La presse, 10 juillet 1990, B. Informations nationales
[" LA PRESSE, MONTRÉAL, MARD110 JUILLET 1990 Un groupe de travail tirera les leçons de la tuerie de Polytechnique CILLES NORMAND du bureau de Lu Presse QULBEC Le ministre de la Sécurité publique, Sam Elkas, vient de former un groupe de travail pour examiner le rôle et le fonctionnement des organismes policiers, ambulanciers et autres appelés à intervenir dans des situations d'urgence de l'ampleur de la tuerie qui a coûté la vie à 14 étudiantes, le 6 décembre dernier, à l'École polytechnique de l'Université de Montréal.Le comité sera présidé par Robert De Coster, comptable de son état et ex-président et directeur général de la Régie de l'assurance-automobile du Québec, qui devra remettre son rapport au ministre avant la fin de décembre 1990.Le groupe devra étudier les questions soulevées par le coroner Theresa Sourour, dans son rapport d'investigation, analyser le rôle et te fonctionnement du service de police de la Communauté urbaine de Montréal, d'Urgence-santé, du service téléphonique d'urgence 9-1-1, des équipes de médecins ambulanciers et d'autres organismes impliqués à divers degrés dans les événements tragiques de décembre dernier.Le ministre Elkas, dans un communiqué, a indiqué que cette initiative n'avait pas pour objet de jeter le blâme sur qui que ce soit, mais plutôt de faire en sorte que les secours puissent dorénavant intervenir avec le plus d'efficacité possible.La décision du ministre fait suite à une pétition déposée à Sam Elkas, ministre des Transports et de la Sécurité publique.l'Assemblée nationale, le 29 mai dernier, par un groupe de parents des victimes qui réclamaient une enquête publique pour faire la lumière sur ces événements au cours desquels, selon eux, il y avait eu beaucoup de cafouillage de la part des diverses catégories de secouristes.Les parents soulignaient n'avoir eu droit, de la part des autorités, qu'à des bribes d'information et des demi-vérités, qualifiant même certaines attitudes de camouflage de la vérité.Interviewé par la suite, M.Elkas avait déclaré qu'il allait s'efforcer de satisfaire les parents éplorés, mais qu'il n'était pas question d'ouvrir une enquête publique.Des verts doutent de la pertinence d'un accord sur les pluies acides Pressée Canadienne WASHINGTON Le Canada n'a rien à gagner d'un accord sur les pluies acides avec les États-Unis et pourrait même tomber dans un guêpier, prévient un groupe environnemental.À l'issue d'un entretien, dimanche, à la veille du sommet des pays les plus industrialisés, le premier ministre Brian Mulroney et le président George Bush ont annoncé que le Canada et les États-Unis engageraient sous peu des négociations en vue d'un accord bilatéral sur les pluies acides.M.Mulroney a qualifié la décision d'« historique», affirmant qu'elle s'écarte nettement des attitudes adoptées antérieurement en matière de protection de l'environnement.L'administration Reagan a toujours été réticente à prendre l'engagement de réduire les émissions polluantes.Sceptiques, les groupes environnementaux s'interrogent sur la nécessité d'un tel accord puisque les États-Unis sont sur le point d'adopter une législation sur l'air pur répondant à la plupart des attentes du Canada.Il reste aux deux Chambres du Sé-nat des Etats-Unis à convenir d'un texte de loi commun.«Pourquoi se donner cette peine?demande Mme Adèle Hurley, de la Coalition canadienne sur les pluies acides.Le Canada s^exposerait à faire des concessions en réciprocité à des dispositions que les Américains vont adopter de toute manière».La Loi sur l'air pur prévoit notamment une réduction de près de 50 pour cent des émissions de dioxy-de de soufre d'ici l'an 2000.Pour le Canada, cette réduction de 10 millions de tonnes devrait mettre un terme aux dommages environnementaux causés dans l'est du pays par les pluies .acides provenant du centre des É.U.Pour M.David Gardiner, du Sierra Club de Washington, la signature d'un accord après l'adoption de la nouvelle, loi de Washington sur la salubrité de l'air équivaut à marquer un but après la fin d'une rencontre sportive.«Un geste symbolique, rien de plus».Les Québécois veulent se séparer, mais huit Canadiens sur dix veulent les garder D'après PC La majorité des Québécois (62 p.cent) ont beau vouloir se séparer du Canada, 81 p.cent des Canadiens des autres provinces veulent les garder avec eux, selon un sondage réalisé dans les jours qui ont suivi l'échec de l'accord du lac Meech.Le sondage a été effectué entre le 26 juin et le 4 juillet auprès de 1595 Canadiens pour le compte du quotidien torontois The Globe and Mail et du réseau anglais de Radio-Canada.Douze p.cent des Québécois interrogés veulent l'indépendance du Québec, 50 p.cent veulent une séparation partielle et 34 p.cent préfèrent le statu quo.Ces résultats confirment la tendance observée au cours des sondages précédents sur l'avenir politique du Québec.À la lumière des nouveaux événements, 76 p.cent des Québécois croient que le Québec va probablement se séparer, contre 46 p.cent des autres Canadiens.C'est une hausse considérable par rapport à un sondage CBC-Globe précédent.En octobre 1989, 44 p.cent des Québécois et 33 p.cent de l'ensemble des Canadiens s'attendaient à voir le Québec se séparer en cas d'échec constitutionnel.Soixante-dix p.cent des Québécois et 58 p.cent des Canadiens sont convaincus que l'échec de l'entente constitutionnelle a causé des dommages irréparables aux relations entre francophones et anglophones.Plus des deux tiers des Canadiens (69 p.cent) sont maintenant insatisfaits de la direction générale du pays, contre 53 p.cent en octobre dernier.Baisse du niveau de vie Sur le plan économique.41 p.cent des Québécois s'attendent à ce que leur niveau de vie se détériore si le Québec se sépare, 34 p.cent croient qu'il changera peu et 12 p.cent pensent qu'il va s'améliorer.Dans le reste du pays, 64 p.cent des Canadiens pensent que le niveau de vie des Québécois va diminuer, 18 p.cent croient qu'il ne changera guère et seulement 4 p.cent s'attendent à une amélioration en cas de séparation.La majorité ( 55 p.cent ) des Canadiens hors-Québec s'attendent cependant à conserver, de leur côté, sensiblement le même niveau de vie en cas de séparation, mais 26 p.cent croient qu'il va se détériorer.Les Québécois sont divisés à parts égales sur l'impact économi- que qu'aurait la séparation dans les autres provinces canadiennes.Quarante-quatre p.cent pensent que leur niveau de vie va empirer et la même proportion croient qu'il ne changera presque pas.Le sondage démontre que l'accord du lac Meech est plus populaire maintenant qu'il est mort.Dans les jours qui ont suivi l'échec, 30 p.cent des Canadiens hors-Québec s'y sont dit favorables, contre 17 p.cent en février.Parmi la majorité qui continue de s'opposer à l'accord, 24 p.cent disent ne pas vouloir qu'on donne trop de pouvoirs ou de privilèges au Québec et 9 p.cent affirment que le Québec n'est pas une société distincte.Pour 41 p.cent des Québécois, le grand responsable de l'échec de l'accord est le premier ministre de Terre-Neuve Clyde Wells, une opinion partagée par seulement 15 p.cent des citoyens des autres provinces.En fait.Clyde Wells s'est attiré les louanges du Canada anglais, où 33 p.cent disent qu'il a accompli la meilleure performance dans le débat constitutionnel.Robert Bourassa s'est attiré 12 p.cent des voix hors-Québec.Les Canadiens des autres provinces accusent plutôt le premier ministre Mulroney, dans une pro- portion de 33 p.cent, d'être responsable de l'échec de l'accord.Cette opinion est partagée par seulement 12 p.cent des Québécois.Appui aux autochtones Le sondage CBC-Globe révèle aussi que 75 p.cent des Canadiens auraient souhaité que les onze premiers ministres réunis à Ottawa le mois dernier en profitent pour régler le dossier des autochtones.D'ailleurs, 67 p.cent des Canadiens, y compris une majorité de Québécois, appuient la démarche d'Elijah Harper, ce député cri du Manitoba qui a retardé l'adoption de l'accord dans cette province au point d'entrai-ner sa chute.Enfin, si des élections fédérales avaient eu lieu entre le 26 juin et le 4 juillet, 50 p.cent des Canadiens et 37 p.cent des Québécois auraient voté pour les libéraux de lean Chrétien.Vingt-deux p.cent des Canadiens et 39 p.cent des Québécois auraient voté pour le Parti conservateur.Le NPD aurait récolté 21 p.cent des voix au pays et le Reform Party 5 p.cent.Le sondage CBC-Globe comporte une marge d'erreur de plus ou moins 2,5 p.cent pour les données canadiennes et de 4,8 p.cent pour les données québécoises.Peterson invite le Canada anglais à tenir ses propres discussions de l'après-Meech Presse Canadienne CALGARY e premier ministre ontarien mm David Peterson a affirme, hier, «qu'il incombe au Canada anglais de tenir son propre genre de discussions», au moment où le Québec se prépare à redéfinir son avenir politique, après l'échec de l'accord du lac Meech.«Nous traversons une période délicate de notre développement constitutionnel», a signalé M.Peterson, après s'être entretenu avec son homologue albertain Don Getty.Les discussions au Canada anglais, selon lui, ne font que commencer «et je suis sûr qu'elles vont se produire dans plusieurs provinces différentes et de plusieurs façons différentes».MM.Peterson et Getty ont tous deux souligné le droit des provinces de tenir des discussions bilatérales sur des questions comme l'économie, les barrières commerciales et l'environnement.Ils ont nié que leur rencontre puisse constituer un signe précurseur de l'éclatement du pays, après la rupture de l'entente constitutionnelle.Normal «11 y a toujours des négociations normales qui se déroulent entre les provinces et le gouvernement fédéral, a fait remarquer pour sa part le premier ministre de l'Alberta.«le crois que, d'une certaine manière, vous y voyez une apparence plus sinistre qu'elle ne l'est en réalité.Tout est parfaitement normal.» Qualifiant M.Getty de «grand i'7 ¦ Don Getty Canadien», M.Peterson a dit «croire en ce pays de façon passionnée».M.Peterson n'en a pas moins rappelé que le Québec représentait son partenaire commercial le plus important, avec un commerce de 30 milliards$ par année.L'Alberta vient en second avec 12 milliardsS.Pour M.Peterson, le grand responsable de ce qu'il a appelé l'instabilité du pays est le premier ministre Brian Mulroney.«L'une des réalités de ce pays est que nous avons aujourd'hui un gouvernement fédéral faible, a accusé M.Peterson.le ne voudrais pas les voir réagir devant la pression, faisant une chose par ici et une chose par là.Il nous faut David Peterson penser à tout cela avec beaucoup de prudence.» Rêve compromis Déjà la semaine dernière, M.Getty déclarait que l'échec de Meech ne laissait pas d'autre choix aux provinces que celui de promouvoir leurs intérêts à Ottawa.Mais le pire est encore à venir, pense-t-il.« Nous n'avons pas encore compris l'étendue des pertes et je ne peux pas vous dire comment cela va s'arranger.«Ceux qui pensent qu'il n'y a qu'à ramasser les morceaux, après le 24 juin, pour recommencer, ceux-là commettent une grave erreur.Nous avons connu quelque chose qui, d'une certaine manière, a gravement compromis le réve canadien.» Mme Carstairs veut prévoir les demandes du Québec Presse Canadienne WINNIPEG baron Carstairs estime que le Manitoba devrait se doter d'une équipe d'experts constitutionnels qui seraient en quelque sorte chargés d'anticiper les diverses options que le Québec est susceptible de proposer au reste du Canada ù 1ère «post-Mcech», d'analyser leur portée et de prévoir la réponse manitobai-ne.Le Manitoba et toutes les provinces doivent définir leurs besoins et leurs attentes par rapports à la fédération canadienne, et être prêts à réagir aux futures demandes du Québec pour éviter un autre fiasco comme celui de l'accord du lac Meech, a dit la leader libérale du Manitoba, dans une déclaration rapportée par le Winnipeg Free Press.«Le gouvernement fédéral n'a jamais travaillé sur ce genre de scénario de rechange, il est grand temps qu'il le fasse \u2014 et nous aussi», de dire Mme Carstairs.L'équipe quelle propose serait formée d'universitaires et d'experts constitutionnels gouvernementaux.Mais le premier ministre Gary Filmon a déjà fait savoir qu'il préférerait que le pays panse les plaies ouvertes par Meech.Les dépenses de voyage des fonctionnaires auraient baissé Presse Canadienne OU A WA on seulement les dépenses de voyage des fonctionnaires fédéraux n'ont-elles pas augmenté de 16 pour cent en 1989-90, comme Ta prétendu le député néo-démocrate Jim Fulton la semaine dernière, mais elles ont baissé de 2,9 pour cent par rapport à 1988-89.C'est le démenti qu'ont apporté, hier, les ministres Robert de Cotret, président du Conseil du trésor, et Paul Dick, des Approvisionnements et Services.MM.de Cotret et Dick ont rappelé que M.Fulton a été prévenu, au moment où les statistiques lui ont été communiquées, qu'une méthode différente de calculer rendait difficile toute comparaison entre les deux années.Les dépenses ont donc baissé entre 1988-89 et 1989-90 et elles n'ont augmenté l'année précédente %4 que de 1,75 po'jr cent.Un citoyen n'a pas à écoper pour l'erreur d'un fonctionnaire Le Protecteur du citoyen met en garde le gouvernement contre les abus de pouvoir GILLES NORMAND du bureau de La Presse QULBLC n citoyen n'a pas à subir les conséquences de l'erreur d'un fonctionnaire, surtout s'ils n'y a pas contribué.C'est l'opinion formulée par le Protecteur du citoyen qui dénonce, dans son rapport annuel, le manque d'uniformité dans les méthodes employées par le gouvernement pour recouvrer des sommes d'argent versées en trop à des citoyens.Six ministères et organismes, le ministère de la Main-d'oeuvre, de la Sécurité du revenu et de la Formation professionnelle en tète, ont fait l'objet de près de 80 p.cent des enquêtes de l'organisme de protection, qui a entrepris 7 469 nouvelles enquêtes en 1989-90, pour une hausse de 8 p.cent comparativement à l'année précédente.Le Protecteur du citoyen met en garde le gouvernement du Québec contre les abus de pouvoir auxquels pourrait donner lieu cette anomalie.Les méthodes de recouvrement varient en effet d'un ministère ou d'un organisme gouvernemental à l'autre.Dans son rapport, le Protecteur du citoyen réfère notamment aux remboursements réclamés par la Commission de la santé et de la sécurité du travail, la Régie de l'assurance automobile, la Régie des rentes, le ministère de la Main-d'oeuvre, la Sécurité du revenu et de la Formation professionnelle, ou le ministère du Revenu, tous des organismes qui utilisent des méthodes de recouvrement différentes Cette situation préoccupe au plus haut point le Protecteur du citoyen, qui s'est donné pour mandat, dans l'exercice qui vient, de faire enquête sur cet aspect de l'activité administrative du gouvernement, de même que sur d'autres dossiers préoccupants, comme le régime disciplinaire des professionnels dont il veut proposer un réexamen des principes; l'utilisation de firmes privées pour la conduite des enquêtes de l'Etat, par exemple dans la recherche des fraudeurs ou la détection de personnes insolvables qui ont contracté des dettes envers le gouvernement; et les services correctionnels du Québec, dont les prisons continuent d'être surpeuplées.Le Protecteur du citoyen entreprendra donc, cette année, avec la collaboration du ministère de la Sécurité publique, une enquête sur le phénomène actuel de surpopulation mais aussi sur les moyens d'en freiner l'évolution, en proposant des mesures visant à corriger à la source les causes d'incarcérations inutiles.Un vice chronique Il n'y a pas que dans les méthodes de recouvrement d'argent que le gouvernement fait défaut d'uniformité.Le Protecteur du citoyen dénonce en effet un même manque d'harmonisation et de coordination entre les différents programmes gouvernementaux.Notant une absence de vue d'ensemble dans l'élaboration des programmos ou même dans l'application des lois, le Pro- tecteur du citoyen fait ressortir que le travailleur victime d'un accident de la route alors qu'il est au travail est pénalisé du seul fait que les compensations soient versées exclusivement par la Commission de la santé et de la sécurité du travail, alors que, sous certains aspects, les bénéfices accordés par la Régie de l'assurance automobile sont plus généreux.Et il cite quelques exemples: \u2022 la Régie rembourse les frais funéraires jusqu'à un maximum de 3000$.alors que la Commission de la santé et de la sécurité du travail ne verse qu'un maximum de 1500$, deux montants qui sont majorés selon le taux d'indexation; \u2022 dans le cas d'un accidenté célibataire, la Régie verse une indemnité de décès de 15 000$ au père et à la mère, tandis que la commission ne peut accorder qu'une indemnité de 6 000$ ( 3 000$ à chacun ); \u2022 pour l'indemnité de décès au conjoint, la Régie verse un maximum de 200 000$, tandis que la Commission de la santé et de la sécurité du travail ne peut verser qu'un maximum de 120 000$, équivalant à trois fois le montant assurable.L'entrée en vigueur de la nouvelle Loi sur l'assurance automobile, le 1er janvier 1990, a considérablement élargi le fossé entre ces deux régimes d'indemnisation qui devraient traiter également des problèmes identiques, estime le Protecteur du citoyen.En volant la vedette a la Commission de la santé et de la sécurité du travail ( 17,8 p.cent des enquêtes), qui détenait le titre l'an passé, c'est le ministère de la Main-d'ocuvre, de la Sécurité du revenu et de la Formation professionnelle qui domine le palmarès, quant au nombre de plaintes formulées auprès du Protecteur du citoyen, soit dans une proportion de 21,3 p.cent.Le Protecteur signale la croissance exceptionnelle de plus de 93 p.cent de plaintes visant le ministère de la Sécurité publique, qui a par conséquent fait l'objet de lb,7 p.cent des enquêtes, ce qui, estime-t-il, vient confirmer les problèmes connus dans les centres de détention.On constate également une hausse de près de 51 p.cent des plaintes concernant le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Science, presque exclusivement attribuables aux plaintes des étudiants à l'égard de la direction de l'aide financière ( prêts et bourses).Ce ministère a fait l'objet de 6,5 p.cent des enquêtes.La Régie de l'assurance automobile du Québec, avec 11 p.cent, et le ministère du Revenu avec b,l p.cent des enquêtes sont les autres organismes ayant nécessité le plus d'attention.La préoccupation croissante du public pour l'environnement s'est manifestée par l'augmentation spectaculaire ( 121 p.cent ) du nombre de plaintes dans ce domaine.Le Protecteur du citoyen a constaté une erreur de fait et de droit dans 15 p.cent des cas; négligence ou maladresse, 19 p.cent; délai déraisonnable, 27 p.cent ; illégalité, 7 p.cent; acte injuste ou déraisonnable, 4 p.cent; abus de pouvoir.3 p.cent et problème de systèrof:, 11 p.cent.1 1.: LA PRESSE.MONTRÉAL.MARD110 JUILLET 1990 Paul Desmarah president du conseil d administration Roger D.Landry president et éditeur Claude MKson Marcel Desiardlns éditeur adjoint directeur de {information Alain Dubuc - -éditorialiste en chef Le fer de lance émoussé de la révolution prolétarienne es délégués au 28e Congrès du parti communiste de l'Union soviétique en sortiront encore plus perplexes qu'à leur arrivée.Beaucoup d'entre eux doivent se demander si le parti a encore un rôle à jouer dans la vie politique soviétique.Ils constatent que le fer de lance de la révolution prolétarienne est bien émoussé et que te parti ne dirige plus la politique soviétique.Pour s'en convaincre, ils n'ont qu'à considérer que M.Edouard Chévardnadzé et M.Alexandre Yakoviev, deux des personalités tes plus proches du président Gorbatchev, ont annoncé qu'ils ne présenteraient pas leur candidature au Politburo, lequel, de toute façon, ne sera plus la petite coterie exclusive et puissante.Du reste, M.Boris Eltsine, président de la Fédération de Russie, dont le fr^nc parler déplaît tant aux conservateurs du par* ti, a clairement dit aux délégués que la politique soviétique se .fait ailleurs que dans la salle du congrès.Il aurait pu ajouter qu'il en sera toujours ainsi aussi longtemps que les parlements et les gouvemements en Union soviétique sont le résultat :d'élections libres.Depuis le congrès de Londres de 1903, le parti de Vladimir Lénine n'a jamais eu pour but d'instaurer un régime démocrati- que et n'a jamais fonctionné de façon démocratique.Lénine n'avait que faire d'un parti de masse comprenant tout un éventail de tendances, il voulait un parti discipliné, et uni autour d'une orthodoxie idéologique.L'objectif du parti était de pren-dre le pouvoir dans l'intérêt du prolétariat, mais sans nécessairement représenter la volonté de peuple.Si, après la prise du pouvoir, les effectifs du parti communiste ont fortement augmenté, ce n'était pas pour que le peuple puisse participer au pouvoir, mais pour que la discipline du parti se fasse mieux sentir par l'ensemble de ta population et pour mieux éliminer tous les autres partis.Cette structure s'est renforcée et intitutionnalisée sous Staline et n'a pas vraiment changé depuis.Mais ce n'est plus un parti de révolutionnaires et de pionniers.Les carriéristes de la nomenklatura y côtoient sans gêne des technocrates compétents et les fervents du marxisme-léninisme.Ce n'est guère un milieu ou germent les idées nouvelles qui pourraient sauver l'Union soviétique.Cette nouvelle classe n'est pas davantage destinée à contribuer à un processus démocratique qui seul peut assurer une économie de marché, ouverte et équitable.Dans ces circonstances, on devrait s'attendre à un éclatement du parti ou à son abandon par tes millions de membres désenchantés.Il y a deux raisons pour lesquelles le parti reste encore entier.Un membre ne peut pas simplement jeter la carte du parti aux orties; il doit demander la permission de démissionner.Une raison plus grave est que, même si son pouvoir politique est fortement diminué, il réprésente malgré tout une certaine puissance.Le parti est une organisation financière riche, des immeubles, des joumaux, des périodiques, des fichiers et des listes.Un chef politique comme Boris Eltsine serait bien fou de quitter te parti pour en créer un autre s'il ne pouvait pas mettre la main sur la Pravda ou d'autres outils de lutte politique.Enfin, le parti communiste pénètre encore dans tous tes coins et recoins de ta vie soviétique.Pour beaucoup de membres, il est le patronage et le copinage de la nomenklatura.Même s'il était dissout demain, il faudrait des années avant que ce réseau ne soit complètement démantelé par un régime démocratique.Mais le pouvoir du parti n'a rien de populaire et ne sera jamais démocratique.Personne ne saurait mieux te dire que M.Vastly Grinev, un des coordinateurs de la grève des mineurs prévue pour demain: «Nous ne considérons plus que te parti communiste de l'Union soviétique est notre parti.» Frédéric WACNIÈRB Un petit cas contre les pluies acides Il Y a loin de la coupe aux lèvres, mais la lutte contre tes pluies acides vient de franchir, malgré tout, un autre petit pas important en fin de semaine.Le président George Bush a en effet profité du sommet économique de Houston pour annoncer à son collègue canadien Brian Muironey que les négociateurs américains seront prêts à commencer dès la fin du mois des pourpariers avec le Canada en vue de conclure un accord bilatéral pour réduire les émissions polluantes.% 7 n ^^^^ Canadiens, il s'agit d'une heureuse 1/;^ j nouvelle.Mais rien n'indique que ces négociations seront courtes ni qu'elles seront faciles.La majeure partie des pluies acides, en ef-fet, est causée par les centrales thermiques '^^^au charbon du Mid-West américain.C'est donc dire que toute diminution des pluies acides dépend, dans les faits, de la volonté réelle des Américains d'agir.Depuis quelque temps, on sent une volonté en ce sens outre-frontière.Et ce, malgré les nombreuses tentatives du lobby du charbon ou des centrales thermiques du centre du pays, pilotés par le puissant sénateur Robert Byrd, démocrate de la Viri-ginie occidentale, qui affirme que les nouveaux impératifs environnementaux provoqueront 5000 pertes d'emploi.Pour la première fois, le sénat et te congrès américain ont tous deux adopté, ce printemps, des projets de toi constituant un premier pas dans la lutte aux pluies acides.Pour qu'ils aient force de loi, il faut cependant que tes deux chambres s'entendent sur un texte uniforme à être ensuite ratifié par te président Bush.C'est leur engagement à appliquer cette loi que les États-Unis offriront ensuite au Canada dans un accord qui n'aura toutefois pas la force d'un traité.Pour certains écologistes, cela ne sera pas assez.Mais pour ceux qui tentent depuis des années de convaincre les autorités américaines du sérieux du danger, cela constituera tout de même un sérieux pas en avant.Pierre vennat 'M A '^^ Tie^UzLsi ON m - ¦ J., J 'm 1 Mil/ S'A*.» f h; ¦m II esr ove /uee Peopœ -\u2014ir 1 r DROITS RESERVES La boîte aux lettres Peuples fondateurs, mon oeil ! ¦ Nos Amérindiens sont indiscutablement les premiers occupants du territoire canadien.Mais cela en fait-il des peuples fondateurs?Pour être un peuple fondateur, il faut avoir fondé quelque chose.C'est-à-dire avoir bâti, construit, établi quelque chose.Les Québécois de souche sont un peuple fondateur.Ils ont fondé des institutions: gouvernements, villes, villages, paroisses, écoles, hôpitaux, seigneuries.Ils ont cultivé la terre et exploite des ressources naturelles sur une grande échelle, lis ont bâti, en bois, en pierre, en acier et en béton, des églises, des édifices, des usines et des habitations.Ils ont créé des établissements commerciaux, industriels et financiers.Ils ont aussi cultivé les arts.Au cours des siècles, leurs institutions se sont développées, consolidées et multipliées en portant la marque d'abord du génie français, puis du génie britannique.Mais les Amérindiens, eux, qu'ont-ils fondé?L'histoire nous apprend qu'ils s'adonnaient à la chasse, à la pêche et à la guerre.Leurs institutions politiques se limitaient à la bande, à la tribu et à la nation.Leurs constructions n'ont jamais dépassé le stade de la palissade pour se protéger de leurs ennemis, ainsi que celui de la tente de peaux et de la cabane rudimentairc en bois rond pour s'abriter tant bien que mal des intempéries.Le pays qu'ils habitaient, ils ne l'ont même jamais nommé et encore moins écrit, puisqu'ils ne connaissaient pas l'écriture.C'est bien peu de réalisations pour donner droit au titre de peuple fondateur.-f- Non, les Amérindiens du Canada ne sont pas des peuples fondateurs.Ils ont habité le pays, mais l'ont peu marqué.Cela toutefois n'infirme aucunement leur droit de voir leurs traditions et leur culture respectées.Quant à leurs autres droits, la population est visiblement bien disposée à leur donner justice, lis n'avaient pas besoin de saboter les accords du lac Meech pour se donner plus d'importance.En le faisant, ils ont fait, inconsciemment ou non, le jeu d'autres.On comprend qu'ils aient été tant félicités.Il faudra pourtant qu*on nous explique un jour par quel défaut de cuirasse, par quel slu-pide talon d'Achille de notre belle démocratie, un Amérindien, brandissant une plume d'aigle, a pu.à iuî seul, enrayer tout le processus législatif d'un gouvernement et, par tant, compromettre l'unité canadienne.À moins qu'on ne voit là une circonstance providentielle qui permettra à un peuple distinct de s'affirmer comme tel et d'assumer lui-même, à l'avenir, sa destinée et son développement.Arthur PICHÊ Saint-Laurent Bourassa n'a plus de mandat M M.Robert Bourassa a systématiquement refusé, pendant la dernière campagne électorale, de dire ce qu^il comptait faire advenant l'échec de l'Accord du lac Meech.Ce premier ministre n'a donc plus AUCUN MANDAT et il doit annoncer des élections générales.C.GINGRAS Montréal Vive nos voisins î ¦ Le Québec est limitrophe à trois provinces canadiennes: l'Ontario, le Nouveau-Bruns-wick et Terre-Neuvolabrador; et à quatre États américains: New York.Vermont.New Hampshire et Maine.À ceux qui prétendent que le Québec indépendant «brise» le Canada, je réponds que la Colombie-Britannique «brise» les Étals-Unis d'Amérique puisqu'elle est placée juste entre les États de Washington et d'Alaska.La Colombie-Britannique devrait-elle donc, suivant cette logique, devenir un État américain afin de ne pas briser les USA?Allons donc! Ce n'est pas parce qu'il y a un voisin entre votre maison et celle de votre frère que ce voisin fait partie de la famille.Au début, l'Amérique entière était française.Aujourd'hui, il nous reste le Québec.Que va devenir la diaspora francophone dans le reste du continent?Nous serons mieux en mesure de les aider si nous créons un État français fort et puissant sur le sol d'Amérique.Ils seront fiers de pouvoir s'y identifier.Actuellement, ils sont en train de mourir, assimilés par la masse anglophone américaine et canadienne.Et ne blâmons surtout pas les anglopho-nés.Ils sont chez eux partout en Amérique du Nord, sauf au Québec, et ils agissent comme un peuple normal doit agir chez lui.C'est nous qui, jusqu'ici, n'agissions pas de façon normale.Incroyable mais vrai! Nous venons juste de découvrir que nous sommes chez nous ici.au Québec! Autrefois, le mot «Canadien-»nous appartenait.Aujourd'hui, nous devons le laisser aux Anglos-Saxons.Nous les aimons bien, leurs montagnes rocheuses dites « Rocky Mountains », comme nous aimons bien aussi le Grand Canyon américain du Colorado.Les Québécois aimeront toujours visiter le Canada comme ils ont toujours aimé visiter les États-Unis.Oui, nous aimerons toujours nos voisins canadiens et américains parce que nous sommes un peuple à l'esprit ouvert et fraternel.Mais nous avons enfin compris que chez nous, ce n'est pas chez le voisin.Roger CHARLEBOtS Saint-Léonard La honte de notre histoire M le trouve aberrant que Pierre Vallîèrcs, Francis Simard et consorts comptent organiser des manifestations pour rappeler les événements de 1970.le îeur suggère d'aller déposer des fleurs sur la tombe de Pierre Laporte.Que tous ceux qui préconisent l'indépendance du Québec se dissocient de ces gens qui ont écrit la page la plus honteuse de notre histoire.Marguerite CÔTÉ Montréal N.B.¦ La Presse accorde priorité sous cette rubrique aux lettres ?ui font suite à des articles pu-liés dans ses pages et se réserve le droit de les abréger.L'auteur doit être clair et concis, signer son tc^te, donner son nom complet, son adresse et son numéro de téléphone.Adresser toute correspondance comme suit: La boîte aux lettres, La Presse, 7.rue Saint-Jacques, Montréal, H2YIK9.au lî^ï^ipMiocenjtès^Jleurs^^ lLf^t^vl>î6^ mo-^' ;;n)ent6.-or^;î v'A^-^a-y^ ¦ r ^tot^ueile Premferiœîrifs^^ V du.Cbii^)cx,ti fait'isa déclaration «messàgeià.là i^ation la na» tiptt^^uébép^^ sol.Il est^i^^hUeUquei^eso .«pravi^,^,»x pour; desijjncr le QtiébjBc: Notonç, d'àiïleu ; qtfàpplîgué aux/Êta 3^^Iaéràtson>(^^^ ^©sÇîhjpp^ un anglicisme, te « province» ani^laisne se rë|\\d pas par : ;iro HItfiCr HtihCh Heico HeriiEn HershO HotlyCp HrnHar HovfiEn Howtek ICH ImpOil glIO IfotSy IfrtBItnl IGC loria Iverion Jetron JoMint Kappa KeNOG liO 35 Klnark 8 Ktrt;y .10e 23 KleerV 171 30 7 112 8 m 17 4 10'4 5'^ 16
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