.383.4608 Courriel : macgra@colba.net I 10 JOURNAL L'ITINERAIRE MONTRÉAL \u2022 AVRIL 2003 Lutte à quatre dans Mercier JS- C'est parti pour les premières élections provinciales du nouveau millénaire.Le temps de la campagne, les camelots ne sont plus les seuls à battre le pavé.Sur le plateau Mont-Royal, les candidats à l'élection dans Mercier arpentent aussi les rues dans l'espoir de convaincre les électeurs, avant le vote prévu pour le 14 avril.« Ce comfé esf riche en diversité et en contestation, indique le candidat vedette de l'Union des forces progressistes (UFP), Amir Khadir.Ce fut le premier comté à élire un poète comme député en 1976.Il s'agissait de Gérald Godin, qui avait battu le premier ministre d'alors, Robert Bourassa.» En constante évolution, le plateau Mont-Royal se distingue par l'arrivée récente de familles financièrement aisées.« // rouf maintenir la diversité et la mixité sociale dans Mercier, alors qu'une population plus favorisée économiquement émerge dans ce comté», analyse le candidat du Parti québécois (PQ) et avocat, Daniel Turp.L'ancien député blo-quiste de la circonscription de Beauharnois-Salaberry, souverainiste reconnu, propose pour cela la construction de nouveaux logements sociaux.Une préoccupation qui revient de façon récurrente dans la bouche des candidats.«7e fais actuellement circuler une pétition, demandant l'arrêt de la construction de nouveaux condos tant qu'un pourcentage de 3% de vacance des logements n'est pas atteint.Ceci afin de diminuer la tentation discriminatoire des propriétaires », précise sur ce point la députée du comté de Mercier et candidate du Parti libéral du Québec (PLQ), Nathalie Rochefort.Le manque de places en garderie est un autre souci majeur que les candidats ont à l'esprit.Notamment pour l'Action démocratique du Québec, où la famille est un thème central du programme de ce parti.«// faut réduire les délais [d'attente à l'obtention d'une place en garderie], indique la candidate adéquiste et avocate, Vivian Goulder.La situation des garderies dans Mercier est pire gu'avant l'arrivée de Nathalie Rochefort à la tête du comté.» Une analyse que ne partage pas la députée.«Depuis mon élection, 125 places en garderie ont été créées en un an, quand 24 places seulement ont été ouvertes les deux années précédant mon élection.» Nathalie Rochefort, députée du comté de Mercier depuis les élections partielles d'avril 2001, est aussi fière de la visibilité qu'elle a su donner à ses actions.«7e suis la première élue au Québec à avoir produit un rapport annuel, incluant notamment mon bilan financier, dans un souci de transparence.» La candidate du PLQ se veut proche des gens, comme l'atteste son travail au sein de l'organisme communautaire Le Bon Dieu dans la rue, du père Emmett Johns (Pops).Pendant quatre ans, elle s'est inquiétée du sort des jeunes démunis de Montréal et elle continue de le faire comme députée.« Les élus ont le devoir de tout mettre en œuvre pour améliorer les conditions de vie de chacun.Lorsqu'à l'Assemblée Nationale, j'ai dû prêter serment d'allégeance à la reine et aux citoyens du Québec, j'ai ajouté solennellement que je serai toujours là pour les jeunes de la rue », rappelle celle qui se désigne comme leur aima mater.Officiant pour sa part comme médecin à l'hôpital communautaire de Repentigny, Amir Khadir (UFP) est le seul à insister sur les conséquences locales du contexte international.«Bush a un comportement impérial qui nous menace directement au Québec.» Le candidat de gauche souligne aussi les défis actuels de l'indépendance des nations.« Si on signe des accords marquant le renoncement de la souveraineté, cela aura des répercussions négatives [pour le Canada et le Québec].La première chose à faire comme souverainiste est alors de dénoncer ces accords.» Les positions de l'UFP sont gênantes pour le Parti québécois, obligé de partager dorénavant le thème qui a fait de ce parti sa raison d'être.Le PQ a ainsi longtemps essayé de dissuader Amir Khadir de se présenter dans le comté de Mercier.À l'approche du jour décisif, il avertit d'ailleurs celles et ceux qui seraient tentés de se laisser séduire par le nouveau parti de gauche.«Pour qu'un député ait une réelle influence, il faut qu'il soit dans un parti ayant un poids réel.Il faut voter utile », prévient Daniel Turp.L'avertissement péquiste est loin d'être apprécié de tous.«7e trouve formidable que toutes sortes de candidats puissent se présenter, soutient Nathalie Rochefort.Et je trouve particulièrement insultant que certains considèrent que voter pour un petit parti est un vote mutile.» Même son de cloche à l'UFP.«Il n'y a pas de vote plus utile que lorsqu'on vote pour sa conscience et ses idées », tranche Amir Khadir.Personne ne peut prédire avec certitude quelle sera l'issue de cette confrontation d'idées.Comme les camelots, les candidats devront user de persuasion et aussi user leurs semelles.Vivian Goulder en est persuadée : « C'esf le travail de terrain qui fera la différence.» ^ssj UFP Québécois MONTRÉAL \u2022 AVRIL 2003 JOURNAL L'ITINÉRAIRE 11 | ______ I Jean-Marie Tison Un matin, rue Ontario, coin Visitation.Il fait 20 sous zéro.À l'intérieur d'une cabine téléphonique, une femme parle avec animation en mimant un pas de danse cadencé, au rythme du vent de février.Portant une minijupe en cuir et un perfecto d'où déborde un ample chandail au col immense, la femme raccroche bruyamment et me toise un instant: «Johnny peut m'booker pour trois jours au club X.y faut que je /'rappelle dans une heure.» Johnny, c'est le nom du propriétaire de l'agence dont la fonction consiste essentiellement à ravitailler en chair fraîche les nombreux clubs de danseuses à travers la province.J'ai fait la connaissance de Rachel alors qu'elle débarquait avec fracas, quelques mois plus tôt, dans la maison de thérapie où moi-même je pansais (pensais?!) mes plaies depuis quelque temps déjà.Fière voire arrogante et surtout peu habituée à s'en laisser imposer, elle avait du mal à s'intégrer à la vie de groupe et à se plier aux règles, pourtant minimales, qui régissaient le fonctionnement de la maison.Arrêter de consommer c'est une chose.Continuer d'arrêter, c'en est une autre.Changer des comportements qui sont indissolublement liés à votre réalité, celle-là même qui vous pousse à choisir de retourner consommer, exige des efforts soutenus.C'est un combat quotidien que l'on mène en grande partie seul, dans la mesure où c'est SA réalité qu'il faut changer.Rachel aura trente-six ans dans une semaine.Élancée et féminine jusqu'au bout des ongles, elle s'exprime avec facilité et volubilité.Malgré la force de caractère qui transparaît dans le ton de sa voix, Rachel ménage ses effets et reste prudente dans ses déclarations.Derrière son joli minois, son regard reste dur.La constante mobilité de ses yeux immenses autour desquels s'harmonise son visage enfantin trahit tout le désarroi et la détresse d'une femme mûre.Pied d'poule?.perdre pied et.poussin! Il y a trois ans, Rachel a confié son fils de 10 ans aux soins d'un centre pour jeunes en difficulté.Cela s'appelle un placement volontaire : un service de dépannage d'urgence destiné à venir majoritairement en aide à des mères de famille monoparentale qui se retrouvent épuisées pour toutes sortes de raisons.I 12 JOURNAL L'ITINÉRAIRE En proie à une sévère dépression, elle n'arrivait plus à fonctionner normalement.Des p'tits boulots dont certains programmes gouvernementaux peu rémunérés d'une durée variant de six mois à un an et débouchant toujours sur le même marché du chômage ont ébranlé sérieusement sa belle assurance.De plus, elle doit élever seule, sans le secours d'une quelconque pension alimentaire, l'unique enfant qui partage sa vie et qu'elle aime par-dessus tout.Laurent, c'est son nom, un enfant intelligent bien qu'étiqueté hyperactif lui « pompait de plus en plus de jus», avoue-t-elle en grimaçant maladroitement un sourire.Et puis bien sûr, les factures, le loyer, les frais de garderie, les rencontres fréquentes avec la direction de l'école qui lui laisse entendre qu'elle ne s'occupe peut-être pas assez de son fils et enfin toutes les jongleries quotidiennes imaginables pour faire un peu plus que joindre les deux bouts la minent doucement.Ajoutez à cela une vie sociale plutôt drabe, plusieurs déceptions amoureuses, des regrets qui nourrissent un motton qui enfle chaque jour un peu plus au fond de sa gorge et un jour.Bang! Rachel craque.Elle a trente-trois ans à l'époque et prend soudainement conscience que sa jeunesse s'étiole tranquillement mais sûrement dans l'anonymat et l'indifférence.Le sentiment vague qu'on lui vole sa vie l'envahit progressivement alors que se profile à l'horizon un avenir rigoureusement identique à ce qu'elle vit présentement.La panique s'empare d'elle et la paralyse dans une détresse indicible.Rachel tente de se rassurer : «J'suis pas toute seule de même!» et bien sûr de se convaincre : « C'esf ça la vie!» En vain! Elle rêve de vivre autrement, d'un peu plus de douceur, de légèreté.Mais la douceur est un luxe qui s'paye cash\\ Et quand, malgré les efforts déployés pour la trouver, la douceur n'est pas au rendez-vous, paraît tout à coup, un certain vertige.Ce qui est étonnant, du reste, c'est que le nombre croissant de dépressions majeures et de tentatives de suicide chez les mères de famille monoparentale, qui vivent sous ce qu'on nomme pudiquement le seuil de la pauvreté, ne soit pas plus élevé justement.Mais la misère a plusieurs cordes à son arc.MONTREAL \u2022 AVRIL 2003 Vous dansiez?.Eh bien déchantez maintenant!. On branle un peu les fesses.à gauche, à droite.«Je n'avais plus la garde de Laurent pis j'arrivais pas à r'prendre le d'sus./'savais que j'pourrais pas revoir mon p'tit gars à moins d'être fonctionnelle.J'braillais pendant que les comptes s'accumulaient pis j'filais encore plus cheap qu'avant le placement de Laurent.Y fallait, que j'me bouge le cul.» Rachel ne croit pas si bien dire.Une des trop rares amies qui la visite de temps à autre et qui semble bien se débrouiller pique sa curiosité.Non, elle ne se prostitue pas.Elle danse, c'est tout1 À l'aube de la trentaine, l'amie est jolie, semble bien dans sa peau et surtout très à l'aise financièrement comme en témoignent ses toilettes griffées, les parfums chics et les nombreux bijoux qui parent sa beauté.Rachel n'a même pas son secondaire cinq mais elle sait qu'elle est jolie aussi, très jolie.L'amie lui assure qu'on l'engagera sur le champ.« Y'a rien là, on danse, c'est tout.» J'danse, j'danse, j'danse pus! Après avoir payé le chauffeur pour l'aller-retour, soit quarante dollars et refilé dix autres dollars à la barmaid, Rachel plonge.Elle est déterminée à faire de l'argent afin de sortir de la misère au plus sacrant.Au début, elle se contente de servir des consommations aux clients en plus de faire son tour de piste sur scène où se succèdent interminablement les filles.Les pourboires sont généreux mais trop peu nombreux; les clients gardent leur argent pour les danses à dix.C'est là qu'est l'argent! En passant, vous vous doutez bien que les danseuses n'ont pas droit au salaire minimum.Si tu veux faire de l'argent, y faut danser.Danser, c'est consentir à «s'faire pogner le cul pis les boules », comme me l'explique crûment Rachel.Oubliez les traditionnelles (!) danses à cinq piasses d'antan où l'on pouvait voir mais pas toucher.H n'existe plus que trois clubs sur l'île de Montréal à offrir ce service (!) désuet au coût de huit dollars la danse.Mais pour deux dollars de plus, vous avez le grand jeu.Alors pourquoi se priver?C'est un S.O.S.Dans un tel contexte, sauvegarder son intériorité demande une force de caractère hors du commun.Plus souvent qu'autrement, ça prend un solide coup d'pouce.Rachel en vient naturellement à utiliser toute la gamme des produits à sa disposition destinée à g'Ier ça\\ Malheureusement ça coûte cher pis ça magane à la longue.Lorsqu'on découvre ses sources de revenus, la DPJ lui retire la garde de son enfant.La descente aux enfers s'amorce.Trois ans, plusieurs désintox et deux thérapies plus tard, Rachel se retrouve à la rue.Son âge l'a rattrapée et ses idées ont beaucoup évolué.Le regard qu'elle porte sur le monde, les hommes, le travail, la sexualité et l'argent a changé.Mais c'est le regard qu'elle porte sur elle qui la tourmente le plus.Depuis dix jours exactement, Rachel se bat pour rester sobre et surtout digne comme elle dit.Seule et sans ressource, elle couche chez certains membres fréquentant les fraternités anonymes (AA, NA, CA) qui l'encouragent à ne pas lâcher.Un agent du B.S.à qui elle explique sa situation lui répond d'arrêter sa chanson tout en lui suggérant de retourner danser pendant qu'elle est encore belle!.Pied d'poule.B.B.Q Elle attend toujours qu'une place se libère dans une maison d'hébergement à court terme, afin de reprendre son souffle et envisager les possibilités qui s'offrent à elle.Assistant quotidiennement à des meetings, elle s'exprime chaque fois qu'elle en a l'occasion.«fpeux pus rien garder en d'dans sinon j'vais aller danser pis me g'Ier.et pis crisse j'veux pu faire çaf.Tu m'crois-tu?.» Sans attendre ma réponse elle ajoute : «J'm'ennuie de mon gars, j'vais m'reprendre.chus supposée rencontrer le gérant d'un Saint-Hubert B.B.Q.aujourd'hui.J'vais peut-être commencer comme hôtesse au début.J'espère que ça va marcher.» Émergeant d'un long silence méditatif, Rachel m'offre alors un visage confiant et résolument déterminé : «NON! J'irai pas danser aujourd'hui, » me lance-t-elle avec son plus beau sourire.« Tas bin raison! », dis-je à mon tour.«Juste pour aujourd'hui, j'vais rester tranquille, moé aussi.» « HeyJ-M, serais-tu capable de m'aider à écrire une lettre de présentation pour une job?» .Le mois prochain : Comment maquiller un curriculum vitae.ï&sl
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