L'itinéraire, 1 janvier 2008, vendredi 1 août 2008
[" Le magazine des grandes causes Une maille de rêve et deux amours Volume XV, Numéro 15, Montréal, 1er août 2008 Fier partenaire du Festival d\u2019expression de la rue depuis 2003 Le magazine L\u2019Itinéraire a été créé en 1992 par Pierrette Desrosiers, Denise English, François Thivierge et Michèle Wilson.À cette époque, il était destiné aux gens en difficulté et offert gratuitement dans les services d\u2019aide et les maisons de chambres.Depuis mai 1994, L\u2019Itinéraire est vendu régulièrement dans la rue.Cette publication est produite et rédigée en majorité par des personnes vivant ou ayant connu l\u2019itinérance, dans le but de leur venir en aide et de permettre leur réinsertion sociale et professionnelle.La direction de L\u2019Itinéraire tient à rappeler qu\u2019elle n\u2019est pas responsable des gestes des vendeurs dans la rue.Si ces derniers vous proposent tout autre produit que le journal ou sollicitent des dons, ils ne le font pas pour L\u2019Itinéraire.Si vous avez des commentaires sur les propos tenus par les vendeurs ou sur leur comportement, communiquez sans hésiter avec le 514 525-5747, poste 230.Convention de la poste publication No 40910015, No d\u2019enregistrement 10764.Retourner toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada, au Groupe communautaire L\u2019Itinéraire, 2100, boul.de Maisonneuve Est, Montréal (Québec) H2K 4S1, itineraire@itineraire.ca Nous reconnaissons l\u2019aide financière accordée par le gouvernement du Canada pour nos coûts d\u2019envoi postal et nos coûts rédactionnels, par l\u2019entremise du Programme d\u2019aide aux publications et du Fonds du Canada pour les magazines.Le magazine L\u2019Itinéraire Éditeur et directeur général : Serge Lareault Rédactrice en chef : Audrey Coté Adjoint à la rédaction : Jérôme Savary Infographistes pigiste : Mélissa Deschênes Photo de couverture : Éric Carrière Révision : Lorraine Boulais, Hélène Pâquet, Sylvie Martin, Sophie Desjardins, Pierre Aubry, Édith Verreault, Isabel Matte, Michel Camus, Julie Pelletier, Nicolas Joly, Jean-Pierre Bourgault, Nicole Éva Morin, Noëlle Samson, Philippe Robert et Jean Guimond Site Internet : Serge Cloutier, Drafter.com Imprimeur : Quebecor World Conseillers publicitaires Renée Larivière :1 866 255-2211 renee.lariviere@itineraire.ca Mario St-Pierre :1 866 570-6668 mario.stpierre@itineraire.ca Le conseil d\u2019administration Président : Robert Beaupré Vice-président : Jean-Paul Baril Trésorier : Amélie Laframboise Secrétaire : André Martin Conseillers : Tanéa Castro, Gabriel Bissonnette (rep.camelots), Alexandre Péloquin, Yvon Massicotte et Pierre Goupil L\u2019administration Directeur général : Serge Lareault Directeur marketing/communications : Richard Turgeon Directrice de l\u2019insertion sociale : Jocelyne Sénécal Directeure de l\u2019administration et des ressources humaines : France Beaucage Adjointe à l\u2019administration : Nathalie Gélinas Conseiller au développement stratégique et financement : Mario St-Pierre Conseillère au développement stratégique et médias : Chantal Forman Conseiller au développement stratégique et partenariats : Guillaume Lacroix ISSN-1481-3572 L\u2019Itinéraire est entièrement recyclable L\u2019Itinéraire est membre de : Association nord-américaine des journaux de rue Le réseau international des journaux de rue Rédaction et administration \u2022 2100, boul.de Maisonneuve Est, bur.001 Montréal (Qc) H2K 4S1 Le Café sur la rue \u2022 2101, rue Ste-Catherine Est MagDVD Le 3e OEil \u2022 2103, rue Ste-Catherine Est, 2e étage Téléphones : 514 597-0238 514 525-5747 (services rue Ste-Catherine) Télécopieur : 514 597-1544 Courriel : itineraire@itineraire.ca Site : www.itineraire.ca Le Groupe communautaire L\u2019Itinéraire est un organisme à but non lucratif fondé en 1990 pour aider les personnes de la rue.Le conseil d\u2019administration est composé en majorité de personnes ayant connu l\u2019itinérance, l\u2019alcoolisme ou la toxicomanie.Sommaire Abonnement www.itineraire.ca ou 514 597-0238 L\u2019Itinéraire est appuyé financièrement par Actualité et vie urbaine Culture La une Santé/Bien-être Environnement Développement social Économie/consommation Expression 8 Mois de l\u2019archéologie : Marcher consciemment sur notre histoire 9 Les éditions Écosociété au bord du gouffre 10 Les artistes Quapryce basque et Frédéric Gosselin 11 Rencontre avec le poète Danny Plourde 12 Tricot machine : Une maille de rêves et deux d\u2019amour 14 Laissez-les parler! 17 Du grand ménage écolo! 18 Brèves environnement 19 Globe-trottoir 20 L\u2019homophobie qui mène à l\u2019itinérance 22 Centre d\u2019amitié autochtone de Montréal : S\u2019ouvrir aux autres 25 Zeitouna : Une bonne huile d\u2019olive, une bonne cause 26 Brèves consommation 27 Mots de camelots 29 Médisance intergénérationnelle (chronique) 30 Prof Lauzon L\u2019Itinéraire / 15 juillet 2008 L\u2019Itinéraire / 1er août 2008 Audrey Coté édito Rédactrice en chef audrey.cote@itineraire.ca À la lumière des témoignages des divers intervenants sociocommunautaires sondés par L\u2019Itinéraire, il apparaît que parmi les jeunes lesbiennes, gais ou transgenres qui se retrouvent dans la rue, certains ont été littéralement chassés de la maison familiale.Plusieurs de ces jeunes proviennent des régions du Québec ou des provinces canadiennes où l\u2019homophobie est, semble-t-il, plus manifeste qu\u2019à Montréal.Ce constat conforte une déclaration de l\u2019animatrice Claire Lamarche, interrogée par L\u2019Itinéraire au sujet du préjugé qu\u2019elle trouvait le plus tenace en regard des nombreuses émissions d\u2019éducation populaire qu\u2019elle a animées au cours des années : «L\u2019homosexualité en région est encore très taboue.On dirait que le fait qu\u2019il existe une plus grande uniformité sociale fait en sorte qu\u2019il y a moins d\u2019ouverture à la différence», affirmait l\u2019animatrice de TVA dans L\u2019Itinéraire du 1er avril 2007.Même si en mai dernier, un sondage Léger Marketing a divulgué que 70 % des Canadiens se disent à l\u2019aise avec l\u2019homosexualité, une certaine dissonance persiste entre les paroles et les actes.Comme le dit si bien Richard Rancourt, directeur des communications de Gai écoute : «On ne se réclame pas de l\u2019homophobie, mais on trouve souvent le moyen d\u2019être homophobe.» Le discours de tolérance de certains s\u2019avère souvent moins convainquant lorsque soumis à l\u2019épreuve des faits.Si l\u2019homophobie parentale conduit malheureusement certains jeunes à la rue, une discrimination plus ténue persiste aussi dans plusieurs milieux.Plus ou moins tapie dans le placart, l\u2019homophobie n\u2019en est pas moins omiprésente et tend à prendre de nouvelles formes, a confirmé à L\u2019Itinéraire Line Chamberland, professeure de sociologie de l\u2019UQAM, spécialisée dans l\u2019étude de la discrimination envers les minorités sexuelles.«On remarque que dans certains milieux de travail, le discours est plus subtil, mais tout de même discriminatoire.Par exemple, on va dire : \"Il est gai, mais il n\u2019est pas efféminé, pas trop exubérant.Telle femme est lesbienne, mais ça ne paraît pas, elle n\u2019est pas masculine et elle n\u2019en parle pas.\"» Ainsi, on catégorise les «bons» et les «mauvais» gais, on juge les lesbiennes «acceptables» parce qu\u2019elles se fondent dans le décor et on méprise les autres, plus stéréotypées.Et que penser des minorités sexuelles qui véhiculent parfois elles-mêmes ces préjugés, consciemment ou non?Les spécialistes de la question considèrent cette attitude comme une variante de «l\u2019homophobie intériorisée».Malgré tout cela, force est de constater que le tableau est loin d\u2019être complètement noir.Les organismes d\u2019aide aux minorités sexuelles s\u2019entendent pour dire que la bataille contre l\u2019homophobie n\u2019est pas gagnée, mais comme le fait remarquer le président de la Fondation Émergence, Laurent McCutcheon, le Québec fait partie des sociétés les plus tolérantes au monde à l\u2019égard des minorités sexuelles.La nuance reste toutefois cruciale, selon M.McCutcheon : «Il n\u2019y a pas si longtemps, nous étions dans une société d\u2019intolérance.Actuellement, nous passons des étapes de tolérance et, tranquillement, nous nous dirigeons vers une pleine acceptation des minorités sexuelles.» Homophobie Une lutte à finir avec les préjugés Les festivités de Divers/Cité qui battent actuellement leur plein dans le village gai laissent croire que vivre son homosexualité est devenu banal en 2008.Pourtant, même si l\u2019homophobie tend à s\u2019atténuer dans plusieurs milieux, elle marque encore au fer rouge beaucoup de jeunes lesbiennes et gais.Interpellé par un récent sondage américain qui a révélé que 3 800 jeunes de moins de 25 ans vivraient dans les rues de New-York et que 30% d\u2019entre eux seraient lesbiennes, gais et transgenres1, L\u2019Itinéraire a mené son enquête à Montréal, que vous retrouverez à la page 20 de cette édition.Bien que les minorités sexuelles de la rue ne soient pas recensées, il ressort que certaines d\u2019entre elles ont traversé les eaux troubles de l\u2019exclusion familiale.1 Conseil communal auprès de l\u2019Empire State Coalition pour la jeunesse et la famille, 2008.Lisez notre enquête à la page 20 de cette édition.Ainsi, on catégorise les «bons» et les «mauvais» gais, on juge les lesbiennes «acceptables» parce qu\u2019elles se fondent dans le décor et on méprise les autres, plus stéréotypées. L\u2019Itinéraire / 1er août 2008 À quoi sert mon don?Pour la réinsertion sociale La mission du Groupe est d\u2019accroître l\u2019autonomie et le développement individuel et social des personnes qui connaissent des difficultés liées à la pauvreté et à l\u2019itinérance.L\u2019Itinéraire aide les personnes à retrouver leur place dans la société et à développer leur estime de soi.Six mois après la fréquentation de l\u2019organisme, la presque totalité des participants retrouve un endroit pour vivre.Les cartes-repas Un don qui nourrit réellement ! En contribuant au Fonds des cartes-repas, votre don permet de nourrir une personne dans le besoin au Café sur la rue de L\u2019Itinéraire.Des services psychosociaux y sont également offerts.Vous pouvez vous-mêmes distribuer ces cartes dans la rue ou les confier à nos intervenants qui les offriront à ceux qui ont faim.L\u2019abonnement Quand on ne peut l\u2019acheter sur la rue Votre abonnement nous permet de continuer de publier notre magazine et de maintenir nos services.Mais L\u2019Itinéraire, c\u2019est plus qu\u2019un magazine.C\u2019est un moyen concret qui améliore les conditions de vies des personnes de la rue.Contribuer à L\u2019itinéraire Faites le choix d\u2019une ou de plusieurs façons de contribuer : qDon1 à l\u2019organisme de charité Je fais un don de _______ $ qCommande de cartes-repas1-2 J\u2019achète ____ cartes x 3$/chaque = _______ $ qPostez-moi les cartes-repas pour que je les distribue2 qJe désire que vos intervenants les distribuent qAbonnement3 Je m\u2019abonne pour 1 an, 24 numéros (48$, taxes et frais d\u2019envoi inclus) _______ $ Total de votre paiement:____________$ Vous pouvez aussi faire un don en ligne à www.i t ine ra i r e.ca Notes : 1 Reçus envoyés à la fin de l\u2019année pour les dons de 10$ et plus.2 En vertu d\u2019une loi de Revenu Canada, les cartes achetées que vous distribuez vous-mêmes ne sont pas admissibles aux déductions fiscales.3 Il n\u2019y a pas de reçu de charité pour les abonnements.M.q Mme.q Prénom : ______________________Nom : _____________________________ Entreprise : ______________________________________________________ Adresse : _____________________________________________ App.______ Ville : _________________________________ Province : _________________ Code Postal : ___________________ Téléphone : ( ) ___________________ Courriel : ________________________________________________________ Paiement qChèque au nom du Groupe communautaire L\u2019Itinéraire q Visa, Master Card I__I__I__I__I__I__I__I__I__I__I__I__I__I__I__I__I No de carte Expiration ____ / 20____ Mois Année Signature X____________________________________ + + + Postez ce coupon au Groupe communautaire L\u2019Itinéraire 2100 de Maisonneuve Est.Suite 001, Montréal (Québec) H2K 4S1 Pour information : www.itineraire.ca ou 514 597-0238 poste 235 Faits saillants de L\u2019Itinéraire 2 000 personnes aidées par année 30 000 repas servis au Café sur la rue 350 camelots vendant L\u2019Itinéraire à Montréal 100 emplois en réinsertion socioprofessionnelle Ensemble nous pouvons changer leur vie Un camelot vous a encouragé à vous abonner ?Nom ou numéro d\u2019identification pour sa récompense: ___________________________________________ L\u2019Itinéraire / 1er août 2008 L\u2019Itinéraire accueille plus de 2 000 personnes par année dont de plus en plus de jeunes de la rue.Forts de nos succès en réinsertion en milieu de travail, nous procéderons sous peu à la rénovation et l\u2019aménagement de notre immeuble, situé à l\u2019angle des rues De Lorimier et Ste-Catherine, qui deviendra le Centre d\u2019insertion sociale de L\u2019Itinéraire, entièrement dédié à des projets de réinsertion socioprofessionnelle des plus démunis de notre société.Dans le cadre de ce projet, nous aménagerons une salle de visionnement et d\u2019atelier au Café sur la rue ainsi qu\u2019un plateau de travail en vidéo (salles de montages et de formation, salle d\u2019enregistrement) pour les jeunes de 18-30 ans qui effectuent leur réinsertion par le biais du 3e OEil MagDVD.Pour ce faire nous avons entre autres un besoin important de matériel audio-vidéo : - Ordinateurs performants pour le montage vidéo - Écran de projection rétractable au plafond - Équipements d\u2019enregistrement - Haut-parleurs amplifiés avec console Pour toutes informations ou si vous pensez pouvoir nous aider d\u2019une façon ou d\u2019une autre à réaliser ce projet, n\u2019hésitez pas à contacter notre conseiller au développement : M.Guillaume Lacroix 514 597-0238 poste 237 ; guillaume.lacroix@itineraire.ca Merci de votre aide pour développer l\u2019emploi et l\u2019espoir auprès des jeunes de notre société! Communauté de L\u2019Itinéraire Pour offrir plus de places de travail aux gens de la rue Le Groupe L\u2019Itinéraire a besoin de vous! À L\u2019Itinéraire, des dizaines de communautés bienfaitrices contribuent généreusement à notre travail depuis la fondation de l\u2019organisme.Nous tenons à les remercier chaleureusement de leur appui renouvelé à notre mission.Depuis des siècles, les communautés religieuses se dévouent, sans condition, à aider les plus démunis de notre société.De nos jours, elles continuent toujours leurs bonnes oeuvres en toute discrétion et humilité.Elles sont toujours présentes et à l\u2019affût des besoins de leur milieu et travaillent quotidiennement au mieux vivre de tous.Pour L\u2019Itinéraire, comme pour tous les organismes à but non lucratifs, l\u2019appui de ces communautés est tout à fait crucial et joue un rôle essentiel dans la poursuite de notre mission.La lutte contre la pauvreté et l\u2019amélioration de la qualité est un défi quotidien que les communautés religieuses relèvent avec passion.Certaines soeurs nous ont même confié, sous le couvert de l\u2019anonymat, prier pour nos camelots! Un grand merci aux communautés qui nous appuient depuis de nombreuses années.- Soeurs Grises de Montréal - Les Soeurs de Saint-Noms de Jésus et Marie du Québec - Compagnie de Jésus - Foyer de Charité - Société St-Vincent de Paul - Institut des Filles Réparatrices du Divin-Coeur - Les Frères Maristes - Solidarité-Franciscaine - Les Soeurs de Sainte-Anne du Québec - Les clercs de Saint-Viateur du Canada - Les Soeurs de Présentation de Marie, Oeuvres Régis Vernet - Les Filles de Saint-Paul - Soeurs Servantes du Saint-Coeur de Marie - Les Soeurs de Saint-François d\u2019Assise - Congrégation des petites filles de Saint-François - Soeurs Auxiliatrices - Ordre Hospitalier de St-Jean de Dieu - Religieuses de Jésus-Marie - Soeurs de la Providence L\u2019Itinéraire est aux anges Isabelle Gallichan, au centre, coordonnatrice à la formation entourée des participants au 3eOEil Gilles Dauphin, Jonathan Boulanger-Gauthier, Jean-Simon Brisebois, Malik Proulx, Sam Deska et Catherine Gautier. L\u2019Itinéraire / 1er août 2008 Actualité & vie urbaine Pendant des heures et souvent des jours, creuser, brosser, tamiser pour découvrir un fragment de poterie ou une aiguille à coudre.Le métier d\u2019archéologue demande une patience qui flirte avec le renoncement bouddhiste.Mais il y a plus : «Les objets sont des témoins de la vie humaine et c\u2019est à nous de les faire parler pour intéresser les gens à leurs racines et leur histoire.» C\u2019est avec le défi de la vulgarisation que Nadine Cloutier aborde son métier.Contrairement à l\u2019Europe, le Québec commence à peine à s\u2019éveiller aux richesses de son patrimoine archéologique.«On n\u2019a pas appris l\u2019importance de l\u2019archéologie à l\u2019école.C\u2019est une science qui a pris son essor seulement autour de 1950», dit l\u2019archéologue.L\u2019archéologie nourrit l\u2019histoire.«Contrairement aux colonisateurs européens dont on peut interpréter l\u2019histoire à l\u2019aide des récits qu\u2019ils ont laissés, les Amérindiens n\u2019écrivaient pas.C\u2019est là que nous, archéologues, donnons un sens aux objets trouvés et décryptons leur histoire», précise Nadine Cloutier.Les plus anciennes traces de l\u2019homme au Québec ont été trouvées au lac Mégantic et remontent à 12 500 avant aujourd\u2019hui.Comme il s\u2019agissait évidement d\u2019Amérindiens, l\u2019archéologue affirme que cette découverte, comme plusieurs autres de ce type, a pour effet de stimuler la fierté des autochtones : «Ils découvrent qu\u2019ils ont une profondeur culturelle et, pour les Québécois, c\u2019est aussi un prétexte pour se rapprocher des Premières nations.» Objets à identifier Selon l\u2019archéologue, il faut se réjouir que les sociétés balaient sous le tapis les traces de leurs ancêtres: «Le fait que l\u2019humain enterre des fondations pour en construire de nouvelles permet de conserver les traces historiques.» Lorsque l\u2019on trouve un objet, quel qu\u2019il soit, la première étape consiste à l\u2019identifier en fonction des repères culturels.Par exemple, une pointe de flèche de 12 500 ans n\u2019a pas la même forme que celle du 17e siècle.Identifier un objet en archéologie est sensiblement la même démarche que de reconnaître une mode vestimentaire.Nadine Cloutier affirme que les objets trouvés sont parfois aussi stéréotypés que les modes hippie ou punk.L\u2019autre façon d\u2019identifier l\u2019époque d\u2019un objet est d\u2019avoir recours à la haute technologie en analysant le taux de carbone 14 contenu dans la matière : «Lorsqu\u2019on est vivant, 100% de notre corps est composé de carbone 14.Lorsqu\u2019on meurt, plus de la moitié de ce carbone 14 disparaît.Ensuite, le carbone 14 suit une courbe de décroissance exponentielle », vulgarise Nadine Cloutier.Les trésors de Montréal L\u2019histoire est sous nos pieds et souvent sous nos yeux, mais on l\u2019ignore.C\u2019est pourquoi il faut profiter du Mois de l\u2019archéologie pour enrichir nos ballades urbaines.Plusieurs activités interactives sont proposées.Par exemple, il est possible d\u2019embarquer dans un canot en compagnie d\u2019un archéologue qui commente le parcours menant du lieu historique national du Commerce-de-lafourrure- à-Lachine au musée de Lachine.Une autre activité, intitulée La ville sous la ville, mène les curieux au coeur du premier centre-ville de Montréal datant du 18e siècle.Les activités du Mois de l\u2019archéologie ont notamment pour but de développer la conscience historique des Montréalais : «Depuis quelques années, des personnes osent nous appeler lorsqu\u2019ils découvrent des objets d\u2019époque sur leurs terrains.C\u2019est tout nouveau, cette sensibilité du public», note l\u2019archéologue passionnée.Pour connaître toutes les activités : www.archeoquebec.com Identifier un objet en archéologie est sensiblement la même démarche que de reconnaître une mode vestimentaire.Nadine Cloutier affirme que les objets trouvés sont parfois aussi stéréotypés que les modes hippie ou punk.L\u2019archéologue Nadine Cloutier Mois de l\u2019archéologie Marcher consciemment sur notre histoire Audrey Coté «Chaque jour, sans le savoir, on marche sur notre histoire.» L\u2019archéologue et coordonnatrice du Mois de l\u2019archéologie, Nadine Cloutier, déboulonne le mythe qui veut que l\u2019archéologie soit une science aride peu accessible au grand public.Tout le mois d\u2019août, le Réseau Archéo-Québec vous propose de découvrir votre histoire à travers le patrimoine archéologique du Québec.Suivez la guide! Photo : Audrey Coté L\u2019Itinéraire / 1er août 2008 Après avoir fait sortir de ses gonds Barrick Gold, la compagnie aurifère la plus importante au monde qui lui demandait déjà 6 millions de dollars pour dommages moraux compensatoires à la suite de la sortie du livre Noir Canada.Pillage, corruption et criminalité en Afrique, Écosociété se retrouve étranglée par une seconde poursuite de 5 millions de dollars initiée par Banro, une autre compagnie minière.«Avec cette seconde poursuite déposée en Ontario, c\u2019est beaucoup plus difficile pour nous, car se défendre dans un autre système de droit et dans une autre langue demande des moyens considérables que l\u2019on n\u2019a pas, explique, manifestement fatigué, Guy Cheyney, le coordonnateur des éditions Écosociété.C\u2019est énorme pour nous.Pour nous, la solution passe par le déplacement du procès à Montréal.» Selon Écosociété, «des documents fouillés provenant de sources d\u2019information internationales fiables et crédibles font état de dévastation environnementale, de pillage systémique, de corruption, de collusion avec des potentats locaux, des seigneurs de guerre ou des dictateurs\u2026 Noir Canada.Pillage, corruption et criminalité en Afrique est la synthèse et l\u2019analyse de ces travaux».Les auteurs du livre sont également poursuivis par les deux compagnies.Alain Deneault, Delphine Abadie et William Sacher se sont aventurés sur un terrain miné.Le mois dernier, alors que Barrick Gold avait annoncé qu\u2019elle les poursuivait, Alain Deneault avait dit à L\u2019Itinéraire que «ceux qui ont tenté de dire des choses [à propos des compagnies minières en Afrique] ont fait l\u2019objet d\u2019intimidation».C\u2019est donc à leur tour d\u2019y goûter.Fin juin, Patrick Lagacé, chroniqueur au journal La Presse, indiquait que le livre était particulièrement militant.«C\u2019est absolument faux.C\u2019est un livre universitaire, qui est le résultat d\u2019une démarche académique très sérieuse.Ce livre suscite aussi le débat public, car de nombreuses personnes possèdent des actions dans ces compagnies sans forcément le savoir.» 1 Stategic lawsuit against public participation Lisez l\u2019éditorial de L\u2019Itinéraire du 1er juin 2008 pour en apprendre davantage sur le sujet.Soutenez Écosociété sur Internet : slapp.ecosociete.org «Pour nous, la solution passe par le déplacement du procès à Montréal.» \u2014 Guy Cheyney, coordonnateur des éditions Écosociété, à propos de la seconde poursuite intentée en Ontario par la compagnie Banro contre la maison d\u2019édition Actualité & vie urbaine Écosociété au bord du gouffre Jérôme Savary Écosociété, la maison d\u2019édition québécoise à but non lucratif spécialisée dans les sujets qui soulèvent des enjeux de société est désormais poursuivie pour la somme de 11 millions de dollars.Faisant l\u2019objet de deux poursuites-bâillons (ou SLAPP1), Écosociété risque de fermer.Comme cette maison d\u2019édition est l\u2019une des rares au Québec à susciter des débats publics sur les grands problèmes de l\u2019heure, la liberté d\u2019expression et la démocratie sont gravement atteintes.Projet de loi contre les poursuites-bâillons Tout n\u2019est pas si sombre dans l\u2019affaire entourant le livre Noir Canada.Le ministre Jacques P.Dupuis a en effet déposé fin juin un projet de loi contre les poursuites judiciaires abusives.«Au moins, la poursuite que nous subissons aura permis de mettre de la pression sur le ministre de la Justice», indique M.Cheyney, coordonnateur des éditions Écosociété, tout en soulignant le travail majeur fait par André Bélisle, de l\u2019Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique, et de la Ligue des droits et libertés dans la lutte pour l\u2019adoption d\u2019une telle loi.«Le projet de loi ne semble pas mal du tout, car il reconnaît le phénomène des poursuites abusives et la loi veut mettre fin à ça pour permettre aux gens de participer au débat public, précise M.Cheyney.En cas d\u2019adoption de la loi, on demande son application rétroactive, afin qu\u2019Écosociété puisse être dédommagée.Ce projet de loi ne règle pas non plus entièrement le problème.On aimerait que la loi ait un peu plus de mordant, mais c\u2019est déjà un beau projet et il faut appuyer le ministre dans sa démarche.» Guy Cheyney, coordonnateur des éditions Écosociété Photo : Jérôme Savary 10 L\u2019Itinéraire / 1er août 2008 Culture Membre de l\u2019équipe du 3e OEil de L\u2019Itinéraire depuis ses tous débuts, Quapryce basque est un créatif obsessif.Des scénarios de films sont prêts, mais ce sont ces textes de hip-hop qui lui ont permis de signer un vidéoclip dans le magDVD du 3e OEil.Le regard bleu perçant et la verve assassine, le frondeur «Quapryce» ne passe pas inaperçu.Quapryce, tu fais du hip-hop, tu écris tes textes, tu écris aussi des scénarios.Pourquoi crées-tu?C\u2019est l\u2019occasion de me plonger dans l\u2019imaginaire, de créer des personnages.C\u2019est vraiment là que je trouve mon bonheur.C\u2019est aussi un peu une sorte de thérapie.Comment as-tu commencé à créer?C\u2019est grâce à mon père qui, lorsque j\u2019avais huit ans, a mis la télévision et ma console de jeu à la poubelle, et m\u2019a donné 200 pages de feuilles lignées avec un crayon.Il m\u2019a dit : «Si tu es capable de t\u2019amuser avec ça, tu seras en avance dans la vie.» Pourquoi avoir choisi la musique?J\u2019ai rapidement vu que j\u2019étais très mauvais en dessin, mais j\u2019aimais écrire et j\u2019ai été en partie élevé par la famille haïtienne de mon meilleur ami, où la musique rap était très présente.On voulait faire comme les gars qu\u2019on voyait à la télé.Ça a commencé comme ça la musique.D\u2019où vient ton nom d\u2019artiste «Quapryce basque»?Quand j\u2019ai commencé à faire du rap avec mon cousin, celui-ci était désespéré, car j\u2019avais toujours des modifications à faire sur les instrumentaux : il me trouvait capricieux et a décidé de me surnommer Quapryce.Et «Quapryce basque» est une symphonie classique qui symbolise l\u2019entêtement des Basques à ne jamais laisser tomber.Quand j\u2019ai pris ce nom, je me suis retrouvé là-dedans.As-tu un message à faire passer?Il ne faut jamais laisser tomber lorsqu\u2019on veut être artiste.Il n\u2019y a aucun obstacle qui est trop haut ou trop grand quand tu veux vraiment faire quelque chose.Croire en soi, cela permet de se forger en tant que personne.Propos recueillis par Jérôme Savary Hugues Jutras alias «Quapryce basque» Grandir par le hip-hop Le secret le mieux gardé du Centre-Sud de Montréal est sans aucun doute l\u2019existence des cabarets des Parcs Vivants.Inaugurés en 2002 par l\u2019Éco-quartier Saint-Jacques, les Parcs Vivants visent avant tout à encourager l\u2019appropriation des parcs par la communauté en y organisant différentes activités estivales.Suite à leurs premières présentations réussies en 2007, les cabarets sont revenus en force cet été avec trois événements.Intimes et sans prétention, ces cabarets ont été créés pour qu\u2019une bande de poètes, de chanteurs, d\u2019humoristes, de sculpteurs, et d\u2019autres artistes fous puissent faire la fête en compagnie des citoyens.Ont été présentés, en juin, Une Tite shotte de Fort-West, un cabaret country-western digne du Ranch à Willie, et en juillet, Montréal, ville ben ouverte, un cabaret grivoissympathique en l\u2019honneur du Red light.La voix des cabarets des Parcs Vivants se fera entendre une dernière fois cet été le 29 août prochain à 19h.Le parc Victor-T.-Daubigny sera habité par les Chants et poèmes de la résistance.Un événement à ne pas manquer! Pour plus d\u2019information: www.ecoquartierst-jacques.org Cabarets en plein air Micheline Rioux Journaliste de rue micheline.rioux@itineraire.ca Photo : Jérôme Savary Hugue , alias Quapryce basque L\u2019Itinéraire / 1er août 2008 11 Pourquoi êtes-vous artiste?Je suis marqué par les rencontres que je fais avec certaines personnes, qui me donnent ensuite envie de mettre leur histoire en musique.C\u2019est notamment le cas de ma chanson «Pierrot le Grec», qui raconte l\u2019histoire d\u2019un ami qui a revu son père seulement 20 ans après avoir été abandonné.Comment avez-vous débuté?J\u2019ai débuté en jouant dans la rue, sur la Terrasse Dufferin à Québec, à l\u2019âge de 19 ans.C\u2019est comme ça que j\u2019ai payé mes études universitaires! Où puisez-vous votre inspiration?Des films m\u2019ont beaucoup inspiré.Notamment le film Le Sud, qui se passait en Amérique du Sud, et dans lequel il était question de révolte contre la dictature.On retrouve souvent une contestation de l\u2019ordre établi et un refus du conformisme dans mes chansons, mais en douceur.C\u2019est pourquoi j\u2019aime travailler avec les jeunes, car ils me poussent à me remettre en question et ils nourrissent mes textes.Un de mes modèles de création est Sylvain Lelièvre, car il était à la fois enseignant et chanteur.Pourquoi avez-vous composé une chanson à partir de l\u2019ancien camelot Jean-Pierre Lizotte, aujourd\u2019hui décédé?Jean-Pierre Lizotte vendait ses poèmes et je lui avais acheté l\u2019un de ses recueils.J\u2019avais alors 23 ans et, alors que je me cherchais pas mal, j\u2019étais parti en Abitibi.Ce recueil de poèmes m\u2019avait accompagné pendant le voyage et il m\u2019avait donné l\u2019énergie de continuer à écrire par sa façon de se concentrer sur les choses simples, malgré les difficultés.Site Web : myspace.com/fredericgosselin Propos recueillis par Jérôme Savary Frédéric Gosselin Trajectoire indépendante «J\u2019aime changer d\u2019univers».Pas étonnant, venant de cet auteurcompositeur- interprète indépendant de 35 ans, qui est également enseignant de français au secondaire.Auteur d\u2019un premier album, la trajectoire artistique de Frédéric Gosselin s\u2019est affirmée grâce notamment à la rencontre avec un camelot de L\u2019Itinéraire.Photo : Jérôme Savary Frédéric Gosselin RE/MAX LONGUEUIL INC.Courtier immobilier agréé franchisé indépendant et autonome de RE/MAX Québec inc.Bureau : 450 651-8331 Télécopieur : 450 651-8100 50, rue St-Charles Ouest, Bureau 100, Longueuil (Québec) J4H 1C6 Stéphane Delag e Agent immobilier affilié Cellulaire: 514 893-5556 sdelage@videotron.ca «Votre agent sur la rive sud» 12 L\u2019Itinéraire / 1er août 2008 Une «Notre rôle est de distribuer une certaine forme d\u2019amour et de communication.» Les années 1970 sont révolues, le prix de l\u2019essence monte, mais Catherine Leduc affiche une ambition toute hippie : donner de l\u2019amour.Leurs performances sur scène sont des expériences quasi extatiques.Si les idées noires s\u2019accumulent, une bonne dose de Tricot machine et tout devrait rentrer dans l\u2019ordre.La journaliste de La Presse Marie\u2013Christine Blais, qui a vu un nombre incalculable de spectacles, a d\u2019ailleurs été complètement remuée par leur concert de première donné en août 2007.Elle a écrit : «Enfin, il y avait ce truc que je n\u2019ai pas souvenir avoir jamais vécu pendant un spectacle: Matthieu et Catherine sont un couple, un vrai, et un couple indéniablement amoureux.En soi, déjà, ce n\u2019est pas une situation banale sur une scène.Mais sentir soudain que cet amour profond est contagieux, qu\u2019il s\u2019étend peu à peu à la salle, que tous les spectateurs en sont enveloppés.Du coup, la représentation est devenue non seulement une expérience musicale jubilatoire, mais également une expérience humaine hors du commun».Leur succès?Ils n\u2019y croyaient pas vraiment, ce qui explique selon eux la naïveté qui teinte leur premier album.«Je crois que notre authenticité crée une sorte de différence, parce qu\u2019on n\u2019est pas des vrais chanteurs, dit Catherine pour expliquer les 34 000 albums vendus.Tout est imparfait dans notre album, mais tout est fait dans le bonheur, c\u2019est comme le spectacle.On est comme une boule d\u2019énergie et on est content de faire ce que l\u2019on fait.» Deux têtus Nouveaux venus sur la scène musicale, les porte-voix de Tricot machine ne sont pas arrivés là par hasard.Ils avaient prévu depuis longtemps de s\u2019accrocher à leur nuage créatif.Catherine et Mathieu ont cru en eux depuis le début et n\u2019ont écouté que leur motivation profonde de faire comme bon leur semblait.Pour Catherine, cette détermination est dans sa nature.«Je n\u2019ai jamais fait comme les autres.Dès l\u2019adolescence, j\u2019étais très critique : alors que tout le monde se mettait à fumer des cigarettes et à boire de la bière, moi je ne faisais rien de tout ça.C\u2019est comme si je voulais me différencier des autres.Je me sentais forte de faire différemment des autres.» Chez Matthieu Beaumont, le déclic s\u2019est fait un peu plus tard.Après avoir étudié en musique au cégep, il s\u2019est découragé de ne pouvoir devenir un virtuose, pendant que ses professeurs lui disaient que c\u2019était là la voie du succès.Après un détour volontaire par une maîtrise en biologie, il est revenu à la musique, plus sûr de lui et de ce qu\u2019il voulait faire.«La musique est revenue dans le portrait, car je me suis rendu compte que je pouvais faire de la musique à ma façon et que le côté unique te permet de sortir du lot et te fait avancer», explique-t-il.Le tricot machine, c\u2019est Catherine, l\u2019ancienne tricoteuse professionnelle.Une profession vers laquelle peu d\u2019orienteurs dirigent les jeunes en mal de vocation.«Moi j\u2019aimais les arts plastiques et, très jeune, j\u2019étais attirée par tout ce qui est artistique, se rappelle la rouquine aux yeux bleus vifs.Ça prend quand même de la force de caractère et, quand j\u2019y pense, je me demande comment j\u2019ai fait pour me tourner vers la création alors que cela ne plaisait pas forcément à mes parents.Je suis fière de moi là-dessus et j\u2019encouragerais n\u2019importe qui au secondaire à vivre sa passion à fond\u2026 même si au bout, on lui dit qu\u2019il n\u2019y a pas forcément de job!» La création et la beauté Pour tricoter des chandails ou des chansons1, l\u2019esprit doit être encore quelque part dans les nuages.À la recherche du beau, à l\u2019écoute de son instinct.«Je me demande si la création a autant de place qu\u2019elle devrait en avoir, réfléchit Catherine.La beauté des choses a vraiment une influence sur nous au quotidien.» Et pour créer, il faut être libre.«La diversité dans la création et l\u2019esthétique est super importante, dit-elle.Il ne faut pas «encarcanner » les gens dans un modèle à suivre.Il faut plutôt laisser les gens s\u2019éclater, les laisser faire à leur manière.Pour qu\u2019on ait de la diversité, il faut qu\u2019il y en ait pour tous les goûts.» Tricot machine sera en quelque sorte le chef d\u2019orchestre du spectacle Tricopolis, le 2 août au Metropolis, dans le cadre des Francofolies, en compagnie des artistes Damien Robitaille, Pas d\u2019casque et Urbain Desbois.1 Catherine a composé quatre chansons de l\u2019album, les autres ont été écrites par Daniel Beaumont, le frère de Mathieu.Jérôme Savary Adjoint à la rédaction Catherine et Matthieu flottent sur un nuage du haut duquel les petits bobos du quotidien ne sont qu\u2019un mauvais cauchemar.Le monde entourant le duo Tricot machine est fait de souvenirs d\u2019enfance et de boules de neige; il nous invite à retrouver notre candeur.Avec le Felix de révélation musicale de l\u2019année, le couple a désormais les deux pieds pris dans la machine.Pas celle à tricoter, mais celle de l\u2019industrie du disque.Leur entêtement à faire ce qu\u2019ils veulent devrait cependant leur permettre de rester là haut, tout la haut\u2026 enfin on le leur souhaite.Une maille de rêve et deux amours «Je me demande si la création a autant de place qu\u2019elle devrait en avoir, réfléchit Catherine.La beauté des choses a vraiment une influence sur nous au quotidien.» \u2014 Catherine Leduc, du groupe Tricot machine «La diversité dans la création et l\u2019esthétique est super importante.Il ne faut pas «encarcanner» les gens dans un modèle à suivre.Il faut plutôt laisser les gens s\u2019éclater, les laisser faire à leur manière.Pour qu\u2019on ait de la diversité, il faut qu\u2019il y en ait pour tous les goûts.» \u2014 Catherine Leduc, chanteuse du groupe Tricot machine Photo : Éric Carrière Le groupe Tricot machine, alias Catherine Leduc et Matthieu Beaumont 14 L\u2019Itinéraire / 1er août 2008 «Plusieurs personnes ressentent un sévère malaise envers les gens qui bégaient», dit d\u2019emblée Carl André Fontaine, 38 ans, atteint de bégaiement depuis l\u2019âge préscolaire.Après avoir été employé au département de la sécurité gouvernementale du ministère de la Sécurité publique du Québec, il occupe aujourd\u2019hui le poste de commis en entrée de données à la compagnie Gildan.L\u2019homme croit que tous les bègues sont en mesure de trouver un emploi stable.«Le premier lien avec le patron est primordial, dit-il.Mon ancien employeur m\u2019a donné de bonnes références.Si ce n\u2019était pas de lui, on ne m\u2019aurait peut-être pas embauché.» Carl André Fontaine a dû bénéficier de l\u2019aide sociale à trois reprises au cours des dix dernières années.Bien qu\u2019on ne puisse statuer sur l\u2019impact du bégaiement dans l\u2019embauche d\u2019un candidat, les intervenants interrogés par L\u2019Itinéraire croient qu\u2019il peut y avoir une certaine corrélation négative.Ça se soigne! Le bégaiement est un trouble mécanique de la parole qui atteint 10% des Canadiens.L\u2019enfant naît avec des prédispositions, mais le trouble apparaît entre l\u2019âge de deux à cinq ans.Selon l\u2019ortophoniste et fondatrice de l\u2019Association des jeunes bègues du Québec (AJBQ), Guylaine Jutras, c\u2019est le moment idéal pour prendre la situation en main.«Les enfants n\u2019ont pas de gêne ni d\u2019appréhension à cet âge, dit-elle.On peut tenter de renverser la vapeur.» Selon la présidente, il n\u2019est jamais trop tard pour améliorer les capacités de communication des personnes bègues.«J\u2019ai un grand de onze ans qui suit une thérapie assez exigeante, dit-elle.Après une journée, il est claqué.Comme s\u2018il sortait d\u2019une compétition olympique.» Laissez-les parler! Josée-Ann Moisan Le quotidien des personnes atteintes de bégaiement et du syndrome de la Tourette est loin d\u2019être rose.En plus d\u2019être la cible de railleries et de préjugés, elles doivent composer tous les jours avec un trouble de la parole déroutant.Santé et bien-être Illustration: www.melissadeschenes.com L\u2019Itinéraire / 1er août 2008 15 Guylaine Jutras ne croit pas que les personnes bègues sont nécessairement gênées.«Certains bègues sont de grands leaders et s\u2019affirment haut et fort aux niveaux social, sportif et artistique.» La fondatrice de l\u2019AJBQ estime que l\u2019implication dans la thérapie est la clé du succès.«Dans la majorité des cas, le trouble se contrôle, affirme Guylaine Jutras.C\u2019est comme le diabète, on ne l\u2019élimine pas, mais on peut apprendre à très bien le contrôler.» Deux maladies, deux mesures Le syndrome Gilles de la Tourette (SGT) rejoint pour sa part 36 000 Québécois, et touche trois à cinq fois plus d\u2019hommes que de femme.Il a été décrit pour la première fois en 1885 par le neurologue français Georges Gilles de La Tourette.On estime depuis plusieurs années que le SGT relève essentiellement d\u2019un désordre neurobiologique.Des hormones en trop grande quantité produiraient des courtscircuits entre les neurones, ce qui causerait des tics.La directrice par intérim de l\u2019Association québécoise du syndrome de la Tourette (AQST), Claudette Rousseau, croit que le syndrome est très mal connu.«Les gens ont tendance à limiter le syndrome aux tics hors de l\u2019ordinaire, dont la copropraxie (gestes ou touchers obscènes) et la coprolalie (mots socialement inacceptables ou vulgaires).Ceux-ci ne sont présents que chez 10% des personnes atteintes du SGT!» Les tics les plus fréquents vont des tics simples, comme cligner des yeux ou renifler, aux tics complexes comme sautiller ou japper, en passant par l\u2019imitation ou la répétition de paroles et de gestes des autres.La localisation, la fréquence, la complexité, le nombre et la sévérité des tics varient d\u2019un individu à l\u2019autre.La coordonnatrice des services aux membres de l\u2019AQST, Ginette Chaput, croit qu\u2019il y a moyen de combiner travail et vie sociale.«Les personnes atteintes du syndrome se retrouvent dans tous les domaines, souligne-t-elle.Lorsqu\u2019on aime son travail, les tics s\u2019estompent et disparaissent temporairement.Il y a des gens en alimentation, des acteurs et des journalistes.Je connais même un chirurgien qui est atteint du syndrome à un stade assez élevé!» Dans le cas du SGT comme du bégaiement, tous appellent à la tolérance de la population.Carl André fontaine est formel: «Lorsqu\u2019une personne vous parle, prenez le temps de l\u2019écouter.Attendez qu\u2019elle finisse sa phrase et n\u2019essayez pas de deviner ce qu\u2019elle veut dire.C\u2019est un remède pour sa confiance.» «Lorsqu\u2019une personne vous parle, prenez le temps de l\u2019écouter.Attendez qu\u2019elle finisse sa phrase et n\u2019essayez pas de deviner ce qu\u2019elle veut dire.C\u2019est un remède pour sa confiance.» \u2014 Carl André Fontaine, 38 ans, atteint de bégaiement depuis l\u2019âge préscolaire 16 L\u2019Itinéraire / 1er août 2008 ON LUTTE À VOS CÔTÉS Environnement Lorsqu\u2019on veut prendre le virage vert, on peut y aller radicalement en fabriquant soi-même ses produits de nettoyage.Greenpeace a sur son site Internet plusieurs recettes pour confectionner, avec des ingrédients simples et non nocifs, tous les produits de base nécessaires pour garder son chez-soi propre.Contrairement à la croyance populaire, préparer ses propres produits de nettoyage n\u2019est pas compliqué ! La première chose à faire pour se convaincre : laisser tomber la toxique poudre à récurer populaire pour le bon vieux bicarbonate de soude \u2013 la petite vache, si vous préférez.«Ça fonctionne très bien! Même ma femme de ménage en utilise», indique Jocelyn Desjardins, porte-parole de Greenpeace Canada.Pour les vitres et les miroirs, l\u2019organisme propose de remplacer le Windex par du vinaigre et de l\u2019eau.«Le vinaigre a vraiment des propriétés étonnantes de dégraisseur et de désinfectant, mais aussi, comme il sèche vite, il est idéal pour les vitres», poursuit M.Desjardins.Greenpeace propose aussi de fabriquer son détergent tout usage à partir de savon pur (qu\u2019on trouve dans les boutiques de produits naturels), d\u2019eau chaude et de jus de citron.«On peut pratiquement laver toutes les surfaces avec ça; planchers, armoires, etc.», ajoute-t-il.Jocelyn Desjardins pousse ainsi les gens à essayer de nouvelles recettes et de nouveaux produits ménagers, ce qui est tout à fait opportun, compte tenu du problème d\u2019algues bleues qui sévit au Québec.«Il ne faut pas avoir peur d\u2019essayer.On est encore au stade de l\u2019expérimentation dans le domaine, mais en même temps, on se rend compte que souvent, les trucs de grand-mères sont encore les meilleurs!» Des produits achetés en vrac Bien sûr, ce n\u2019est pas tout le monde qui est prêt à fabriquer ses propres produits ménagers, à l\u2019heure où encore bien des gens ne prennent même pas le temps de cuisiner pour nourrir leur famille.Heureusement, il est aussi possible d\u2019acheter des produits ménagers biodégradables en vrac, faits au Québec et pas trop dispendieux.Les Nettoyants Lemieux sont une référence dans le domaine.Pour le grand ménage, l\u2019entreprise propose quelques produits de base, comme son détergent neutre.«Ce produit nettoie les planchers et d\u2019autres surfaces non grasses, comme les meubles, même en bois», indique Roxanne, conseillère à la boutique de la rue Papineau.Pour les vitres et les miroirs, elle conseille le nettoyant composé d\u2019eau et d\u2019alcool médical.Le dégraisseur tout usage est utile pour les gros travaux de nettoyage et, si on le dilue, pour nettoyer par exemple la surface de la cuisinière et les comptoirs.«Moi, je mets un peu de dégraisseur dans un vaporisateur avec beaucoup d\u2019eau et je m\u2019en sers même pour faire mon époussetage», raconte Roxanne.Enfin, pour un nettoyage en profondeur de la salle de bain, elle propose le «duoquat», un nettoyant, dégraisseur, détergent, désinfectant, assainisseur et fongicide.Se désencombrer Le grand ménage signifie aussi se débarrasser des objets dont on ne se sert plus.La Ville de Montréal ramasse les objets encombrants (il suffit de composer le 311 pour connaître les détails relatifs à son arrondissement), mais cette option n\u2019est pas écologique si nos objets sont encore en bon état.L\u2019idéal est de communiquer avec son Éco-Centre, qui est en lien avec plusieurs organismes qui peuvent leur donner une deuxième vie.Les produits domestiques dangereux doivent pour leur part être apportés dans un Éco-Centre, alors que pour donner des vêtements, les endroits ne manquent pas.Idéalement, on choisit un organisme à but non lucratif, comme les Fripe-Prix Renaissance.Du grand ménage écolo! Martine Letarte On lave les vitres, on débarrasse les armoires des choses inutiles, on fait de la place dans notre garde-robe, bref, on vire sa maison à l\u2019envers! Pourquoi ne pas y aller écolo?L\u2019Itinéraire / 1er août 2008 17 Quelques recettes écolo Poudre à récurer Verser du bicarbonate de soude dans le pichet d\u2019un mélangeur et ajouter des herbes aromatiques ou des fleurs, pour lui ajouter un parfum.Mélanger et utiliser.Détergent tout usage \u2013 125 ml (1/2 tasse) de savon pur \u2013 60 ml (1/4 tasse) de jus de citron \u2013 4 litres (16 tasses) d\u2019eau chaude Pour nettoyer miroirs et vitres Nettoyer les surfaces à l\u2019eau et au savon pur.Rincer avec une solution composée d\u2019une part de vinaigre pour quatre parts d\u2019eau.Pour d\u2019autres recettes et infos : www.greenpeace.org/canada/fr/avous- d-agir/trucs-et-astuces.Illustration: www.melissadeschenes.com 18 L\u2019Itinéraire / 1er août 2008 Environnement Inspirante Antiquité Aménager un jardin sur son toit, c\u2019est une idée qui remonte à l\u2019Antiquité.Les Jardins suspendus de Babylone ne faisaient-ils pas partie des sept merveilles du monde?L\u2019idée inspire aussi des urbanistes, tant amateurs que professionnels, de plusieurs villes contemporaines, dont Montréal, Ottawa, Chicago, New York et Atlanta.Les toits verts ont fait leur preuve un peu partout dans le monde, particulièrement en Europe.Chicago pourrait bien devenir une ville modèle dans ce domaine, puisque le toit de son hôtel de ville comprend des plantes et même des ruches! Les avantages des toitures végétalisées sont nombreux.Elles contribuent à purifier l\u2019air et à climatiser les édifices à peu de frais, tout en protégeant les toits des intempéries.Un toit vert peut faire diminuer la température d\u2019un quartier tout entier! De plus, ces toitures permettent de récupérer l\u2019eau de pluie.Notons toutefois que cela pose un problème lorsque la structure du bâtiment ne peut supporter le poids de la terre gorgée d\u2019eau.Il existe de très nombreux projets de toits verts au Canada dont ceux du Centre d\u2019écologie urbaine de Montréal et du Conseil national de recherches Canada.Source : Développement économique, Innovation et Exportation Québec Le Fonds NAYA - 300 000 $ pour revitaliser des cours d\u2019eau en milieu urbain Le Fonds Naya pour les cours d\u2019eau a pour objectifs d\u2019améliorer la qualité de l\u2019eau et des habitats aquatiques dans les zones urbaines, de mettre en valeur la faune aquatique à l\u2019échelle de petits bassins versants en milieu urbain, de favoriser la concertation des intervenants municipaux, environnementaux et fauniques et de sensibiliser les citadins à l\u2019importance de la protection des cours d\u2019eau.Une somme totale de 300 000 $ sera versée par Naya au cours des trois prochaines années, ce qui permettra de contribuer à la réalisation de cinq projets pilotes destinés à revitaliser des cours d\u2019eau en milieu urbain.La mise en oeuvre des actions sur le terrain sera confiée aux organismes membres du Regroupement des organismes de bassins versants du Québec (ROBVQ).Tous les organismes de bassins versants reconnus par le ROBVQ ont été invités, au cours des dernières semaines, à soumettre des projets.Ces projets doivent porter sur des cours d\u2019eau ou des tronçons de cours d\u2019eau compris dans les bassins versants situés sur le territoire d\u2019une municipalité d\u2019au moins 25 000 habitants.Les projets retenus pourront se mettre en marche dès l\u2019été 2008.Source : Fondation de la faune du Québec Photo : Julien Roumagnac (www.j-roumagnac.net) Reconstruire intelligemment l\u2019échangeur Turcot?Selon le collectif Mobilisation Turcot, l\u2019échangeur autoroutier Turcot doit être refait, mais le gouvernement veut le remplacer par une structure qui nuira à la santé publique, à l\u2019environnement et au développement du Sud-Ouest de Montréal.Une structure sans aucune vision qui réduira la qualité de vie des citoyens du Sud-Ouest.Le collectif souligne notamment le fait que les citoyens seront davantage exposés qu\u2019ils ne le sont déjà à la pollution causée par le transport, car la nouvelle structure sera moins élevée.Il indique également que la nouvelle structure formera un véritable mur qui enclavera certains quartiers du Sud-Ouest comme jamais et freinera son développement à long terme.Mobilisation Turcot demande ainsi au gouvernement de présenter un nouveau projet considérant davantage la qualité de vie des citoyens du Sud-Ouest.Avenue Notre-dame, échangeur Turcot : même combat! www.mobilisation-turcot.info Photo :www.istockphoto.com Photo : Owen Rose - www.urbanphoto.net L\u2019Itinéraire / 1er août 2008 19 Les cigarillos à la framboise Tiré de La Quête (Québec) Les cigarillos aromatisés à la framboise, à la vanille, à la pêche, au chocolat, etc.ont été conçus pour attirer une nouvelle clientèle : les jeunes.Ces produits attirent les adolescents qui s\u2019initient au plaisir malsain de fumer.Bien qu\u2019une étude effectuée en 2003 ait révélé que les usagers de ces cigarillos sucrés les perçoivent comme étant moins nocifs que la cigarette, les risques pour la santé sont aussi importants que ceux associés à la cigarette.Des nouvelles des journaux de rue du monde entier Globe-Trottoir Les écureuils bons pour la casserole Tiré de Le Macadam (Paris) Au New Jersey, ceux qui adorent manger les écureuils peuvent maintenant se réjouir, puisque l\u2019agence de protection de l\u2019environnement (EPA) permet dorénavant la consommation de ce petit rongeur.En passant, saviez-vous que Daniel Pinard a déjà concocté une recette d\u2019écureuils au vin rouge et aux tomates?Des Parco-dons à Las Vegas Tiré de Homeless Grapevine (Cleveland) A l\u2019instar des villes de Denver, de Minneapolis et de Chattanooga, Las Vegas veut instaurer un programme qui ressemblerait beaucoup à celui du Parco-dons de L\u2019Itinéraire.L\u2019argent récolté vise à aider les sans-abri à se réinsérer dans la société.En fin de compte, ça rapporterait plus de bénéfices à long terme que les machines à sous.Congédié pour avoir agressé des sans-abri Tiré de Homeless Grapevine (Cleveland) Un employé du service des transports d\u2019une ville du Nouveau-Mexique a été congédié après avoir battu un couple de sans-abri à un arrêt d\u2019autobus.Des témoins ont appelé le 911 lors de l\u2019incident et l\u2019homme a été accusé de voies de fait.Une des personnes agressées était en chaise roulante\u2026 Norman Rickert Journaliste de rue Photo :www.istockphoto.com Illustration Mélissa Deschênes Photo :www.istockphoto.com 20 L\u2019Itinéraire / 1er août 2008 Développement social Gais, lesbiennes et sans-abri Une étude effectuée récemment par le Conseil communal auprès de l\u2019Empire State Coalition pour la jeunesse et la famille a révélé que 3 800 jeunes de moins de 25 ans vivraient dans les rues de New-York et que 30% d\u2019entre eux seraient lesbiennes, gais ou bisexuels.Cette étude en confirme une autre effectuée en 2007 par le National Gay and lesbian group et le National Coalition for the homeless qui rapportait que les lesbiennes, gais et transgenres représenteraient au moins 20% -voire même 40% des jeunes sansabri aux États-Unis.Ce rapport mentionne qu\u2019en raison de leur orientation sexuelle, près d\u2019un quart de ces jeunes sont chassés de la maison par leurs parents et que plusieurs d\u2019entre eux ont été victimes de violence au moment de leur coming out.Alors que tous les spécialistes de la question s\u2019entendent pour dire que les LGBT représenteraient 10% de la population en général, ces statistiques américaines établissent un lien évident entre homophobie et itinérance.«Ce n\u2019est pas étonnant que la rue soit un refuge pour certains gais et lesbiennes, car la stigmatisation est encore très forte dans certains milieux », réagit le président de la Fondation Émergence qui lutte contre l\u2019homophobie au Québec, Laurent McCutcheon.À Montréal, aucune statistique ne dénombre les sans-abri lesbiennes, gais, bisexuels ou transgenres (LGBT).Or, cette réalité n\u2019en est pas moins percutante.Directrice de l\u2019intervention de première ligne à Dans La Rue, Caroline Dufour affirme que des jeunes LGBT en provenance des régions du Québec ou des provinces canadiennes échouent à Montréal à la suite d\u2019une expulsion familiale : «Certains nous disent ouvertement : \"Chus gai, je viens de Bathurst et ma famille m\u2019a foutu dehors.\"» Sans ressources, plusieurs se retrouvent dans la rue et se voient aspirés dans la spirale de la survie qui engendre prostitution, toxicomanie et itinérance.Pour d\u2019autres jeunes LGBT, l\u2019arrivée à Montréal est surtout causée par la difficulté de vivre son homosexualité.«Les jeunes nous disent que l\u2019homosexualité en région est très taboue.Découvrir qu\u2019on est gai ou lesbienne est souvent une catastrophe, car on les traite comme s\u2019ils avaient une maladie et on les rejette», constate Caroline Dufour.Les jeunes choisissent donc généralement de taire leur orientation sexuelle et de quitter leur village pour le village gai de Montréal.Claude Poisson, coordonnateur des travailleurs de rue de Séro-Zéro abonde dans le même sens.«Nous avons certains jeunes des régions qui ont été mis à la porte de chez eux qui se retrouvent à la rue, sans ressource et font de la prostitution pour survivre.» Homophobes, les régions?Selon Richard Rancourt, directeur des communications de Gai Écoute, l\u2019homophobie en région tendrait à s\u2019atténuer lentement, mais sûrement.Région ou pas, c\u2019est l\u2019ouverture d\u2019esprit de la famille qui prévaut dans l\u2019épanouissement sexuel des jeunes.De plus, il note que c\u2019est d\u2019abord la solitude et l\u2019isolement qui engendre le désarroi des LGBT des régions, contrairement à Montréal où la communauté LGBT facilite l\u2019acceptation de son orientation sexuelle.«Il y a de l\u2019espoir, car on remarque depuis quelques années que les médias régionaux parlent beaucoup de nos campagnes de sensibilisation à l\u2019homophobie.» Gais et lesbiennes de la rue : deux réalités Au Pavillon Patricia Mc Enzie de la Old Brewery Mission qui héberge les femmes itinérantes, l\u2019intervenante Désirée Kingulu soutient que les femmes de la rue sont généralement discrètes sur leur orientation sexuelle.Toutefois, elle dit avoir été témoin de la détresse des transexuelles (hommes devenus femmes) de la rue : «Elles sont victimes de rejet et de violences sous toutes ses formes et forcément, ont de multiples problèmes liés à la rue.» À Montréal, selon le Réseau d\u2019aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM), il y aurait 6 000 femmes De récentes études le confirment.À New-York, des jeunes victimes d\u2019homophobie vivent dans la rue.À Montréal, il n\u2019existe aucune statistique sur la question, mais les constats des divers intervenants sociocommunautaires sont éloquents.Lesbiennes, gais et transgenres de la rue collectionnent les stigmates sociaux.Dans certains cas, l\u2019aboutissement à la rue trouve son origine dans l\u2019expulsion de la maison familiale.L\u2019Itinéraire a mené son enquête.Photo: Audrey Coté L\u2019exclusion multipliée par deux et plus Audrey Coté Lisette Perron a connu l\u2019itinérance à cause de l\u2019homophobie familiale L\u2019Itinéraire / 1er août 2008 21 sans domicile fixe et de ce nombre, une majorité passe littéralement incognito pour éviter le jugement et la violence.Dans cette perspective, il n\u2019est guère étonnant que les lesbiennes de la rue se cachent encore davantage.«Peu importe la classe sociale, elles sont plus difficiles à aider, car elles sont plus invisibles que les gais.D\u2019ailleurs, lorsqu\u2019elles appellent à Gai Écoute, elles demandent beaucoup de renseignements sur les endroits où elles peuvent rencontrer d\u2019autres femmes», soutient Richard Rancourt.La professeure de sociologie de l\u2019UQAM, spécialisée dans l\u2019étude de la discrimination envers les minorités sexuelles, Line Chamberland, conforte les propos de M.Rancourt.«Les lesbiennes sont plus cachées que les gais.S\u2019affirmer comme femme est déjà plus difficile, au travail comme ailleurs dans l\u2019ensemble de la sphère publique, alors si l\u2019on rajoute l\u2019orientation sexuelle différente, ça l\u2019est encore moins et c\u2019est légitime de se cacher.» À l\u2019organisme La Rue des femmes, l\u2019intervenante Suzanne Bourret constate aussi l\u2019invisibilité des lesbiennes de la rue.«On peut rarement les identifier, car elles en parlent très peu».S\u2019il n\u2019est pas évident pour l\u2019intervenante de La rue des femmes de dire que plusieurs lesbiennes se retrouvent dans la rue à la suite d\u2019une exclusion de leur milieu familial, elle constate que la violence subie est le dénominateur commun de toutes les femmes qui se retrouvent dans la rue.C\u2019est notamment le cas de Lisette Perron, une lesbienne montréalaise de 48 ans qui a subi de la violence physique, mais qui a aussi eu son lot de violence psychologique lorsqu\u2019elle a fait son coming out familial : «Ma mère est très religieuse, fait sa prière tous les soirs avant le repas, alors quand je lui ai annoncé que j\u2019aimais les femmes à l\u2019âge de 20 ans, elle m\u2019a traitée de tous les noms avant de me jeter dehors.» Il y a six mois, Lisette était junkie et vivait dans la rue.Pour survivre, elle faisait de la prostitution : «C\u2019est déjà dur de se prostituer pour les femmes hétéros, alors imagine pour les lesbiennes.Faut vraiment avoir besoin de sa dope! », lance-t-elle.Paradoxalement, Maria Nengeh Mensah, professeure à l\u2019école de travail social de l\u2019UQAM spécialisée dans l\u2019étude du travail du sexe explique que beaucoup de lesbiennes font de la prostitution notamment parce que les relations avec les clients ne les impliquent pas émotionnellement.Or, ce travail comporte une lourde charge de stigmatisation sociale: « Quand t\u2019es femme, lesbienne, travailleuse du sexe, toxicomane et itinérante, tu dois faire preuve d\u2019inventivité pour survivre», a constaté la professeure au cours de ses recherches menées notamment avec Stella, organisme qui vient en aide aux travailleuses du sexe.Ainsi, de l\u2019avis de la chercheure, beaucoup de travailleuses du sexe lesbiennes ont littéralement détourné le rapport d\u2019exploitation sexuelle à leur avantage : c\u2019est elles qui dominent les clients et rarement l\u2019inverse.Le sexe dans la rue Pas évident de trouver des lieux pour vivre l\u2019intimité amoureuse lorsque l\u2019on vit dans la rue.«On se cachait dans les fonds de ruelles, les petits buissons et parfois, quand on avait un peu de cash, on louait de petites chambres d\u2019hôtel», se souvient Lisette Perron.Rencontré à l\u2019angle des rues Sainte-Catherine et Champlain, par un clair jeudi soir, Louis, (nom fictif, car il a requis l\u2019anonymat) un jeune gai itinérant qui fait aussi de la prostitution, a accepté de se livrer sur la question : «Trouver un lieu pour baiser avec mon chum, c\u2019est le même casse-tête qu\u2019avec un client.Quand t\u2019as pas d\u2019hôtel ou de char, il faut que tu te caches et que tu fasses ça vite.En même temps, l\u2019interdit est souvent excitant et on y prend goût.» (AC) « Quand t\u2019es femme, lesbienne, travailleuse du sexe, toxicomane et itinérante, tu dois faire preuve d\u2019inventivité pour survivre» \u2014 Maria Nengeh Mensah, professeure à l\u2019école de travail social de l\u2019UQAM spécialisée dans l\u2019étude du travail du sexe Suite à la page 26 22 L\u2019Itinéraire / 1er août 2008 «Les magasins La Cordée plein air nous ont approchés pour donner, chaque mois, des vêtements aux autochtones présents dans la rue», explique Joey Saganash.En début d\u2019automne, le CAAM pourra aider davantage les autochtones sans abri à se préparer à affronter la rudesse de l\u2019hiver.Dans son bureau, qui ressemble davantage à un entrepôt, Joey est assis au milieu de cartons de vêtements et de nourriture.«Nous recevons déjà des affaires du village variétés de Kanawake, mais cette aide supplémentaire est vraiment bienvenue.» Joey Saganash a 28 ans et il est intervenant jeunesse pour la patrouille de rue «Ka\u2019wahse», ce qui veut dire «Où vas-tu?» en mohawk.Joey, lui, est Cri et originaire de la communauté de Waswanipi, au sud de la Baie James.Après avoir longtemps fait des allers-retours entre Waswanipi et Mont Saint-Bruno, il s\u2019est finalement installé sur la Rive-sud avec sa femme, elle aussi d\u2019origine amérindienne.Après avoir fait du bénévolat pour le Centre d\u2019amitié autochtone, Joey Saganash a obtenu le poste d\u2019intervenant pour la patrouille autochtone, avec laquelle il sillonne le centre-ville à la recherche d\u2019autochtones sans-abri.C\u2019est la présence de Joey au Forum économique et social de Ville-Marie qui lui a permis d\u2019établir un contact avec La Cordée.«Au centre, nous avons tellement de choses à faire que personne n\u2019est prêt à sortir pour parler de nous, explique Joey.Comme je crois que cela est important, je suis allé parler du centre d\u2019amitié autochtone de Montréal au Forum.Ensuite, Louise Roy, qui participait à l\u2019organisation, a proposé le partenariat avec La Cordée.» Jeunes désoeuvrés Entre des subventions qui fondent comme neige au soleil et une administration en pleine restructuration, les membres du CAAM font ce qu\u2019ils peuvent.Les besoins sont gigantesques, certes, mais déjà des jeunes réussissent à se changer les idées en participant aux activités du centre.En plus de relaxer sur le sofa, regarder des films et surfer sur Internet, Tommy Kingwatsiak, 21 ans, retrouve au centre des membres de sa communauté inuit.Originaire de Cape Dorset, sur l\u2019île de Baffin, Tommy avait perdu tous ses papiers d\u2019identité.Le centre lui a permis de les retrouver.«La plupart des jeunes sont inuits et pour eux, c\u2019est dur de s\u2019adapter à Montréal», explique Rossel Bérard, un franco-manitobain fraîchement débarqué à Montréal et assistant-coordonnateur du centre jeunesse du CAAM.«Venir ici leur permet de fuir l\u2019isolement et de développer des amitiés», ajoute-t-il.Racines plus fortes que le béton Joey Saganash vient d\u2019avoir une petite fille, qui a effectué la «cérémonie des premiers pas», au cours de laquelle on «présente» la Terre aux bébés.Cette célébration donne alors à l\u2019enfant le droit de fouler la terre de ses pieds.«Mon père était québécois, mais je ne l\u2019ai pas connu alors j\u2019ai grandi du côté autochtone et de sa culture, raconte Joey Saganash.Les autochtones ont de belles traditions et je les ai à coeur.» Joey habite peut-être la Rive-sud, mais son âme est restée dans le grand Nord.«Les magasins La Cordée plein air nous ont approchés pour donner, chaque mois, des vêtements aux autochtones présents dans la rue» \u2014 Joey Saganash, coordonnateur d\u2019un nouveau partenariat entre le Centre d\u2019amitié autochtone de Montréal et les magasins de plein air La Cordée Photo : Jérôme Savary Joey Saganash, coordonnateur d\u2019un nouveau partenariat entre le Centre d\u2019amitié autochtone de Montréal et les magasins de plein air La Cordée Centre d\u2019amitié autochtone de Montréal S\u2019ouvrir aux autres Tommy Kingwatsiak, habitué du centre jeunesse du CAAM Jérôme Savary Mis à part le Centre d\u2019amitié autochtone de Montréal (CAAM), les autochtones ont peu d\u2019endroits où aller.Disposant de peu de ressources, le CAAM s\u2019ouvre peu à peu sur l\u2019extérieur.Il peut compter en cela sur Joey Saganash, qui, en plus d\u2019être le coresponsable de la patrouille autochtone, coordonne un nouveau partenariat conclu avec les magasins de plein air La Cordée.Développement social L\u2019Itinéraire / 1er août 2008 23 L\u2019été est le moment de l\u2019année où les jeunes de la rue sont les plus visibles à Montréal.Et ils sont loin d\u2019être les bienvenus.C\u2019est pour aller à l\u2019encontre des préjugés que, chaque année, le Collectif d\u2019Intervention par les Pairs organise le Festival d\u2019Expression de la Rue pour mettre de l\u2019avant la capacité de mobilisation et la créativité de ces jeunes.Festival d\u2019expression de la rue Unique en son genre depuis 12 ans, le Festival d\u2019expression de la rue est le seul événement « par et pour » les jeunes de la rue.Avec le slogan Implication Affirmation Mobilisation (I.A.M.) de la rue, l\u2019édition 2008, qui se tiendra du 19 au 21 août, est organisé par les Pairsaidants en vue de donner une place de choix aux multiples facettes de l\u2019expression artistique parmi les jeunes de la rue.Chaque journée est organisée autour d\u2019une thématique associée aux différentes cultures présentes dans la rue.Le mardi sera consacré au hip-hop, le mercredi à la scène multiculturelle et le jeudi au punk.Ce festival souhaite favoriser une meilleure cohabitation entre les personnes qui fréquentent le centre-ville.Pourtant, comme le fait remarquer Kim, «les jeunes se déplacent, car il n\u2019y a plus d\u2019endroit public pour eux au centre-ville».La multiplication des fermetures de parcs limite beaucoup les espaces où les jeunes de la rue peuvent se rassembler.Selon Kim, on les retrouve davantage dans l\u2019ouest et le nord de la ville.Peu d\u2019organismes qui leur viennent en aide se déplacent jusque-là et se retrouvent coupés des jeunes auxquels ils viennent en aide.Il n\u2019y a qu\u2019un seul parc où les policiers tolèrent les itinérants et les jeunes de la rue.«Depuis la fermeture des parcs, tous se retrouvent làbas.Il y a de plus en plus de conflits en raison d\u2019une trop grande promiscuité», explique Jean-François Mary, organisateur communautaire à Cactus Montréal.Aider les jeunes à cheminer «Pour ces jeunes, la rue est un milieu de vie.Leur cheminement personnel se fait dans la rue.S\u2019il n\u2019y a plus de place dans la rue, où iront-ils?», questionne Jean-François Mary.Selon lui, il n\u2019est pas non plus normal que ces jeunes «spécialistes» de la rue n\u2019aient pas leur mot à dire sur la gestion de l\u2019espace public au centre-ville.«Ce que tu dois vivre, tu le vivras, même si c\u2019est dans la rue, mais il faut permettre aux jeunes de vivre cette expérience de la façon la plus sécuritaire possible», insiste Kim.Jean-François ajoute : «Les opérations policières sont disproportionnées par rapport aux activités réelles des jeunes.» (J.S.) Kim et Leïla, paires-aidantes jumelées au CSSS Jeanne-Mance et à Plein Milieu, et Jean-François Mary, organisateur communautaire à Cactus Montréal Photo : Jérôme Savary Pairs-aidants Kim et Leïla font partie d\u2019un groupe de six anciens jeunes de la rue qui mènent une vie plus stable depuis plus d\u2019un an.Elles sont jumelées au CSSS Jeanne-Mance et à Plein Milieu, alors que d\u2019autres jeunes comme elles sont associées à Cactus Montréal, au Centre Dollard-Cormier, à l\u2019Anonyme et à Dans la rue.Elles interviennent auprès des jeunes et leur mandat consiste à prévenir la transmission du VIH, de l\u2019hépatite et des autres ITSS.Leurs champs d\u2019action s\u2019étendent de l\u2019accompagnement à l\u2019écoute active, au soutien, à la référence ainsi qu\u2019à la distribution de matériel d\u2019injection et d\u2019inhalation, tout cela dans le but de réduire les méfaits.Quand la rue s\u2019exprime Rite de passage pour certains, refuge temporaire pour d\u2019autres, la rue n\u2019a aucun équivalent.«L\u2019expérience de la rue est difficile et ne doit pas durer toute la vie, mais c\u2019est dans la rue que j\u2019ai puisé la plupart de mes principes et de mes valeurs», assure Kim, pair aidante à la Clinique des jeunes de la rue du CSSS Jeanne-Mance.Fier partenaire du Festival d\u2019expression de la rue depuis 2003 24 L\u2019Itinéraire / 1er août 2008 INFO RAPSIM Le réseau d\u2019aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal.Tél.: 514 879-1949 www.rapsim.org Moins de familles hébergées à Montréal mais des critères plus serrés Il est vrai que le nombre de familles qui se retrouvent sans logement le 1er juillet a diminué à Montréal.Depuis la mi-juin, 95 familles ont fait l\u2019objet d\u2019un suivi par l\u2019Office municipal de Montréal, 64 n\u2019ont toujours pas trouvé de logement et 37 sont hébergées par des tiers (ce dont les médias ne parlent pas ou peu) et 27 par la Ville.Toutefois, ce n\u2019est pas parce que les loyers ont baissé.Ce n\u2019est pas non plus parce qu\u2019il s\u2019est construit beaucoup de logements locatifs destinés aux familles; au contraire, on en dénombre près de 21 000 de moins qu\u2019en 20031.Si le nombre de familles hébergées au 1er juillet a diminué, c\u2019est surtout parce qu\u2019elles hésitent davantage à déménager de peur de se retrouver à la rue, qu\u2019elles acceptent un loyer très élevé ou se font héberger par des tiers, et parce que la SHQ a resserré ses critères d\u2019éligibilité à l\u2019aide d\u2019urgence.Et les personnes seules\u2026 Elles ont toujours été exclues des mesures d\u2019urgence mises en place autour du 1er juillet.En effet, chaque année, il est choquant d\u2019entendre parler de quelques dizaines de ménages sans logis quand on sait qu\u2019à Montréal seulement, les trois grands refuges pour hommes accueillent 500 personnes par nuit, les refuges pour femmes offrent le gîte à plusieurs dizaines de femmes et que toutes les ressources d\u2019hébergement à court, à moyen ou à long terme donnent un toit à des milliers de personnes seules en attente d\u2019un logement stable.Si on ajoute tous ceux et toutes celles qui dorment dans les rues et dans les parcs (quand elles ne se font pas interpeller par la Police!)\u2026il est clair que la crise du logement est loin d\u2019être terminée! Doubler le nombre de logements sociaux Que ce soit pour les familles mal logées ou pour les personnes en situation d\u2019itinérance, la solution se trouve dans la construction massive de logements sociaux.Il n\u2019y a que 120 000 logements sociaux au Québec (10 % des logements)\u2026 ce nombre doit minimalement être doublé.Le gouvernement provincial a la responsabilité de garantir le droit au logement de toutes et tous et donc de planifier un plan de relance pour le développement du logement social.Le gouvernement fédéral doit aussi intervenir.Alors qu\u2019il accumule d\u2019impressionnants surplus budgétaires (plus de 10 milliards), le fédéral ne s\u2019est même pas engagé à renouveler les trois programmes fédéraux qui permettent une action en logement et qui viennent à échéance le 31 mars prochain.Ainsi, alors que tous les yeux étaient tournés vers la Ville de Québec, les « 4 sans » (sans toit, sans voix, sans l\u2019sou et sans droit) sont allés planter leur tente, du 26 au 28 juin, et c\u2019est forts de l\u2019appui de 1300 personnes réunies lors d\u2019une manifestation qu\u2019ils ont rappelé aux deux paliers gouvernementaux leurs responsabilités.Non, la crise du logement n\u2019est pas terminée pour toutes et tous et la commission parlementaire de cet automne sur l\u2019itinérance sera l\u2019occasion de rappeler que l\u2019itinérance, ce n\u2019est pas juste l\u2019absence d\u2019un logement, mais c\u2019est toujours l\u2019absence de logement.1 La Société canadienne d\u2019hypothèques et de logement a recensé 20 944 logements locatifs familiaux entre 2003 et 2008.Considérant les milliers de personnes qui dorment dans la rue ou en hébergement, peut-on dire que la crise du logement est terminée?!?À en croire les médias qui ont couvert les déménagements et la situation du logement autour du 1er juillet, la crise du logement fortement médiatisée au début des années 2000 n\u2019existe plus! Certains pauvres propriétaires ont même dû offrir un ou plusieurs mois gratuits pour être capables de louer leur logement! Les 1300 personnes qui ont marché sous la pluie à Québec, le 28 juin dernier, pour revendiquer du logement social avec le FRAPRU ne sont certainement pas d\u2019avis que la crise du logement est chose du passé.Camp des 4 sans : du 26 juin au 28 juin, 80 personnes itinérantes ou mal logées ont répondu à l\u2019appel du FRAPRU et ont planté leur tente en plein coeur de Québec. L\u2019Itinéraire / 1er août 2008 25 Économie / consommation Mais attention, pas n\u2019importe laquelle! Il faut repérer la bouteille de marque Zeitouna, biologique et équitable, en vente dans plus de 60 points de vente au Québec.«Auparavant, les Palestiniens vendaient leur huile d\u2019olive sur le marché local.Avec la seconde Intifada, qui a entraîné la fermeture des frontières et la construction du mur qui fait entrave à la libre circulation des personnes et des marchandises, les agriculteurs se sont retrouvés avec un grand surplus d\u2019huile d\u2019olive, ce qui a fait chuter radicalement les prix», explique Samia Slimani, chargée de projet chez Aide médicale pour la Palestine qui importe et distribue les bouteilles au Québec.L\u2019initiative est rendue possible grâce à l\u2019organisme Palestinian Agricultural Relief Committees (PARC) qui, en voyant l\u2019ampleur de la crise, a décidé d\u2019acheter l\u2019huile d\u2019olive de coopératives d\u2019oléicultures palestiniennes à des prix équitables tout en fournissant une expertise technique.«PARC s\u2019occupe de l\u2019embouteillage, des tests en laboratoire, de l\u2019acheminement au port et du transport maritime», affirme Samia.Une huile de qualité Aide médicale pour la Palestine ne fait pas les choses à moitié.Elle a commandé pas moins de 18 000 bouteilles d\u2019huile d\u2019olive palestinienne, dans une perspective de développement durable.«Nous croyons vraiment au produit, qui est d\u2019une très grande qualité.En Palestine, la culture de l\u2019olivier est millénaire, mais jusqu\u2019à tout récemment, le produit était peu ou pas exporté sur le marché international.L\u2019huile d\u2019olive palestinienne est très intéressante à découvrir, avec son goût soyeux et sa finale piquante.L\u2019huile d\u2019olive, c\u2019est un peu comme le vin.Chaque région a son goût particulier et il est intéressant de comparer», explique Samia.De plus, le fait que l\u2019huile soit équitable et certifiée biologique assure au consommateur une certaine qualité du produit et un prix de vente qui permet de redonner beaucoup aux Palestiniens.La bouteille de 750 ml se vend 17$, et près de 30% revient à l\u2019agriculteur alors que 10% va à Aide médicale pour la Palestine.«Avec cet argent, nous finançons actuellement des aires de jeu pour les enfants palestiniens.Ça a l\u2019air banal comme ça, mais il faut vraiment voir les conditions de vie en Palestine pour comprendre à quel point c\u2019est essentiel.Les gens vivent dans la peur et la violence, et pour les enfants, c\u2019est encore pire.Ils ont besoin de s\u2019extérioriser et pour y arriver, les aires de jeux sont salutaires», explique Samia.Déjà, depuis un an, 19 aires de jeux ont été construites grâce aux revenus tirés de la vente d\u2019huile d\u2019olive.Ainsi chargée de bonnes intentions, Aide médicale pour la Palestine tente de se tailler une place dans le marché très compétitif de l\u2019huile d\u2019olive au Québec.«Heureusement, les Québécois sont sensibles à ce que vivent les Palestiniens, remarque Samia.Et comme notre produit est de grande qualité, nous croyons que nos efforts porteront leurs fruits.Mais il faut que les Québécois passent à l\u2019action.Les Palestiniens ont vraiment besoin de l\u2019engagement direct du grand public.» Pour plus d\u2019information sur le projet et pour consulter la liste des points de vente : www.mapcan.org «L\u2019huile d\u2019olive palestinienne est très intéressante à découvrir, avec son goût soyeux et sa finale piquante.» Des enfants palestiniens peuvent jouer de façon sécuritaire dans des aires de jeu financées par la vente des bouteilles d\u2019huile d\u2019olive Zeitouna Une bonne huile d\u2019olive, une bonne cause Martine Letarte Le conflit israélo-palestinien est si complexe, si interminable et si lointain que de nombreux Québécois se sentent impuissants devant l\u2019ampleur des souffrances vécues par les habitants de ces territoires.Or, il est possible de faire sa part en posant un geste tout simple : acheter de l\u2019huile d\u2019olive! Photo: Keith Reynolds 26 L\u2019Itinéraire / 1er août 2008 Économie / consommation Êtes-vous des sportifs équitables?Émergeant d\u2019une longue thérapie, Lisette maintient que le rejet de sa mère et de sa soeur, l\u2019ont tellement bouleversée qu\u2019elle n\u2019aurait pas survécu sans s\u2019anesthésier avec l\u2019alcool et la drogue pendant 15 ans.«Ma mère me disait : «va te faire soigner, tu dois avoir trop de testostérone! T\u2019es malade»», se souvient-elle avec un sanglot dans la voix.De son propre aveu, ce sont les intervenantes de La rue des femmes qui l\u2019ont sauvée et amenée à vouloir sortir de la rue.Depuis avril dernier, Lisette vit dans une chambre du Réseau Habitation Femmes.Elle dit s\u2019être réconciliée avec le rejet de sa mère, mais continue d\u2019avoir mal lorsqu\u2019elle pense à sa soeur qui refuse catégoriquement qu\u2019elle parle de son orientation sexuelle.«Aujourd\u2019hui, je dis merci à la vie de ne pas être trop hypothéquée sur le plan de la santé parce que j\u2019me suis maganée en tabarnak! » s\u2019exclame-t-elle spontanément.Pour leurs part, les gais qui se retrouvent dans la rue à cause de l\u2019homophobie familiale sont souvent plus jeunes que leurs consoeurs féminines.«L\u2019adolescence est souvent un moment clef pour tester son orientation sexuelle.Pour beaucoup, ça passe forcément par Montréal et son village gai», remarque Caroline Dufour.Fait étonnant, selon cette dernière, certains jeunes auraient recours à la prostitution pour accepter leur homosexualité.«C\u2019est comme une forme de déni.Ils disent qu\u2019ils font cela pour l\u2019argent, mais au fond, certains se prostituent pour légitimer leur orientation sexuelle.» L\u2019homophobie dans la rue Selon la professeure en travail social de l\u2019UQAM, Maria Nengeh Mensah, la rue est un milieu généralement très tolérant à l\u2019égard des différences sexuelles.Cependant, il n\u2019en demeure pas moins que certains jeunes de la rue tiennent un discours homophobe qui aboutit parfois à la violence physique.La directrice de l\u2019intervention de première ligne de Dans la rue note ces comportements, surtout à partir du moment où certains jeunes qui se disent hétérosexuels commencent à s\u2019adonner à la prostitution pour payer leur consommation de drogue ou simplement parce qu\u2019ils n\u2019ont pas d\u2019autres ressources pour survivre : «Si soudainement, un gars se met à avoir un discours homophobe, c\u2019est pour nous un indicateur qu\u2019il a commencé à faire de la prostitution.» Lorsque la prostitution remet en question l\u2019orientation sexuelle du jeune, c\u2019est généralement à ce moment que surgit la violence : «Certains gars vont faire de la prostitution et confier, par la suite, qu\u2019ils ont battu un gai dans le village, comme pour se prouver qu\u2019ils ne sont pas homosexuels », rapporte Caroline Dufour.Lisette soutient que vivre dans la rue en s\u2019affichant comme lesbienne n\u2019est pas de tout repos.Beaucoup de violence masculine s\u2019exerce contre celles qui aiment ouvertement les femmes : «à partir du moment où ton orientation sexuelle n\u2019est pas un fantasme pour homme, mais une réalité qui t\u2019appartient, c\u2019est soudainement moins cute deux femmes ensemble», explique-t-elle.Allumée, Lisette risque une analyse des plus féministes sur sa condition : «Faut dire qu\u2019on est dans une société patriarcale en maudit et que quand t\u2019es une lesbienne dans la rue, t\u2019es vraiment sur le dernier barreau de l\u2019échelle sociale.» équitable Suite de la page 21 Le prix d\u2019un ballon de soccer équitable varie entre 30$ et 50$.À Montréal, vous pouvez retrouver ces ballons de sport équitable dans les boutiques 10 000 Villages et Kif-Kif.En plus des ballons de soccer, vous pouvez trouver des ballons de volley-ball, de basketball et de rugby.Impossible de trouver ces ballons ailleurs, car les grandes chaînes de magasin de sport trouvent que le prix de ces ballons est trop élevé.Ces ballons équitables sont produits par une entreprise pakistanaise, qui a accepté de ne pas engager d\u2019enfants.Selon M.Hall, seules quatre entreprises dans le monde ont accepté de ne pas faire travailler d\u2019enfants pour la fabrication des ballons de sport.Par ailleurs, ces ballons sont sains pour la santé, car ils ne contiennent aucun PVC, ce qui n\u2019est pas le cas de plusieurs ballons de piètre qualité vendus parfois au Canada.«Nous avons fait le choix de miser sur la qualité», explique Dave Hall.Dave Hall, qui coordonne ce programme depuis cinq ans, prévoit de vendre 8000 ballons cette année.La vente de ces ballons permet à Y FOCUS-Ottawa, qui dépend du YMCA Ottawa, de financer des projets aidant les enfants de Sierra-Léone, en Afrique de l\u2019Ouest.(Jérôme Savary) Pour acheter des ballons de sport équitable : boutiques 10 000 Villages et Kif-kif, et par Internet à : www.yfocus.ncf.ca/fairtrade/ Dave Hall, coordonnateur du programme «sport Équimonde» à Y FOCUS-Ottawa Les ballons de soccer, de rugby ou de volley produits par les grandes compagnies telles Nike, Adidas ou autre font encore travailler des enfants.«Aucune preuve concrète n\u2019indique le contraire», indique au téléphone Dave Hall, coordonnateur du programme «sport Équimonde» à Y FOCUS-Ottawa.Cet organisme est le seul au Canada à garantir des ballons de sport n\u2019ayant nécessité le travail d\u2019aucun enfant de moins de 15 ans.«Si soudainement, un gars se met à avoir un discours homophobe, c\u2019est pour nous un indicateur qu\u2019il a commencé à faire de la prostitution.» \u2014 Caroline Dufour, directrice de l\u2019intervention de première ligne de Dans la rue L\u2019Itinéraire / 1er août 2008 27 Expression / mots de camelots Contre le racisme! L\u2019aube transparente recherche petit homme posé sur le rocher sous le soleil d\u2019avril.Le ruisseau rugit de cascades tranchant la montagne.Le vent soûl enveloppe la divinité massacrée par la bataille aux sens figurés.Le démon est en lui sainte terre son poisson raciste aux trois angles.De la chimère, dis-je.Eh! Vous! Pensons culturel! Anne Dupéré Camelot, métro Lucien-L\u2019Allier L\u2019Amour « Cé » fait pour Les riches, « Ceux qui Peuvent, ou Savent Travailler.» Pour Ceux qui Savent Apprécier, Et qui Ont Les moyens D\u2019Aimer Et de Donner Pour Partager Ceux qui Reçoivent Sont Bien démunis Apprécient Mais souffrent De ne pouvoir Eux aussi Donner\u2026 La joie C\u2019est de Donner : Du temps, De l\u2019argent, De l\u2019attention, De l\u2019écoute, À manger, De soigner, D\u2019accompagner, Voire D\u2019Aimer.Anie Camelot On a tous des qualités Je suis une personne honnête et calme.J\u2019aime avoir du plaisir dans mes temps libres.J\u2019aime rire à l\u2019occasion.Je suis une personne généreuse.J\u2019aime parfois donner des cadeaux à mes amis.Aussi, je suis une personne positive qui fait de bonnes choses dans la société.Quand je pense aux qualités qui me plaisent particulièrement chez les autres, les gens qui aiment rire et savent avoir du plaisir me viennent à l\u2019esprit.Aussi, j\u2019aime les gens qui me respectent en tant que personne.J\u2019aime les gens qui sont de bonne humeur.J\u2019aime ceux qui apprécient faire des choses dans leurs temps libres comme aller danser ou aller au cinéma.Enfin, j\u2019aime qu\u2019une personne m\u2019écoute lorsque je lui parle.Carl Festekjian Camelot, marché Atwater Prendre les choses du bon côté Les qualités que les gens me reconnaissent sont que je suis toujours de bonne humeur et que je travaille fort.Je suis fier de constater que les gens ont hâte de me rencontrer à mon point de vente.Je suis ponctuel, régulier et très résistant, car je travaille tous les jours sans exception.Je suis poli envers mes clients et ils m\u2019apprécient beaucoup pour ça.J\u2019ai la chance de me sentir proche de mes clients.Chacun et chacune a ses propres qualités.Par exemple, ils sont plusieurs à venir se confier à moi et à me parler de leur vie en général, et je crois que c\u2019est là une de leurs qualités.Mes clients sont aussi des gens qui voient les choses du bon côté.Ils ne se plaignent jamais et ont toujours un mot positif à partager avec moi.Et que dire du vendredi! C\u2019est leur plus grand jour de la semaine : ils ont tous le sourire aux lèvres\u2026 surtout quand le soleil est annoncé! J\u2019espère que le soleil sera de la partie lors des vacances de mes clients pour qu\u2019ils en profitent au maximum.Je suis sûr qu\u2019ils reviendront en pleine forme.Pour terminer, je tiens à remercier plusieurs de mes clientes qui ont gentiment pensé à mon anniversaire : en particulier Louise, Carole et Francine, trois de mes clientes que j\u2019ai toujours beaucoup appréciées.Merci à tous de votre soutien et bon été! Gilles Bélanger Camelot, Complexe Desjardins /Guy Favreau, Jeanne-Mance/René-Lévesque 28 L\u2019Itinéraire / 1er août 2008 Expression / mots de camelots Obliger les itinérants à se faire soigner?Je connais trois itinérantes non alcooliques toxicomanes comme moi.Elles se disent trahies par la psychiatrie.Je les crois, puisque je me suis aussi sentie trahie lors d\u2019une évaluation.C\u2019est par chance que je n\u2019ai pas été diagnostiquée malade mentale.Lors de mon hospitalisation, on a tenté de me faire croire que j\u2019imaginais être victime d\u2019un acte criminel.Merci bon Dieu, j\u2019ai eu la chance d\u2019être couverte de blessures et de souffrir d\u2019amnésie.De ce fait, un médecin a déterminé que j\u2019avais vraiment été victime.J\u2019ai été protégée par mon dossier, mais tout le monde n\u2019a pas cette chance.J\u2019ai été témoin du fait que des femmes abusées dans leur enfance se sont retrouvées internées par leur abuseur ou un complice.Quelques hommes ont subi le même sort.J\u2019ai vu une femme battue par la police.Aucune photo, aucune plainte portée contre les policiers.Mes itinérantes traumatisées, même si elles sont parfois agitées, respectent mes droits et ceux des autres.Je connais aussi un malade mental, qui lui, encadré par une équipe professionnelle, ne respecte rien ni personne.S\u2019il m\u2019agresse de nouveau, il prétend qu\u2019il pourra être acquitté encore une fois pour irresponsabilité mentale.Prétendre protéger la société en enfermant les itinérants est de l\u2019ignorance.On choisit le mal que l\u2019on fait, jamais celui qui nous est fait.Corriger nos défauts Le défaut que je hais le plus, c\u2019est la jalousie, mais pas n\u2019importe laquelle : l\u2019envie maladive qui fait qu\u2019une personne peut en arriver à ne plus dormir juste à penser qu\u2019une autre personne pourrait faire plus d\u2019argent qu\u2019elle.Des gens comme cela, il y en a plus qu\u2019on pourrait le penser et je crois qu\u2019étant donné qu\u2019on vit dans un système capitaliste, ils devraient consulter un psychiatre pour essayer de corriger cela.Quant à moi, le défaut que j\u2019ai qui me déplaît le plus est le «je m\u2019en foutisme» que j\u2019adopte face à certaines situations.C\u2019est ce qui fait que je me laisse souvent manger la laine sur le dos, sans chercher à corriger la situation.To Masturbate(bait) or Masterdomain, that is the question I\u2019m master of my domain \u2018Cause I do not want a master of my bait Between left and right this organ of might Third leg ain\u2019t too proud to beg Master of my domain Doesn\u2019t mean a trip to the funny farm King of the county Praying to the invisible overlord watching over us Essence of skin, been there done that A thousand and one pleasures at the drop of a hat Essence of lust, the innocence is lost Meat market of flesh, tangled in your mesh Nipple doohickeys ass bottoms mental caress A wayward infatuation love junkies disrobed Such are the dire dreams swimming In the lap of luxury, masters of all domains Unite and fight the urge That keeps on coming back I know, the Internet is for porn Or so I\u2019ve been told Love gurus licking their lips For the daily dose Of orgasmic nirvana For the kinky kicks Of babes that kinda wanna Lynne Paquette camelot, métro Honoré-Beaugrand Michel Côté Camelot, Pointe-aux-Trembles Norman Rickert Camelot, métros Vendôme et Édouard-Montpetit normartmusic@yahoo.ca L\u2019Itinéraire / 1er août 2008 29 Selon les démographes, la génération des baby-boomers se compose des personnes nées après la seconde guerre mondiale, soit de 1945 à 1965.Ces années ont été marquées par la libération de la femme et son insertion dans le milieu du travail, procurant ainsi un deuxième revenu à la famille.Plus de naissances, plus d\u2019emplois, la libération sexuelle dans la communauté et, paradoxalement, l\u2019apparition de la censure au cinéma ont été parmi les faits dominants de cette époque.La médisance Certains individus se plaisent à dire que les babyboomers sont des personnes égoïstes qui ne pensent qu\u2019à s\u2019enrichir sans se soucier du futur de la planète ou des autres générations.Je fais partie des baby-boomers et je m\u2019insurge contre ces allégations.Je veux d\u2019ailleurs répondre à M.Samson, auteur du livre Les boomers finiront bien par crever, qui prétend que les baby-boomers sont tous des égoïstes parce qu\u2019ils tardent à prendre leur retraite, ce qui aurait pour effet de restreindre l\u2019accès à l\u2019emploi pour les générations suivantes.Ses propos frisent la médisance! Quelques dirigeants d\u2019entreprises et actionnaires ont effectivement agi en ne pensant qu\u2019à leurs propres intérêts, mais je précise que ces gens ne représentent pas, à eux seuls, tous les baby-boomers! Nouvelle réalité du travail Le marché du travail ne cesse de se moderniser, les nouveaux emplois requièrent, par conséquent, des connaissances techniques nouvelles que les baby-boomers ne maîtrisent pas forcément.Ils n\u2019empêchent donc pas les générations suivantes d\u2019accéder à ces postes spécialisés! Je souhaite, au contraire, que les baby-boomers vivent assez longtemps pour pouvoir transmettre leur expérience aux plus jeunes.Cela s\u2019appelle un héritage naturel, M.Samson! Je m\u2019insurge tout autant contre les commentaires de certains babyboomers à l\u2019endroit des générations X et Y, qui seraient constituées d\u2019individus mal élevés, dotés d\u2019un je-m\u2019en-foutisme aigu et dépourvus du désir de travailler! On dit même que la génération X, qui suit celle des baby-boomers, aurait coupé les liens avec les générations qui la précèdent.Je crois au contraire qu\u2019il existe une entraide intergénérationnelle.Par conséquent, je suis d\u2019accord avec M.Jacques Hamel, professeur de sociologie à l\u2019Université de Montréal, qui dit qu\u2019à la lumière des études récentes, la génération X partage, à bien des égards, la culture de ses parents et que cela donne du corps au dialogue entre les générations.Pour M.Hamel, les baby-boomers ont repoussé les frontières, ouvrant la route vers une plus grande liberté.Selon le sociologue Olivier Galland, auteur de Entrer dans la vie adulte: des étapes toujours plus tardives mais resserrées, les baby-boomers sont des parents résolument enclins à soutenir les études de leur progéniture jusqu\u2019à un âge avancé, eux dont la jeunesse s\u2019est déroulée sous le slogan Qui s\u2019instruit, s\u2019enrichit.Le taux de «cohabitation intergénérationnelle» ne cesse de s\u2019élever, et ce, jusqu\u2019à un âge jamais égalé dans le passé.M.Galland ajoute que la précarité de l\u2019emploi tend à générer des formes d\u2019entraide intergénérationnelle dans les familles.Des générations qui se suivent et se ressemblent La génération Y, composée des personnes nées entre 1985 et 2005, présente beaucoup de similitudes avec la génération X.En l\u2019occurrence, tous utilisent abondamment les appareils numériques (téléphone cellulaire, ordinateur, iPod\u2026) qui font maintenant partie de leur quotidien.Les générations qui se sont succédées ont, depuis toujours, bénéficié des biens et services des générations précédentes.Je crois par ailleurs que nous devons nous adapter continuellement et chercher des solutions pour nous entraider plutôt que de montrer du doigt les plus vieux ou les plus jeunes.Je souhaite que cet article parviendra à atténuer les malentendus intergénérationnels.Jean-Marc Boiteau Chroniqueur de rue Médisance intergénérationnelle Des propos dénigrants entre les générations et la quête de sensationnalisme de la part des médias m\u2019incitent à apporter quelques nuances qui, je l\u2019espère, sauront atténuer quelques malentendus entre les différentes générations.Photo :www.istockphoto.com 30 L\u2019Itinéraire / 1er août 2008 Léo-Paul Lauzon, professeur au département des sciences comptables et titulaire de la Chaire d\u2019études socio-économiques de l\u2019UQÀM Expression - Contes et comptes du prof Lauzon Comme référence, vous conviendrez avec moi que ça fait pas mal plus sérieux que les cancans et les ragots des économistes de banque et de l\u2019Institut économique de Montréal et des analyses tordues du Fraser Institute, un organisme patronal d\u2019extrême droite auquel s\u2019abreuve certains éclairés chroniqueurs et éditorialistes de nos médias écrits et où travaillent, à titre de chercheurs «seniors», les ex-premiers ministres de l\u2019Ontario et de l\u2019Alberta, Mike Harris et Ralph Klein et qui vient d\u2019embaucher la chroniqueuse du Journal de Montréal, Nathalie Elgrably-Lévy.Allô chercheurs! Comme je m\u2019appuie sur le Business Week, vous ne pourrez pas dire que j\u2019utilise un brûlot marxiste-léniniste-maoïstetrotskiste.Ainsi, on apprend qu\u2019en 2007 Cuba a connu une croissance économique de 7,5 %, presque trois fois celle du Canada et du Québec.Cette forte croissance est en partie attribuable à la forte présence de l\u2019État, et de son partenariat avec des entreprises étrangères surtout espagnoles (73 coentreprises), canadiennes (38), chinoises (12) et d\u2019autres comme Nestlé et Inbev.Business Week nous apprend que les points forts de son économie sont évidemment le tourisme (plus de deux millions de visiteurs chaque année), l\u2019exportation de nickel (Cuba est le cinquième producteur mondial) dont les prix ont explosé ces dernières années, ses cliniques médicales et ses spécialistes reconnus mondialement (en 2007, plus de 6000 patients étrangers ont reçu des soins à moitié prix comparativement aux États-Unis), l\u2019extraction toujours croissante du pétrole (Cuba répond à 36 % de ses besoins) et son industrie pharmaceutique et biotechnologique étatique qui exporte de nombreux médicaments élaborés à Cuba.Le US Geological Survey des États-Unis évalue les réserves de pétrole en eau profonde de Cuba à 9,3 milliards de barils, selon des recherches menées en partenariat notamment avec l\u2019entreprise canadienne Sherritt International, le plus gros investisseur étranger sur l\u2019île.Pas si mal pour un pays socialiste, malgré l\u2019odieux embargo américain qui prévaut depuis près de 50 ans et qui fait perdre annuellement des milliards de dollars à Cuba.En 2007, comme chaque année, les pays membres de l\u2019ONU ont voté majoritairement (184 contre 3) contre l\u2019ignoble blocus américain à l\u2019endroit de Cuba à l\u2019exception des États-Unis et de ses deux franchisés inconditionnels que sont Israël et les Îles Marshall.Lors de sa visite à Cuba au mois de février 2008, le secrétaire d\u2019État du Vatican a affirmé que l\u2019embargo américain constituait une oppression à l\u2019endroit du peuple cubain.À propos de la transnationale canadienne Sherritt, celle-ci vient d\u2019investir 1,3 milliards de dollars à Cuba et son président Ian Delaney a déclaré : «Cuba est le pays avec lequel nous préférons travailler».Cette importante nouvelle est passée inaperçue ici.Le Journal de Montréal et les autres journaux et revues d\u2019ici omettent également de parler des milliers de malades soignés à l\u2019étranger par des médecins cubains et les milliers d\u2019analphabètes éduqués dans plusieurs pays par les Cubains grâce à leur méthode d\u2019enseignement «Yo si puedo» utilisée même en Nouvelle-Zélande.Rien non plus sur le fait que Cuba détient un taux de mortalité infantile inférieur à celui des États-Unis, le meilleur taux d\u2019espérance de vie en Amérique latine, équivalant à celui des pays occidentaux, et un taux d\u2019alphabétisme de seulement 2 %.Savoir que votre enfant va vivre et, longtemps en plus de ça, et qu\u2019il va être instruit, n\u2019est-ce pas la véritable définition de la liberté?Enfin, Cuba est parmi les pays qui comptent le plus de centenaires, ce qui me fait dire : «Sacramouille, ils ont la couenne dure pour vivre plus de cent ans, eux qui ont été supposément opprimés et privés de liberté toute leur vie».En vérité je vous le dis, le Canada et les États-Unis devraient apprendre de Cuba des leçons sur le sens véritable de la liberté et de la démocratie.Ça ne fera pas plaisir à Bush ni à Harper, mais le président Abdullah Gul de la Turquie vient de faire l\u2019éloge du rôle important de Fidel Castro à l\u2019échelle mondiale.Dans le journal turc Sabah, il a même dit : «Fidel Castro est dans le coeur du peuple turc».Puis-je me permettre d\u2019affirmer à mon tour qu\u2019il est aussi dans le coeur de la majorité des Canadiens, quoi qu\u2019on en dise.La vigoureuse croissance économique de Cuba Le seul titre de mon article me donne l\u2019impression que je vais encore me faire crier des noms épouvantables à ne pas répéter devant de jeunes enfants.En passant, puis-je paraphraser le grand dramaturge français Sacha Guitry qui a dit : «Si tous ceux qui disent du mal de moi savaient exactement ce que je pense d\u2019eux, ils en diraient davantage.» Je commence donc par vous citer ma source : Business Week, la revue d\u2019affaires la plus vendue aux States, dans son numéro du 10 mars 2008, a consacré un article à Cuba intitulé «The Cuban economy : After the smoke clears».Photo: REUTERS/Rafael Perez Fidel Castro "]
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