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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
B. La Presse Plus
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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Références

La presse, 1990-03-17, Collections de BAnQ.

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[" * LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMED117 MARS 1990 Le Lac.quoi ?IN?Le Lac Meech est un vrai lac, avec des poissons et tout.Mais pour la drague, il y a mieux.vous y rompranez quelque ttassweziuous, irous .«w \u2022 .\u2022 euir PAUL ROY < qui est premier ministre rise I : ils sont assis au bar depuis une heure.De temps en temps, elle balaye la fumée et leurs regards se croisent.U ne l'a pas aperçue tout de suite.Mais là, il la voit très bien.Comment l'aborder?Quoi lui dire?«Lui demander du feu?Je ne fume pas.» qui est premier ministre du Qttébec.C'est l'impasse.Qu'à cela ne tienne, Trudeau se passera désormais de l'accord du Québec.La constitution, et la Charte des droits qui l'accompagne, sont signées en 1982 par Trudeau et neuf de ses 10 homologues.Les représentants élus des 6,5 millions de Québécois \u2014 le quart de la population dù Canada \u2014 sont exclus du processus.lit la vie continue, lusqu'en 1984 où, grâce à un appui massif du Québec, le conservateur Brian Mulroney est élu premier ministre du Canada.Il fait de la réconciliation nàtjonale une de ses priorité^.% Bouiij&a réagit'en invoquant la clause nonobstant (ou clause dérogatoire) de la constitution de 1982 et adopte la loi 178, interdisant l'affichage extérieur bilingue.Le Canada anglais ne le prend pas et l'opposition a Meech grandit.Rèhé Lévesque esjt toujours^: .> ¦ ' / \u2022 >'\t/., m /8P«?\tmm \u2022 * ' - ' OROITS RESERVES Craignant de se faire «passer un Québec», Wells se fait rabrouer par Mulroney MARCEL ADAM ierre Trudeau s'était mis à dos la plupart des premiers ministres provinciaux par sa façon hautaine et arrogante de traiter avec eux.Mais à ma connaissance il ne s'est jamais livré à une attaque personnelle aussi cinglante que celle à laquelle a eu droit cette semaine le premier ministre lerreneuvien de la part du premier ministre canadien.Quelques jours plus tôt, flairant que quelque chose se tramait dans son dos à la suite de déclarations de plusieurs politiciens à l'effet que des pourparlers se poursuivaient pour sauver l'Accord Meech, Clyde Wells avait fait comprendre qu'il n'était pas dupe en disant innocemment qu'il ne pouvait y avoir de négociations formelles pour briser l'impasse puisque ni lui ni ses conseillers n'ont été mis dans le coup, et qu'Ottawa ne saurait agir «dans son dos».Interrogé sur cette déclaration.Brian Mulroney a perdu toute retenue.Pour lui dire sur un ton coupant que ce n'est pas de ses affaires s'il décide de parler à un autre premier ministre et dans quelles circonstances, qu'il n'a pas d'excuses â lui offrir ni d'explications à lui donner.«S'il veut collaborer avec nous, tant mieux.Mais lorsqu'il essaie de donner des directives au premier ministre du Canada et au gouvernement fédéral et de limiter notre champ d'action.qu'il se mêle de ses oignons.Je vais procéder de la manière que l'intérêt national me le dicte, (e n'ai pas besoin qu'il me donne des conseils là-dessus.» |e n'ai pas souvenir que Pierre Trudeau, à son plus arrogant, se soit jamais adressé sur ce ton à un premier ministre provincial.Il pouvait être très mordant, voire même choquant dans sa manière d'avoir raison de ses homologues provinciaux, mais jamais ses attaques ne prenaient un ton personnel aussi insultant.Pas plus à l'endroit de René Lé-vesque qu'à l'égard du prédécesseur de Clyde Wells, Brian Peck-ford, qui ne cachait pas sa délestât ion de Trudeau.Le premier ministre Wells a fait preuve de plus de dignité dans sa réaction à cette rebuffade publique.Refusant de se laisser entraîner dans une querelle personnelle avec le premier mi-nistre du pays, il lui a rappelé poliment que vouloir être associé aux pourparlers constitutionnels de ses homologues c'est justement s'occuper de ses affaires, qui sont celles des habitants de Terre-Neuve.Et de déplorer avec raison que ce genre de remarque, inconvenant de la part du titulaire de cette fonction, dégrade le processus constitutionnel.Clyde Wells n'est pas l'homme le plus aimable qui soit.La force et la froide logique de son argumentation, son inflexibilité et sa superbe en font dans cette faune un être à part et spontanément antipathique malgré son impeccable courtoisie.Il saute aux yeux qu'il existe une inimitié personnelle et profonde entre lui et Mulroney.Elle a éclaté au grand jour lors de leur échange sur Meech, l'automne dernier, pendant la Conférence des premiers ministres sur l'économie.Après avoir fait une critique sévère de Meech, il s'était fait remettre à sa place sans ménagement, devant les caméras de la télévision, par le premier ministre Mulroney.Ce dernier s'était alors comporté exactement comme il avait reproché à Trudeau de se comporter avec ses homologues provinciaux.Et il allait comme lui se faire ennemi juré de l'homme qu'il avait publiquement humilié.Le ton particulièrement choquant utilisé cette semaine par Mulroney à l'endroit de Wells est difficile à justifier quand on lit les remarques formulées en termes sereins, auxquelles prétend répondre Mulroney.Mais on comprend mieux sa colère quand on se rappelle que samedi dernier Clyde Wells a malicieusement confronté Brian Mulroney avec ses écrits passés pour lui suggérer qu'il pourrait résoudre la crise actuelle s'il suivait ce qu'il proposait lui-même dans son livre intitulé Where l Stand.Dans cet ouvrage publié en 1983, avant la campagne qui allait le conduire à la tète du Parti conservateur, M.Mulroney disait que le pays se porterait mieux si les discussions constitutionnelles se faisaient en public plutôt qu'à huis clos.Et M.Wells, impitoyable, de lui rappeler ce passage qui le juge aujourd'hui et où il dit que «la preuve d'un grand leadership se fait quand on réussit à harmoniser différents points de vue, grâce â une déclaration éloquente et réfléchie rappelant les grands objectifs de la nation.» Les observateurs ont conclu de 1a violente réaction de Mulroney que le gouvernement fé- déral avait effectivement l'intention d'isoler Terre-Neuve des deux autres provinces ré-fractaires à l'Accord Meech.Cela afin d'obliger Clyde Wells â être logique avec son affirma-tion maintes fois répétée qu'une seule province (il pensait alors au Québec) ne pouvait faire échec à une réforme voulue par tous les autres gouvernements.v, Pour ma part j'avais constaté au début du mois, lors du colloque des amis du Lac Meech, à Winnipeg, qu'il y avait effectivement une stratégie consistant à isoler Clyde Wells.Il y a neuf ans, c'est le Québec qui était tenu à l'écart des tractations entre le fédéral et les neuf autres provinces en vue d'en arriver à son insu à un compromis acceptable à tous, sauf à lui.La raison \u2014 ou le prétexte \u2014 invoqué était à l'effet que le Québec, à cause de son inflexibilité idéologique, devait être mis à l'écart afin de briser l'impasse.Or voici qu'aujourd'hui Terre-Neuve a pris la place du Québec et que celui-ci est associé à l'opération de coulisse destinée à isoler cette province pour mieux la soumettre (car cette fois-ci l'accord ne pourrait être enchâssé sans l'unanimité).le ne porte pas de jugement moral sur la participation du Québec à une opération du genre de celle dont il avait lui-même fait les frais en 1981.le fais ce parallèle simplement pour montrer que l'Histoire se livre parfois à d'ironiques retour des choses.4 LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMED117 MARS 1990 Mus 03 .\u2022» Opinions Le printemps des ordinateurs JACOUES DUFRESNE collaboration spéciale ne heure d'écran, une heure de cosmos! Les premiers beaux jours du printemps donnent tout leur sens à cette maxime pour les temps post-modernes.L'écran cathodique, telle est, telle sera de plus en plus plus la forme nouvelle de la contrainte liée au travail.Par une journée grise et froide de janvier, l'écran, qu'il soit vert, jaune, comme le mien en ce moment, ou coloré, comment celui de la télévision, peut donner l'illusion de la vie: des formes s'y meuvent, il en sort une vague lumière; mais quand arrivent les premières corneilles, quand on éprouve le besoin d'ouvrir les fenêtres pour laisser entrer l'air ennivrant, quand.(il est difficile de continuer sur ce ton sans sombrer dans les clichés les plus fades, les moins printa-niers).Au printemps donc, il n'y a plus de doute possible: la mort est dans l'écran, la vraie vie est ailleurs.Les chats le comprennent bien avant nous; ils savent toujours où se percher pour savourer sans réserve les premiers moments enchanteurs.Soit dit en passant, les chats s'intéressent à tout ce qui vit, à tout ce qui bouge, et je n'ai jamais vu un chat, ni un chien d'ailleurs, manifester la moindre curiosité pour ce qui se passe dans un écran cathodique.Ce qui m'amène à parler des sources printanières d'inspiration de George Boole, celui qui a fait les découvertes les plus importantes sur la longue route qui devait conduire à l'ordinateur.Mon but n'est pas de trouver tous les prétextes pour parler du printemps, mais de montrer que le sens cosmique, et le sens de la poésie qui le prolonge tout naturellement, étaient au coeur de la culture de celui à qui nous devons la logique des ordinateurs.Et, ou, non.Tous les écoliers, en principe, ont entendu parler de ces portes logiques et peut-être un professeur a-t-il osé leur dire qu'elles proviennent d'un grand système logico-mathématique élaboré au milieu du XIXe par un certain George Boole, qui fut longtemps instituteur à Lincoln, sa ville natale, avant d'accéder à un poste de professeur d'université.On découvrira, au début du XXe siècle, que ces portes logiques ont la même structure que des interrupteurs de circuit électrique.Fai- tes passer le courant dans des circuits organisés comme les raisonnements de Boole et vous avez une machine pensante, si l'on peut dire.À la suite de Leibniz, qui avait ouvert la voie dans ce domaine comme dans tant d'autres, Boole se proposait de construire un système éliminant toutes les causes subjectives d'erreur, conduisant à la vérité de façon automatique.Mais où est le printemps dans cette objectivité insensible aux saisons de l'âme?Comme la quasi totalité des grands génies à qui nous devons les machines et les institutions qui font notre fierté, Boole appartenait à un milieu culturel où nul ne pensait qu'une spécialisation étroite et hâtive est le meilleur chemin vers les grandes découvertes et le bonheur personnel.Si bien qu'à l'âge de treize ans, il savait assez le grec ancien pour oser traduire en anglais son poème préféré: le printemps de Méléagre, poète grec né au deuxième siècle avant Jésus-Christ, dans l'Ile de Cos, où Hippocrate fonda la médecine rationnelle.L'hiver venteux loin de notre aire a disparu; (.) La terre sombre lentement s'est recouverte d'herbe; (.) Si donc dans les forêts la joie vient au feuillage et si la terre fleurit; Si sifflent les bergers, si s'ébattent les laineux troupeaux.Si les matelots naviguent, si Dynonysos mènent les coeurs.Si chantent les êtres ailés, si travaillent les abeilles.Ne doit-il pas aussi au printemps.le poète, bien chanter?Cette traduction française \u2014 il s'agit d'un extrait \u2014 a été faite un siècle après celle de Boole, par un autre génie, qui se passionnait pour les mathématiques, le grec ancien, la philosophie ét la poésie: Simone Weil.La traduction de Boole a ceci de particulier qu'elle a déclenché une controverse mémorable dans la paisible ville de Lincoln, laquelle devait compter au maximum vingt mille habitants au milieu du siècle dernier.L'équivalent de loiiette il y a trente ans.Le journal local a publié la traduction du jeune Boole.Tollé chez les lettrés et les snobs! Imposture, s'écrient-ils! Il est impossible qu'un jeune homme de treize ans, fils de cordonnier par surcroit, ait trduit si convenablement une oeuvre aussi difficile.Il s'en est suivi un véritable débat sur la fonte de Les chats s'intéressent à tout ce qui vit, à tout ce qui bouge, et je n'ai jamais vu un chat, ni un chien d'ailleurs, manifester la moindre curiosité pour ce qui se passe dans un écran cathodique.la glace du lac Meech.Il se trouve que le jeune Boole avait de puissants défenseurs dans la plus haute aristocratie, ceux-là même qui, ayant deviné son génie, lui avait donné accès à leurs bibliothèques et à de bons maîtres.Le peuple et l'aristocratie se trouvaient ainsi ligués contre les bourgeois instruits.Les esprits s'échauffèrent, la querelle dura un an, et elle durerait peut-être encore si le directeur du journal n'avait un jour décidé d'y mettre un terme en annonçant qu'il ne publierait plus de lettres sur le sujet.Et de dire que George Boole n'avait pas son jus d'orange tous les matins, qu'il n'avait regardé ni Sesame Street, ni Passe-Partout, qu'à son époque les maisons étaient mal chauffées et que l'espérance de vie n'était que de trente ou quarante ans! Dans les écoles, on était encore à l'âge du par coeur et de la discipline.Un bon psychologue aurait sans doute plaint sincèrement ce jeune homme timide d'avoir été victime de tant de cruelles atteintes à sa spontanéité créatrice.Il n'était sûrement pas toujours bien dans sa peau.D'autres cependant se demanderont si les plus grands de nos contemporains sont à la hauteur des fils de cordonnier qui ont permis le progrès dont nous jouissons.Il y a lieu en tout cas de s'inquiéter à l'idée qu'on élève les enfants dans le culte des jouets appelés ordinateur plutôt que dans la vénération du petit Boole qui les a rendu possibles.Car pour bien utiliser les ordinateurs, il faudra encore plus de culture qu'il n'en a fallu à Boole pour en concevoir le principe.le me garderais bien de vouloir faire ici l'éloge du grec ancien comme moyen d'éveiller l'intelligence.La réforme de l'éducation nous a enfin permis de nous débarrasser de cette antiquité.Le débat sur cette question est clos.Notre révolution culturelle à cet égard a été plus radicale que celle des Chinois.Du grec ancien, il ne reste plus une trace dans nos écoles.À l'intention des admirateurs de l'écran cathodique, je rappellerai cependant que les quatre plus grands personnages sur la route de l'ordinateur.Pascal, Leibniz, Boole et au vingtième siècle Von Neu-man, furent des enfants prodiges pour ce qui est du grec ancien.Hasard peut-être, mais il me parait plus juste devoir un lien entre le génie de la langue grecque et la structure de la pensée qui comprend le monde par l'intermédiaire des nombres et de signes algébriques.L'allemand, le français, le japonais ou le chinois ont peut-être les mêmes vertus.Il se trouve que celles du grec ont été mises à l'épreuve en Occident, [e note aussi que plusieurs grands écrivains français cotemporains, Paul Valéry et Marguerite Yourcenar notamment, étaient aussi d'excellents hellénistes, le note enfin que quelques grands pays à travers le vaste monde ont cru sage de conserver ici et là des classes de grec.Au cas où l'hypothèse du génie irradiant de cette langue serait fondée et que quelques-uns veuillent en profiter pour le bénéfice des informaticiens de l'avenir.Mais nous parlions de Boole et du printemps de l'ordinateur.Boole était poète lui-même, poète métaphysicien, de second ordre cependant, par rapport à Keats, qui avait toute son admiration et dont il aimait citer ce mot: «La beauté est la vérité.C'est tout ce que nos savons sur terre et tout ce que nous avons besoin de savoir.» Tel fut le printemps de l'ordinateur.Sage-femme sur la sellette FRANGINE PELLETIER collaboration spéciale i je vous disais qu'il y a trois mois, le coeur du bébé battait à 168 et que là, tout à coup (durant l'accouchement), il ne bat qu'à 116?\u2014 Mais il faut quelque chose de bien plus grave avant de s'inquiéter! \u2014 Et quand, alors, vous mette-riez-vous à vous inquiéter?\u2014 Au moment où la bradycardie (ralentissement du rythme cardiaque ) se produirait plus souvent.La priorité, ici, était de ne pas perturber le travail.Il n'était pas raisonnable de prendre le risque d'accoucher durant le transport en ambulance.\u2014 Mais on peut conclure qu'un bébé dont le coeur bat moins vite est un bébé qui se porte moins bien, non?\u2014 On ne se pose pas la question de cette façon-là.(.) Tout l'art de la sage-femme repose, non pas dans ce qui a été appris dans les livres, mais dans l'évaluation qui est faite de chaque cas en particulier.Cet interrogatoire, il a duré près de six heures en tout.Avec, d'un côté de la salle, la procureure du Coroner, Me Jocelyne Provost, qui B>sait les questions.De l'autre, le r Michel Odent, venu de Londres, qui y répondait.Au centre, la coroner Anne-Marie David chargée de percer le mystère de la mort de ce bébé au coeur défaillant, survenue en mars 1988, sous la surveillance d'une sage-femme.Et tout autour, une trentaine de femmes suivant anxieusement le débat.Interminables questions, interminables réponses dans ce match toujours sans issue entre deux con- ceptions opposées de l'accouchement: l'une préconisée par la médecine officielle, l'autre à la médecine plus douce.L'une voyant la naissance comme un chemin semé d'embûches.(«On ne sait jamais ce qui peut arriver», dit le président de la Corporation des médecins, le docteur Augustin Roy).L'autre voyant l'accouchement comme tout ce qu'il y a de plus sain et naturel.(«Quand vous partez en ski, vous n'appelez pas l'ambulance par précaution», dit l'accoucheur professionnel hollandais, Paul De Reu, appelé lui aussi à témoigner cette semaine).Toutes les enquêtes du coroner ne sont pas aussi.politiques.Celle-ci \u2014 qui s'est terminée hier après 54 longues heures d'audience \u2014 l'est, immanquablement.Non seulement y a-t-on fait le procès de l'accouchement à la maison \u2014 «comment pouvez-vous vérifier l'exactitude des renseignements que vous rapporte une cliente?» a demandé la procureure à la sage-femme Isabelle Brabant \u2014 mais cette enquête coïncide avec le dé- G't imminent du projet de loi sur ; sages-femmes, prévu pour la fin mars.En janvier dernier, le nouveau ministre de la Santé, Marc-Yvan Côté, a fait savoir que la création de projets pilotes dans les CLSC et certains hôpitaux interdiraient, du même souffle, le recours à l'accouchement à la maison.( En d'autres mots, les accouchements à domicile seront bientôt plus «illégaux» 3u'ils ne le sont déjà.) Il suffirait, onc, d'un verdict de négligence à l'égard d'Isabelle Brabant \u2014 une des sages-femmes pourtant les plus expérimentées du Québec \u2014 pour condamner à jamais cette pratique et pour nourrir le corporatisme éhonté des médecins.Évidemment, la mort du petit Alexis est bel et bien survenue.Le bébé aurait-il survécu s'il était né à l'hôpital?Possible.Le contraire est possible aussi.Car la mort inattendue (et toujours déplorable) de nouveau-nes survient aussi en mi- lieu hospitalier.II y en a environ 150 par année au Québec! Mais sur ces morts-là, jamais a-t-on fait enquête.Pourquoi cette enquête alors qu'il n'y en a pas dans les hôpitaux?Pourquoi ces deux poids, deux mesures, sinon la condamnation, encore une fois, de ce qui appartient en propre aux femmes?Décidément, le scénario est de plus en plus cynique, et prévisible, en ce qui concerne les femmes.On leur offre de «s'intégrer» au système, en autant quelles abandonnent leurs principes; on leur offre de se rapprocher du pouvoir, en autant qu'elles abandonnent le leur.\u2022 \u2022 \u2022 «Une femme doit pouvoir choisir l'accouchement qui lui convient, dit M.De Reu.L'important, c'est qu'elle sente que c'est elle qui a mis son enfant au monde; elle qui est indispensable ici.Pour ça, il faut arrêter de voir la grossesse comme un état pathologique.» Actuellement mandaté par l'Organisation mondiale de la santé pour étudier l'effet de l'environnement sur les accouchements, le Dr Odent, lui, affirme que l'obstétri- Îue vit présentement un tournant, ournant qui, selon lui, a débuté très exactement le 12 décembre 1987.«Une étude publiée dans The Lancet a démontré qu'il n'y avait aucune différence de mortalité et de morbidité périnatales entre les accouchements à domicile et à l'hôpital, dit le fondateur de la réputée clinique de naissance à Pi-thiviers.La seule différence c'est que l'hôpital a beaucoup plus souvent recours aux forceps et aux césariennes.» Selon le Dr Odent, nous sommes à la fin d'une ère électronique en matière d'obstétrique.«Pendant 20 ans, nous étions persuadés que le monitoring, l'écoute électronique du coeur foetal, était la garantie d'un accouchement réussi.Nous découvrons qu'il en est rien.Et que l'ambiance, lors d'un accouchement, compte pour beaucoup.» Nous découvrons, aussi, que plus de la moitié des césariennes pratiquées à l'hôpital sont inutiles.C'est en tout cas la conclusion d'une récente étude de l'Université d'Ottawa, diffusée cette semaine dans le Globe & Mail.Les médecins manquent tout simplement de patience face à l'accouchement, dit l'étude.À preuve: 41 p.cent des césariennes qui ont eu lieu dans la région d'Ottawa en 1984 ont été pratiquées lors de la première phase de l'accouchement, c'est-à-dire avant même la dilatation complète du col de l'utérus.(Comment damer le pion à la nature, quoi.) Or, il y a une corrélation entre les césariennes et la pratique de sages-femmes.Selon Michel Odent, une étude comparative des pratiques d'accouchement montre que les pays qui ont un haut taux de césariennes (Brésil, Italie, États-Unis, Canada: taux de 20 p.cent et plus) ont tous ceci en commun: beaucoup de médecins-accoucheurs, peu de sages-femmes.Dans les pays où les césariennes sont beaucoup moins élevées, par contre (Hollande, Irlande: environ 6 p.cent), la proportion médecins-/sages-femmes est à peu près égale.Au Québec, il y a 25 sages-femmes pour 400 obstétriciens^gyné-cologues et 797 omnipratriciens Ïui font des accouchements.Bref, ?fois plus de médecins que de sages-femmes.Avis à Marc-Yvan Côté.Avis aussi à Robert Bourassa.Après tout, il n'y a rien qui donne le goût de faire des enfants comme une naissance «heureuse», pas vrai?Morale de l'histoire: les sages-femmes sont bonnes pour la santé.Arrêtons donc de nous compter des peurs à leur sujet et ouvrons-leur la porte.De la maison, comme de l'hôpital.Les mères et les bébés ne s'en porteront que mieux.Lysiane Gagnon Le port turban Le gouvernement fédéral vient d'autoriser le port du turban sikh au sein de la Gendarmerie royale, après l'avoir permis aux Douanes et dans l'armée.Idem au sein de la police municipale de Toronto.Voilà qui aura de fortes repercussions sur l'évolution de la société canadienne.Chacune de ces décisions signifie que le principal acquis de la civilisation occidentale, le principe fondateur de toutes les libertés \u2014 la séparation de l'Église et de l'État \u2014 doit être subordonne à l'idéologie du multiculturalisme.De neutre qu'il devait être selon l'idéologie laïque contemporaine, le concept de l'État se trouve transformé en auberge espagnole où chacun viendra greffer, comme sur une courtepointe bigarrée, ses préjuges et ses valeurs personnelles.La religion, censée relever du domaine privé, revient dans l'aire publique d'où les progrès de la civilisation l'avaient chassée.Le plus troublant, c'est que cette question, qui aurait déclenché, en Europe et particulièrement en France, une polémique stimulante, n'a engendré, au Canada, aucun débat de fond.# ?* Rappelons les faits.La religion sikh ordonne aux hommes adultes le port du turban et du sabre cérémonial.Exigence qui est loin, faut-il dire, d'être respectée par tous les sikhs, de la même façon que tous les juifs ne mangent pas cachère et que bien des catholiques ne vont pas à la messe le dimanche.Le Canada compte d'ailleurs nombre de sikhs séculari-ses.Parallèlement à ces sikhs intégrés, dont plusieurs ont été embauchés sans problème à la GRC ou ailleurs, d'autres sikhs tiennent à afficher les signes extérieurs de leur religion, comme le font, par exemple, les musulmanes avec le tchador et les juifs qui portent la calotte.La différence, c'est que ces derniers s'abstiennent de solliciter des emplois là où la fonction viendrait en conflit avec leurs préceptes.Ainsi les juifs hassidiques gagnent leur vie dans les entreprises de leur communauté.Ils n'ont jamais réclamé qu'on adapte l'uniforme de la police â leur costume religieux.Les sikhs, au contraire, réclament depuis longtemps le droit d'entrer avec sabre et turban dans l'administration publique et la magistrature.Au Canada anglais, ces revendications ont été plus vives et plus controversées qu'ici, non seulement parce que les sikhs sont nombreux à Vancouver et à Toronto, mais parce que la GRC tient partout ailleurs qu'au Québec et en Ontario le rôle de la police provinciale.Là où la chose se complique \u2014 et c'est peut-être cela qui a «culpabilisé» les élites du Canada anglais et les a empêché d'analyser le fond de la question \u2014 c'est qu'il existe dans l'Ouest canadien un virulent courant anti-sikh assorti de macarons de haine.Ces manifestations ne sont qu'une forme de racisme cru et primitif, d'autant plus détestable que les sikhs sont en général des travailleurs exemplaires.Ce racisme anti-sikh a perverti le débat en donnant l'impression que s'opposer au port du turban dans la fonction publique, c'est être anti-sikh.À cela s'est ajouté l'intérêt purement électoral: tous les partis courtisent le vote sikh.* * * L'enjeu réel, pourtant, n'a rien à voir avec le racisme, ni d'ailleurs avec les sikhs, car le même principe s'applique à toutes les religions.Ce principe, c'est l'héritage précieux de la Révolution américaine et de la Révolution française: l'État n'a pas de religion.Ni une seule.Ni plusieurs.Pour les citoyens d'une société où se côtoient diverses religions, c'est là la meilleure garantie de justice.Dans les fonctions particulièrement névralgiques, comme la police, l'uniforme symbolise la neutralité de l'État.Un uniforme qui fait abstraction des croyances personnelles de celui ou celle qui le porte, et donne au citoyen l'impression qu'il ne sera pas traité à travers le prisme d'un engagement politique ou religieux quelconque.En vertu de ce principe-là, on interdit aux représentants de l'État \u2014 fonctionnaire, douanier, policier \u2014, d'arborer les signes extérieurs d'une religion ou d'un parti: le turban comme le col romain, le tchador, le crucifix, l'étoile juive ou les macarons politiques.La même règle s'applique aux juges.C'est cette neutralité, justement, qui permet la liberté religieuse et politique: seul un État rigoureusement laie peut protéger la libre expression de toutes les croyances.C'est cela, le vrai sens de la Charte des droits et libertés sur laquelle le gouvernement fédéral prétend s'appuyer.Mais sa décision sent davantage l'opportunisme électoral que le respect des libertés fondamentales.* * * L'automne dernier, toute la gauche française a été agitée par un passionnant débat sur le droit qu'auraient ou non les petites musulmanes de porter le foulard islamique, signe religieux et symbole d'oppression, à l'école publique laique.Des intellectuels qu'on ne pourra jamais soupçonner de xénophobie \u2014 Elisabeth Badinter, Régis Debray, Alain Finkiel-kraut, etc.\u2014, auxquels se sont joints nombre de progressistes musulmans, ont ardemment plaidé en faveur de l'interdiction du foulard islamique, au nom des principes démocratiques et républicains.En suivant ce débat, j'étais partagée entre ma tète qui leur donnait raison, et mon instinct qui nie disait que l'école devait tolérer le tchador, sous peine de voir les filles musulmanes enterrés à jamais dans les écoles coraniques où leurs pères les transféreraient.(C'était la position du directeur du Nouvel ObSt Jean Daniel).Va, donc, pour le foulard islamique à l'école publique.s'il s'agit d'une écolière.Ce serait différent s'il s'agissait d'une enseignante, qui, elle, incarne le système scolaire et le modèle à suivre.Et à plus forte raison s'il s'agit d'un fonctionnaire qui incarne l'autorité de l'État.?* La tradition démocratique canadienne assure aux sikhs, comme aux catholiques ou aux Témoins de Jéhovah, une liberté religieuse absolue dans leur vie privée.Si, cependant, un citoyen tient à transpor- certaines fonctions auxquelles un intégriste religieux doit renoncer.Le scandale serait que la GRC refuse d'embaucher des sikhs.Il n'y aurait rien eu de scandaleux à ce que ces derniers aient à se plier aux règlements d'un État dont la laïcité est le fondement de leur propre liberté. B4 Plus LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMED117 MARS 1990 Accusée de négliger ses écoles françaises Êmts cepcm cfoï* composer avec «les problèmes inextricables ANDRÉ PRATTE epuis plusieurs années, les écoles françaises de la Commission des écoles protestantes du Grand-Montréal (CEPGM) débordent.Année après année, des élèves du reseau français sont transportés â des écoles situées à des kilomètres de chez eux; plusieurs auront dû changer d'école deux ou trois fois pendant leur primaire.Et encore aujourd'hui, des classes sont installées sur la scène du gymnase et des élèves doivent diner dans leurs classes.Pourquoi?Un premier coup d'oeil amène tout observateur â conclure que la surpopulation des écoles françaises est due au fait que les dirigeants anglophones de la commission scolaire ne veulent pas céder au réseau français, dont la clientèle croit rapidement, les écoles â moitié vides de leur réseau.Ils souhaiteraient ainsi freiner la croissance de la clientèle francophone de peur qu'elle ne devienne majoritaire, ce qui forcerait la commission scolaire à fonctionner en français, loi 101 obligeant.Il y a dix ans, rappelons-le, les élèves des écoles françaises ne représentaient que 9 p.cent de la clientèle totale de la CEPGM.Depuis, cette proportion est passée à 54 p.cent.Au primaire, elle est de 44 p.cent.Au premier coup d'oeil, en somme, on se rallie sans hésiter au point de vue des parents du réseau français, qui s'hésitent pas à parler de discrimination.« Par les dollars qu'on amène, on permet à la commission scolaire de supporter les écoles anglaises vides, mais en même temps, il ne faut pas être trop nombreux», affirme leur représentant M.Marc Arnold.Plus on y regarde de près cependant, plus on est forcé de nuancer ce verdict.Prenons le cas, maintes fois cité au cours des dernières semaines, de l'école Westminster, dans le quartier Côte-St-Luc.Selon les chiffre* de la commission scolaire, l'école ne devrait pas accueillir plus de 554 élèves.Il y en a 037 cette année.On a dû scinder la bibliothèque en deux pour construire une autre classe.L'orthopédagogue, l'infirmière, la travailleuse sociale et la psychologue partagent un minuscule recoin dans le fond de la bibliothèque.Il n'y a pas de laboratoire de sciences.Les élèves mangent dans le gymnase, ce qui oblige le professeur d'éducation physique à donner une partie de son dernier cours du matin sur la scène du gymnase.Malgré tout cela, on a dû envoyer quelques élèves à l'école Guy Drummond, à Outremont.Non loin de Westminster se trouvent trois écoles anglaises, dont deux écoles d'immersion, filles ne sont pas à moitié vides, comme on l'entend dire souvent.Mais elles ont suffisamment de locaux pour offrir un enseignement de première classe: un laboratoire de sciences, des classes pour les spécialistes, une infirmerie, des salles de diner.La commission scolaire aime bien souligner que depuis deux ans, les deux écoles d'immersion, comme Westminster, doivent refuser des élèves.Mais tandis que les enfants que ne peut accueillir Westminster sont envoyés â dix kilomètres de chez eux, les anglophones pourront dès septembre prochain aller â la nouvelle école d'immersion qu'ouvre la CEPGM dans leur quartier.«C'est un bel exemple de discrimination.Merton est vide depuis deux ans, et on n'a jamais voulu nous la donner, et là on l'ouvre pour les anglophones! Et pourtant, il n'y a pas plus de 100 inscriptions pour l'an prochain!», dénonce M.Arnold.Pas si simple Un bel exemple de discrimination?Pas si simple.Outre ouvrir une nouvelle école, qu'aurait donc pu faire la CEPGM pour desservir les élèves anglophones dont les parents choisissent l'immersion?Bourrer les deux écoles d'immersion existantes?Organiser une cohabitation avec l'école anglaise Hamstead?Les fonctionnaires de la commission scolaire peuvent démontrer par deux plus deux égale quatre que ni l'une ni l'autre de ces hypothèses n'était réalisable.Par ailleurs, on ne peut nier que la commission scolaire a posé des gestes au cours des années pour décongestionner les écoles françaises de ce secteur.Il y a deux ans, par exemple, elle a ouvert une nouvelle école française, I école Bedford, de l'autre côté de Décarie.Les fonctionnaires souhaitaient modifier les territoires des écoles du secteur pour décongestionner Westminster et remplir Bedford.Les parents de Westminster n'ont pas voulu, tenant à obtenir une école dans leur quartier.Westminster déborde donc toujours.alors que Bedford n'est utilisée qu'à 65 p.cent (ce qui en passant nous fait découvrir que toutes les écoles françaises ne sont pas pleines à craquer.) Cédant aux pressions des parents, la CEPGM a décidé cette année de reprendre possession de l'école Rosedale, louée par la police de la CUM.Une belle grosse école, située juste au bon endroit.Mais, surprise! la police a fait savoir qu'elle n'avait pas du tout l'intention de partir.Qui plus est, la CUM a révélé que dès juillet dernier, conformément à un article du bail, elle avait avisé la commission scolaire de son intention de renouveler la location pour dix ans.Une lettre que les hauts fonctionnaires de la CEPGM n'ont apparemment jamais vue.La CEPGM a dû reconnaître son erreur: Rosedale ne pourra pas devenir école française l'an prochain.«Ils savaient très bien qu'ils ne pourraient pas l'avoir», accuse Marc Arnold.« Nous avons agi de bonne foi, avec l'information que nous avions à l'époque», se défend le directeur général de la commission scolaire Mike George.On comprend l'indignation des parents.Mais on a du mal à croire que les dirigeants de la commission scolaire se soient livrés â une aussi grossière comédie.Prenons un autre cas, celui de l'école Willowdale, à Pierrefonds.Cette année, l'école déborde: 385 élèves alors qu'elle ne devrait en accueillir que 306.La bibliothèque a été déménagée sur (a scène du gymnase.C'est là aussi qu'a été installée la garderie de l'école.Le local d'ordinateurs est tellement petit que les profs ne l'utilisent pas.Non loin de là se trouve l'école anglaise Herbert Purcell.Capacité: 502 élèves.Nombre d'élèves inscrits: 263.Pourquoi ne pas fermer cette école et la céder au secteur français?Parce qu'il n'y a pas d'autre école anglaise en vue où il y a de la place pour mettre les écoliers de Herbert Purcell.Que dire de l'école Tétraultvil-le, dans l'est, dont une classe de maternelle est installée sur la scène du gymnase et qui est tellement pleine que l'an prochain on devra envoyer ses classes de quatrième, cinquième et sixième années dans une école secondaire.Et que penser de l'école O'Gilvie, dont les élèves sont répartis dans trois bâtisses différentes?Mauvaise volonté?Mauvaise volonté de la commission scolaire?Ce n'est pas si évident.Dans l'est de la ville, la CEPGM n'a plus de bâtisses qui lui appartiennent.L'espace dont elle a besoin, elle ne peut l'obtenir que de deux façons: louer des écoles que la CECM n'utilise pas et convaincre le ministère de l'Education de subventionner de nouvelles constructions.La CEPGM loue déjà des écoles ou des parties d'école à la CECM, mais les négociations sont toujours difficiles entre les deux rivales.« La CECM répugne à nous céder des écoles, parce qu'elle croit que nous allons lui voler ses élèves», affirme le président de la CEPGM Allan Butler.Par ailleurs, la commission scolaire protestante supplie depuis deux ans le ministère de financer la construction d'une école à Ri-vière-des-Prairies, d'où vient une bonne partie de la clientèle de l'école Tétraultville.En vain.Les parents du secteur français accusent leur commission scolaire de ne pas faire suffisamment d'efforts pour convaincre la CECM et le ministère.Peut-on tenir la CEPGM responsable des décisions de la CECM et du MEQ?Les parents, en fait, voient dans tous les gestes de la commission scolaire une preuve de la mauvaise foi des dirigeants anglophones.Cela est parfaitement compréhensible.Mais si l'on examine la situation froidement, on peut difficilement blâmer les commissaires de chercher, pour accommoder le secteur français, des solutions qui ne passent pas par la diminution de la qualité de l'enseignement dispensé dans les écoles anglaises?Il est difficile aussi de blâmer la CEPGM d'hésiter à fermer des écoles anglaises (elle en a tout de même fermé 21 depuis dix ans), alors que beaucoup d'autres commissions scolaires de la province sont coupables des mêmes hésitations.M.Arnold admet que la discrimination qu'il dénonce est « subtile».«C'est comme le harcèlement sexuel, ce n'est pas facile à prouver.» Peut-être.Mais bien avant de parler de discrimination, il faut admettre que la croissance rapide du réseau français, combinée à la décroissance aussi rapide du réseau anglais, place la CEPGM en face de problèmes de gestion que même des dirigeants francophones auraient toutes les difficultés du monde à régler.Il est vrai qu'on ne peut pas exiger des parents francophones qu'ils regardent les choses froidement.Comme le fait remarquer la directrice de l'école Iona Lydie Coitoux, « ça va mieux maintenant, mais c'est toujours à coup de pression, et c'est toujours le minimum.Les parents ont tellement ragé, il y a tellement de frustration accumulée, que même si ça va un peu mieux, pour eux, ce n'est jamais assez.» De l'école Tétraultville, au sud de la rue Sherbrooke, Roberto David Juste, 11 ans, s'en va chez lui, à Rivière-des-Prairies.PHOTOS MICHEL GRAVEl.U Prasc À l'école Willowdale de Pierre-fonds, la bibliothèque et la garderie sont installées sur la scène du gymnase, faute d'espace ailleurs.Les longs voyages en autobus sont le lot quotidien de bon nombre d'élèves de la CEPCM.L'épée de Damocles Les parents du réseau français de la CEPGM sont convaincus que la commission scolaire a décidé de ne plus ouvrir d'écoles françaises.Les dirigeants de l'autrefois unilingue Protestant School Board of Greater Montréal voudraient ainsi empêcher la clientèle des écoles françaises de devenir majoritaire, pour éviter que la commission scolaire ne perde les privilèges accordés aux organismes reconnus en vertu de l'article 113 f de la Charte de la langue française.Qu'est-ce donc que cette menace qui pèse sur la CEPGM ?La loi 101, rappelons-le, fait du français la langue de toute l'administration publique au Québec (dont les commissions scolaires).Cela veut dire qu'à l'intérieur de tout organisme, tous les documents écrits, internes comme publics, doivent être rédigés en français.La dénomination de l'organisme, de même que son affichage, doivent être en français uniquement.Pour être nommé, muté ou promu à une fonction, tout employé doit avoir du français une connaissance suffisante, selon les critères définis par l'Office de la langue française.La CEPGM n'est pas soumise à toutes ces exigences parce que en vertu de l'article 113 f, l'Office Ta reconnu comme organisme fournissant ses services à des personnes en majorité d'une langue autre que le français.Cette reconnaissance permet à la commission de conserver sa dénomination anglaise (sans la soustraire à l'obligation d'avoir une dénomination française).Elle lui permet aussi d'afficher en anglais en même temps qu'en français.Tous les documents internes peuvent être rédigés en anglais, mais la commission doit pouvoir traduire un document si quelqu'un en fait la demande.La connaissance du français n'est exigée des employés qu'en autant que nécessaire pour fournir aux clients francophones un service dans leur langue.En somme, grâce à l'article 113 f, la CEPGM peut fonctionner en anglais, du moment qu'elle est capable de servir en français les parents de ses écoles françaises.Qu'arriverait-il si la CEPGM perdait cette reconnaissance?La commission devrait abandonner sa dénomination anglaise et afficher uniquement en français dans ses édifices.Tous les documents internes devraient être disponibles en français.Mais rien n'empêcherait la commission de continuer d'utiliser des versions anglaises de ces documents.Plus important encore, une éventuelle perte de reconnaissance en vertu de l'article 113 f ne se ferait probablement sentir qu'au siège social.Les écoles anglaises ne seraient pas affectées puisque, comme le réseau anglais de la CECM, le secteur anglais de la CEPGM pourrait à son tour être reconnu en vertu de article 113 f.Les écoles anglaises pourraient alors conserver leur dénomination anglaise, afficher en anglais, envoyer et recevoir du siège social des mémos et des rapports en anglais.En somme, plutôt que de fonctionner uniquement en anglais comme elle le fait présentement, la CEPGM devrait s'habituer à fonctionner dans les deux langues. MONTRÉAL, rrrrrn\u2014S Mus B5 Les pians faire cëv ffycfro ANDRÉ NOËL ne certaine géne s'est installée dans la salle d'un grand hôtel de Montréal, cet hiver, lorsqu'est entré John Peta-gumskura, un chasseur âgé de 69 ans et vivant dans le village cri de Whapma-goostui, sur les rives de la Baie d'Hudson.La salle était remplie d'avocats d'Hydro-Québec, de fonctionnaires du gouvernement fédéral et de représentants de compagnies d'électricité américaines.Des hommes et des femmes habillés en complet sombre et venus parler dollars et térawatts, de «variations de l'hydraulicité» et de «gestion de risque».Le cadre: des audiences publiques de l'Office national de l'Énergie (ONE) sur la vente de I 450 mégawatts au Vermont et à l'État de New York sur une période de 20à 22 ans.L'enjeu: 24 milliards $ de revenus et la construction de nouveaux barrages dans le Nord.L'ONE doit rendre sa décision en avril.M.Petagumskun, portant des jeans, une chemise à carreaux et un coupe-vent, s'est approché lentement du micro et a déclaré: « Lorsque le Créateur a créé la terre.Il l'a conçue comme elle est maintenant.» Il a passé sa main rugueuse dans ses cheveux en broussaille, laissant le temps à l'interprète de traduire ses paroles, puis il a ajouté: «En lisant la Bible, nous apprenons que lorsque Dieu ne voit pas les gens faire ce qu'il veut, U détruit les communautés.» Seules «quelques poignées d'Inuit et de Cris» habitent «la terre inhospitalière et désolée» du Nord québécois, comme l'indique le premier ministre Robert Bourassa dans son livre, L'Énergie du Nord.Leurs paroles avaient peu de poids durant les années 60 et 70, alors que l'attention du Québec était dirigée vers son développement économique.L'objectif de M.Bourassa \u2014 créer 100000 emplois en aménageant les rivières de la Baie James \u2014 suscitait l'enthousiasme.Aujourd'hui, les arguments des peuples autochtones tombent dans des oreilles plus sensibles aux' discours sur l'environnement.Plusieurs s'interrogent sur la nécessité du développement à tout prix.«Vaut-il la peine d'inonder des milliers de kilomètres carrés pour vendre de l'électricité aux États-Unis et aux alu-mineries?» demande une coalition qui réunit 26 groupes et réclame un débat public sur l'énergie.«Les Québécois se posent une question: combien vaut un kilowatt/heure par rapport à une ouananiche ou à un orignal?» souligne André Pelletier, président de la Fédération québécoise de la faune, qui représente 300000 pêcheurs et chasseurs.Une immense centrale «Le Québec est une immense centrale hydroélectrique, mais elle n'est encore que partiellement exploitée, affirmait M.Bourassa dans L'Energie du Nord, publié en 1985.Chaque jour, des millions de kilowattheures potentiels vont se perdre dans la mer.Quel gaspillage!» Répondant aux voeux du premier ministre, Hydro-Québec a annoncé la semaine dernière son intention de mettre fin le plus tôt possible à ce gaspillage.Son dernier plan de développement prévoit le devancement de gigantesques travaux dans presque tout le Québec.Lorsqu'ils seront réalisés, le Québec produira la moitié de l'hydro-électricité actuellement produite au Canada.Seulement dans le nord-ouest, les projets portent sur un territoire de 20 à 25 000 km2 ( de 20 à 25 fois le lac Saint-Jean).Le niveau d'eau serait modifié sur 1000 km de rivières.Les projets engagés et futurs font passer la puissance disponible de 30000 à 50000 mégawatts.¦ À lui seul, le complexe La Grande entraine l'inondation de 9674 km2 (la superficie d'un pays comme le Liban).Plusieurs travaux de la phase II sont accélérés, notamment la construction des centrales Laforge I (820 mégawatts) et Brisay(380 MW).¦ Hydro-Québec devance les travaux à Laforge 2 (270 MW) et Eastmain 1 (470 MW), mais retarde de deux ans l'aménagement de la rivière Sainte-Marguerite, sur la Côte-Nord (800 MW).Aucune date n'est fixée pour la mise en service du complexe Ashuap-mushuan (730 MW), qui entraînerait l'inondation de 619 km2 au nord du lac Saint-Jean.¦ En revanche, la société d'État fixe une date de mise en service (2001 -2007) pour l'immense complexe NBR (rivjères Notta-way, Broadback et Rupert), juste au nord de Val d'Or et du réser- feV- A' .\"'V., ane immense centrale 1 m 11 m ' ' \u2022 -¦ t \u2022 ¦ ¦m '
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