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L'itinéraire
Depuis 1992, L'Itinéraire fait découvrir aux Montréalais les intérêts, les préoccupations et les revendications des gens de la rue, des activistes sociaux et des collaborateurs qui participent à la publication. [...]
L'Itinéraire est un mensuel montréalais dont la publication a débuté au printemps 1992. Le magazine est une initiative du Groupe communautaire L'Itinéraire, organisme basé dans le quartier Centre-Sud à Montréal. Il est vendu dans les rues et dans le métro de Montréal par des camelots. La création de L'Itinéraire visait à offrir une publication aux personnes seules et itinérantes dans laquelle elles pourraient partager avec la population les problématiques de l'itinérance et proposer des pistes de solution. L'Itinéraire permet aux participants l'apprentissage d'un travail rémunéré. Une participation active brise l'isolement. Elle favorise la revalorisation et la réalisation de soi, une reprise personnelle et une culture de l'autonomie. L'Itinéraire transmet aux Montréalais les intérêts, les préoccupations et les revendications des gens de la rue, des activistes sociaux et des collaborateurs qui participent à la publication. Ainsi, l'accès au logement, la réinsertion sociale, le travail du sexe, l'alcoolisme et la toxicomanie, la formation aux adultes, les droits de la personne, les sujets politiques de l'heure, les arts et la culture populaire, sont des sujets traités dans le magazine. On trouve régulièrement une personnalité connue en page couverture de L'Itinéraire, à laquelle est jumelé un article prenant souvent la forme d'une entrevue. Des collaborations spéciales de journalistes pigistes professionnels trouvent leur place chaque mois dans L'Itinéraire. Le magazine offre aussi une tribune à ses camelots, dont quelques-uns sont maintenant des figures connues des Montréalais. THIVIERGE, François, « Intervention de groupe auprès de la population itinérante de Montréal », Service social, vol. 43, no 2, 1994, p. 147-157.
Éditeur :
  • [Montréal] :Groupe communautaire l'itinéraire,1992-
Contenu spécifique :
samedi 15 mars 2008
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
deux fois par mois
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L'itinéraire, 2008-03-15, Collections de BAnQ.

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[" Le magazine des grandes causes VOLUME XIV, NUMÉRO 6, MONTRÉAL 15 mars 2008 Claude Dubois Rebelle généreux L\u2019Itinéraire, 15 mars 2008 6 Macadam en vrac 10 Claude Dubois Rebelle généreux 14 Sortir les sans-abri de la rue 19 Globe-Trottoir 12 Société L\u2019ABC de l\u2019estime de soi 15 Économie responsable Spectre de rue 17 Le Gesù La vocation des arts 20 Chronique de la vraie vie Les vautours insatiables de la dope 21 Monde du travail «Ce n\u2019est pas moi qui l\u2019ai dit, mais\u2026» 22 Mots de camelots 25 Les poursuites-bâillons Une menace au débat public 26 Les ONG d\u2019ici Equitas au Burkina Faso 29 Santé/bien-être Respecter son pinard Le magazine L\u2019Itinéraire a été créé en 1992 par Pierrette Desrosiers, Denise English, François Thivierge et Michèle Wilson.À cette époque, il était destiné aux gens en difficulté et offert gratuitement dans les services d\u2019aide et les maisons de chambres.Depuis mai 1994, L\u2019Itinéraire est vendu régulièrement dans la rue.Cette publication est produite et rédigée en majorité par des personnes vivant ou ayant connu l\u2019itinérance, dans le but de leur venir en aide et de permettre leur réinsertion sociale et professionnelle.La direction de L\u2019Itinéraire tient à rappeler qu\u2019elle n\u2019est pas responsable des gestes des vendeurs dans la rue.Si ces derniers vous proposent tout autre produit que le journal ou sollicitent des dons, ils ne le font pas pour L\u2019Itinéraire.Si vous avez des commentaires sur les propos tenus par les vendeurs ou sur leur comportement, communiquez sans hésiter avec le 514 525-5747, poste 230.Actualité Chroniques L\u2019Itinéraire est appuyé Convention de la poste publication No financièrement par 40910015, No d\u2019enregistrement 10764.Retourner toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada, au Groupe communautaire L\u2019Itinéraire, 2100, boul.de Maisonneuve Est, Montréal (Québec) H2K 4S1, itineraire@itineraire.ca Nous reconnaissons l\u2019aide financière accordée par le gouvernement du Canada pour nos coûts d\u2019envoi postal et nos coûts rédactionnels, par l\u2019entremise du Programme d\u2019aide aux publications et du Fonds du Canada pour les magazines.Le magazine L\u2019Itinéraire Éditeur et directeur général : Serge Lareault Directeur des médias : Jonathan Chodjaï Rédactrice en chef : Audrey Coté Adjoint à la rédaction : Jérôme Savary Infographiste : Serge Cloutier Photo de couverture : Agence de Claude Dubois Révision : Lorraine Boulais, Hélène Pâquet, Sylvie Martin, Sophie Desjardins, Pierre Aubry, Édith Verreault, Isabel Matte, Michel Camus, Julie Pelletier, Nicolas Joly, Jean-Pierre Bourgault, Nicole Éva Morin, Noëlle Samson, Philippe Robert et Jean Guimond Coordonnateur de la distribution: vacant Site Internet : Serge Cloutier, Drafter.com Imprimeur : Quebecor World Conseillers publicitaires Renée Larivière :1 866 255-2211 renee.lariviere@itineraire.ca Mario St-Pierre :1 866 570-6668 mario.stpierre@itineraire.ca Le conseil d\u2019administration Président : Robert Beaupré Vice-président : Jean-Paul Baril Trésorier : Martin Gauthier Secrétaire : André Martin Conseillers : Audrey Coté (rep.employés), Gabriel Bissonnette (rep.camelots), Alexandre Péloquin, Luc Denis et Pierre Goupil L\u2019administration Directeur général : Serge Lareault Directeur marketing/communications : Richard Turgeon Directrice de l\u2019insertion sociale : Jocelyne Sénécal Directrice administrative et des ressources humaines : France Beaucage Adjointe à l\u2019administration : Nathalie Gélinas Conseiller au développement : Mario St-Pierre Conseillère au développement stratégique et médias : Chantal Forman ISSN-1481-3572 L\u2019Itinéraire est entièrement recyclable L\u2019Itinéraire est membre de : Association nord-américaine des journaux de rue Le réseau international des journaux de rue Rédaction et administration \u2022 2100, boul.de Maisonneuve Est, bur.001 Montréal (Qc) H2K 4S1 Le Café sur la rue \u2022 2101, rue Ste-Catherine Est MagDVD Le 3e OEil \u2022 2103, rue Ste-Catherine Est, 2e étage Téléphones : 514 597-0238 514 525-5747 (services rue Ste-Catherine) Télécopieur : 514 597-1544 Courriel : itineraire@itineraire.ca Site : www.itineraire.ca Le Groupe communautaire L\u2019Itinéraire est un organisme à but non lucratif fondé en 1990 pour aider les personnes de la rue.Le conseil d\u2019administration est composé en majorité de personnes ayant connu l\u2019itinérance, l\u2019alcoolisme ou la toxicomanie. L\u2019Itinéraire, 15 mars 2008 5 Audrey Coté Rédactrice en chef audrey.cote@itineraire.ca Par respect pour leurs confi dences volontaires, le réalisateur a refusé d\u2019enlever certains témoignages malgré les demandes de ses producteurs, InformAction et l\u2019ONF, qui ont dit trouver le fi lm trop long.Selon Rodrigue Jean, les vraies raisons seraient toutes autres.Le réalisateur soutient que les producteurs ont tenté de s\u2019approprier le montage et, par la bande, les propos du fi lm.Il refuse de servir les intérêts commerciaux et probablement moraux de ses producteurs.Dans cette atmosphère confl ictuelle, le fi lm n\u2019a toujours pas de postsynchro (minimisation du délai entre l\u2019image et la parole), ni de diff usion, mis à part l\u2019unique représentation qui a eu lieu dans le cadre des Rendez-vous du cinéma québécois, en février dernier.Oui, le fi lm est long : c\u2019est le principal argument des producteurs pour justifi er l\u2019arrêt de sa postproduction.Cent quarante minutes de confi dences douloureuses sans répit, c\u2019est un peu comme entreprendre un marathon sans bouteille d\u2019eau.Le spectateur risque en eff et de se déshydrater, mais la course est nécessaire.Surtout pour les propos sans fards des travailleurs du sexe qui témoignent de leur réalité, de leurs souff rances qui ne sont pas étrangères aux violences engendrées par la société dans laquelle ils survivent tant bien que mal : inceste, mauvais placements de la DPJ, pauvreté, itinérance, intimidation policière, violence des clients, humiliation sociale.Tout cela fait partie du quotidien de ceux qui se livrent généreusement à la caméra du réalisateur.Rodrigue Jean a eu l\u2019intelligence et la sensibilité de tendre le micro à ceux que l\u2019on considère \u2013 sans oser le dire ouvertement \u2013 comme étant les derniers des derniers de l\u2019échelle sociale.Plus bas que le dernier barreau, les travailleurs du sexe sont dans la boue qui maintient l\u2019échelle en place.Ceux sur qui il est hypocritement permis de s\u2019essuyer les pieds, ou autre chose, sans faire de cas de conscience, prennent la parole à visage découvert.Évoquer la longueur du documentaire Hommes à louer pourraitil s\u2019avérer un argument décoratif pour camoufl er ce que craint pour vrai une certaine élite : être «jugée» et remise en cause par la lie de cette si belle société démocratique où, en théorie seulement, tout le monde a le droit de parole?Dans la revue cinématographique 24 images, Rodrigue Jean a ouvertement dénoncé ses producteurs, dans ce qu\u2019il qualifi e de tentative de s\u2019approprier le montage et, par le fait même, le discours du documentaire: «Un des producteurs n\u2019aime pas le jeune qui a subi des abus sexuel, il voudrait qu\u2019il disparaisse du montage.Pour d\u2019autres, c\u2019est la violence qui pose problème.Et d\u2019autres encore ne souhaitent pas entendre parler de drogue.(\u2026) Si on avait écouté tout le monde, il n\u2019y aurait plus de fi lm.La tendance en ce moment, c\u2019est de faire des fi lms par sondage.» Tiens, voilà que nos producteurs s\u2019aligneraient sur la même vacuité idéologique que certains de nos politiciens?Pathétique constat, s\u2019il s\u2019agit là de l\u2019avenir du documentaire au Québec.Espérons que le confl it pourra se résoudre et que le documentaire de Rodrigue Jean sera vu en totalité par le plus grand nombre.Loin du sensationnalisme médiatique qui a tendance à traiter comme des bêtes de cirque tous ceux que la société marginalise, et particulièrement les travailleurs du sexe, Hommes à louer met en lumière une réalité que l\u2019on préfère garder dans l\u2019ombre.En faisant témoigner les plus injustement déconsidérés de notre société, le réalisateur lève le voile sur ce que le pouvoir en place ne cesse de cacher pour se maintenir.«Ce qui est diffi cile à accepter, c\u2019est le fait que des personnes qui devraient être des victimes arrivent à s\u2019exprimer de façon rationnelle, qu\u2019elles pourraient être votre frère, votre fi ls : il y a une dimension de fraternité qui apparaît.Or, face aux pauvres, aux drogués, aux prostitués, les médias ne veulent surtout pas qu\u2019une fraternité soit possible.(\u2026) Dans la pitié, il y a beaucoup de mépris», conclut Rodrigue Jean.Au moment où L\u2019Itinéraire s\u2019apprêtait à aller sous presse, rien n\u2019indiquait que Hommes à louer allait être projeté dans la version souhaitée par son réalisateur.1Le documentaire de Rodrigue Jean a été réalisé avec la participation des intervenants de Séro- Zéro et a été tourné dans les locaux de L\u2019Itinéraire.Documentaire sur les travailleurs du sexe Un discours dur à avaler?«Le jour, ils se prennent pour le Bon Dieu et la nuit, ils se transforment en diable».C\u2019est ainsi qu\u2019un jeune prostitué judiciarisé pour «sollicitation sur la voie publique» parle des juges et avocats qui achètent ses services à l\u2019angle des rues Sainte- Catherine et Champlain, dans le documentaire Hommes à louer de Rodrigue Jean1.L\u2019hypocrisie, criard vernis qui préside au maintien d\u2019un certain ordre social, est souvent montrée du doigt par les onze hommes à louer qui se mettent à nu devant l\u2019oeil de la caméra.Pour poursuivre la réfl exion, lisez l\u2019encadré sur Séro-Zéro à la page 19. 6 L\u2019Itinéraire, 15 mars 2008 Actualité - Macadam en vrac Montréal sans arbre en 2029 Selon une étude rendue publique en février, Montréal a perdu 18 % de sa superfi cie boisée en 20 ans, soit l\u2019équivalent de 310 hectares.«Il est primordial de revoir nos pratiques en matière de modèles d\u2019aménagement du territoire pour maintenir le couvert végétal et la diversité biologique, indique Guy Garand, directeur général du CRE-Laval.Les résultats de l\u2019étude corroborent le constat du gouvernement du Québec : le couvert végétal de la région métropolitaine pourrait disparaître d\u2019ici 2029.» L\u2019étude, réalisée par le département de géographie de l\u2019UQÀM, l\u2019Institut de recherche en biologie végétale et le département de géographie de l\u2019Université de Montréal, s\u2019est penchée sur l\u2019évolution du couvert végétal et sur les îlots de chaleur du territoire de la Communauté métropolitaine de Montréal.Le couvert végétal et forestier est un bien collectif à protéger pour maintenir la biodiversité, lutter contre les îlots de chaleur urbains et contribuer à l\u2019assainissement de l\u2019air», a commenté André Porlier, directeur général du CRE-Montréal.Au coeur des luttes sociales L\u2019Itinéraire a le plaisir d\u2019accueillir un nouveau partenaire.Il s\u2019agit de la CSC (Confédération des syndicats canadiens), fondée en 1968 par Kent Rowley et Madeleine Parent, un couple d\u2019activistes syndicaux très actifs au Québec et partout au Canada depuis les années 40.L\u2019idée de départ était de regrouper des syndicats canadiens indépendants pour récupérer notre pouvoir et le garder au Canada plutôt qu\u2019à l\u2019étranger\u2026 Aujourd\u2019hui, bien que son nombre d\u2019affi liés soit restreint, la CSC représente environ 4 700 membres partout au pays.Ce regroupement démocratique, en plus de représenter ses membres, a appuyé, et appuie toujours, tant les luttes sociales et travaillistes internationales comme le Réseau de Solidarité Maquila, que les causes environnementales comme Action Boréale, ici au Québec et, maintenant, Le Groupe L\u2019Itinéraire.Nous leur souhaitons la bienvenue! Esclaves du jean En plus d\u2019être un lieu de recueillement et de prière, l\u2019église du Gesù est aussi un espace de création artistique et propose l\u2019installation textile Océan Bleu, un plaidoyer artistique contre l\u2019exploitation humaine dans l\u2019industrie du jean.«Cette installation se veut une dénonciation des abus dans l\u2019industrie du textile à l\u2019étranger, explique l\u2019artiste Raymond Furlotte.J\u2019ai recyclé plus de 400 jeans provenant de pays surexploitant les ouvriers : le Sri Lanka, le Pakistan, le Bangladesh, le Nicaragua, la Malaisie, la Corée, la Russie, la Turquie, la Chine, l\u2019Inde, les Maldives, les Philippines, le Brésil, le Mexique, l\u2019Arabie Saoudite, Malte et le Lesotho.» Cette oeuvre qui fait tout près de 40 mètres représente «Des années d\u2019esclavage pour des travailleurs payés, en moyenne, 80 cents l\u2019heure», ajoute Furlotte.«Cette grande vague bleue symbolise la misère humaine déferlant sur les plages des magnats de l\u2019industrie et l\u2019indécence de leurs profi ts, insiste-til.(\u2026) Je suis dans le confort de mon atelier et pourtant, je dois porter des gants et un masque parce que ce travail blesse mes doigts et empoussière mes poumons.Que dire des conditions de travail de ces hommes, femmes et enfants qu\u2019on exploite pour produire ce vêtement?» .Gesù, 1202, rue de Bleury, métro Place-des-arts Visite libre du lundi au vendredi de 10 h à 16 h, samedi de 15 h à 17 h.Lisez également l\u2019article sur le Gesù en page 17 de cette édition.L\u2019artiste Raymond Furlotte Photo : Gesù Un honneur bien mérité pour Dan Bigras Ami de L\u2019Itinéraire, notamment pour sa participation annuelle au jury du Concours des journalistes de rue, Dan Bigras a été proclamé Artiste pour la paix 2007 le 14 février dernier.Les prise de parole engagées du chanteur pour défendre les jeunes et moins jeunes de la rue a motivé le choix du groupe Artistes pour la paix.Porteparole du Refuge des jeunes depuis 17 ans, Dan Bigras est toujours volontaire pour soutenir les organismes qui luttent pour la justice sociale, en particulier avec le Réseau d\u2019aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal.Bravo Dan! (AC) Photo : Lainie Basman Déjà, au début de l\u2019an 2000, l\u2019idée est admise que les problèmes de santé des personnes itinérantes et leur incapacité à obtenir de réponses sont souvent reliés à leur environnement et à leurs conditions de vie.À partir d\u2019un mandat provenant du Ministère de la santé et des services sociaux (MSSS), l\u2019Équipe- Itinérance du CLSC des Faubourgs fut mise sur pied.Cette équipe, formée au départ d\u2019un travailleur social, d\u2019une infi rmière et d\u2019un organisateur communautaire, fi t un premier travail de repérage des personnes à la rue ayant besoin de soins.Les problèmes étaient variés et touchaient la santé mentale, des aff ections plus localisées, le VIH et les hépatites, diverses formes de dépendance, etc.L\u2019équipe travailla à développer des modes de concertation entre diff érents services publics et communautaires.L\u2019approche outreach venait d\u2019apparaître comme mode d\u2019intervention auprès des personnes itinérantes.Cette approche consiste à aller au devant des personnes, c\u2019est-à-dire là où elles vivent et circulent : la rue.Ce travail complexe demande, à la fois, d\u2019être spécialiste et généraliste.C\u2019est donc à partir de la connaissance de la clientèle (ses besoins, ses lieux, son vécu) et à travers la déconstruction des mythes et préjugés reliés à leur situation que pouvait s\u2019instaurer un véritable travail infi rmier.Ce travail a contribué à améliorer les soins à dispenser et à requestionner certaines attitudes professionnelles qui peuvent être parfois contraignantes et stigmatisantes.L\u2019approche proposée visait à dépasser la prestation ponctuelle de soins pour considérer plus globalement la situation sociale de la personne.Aux approches outreach s\u2019ajouta des services spécialisés dans des lieux spécifi ques et à horaires fi xes (le CLSC) qui se voulaient d\u2019abord des réponses de dépannage pour ensuite aller plus loin dans l\u2019investigation.Des campagnes de vaccination furent proposées, des sessions d\u2019informations organisées sur diff érents problèmes sanitaires, etc.Une expertise s\u2019est progressivement développée et les services off erts, quoique spécialisés, furent arrimés aux autres programmes et services du réseau de santé, favorisant ainsi les conditions d\u2019une certaine continuité.LA PRATIQUE INFIRMIÈRE AUPRÈS DES POPULATIONS ITINÉRANTES Par Ghyslaine Thomas Collectif de recherche sur l\u2019itinérance, la pauvreté et l\u2019exclusion sociale cri@uqam.ca H.Denoncourt, M-C.Bouchard et N.Keays sont trois infi rmières qui travaillent depuis plusieurs années auprès des populations itinérantes à Montréal.Leur expérience d\u2019intervention directe auprès des personnes à la rue les amène à une réfl exion originale sur leur métier, ses transformations et ses particularités.Au fi l du temps, leur position se politise : la lutte à la pauvreté leur semble une condition essentielle à l\u2019amélioration des conditions de vie et de santé des personnes itinérantes.Elles insistent sur la nécessité d\u2019inclure la population itinérante dans le large réseau des services de soins et de santé.Cela permettrait d\u2019éviter les eff ets de la stigmatisation et de la marginalisation.Espace payé Défi nir l\u2019itinérance est un exercice ardu sur lequel plusieurs experts se sont penchés.Par exemple, dans un document publié par le Réseau d\u2019aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM), l\u2019itinérance doit être comprise comme le produit d\u2019un processus d\u2019exclusion, de marginalisation et de vulnérabilisation qui contribue à nier une place dans la société à certaines personnes.L\u2019itinérance est une composante sur laquelle il faut non seulement réfl échir, mais aussi intervenir, afi n de diminuer ses impacts sur l\u2019ensemble de notre collectivité.L\u2019arrondissement de Ville-Marie \u2013 avec ses très nombreux résidants, travailleurs, touristes et visiteurs de tous genres \u2013, doit répondre à un besoin de cohabitation qui nécessite une approche globale.Comme décideurs publics, il est de notre devoir de tenir compte des diff érents acteurs sociaux, afi n de trouver des solutions constructives et durables auprès des sans-abri et de l\u2019ensemble de la population.À titre d\u2019exemple, l\u2019an dernier, vos élus de l\u2019arrondissement de Ville-Marie ont appuyé, sans hésitation, une pétition pour que le gouvernement du Québec mette en place une politique nationale sur l\u2019itinérance.Malheureusement, Québec a refusé la demande émanant de nombreux intervenants montréalais de tenir une commission parlementaire spéciale sur cette problématique.De plus, l\u2019arrondissement a créé, l\u2019été passé, en partenariat avec le Groupe L\u2019Itinéraire, les fameux ParcoDonMC, qui ont permis d\u2019amasser près de 10 000 $, et ainsi d\u2019off rir plus de 500 heures de services d\u2019interventions psychosociales auprès de personnes de la rue.Par ailleurs, notre administration dispose du programme Un arrondissement pour tous, un projet de médiation sociale impliquant divers intervenants sur le terrain.L\u2019arrondissement de Ville-Marie prépare toujours des actions qui favoriseront la cohésion sociale et le maillage entre les multiples acteurs qui composent l\u2019ensemble de sa population.Un centreville vivant, par défi nition, rassemble des gens diff érents, qui doivent, avec tolérance et respect, composer avec une mixité sociale importante.Le Mot du maire Espace payé L\u2019itinérance, une approche globale Benoit Labonté Maire de l\u2019arrondissement de Ville-Marie Depuis plusieurs années, on parle d\u2019une recrudescence du nombre de sans-abri dans les rues de Montréal.Déjà, en 1996, une vaste enquête de Santé Québec évaluait à près de 28 214 le nombre de personnes se trouvant dans cette situation dans la métropole.Bien qu\u2019il soit diffi cile, et même controversé, de chiff rer ce phénomène, il n\u2019en demeure pas moins que l\u2019arrondissement de Ville-Marie, avec sa réalité de centreville, est particulièrement touché par la question de l\u2019itinérance. 10 L\u2019Itinéraire, 15 mars 2008 La une Mon collègue Jérôme, le photographe et moi-même attendons Claude Dubois dans le hall au Château Champlain\u2026 Le voilà! Sitôt les présentations d\u2019usage terminées, je le félicite pour l\u2019obtention de son Félix, prix qu\u2019il a reçu la veille, à l\u2019occasion du gala de l\u2019ADISQ.«Quand tu regardes le programme de la soirée, tu te rends tout de suite compte qu\u2019ils en ont contre les indépendantistes; une vraie gang de ripoux!» Le ton est lancé.Son style direct, qui s\u2019inspire généreusement du bréviaire, témoigne de son franc parler légendaire.Voilà qui met la table pour une entrevue riche en émotions.L\u2019indépendance le fait sortir de ses gonds L\u2019inertie des Québécois en ce qui concerne l\u2019indépendance et leur droit à l\u2019autodétermination irrite profondément notre star nationale.Souverainiste dans l\u2019âme, il admet cependant croire de moins en moins à la souveraineté, puisque les Québécois semblent être dans un état de sommeil prolongé.«Pour quelle raison crois-tu qu\u2019ils font une commission sur les accommodements raisonnables?Ce n\u2019est certainement pas à cause de quelques personnes qui portent le voile! C\u2019est simplement pour distraire les Québécois en les éloignant des vraies priorités.» L\u2019album Duo Dubois, qui réunit les plus grands succès de Claude Dubois, ressemble justement, par moments, à un accommodement raisonnable pour plaire au public français.Céline Dion, Richard Desjardins, Gilles Vigneault, Patrick Bruel sont de ceux et celles qui ont collaboré à cet album.Il est très rare que je joue aux critiques musicaux.Je dois dire que la chanson Si Dieu existe, chantée par Céline Dion et Claude Dubois, est un véritable bijou de la chanson québécoise.Le Labrador, interprété par Gilles Vigneault, Richard Desjardins et Claude Dubois, n\u2019est pas en reste : ce trio dynamique fait rejaillir notre sentiment d\u2019appartenance et vibrer notre fi bre québécoise! Claude Dubois m\u2019a surpris en me révélant que sa collaboration avec André-Philippe Gagnon est celle qui l\u2019avait le plus marquée : «Une chose m\u2019a étonné : c\u2019est le clin d\u2019oeil d\u2019André-Philippe Gagnon.En imitant la chèvre [Julien Clerc], il a apporté à l\u2019album un humour extraordinaire, pété! André-Philippe avait peur que je sois vexé de ce qu\u2019il avait fait, mais bien au contraire.Pour moi, ce moment complètement fl yé est important dans Duo, car il représente un instant de décompression.» Personnellement, sans rien enlever au talent d\u2019imitateur d\u2019André-Philippe Gagnon, j\u2019aurais plutôt opté pour une chanteuse de la trempe de Diane Dufresne, très connue en France, car après tout, cet album Duo Dubois a pour but de faire connaître Claude Dubois auprès de nos cousins français! M.Dubois a beaucoup à dire.Volubile, au langage coloré, ce rocker québécois me parle d\u2019histoire, d\u2019économie, de musique et d\u2019environnement, autant de sujets qui donnent un aperçu de l\u2019étendue de sa curiosité.La protection de la faune et de la fl ore constitue une cause qui lui tient particulièrement à coeur.«J\u2019achète des terres forestières dans les hauteurs du Québec depuis des décennies, pour protéger ces espaces et les animaux sauvages qui s\u2019y trouvent.» Protéger la nature québécoise est important pour lui, surtout quand on décide de remplacer le zoo de Québec par des condominiums.«Que deviendront les parcs nationaux?Peut-être des centres d\u2019achat.» Sa fi lle, qui n\u2019a encore que quelques mois, profi tera sûrement de la prévoyance de son père.Claude Dubois habite Morin-Heights et apprécie les grands espaces.Comment a-t-il vécu alors le fait de se retrouver en prison pour possession de drogue?«J\u2019avais deux possibilités : soit je vivais mon temps à la dure, ou bien je m\u2019organisais pour le vivre diff éremment.J\u2019ai décidé d\u2019écrire des chansons à la lueur d\u2019un lampadaire qui fi ltrait par ma fenêtre.En prison, on n\u2019est pas autorisé à posséder une chandelle et il est diffi cile de se les mettre dans le cul pour les passer en cachette.» C\u2019est à l\u2019intérieur des murs de la prison de Bordeaux qu\u2019il a ainsi composé l\u2019album Sortie Dubois, en 1982.« Ça m\u2019a beaucoup aidé à passer au travers, car j\u2019avais l\u2019impression d\u2019être dans une institution d\u2019aliénés.» Lorsque je lui fais remarquer que ses vieilles chansons se vendent encore bien, il me répond que certains textes ne vieilliront jamais.«La complainte de Rutebeuf, (chanson écrite par un poète du XIIIe siècle et chantée par Dubois), est un exemple de chanson qui ne vieillit pas! En réalité, il n\u2019y a que les cerveaux des cons qui vieillissent mal\u2026 Et cela, vous pouvez l\u2019écrire.» Claude Dubois Rebelle généreux Rocker, rebelle et poète, voilà comment je perçois ce personnage pour le moins imprévisible\u2026 Si je résumais mes impressions sur l\u2019entrevue que j\u2019ai réalisée avec Claude Dubois, je dirais que j\u2019ai été déstabilisé, choqué, attendri et aussi honoré par la grande générosité dont il a su faire preuve à mon égard et à l\u2019égard de L\u2019Itinéraire! Jean-Marc Boiteau Journaliste de rue «J\u2019achète des terres forestières dans les hauteurs du Québec depuis des décennies, pour protéger ces espaces et les animaux sauvages qui s\u2019y trouvent.» L\u2019Itinéraire, 15 mars 2008 11 «Pour quelle raison crois-tu qu\u2019ils font une commission sur les accommodements raisonnables?Ce n\u2019est certainement pas à cause de quelques personnes qui portent le voile! C\u2019est simplement pour distraire les Québécois en les éloignant des vraies priorités.» \u2014 Claude Dubois, à propos de l\u2019indépendance du Québec Photo : Éric Carrière Claude Dubois et Jean-Marc Boiteau à l\u2019intérieur du Château Champlain 12 L\u2019Itinéraire, 15 mars 2008 Occupés à joindre fi nancièrement les deux bouts, les Québécois ne prennent pas le temps d\u2019apprendre.Incapables de déchiff rer le monde qui les entoure, ils cultivent une piètre estime d\u2019eux-mêmes.«En choisissant d\u2019apprendre, on fait le choix d\u2019avancer», insiste le touche-à-tout Jici Lauzon, porteparole de la Semaine québécoise des adultes en formation.L\u2019Itinéraire s\u2019est entretenu avec lui.L\u2019Itinéraire : Jici, vous êtes retourné aux études à l\u2019université et vous terminez actuellement votre maîtrise en communication.Pourquoi avez-vous pris cette décision?Jici Lauzon : Le showbizz et le tourbillon médiatique ne me satisfaisaient pas assez.J\u2019avais besoin de continuer à apprendre, alors j\u2019ai décidé, à l\u2019âge de 40 ans, de terminer mon baccalauréat et de retourner sur les bancs de l\u2019Université du Québec à Montréal.Je crois que Nietzsche a écrit qu\u2019il faut avoir l\u2019humilité d\u2019admettre qu\u2019on ne sait pas; cette réfl exion m\u2019a parlé, car je pense que ça prenait de l\u2019humilité pour se joindre à nouveau à des jeunes de 19 ou 20 ans, sur les bancs d\u2019école.L\u2019Itinéraire : Selon vous, quels sont les obstacles qui empêchent les adultes de se former?L\u2019ABC de l\u2019estime de soi Jérôme Savary Adjoint à la rédaction Le Québec se défi nit comme une société du savoir, mais l\u2019est-elle vraiment, quand on sait qu\u2019un Québécois sur deux est considéré comme «analphabète fonctionnel»?Autrement dit, «un Québécois sur deux n\u2019a pas les compétences nécessaires pour utiliser l\u2019information afi n de fonctionner pleinement au sein de la société et de l\u2019économie», selon l\u2019Enquête internationale sur l\u2019alphabétisation et les compétences des adultes rendue publique par Statistique Canada, fi n 2005.CHAMBRE DES COMMUNES Bernard Bigras Député de Rosemont- La Petite-Patrie 2105, rue Beaubien Est Montréal (Québec) H2G 1M5 Téléphone : 514 729-5342 Télécopieur : 514 729-5875 Courriel : bigrab1@parl.gc.ca Gilles Duceppe Chef du Bloc québécois Député de Laurier- Sainte-Marie 1200, rue Papineau, bureau 350 Montréal (Québec) H2K 4R5 Téléphone : 514 522-1339 Télécopieur : 514 522-9899 Société L¡¦Itineraire, 15 mars 2008 13 J.L.: Je crois qu¡¦on devrait refl echir en terme de recherche et developpement, tout comme le font les entreprises.On devrait constamment penser a se developper soi-meme.Si on ne le fait pas, on regresse.Selon les responsables de la Semaine quebecoise des adultes en formation, le manque de temps est le principal obstacle qui empeche les adultes de se former.L¡¦Itineraire : Une rencontre vous a-t-elle marque depuis que vous etes porte-parole de cet evenement en faveur de l¡¦alphabetisation des Quebecois?J.L.: Je revois tres bien les yeux brillants de ces adultes ayant eff ectue une formation ou un retour aux etudes, et que j¡¦avais rencontres a Trois-Rivieres, alors que je leur remettais leurs diplomes.C¡¦etait tres emouvant et moi-meme j¡¦avais les larmes aux yeux! Ils manifestaient une reelle fi erte devant cette nouvelle etape qu¡¦ils franchissaient dans leur vie.ƒáƒáƒá La Semaine quebecoise des adultes en formation se tient du 29 mars au 4 avril partout au Quebec.Information : www.semaine.icea.qc.ca Tout sur l¡¦education aux adultes avec la ligne .Info-apprendre.: 1 800 488-3888 Jici Lauzon, porte-parole de la Semaine quebecoise des adultes en formation Photo : Jerome Savary Photo : Jerome Savary 1 L\u2019Itinéraire, 15 mars 2008 www.rapsim.org Le réseau d\u2019aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal.Tél.: 514 879-1949 INFORAPSIM Sortir les sans-abri de la rue Le pari a été relevé.Organisée par le mouvement associatif d\u2019aide aux sansabri, la rencontre a connu un vif succès.Dans un premier temps, une rencontre de consultation, tenue sur deux jours, a permis à tous les milieux concernés de se faire entendre.Puis, un jury de 15 personnes, auquel j\u2019ai participé, s\u2019est réuni durant 48 heures pour rédiger des recommandations.Rendu public quelques jours plus tard, ce rapport, qui propose un changement d\u2019approche radical, a été bien reçu dans les médias et le milieu.Reste à voir ce qu\u2019en fera le gouvernement Sarkozy, qui l\u2019a commandé.Chose certaine, le rejet du statu quo fait l\u2019unanimité.L\u2019échec des politiques de l\u2019émotion Le rapport pose un jugement sévère sur les politiques actuelles, qui se distinguent par un traitement concentré sur l\u2019urgence, dans un contexte dominé par l\u2019émotion, spécialement en période de grand froid*.Confronté aux besoins et aux actions du milieu, le gouvernement français a posé des gestes : centres de stabilisation pour les SDF, rénovation des centres d\u2019hébergement, adoption de lois pour garantir le droit au logement et le droit à l\u2019hébergement, etc.Mais ces mesures ne constituent pas une Politique globale sur les sans-abri.Leur nombre, évalué à plus de 220 000, ne cesse de s\u2019accroître.Majoritairement masculine, à 64 %, cette population est de plus en plus jeune; 50 % des sans-abri sont âgés de 18 à 34 ans et plus du tiers d\u2019entre eux travaillent.Le rapport aborde la nécessité d\u2019une réponse spécifi que aux sans-abri, en soulignant que l\u2019on a beaucoup construit de logements les deux dernières années, mais que pour les plus pauvres, le problème reste entier.Personne ne doit être contraint de vivre à la rue selon le jury, qui défend aussi le principe que les sans-abri ont droit au recommencement.Critique face aux ressources d\u2019hébergement d\u2019urgence existantes, dont certaines ont gardé le modèle asilaire du 19e siècle, le rapport propose de revoir les règles pour favoriser un accueil sans condition et sans exclusion.Élément controversé, il critique aussi la multiplicité des organismes, 8 000 associations pour le «sans-abrisme», c\u2019est trop ! Le rapport écorche aussi les politiques antimendicité et les politiques d\u2019urbanisme «anti-SDF», en prônant au contraire la création d\u2019oasis urbaines qui serviraient de lieux d\u2019accueil, de repos et de fraternité républicaine.Le rapport insiste sur la nécessité d\u2019une politique globale interministérielle, qui joindrait prévention et insertion, et interpelle diff érentes responsabilités gouvernementales : aide à l\u2019enfance, prison, armée, etc.Le logement, point nodal Le rapport place au coeur de ses recommandations le développement du logement social, en prônant la construction d\u2019un demi-million de ces logements et en demandant qu\u2019ils soient accessibles aux plus démunis.Diff érents enjeux sont abordés, dont l\u2019augmentation de la demande que crée la démolition de certains ensembles de HLM en banlieue, le refus de certaines communes d\u2019en construire, etc.Sans mettre de l\u2019avant l\u2019objectif de «zéro SDF» que se sont donné plusieurs pays d\u2019Europe du Nord, le jury estime qu\u2019une politique ambitieuse de réduction du nombre de personnes vivant sans toit est possible.Pour appuyer certaines demandes de ce rapport, 27 grandes associations ont tenu une Nuit solidaire pour le logement, le 21 février dernier.Elle dénonçait la faiblesse de la réponse gouvernementale, qui a annoncé 250 millions d\u2019euros pour le logement en 2008, alors qu\u2019un minimum de 1,5 milliard d\u2019euros est jugé nécessaire.*extraits de : Conférence de consensus, Sortir de la rue, rapport du jury d\u2019audition, 5 décembre 2007.Pour le consulter : www.fnars.org En décembre dernier, se tenait à Paris une conférence nationale de consensus sous le thème Sortir de la rue les sans-abri.L\u2019objectif de la rencontre était ambitieux : produire en deux jours un rapport devant être déposé au gouvernement français pour orienter une nouvelle politique pour les sans-abri.Pierre Gaudreau Coordonnateur du RAPSIM L\u2019Itinéraire, 15 mars 2008 15 Niché discrètement entre les rues Beaudry et de la Visitation, Spectre de rue attend toujours l\u2019argent qui lui permettra de s\u2019off rir une affi che digne de ce nom.Toutefois, pour plusieurs toxicomanes, l\u2019endroit est bien connu.Il s\u2019agit d\u2019abord de l\u2019un des principaux sites d\u2019échange de seringues du centre-ville de Montréal.Spectre de rue gère également les 27 boîtes de récupération de seringues installées à divers endroits au centreville.Fondé en 1986 sous le nom de Portes ouvertes aux jeunes adultes, l\u2019organisme est aujourd\u2019hui confronté à un nouveau phénomène : l\u2019augmentation importante de la consommation de crack.Le nombre de pipes à crack vendues par Spectre de rue est passé d\u2019une centaine par mois à près de 800.À côté du site d\u2019échange de seringues, mis en place pour lutter contre la propagation du sida et de l\u2019hépatite C, se trouve le centre de jour, ouvert du lundi au vendredi.Une infi rmière à temps partiel et des intervenants sont présents pour écouter, accompagner et conseiller les personnes aux prises avec des problèmes de toxicomanie.«Notre centre de jour est ouvert depuis 13 ans, s\u2019enorgueillit Gilles Beauregard, le directeur général de Spectre de rue.C\u2019est l\u2019un des plus vieux du centre-ville.» Au moment du passage de L\u2019Itinéraire, il était fermé temporairement.Gilles Beauregard explique que l\u2019organisme souhaite recentrer ses activités autour de la problématique de la toxicomanie, dont il s\u2019était un peu écarté en acceptant d\u2019intervenir auprès d\u2019autres clientèles.Le projet TAPAJ, qui a valu des prix à l\u2019organisme, existe depuis six ans.Il off re du travail aux jeunes de moins de 30 ans qui vivent dans la rue.«Nous faisons concurrence aux métiers de la rue, souligne Gilles Beauregard.Pendant qu\u2019ils sont à TAPAJ, les jeunes ne quêtent pas et ne se prostituent pas.Nous voulons développer des façons de les amener vers autre chose.C\u2019est dans cet objectif que nous avons créé TAPAJ.» Les intéressés passent un coup de fi l à 10 h pour avoir du travail en après-midi.Du printemps à l\u2019automne, entre 15 et 20 jeunes par jour ont ainsi un petit boulot, pour lequel ils reçoivent 10 $ l\u2019heure.Les participants travaillent notamment sur des projets de fresques.Spectre de rue en a également assigné quelques-uns à la peinture de son centre de jour.«C\u2019est mieux que de quêter, affi rme Stéphane Perreault, un habitué de TAPAJ qui vit dans la rue depuis un an.Dans la rue, je fais un peu d\u2019argent, mais c\u2019est diffi cile.Ça, c\u2019est comme un vrai travail.» Maria, quant à elle, a pris une semaine de vacances pour donner un coup de main à Spectre de rue.C\u2019est une façon pour elle de démontrer sa reconnaissance.«Quand j\u2019ai arrêté de consommer, c\u2019est grâce à eux si je me suis trouvé un boulot, raconte-t-elle.Et, quand je marche dans la rue, que je me fais off rir un fi x et que j\u2019entre ici en pleurs, ils sont là pour m\u2019écouter.» Spectre de rue, c\u2019est aussi du travail de rue.Deux intervenantes se déplacent en soirée et pendant la nuit pour aller rencontrer les itinérants.Un travail qui est devenu plus diffi cile en raison de l\u2019augmentation de la répression policière demandée par les nouveaux résidents plus aisés qui s\u2019installent dans le quartier.«En 2002, il y avait environ 25 piqueries au centre-ville.Aujourd\u2019hui, il n\u2019y en a presque plus, observe Gilles Beauregard.On voit aussi moins de prostituées.Elles font ça dans les petites ruelles, en catimini.» Stéphane Perreault, participant au programme TAPAJ ainsi que Nathalie Gagnon et François Clément, intervenants pour Spectre de rue, travaillent au rafraîchissement du centre de jour de l\u2019organisme.Pinceaux et rouleaux se laissent aller sur les murs du centre de jour de l\u2019organisme Spectre de rue.Des jeunes de la rue aident des intervenants à rafraîchir le local dans le cadre du TAPAJ (Travail alternatif payé à la journée), l\u2019un des projets de l\u2019organisme.Rendez-vous rue Ontario! Spectre de rue Plus que de l\u2019échange de seringues! 550, boul.René-Lévesque Est Montréal (Québec) H2L 2L3 Tél.: 514 845-0168 Fax: 514 845-2108 Les OEuvres de la Maison du Père Centre d\u2019accueil pour hommes de 25 ans et plus.Valérie Simard Économie responsable 16 L\u2019Itinéraire, 15 mars 2008 RE/MAX LONGUEUIL INC.Courtier immobilier agréé franchisé indépendant et autonome de RE/MAX Québec inc.Bureau : 450 651-8331 Télécopieur : 450 651-8100 50, rue St-Charles Ouest, Bureau 100, Longueuil (Québec) J4H 1C6 Stéphane Delage Agent immobilier affilié Cellulaire: 514 893-5556 sdelage@videotron.ca «Votre agent sur la rive sud» L\u2019Itinéraire, 15 mars 2008 17 «On ne peut pas catégoriser cet espace», confi e le père Gabriel Côté, jésuite et directeur général du Gesù.Beaucoup d\u2019artistes apprécient le Gesù pour la proximité qu\u2019ils ont avec le public, que ce soit dans la salle de spectacle de 425 sièges ou dans la chapelle.Des artistes «en résidence», triés sur le volet en fonction de leur cheminement personnel et artistique, ont la possibilité de créer dans l\u2019espace unique que représente la chapelle.Gabriel Côté accompagne les artistes pendant leur résidence, ce qui leur permet d\u2019aller plus loin dans leur art.«Ici, lors de leur résidence, les artistes vivent des rites de passage.C\u2019est peut-être de là que vient la légende du fantôme», indique Marilyn Carnier, directrice artistique du Gesù.L\u2019équipe du Gesù veut faire de ce lieu un patrimoine vivant, au sein duquel Gabriel Côté propose un dialogue sur la spiritualité et les religions.Le Gesù a ainsi accueilli le Festival du monde arabe en 2007.«Le Gesù ressemble à un laboratoire où l\u2019on peut critiquer nos croyances.Je veux provoquer une réfl exion autour de la diff érence entre les cultures.» Le 1er mars dernier, la Nuit blanche du Festival Montréal en lumière a même investi l\u2019intérieur de la chapelle en prenant la forme d\u2019un rituel autour des arts.Tous les recoins du Gesù sont présentement exploités par l\u2019art.L\u2019entrée principale, les corridors et quelques locaux adjacents sont utilisés en guise de salles d\u2019expositions, et la réputée salle principale présente des spectacles de tout acabit.Partout à l\u2019intérieur de la chapelle, des oeuvres contemporaines sont exposées.Les messes hebdomadaires y sont toujours pratiquées, mais la moitié de l\u2019enceinte est dorénavant vouée aux arts.Les bancs de messe situés à l\u2019arrière sont placés en forme de U pour provoquer une synergie créative entre l\u2019artiste et le public, provoquant ainsi une ambiance exceptionnelle.De là est venue l\u2019idée de l\u2019accent grave sur le «u» de Gesù.Le «u» représente le public, alors que l\u2019artiste est symbolisé par l\u2019accent.Gesù et Jésuites Qui dit Gesù dit Jésuites.Aussi appelés les Compagnons de Jésus, les Jésuites ne travaillent pas dans la structure traditionnelle de la paroisse et ils ne pratiquent pas les sacrements de l\u2019Église comme le mariage ou le baptême.On les retrouve dans toutes les strates de la société.En plus d\u2019assurer la prêtrise, certains sont avocats, d\u2019autres intervenants sociaux, ou bien encore artistes.«Le jésuite est celui qui amène Dieu ailleurs», précise Gabriel Côté, violoniste depuis 34 ans.On dénombre 500 Jésuites au Canada dont 130 ici, à Montréal.Les collèges Brébeuf de Montréal et Garnier de Québec ont été créés par les Jésuites.Dans tous les collèges jésuites, l\u2019aspect artistique a toujours été mis de l\u2019avant.«La pédagogie jésuite appliquée à l\u2019art se compose de trois dimensions: l\u2019éducation, la spiritualité et la créativité, explique Gabriel Côté.L\u2019expérience vécue permet un recul et une réfl exion qui mènent à une action nouvelle, à une oeuvre.» .Pour information : www.gesu.net Photo : Éric Carrière Gabriel Côté, jésuite et directeur général du Gesù La vocation des arts LLee GGeessùù Micheline Rioux Journaliste de rue micheline.rioux@itineraire.ca Le Gesù est le lieu de prédilection des artistes en quête d\u2019introspection et d\u2019éclosion de leur art.Les artistes et leur public vivent là-bas des expériences humaines inoubliables.Le fantôme qui erre au Gesù depuis sa fondation est-il responsable des vibrations positives qu\u2019on y trouve?L\u2019Itinéraire s\u2019est rendu sur place et a rencontré les responsables de cet endroit particulier afi n d\u2019éclaircir le mystère. 18 L¡¦Itineraire, 15 mars 2008 Vous pouvez acheter des cartes-repas en remplissant le coupon ci-dessous, ou les commander au www.itineraire.ca M.ƒá Mme ƒá Prenom : ________________________Nom : ________________________________ Entreprise : _________________________________________________________________________ Adresse : ___________________________________________________________ App.: __________ Ville : ___________________________ Province : _____________ Code Postal : _________________ Telephone : ____________________________Courriel : ____________________________________ Paiement ƒáCheque au nom du Groupe communautaire L¡¦Itineraire ƒáVisa, Master Card I__I__I__I__I__I__I__I__I__I__I__I__I__I__I__I__I Expiration ____ / 20____ Postez ce coupon au Groupe communautaire L¡¦Itineraire 2100, rue de Maisonneuve Est, Suite 001, Montreal (QC) H2K 4S1 Pour plus d¡¦information, communiquez avec Nathalie Gelinas 514 597-0238, poste 226 J¡¦achete ___ cartes-repas X 3$ = ____$ Je fais un don a la mission generale de L¡¦Itineraire de __________$ 1 En vertu d¡¦une loi de Revenu Canada, les cartes achetees que vous distribuez vous-memes ne sont pas admissibles aux deductions fi scales.2 Vous recevrez votre recu d¡¦impot au debut de l¡¦annee 2009.ƒáPostez-moi les cartes-repas pour que je les distribue1 ƒáJe desire que vos intervenants ou benevoles les distribuent2 Offrez un bon repas qui casse la faim¡K et la solitude! Avec les cartes-repas de L¡¦Itineraire, chaque don de 3$ vous permet de nourrir une personne dans le besoin.Lorsqu¡¦une personne se presente au Cafe sur la rue munie d¡¦une carte-repas, elle est accueillie dans un environnement chaleureux et peut recevoir diff erents services, comme etre soutenue par des membres de notre Groupe, des benevoles ou des intervenants psychosociaux.Ce projet est rendu possible, entre autres, grace aux oeuvres du cardinal Leger, au Budget partenariat (ministere de la Solidarite sociale, Securite du Revenu de Montreal, le Centre local d¡¦emploi de Sainte-Marie), Emploi-Quebec et Moisson Montreal.1Des recus de charite seront emis pour les dons seulement.Le prix d¡¦achat du magDVD comprend un don de 10 $ pour lequel un recu de charite sera emis.Notez qu¡¦il n¡¦y pas de recu de charite pour l¡¦achat de cartes-repas ni pour les abonnements au journal.Paiement ƒá Cheque au nom du Groupe communautaire L¡¦Itineraire ƒá Visa, Master Card I__I__I__I__I__I__I__I__I__I__I__I__I__I__I__I__I No de carte Expiration ____ / 20____ Mois Annee Signature X________________________________________ Postez ce coupon au Groupe communautaire L¡¦Itineraire 2100, de Maisonneuve Est, bur, 001, Montreal (Qc) H2K 4S1 Pour information : www.itineraire.ca ou 514 597-0238, poste 226 Je desire m¡¦abonner au magazine L¡¦Itineraire pour une periode de : ƒá 12 mois (24 numeros a 48 $) __________ $ ƒá 6 mois (12 numeros a 24 $) ___________$ J¡¦ajoute un don de soutien de __________$1 Mon abonnement debute en _____________________________ Abonnement propose par le camelot :______________________ Total ____________$ ƒáM.ƒáMme Prenom : ____________________________________________ Nom : ______________________________________________ Entreprise : __________________________________________ Adresse : ____________________________________________ ________________________________________ App.: ______ Ville : ______________________________ Province : ________ Code Postal : ___________________ Telephone : __________________________________________ Courriel : ____________________________________________ L\u2019Itinéraire, 15 mars 2008 19 Globe-Trottoir Des nouvelles des journaux de rue du monde entier La triste réalité albertaine Savez-vous que la moitié des sans-abri de la ville de Calgary possèdent un emploi à temps plein?Voici la raison : ils ne réussissent pas à payer le coût trop élevé de leur loyer dans cette métropole où coule pourtant le pétrole\u2026 Tiré du journal Calgary Street News, Calgary, Décembre 2007 Vente illégale sur la rue À ce que je sache, les camelots de L\u2019Itinéraire sont bien traités par les policiers de Montréal.On ne peut en dire autant des camelots de Boston.Les policiers de cette ville ont en eff et interdit aux vendeurs du journal Spare Change d\u2019eff ectuer leur travail.Ces derniers ont pourtant l\u2019autorisation de le faire, selon les lois en vigueur dans l\u2019État du Massachussetts.On a averti Darryl Murray, un camelot de longue date, qu\u2019il recevrait une contravention pour sollicitation agressive s\u2019il continuait à vendre le journal.Selon ce dernier, les commerçants des quartiers huppés, comme Cambridge, désirent se débarrasser de tous les mendiants, sans-abri et camelots.Tiré du journal Spare Change, Cambridge, 6-19 décembre 2007 Voiture électrique Bien que les véhicules hybrides aient la cote depuis quelques années, les fabricants automobiles se penchent vers des technologies encore plus vertes.Par exemple, la iMiev Sport présentée par Mitsubishi est un prototype doté d\u2019une batterie au lithium ion avec une autonomie de 200 km, qui peut atteindre une vitesse maximale de 180 km/h.Cette voiture est équipée de turbines à l\u2019avant du véhicule, permettant de générer de l\u2019électricité grâce à la circulation de l\u2019air.Des entreprises comme Nissan, GM et Toyota comptent off rir des modèles similaires.Si seulement Al Gore, prix Nobel de la paix 2007 voulait bien se débarrasser de son VUS, il aurait l\u2019embarras du choix\u2026 Tiré du journal Spare Change, Cambridge, 22 novembre- 5 décembre 2007 Drogue miracle pour les junkies L\u2019Ibogaine, une drogue provenant des racines d\u2019une plante de l\u2019Afrique de l\u2019ouest, atténue considérablement les symptômes physiologiques de sevrage reliés à l\u2019accoutumance, mais demeure toutefois illégale aux États-Unis.Les junkies américains doivent se déplacer au Canada et au Mexique, où l\u2019Ibogaine est disponible dans le domaine de la médecine expérimentale, afi n de se désintoxiquer en douceur.L\u2019article ne mentionne toutefois pas la disponibilité du produit dans ces pays.En naviguant sur l\u2019Internet, force est de constater que cette drogue est interdite au Canada, mais quand même disponible dans certaines cliniques, comme c\u2019est le cas dans la région de Vancouver.Tiré du journal Real Change, Seattle, 14-20 novembre 2007 Textes traduits par Norman Rickert Journaliste de rue normartmusic@yahoo.ca Retrouvez Isabelle Blais et son groupe Caïman Fu dans la quatrième édition du magDVD Le 3e OEil actuellement en vente.Ce magazine socio-culturel est produit par des jeunes de la rue et distribué par nos camelots, au prix de 5 $.Nouveau MagDVD Le 3e OEil - Hiver 2008 Vous pouvez également le commander au www.itineraire.ca Suite de l\u2019édito Moins d\u2019intervenants pour aider les travailleurs du sexe Séro-Zéro, organisme qui vient en aide aux prostitués masculins du centre-ville, a participé activement au documentaire Hommes à louer.Récemment, l\u2019organisme a dénoncé l\u2019amputation de son budget d\u2019intervention de 44 000 $ par l\u2019Agence de santé et des services sociaux de Montréal.Au lieu de quatre intervenants, l\u2019organisme doit se contenter de deux intervenants pour off rir du soutien psychosocial aux travailleurs du sexe de Montréal.En conférence de presse, en février dernier, Robert Rousseau, le coordonnateur de Séro-Zéro, a bien identifi é le problème\u2026l\u2019hypocrisie sociale : «Les politiciens vont travailler à dénoncer cette situation-là et fi nancer des projets centrés sur la répression et non sur la prévention.» 20 L\u2019Itinéraire, 15 mars 2008 Mais il y a quelques mois, une autre catégorie de drogués a joint les précédents parmi mes préjugés.J\u2019étais en visite chez un ami.Ses deux colocataires sont arrivés avec le fruit de leurs vols : des outils industriels et des vélos.Ensuite, ils ont contacté leur pusher, qui a payé la marchandise volée en roches de crack.Alors que je buvais tranquillement, j\u2019ai observé leur comportement.Pendant que mon ami marchait de long en large en racontant ses problèmes, les deux lascars, plutôt que de savourer leur buzz, manigançaient déjà le prochain vol qui allait leur permettre de se procurer leur prochaine puff! Ils étaient prêts à tout pour avoir leur puff, avant même d\u2019être en manque! J\u2019ai alors réalisé qu\u2019ils faisaient partie de la pire classe des drogués\u2026 La puff, comme on la nomme, rend aussi dépendant qu\u2019avec le crystal meth : une puff, c\u2019est déjà trop et mille, ce n\u2019est pas assez! On devient tout de suite accro.Les crack heads, comme on les appelle, sont les vautours insatiables de la dope! Ce sont les plus greedy de tous les paumés avec qui j\u2019ai eu l\u2019occasion de tripper dans ma vie.Par exemple L., séropositive, fait de la prostitution maison : elle fait des pipes pour pouvoir payer sa puff.Lorsque je la fréquentais, un soir, une femme se présente et lui demande si elle peut lui commander une roche.L.accepte.La femme lui donne cinq dollars pour le service rendu en lui précisant qu\u2019elle veut la partager avec une amie qui l\u2019attend chez elle.Lorsque le pusher arrivait, L.pigeait toujours dans le stock.La femme, avec raison, l\u2019a engueulée d\u2019aplomb et lui a demandé ses cinq dollars.Plus tard, lorsque la femme est revenue, elle a gardé son argent dans sa poche.Lorsque le pusher est arrivé, elle l\u2019a payé pour être certaine que L.ne pigera pas dedans et elle a demandé les coordonnées du pusher, qui a accepté de les lui donner.Une autre fois, une autre femme est arrivée chez L.avec 20 $ pour une roche.Alors qu\u2019il y avait plusieurs roches non entamées dans une assiette, L.a essayé de lui refiler les restants d\u2019une roche qui était déjà égrenée.La femme a refusé et a pris un sachet qui n\u2019était pas ouvert.Plus greedy que ça, tu meurs! La puff, comme on la nomme, rend aussi dépendant qu\u2019avec le crystal meth : une puff, c\u2019est déjà trop et mille, ce n\u2019est pas assez! On devient tout de suite accro.Les crack heads, comme on les appelle, sont les vautours insatiables de la dope! Cylvie Gingras Chroniqueuse de rue Les vautours insatiables de la dope Ayant à mon actif 40 ans de polytoxicomanie, j\u2019ai fait partie des tripeux des années 70 qui fumaient du haschich, de la marijuana et qui, de temps à autre, faisaient un trip de mescaline ou d\u2019acide.Au milieu des années 80, on sniffait une ligne de coke de façon récréative.Selon moi, nous étions différents des drogués des années 90, qui sont tous pareils et dont le dominateur commun est leur dépendance aux drogues dures.Depuis toujours, j\u2019avais étiqueté les junkies cocaïnomanes et héroïnomanes comme étant ceux qui étaient prêts à tout pour se procurer leur fix\u2026 Programme DEVENIR Mesure d\u2019insertion sociale d\u2019une durée d\u2019un an L\u2019Itinéraire recherche 15 bénéficiaires de la Sécurité du revenu âgés de 18 à 35 ans pour le magDVD Le 3e OEil et cinq autres personnes de tout âge pour diverses tâches.Conditions : 10 h/semaine les six premiers mois et 20 h/semaine les six derniers mois.Rémunération : 130 $ par mois plus le transport Le magDVD Le 3e OEil a besoin de bénévoles en production vidéo Information : Jocelyne Sénécal, 514 525-5747, poste 230 ou par courriel à jocelyne.senecal@itineraire.ca Conditions : 20 h/semaine Rémunération : 130 $ par mois Programme INTERAGIR Mesure d\u2019insertion sociale d\u2019une durée d\u2019un an Chronique de la vraie vie L\u2019Itinéraire, 15 mars 2008 21 Monde du travail Il y a quelques années, alors qu\u2019il était à l\u2019emploi d\u2019une compagnie américaine spécialisée en électronique, le professeur Steven Appelbaum, de l\u2019École de gestion John-Molson à l\u2019université Concordia, a tenté une expérience avec un collègue ingénieur.Un matin, l\u2019ingénieur en question confi e à quelques collègues qu\u2019il vient de recevoir une off re d\u2019emploi de la part d\u2019une fi rme concurrente.Rapidement, la fausse nouvelle s\u2019ébruite jusqu\u2019au patron, qui à son tour, en discute avec le dirigeant de la compagnie puis avec le responsable des ressources humaines.Quelques heures plus tard, l\u2019ingénieur se fait off rir une augmentation salariale de 25 %.«Potiner fait partie de la nature humaine, explique Steven Appelbaum.Les rumeurs sont véritablement contagieuses.En milieu de travail, elles se répandent comme une traînée de poudre.Et généralement, elles sont symptomatiques d\u2019une mauvaise communication au sein de l\u2019entreprise.» Les rumeurs ne débouchent pas toutes sur des hausses de salaire ou des promotions.Elles peuvent nuire au bon fonctionnement d\u2019une entreprise.Le professeur de gestion cite un autre exemple au sein de la même fi rme d\u2019électronique qui a engendré, cette fois, le départ massif d\u2019employés.«L\u2019entreprise était à vendre et quelqu\u2019un a lancé à la blague qu\u2019une usine de fromage allait les acheter.L\u2019information s\u2019est répandue et les d\u2019employés ont commencé à paniquer.L\u2019entreprise n\u2019a pas démenti la rumeur et après quelques jours, plusieurs employés de talent sont partis.Au bout du compte, l\u2019entreprise n\u2019a pas été vendue!» «Les rumeurs peuvent ruiner une entreprise», affi rme le professeur au département d\u2019organisation et ressources humaines de l\u2019UQÀM, Angelo Dos Santos Soares.À son avis, les dirigeants de compagnie ne devraient jamais prendre une rumeur à la légère et intervenir le plus tôt possible pour éviter des dérapages pouvant aller jusqu\u2019à la destruction de la réputation d\u2019une personne.Les deux visages du potin Selon Luc Brunet, psychologue du travail et des organisations, le cancan est un phénomène naturel qui n\u2019est pas nécessairement négatif.«Le potinage remplit un rôle social, dit-il.Il permet à des groupes d\u2019échanger leurs émotions et de se souder.Le problème surgit quand les conversations ciblent une personne en particulier.» Ainsi, lorsque la conversation passe des derniers déboires des starlettes d\u2019Hollywood à des commentaires comme «on sait très bien qu\u2019elle a obtenu le poste parce qu\u2019elle couche avec le boss», le potinage se transforme en harcèlement psychologique.«Il n\u2019y a rien de négatif à parler de sa vie personnelle, souligne Angelo Dos Santos Soares.Par contre, lorsque des éléments de la vie personnelle des autres sont dévoilés par jalousie, ou pour causer du tort à autrui et ce, à répétition, cela devient du harcèlement.» Tout comme dans le cas des rumeurs, Angelo Dos Santos Soares croit qu\u2019il revient à l\u2019entreprise de prendre en charge ce genre de situation.«C\u2019est à la direction d\u2019envoyer un message clair en disant que ce genre de comportement est inacceptable; il lui revient aussi d\u2019appliquer des sanctions», conclut-il.Au lieu de parler des fréquentations amoureuses de la réceptionniste ou des manies douteuses du comptable, il vaut donc peut-être mieux se limiter aux tribulations de Paris Hilton ou de Brad Pitt\u2026 «Lorsque des éléments de la vie personnelle des autres sont dévoilés par jalousie, ou pour causer du tort à autrui et ce, à répétition, cela devient du harcèlement.» \u2014 Angelo Dos Santos Soares, professeur au département d\u2019organisation et ressources humaines de l\u2019UQÀM Daphné Cameron Que ce soit autour de la photocopieuse ou de la machine à café, dans des courriels ou des messages SMS, 80 % des conversations en milieu de travail relèveraient du potinage, selon une étude réalisée en 2003 par une fi rme de recrutement britannique.Si le papotage sert de ciment social dans l\u2019entreprise, la rumeur elle, peut rapidement dégénérer.«Ce n\u2019est pas moi qui l\u2019ai dit, mais\u2026» 22 L\u2019Itinéraire, 15 mars 2008 Là où je prends soin de moi J\u2019aime les endroits où je peux prendre une tasse de café et lire le journal.Je connais plusieurs établissements qui off rent de bons cafés et expressos.Je vais souvent au café Van Houtte et j\u2019apprécie également aller chez Starbucks.Sortir et prendre un café me permet de me détendre et de rencontrer des gens.Je me sens mieux dans ma peau quand je vais à l\u2019extérieur prendre un café.Parfois, j\u2019y vais avec des amis.Une belle ambiance règne dans les endroits qui off rent du café.Au printemps et à l\u2019été, je trouve ça excitant de prendre un café, car les gens peuvent s\u2019asseoir dehors pour le consommer.J\u2019apprécie aussi aller au restaurant pour me faire plaisir et voir des gens.J\u2019aime les restaurants de style végétarien qui proposent des menus santé et ceux qui off rent un buff et, car cela me permet de choisir ce que je veux mettre dans mon assiette.Les magasins qui vendent des aliments santé font également partie des endroits que je préfère, car pour moi la santé est importante.Parfois, j\u2019achète des produits céréaliers, des noix et des fruits pour mon déjeuner.Et j\u2019achète aussi des vitamines pour me garder en forme.Une autre journée commence J\u2019ai décidé de publier dans cette édition l\u2019une de mes peintures, qui est accrochée sur un mur à la maison, et dont le thème est «Lever du soleil».Le soleil m\u2019inspire beaucoup.Cela fait environ un an que j\u2019ai commencé à peindre.C\u2019est un atelier de peinture qui m\u2019a donné le goût de prendre les pinceaux il y a un an.Je peins au rythme d\u2019une fois par semaine.C\u2019est par la peinture que je peux m\u2019exprimer davantage, donner un sens à ma vie, transmettre mes émotions et mes sentiments et partager mes pensées.En parlant de pensées, en voici deux : Souriez, la vie est belle! La chaleur des théâtres À Montréal, j\u2019aime particulièrement les théâtres et les salles de spectacle.Ce sont mes lieux de vente favoris.Là-bas, je sens que les spectateurs et les employés m\u2019apprécient.Les artistes sont également chaleureux avec moi.Peut-être qu\u2019ils préfèrent la présence d\u2019un vendeur de L\u2019Itinéraire plutôt que celle d\u2019un quêteux devant leur théâtre.Au Théâtre du Rideau Vert, par exemple, même la directrice Denise Filiatrault, que j\u2019imaginais snob, me salue et est très sympathique avec moi.Le portier Marcel, qui joue dans des publicités télévisées comme celles de Glad, fait partie de ceux avec qui je m\u2019entends bien.Parmi les spectateurs, je rencontre souvent des gens que j\u2019ai déjà eu l\u2019occasion de croiser sur les rues Fleury ou Jarry.L\u2019environnement des théâtres me convient, car je connais les gens qui y travaillent ou qui s\u2019y rendent pour le plaisir.Je sens aussi une réelle ouverture de leur part, ce qui n\u2019est malheureusement pas le cas chez tous les commerçants en ville! Les théâtres me permettent d\u2019entrer en contact de belle façon avec les spectateurs, car ils sont souvent de bonne humeur.Et lorsque je suis chanceux, des clients m\u2019off rent même des billets de théâtre! Ce n\u2019est pas du tout la même qualité de rencontre que celle que j\u2019observe lorsque je travaille à l\u2019intérieur des stations de métro ou à l\u2019extérieur des pharmacies.Les gens y sont alors bien plus pressés et diffi ciles à interpeller.De mon côté, j\u2019essaie toujours d\u2019être de bonne humeur avec mes clients, qui sont témoins de mon sourire.Et ce mois-ci, je vieillis d\u2019une année! Carl Festekjian Camelot, marché Atwater Maxime Camelot, métro Jarry et Fleury/De la Roche Jacques Élisé Camelot, métro Sherbrooke Les coups de coeur de mes clients S\u2019il y a un lieu que je préfère par-dessus tout à Montréal, c\u2019est mon lieu de vente, où je suis présent sept jours par semaine! J\u2019aime tant discuter avec mes clients et regarder les gens marcher dans la rue que je ne vois aucun autre endroit à Montréal qui me plaise autant.Puisque je n\u2019ai plus de famille, j\u2019ai du plaisir à rencontrer mes clients, qui sont charmants avec moi, et c\u2019est comme s\u2019ils faisaient partie de ma famille.Je sens qu\u2019ils sont heureux de me voir.J\u2019étais cependant curieux de savoir quels étaient les endroits coups de coeur de mes clients.Mon petit sondage m\u2019a donné plusieurs réponses intéressantes.Heida, l\u2019une de mes fi dèles clientes, aime particulièrement le Vieux-Port et la piste cyclable qui longe le canal Lachine.Hugues apprécie également ce coin de Montréal, notamment les terrasses près du port, les touristes et les calèches, si caractéristiques de ce quartier.Quant à Pierre, un client qui apprécie beaucoup mon courage, c\u2019est le parc de Rivière-des-Prairies qu\u2019il aff ectionne le plus, car il a l\u2019impression de se retrouver un peu comme à la campagne.D\u2019autres ont souvent mentionné la montagne du Mont-Royal, comme Jacinthe, qui le longe chaque jour pour se rendre à son travail.Elle aime aller pique-niquer au lac aux Castors.C\u2019est un véritable coin de nature en plein centreville! Gilles Bélanger Camelot, Complexe Desjardins /Guy Favreau, Jeanne-Mance/René-Lévesque «Quand le ciel est gris Regarde vers la Terre Quand le ciel est bleu Regarde vers les cieux.» «Les paroles s\u2019envolent Les écrits restent Les images fessent.» L\u2019Itinéraire, 15 mars 2008 23 Pour chaque numéro vendu 2 $, 1 $ revient directement au camelot.Rien dans les mains, rien dans les poches, mais un journal dans la tête Retrouvez une dizaine de camelots dans le magDVD Le 3e OEil, en vente à tous les bons coins de rue! Mots de camelots Normand Desjardins Camelot, métros Mont- Royal et Crémazie Je vous lance un S.O.S.Je vends L\u2019Itinéraire depuis les tout débuts du journal.Vous qui passez devant moi, je fais presque partie du décor et vous acceptez ma présence.Ça me fait plaisir quand vous me dites bonjour en passant.Je suis à mon poste quand vous allez travailler le matin.Je vous vois aller magasiner et je vous retrouve en fi n de journée.Cependant, même si je travaille d\u2019arrache-pied, j\u2019ai peine à joindre les deux bouts.J\u2019ai besoin qu\u2019un grand nombre de personnes fi dèles achètent le journal.J\u2019ai besoin de vous.Vous êtes ma seule chance d\u2019atteindre mon but.Je voudrais pouvoir compter sur la vente du journal L\u2019Itinéraire comme seule source de revenu.Est-ce trop espérer?L\u2019avenir réserve sa réponse, mais j\u2019ai confi ance.J\u2019aime ma campagne urbaine! Mon coup de coeur montréalais?J\u2019ai l\u2019immense bonheur d\u2019habiter dans le quartier Ahuntsic.À pied, je suis à 15 minutes de la piste cyclable du boulevard Gouin et à la même distance du parc de l\u2019Île-de-la-Visitation, le plus petit de tous les parcs de la métropole, mais le plus beau! Il y a un sentier pédestre de 9,3 kilomètres et, l\u2019hiver, on peut y faire du ski de fond.C\u2019est le paradis pour les ornithologues qui peuvent observer plus d\u2019une quarantaine d\u2019espèces d\u2019oiseaux.De plus, la rivière des Prairies abonde de poissons pour les pêcheurs assidus qui m\u2019ont affi rmé qu\u2019ils mangeaient ce qu\u2019ils pêchaient, comme quoi la rivière n\u2019est pas très polluée.Dans ma campagne urbaine, il n\u2019y a pas de prostitution ni de revendeurs de drogues.Par contre, tout étant situé à quelques pas de l\u2019hôpital Fleury, il y a beaucoup de psychiatrisés qui, lorsqu\u2019ils sont intoxiqués, troublent la paix dans des lieux publics et, parmi eux, il y a beaucoup de mendiants.J\u2019aime ma ville, mais elle est sale en calvaire! J\u2019ai honte d\u2019être montréalaise quand je croise des touristes! Quarante ans se sont écoulés depuis l\u2019Expo 67 et le règne du maire Drapeau : à cette époque, ma ville était d\u2019une propreté exemplaire! En fait, j\u2019impute la saleté de ma ville aux citoyens qui croient dur comme fer que les travailleurs à l\u2019emploi de la ville sont grassement payés pour ramasser les cochonneries qu\u2019ils jettent à tous vents.Une mentalité d\u2019individualistes qui auraient besoin d\u2019être éduqués! Souvent, ce sont les premiers qui s\u2019insurgent contre la prostitution et le va-et-vient incessant chez les pushers dans leur quartier.Bref, le syndrome du «pas dans ma cour», mais eux ils ont le droit de polluer leur ville! Le chemin de la délinquance On m\u2019a demandé s\u2019il y a un endroit à Montréal qui est pour moi un coup de coeur.En réfl échissant à cette question, je me rends compte que oui : c\u2019est le quartier du Parc Lafontaine, où j\u2019ai passé une partie de ma jeunesse, où j\u2019ai fait mon apprentissage de la rue et où ma vie de «bum» a débuté.Enfant, fréquentant l\u2019école Le Plateau, je traversais au moins quatre fois par jour ce fameux parc qui était fréquenté par une bande de jeunes un peu vieux jeu, un peu plus vieux que moi, qui m\u2019ont appris à recevoir des coups sur la gueule et aussi à me la fermer.Aujourd\u2019hui, quand je passe près de ce parc, je me dis que c\u2019est là que j\u2019ai pris le chemin de la délinquance qui m\u2019a conduit à devenir itinérant et qui fait qu\u2019aujourd\u2019hui je vends le journal L\u2019Itinéraire.J\u2019aime mon quartier Mon lieu préféré à Montréal est sans aucun doute le quartier Hochelaga-Maisonneuve, où j\u2019habite depuis plus de 30 ans.J\u2019habitais déjà sur la rue Moreau, au nord d\u2019Hochelaga, quand j\u2019étais enfant.J\u2019ai de bons souvenirs de ce quartier.Chez Jacques, situé à l\u2019angle des rues Cuvillier et Ontario, était à la fois un restaurant et un club.Ce lieu incontournable pour les oiseaux de nuit restait ouvert jusqu\u2019à l\u2019aube.La salle de billard Le Cosmos, dans le centre d\u2019achats Ontario, était aussi un endroit où je me rendais souvent.Dans Hochelaga- Maisonneuve, on retrouve beaucoup de magasins et il est très facile de se déplacer.J\u2019apprécie beaucoup la promenade Ontario, car on y trouve de tout.Ce que j\u2019apprécie par dessus tout, ce sont les liens que j\u2019ai tissés avec les gens de mon quartier.Je ne peux pas marcher un coin de rue sans m\u2019arrêter pour saluer certaines personnes.Je me sens en sécurité quand j\u2019arrive dans le quartier.C\u2019est mieux que c\u2019était avant, dans le temps où les meurtres et les vols étaient monnaie courante.Le quartier commence à devenir plus riche.Mais même à cette époque-là, j\u2019étais attaché à mon quartier.Cependant, j\u2019apprécie que le quartier évolue dans la bonne direction, plutôt que de tomber en ruine.Par exemple, des organismes venant en aide aux personnes défavorisées se sont multipliés.C\u2019est pour toutes ces raisons que je suis heureux d\u2019habiter le quartier Hochelaga-Maisonneuve.Michel Côté Camelot, Pointe-aux-Trembles Richard T.Camelot, métro Place-des-Arts Ste-Catherine/St-Urbain Cylvie Gingras Journaliste de rue 24 L\u2019Itinéraire, 15 mars 2008 Lorsque j\u2019ai visionné un exemplaire du magDVD Le 3e OEil pour la première fois, j\u2019ai été agréablement surpris et impressionné par la qualité et l\u2019esprit professionnel du produit.Le concept est unique.C\u2019est un projet-pilote qui offre aux jeunes de la rue de 18 à 30 ans un stage d\u2019un an dans le monde de l\u2019audio-visuel.Ils ont la chance d\u2019être sur le terrain, de rencontrer leurs idoles artistiques et de réaliser quelque chose qui peut changer des vies.Ils présentent la vision de ces jeunes sur la culture émergente, la réalité de la rue et la prévention à la toxicomanie et à la violence.C\u2019est un véritable outil d\u2019intégration sociale et culturelle qui propose à la fois du divertissement et de l\u2019information.Son approche terre-àterre ne l\u2019empêche pas d\u2019être très créatif, comme vous pourrez le constater.Merci aux nombreux artistes ayant déjà accepté de participer à ce projet : Damien, Jorane, Les trois accords, François Avard, Robin Aubert, Pépé et sa guitare, Daniel Desnoyers, Gadji-Gadjo, Isabelle Blais, Les vulgaires machins, pour ne nommer que les principaux.Sans eux, le projet ne pourrait pas permettre à ces 15 jeunes d\u2019avoir une perception plus positive de la vie.Le 3e OEil est là pour accueillir chacun d\u2019eux dans leur cheminement personnel et professionnel via différents ateliers de création et de production vidéo.Son succès vient en très grande partie de l\u2019énergie, de l\u2019engagement et des nombreux talents de ces jeunes.Merci également à l\u2019équipe composée d\u2019Isabelle, de Sylvain et d\u2019Étienne pour leur coaching.Pour toutes ces raisons, ce projet me tient à coeur et j\u2019en fais la promotion, soit en en parlant directement aux gens que je rencontre, soit par écrit comme ici.Je suis également à l\u2019affût des événements spéciaux comme le Show du refuge ou des spectacles de l\u2019une des vedettes participantes; je me rends alors sur place pour présenter le DVD.Sans compter les dépliants et les affiches que je distribuerai et placerai à des endroits stratégiques.Ainsi, le petit frère de L\u2019Itinéraire grandit lentement, mais sûrement pour atteindre ses objectifs sociaux et culturels.N\u2019hésitez pas à vous le procurer auprès de nos camelots.Le 3e OEil, un petit frère qui grandit Connaissez-vous le magDVD Le 3e OEil ?Si non, permettez-moi de vous le présenter.Il s\u2019agit d\u2019un magazine sous la forme d\u2019un DVD qui se veut à la fois alternatif et complémentaire au magazine L\u2019Itinéraire.Il a vu le jour en septembre 2006 et tente de grandir à l\u2019instar de son frère aîné, soit par la voie de la publicité, des médias d\u2019information, mais surtout par nos camelots.Ces derniers vous offriront le DVD pour 5 $, soit à un prix dérisoire, grâce aux partenaires qui aident à financer le projet.Gilbert Pouliot Camelot, rue St-Denis, entre Marie-Anne et Mont-Royal L\u2019Itinéraire, 15 mars 2008 25 Environnement De l\u2019avis de plusieurs spécialistes, le couple est victime d\u2019une poursuite-bâillon ou si vous préférez d\u2019un SLAPP (strategic lawsuit against public participation).«Un SLAPP, c\u2019est une poursuite entreprise la plupart du temps par une grande compagnie contre une personne ou un groupe qui a critiqué un de ses projets pour protéger l\u2019environnement ou les consommateurs.Ces poursuites réclament souvent de gros montants et elles ont pour but de faire taire les gens en semant la peur», indique Lucie Lemonde, spécialiste des poursuitesbâillons et professeure au département des sciences juridiques de l\u2019UQÀM.Au Québec, contrairement à nos voisins américains, les poursuites-bâillons se limitent encore à quelques cas isolés.Le cas le plus célèbre est sans aucun doute celui de l\u2019Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA), qui a reçu une poursuite de 5 millions de dollars en 2005 de la compagnie AIM, laquelle estimait que l\u2019action publique et juridique de l\u2019AQLPA avait entaché sa réputation et ralenti le délai de construction de son usine.En réalité, l\u2019AQLPA avait remarqué que la compagnie AIM avait commencé les travaux de construction d\u2019une usine de déchiquetage de carcasses de voitures sur le site d\u2019un ancien dépotoir de Lévis sans avoir en main les autorisations municipales et environnementales nécessaires.L\u2019AQLPA avait alors obtenu une injonction de la Cour supérieure pour faire respecter la loi.Des conséquences désastreuses L\u2019aff aire s\u2019est fi nalement réglée à l\u2019amiable, mais les dommages demeurent.L\u2019AQLPA est passée à un cheveu de fermer ses portes.«À cause de la poursuite, notre compagnie d\u2019assurance nous a lâchés et plus personne ne voulait nous assurer.Nous avons fi nalement réussi à trouver une compagnie en Angleterre qui a accepté de nous couvrir pour 15 000 $ par année, alors qu\u2019avant ça nous coûtait seulement 1000 $», raconte André Bélisle, président de l\u2019AQLPA.Tout cela sans compter les millions dépensés en frais d\u2019avocats, qui heureusement pour l\u2019organisme ont été payés en partie par une autre compagnie également visée par la poursuite, ainsi que le stress, les heures supplémentaires, l\u2019incertitude, etc.Une loi anti-SLAPP Les quelques cas de poursuites-bâillons au Québec ont bien illustré la vulnérabilité des victimes, si bien que le gouvernement étudie la possibilité d\u2019adopter une loi anti- SLAPP.«Aux États-Unis, environ 25 États l\u2019ont déjà fait.Même si le phénomène n\u2019a pas pris autant d\u2019ampleur ici, le gouvernement doit intervenir, puisque les SLAPP aff ectent le droit à la liberté d\u2019expression, à la participation au débat public et à la liberté d\u2019association», affi rme Me Lemonde.Parmi les lois anti-SLAPP que l\u2019on retrouve dans le monde, Me Lemonde souligne que les meilleures lois anti- SLAPP permettent à la victime un traitement accéléré et le remboursement de ses frais d\u2019avocats.Dans certains cas, la compagnie ayant déposé la poursuite peut même être obligée de verser des dommages-intérêts punitifs.Les quelques cas de poursuites-bâillons au Québec ont bien illustré la vulnérabilité des victimes, si bien que le gouvernement étudie la possibilité d\u2019adopter une loi anti-SLAPP.Imaginez un instant que vous êtes un simple citoyen, voisin d\u2019un dépotoir, et que vous êtes à couteaux tirés avec le gouvernement pour des raisons environnementales.Vous militez pour la fermeture du site d\u2019enfouissement et vous recevez, un beau matin, une poursuite de plus d\u2019un million de dollars de la part des responsables du dépotoir pour atteinte à la réputation et diff amation.«Impossible», direz-vous?C\u2019est pourtant ce qui est arrivé à deux résidents de Cantley en Outaouais, Serge Galipeau et sa femme, Christine Landry.Les poursuites-bâillons Une menace au débat public Martine Letarte 26 L\u2019Itinéraire, 15 mars 2008 Il peut sembler étrange de voir des représentants de la société civile et du gouvernement burkinabés mettre le pied à Sainte-Anne-de-Bellevue, dans l\u2019ouest de Montréal, pour participer à une session de formation de trois semaines à propos des droits humains.Pourtant, c\u2019est bien ce qui se passe chaque été depuis le début des années 1990.«Le PIFDH reçoit beaucoup de participants étrangers.Chaque été, 130 personnes d\u2019environ 60 pays différents y participent.Toutefois, nous avons remarqué que chaque année un nombre significatif de gens du Burkina Faso viennent assister à la formation, ce qui témoigne d\u2019un grand intérêt de la part des Burkinabés pour l\u2019amélioration de la situation du pays en matière de droits de l\u2019homme», affirme le directeur général d\u2019Equitas, Ian Hamilton.Différentes approches Avec le PIFDH, Equitas veut renforcer les capacités des intervenants des différents pays à transmettre les valeurs de respect des droits de l\u2019homme.Pour y arriver, l\u2019ONG mise sur l\u2019éducation et la sensibilisation.«Pour changer véritablement les comportements dans les pays visés, il faut bâtir une culture des droits de la personne.Changer les lois ne suffit pas.Il faut enraciner les pratiques dans la vie quotidienne des populations», explique M.Hamilton.Au Burkina Faso, comme dans bien des pays d\u2019Afrique, plusieurs efforts restent à faire dans le domaine de l\u2019égalité homme/ femme.«Les femmes sont encore victimes de beaucoup de violence et les jeunes filles n\u2019ont pas les mêmes privilèges que les garçons.Il y a également beaucoup de travail à faire dans le domaine de la représentation des femmes en politique», poursuit-il.Equitas utilise différentes approches d\u2019éducation participative pour changer ces comportements.«Souvent, dans le monde de l\u2019éducation aux droits de l\u2019homme, on voit un expert qui parle à un groupe de la charte.Ce n\u2019est pas l\u2019approche que nous avons choisie, puisque nous intervenons avec plusieurs pays comme le Burkina Faso où une grande proportion de la population est analphabète.Réciter des textes ne fonctionne tout simplement pas.Nous choisissons plutôt des approches comme le théâtre populaire, les études de cas, les témoignages, le chant, etc., avec lesquelles nous engageons les participants dans le processus.Ça rejoint beaucoup la culture populaire de l\u2019Afrique, alors ça fonctionne très bien», soutient Ian Hamilton.«Pour changer véritablement les comportements dans les pays visés, il faut bâtir une culture des droits de la personne.Changer les lois ne suffit pas.Il faut enraciner les pratiques dans la vie quotidienne des populations» \u2014 Ian Hamilton, directeur général d\u2019Equitas Equitas au Burkina Faso Bâtir une culture des droits de la personne En matière de droits de la personne, tous les pays peuvent s\u2019améliorer.Évidemment, certains ont plus de travail à faire que d\u2019autres, mais encore fautil qu\u2019ils décident d\u2019y consacrer les efforts nécessaires.Depuis plusieurs années, le Burkina Faso redouble d\u2019ardeur dans le domaine, alors que différents intervenants participent chaque été, grâce au soutien de l\u2019Agence canadienne de développement international (ACDI), au Programme international de formation aux droits humains (PIFDH) de l\u2019ONG québécoise Equitas.Martine Letarte L\u2019Itinéraire, 15 mars 2008 Les ONG d\u2019ici Photo : REUTER/Luc Gnago Des tensions raciales dans l\u2019Ouest de l\u2019Afrique ont poussé cette jeune burkinabée et ce bébé à se réfugier dans un camp de déplacés en Côte d\u2019Ivoire.Des formateurs de diff érents horizons Pour rejoindre le plus de gens possible, le PIFDH se donne simultanément en français et en anglais.«C\u2019est quelque chose de très apprécié notamment des Africains, puisque généralement les pays anglophones du continent n\u2019ont pratiquement pas de contact avec leurs voisins francophones.Pendant ces trois semaines, ils ont la chance d\u2019échanger et d\u2019apprendre de l\u2019expérience de l\u2018autre», indique le directeur général d\u2019Equitas.Les formateurs du PIFDH sont des professeurs de droit d\u2019ici et d\u2019ailleurs ou des activistes des droits de la personne.Ian Hamilton ajoute qu\u2019Equitas a la chance d\u2019avoir parmi ses formateurs deux activistes burkinabés depuis déjà plusieurs années.«C\u2019est important puisque les participants africains peuvent s\u2019identifi er à des formateurs qui connaissent bien la complexité de leur continent.» Plusieurs initiatives prennent forme Si le PIFDH est devenu un rendez-vous annuel pour plusieurs intervenants du domaine des droits humains d\u2019un peu partout dans le monde, il a également été l\u2019initiateur de diff érents projets.L\u2019été dernier, toujours en collaboration avec l\u2019ACDI, une session de formation sur les droits humains a notamment eu lieu à Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso.«En nous déplaçant dans le pays, nous avons pu rejoindre beaucoup plus de gens qui travaillent sur le terrain.Nous avons également pu revoir des gens qui sont venus suivre la formation au Québec, il y a quelques années, voir leur évolution et les défi s qu\u2019ils ont rencontrés depuis», se réjouit M.Hamilton.La prochaine étape pour Equitas au Burkina Faso sera de travailler avec les intervenants locaux pour qu\u2019ils soient en mesure de donner eux-mêmes dans leur pays des formations semblables à celle de Montréal.«Ils pourront ensuite parcourir le pays entier pour aller rejoindre les gens de partout, même dans les coins les plus reculés du Burkina Faso.Il sera possible d\u2019y arriver, puisque notre partenariat avec le pays est très fort.Les groupes qui militent pour les droits humains sont très solides, très engagés et déjà beaucoup de travail a été fait.Des améliorations sont visibles dans le pays, notamment en ce qui a trait au nombre de femmes qui prennent part à la vie politique.Aujourd\u2019hui, les femmes savent qu\u2019elles peuvent se présenter aux élections et même qu\u2019il est nécessaire que certaines d\u2019entre elles le fassent», indique M.Hamilton.Enfi n si les sessions de formation des intervenants n\u2019ont lieu qu\u2019une fois par année, les liens créés s\u2019entretiennent dans la vie de tous les jours, notamment grâce à Internet, ajoute le directeur général d\u2019Equitas.«Nous avons créé un forum de discussions sur notre site Web pour les anciens participants du PIFDH.Ainsi, ils peuvent poursuivre les échanges, solidifi er leur réseau, poser des questions, parler de leurs expériences, etc.Cette initiative est très appréciée parce qu\u2019elle témoigne d\u2019une certaine solidarité entre les défenseurs des droits de la personne, qui se sentent souvent seuls et isolés dans leur coin de pays.» .www.equitas.org Cet article est produit en collaboration avec le gouvernement du Canada par l\u2019entremise de l\u2019Agence canadienne de développement international (ACDI). 28 L\u2019Itinéraire, 15 mars 2008 Selon une représentante de la société d\u2019État, Linda Bouchard, plusieurs nouveaux produits bios seront sur les étagères au printemps ou à l\u2019été prochain.Un appel d\u2019offres est actuellement en cours.Les Québécois sont les plus grands importateurs de vins français au monde, grâce au monopole de la SAQ.Depuis une dizaine d\u2019années, le pinard est devenu l\u2019alcool le plus consommé dans la Belle Province.De l\u2019autre côté de l\u2019Atlantique, Laurent Foubert est le propriétaire de Chez Pantagruel, un distributeur de vins situé à Paris, dans le 5e arrondissement.Son entreprise affirme ne vendre que des produits «éthiques».«C\u2019est comme lorsqu\u2019on décide d\u2019acheter un sac de café équitable, explique-t-il.C\u2019est une façon de défendre un système de production qui respecte le terroir.Nos produits ne sont pas tous biologiques, mais nous nous opposons à une production qui pollue et qui est irrespectueuse de la nature.» Ce passionné du vin avance que le terroir est un des trésors de la France.Il regrette que des viticulteurs aient perdu des traditions plusieurs fois centenaires.Les consommateurs et les producteurs ont le devoir de protéger cet héritage, selon Laurent Foubert.«Le vin est le résultat d\u2019une interaction entre des générations d\u2019hommes et la nature.Les vignerons ont réussi à donner un sens à des trésors naturels cachés dans le sol.Il y a une unité exceptionnelle entre le créateur et la terre.» En 2003, les États membres de l\u2019Organisation des Nations unies pour l\u2019éducation, la science et la culture ont adopté une convention sur le patrimoine culturel immatériel.Entrée en vigueur au mois d\u2019avril 2006, elle concerne les traditions à sauvegarder, les langues et cultures menacées, les savoir-faire artisanaux à transmettre ou les expressions artistiques vivantes.En association avec une cinquantaine de vignerons, Laurent Foubert milite pour que l\u2019UNESCO reconnaisse les vignobles de France comme un patrimoine culturel immatériel.Trop de producteurs ont perdu leur rapport privilégié avec la terre, déplore-t-il.Il avance même que la réputation du vin français est surfaite.«La proportion des vignerons «La proportion des vignerons qui produisent des vins authentiques est minoritaire.Pourtant, c\u2019est grâce à eux si le vin français conserve sa renommée.» \u2014 Laurent Foubert, propriétaire de Chez Pantagruel, un distributeur de vins qui ne vend que des produits «éthiques» Respec t e rs on pinard Avec toutes les bouteilles de vins présentes sur les étagères, il ne s\u2019agit pas seulement de consommer avec modération, mais aussi de boire de façon responsable.De plus en plus de vins biologiques sont disponibles à la Société des alcools du Québec (SAQ).Simon Coutu L\u2019Itinéraire, 15 mars 2008 29 qui produisent des vins authentiques est minoritaire.Pourtant, c\u2019est grâce à eux si le vin français conserve sa renommée.» Le seul produit distribué par Chez Pantagruel disponible à la SAQ est le vin blanc du Domaine des huards, de la région du Val de Loire.Le sang de la terre Le chroniqueur spécialiste du vin, Jean- François Demers, comprend pourquoi certains petits producteurs viticoles peuvent trouver les grands vignobles dérangeants.«En France, l\u2019industrie du vin est plus importante que l\u2019industrie de l\u2019automobile.Les vignerons sont souvent des hommes d\u2019aff aires impor-tants.Les petits se trouvent souvent dans leur ombre.» Il croit néanmoins que l\u2019Hexagone mérite toujours sa réputation de référence mondiale dans le domaine du vin.«Les Français produisent le meilleur et le pire.C\u2019est aussi le pays où l\u2019on trouve les plus grands centres mondiaux de recherche sur le vin.» Jean-François Demers ajoute que les vignobles sont très surveillés par les médias.Même s\u2019il y a des charlatans, l\u2019industrie viticole est bien contrôlée.«Le vin est un breuvage noble.C\u2019est certain qu\u2019il y a de grosses entreprises qui en font comme d\u2019autres fabriquent du Coke.Celui qui produit de façon irresponsable va vite être pointé du doigt.Un vignoble, ce n\u2019est pas comme un champ de pot, c\u2019est diffi cile à cacher.» Boire bio?Au Québec, une façon sûre d\u2019encourager les vignerons qui respectent la terre et la tradition est de consommer des produits biologiques.«Le bio permet d\u2019ouvrir le débat sur la manière de produire le vin, affi rme Jean-François Demers.Certains viticulteurs français ont même fait la preuve qu\u2019il coûte moins cher d\u2019opter pour le bio.» Le chroniqueur croit toutefois que le biologique ne doit pas devenir une religion.«La bannière bio ne devrait pas être une excuse pour vendre du mauvais vin.» Carole Desrochers est une vigneronne qui produit le seul vin biologique québécois.Le Vignoble des Négondos est situé à Saint-Benoît de Mirabel dans la région des Basses-Laurentides.Contrairement à la législation en vigueur en France, les normes québécoises fixées par le Conseil des appellations agroalimentaires du Québec ne régissent que la production du raisin, et non sa transformation.«On s\u2019inspire des normes européennes.Mais il nous est impossible de faire du vin sans soufre, car notre produit serait bien trop instable.Il y a une dérogation internationale à ce sujet, mais nous en mettons le moins possible.» Les vins du Vignoble des Négondos sont disponibles directement sur la ferme familiale ou au Marché de l\u2019Ouest à Dollarddes- Ormeaux.Pour la productrice de vin bio, une consommation responsable implique aussi d\u2019acheter le plus local possible.«Acheter biologique est une bonne façon de faire attention à sa santé et à celle des générations à venir.Acheter local permet de créer des emplois au Québec et de stimuler notre tourisme.» Santé/Bien-être "]
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