L'itinéraire, 1 janvier 2003, juillet
[" Comi té de liaison en itinérance de Montréal Les réalisations récentes du Comité de liaison en itinérance de Montréal porte sur : Les refuges d'urgence pendant la saison froide Le logement social avec support communautaire La mise en oeuvre de l'Initiative de partenariats en action communautaire (IPAC), un programme fédéral oui a permis la réalisation de 103 projets depuis 2001.Le Comité de liaison en itinérance mobilise tous les partenaires interpellés par la Question de l'itinérance à Montréal.Il partage l'information sur la situation de la personne itinérante et identifie des mesures à mettre en place au plan de la prévention, du traitement et de la réinsertion des personnes itinérantes.La Régie régionale de Montréal souligne 13 ans de partenariat actif pour améliorer les conditions de vie et de santé des personnes itinérantes à Montréal.Merci à tous les partenaires ! ¦ Ville de Montréal ¦ Auberge Madeleine ¦ Réseau d'aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal ¦ CLSC des Faubourgs ¦ Hôpital St-Luc du CHUM ¦ Développement des ressources humaines Canada ¦ Fédération des organismes sans but lucratif d'habitation de Montréal ¦ Centre Dollard-Cormier ¦ La Mission Old Brewery ¦ Curateur public du Québec ¦ Service de police de la Ville de Montréal ¦ Le Bon dieu dans la rue ¦ Armée du Salut ¦ Association Bénévole Amitié ¦ Groupe d'entraide à l'intention des personnes séropositives et itinérantes ¦ Société d'habitation du Québec ¦ Refuge des jeunes de Montréal ¦ Le Centre jeunesse de Montréal Saluons 13 ANS de partenariat w am RÉGIE RÉGIONALE DE LA SANTÉ ET DES SERVICES SOCIAUX DE MONTRÉAL-CENTRE Le Groupe communautaire L'Itinéraire est un organisme à but non lucratif fondé en 1990 pour aider les itinérants.Le conseil d'administration est composé en majorité de personnes ayant connu l'itinérance, l'alcoolisme ou la toxicomanie.Le conseil d'administration : Présidente : à déterminer Vice-président : Sylvio Hébert Trésorier : Éric Cimon Secrétaire : à déterminer Conseillers : Robert Beaupré, Audrey Coté.Michèle Wilson, Carole Couture, André Martin Administration du groupe : \u2022 Comité de direction : \u2022 Administration : 1 Cale sur la me : i Distibution : \u2022 Espace Internet : co directeur : Serge Lareault co directrice : Denise English Responsable : Serge Lareault Adjointe administrative section gestion : Claudette Turgeon Adjointe administrative section comptabilté : Denise Ôuellet Agente de projet/financement : Audrey Coté Conseillère publicitaire : Renée Larivière Responsable : Denise English Responsable : Denise English lntervenant|e)s : Robert Beaupré, Julie Me Detmott Organisateur : Sylvio Hébert Représentant des camelots : Gabriel Bissonnette Responsable : Mylene Bonm Organisateur : Cari Gingras : Serge Lareault Agente de développement : Nancy Roussy Le journal L Itinéraire a été créé en 1992 par Pierrette Desrosiers, Denise English, François Thivierge et Michèle Wilson.À cette époque, il était destiné aux gens en difficulté et offert gratuitement dans les services d'aide et maisons de chambres.Depuis mai 1994, L'Itinéraire est vendu régulièrement dans la rue.Cette publication est produite et rédigée en majorité par des personnes vivant ou ayant connu l'itinérance, dans le but de leur venir en aide et de permettre leur réinsertion sociale et professionnelle.Pour chaque numéro, vendu 2 $, 1 $ revient directement au camelot.Les profits de L'Itinéraire servent à financer les projets d'entraide.Attention aux fraudeurs; personne n'est autorisé à solliciter au porte à porte ou dans les commerces des dons monétaires ou matériels pour L'Itinéraire.La direction de L'Itinéraire tient à rappeler qu'elle n'est pas responsable des gestes des vendeurs dans la rue.Si ces derniers vous proposent tout autre produit que le journal ou demandent des dons, ils ne le font pas pour L'Itinéraire.Si vous avez des commentaires sur les propos tenus ou le comportement des vendeurs, communiquez sans hésiter avec l'intervenant : Robert Beaupré au (514) 597-0238, poste 32.Rédacteur en chef : Serge Lareault Equipe de production du journal Collaborateurs : Nancy Roussy, Audrey Coté.Gina Mazerolle, Maxime, Léo Paul Lauzon, Johanne Gingras, Élyse Frenette, Karine Projean, Jean-Philippe Loiselle, Shayo, Lucie Hamel.Cathy Bazinet, Gabriel Bissonnette, Jérôme Savary, Nicky, Gilles Bélanger, Albert Grandmaison, Jean-René Lavoie, Vianney Huard Infographiste : Jocelyne Sénécal Photo page couverture : Marc Jutras Révision : André Martin, Guy Crevier, Gabrielle Coutu, Lorraine Boulais, Jean Carleton.Mots croisés : Gaston Pipon Imprimeur : Québécor World Lebonfon Tirage : 18 000 exemplaires vendus par des itinérants el des sans-emploi dans les rues de Montréal L'Itinéraire est membre de NASNA \u2022 Association nord-américaine des journaux de nie Le réseau international fiM^l ^ \\°mm iè we AMECO \"*** \\___s Son tirage est certifié par__ °~ A@DA membre 2003 OL'Itinéraire est entièrement recyclable L'Itinéraire Administration - adresse postale 1108, Ontario Est, Montréal (Québec) H2L1R1 Journal el Espace Internet 1907, rue Amherst Calé sur la rue 1104, Ontario Est Tél.: (514) 597-0238 Téléc.: (514) 597-1544 Courriel : itineraireivideotron.ca Site : www.itineraire.ca sommaire Entrevue avec Actualité Tkolie 10 4 Édito : Ce que nous ne pouvons faire sans l'État 5 L'humour dans tous ses états C§||*OFIIflM\u20ac»% Livres 12 7 Humour « z'à part » 19 Misère à ciel ouvert 25 Le camp Kennebec Théâtre 13 Musée 14 Économie socialement responsable 17 Santé mentale 18 Communautaire 20 Info jeu 23 Info VIH/SIOA 24 Courrier du lecteur 26 Festival 26 Mots des camelots 28 Mots croisés 31 Prof Lauzon 32 Le monde du travail 34 SO ?lecteurs montréalais chaque mois! Annoncer dans L'Itinéraire, c'est aussi démontrer auprès d'un public conscientisé votr support à la cause des plus démunis en soutenant nos projets de réinsertion sociale Pour une PUiUlCiti dans L'Itinéraire contactez Renée Larivière 597-0238 poste 27 La formation professionnelle des travailleurs(euses) à Lltinéraire a été rendue possible grâce, entre autres, à Emploi Québec, à la CDEC du Plateau Mont-Royal/Centre-Sud, à la Ville de Montréal, à la Régie régionale de la santé Montréal-Centre et à l'UQAM.L'ITINÉRAIRE NUMÉRO 107 - JUILLET 2003 eciito Pour du changement à valeur sociale ajoutée : nous sommes prêts! Ce que nous ne pouvons faire sans l'État âÊÊÊ\t \t \t serge lareault rédacteur en chef Le ministre des Finances, Yves Séguin, a terminé son premier discours budgétaire par une phrase désormais célèbre et qui n'a pas fini de lui coller à la peau : «Plutôt que de nous demander ce que l'État peut faire pour nous, demandons-nous plutôt ce que nous pouvons faire sans lui ».Nous nous doutons bien de ce que la haute finance et un libre marché (totalement libéré) peuvent et veulent faire sans l'État.Cependant, le soutien au développement des PME, à Montréal comme en région (elles constituent un large pan de notre économie et des emplois au Québec) est essentiel.De plus, les pratiques en matière de partage des richesses et d'équité sociale ne peuvent être faites sans que l'État y joue un rôle déterminant.A quoi sert l'État si c'est pour laisser le libre marché agir à sa guise, ne s'intéressant qu'au seul profit des plus riches, sans considération pour les travailleurs vivant en marge des centres économiques ou des personnes vivant en marge de la performance sociale nécessaire à l'accès aux emplois actuels?Le nouveau gouvernement libéral veut procéder à un changement majeur dans le fonctionnement de l'État.Soit, personne n'a dit que le modèle économique québécois était parfait, mais faut-il tout démolir?Tant de coupures ayant des répercussions sur presque toutes les classes sociales (sauf la plus riche) étaient-elles nécessaires?Bien des gens ont été insatisfaits des résultats passés.Après huit ans de pouvoir, le Parti Québécois commençait à peine à nous laisser un espoir de lutte réelle contre la pauvreté avec son projet de Loi 112, voté également par les libéraux.Quant à sa politique de développement des régions, nous n'aurons jamais eu le temps de savoir si elle aurait donné tous les résultats escomptés.On sent toutefois un vent d'inquiétude sur le Québec face à ces changements.A peine trois mois après l'élection des libéraux, nous ne pouvons qu'espérer qu'ils soient vraiment prêts et que leur projet tienne la route.Ce qui nous inquiète le plus, et c'est sous cet angle que nous analysons les réactions récentes des mouvements militants pour les droits sociaux et économiques face au premier budget libéral du Québec, c'est la qualité du rôle de l'État au cours de ce mandat donné aux libéraux de Jean Charest.Que ce soit Bruno Roy, président du syndicat des écrivains, qui se plaint de la perte historique du 1 % du budget de l'État dédié à la culture; Claudette Carbonneau, présidente de la CSN, qui craint une crise sociale face aux répercussions qui en bout de ligne affecteront les populations les plus vulnérables; Gérald Tremblay, maire de Montréal, qui tremble devant la diminution financière de Québec lors de la négociation du contrat de ville et la perte possible de budgets qui pourraient contrecarrer les efforts de lutte à la pauvreté qui sévit durement dans la métropole; un nombre plus important que jamais de porte-parole ont manifesté leur inquiétude.Le gouvernement veut réintégrer 25 000 ménages au marché du travail tout en coupant les outils pouvant conduire à la création d'emplois accessibles.Comment y arrivera-t-il?Est-ce le début d'une nouvelle ère de répression envers les plus pauvres comme le craint le Collectif pour un Québec sans pauvreté?Pour augmenter les finances de l'État, le gouvernement libéral compte sur deux formes de dépendances des Québécois : psychologique (la loterie et l'alcool) et essentielle (l'électricité : hausse déjà annoncée).Loto-Québec, la Société des alcools du Québec et Hydro-Québec devront donc rapporter plus.À première vue, cette réduction du budget ne présente pas de solutions pouvant apporter la réduction tant attendue de l'écart entre les riches et les pauvres, réduction pourtant essentielle à la paix sociale.Aussi imparfait que puisse être un gouvernement, le peuple aura toujours besoin de l'État sans lequel aucun projet de société n'est réalisable.Nous appuierons tout gouvernement qui vise à équilibrer le budget car nous savons tous, du haut dirigeant de la Place Ville-Marie à la mère de famille monoparentale d'Hochelaga-Maisonneuve, qu'on ne peut dépenser plus qu'on a sans que ça nous retombe dessus un jour.Mais la répartition des dépenses doit se faire dans une entreprise en tenant compte des besoins de chacune des composantes, de même qu'un budget familial doit prendre en considération chacun des membres de la famille.C'est également en ce sens que doivent être vu le rôle de l'État et la répartition de ses avoirs.Si le gouvernement nous a annoncé le 13 juin dernier ce qu'il considérait que nous pouvions faire sans lui, nous attendons maintenant avec impatience et espoir qu'il nous présente ce qu'il est prêt à faire pour nous, en tant que responsable de l'État pour assurer l'évolution d'une société québécoise qui soit juste et équitable envers tous ses citoyens.Pour tout changement qui sera proposé en ce sens, monsieur Charest, nous sommes prêtsIH L'ITINÉRAIRE NUMÉRO 107 - JUILLET 2003 L'humour dans Vous l'aimez.Qu'il soit du ventre ou de la tête, qu'il soit jaune, noir ou grinçant, le rire fait recette.Les humoristes ont la cote, et cela ne date pas d'hier.Plus qu'une étincelle fugace dans la grisaille quotidienne, l'humour éclaire la société québécoise depuis l'époque du Canada français.Depuis ce temps, l'un et l'autre sont intimement liés.« L'humour est le miroir de la société québécoise », indique le père du Festival Juste pour rire, Gilbert Rozon.Acteurs sur les planches, mais aussi vecteurs du changement social, les humoristes peuvent être les détonateurs et les catalyseurs d'une prise de conscience.«Les humoristes ont été les premiers à être adoptés par le peuple canadien français, parce qu'ils ont été les premiers à leur parler de leur réalité », analyse l'auteur et professeur à l'École nationale de l'humour, Pierre-Michel Tremblay.Grâce à eux, les tabous tombent.«Soudainement, à partir des années 1920, les gens pouvaient rire du curé, ajoute celui qui écrit aussi pour l'artiste Jean-Michel Anctil.Eh!, à l'époque c'était quelque chose, parce que la mainmise religieuse sur le Québec était très importante.» Le langage utilisé dans les pièces de théâtre s'est également adapté aux gens d'ici.« Ce n'était plus une comédie de Molière avec une façon de parler \"à la française \" mais plutôt \"Oh boy! y'est cinq heures pis v'Ià la belle-mère! \"» Mécanisme de survie L'humour québécois s'est alors nourri des frustrations vécues par la population, comme un réflexe d'autodéfense.« L'humour, on dit souvent que c'est comme un mécanisme de survie qui nous a permis de respirer au Québec, de faire un grand rire face au curé et à la domination anglaise », rappelle l'auteur à l'œil vif et aux sourcils hauts perchés.Plus généralement, le rire est l'antidote au mal de vivre qui permet de transformer les aléas tristes de l'existence en une fatalité heureuse.«Le rire correspond à un besoin vital pour survivre, assure Gilbert Rozon.Sinon, vous prenez la vie au premier degré et il n'y a pas grand chose qui mérite d'être pris au premier degré.» Acquis de la culture anglaise, rire de soi-même joue un rôle de « soupape ».«Avec l'autodérision, on a un regard objectif.Padois, cela permet même de désamorcer un problème », souligne Rozon.tous ses états scam Jérôme savary collaboration spéciale Tendances Le rôle apaisant de l'humour s'attarde plus aujourd'hui sur nos relations plus intimes et délaisse celles qui régissent les rapports entre les différents acteurs sociaux.«Exceptés les Zapartistes, personne ne fait d'humour politique, désigne Pierre-Michel Tremblay.Mais c'est un mouvement sociologique, car de la même façon que les gens en Occident se sont désintéressés du politique, les humoristes ont fait un glissement vers le privé, ils se sont mis à parler des relations hommes-femmes, plutôt que du social.» Cette tendance lourde s'agrémente cependant d'autres courants également significatifs de la société actuelle.L'humour absurde et un courant de fond plus politique représentent deux types d'humour qui recueillent une attention auprès de certians publics.« Ce qui semble trouver une résonance chez les plus jeunes est l'humour des Denis Drolet, Chick'n Swell ou Bruno Blanchet, avec une teinte plus éclatée et absurde », pressent le professeur à l'École nationale de l'humour.L'autre courant actuel est beaucoup plus ancré dans la réalité.«Les Zapartistes sont en phase avec un courant de fond qui n 'est pas grand public, mais qui fait écho à l'inquiétude actuelle de notre société face à la mondialisation », reconnaît Pierre-Michel Tremblay.La mode aujourd'hui en humour recherche toutefois son matériel dans un garde-robe vieux de 25 siècles.En Occident, les humoristes ont toujours choisi entre deux types d'humour existant depuis l'Antiquité.« La première tendance du métier d'humoriste est de faire rire en tenant compte des problèmes de la Cité, à la manière grecque, reprise de nos jours par Yvon Deschamps ou les Zapartistes, développe le professeur Tremblay.La seconde consiste à faire rire en faisant oublier les problèmes de la Cité, à la manière romaine, on la retrouve dans le style de Stéphane Rousseau ou celui de Peter MacLeod.» La qualité, c'est payant! Par ailleurs, l'humour de la Belle Province jouit d'une réelle reconnaissance dans la francophonie.«Le succès des humoristes québécois à l'étranger s'explique car il y a ici une L'ITINÉRAIRE NUMÉRO 107 JUILLET 2003 grosse émulation et c'esf une forme d'art qu'on aime pratiquer, se plaît à dire celui qui écrit aussi pour la troupe de théâtre Les Éternels pigistes.C'esf aussi parce qu'il y en a beaucoup qui font de l'humour qu'à un moment donné émerge la qualité.» Le public ne s'y trompe d'ailleurs pas et vient en masse assister aux spectacles.Grâce à cet engouement pour les humoristes, c'est toute l'industrie culturelle qui respire.« L'humour est un art rentable qui génère de l'argent, comme la musigue populaire, désigne Pierre-Michel Tremblay.Les humoristes sont précieux pour l'industrie culturelle car ils permettent de rentabiliser les salles.» Les salles de spectacle dans des villes comme Baie-Comeau ne pourraient pas fonctionner «s'il n'y avait pas le petit comique qui était venu attirer 1 000 personnes », ajoute-t-il.L'amour que les Québécois ont pour leurs humoristes n'a pas été créé artificiellement par une industrie, confirme l'auteur de pièces de théâtre et de séries télé.Cette industrie s'est créée car les gens d'ici se sont emparés de cette valeur culturelle et ceci est ancré profondément dans nos gênes.L'industrie de l'humour a un peu gonflé ce phénomène, mais c'est tout » Symbole de cet engouement et grand messe du relâchement des zygomatiques, le Festival Juste pour rire attire aujourd'hui 1 700 000 spectateurs à Montréal, ce qui en fait le plus important au monde, selon ses organisateurs.À la tête de cet événement depuis plus de 20 ans, Gilbert Rozon souhaite de plus en k plus en faire évoluer le contenu.« Nous expérimentons une période de transition vers de nouvelles façons de communiquer avec le public.Les contenus vont évoluer», confie-t-il.|| Éthique et tabous (^^^ En phase avec leur environnement, les artistes de la gaudriole abordent des thèmes révélateurs de la transformation de la société.Mais aborder des thèmes comme l'homosexualité, par exemple, requiert une stratégie élaborée pour pouvoir gagner le rire du spectateur.« Si tu veux rire des homosexuels, il faut que les hétéros y goûtent aussi, pense Pierre-Michel Tremblay.Tout le monde doit passer au cash, faut que tout le monde y goûte.» Peut-on rire de tout?N'y a-t-il pas de limites?«Rien n'est intouchable, mais cela ne veut pas dire qu'on doit rire de tout, relativise l'auteur.Si tu veux y aller avec la pédophilie, il faudrait travailler fort pour trouver l'angle permettant de faire rire les gens avec ça.» Des thèmes aussi sensibles peuvent également donner matière à verser dans le vulgaire ou la facilité.« Le mauvais goût ne peut pas tenir la route sur la distance, tempère cependant Gilbert Rozon.On va aller arracher un rire facile \"pipi, caca, poil \" et puis on va avoir l'illusion gue cela a marché, mais quand cela va trop loin, il y a toujours un contre-pouvoir, une forme d'équilibre naturel qui intervient.» Des sketchs situés à la limite du «socialement acceptable » pourraient tout de même avoir un rôle moteur pour la société.« Quand je vois une tendance vulgaire apparaître, ça m'amuse au début car ça brasse un peu les bien-pensants », avoue Gilbert Rozon.Les qualités prêtées à l'humour sont donc multiples.Tout semble dépendre de l'usage qui en est fait.Selon Pierre-Michel Tremblay, «l'humour est un état d'esprit, c'est comme la Matrice»} Gilbert Rozon, Juste pour rire.L'ITINERAIRE NUMÉRO 107 - JUILLET 2003 Humour « z'à part » Jérôme savary collaboration spéciale À la différence du sous-commandant Marcos, l'emblématique Mexicain défenseur des paysans opprimés, le groupe d'humoristes engagés les Zapartistes se montre à découvert.Chez ces Québécois, dont le nom de scène s'inspire des rebelles Zapatistes, révolutionnaires médiatisés par le célèbre fumeur de pipe cagoule de noir, point de masque ni de Geneviève Rochette et François Parenteau.fard, et c'est le veston cravate qui prévaut face aux spectateurs.Si le révolutionnaire mexicain s'est servi de son identité mystérieuse et des médias pour propager la cause de ceux qu'il défend à travers le monde, les Zapartistes lui emboîtent le pas avec leur Cabaret médiatique présenté au Lion d'Or.Les cinq humoristes ont ainsi fait le choix d'utiliser les médias pour réveiller la conscience de leurs spectateurs.Faux journaux télévisés, imitation de conférence de presse où Charest, Chrétien, Rumsfeld, Bush et Chirac sont ridiculisés, guerre en Irak, concentration des entreprises, mises à pied chez Bombardier.autant de sujets destinés à nous réveiller de l'apathie dans laquelle cette bande «z'à part» juge que nous sommes plongés.« Réveillez-vous! », tel est le message principal que la troupe de cyniques veut faire passer.« La question fondamentale, pour moi, c'est \"qu'est-ce qu'on va faire?\" face à des événements comme l'invasion de l'Irak.Je trouve ça aberrant de constater à quel point il n'y a pas de réactions », se désole la Zapartiste Geneviève Rochette.Connerie bien distribuée Ces trublions de la pensée inique affichent leur programme, dès le début du spectacle, par un manifeste sans compromis : «Nous sommes de gauche, (.) nous pensons que le capitalisme sauvage actuel est une plaie de l'humanité mais, sur scène, les Zapartistes n'auront pas d'amis, même si (.) aujourd'hui vous faites pitié dans votre linge car, contrairement à la richesse, la connerie, elle, est très bien distribuée.» L'ITINÉRAIRE NUMÉRO 107 - JUILLET 2003 Le débat : Frédéric Savard, François Parenteau, Christian Vanasse, Geneviève Rochette et Denis Trudel.La connerie est très bien distribuée, mais ce sont surtout les riches et les puissants qui ont passé de mauvais quarts d'heure lors de la dernière représentation le 6 juin dernier, dans la salle pleine et conquise du Lion d'Or.Les nouveaux despotes qui régnent à la tête d'empires où se concentrent médias et activités lucratives sont des cibles de choix, au premier rang desquelles Pierre-Karl Péladeau et le self-made-man Izzy Asper sont largement écorchés.Christian Vanasse, Zapartiste à la mèche soigneusement coiffée, excelle dans les représentations de ces derniers.«Ahhh, je t'aime Pierre-Karl, tu es beau!», fait-il dire au président de Québécor, suffisant et imbu de lui-même, s'embrassant frénétiquement le revers du veston à la moindre occasion.Quant à Izzy Asper, propriétaire de la chaîne de télévision Global et de nombreux quotidiens anglophones dont The Gazette, il apparaît en véritable dictateur, avec des mimiques inspirées de Chaplin dans le film éponyme.Pouvoir légitime?« Le premier devoir de tout citoyen serait de remettre en question le pouvoir et la légitimité des gens qui l'ont, Noam Chomsky le dit.Moi, c'est ma cible principale », appuie fermement le musicien de la bande, Frédéric Savard.Celui-ci prête notamment sa voix puissante à Bush, lors d'un numéro où George répond en français à un Chirac (interprété par Christian Vanasse) essayant de l'amadouer dans un anglais très approximatif.Ce sketch en a fait rire beaucoup jusqu'aux larmes, le comique résidant également dans les textes, chansons d'amour à succès reprises par ces faux chefs d'État.Pour ces «fous du peuple», définition que Geneviève Rochette donne des Zapartistes, le monde politique semble être une source de sujets inépuisable.La scène internationale n'est pas la seule à nourrir le spectacle, et l'arrivée récente des libéraux et de Jean Charest à la tête de l'État québécois devraient, selon eux, être matière à rire pour les prochaines années.L'ITINÉRAIRE NUMÉRO 107 - JUILLET 2003 Ils n'ont d'ailleurs pas tardé à tourner le Premier ministre du Québec en ridicule.Tout y est dans l'imitation offerte par François Parenteau : la posture, les frisottis, le trémolo dans la voix et l'inévitable «Je suis prêt»! Manifeste de gauche, cibles politiques, les Zapartistes ne se considèrent pas militants pour autant.« On critique beaucoup par l'humour, c'est un premier geste, mais on ne fait pas de théâtre militant comme pourrait en faire l'Action terroriste socialement acceptable, s'accordent-ils à préciser.On pointe juste des aberrations.Après, il y a d'autres personnes qui s'emploient à vraiment faire avancer les choses.» Ils plaisantent quant à la tentation d'aller vers des moyens plus radicaux.«Peut-être qu'un jour on montera notre faction armée.» Cependant, lors de l'entrevue accordée dans le sous-sol du Lion d'Or, autour de la table sur laquelle se mêlaient les textes aux verres de vin à moitié vides et aux restants de fromage, le ton est donné.Celui de Frédéric Savard et de Denis Trudel ne trahit aucune concession aux puissants.«J'ai l'impression qu'au Québec on ne remet pas souvent en question ce que font nos dirigeants.On est pas loin de ce qui se passait au XVIe ou au XVIIe siècle.On ne crève pas de faim, mais crisse (sic) on vit pas et on a trois jobs, quat'jobs, on prend pas de vacances, on n'a aucune sécurité financière.Moi, ça m'écœure », lance Frédéric Savard.Satan aux cheveux bleaches Et lorsqu'il est fait référence au festival C'pas juste pour rire, monté depuis deux ans en marge du célèbre événement, Denis Trudel indique que «oui, c'était contre et en réaction à [la main mise sur le business de l'humour par Gilbert Rozon] que ce festival a vu le jour.» Cet événement devrait encore avoir lieu cette année afin de permettre à l'humour politique et satirique d'avoir une tribune, à la différence de celui auquel ils s'opposent où, selon eux, seul l'humour mainstream a sa place.Les Zapartistes ne comptent pas Gilbert Rozon parmi leurs amis.Ils ont déjà refusé à deux reprises de participer à Juste pour rire, offre proposée par celui que Frédéric Savard nomme «Satan avec les cheveux bleaches », ce qui fait éclater de rire les autres membres de la bande.« Quand tu t'associes avec lui, tu lui donnes / 5-20 % de tout ce que tu fais, puis il a la mainmise sur ta production.On veut contrôler notre affaire et rester libre dans ce qu'on fait.Elle a un prix, cette liberté!», explique Christian Vanasse.Le prix à payer est peut-être celui de se soumettre à des activités qui ne sont pas tout à fait en accord avec leurs convictions profondes.« Moi, j'ai fait une pub pour la première fois cette année, alors que tout le long de ma carrière je me refusais à en faire.Faut que je vive, j'ai un enfant, je n'avais plus beaucoup le choix», avoue à regret Geneviève Rochette.Frédéric Savard met toutefois cette réalité en perspective avec les contradictions autrement plus dérangeantes de certains personnages publics.«Nous, on dit ça, mais cela n'a rien à voir avec les positions de Charest qui annonçait en 1997 qu'il resterait sur la scène fédérale ou de Stéphane Dion qui s'était engagé à démissionner si le PQ perdait les élections du 14 avril 2003», rappelle-t-il.Continuer à dénoncer les vraies affaires est définitivement le leitmotiv de ces trouble-fêtes.«Parce qu'il doit payer son chalet, c'est dangereux pour un humoriste de taper sur Paul Tellier, Laurent Beaudom [dirigeants de Bombardier] ou la Caisse de dépôt, fait remarquer Christian Vanasse.// esf plus facile pour un humoriste de taper sur la grosse, la tapette ou sur le BS d'Hochelaga que sur Bombardier.»¦ L'ITINÉRAIRE NUMÉRO 107 - JUILLET 2003 Lynda Thalie : l'originalité du métissage des cultures gabriel bissonnette Lynda Thalie en compagnie de Gabriel Bissonnette.Seul personnage féminin de la comédie musicale Le petit Prince, la rose vaniteuse et capricieuse est bien différente de sa jeune interprète d'origine algérienne, Lynda Thalie.Véritable vent de fraîcheur soufflant sur l'uniformité de la pop québécoise avec son premier album Sablier, la jeune femme de 24 ans s'est fait un plaisir d'échanger avec les personnes réunies au Café sur la rue le 5 juin dernier.i-^.« Permettez- Départ clandestin La force et la maturité émanant de Lynda Thalie malgré son jeune âge ne sont pas étrangères à son vécu algérien.« En 1988, quand les extrémistes musulmans ont commencé à terroriser la population, notre vie a basculé.Il n'y avait plus de démocratie.Il y avait des couvre-feux tous les soirs.Nous étions suivis et harcelés continuellement.» La chanteuse reste visiblement marquée par la terreur qu'ont instaurée les intégristes en Algérie : « Quand j'allais à l'école, je devais porter le voile.Nous n'avions pas le choix car il y avait des hommes qui se promenaient en menaçant de mort les femmes qui ne le portaient pas.J'ai même vu une fille se faire jeter de l'acide sur les jambes.D'autres se sont fait tuer à cause de ça », se souvient Lynda Thalie.Mais au-delà de la situation commune, il y a la situation particulière de la famille Thalie dont la mère, en plus d'enseigner à l'université, élève seule ses deux enfants.Cible de choix pour les intégristes, la famille doit donc quitter clandestinement l'Algérie pour des cieux plus cléments.« On est partis, poursuit-elle, sans dire bonjour à la majorité de ceux qu'on aimait.C'était déchirant, mais nécessaire à notre survie.Et il y a toujours la culpabilité de laisser là-bas ceux qu'on aime.Au début, on se sent un peu lâche de les abandonner en se moi de vous dire qu'elle est la plus belle rose que j'ai vue depuis longtemps ! » sauvant.: Des femmes fortes Lorsqu'elle débarque à Montréal, Lynda Thalie a un choc culturel et climatique, comme plusieurs Africains du Nord qui émigrent au Québec.Elle s'attendait à voir des Indiens et des ours, elle y a plutôt vu.une ville riche où la mendicité l'a particulièrement frappée : « C'esf vraiment déplorable, surtout avec les hivers que nous avons, que des personnes, des jeunes vivent dans les rues.ça me tue.Je ne suis pas politicienne, mais je suis certaine qu'il y a quelque chose qui cloche en haut.» Et elle poursuit en mentionnant que notre société trop individualiste manque de solidarité à l'égard des moins favorisés : « Quand je suis arrivée ici il y a neuf ans, il y L'ITINÉRAIRE NUMÉRO 107 - JUILLET 2003 avait de la mendicité, mais ça va toujours en augmentant et ça m'inquiète.Les gens sont de plus en plus indifférents face à la misère », explique la jeune Québécoise d'origine algérienne.Il faut dire que les femmes Algériennes sont de grands modèles de solidarité pour Lynda.Malgré le fait qu'on leur interdit pratiquement tout, elles persistent à s'affirmer et à s'impliquer dans leur communauté.«Les femmes en Algérie sont fortes et droites.Je me souviens avoir vu une grosse explosion où, plutôt que de se sauver pour préserver leur vie, les femmes restaient sur place pour prendre soin des blessés.Et lors du référendum où la police algérienne nous disait de ne pas aller voter, les femmes étaient les premières à y aller », raconte la jeune femme.Lutter contre l'exclusion Lorsqu'elle participe à Cégep en spectacle en 2000, Lynda Thalie découvre ce qu'elle veut faire de sa vie : chanter.«La musique, raconte la chanteuse, c'esf universel.Ça peut apporter la paix et faire du bien à beaucoup de gens.» La même année, elle remporte le con- cours Ma première Place des arts dans la catégorie « interprète».En septembre 2001, elle chante « Imagine» de John Lennon en arabe en compagnie de Luck Mervil lors du spectacle Québec-New York .Elle nous a d'ailleurs fait le plaisir de reprendre cette chanson o capella devant l'auditoire du Café sur la rue.Le premier album de Lynda Thalie, Sablier, la distingue de toutes les autres chanteuses populaires québécoises.Le thème de l'exil et l'influence musicale arabe y sont très présents.«7e me suis évidemment inspirée de mon vécu pour écrire.Et pour la musique, j'ai puisé dans ce que je connais le plus, donc la musique a beaucoup d'accents arabisants.J'ai eu la chance d'avoir la collaboration de Tony Levin, le bassiste de Peter Gabriel et de King Crimson », ajoute Lynda avec beaucoup de fierté.Sa musique aux sonorités arabes représente un pas considérable en ce qui concerne l'ouverture des radios commerciales à la musique ethnique.Tout ce qui ne sonne pas «américain » est souvent rejeté par les grands diffuseurs radiophoniques, mais Lynda Thalie parvient à se faire entendre.Lentement, mais sûrement, la jeune chanteuse impose le caractère pluriculturel de ses mots et de sa musique, pavant ainsi la voie à ceux qui, comme elle, apportent un vent de fraîcheur à la pop québécoise.Interprétant actuellement le rôle de la rose dans Le Petit Prince mis en musique par Richard Cocciante, Lynda Thalie n'a pas fini de faire parler d'elle.Et permettez-moi de vous dire qu'elle est la plus belle rose que j'ai vue depuis longtemps! ¦ Pour voir et entendre Lynda Thalie cet été : 27 juin au 13 juillet : Le Petit Prince au Grand Théâtre de Québec 1er juillet : LArt vocal de Trois-Rivières 6 juillet : Canada Raï aux côté de Cheb Fayçal au Festival de Jazz de Montréal (scène Labatt Bleue) 29 juillet : Boulevard des rêves sur la scène du Parc Emilie Gamelin 30 juillet : Spectrum de Montréal dans le cadre des Francofolies 8 août : Festival des Transarts Africains à Longueuil 15 août : L'international de Montgolfières de Saint-Jean-sur-Richelieu 30 août : Fête de la musique à Mont-Tremblant L'ITINÉRAIRE NUMÉRO 107 - JUILLET 2003 Les carnets d'un militant André Larivière Les carnets d'un militant \\ecmaete élyse frenette « Les guerres ont toutes des prétextes, mais n'ont jamais qu'une cause : l'armée.Ôtez l'armée et vous ôtez la guerre.» - Victor Hugo André Larivière est militant pour la paix et membre de l'organisme les Brigades de paix internationales.Dans Les carnets d'un militant, il nous raconte son expérience d'activiste pour un monde meilleur.Il «monte aux barricades» partout où les militants manquent à l'appel.Pour André Larivière, tous les moyens sont bons pour informer les gens sur le Pèlerin de la paix, groupe qui milite pour la paix partout dans le monde en appuyant d'autres groupes ou une cause : sit in, vigile, marche sur plusieurs mois font partie du quotidien d'un pèlerin.L'auteur dénonce, de façon non violente, le Centre de commandement des forces américaines en Europe (EUCOM) où, près de Stuttgart en Allemagne, on retrouve des missiles nucléaires, tout comme il dénonce « l'apartheid qui divise blancs et rouges » ici au Canada ainsi que l'existence de centrales nucléaires.André Larivière nous fait connaître certains travailleurs de la paix qui, à travers leur expérience et par leurs revendications, deviennent des exemples d'humanisme dans leur pays.Chacun a sa motivation, son énergie et sa façon de manifester.Chaque chapitre représente une année de militantisme vécue par André Larivière.Ce livre est un complément de lecture à celui de Tim Jordan, S'engager! Les nouveaux militants, pour ceux qui désirent s'impliquer socialement et savoir ce qu'on peut retirer de ce type d'implication.¦ Écrits politiques de Léon Tolstoï élyse frenette Nous connaissons Léon Tolstoï pour ses grands classiques, tels Guerre et paix et Anna Karénine, mais nous ignorons à peu près tout de ses écrits politiques.Les Éditions Éco-société, dans leur collection Retrouvailles, publient quelques-uns de ces textes rassemblés et traduits du russe par Éric Lozowy.Il est surprenant de constater que les propos tenus par Léon Tolstoï sont encore d'actualité cent ans après leur rédaction.Les thèmes abordés nous sont bien connus : gouvernements d'oppression, violence pour se libérer du joug des oppresseurs, refus de payer les impôts, recours abusifs de l'armée.Pour Tolstoï l'oppression a toujours existé; on le constate encore aujourd'hui.Dans sa présentation, Éric Lozowy nous brosse un bref portrait de Léon Tolstoï, du contexte politique de son époque et de ce qui a amené l'auteur à écrire sur la politique.Ce recueil rassemble neuf textes choisis parmi l'immense œuvre de Léon Tolstoï.Un fil conducteur relie tous ces textes : la dualité entre la violence et la paix.Dans Écrits politiques, Léon Tolstoï tient des propos acerbes envers les gouvernements, le patriotisme, la violence et eamiitt l'armée.Il prône l'amour et la non violence pour combattre l'oppression du gouvernement.Léon Tolstoï suggère même aux Russes de refuser de faire leur service militaire.Certains propos, parfois cinglants, nous font réfléchir.Le texte intitulé Le patriotisme ou la paix résume bien l'opinion de l'auteur à propos des gouvernements et ce qu'est à ses yeux le patriotisme.Tolstoï souligne les manigances des élus qui veulent nous faire croire à la nécessité d'une armée pour nous protéger des envahisseurs alors que c'est des haut placés au gouvernement dont nous devrions nous protéger.Dans « Le mémento du soldat » et « Le mémento de l'officier » qui ont été écrits en 1901, « pour encourager les militaires à écouter la voix de leur conscience et à quitter l'armée.» Tolstoï est très dur envers ces derniers en les rendant responsables d'actes qu'il qualifie de « meurtres».Les écrits politiques de Léon Tolstoï, publié chez Écososiété est un livre essentiel.¦ Écrits politiques prf-n-iii*« |i.ir F.rn Lam») L'ITINÉRAIRE NUMÉRO 107 - JUILLET 2003 Festival de théâtre des Amériques : Quand le théâtre transgresse le tabou asilaire audrey coté « Donatien Marcassilar est une quantité négligeable.Donatien Marcassilar est un raté.Donatien Marcassilar est fouetté, étranglé, cahoté, berné, banni, dégonflé.Donatien Marcassilar et un filou de l'indigence.» Voilà le discours d'un exclu sur sa propre condition.Cet exclu, c'est le poète et dramaturge Claude Gauvreau, dont la pièce L'asile de la pureté, a été montée par Lorraine Pintal à l'hôpital psychiatrique Louis H.Lafontaine les 4, 5 et 6 juin derniers dans le cadre du Festival de théâtre des Amériques.Belle audace que d'avoir transgressé le tabou du lieu asilaire en invitant le public à participer à une pièce en cours d'élaboration à l'intérieur même des murs où Gauvreau fut interné contre son gré dans les années 50.Cet événement théâtral unique, où onze comédiens ont joué avec une telle conviction qu'on oubliait qu'ils tenaient leur texte en main, se voulait la répétition de L'asile de la pureté qui sera présentée au Théâtre du Nouveau Monde (TNM) du 10 février au 6 mars 2004.Écrite en 1953 alors que les vies politique, culturelle et religieuse du Québec se trouvent complètement assujetties au règne du premier ministre Duplessis, L'asile de la pureté s'articule autour du jeûne qu'entreprend le poète Donatien Marcasillar à la suite du suicide de sa muse.Double de l'auteur, Marcasillar va donc s'astreindre au jeûne pour préserver le souvenir de celle qu'il aime et pour connaître l'absolue pureté que constitue la transcendance de sa condition humaine.«L'asile de la pureté, c'est la mort!», s'écrie Marcasillar, alors qu'une multitude de personnages agissent selon leurs propres intérêts et tentent d'encourager ou de dissuader le contestataire.La langue irradiante de poésie, tragique et souvent sarcastique de Gauvreau est magnifiquement rendue par les comédiens, dont Marc Béland qui interprète Marcassilar avec justesse et profondeur.La mise en scène de Lorraine Pintal donne volontairement des «allures de cirque décadent » à la succession des bouffons du pouvoir qui s'agitent autour du poète étouffé par sa société.À voir absolument, au TNM à compter de février 2004, cette pièce est incontournable pour ceux et celles qui, à l'instar de Donatien Marcassilar, «sans prise durable contre la société tapie dans la force de l'inertie, [n'ont] pas inventé de stratagème révolutionnaire.» ¦ Marc Béland, en pleine répétition de L'asile de la pureté.Gravel CompNet Marcel Gravel Marcel Gravel, technicien en réseau informatique senior vous propose les services suivants : \u2022 réparation, configuration d'ordinateur, \u2022 vente de pc, \u2022 installation, configuration et gestion de serveur NOVELL NETWARE et WINDOWS NT/2000, \u2022 câblage résautique Contact : Téléphone : 514.383.4608 Courriel ; macgra@colba.net L'ITINÉRAIRE NUMÉRO 107 - JUILLET 2003 Nan Goldin ou le visage de la déchéance karine projean collaboration spéciale Souvent, on a tellement peur du monde de la drogue qu'on n'ose pas le visiter, même si on désire le comprendre.Le Musée d'art contemporain de Montréal aide à comprendre cette réalité car il présente, jusqu'au 7 septembre, les œuvres de la photographe américaine Nan Goldin qui ne se gêne pas pour montrer la déchéance humaine : ses amis et amants sont croqués sur le vif dans un réalisme éblouissant.L'exposition regroupe des photos réalisées depuis 1972, un film et deux slide-shows, une série de 228 diapositives présentées avec une trame sonore.Telle qu'elle est orchestrée, l'exposition montre l'évolution de la déchéance.D'abord, le visiteur est invité à parcourir le salon rouge où sont montrés beaucoup de couples heureux.La salle suivante est blanche et cette couleur exprime bien les photos qui y sont présentées; la solitude, le questionnement, et l'isolement y sont à l'honneur.La salle mauve quant à elle représente « la voie vers la mort».La salle verte, celle de la déchéance.Les photos sont centrées sur les personnages et l'artiste fait abstraction du décor.Presque toutes les photos situent des Nan in Rhinestones, NYC, 1985 intérieurs.Nan Goldin joue beaucoup avec la lumière et l'ombre (clairs-obscurs) et quelquefois avec le flou.Il y a beaucoup de nus qui montrent le dénuement, l'absence d'espoir et celle de ses amis et proches.Il y a aussi énormément de scènes d'amour où deux corps sont enlacés.Dans ces scènes, on voit également l'abandon à l'autre, mais aussi le malheur.Il y a aussi un salon consacré aux autoportraits où on voit, entre autres, une femme songeuse, triste.C'est une véritable autobiographie que l'œuvre de cette photographe.Nan Goldin ne s'empêche pas de montrer le sida, les motels crasseux, les prostituées, les danseuses, la drogue.Elle montre la réalité telle qu'elle est, sans la cacher.La photographe qui a vécu à New York, Londres, Berlin, Bangkok, Tokyo et qui réside maintenant à Paris, montre à travers ses œuvres la fragilité de l'être.Le désespoir, la solitude, la tristesse et la faiblesse existent, Nan Goldin le montre sans pudeur.À voir absolument si l'on veut comprendre bien des aspects de la vie.¦ johanne gingras Ils sont cinq et ils écrivent.Ce qui semblerait banal pour d'autres, ne l'est pas pour Johanne, Sali, François, Henri Georges et Jean-Paul.Ils participent à ÏAtelier des lettres, un organisme d'alphabétisation pour adultes faiblement scolarisés, et, au printemps 2002, ils ont décidé de participer au projet Jours de fête.L'exposition de textes et photos découlant de ce projet présentée à l'Écomusée du fier monde nous fait partager leurs images, leurs mots et leur fierté.Le désir de s'exprimer et de laisser une empreinte, une trace par des textes leur a permis de franchir de réelles difficultés de lecture et d'écriture.Chacun y est allé de sa perception et de son expérience des jours de fête en tirant des souvenirs et des photos de l'album souvenir.Le jour des noces, une bonne bouffe à la cabane à sucre, une balade à vélo sont des souvenirs heureux à évoquer qui nous invitent à venir regarder, comme si on lisait par-dessus leur épaule.L'Écomusée du fier monde est un musée d'histoire industrielle et ouvrière situé dans l'ancien Bain Généreux dans le quartier Centre-Sud.Grâce à la méthode de recherche Exposer son histoire développée par son équipe, un projet comme Jours de fête a pu voir le jour.\\lAtelier des lettres est un organisme d'alphabétisation populaire qui offre des ateliers d'apprentissage de la lecture et de l'écriture et rejoint, chaque année, une trentaine d'adultes faiblement scolarisés.L'exposition Jours de fête se poursuit jusqu'au 26 octobre 2003 au 2050, rue Amherst.Pour de plus amples renseignements : www.ecomusee.qc.caB L'ITINÉRAIRE NUMÉRO 107 - JUILLET 2003 Député de Laurier Sainte marie Chef du Bloc québécois 1717, boul.René-Lévesque Est, bureau 205, Montréal (Québec) H2L 4T3 Tél.: (514) 522-1339 Téléc.: (514) 522-9899 kiosque Mont-Royal Wtfiuù 1983: 20 an* dfyct,/ plantes VeMes métro Mont-Royal Les Œuvres de la Maison du Père 550, boul.René-Lévesque Est Montréal (Québec) H2L 2L3 Tél.: (514) 845-0168 Fax: (514) 845-2108 Centre d'accueil pour hommes de 25 ans et plus.Décapage et restauration de meubles Bernier Tél.: (514) 288-1125 Cell.: (514) 229-9145 10 ans d'expérience - Accepte contrat de peinture Merci à la Caisse populaire Desjardins du Mont-Royal d'avoir fait don à nos camelots de vêtements à l'effigie de L'Itinéraire.Cela contribue à leur visibilité, mais aussi à leur sentiment de fierté et d'appartenance au Groupe.(\u2022§>] Desjardins Caisse populaire Desjardins du Mont-Royal Solidaires de L'Itinéraire Siège social 435 avenue du Mont-Royal Est Montréal (Québec) H2J 1W2 Centre de Services Saint-Louis-de-France 745 rue Roy est Montréal (Québec) H2L 1E1 J Tél.: (514) 288-5249 Téléc.: (514) 288-7536 VENDEURS - VENDEUSES DEMANDES $$$ \u201e # A A ^ A 4P Âgé(e) de 16 ans ou plus > Motivé(e) à intégrer ou réintégrer le marché du travail > Démuni(e) face à l'emploi Les services du GIT sont offerts grâce à la contribution financière d'Emploi-Québec QuébecSS Emploi-Québec Groupe Information Travail > 2260, av.Papineau > Montréal (Québec) H2K 4J6 > git@infotravail.net\t\t L'ITINÉRAIRE NUMÉRO 107 - JUILLET 2003 Contes ^Comores du pr®f Texts
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