L'itinéraire, 1 janvier 2008, mardi 15 juillet 2008
[" Volume XV, Numéro 14, Montréal, 15 juillet 2008 2$ Le magazine des grandes causes Alain Lefèvre P i a n i s t e h u m a n i s t e L\u2019Itinéraire / 15 juillet 2008 L\u2019Itinéraire / 15 juillet 2008 Le magazine L\u2019Itinéraire a été créé en 1992 par Pierrette Desrosiers, Denise English, François Thivierge et Michèle Wilson.À cette époque, il était destiné aux gens en difficulté et offert gratuitement dans les services d\u2019aide et les maisons de chambres.Depuis mai 1994, L\u2019Itinéraire est vendu régulièrement dans la rue.Cette publication est produite et rédigée en majorité par des personnes vivant ou ayant connu l\u2019itinérance, dans le but de leur venir en aide et de permettre leur réinsertion sociale et professionnelle.La direction de L\u2019Itinéraire tient à rappeler qu\u2019elle n\u2019est pas responsable des gestes des vendeurs dans la rue.Si ces derniers vous proposent tout autre produit que le journal ou sollicitent des dons, ils ne le font pas pour L\u2019Itinéraire.Si vous avez des commentaires sur les propos tenus par les vendeurs ou sur leur comportement, communiquez sans hésiter avec le 514 525-5747, poste 230.Convention de la poste publication No 40910015, No d\u2019enregistrement 10764.Retourner toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada, au Groupe communautaire L\u2019Itinéraire, 2100, boul.de Maisonneuve Est, Montréal (Québec) H2K 4S1, itineraire@itineraire.ca Nous reconnaissons l\u2019aide financière accordée par le gouvernement du Canada pour nos coûts d\u2019envoi postal et nos coûts rédactionnels, par l\u2019entremise du Programme d\u2019aide aux publications et du Fonds du Canada pour les magazines.Le magazine L\u2019Itinéraire Éditeur et directeur général : Serge Lareault Rédactrice en chef : Audrey Coté Adjoint à la rédaction : Jérôme Savary Infographistes : Serge Cloutier, Mélissa Deschênes Photo de couverture : Éric Carrière Révision : Lorraine Boulais, Hélène Pâquet, Sylvie Martin, Sophie Desjardins, Pierre Aubry, Édith Verreault, Isabel Matte, Michel Camus, Julie Pelletier, Nicolas Joly, Jean-Pierre Bourgault, Nicole Éva Morin, Noëlle Samson, Philippe Robert et Jean Guimond Site Internet : Serge Cloutier, Drafter.com Imprimeur : Quebecor World Conseillers publicitaires Renée Larivière :1 866 255-2211 renee.lariviere@itineraire.ca Mario St-Pierre :1 866 570-6668 mario.stpierre@itineraire.ca Le conseil d\u2019administration Président : Robert Beaupré Vice-président : Jean-Paul Baril Trésorier : Amélie Laframboise Secrétaire : André Martin Conseillers : Tanéa Castro, Gabriel Bissonnette (rep.camelots), Alexandre Péloquin, Yvon Massicotte et Pierre Goupil L\u2019administration Directeur général : Serge Lareault Directeur marketing/communications : Richard Turgeon Directrice de l\u2019insertion sociale : Jocelyne Sénécal Directeure de l\u2019administration et des ressources humaines : France Beaucage Adjointe à l\u2019administration : Nathalie Gélinas Conseiller au développement stratégique et financement : Mario St-Pierre Conseillère au développement stratégique et médias : Chantal Forman Conseiller au développement stratégique et partenariats : Guillaume Lacroix ISSN-1481-3572 L\u2019Itinéraire est entièrement recyclable L\u2019Itinéraire est membre de : Association nord-américaine des journaux de rue Le réseau international des journaux de rue Rédaction et administration \u2022 2100, boul.de Maisonneuve Est, bur.001 Montréal (Qc) H2K 4S1 Le Café sur la rue \u2022 2101, rue Ste-Catherine Est MagDVD Le 3e OEil \u2022 2103, rue Ste-Catherine Est, 2e étage Téléphones : 514 597-0238 514 525-5747 (services rue Ste-Catherine) Télécopieur : 514 597-1544 Courriel : itineraire@itineraire.ca Site : www.itineraire.ca Le Groupe communautaire L\u2019Itinéraire est un organisme à but non lucratif fondé en 1990 pour aider les personnes de la rue.Le conseil d\u2019administration est composé en majorité de personnes ayant connu l\u2019itinérance, l\u2019alcoolisme ou la toxicomanie.Sommaire Abonnement www.itineraire.ca ou 514 597-0238 L\u2019Itinéraire est appuyé financièrement par Actualité et vie urbaine Culture La une Santé/Bien-être Environnement Développement social Économie/consommation Expression 8 Le premier parcours des droits de l\u2019enfant 9 Entrevue avec l\u2019ombudsman de Montréal 10 Les artistes Mimi Traillette et Jean-Michel Cholette 11 Rencontre avec le poète Danny Plourde 12 Alain Lefèvre, pianiste humaniste 14 Un traitement miracle contre la dyslexie 18 Le monde selon Monsanto ou comment détenir la vie 20 La famille Bonneau 21 Liberté de presse 23 Le P.A.S.de la rue et les personnes âgées 24 Belle et équitable grâce au beurre de karité 27 Mots de camelots 29 La pire défectuosité de la race humaine (chronique) 30 Mots croisés L\u2019Itinéraire / 15 juillet 2008 édito Dans son éditorial du 15 avril dernier, L\u2019Itinéraire a dénoncé le laxisme de la Ville de Montréal à mettre en oeuvre sa Stratégie d\u2019inclusion de logements abordables dans les nouveaux projets résidentiels dans le dossier de la gare-hôtel Viger.Cette stratégie d\u2019inclusion prévoit la construction d\u2019au moins 15 % de logements sociaux et communautaires dans tous les projets résidentiels d\u2019envergure.Dans ce mégaprojet de 350 millions $, tout semblait coulé dans le béton : le promoteur irait de l\u2019avant, sans inclure de logements sociaux.Au terme d\u2019une importante mobilisation d\u2019organismes communautaires, la Ville de Montréal s\u2019est finalement lancée dans une opération de rattrapage en parvenant à une entente avec le promoteur: Viger DMC investira 750 000 $ dans la construction de logements sociaux.Le promoteur s\u2019est aussi engagé à travailler en partenariat avec la table de concertation Habiter Ville-Marie et la Direction de l\u2019habitation de la Ville de Montréal pour déterminer les besoins du milieu.«C\u2019est une forme innovatrice de l\u2019application de notre Stratégie d\u2019inclusion de logements abordables dans les nouveaux projets résidentiels », a déclaré dans un communiqué le responsable de l\u2019habitation au comité exécutif de la Ville de Montréal, M.Cosmo Maciocia.Malgré l\u2019heureux dénouement du projet de la gare-hôtel Viger, la vigilance s\u2019impose.«Actuellement, le développement du centreville se fait au gré des forces du marché.La Ville n\u2019impose aucune contribution aux promoteurs», a expliqué à L\u2019Itinéraire le président d\u2019Habiter Ville-Marie et coordonnateur du Comité social Centre- Sud, Éric Michaud.Il ajoute également que l\u2019arrondissement Ville-Marie doit prioriser l\u2019inclusion de logements communautaires dans le cadre de chaque projet d\u2019envergure.«Dans le processus d\u2019un projet immobilier, c\u2019est d\u2019abord l\u2019arrondissement qui l\u2019analyse et qui négocie avec les promoteurs», insiste Éric Michaud.Selon le président de Habiter Ville-Marie, il faudrait que l\u2019arrondissement Ville-Marie fasse mieux valoir la Stratégie d\u2019inclusion.«En dernière instance, dit M.Michaud, lorsque la Ville centrale approuve un projet déjà ficelé, il est moins évident de revenir en arrière et d\u2019exiger des promoteurs d\u2019inclure du logement social.» Que rétorque le maire de l\u2019arrondissement Ville-Marie à M.Michaud?Sans surprise, Benoit Labonté affirme ne pas avoir suffisamment de contrôle sur les mégaprojets qui concernent Ville-Marie: «Si on oblige les promoteurs à inclure systématiquement des logements sociaux, plusieurs vont aller ailleurs.» Mais pourquoi donc un promoteur ayant choisi de concentrer ses activités économiques et touristiques au centre-ville aurait plus d\u2019avantages à déménager son projet?M.Labonté est d\u2019accord pour dire que le centre-ville est effectivement alléchant pour les promoteurs immobiliers, mais persiste à affirmer que «sa capacité de coercition est très limitée».Malgré cela, le maire dit faire la promotion du modèle de la gare-hôtel Viger auprès de futurs promoteurs.Le projet de la gare-hôtel Viger doit servir de modèle de développement socio-économique dans l\u2019arrondissement Ville-Marie et pour l\u2019administration municipale.Comme le réclame Habiter Ville-Marie, la Stratégie d\u2019inclusion de logements abordables dans les nouveaux projets résidentiels doit devenir non négociable.Rien ne justifie que des promoteurs immobiliers n\u2019investissent pas un sou dans le développement social de l\u2019arrondissement qui accueille leur projet.En attendant, l\u2019application de la Stratégie d\u2019inclusion dépend de l\u2019acharnement des groupes communautaires à monter aux barricades pour chaque mégaprojet immobilier.L\u2019exemple de la gare-hôtel Viger La Ville peut assurer l\u2019inclusion de logements sociaux\u2026 si elle le veut! Peu de revendications communautaires adressées aux sociétés immobilières et à la Ville débouchent sur un partenariat favorisant les plus démunis.En voici une : le 16 juin dernier, la Ville de Montréal a conclu une entente avec Viger DMC International, promoteur de la revitalisation de la gare-hôtel Viger.Le promoteur a finalement décidé d\u2019investir 750 000 $ dans la construction d\u2019un projet hors site de 43 unités de logement social et communautaire destinés aux personnes itinérantes dans l\u2019arrondissement Ville-Marie.Bien qu\u2019elle demeure symbolique, cette victoire a le mérite de mettre en lumière la capacité de la Ville de Montréal à faire respecter sa Stratégie d\u2019inclusion de logements abordables dans les nouveaux projets résidentiels.Audrey Coté Rédactrice en chef audrey.cote@itineraire.ca «Dans le processus d\u2019un projet immobilier, c\u2019est d\u2019abord l\u2019arrondissement qui l\u2019analyse et qui négocie avec les promoteurs» \u2014 Éric Michaud, président de Habiter Ville-Marie L\u2019Itinéraire / 15 juillet 2008 À quoi sert mon don?Pour la réinsertion sociale La mission du Groupe est d\u2019accroître l\u2019autonomie et le développement individuel et social des personnes qui connaissent des difficultés liées à la pauvreté et à l\u2019itinérance.L\u2019Itinéraire aide les personnes à retrouver leur place dans la société et à développer leur estime de soi.Six mois après la fréquentation de l\u2019organisme, la presque totalité des participants retrouve un endroit pour vivre.Les cartes-repas Un don qui nourrit réellement ! En contribuant au Fonds des cartes-repas, votre don permet de nourrir une personne dans le besoin au Café sur la rue de L\u2019Itinéraire.Des services psychosociaux y sont également offerts.Vous pouvez vous-mêmes distribuer ces cartes dans la rue ou les confier à nos intervenants qui les offriront à ceux qui ont faim.L\u2019abonnement Quand on ne peut l\u2019acheter sur la rue Votre abonnement nous permet de continuer de publier notre magazine et de maintenir nos services.Mais L\u2019Itinéraire, c\u2019est plus qu\u2019un magazine.C\u2019est un moyen concret qui améliore les conditions de vies des personnes de la rue.Contribuer à L\u2019itinéraire Faites le choix d\u2019une ou de plusieurs façons de contribuer : qDon1 à l\u2019organisme de charité Je fais un don de _______ $ qCommande de cartes-repas1-2 J\u2019achète ____ cartes x 3$/chaque = _______ $ qPostez-moi les cartes-repas pour que je les distribue2 qJe désire que vos intervenants les distribuent qAbonnement3 Je m\u2019abonne pour 1 an, 24 numéros (48$, taxes et frais d\u2019envoi inclus) _______ $ Total de votre paiement:____________$ Vous pouvez aussi faire un don en ligne à www.i t ine ra i r e.ca Notes : 1 Reçus envoyés à la fin de l\u2019année pour les dons de 10$ et plus.2 En vertu d\u2019une loi de Revenu Canada, les cartes achetées que vous distribuez vous-mêmes ne sont pas admissibles aux déductions fiscales.3 Il n\u2019y a pas de reçu de charité pour les abonnements.M.q Mme.q Prénom : ______________________Nom : _____________________________ Entreprise : ______________________________________________________ Adresse : _____________________________________________ App.______ Ville : _________________________________ Province : _________________ Code Postal : ___________________ Téléphone : ( ) ___________________ Courriel : ________________________________________________________ Paiement qChèque au nom du Groupe communautaire L\u2019Itinéraire q Visa, Master Card I__I__I__I__I__I__I__I__I__I__I__I__I__I__I__I__I No de carte Expiration ____ / 20____ Mois Année Signature X____________________________________ + + + Postez ce coupon au Groupe communautaire L\u2019Itinéraire 2100 de Maisonneuve Est.Suite 001, Montréal (Québec) H2K 4S1 Pour information : www.itineraire.ca ou 514 597-0238 poste 235 Faits saillants de L\u2019Itinéraire 2 000 personnes aidées par année 30 000 repas servis au Café sur la rue 350 camelots vendant L\u2019Itinéraire à Montréal 100 emplois en réinsertion socioprofessionnelle Ensemble nous pouvons changer leur vie Un camelot vous a encouragé à vous abonner ?Nom ou numéro d\u2019identification pour sa récompense: ___________________________________________ L\u2019Itinéraire / 15 juillet 2008 Pour une troisième année consécutive, la Fondation Marcelle et Jean Coutu soutient financièrement les activités du magDVD Le 3e OEil.«Nous avons pu constater les résultats positifs découlant du projet.C\u2019est donc avec fierté que notre Fondation poursuit son implication pour la continuité de ce beau projet», souligne la présidente, Madame Marie-Josée Coutu.Faisant preuve d\u2019enthousiasme dès la présentation du projet en 2006, la Fondation est demeurée fidèle à son engagement envers les jeunes participants du 3e OEil.La Fondation Marcelle et Jean Coutu vient en aide aux défavorisés, aux femmes et aux enfants maltraités afin de lutter contre l\u2019usage des drogues au Québec et au Canada.La Fondation soutient également de nombreux projets dans des pays en voie de développement et subventionne plusieurs organisations.M.Coutu s\u2019est d\u2019ailleurs impliqué lui-même en donnant de l\u2019aide terre-à-terre et efficace aux victimes de la sécheresse du Mali en faisant creuser des puits et en plantant des arbres.Tous les membres de l\u2019équipe du Groupe L\u2019Itinéraire, plus particulièrement les jeunes participants aux activités du magDVD, remercient vivement la Fondation.Cet important soutien témoigne des actions positives réalisées et nous encourage à développer davantage ce secteur d\u2019activité pour les jeunes de la rue.(M.S.-P.) La Fondation Marcelle et Jean Coutu : fidèle partenaire de L\u2019Itinéraire Madame Marie-Josée Coutu L\u2019Industrielle Alliance avec L\u2019Itinéraire L\u2019Industrielle Alliance fait maintenant partie des partenaires de L\u2019Itinéraire.La réception d\u2019un premier don visant à soutenir notre mission de base ravit notre équipe.Dans un contexte où les bailleurs de fonds gouvernementaux se retirent peu à peu, l\u2019engagement de partenaires privés est vital pour le maintien de services et activités essentiels aux plus démunis.L\u2019Itinéraire remercie vivement l\u2019Industrielle Alliance pour ses préoccupations sociales et humaines.(M.S.-P.) Communauté de L\u2019Itinéraire L\u2019Itinéraire / 15 juillet 2008 Au coeur du quar tier Hochelaga- Maisonneuve, ce parcours unique en son genre propose 10 panneaux d\u2019information, chacun présentant un droit relatif aux enfants accompagné d\u2019une photo et d\u2019un commentaire du pédiatre social Gilles Julien, qui est parrain des Petits bonheurs et bien connu des enfants du quartier.«Le Canada est signataire de la Convention relative aux droits de l\u2019enfant, mais les responsables politiques canadiens ne savaient pas comment appliquer concrètement cette convention dans la communauté.Nous, on sait comment l\u2019appliquer», assure tranquillement le Dr Julien.Grâce à cette initiative, les droits des enfants deviennent une préoccupation plus tangible aux yeux des habitants d\u2019Hochelaga- Maisonneuve.«Ce parcours est un projet symbolique, et le symbolisme permet la mobilisation citoyenne», explique M.Julien.Tourné vers l\u2019action Le surplace, il ne connaît pas.Le Dr Julien veut agir pour améliorer le sort des enfants qui ont pris un départ chaotique dans leurs premières années de vie.«On voulait que la communauté se mouille, ajoutet- il.Désormais, puisque des organismes comme le CLSC affichent un droit en face de leur édifice, on se sent légitimé de leur demander que ce droit soit effectivement respecté.» Aux côtés de ses parents présents lors de l\u2019inauguration du parcours, la «grande» Jessica Goulet (qui n\u2019aime pas se faire appeler «petite»), 9 ans, a posé fièrement en compagnie du docteur.Que lui trouve-telle à ce docteur?«Il est beau!» dit-elle dans un grand sourire.La mère de Jessica, Suzanne Robitaille, connaît Gilles Julien depuis dix ans et tenait à être présente lors de cet événement : «Mes deux garçons Alexandre et Gabriel, souffraient de dysphasie, et grâce au docteur Julien, ils vont à l\u2019école sans problème et se développent bien.J\u2019aime bien le docteur Julien, car c\u2019est facile de lui parler, il prend toujours cinq minutes pour nous rencontrer.Il nous comprend et ne nous juge pas.Il est plus qu\u2019un simple médecin.» Dix lieux ont été choisis pour accueillir les dix étapes de ce Parcours des droits de l\u2019enfant : Assistance pour enfants en difficulté, la bibliothèque Hochelaga, le Carrefour familial Hochelaga, le Carrefour Jeunesse du CCSE Maisonneuve, le CLSC H-M, la Cuisine collective H-M, l\u2019École Baril, la maison de la culture Maisonneuve, la Maison des enfants de l\u2019île de Montréal et le parc Hochelaga.Pour en savoir davantage, consultez le site www.petitsbonheurs.ca/parcours Photo : Éric Carrière La «grande» Jessica Goulet, 9 ans, et le Dr Gilles Julien, qui est, en collaboration avec l\u2019organisme Petits bonheurs, à l\u2019origine du premier Parcours des droits de l\u2019enfant dans Hochelaga-Maisonneuve.Ancrer les droits de l\u2019enfant dans la communauté Jérôme Savary Adjoint à la rédaction Leurs droits ont beau être reconnus par une convention des Nations Unies et par une déclaration internationale, les enfants peinent encore à les faire reconnaître.Grâce au premier Parcours des droits de l\u2019enfant, inauguré dans l\u2019arrondissement Hochelaga-Maisonneuve au mois de juin, l\u2019organisme Petits bonheurs et le Dr Gilles Julien rappellent que chaque enfant occupe une place importante dans notre société.«Le communautaire doit évoluer vers l\u2019entreprise sociale» \u2014 Gilles Julien En dépit de sa sérénité et de son calme apparents, Gilles Julien veut que ça bouge.À ses partenaires du milieu communautaire, il propose une nouvelle organisation de leurs forces.«Pour pouvoir développer nos projets et nos idées à leur maximum, il faut faire évoluer les organismes communautaires vers la notion d\u2019entreprise sociale, dit-il.Pour mobiliser les ressources financières de l\u2019entreprise privée, nous avons besoin de mettre en commun nos forces, car les organismes communautaires sont tellement en mode survie qu\u2019ils ne peuvent pas utiliser leur expertise à son maximum.» Actualité & vie urbaine L\u2019Itinéraire / 15 juillet 2008 L\u2019Itinéraire : À quoi sert l\u2019Ombudsman de Montréal?Me Johanne Savard : Notre rôle est vraiment de nous assurer que les droits municipaux des citoyens sont respectés par la Ville de Montréal.Je ne suis subordonnée à personne.Je ne subis aucune influence politique.Quand des citoyens viennent nous voir parce qu\u2019un de leurs droits municipaux n\u2019a pas été respecté et qu\u2019ils ont déjà essayé de régler la situation, mais sans succès, on effectue une analyse complètement indépendante et neutre.On examine la situation sous l\u2019angle légal, mais également sous celui de la justice et de l\u2019équité.Lorsqu\u2019elle le juge approprié, l\u2019Ombudsman de Montréal intervient au nom des citoyens auprès des représentants de la Ville afin de trouver une entente et de changer les choses.L\u2019Ombudsman n\u2019est pas un tribunal : la procédure est plus conviviale et beaucoup plus rapide pour les citoyens puisque 90 % des demandes sont traitées en moins d\u2019un mois.Ce service gratuit ne s\u2019adresse pas uniquement aux résidants de Montréal, mais à tous ceux qui utilisent les services de la Ville.En revanche, les services de police et de transport sont exclus de notre juridiction.À quel moment peut-on s\u2019adresser à l\u2019Ombudsman de Montréal?Nous offrons une solution de dernier recours, et les 1500 demandes annuelles que nous recevons ne tombent pas toutes sous notre juridiction.Même dans ces cas-là, on prend le temps de diriger le citoyen au bon endroit, car les citoyens qui viennent nous voir ne savent plus à quelle porte frapper et sont souvent désespérés.Comment êtes-vous perçue par les gestionnaires de Montréal?Ce n\u2019est pas facile au départ pour eux d\u2019accepter qu\u2019un étranger puisse venir mettre le nez dans «leurs» dossiers et leur dire qu\u2019ils se sont peut-être trompés ou qu\u2019ils gèrent mal.Ces employés ont une expertise, ont la responsabilité d\u2019un secteur, et je trouve, contrairement à l\u2019opinion publique, qu\u2019il y a de nombreuses personnes très compétentes et dévouées à la Ville.Au début, ils me voyaient arriver comme un inquisiteur qui cherche des coupables.C\u2019est vrai qu\u2019on a un pouvoir d\u2019enquête et qu\u2019on vient poser des questions, mais c\u2019est aussi pour mieux comprendre.Une fois sur deux, la Ville a raison, mais le citoyen ne comprend pas la décision.L\u2019Ombudsman doit d\u2019abord bien comprendre le problème pour être en mesure de bien l\u2019expliquer au citoyen.Donnez-nous des exemples de dossiers que l\u2019Ombudsman a traités avec succès.Le dossier de l\u2019accessibilité des personnes handicapées aux services municipaux nous préoccupe beaucoup.Par exemple, on a demandé que la fente aménagée dans les bornes de stationnement pour glisser sa carte de crédit soit abaissée afin de permettre aux personnes en chaise roulante de payer leur stationnement.Nous sommes également intervenus pour assurer la régénération naturelle de la forêt Angrignon.Dans ce cas, des citoyens se sont plaints du manque de propreté dans le parc.Après avoir consulté des experts, nous avons constaté que la forêt était abîmée par les outils mécaniques de nettoyage.Nous avons obtenu de l\u2019arrondissement l\u2019engagement que l\u2019entretien soit désormais entièrement fait à la main pour préserver la forêt.Par ailleurs, nous recevons de nombreuses demandes d\u2019intervention relatives aux nuisances sonores liées notamment aux bars.C\u2019est notre gros défi et nous avons réussi à faire augmenter le nombre d\u2019employés affectés à ces demandes.Le règlement de ces dossiers est plus long, surtout si les commerçants visés refusent de collaborer.Mais on ne lâche pas le morceau et on finit par avancer dans ces dossiers-là.Avec 1500 demandes traitées chaque année, nos interventions ont un impact sur la vie des citoyens.Infos : ville.montreal.qc.ca/ombudsman Tél.: 514 872-8999 «Nos interventions ont un impact sur la vie des citoyens.» \u2014 Johanne Savard, Ombudsman de Montréal Johanne Savard, Ombudsman de Montréal Ombudsman de Montréal À la défense des citoyens Jérôme Savary La Ville de Montréal est la première ville au Canada à avoir son ombudsman, et ce, depuis 2003.Totalement indépendant de l\u2019administration municipale, l\u2019Ombusdman de Montréal est là pour défendre les droits municipaux des citoyens.«Faire appel à nos services ne coûte rien et ce n\u2019est pas compliqué du tout», insiste l\u2019ombudsman, Me Johanne Savard.Cette femme, qui nous a reçus dans ses bureaux de l\u2019hôtel de ville, nous a semblé énergique et décidée.Nul doute, la défense de vos droits est entre bonnes mains.Photo : Jérôme Savary Actualité & vie urbaine Quelques minutes en retard, Jean-Michel Cholette installe sa dernière toile.Un peu illusionniste, cet artiste montréalais réalise des oeuvres horrifiantes et poignantes.On pourrait croire que Jean-Michel Cholette est un sombre personnage.Détrompez-vous, son sourire est contagieux! Pourquoi créez-vous?Pour avoir l\u2019impression de faire quelque chose à mon image.Je veux laisser ma marque, m\u2019exprimer.Je sens ainsi que j\u2019ai une meilleure emprise sur la vie.Comment avez-vous commencé à créer?J\u2019ai toujours eu un crayon ou un pinceau dans les mains.Ça m\u2019aide à me concentrer sur moi-même.Je tombe dans la lune et ça me détend.Que vous faut-il pour créer?Tout d\u2019abord, je me compose une ambiance avec de la bonne musique.Ensuite, il me faut de bons matériaux.Je veux du bois de qualité et du vernis haut de gamme, peu importe le prix.Finalement, l\u2019essentiel, il me faut une bonne idée.Comment Montréal vous inspire-t-elle?Montréal fourmille.Je connais des tonnes d\u2019artistes, il y en a tout un réseau.Le milieu a de l\u2019influence sur la société, c\u2019est bien.Avez-vous un message à faire passer?N\u2019arrêtez jamais de faire de l\u2019art.C\u2019est intéressant de voir jusqu\u2019où le style d\u2019une personne peut évoluer avec les années.Usine 106u Chaque premier jeudi du mois, l\u2019Usine 106U, située au coeur du Plateau Mont-Royal, se remplit d\u2019oeuvres d\u2019artistes émergents.Plus de 24 artistes trouvent refuge dans cette ancienne usine recyclée en lieu de création.L\u2019Itinéraire a rencontré certains de ces artistes pour discuter création et inspiration.Usine 106U : http://profile.amyspace.com/usine106u Marie-Ève Muller Journaliste stagiaire Sourire aux lèvres, Mimi Traillette montre ses oeuvres.Créatrice de pieuvres-toutous, peintre colorée, elle est prête à avaler le monde.Ces personnages enfantins rappellent les bandes dessinées japonaises.L\u2019artiste aux cheveux noirs fait partie des fondatrices de l\u2019Usine 106U.Pourquoi créez-vous?Ça vient tout seul, comme boire ou manger\u2026 Comment avez-vous commencé à créer?Je dessine, du plus loin que je me souvienne.Pour ce qui est des toutous, j\u2019ai commencé dans un souper d\u2019amis.Nous avons eu le projet de fabriquer des peluches.Ma pieuvre a tellement fait fureur qu\u2019elle est devenue ma marque de commerce.Que vous faut-il pour créer?Du bordel.Tout doit traîner autour de moi, fin de l\u2019histoire.Vous devriez voir mon appartement! Comment Montréal vous inspire-t-elle?J\u2019adore m\u2019installer dans un parc pour créer.La ville est parfaite pour ça.Quelle est votre oeuvre préférée?C\u2019est dur d\u2019avoir un chouchou parmi ses oeuvres.Sinon, j\u2019aime bien tout ce qu\u2019on retrouve dans les revues graphiques.Avez-vous un message à faire passer?Il faut mettre de l\u2019humour et de la fantaisie dans sa vie.Se prendre au sérieux n\u2019avance à rien.La meilleure façon d\u2019être heureux est de s\u2019apprécier soi-même, tout simplement.Mimi Traillette Haut les mains, sale pieuvre! Jean-Michel Cholette Des peintures belles à faire peur Mimi Traillette L\u2019artiste peintre Jean-Michel Cholette L\u2019Itinéraire / 15 juillet 2008 11 Le métier de poète, en ce début de 21e siècle consiste d\u2019abord à redonner espoir en l\u2019humanité, croit Danny Plourde : «Le poète doit être un éveilleur de conscience et dire : \"Regardez, l\u2019histoire n\u2019est pas finie, n\u2019abandonnez pas!\"» Selon lui, la poésie n\u2019a pas droit de cité dans les médias parce qu\u2019elle révèle la nécessité de trouver du sens en marge du système capitaliste nourri par le divertissement ou «l\u2019anesthésie globale» : « Dans la main glauque du capitalisme, nous sommes tous endormis, car la vérité est trop souffrante», image-t-il.Dans le même esprit, Danny Plourde dit être conscient de «l\u2019inutilité» du poète dans une société où prime le superficiel et où tout se mesure à l\u2019aune du pouvoir d\u2019achat.«Un poète, c\u2019est une absurdité, ça ne paye pas, ça ne produit pas.Et en plus, ça ne suit pas le troupeau! Tout le monde se fout des poètes! » s\u2019exclame Danny Plourde.C\u2019est d\u2019ailleurs cet argument qui explique, selon lui, l\u2019inégalité du ratio poètes/lecteurs au Québec et ailleurs.La trajectoire énonciative des poètes demeure marginalisée et rejoint une minorité de lecteurs.«C\u2019est pathétique, fait-il remarquer, un best seller en poésie représente 300 exemplaires.» Mais ce n\u2019est pas pour autant que le poète de 27 ans renoncera à sa prise de parole vitale.Pauvreté et générosité «La pauvreté la plus extrême, c\u2019est sûrement le désespoir.Tant qu\u2019il reste un peu d\u2019espoir t\u2019es jamais tout à fait pauvre», fait valoir celui qui vit au jour le jour, se révélant ainsi à l\u2019image du poète bohème de toutes les époques.«Je vis pauvrement, mais je ne suis pas malheureux.J\u2019ai seulement l\u2019essentiel, car je me verrais mal m\u2019endetter pour payer quoi que ce soit.» En ce qui a trait à l\u2019extrême pauvreté, aux sans-abri qu\u2019il croise quotidiennement au hasard de ses pérégrinations urbaines, Danny Plourde croit que renier les plus démunis, c\u2019est d\u2019abord refuser de voir une partie de nousmêmes.« Les grandes villes sont redevenues comme au Moyenâge.Les propriétaires exploitent les vilains, mais il ne faut pas accepter les inégalités sociales.» Grâce à une partie du montant de 7 500 $ qui accompagnait le prix Émile-Nelligan, Danny Plourde ira écrire son troisième recueil de poésie en Corée, sa contrée adoptive où habite celle qu\u2019il aime.Mais les mots ne suffisent pas au poète.Il a décidé de verser 2 500 $ au magazine L\u2019Itinéraire.Pour lui, l\u2019argent n\u2019a de sens que s\u2019il est partagé.Pourquoi avoir choisi L\u2019Itinéraire?« Le fait que ce soit un magazine qui favorise la prise de parole des exclus, que ceux-ci puissent apprendre le journalisme faisait vraiment du sens pour moi.» Pour lire Danny Plourde : Calme aurore (s\u2019unir ailleurs, du napalm plein l\u2019oeil), L\u2019Hexagone, Montréal, 2007.Les lauréats du prix Émile-Nelligan : www.fondation-nelligan.org/prixNelliganLaureats.html Les mots ne suffisent pas au poète.Danny Plourde a décidé de verser 2 500 $ au magazine L\u2019Itinéraire.Pour lui, l\u2019argent n\u2019a de sens que s\u2019il est partagé.Pourquoi avoir choisi L\u2019Itinéraire?«Le fait que ce soit un magazine qui favorise la prise de parole des exclus, que ceux-ci puissent apprendre le journalisme faisait vraiment du sens pour moi.» Danny Plourde Les mots et les gestes du poète Audrey Coté «Le poète est sans foule parce qu\u2019il côtoie une foule sans poésie».Peu importe l\u2019époque, les poètes restent des marginaux, ainsi que le suggère ce vers de Danny Plourde, extrait du recueil Calme aurore (s\u2019unir ailleurs, du napalm plein l\u2019oeil).Récipiendaire du prix Émile-Nelligan 2007 en mai dernier, le poète considère que la poésie est encore aujourd\u2019hui essentielle à la quête de sens, celle-ci étant trop souvent noyée dans l\u2019hyperconsommation et le divertissement à tout prix.L\u2019Itinéraire l\u2019a rencontré, juste avant son départ pour la Corée.Le poète Danny Plourde photo : Audrey Coté Culture 12 L\u2019Itinéraire / 15 juillet 2008 Lorsque j\u2019étais enfant, je jouais du piano.Alain était pour moi un modèle.Il gagnait systématiquement tous les concours de musique auxquels je participais aussi, mais dans une autre catégorie.Est-il nécessaire de vous dire que j\u2019ai ressenti une joie extrême lorsque je l\u2019ai rencontré sur la terrasse du St- Sulpice dans le Vieux-Montréal?Celui qui, depuis trois ans, est ambassadeur du Festival international de Lanaudière est particulièrement fier de l\u2019événement Autour du piano1 permettant à de jeunes pianistes de se faire connaître.Alain a insisté pour que les jeunes musiciens aient leur tribune d\u2019expression et puissent aussi se remplir l\u2019estomac.Le pianiste, pour qui rien n\u2019a jamais été facile, a déjà connu la faim : «Comme j\u2019ai connu la pauvreté, j\u2019ai moimême souffert de malnutrition.À la fin de mes études, j\u2019ai été hospitalisé durant quatre jours, pour ce grave problème.» Ce qui désole le grand pianiste est que les jeunes ont de moins en moins d\u2019occasions de se produire devant un public.«Ça m\u2019inquiète énormément, car il y a beaucoup d\u2019écoles, d\u2019universités et de conservatoires, mais on ne leur dit pas la vérité.Pour plusieurs d\u2019entre eux, il n\u2019y aura pas d\u2019emplois et on ne les aidera pas.» Apaiser les fantômes Si l\u2019avenir des jeunes musiciens préoccupe Alain, celui de la jeunesse dans son ensemble l\u2019inquiète davantage.Depuis près de 24 ans, il est bénévole à Cité des Prairies, un centre jeunesse pour délinquants lourds, ceux qui sont incarcérés et que la société rejette.«Je suis incapable de voir des jeunes qui souffrent et j\u2019en vois de plus en plus.Mon pari, avec ces jeunes en difficulté, c\u2019est que, par l\u2019art, ils apaisent leurs fantômes.Ces jeunes sont blessés par la vie et ils m\u2019ont beaucoup appris sur la survivance.» Qu\u2019est-ce qui motive Alain à s\u2019impliquer autant auprès des jeunes délinquants?Le musicien humaniste a connu le désespoir, et côtoyer ces jeunes, est d\u2019abord une thérapie pour lui, me confie-t-il.Les fantômes des jeunes sont aussi les siens.Né à Poitiers, en France, le petit Alain émigre avec ses parents au Québec.Ses parents sont pauvres et passionnés de musique et rêvent de faire de leurs quatre enfants des musiciens.À Ville-Émard, où il grandit, il subit l\u2019exclusion et la violence de la part des autres enfants.«Quand t\u2019es un enfant avec un accent différent des autres, que tu joues du piano, tu es facilement marginalisé.Pour eux, dit-il avec encore beaucoup de souffrance dans les yeux, j\u2019étais une tapette, alors j\u2019ai été battu systématiquement durant huit ans.Un jour on a même dû m\u2019amener à l\u2019hôpital.En même temps, cette expérience m\u2019a beaucoup appris.Dans la vie, t\u2019as deux choix : tu survis ou tu ne t\u2019en sors pas.La voie de la vengeance paraît normale, mais j\u2019ai toujours cru qu\u2019il fallait s\u2019en sortir par l\u2019amour.» Comme pianiste, sa trajectoire est aussi parsemée d\u2019obstacles.Même s\u2019il gagne plusieurs concours de piano, la pauvreté s\u2019acharne longtemps sur Alain Lefèvre.Complètement sans le sou à la fin de ses études, il raconte que c\u2019est une dame et son mari qui ont payé son premier appartement durant plus de six ans.Lorsqu\u2019il se marie, il vit cinq ans chez ses beaux-parents qui l\u2019accueillent comme un fils : «Les gens qui m\u2019ont aimé m\u2019ont aidé à survivre.Ce sont des anges que j\u2019ai rencontrés, heureusement, parce que j\u2019ai tout eu difficile.» Dans sa grande compassion pour tous ceux qui souffrent, Alain s\u2019occupe aussi des enfants trisomiques.Modeste vis-à-vis de ses engagements communautaires, Alain aime aider concrètement : «Je m\u2019occupe de causes qui ne font pas chic.S\u2019occuper des parents épuisés de deux jeunes trisomiques qui vivent dans un 2 ½ parce qu\u2019ils sont trop pauvres pour se loger ailleurs, ça, c\u2019est du réel.Il y a quelques années, des parents se sont suicidés, laissant derrière eux leurs deux enfants trisomiques.Ça, on n\u2019en parle pas.» Dans son milieu, il est conscient de déranger beaucoup de personnes, d\u2019être «un empêcheur de rire en rond» dit-il.André Mathieu : exclu sorti de l\u2019ombre Défenseur des exclus, Alain me parle de sa rencontre musicale avec le compositeur québécois André Mathieu : «J\u2019étais étudiant lorsque j\u2019ai entendu quelqu\u2019un jouer une oeuvre d\u2019André Mathieu.Quelqu\u2019un m\u2019a dit avec dédain que c\u2019était un alcoolique lorsque j\u2019ai demandé qui était ce compositeur.C\u2019était tellement injuste! Je n\u2019avais que 16 ans et, à l\u2019époque, je me suis juré de réhabiliter André Mathieu.En 1968, il est mort seul dans la pauvreté la plus extrême.» Un peu comme André Mathieu, Alain Lefèvre a connu des jours sombres : «Je me souviens, un vendredi soir, à Paris, au début de ma carrière, j\u2019étais seul, épuisé et affamé.Je sais ce que c\u2019est que de tout voir en noir.» Heureusement pour nous, le pianiste de concert est maintenant reconnu partout dans le monde.Mais ce qui le touche le plus profondément, c\u2019est lorsque ses jeunes de Cité des prairies lui demandent d\u2019interpréter la musique «du gars qui est mort dans la misère».Selon lui, l\u2019art peut nous sauver parce qu\u2019il nous réunit.Fier Québécois En plus d\u2019aider les autres, le pianiste a une vision sociale des plus articulées.«Il y a quelque chose de profondément blessant de savoir que l\u2019on dépense des milliards pour faire la guerre et qu\u2019une infime partie de cela pourrait aider nos jeunes à se remettre en selle.» Selon Alain, le désespoir de plusieurs jeunes est dangereux et pourrait faire «sauter le bouchon», car la haine suit souvent le désespoir.Disons que personnellement, il en sait quelque chose.«L\u2019appel de la violence est alléchant.L\u2019amour, c\u2019est plus difficile.D\u2019apprendre à mieux aimer, à pardonner et à comprendre la souffrance, c\u2019est difficile.Quand je pense à tous ces gens qui veulent aller au Rwanda ou ailleurs pour voir de la misère, j\u2019ai envie de leur dire : marchez dix minutes n\u2019importe où à Montréal, vous verrez de la misère.J\u2019en vois de plus en plus et je ne trouve pas Josée Louise Tremblay Journaliste de rue jyel_roses@yahoo.ca Comme il le dit lui-même, Alain Lefèvre n\u2019est pas du genre à faire des entrevues «politiquement correctes».Le pianiste est un humaniste «de terrain» et dénonce avec ferveur la misère de «ses frères humains».L\u2019artiste de réputation internationale \u2013 qui joue dans 42 pays \u2014 est aussi un missionnaire dans l\u2019âme qui transforme son extrême sensibilité en compassion et en action au bénéfice d\u2019autrui.Alain Lefèvre Pianiste humaniste Une L\u2019Itinéraire / 15 juillet 2008 13 Josée Louise trépignait allègrement à l\u2019idée de rencontrer Alain Lefèvre.«J\u2019ai étudié le piano et je l\u2019admire tellement pour son art, mais aussi pour son extrême sensibilité proche de la mienne!», me lance-t-elle pendant que nous attendons Alain au Cours Le Royer dans le Vieux-Montréal.C\u2019est vrai, Josée Louise et Alain partagent une sensibilité jumelle.Deux magnifiques écorchés vifs qui se soignent obstinément à coup de mots, d\u2019art et d\u2019ouverture aux autres.De la première à la dernière phrase, l\u2019entrevue est d\u2019une intensité telle qu\u2019à plusieurs reprises, je dois me ressaisir pour rester journaliste.Au moment où Alain nous confie ses blessures d\u2019enfance, Josée Louise pleure à chaudes larmes.Alain a le regard embrumé et\u2026 moi aussi.Ouf! Cette entrevue frôle la thérapie de groupe.Comme au piano, Alain Lefèvre joue d\u2019une gamme d\u2019émotions qui frappent en plein coeur pour y rester, qu\u2019on le veuille ou non.«Quand on offre son coeur, on risque de se le faire déchirer.C\u2019est un beau risque parce que quand tu aimes, tu es vulnérable, mais, finalement, tu es plus fort».Une citation qui résume à merveille l\u2019intensité du pianiste de concert.La rencontre entre Alain et Josée Louise a été pour moi un moment de grâce, une expérience humaine inoubliable.Audrey Coté, rédactrice en chef Magazine-école, L\u2019Itinéraire offre un encadrement professionnel à tous ses journalistes de rue dans leur processus d\u2019apprentissage du journalisme.Témoin de rencontres souvent mémorables de spontanéité entre les journalistes de rue et les artistes, la rédaction a choisi de partager avec vous, chers lecteurs, quelques bribes de ces moments hors du commun.Voici donc un aperçu du face-à-face entre Josée Louise et Alain Lefèvre.Photo : Éric Carrière Face-à-face / Josée Louise et Alain «Quand t\u2019es un enfant avec un accent différent des autres, que tu joues du piano, tu es facilement marginalisé.Pour eux, dit-il avec encore beaucoup de souffrance dans les yeux, j\u2019étais une tapette, alors j\u2019ai été battu systématiquement durant huit ans.Un jour on a même dû m\u2019amener à l\u2019hôpital.Cette expérience m\u2019a beaucoup appris.» \u2014 Le pianiste Alain Lefèvre ça normal!» Il poursuit sa pensée : «Je ne suis pas pessimiste, mais partout, la colère gronde.L\u2019immense pauvreté dans laquelle on force plusieurs personnes à survivre occulte la possibilité de s\u2019en sortir.Elle empêche la possibilité de rêver et fait en sorte que nos sociétés deviennent animales.En fait, le capitalisme donne l\u2019impression que tout est possible, mais dans la réalité, c\u2019est possible seulement pour une minorité.» Fier d\u2019être Québécois, Alain Lefèvre en a marre d\u2019entendre dire que les Québécois ne sont pas assez accueillants vis-à-vis des autres cultures : «Je suis très reconnaissant envers mes parents, le Québec et son peuple qui m\u2019ont tant donné.Si je suis là où je suis actuellement, c\u2019est grâce à eux!», s\u2019exclame-t-il.Celui qui donne des concerts dans 42 pays affirme que les peuples aussi accueillants et ouverts que le Québec constituent une denrée rare.Mine de rien, Alain fait un clin d\u2019oeil au rapport Bouchard-Taylor : «Je commence à trouver révoltant de voir et d\u2019entendre les élites dénigrer leurs propres racines, leur propre peuple.À qui cela sert-il de rabaisser ainsi les Québécois, de les complexer alors qu\u2019ils n\u2019y a aucune raison de le faire?» interroge Alain.Entre ses pratiques de piano, ses concerts et son action communautaire, Alain Lefèvre trouve aussi le temps de lire, car il s\u2019intéresse à tout et à tous.Pas étonnant qu\u2019il ne dorme pas plus de cinq heures par nuit.Ce grand pianiste humaniste m\u2019a enrichie personnellement et je me considère privilégiée d\u2019avoir eu la chance inestimable de le rencontrer.Le festival de Lanaudière se tient du 5 juillet au 3 août à Joliette.Infos : www.lanaudiere.org Dans le cadre du festival, Alain Lefèvre se produira le 7 juillet à l\u2019église de Berthierville avec son frère et violoniste David Lefèvre.1 L\u2019événement Autour du piano se tiendra le 19 juillet à l\u2019amphithéâtre de Joliette.À cette occasion, Alain Lefèvre s\u2019entoure des meilleurs pianistes de sa génération dans des concertos pour 2, 3, et 4 pianos de Mozart et Bach. 14 L\u2019Itinéraire / 15 juillet 2008 A priori, la dyslexie est reconnue comme étant un problème neuropsychologique de développement du langage.Cependant, les dyslexiques souffrent de maux de dos, de fatigue chronique ainsi que de troubles d\u2019équilibre.Au fond, la dyslexie serait-elle un trouble physique?«Le corps humain est une machine complexe.Tout est lié.À partir de ce principe, des chercheurs portugais ont découvert qu\u2019en soignant la posture des dyslexiques, les symptômes s\u2019estompent au point de disparaître», explique Joël Lemaire, ostéopathe spécialiste en posturologie à la clinique privée Postura.Le traitement touche les yeux, les pieds et le corps.Au niveau des yeux, la dyslexie se manifeste par un déséquilibre des muscles oculaires.«Chez une personne normale, lorsque l\u2019oeil regarde droit devant lui, tous les muscles sont ajustés à 0o.Lorsqu\u2019on lit, notre regard tombe au centre du mot.Nous n\u2019avons pas besoin de le lire, nous le devinons.Chez les dyslexiques, un muscle n\u2019est pas à zéro.La personne a le regard dévié et doit lire chacune des syllabes pour comprendre.Le temps de lire une phrase, la précédente a été oubliée», explique Joël Lemaire.L\u2019ostéopathe se perfectionne régulièrement en France et travaille avec des ophtalmologues.Ceux-ci prescrivent aux dyslexiques des lunettes prismatiques, dont les verres sont plus épais d\u2019un côté.Le regard est ainsi ramené au bon endroit.«Les dyslexiques ont de la difficulté à se situer dans l\u2019espace.On appelle cela des troubles de proprioception.Tout le corps est débalancé.Puisque les yeux n\u2019envoient pas la bonne information, les pieds compensent.Avec une paire de semelles, les pieds se retrouvent au même niveau», explique le spécialiste québécois de la proprioception.Élizabeth Bourassa est mère de quatre enfants dyslexiques, car le trouble est héréditaire.«En plus d\u2019avoir de très bons résultats scolaires, mes enfants ont amélioré leur comportement et leur confiance en eux.Surtout, ils ont un meilleur équilibre.Après seulement quatre mois, ils ont constaté une différence.C\u2019est une bénédiction pour eux», souligne-t-elle.Plus loin encore que les résultats scolaires, la posturologie permet aux dyslexiques d\u2019avoir accès aux métiers qui les intéressent et d\u2019améliorer leur condition de vie.Joël Lemaire recommande aux enfants dyslexiques de continuer à travailler avec un orthophoniste ou un orthopédagogue : «La posturologie ne permet pas de rattraper les retards accumulés, mais avec un peu de travail, l\u2019étudiant peut rattraper ses camarades et même les surpasser!» Pour bien fonctionner, le traitement doit être suivi jusqu\u2019à la fin de la croissance de l\u2019enfant ou durant au moins trois ans pour un adulte.«Le corps humain est une machine complexe.Tout est lié.À partir de ce principe, des chercheurs portugais ont découvert qu\u2019en soignant la posture des dyslexiques, les symptômes s\u2019estompent au point de disparaître» \u2014 Joël Lemaire, ostéopathe spécialiste en posturologie La posturologie : un traitement miracle contre la dyslexie Marie-Ève Muller La dyslexie touche une personne sur dix.Ce trouble de la lecture et de l\u2019écriture nuit à l\u2019estime de soi et aux résultats scolaires des dyslexiques, mais depuis quelques années, la clinique Postura de Saint-Lambert, unique en son genre, propose un traitement réussissant à faire disparaître complètement la dyslexie.Pourquoi une seule clinique?La clinique Postura est la seule au Québec à utiliser la posturologie pour traiter la dyslexie.Alors qu\u2019en Europe la posturologie est bien connue, la province n\u2019en est qu\u2019à ses premiers balbutiements.Le département de kinanthropologie de l\u2019Université du Québec à Montréal a entamé des recherches sur la proprioception.En 2005 et 2007, le Centre hospitalier universitaire de Dijon, en France, a effectué deux études prouvant la relation entre le syndrome de déficience posturale et la dyslexie.Pour l\u2019instant, la RAMQ ne couvre pas les traitements de posturologie.Illustration: www.melissadeschenes.com Santé / bien-être Vivre sur la paille Chaque jour, dans le monde, plus de 6 000 personnes meurent à la suite de maladies provenant d\u2019une eau insalubre.Mais il y a de l\u2019espoir : il existe maintenant une paille \u2013 la LifeStraw® \u2013 qui permet de boire l\u2019eau des rivières et des lacs sans attraper la typhoïde, le choléra, la dysenterie ou la diarrhée.Cette paille bien spéciale qui filtre et désinfecte l\u2019eau a une durée de vie d\u2019une année.Plus de 70 000 pailles ont été distribuées aux victimes du terrible séisme survenu au Cachemire en octobre 2005.Comment la paille Lifestraw purifie-t-elle l\u2019eau?Elle contient trois filtres (dont un au charbon activé) qui retiennent les petites impuretés de même que certains parasites contenus dans l\u2019eau des lacs et des rivières.De plus, elle renferme des billes imprégnées d\u2019iode, un puissant désinfectant qui détruit plusieurs bactéries et virus par simple contact.Contrairement à d\u2019autres systèmes de purification, les produits chimiques contenus dans la paille ne confèrent pas une mauvaise saveur à l\u2019eau et ne menacent pas la santé des utilisateurs.Cependant, comme l\u2019iode affecte la glande thyroïde, les personnes souffrant de problèmes de thyroïde ou d\u2019allergies à l\u2019iode devraient consulter leur médecin avant de l\u2019utiliser.Cette paille peut être employée tant par les adultes, les vieillards que par les enfants, y compris les bébés.Il suffit d\u2019aspirer l\u2019eau.Avis aux amateurs de camping sauvage : la Lifestraw n\u2019est pas encore disponible au Québec.Source : Développement économique, Innovation et Exportation Québec Mémoire à partir de 3 ans et plus Vous souvenez-vous de vos premiers pas ou de votre premier gâteau d\u2019anniversaire?Selon les spécialistes du développement cognitif, on ne peut pas se souvenir d\u2019événements survenus avant l\u2019âge de trois ans.Si vous croyez vous rappeler votre plus tendre enfance, c\u2019est probablement parce que vous vous êtes forgé un passé en vous basant sur des photos et les récits que vous ont faits vos proches.Est-ce à dire que les bébés n\u2019ont pas de mémoire ?Pas du tout! Il est prouvé qu\u2019un foetus peut mémoriser la voix de sa mère.De plus, des expériences menées chez des nourrissons montrent qu\u2019ils peuvent mémoriser des formes, des gestes et des sons.C\u2019est la capacité d\u2019emmagasiner les souvenirs de façon durable qui fait défaut chez le bambin de moins de trois ans.Dès l\u2019âge de deux jours, les bébés peuvent se souvenir de syllabes entendues la veille.Quant à l\u2019incapacité du cerveau d\u2019un marmot à mémoriser de façon durable, cela s\u2019expliquerait par plusieurs facteurs.Premièrement, le jeune enfant ne peut pas retenir tout ce qu\u2019il apprend.Deuxièmement, son hippocampe - la partie du cerveau qui archive les souvenirs - n\u2019est pas encore mature; l\u2019enfant stocke une information, la retient quelque temps puis l\u2019oublie.Finalement, tant que l\u2019enfant ne parle pas couramment, il ne peut emmagasiner ses souvenirs en y mettant des mots.Source : Développement économique, Innovation et Exportation Québec Raison passion Pourquoi «amour» ne rime-t-il pas avec «toujours»?C\u2019est la faute du NGF, alias le Nerve Growth Factor.Des chercheurs ont constaté que cette protéine se trouve en bien plus grande quantité dans le sang des nouveaux amoureux que dans celui des personnes en couple depuis plus d\u2019un an.Une explication scientifique.pas très romantique! L\u2019intensité du sentiment amoureux est-elle liée à des facteurs biochimiques?C\u2019est à cette conclusion qu\u2019en sont venus des chercheurs de l\u2019Université de Pavie, en Italie.Ces scientifiques ont étudié un groupe de 58 volontaires composés d\u2019hommes et de femmes âgés de 18 à 31 ans qui étaient récemment tombés en amour.Les chercheurs ont comparé leurs analyses sanguines à celles de deux groupes-contrôles formés de personnes seules (sans amoureux) et des gens engagés dans une relation de couple depuis au moins un an.Résultat : les taux sanguins de Nerve Growth Factor (NGF) sont beaucoup plus élevés chez les «nouveaux amoureux» que chez les deux autres groupes.Si on en croit cette étude, l\u2019amour passionné \u2013 celui qui donne des palpitations et des papillons dans l\u2019estomac \u2013 serait remplacé, au bout d\u2019une période d\u2019environ un an, par un amour plus «raisonnable».Source : Développement économique, Innovation et Exportation Québec Illustration: www.melissadeschenes.com L\u2019Itinéraire / 15 juillet 2008 15 16 L\u2019Itinéraire / 15 juillet 2008 Pauvres menacés par la malbouffe Plus le revenu moyen d\u2019un quartier où se trouve une école est bas, plus celle-ci est entourée de restaurants où l\u2019on sert de la poutine et autres mets riches en calories.Ainsi, dans les quartiers où le revenu moyen des ménages est de 36 076$, 75% des écoles comptent un comptoir de restauration rapide dans un rayon de moins de 500 m.À l\u2019inverse, seulement 15% des écoles sont à une telle distance d\u2019un restaurant-minute dans les quartiers où le revenu moyen est de 78 817$.C\u2019est le constat qui ressort d\u2019une étude effectuée par les chercheurs Yan Kestens et Mark Daniel, de l\u2019Université de Montréal.Les comptoirs de restauration rapide, ou fast food, ne sont jamais très loin des écoles primaires ou secondaires sur le territoire de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM).Il suffit de parcourir 795 m, en moyenne, pour en trouver un, comme le démontre l\u2019étude dont les résultats complets viennent de paraître dans le journal Forum de l\u2019Université de Montréal.Les chercheurs ont mesuré la distance qui sépare chacun des restaurants-minute des 1 169 écoles établies sur le territoire de la CMM qui regroupe 82 municipalités et où vit 48% de la population du Québec.La proximité des restaurants-minute pourrait bien atténuer l\u2019effet de la politique-cadre Pour un virage santé à l\u2019école, mise de l\u2019avant en septembre 2007 par le gouvernement québécois.Ce plan d\u2019action vise à offrir une alimentation plus saine à l\u2019intérieur des institutions scolaires.Source: www.passeportsante.net Oméga 3 et vitamine A pour rester connecté À l\u2019heure actuelle, il n\u2019existe aucun moyen de prévenir la maladie d\u2019Alzheimer.Celle-ci touche 300 000 Canadiens, dont une personne sur quatre chez les plus de 85 ans.Le système de défense antioxydant du cerveau devient de moins en moins efficace en vieillissant.D\u2019où l\u2019intérêt des chercheurs de suivre la piste des aliments riches en antioxydants.«Des études ont déjà montré que les personnes qui consomment des fruits et légumes en quantités suffisantes courent 30 % moins de risque de souffrir de démence», souligne la Dre Pascale Barberger-Gateau, aussi de l\u2019Université de Bordeaux.La vitamine A est un nutriment qui retient l\u2019attention des chercheurs.Cet antioxydant se retrouve notamment dans les abats.«En vieillissant, notre cerveau transforme moins bien la vitamine A, ce qui altère la plasticité des synapses et provoque des déficits de mémoire», explique Véronique Pallet, professeure à l\u2019université de Bordeaux.Cependant, la vitamine A a besoin d\u2019un allié précieux pour agir : les oméga-3.«Un régime déséquilibré en oméga-3 perturbe l\u2019action de la vitamine A dans le cerveau», précise Véronique Pallet.Des recherches indiquent qu\u2019un régime contenant suffisamment d\u2019oméga-3 offrirait une protection contre l\u2019anxiété, cette dernière pouvant altérer le cerveau.«L\u2019anxiété augmente le stress oxydatif dans le cerveau, ce qui altère le bon fonctionnement du cerveau et de la mémoire», fait valoir Sophie Layé, spécialiste en neuroscience.Source : www.passeportsante.net Concept: Valérie Beaulieu 3 Concept: Mélissa Deschênes Santé / bien-être L\u2019Itinéraire / 15 juillet 2008 17 Le monde selon Monsanto, qui est à la fois un film et un livre, est très critique à l\u2019égard de cette entreprise agrochimique, chef de file du secteur des biotechnologies et productrice de près de 90 % des OGM disponibles partout dans le monde.Le film révèle notamment que des chercheurs ont remarqué des dysfonctionnements physiologiques majeurs chez des rats de laboratoire ayant ingéré des aliments modifiés génétiquement.Résultat : ces scientifiques ont perdu leur emploi, car les personnes à qui profite la business des OGM sont très influentes, notamment son chef de file, l\u2019entreprise Monsanto, qui compte 17 500 employés.Même au sein de la Food and Drug Administration (FDA)2, l\u2019organisme américain de réglementation ayant autorisé la commercialisation des aliments modifiés génétiquement, des scientifiques ont tiré la sonnette d\u2019alarme au début des années 1990, nous apprend la réalisatrice Marie-Monique Robin, qui s\u2019appuie sur des notes internes de la FDA rendues publiques à la suite d\u2019une décision de justice.Ces scientifiques de la FDA parlent d\u2019effets indésirables et de risques pour la santé publique en cas d\u2019ingestion d\u2019aliments modifiés génétiquement, mais la FDA a étouffé ces avis divergents.À Ottawa, un responsable du secrétariat à l\u2019agriculture canadien (celui-ci fait partie du ministère de l\u2019Agriculture) s\u2019est prononcé sur les risques que courent les Canadiens à manger des aliments transgéniques.«Dès qu\u2019il y a un risque pour la santé humaine, le gouvernement fédéral exige un étiquetage obligatoire», a déclaré à L\u2019Itinéraire Marc Quinlan, directeur des communications du secrétaire d\u2019État à l\u2019Agriculture.Or, les risques sont bel et bien là.Qu\u2019attend Ottawa pour mettre en place l\u2019étiquetage obligatoire des OGM?Le monde selon Monsanto Diffusé en salle à Montréal et à Québec depuis le printemps dernier, Le monde selon Monsanto est également le titre d\u2019un livre qui apporte des précisions sur le contenu du film.L\u2019enquête de l\u2019auteure et réalisatrice Marie- Monique Robin souligne la mainmise de cette entreprise américaine sur l\u2019agriculture mondiale et sur la vie.Les cultures transgéniques occupent 100 millions d\u2019hectares agricoles sur la planète et 90 % des semences permettant ces cultures ont été brevetées par Monsanto, ce qui oblige les agriculteurs des quatre coins du monde à payer chaque année une sorte d\u2019impôt à la compagnie.Marie-Monique Robin a démarré son enquête uniquement à partir de documents disponibles sur Internet, puis est allée vérifier ces informations sur le terrain, en interviewant des responsables aux États-Unis, en Europe, au Canada, en Inde et en Amérique du Sud.«En allant simplement sur Internet, on voit que Monsanto a manipulé des documents scientifiques, a souligné Mme Robin en conférence de presse à Montréal.(\u2026) Peut-on croire Monsanto lorsqu\u2019elle dit que les OGM présents dans les champs sont sûrs pour la santé et l\u2019environnement?» Les aliments «OGM» sont partout Selon l\u2019organisme indépendant Greenpeace Canada, 70 % des aliments transformés et vendus dans les épiceries sont susceptibles de contenir des organismes génétiquement modifiés (OGM) ou être produits à partir de plantes OGM.En fait, tous les aliments qui contiennent du soja, du canola et du maïs et leurs dérivés sont produits à base d\u2019OGM.Le seul produit frais OGM autorisé pour la consommation au Canada est la papaye en provenance des États-Unis.Au Canada, un comité composé de 14 experts de la Société royale du Canada (SRC), reconnue comme étant la plus haute instance scientifique canadienne, a recommandé au gouvernement Chrétien en 2001 que «les plantes et aliments transgéniques devraient être testés avec plus de rigueur»4.Ce comité de la SRC «exhorte également les organismes canadiens de réglementation d\u2019adopter le «principe de précaution», pourtant controversé, comme base pour l\u2019évaluation des nouvelles technologies comme celle des aliments transgéniques».Ce principe de précaution commanderait d\u2019interdire toute Le monde selon Monsanto Que fait le Canada face aux OGM ?Jérôme Savary Sans le savoir, les Québécois mangent depuis dix ans des aliments transgéniques qui ont été manipulés en laboratoire.Le visionnement du film Le monde selon Monsanto1 devrait les en dissuader : cette enquête révèle que l\u2019opinion publique a aussi été manipulée! Des risques de maladie grave existent et aucune étude sérieuse n\u2019a encore démontré le caractère inoffensif des organismes génétiquement modifiés (OGM) sur l\u2019organisme humain.Or, selon le ministère de l\u2019Agriculture du Canada, «dès qu\u2019il y a un risque sur la santé humaine, le gouvernement fédéral exige un étiquetage obligatoire».Qu\u2019attend-on?Suite en page 18 Marie-Monique Robin, auteure et réalisatrice du film Le monde selon Monsanto Environnement Parlementaires canadiens irresponsables Fruit d\u2019un total hasard, Le monde selon Monsanto est sorti au Québec seulement une semaine après que nos élus canadiens aient voté contre l\u2019étiquetage obligatoire des OGM.Les citoyens se voient ainsi refuser le droit de savoir ce qu\u2019ils ont dans leur assiette.«Ce vote n\u2019est pas surprenant, indique Bernard Bigras, porte-parole du Bloc Québécois en matière d\u2019Environnement.Sur le plan international, le Canada fait partie du groupe de Miami qui a tout fait pour faire échouer les négociations sur la biosécurité dès le début des années 1990.La grande industrie des biotechnologies sort gagnante de ce vote.» Éric Darier, responsable du dossier agriculture pour l\u2019organisme indépendant Greenpeace, abonde dans le même sens.«Les députés fédéraux ont préféré voter pour protéger les intérêts économiques de Monsanto plutôt que de garantir aux consommateurs le droit de savoir ce qu\u2019ils mangent», dit-il. 18 L\u2019Itinéraire / 15 juillet 2008 nouvelle culture transgénique tant que des études, indépendantes à la fois des entreprises de biotechnologie et du gouvernement, n\u2019ont pas été réalisées.Sept ans plus tard, le «principe de précaution» n\u2019a toujours pas été adopté par le gouvernement canadien.Pourtant, aucune étude indépendante ne conclut à l\u2019innocuité des plantes et aliments transgéniques.Le lobby de Monsanto et de l\u2019industrie des biotechnologies est si puissant que personne n\u2019a encore réussi à convaincre des gouvernements de financer une série d\u2019études indépendantes sur le sujet.Au lieu de s\u2019assurer de l\u2019innocuité des OGM, le gouvernement canadien a préféré suivre la réglementation américaine, qui semble totalement irresponsable.Le fondement de la réglementation s\u2019appliquant aux OGM s\u2019appuie sur le principe d\u2019«équivalence en substance», selon lequel il n\u2019existe aucune différence entre une culture traditionnelle, de maïs par exemple, et une culture génétiquement modifiée.Or, ce principe flou et ahurissant ne repose sur aucune étude scientifique.«Jusqu\u2019à ce que ces études soient réalisées, le \"principe de précaution\" devrait prévaloir, car nous devrions avoir des certitudes scientifiques sur le plan de la santé et de l\u2019environnement avant d\u2019autoriser les OGM, insiste Bernard Bigras, porte-parole du Bloc Québécois en matière d\u2019Environnement.Le \"principe de précaution\" a été reconnu par la Convention sur la diversité biologique adoptée à Rio de Janeiro en 1992 [et signée par 168 pays].Ce \"principe de précaution\" doit trouver son application à l\u2019égard des OGM.» Alors que les OGM se disséminent au gré du vent dans les champs canadiens et québécois, le ministre de l\u2019Agriculture américain qui a autorisé la culture de nombreux OGM de 1995 à 2000 croit qu\u2019il a fait fausse route.«Franchement, je pense qu\u2019on aurait dû faire plus de tests, mais les entreprises agro-industrielles ne voulaient pas, parce qu\u2019elles avaient fait d\u2019énormes investissements pour développer ces produits.Et, en tant que responsable du service qui réglementait l\u2019agriculture, j\u2019ai subi beaucoup de pressions, pour, disons, ne pas être exigeant\u2026», a déclaré à Marie-Monique Robin le secrétaire à l\u2019Agriculture sous le gouvernement Clinton, Dan Glickman.Si les gouvernements corrompus refusent d\u2019intervenir, le pouvoir de l\u2019argent pourrait faire vaciller le colosse Monsanto.Cotée en bourse, l\u2019entreprise Monsanto bénéficie des investissements de nombreuses banques et caisses de retraite, notamment des caisses de retraite d\u2019enseignants américains.Votre caisse de retraite contient-elle des actions de Monsanto?1 Marie-Monique Robin dévoile davantage de détails troublants de son enquête dans le livre du même nom, paru lors de la sortie du film en mai dernier : Le monde selon Monsanto, Marie- Monique Robin, éditions Stanké, 2008.2 La Food and Drug Administration a pour mandat premier la protection de la santé du consommateur.Un document interne révèle pourtant que cet organisme s\u2019est donné pour but de «promouvoir» l\u2019industrie de la biotechnologie aux États-Unis.3 Huiles chimiques utilisées comme isolants dans les transformateurs électriques, dont Monsanto a caché la nocivité jusqu\u2019à leur interdiction au début des années 1980.4 Rapport de la Société royale du Canada : www.rsc.ca//index.php?lang_id=2&page_id=119 Guide des produits avec et sans OGM : http://guideogm.greenpeace.ca À surveiller, la sortie DVD du film Le monde selon Monsanto, qui est prévue cet automne.De la chimie à l\u2019assiette «Avant de s\u2019intéresser à l\u2019agriculture, Monsanto fut d\u2019abord l\u2019une des plus grandes entreprises chimiques du XXe siècle», rappelle la réalisatrice et essayiste Marie-Monique Robin dans son livre.Au coeur de controverses entourant des problèmes de santé publique, Monsanto est un pollueur reconnu qui a également perdu plusieurs procès pour publicité mensongère.Par exemple, l\u2019entreprise a créé des produits extrêmement toxiques comme le PCB3, le 2,4,5-T, un herbicide puissant comprenant de la dioxine qui constituait la base du défoliant utilisé par l\u2019armée américaine pendant la guerre du Vietnam, le DTT et les hormones de croissance bovines et laitières, celles-ci étant interdites en Europe en raison des risques qu\u2019elles présentent pour la santé des animaux et des humains.La réalisatrice rappelle d\u2019ailleurs que trois employés de Santé Canada ont été congédiés à la fin des années 1990 pour avoir révélé les manoeuvres de corruption de Monsanto à l\u2019égard de Santé Canada, dans le but de forcer l\u2019autorisation de l\u2019hormone de croissance laitière produite par Monsanto.L\u2019hormone de croissance laitière est interdite en Europe en raison des risques qu\u2019elle présente pour la santé des animaux et des hommes.En effet, cette hormone est responsable d\u2019une maladie affectant le pis des vaches qui se retrouve dans le lait.Grâce à ces trois employés injustement remerciés, les Canadiens boivent du lait sain.Les Américains, eux, boivent encore du lait produit au moyen de cette hormone\u2026 Monsanto à la tête de l\u2019État américain Au milieu des années 1980, sous le gouvernement Reagan, dont Georges Bush père était le vice-président, les États-Unis ont décidé de miser sur le secteur des biotechnologies.Le souci des dirigeants politiques était alors de déréglementer au maximum les activités liées à ce secteur d\u2019activité afin de lui donner un avantage important sur le marché mondial des biotechnologies, très prometteur à l\u2019époque en termes de profits, mais aussi très concurrentiel.À partir de l\u2019ère Reagan, les tests sanitaires et environnementaux exigés par les agences de réglementation américaines avant la mise en marché d\u2019un nouveau produit étaient perçus comme des entraves bureaucratiques.La Food and Drug Administration pour les aliments et les médicaments, l\u2019Agence de protection de l\u2019environnement pour les pesticides et le secrétariat à l\u2019Agriculture pour les plantes de culture ont alors reçu des directives claires de ne pas soumettre les OGM à une réglementation spécifique.Marie-Monique Robin démontre clairement dans son film les conflits d\u2019intérêts qui existent entre l\u2019État américain et Monsanto, dont de nombreux dirigeants étaient ou sont devenus membres du gouvernement.Par exemple, la secrétaire à l\u2019Agriculture du gouvernement de George W.Bush en 2003, Ann Venneman, avait dirigé l\u2019entreprise Calgene, qui appartient à Monsanto.Suite de la page 17 Environnement L\u2019Itinéraire / 15 juillet 2008 19 À la tête de l\u2019Accueil Bonneau depuis septembre 2006, Aurore Larkin, membre de la congrégation des «Soeurs Grises»1, vit la réalité des sans-abri à temps plein.Elle dort même sur place! «Ce qui m\u2019a marqué le plus depuis deux ans, c\u2019est habiter à l\u2019intérieur des murs de l\u2019Accueil Bonneau, de vivre la situation de l\u2019itinérance d\u2019aussi proche», confie-t-elle en entrevue à L\u2019Itinéraire.Il y a dix ans, l\u2019Accueil Bonneau a été complètement détruit après une explosion accidentelle, puis a été reconstruit en seulement trois mois, grâce à la générosité des Montréalais.Depuis cette catastrophe, l\u2019institution reconnue dans le domaine de l\u2019intervention sociale a multiplié son offre de services.«Bonneau», comme ses usagers l\u2019appellent, propose ainsi un service de gestion budgétaire à 250 personnes, dont le budget est alors administré par un intervenant.Sur le chemin de la réinsertion vient ensuite l\u2019étape du logement.«L\u2019Accueil Bonneau leur permet de passer du statut de personne de la rue à celui de locataire», s\u2019enorgueillit Aurore Larkin.La rue s\u2019éloigne considérablement de la vie des itinérants lorsque ceux-ci se font offrir d\u2019intégrer l\u2019un des 166 appartements administrés par Bonneau.Les résidents n\u2019y sont pas laissés à eux-mêmes : ils bénéficient sur place d\u2019un soutien communautaire.Les chiffres peuvent parfois donner le vertige \u2013 320 000 repas servis chaque année! \u2013, mais cela n\u2019empêche pas l\u2019Accueil Bonneau d\u2019être avant tout un lieu de vie intime, une famille.En témoigne l\u2019histoire de ce résident âgé de la Maison Claire-Ménard2 qui, gravement malade, a demandé le droit de quitter l\u2019hôpital pour pouvoir terminer ses jours dans sa famille, c\u2019est-à-dire à «Bonneau».Lise, son intervenante, a accepté.«Les suivis de fin de vie se font régulièrement», précise Aurore Larkin.Dans la famille Bonneau, la vie difficile de nombreuses personnes à la santé fragile ne se transforme pas d\u2019un coup de baguette magique.Surtout lorsqu\u2019il est question de santé mentale.La route est parfois longue pour passer de «la rue à locataire».Il faut obtenir des résultats, puisque 8% du budget (voir encadré) de cet organisme à but non lucratif provient des fonds publics.Toutefois, il est démontré qu\u2019il en coûte moins cher au gouvernement de garder ces personnes défavorisées dans des appartements au lieu de les laisser dans la rue.«Le gouvernement exige des résultats, mais il est difficile de trouver des gens capables de joindre ces personnes démunies dans leur solitude profonde», indique Mme Larkin.1Les Soeurs Grises assurent la gestion de l\u2019Accueil Bonneau, aux côtés de représentants des Sulpiciens et de la Société Saint-Vincent de Paul.2 Les appartements de la Maison Claire-Ménard sont destinés aux 55 ans et plus.La rue s\u2019éloigne considérablement de la vie des itinérants lorsque ceux-ci se font offrir d\u2019intégrer l\u2019un des 166 appartements administrés par Bonneau.Photo : Jérôme Savary La famille Bonneau Jérôme Savary En plus des calèches et des touristes, les itinérants font partie du décor du Vieux-Montréal.Au-delà des apparences, ils ne déambulent pas au hasard puisque l\u2019Accueil Bonneau, véritable institution de l\u2019aide aux sans-abri, est présent depuis 130 ans dans ce quartier chargé d\u2019histoire.Et «Bonneau» fait bien plus que leur servir la soupe : il leur permet de garder un pied dans notre société.L\u2019heure «pro-Bonneau» L\u2019Accueil Bonneau a su séduire les professionnels afin de poursuivre son développement.Le programme «Une heure pro-Bonneau» existe depuis 2005 et propose aux avocats et aux comptables agréés du grand Montréal de verser l\u2019équivalent d\u2019une heure de leur tarif horaire au profit de l\u2019organisme.Et ça marche : 115 000 $ ont ainsi été récoltés l\u2019année dernière.À la tête de l\u2019Accueil Bonneau depuis septembre 2006, Aurore Larkin, membre de la congrégation des «Soeurs Grises», vit la réalité des sans-abri à temps plein.Développement social 20 L\u2019Itinéraire / 15 juillet 2008 Le Mot du maire Benoit Labonté Maire de l\u2019arrondissement de Ville-Marie et chef de l\u2019Opposition officielle de la Ville de Montréal Le 31 mai dernier, s\u2019est tenu, au marché Bonsecours, le tout premier Forum économique et social de l\u2019arrondissement de Ville-Marie, Vivre au centre-ville.De nombreux participants ont pris part à cet important moment, qui visait à établir des maillages entre les milieux d\u2019affaires, institutionnels et communautaires, afin que se créent, au centre-ville de Montréal, des projets favorisant une plus grande cohésion sociale.Ville-Marie, c\u2019est quelque 78 000 résidants, de nombreux touristes, visiteurs, travailleurs et étudiants, mais c\u2019est également une population plus vulnérable, souffrant de diverses problématiques sociales, dont l\u2019itinérance, la toxicomanie, la prostitution de rue, la violence, l\u2019alcoolisme.Afin de répondre à cette réalité de mixité sociale, le Forum aura permis la création, sous peu, de la nouvelle Société de développement social (SDS) de Ville-Marie, laquelle facilitera la mise en oeuvre d\u2019actions tangibles permettant à toutes et à tous de jouir du domaine public dans l\u2019arrondissement.Inspirée des succès d\u2019initiatives implantées dans d\u2019autres grandes villes à travers le monde, la SDS répondra à un besoin très spécifique, qui est celui de créer des liens entre partenaires privés ou institutionnels, et organismes impliqués dans leur milieu.Un réflexe de partenariat doit se développer pour que se réalisent, dans nos quartiers, des projets structurants impliquant les ressources, tant financières que sociales, de tout un chacun.La nouvelle SDS ne visera surtout pas à remplacer le travail que font déjà les groupes communautaires, mais bien à les appuyer.Actuellement, aucun organisme ne répond à cet exercice, lequel sera, notamment, de faciliter la recherche de nouvelles sources originales de financement destiné à l\u2019essor d\u2019une meilleure dynamique de cohésion sociale dans nos quartiers.Ainsi, la SDS prendra non seulement note des idées et actions suggérées par la communauté, mais veillera également au financement d\u2019interventions proactives à travers le milieu des affaires.En matière de lutte contre la pauvreté et l\u2019exclusion sociale, l\u2019arrondissement de Ville-Marie déploie les moyens qui lui sont accessibles, à la fois dans ses champs de compétence, et en fonction des ressources dont il dispose.Toutefois, il revient au premier chef aux autres paliers gouvernementaux, notamment celui du gouvernement du Québec, d\u2019agir concrètement, sur le terrain, de sorte que les populations vulnérables reçoivent toute l\u2019aide nécessaire à l\u2019amélioration Espace payé de leurs conditions de vie.Une Société de développement social dans Ville-Marie RE/MAX LONGUEUIL INC.Courtier immobilier agréé franchisé indépendant et autonome de RE/MAX Québec inc.Bureau : 450 651-8331 Télécopieur : 450 651-8100 50, rue St-Charles Ouest, Bureau 100, Longueuil (Québec) J4H 1C6 Stéphane Delag e Agent immobilier affilié Cellulaire: 514 893-5556 sdelage@videotron.ca «Votre agent sur la rive sud» L\u2019Itinéraire / 15 juillet 2008 21 C\u2019est en Asie, au Moyen-orient, au Maghreb et en Amérique, avec au total 74 journalistes tués ainsi que 1931 agressions, menaces et interpellations, que Reporters sans frontières a relevé le plus grand nombre d\u2019entraves au journalisme.Selon l\u2019organisme, le nombre de journalistes tués a augmenté de 244 % en cinq ans.Un chiffre qui confirme l\u2019insécurité grandissante entourant la pratique journalistique dans le monde.«Cette année a encore battu les records de cas d\u2019entrave au journalisme.Ceci est en grande partie dû à la guerre en Irak.Mais il y a aussi un laxisme des Occidentaux sur l\u2019importance de la liberté de presse pour des raisons économiques et politiques.Cette tendance au relâchement global de l\u2019occident permet à d\u2019autres pays de faire encore pire», explique le président de Reporters sans frontières Canada, François Bugingo.Selon le rapport, la guerre est largement responsable de la mauvaise position de certains pays.C\u2019est d\u2019ailleurs en Irak que le plus de journalistes ont perdu la vie en 2007, avec un total de 47 (dont un seul n\u2019était pas d\u2019origine irakienne).Sur son site Web, Reporters sans frontières dénonce par ailleurs le fait que les journalistes irakiens soient délibérément pris pour cibles par les groupes armés et que les autorité américaines se rendent elles aussi coupables des violences envers les journalistes.Le journaliste correspondant pour Radio- Canada, Raymond Saint-Pierre, est du même avis : «La situation a considérablement dégénéré.L\u2019ex-Yougoslavie est l\u2019exemple idéal.C\u2019est pendant ce conflit que j\u2019ai vu, pour la première fois, qu\u2019on mettait la tête des journalistes à prix, qu\u2019on les visait directement.Il régnait là un désordre total et les journalistes étaient vus comme des espions, des représentants de gouvernements étrangers qui venaient empêcher de massacrer et faire la guerre bien tranquillement.» Jean-Michel Leprince, correspondant en Amérique du Sud pour Radio-Canada, abonde dans le même sens : «Il y a 15 ou 20 ans, les journalistes pouvaient jouir d\u2019une certaine neutralité.Il y avait une sorte de respect des deux camps.Depuis le 11 septembre, les journalistes occidentaux sont vus comme des Occidentaux, point.Mais cela fonctionne aussi dans l\u2019autre sens.Récemment, les États-Unis ont arrêté un journaliste qui travaillait pour la chaîne de télévision CTV en Afghanistan et l\u2019ont accusé d\u2019être membre d\u2019Al-Qaida» Reporters sans frontières ne prévoit pas une diminution de la violence pour l\u2019année 2008.Deux procès majeurs auront cependant lieu cette année.Les accusés des meurtres de la journaliste Russe Anna Politkvoskaïa et du journaliste turc Hrant Dink feront face à la justice.L\u2019organisme dénonce d\u2019ailleurs l\u2019impunité des assassins de journalistes dans son rapport.Selon elle, environ 90 % des assassinats demeurent partiellement ou totalement impunis.La liberté de presse en recul dans le monde Andrée-Anne Wilson «2007 a été une année violente à tous les égards.» C\u2019est ce que déclare l\u2019organisme Reporters sans frontières dans son rapport annuel 2008 pour la liberté de presse, publié en février dernier.La dernière année aura une fois de plus battu les records pour le nombre de journalistes tués, interpellés, enlevés et agressés.Une augmentation en grande partie attribuable à la guerre en Irak et à l\u2019indifférence des pays occidentaux.Le 3 mai dernier était la journée mondiale de la liberté de presse.Selon Reporters sans frontières, au 1er janvier 2008, 135 journalistes étaient emprisonnés dans le monde et 887 journalistes ont été privés de leur liberté au cours de l\u2019année 2007.Pour plus d\u2019information www.rsf.org Raymond St-Pierre et son caméraman en reportage à Beyrouth Photo : Radio-Canada Développement social 22 L\u2019Itinéraire / 15 juillet 2008 Espace payé Les différentes lectures des données ont porté sur les thématiques du style de vie et des différentes étapes du questionnement de soi comme étant les deux premières dimensions qui ont intéressé ces auteurs.La troisième et dernière dimension met en relation ces deux premières catégories, c\u2019est-à-dire la représentation de soi à travers la trajectoire de vie de ces femmes tout au long de cette expérience dans la rue.Les styles de vie de ces femmes sont représentés par 1) des données nominales (âge, temps d\u2019instabilité résidentielle); 2) la perception que les femmes ont de leur expérience de vie dans la rue; 3) les catégories de la construction d\u2019un soi Les modes de vie itinérante selon les propos des femmes s\u2019énonçaient selon six positions : 1) potentialité d\u2019entraînement vers des pratiques de prostitution, consommation de drogues et dangers associés; 2) réactions sociales négatives, absence de reconnaissance de soi; 3) énergies principalement consacrées à la satisfaction des besoins primaires; 4) stress et crainte quotidiennes, surtout à propos des enfants; 5) sentiments liés à une situation d\u2019enfermement; 6) potentialité de danger pour la santé physique.Le style de vie est représenté de façon positive ou négative.La perception est positive lorsque leur condition semble satisfaisante ou que cette vie à la rue est considérée comme un choix, une expérience, une manière de vivre.Par contre, la moitié des femmes interrogées ont qualifié cette vie comme étant une épreuve et ayant un impact sur leur estime personnelle et posant une limite de leurs activités par rapport à leurs goûts et à leurs intérêts.Le désir de sortir de la rue peut s\u2019exprimer différemment.Il peut être profond et alimenté tantôt par des aspirations réalistes, concrètes autant que par des aspirations irréalistes ou superficielles.Ce désir peut aussi être trompeur ou être soutenu par des projets qui risqueraient de maintenir une dépendance dans le style de vie itinérante.Enfin, ce désir de sortie de la rue peut aussi être annihilé par l\u2019amélioration des conditions de vie dans la rue.Le questionnement sur soi se formule à l\u2019intérieur de trois étapes.La première, se formule ainsi : Je suis dans la rue.Cette étape est qualifiée par les auteurs de l\u2019étude comme prenant une signification positive.La deuxième étape est intermédiaire et quoique qu\u2019elle prenne une connotation négative face au nouveau mode de vie et que des désirs de sortie émergent, ceux-ci sont rarement soutenus par les idées réalistes.Il s\u2019agit plutôt d\u2019une illusion.La troisième étape se formule de façon suivante : Quand t\u2019es itinérant.La constatation d\u2019être dans la rue se manifesterait par un désir d\u2019en sortir tout autant que par un désir d\u2019en faire l\u2019expérience.Cette identité de femme itinérante est parfois intégrée et parfois rejetée car certaines femmes résistent à se définir comme telles.Il s\u2019agit de la phase identitaire à ce nouveau statut de personne itinérante.Cette représentation de soi semble parfois liée à l\u2019intégration à des ressources qui peuvent combler certains besoins élémentaires matériels mais aussi affectifs et identitaires.Et n\u2019y a-t-il pas aussi, dans la fréquentation des ressources et parfois dans sa participation personnelle comme aidante, une quête pour conserver des liens ou encore pour renouer l\u2019échange avec autrui?Enfin, la dernière étape qui pose la question : Qui suis-je?Je suis une personne itinérante ou je ne veux pas l\u2019être?Soit que certaines personnes y trouveraient une signification à travers la fréquentation de ressources en satisfaisant certains besoins identitaires, affectifs et matériels?La question nous semble pertinente et intéressante.Itinérance, femmes et représentation de soi Ghyslaine Thomas À partir d\u2019entrevues réalisées avec neuf femmes qui étaient sans domicile fixe et qui recevaient un soutien de diverses ressources du réseau lié à l\u2019itinérance et à la santé mentale, Yves Lecomte et son équipe se sont interrogés sur la façon dont ces femmes vivant dans la rue pouvaient se percevoir.À cause du petit nombre de femmes qui ont participé à l\u2019étude, il s\u2019agit d\u2019une recherche exploratoire qui pourrait éventuellement susciter de nouvelles questions sur ce sujet .Lecomte, Yves, Marie-Ève Lapointe, Guillaume Ouellet, Jean Caron, Christian Laval, Emmanuel Stip, Jean Gagné.2007.«Vivre dans la rue et la représentation de soi des femmes.Une étude exploratoire».Dans Roy, Shirley et Roch Hurtubise, L\u2019itinérance en questions.Québec.Presses de l\u2019Université du Québec.Chapitre 16 :333-353 L\u2019Itinéraire / 15 juillet 2008 23 Le P.A.S.de la rue (P.A.S.pour personnes âgées seules) est avant tout un lieu d\u2019échange.Un endroit où les personnes itinérantes ou en situation de précarité peuvent se mettre au chaud, socialiser, créer des liens et obtenir du soutien.Des intervenantes sont présentes pour les aider et les diriger vers d\u2019autres ressources, au besoin.Le centre est ouvert du lundi au vendredi, de 13h à 17h.«Les gens développent un sentiment d\u2019appartenance, observent la directrice générale, Johanne Paquette, en précisant que l\u2019approche offerte est plutôt humaniste que thérapeutique.Nous avons des réguliers qui viennent chaque jour depuis 10 ans.Le temps qu\u2019ils passent ici, ils ne le passent pas à jouer aux machines, dans une taverne ou dans la rue.» «De plus en plus, les nouveaux qui arrivent vivent dans la rue», remarque l\u2019intervenante Cynthia Sawyer.Les plus chanceux vivent dans des HLM.«Pour les autres, le montant qu\u2019ils reçoivent de l\u2019aide sociale ne leur permet pas de se loger et de se nourrir, indique Johanne Paquette.C\u2019est pourquoi nous offrons chaque jour une collation.Mais, on ne veut pas devenir une ressource alimentaire.» Originellement situé au coin des rues Amherst et Robin, Le P.A.S.de la rue a été créé par les Petits frères des Pauvres.En 2003, l\u2019organisme, qui a déménagé au 1223A, rue Amherst, s\u2019est doté de sa propre charte et est devenu autonome.Il reçoit de l\u2019argent de plusieurs fondations et entreprises ainsi que des gouvernements, selon les programmes.Ce financement permet à l\u2019organisme d\u2019organiser des activités et des sorties telles que des camps de vacances à l\u2019extérieur de Montréal, de la cuisine collective et une sortie au restaurant pour les fêtés du mois.Achalandage en hausse Or, le P.A.S.de la rue est quelque peu victime de son succès.L\u2019espace et les effectifs restent les mêmes alors que la demande ne cesse d\u2019augmenter.Au cours de l\u2019année 2006- 2007, le centre a accueilli 8 313 visiteurs, soit 1 447 de plus que l\u2019année précédente.«Dans un an, nous prévoyons accueillir de 70 à 75 visiteurs par jour, avance Johanne Paquette.Nous allons peut-être devoir refuser des gens.» Les intervenantes visitent également ceux et celles qui, pour des raisons de santé ne peuvent plus se rendre au centre.Le défi que se lance la directrice générale pour les prochaines années est la recherche d\u2019un nouveau local, de bénévoles et de financement pour l\u2019embauche de nouveaux intervenants, présentement au nombre de trois, dont une contractuelle et une autre embauchée grâce à un programme gouvernemental.Johanne Paquette fonde beaucoup d\u2019espoir dans le projet d\u2019aménagement du Centre communautaire Sainte-Brigide, dans le quartier Centre-Sud.«On pourrait être copropriétaire de notre local.Présentement, nous déboursons environ 20 000$ par année pour le loyer.» Un centre de jour réservé aux personnes de 55 ans et plus est plus que nécessaire selon Johanne Paquette.«Si vous placez un homme de 58 ans à côté d\u2019un jeune de 18 ans, il ne se sentira pas bien, alors que dans un centre réservé aux personnes de 55 ans et plus, les gens parlent de la même époque.» Elle ajoute qu\u2019il n\u2019existe toutefois aucun centre de jour pour les 35-55 ans.Pourquoi ne pas ouvrir un P.A.S.de la rue pour les personnes de 40 ans?«Un jour, peut-être!» Pour aider Le P.A.S.de la rue : www.pasdelarue,org Le P.A.S.de la rue Dix ans de travail auprès des personnes âgées Valérie Simard Le 9 décembre 1997, Le P.A.S.de la rue ouvrait ses portes rue Amherst.Seul centre de jour pour les personnes âgées de 55 ans et plus à Montréal, sa fréquentation a doublé en dix ans.Aujourd\u2019hui, entre 50 et 60 personnes s\u2019y arrêtent chaque jour pour rompre avec l\u2019isolement et sortir de la rue, l\u2019espace d\u2019un instant.La directrice générale du P.A.S., Johanne Paquette Réal Ménard, Député Hochelaga 4036, rue Ontario Est Montréal (Québec) H1W 1T2 Téléphone : 514 283-2655 Télécopieur : 514 283-6485 CHAMBRE DES COMMUNES Bernard Bigras Député de Rosemont- La Petite-Patrie 2105, rue Beaubien Est Montréal (Québec) H2G 1M5 Téléphone : 514 729-5342 Télécopieur : 514 729-5875 Courriel : bigrab1@parl.gc.ca Développement social 24 L\u2019Itinéraire / 15 juillet 2008 Le karité est un arbre dont les fruits sont traditionnellement transformés par les femmes, notamment en produits pour la peau.La production artisanale de beurre se fait en 22 étapes.Le CECI (Centre d\u2019étude et de coopération internationale) appuie la production et la commercialisation du beurre de karité équitable au Mali et au Burkina Faso depuis plusieurs années.En vue de créer des liens entre ce produit et des distributeurs et consommateurs canadiens, le CECI a invité plusieurs productrices à faire une tournée au Québec.À cette occasion, les femmes africaines ont donné de merveilleux exemples des bienfaits engendrés par le commerce équitable.Tout d\u2019abord, d\u2019après les derniers chiffres communiqués par le CECI, le beurre de karité équitable est acheté aux coopératives de femmes au prix de 3,00 $ CAN le kilo alors que celui qui n\u2019est pas certifié se vend seulement 0,56 $ CAN le kilo.Un ratio de 1 pour 6! L\u2019augmentation des profits accroît bien sûr directement le niveau de vie des femmes.Leurs familles en bénéficient également.«Beaucoup de femmes ont profité de ces revenus supplémentaires pour scolariser leurs enfants», raconte Myriam Fehmiu, chargée de communication au CECI, qui a réalisé un reportage sur ces coopératives.Avant la certification équitable, les femmes ne pouvaient payer l\u2019école qu\u2019à quelques enfants, accordant la priorité aux garçons.Aujourd\u2019hui, elles scolarisent tous leurs enfants.Elles en ont les moyens financiers, certes, mais elles ont aussi pris conscience de l\u2019importance de l\u2019éducation en travaillant pour la coopérative.Et, témoigne Myriam Fehmiu, «elles veulent partager leur réussite avec leurs enfants».L\u2019enrichissement des femmes profite à l\u2019ensemble du village.Elles utilisent leur argent pour acheter des vêtements, des vélos et, si nécessaire, pour aider leur mari.Aujourd\u2019hui, au moment où sévit la crise alimentaire, ce revenu supplémentaire est devenu indispensable pour l\u2019achat de nourriture de base, dont les prix augmentent sans cesse.Environnement et citoyenneté Autre effet bénéfique, «le beurre de karité donne une valeur économique aux arbres et les protège ainsi contre la coupe», explique Laure Waridel, auteure du livre Acheter c\u2019est voter, présente à l\u2019exposé des femmes africaines.Or, on sait à quel point la protection des arbres est importante compte tenu de la hausse des émissions de gaz à effet de serre.Enfin, une dizaine de productrices de la coopérative de Siby, au Mali, se présenteront aux prochaines élections municipales.Fatoumata Coulibaly, membre de Siby, en visite à Montréal, voit un lien direct avec le karité.Ayant acquis l\u2019expérience de gestion d\u2019une entreprise, les femmes veulent maintenant avoir leur mot à dire quant à l\u2019administration du village.Quelques points de vente du beurre de karité équitable à Montréal : 10 000 Villages 4128, rue Saint-Denis 514 848-0538 Planète Monde 65, avenue Fairmount Ouest 514 504-9585 Belle et équitable Maëva Vilain Des productrices de beurre de karité équitable du Mali et du Burkina Faso sont venues récemment au Québec pour témoigner des retombées sur leur village d\u2019une juste rémunération.Voilà qui démontre comment un achat équitable ici peut améliorer la vie quotidienne de communautés africaines.Les vertus du beurre de karité Le karité est notamment transformé en beurre, en savon et en pommade pour les lèvres.En plus d\u2019hydrater la peau et les cheveux, le beurre de karité diminue les plaques d\u2019eczéma et de psoriasis.Les mamans africaines en mettent sur leurs seins quand elles allaitent pour prévenir les vergetures.Elles le donnent aussi à manger à leur bébé, car il contient beaucoup de vitamines.Barattage du beurre de karité, une étape cruciale et très exigeante pour les femmes productrices de karité.Association de Songtaaba, au Burkina Faso.Photo : Alexandra Redgrave/CECI-Uniterra Avant la certification équitable, les femmes ne pouvaient payer l\u2019école qu\u2019à quelques enfants, accordant la priorité aux garçons.Aujourd\u2019hui, elles scolarisent tous leurs enfants.Économie / consommation L\u2019Itinéraire / 15 juillet 2008 25 Naissance du Réseau mondial de la finance sociale et solidaire Le premier Réseau mondial de la finance sociale et solidaire, comprenant 160 institutions financières à vocation sociale de 42 pays a été créé début juin lors d\u2019un sommet organisé à Montréal et à Québec.Selon Clément Guimond, coordonnateur général de la Caisse d\u2019économie solidaire Desjardins, la finance sociale est une tentative pour faire circuler l\u2019argent autrement dans une économie qui carbure à la spéculation.«On a plus l\u2019impression d\u2019être davantage une partie du marché qu\u2019une partie d\u2019une société», indique M.Guimond.«Nous souhaitons d\u2019abord devenir un lieu d\u2019échange mondial qui permettra de mettre en place de nouveaux modèles d\u2019économie sociale.Ceci nous permettra ainsi de contrer l\u2019économie spéculatrice qui travaille à faire de l\u2019argent.Enfin, nous allons tenter de réunir des organisations financières sociales existantes afin de créer des banques de grande ampleur», ajoute un responsable de l\u2019Association internationale des investisseurs dans l\u2019économie sociale (INAISE), organisme chargé de la gestion du nouveau réseau.Concrètement, la création de banques d\u2019économie sociale d\u2019envergure mondiale est un projet que l\u2019INAISE souhaite réaliser.(Jérôme Savary) Sources : Canoë et Caisse d\u2019économie solidaire Desjardins L\u2019économie sociale au Québec, c\u2019est bien réel.Des entreprises qui se préoccupent du bien-être de leur communauté en plus d\u2019être rentables, c\u2019est utopique?Non, ça s\u2019appelle l\u2019économie sociale.Au Québec, il y aurait environ 6300 entreprises d\u2019économie sociale.Ces compagnies génèrent plus de 65 000 emplois.Encore plus alléchant, 7 milliards de dollars circulent dans la société grâce à l\u2019économie sociale.«De plus en plus d\u2019entrepreneurs, surtout en région, s\u2019approprient l\u2019économie.Ils en profitent pour faire bénéficier toute leur communauté», explique Charles Guindon, directeur du développement du Chantier de l\u2019économie sociale.(Marie-Ève Muller) Pour en savoir plus : http://www.chantier.qc.ca/ Ça va mal pour les femmes Les femmes sont encore loin d\u2019être égales aux hommes sur le marché du travail.Une récente étude de l\u2019Institut de la statistique du Québec démontre que l\u2019écart salarial entre les hommes et les femmes est passé de 9 342$ en 2001 à 14 123$ en 2005.Pire encore, la moyenne des revenus annuels des femmes a diminué de 1000$ en une année alors que celui des hommes a augmenté de 1160$.Bien que les femmes forment 51% de la population du Québec, elles ne représentent que 46% du monde du travail.Décidément, ça va mal à «shop»! (Marie-Ève Muller) Économie / consommation 26 L\u2019Itinéraire / 15 juillet 2008 Le RAPSIM maintiendra la pression pour que le gouvernement du Québec se dote d\u2019une Politique en itinérance qui apporte une réponse adéquate aux besoins.Il défendra cette position, entre autres lors de la commission parlementaire sur l\u2019itinérance l\u2019automne prochain.En matière de financement, la reconduction du budget fédéral en itinérance sera un dossier important, tout comme celui du rehaussement du financement des membres par le gouvernement du Québec.Pour le droit au logement, le RAPSIM continuera à se mobiliser pour l\u2019augmentation des budgets pour le logement social, notamment pour permettre la sauvegarde des maisons de chambres.Il interviendra aussi en faveur d\u2019une nouvelle enveloppe pour le soutien communautaire en logement social.En ce qui concerne la judiciarisation et l\u2019espace public, le RAPSIM maintiendra ses demandes en faveur d\u2019interventions en amont du problème sur la règlementation, la législation et le discours.Pour ce faire, il interpellera les autorités de la Ville et du ministère de la Justice, en développant ses appuis du milieu et ses alliances.Il maintiendra son service d\u2019accompagnement juridique.Le RAPSIM fera aussi un suivi de plusieurs questions, les recommandations de la Ville sur l\u2019itinérance, les enjeux de pauvreté et ceux de santé mentale, dossiers où il interviendra au besoin.Pour faire connaître et progresser ses demandes, le RAPSIM continuera d\u2019utiliser différents moyens: actions publiques (assemblées, manifestations), interventions dans les médias, représentation auprès des élus de tous les partis et tous les paliers de gouvernements, etc.Pour accroître son rapport de force, le RAPSIM continuera à mobiliser la population concernée et à développer des alliances.Le RAPSIM vers une autre grosse année INFO RAPSIM Le réseau d\u2019aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal.Tél.: 514 879-1949 www.rapsim.org Pierre Gaudreau coordonnateur du RAPSIM Plus de 80 membres du RAPSIM ont participé à son assemblée générale annuelle le 5 juin dernier.La dernière année a été marquée par des déblocages importants sur plusieurs questions dont la politique en itinérance, le logement et le financement des groupes.Des réponses aux besoins ont été apportées, mais cela demeure insuffisant.Pour progresser davantage, les membres se sont donné un Plan d\u2019action 2008-2009 fort ambitieux.Conseil d\u2019administration En plus de la participation de ses 82 membres à ses activités, au comité logement et à l\u2019Opération Droits Devant, le RAPSIM compte sur l\u2019engagement actif d\u2019un conseil d\u2019administration qui est composé de: Micheline Cyr, présidente (directrice, Auberge Madeleine) Michelle Duchesne, vice-présidente (directrice, Dîners-Rencontres-St-Louis) Nicole McNeil, trésorière (directrice, L\u2019Anonyme) Marie-Michelle Ross, secrétaire (coordonnatrice, Projet Montréal-Médecins du Monde) Lison Bédard, administratrice (directrice de l\u2019intervention, Accueil Bonneau) Henri-Charles Baudot, administrateur (directeur, programme Premier Arrêt-YMCA) François Villemure, administrateur (coordonnateur, Avenue hébergement communautaire) Pour en connaître davantage sur le RAPSIM, son membership et ses activités, vous pouvez nous contacter par téléphone au 514-879-1949 ou visiter notre site Internet qui vient d\u2019être rénové: www.rapsim.org L\u2019Itinéraire / 15 juillet 2008 27 Jérusalem N\u2019était-ce qu\u2019une Bâtisse Ou bien l\u2019Aimée Ou Bien aimées De toute façon Ce qui importe c\u2019est La morale Dans sa plus grande Forme c\u2019est Le respect de Ce qui nous Entoure Et la plus petite Forme c\u2019est Le respect de Soi-même.Sans se faire Égoïste Se Faire Altruiste.Voilà une raison D\u2019Être.Anie Camelot L\u2019Itinérance L\u2019avril oisif Un regard pensif Un film de vie sinistre Dans la rue de tous les temps Le secret du coeur pleure ses mains mendiantes La pauvreté est en décret Battre le froid et ses frontières Faites tout le temps d\u2019un hiver Le pain quotidien est dur à gagner Quand on a la mine cassée Une fourche à l\u2019ampleur farouche des bancs glacés Dans un froid mal chaussé des pleurs Des vitalités de la vie mal soignées Anne Dupéré Camelot, métro Lucien-L\u2019Allier Bill Economou Camelot, Marché Atwater Taking a Vacation It\u2019s important to take a vacation.If you plan it in advance with an appropriate budget then you can make the best of it.I\u2019ve done it several times in the past and it has worked out wonderfully.In 1992, I made a trip to Ontario.I hadn\u2019t been in Toronto since 1977.I spent time exploring the city with my friend and even went to the CN Tower.The wind was really blowing hard, when I was up there.The following year, I spent several days in Hampton Beach, with a couple of buddies.In Hampton, I swam my heart out.I also went on a ten-day trip with my friend Achilles to New Brunswick.I swam in Parlee Beach and it was great.Magnetic Hill was interesting, that\u2019s the place where you put your car in neutral at the bottom of the hill and then it goes uphill on it\u2019s own.I hadn\u2019t been to Greece in ten years, so I convinced my father to take a five-week trip with me there.I remember taking the boat from the port of Piraeus to the island of Samos.On the way back from Samos, the boat was really rocking hard in the middle of the Aegean Sea.It was night time and I could see lights on several islands, it was spectacular and unforgettable.The following year, I returned to Ontario with my father, brother and my friend Carl.We also made a stop at Niagara falls it was magnificent.The latest trip was done entirely with the family.We went to Cape Cod for five days and had a great time.We were mostly swimming in Seagull beach in West Yarmouth.I will cherish all these trips forever as long as I live.Ah! Les maudites «imperfectitudes» de l\u2019humain! En ce qui me concerne, je dis toujours en blaguant que je n\u2019ai qu\u2019une seule qualité, c\u2019est celle de ne pas avoir de défaut, et que le seul défaut que j\u2019ai est celui d\u2019avoir toutes les qualités! Sérieusement, je suis intolérante envers les gens qui essaient de me manipuler et de contrôler ma vie tout en se permettant de me juger; intolérante aussi envers les personnes «serviables» quand ça sert leurs intérêts, envers celles qui sont d\u2019une telle susceptibilité que pour elles une critique constructive à leur endroit n\u2019existe pas, et enfin envers celles qui vivent dans le passé et qui jettent le blâme sur autrui afin de justifier leurs choix malheureux.À eux, s\u2019ajoutent les «Mère et les Père Teresa» qui se revalorisent en jouant aux sauveurs alors qu\u2019eux-mêmes sont en train de couler.Mais le défaut qui m\u2019horripile, qui m\u2019exacerbe le plus chez mon prochain est l\u2019égoïsme\u2026 J\u2019ai remarqué que l\u2019ingratitude va de pair avec tous les égoïstes pure laine qui m\u2019entourent.Et ils ont au moins deux points en commun : dès leur tendre enfance, ils n\u2019ont n\u2019a pas appris à partager, et ils ont toujours eu ce qu\u2019ils voulaient, tout cuit dans la bouche.En vieillissant, ça ne va pas en s\u2019améliorant, puisque dans leur tête à deux jaunes, depuis toujours, on leur a montré que tout leur était dû, sans qu\u2019ils aient à faire le moindre effort.Snobinards matérialistes en puissance, ils ne fréquentent que les biens nantis tout simplement parce que pour eux, lorsqu\u2019ils donnent, c\u2019est un investissement donc, il faut que ça leur rapporte\u2026 Cylvie Gingras Journaliste de rue Une Saint-Jean mouvementée La récente Saint-Jean-Baptiste me rappelle une anecdote en lien avec mon enfance.En allant voir le défilé de la Saint-Jean avec un de mes frères, sur la rue Sherbrooke, nous nous sommes retrouvés au Parc Lafontaine, en face de la bibliothèque municipale qui accueillait «l\u2019Honorable» Pierre Elliott Trudeau.Nous sommes ainsi arrivés en pleine séance de lapidation et, au même moment, la cavalerie de la Police de Montréal a décidé de sonner la charge! J\u2019étais figé sur place et je regardais arriver le cheval et son passager sans bouger.Comme dans les scénarios de film, mon frère m\u2019a saisi par le bras et en me tirant de toutes ses forces, il m\u2019a propulsé six pieds plus loin, ce qui m\u2019a évité de me faire piétiner par la monture.Pas besoin de vous dire que cela a écourté notre soirée et que nous sommes retournés à la maison plus tôt que prévu! Michel Côté Camelot, Pointe-aux-Trembles Expression / mots de camelots 28 L\u2019Itinéraire / 15 juillet 2008 La violence faite aux femmes Qu\u2019elle soit verbale ou physique, la violence faite aux femmes révèle une détresse psychologique qui doit être soignée! J\u2019ai été témoin d\u2019un événement disgracieux qui m\u2019a bouleversé.Permettez-moi de vous mettre en contexte.Accompagné d\u2019un ami et confrère de travail (je travaillais alors en psychiatrie), je roulais sur une autoroute lorsque j\u2019ai aperçu une auto stationnée sur l\u2019accotement.Dans ce véhicule, il m\u2019a semblé voir deux personnes qui se battaient.En m\u2019approchant, j\u2019ai réalisé qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019un homme et d\u2019une femme.Mon ami et moi nous sommes empressés de secourir cette pauvre femme qui subissait alors une pluie de coups de poing.Je suis allé du côté de la portière de la jeune femme afin de l\u2019extirper de la rage de son agresseur.J\u2019ai constaté que la portière était verrouillée et que la jeune femme, recevant des coups de poings sans relâche, ne pourrait l\u2019ouvrir.J\u2019ai contourné le véhicule.Lorsque je suis arrivé à la hauteur de l\u2019agresseur, j\u2019ai tenté de briser la vitre pour l\u2019empoigner.Il a enfin arrêté de frapper sa passagère pour prendre la poudre d\u2019escampette et se perdre dans le trafic.Je ne souhaite à personne d\u2019être témoin de gestes aussi disgracieux que lâches, car je peux vous dire que pareille situation ne marque pas uniquement la personne violentée, mais aussi celle qui assiste, impuissante à la scène.De grâce, messieurs, allez consulter avant de commettre ces actes inadmissibles! Jean-Marc Boiteau Journaliste de rue Bien dans ma peau Je vais bientôt célébrer ma 7e année de vie de femme célibataire et, croyez-moi, je n\u2019ai aucun regret.En fait, mon seul regret est d\u2019avoir attendu trop longtemps avant de me séparer, et ce, par faute d\u2019avoir trop écouté les autres.Erreur monumentale.Si je peux me permettre un conseil : ne laissez jamais quelqu\u2019un décider de votre vie, car elle vous appartient et les sentiments ne se contrôlent pas.Avec mon ex, je n\u2019ai jamais manqué de quoi que ce soit, mais j\u2019étais malheureuse et je me sentais étouffée, car il était contrôlant et dépendant affectif.Quelqu\u2019un qui agit comme ça, ce n\u2019est pas de l\u2019amour, mais de l\u2019égoïsme et de la manipulation.L\u2019amour par habitude n\u2019est jamais bon.J\u2019ai une sainte horreur des gens hypocrites, jaloux, mesquins\u2026 Je me fous de leurs commérages; le potinage n\u2019est pas mon fort.Je n\u2019aime pas les histoires et les gens compliqués.Je suis une femme sincère, intense et très intègre.J\u2019ai horreur de l\u2019injustice.Je crois en la loi du retour : la vérité finit toujours par se savoir et le boomerang revient à ceux qui mentent.Ma philosophie est la suivante : ne jamais faire aux autres ce que je ne veux pas que l\u2019on me fasse.Je me réserve pour quelqu\u2019un de spécial, car je vaux beaucoup plus qu\u2019un vulgaire score d\u2019un soir.Je suis un trophée.Les vipères et les vautours qui me tournent autour n\u2019ont aucune emprise sur moi.Je demeure toujours aussi stable et fidèle à moi-même, je sais ce que je veux, ce que je ne veux pas, et surtout ce que je ne veux plus dans ma vie.Je n\u2019ai pas de problèmes et je n\u2019en veux pas.Nicky Camelot, Parthenais/Mont-Royal Corriger ses défauts Je mange et je bois trop de sucre.C\u2019est un comportement que je devrais modifier.À l\u2019avenir, je veux m\u2019occuper davantage de mon alimentation.Souvent, je ne mange qu\u2019un repas par jour, le soir, mais quel repas! Je mange alors trop de nourriture en une seule fois.Tout y passe : steak, pommes de terre, riz ou frites, légumes et boissons gazeuses.Sans compter que je mange des bonbons et des chips avant de me coucher\u2026 C\u2019est comme si je mangeais pour deux! Voilà pour le défaut qui me dérange le plus, car je n\u2019aime pas être gros.C\u2019est un peu comme si je manquais de respect envers moi-même, car je sais que ce n\u2019est pas bon pour ma santé.Avant, lorsque je fumais, je n\u2019étais pas gros, mais aujourd\u2019hui je dois me prendre en main là-dessus.Concernant les défauts que je déteste le plus chez les autres, il y a les jugements non constructifs que font certaines personnes sur les vedettes que l\u2019on retrouve en couverture de notre magazine.Moi, je ne juge pas les gens et je trouve difficile que l\u2019on juge sans prendre le temps de regarder le magazine et de le comprendre.Même si ça fait 13 ans que je le vends, je continue à me sentir frustré par certains commentaires désobligeants.Heureusement que mes clients et la grande majorité des gens que je croise chaque jour sont souriants et respectueux à mon égard.Moi, je respecte énormément ceux et celles qui prennent le temps de venir me voir pour m\u2019adresser de bons mots.Richard T.Camelot, métro Place-des-Arts Ste-Catherine/St-Urbain Gilles Duceppe Chef du Bloc québécois Député de Laurier-Sainte-Marie 1200, rue Papineau, bureau 350 Montréal (Québec) H2K 4R5 Téléphone : 514 522-1339 Télécopieur : 514 522-9899 Expression / mots de camelots L\u2019Itinéraire / 15 juillet 2008 29 Moi, le Grand Manufacturier, j\u2019ai enfin terminé la création de l\u2019Univers dans toute son immensité et mon ego, gonflé à son maximum, fait en sorte que je me suis assis sur mes lauriers.Mais là, ça fait une éternité que je me tourne les pouces et je m\u2019ennuie à mourir.Alors afin de pallier mon désoeuvrement, lors d\u2019un bel aprèsmidi estival, je ramasse quelques pommes sur le sol pour en faire du jus, mais ça m\u2019a enivré d\u2019aplomb! Pendant ma beuverie, j\u2019ai élaboré les plans d\u2019un futur projet qui me tenait vraiment à coeur : l\u2019éventuelle fabrication de l\u2019être humain.Cependant, ma longue période d\u2019inertie m\u2019ayant rendu paresseux, je procrastine allégrement et j\u2019en viens à mettre mon projet de côté jusqu\u2019à l\u2019oublier.Lors d\u2019une autre crise aiguë de désabusement, je me donne un coup de pied au cul et je fabrique une dizaine d\u2019humanoïdes tout en leur construisant une cité moderne digne du 21ème siècle.Le premier prototype issu de ma chaîne de montage céleste était Ève et puis le temps a passé.Un matin, elle frappe à ma porte et je vois qu\u2019elle est en beau maudit.Je lui demande ce qui la trouble à ce point.\u2014 Christ! Veux-tu ben m\u2019dire su\u2019 quoi t\u2019étais quand t\u2019as fabriqué Séraphine?\u2014 Heu\u2026, quand je vous ai fabriquées, j\u2019ai suivi les plans que j\u2019avais faits lors d\u2019une brosse au cidre de pommes\u2026 \u2014 Ben moé, j\u2019ai des p\u2019tites nouvelles pour toé l\u2019barbu en robe et pis en gougounes quat\u2019saison: le cidre convient pas à tous les métabolismes, si divins soient-ils! Saoûl, ça rend fou, mais stoned, ça donne parfois des idées géniales! Christ! T\u2019aurais pas pu prendre une p\u2019tit verre de rouge, ou mâchouiller quelques feuilles de coca?\u2014 Ève, quel est ton problème ?\u2014 Mon problème, comme tu dis, cé Séraphine! Non, mais, l\u2019as-tu vu aller?\u2014 Heu\u2026, Je pensais que vous étiez amies\u2026 \u2014 Ecoute-moé ben, Christ! Même si j\u2019sais ben que nous, les êtres humains, avec nos qualités et nos défauts, on est loin d\u2019incarner la perfection, pis si c\u2019tait l\u2019cas, tout c\u2019qui nous différencie les uns des autres exist\u2019rait pas pis on s\u2019ennuirait à mourir parce qu\u2019on s\u2019rait touttes pareilles! Mais là, y\u2019a un boutte à toute! \u2014 Explique-moi .Peut-être que je peux arranger les choses\u2026 \u2014 Ça fait quatre ans qu\u2019on s\u2019côtoient et pis même si a reste pas loin d\u2019chez moé, a m\u2019a jamais invité chez elle! Une fois, on est allé manger dans un restaurant vietnamien ou on pouvait apporter not\u2019vin, mais Madame la Straight boit pas, ça fait qu\u2019j\u2019ai pas pu boire\u2026 Après, a m\u2019a raccompagnée jusque chez moé.Rendu au coin, j\u2019y ai demandé deux piasses parce que j\u2019avais soif puis j\u2019voulais aller m\u2019chercher deux p\u2019tites broues au dépanneur.A jamais voulu! Pis j\u2019ai entendu dire que tu nous avais faite à ton image, mais, elle là, c\u2019est ton échec.A va devenir l\u2019ancêtre d\u2019la catégorie des cheaps, des radins, des gratte-la-cenne! Dans mon livre à moé, Séraphine est l\u2019premier exemplaire d\u2019la pire défectuosité humaine, et pis a déshonore la race humaine! \u2014 Ouais\u2026, d\u2019après ce que tu me racontes, il est trop tard pour la changer, mais il va falloir que je révise mes plans pour que ça ne se reproduise pas\u2026 \u2014 Ouan! T\u2019es ben mieux parce que ça fait dur! J\u2019t\u2019ai conté l\u2019affaire du resto, mais même si cé dur à croire, a l\u2019a fait pire! Là, j\u2019ai eu mon estie d\u2019voyage! Je l\u2019ai pas encore digéré celle-là! Veux-tu savoir l\u2019histoire?«Heu\u2026, je pense que je n\u2019ai pas le choix\u2026» Dans ma réalité, avant de côtoyer Séraphine, j\u2019en ai connu des cheaps mais elle a été la goutte qui a fait déborder le vase! C\u2019est dommage pour elle, mais moi, je suis totalement incapable de supporter cette catégorie de personnes : j\u2019suis carrément allergique! Pour moi, elles sont tous pareilles : elles profitent de tout ce que les autres peuvent leur apporter, mais elles ne donnent jamais rien; tout leur est dû; elles sont égoistes.Elles ignorent le sens même du mot «générosité».Elles sont à mille lieues des gens de la rue lesquels, très démunis, s\u2019entraident en partageant le peu qu\u2019elles ont.Je souhaite à Séraphine que son Dieu lui fasse comprendre le sens des mots «bonté» et «générosité» envers autrui.Séraphine: la pire défectuosité de la race humaine Solution du mots croisés situé en page 30.A va devenir l\u2019ancêtre d\u2019la catégorie des cheaps, des radins, des gratte-la-cenne! Dans mon livre à moé, Séraphine est l\u2019premier exemplaire d\u2019la pire défectuosité humaine 30 L\u2019Itinéraire / 15 juillet 2008 Horizontal 1- Bijou composé d\u2019une chaînette et d\u2019une pierre fine, porté sur le front.\u2013 Dure trois mois.2- Fromage italien au lait de vache.\u2013 croix sur laquelle le christ est représenté.3- Régime politique de la Russie jusqu\u2019en 1917.\u2013 Couteau (mollusque).4- Art.contracté.\u2013 Exciter, développer (une faculté, un sentiment, etc.) 5- Attacha par un engagement juridique ou moral.\u2013 prénom de l\u2019écrivain français né à Paris en 1840 et décédé en 1902.\u2013Qui tombe chaque année.6- Victoire de Napoléon sur les Prussiens.\u2013 Personne sotte.\u2013 Adopté (qqch.ou qqn) par préférence.7- Jeune saumon ayant atteint l\u2019âge de sa descente passive vers la mer (plur.) \u2013 Indique la circonstance, le moment.\u2013 Premier nombre entier.8- Manifester son mécontentement.\u2013 Voie urbaine.9- Nom gaélique de l\u2019Irlande.\u2013 Bue à petits coups.\u2013 En matière de.10- Ses racines et ses graines sont utilisées en médecine traditionnelle.\u2013 Bismuth.\u2013 Tellement.11- Arsenic.\u2013 Jaunisse.\u2013 Poème mis en musique.12- Fendre légèrement (un objet) sans que les parties se séparent.\u2013 Poisson qui se fait transporter par d\u2019autres poissons, à cause de son disque en forme de ventouse, qu\u2019il a sur la tête.13- Réunion où l\u2019on danse.\u2013 Économie dans l\u2019emploi ou l\u2019usage de qqch.14- Mouette à tête noire.\u2013 Siège de la conception.\u2013Volcan actif du Japon.15- Plat sucré que l\u2019on sert après le fromage et avant les fruits.\u2013 Double règle.\u2013 Marque le lieu.Vertical 1- Doctrine considérant tous les évènement comme irrévocablement fixés d\u2019avance par une cause unique surnaturelle.\u2013 D\u2019une couleur jaune doré.2- Linge pour s\u2019essuyer les mains.\u2013 Riv.De France, qui sort du Jura.3- Aber.\u2013 Superordre d\u2019amphibiens dépourvus de queue à l\u2019âge adulte.Poisson plat commun dans les mers et les estuaires.4- Peu dense.\u2013 Sa capitale est Alger.\u2013 Patrie d\u2019Abraham.5- Partie antérieure d\u2019un projectile, de forme conique ou ogivale.\u2013 Tour.\u2013 S\u2019ouvre en parlant d\u2019une fleur.6- Maladie de l\u2019appareil digestif des abeilles (Plur.) \u2013 Tellure.\u2013 Éminence.7- Milles trois en romain.\u2013 Canards marins qui nichent sur les côtes scandinaves.8- Celle-ci.\u2013 Route rurale.\u2013 Stère.9- Infinitif.\u2013 Largeur d\u2019une bande de papier peint.\u2013 Compromises par des engagements anticipés.10- Adresse de qqn.À agir de façon déloyale.\u2013 Mammifère de l\u2019Amérique du Sud, à corps et à museau allongé.\u2013 Mèche de cheveux.11- Petite blessure superficielle de la peau.\u2013 Homme qui a des relations sexuelles avec une femme qui n\u2019est pas son épouse.12- Pron.Pers.\u2013 Artères.\u2013Richesse.13- Titre donné aux dignitaires et magistrats, dans l\u2019empire ottoman.\u2013 Homme politique et historien roumain mort en 1940.14- Chacune des pièces de bois qui soutiennent la quille d\u2019un navire en construction.\u2013 Amoindrissement, affaiblissement.\u2013 Le one-step en est une ! 15- Exprime ce que quelqu\u2019un a cessé d\u2019être.\u2013 Grande difficulté à réaliser des gestes, des mouvements volontaires mêmes simples.\u2013 Agent secret de Louis XV.Ce magazine socio-culturel produit par des jeunes de la rue auprès de votre camelot, au prix de 5$, ou commandez-le au www.itineraire.ca au prix de 15 $ (un don de 10 $ est alors inclus pour assurer le succès de ce projet aidant les jeunes à se sortir de la rue).Procurez-vous la cinquième édition du magDVD Le 3e OEil Solut ion en page 2 9 Conception : Gaston Pipon mots croisés "]
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