La presse, 28 janvier 1990, B. Sciences et techniques
[" Sciences i LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 28 JANVIER 1990 PHOTOS PIERRE McCANN.U Presse ¦'.La préparation des médicaments chez Merck-FrQsst se fait dans des conditions très rigides.Cépk qui portent des bâtbes doivent même couvrir cette partie de leur anatomie.L'équipement du laboratoire où travaillent YiHin Xiang et Nathalie Ouimet est des plus sophistiqué.Il devient difficile de différencier les hommes des femmes comme en témoigne la photo de Philippe Bçfîemare, qui prépare la PQÛçlre jaune.Uh nouveau medicament coûte 150 millions $ à produire RICHARD FORTIN n nouveau médicament coûterait, selon l'industrie pharmaceutique, autour de 150 mil-1 ions S, demanderait jusqu'à 100000 pages de documents et exigerait une douzaine d'années de travail.Ces chiffres donne une idée de la puissance de cette industrie et des moyens financiers dont elle dispose pour fabriquer et mettre en marché de nouveaux médicaments.Dans ce contexte, où se situe le 714-X.du controversé chercheur Gaston Naessens ?«Les scientifiques n'ont pas la prétention de tout savoir, concède Guy Saheb, responsable de l'application des normes gouvernementales chez Merck-Frosst, la plus importante compagnie pharmaceutique au Canada.Mais la mise du point d'un médicament est si complexe que les chances d'un Naessens de mettre au point un mpdicament efficace et non toxique sont infimes».Le 714-X' n'est pas un médicament 'certifié.Il ne satisfait pas aux normes du gouvernement canadien, et si les médecins ont le droit de l'utiliser sur une base individuelle, ils le font à leurs risques et périls.En cas de pépins, ils seront les seuls à être tenus responsables.Il est vrai cependant que leur patients n'ont en général plus aucun espoir de guérison.Selon la Direction générale de la protection de la santé (DGPS), responsable de l'examen de tous les médicaments commercialisés au Canada, le 714-X ne serait qu'une solution camphrée assez inoffensive dont l'efficacité n'est aucunement prouvée.Gaston Naessens a d'ailleurs rencontré il y a quelques semaines les représentants de la DGPS pour s'informer des mesures à prendre afin d'obtenir un avis de certification qui autoriserait la mise en marché du produit.Simplement, Naessens devrait disposer d'une fortune, se plier à toutes les exigences d'une des lois les plus sévères au monde pour soumettre une «présentation de drogue nouvelle» de plusieurs milliers de pages.À partir de ce moment, il lui faudrait attendre au moins deux ans la décision de la DGPS.En cas de verdict favorable, les compagnies pharmaceutiques se presseraient à sa porte, contrat en main, pour offrir leurs services.Après tout, les médicaments-miracles, capable de guérir les cancéreux en phase terminale, ne sont pas légion, n'est-ce pas?En un mot, la certification éventuelle du 714-X semble hautement improbable.Les chercheurs solitaires, de Rock Forest ou d'ailleurs, sont des anomalies.La science est une industrie milliardaire.L'histoire du Timoptic, un des Y- \u2022 Guy Saheb, responsable de l'application des normes gouvernementales chez Merck-Frosst.très rares médicaments utilisé universellement à avoir été développé entièrement à Montréal, fournit un exemple particulièrement éloquent des moyens mis en oeuvre pour obtenir un succès commercial.Le Timoptic, médicament le plus souvent utilisé dans le traitement du glaucome, est vendu dans 150 pays et a rapporté plus de $100 millions à Merck-Frosst en 1988.C'est en 1965, peu après que la multinationale Merck eut absorbé Frosst de Kirkland, à l'ouest de L'histoire du Timoptic, un des rares médicaments utilisé universellement à avoir été développé entièrement à Montréal, fournit un exemple particulièrement éloquent des moyens mis en oeuvre pour obtenir un succès commercial.photo ***** mccann u presse Montréal, que des chercheurs identifièrent une molécule agissant sur le rythme cardiaque.Ils en furent très étonnés puisqu'ils effectuaient une étude sur le système nerveux central sur lequel la substance n'avait aucune effet.Une molécule étant une sorte de puzzle constitué de bases chimiques (azote, souffre, chlore etc.) dont la disposition dans l'espace peut varier à l'infini, il restait à trouver les autres pièces et à les agencer correctement.Mais la piste, ils en étaient convaincus, était intéressante.Environ 2000 produits furent testés pour obtenir l'effet désiré, c'est-à-dire un médicament qui puisse empêcher l'adrénaline d'agir sur le coeur en accélérant le rythme des pulsations cardiaques (un béta-blo-quant).Cette substance, le Timolol, fut synthétisée au printemps 1967.Suivirent les tests sur les animaux, puis sur les humains et ce n'est qu'en 1973 que le «Bloca-dren» (nom commercial) obtint sa certification.Il existait déjà d'autres substances sur le marché pour traiter l'angine et l'hypertension.Le coup de génie (et de chance) fut d'appliquer le Timolol à un autre usage, c'est-à-dire au traitement du glaucome, qui résulte d'une pression élevée du liquide qui baigne l'intérieur de l'oeil.Nouveaux tests, nouveaux essais cliniques, nouvelles démarches auprès de la DGPS pour aboutir à la certification du Timoptic en 1978, 13 ans après le début des recherches.Le Timoptic, mis au point dans un petit laboratoire périphérique de la multinationale Merck, figure parmi les quinze produits les plus populaires de cette compagnie dont les ventes dans le monde ontjpresque atteint les six milliards S US en 1988.La genèse d'un médicament Tous les médicaments sont toxiques.Encore faut-il déterminer le niveau de toxicité acceptable.La loi canadienne est particulièrement tatillonne à ce sujet depuis la fameuse «bavure» de la thalidomide.Ce sédatif destiné aux femmes enceintes aurait fait 10000 victimes dans le monde, dont 115 au Canada.Soixante-dix bébés auraient survécu, handicapés pour la vie.Entre le 3 avril 1961 et le 2 mars 1962, la compagnie pharmaceutique américaine Richardson-Merrell a distribué 42^0 388 comprimés et en a expédié 2ÎG4 307 aux médecins en guise d'échantillon.Les États-Unis ont échappé à la catastrophe grâce à une réglementation plus serrée.Si le produit avait été testé sur des chiens, il aurait été interdit.Le DPGS oblige maintenant une expérimentation des nouvelles drogues chez deux espèces animales, généralement le rat et le chien.À TIRE-D'AILE .fi 7.Pour contrer les «attaques» de pics PIERRE CINCRAS i les pics sont parti-.*mtmmm culièrement pri-^T/fi^H ses des proprié-j M taires de man- I geoires, ces I oiseaux se font ¦BBrsseODB parfois d'irréductibles ennemis en perçant des trous où ils ne devraient pas.On convient volontiers que la vue de pics ajourant des murs n'est pas toujours divertissante, surtout quand les parois sont celles de nos maisons ou remises.Heureusement peu fréquent, le problème est loin d'être nouveau.Des revues spécialisées se sont déjà penchées sur la question, commente le président du Club d'ornithologie Marie-Victorin, dans le nord de Montréal, Robert Bonneau.Les conclusions?En dehors des «grand moyens», il y a peu de méthodes éprouvées contre les «attaques» de ces oiseaux dotés d'un redoutable vilebrequin.Par exemple, les répulsifs comme les hiboux en caoutchouc, les assiettes d'aluminium tintinabulant au vent, ou encore la diffusion de bruits enregistrés sur bande magnétique, ne donnent aucun résultat probant.En réalité, affirment les chercheurs américains qui ont étudié le sujet, seul un treillis en plastique ou en métal (genre broche à poule) suspendu au toit et tombant à une dizaine de centimètres du mur menacé, donne vraiment des résultats.Mais il faut admettre que cette parade est coûteuse, inesthétique, et difficile à appliquer.Il resterait donc à demander au Service canadien de la faune l'autorisation d'éliminer le vandale, ce que les circonstances justifieraient probablement.Un dicton veut toutefois qu'il vaut mieux prévenir que guérir, et si un pic manifeste un intérêt malsain pour le mur de votre chalet, efforcez-vous sans tarder de mettre l'oiseau en fuite dès son approche.Même procédé s'il semble se contenter de tambouriner pour délimiter son territoire.Enfin, quand il est trop tard et que les dégâts sont faits, on conseille de réparer ou d'obturer sommairement les orifices au plus tôt, car on croit que l'existence de trous attire d'autres pics.Le courrier.Crécerelle d'hiver à Montréal Un lecteur de la métropole, Pierre Verville, signale la présence d'une crécerelle d'Amérique dans le secteur des rues Beaubien et De Gaspé, à Montréal.Il demande si la présence en ville de cet oiseau à pareille époque est normale.Un autre lecteur veut savoir si la crécerelle, le plus petit de nos rapa-ces, s'attaque parfois aux tourterelles tristes.Quelques couples de crécerelles nichent annuellement dans la région de Montréal et il semble, selon les experts, que ces oiseaux-hivernent chez nous en se nourrissant notamment de moineaux.Quant à leur menu quotidien, il^ varie beaucoup selon les saisons.Durant l'été, ce rapace se nourrit surtout de gros insectes comme les sauterelles, de petits rongeurs, de petits oiseaux et parfois même de chauves-souris et de lézards.L'hiver, quand il hiverne sous nos latitudes, il se nourrit surtout d'oiseaux.Quand la situation se présente, la crécerelle s'empare notamment des chardonnerets jaunes, des étourneaux sansonnets, des ca-rouges, des alouettes et même des martinets.Les auteurs estiment que l'oiseau ne pourrait triompher d'un pigeon ou d'une tourterelle.Il n'en est pas moins possible que le prédateur entreprenne occasionnellement une tourterelle, ne serait-ce que pour l'intimider si elic traite l'autre en intrus.Jaseur boréal en vue Un lecteur de Montréal, Jean-Pierre Proulx, raconte qu'il a vu récemment une centaine de jaseurs boréaux au parc Cap Saint-|acques, dans une petite clairière appelée l'Anse-à-l'Orme, en face de la plage publique.Il ajoute que l'endroit est propice à l'observation des oiseaux, notamment pour les amateurs de ski de fond.Alberte Rémy signale aussi la présence de cet oiseaux à Chambly.Le jaseur boréal est une espèce de l'Ouest canadien qui nous rend visite à chaque hiver.Ce sont des oiseaux qui errent un peu partout dans la grande région métropolitaine et on en rencontre parfois plusieurs centaines à la fois, comme ce fut le cas l'hiver dernier au jardin botanique de Montréal.Trucs pour éloigner les moineaux l'ai mentionné à quelques reprises des trucs de lecteurs pour empêcher les moineaux de razzier les mangeoires.Denis Lamarre, de Saint-lean-sur-Richelieu, et Michel Roy, de Rcpentigny, mentionnent le succès obtenu en suspendant des fils autour de leur poste d'alimentation, variante d'une méthode dont nous avons parlé à quelques reprises dans cette chronique.De son côté, M.Lamarre suspend des fils colorés (du type servant aux transmissions téléphoniques) même autour des mangeoires en forme de maisonnettes.Quant à M.Roy, il suggère de fabriquer un petit module à l'aide de cintres d'où pendront des fils destinés à éloigner les intrus.«L'utilisation de cordes pour empêcher les moineaux d'approcher des mangeoires n'est pas nouvelle, mais le principe du module en cintres est peut-être moins répandu» écrit-il.Son truc s'est révélé efficace à 100 p.cent.Les tiges de fer d'une quarantaine de centimètres (21 pouces) de longueur sont liées au centre où est suspendue la mangeoire.Les fils pendent à 10 cms de la mangeoire (3 pouces), comme le montre la photo ci-dessous, et on les tend en les lestant d'un petit poids à leur extrémité.Le carnet d'observation en page B 4 VOIR UN NOUVEAU EN B 4 ¦ - » » « « » i \u2022f - f j 1 &2 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 28 JANVIER 1990 la Editorial Paul Desmarais president du conseil d administration Roger D.Landry president et éditeur Claude Maison éditeur adjoint Marcel Desjardins directeur de I information Alain Oubuc éditorialiste* o/r chef Existe-t-il un devoir d'ingérence?Cl est d'abord à propos de l'Afrique du Sud et des dénonciations de l'apartheid que s'est posée la question.La réponse des États qui ont condamné Pretoria pour son traitement de la population noire repose sur la conviction que l'ingérence est admissible quand un bien supérieur est en jeu.Admissible?C'est encore peu dire.Il y aurait véritable devoir d'ingérence quand la liberté doit être défendue.\u2022 Dans cette perspective, le président Bush n'a fait que son devoir quand il a envoyé son armée cueillir Noriega au Panama; les Russes auraient rempli une sainte mission s'ils étaient intervenus pour chasser Ceaucescu de Bucarest; les démocraties seraient justifiées d'intervenir en Birmanie pour en chasser la tyrannie qui y sévit.Si d'aventure les Khmers rouges reprenaient le pouvoir au Cambodge, le devoir des démocraties serait de les en chasser.Ce sont là pensées nouvelles et moeurs relativement nouvelles.Est-il nécessaire de rappeler que l'article 2 de la Charte des Nations unies déclare que la non-intervention est un élément fondamental des relations entre États?Une centaine de membres de l'ONU étant gouvernés par des dictatures, le devoir des États épris de liberté est-il de restituer le pouvoir aux peuples enchaînés, au prix, s'il le faut, de l'ingérence et de l'intervention armée?D'abord, une remarque d'ordre général.Comme il arrive si souvent * l'ère des communications rapides, une question soulevée dans un lieu est vite reprise ailleurs.Ce sont quelques ministres du gouvernement français qui ont d abord demandé un débat sur le «devoir d'ingérence».Puis, il y a quelques jours, la presse américaine, dans l'optique propre aux États-Unis, par* ticipait au débat et apportait ses réponses.Il y a d'abord une forme d'ingérence qui ne soulève aucun problème: c'est celle qui pousse des tiers à organiser des secours dans un pays étranger pour soulager des sinistrés, der.affamés, des victimes de guerres ou de cataclysmes.Ces actions sont éminemment louables.Certains pays affichent plu; de zèle que d'autres, surtout quand il s'agit de payer de si personne.Mais l'ingérence peut tourner à l'intervention et même à l'intervention armée.Ce qui, à première vue, paraissait limpide devient soudain opaque.L'opération lancée par le président Bush contre Noriega s'appelait «juste cause».Et pourquoi pas?Noriega n'est pas défendable.Cependant, il avait été «l'élève» de Bush et de la CIA.Manuel Noriega est un agent de Washington qui a mal tourné.Bush punit l'un de ses employés.Nous voilà loin des grands principes.L'administration américaine avait été moins sévère pour Duvalier, dont la vie ne peut être donnée en modèle.Au nom des intérêts supérieurs de la morale, l'administration Bush inter-viendra-t-elle demain au Nicaragua, en Colombie, au Pérou?Il n'est pas nécessaire de remuer longuement le liquide pour voir remonter des impuretés.Le Canada en a fait lui-même l'expérience avec l'Afrique du Sud.Exaspéré par les attaqués incessantes d'Ottawa, le gouvernement de Pretoria a appelé les Indiens comme témoins à charge contre le gouvernement canadien.Nul, hélas I n'est au-dessus de tout soupçon.Certaines situations sont tellement iniques que la simple morale commande une réaction.Pour fonder un droit nouveau il faudra des critères.Quels sont-ils?La Chine reste-t-elle impunie parce qu'elle est une grande puissance ou que les intérêts d'autres États puissants commandent qu'on oublie les massacres de juin dernier?L'admettre, c'est ouvrir la porte à l'arbitraire.Devoir d'ingérence, oui.Mais qui peut l'exercer dans des conditions idéales?En l'absence d'une autorité supranationnale et même d'un gouvernement mondial disposant d'une force armée, les grands vont continuer d'avancer et les petits vont continuer de suivre.Mais les intérêts des grands ne sort pas nécessairement ceux de moindres qu'eux.Guy CORMIER Un cas d'euthanasie?L'émission «Le Point» du \\1 janvier, à Radio-Canada, sur la délicate question de l'euthanasie, a provoqué chez nos lecteurs de nom-m breux commentaires.Nous publions quelques-unes des .lettres reçues.omme de nombreux téléspectateurs à qui j'ai eu l'occasion de parler, j ai été horrifié par les propos véhiculés à l'émission Le Point de Radio-Canada le jeudi 11 janvier.Une infirmière de l'hôpital Notre-Dame de Montréal, dont nous devons louer la conscience, nous apprenait qu'on y avait délibérément laissé mourir un bébé de cinq mois, fortement handicapé, en le privant de nourriture.\u2022 Tous ont été particulièrement horrifiés par les tentatives d'ex- (lications d'un médecin de cet ôpital.Froid, insensible, ce médecin n'a à aucun moment, témoigné la moindre sympathie envers le petit être sans défense à qui on a fait subir un traitement atroce.Au contraire, à l'objection de M.Durivage, l'animateur de cette émission, qui faisait remarquer «qu'on ne fait pas cela aux chiens», il a répliqué qu'on avait peut-être commis Terreur d'avoir donné de l'eau à l'enfant.Évidemment, il serait mort en moins de sept semaines, mais le supplice aurait été encore plus cruel.Ce médecin qui semble avoir oublié son serment d'Hippocra-te, s'est lancé sur la voie d'évite-ment en prétendant qu'on n'est pas obligé d'utiliser tous les moyens que la technologie met à la disposition des médecins pour maintenir une personne en vie.Or, il y a un monde entre «débrancher» un mourant et tuer une personne à petit feu, un monde entre cesser un traitement artificiel et sophistiqué et priver quelqu'un des services élémentaires courants que sont l'eau et les trois repas quotidiens.Dès lors, comment accepter cette distinction que fait ledit médecin quand il affirme: «Nous ne I avons pas fait mourir, nous l'avons laissé mourir.» Piste dangereuse pour tous, s'il en est une.Le geste posé et la décision qui l'a suscité ont ceci de méprisable qu'en plus de faire subir à un petit être innocent un traitement atroce et cruel, ils ont donné priorité à une quelconque sélection proche parente de l'euthanasie.Germain NEPVEU Saint-Laurent ¦ Comment expliquer cette aberration?Ce décalage de conscience et de moralité entre la théorie et la pratique?On sait : fort bien que le sort du bon peuple, ses misères, ne sont pas une préoccupation des technocrates, mais l'ensensibilité poussée à ce niveau, je ne croyais pas cela possible, surtout chez nous, dans un pays dit civilisé.Ce gui est clair pour moi, c'est au'il faut parler ici de cruauté, e barbarie et de lâcheté.Tous ceux qui étaient au courant de cette histoire, tous ceux qui sont entrés dans la chambre de cet enfant martyr, tous ceux qui ont passé devant la porte de cette chambre et oui ont entendu pleurer de douleur ce bébé, sont coupables de cruauté, de barba- rie et de lâcheté.À l'instar des médecins nazis et de tous les bourreaux de l'histoire, ils se sont livrés à la torture et devraient être poursuivis devant un tribunal de justice.Plus encore, il ne s'agissait pas dans ce cas-là de «l'acte insensé d'un tireur fou» mais du geste délibéré de gens socialement favorisés et supposément responsables.Et ils le sont en effet : ils sont responsables d'avoir tiré sur un enfant à chaque seconde des sept semaines qu'a duré son agonie.le ne peux m'empècher de penser avec effroi que c'est entre ces mêmes mains que nous nous retrouvons tous comme patients, et que c'est à ces mêmes jugements auxquels sont soumis les femmes enceintes et leurs foetus.|e pense enfin à toutes les souffrances qu'on a fait subir à ce bébé malade, et je me dis qu'un être humain, bien vivant lui, a eu droit à encore moins de protection qu'un foetus.le me dis que cet enfant aurait dû mourir dans le ventre de sa mère, à l'abri des hommes, et de leur éthique.Louise LEBLANC écrivain Outremont ¦ Comment faut-il remercier M.Durivage?11 m'a appris quelque chose: l'être humain n'est pas autre chose qu'une belle bête! Mais oui ! Car quand mon chien est malade, il faut mettre fin à ses souffrances.si ma chatte a la gale, il faut la zigouiller Et, parait-il, c'est la même chose pour l'être humain: ma mère souffre du cancer, elle est en phase terminale, donnons-lui la piqûre de la mort.Mon fils, atteint du sida, n'en peut plus de vivre.allons-y pour l'euthanasie active.Surtout, contre l'euthanasie active n'invoquons pas de motifs religieux, puisque l'être humain n'est qu'un animal perfectionné, maitre de son corps et de sa vie! Dieu, Maitre de la vie?Voyons donc.Existe-t-il seulement?Le problème dont vous discutiez au programme Le Point vendredi soir dernier, n'est pas d'hier.Aujourd'hui pour y trouver une solution, on fait appel à la sensibilité pour fie pas dire la sensiblerie.Il y a plus de quarante ans, on parlait de «volontaire direct» et de «volontaire indirect».Personne n'a le droit de poser un geste qui cause directement la mort, parce que la vie n'appartient qu'à Dieu.Par contre, tout médecin PEUT et DOIT soulager un malade en état de souffrance, même si ce qu'il prescrit peut, à plus ou moins long terme, causer la mort.Ce que le médecin veut, c'est soulager la souffrance: volontaire direct; ce qu'il ne veut pas, c'est tuer le patient.Entre deux maux, le médecin choisit le moindre pour le bien-être de son patient.Ce n'est ni au médecin, ni au patient.ni à la famille du patient de déterminer l'heure de la mort.Croyez-moi.l'ai vu, j'ai soigné des patients en phase terminale qui sont morts dans la dignité et la sérénité et oui ont été pour tous ceux qui les approchaient Cette photo d'archives montre un des nombreux enfants qui, condamnés dès la naissance à une mort certaine à plus ou moins brève échéance, posent de sérieuses questions à la profession médicale et à la société en général.des modèles de courage et de grandeur.Demain, oi\\ ira plus loin dans l'euthanasie active.Tous les malades chroniques, tous ces handicapés, tous ces vieux, fau-dra-t-il les «euthanasier» parce qu'ils grèvent les budgets de l'Etat?AJine FRENETrE Montréal ¦ Il a été question à cette émission d'une petite fille mongolienne de cinq mois (avec trisomie 18) que l'on a laissé mourir de faim à l'hôpital Notre-Dame il y a deux ou trois ans.l'ai eu moi-même, à la même époque, un petit garçon mongolien avec plusieurs malformations à la bouche.L'enfant ne pouvait pas téter et a dû être gavé avec une sonde au moins deux mois.Quand je voyais le pédiatre s'évertuer à nourrir ce Cetit être hideux et mal formé, andicapé pour la vie, je ne pouvais m'empècher de souhaiter qu'on lui fasse une piqûre pour 1 endormir pour toujours et sans souffrances.Bien sûr, je ne l'ai pas dit puisque ça ne se fait pas.Mais jamais, ni mon mari ni moi n'aurions pensé le laisser mourir de faim! C'est absolument abominable et on ne ferait pas ça à un chien! Nous avons confié notre bébé aux Services sociaux pour le faire adopter à l'âge de deux mois.Le CSSMM a attendu dix-huit mois avant de nous faire signer le consentement à l'adoption et le placer dans une famille adoptive qui était prête à l'accueillir depuis longtemps déjà.Mais, entre temps, le bébé s'était atttach\\ à sa famille et les parents acîop-tifs n'en ont plus voulu.C'était déjà trop tard pour une adoption.Il va donc devoir passer sa vie dans les Services sociaux \u2014 triste réalité de notre système.Cécile GRAVEL Montréal Les explications de l'hôpital Notre-Dame Chef du département de pédiatrie de l'hôpital Notre-Dame de Montréal, le Dr Desgranges donne ici la version officielle de l'hôpital.MARIE-FRANÇOISE descran ers.m.d.m 1 m'apparait important de ré-¦ tablir les faits dans leur juste perspective suite à l'entrevue anonyme donnée par une infirmière à l'émission Le Point du 11 janvier sur un soi-disant cas d'euthanasie survenu à l'hôpital Notre-Dame il y a 3 ans.Cette infirmière affirmait qu'on avait laissé un bébé, atteint de trisomie 18, mourir de faim et qu'on avait refusé de lui prodiguer les soins de base.Or, les faits sont tout autres.Les parents et les membres de l'équipe soignante, qui se sont occupés de cet enfant ou qui ont été consultés, pourraient vous confirmer ce qui suit.11 faut d'abord souligner que l'anomalie chromosomique sévère dont ce nouveau-né était porteur est incompatible avec la vie: 30% de ces bébés meurent le premier mois, 60% le deuxième mois et seulement 10% peuvent se rendent jusqu'à l'âge d'un an, rarement plus.Le retard mental de ceux qui survivent est alors très sévère.C'est ainsi qu'une fois le diagnostic établi après de nombreux tests et examens, les médecins, dont un généticien spécialiste de cette maladie, ont recommandé de limiter les moyens médicaux visant à prolonger la vie.En aucun temps n'a-t-il été recommandé ou décidé, par qui 3ue ce soit, d'écourter les jours e ce bébé en refusant de le nourrir ou de lui prodiguer les soins de base.En fait, cet enfant a été nourri le mieux possible pendant 7 mois, en faisant appel à une technique de gavage couramment utilisée chez les nouveau-nés qui ne peuvent absorber le fait de façon habituelle, ou en le nourrissant, bien qu'avec difficulté, en aliment solide à la cueillère.Quand, au bout de 7 mois, le bébé a commencé à vomir continuellement, à s'étouffer avec ses sécrétions et à ne tolérer que de l'eau sucrée, l'équipe médicale et les parents se sont réunis et ont dû faire face aux 3 options suivantes, toutes aussi difficiles les unes que les autres: \u2014 des mesures exceptionnelles sous forme d'alimentation intraveineuse périphérique ou par dissection d'une veine pour permettre au nourrisson de vivre peut-être plus longtemps, bien qu'il ait été voué à la mort à brève échéance.C'est sans aucun doute ce qu'on appellerait, et à juste titre, de l'acharnement thérapeutique; \u2014 l'euthanasie en provoquant la mort de façon délibérée, ce qu'à mon avis aucun être humain \u2014 et à plus forte raison un médecin \u2014 n'a le droit de faire; \u2014 la troisième option, celle qui a été retenue, a consisté à s'abstenir d'employer des techniques médicales ou chirurgicales qui auraient permis de prolonger une vie dont la qualité et la longévité auraient été de toute évidence extrêmement réduites.Contrairement à ce qui a été dit, cet enfant n'a pas montré de signes de souffrance ininterrompus pendant 7 semaines.À chaque fois qu'il pourrait être interprété que le bébé souffrait, des analgésiques à doses thérapeutiques lui ont été administrés.D'autres soins, comme essayer de le faire boire, lui donner des soins de bouche, le bercer, lui donner des soins d'hygiène, lui mettre de la musique, lui ont été continuellement prodigués par ses parents et les infirmières soignantes.Croyez-moi, ce nourrisson a reçu tous les soins possibles dans les circonstances et il a constamment été entouré d'attention et d'affection.Nous avions en fait à prendre une décision dans des conditions où il n'y avait pas de solution idéale.De façon professionnelle et dans le plus grand respect de la vie, nous avons choisi la solution qui nous semblait la meilleure.On peut toutefois comprendre que de tels cas de conscience puissent donner lieu à des points de vue différents.Cela ne devrait cependant pas permettre à quiconque de juger des parents et une équipe médicale dont l'unique motivation aété le bien-être et l'intérêt de cet en*, rant.' | En définitive, on ne peut c\\uç regretter qu'un débat d une pontée aussi grande ait été engagé à partir d'un exposé et d'une interprétation aussi personnels et incomplets des faits.Ceux et particulièrement celles qui se sont dévoués avec affection pendant dé longs mois au chevet de ce bébé ont également souffert de ces événements récents et cela est fort regrettable.i I : il M : l 1 l I I LA PRESSE.MONTRÉAL.DIMANCHE 28 JANVIER 1990 B3 SUR LA SCÈNE DE L'ACTUALITÉ SEMAINE DU 28 JANVIER 1990 « \u2022 \u2022\u2022 La personnalité de la semaine Cette étudiante de 22 ans a remporté le Concours mondial d'affiche de VUnesco pour VAnnée de Valphabétisation i, i ».% .\u2022 \u2022 » * \u2022 - i * i i.« \u2022H \u2022 « HSDHARD FORTIN a Personnalité de la semaine de La Presse, Isabelle Côté.22 ans.a remporté le 15 février 1989 le Concours mondial d'affiche organisé par l'Unesco pour illustrer les difficultés d'apprentissage de la lecture en pré-\"vîsiôn de l'Année internationale -de l'alphabétisation (AIA), qui se tient cette année.% La jeune femme n'en a tiré aucune gloire au Canada puisque l'événement, considérable, y est passé pratiquement inaperçu.x ;Qu'a-t-elle gagné au juste?Un jte(irt séjour à Paris (elle étudie à Lausanne, en Suisse), des félici-; titrions officielles, une photogra-' jnjê en compagnie du directeur *d£»lfL)nescô sur un fond de tour para, et une certaine rèconnais-xsânée de ses camarades de l'Éco- je* cantonale d'art de Lausanne.'^Pas un sou et pas même le ; depuis 29 ans à l'école Saint-l Bernardin de Montréal.«Les 'campagnes de dénigrement [ ont'enlevé aux enseignants le I goût d'être des apôtres de l'en-; seignement.Ils comptent leurs \u2022 minutes maintenant, parce ; que le gouvernement le fait, et > les directeurs d'école le font!» i.J Pour atténuer les effets de ! l'épuisement et du vieillisse-; ment, la CEQ et le gouverne-i ment viennent de s'entendre ; pour donner aux enseignants ?« la possibilité de prendre une \\ retraite progressive.On songe ; aussi, mais c'est un dossier plus complexe, à libérer les professeurs plus expérimentés d'une ; partie de leur tâche d'ensei-i ghement pour leur confier des tâches plus stimulantes, par I exemple, la supervision des en-' seignants débutants.Mais le problème du vieillissement du corps enseignant est ! plus complexe que le simple ; épujsement des professeurs en fin de carrière.\u2022 V Des jeunes épuisés D'abord parce que l'épuise- ment n'est pas le propre des vieux professeurs.«On rencontre des jeunes qui sont déjà épuisés, parce qu'ils dont désillusionnés, déçus.À 30 ans, ils sont écoeurés», confie Monique Dansereau, responsable du programme d'aide au personnel de la CECM.Ensuite parce que tous les enseignants de 50 et 60 ans ne sont pas au bout de leur rouleau, loin de là.Beaucoup sont encore dynamiques et compétents.Leur âge.loin d'être un handicap, est un atout.«Ils sont essoufflés, c'est vrai, on les verra moins dans les activités parascolaires, c'est vrai, mais ce sont des gens d'expérience qui donnent une éducation de qualité», affirme Mme Adrienne Brasseur, directrice de l'école Sainte-Colette de la CECM.« Face au nouveau défi montréalais, au multiculturalisme, à la violence, heureusement qu'on peut s'appuyer sur du personnel mature.Il y a des situations qui ne seraient pas gérables par un jeune universitaire», renchérit Michel Hin-ton, directeur de l'école secondaire Joseph-Charbonneau.«Moi, je n'attends pas du tout ma retraite», affirme Mme Marcelle lolicoeur, 53 ans, enseignante depuis 33 ans.« |e me sens en pleine forme, et tant que je vais me sentir en forme, je vais enseigner! À l'école, je m'occupe d'un paquet de choses, et les jeunes qui me voient aller me demandent toujours quand je vais m'arrêter!» Les plus vieux professeurs seraient même, dans beaucoup de cas, plus disponibles que leurs cadets.« Il y a 15 ans, explique leannirte Folco, une enseignante de 52 ans, je tenais une maison, avec un mari et deux enfants, et j'étudiais deux soirs par semaine, l'étais bien plus fatiguée qu'aujourd'hui.l'ai moins de soucis, plus de sérénité, plus d'expérience».Pas de jeunes Le problème du vieillissement, ce n'est donc pas tellement que plusieurs professeurs vieillissent.C'est surtout que ne se greffent pas à eux, régulièrement, des enseignants plus jeunes.Des jeunes qui pourraient apporter des idées nouvelles, des valeurs nouvelles, et pousser sur ceux des vieux professeurs qui ont perdu le feu sacré.Des 25 000 titulaires du primaire, seulement 1 600 ont moins de 30 ans, alors que 9 700 ont 45 ans ou plus.Au secondaire, parmi les 5 700 professeurs de mathématiques et de sciences, seulement 1 000 ont moins de 40 ans.«Ça prend des jeunes de 23, 24 ans dans une école, parce qu'ils communiquent plus facilement avec les élèves», pense le directeur de l'École des métiers de l'automobile André Houle.«Les jeunes nous apportent les derniers développements en sciences», explique Marcel, Saucier, professeur de mathématiques à l'Académie Sainte-Thérèse, une école secondaire privée où au moins un quart des professeurs sont dans la vingtaine.«Ça nous aide, parce que ça nous pousse, mais par contre, de leur côté, ils apprennent avec nous qu'il faut qu'ils habillent leur spécialité, qu'ils mettent un peu de vernis à la matière qu'ils enseignent».S'il y a peu de professeurs dans la vingtaine dans les écoles, ce n'est pas parce que le métier n'intéresse pas les jeunes.En fait, les universités produisent chaque année de plus en plus d'enseignants (3 800 permis d'enseignement ont été émis l'an dernier).Mais parce que la clientèle scolaire est en baisse depuis plusieurs années, il n'y a pas d'em- ploi pour eux.Du moins, pas d'emploi à temps plein.Les jeunes font donc de la suppléance, du temps partiel.Pas pendant un an ou deux, mais souvent pendant cinq, six, sept ans.Ce qui fait qu'aujourd'hui, alors que le nombre de retraites augmente et que se présente enfin l'occasion de rajeunir le corps enseignant, les commissions scolaires n'embauchent pas des jeunes frais émoulus de l'université, mais des personnes de plus de 30 ans qui travaillent à temps partiel depuis déjà cinq, six ou sept ans.Dans une étude réalisée l'an dernier, une professionnelle du ministère de l'Éducation s'inquiétait de cette situation.«Pour diminuer l'âge moyen des enseignants, soulignait Mine Louise Pelletier, il faudrait pouvoir compter sur le fait qu'une forte proportion de personnes prenant les postes libérés par les enseignants plus âgés soit des jeunes terminant leurs études et non, tel qu'actuellement observé, des personnes âgées de plus de 30 et même de 35 ans».Cela se produira-t-il automatiquement, à mesure que le bassin de suppléants expérimenté s'épuisera, ou bien les commissions scolaires devraient-elles faire de la discrimination positive en faveur des plus jeunes?Cette dernière possibilité, que des bureaucrates ou des universitaires peuvent se permettre d'évoquer, est rejetée d'emblée par les gens du milieu.M.Robert Massé, directeur de la polyvalente Calixa-Laval-lée, explique que «quand tu as une personne de 32 ans qui fait de la suppléance dans ton école depuis dix ans, qui te donne satisfaction, tu te dis: \"Pour une fois que j'ai un contrat, je vais lui donner\"».?DEMAIN: La chasse aux professeurs d'université est ouvert Lévangéliste Billy Graham.Première visite de Billy Graham à Montréal JULES BÉLIVEAU i I y a beaucoup à parier que la venue de Billy Graham à Montréal, en juin prochain, constituera un événement d'importance que personne ne pourra ignorer.On sait que le plus connu des évangélistes américains (en tout cas le plus crédible et le plus prestigieux!) occupera sept soirs de suite, du 3 au 10 juin, un grand podium dressé sur le plancher du Forum de Montréal.Il y tiendra le micro chaque fois pendant quelque 45 minutes devant des auditoires pouvant atteindre 17000 personnes.Depuis qu'il a entrepris ses grandes croisades au début des années 50, Billy Graham a prêché dans de très nombreuses villes des États-Unis et du Canada anglais, en Europe occidentale et en Europe de l'Est, en Amérique latine, en Afrique et en Asie.Montréal est la seule ville majeure de l'Amérique du Nord où il n'a pas encore livré son message.Pour les dirigeants et les membres de$ Églises évangéli-ques au Québec, la «Mission Québec avec Billy Graham » est vue comme une occasion inespérée d'amener le plus grand nombre possible de Québécois à «choisir Christ comme leur sauveur personnel » et à grossir les rangs de \u2022 leurs dénominations religieuses.À chacune de ses prestations au Forum de Montréal, Billy Graham sera accompagné d'une chorale composée de quelque 1500 personnes.Le « preacher » s'adressera à la foule en anglais, mais chacune des phrases qu'il prononcera sera traduite au fur et à mesure en français.Un système d'interprétation simultané permettra par ailleurs d'entendre sa prédication dans six autres langues, dont l'italien, l'espagnol, le vietnamien et le chinois.Environ 300 communautés évangéliques québécoises, entre autres des Églises pentecô-tistes, baptistes et mennonites.participent à l'organisation de la Mission Québec avec Billy Graham.UNE MESSE POUR LES ARTISANS DES MEDIAS ¦ Le dimanche 4 février, à lOh, à l'église Saint-Pierre-Apôtre de Montréal, une messe sera célébrée en présence de plusieurs personnalités du spectacle et artisans des médias d'information.C'est la deuxième fois que le Dimanche des communications est ainsi souligné à Montréal.Le slogan de cette année, «Des ondes de coeur», fait appel à l'établissement de liens fraternels entre artistes, artisans des médias et consommateurs de spectacles et d'informations.L'abbé Roland Leclerc, bierj connu dans le monde de la télévision, présidera la célébration de la messe, à laquelle participeront par le chant, la musique, la parole ou le geste notamment les artisans des médias et artistes suivants; Ginette Reno, Roger D.Landry, Denise Bombardier, Serge Tur-geon, Juliette Huot, Andrée Lachapellc, Pierre Brun'eau, Annick Bissonnette, Louis Ro-bitaille, Marguerite Biais et Danielle Oderra.On y présentera une gestuelle liturgique créée par le chorégraphe Fer-nand Nault sur le psaume 111.mis en musique par le jeune compositeur Karl Hugo Vande Kerckhove.Les dons recueillis à cette occasion seront remis au téléthon de la paralysie cérébrale.La célébration sera transmise en direct par la télévision de Radio-Canada dans le cadre de l'émission «Le jour du Seigneur».UNE VISITE DANS UN TEMPLE SIKH \u2022 ¦ Les sikhs, vous connaissez?Une bonne occasion est offerte aux personnes désirant se plonger dans l'esprit de la culture sikh en participant à une cérémonie religieuse, aujourd'hui, au Gurdwara (temple) de Lachine, 1090, boulevard Saint-Joseph, à Lachine.Cette cérémonie, qui aura lieu de 11h45 à 14h, sera rythmée par des chants, des pièces musicales indiennes et des prières.Elle sera suivie d'un repas léger et d'un échange (en an; glais) avec les invités.Il faut retenir que le hommes et les femmes doivent se couvrir la tête d'un foulard pour entrer dans un temple sikh.Les hôtes sikhs se feront un plaisir de prêter un foulard aux personnes qui auront oublie le leur.C'est le Centre interculturel Monchanin qui a organisé cet: te visite dans un temple sikh.LES BONS DIABLES SONT ENCORE SUR LEURS PATINS ¦ Les « Bons Diables», cette redoutable équipe de hockey composée de prêtres et de séminaristes du diocèse de Montréal, continuent pour une troisième année de faire gagner leur ciel aux intrépides qui osent les affronter dans divers arenas.Aux dernières nouvelles, la sainte équipe a disputé depuis le début de la présente saison sept matches.qu'elle n'a pas tous perdus.«Nous sommes meilleurs cette année!», clame toutefois avec un bel optimisme son gérant, l'abbé Jacques Papineau, par ailleurs curé de la paroisse Saint-Hippolyte de la belle ville de Saint-Laurent/ Aujourd'hui, les Bons Diables essayeront de faire expier leurs péchés aux Canadiens de la Fondation Rêves d'enfants à I6h30 à l'aréna de Ville Saint-Pierre.Les profits du massacre seront versés à la Fondation Rêves d'enfants.(Prix d'entrée: 4$ pour les adultes, 2$ pour les enfants de plus de cinq ans.) I * - \\ Le Monde 4 é i r * ¦ * LA PRESSE, MONTREAL, DIMANCHE 28 JANVIER 1990 B7 DEPECHES' * : ' YOUGOSLAVIE \u2022 > ?Appel ! ¦ Trois associations d'oppo-sition et des droits de \u2022 l'homme du Kosovo (sud* lest de la Yougoslavie) ont ; lancé hier à Pristina un ap- \u2022 pel à l'arrêt des violences 'dans cette province, et réclamé l'ouverture d'un dialogue en faveur d'élections libres.Cet appel intervient au lendemain d'une nouvelle vague d'affrontements entre policiers et manifestants albanais dans plusieurs villes de la province, soumise depuis février 1989 à dés mesures d'urgence.\u2022 \u2022 HONDURAS fnyestiture RLc nouveau président du onduras, le conservateur Rafael Leonardo Callejas, 46 ans, est entré officiellement en fonctions hier, succédant au libéral (ose Azco-na.M.Callejas, candidat du parti National, avait remporté les élections présidentielles du 26 novembre, battant son principal concurrent Carlos Flores, du Parti Libéral.L'objectif annoncé parle nouveau président est la modernisation du Honduras, pays qui est l'un des moins développés d'Amérique Latine et dans lequel la pauvreté touche la moitié des 4,3 millions d'habitants.ALLEMAGNE Opinion ¦L'ancien secrétaire d'Etat américain Henry, Kissinger estime que les Etats-Unis doivent soutenir une réunification de la RDA et de la RFA, même si tel n'est pas le souhait de Moscou, dans une interview qui doit être diffusée aujourd'hui par la chaîne de télévision NBC.«Le réve secret de l'URSS est que nous empêchions: cette réunification»., a estK mé l'a.clen responsable de la diplomatie américaine.M.Kissinger, qui est né en Bavière, a confié qu'il aurait été à titre personnel satisfait si la question de la réunification «ne s'était pas posée durant sa vie».: Nicaragua : d'après AFP MANAGUA H a principale candidate Hn de l'opposition à l'élection présidentielle du 25 février prochain au Nicaragua Mme Violetta Barrios de Chamorro, est placée en tête des intentions de vote par deux sondages, dont les résultats ont été publiés 'hier par le quotidien la Ptvhsa.Selon l'institut costari-çien Victor Borge y Asocia-dbs, la candidate de l'Union Nationale do l'Opposition ( UNO, coalition de 13 partisd'opposition); recueille 37 p.cent des intentions de .vote, contre 30 pc au président sortant Daniel Ortega, candidat du Front Sandinis-te'de*Libération Nationale (au pouvoir).s y ,Un sondage réalisé par la firme américaine Green-bcrç-Lake, dont les résultats avaient été publiés mercredi, créditait M.Ortega de 51 ; p.cent des intentions de vote, contre 24 p.cent à Mme Barrios, rappel le-t-on.Notons que le président Daniel Ortega avait affirmé vendredi que son gouvernement interdira Pcntrée dans le pays des observateurs officiels des États-Unis qui doivent surveiller le déroulement des élections du 25 février, tant que Washington «n'aura pas levé son embargo économique et cessé de soutenir les Contras».Pur ailleurs.M.Ortega avait estimé que les accusations de l'opposition selon \"laquelle son gouvernement prépare une fraude «gigantesque» sont «les raisonnements de ceux qui savent qu'ils vont perdre».| -L'institut vénézuélien Doxsa crédite pour sa part Mme Barrios de 41 p.cent - des intentions de vote, contre 33 p.cent à M.Ortega! Les deux sondages estiment à.30 p.cent des électeurs le nombre des indécis.L'épreuve de force se poursuit en Roumanie La manifestation prévue pour ce midi se déroulera en dépit de la mise en garde du pouvoir d'âpre* AFP et Renter BUCAREST Lt épreuve de force s'est pour suivie hier entre le pouvoir roumain et les partis d opposition, qui ont maintenu la manifestation prévue aujourd'hui à midi dans le centre de Bucarest en dépit de sévères mises en carde des autorités qui l'ont interdite.Au cours de quatre heures et demie de négociations avec les dirigeants des trois principaux partis, le président du Conseil du Front de Salut National (CFSN) Ion lliescu et le premier ministre Petre Roman ont tenté sans succès d'infléchir la position de leurs interlocuteurs.Les leaders du Parti National Paysan (PNP), Corneliu Coposu, du Parti Social-Démocrate ( PSD ), Sergiu Cunescu, et du Par ti National Libéral (PNL), Radu Campeanu ont pris part aux entretiens.MM.lliescu et Roman leur ont «conseillé de renoncer à la manifestation», a ajouté M.Campeanu, car, selon lui, «ilsont terriblement peur de la rue».Parallèlement à la manifestation de l'opposition, prévue place de la Victoire malgré l'interdiction de la municipalité, une contre-manifestation en faveur du CFSN est prévue non loin de là à la même heure.Elle a été organisée officiellement par le personnel de deux usines que M.lliescu a visitées jeudi et vendredi.Afin d'éviter d'éventuels incidents, les dirigeants des trois partis ont demandé aux responsables du CFSN d'assurer un service d'ordre renforcé.Ils souhaitent notamment que la manifestation de l'opposition soit encadrée par des cordons de policiers, a indiqué M.Campeanu.Dans un communiqué radiodiffusé hier soir, les trois partis soulignent qu'ils ne toléreront aucun acte de provocation et demandent aux manifestants de s'abstenir de consommer des boissons alcoolisées.«Nous n'allons pas nous laisser entraîner dans des actes de violence», ajoute le communiqué.Par ailleurs, le maire de Bucarest, Dan Petrescu, a lancé un avertissement aux partis qui passeraient outre à l'interdiction de manifester dans le centre-ville, car dans ce cas, «ils assumeront l'entière responsabilité de leur acte et de ses conséquences éventuelles».i: photo ap Le procès de quatre des principaux collaborateurs de Ceaucescu a débuté hier à Bucarest.Ci-haut Ion Dinca, premier vice-premier ministre sous Ceaucescu, de même que Manea Manescu (à droite).Les Azéris proposent l'ouverture des négociations contre le retrait des troupes d'après AFP et UPI MOSCOU La levée de l'état d'urgence à Bakou dépend entièrement de l'évolution de la situation, a affirmé hier l'adjoint au commandant de Bakou, le général Anatoli Kiriliouk cité par l'agence Tass, alors que le Front populaire a proposé l'ouverture de négociations contre la levée de l'état d'urgence.Selon un membre de la direction du Front populaire d'Azer- baidjan, le mouvement nationaliste de la république a proposé officiellement aux autorités soviétiques l'ouverture de négociations en échange d'un retrait des unités de l'armée soviétique.Selon M.loussef Samedoglu, joint par téléphone à Bakou, des négociations pourraient s'ouvrir entre le Front populaire et les autorités soviétiques dès le départ des soldats soviétiques, le mouvement s'engageant à maintenir l'ordre public dans la capitale azérie.Le texte de la proposition a été mis au point vendredi au cours d'une réunion du conseil du Front, un peu plus d'une semaine après l'entrée des troupes soviétiques à Bakou.Pour sa part, le général Kiriliouk a indiqué lors d'une conférence de presse donnée dans l'immeuble du comité central du Parti communiste dans la capitale azérie que «comme mesure de normalisation, il est prévu de réduire progressivement les heures de couvre-feu jusqu'à sa levée complète».Semaine importante pour Bush d'après AFP WASHINGTON Le président George Bush entame demain une semaine importante en envoyant au Congrès son budget pour le prochain exercice fiscal et en enchaînant mercredi soir avec son premier Message sur l'état de l'Union.C'est dans ce dernier, prononcé devant les deux chambres du Congrès réunies en session conjointe, cjue M.Bush définira ses objectifs pour les mois à venir.Le budget, lui, précisera les moyens financiers mis en oeuvre pour les réaliser.Les analystes de la scene politique washingtonienne s'attendent à un discours pragmatique, voire terre à terre.Le président n'a pas les talents oratoires de son prédécesseur Ronald Reagan et préfère le sérieux bien emballé aux grandes envolées lyriques.En outre, même si les États-Unis se félicitent de l'effondrement du communisme en Europe de l'Est, les perspectives sont trop incertaines pour céder au triomphalisme.La Maison Blanche n'a pas caché ces derniers jours son inquiétude à l'égard de l'avenir de Mikhaïl Gorbatchev et M.Bush a par deux fois affirmé avec force son espoir de voir le numéro un soviétique demeurer en place face aux difficultés qui l'assaillent, car c'est dans l'intérêt de l'Occident.George Bush Le grand débat en cours aux États-Unis est de savoir comment seront distribués les dividendes de la paix.Mais le gouvernement a déjà averti qu'il est encore trop tôt pour chiffrer ces dividendes, donc encore plus pour les répartir.À la demande de M.Bush, il est en train de mettre au point une nouvelle stratégie militaire qui permettra de réduire le fardeau de la Défense, mais elle ne sera prête qu'au printemps.Le budget du Fentagone donnera néanmoins une idée de l'orientation prise par les stratèges américains.Selon les fuites qui précèdent traditionnellement la sortie du budget, il sera de l'ordre de 303 milliards de dollars, soit une légère diminution en dollars constants par rapport à l'année en cours.En dépit de cette contraction, le Pentagone prévoit accroître d'un milliard de dollars environ les crédits de l'Initiative de Défense Stratégique qui seraient portés à 4,5 milliards de dollars.Dans le contexte actuel de désarmement, avec la perspective de conclusion d'accords en 1990 sur la réduction des forces conventionnelles aussi bien que sur les armements nucléaires stratégiques, on peut s'attendre à ce que le Congrès rejette cette augmentation et réduise au contraire le budget de la «guerre des étoiles», comme il l'avait fait l'an dernier.Car en réalité, le budget que le gouvernement fédéral adresse chaque année en janvier au Congrès ne ressemble guère à celui qu'adoptent les parlementaires durant les mois qui suivent.C'est d'autant plus vrai avec une présidence républicaine et des assemblées toutes deux largement dominées par les démocrates.i 3 Par ailleurs, dans d'autres régions de la republique, des tensions subsistent.À Hafton, à une vingtaine de kilomètres de la frontière iranienne, «cinq individus armés ont été tués, et quatre autres blessés lors d'une opération de l'armée contre des bandes armées», a indiqué Tass, ajoutant qu'au cours de cette opération 54 personnes ont été arrêtées et plus de 300 armes saisies.Un lieutenant de l'armée a été tué, a ajouté encore l'agence.D'autre part, le bilan des affrontements de Bakou s'élève depuis le 20 janvier à 125 morts dont 27 membres de l'armée et des forces de l'ordre, a annoncé hier le commandant militaire de la capitale de ('Azerbaïdjan, le général Vladimir Doubiniak, cité par l'agence Tass.Le dernier bilan faisait état de 98 morts.Tass fait état de nouvelles arrestations vendredi de «chefs terroristes» dans différentes villes.L'agence affirme «qu'un plan de militants du Front populaire pour prendre d'importants bâtiments administratifs et la prison de Bakou a été déjoué, (et que) plus d'un millier d'uniformes militaires et une quantité considérable de munitions ont été trouvés à l'état major du Front».Ls général Doubiniak indique qu'il n'y a pas eu «de sérieuse violation de l'ordre public» durant la nuit de vendredi à samedi à Bakou.Quelque 106 personnes ont été arrêtées pour violation du couvre-feu ou de règles administratives, a précisé l'officier dans son compte rendu quotidien diffusé par la radio locale et repris par l'agence soviétique.L'armée s'est retirée de la place centrale devant la maison du gouvernement \u2014 la place Lénine où se tiennent tous les grands rassemblements à Bakou \u2014 en raison d'une amélioration de la situation mais elle garde toujours le port et d'autres bâtiments officiels, ajoute 7ass.M.Mahomet Gatami, leader du groupe nationaliste « Milli Gutur-lush » ( libération nationale) a été arrêté à Bakou, accusé de violences inter-ethniques, ainsi que l'un des chefs du «Conseil national de défense», une émanation radicale du Front populaire azéri, M.Rakhmi Gadzhiyev, interpellé jeudi en compagnie de trois gardes du corps.Entre temps, le premier procès public de dignitaires du régime de Nicolae Ceausescu s'est ouvert hier à l'Académie militaire de Bucarest dans une salle transformée en tribunal.Emil Bobu, homme de confiance du couple Ceausescu, Tudor Postelnicu, ex-ministre de l'Intérieur, Ion Dinca, membre du Comité politique exécutif (bureau politique) et Manea Mânes* eu.vice-président du conseil d'État ( présidence de la républi- 3ue) sont accusés de «complicité e génocide».Le procès, présenté par le nouveau pouvoir comme le «Nuremberg roumain », est retransmis en direct par la télévision roumaine.Le public nombreux, dont la centaine de journalistes autorisés à assister aux débats, a dû se soumettre à de strictes mesures de sécurité.0 Lors de l'instruction, révèle d'entrée l'acte d'accusation, les quatre accusés ont reconnu leur culpabilité.L'acte d'accusation indique également que les affrontements, qui ont entraîné la chute du régime Ceausescu à la fin décembre, ont fait à Bucarest et dans les principales villes de province, 689 morts et l .200 blessés.' Il est cependant précisé dans l'acte que ces chiffres sont incomplets car ne tenant pas compte, des «nombreuses» personnes disparues.Il n'y a, à ce jour, pas de bilan officiel des affrontements,, et les chiffres les plus divers \u2014 de quelques centaines à 60000 \u2014 ont été, à un moment ou un autre, avancés par les officiels du nouveau régime.L'acte d'accusation, lu par le greffier, précise les responsabilités des accusés qui, par leurs fonc tions dans l'ancien régime, ont participé aux réunions du bureau politique du Parti communiste roumain tenues les 17 et 21 décembre derniers, au cours desquelles il a été décidé d'utiliser la force contre les manifestants.Les 4 accusés risquent la détention à vie ou les travaux forcés à perpétuité, la peine de mort ayant été abolie dans les premiers jours de la révolution.Le couple Ceausescu, reconnu coupable de «génocide», avait été condamné à mort et exécuté après un procès sommaire à huis clos qui avait entraîné de nombreuses critiques.La durée des débats n'est pas connue.Les témoins doivent être appelés à la barre à partir de demain.».\u2022 Les arrestatidris se poursuivent^ en Haïti i d'après AFP et Renter PORTA U-PRINCE .'»«' * le 27 décembre 1883 et son annexion à la ville de Montréal le 9 février _________ 1918, il s'est en effet passé moins de 35 ans.Les circonstances de son annexion sont bien connues des habitués de cette série.Comme on l'a déjà vu à l'article consacré au château Dufresne ( no 43 de cette série), la ville de Maisonneuve s'était placée en position financière difficile à cause d'un ambitieux programme de construction d'édifices publics sans commune mesure avec la capacité de payer de ses citoyens.Force est d'admettre cependant que cette «folie des grandeurs» permit aux citoyens de Maisonneuve de se doter d'édifices tout simplement remarquables.Parmi ces é-difices se trouve le bain Maisonneuve, qui fait l'objet de la présente étude architecturale.Mais auparavant, rappelons brieve-, ment les grandes lignes des 35 ans d'histoire de Maisonneuve.À l'origine, le territoire de Maisonneuve faisait partie de la ville d'Hochelaga, dont les limites allaient de l'axe de l'actuelle rue d'iberville au village de Pointe-aux-Trembles et du fleuve au chemin de la Côte-de-la-Visitation (actuel boulevard Rosemont).A cause de son incapacité d'assurer des services adéquats à ses citoyens, Ho-! chelaga décida de demander l'annexion à Montréal, laquelle se réalisa le 22 décembre 1883.Cette décision ne faisait pas le bonheur des grands propriétaires terriens et d'hommes d'affaires comme Joseph Barsalou, propriétaire de la savonnerie Barsalou, Alphonse Desjardins, propriétaire de la Montreal Terra-Cotta Co.Ltd., et Charles-Théodore Viau, de la biscuiterie Viau.À leur demande, le gouvernement du Québec décida le 27 décembre 1883 de créer une nouvelle ville du nom de Maisonneuve, en retirant des limites d'Hochelaga tout le territoire situé à l'est de l'avenue Bourbonnière.Grâce à des incitatifs d'ordre fiscal, la ville attira de nombreuses entreprises.Trois facteurs causèrent cependant sa perte: son développement trop rapide, le début de la Première Guerre mondiale, et surtout la construction d'édifices somptuaires et l'aménagement coûteux de grands parcs, décrétés par un trio célèbre composé du maire Alexandre Mi-chaud, élu en 1910, du conseiller Oscar Dufresne, et de l'ingénieur municipal Marius Dufresne, frère d'Oscar.En cinq ans, ces trois hommes et la conjoncture économique réussirent à rayer la «cité» de Maisonneuve (ainsi qu'elle s'appelait depuis 1912) de la carte; malgré l'élection du Parti de la réforme municipale du nouveau maire Lévie Tremblay en 1915, le mal était fait, et l'annexion eut lieu en 1918.Le bain Maisonneuve Le projet de construction d'un édifice qui abriterait un bain public et un gymnase commença à germer dans l'esprit de l'équipe Michaud-Dufresne dès 1911.Le projet initial était relativement modeste car on prévoyait des dépenses de 30000 $, comme en fait foi le règlement d'emprunt adopté à cet effet.Mais en fait la construction ne com- mença qu'à l'été de 1914 de commencer les travaux tion dé cet édifice et de ia «douiiio.re» (aujourd'hui, on dirait plutôt «salle de., chaudières») pour le chauffage du bain et du marché public qu'on construisait tout prés fut accordée par le conseil municipal* le 19 août 1914.L'acceptation finale dès travaux de l'entrepreneur gé- ' néral Théo Lessard fut signée .par Ma*, rius* Lessard le 15 décembre 1915.L autorisation-., .VjflU \"JL ¦ v ¦ - '\"-''w.- iix de construe- \u2022\u2022< - \u2022 ^ï^iiÉfcï^ ~ ¦.lai bouilloire» .^.^^fifc^SB^'-' .Il fall ut cependant attendre encore cinq mois avant de procéder à pnaugù-V.ration de l'édifice, retard imputable en grande partie au changement d'équipes à la direction de la ville.L'inauguration eut donc lieu le 17 mai 1916, lors d'une cérémonie présidée par le#maire blay, et à laquelle assistaient de.nombreuses personnalités, y compris Jéré-mie Décarie, secrétaire de'la province.L'Association de vesque de Montréal Papmeau, profita senter de nombreuses démonstrations.PHOTO VILLE DE MONTREAL Ct ROBERT NADON, L j Prase De tous Ite Mj^fees prestigieux construits à Maisonneuve au cours des années I9(0?îé'b^fîn jWaîsonneuve est le l set*! dont on n'ait soigné que la façade.Il faut dire que cette façon de faire était très populaire à Montréal à cette époque-là, car elle permettait évidemment de réaliser des economics.La façade flamboyante de style .Beaux-Arts est parfaitement symétrique et comprend cipq travées.Les trois travées du centré formentviin avant-corps j5p5J!£* qui s'éloigne de 7,1 pieds du corps de ; .bâtiment principal.Les marches en gra-?^ni^occupent toute la largeur de l'avant-If^'ccà^sTta travée centrale est très specta- Dubord.4 ;V K culaiçé-étest exhaussée de 4,7 pieds de \u2022 :\u2022 l'avant^cbrps.,Dans l'encadrement en - i plerreà.arç en plein cintre, avec conso- lé richement sculptée servant de clé de pilastre dorî-intéressante fontaine Alfred Laliber- Détail, travée La façade flamboyante de l'édifice se traduisit par une facture salée.Les documents officiels parlent d'un coût de 215000 $, sept fois les prévisions initiales.Mais l'article du quotidien Le Canada du 18 mai 1916 affirmait que les travaux avaient engendré des dépenses supérieures à 300000 $, sans cependant citer ses sources.L'architecte Le procès-verbal du conseil municipal du 3 juillet 1912 précise que le conseil a accepté les plans et devis préparés par Mr.Marius Dufresne, et autorisé le début des travaux par les employés de la Cité de Maisonneuve.Faut-il en conclure que Marius Dufresne, ingénieur et entrepreneur général, fut réellement l'architecte de cet édifice?Tous les documents officiels consultés attribuent la paternité de l'architecture de l'édifice à Dufresne, mais il ne serait pas étonnant que cet édifice à façade de style Beaux-Arts ait été plutôt dessiné par Wilfrid Vandal, un diplômé de l'École des Beaux-Arts de Paris.On a attribué à Dufresne les plans d'architecture de plusieurs édifices de Maisonneuve, mais à ce jour, on a découvert que les plans du marché public avaient été dessinés par Joseph-Cajetan Dufort, et que Vandal était l'auteur des plans d'architecture du château Dufres- lui-méme.Le bain Maisonneuve est construit sur un terrain de 112,5 pieds de largeur sur 142,5 de profondeur.Ce terrain est délimité par le boulevard Morgan à l'ouest, une ruelle au nord et à l'est, et le terrain voisin au sud.L'édifice comprend en fait deux parties.La partie de la piscine elle-même comprend un sous-sol, un rez-de-chaussée et un étage et elle mesure 86,5 pieds de largeur (sans compter l'avant-corps légèrement exhaussé de 1,8.pied dans chaque mur latéral ) sur 88,5 de profondeur, en incluant la colonnade de la façade mais non l'escalier qui déborde.Un deuxième corps de bâtiment de 81,5 pieds de largeur sur 30,2 de profondeur jouxte le premier à l'arrière.Ce bâtiment d'un seul niveau abrite la salle des chaudières.Il s'agit d'un bâtiment à charpente en béton armé.Trois matériaux ont été utilisés par l'architecte pour le revêtement: le granit de Stanstead pour les marches et la base, le calcaire de Pin?diana pour la façade et l'ornementation des trois autres murs, ainsi que la brique chamois (l'âge et la pollution lui ont imprégné une teinte beaucoup plus foncée qu'à l'origine) pour les trois autres murs.Le granit sert à démarquer le sous-sol.On notera la courbe taillée dans la pierre, à la base des murs et des socles des colonnes.Le mur nord du bain Maisonneuve té intitulé Les petits baigneurs devant un grand coquillage.Le verre des sections qui entourent la fontaine et l'imposte au-dessus est protégé par un grillage en acier formé de carreaux comprenant huit petits triangles chacun.De chaque côté de l'embrasure on remarque une paire de colonnes à tambour et légèrement galbées, couronnées par un chapiteau ionique très élaboré.Derrière ces colonnes se trouvent des pilastres a tambour couronnés par un chapiteau ionique.Les colonnes supportent un entablement portant le nom «MAISONNEUVE» encadré de deux panneaux ornementaux d'ordre ionique, et un fronton à tympan nu ornementé de modillons.Derrière le fronton et au-dessus du parapet se trouve un remarquable acrotère sculpté dans la pierre par Arthur Dubord et représentant un homme encadré de deux magnifiques chevaux.La travée qui complète l'avant-corps de chaque côté de la travée centrale reprend l'ordonnance architectonique de cette dernière: même embrasure, même protection en métal ouvré devant les ouvertures vitrées, même clé de voûte.La fontaine cède sa place à une porte à deux battants en bois.Dans l'entablement, on retrouve l'inscription «BAIN PUBLIC» à gauche, et «GYMNASE» à droite, et un panneau ornemental d'ordre ionique vers l'extérieur.Le parapet qui surmonte la corniche à modillons est formé de pierres carrées comprenant chacune huit minuscules ouvertures triangulaires, à la manière du métal ouvré plus bas.Dans l'axe des pilastres qui encadrent ces deux travées vers l'extérieur se trouvent deux autres oeuvres sculptées dans la pierre par Dubord, une naïade à gauche, et un gymnaste à droite.Soulignons que ces deux sculptures n'étaient pas prévues initialement puisque le contrat ne fut accordé à Dubord que le 3 novembre 1915.Le socle qu'on retrouve aux deux extrémités de l'escalier supportait jadis de magnifiques candélabres en bronze ouvré.Ces candélabres ont été enlevés à une date inconnue.Voyons maintenant la travée qu'on retrouve à chaque extrémité de la façade.Toutes les croisées y sont rectangulaires.Au sous^sol, on remarque un ensemble de trois .soupiraux rectangulaires et verticaux séparés par de larges meneaux, et celui du centre étant aussi large que les deux autres réunis.Au rez-de-chaussée, on \"Remarque des fenêtres de même largèifr que les soupiraux, mais plus hautes, étoiles sont protégées par le métal û^yré.'Quatre pilastres les encadrent et servent de meneaux.Une première corniche pyrmonte rentable- RENDEZ-VOUS 92 1992.350* ANNIVERSAIRE DE LA iowmïox m; mo\\tri:u ment de ces fenêtres, et une deuxième prolonge la corniche des trois autres travées.La travée de gauche comporte une plaque qui souligne la fin des tra- vaux.j t Les autres faces Les faces nord et sud sont similaires.Dans la partie de dix pieds de largeur la plus à l'ouest du mur, on remarque d'abord un ensemble de fenêtres similaire à celui de la dernière travée dé*la façade, au-dessus d'une porte de secours en métal.Dans le mur de brique oui suit, on remarque cinq travées équidis-tantes de fenêtres rectangulaires, a^ec linteau et seuil en calcaire.Chaque travée contient un ensemble de fenètresau rez-de-chaussée et à l'étage, et deux soupiraux au sous-sol.On remarque abssi un bandeau en pierre dans le prolongement de la corniche de la façade, et une corniche ornementale peu proéminente formée de briques disposées en escalier.Le mur arrière de la salle des chaudières ne comporte aucune ouverture, mais l'étage de la partie principale JHu bâtiment contient trois fenêtres et deux portes.Son utilisation Peu après l'annexion de Maisonneuve à Montréal, la ville décidait d'y installer l'école de la police.Cette dernière y resta de 1920 à 1960, pour ensuite;déménager au centre Maisonneuve (actuel centre Pierre-Charbonneau).*où elle demeura jusqu'en 1975.Depuis 1976, les candidats doivent suivre J le cours en technique policière offert 'par certains cégeps et faire un stage à l'Institut de police de Nicolet.* * Les fenêtres ont été changées lors des grandes réparations générales de 19Î8.Quant à l'intérieur, il a subi d'importantes rénovations en 1962 et en 1984.Il reste évidemment peu de choses #u bassin d'origine, qui mesurait 77 pieds sur 27, avec une profondeur variant de 2,5 à 9 pieds.- J Depuis le 10 octobre 1961, l'édifice porte le nom de centre Morgan, parce que la ville voulait éviter la confusion entre le bain Maisonneuve et le centre Maisonneuve qu'elle venait de construire rue Viau, et lui-même «débaptisé» depuis comme on l'a vu plus haut.En plus de la piscine, il abrite des locaux pour des personnes du troisième âge.sources: Atelier d'histoire Hochelaga-Maisonneuve: Passeport pour Hochelaga-Maisonneuve \u2022\u2014 cidçm-Communications, Collection «Pignon sur rue»: Le rêve industriel\u2014 Communauté urbaine de Montréal, Service de la planification du territoire: Répertoire d'architecture traditionnelle \u2022 Les édifices publics-, Tour toponymipue - L'est de l'île de Montréal\\ et «documents divers \u2014 Editions Libre Expression: Guide Montréal, par Cécile Grenier et Joshua Wolfe \u2014 linteau.André: Histoire de la ville de Maisonneuve \u2022 1883a 1918.4 ¦ :¦: ¦.\u2022 : \u2022 : |ÉÊ& y.hé >\u2022
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