L'itinéraire, 1 janvier 2006, mardi 1 août 2006
[" On vous écoute et on vous comprend UNE PHARMACIE Spécialisation en MTS, VIH/SIDA et hépatite.Consultation et analyse pharmacologique Conseils et services personnalisés Courtoisie et confidentialité assurées Membre du projet TADO pharmacies A la clinique l'Actuel :iooi, boul.de Maisonneuve Est, bureau 1130, Montreal 514.528.0877 Pharmacie Martin Duquette : 600, rue Sherbrooke Est, bureau 101, Montréal 514.842.7065 MARTIN DUQUETTE An- Agir ensemble _pourle Québec I ON LUTTE À VOS CÔTÉS SCFR Syndicat canadien de ?la fonction publique fto Actualité Globe-trottoir Édito Macadam en vrac Havre de paix pour les femmes Mado et son double Les ONG d'ici - Bolivie Sœur Nicole Fournier quitte l'Accueil Bonneau Divers/Cité, festival arc-en-ciel Chroniques Mots de camelots Prof Lauzon Le cri du lavabo Littérature Mots croisés 4 7 10 12 14 16 25 26 Une-* yisicm rl ri rrlp de notre lectorat a une meilleure opinion des entreprises et organismes qui annoncent dans L'Itinéraire.Pour une publicité qui compte Pour plus d'information Serge Lareault 5145974238 poste 228 publidte@itineraire.ca dage effectue en février 2004 parje.groupe Helyum (HEC) La Capitale La Capitale du Mont-Royal L'achat et la vente d'une propriété, c'est une affaire de cœur et de savoir-faire Garantie de service \u2022 Intégrité \u2022 Mise en marché exceptionnelle \u2022 Conseils \u2022 Expertise \u2022 Opinion de la valeur marchande de votre propriété MONTRÉAL, L'AOÛT 2006 3 L'ITINÉRAIRE 0BE-TROTT Nouvelles internationales provenant des journaux de ^ Oslo, capitale de l'héroïne Marc OUïvier Stagiaire à la rédaction Comment fonctionne un journal de rue en Europe du Nord ?Dans un contexte économique et social plutôt favorable par rapport aux autres pays occidentaux, quel rôle joue le journal de rue Oslo ?Sur 173 pays étudiés, la Norvège possède l'indice de développement humain le plus élevé.Son indicateur de pauvreté est très bas.Le pays occupe le deuxième rang sur 17 pays développés.Pourtant, ces chiffres cachent une réalité moins souriante.Ici aussi, le fossé entre riches et pauvres ne cesse de se creuser.À l'ouest de la péninsule Scandinave, le royaume de Norvège compte environ 4,5 millions d'habitants.Sur le plan économique, la Norvège a de sérieux atouts : elle regorge de ressources naturelles et offre de nombreuses protections aux plus démunis.La pauvreté perdure malgré tout.Per Kristian Lomsdalen, co-fondateur du journal de rue Oslo Entre 4000 et 5000 sans-abri Comment vivent les plus démunis en Norvège et qui sont-ils ?Selon Per Kristian Lomsdalen, co-fondateur du journal de rue Oslo, il y aurait entre 4000 et 5000 sans-abri en Norvège.La plupart d'entre eux fréquentent les auberges et les refuges de nuit.La drogue constitue l'une des causes principales de l'itinérance norvégienne.«Oslo est la capitale de l'héroïne», explique Per Kristian Lomsdalen.Dans le cycle infernal de la toxicomanie, les personnes touchées se retrouvent vite dans la rue.La qualité artistique à'Oslo permet de changer l'image triste et sans saveur que l'on colle souvent à la pauvreté.Un nouveau regard sur la pauvreté Pour cette raison, Per Kristian Lomsdalen et deux autres militants contre la misère sociale ont décidé, en juin 2005, de créer un journal de rue.Oslo n'est pas le premier journal de rue norvégien, mais il essaye 'offrir un nouveau regard sur la pauvreté.«Il s'agit de ne pas stigmatiser les sans-domicile», précise Per Kristian Lomsdalen.Avec une page de couverture très épurée, grand format cartonnée, le journal Oslo ne ressemble pas aux autres journaux de rue.Il fait davantage penser à un livre d'art.À l'intérieur, articles de fond alternent avec des photos artistiques.Le journal est réalisé conjointement par des professionnels et des camelots.Publié toutes les six semaines, et vendu par 378 camelots, le journal publie environ 50 000 exemplaires, avec des pics à 70 000 l'été.Sa qualité artistique (qui vient sûrement de ses fondateurs, eux-mêmes artistes) ouvre la diffusion à un large public et permet de changer l'image triste et sans saveur que l'on colle souvent à la pauvreté.Vos commentaires et opinions .rTINERAlRLCA L'ITINÉRAIRE 4 MONTRÉAL, r AOÛT 2006 Lorraine Km pa Cuisinière « en chef » au Café sur la rue Achetez des cartes de survie pour ceux qui ont faim! Bonjour! Quand je reçois les gens de la rue pour leur offrir un bon repas nourrissant, je suis sûrement la cuisinière la plus heureuse en ville! J'ai travaillé longtemps dans un hôtel 4 étoiles, mais c'est au Café sur la rue de L'Itinéraire que j'ai trouvé ma vocation : utiliser mon savoir-faire pour rendre savoureux les mets les plus simples et former une équipe de personnes en réinsertion sociale.Lorsque vous achetez des cartes-repas à 32 chacune et les remettez aux gens dans la rue, c'est moi qui les reçois avec le sourire et un repas santé.Mon secret est de les traiter comme j'aimerais qu'on me traite si je vivais les difficultés quotidiennes de la rue.Je vous invite à continuer d'acheter des cartes-repas pour ceux et celles qui ont faim.Il s'agit d'une question de survie et d'espoir ! Merci de m'aider à nourrir «mon monde» ! Commandez-les dès maintenant ?M.?Mme Prénom :_ Nom :_ Adresse : Code postal Courriel:_ -Tél.: (_)_ Je désire acheter cartes X 3,00$ = ?Postez-moi les cartes.?Gardez les cartes et distribuez-les pour moi.Mode de paiement ?Chèque ou mandat à l'ordre du Groupe communautaire L'Itinéraire ?VISA I I I No de la carte Expiration_/_ mois année J_l_l_l_ Signature_ J_I_I_I_I I Postez le tout à l'adresse suivante : Groupe communautaire L'itinéraire 2103, rue Ste-Catherine Est, Montréal (QC) H2K 2H9 Information: (514) 597-0238 poste 231 Nous n'émettons pas de reçu de charité pour l'achat de cartes-repas Un projet de L'Itinéraire appuyé par : Les Oeuvres du Cardinal Léger \u2022 Arrondissement Ville-Marie \u2022 RAPSIM \u2022 Sécurité du Revenu de Montréal/CLE Ste-Marie \u2022 L'Accueil Bonneau \u2022 CDEC Centre-Sud/Plateau M.-R.Un don Pouria revalorisation et la réinsertion sociale des personnes de la rue Don avec reçu officiel* 25$ ?50$ ?100 $ ?250 $?Autre N\" de charité 13648 4219 RR 0001 *Reçus postés au début de 2007 MONTRÉAL, V AOÛT 2006 5 L'ITINÉRAIRE ?12 mois (24 numéros) = 48 $ 6 mois (12 numéros) =24$ Q J'ajoute un don de soutien de Coordonnées ?/Mme ?M.Prénom_ Nom _ f Adresse Code postal Courriel_ Tél.(_)_ année Mon abonnement débute en_ mois Mode de paiement ?Chèque ou mandat à l'ordre du Groupe communautaire L'Itinéraire ?VISA _I_l_l_l_I_I_l_I_I_I_I_I_I_L Expiration_/_ mois année Abonnement proposé par le camelot: _ Nom du camelot 'Reçu de chanté posté au début de l'année suivante Postez le tout à l'adresse suivante : Abonnement à L'Itinéraire 2103 Ste-Catherine Est, Montréal (Québec) H2K 2H9 Information : (514) 597-0238 poste 226 1\" août 2006 QUEBECOR INC Québécor inc.est fière d'appuyer l'action sociale de L'Itinéraire en lui offrant des services d'imprimerie ainsi que le câble et Internet haute vitesse Vidéotron.Le magazine L'Itinéraire a été créé en 1992 par Pierrette Desrosiers, Denise English, François Thivierge et Michèle Wilson.À cette époque, il était destiné aux gens en difficulté et offert gratuitement dans les services d'aide et maisons de chambres.Depuis mai 1994, L'Itinéraire est vendu régulièrement dans la aie.Cette publication est produite et rédigée en majorité par des personnes vivant ou ayant connu l'itinérance, dans le but de leur venir en aide et de permettre leur réinsertion sociale et professionnelle.Pour chaque numéro vendu 2 î, 1 $ revient directement au camelot Les profits de L'Itinéraire servent à financer les projets d'entraide de l'organisme.La direction de L'Itinéraire tient à rappeler qu'elle n'est pas responsable des gestes des vendeurs dans la rue.Si ces derniers vous proposent tout autre produit que le journal ou sollicitent des dons, ils ne le font pas pour L'Itinéraire.Si vous avez des commentaires sur les propos tenus par les vendeurs ou sur leur comportement, communiquez sans hésiter avec le (514) 597-0238, poste 230.L'Itinéraire est appuyé financièrement par LES ŒUVRES DU CARDINAL LÉGER Convention de la Poste-publications No 40910015 No d'enregistrement 10764.Retourner toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada au Groupe communautaire L'Itinéraire, 2103, rue Ste-Cathenne Est, 3e étage Montréal (Québec) H2K 2H9, itmeraire@itineraire.ca Nous reconnaissons l'aide financière accordée par le gouvernement du Canada pour nos coûts d'envoi postal et nos coûts rédactionnels par l'entremise du Programme d'aide aux publications et du Fonds du Canada pour les magazines.Canada L'Itinéraire est membre de : Rédaction et administration \u2022 2103, rue Ste-Catherine Est, 3e étage Montréal (Qc) H2K 2H9 Le Café sur la rue \u2022 2101, rue Ste-Cathenne Est L'Espace Internet \u2022 2103, rue Ste-Catherine Est, 2e étage Téléphone : (514) 597-0238 Télécopieur: (514) 597-1544 Courriel : itinéraires itinéraire.ca Site : www.itineraire.ca Le Magazine L'Itinéraire \u2022 Éditeur et directeur général : Serge Lareault \u2022 Adjoint à l'éditeur : Jean-François Ouellon \u2022 Rédactrice en chef : Audrey Coté \u2022 Adjoint à la rédaction : Jérôme Savary \u2022 Infographiste : Serge Cloutier \u2022 Photo de couverture : Aydin Matlabi \u2022 Révision : André Martin, Jean-Paul Baril, Lorraine Boulais, Hélène Paquet, Sylvie Martin, Isabelle Provost, Sophie Desjardins, et Edith Verreault \u2022 Agent de développement : Stéphane Lefebvre \u2022 Concepteur du site Internet : Serge Cloutier, Drafter.com \u2022 Conseillers publicitaires : Renée Larivière et Mario St-Pierre \u2022 Imprimeur : Québécor World Le Croupe communautaire L'Itinéraire est un organisme à but non lucratif fondé en 1990 pour aider les personnes de la rue.Le conseil d'administration est composé en majorité de personnes ayant connu l'itinérance, l'alcoolisme ou la toxicomanie.Le Conseil d'administration \u2022 Président : Robert Beaupré \u2022 Vice- président : Jean-Paul Banl \u2022 Trésorier : Martin Gauthier \u2022 Secrétaire : André Martin \u2022 Conseillers : Audrey Coté (rep.employés), Gabnel Bissonnette (rep.camelots), Cylvie Gingras, Hector Daigle et Richard Hétu L'administration \u2022 Directeur général : Serge Lareault \u2022 Directrice des ressources humaines et de l'insertion sociale : Jocelyne Sénécal \u2022 Directrice administrative: Geneviève Lussier \u2022 Adjoint à l'administration : Eduardo Moreno \u2022 Coordonnateur au développement : Benoit Racette \u2022 Comptabilité : Manon Savana, CMA \"T.r* crr+.fli A^DA Association nord-américaine des journaux de rue In\\ s p\\ Le réseau international des journaux de rue L'Itinéraire est entièrement recyclable et fait de papier recyclé Attention aux fraudeurs: personne n'est autorisé à solliciter de porte en porte ou dans les commerces des dons monétaires ou matériels pour L'Itinéraire.L'ITINÉRAIRE 6 MONTRÉAL, 1 B AOÛT 2006 édito Audrey Coté Rédactrice en chef audrey.cote(S)itineraire.ca Logement social Un autre recul dans la lutte contre la pauvreté ?Décidément, le gouvernement Charest ne cesse de se distinguer dans l'art de lutter contre les pauvres plutôt que de s'attaquer aux racines de la pauvreté.Le 6 juillet dernier, une centaine d'organismes communautaires ont dénoncé le Cadre national sur le soutien communautaire en logement social proposé par le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) et par la Société d'habitation du Québec (SHQ).En associant le soutien communautaire aux plans cliniques du MSSS, ce cadre menace le soutien communautaire offert aux plus pauvres.Concrètement, des malades des Centres hospitaliers de soins de longue durée (CHSLD) pourraient se retrouver dans des organismes sans but lucratif (OSBL) d'habitation actuellement destinés à des personnes à très faible revenu.Selon la Fédération des OSBL d'habitation de Montréal (FOHM), il ne s'agit pas de refuser d'aider les plus malades, mais bien de maintenir la mission des OSBL d'habitation : offrir un logement abordable et des services de soutien aux plus pauvres.Alors que le MSSS a annoncé la fermeture de 2 200 lits d'ici trois ans et demi dans les CHSLD au moment où les besoins sont plus criants que jamais, il propose maintenant que les OSBL d'habitation changent leur mission pour répondre à ses besoins.En utilisant le logement communautaire pour pallier les manques du système de santé, le gouvernement pourrait faire augmenter le nombre de démunis et de sans-abri.Le cadre proposé prévoit que les intervenants des OSBL d'habitation devront répondre aux besoins les plus urgents en catégorisant les locataires selon leurs problèmes de santé.Évidemment, comme les places seront plus que limitées, on risque de s'occuper d'abord des cas lourds et laisser à eux-mêmes ceux qui vivent dans la pauvreté sans graves problèmes de santé.Dans ce contexte, il est évident que, tôt ou tard, sans l'aide communautaire qu'offrent les OSBL d'habitation, plusieurs pauvres feront face à divers problèmes de santé.Par conséquent, les coûts du système de santé augmenteront sans qu'on ait rien réglé du problème fondamental que constitue la pauvreté.La FOHM affirme également que le cadre est d'autant plus inquiétant qu'aucun financement supplémentaire ne semble prévu.Si les OSBL d'habitation doivent faire face à des cas lourds, elles devront embaucher du personnel médical approprié.Comment s'assurer que les futurs locataires des OSBL d'habitation recevront des services adéquats ?Là-dessus, le ministère de la Santé et des Services sociaux, rejoint par L'Itinéraire, répond qu'il fera pour le mieux, sans privilégier une clientèle au détriment d'une autre.On affirme également qu'on se veut à l'écoute des demandes des représentants d'organismes et qu'on souhaite arriver à une entente avec ceux-ci.Peut-on souhaiter que ces belles paroles ne soient pas seulement des vœux pieux ?De plus, la FOHM déplore que le nouveau cadre du ministère stigmatise davantage les locataires qui devront être des malades d'abord et avant tout.Selon ce qui est proposé, il faudra une étiquette «perte d'autonomie», «dépendant à la drogue ou au jeu», «déficience physique ou intellectuelle», «trouble envahissant du comportement), «maladie mentale» ou «jeune en difficulté» pour avoir droit à un logement abordable.Le ministère de la Santé et des Services sociaux et la Société d'habitation du Québec veulent rendre effectif le Cadre national sur le soutien communautaire en logement social cet automne.Assisterons-nous à un deuxième épisode de la désinstitutionnalisation, où, cette fois, les personnes qui n'ont plus leur place dans le système public de santé se retrouveront seules en logement?Quant aux pauvres, on attendra qu'ils se retrouvent littéralement au bout du rouleau et malades avant de leur offrir un loyer décent ?L'accès au logement est le problème numéro un que le gouvernement doit résoudre s'il veut freiner la croissance du nombre de sans-abri et la multiplication des problèmes sociaux qui en découlent.Si le Cadre national sur le soutien communautaire en logement social est adopté tel qu'il a été présenté aux organismes le 6 juillet dernier, il risque d'aggraver des situations de pauvreté.Tôt ou tard, l'État devra payer.Pourquoi alors attendre que la pauvreté nous coûte plus cher financièrement et socialement ?MONTRÉAL, V\" AOÛT 2006 7 L'ITINÉRAIRE .DE CAMELOTS Cylvie Gingras Camelot Fleury/Parthenais « Joyeuserie » aiguë Je vis en état quasi permanent de «joyeuserie» aiguë.On me trouve très drôle et j'adore raconter des blagues.Ce qui m'attire d'abord chez mes semblables, c'est leur sens de l'humour.Je me plais à dire qu'une «quelqu'une» qui me fait rire a déjà une fesse dans mon lit! Je ne ris jamais des autres, mais je ris avec eux.Ce que je pratique le plus c'est l'auto-dérision.Par exemple, lorsqu'il m'arrive un gros pépin, je m'efforce de raconter la situation comme si c'était toute une aventure.Plus mon auditoire est vaste et se bidonne à chacun de mes propos, plus j'en rajoute! Quant aux « z'hume Maurices » d'aujourd'hui, ma palme d'or va à Daniel Lemire : c'est le seul qui me fasse rire aux larmes.Dans ma vie, je ne connais qu'une seule personne qui soit totalement dénuée d'humour : maudit que sa vie doit être plate! Je vous laisse sur une p'tite joke : Un humain meurt et est accueilli par un ange.L'humain est fortement intrigué par les milliers d'horloges qui l'entourenL II demande à l'ange à quoi servent ces horloges.L'ange lui montre une horloge dont les aiguilles indiquent 6 : 00.Il explique que c'est celle de Martin Luther King qui a raconté six mensonges au cours de sa vie.Ils poursuivent la visite.L'ange montre celle de Mère Teresa dont les aiguilles de son horloge sont à 00 : 00 parce qu'au cours de sa vie, elle n'a jamais menti.Intrigué, l'humain demande à l'ange où se trouvent les horloges des politiciens.Ah! Celles-là, on s'en sert comme ventilateurs! L'Itinéraire est à la recherche de bénévoles: Aide-cuisinier, plombier, entretien général et personnes avec véhicule c Pour plus d'information : Jocelyne Sénécal, (514) 597-0238, poste 230.3 Josée Louise Camelot, Maison de Radio-canada josee.louise@itineraire.ca Gagner à la loterie de la vie Pour la première journée d'été 2006, nous avons eu le bonheur de bénéficier d'un soleil splendide.De mon côté, j'avais une journée chargée en perspective.Elle commençait à 8 h par une visite à l'école Pierre-Dupuis où j'avais été invitée à parler de mon parcours de pauvreté, d'itinérance et d'errance devant de futurs aides auxiliaires.De plus, une dame avait pris contact avec la direction de L'Itinéraire après avoir vu le reportage que j'avais fait avec l'équipe de l'émission des Francs-tireurs présenté en reprises à Télé-Québec.Elle désirait me rencontrer.Nous avions convenu d'un rendez-vous cette journée-là, à 14 h 30.Je savais qu'elle voulait me venir en aide, mais je n'en connaissais pas la teneur.La dame avec laquelle j'avais rendez-vous était une magnifique jeune femme à la peau d'ébène.Delphine, au sourire communicatif, ouvre son sac pour sortir une enveloppe.De plus en plus intriguée, je regarde ce qu'elle fait.Tout d'un trait, Delphine me dit : «Je ne peux pas rester, car j'ai d'autres occupations cet après-midi.Alors, j'ai sorti tout ce que j'ai pu et tout ce que je peux vous donner.» Pour un instant, j'aurais voulu voir la tête que je faisais, car elle m'a déposé dans les mains en comptant un à un les billets de 20 $ jusqu'à.38! Oui, vous avez bien lu, elle m'a donné 760 $! Mes mains se sont mises à trembler, j'avais le menton presque au plancher puis, lentement, je me suis mise à sourire béatement, lui faisant le geste de les lui remettre en disant : «Mais voyons, c'est trop !» Elle rétorque en me repoussant doucement les mains : «Non.Vous savez je suis immigrante et, lorsque je suis arrivée ici, on m'a beaucoup aidée.Maintenant, je suis travailleuse autonome et je gagne très bien ma vie.Ne vous en faites pas pour moi, je récupérerai ce montant rapidement.Je voulais faire quelque chose pour vous et c'est comme ça! Dites-vous que c'est le ciel qui vous l'envoie.» Chère Delphine, j'ai voulu raconter notre histoire, car je crois que tu es un véritable messager divin.Pour t'être faite ange pour moi, je te dis publiquement tout simplement MERCI, du fond de tout mon coeur.L'ITINÉRAIRE 8 MONTRÉAL, 1\" AOÛT 2006 Que du hasard.Vous savez pourquoi on appelle ça des jeux de hasard ?Justement, parce que c'est juste un jeu et que ce n'est rien que du hasard.La plupart des gens comprennent ça.Mais si vous croyez que vous pouvez avoir le dessus sur une machine ou que vous êtes capable de prévoir les résultats, là.ce n'est plus juste un jeu.Il existe de l'aide.Appelez.Vous n'avez rien à perdre.Jeu: Aide et Référence 1 866 SOS-jEUX FONDATION MISE SUR TOI une initiative de LotoOuébec mise-sur-toi.loto-quebec.com OPERATIONMONTREAL.NET Ville-Marie Montréal Deux comptoirs Accès Ville-Marie pour mieux vous servir Pour accéder aux programmes, aux activités et aux services offerts par l'arrondissement de Ville-Marie Bureau d'arrondissement 888, bout.De Maisonneuve Est, 5' étage Montréal (Québec) H2L 4S8 ElBerri-UQÀM Hôtel de ville 275, rue Notre-Dame Est Montréal (Québec) H2Y1C6 [»3 Champ-de-Mars Les comptoirs sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 16 h 30 sans interruption Téléphone : 514.872.6395 www.ville.montreal.qc.ca/villemarie > L'Itinéraire a besoin < De casiers de rangement, d'une perceuse à percussion et d'ordinateurs performants (Pentium 4) Contactez Jocelyne Sénécal 514-597-0238 poste 230 MONTRÉAL, 1\" AOÛT 2006 19 L'ITINÉRAIRE en vrac Le féminisme du troisième millénaire Célébration socioculturelle de l'émancipation de la femme, FESTIV'ELLES se tiendra du 9 au 13 août 2006.Cette troisième édition du Festival international des femmes de Montréal aura pour thème «Le féminisme du troisième millénaire», et mettra en lumière le travail des femmes du monde des arts et de la culture, grâce à une programmation riche et éclatée qui propose tant de la littérature que du cinéma, de la musique que du théâtre et des arts visuels.EIISIISI Billets en vente et programmation disponible au Cinéma ONF, 1564 rue Saint-Denis Plus d'informations : www.lesellesdelaculture.com Cartes postales de Montréal En août, redécouvrez Montréal grâce à la CinéRobothèque de l'Office national du film, qui présente Cartes postales de Montréal, une projection commentée d'une durée de deux heures, élaborée tout spécialement pour les touristes et pour les Montréalais qui ont envie de redécouvrir leur ville.Devenez témoin privilégié d'une ville qui livre ses secrets à la caméra.Vibrez au rythme de sa population, savourez les mille et un visages de sa culture et imprégnez-vous des richesses de son patrimoine.En français, le dimanche : 6 et 20 août à 15 h En anglais, le samedi : 5 et 19 août à 15 h Tant : 5 $ / personne (Billets disponibles à la CinéRobothèque de l'ONF) ITINÉRAIRE 10 MONTRÉAL, 1 \"' AOÛT 2006 r Pour un sens à la vie ! Radio Ville-Marie-' 91,3 fm Montréal Une programmation de très grande qualité! INFORMER \u2022 ÉDUQUER \u2022 DIVERTIR 91,3 fm Montréal 257 500 auditeurs Tout un monde à découvrir! MUSIQUE \u2022 INFORMATION \u2022 RÉFLEXION \u2022 SPIRITUALITÉ \u2022 SOCIÉTÉ * 100,3 f m Sherbrooke * 89,9 fm Trois-R ivières * 89,3 fm Victorioville 4020, rue Saint-Ambroise, suite 199 Montréal QC H4C2C7 Tél.: (514) 382-3913 Ext sans trais 1-877-668-6601 www.radiovm.com PBB L'Itinéraire offre aux bénéficiaires de l'aide sociale des places d'aide-cuisinier (ère) au Café sur la rue dans le cadre de la mesure d'insertion sociale.Places à combler : © Aide à la préparation des repas et service à la clientèle ® Plongeur/Plongeuse ® Préposé à l'entretien Pour être admissible, vous devez : ® Être bénéficiaire de l'assistance-emploi ® Être disponible 20 heures par semaine Vous recevrez : ® 120 $ de plus par mois de l'assistance-emploi et, dans certains cas, une indemnité de déplacement.Information: Jocelyne Sénécal, 597-0238 poste 230 MONTRÉAL, 1\"'AOÛT 2006 111 L'ITINÉRAIRE Un havre de paix.pour les fem Marc Ollivier Stagiaire à ta rédaction En plein cœur de Montréal, l'Auberge Madeleine accueille chaque année plus de 250 femmes exclues, sans domicile, victimes de violence, prisonnières de la drogue, du jeu ou de la prostitution.Selon une étude publiée par l'organisme YWCA, 77 % des femmes qui se présentent dans les refuges au Canada sont en danger de mort Grâce au soutien et au réconfort apportés par l'équipe de l'auberge, elles retrouvent dignité et confiance.Témoignages.«À la maison, le stress est énorme.J'élève seule trois enfants, en plus de mon travail.J'avais besoin d'un répit.» Ariane, 45 ans, fréquente régulièrement l'Auberge Madeleine.Plusieurs semaines par an, elle pousse la porte de cette maison ouverte aux femmes de plus de 18 ans, pour pouvoir «souffler.Cette fois encore, cette halte lui a permis d'éviter de vivre «des situations qui n'auraient pas d'issue».Fatiguées, lasses, au bout du rouleau, les expressions ne sont pas assez fortes pour exprimer ce que ressent Ariane quand elle vient frapper à la porte de l'auberge.Une vingtaine de femmes, dont neuf intervenantes permanentes, travaillent dans l'auberge, qui existe depuis 1984.Au fil des jours, Ariane se reconstruit doucement.Comme elle, d'autres femmes sont en «détresse psychologique».L'auberge fonctionne toujours au maximum de sa capacité et accueille 19 femmes.«Personne n'est à l'abri, prévient Marcia Aiquel, intervenante à temps plein.Accumulation de fatigue, perte d'emploi, divorce.Autant de situations difficiles à traverser qui peuvent arriver à tout le monde.» Assise à une table ronde, Marcia, l'intervenante, semble protéger Ariane, assise, le regard baissé.Marcia connaît bien les raisons qui poussent les femmes à fréquenter l'auberge.«La société est ce qu'elle est.Il faut faire face à la discrimination, à une pauvreté généralisée et à des emplois souvent difficiles à trouver», souligne-t-elle.Depuis 10 ans, elle aide et accompagne les femmes dans leur «reconstruction personnelle».Au cours d'entretiens privés, pendant un repas ou un café, elle échange avec les femmes et les aide à retrouver confiance en elles.«Je considère les femmes comme les spécialistes de leur propre cheminement», confie Marcia.Se refaire une personnalité L'auberge propose différentes activités pour «aider les femmes à oublier leurs soucis» : ateliers de bricolage, sorties, jeux, discussions autour de thèmes comme la colère, l'amour.De plus, depuis deux ans, un projet d'accompagnement a vu le jour pour aider les femmes dans leurs démarches extérieures : aller chez le médecin, se présenter en Cour, remplir des documents, écrire un C.V., trouver un emploi.«Ce n'est pas le manque de volonté qui empêche les femmes d'entreprendre des démarches, c'est plutôt qu'elles ont besoin de soutien», LA TERRE EST UN BEAU JARDIN 1 kiosque mont-royal \u2022 Fruits et légumes frais \u2022 Arrangements floraux \u2022 Paniers de fruits \u2022 Plantpç VArtpç \u2022 Poteries \u2022 Service de livraison Kiosque Mont-Royal 482, rue Mont-Royal Est M Mont-Royal Tél.: (514) 281-7537 f Plus de détails en page 6 L'ITINÉRAIRE I 12 MONTRÉAL, 1\" AOÛT 2006 « L'auberge offre la possibilité de se refaire une personnalité.» Diane, accueillie à l'Auberge Madeleine affirme Cécile Brunelle, accompagnatrice pour les demandes à l'extérieur de l'auberge.Cette assistance redonne du courage et de la motivation.L'atelier de recherche de logement donne par ailleurs les outils nécessaires pour aider les sans-logis à trouver un appartement.Havre de paix dans une société parfois brutale, l'Auberge Madeleine n'héberge jamais les femmes beaucoup plus d'un mois.L'objectif est clair : redonner à ces femmes la force de relever la tête et de voler de leurs propres ailes.«L'auberge offre la possibilité de se refaire une personnalité», témoigne Diane, convaincue qu'un jour elle aussi n'aura plus besoin d'y venir pour se sentir mieux.Tél.: 514-597-1499 (admissions et interventions) Site Internet : www.questzones.com/aub-madeleine/ De gauche à droite : Cécile Brunelle, accompagnatrice pour les demandes à l'extérieur de l'auberge et Marcia Aiquel, intervenante.ma viffe,-y mon miracle Prière infaillible à la vierge Marie Fleur toute belle du Mont Carmel, vigne fructueuse, splendeur du ciel, mère bénie du fils de Dieu, assistez-moi dans mes besoins.0 étoile de la mer, aidez-moi et montrez-moi ici même que vous êtes ma mère, ô sainte Marie, mère de Dieu, reine du ciel et de la terre, je vous supplie du fond du cœur de m'appuyer dans cette demande.(Formulez ici sa demande).Personne ne peut résister à votre puissance, ô Marie, conçue sans pêcher, priez pour nous qui avons recours à vous (trois fois).Sainte Marie, je remets cette cause entre vos mains (trois fois).Faites cette pnère trois jours de suite et vous devez ensuite la publier.La faveur demandée vous sera accordée.P.C.Prière au Saint-Esprit Samt-Espnt, toi qui résous tous les problèmes, toi qui éclaires tous les chemins pour m'aider à atteindre mon but, toi qui me donnes le don divin de pardonner et d'oublier le mal que l'on fart, toi qui te trouves à mes côtés dans toutes les circonstances de la vie.Je veux, par cette courte prière, te remercier pour tout et te confirmer une fois de plus que je ne voudrais pas être séparé de toi, même en dépit de toutes tentations maténelles illusoires.Je veux être avec toi dans la gloire éternelle.Merci pour ta miséncorde envers moi et les miens.Vous devez réciter cette prière pendant trois jours consécutifs.Ensuite, la faveur demandée vous sera accordée, même si elle vous paraît difficile à obtenir Vous devez alors publier cette prière, y compris les instructions, immédiatement après que votre souhait a été exaucé, mais sans mentionner la nature de votre voeu.Seulement vos initiales devront apparaître à la fin de cette prière.H.O.MONTRÉAL, 1\" AOÛT 2006 13 L'ITINÉRAIRE ible Audrey Coté Derrière son image burlesque, Mado Lamothe est une drag queen sérieuse.Cest ce qui surprend le plus lorsqu'on parle d'elle avec son alter ego, Luc Provost.Pétante de forme pour le «marathon» Divers/Cité, pendant lequel elle travaillera pratiquement jour et nuit pendant sept jours, la complice de Luc donne le ton d'emblée : «Je ne supporte pas qu'on dise qu'on «tolère» les gais, lesbiennes, bisexuels, transsexuels ou travestis, parce que ça implique une notion de supériorité méprisante.Chus pour l'acceptation totale de chaque personne comme elle est, point final.» Qu'on se le tienne pour dit : Mado souffre d'intolérance à toutes les intolérances.Cest chez Mado elle-même, au Cabaret Mado, rue Sainte-Catherine, que L'Itinéraire a rencontré les deux amis de longue date.Si Luc dit s'accommoder de la bêtise, Mado la dénonce avec la volubilité colorée qu'on lui connaît.«Des fois, j'frapperais certains politiciens à coups de boule de bingo quand ils donnent des millions pour toutes sortes d'affaires, mais qu'ils sont pas capable d'investir vraiment pour aider les itinérants!» La reine du bingo à Montréal n'a pas la langue dans sa poche quand il s'agit de défendre les exclus.C'est d'ailleurs ce que confirme Luc : «Mado, c'est une fille du peuple qui a dû se battre pour faire accepter sa différence, mais elle est née sous une bonne étoile.» C'est donc pour ça que Luc s'organise pour que Mado call occasionnellement le bingo pour ceux qui sont tombés sur le mauvais numéro dans la vie.«Elle fait des shows pour le sida, les enfants de Béthanie et le cancer du sein», précise-t-il.À ce propos, Mado ne peut s'empêcher de renchérir : «Même si chus une fille plate parce que j'ai pas de totons, c'est mon devoir de citoyenne d'aider la cause du cancer du sein!» Sur scène, Mado fait rire et provoque par ses propos osés, mais n'allez surtout pas lui dire qu'elle «bitche», car elle vous fustigera du regard.«J'haïs le mot \"bitcher\"!», lance-t-elle, outrée, en battant vivement des cils.Aux aguets, Luc vient au secours de L'Itinéraire : «Mado est sociale et dénonce beaucoup de choses sous le couvert humoristique.» Effectivement, Mado dit et écrit souvent les vraies affaires.Dans le journal personnel qu'elle tient dans son site Internet, elle s'exprime sur la démocratie : «J'ai des p'tites nouvelles pour vous, mes chéris, ça fait longtemps que les gouvernements de la planète s'en côlissent du peuple.»' Si l'engagement social de Mado est omniprésent dans son discours humoristique, c'est évidemment grâce à son mentor.Diplômé en théâtre de l'Université du Québec à Montréal, Luc a d'abord souhaité devenir comédien, mais la vie a plutôt voulu qu'il imagine Mado, personnage théâtral et engagé.«Même si Mado a eu son époque ultra Michèle Richard, elle n'est pas une travestie, ni un \"personnificateur\" féminin.Cest un personnage à part entière avec l'identité que je lui ai donnée», explique-t-il.Luc et Mado filent le parfait bonheur depuis maintenant 19 ans : «Chus jamais down, car j'ai Mado», confie le mâle du couple.Queen à la taille de guêpe Contrairement à ce qu'on pourrait imaginer, Mado et Luc sont très disciplinés.Bosser la nuit ne rime pas avec fiesta à longueur de semaine : «Mes chéris passent leur temps à m'offrir des shooters et sont déçus que j'Ies boive pas, mais faut être réaliste, j'peux pas donner un bon show en passant la moitié de la soirée la tête dans le bol de toilette!», s'exclame Mado.Plus réservé, Luc complète : «Comme tout le monde, je m'éclate une fois de temps en temps avec des amis, mais la scène, c'est mon travail.Alors quotidiennement, je mange bien et je m'entraîne au gym quatre fois par semaine.» Mado a donc une taille de guêpe que lui envient bien des spectatrices.Les chaussures «plateformes» sur lesquelles elle se juche tous les soirs contribuent aussi à la rendre impressionnante, plus grande que nature.«Si j'avais des bourrelets sur scène, je ne suis pas certain que Mado serait autant appréciée.On vend du rêve et il faut créer l'illusion», confie Luc.Mado est très convoitée, mais elle ne se laisse pas séduire par le premier venu.Son homme idéal ?«Le comédien Maxime Dénommée! J'aime les pouilleux, les b u m s ! » , s'écrie la «drag» dans un élan d'excitation soudaine.« Mes chéris passent leur temps à m'offrir des shooters et sont déçus que j'Ies boive pas, mais faut être réaliste, j'peux pas donner un bon show en passant la moitié de la soirée la tête dans le bol de toilette! » - Mado Montréal, ville ouverte Si Mado assume pleinement sa célébrité, Luc est beaucoup plus réfractaire à l'idée d'être reconnu dans la rue.Cest d'ailleurs pour cette raison qu'il refuse systématiquement d'être pris en photo ou d'aller à la télé en T-shirt blanc et jeans délavé.«Je veux préserver mon intimité pour être libre à Montréal», dit-il, sous le regard approbateur de Mado.Parfois, au hasard de ses nombreuses balades dans différents quartiers montréalais, des gens pensent le reconnaître, mais continuent leur chemin sans insister.Pour se récompenser, Luc et Mado voyagent beaucoup : New York, Paris, Milan.Mais pour notre plus grand bonheur, c'est toujours à Montréal qu'ils veulent vivre.«Montréal, c'est vraiment ma ville», dit spontanément Luc.Selon lui, Montréal est l'une des villes les plus tolérantes de la planète.En 19 ans de carrière, il dit pouvoir compter sur les doigts d'une seule main les insultes qu'on lui a lancées dans la rue et les courriels haineux : «Ici, affirme Luc, y'a beaucoup de respect, de vivre et laisser vivre, ' peut-être parce qu'on est un peuple avec une histoire jeune.À la base aussi, on est marginal.Les Québécois sont les Gaulois d'Amérique.» Mado, elle, reste bouche bée d'admiration devant son homme.Gageons qu'elle lui sera fidèle encore longtemps : «Ma philosophie, conclut Luc, c'est de faire rire les gens.Mado est toujours rayonnante et me rend heureux.» 'www.mado.qc.ca Cabaret Mado : 1115, rue Ste-Catherine Est (angle Amherst), Montréal MONTRÉAL, r AOÛT 2006 15 L'ITINÉRAIRE tour du monde Agriculteurs boliviens Doubler ses revenus avec 1 /20 de sa terre Martine Letarte La Bolivie est le pays le plus pauvre des Amériques, après Haïti.Près des deux tiers de sa population vit dans la pauvreté, et un tiers vit dans une extrême pauvreté.Depuis 1998, avec l'appui financier de l'Agence canadienne de développement international (ACDI), la Société de coopération pour le développement international (SOCODEVI) a mis sur pied un projet de diversification des cultures pour les agriculteurs boliviens.Après l'analyse des diverses options possibles en fonction des particularités du pays, la production d'épices s'est imposée d'elle-même.Grâce à ce projet, des familles ont pu doubler leur revenu annuel.Les agriculteurs ne l'ont pas facile en Bolivie.Les cultures traditionnelles du pays sont l'orge, le maïs et les pommes de terre.En plus de devoir composer avec un climat sec et un relief montagneux, les Boliviens ne peuvent mécaniser leur production puisque chacun ne possède qu'un petit lopin de terre.Ils font tout à la main.Avec des coûts de production aussi élevés dans un contexte d'ouverture des marchés, ils ne peuvent concurrencer les grandes entreprises agricoles du monde entier.«Les agriculteurs ont maintenant de la difficulté à vendre leurs produits sur le marché local et leurs conditions de vie se dégradent d'année en année», soutient le responsable du projet de la SOCODEVI en Bolivie, Michel Mathieu.Lorsque les gens de la SOCODEVI ont décidé de donner un coup de main aux agriculteurs boliviens, il leur apparaissait évident qu'ils devaient diversifier les cultures.Les contraintes étaient toutefois nombreuses.D'abord, ils devaient trouver une production qui, partout dans le monde, se fait entièrement à la main, pour que les Boliviens demeurent concurrentiels.Ensuite, le produit devait être non périssable et d'une bonne valeur économique par kilo, puisque la Bolivie n'a pas accès à la mer et que le transport routier est lent et cher.«Après avoir regardé tous ces critères, nous avons pensé aux épices, surtout qu'elles sont de meilleure qualité lorsqu'elles sont cultivées en altitude», précise M.Mathieu.Une idée rentable Lorsque la SOCODEVI a fait part de son idée aux agriculteurs boliviens, ils n'étaient pas très enthousiastes.«Ils n'y croyaient pas.Ils étaient tellement découragés qu'ils ne voyaient pas la lumière au bout du tunnel.De plus, ils avaient souvent participé à des projets de développement et, après deux ou trois ans, on les laissait tomber même si le travail n'était pas complété», explique M.Mathieu qui, depuis 1998, fait quatre séjours par année en Bolivie.Le projet a commencé modestement, avec quelques familles boliviennes.Des coopératives d'agriculteurs ont été créées aux alentours de Sucre, la capitale constitutionnelle de la Bolivie.La SOCODEVI a aussi fondé, à Sucre, une entreprise en charge de la commercialisation des produits.Les épices sont vendues sèches ou en huiles essentielles, principalement au Brésil, en Argentine et en Uruguay.Les agriculteurs boliviens possèdent généralement une terre d'une superficie de deux hectares (20 000 m2) et, en participant au projet, ils en convertissent environ 1 000 m2 à la production d'épices et de plantes aromatiques, généralement de l'origan.La SOCODEVI leur montre comment préparer leur terre pour la nouvelle culture et leur explique le fonctionnement d'une coopérative.Pour payer leurs plantules, les agriculteurs s'engagent à remettre 10% de leur première récolte à leur coopérative.En moyenne, les agriculteurs qui participent au projet ont un revenu annuel de 216 SUS.En accordant seulement 1/20 de leur terre à la culture d'épices, ils réussissent à l'augmenter à 526 $ US.La bonne nouvelle s'est rapidement répandue en Bolivie.Actuellement, environ 900 familles L'ITINÉRAIRE 16 MONTRÉAL, 1 \" AOÛT 2006 avec les ONG d'ici En moyenne, les agriculteurs qui participent au projet ont un revenu annuel de 216 $ US.En accordant seulement 1/20 de leur terre à la culture d'épices, ils réussissent à l'augmenter à 526 $ US.participent au projet et leur nombre augmente chaque jour.Les agriculteurs doivent maintenant s'inscrire sur une liste d'attente et patienter avant de prendre part à l'initiative de la SOCODEVI.Diversifier les opérations des coopératives En plus d'augmenter constamment la production d'épices, la SOCODEVI a d'autres projets en tête pour améliorer le sort des agriculteurs boliviens.Car même s'ils doublent leur revenu annuel moyen, ils n'ont pas encore assez d'argent pour répondre à tous leurs besoins de base.L'an passé, la SOCODEVI a décidé d'agir pour sauver le bétail lors des sécheresses.«La richesse d'une famille bolivienne dépend du nombre de bovins qu'elle possède.Pendant les longues périodes de sécheresse, il n'y a plus de pâturages et les vaches deviennent très maigres.Les agriculteurs ne peuvent plus les vendre et, éventuellement, ils perdent leur troupeau», affirme M.Mathieu.Pour éviter ces énormes pertes, les coopératives fondées par la SOCODEVI ont ouvert récemment deux parcs d'engraissement.«Nous achetons des bêtes qui sont littéralement en train de mourir de faim.Nous les soignons, nous leur donnons de la nourriture sèche, nous leur donnons à boire et, une fois qu'elles ont recouvré la santé, nous les vendons.Nous donnons un tiers du profit à l'entreprise de commercialisation, un tiers à la coopérative et un tiers au producteur qui nous a vendu la bête», poursuit M.Mathieu.Les Boliviens n'en reviennent tout simplement pas.: «Encore une fois, ils n'y.; croyaient pas au début.Pour eux, c'était impossible de nourrir des vaches avec de la nourriture sèche.Ce n'est pas dans leur culture.En plus de leur permettre de récupérer une bonne partie de l'argent qu'ils croyaient avoir perdu, nous leur achetons de l'orge, du maïs et du blé pour fabriquer les petites croquettes.Et ces parcs d'engraissement nous permettent d'utiliser le fumier, denrée rare en Bolivie, pour nos cultures d'épices», indique M.Mathieu.Même si tous ces résultats sont extrêmement gratifiants pour la SOCODEVI, la plus grande réussite du projet ne se calcule pas en dollars, selon M.Mathieu.«Lorsque nous sommes arrivés en Bolivie, en 1998, les agriculteurs étaient complètement Pedro Vela dans son champs d'origan désabusés.Pour eux, plus rien n'était possible.Aujourd'hui, ils ont les yeux pétillants et ils ont soif d'apprendre.Ils ont maintenant confiance en leur capacité de se développer.Ils ont retrouvé l'espoir, et l'espoir, ça change tout!», conclut-il.La publication de ce reportage a été rendue possible grâce à l'Agence canadienne de développement international (ACDI).MONTRÉAL, 1\"AOÛT 2006 17 L'ITINÉRAIRE Léo-Paul Lauzon, professeur au département des sciences comptables jet titulaire de la Chaire d'études socio-économiques de l'UQÀM Arnaque des pétrolières : ce que d'autres pays font et ont fait (y partie) Quel sujet chaud que celui du pétrole! Cest pourquoi j'en parle pendant aussi longtemps, mes amis, car je veux être bien certain qu'on en fait le tour, mais surtout que l'on voit ensemble que le fait que le Canada ait privatisé totalement cette ressource indispensable, en plus de la céder massivement à des intérêts étrangers alors qu'il possède la deuxième réserve de pétrole au monde, n'est pas une tendance observée ailleurs dans le monde.Au contraire, le Mexique a exclu son énergie du traité de l'ALENA.La Bolivie a repris le contrôle de ses hydrocarbures pas plus tard que le 1er mai dernier.Les gouvernements du Venezuela, du Brésil, de l'Argentine et de l'Uruguay viennent de créer une société d'État pétrolière et gazière du nom de Petrosur, afin de renforcer les liens entre ces pays d'Amérique du Sud et de contrer les efforts impérialistes incessants des États-Unis, qui tiennent à tout prix à mettre en place «leur» zone de libre-échange d'Amérique (ZLEA).Le Venezuela a pris le contrôle des contrats accordés dans les années 90 à des pétrolières étrangères et désormais, ces nouvelles sociétés mixtes seront détenues à 60 % minimum par la société pétrolière vénézuélienne d'État, PDVSA.Les pétrolières étrangères devront dorénavant payer 30 °/o de redevances sur les hydrocarbures et 50 % d'impôts sur les bénéfices contre 1 % de redevances et 36 °/o d'impôts auparavant.Et j'en passe.Hugo Chavez a également menacé les États-Unis de les priver de pétrole si les agressions contre son gouvernement augmentaient.Vous pensez que l'on ferait de même ici ?Utiliser notre pétrole comme monnaie d'échange?Hum.regardons de plus près le conflit sur le bois d'oeuvre, car si Chavez ne se laisse pas intimider, il faut savoir que.Les Américains imposent leur solution Au Canada, ça fait longtemps que le conflit du bois d'œuvre avec les States aurait été réglé de façon équitable si notre pétrole et notre gaz naturel étaient bien à nous.Comme l'avait si bien dit l'ancien président, pourtant un Américain, de la papetière canadienne MacMillan Bloedel, M.Tom Stephens, dans un article de La Presse du 10 mars 2001, intitulé Ottawa ne veut pas mélanger les dossiers de l'énergie et du bois d'œuvre, il faudrait que «l'on rappelle aux responsables américains que sans l'énergie canadienne, ils devraient apprendre l'arabe et de se mettre à lire à la chandelle.Le Canada devrait répondre œil pour œil et imposer une surtaxe sur les exportations de pétrole et de gaz naturel.» Dans cet article, on écrit aussi que : «Le chapitre 6 de l'ALENA proscrit formellement toute restriction unilatérale des exportations d'énergie, tout comme il interdit de faire payer plus cher pour celle-ci les citoyens des autres pays membres de TAccord par rapport à ceux du pays producteur.Un beau petit traité fait sur mesure pour nos voisins et qui nous a fait perdre tout contrôle sur nos hydrocarbures.Pendant ce temps aux States Les Américains aiment bien acheter tout ce qui bouge au Canada et ailleurs dans le monde afin de renforcer leur hégémonie.Mais pas question pour les étrangers d'acquérir leurs propres pétrolières.On en a eu la preuve en 2005 lorsque le groupe chinois CNOOC a voulu acheter la société Unocal, qui n'est pourtant que la neuvième plus importante pétrolière américaine et dont la majorité de leurs actifs ne sont même pas situés aux States, mais en Asie.Au nom des intérêts stratégiques et de la sécurité nationale des États-Unis, le gouvernement a refusé sèchement cette prise de contrôle par des étrangers, comme l'indique le titre d'un article du quotidien Le Devoir du 3 août 2005 intitulé CNOOC abandonne l'achat d'Unocal.Le groupe chinois s'est heurté à une opposition politique.Si les Américains font valoir les intérêts stratégiques et la sécurité nationale de leur pays pour ne pas vendre leurs sociétés énergétiques à des étrangers, pourquoi ne faisons-nous pas de même au Canada ?La solution passe par la nationalisation Vous l'avez bien vu, le Canada est le seul producteur-exportateur de pétrole et de gaz naturel au monde à avoir privatisé entièrement son important secteur énergétique et, comme si ce n'était pas suffisant, à l'avoir privatisé très majoritairement en le cédant à des étrangers.L'ITINÉRAIRE 18 MONTRÉAL, Ie' AOÛT 2006 étrangers.En 2005, plusieurs importantes sociétés canadiennes de pétrole et de gaz ont été vendues à des étrangers, dont Terasen, vendue pour 6,9 milliards de dollars américains à une firme du Texas et Deer Creek Energy, cédée pour plusieurs milliards de dollars au groupe français Total.Ce qui fait que des multinationales étrangères, comme Exxon Mobil (Esso), BP Amoco, Shell, Chevron Texaco et Conoco Phillips viennent vous détrousser ici avec votre propre pétrole et gaz naturel et repartent chez eux et dans les paradis fiscaux avec votre argent.Arrêtez donc de vous faire mentir de façon éhontée avec des stupidités comme la guerre en Irak, un ouragan dans les Caraïbes ou un changement de gouvernement en Iran pour expliquer et pour justifier les hausses vertigineuses du prix de l'essence ici même au pays.Le Canada est autosuffisant et exportateur de pétrole et de gaz, alors ce qui se passe ailleurs ne devrait aucunement affecter le prix de notre essence.Et devant ce vol généralisé des Canadiens, vos gouvernements ne font rien, supposément impuissants qu'ils sont et ne peuvent prétendument rien contre les pseudo-lois pseudo-naturelles du pseudo-marché.Il n'y a rien de naturel dans cette arnaque : tout est planifié et organisé par les escrocs que sont les pétrolières et ce, avec la «Les deux-tiers des Québécois approuvent l'idée que le gouvernement fédéral nationalise les ressources pétrolières canadiennes» \u2014 Le Devoir, 6 septembre 2005 bénédiction de leurs politiciens.Si on a pu privatiser sans aucun débat public et en mentant au monde, on peut aussi faire le contraire et nationaliser.Au nom du gros bon sens, il faut faire comme tous les autres pays et nationaliser notre secteur canadien des hydrocarbures.Dans un sondage pancanadien Léger Marketing réalisé en septembre 2005 et reproduit dans Le Devoir du 6 septembre 2005 sous le titre Les gouvernements pressés de réagir à l'augmentation du prix de l'essence, on signale que: «Un sondage Léger marketing révèle que 76 °/o des Canadiens jugent que le gouvernement du Canada devrait intervenir face aux récentes hausses du prix de l'essence» et que «les deux-tiers des Québécois approuvent l'idée que le gouvernement fédéral nationalise les ressources pétrolières canadiennes».Mais, vos élus du Québec et du Canada n'ont rien fait et préfèrent satisfaire les intérêts pécuniaires de vos exploiteurs.Imaginez! La Chaire d'études socio-économiques de l'UQAM a produit en 2005 une étude empirique sur l'industrie pétrolière et gazière canadienne aux constatations et aux conclusions dévastatrices et la majorité de la population fut d'accord avec nous pour que les gouvernements interviennent et nationalisent le pétrole et le gaz naturel du Canada.La journée même de la publication de notre étude, on a répondu à 64 % «oui» à la question suivante (4 902 répondants), posée sur le réseau TVA : «Croyez-vous que la nationalisation des pétrolières est la solution pour réduire les prix de l'essence ?».Et le lendemain, à TQS, on a répondu «oui» à 85 % à la question suivante : «Doit-on nationaliser les pétrolières canadiennes ?».La seule et unique solution pour que cesse drette-là cette exploitation éhontée et cette colonisation primaire passe par la nationalisation.^S / Agenda Syndical & Corporatif Déservant plus de 100 syndicats et 250 000 travailleurs au Québec Redonnons la parole aux dissidents 5332 12ième Avenue, Montréal (Qc) Tél.: 514.523.2223 MONTRÉAL, T\"'AOÛT 2006 ; 19 L'ITINÉRAIRE Gabriel Bissonnette Membre du conseil d'administration et représentant de camelots Je ne vous parlerai pas ici de plomberie, mais plutôt des événements qui se sont produits en 2006 et qui ont fait débloquer les choses à L'Itinéraire.Je vais commencer par des événements concrets dont vous, lecteurs, êtes présentement témoins, mais peut-être pas de la façon que vous pensez! Passons donc au «déblocage*! Premier déblocage, nous sommes rendus à deux numéros par mois.Et ça, nous vous le devons en grande partie, car vous avez cru en nous.Grâce à vos encouragements et à votre confiance, le journal est désormais un bimensuel de qualité, en demande et fort apprécié.Avec ces petits deux dollars que vous avez échangé contre un journal, qui représente des gens qui ont été exclus pendant plusieurs années, nous pouvons davantage porter notre message aux quatre coins du Québec.Depuis mai 1994, vous avez encouragé des centaines de camelots à améliorer leurs conditions de vie.Le passage à la diffusion bimensuelle a renforcé la motivation des camelots à vendre le journal, et ça, même à la fin du mois.Car voyez-vous, quelques-uns de mes collègues avaient beaucoup de difficultés à vendre à partir du 10 ou du 11 de chaque mois, dans certains quartiers de Montréal.Dans l'ensemble, le tirage est passé de 17 000 à 27 000 exemplaires, et encore une fois, c'est grâce à vous! Pour ma part, quand je vendais un numéro par mois, les deux dernières semaines me demandaient beaucoup d'énergie.Maintenant, c'est tellement plus agréable de vendre le journal! En plus, nous avons davantage l'occasion d'écrire.Un autre grand déblocage s'est fait du côté des annonceurs, qui achètent de plus en plus de publicité dans L'Itinéraire.En fait, les frais d'impression de notre premier numéro bimensuel ont entièrement été compensés par la vente d'espaces publicitaires.Une première! Le café sur la rue Déblocage suivant.La rentabilité du Café sur la rue s'est nettement améliorée.Pour être franc avec vous, le Café nous a donné du fil à retordre tant du côté du personnel que de celui des finances.Nous devons ce déblocage à notre grande cuisinière Lorraine (ma quiche préférée), à l'aide financière des Œuvres du cardinal Léger qui soutiennent le projet des cartes-repas et à la fondation Francœur, qui a acheté le nouvel équipement de notre cuisine.Là encore, cela aurait été impossible sans l'appui de nombreux lecteurs qui ont acheté des cartes repas à 3,00 $ et qui les ont distribuées aux sans-abri de Montréal.Je vous remercie encore de votre générosité.On a été si nombreux à répondre à l'appel que les camelots ont moins de place pour siroter leur café! Mais ne soyez pas triste, car nous avons réussi à obtenir un nouvel espace pour les camelots! Nous devrions bientôt avoir notre propre salon avec télévision, DVD, sofa, ordinateurs.C'est fantastique! Ouverture d'esprit Enfin, L'Itinéraire ne s'est jamais autant ouvert à l'international et aux communautés culturelles et qu'au cours de l'année 2006.Une première personne noire s'est ainsi retrouvée en couverture, avec le boxeur Ali Nestor Charles, de même que les Tziganes ou les femmes afghanes.Bref, L'Itinéraire et ses camelots s'ouvrent au monde! Ça débloque aussi de ce côté-là.L'ITINÉRAIRE 20 MONTRÉAL, 1 \" AOÛT 2006 MOTSDE CAMEL0TS m \"7k.Richard T.|tamelot, métro Place-des-Arts [Ste-Catherine/St-Urbain Camp d'été au collège Huberdeau Mon meilleur souvenir de vacances remonte à l'été 1974.J'avais 12 ans et j'allais au camp d'été du collège Huberdeau, dans le comté d'Argenteuil, dans les Laurentides.Nous étions près de 200 jeunes à passer nos vacances là-bas.Chaque groupe d'enfants avait un nom indien.C'était le fun! Il y avait des totems sur le site.Je me souviens qu'un de mes camarades, sur son poney au galop, avait même frappé un totem en plein front! Un autre s'était fait mordre l'omoplate par un cheval.Cet été-là a été riche en péripéties.On dormait sous la tente et, la nuit, on entendait le bruit des animaux sauvages.Beaucoup avaient peur, mais pas moi.Je me souviens des nombreuses activités que nous pouvions aussi pratiquer : cerf-volant, cache-cache, volley-ball, «kick la ca-canne».Comme on se trouvait tout près du lac La Loutre, je m'y baignais souvent et j'allais pêcher avec mes amis et le moniteur.On s'amusait à attraper les têtards, ou à plonger à partir du quai qui se trouvait à l'autre bout du lac! Je suis allé au camp d'été pendant deux ans, et ces années me restent en mémoire comme étant mes plus belles.Dans ce camp, des jeunes venaient de partout au Québec.Je m'étais fait de nombreux amis à cette occasion, mais je les ai lentement perdu de vue.Cette année, j'irai à l'extérieur de Montréal pendant deux semaines, pour relaxer et ainsi revenir en pleine forme! Nicky Camelot, Parthenais/Mont-Royal Céline Dion et les Tanguay, un air de famille Bien malgré moi, je vous ai laissé sur une énigme dans mon mot de camelot du 15 juin dernier, vous disant ne pas savoir si mon père adoptif Camille Tanguay était parent de la fesse gauche ou de la fesse droite avec la maman de Céline Dion, Mme Thérèse Tanguay.La réponse est : des deux fesses, car ils sont petits cousins! En effet, il s'avère que mon grand père Joseph Eugène Tanguay (1900-1989) de St-Vallier-de-Bellechasse, fils d'un Tanguay de Thetford Mines, s'était remarié dans les années 70 avec une de ses petites cousines Bertha Tanguay.Il paraît que c'était assez courant à l'époque.Je souhaite de tout cœur à mes parents adoptifs, qui sont aujourd'hui âgés de 75 ans, de rencontrer les célèbres membres de leur famille.Pour ma mère adoptive, Monique Lajoie de St Pacôme-de-Kamouraska, c'est le grand pianiste André Gagnon.Et pour mon père, la maman de notre diva, Céline Dion.Camille et Monique m'ont choisie lorsque j'avais à peine 15 jours, et m'ont adoptée légalement à l'âge de deux mois.Je suis née à Québec un 21 juin à la Miséricorde de Québec, puis placée à la crèche Saint-vincent-de-Paul de Québec, où je portais le nom fictif de Laurence Aubert.P.S.: Mme Claire Lamarche, mettez vos Colombo à l'œuvre pour organiser des retrouvailles mémorables pour mes parents adoptifs.Quel beau cadeau! Cela leur ferait tellement plaisir et, croyez moi, ils le méritent bien, ne serait-ce que pour avoir réussi à élever une petite rebelle au cœur de velours comme moi.À bientôt.Gilles Bélanger Camelot, Complexe Desjardins /Guy Favreau, Jeanne-Mance/René-Lévesque Merci à la famille Locas Mes plus beaux souvenirs de vacances sont ceux que j'ai passés à la campagne.Dix années pendant lesquelles j'ai été placé en famille d'accueil avec mon frère Robert, de quatre à quatorze ans.Eugène et madame Locas, et leurs quatre enfants, ont été comme une vraie famille pour moi, car je ne connaissais pas encore ma famille biologique.Les Locas vivaient à la campagne, à Saint-Esprit, dans le comté Montcalm, près de Rawdon.Ces souvenirs de jeunesse, pour moi, ce sont les étés passés à la ferme.Je me souviens des nombreux animaux dont nous étions entourés.On avait du fun dans la famille Locas.Ces personnes m'ont donné une bonne éducation, et m'ont appris à travailler dans les champs.À la ferme, je semais des patates, des carottes.toutes sortes de légumes.L'été, à la fin de la journée, on mangeait du blé d'Inde, de la salade du jardin.C'était délicieux! Ils nous avaient aussi montré, à mon frère et à moi, à nous débrouiller dans la vie.Ensuite, vers 14 ans, j'ai su qu'ils avaient reçu un appel nous apprenant qu'on avait retrouvé la trace des nos parents biologiques.J'ai beaucoup apprécié de vivre à leurs côtés pendant ces dix années.Si j'avais la chance de les revoir un jour, je les remercierais de tout ce qu'ils ont fait pour moi jusqu'à ce qu'on retrouve mes parents.C'est mon plus beau souvenir.Je suis content d'avoir partagé ce moment important de ma vie avec vous, mes chers lecteurs.Je vous apprécie beaucoup.MONTRÉAL, 1\"AOÛT 2006 21 L'ITINÉRAIRE MOTSDECAMELOTS Hector Daigte Camelot, métro Pie-IX Responsabilité envers les autres Nos camelots sont des travailleurs autonomes et courageux.Moi qui vends L'Itinéraire au métro Pie-IX, je sais qu'être camelot n'est pas un métier facile.Comme les camelots, je rencontre d'autres personnes qui travaillent très fort chaque jour pour survivre.Pour celles-ci, ce n'est pas facile non plus, car malheureusement la plupart des travailleurs sont généralement exploités au maximum.Malgré ces difficultés, il faut rester positif et toujours continuer à aller de l'avant.Un sourire ne coûte rien à celui qui le reçoit, et n'appauvrit pas celui qui le donne.Et cela fait tellement de bien à tout le monde! La générosité et le sens de l'humour sont des outils précieux pour nous aider à vivre au quotidien tout en ayant du plaisir.Cependant, on ne peut pas tenir rigueur à celles et ceux qui sont tristes, car beaucoup sont malheureuses.Celles-ci ont besoin de réconfort et d'amour.Nous tous sommes responsables de ceux qui nous entourent.Ne soyons jamais indifférents devant les regards désespérés.Nous avons la possibilité d'aider, d'avoir de la compassion envers nos proches et de changer les choses.Je vous souhaite d'avoir du courage et l'avenir auquel vous avez droit comme être humain.Je vous le souhaite du plus profond de mon cœur.Maxime Camelot, métro Jarry et Fleury/De la Roche La Gaspésie en roulotte En creusant dans ma mémoire, mon plus beau souvenir de vacances est certainement la découverte de l'île Bonaventure.Je crois que c'était il y a sept ou huit ans.J'étais alors parti avec Jacques, une personne que j'avais rencontrée dans le cadre du mouvement des Alcooliques anonymes (AA).J'avais sympathisé avec lui et il m'avait proposé de l'accompagner en Gaspésie.Je suis monté dans sa roulotte, direction le Rocher Percé et l'île Bonaventure.Partis de Laval, nous nous sommes arrêtés à Matane, puis au Parc Forillon.J'ai Richard Hétu Camelot Champlain/Sherbrooke richard_hetu@yahoo.ca La saison des poules Je n'ai pas eu souvent de vacances dans ma vie d'adulte parce que j'ai longtemps été inapte au travail et celles que j'ai prises n'ont pas été mémorables.En fait, mes plus belles vacances ont été celles de mon enfance et adolescence au chalet que mes parents avaient acheté sur le bord de la rivière des Milles-Îles.En voici un épisode.En ces temps barbares, les animaleries vendaient des poussins (teints!), des lapins et autres bêtes mignonnes pendant la période de Pâques.Ma mère nous avait acheté deux poussins à mon frère et à moi.Nous nous amusions beaucoup avec ces mignonnes petites bêtes.C'était à une époque où les animaux n'avaient pas vraiment de droits et où les poulets ne nous transmettaient pas la grippe! Les poussins grandissaient vite et le salon était devenu trop petit.Après quelques négociations avec mes parents, ils ont acceptés que je mette les poules dans le hangar jusqu'à ce qu'on les amène à la campagne.Il y avait deux conditions : bien s'en occuper et garder l'endroit propre.J'ai parfois été un peu rude avec elles, mais sans les blesser.L'innocent que j'étais avait mis au point un truc avec les poules.Je les fixais intensément dans les yeux et je les hypnotisais! Je m'approchais d'elles lentement en fixant leurs yeux et je les renversais docilement sur le dos! Elles pouvaient rester comme ça de longues minutes!!! À la fin des classes, on a déménagé poules et bagages au chalet où les poules ont mené une vie plus heureuse dans la nature.Quand elles ont été prêtes à manger, mon frère aîné s'est tapé la vilaine besogne.Moi, je me suis enfoui dans un placard pour ne pas assister au carnage aviaire.J'ai versé quelques larmes et, plus tard, j'ai été content quand on m'a dit que leur viande était trop coriace.beaucoup aimé les falaises abruptes, l'histoire de ce coin de pays, et les montagnes gaspésiennes que l'on a aperçues tout au long du voyage.Ensuite, nous avons campé près du rocher Percé, et nous sommes allés visiter l'île Bonaventure.Un beau matin, nous avons pris le bateau, avec plein de touristes, et ça brassait pas mal, car il y avait beaucoup de vagues.Une fois débarqués du bateau, nous avons passé la journée là-bas.Gros soleil, un nombre impressionnant de goélands, des grottes remplies d'eau verte.c'était magnifique.J'ai été surpris d'apprendre que plusieurs personnes avaient déjà vécu dans l'île, il y a plusieurs siècles de cela.Moi qui ne suis pas très bon en histoire, j'ai appris énormément pendant cette journée-là.J'ai trouvé l'histoire bien plus intéressante que celle que j'apprenais à l'école! Sur place, on peut voir les maisons abandonnées.Et qu'elle est longue cette île! Je l'imaginais toute petite, mais j'ai passé la journée entière à marcher! J'étais épuisé, mais heureux d'avoir vécu cette expérience.Bonnes vacances à tous! L'ITINÉRAIRE 22 MONTRÉAL, 1 \" AOÛT 2006 MOTSDE CAMEL0TS M 9 Serge Morin Camelot, Bourbonnière/Ontario France Lapointe Camelot, SAQ express (avenue Mont-Royal) Souvenirs de vacances à Old Orchard Quand j'avais 25 ans, j'ai eu la chance d'aller passer une semaine de vacances à Old Orchard Beach.Nous étions dans les années 1980, au mois d'août.J'étais avec mes parents et mon frère, et c'était la première fois que je me rendais aux États-unis.Tout ce que je connaissais de ce pays se limitait alors à ce que j'en avais vu dans les films hollywoodiens.Partis en voiture, nous avons longé la côte Est des États-unis.Du Vermont, j'ai pu admirer les montagnes immenses et les maisons campagnardes de cette région.Du Massachusetts, je me souviens des nombreux arrêts que nous avons faits pour admirer les beaux paysages.Mon premier contact avec les Américains fut avec un shérif du Vermont : avec son accent prononcé, je me suis cru en plein film western! À peine installés dans notre chalet de location, le premier midi, mon père décida d'acheter du homard pour toute la famille.Après ce succulent repas, nous nous sommes baignés.Je ne m'attendais pas à ce que la mer soit glaciale! J'étais ébahi par la vue de la mer.L'air salin était propice à favoriser le repos et le calme.Je me souviens des nombreux surfeurs affrontant les plus hautes vagues.Je passai aussi de longues heures à me faire bronzer.Je me sentais connecté à une sensation de bien-être.J'ai eu tellement de plaisir que la semaine m'a semblé très courte.Hélas!, Nous devions déjà rentrer.J'avais quand même hâte de raconter à mes amis le merveilleux séjour que je venais de passer à Old Orchard Beach.Bonnes vacances! Direction Triangle des Bermudes J'ai toujours rêvé d'aller au Triangle des Bermudes.Je me souviens d'une histoire à propos de cette région du monde particulière.J'ai déjà entendu à la télévision que le Triangle des Bermudes est un endroit mystérieux.En mer, prêt de cette zone, de nombreux bateaux ont disparu sans que nous ne sachions pourquoi.Cela m'intrigue beaucoup de savoir que des avions ou des bateaux, avec parfois plusieurs centaines de passagers à l'intérieur, se sont volatilisées un jour et n'ont donné aucun signe de vie depuis ce temps.Parfois, les disparus ont été retrouvés des années plus tard, mais d'autres fois non.Si j'allais là-bas, je m'y rendrais avec d'autres aussi curieux que moi de découvrir un endroit «au-delà du réel».Littérature Josée Louise Tremblay Chroniqueuse de la rue Josee.louise@itineraire.ca Survivre aux vagues du 20e siècle Dans notre société, tout va de plus en plus vite.Les personnes et les institutions qui réussissent sont celles qui ont une vision claire de ce qu'elles veulent, qui savent s'adapter aux changements tout en restant maîtresses de leurs actions et qui accordent un sens aux événements.Lorsqu'on ne fait que réagir à ce qui se passe autour de soi, on peut s'attendre à des conséquences de plus en plus précaires.Surtout qu'en période de mutation rapide, la préservation ne fait pas partie des options.C'est le constat que fait Dudley Lynch, président de Brain Technologies Corporation, dans son livre La stratégie du dauphin.Symbole des nouveaux types d'approches du management et du leadership, l'allégorie du dauphin est née suite à des recherches effectuées par Brain Technologies Corporation sur le concept du Neuropreneuring, qui consiste à assumer la responsabilité de ses propres changements, à changer, au besoin, avant son époque et à mettre au point de nouveaux outils personnels pour trouver sa voie.Ce livre est une œuvre didactique truffée d'exercices pour aider à transformer ses pensées impuissantes ou dominatrices (allégorie des mentalités de carpes ou de requins) en pensées créatives et coopérantes (mentalité des dauphins en perpétuelle transmutation).Ce livre est destiné à ceux qui voient loin, qui veulent surfer sur la vague plutôt que de se laisser couler littéralement aussitôt qu'un obstacle survient.Il aide surtout à maîtriser sa peur du changement et du futur.Paul L.Kordis, La stratégie du dauphin, traduction de Dudley Lynch, Strategy of dolphin, Les Éditions de l'Homme, Montréal, 2006.MONTRÉAL, T'AOÛT 2006 23 L'ITINÉRAIRE Conception : Gaston Pipon Solution page 11 HORIZONTAL 1- Contentement qui résulte de l'accomplissement de ce qu'on désire.- Fer.2- Diminution de l'activité d'un neurone.- Versant à l'ombre d'une montagne.3- Attachai.- Pièce principale d'une maison romaine.4- Troublé.- Fleuve espagnol.- Tente en feutre, chez les mongols.5- Algue rouge gélatineuse.- Poisson plat.6- Sang-froid, courage.- Parcouru des yeux.- Poire à deux valves, pour le lavage du conduit auditif.7- Arbre originaire d'Amérique, cultivé dans les parcs et jardins.8- Appareil pour éliminer les impuretés d'un produit.- Habille.9- Rigolé.- Tache blanche située à la base de l'ongle, chez l'homme.10- Obéissants.- Manteau sans manche.11- Saison.- Empereur allemand.- Située.12- État d'attente confiante.- Élargit l'orifice de.13- Prénom d'un gangster célèbre.- Réduire à rien, détruire.14- Succès.- Patron des orfèvres.15- Crochet double.- Deviennent plus étroites.1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 VERTICAL 1- Qui est peu communicative.- Mesure agraire.2- Donner du dynamisme.- Singes-araignées.3- Personnes qui font ou, prétendent faire des miracles.- Habitudes.4- Chiffres romains.- Arrêt de la sécrétion urinaire.- Pron.Pers.5- Antimoine.- Art, espagnol.- Article.- Moufettes.6- Probabilité de fonctionnement sans défaillance d'un dispositif.- Mammifère arboricole.- Infinitif.7- Rassemble des personnes.- Clandestin, illicite.10 11 12 13 14 15 ¦\t\tfi\t\\\t¦ -1-\t¦\t¦ i\t\t¦ ¦ ¦\tV\t\t1 ¦\t \t¦\t¦\t¦\t¦ \t¦ ¦\t¦\t¦\t 8- Acarien du fromage.- Mille-pattes.- Venus au monde.9- Pron.Pers.- De teinte bleuâtre.10- Esquimau.- Qui est présumé avoir une action tonique sur le système nerveux.11- Grimace faite par mécontentement.- D'un goût acide et aigre.- Interj.12- En costume d'Adam.- Vase à flancs arrondis.- Ouvrier qui monte les lisses d'un métier à tisser.13- Pointe des épis de céréales.- Sans gravité.14- Note.- Descend vers le sol (comme une feuille d'un arbre).- En matière de.- Agent secret de Louis XV.15- Supprima la partie la plus haute de.- Pron.Familier.- Ouvrage littéraire.Tu veux travailler ?Le GIT peut faider ! GIT> Pour t'inscrire : Tél.: (514) 526-1651 Téléc.: (514 526-1655 Services gratuits ?Ateliers de groupe ?Stages en entreprise ?Suivis individualisés ?Activités post-formation ?Aide dans la recherche d'emploi Tu es ?Âgé(e) de 16 ans ou plus ?Motivé(e) à intégrer ou réintégrer le marché du travail ?Démuni(e) face à l'emploi Les services du GIT sont offerts grâce Québec à la contribution financière d'Emploi-Québec Empioi-Qu*b« Cl El Il II Croupe Information Travail ?2260, av.Papineau Montréal (Québec) H2K 4J6 git@infotravail.net L'ITINÉRAIRE 24 MONTRÉAL, 1\" AOÛT 2006 16 P6S63U Q3Ju6 www.rapsim.org Sœur Nicole Fournier : 22 ans d'engagement auprès des itinérants Patricia Viannay, du RAPSIM En tant que Sœur Crise engagée auprès des plus démunis, sœur Fournier, qui quitte son poste de directrice de l'Accueil Bonneau, se rappelle les moments clés qui ont marqué l'itinérance à Montréal.Fin 60 et début 70, la désinstitution-nalisation, la très forte croissance montréalaise et l'arrivée de nouvelles drogues ont mis beaucoup de gens de côté.L!Accueil Bonneau, qui nourrit les plus démunis depuis 1877, décide alors de s'incorporer et d'organiser des services d'aide individuelle : c'est le début de la Promotion humaine et sociale (1976).«On ne peut pas être juste des donneurs de soupe», explique sœur Nicole.L'Accueil Bonneau embauche alors des intervenants, ouvre une salle de jour et, finalement, gère et construit des logements sociaux.Après 1987, Année internationale du logement des sans-abri, Dernier Recours est mis sur pied.La promotion faite autour de cet organisme a apporté beaucoup de visibilité à l'itinérance.Sœur Nicole s'en souvient comme d'un moment-clé, où les gens ont réalisé que dans la ville, il n'y avait pas seulement «quelques robineux sur la Catherine».En 1998, l'incendie de l'Accueil Bonneau crée une commotion.Logée sur place, sœur Nicole a tout perdu, comme les gens avec lesquels elle travaille.Une fois encore, les nombreux gestes de solidarité l'ont convaincue qu'il fallait reconstruire.En 22 ans, toujours plus d'itinérants Sœur Nicole constate qu'il y a toujours plus d'itinérants : «Nous servions 500 repas par jour au début des années 90, c'est 850 aujourd'hui.» Elle remarque aussi que ceux-ci sont de plus en plus jeunes et que les problèmes s'alourdissent : aux habituelles dépendances à l'alcool et à la drogue, s'ajoutent maintenant les médicaments et le jeu.Les gens ont aussi des problèmes de santé mentale et l'accès aux ressources est difficile.Même si à l'Accueil Bonneau, on travaille plus sur les causes individuelles qui peuvent caractériser l'itinérance, sœur Nicole nomme quelques causes structurelles sur lesquelles les gouvernements ont un rôle à jouer.Tout d'abord, il faudrait faire de la prévention, dès l'école, auprès des enfants en difficulté.De plus, le gouvernement et le système d'éducation ne devraient pas tant miser sur les diplômes mais plutôt sur «la formation à la vie et au travail».Les jeunes doivent surtout avoir la conviction qu'ils sont utiles, qu'ils participent à la construction d'un projet social.Finalement, sœur Nicole insiste sur le besoin de logements sociaux et de soutien communautaire.La disparition des maisons de chambres et le manque de logements sociaux créent de l'itinérance.Il faut bâtir des logements, mais aussi, dans certains cas, prendre soin des gens qui y vivent, leur apprendre à se sentir responsables et, encore une fois, leur montrer qu'ils ont un rôle à seau SOLIDARITÉ Itinérance du Quebec er ministre du Canada, D'annoncer d'ici 10 respect de votre erv renouveler et ncement fédéral Sœur Nicole Fournier lors d'une manifestation En août 1984, sœur Nicole Fournier, de retour d'Afrique où elle enseignait, devient bénévole à l'Accueil Bonneau.En octobre de la même année, elle remplace la responsable des bénévoles puis, en avril 1985, accepte de devenir la directrice de l'établissement.Après 22 ans, sœur Nicole dit qu'elle s'ennuiera de cette vie pleine d'imprévus, des journées où elle rencontre beaucoup de gens différents.Elle apprécie aussi la solidarité qui s'exprime tous les jours à l'Accueil Bonneau.Elle tient d'ailleurs à remercier tous ceux et celles qui donnent tant.Nous remercions aussi sœur Fournier pour son engagement et lui souhaitons bonne chance comme nouvelle secrétaire générale des Sœurs Grises.¦«RAPSIM Le réseau d'aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal.Tél.: (514) 879-1949 MONTREAL, 1\"'AOUT 2006 25 L'ITINÉRAIRE > Marc Ollivier Stagiaire à la rédaction La 14' édition du festival Divers/Cité se tiendra du 30 juillet au 6 août Pendant sept jours, la célébration de la fierté lesbienne, gaie, bisexuelle, transsexuelle et travestie de Montréal rassemblera des milliers de participants.Gratuit et se déroulant en plein air, cet événement culturel souligne la richesse de la diversité et l'importance de la différence.Célébrer l'importance de la différence et l'amour de la différence, c'est l'ambition affichée par ce festival qui en est à sa 14e édition.Chaque année, à cette occasion, les rues du centre-ville de Montréal sont noires de monde.Une ambiance de fête et de folie côtoie le respect des différences : chacun peut afficher son style, ses préférences.Toutes les fantaisies sont permises.Festival de la diversité Créé en 1993, dans la mouvance des événements de fierté gaie organisés un peu partout dans le monde, le festival gai et lesbienne de Montréal prend de plus en plus d'ampleur.Au fil des ans, il s'affirme comme un événement culturel à part entière.«Le festival commence à être reconnu au même titre que les autres festivals culturels», explique Mathieu St-Onge, responsable des communications pour Divers/Cité.Depuis la fin des années 1990, l'événement a pris de l'ampleur, passant de trois jours à une semaine de festivités.Bien plus qu'un défilé Cinéma, spectacle de danse moderne, expo photos, concert de blues, jazz, pop, disco, rock, latin, techno, electro, performances drag et multimédias : la sexualité n'est pas le seul domaine dans lequel s'exprime la diversité.Le festival célèbre les différents courants musicaux et artistiques.Bref, il y en a pour tous les goûts.Véritable déferlement de couleurs, de sons et d'émotions, le défilé lancera la semaine de festivités.Pour la deuxième année, le défilé aura lieu la nuit, sous des installations lumineuses.Au programme de la semaine, le film C.R.A.Z.Y.sera projeté en plein air sur écran géant.Puis, des groupes musicaux se relayeront sur trois scènes différentes.Une «carte blanche teintée de rose», sera réservée à un invité surprise.Enfin, la Nuit des drags illuminera la fin de semaine, avec le bal disco et la grande danse, qui rassemblera dans les rues des milliers d'amateurs de techno et de musique house.Rendez-vous communautaire Le Grand Rendez-vous, les Journées de la Communauté, permettra aux associations gaies et lesbiennes de se rencontrer et de se faire connaître.Cette fête communautaire encourage le dialogue social et offre une plateforme de visibilité pour plus de 80 groupes différents.Située au cœur du site du festival, cette rencontre se déroulera deux jours d'affilée, durant la dernière fin de semaine du Festival.Outre les drapeaux arc-en-ciel (devenus symboles de la communauté gaie et lesbienne) qui flotteront dans le ciel, la couleur officielle cette année sera le jaune.Après le look rose de 2004 et le bleu en 2005, c'est la couleur du soleil qui illuminera les rues en 2006.Pour le programme complet et tous les renseignements relatifs à Divers/Cité, rendez-vous au www.diverscite.org ou appelez au 514 285-4011.L'ITINÉRAIRE 26 MONTRÉAL, 1 \" AOÛT 2006 [ Dans un grand bol, verser: \u2022 2 fruits de couleurs assorties, pour faire joli \u2022 1 bouteille de rhum, 2 bouteilles de mousseux, puis un coup parti, 1 bouteille de liqueur d'orange \u2022 une blague de trop au neuvième toast \u2022 le beau-frère jeté tout habillé dans l'eau \u2022 encore 1 bouteille de rhum \u2022 un strip-tease improvisé \u2022 une engueulade \u2022 une douzaine de «j't'aime» pour se racheter.Servir chaud.] SOCIÉTÉ DE SAUVETAGE™ Les experts en surveillance aquatique EcËuc\\ 'alcool La modération a bien meilleur goût."]
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