L'itinéraire, 1 janvier 2008, lundi 1 septembre 2008
[" L\u2019Itinéraire / 1er septembre 2008 Volume XV, Numéro 17, Montréal, 1er septembre 2008 2$ Le magazine des grandes causes R e m è d e c o n t r e l \u2019 h u m a n i t é s o u f f r a n t e Andrée Lachapelle L\u2019Itinéraire / 1er septembre 2008 Le magazine L\u2019Itinéraire a été créé en 1992 par Pierrette Desrosiers, Denise English, François Thivierge et Michèle Wilson.À cette époque, il était destiné aux gens en difficulté et offert gratuitement dans les services d\u2019aide et les maisons de chambres.Depuis mai 1994, L\u2019Itinéraire est vendu régulièrement dans la rue.Cette publication est produite et rédigée en majorité par des personnes vivant ou ayant connu l\u2019itinérance, dans le but de leur venir en aide et de permettre leur réinsertion sociale et professionnelle.La direction de L\u2019Itinéraire tient à rappeler qu\u2019elle n\u2019est pas responsable des gestes des vendeurs dans la rue.Si ces derniers vous proposent tout autre produit que le journal ou sollicitent des dons, ils ne le font pas pour L\u2019Itinéraire.Si vous avez des commentaires sur les propos tenus par les vendeurs ou sur leur comportement, communiquez sans hésiter avec le 514 525-5747, poste 230.Convention de la poste publication No 40910015, No d\u2019enregistrement 10764.Retourner toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada, au Groupe communautaire L\u2019Itinéraire, 2100, boul.de Maisonneuve Est, Montréal (Québec) H2K 4S1, itineraire@itineraire.ca Nous reconnaissons l\u2019aide financière accordée par le gouvernement du Canada pour nos coûts d\u2019envoi postal et nos coûts rédactionnels, par l\u2019entremise du Programme d\u2019aide aux publications et du Fonds du Canada pour les magazines.Le magazine L\u2019Itinéraire Éditeur et directeur général : Serge Lareault Rédactrice en chef : Audrey Coté Adjoint à la rédaction : Jérôme Savary Infographistes : Serge Cloutier, Mélissa Deschênes Photo de couverture : Carl Lessard Révision : Lorraine Boulais, Hélène Pâquet, Sylvie Martin, Sophie Desjardins, Pierre Aubry, Édith Verreault, Isabel Matte, Michel Camus, Julie Pelletier, Nicolas Joly, Jean-Pierre Bourgault, Nicole Éva Morin, Noëlle Samson, Philippe Robert et Jean Guimond Site Internet : Serge Cloutier, Drafter.com Imprimeur : Quebecor World Conseillers publicitaires Renée Larivière :1 866 255-2211 renee.lariviere@itineraire.ca Mario St-Pierre :1 866 570-6668 mario.stpierre@itineraire.ca Le conseil d\u2019administration Président : Robert Beaupré Vice-président : Jean-Paul Baril Trésorier : Amélie Laframboise Secrétaire : André Martin Conseillers : Tanéa Castro, Gabriel Bissonnette (rep.camelots), Alexandre Péloquin, Yvon Massicotte et Pierre Goupil L\u2019administration Directeur général : Serge Lareault Directeur marketing/communications : Richard Turgeon Directrice de l\u2019insertion sociale : Jocelyne Sénécal Directeure de l\u2019administration et des ressources humaines : France Beaucage Adjointe à l\u2019administration : Nathalie Gélinas Conseiller au développement stratégique et financement : Mario St-Pierre Conseillère au développement stratégique et médias : Chantal Forman Conseiller au développement stratégique et partenariats : Guillaume Lacroix ISSN-1481-3572 L\u2019Itinéraire est entièrement recyclable L\u2019Itinéraire est membre de : Association nord-américaine des journaux de rue Le réseau international des journaux de rue Rédaction et administration \u2022 2100, boul.de Maisonneuve Est, bur.001 Montréal (Qc) H2K 4S1 Le Café sur la rue \u2022 2101, rue Ste-Catherine Est MagDVD Le 3e OEil \u2022 2103, rue Ste-Catherine Est, 2e étage Téléphones : 514 597-0238 514 525-5747 (services rue Ste-Catherine) Télécopieur : 514 597-1544 Courriel : itineraire@itineraire.ca Site : www.itineraire.ca Le Groupe communautaire L\u2019Itinéraire est un organisme à but non lucratif fondé en 1990 pour aider les personnes de la rue.Le conseil d\u2019administration est composé en majorité de personnes ayant connu l\u2019itinérance, l\u2019alcoolisme ou la toxicomanie.Sommaire Abonnement www.itineraire.ca ou 514 597-0238 L\u2019Itinéraire est appuyé financièrement par Actualité et vie urbaine Culture La une Santé/Bien-être Environnement Développement social Économie/consommation Expression 9 Décoder le monde grâce à l\u2019alphabétisation 11Anik Jean, fille de bécik et de coeur 11 Courez pour les enfants ayant une trisomie 21 12 Film Ce qu\u2019il faut pour vivre 13 Rencontre avec l\u2019éditeur Michel Vézina 14 Andrée Lachapelle : Remède contre l\u2019humanité souffrante 16 La magie de la musicothérapie 18 Entrevue avec André Porlier du CRE-Montréal 19 L\u2019école Garneau verdit grâce au Sentier Urbain 21 Le Centre Dollard-Cormier à la pointe de l\u2019intervention 22 Conduite automobile des aînés 25 Le grand pas des petits plats 26 Vêtements équitables pour enfants 26 Y a-t-il encore du respect pour la vie?27 Mots de camelots 29 Adagio pour un gars de bicycle 30 Prof Lauzon L e s c a m e l o t s s o n t d e s t r a v a i l l e u r s a u t o n o m e s q u i a c h è t e n t l e m a g a z i n e 1 $ e t l e r e v e n d e n t a u c o û t d e 2 $ . L\u2019Itinéraire / 1er septembre 2008 édito Le 8 septembre prochain, les principaux partis se disputeront un territoire rouge comme la planète Mars.Marc Garneau, ancien astronaute, bien qu\u2019il ait connu des départs reportés comme du temps où il était à bord de la navette, est finalement en piste avec le Parti libéral du Canada.Héros national et grand scientifique, il lui sera probablement encore plus facile de se lancer en politique que de partir dans l\u2019espace.Mais la mission n\u2019est jamais terminée avant l\u2019atterrissage et il s\u2019agira de voir s\u2019il maîtrisera la lourdeur fédérale autant que l\u2019apesanteur.Rien, dans son glorieux passé, ne nous permet cependant de voir le politicien sous l\u2019habit du cosmonaute.Sans doute a-til ramené de ses voyages une vision que l\u2019on n\u2019a pas d\u2019ici.Sur Terre, il a visité les organismes d\u2019aide et a compris la nécessité d\u2019un financement stable pour agir en matière de pauvreté.«Je suis présentement en discussion avec mon parti pour que le programme fédéral d\u2019Initiatives de partenariat de lutte contre l\u2019itinérance (IPLI) soit récurrent et s\u2019étende sur une période de cinq ans, afin que les organismes puissent appliquer une stratégie plus à long terme», a-t-il affirmé à L\u2019Itinéraire.Au moment de mettre sous presse, le PLC a annonçé cet engagement électoral demandé par les groupes communautaires depuis des années.Pour M.Garneau, le Parti libéral demeure celui des grands projets de société.«Le fédéral doit faire preuve de leadership pour rassembler les provinces autour des grands enjeux.Le plan 30-50 de Stéphane Dion (inspiré de Tony Blair en Angleterre), vise à réduire de 30 % la pauvreté, et de la réduire de 50 % chez les jeunes.» Le candidat appuie la réinsertion sociale et la dignité comme moteur d\u2019inclusion : «S\u2019il y a une raison d\u2019être sur terre, c\u2019est pour se sentir important.» Le NPD nous offre une belle étoile en la personne d\u2019Anne Lagacé Dowson, animatrice d\u2019émissions à caractère social de la radio de Radio-Canada.Eh oui, une autre journaliste qui se lance en politique! Selon certains sondages, la lutte serait serrée avec le PLC.Après l\u2019élection du député NPD Thomas Mulcair, on peut s\u2019attendre à des surprises.En matière de pauvreté, son propre frère a connu la grande précarité à Toronto, et a pu s\u2019en sortir grâce à l\u2019accès à un logement social.«Le néolibéralisme tel que pratiqué actuellement est la cause de l\u2019écart grandissant entre les riches et les pauvres, affirme la candidate.Ce n\u2019est pas dans l\u2019idéologie des conservateurs de lutter contre la pauvreté et les libéraux ont été la cause de la réduction du filet de sécurité en coupant le logement social et en gâchant l\u2019assurance-emploi.C\u2019est le NPD qui soutient la justice sociale et qui dénonce actuellement les tentatives de réduction du Programme fédéral IPLI.Il faudrait une réelle stratégie nationale de lutte contre la pauvreté, notamment celle des aînés, qui souffrent de plus en plus d\u2019isolement et qui ont de la difficulté à se nourrir.» En rotation autour du Parti conservateur depuis longtemps, Guy Dufort a tout à fait le profil de l\u2019homme qui peut aller loin dans l\u2019espace politique.Avocat associé chez Heenan Blaikie, expert en litige, son parcours est impressionnant.On le voit déjà assis aux Communes comme dans son salon.M.Dufort se dit soucieux de la situation de l\u2019itinérance.«Mon père était propriétaire du cinéma Cristal Palace dans les années 50 et, l\u2019hiver, il permettait aux personnes itinérantes de venir se réchauffer le matin, au coût modique de 15 cents, souvent à crédit! C\u2019était sa façon d\u2019aider», a-t-il dit à L\u2019Itinéraire.En ce qui concerne les remarques de L\u2019Itinéraire alléguant que le gouvernement Harper a fait des coupes importantes dans les programmes sociaux, il soutient qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une période de transition : «Le gouvernement fédéral a apporté son aide pour satisfaire certains besoins au cours des dernières années.Les conservateurs ont maintenant augmenté les transferts aux provinces, lesquels avaient été coupés par les libéraux.Les provinces ont désormais les moyens de s\u2019occuper des questions qui relèvent de leur juridiction.» M.Dufort soutient que le programme fédéral IPLI est une bonne formule pour apporter des solutions concrètes\u2026 ce qui ne semble pas être le cas de son parti malheureusement.Le Bloc québécois propose un tout jeune poteau, du bois très vert : Charles Larivée, diplômé en science politique.Il maîtrise bien la ligne politique du Bloc en proposant une redistribution différente du budget.Au Bloc, on utiliserait les 69 milliards de surplus estimés pour les prochaines années (dédiés surtout à la dette par les conservateurs), les 4 milliards de la Société d\u2019hypothèque et de logement et les 10 milliards de la caisse de l\u2019assurance-emploi pour construire des logements sociaux et pour aider les chômeurs et les personnes âgées.Il lui faudra attendre encore pour voler de ses propres ailes, surtout derrière une fusée comme Marc Garneau.Cette élection partielle ne changera pas le monde et ne sera pas non plus un grand pas pour l\u2019humanité ; elle sera juste un petit pas de plus pour la politique.La vie continue, de plus en plus dure au ras du sol, dans la rue, d\u2019où on aperçoit à peine les étoiles.Infos sur les candidats : Anne Lagacé Dowson NPD (www.annelagacedowson.ca); Marc Garneau PLC (www.marcgarneau.ca); Guy Dufort PC (www.guydufort.ca); Charles Larivée BQ (www.blocquebecois.org); Claude William Genest PV (www.claudegenest.com).Vue partielle de l\u2019élection dans l\u2019univers Westmount \u2013 Ville-Marie Lucienne Robillard, un poids lourd du Parti libéral, a laissé après un long passage en politique un trou noir dans le centreville de Montréal, dans la circonscription fédérale aussi riche que très pauvre de Westmount - Ville-Marie (l\u2019ouest du boul.Saint-Laurent, le Vieux, le quartier des affaires et Westmount).Si le fédéral, moins terre-à-terre, agit peu en matière d\u2019affaires locales, le député ne se retrouve pas moins au coeur de cette galaxie des comtés qu\u2019est la métropole du Québec.Le trou noir en question est donc bien plus qu\u2019un simple «cratère» à combler.L\u2019Itinéraire a pointé son télescope «pauvreté et causes sociales» sur le comté, question d\u2019y voir de plus près.Serge Lareault Éditeur serge.lareault@videotron.ca L\u2019Itinéraire / 1er septembre 2008 À quoi sert mon don?Pour la réinsertion sociale La mission du Groupe est d\u2019accroître l\u2019autonomie et le développement individuel et social des personnes qui connaissent des difficultés liées à la pauvreté et à l\u2019itinérance.L\u2019Itinéraire aide les personnes à retrouver leur place dans la société et à développer leur estime de soi.Six mois après la fréquentation de l\u2019organisme, la presque totalité des participants retrouve un endroit pour vivre.Les cartes-repas Un don qui nourrit réellement ! En contribuant au Fonds des cartes-repas, votre don permet de nourrir une personne dans le besoin au Café sur la rue de L\u2019Itinéraire.Des services psychosociaux y sont également offerts.Vous pouvez vous-mêmes distribuer ces cartes dans la rue ou les confier à nos intervenants qui les offriront à ceux qui ont faim.L\u2019abonnement Quand on ne peut l\u2019acheter sur la rue Votre abonnement nous permet de continuer de publier notre magazine et de maintenir nos services.Mais L\u2019Itinéraire, c\u2019est plus qu\u2019un magazine.C\u2019est un moyen concret qui améliore les conditions de vies des personnes de la rue.Contribuer à L\u2019itinéraire Faites le choix d\u2019une ou de plusieurs façons de contribuer : qDon1 à l\u2019organisme de charité Je fais un don de _______ $ qCommande de cartes-repas1-2 J\u2019achète ____ cartes x 3$/chaque = _______ $ qPostez-moi les cartes-repas pour que je les distribue2 qJe désire que vos intervenants les distribuent qAbonnement3 Je m\u2019abonne pour 1 an, 24 numéros (48$, taxes et frais d\u2019envoi inclus) _______ $ Total de votre paiement:____________$ Vous pouvez aussi faire un don en ligne à www.i t ine ra i r e.ca Notes : 1 Reçus envoyés à la fin de l\u2019année pour les dons de 10$ et plus.2 En vertu d\u2019une loi de Revenu Canada, les cartes achetées que vous distribuez vous-mêmes ne sont pas admissibles aux déductions fiscales.3 Il n\u2019y a pas de reçu de charité pour les abonnements.M.q Mme.q Prénom : ______________________Nom : _____________________________ Entreprise : ______________________________________________________ Adresse : _____________________________________________ App.______ Ville : _________________________________ Province : _________________ Code Postal : ___________________ Téléphone : ( ) ___________________ Courriel : ________________________________________________________ Paiement qChèque au nom du Groupe communautaire L\u2019Itinéraire q Visa, Master Card I__I__I__I__I__I__I__I__I__I__I__I__I__I__I__I__I No de carte Expiration ____ / 20____ Mois Année Signature X____________________________________ + + + Postez ce coupon au Groupe communautaire L\u2019Itinéraire 2100 de Maisonneuve Est.Suite 001, Montréal (Québec) H2K 4S1 Pour information : www.itineraire.ca ou 514 597-0238 poste 235 Faits saillants de L\u2019Itinéraire 2 000 personnes aidées par année 30 000 repas servis au Café sur la rue 350 camelots vendant L\u2019Itinéraire à Montréal 100 emplois en réinsertion socioprofessionnelle Ensemble nous pouvons changer leur vie Un camelot vous a encouragé à vous abonner ?Nom ou numéro d\u2019identification pour sa récompense: ___________________________________________ L\u2019Itinéraire / 1er septembre 2008 Le café Nelligan, qui fournit désormais notre restaurant à prix modique, est biologique et équitable.Mais ce n\u2019est pas tout.Le café Nelligan est également produit par des personnes handicapées, puisque c\u2019est la mission de l\u2019entreprise d\u2019économie sociale «Les services adaptés Transit» à l\u2019origine de ce projet d\u2019insertion.Le nom de Nelligan a d\u2019ailleurs été choisi pour rappeler le fait qu\u2019Émile Nelligan a souffert de schizophrénie et a été interné à l\u2019âge de 19 ans.La torréfaction, la mouture et l\u2019emballage sont faits dans les locaux du Transit à Montréal.Le café Nelligan est d\u2019une qualité haut de gamme: un spectrogramme vérifie la régularité du degré de torréfaction et le café est emballé dans des sacs étanches munis d\u2019une valve qui empêche l\u2019oxygène \u2014 le pire ennemi du café! \u2014 de pénétrer, tout en permettant au gaz carbonique émis naturellement de s\u2019échapper.Chaque année, 30 000 personnes mangent au Café sur la rue de L\u2019Itinéraire.Et le café est inclus dans le repas! (Source : Transit) Pour vous procurer des sacs de café Nelligan, rendez-vous sur Internet au www.cafenelligan.com Du café Nelligan au Café sur la rue de L\u2019Itinéraire Depuis mai dernier, les clients du Café sur la rue de L\u2019Itinéraire peuvent boire «le seul café fin 100 % responsable au Québec» \u2014 le café Nelligan \u2014 grâce à une entente conclue avec l\u2019entreprise d\u2019économie sociale «Les services adaptés Transit».Communauté de L\u2019Itinéraire Photo: Éric Carrière Cette soirée vise à amasser plus de 15 000 $ pour permettre à 600 personnes de profiter des services d\u2019intervention psychosociale de L\u2019Itinéraire durant le temps des Fêtes.Les billets sont en vente au coût de 125$.* Pour vous inscrire, appelez directement Nathalie Gélinas au 514-597-0238 poste 226 *Un reçu de chari té de 75$ vous sera émis.Alain Lefèvre Le mardi 8 octobre 2008 à 18h au Gesù de Montréal (1202 rue Bleury) Cocktail dînatoire et prestation intimiste de plusieurs artistes : Alain Lefèvre Pierrette Robitaille Caïman Fu Claire Lamarche et plusieurs invités surprises! Soirée bénéfice d e L\u2019 I t i n é r a i r e Invitation L\u2019Itinéraire / 1er septembre 2008 L\u2019Itinéraire / 1er septembre 2008 Actualité & vie urbaine France Giroux a travaillé pendant 18 ans comme couturière dans des usines de chaussures, de chemises et de jeans.«Jusqu\u2019à l\u2019âge de 20 ans, je préférais être six pieds sous terre plutôt que d\u2019avoir à lire ou à écrire!» Originaire de Saint-Prosper, en Beauce, France a attendu l\u2019âge de 46 ans avant de s\u2019inscrire auprès d\u2019un groupe en alphabétisation.«Jeune, je suis allée à l\u2019école, mais j\u2019ai ensuite beaucoup perdu de ce que j\u2019avais appris et je ne me faisais pas confiance.Ce n\u2019est pas évident à avouer qu\u2019on a de la misère à écrire.Certaines personnes m\u2019ont fait quelquefois des remarques blessantes», se souvient Mme Giroux.Depuis cinq ans qu\u2019elle suit des cours au groupe Alpha des Etchemins, elle a repris confiance en elle.«Je réussis maintenant à conjuguer mes verbes, précise France.Ça ne m\u2019empêche pas de faire des fautes, mais j\u2019ai désormais plus d\u2019assurance dans mes capacités.» Son énergie a gagné sa fille, qui s\u2019apprête à entrer au cégep en techniques policières.«Ma fille Valérie a appris aussi à travers ma démarche.Elle m\u2019a vu me prendre en mains et ça l\u2019encourage à aller de l\u2019avant.Elle a compris qu\u2019il ne faut pas attendre après les autres pour s\u2019aider soi-même.» Sarah Aupaluk a elle aussi décidé de reprendre sa vie en main.Native de Puvirnituq, au Nunavik, Sarah est arrivée à Montréal il y a deux ans, avec pour objectif de maîtriser le français.Elle souhaite devenir interprète de l\u2019inuktitut vers le français ou l\u2019anglais afin d\u2019aider les Inuits gravement malades envoyés dans les hôpitaux du sud du Québec à se faire soigner, ceux-ci ne parlant très souvent que l\u2019inuktitut, la langue des Inuits.Dans le Grand Nord, Sarah a vécu l\u2019horreur.Abusée sexuellement dès l\u2019âge de 4 ans et jusqu\u2019à 12 ans, elle a même une fois été envoyée par avion-ambulance à l\u2019hôpital pour enfants de Montréal, tellement la personne qui avait abusé d\u2019elle l\u2019avait laissé dans un état pitoyable.«Ça a été l\u2019enfer», dit-elle calmement.Cette violence a bouleversé sa santé mentale et physique.«Je manquais beaucoup l\u2019école; j\u2019étais devenue épileptique et j\u2019avais jusqu\u2019à 13 crises d\u2019épilepsie par jour, dit Sarah.Les autres élèves se moquaient souvent de moi; ils disaient que j\u2019avais la rage.C\u2019était pas le fun.» Si elle a cessé de suivre l\u2019enseignement académique en deuxième secondaire, Sarah a en revanche appris le langage des signes et est devenue interprète pour les malentendants à la Commission scolaire du Nunavik.Elle a travaillé comme interprète à divers endroits du Nunavik auprès d\u2019enfants, mais lorsque ceux-ci atteignaient le secondaire, elle n\u2019était plus en mesure de les aider.Depuis son arrivée à Montréal, elle a donc décidé de reprendre ses études secondaires à zéro\u2026 et à temps plein! Âgée aujourd\u2019hui de 34 ans, Sarah est résolument tournée vers l\u2019avenir.«J\u2019ai beaucoup amélioré mon français depuis deux ans et j\u2019ai appris beaucoup de choses, notamment des autres immigrants de mon école.» Sarah est aussi maman d\u2019Élisapie, six ans.Elle est aussi venue s\u2019installer dans la grande ville pour sa fille.«Je veux que la vie soit plus facile pour elle.» France, quant à elle, a retrouvé sa fierté.«J\u2019ai appris à m\u2019accepter et je marche la tête haute, souligne-t-elle.J\u2019encourage les adultes n\u2019osant pas avouer les difficultés qu\u2019ils connaissent avec la lecture à s\u2019inscrire en alphabétisation et à cesser d\u2019avoir peur.C\u2019est difficile, le français, l\u2019apprendre m\u2019a frustrée souvent, mais cela m\u2019a permis de me valoriser.» 1 Selon l\u2019Enquête internationale sur l\u2019alphabétisation et les compétences des adultes rendue publique par Statistique Canada fin 2005.Le 8 septembre est la Journée internationale de l\u2019alphabétisation et de nombreuses activités de sensibilisation souligneront l\u2019importance d\u2019apprendre.Site Internet de la Fondation pour l\u2019alphabétisation : www.fondationalphabetisation.org «J\u2019encourage les adultes n\u2019osant pas avouer les difficultés qu\u2019ils connaissent avec la lecture à s\u2019inscrire en alphabétisation et à cesser d\u2019avoir peur.C\u2019est difficile, le français, l\u2019apprendre m\u2019a frustrée souvent, mais cela m\u2019a permis de me valoriser.» \u2014 France Giroux, qui suit des cours d\u2019alphabétisation depuis cinq ans Alphabétisation Apprendre et vivre à nouveau France Giroux, qui suit des cours d\u2019alphabétisation depuis cinq ans Sarah Aupaluk et sa fille Élisapie.Sarah s\u2019est inscrite en alphabétisation depuis deux ans dans le but d\u2019être interprète.Jérôme Savary Adjoint à la rédaction «Alpha» est une lettre grecque que les Hellènes ont mis à la tête de leur alphabet.Cela n\u2019est pas étonnant, car l\u2019alphabétisation est essentielle; notre rapport au monde s\u2019établissant à travers notre capacité à décoder ce qui nous entoure.Cependant, encore un Québécois sur deux n\u2019a pas les connaissances suffisantes pour fonctionner pleinement au sein de la société1.L\u2019Itinéraire vous présente deux personnes dont la vie a été transformée par l\u2019apprentissage de la lecture. 10 L\u2019Itinéraire / 1er septembre 2008 Aussi passionnée par la moto que par la musique et la volonté d\u2019aider son prochain, Anik Jean a la parole facile : «Au-delà de l\u2019aspect sportif, cette aventure permet aussi aux femmes de venir directement en aide aux enfants marocains.C\u2019est trippant, de pouvoir vivre une telle expérience humaine.» En effet, toutes les participantes inscrites doivent trimballer avec elles 50 kg de matériel destiné à être redistribué aux enfants par l\u2019association Enfants du désert qui connaît parfaitement la région et bénéficie de contacts privilégiés avec les organismes locaux.«Pas de gagnantes, pas de perdantes dans ce rally.L\u2019objectif est de tripper à fond et de faire une bonne action en même temps », explique la rockeuse qui chevauchera sa motocross pour avaler les kilomètres du désert marocain.Émission massive de gaz à effet de serre en vue, direz-vous?La porte-parole a de quoi se défendre : « Pour la première année, Désertours, organisateur de l\u2019événement, va racheter le CO2 émis par les véhicules des participantes et donner l\u2019argent à un organisme en environnement.» (Audrey Coté) Information : www.trophee-roses-des-sables.com Toute de cuir vêtue, Anick Jean arrive à moto à son rendez-vous avec L\u2019Itinéraire.À l\u2019évidence, la 8e édition du Trophée Roses des Sables n\u2019aurait pas pu trouver une meilleure porte-parole que cette auteure-compositeure-interprète.Le but du Trophée Rose des Sables est de permettre aux femmes du monde entier de dépasser leurs limites en parcourant le désert du Maroc en 4X4 ou à moto, tout en amenant du matériel aux enfants marocains.Du 9 au 19 octobre prochains, plus de 50 équipes québécoises seront sur la ligne de départ.Annick Girard, mère de deux enfants dont un, Étienne âgé de 4 ans, a la trisomie 21, est à l\u2019origine de cette activité-bénéfice.«C\u2019est une belle occasion de fêter la diversité et de sensibiliser les gens à l\u2019importance de l\u2019intégration des personnes handicapées dans la société», explique Annick Girard, qui est également membre du conseil d\u2019administration du Regroupement.Les personnes ayant une trisomie 21 présentent un retard de développement ainsi qu\u2019une déficience intellectuelle.Afin de développer leur plein potentiel, les personnes trisomiques doivent obtenir des soins de santé réguliers et suivre un programme de stimulation approprié.Malheureusement, depuis plusieurs années, l\u2019offre de services publics en santé se réduit et ne correspond pas aux besoins des enfants ayant une trisomie 21, ce qui provoque des listes d\u2019attente interminables.Confrontées au manque de services publics, les familles se mobilisent pour donner une voix à cette cause.La course «Grandir avec eux.Courir pour eux!» compte trois épreuves (un, cinq ou dix km) et permet d\u2019amasser des fonds pour financer une partie des activités entourant la stimulation précoce d\u2019enfants ayant une trisomie 21.Les dons recueillis grâce à cette course bénéficieront directement aux enfants âgés de 0 à 5 ans atteints d\u2019une trisomie.Ils leur permettront de recevoir des services spécialisés principalement en orthophonie, en ergothérapie, en massothérapie et en éducation spécialisée sous forme d\u2019activités de stimulation précoce.Environ 50 enfants et une centaine de familles seront aidés par cette campagne de financement.À partir de 11 h, un pique-nique aura lieu dans le parc Maisonneuve.Ce rassemblement familial est une tradition du Regroupement pour la Trisomie 21 et permet aux familles de se rencontrer, de participer à une activité et de briser l\u2019isolement que vivent parfois les familles, particulièrement dans les moments difficiles.(Jérôme Savary) Inscrivez-vous par Internet à la course à pied «Grandir avec eux.Courir pour eux!» : www.events.runningroom.com/site/?raceId=3321 Pour plus d\u2019information sur la trisomie 21 : www.trisomie.qc.ca ou 514 850-0666 Courez pour les enfants ayant une trisomie 21 La première édition de la course à pied «Grandir avec eux.Courir pour eux!» au profit du Regroupement pour la Trisomie 21 aura lieu le 7 septembre prochain au parc Maisonneuve.La comédienne Chantal Fontaine, porte-parole du Regroupement, animera l\u2019événement.Annick Girard et son fils Étienne, âgé de 4 ans et qui a la trisomie 21 Actualité & vie urbaine A n i k J e a n Fille de bécik et de coeur L\u2019Itinéraire / 1er septembre 2008 11 Photo: Audrey Côté 12 L\u2019Itinéraire / 1er septembre 2008 Ce qu\u2019il faut pour vivre nous ramène dans les années 1950, alors que des milliers d\u2019Inuits atteints de tuberculose, qui sévissait alors, étaient forcés de quitter le Grand Nord pour aller se faire soigner dans les hôpitaux des grandes villes canadiennes.«Ce n\u2019est pas un film sur les méchants blancs, ce qui permet au spectateur de s\u2019identifier facilement à Tivii, cet homme qui se retrouve malade, coupé des siens, de sa famille et de ses enfants», prévient Benoît Pilon, en entrevue à L\u2019Itinéraire.Et c\u2019est là, selon lui, l\u2019une des principales réussites du scénario écrit par Bernard Émond (La Neuvaine).Le héros du film, l\u2019Inuk Tivii, se retrouve dans un sanatorium de Québec pour être soigné.Au lieu de l\u2019horizon sans fin du Nunavut, Tivii est confiné à une chambre d\u2019hôpital, qu\u2019il partage avec plusieurs tuberculeux.Il se retrouve pris entre quatre murs, entouré de gens qui parlent une langue inconnue et vêtu d\u2019une chemise d\u2019hôpital plutôt que de vêtements en peaux.Tivii se laisse mourir à petit feu, jusqu\u2019à ce qu\u2019une infirmière lui présente un jeune Inuk qui parle également le français et qui peut ainsi lui servir d\u2019interprète.Se prenant d\u2019amitié pour ce jeune orphelin qu\u2019il veut adopter et ramener chez lui, Tivii reprend goût à la vie et finit par vaincre sa maladie.Mémoire vivante Benoît Pilon s\u2019est rendu à quatre reprises à Iqaluit, la capitale du Nunavut, afin de filmer notamment la baie de Frobisher.C\u2019est là que s\u2019ancrait le «C.D.Howe», le brise-glace canadien et bateau clinique de l\u2019époque, afin de ramener les Inuits malades sur le continent.Le réalisateur a constaté que cet épisode était resté présent dans les mémoires des Inuits.«Chaque famille a été touchée par l\u2019épidémie de tuberculose et cela a laissé des traces dans la communauté», précise le réalisateur.La question de la mémoire est très importante dans le travail du réalisateur Benoît Pilon, comme en témoignent ses courts-métrages Roger Toupin, épicier variété, Nestor et les oubliés, ou encore Rosaire et la Petite- Nation.«Ce qui fonde les peuples, leurs racines, a de moins en moins d\u2019importance [dans nos sociétés], indique le réalisateur.On consomme tous les mêmes choses, et il y a une perte de contacts avec les cultures particulières, ce qui entraîne une perte de repères.Ce que j\u2019aime beaucoup dans le scénario de Bernard, c\u2019est qu\u2019il souligne l\u2019importance de garder contact avec une certaine culture.» Benoît Pilon accorde également beaucoup d\u2019attention au rapport à l\u2019autre et aux échanges interculturels.«Dans le film, Tivii peut exister comme homme à partir du moment où il peut exprimer qui il est profondément.Au-delà du film, chacun doit s\u2019ouvrir à l\u2019autre pour que ça fonctionne et pour qu\u2019il y ait du respect, mais malheureusement, de nos jours, une culture dominante s\u2019impose et écrase les cultures particulières.» Ces voyages dans le Grand Nord ont enfin permis au réalisateur de découvrir un peuple chez qui l\u2019humour est très présent.«J\u2019ai beaucoup aimé les Inuits, notamment parce qu\u2019ils ont beaucoup d\u2019humour, raconte-t-il.Comme les Inuits n\u2019avaient pas de noms de famille, le gouvernement canadien leur avait donné des numéros pour les identifier.Aujourd\u2019hui, certains s\u2019appellent encore par leurs numéros que le Canada leur avait donnés dans les années 1950; ils pratiquent beaucoup l\u2019autodérision.» 1 Un Inuk, des Inuits.2 Acteur inuit connu notamment pour avoir tenu le rôle principal du film Atanarjuat : la légende de l\u2019homme rapide.Le film Ce qu\u2019il faut pour vivre est en salle depuis le 29 août.Culture «Ce qui fonde les peuples, leurs racines, a de moins en moins d\u2019importance [dans nos sociétés].On consomme tous les mêmes choses, et il y a une perte de contacts avec les cultures particulières, ce qui entraîne une perte de repères.» \u2014 Benoît Pilon, réalisateur du film Ce qu\u2019il faut pour vivre Benoît Pilon, réalisateur du film Ce qu\u2019il faut pour vivre Ce qu\u2019il faut pour vivre Survivre grâce à sa culture Jérôme Savary L\u2019Inuk1 du film Ce qu\u2019il faut pour vivre, campé par Natar Ungalaaq2, vit un peu ce que le bushman du film Les Dieux sont tombés sur la tête avait expérimenté à la rencontre de la «modernité».Une incompréhension totale devant un monde inconnu et irrespectueux des réalités des peuples autochtones.Par l\u2019exploration d\u2019événements historiques méconnus, le premier long métrage du réalisateur Benoît Pilon souligne l\u2019importance de la mémoire et du respect de la culture de l\u2019autre et s\u2019inscrit ainsi dans la lignée de ses réalisations précédentes.Photo : Jérôme Savary actualité culture une santé environnement dév.social économie/conso expression L\u2019Itinéraire / 1er septembre 2008 13 «Les éditions Coups de tête sont à la littérature ce que le rock est à la musique», souligne Michel Vézina.Les dix ouvrages parus jusqu\u2019à présent sont effectivement tout à fait dans cette lignée : des romans de gare à la Pulp Fiction américaine d\u2019une centaine de pages qui se lisent en deux heures.Des récits en lien avec notre époque, parfois décalés, parfois violents, parfois doux.Ce sont des polars courts, incisifs et explosifs dont la narration est appuyée sur l\u2019action.Tout jeune, l\u2019éditeur était un inconditionnel des petits livres d\u2019action américains et français; il l\u2019est encore.«J\u2019ai toujours été un fan de lecture de ce genre, malheureusement, on ne produisait pas de tels livres au Québec», dit-il.L\u2019absence de ce genre littéraire chez nous est maintenant chose du passé.En fait, la création de la maison d\u2019édition Coups de tête a été en réalité un véritable coup de tête pour Michel Vézina.«Quand Serge Théroux, le directeur littéraire de la maison d\u2019édition Les 400 coups, m\u2019a proposé ce projet, j\u2019ai tout de suite été emballé par le concept et je m\u2019y suis lancé tête première», déclare-t-il.Le défi de Vézina est de rendre la lecture plus accessible et de faire taire tous ceux qui disent que lire, c\u2019est plate.Sa politique éditoriale en témoigne : «J\u2019édite de la même manière que j\u2019écris, je veux que le roman capte l\u2019attention dès les premières lignes, qu\u2019il soit bref et qu\u2019il contienne un maximum d\u2019environ 100 pages.» Il poursuit en confiant : «Je veux des histoires qu\u2019on ne lit pas ailleurs, avec une narration appuyée sur l\u2019action, qui ne s\u2019arrête pas trop sur les états d\u2019âme des personnages\u2026 et je veux aussi que ces récits aient un certain regard politique ou social.» actualité culture une santé environnement dév.économie/expression «Les éditions Coups de tête sont à la littérature ce que le rock est à la musique» \u2014 Michel Vézina, auteur et éditeur des éditions Coups de tête Photo : Alexis Aubin Rencontre avec Michel Vézina Coup de tête d\u2019un rockeur littéraire Micheline Rioux Journaliste de rue / micheline.rioux@live.ca Comment un ancien clown du groupe punk Bérurier noir, qui a été également cracheur de feu, peut être maintenant écrivain, chroniqueur littéraire et éditeur?Michel Vézina explique ce virage par son parcours parsemé de road trips colorés du rose pâle au rouge vif.En 2007, il dirige son chemin un peu marginal vers la création de la maison d\u2019édition Coups de tête.Une littérature fulgurante, teintée de la fiction pulpeuse de nos voisins du Sud.Le premier ouvrage publié a été Élyse, de Michel Vézina lui-même, qui a donné le ton à ceux qui ont suivi.Un parfait cocktail de science-fiction, d\u2019action et d\u2019amour brassé sur une scène montréalaise de 2040.Il y a aussi Prison de poupées, le premier roman d\u2019Édouard H.Bond, une enquête décapante qui dénonce les bas-fonds d\u2019un pénitencier féminin.Ou encore Je hurle à la lune comme un chien sauvage, de Frédérick Durand, un portrait du milieu de la prostitution encore jamais produit auparavant où se vautrent le luxe, la violence et le courage.La réponse du public et du milieu littéraire a été très favorable envers les éditions Coups de tête.Après un an de publications, Vézina n\u2019a aucunement l\u2019intention de s\u2019asseoir sur ses lauriers : «La vie d\u2019un livre est souvent courte en librairie.Notre objectif est de publier de neuf à dix romans par an», soutient-il.Dès cet automne, trois nouveaux titres verront le jour, dont Kyra, de Léo Lamarche.Si l\u2019on se fie à son style hors-norme et à sa philosophie ouverte d\u2019esprit, notre Quentin Tarantino de la littérature québécoise nous réserve encore bien des surprises! Les éditions Coups de tête : www.coupsdetete.com 14 L\u2019Itinéraire / 1er septembre 2008 Une Depuis qu\u2019il a été terrassé par un accident vasculaire cérébral en 2001, André Brassard subit l\u2019immobilité.C\u2019est pourquoi il s\u2019identifie fortement au personnage de Winnie qui, selon les didascalies (indication de mise en scène) de Beckett, regarde passer les jours enterré dans le sable jusqu\u2019au cou.«Le sentiment d\u2019être pris en soi-même, entremêlé d\u2019une volonté de combattre qui n\u2019a d\u2019égal que l\u2019amour de la vie, André la ressent beaucoup depuis son accident», explique celle qui est depuis longtemps son amie.En fait, le personnage de Winnie rejoint simultanément le metteur en scène et la comédienne.«C\u2019est un rôle qui va bien à mon âge.J\u2019ai 76 ans et je suis consciente d\u2019avoir plus de temps derrière que devant moi.C\u2019est une pièce qui me parle beaucoup : la capacité d\u2019aimer la vie, seconde après seconde, malgré l\u2019inéluctable temps qui passe et qui nous mène vers la mort.Comme Winnie, je chante malgré tout.» Le secret de la persévérante beauté de Andrée Lachapelle résiderait- il, tout simplement, dans la sérénité qu\u2019elle dégage?Celle qui exerce son métier depuis 56 ans compte les années sans amertume, car elle considère que la vie lui a été douce.Pour s\u2019évader du plat quotidien, la fillette de la rue De Bullion, sur le Plateau Mont-Royal, rêvait d\u2019interpréter les personnages des grands classiques.Le rêve est rapidement devenu réalité.«Je n\u2019ai aucun regret.J\u2019ai eu la vie que j\u2019ai choisie.Les choses me sont arrivées sans que je pousse.En plus, j\u2019ai toujours été comblée par mon métier et n\u2019ai jamais manqué de travail», confie la grande dame, attablée au restaurant Robin des bois.Les têtes se retournent systématiquement au passage de Andrée Lachapelle.C\u2019est avec quasi dévotion qu\u2019on la salue.Mais la comédienne ne joue pas la star.L\u2019aura est là, mais c\u2019est à croire qu\u2019elle appartient à quelqu\u2019un d\u2019autre.Soucieuse de son interlocutrice plus que d\u2019elle-même, tentant même parfois de changer de rôle et de poser les questions, il est aisé de croire qu\u2019elle n\u2019a pas la grosse tête: «Honnêtement, je suis toujours la petite fille qui rêvait de faire du théâtre et je n\u2019a jamais attaché d\u2019importance au fait que je sois connue et surtout, je n\u2019ai jamais cherché à profiter du privilège que constitue l\u2019amour du public.» Andrée Lachapelle est issue d\u2019une famille qui avait souvent du mal à joindre les deux bouts.Sa mère, devenue veuve à 50 ans avec plusieurs enfants, ne voulait pas se retrouver sur le Secours direct (l\u2019ancêtre du bien-être social) et accomplissait de petits miracles avec des ressources plus que limitées.Grandir, toujours La vie d\u2019Andrée Lachapelle semble avoir toujours été marquée par une seule volonté : grandir.«J\u2019ai toujours aimé jouer, car chaque fois que j\u2019interprète un personnage, j\u2019approfondis un univers.C\u2019est un métier où l\u2019on arrive à comprendre différentes réalités et, par conséquent, on juge moins.» Personnellement, la femme confie avoir toujours misé sur les relations avec ses proches et s\u2019être méfiée du piège matérialiste.«L\u2019argent est là pour permettre de bien vivre, mais je n\u2019aime pas accumuler pour rien.Mes priorités ont toujours été de vivre en harmonie avec mes enfants et mes amis et de faire mon métier le mieux possible.» Le statut social, la notoriété Andrée Lachapel le Audrey Coté «Elle est un remède contre l\u2019humanité souffrante.» C\u2019est ainsi que le metteur en scène André Brassard décrit celle qu\u2019il a choisie pour interpréter Winnie, le personnage principal de Oh Les beaux jours de Samuel Beckett, qui prend l\u2019affiche au théâtre ESPACE GO du 9 septembre au 11 octobre prochain.Andrée Lachapelle éclate d\u2019un grand rire lorsque L\u2019Itinéraire lui cite la déclaration de l\u2019un des plus grands metteurs en scène du Québec.Oui, elle rigole fort, car ce n\u2019est pas à 76 ans que la comédienne commencera à s\u2019enfler la tête! l\u2019hRuemmaèndieté c soonutrffer ante actualité culture une santé environnement dév.social économie/conso expression L\u2019Itinéraire / 15 juillet 2008 15 « J\u2019ai toujours aimé jouer, car chaque fois que j\u2019interprète un personnage, j\u2019approfondis un univers.C\u2019est un métier où l\u2019on arrive à comprendre différentes réalités et, par conséquent, on juge moins.» Photo : Dominique Malaterre ou l\u2019argent qui sort par les oreilles de certaines personnes ne l\u2019ont jamais impressionnée, ditelle.«Ce n\u2019est pas parce qu\u2019on réussit, que l\u2019on a du succès, que cela vous donne le droit de mépriser les autres ou de vous croire supérieur.» Comment impressionner la grande dame?En ne tentant pas de le faire, justement.«J\u2019aime les gens pour ce qu\u2019ils sont et je déteste l\u2019hypocrisie, le mensonge», souffle-t-elle.Celle qui soutient avoir beaucoup de compassion pour le genre humain peut facilement sortir de ses gonds devant la méchanceté préméditée : « Les gens qui utilisent leur petit pouvoir pour profiter ou abuser des autres ou les humilier, ça, c\u2019est quelque chose que je ne peux pas supporter! En tant qu\u2019humains, on est tous dans le même bateau et il faut protéger et aider ceux qui ont une vie plus difficile.» D\u2019ailleurs, ceux et celles qui ont la vie difficile interpellent souvent l\u2019actrice lorsqu\u2019elle déambule sur les trottoirs.Elle dit être rarement capable de ne pas leur donner d\u2019argent, considérant qu\u2019il s\u2019agit là d\u2019un juste retour des choses.«Quand on a beaucoup reçu, il faut redonner.» Les causes qui la font vibrer sont nombreuses.La comédienne a longtemps contribué à Amnesty international, au Carrefour familial Hochelaga-Maisonneuve, qui vient en aide aux familles pauvres, et à d\u2019Oxygène, un organisme qui aide les hommes en difficulté.Au-delà des organismes d\u2019aide, Andrée Lachapelle est convaincue que la société devrait faire un travail en amont pour atténuer la souffrance.Selon elle, on ne déploie pas assez de ressources dans les écoles primaires et secondaires pour faire connaître et aimer l\u2019art.Voilà son remède contre l\u2019humanité souffrante: «L\u2019art, quel qu\u2019il soit, peut sauver».Oh Les beaux jours de Samuel Beckett est à l\u2019affiche au théâtre ESPACE GO du 9 septembre au 11 octobre. 16 L\u2019Itinéraire / 1er septembre 2008 Santé / bien-être Anne Lacourse est musicothérapeute, une profession encore méconnue.Son approche ressemble un peu à celle du psychothérapeute, mais la musique est utilisée comme outil pour joindre les patients.Les clientèles les plus fréquemment traitées par la musicothérapie sont les enfants autistes ou souffrant de troubles de comportement, les personnes âgées, les cancéreux, les malades en phase terminale, et les gens atteints de troubles psychiatriques ou de déficiences intellectuelles.Et attention : il ne s\u2019agit pas ici d\u2019un simple divertissement.«Notre travail comporte vraiment une approche thérapeutique; elle vise à maintenir ou à améliorer la qualité de vie du patient.Notre formation universitaire de trois ans comprend des cours de psychologie et nous effectuons une évaluation des besoins du patient et un suivi auprès de lui», explique Anne.Différentes approches thérapeutiques Le travail d\u2019un musicothérapeute consiste d\u2019abord à être à l\u2019écoute du patient qui doit être traité dans son ensemble, comme un être humain avec un coeur et des émotions.«Les médecins et les infirmières sont conscients de ça, surtout aux soins palliatifs, mais ils n\u2019ont pas toujours le temps de le faire.Le musicothérapeute a un grand rôle à jouer dans la dimension psychosociale des traitements.Par exemple, lorsqu\u2019une personne apprend qu\u2019elle est atteinte d\u2019un cancer et qu\u2019elle commence des traitements de chimiothérapie, elle ressent plusieurs émotions fortes.Avec la musique, on réussit souvent à faire en sorte que la personne exprime ces émotions, les fasse sortir», affirme Anne.Le musicothérapeute doit cependant être très sensible à l\u2019état du patient et utiliser différentes méthodes d\u2019intervention.«Je me promène avec mon chariot d\u2019instruments de musique et je m\u2019adapte à chaque personne.Je parle beaucoup avec mes patients et leurs proches.Le contact humain est très important.Certains me font des demandes spéciales, d\u2019autres m\u2019accompagnent en prenant un instrument ou composent des paroles», raconte Anne.Certaines activités sont plus proches de la relaxation.«J\u2019ai recours à des techniques de respiration avec le patient et j\u2019essaie de recréer en paroles l\u2019image qu\u2019il a du bonheur, avec une musique d\u2019ambiance.Cela lui permet de se libérer momentanément du stress qui l\u2019envahit.» Une profession qui gagne en crédibilité À Montréal, les musicothérapeutes ne sont pas dans tous les hôpitaux.Ils sont plus présents dans les hôpitaux anglophones, remarque Guylaine Vaillancourt, musicothérapeute à l\u2019Hôpital Charles LeMoyne de Longueuil et présidente de l\u2019Association québécoise de musicothérapie.«Depuis longtemps, des musicothérapeutes sont actifs au Centre universitaire de santé McGill alors que chez les francophones, on voit davantage des musicothérapeutes dans les écoles», explique-t-elle.«De plus en plus, les médecins découvrent les effets réels de la musique sur les patients, remarque Anne.Plusieurs études prouvent d\u2019ailleurs qu\u2019un patient atteint de la maladie d\u2019Alzheimer à un stade avancé peut retrouver sa pleine lucidité le temps d\u2019une chanson.La musique a vraiment des pouvoirs extraordinaires.» «De plus en plus, les médecins découvrent les effets réels de la musique sur les patients.Plusieurs études prouvent d\u2019ailleurs qu\u2019un patient atteint de la maladie d\u2019Alzheimer à un stade avancé peut retrouver sa pleine lucidité le temps d\u2019une chanson.La musique a vraiment des pouvoirs extraordinaires.» \u2014 Anne Lacourse, musicothérapeute La magie de la musicothérapie Martine Letarte À l\u2019étage des soins palliatifs de l\u2019hôpital St.Mary, à Montréal, M.Vézina (nom fictif) était mourant.Il criait sa souffrance à pleins poumons.Les membres de sa famille étaient désemparés, démolis devant tant de douleur vive.Anne Lacourse est entrée dans sa chambre, lui a pris la main et a commencé à lui chanter une petite berceuse.Tout doucement.«Après à peine trois minutes, son corps s\u2019est détendu et sa respiration est devenue beaucoup plus calme», se souvient-elle, encore émue.actualité culture une santé environnement dév.social économie/conso expression Illustration: www.melissadeschenes.com L\u2019Itinéraire / 1er septembre 2008 17 Quand pitou détecte le cancer On sait que les chiens peuvent sauver la vie de leur maître.Cela semble plus vrai que jamais, selon une recherche qui démontre que ces animaux peuvent être entraînés à diagnostiquer certains cancers.Des cancers tels celui du sein ou du poumon, libèrent des composés volatiles qui changent l\u2019odeur corporelle.Grâce à leur odorat exceptionnel, les chiens peuvent sentir ces substances chimiques.Chez le chien, l\u2019odorat joue un rôle de premier ordre; le tiers de son cerveau est d\u2019ailleurs consacré à cette fonction.L\u2019odorat canin serait de 200 000 à un million de fois plus puissant que l\u2019odorat humain.Depuis plus de 25 ans, des chercheurs se penchent sur la possibilité de dépister le cancer grâce au chien.Tout a commencé en 1978, alors qu\u2019une jeune femme remarqua que son dalmatien reniflait à répétition le grain de beauté qu\u2019elle avait sur la jambe.Intriguée, elle consulta un médecin qui diagnostiqua un dangereux mélanome.Des chercheurs californiens ont entraîné cinq chiens (des labradors et des chiens d\u2019eau portugais) à faire la distinction entre des tubes contenant de l\u2019air exhalé par des sujets en santé et par des patients atteints de cancer du poumon ou de cancer du sein.Les chiens ont fourni une performance extraordinaire: après plus de 12 000 essais, ils ont correctement identifié 99% des échantillons provenant de patients atteints de cancer du poumon et 88% de ceux provenant de personnes atteintes de cancer du sein! Reste à vérifier si les truffes canines peuvent détecter les cancers à un stade plus précoce que ne le font les tests médicaux.(Source: Développement économique, Innovation et Exportation Québec) Illustration: www.melissadeschenes.com 18 L\u2019Itinéraire / 1er septembre 2008 L\u2019Itinéraire : Vous avez organisé cette année le Défi climat.Quels ont été les résultats?André Porlier : Nous avons réussi à convaincre 130 entreprises de s\u2019engager à faire adopter de nouveaux comportements à leurs employés.Le Défi climat est une campagne qui s\u2019est inspirée des techniques de collecte de fonds utilisées par Centraide, en intégrant les milieux de travail.La synergie au travail est favorable à la multiplication des engagements individuels et les résultats de cette année ont été au-delà de nos espérances : 25 000 personnes se sont ainsi engagées à faire près de 100 000 nouveaux gestes ayant un impact positif sur l\u2019environnement.Les trois gestes les plus populaires ont été le compostage à la maison, l\u2019utilisation de sacs réutilisables et l\u2019adoption, une fois par semaine, de la marche ou du vélo pour se rendre au travail.Au départ, notre objectif était de rejoindre 2 500 personnes! Cependant, nous ne visons pas seulement les employés.La finalité de cette campagne est de joindre les entreprises, et quand des employés sont sensibilisés à des gestes environnementaux, ils finissent par faire pression sur leur employeur.Quels dossiers comptez-vous promouvoir cet automne?Nous défendrons trois grands dossiers.D\u2019abord, les péages sur les ponts.La Ville s\u2019est dotée d\u2019un plan de transport ambitieux, mais son financement reste problématique.C\u2019est pourquoi nous croyons aux péages, car ils entraîneraient des revenus annuels de 250 millions de dollars permettant de développer le transport collectif sur l\u2019île de Montréal et en banlieue.Avec les péages, la rivalité entre Montréal et la banlieue n\u2019a pas lieu d\u2019être.Ensuite, le dossier du compostage et de la collecte des matières organiques est une seconde priorité.Le site d\u2019enfouissement de matières résiduelles de Lachenaie, où sont envoyés 50 % des déchets de Montréal, sera plein dans quelques mois! Au lieu de l\u2019agrandir, comme le propose la société BFI qui est responsable de la collecte, diminuons plutôt la quantité de déchets que l\u2019on envoie au site d\u2019enfouissement en organisant la collecte municipale des matières organiques.Si Victoriaville et Halifax sont capables de le faire, Montréal le peut aussi.Nos sacs à ordures contiennent 40 % de déchets organiques compostables.Pour ces raisons, nous proposons à la Ville de Montréal d\u2019organiser la collecte de matières organiques compostables.Enfin, nous souhaitons interdire le chauffage au bois.Sur l\u2019île de Montréal, 85 000 ménages utilisent ce type de chauffage qui nuit énormément à la qualité de l\u2019air pendant l\u2019hiver; à un point tel que la Direction de la santé publique est en train d\u2019évaluer le nombre de décès prématurés liés au chauffage au bois.Des projets d\u2019aménagement immobilier continuent de voir le jour sur le mont Royal.Qu\u2019en pensez-vous?La Ville prépare des mesures visant à rendre socialement acceptable le développement immobilier sur la montagne.Pour nous, c\u2019est un enjeu majeur et il devrait être interdit de construire quoi que ce soit dans les 13 boisés restant sur le mont Royal.Ailleurs sur la montagne, certains endroits pourraient accueillir des constructions, à condition qu\u2019elles soient bien intégrées au site et qu\u2019elles ne nuisent pas à la vue sur le mont Royal.De quels bons coups du CRE-Montréal êtes-vous particulièrement fier?Les indicateurs de l\u2019état de l\u2019environnement de Montréal, que nous avons produits en collaboration avec la Ville de Montréal pour la première fois en 2005, puis une nouvelle fois cette année, a été un très bon coup.En effet, faire reconnaître à l\u2019administration municipale les problèmes auxquels on doit s\u2019attaquer, c\u2019est la base du travail en environnement! Environnement André Porlier, directeur général du Conseil régional de l\u2019environnement de Montréal Entrevue avec André Porlier du CRE-Montréal Stratège environnemental Jérôme Savary À la tête du Conseil régional de l\u2019environnement de Montréal (CRE-Montréal) depuis un an, André Porlier est un peu le poil à gratter dans les culottes de la Ville de Montréal.S\u2019il est vrai que cet organisme travaille un peu dans l\u2019ombre d\u2019Équiterre, son influence sur les décisions gouvernementales n\u2019en est pas moindre.Réunissant plus d\u2019une centaine d\u2019organismes et d\u2019entreprises, le CRE-Montréal joue le rôle d\u2019un véritable lobby environnemental, à l\u2019instar des 15 autres CRE du Québec.L\u2019Itinéraire a rencontré son directeur général.Photo : Jérôme Savary L\u2019Itinéraire / 1er septembre 2008 19 En offrant aux enfants de l\u2019école primaire Garneau un accès direct à la nature au sein même de leur milieu de vie ainsi qu\u2019une expérience active de transformation de leur environnement, le Sentier Urbain a contribué à l\u2019amélioration de la qualité de vie des enfants fréquentant l\u2019école et des résidents du quartier.L\u2019école primaire Garneau est un bel exemple de réussite du volet «L\u2019école de la forêt», qui vise à susciter l\u2019engagement des enfants dans le verdissement de leur quartier et de leur milieu de vie.Par exemple, un oasis de nature composé de plantes, de cascades d\u2019eau et d\u2019animaux a été aménagé dans un local de l\u2019école afin de développer les habiletés horticoles des enfants tout en créant un lien avec la nature.Différentes activités horticoles ont aussi été réalisées, dont une visite des jardins thématiques de l\u2019organisme pour permettre aux élèves d\u2019y découvrir différents écosystèmes urbains.Des ateliers portant sur des thèmes relatifs à l\u2019environnement (comme l\u2019eau, les déchets ou le compostage) leur ont également permis de développer leurs connaissances.Finalement, le verdissement de l\u2019école a pris tout son sens dans les plantations extérieures réalisées par les enfants avec l\u2019expertise du Sentier Urbain : arbres, arbustes et vivaces ont ainsi été mis en terre par les élèves autour de leur propre école.Depuis une dizaine d\u2019années, le Sentier Urbain travaille auprès des écoles primaires des quartiers Centre-Sud et Hochelaga-Maisonneuve.(Source : nouvelles DOMINO) Benoît Blanchard, du Sentier Urbain avec des élèves de troisième cycle de l\u2019école Garneau lors d\u2019une plantation sur le terrain de l\u2019école.L\u2019école Garneau verdit grâce au Sentier Urbain Photo : Sentier Urbain La justice sociale pour tous 514-931-6272 Autorisé par l\u2019agent officiel de Marc Garneau.Le 8 septembre 2008 20 L\u2019Itinéraire / 1er septembre 2008 Aidez-nous à les aider : www.itineraire.ca Faites un don en ligne 0708-269 .C M J CM MJ CJ CMJ N ON LUTTE À VOS CÔTÉS www.blocquebecois.org Téléphone : 514 526-3000 Courriel : charleslarivee@hotmail.com Payé et autorisé par l\u2019agent officiel de Charles Larivée Charles Larivée pour Westmount\u2013Ville-Marie Le 8 septeMbre L\u2019Itinéraire / 1er septembre 2008 21 Développement social Avec 1600 nouveaux bénéficiaires au «programme adulte», correspondant aux 25-54 ans, le Centre Dollard-Cormier ne manque pas de grain à moudre.Depuis la création du CDC il y a 10 ans, les cas de santé mentale sont devenus plus complexes et les délais de prise en charge des malades sont plus longs.«Cette détresse psychologique est le résultat de notre monde de performance, individualiste, ainsi que du manque de repères et de spiritualité», analyse Lorraine Mantha, intervenante au CDC.Philanthropes de métier Confrontés à une hausse des demandes d\u2019intervention en santé mentale et à des pathologies plus complexes, Lorraine Mantha et Paul Villemure affichent une envie et une détermination à toute épreuve.«Après avoir travaillé 28 années en intervention, j\u2019ai encore du plaisir, indique Lorraine Mantha.Pour moi, l\u2019intervention est une vocation.Pour faire ce métier-là, il faut aimer la «clientèle», faire preuve d\u2019empathie et être capable de se détacher.» Paul Villemure, 63 ans, a lui aussi encore la flamme du convaincu dans les yeux.«On rit beaucoup!» dit-il, comme s\u2019il jugeait nécessaire de dédramatiser un peu la conversation.Paul et Lorraine ont beau en avoir vu d\u2019autres, ils ont quand même leurs moments de faiblesse.«Comme on est des êtres humains, on peut être vulnérables dans certaines situations, admet Lorraine Mantha.Ça me bouleverse quand on me parle d\u2019enfants maltraités.J\u2019ai déjà interrompu une rencontre, car j\u2019avais perdu le contrôle de mes émotions.» La distance à établir avec le «client» n\u2019est pas toujours chose facile.Une expertise reconnue Le Centre Dollard-Cormier est une référence au Québec.Avec son approche de «réduction des méfaits» de la drogue sur la personne, le CDC propose à sa population des suivis individuels adaptés à leur rythme.«Le CDC est bien adapté à la réalité de plus en plus complexe de la toxicomanie, souligne Francis Caron.La qualité de son approche est reconnue par le gouvernement du Québec dont l\u2019expertise est elle-même reconnue internationalement.» Cependant, les blessures en santé mentale ne cicatrisent pas au premier pansement.Le client est pour beaucoup dans la réussite de sa thérapie.«La première difficulté que les clients rencontrent est de réussir à venir se présenter à nos locaux, explique Paul Villemure.Ils sont 40 % à ne pas y arriver.» Selon Paul Villemure, l\u2019écoute est omniprésente pour bien cerner le problème de la personne.Et ça marche.«Intervenir, c\u2019est changer le cours des choses, dit-il.Dans la majorité des cas, les résultats sont très satisfaisants.» Cette proximité fait partie du plaisir qu\u2019éprouve Lorraine Mantha dans son travail.«J\u2019aime établir le lien avec la personne, sentir qu\u2019elle progresse et que ses acquis l\u2019empêcheront de revenir en arrière», précise cette femme au regard décidé.Chaque jour, les 42 intervenants du programme adulte du Centre Dollard-Cormier permettent à de nombreuses personnes souffrant de problèmes psychologiques de rester à flot.Que ce soit au moyen de rencontres individuelles ou familiales, de couples ou de groupes, des intervenants comme Lorraine et Paul mettent leur empathie au service des personnes marginalisées par notre société basée sur la performance.Centre Dollard-Cormier À la pointe de l\u2019intervention Jérôme Savary La détresse psychologique est souvent présente chez les personnes souffrant d\u2019alcoolisme, de toxicomanie ou de jeu pathologique.Au Centre Dollard-Cormier (CDC), les intervenants rencontrent des toxicomanes souffrant de problèmes sévères de santé mentale.Mais ceux-ci sont entre de bonnes mains.«Le CDC est à la pointe de l\u2019intervention», assure Francis Caron, intervenant social à L\u2019Itinéraire.actualité culture une santé environnement dév.social économie/conso expression Illustration: www.melissadeschenes.com «La détresse psychologique est le résultat de notre monde de performance, individualiste, ainsi que du manque de repères et de spiritualité» \u2014 Lorraine Mantha, intervenante au Centre Dollard-Cormier 22 L\u2019Itinéraire / 1er septembre 2008 Aurèle Gingras n\u2019a plus de permis de conduire depuis le mois de décembre.L\u2019homme de 87 ans a lui-même demandé à la SAAQ de lui révoquer le droit de prendre le volant, à la suite d\u2019un accident mineur survenu dans l\u2019enceinte de sa propriété.«De toute manière, j\u2019étais stressé avec tous ces véhicules dans la rue», dit-il.L\u2019octogénaire réalise aujourd\u2019hui sa perte d\u2019autonomie.«Au moins, maintenant, les enfants passent plus souvent pour nous amener faire l\u2019épicerie.J\u2019en profite aussi pour prendre l\u2019air.Même prendre un taxi coûte moins cher que l\u2019entretien de mon ancien véhicule.» Aurèle Gingras n\u2019est pas le seul aîné à faire face aux dilemmes de la conduite automobile.À l\u2019occasion de leurs 75e et 80e anniversaire de naissance, la SAAQ fait parvenir à tous les titulaires de permis de conduire une lettre, accompagnée d\u2019un formulaire d\u2019examen.Cet examen, réalisé avec son médecin généraliste, doit ensuite être répété à tous les deux ans.Au Québec, en 2006, 13,2 % des détenteurs de permis automobile étaient âgés de 65 ans et plus, tandis qu\u2019ils comptaient pour 8,3 % des accidents routiers avec décès.Même s\u2019ils semblent faire bonne figure en comparaison du groupe des 16- 24 ans, qui sont pour leur part titulaires de 10 % des permis de conduire tandis qu\u2019ils sont impliqués dans 24 % des accidents, il n\u2019en demeure pas moins que ce sont les aînés qui ont le plus haut taux de collision par kilomètre parcouru sur la route (selon l\u2019Association médicale canadienne).«Les personnes âgées ont de 1 à 2 fois et demie plus de chance d\u2019être impliquées dans un accident de la route en fonction du kilométrage parcouru, précise le relationniste de la SAAQ, Gino Desrosiers.Les jeunes ont plus d\u2019accidents, mais ont un plus haut kilométrage.Il faut tout de même rappeler que, peu importe l\u2019âge, tous les conducteurs peuvent constituer une source de danger.» Gino Desrosiers croit que la fiche d\u2019évaluation revisitée à l\u2019automne, en collaboration avec le document d\u2019accompagnement préparé par le Collège des médecins du Québec, est un véritable outil pour les omnipraticiens qui procèdent à l\u2019évaluation médicale d\u2019un conducteur.La Dre Martine Tremblay (nom fictif, en raison de la confidentialité professionnelle) reçoit, chaque mois, une dizaine de demandes de renouvellement de permis de conduire.Lors de l\u2019examen médical d\u2019une durée d\u2019une quinzaine de minutes, elle doit notamment évaluer la vision de jour et de nuit du patient, sa perception de la profondeur, sa mémoire et ses réflexes.Malgré ses nombreuses années de pratique, la médecin trouve encore difficile de réaliser cet examen et d\u2019accorder son consentement aux patients qui la visitent.«Je n\u2019ai pas de simulateur automobile dans mon bureau, dit-elle.Comment puis-je analyser le comportement routier d\u2019un homme de 77 ans qui est assis dans mon cabinet?Je ne veux pas avoir d\u2019accidents routiers sur la conscience! » La Dre Tremblay en a vu de toutes les couleurs.Des patients qui arrivent à peine à se déplacer avec leur canne, d\u2019autres qui oublient leur date de naissance en lui apportant leur formulaire.« Il y a trop de joueurs dans la décision.Parfois, les enfants des patients nous appellent et nous implorent de ne pas signer le consentement de leur père borné, tandis que d\u2019autres nous pressent d\u2019apposer notre signature parce qu\u2019ils ne peuvent pas assumer les déplacements quotidiens de leurs parents.La situation crée beaucoup de conflits familiaux et du stress inutile.Plusieurs aînés perdent confiance en leur médecin à la suite d\u2019un refus.» La Dre Tremblay croit que la SAAQ devrait elle-même procéder aux tests de conduite des personnes âgées de 75 ans et plus.«En étant assis dans une voiture à côté du conducteur aîné, les évaluateurs de la SAAQ seraient dans la meilleure position pour évaluer leur capacité à prendre, ou non, le volant.» Gino Desrosiers précise à cet effet que l\u2019évaluation des médecins est la première La SAAQ devrait elle-même procéder aux tests de conduite des personnes âgées de 75 ans et plus, selon un médecin dont nous taisons le nom pour cause de confidentialité professionnelle.Évaluation de la conduite automobile des aînés Procédé efficace?Josée-Ann Moisan Des 300 000 automobilistes examinés par la Société de l\u2019assurance automobile du Québec (SAAQ) en 2007, 75 000 étaient âgés de 65 ans et plus.Bien que la SAAQ ait mis à jour le formulaire médical de conduite automobile destiné aux conducteurs de 75 ans et plus, l\u2019automne dernier, les méthodes d\u2019évaluation font toujours jaser tant les médecins, les conducteurs que leurs familles.Moyens controversés Au Canada, plusieurs moyens d\u2019évaluation ont été considérés lors d\u2019études portant sur la conduite automobile des aînés.L\u2019évaluation en cabinet, laquelle comprend le test d\u2019acuité visuelle, le dessin d\u2019une horloge et le compte à rebours a fait ses preuves, mais est considérée comme insuffisante aux yeux de plusieurs omnipraticiens.Au niveau des véritables examens de conduite, un test informatisé, sorte d\u2019écran virtuel avec volant, a été testé partout au pays.Plusieurs médecins ont toutefois noté que le manque de familiarité des aînés avec les ordinateurs, ajouté à la nervosité, pouvaient constituer des obstacles et influencer les résultats.Certains évaluateurs relevaient aussi le manque d\u2019acuité de l\u2019examen.Par ailleurs, le Dr David W.Irving notait, dans un article de Le médecin de famille canadien, qu\u2019il serait préférable de suivre les conducteurs évalués lors de déplacements quotidiens comme une visite au médecin, au club social ou à l\u2019épicerie, afin d\u2019avoir une véritable idée de leurs capacités dans une situation réelle.Développement social actualité culture une santé environnement dév.social économie/conso expression d\u2019une série d\u2019étapes qui visent, ultimement, la remise ou la révocation d\u2019un permis de conduire.«La SAAQ vérifie les rapports des médecins et nos évaluateurs voient si les résultats inscrits sont compatibles avec une conduite sécuritaire, dit-il.Des examens sur route peuvent êtres effectués par la suite pour avoir un avis plus précis, dans le cas où un demandeur aurait une condition physique particulière, comme l\u2019arthrite, qui pourrait nuire à sa conduite».Lors de cet examen, un moniteur et un ergothérapeute assistent le conducteur et vérifient sa capacité à appliquer les freins, ses réflexes et la vérification des angles morts.Alors que des solutions alternatives proposées aux personnes âgées, notamment le covoiturage, la marche ou encore les transports en commun font de plus en plus d\u2019adeptes, les rapports d\u2019accidents de la SAAQ démontrent que plusieurs aînés, qu\u2019ils se déplacent à pied ou à bicyclette, adoptent certains comportements dangereux.Ils ne tiennent entre autres pas compte de la signalisation routière, traversent entre les voitures stationnées et marchent en bordure de la chaussée dans le même sens que la circulation.«À pied ou au volant, la conduite des aînés doit être prise en main dès maintenant, croit la Dre Martine Tremblay.Les baby-boomers avancent en âge et nous nous retrouverons bientôt avec un fiasco sur les bras si ces comportements et attitudes persistent.» Nombre de conducteurs impliqués dans des accidents pour 1 000 titulaires d\u2019un permis de conduire selon l\u2019âge, de 2001 à 2006 Note : Tous les accidents avec dommages corporels et dommages matériels sont pris en compte.En 2006, le nombre de conducteurs impliqués dans les accidents pour 1 000 titulaires d\u2019un permis de conduire a diminué pour tous les groupes d\u2019âge.Source : http://www.saaq.gouv.qc.ca/prevention/bilan_routier_06/conducteurs_age.php Âge/Année 2001 2002 2003 2004 2005 2006 16 à 24 ans 87 93 96 96 98 95 55 à 64 ans 30 31 31 31 31 29 75 ans et + 35 37 37 35 33 32 L\u2019Itinéraire / 1er septembre 2008 23 24 L\u2019Itinéraire / 1er septembre 2008 Avant de rendre ses recommandations, cette commission doit saisir toute l\u2019ampleur de l\u2019itinérance et du regard que l\u2019on porte sur les personnes qui peuplent ce phénomène.C\u2019est un peu ce que nous proposent les quatre pairsaidantes, organisatrices du 12e Festival d\u2019expression de la rue (19-21 août dernier), qui ont fait parvenir une lettre ouverte dont nous présentons ici le texte intégral.Bonne rentrée! IAM la rue! «J\u2019habite dans la rue, ce qui fait de moi une personne des plus marginalisées aux yeux de la société.Pour faire de l\u2019argent, je quête\u2026 J\u2019ai des amis qui, eux, font du squeegee ou se prostituent\u2026 Bref, toute sorte de moyens qui permettent de survivre.C\u2019est pas toujours facile la rue.L\u2019hiver, quand il fait froid et que j\u2019veux dormir au chaud, je dors dans des dortoirs avec plein de monde que je ne connais même pas.J\u2019ai un chien aussi.C\u2019est mon meilleur ami.Des fois, je trouve que je lui fais plus attention qu\u2019à moi-même.Le problème c\u2019est que depuis un an, on interdit les chiens dans plusieurs parcs du centre-ville que j\u2019avais l\u2019habitude de fréquenter, et ça, ça me complique pas mal la vie.Il y a ben du monde qui ne comprend pas pourquoi je suis dans la rue, mais c\u2019est mon choix.N\u2019empêche qu\u2019on pourrait quand même me traiter comme un être humain.Des fois, j\u2019en vois pus le bout\u2026 Je suis rendu avec 10 000 $ de contraventions, la plupart pour des raisons ridicules, comme par exemple être assis trop longtemps sur un banc de parc.Mais c\u2019est comme ça, on me surveille tout le temps à cause de mon apparence.Ce ne serait pas ce qu\u2019on appelle de la discrimination?Comme si ce n\u2019était pas assez, on nous expulse des lieux publics pour nous éloigner du centre-ville et des ressources que nous utilisons depuis des années.Bref, c\u2019est de plus en plus difficile de faire attention à nous-mêmes.L\u2019autre jour, il y avait un spectacle que je voulais aller voir dans un festival, mais je n\u2019ai même pas pu y aller à cause de mon chien et de mon packsac.Au moins, il existe un festival où nous sommes les bienvenus, le Festival d\u2019expression de la rue, qui nous permet de nous impliquer et de nous sentir un peu plus acceptés.» Voilà ce qu\u2019on entend et constate tous les jours dans la rue en tant que pairsaidantes.Faut pas oublier que nous aussi, on l\u2019a déjà vécu, la rue.Le Collectif d\u2019intervention par les pairs, pour lequel on travaille, vise à offrir à ces jeunes un support, en plus de promouvoir la prévention des infections transmises par le sang et la réduction des méfaits reliés au mode de vie de la rue.On nous implique pour notre savoir expérientiel et cet été encore, on a organisé la 12e édition du Festival d\u2019expression de la rue (FER), le tout dernier des festivals de l\u2019été.Le thème de cette année est IAM la rue : Implication-Affirmation-Mobilisation parce qu\u2019on doit courir de plus en plus pour trouver tous ces jeunes qui ont toujours fait partie du paysage urbain, et surtout du centre-ville.Le Festival leur permet d\u2019avoir une place, de rencontrer également plusieurs ressources et de réaliser pleins d\u2019activités, culturelles et autres.Et puis, comme on dit, on pourra toujours se targuer d\u2019être le seul festival d\u2019été extérieur du centre-ville de Montréal qui n\u2019expulse pas les jeunes de la rue.Leila, Isa, Kim et Steph, les pairs-aidantes du Collectif d\u2019intervention par les pairs IAM la rue : Implication-Affirmation-Mobilisation Depuis un moment déjà, le Réseau d\u2019aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM) aborde les tensions qui existent dans la rue et dénonce le recours trop systématique à des mesures répressives pour traiter l\u2019occupation de l\u2019espace public.Dans le réseau de l\u2019itinérance montréalais, il se crée de plus en plus d\u2019activités et réflexions autour de la participation citoyenne et de la mobilisation des plus démuniEs.La commission parlementaire sur l\u2019itinérance que tiendra Québec à la fin du mois pourrait permettre de leur offrir une tribune et d\u2019améliorer leurs conditions de vie.INFO RA PSIM Le réseau d\u2019aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal.Tél.: 514 879-1949 www.rapsim.org L\u2019Itinéraire / 1er septembre 2008 25 Depuis près de 20 ans, le Groupe Part a changé la vie de plus d\u2019un millier de personnes aux prises avec la maladie mentale, en leur offrant un tremplin pour se reprendre en mains, sous la forme de trois projets d\u2019insertion socioprofessionnelle : un programme adapté d\u2019études secondaires, une formation professionnelle en cuisine et un projet d\u2019économie sociale créateur d\u2019emplois dans le domaine de la restauration.«Ce sont des gens qui veulent s\u2019en sortir», indique Chantal Roby, porte-parole du Groupe Part, à propos des participants.Avec un taux de réussite de 85 %, ces projets permettent à des individus qui avaient perdu tout contact avec la réalité de se replonger dans le quotidien, avec le soutien d\u2019une équipe d\u2019intervenants qui les aide à retrouver leur estime de soi.Par ailleurs, le Groupe s\u2019autofinance grâce à l\u2019exploitation de plusieurs restaurants d\u2019entreprise (en plus du Bistro Atrium sur le technopôle Angus) et d\u2019un service de traiteur.Une leçon de vie plus qu\u2019une école Chaque année, une cinquantaine de personnes participent à Part du chef, le programme de réinsertion professionnelle du Groupe Part.C\u2019est le cas de Franceska, 34 ans, maintenant employée comme aide de cuisine et vendeuse au comptoir dans l\u2019un des restaurants du Groupe : «Au début, j\u2019ai vécu des moments très difficiles d\u2019angoisse et de stress, je n\u2019arrivais pas à adopter un comportement normal.Puis, petit à petit, le projet a tempéré mes émotions.Pendant la formation, le pire exercice pour nous était celui du service à la clientèle\u2026 et c\u2019est le métier que j\u2019ai choisi de faire aujourd\u2019hui!» Sa réinsertion a marqué un tournant dans la vie de Franceska, qui n\u2019hésite pas à parler de renaissance : «J\u2019ai appris la persévérance.Avant, je pensais juste ne pas être capable.Et puis j\u2019ai réalisé que j\u2019y arrivais parfaitement.» Elle a ainsi repris confiance en ses moyens et en l\u2019avenir.«Il y a un an et demi, on m\u2019a posé la même question\u2026 je me suis mise à pleurer, dit-elle alors que je la questionne sur ses projets.Aujourd\u2019hui, vous me demandez ça et je suis capable de vous répondre.C\u2019est là que je vois le chemin parcouru!» «J\u2019apprends à fonctionner» Musicien depuis l\u2019enfance, Adam, 31 ans, était à la recherche d\u2019une autre vie.Il ne parvenait pas à s\u2019échapper de sa bulle, coupé des réalités du monde et prisonnier d\u2019un statut précaire.Diagnostiqué bipolaire, il avait besoin de regarder la vie sous un angle plus cartésien.«Dans la vie, les données concrètes écrasent le rêve.Alors, on décide de se réveiller et de se lancer dans l\u2019action, pour savoir qui on est face au monde extérieur.Et on découvre que ça n\u2019empêche en rien d\u2019augmenter le potentiel du rêve\u2026 Je mets la main à la pâte pour sauver ma musique.» Depuis septembre, Adam apprend à se lever tôt, à affronter les périodes de pointe en cuisine et il découvre l\u2019esprit d\u2019équipe, la productivité.«En fait, j\u2019apprends à fonctionner! » En cinq mois, la vie du musicien cuisinier, pour qui les deux métiers sont désormais compatibles, a fait un très grand pas en avant, grâce aux petits plats qu\u2019il prépare tous les matins : «J\u2019ai pu sortir de l\u2019ombre dans laquelle je m\u2019étais moi-même enfermé.» www.projetspart.ca / info@projetspart.ca Le grand pas des petits plats Carole Bertrand On a tous une vision déformée de la maladie mentale : ce cliché du «fou» spectaculaire.Le reste \u2014 ce que nous ne voyons pas \u2014 n\u2019existe pas.Pourtant, si pour nous elle est invisible, la maladie mentale devient aveuglante pour ceux qui en souffrent, masquant les choses les plus insignifiantes du quotidien, transformant tout en émotion pure.Elle ne laisse aucune place aux règles comportementales simples comme la discipline et le travail.Économie / consommation Adam, bipolaire, participe au programme de réinsertion professionnelle Part du chef Photo : Éric Carrière Depuis septembre, Adam apprend à se lever tôt, à affronter les périodes de pointe en cuisine et il découvre l\u2019esprit d\u2019équipe, la productivité.«En fait, j\u2019apprends à fonctionner!» 26 L\u2019Itinéraire / 1er septembre 2008 Vêtements équitables pour enfants Lilidom offre des vêtements certifiés équitables, en coton biologique, pour garçons et filles de 0 à 6 ans.Ces vêtements séduisent par leur coté mode et leur confort, et touchent par les messages véhiculés, ainsi que l\u2019aide concrète que leur geste apporte aux plus démunis dans les pays de l\u2019hémisphère sud.Lilidom vient combler un besoin essentiel, tout en suscitant une réelle satisfaction dans l\u2019achat grâce au respect des principes du commerce équitable et de l\u2019environnement.Les vêtements Lilidom sont fabriqués à partir de coton équitable et biologique en Inde, par Assisi garments, un organisme à but non lucratif situé au Tamil Nadu, dans le sud de l\u2019Inde.Assisi utilise le coton biologique à 100 %.Aujourd\u2019hui, Assisi compte plus de 200 employés, dont 130 femmes, et paie ses ouvrières 140 roupies (3,5$ CA ) par jour, alors que le salaire moyen dans l\u2019industrie est de 100 roupies (2,5$ CA ) par jour.(Source : lilidom.com ) Pyjama «Chic et Ethic» en velours de coton biologique et équitable Tee-shirt «Life Is Beautiful Respect Earth» en coton biologique et équitable Ensemble robe et cycliste « Pure Nature» blanc en coton biologique et équitable et spandex Baigneur «À la découverte d\u2019un meilleur monde» bleu pâle en coton biologique et équitable Économie / consommation actualité culture une santé environnement dév.social économie/conso expression Pourtant, au Québec, plus la science et le progrès font des pas en avant, plus nos conditions de vie se dégradent.Au cours des années 60 à 80, nous avions une âme, un projet social, qui n\u2019était pas nécessairement lié au Parti québécois.En effet, il y avait plusieurs autres orientations politiques dont, entre autres, le féminisme et le socialisme, qui se développaient parallèlement et dont on raconte très peu ou pas du tout l\u2019histoire dans les médias.Nous vivions dans un mouvement de socialisation après des années de noirceur sous notre fameux dictateur, Duplessis.Maintenant, nous vivons dans une régression sociale épouvantable, qui s\u2019accroît depuis des années, et ce, sans que nous bougions! Nos élus de toutes les allégeances politiques ont choisi depuis quelques décennies de placer la vie en deçà des profits malgré leurs discours de solidarité et d\u2019écologie.La rentabilité sauvage, immédiate et sans lendemain des vampires de l\u2019argent est leur commanditaire.Ils ont donc vendu notre âme au diable! Maintenant, les humains sont devenus, avec le temps et avec l\u2019aide des médias, une marchandise dérisoire qui doit acheter d\u2019autres marchandises aussi dérisoires pour être reconnue socialement.Désormais, le monde qui règne est celui des minéraux : l\u2019or et l\u2019argent.Mais ils ne sont malheureusement contrôlés que par quelques individus.La population a-t-elle encore le pouvoir de renverser la vapeur?Que revendiquer pour conclure?Pouvons-nous changer les choses par des élections, alors que notre système électoral n\u2019est déjà pas très démocratique?Devrions-nous inviter des moines tibétains afin qu\u2019ils nous réapprennent à vivre, à nous défendre pacifiquement ou à rebâtir de nous-mêmes une vraie solidarité sociale?Y a-t-il encore du respect pour la vie dans notre société?Hélène Ouellette Chroniqueuse de rue Une société qui prend soin de chaque composante de notre planète, aussi bien le monde animal, végétal que minéral \u2013 c\u2019était ainsi qu\u2019on classait les choses dans ma petite enfance \u2013, afin qu\u2019elles se développent dans des conditions favorables, est une société qui se respecte.Expression actualité culture une santé environnement dév.social économie/conso expression L e s c a m e l o t s s o n t d e s t r a v a i l l e u r s a u t o n o m e s q u i a c h è t e n t l e m a g a z i n e 1 $ e t l e r e v e n d e n t a u c o û t d e 2 $ .J\u2019aime la musique de Cameron De temps en temps, je rencontre des artistes sur mon lieu de vente.Si la plupart de mes clients font du travail de bureau pour des employeurs comme Desjardins ou Immigration Canada, certains n\u2019ont pas du tout ce profil.Récemment, j\u2019ai ainsi rencontré le chanteur «Cameron».Il est l\u2019un de mes clients réguliers et il m\u2019achète un exemplaire du magazine tous les quinze jours, sans exception.Il m\u2019a fait écouter sa chanson Musicienne de l\u2019âme et je l\u2019ai trouvée très bonne.La qualité de ce qu\u2019il fait était telle que je me croyais en train d\u2019écouter des artistes reconnus que je vois dans les émissions musicales.Il me fait donc plaisir d\u2019en parler pour en faire la promotion.Pour ceux qui aiment les styles de musique country ou blues, je suis sûr que vous adorerez ce qu\u2019il fait.J\u2019espère que mes clients pourront profiter d\u2019un bel automne à leur retour de vacances.Je leur souhaite d\u2019avoir autant de plaisir que j\u2019en ai dans mon travail, car j\u2019aime beaucoup mes clients.Un gros merci pour votre soutien sur mon lieu de vente.Gilles Bélanger Camelot, Complexe Desjardins /Guy Favreau, Jeanne-Mance/René-Lévesque Being thankful for what we have What does it mean to be thankful for something?Being close to family and friends.It can be being near your school, clinic, hospital and shopping area.To some, it can be to get a career going.To others, it could be living in a more suitable climate or a better home.Some might want to maintain their language, culture or belief.For somebody who\u2019s not living well, it can simply mean getting his or her piece of the cake and live quietly.It\u2019s important to hang around good people and take some good advice and be loved.To some, it might be just enjoying good health.Having the best of both worlds is as possible as we might be able to make it.Being accepted for what you are could be important to some.While for others it might be just to have food to eat.I\u2019m thankful to God that I have many of these things.Bill Economou Camelot, Marché Atwater Le luxe, qu\u2019est-ce que c\u2019est ?Le luxe est une chose à laquelle je n\u2019ai pas accès.Le confort est possible par contre en courant les bazars et les ventes de garage.On y trouve beaucoup d\u2019articles de seconde main en très bonne condition et à moindre coût.Quand mon transformateur de téléphone résidentiel a brûlé, j\u2019ai attendu et j\u2019ai trouvé un transformateur de téléphone usagé à 3$ au lieu de changer de téléphone comme plusieurs l\u2019auraient fait.Lorsque le silex de ma machine à café a brisé, j\u2019en ai trouvé un à 2$ dans une vente de garage.En passant, un silex de machine à café filtre se vend normalement le même prix que la machine au complet.J\u2019ai un téléviseur 10 pouces en noir et blanc qui capte tous les postes principaux sans nécessiter de câble (oui, le câble est un luxe pour certaines personnes).En plus, un voisin m\u2019a donné un téléviseur 20 pouces couleurs assez récent qui fonctionne aux canaux 2, 6, 10 et 12 sans câble.Je l\u2019en remercie grandement.Depuis le 1er juillet de cette année, j\u2019ai un ordinateur qui fonctionne.J\u2019en ai trouvé plusieurs autres et je suis venu à bout d\u2019en monter un moi-même.Il est peu puissant pour Internet, mais ça ne fait rien car ce service est gratuit à la bibliothèque.Ainsi, je peux écrire des textes à la maison en étant plus concentré.Beaucoup d\u2019entre nous jetons nos choux gras aux vidanges.Moi, je suis plutôt écologique.Je récupère et je répare si je le peux.Système D comme dans l\u2019armée.Salutations distinguées! Benoît Camelot, métro Radisson Expression / mots de camelots Après l\u2019itinérance, tout paraît luxueux Ayant été itinérant pendant une quinzaine d\u2019années et ayant connu l\u2019austérité tout au long de cette période-là, je pourrais qualifier ma vie actuelle de luxueuse.Par exemple, lorsque j\u2019étais itinérant, je pouvais manger en moyenne de cinq à six vrais repas par semaine.Aujourd\u2019hui, quand je le veux, je peux me payer le luxe de trois repas par jour.Autre luxe : avant, je fumais des mégots que je ramassais dans les cendriers, mais aujourd\u2019hui, je peux me payer des cigarettes, ce qui est pour moi un très grand luxe.Il y a beaucoup de choses comme cela que je n\u2019avais pas avant ou que je ne pouvais avoir et que j\u2019ai maintenant étant donné que je me suis mis à vendre régulièrement le journal L\u2019Itinéraire.Michel Côté Camelot, Pointe-aux-Trembles 28 L\u2019Itinéraire / 1er septembre 2008 Expression / mots de camelots Le luxe de la liberté Le luxe n\u2019est pas seulement rattaché aux voitures de prestige, aux bijoux ou encore aux hôtels cinq étoiles.Je considère que le luxe, c\u2019est aussi de pouvoir choisir ce que l\u2019on fait de sa journée, ce que l\u2019on fait de sa vie.J\u2019estime avoir le luxe de pouvoir choisir ce que je fais en me levant le matin.Si cela me tente d\u2019aller faire le tour de Montréal en vélo, alors je le fais.J\u2019ai le choix et le temps de faire plus ou moins ce qui me tente, contrairement aux gens qui vont travailler tous les matins.Mon luxe, c\u2019est d\u2019aller à la rencontre des animaux comme, par exemple, de toucher une tortue de Californie qui a été recueillie dans le parc-nature de la Pointe-aux-Prairies.Moi, quand je me retrouve avec cette tortue dans mes mains, ma journée est faite.Le luxe, c\u2019est de pouvoir prendre le temps de faire ce que l\u2019on aime.Chez moi, c\u2019est l\u2019écoute des bruits de la nature et des oiseaux qui m\u2019enrichit personnellement.Ça me fait du bien, ça me détend.Je trouverais ça difficile d\u2019aller travailler dans un bureau et de faire du «9 à 5».Si je travaillais de façon plus conventionnelle, je préférerais, et de loin, travailler dans la nature.Ainsi, pas besoin d\u2019être si riche pour s\u2019offrir du luxe.Quand je vends L\u2019itinéraire aux heures de pointe, je trouve les Montréalais fatigués par leur journée de travail.Comme ils n\u2019ont ni le temps ni la liberté de toujours s\u2019organiser comme ils le voudraient, ils ne peuvent même plus s\u2019offrir le luxe de lire tranquillement L\u2019Itinéraire\u2026 Heureux de ce que j\u2019ai aujourd\u2019hui Ce n\u2019est parce qu\u2019on reste dans un quartier défavorisé qu\u2019on est pauvre pour autant! Moi, j\u2019habite le quartier Hochelaga-Maisonneuve depuis 35 ans, mais je fais attention à mon image.Je suis loin de rouler sur l\u2019or, mais j\u2019aime beaucoup les bijoux et les parfums, alors je m\u2019arrange pour mettre de l\u2019argent de côté afin de me faire plaisir de temps en temps.L\u2019argent que je mettais dans la drogue et l\u2019alcool est désormais investi dans des choses plus essentielles, comme la nourriture, mais également dans des cadeaux que je réussis désormais à me faire.Je fais aussi des cadeaux aux personnes qui me sont proches.Avant, j\u2019étais trop gelé pour agir ainsi.Ce n\u2019est peut-être pas du luxe à proprement parler, mais aujourd\u2019hui, je me sens riche d\u2019être celui que je suis devenu.Et ça, c\u2019est un luxe que je me suis fait.Quand j\u2019ai arrêté de fumer, je me suis aussi permis de me payer davantage de petits luxes, comme des voyages en autobus pour aller voir ma famille en Outaouais ou visiter le zoo de Granby.De temps en temps, je vais Au Petit Extra, sur la rue Ontario.J\u2019y vais rarement, mais quand j\u2019y vais, c\u2019est la fête! Le gros luxe que j\u2019aimerais pouvoir m\u2019offrir, c\u2019est un Hummer.On m\u2019a dit qu\u2019il n\u2019est pas bon pour l\u2019environnement, mais je le trouve tellement beau que je ne peux m\u2019empêcher d\u2019y rêver.Je crois que le fait d\u2019avoir connu la rue et la pauvreté me fait apprécier davantage ce que j\u2019ai aujourd\u2019hui.J\u2019aime certains luxes, j\u2019ai des rêves, mais je suis avant tout heureux d\u2019avoir ce que j\u2019ai présentement.Maxime Camelot, métro Jarry et Fleury/De la Roche Richard T.Camelot, métro Place-des-Arts Ste-Catherine/St-Urbain actualité culture une santé environnement dév.social économie/conso expression actualité culture une santé environnement dév.social économie/conso expression My life\u2019s wealth I can say I like wealth because it feels good to have money.It\u2019s fun to buy things and to have nice things to eat.I wish I had the money to buy nice jewellery like crosses, rings, chains, gold watches, but we sometimes can do without these things, you know.I like wealth because it\u2019s not always easy not being able to buy things that you want from just about any store.Why do people go away learning that we need money to survive in this money-full world?I would like wealth to be in the hearts of all people all over the world.I would like wealth to be shared equally between all men and women.But that\u2019s not going to happen.I would like to have all the money in the world to myself, but I can\u2019t afford to see other people having nothing at all.Wealth is very important to a lot of people.But share it with a lot of people.\u201cShare it fairly, but don\u2019t take a slice of my pie\u201d say Pink Floyd in one of their song.But greed and hunger are wealth\u2019s down fall.We need to live with wealth or without it.Every escape we have in life\u2019s riches are also destruction and evil things that go through our mind every day, bad thoughts and good thoughts.It is very important for me to have wealth because I need to survive.I would honestly say I would need to have at least twenty million dollars to be very happy and to enjoy life to the fullest.Wealth isn\u2019t every thing but its sure helps! It\u2019s like an addiction that we have deep down inside, are lasting forever the love of money, the love of hope for a better tomorrow.Daniel Grady Camelot, Des Pins/St-Laurent Pour le Café sur la rue - Un mélangeur commercial - Des ramequins - Un petit frigo sans congélateur - Des tables à massage pour nos massothérapeutes Pour la distribution - Un appareil-photo numérique Pour le magazine - Deux licenses non utilisées du système d\u2019explotation Microsoft server 2003 R2 L\u2019Itinéraire / 1er septembre 2008 29 Sous le masque d\u2019un grand brûlé, René Bail était d\u2019une grande beauté intérieure.Il était également un créateur obsessif.L\u2019année dernière, peu avant de mourir d\u2019un cancer, il a présenté la version définitive de son film Les désoeuvrés, grâce à la collaboration du cinéaste Richard Brouillette.Ce film, après avoir été diffusé une première fois en 1959, est l\u2019un des premiers longs métrages réellement indépendants du Québec.Cinéaste, mélomane et fou de moto, René Bail a été brûlé au troisième degré sur 65% de son corps à la suite d\u2019un terrible accident de moto en 1972.À l\u2019hôpital pendant un an et demi, sans télévision, sans musique, face à lui-même, doté d\u2019une force intérieure inimaginable, il a réussi à se reconstruire, lui que l\u2019on condamnait à la mort.«J\u2019ai côtoyé René pendant cinq ans, de 2003 à 2007, pour pouvoir faire mon film.À ses côtés, j\u2019ai eu droit à une leçon de cinéma, en plus d\u2019une véritable leçon d\u2019humanité: malgré sa condition, il continuait à être passionné par la vie.Sa capacité d\u2019émerveillement m\u2019a impressionnée», m\u2019expliquait Pascale Ferland, en entrevue à la Cinémathèque québécoise, avant que son film ne fasse la clôture des derniers Rendez-vous du cinéma québécois en février dernier.Je me souviens m\u2019être entretenue avec ce cinéaste mythique, dans l\u2019entrée de la Cinémathèque québécoise, des problèmes techniques qu\u2019il avait rencontré pour terminer Les désoeuvrés.Pascale Ferland nous présente le fin technicien que j\u2019avais alors rencontré: Bail au travail, méticuleux, mais impatient devant les appareils modernes\u2026 En 1958, avant même l\u2019apparition du son synchrone, il avait synchronisé l\u2019ensemble de son film petit bout par petit bout.Il savait tout faire! Il développait ses films, prenait le son, le synchronisait et en faisait le montage.Bail avait trouvé une façon bien à lui de faire un film.Ses acteurs étaient ses amis et ses parents.Il utilisait des événements vécus puis en faisait une fiction qu\u2019il tournait à la façon d\u2019un documentaire.Chaque cinéaste digne de ce nom réinvente le cinéma.Bail le faisait à sa manière et Pascale Ferland l\u2019a fait à la sienne en le filmant en grands plans séquences, lentement, sans rien brusquer, en respectant l\u2019homme et le créateur qu\u2019elle avait devant elle; un peu à la manière du réalisateur français Alain Cavalier, dont les documentaires ont influencé la réalisatrice québécoise.L\u2019oeuvre de René Bail est majeure, car son regard était unique.Il méritait la place que lui reconnaissaient les Claude Jutra, Jean- Pierre Lefebvre, Jean-Claude Labrecque et Gilles Groulx de l\u2019époque.Le suicide?Il faut entendre René Bail répondre aux questions de Pascale Ferland.Défiguré et atteint d\u2019un cancer qui se généralise, pas question pour lui de passer à l\u2019acte.Jamais! Cet homme était un passionné et même la moto ne le quittera jamais, lui qui en gardait une dans son salon! Bail était un contemplatif de la vie et de la nature, un amoureux de la liberté.Peu avant de mourir, René Bail a pu voir le film sur son lit d\u2019hôpital et il s\u2019est trouvé beau, lui qui se trouvait laid depuis son accident.Pascale Ferland en est déjà à son troisième long métrage après L\u2019immortalité en fin de compte (2003) et L\u2019arbre aux branches coupées (2005), qui traitent de l\u2019obsession créatrice.Adagio pour un gars de bicycle boucle ainsi une trilogie avec ce portrait de René Bail, créateur obsédé.Adagio pour un gars de bicycle a clôturé les Rendez-vous du cinéma québécois 2008, à Montréal, et sera diffusé le 24 septembre 2008, à 20 h, au Studio d\u2019essai de la Coopérative Méduse de Québec.Visionnez la bande-annonce du film au www.quivivraverrafilms.com.«J\u2019ai côtoyé René pendant cinq ans, de 2003 à 2007, pour pouvoir faire mon film.Sa capacité d\u2019émerveillement m\u2019a impressionnée» \u2014 Pascale Ferland, à propos du cinéaste René Bail La réalisatrice Pascale Ferland Adagio pour un gars de bicycle Leçon de cinéma, leçon d\u2019humanité Pierre Goupil Journaliste de rue À la fois film documentaire et page importante de notre histoire du cinéma, Adagio pour un gars de bicycle nous présente René Bail (1931-2007), un cinéaste québécois emblématique.Ce troisième long métrage de Pascale Ferland nous fait découvrir cet homme très marginal dont la vie et l\u2019oeuvre sont extraordinaires.Expression Photo : Jérôme Savary 30 L\u2019Itinéraire / 1er septembre 2008 La corruption en Afrique et ici 1ère partie L\u2019Afrique est pauvre, et le restera encore longtemps, en raison de l\u2019absence de l\u2019État, qui a bradé ses immenses ressources naturelles, ses terres, ses services publics et des pans entiers de ses secteurs névralgiques à des étrangers qui, pour avoir reçu ces biens volés à la population, ont corrompu les élus et l\u2019élite locale en les gavant de pots-de-vin versés en catimini par l\u2019intermédiaire des paradis fiscaux.Par exemple, dans un excellent article de La Presse du 24 février 2007, signé Pascale Breton et intitulé «Une population pauvre dans un pays riche», on peut lire que : «La République démocratique du Congo est riche.Mais les infrastructures datent de l\u2019époque coloniale.Les hôpitaux ont été pillés.Plus de 80% de la population vit dans l\u2019extrême pauvreté.L\u2019école coûte cher.Beaucoup d\u2019enfants ne savent ni lire ni écrire.Dans les classes, il n\u2019y a pas de manuels scolaires.Les enfants sont assis sur le sol.Au lieu de fréquenter l\u2019école, beaucoup d\u2019enfants passent leurs journées à charroyer du bois, du charbon, etc.» Tout le contraire de ce qui se passe à Cuba.Mais au Congo, les profiteurs et les faiseux de tous poils nous disent que les exploités sont libres, que c\u2019est un pays démocratique où l\u2019on applique les règles de l\u2019économie de marché et de la libre entreprise et ils peuvent ainsi opérer sans aucune entrave bureaucratique.À faire vomir! N\u2019oublions pas que le Congo est un pays de 53 millions d\u2019habitants.Ce qui se passe au Congo est monnaie courante au Kenya, au Nigeria, en Angola, en Afrique du Sud, en Guinée équatoriale et ailleurs.Dans la revue annuelle Atlaséco 2006, publiée par le Nouvel Observateur en France et qui passe en revue la situation économique, politique et sociale de tous les pays du monde (un vrai petit bijou et une mine de renseignements utiles), on peut lire ceci à propos du Congo (ex-Zaïre) : «La grande richesse de ce pays a longtemps attiré les étrangers qui ont acheté à bas prix les diamants du Congo, son or, son cobalt.L\u2019est du pays est le fournisseur de plus de la moitié des ressources mondiales de coltan, un minerai très recherché par les compagnies de téléphone.Parmi ces entreprises, on compte America Mineral Fieds et Barrick Gold, qui bénéficient de l\u2019économie informelle du pays, au lieu d\u2019être taxées légalement afin que le Congo puisse contrôler ses ressources naturelles et engranger de meilleures recettes fiscales».Et on ne parle pas ici d\u2019une publication socialiste! L\u2019espérance de vie au Congo est de 45 ans, alors qu\u2019il est de 77 ans à Cuba.Mais, direz-vous, ils sont plus libres! Libres de quoi au juste?Je ne sais pas\u2026 Ils pourraient vivre peut-être plus longtemps, mais je suppose qu\u2019ils ont choisi librement de mourir plus jeunes! Atlaséco dit aussi que : «Le Congo possède des ressources naturelles d\u2019une richesse considérable» qu\u2019ils se font voler littéralement par des firmes étrangères et par des élus et des notables locaux.Voilà pourquoi la population vit dans une pauvreté extrême.Puis, pour la Guinée équatoriale, un autre pays riche en ressources naturelles, Atlaséco signale que : «L\u2019argent du pétrole est monopolisé par le clan présidentiel avec souvent le soutien direct de compagnies étrangères comme Exxon Mobil et Amerada Hess».À propos de l\u2019Américaine Exxon Mobil, la plus grande compagnie au monde, La Presse du 17 juin 2008 écrivait que : «La Cour suprême des États-Unis a validé une plainte aux droits de l\u2019homme contre le géant pétrolier Exxon Mobil concernant des exactions commises en Indonésie».Par ailleurs, dans un article du Journal de Montréal du 17 octobre 2006 intitulé : «Pétrole et pauvreté vont souvent de pair», on peut lire que : «L\u2019immense majorité des trois milliards de démunis de la planète vivent dans des pays disposant d\u2019importantes richesses pétrolières et minières ».Cherchez l\u2019erreur! Cette exploitation continuera tant que ces pays d\u2019Afrique ne porteront pas au pouvoir des gouvernements socialistes au service des intérêts supérieurs de la collectivité et non au service des élites locales et des compagnies étrangères qui les volent et les maintiennent dans la misère la plus abjecte, sans aucun service public.Il faut qu\u2019ils fassent comme l\u2019ont fait récemment la très grande majorité des pays d\u2019Amérique latine, qui se sont donné des gouvernements socialistes et qui ont nationalisé plusieurs secteurs économiques et leurs ressources naturelles.Ces nationalisations ont été bénéfiques pour l\u2019économie et ont permis à ces pays d\u2019investir des sommes considérables dans leurs services publics.Ils sont en train de mettre fin à des années de colonisation et de se libérer de l\u2019impérialisme américain.Pendant que les pays occidentaux prônent hypocritement le libreéchange et l\u2019économie de marché, l\u2019Organisation mondiale du commerce (OMC) nous dit, dans une étude dont l\u2019essentiel a été reproduit dans le journal Les Affaires du 9 septembre 2006, que : «Les pays les plus riches subventionnent le plus», ce qui nuit énormément aux pays pauvres en voie de développement et qui les maintient dans une situation de soumission la plus totale face aux pays occidentaux.Pourtant, l\u2019OMC est un organisme très à droite.Il faut que les pays pauvres se libèrent du joug de tous les pays occidentaux qui s\u2019enrichissent en exploitant les autres.Il faut mettre fin au colonialisme économique.Lisez l\u2019intégralité de cette chronique sur le www.itineraire.ca Léo-Paul Lauzon, professeur au département des sciences comptables et titulaire de la Chaire d\u2019études socio-économiques de l\u2019UQÀM Expression - Contes et comptes du prof Lauzon Joseph Kabila est président de la République démocratique du Congo (ex-Zaïre), où la corruption est encore très présente.Cette photo a été prise en Zambie en avril 2008, à l\u2019occasion des pourparlers suivant les élections tumultueuses du Zimbabwe.Photo : Reuters/siphiwe Sibeko Nous produisons de l\u2019avenir "]
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.