La presse, 15 juillet 1990, B. Sciences et techniques
[" La Pronpo LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 15 JUILLET 1990 WÊmÊm Les maladies infectieuses demeurent la première cause de mortalité À l'échelle planétaire, les virus tuent davantage que les cancers et maladies cardiaques des sociétés industrielles CAROLE THIBAUDEAU L es mots maladies infectieuses ne frappent pas l'imagination comme les mots cancer ou maladie cardiaque.«On a l'impression que les progrès de la médecine ont pratiquement vaincu les maladies infectieuses, explique le docteur Richard Morisset, professeur de microbiologie et d'immunologie à l'Université de Montréal.Mais pourtant, à l'échelle mondiale, elles demeurent la plus grande cause de mortalité.» En Afrique, par exemple, quatre enfants sur cinq meurent avant l'âge de cinq ans, terrassés par une méningite, une pneumonie, la rougeole.Quand on sait qu'une fois parvenus à l'âge adulte, ces enfants sont menacés par le sida, Quelques gonocoques viennent d'être ingérés par un globule blanc on reste songeur quant à l'avenir de ces peuples.Afin de faire le bilan des connaissances actuelles dans ce domaine, 2000 participants inaugurent aujourd'hui le congrès international biennal sur les maladies infectieuses, tenu pour la première fois à Montréal.Le docteur Armand Frappier, pionnier de la vaccination au Québec èt fondateur de l'institut qui porte son nom, en est le président d'honneur.Le docteur Morisset préside le comité national d'organisation.Le congrès compte 250 conférenciers invités.La question du sida sera omniprésente au cours de ce congrès, étant donné l'effort de recherche important qui a été consenti dans ce secteur depuis dix ans.«On ne veut pas doubler le Congrès international sur le sida qui vient de se terminer à San Francisco, affirme le docteur Morisset, mais beaucoup des récentes découvertes en microbiologie et en immunologie sont dérivées de recherches sur le sida, l'estime que les deux grands problèmes de notre époque sont l'environnement et le sida.» \u2022 La session sur la tuberculose, par exemple, parle indirectement du sida.Étant donné que beaucoup de sidéens attrapent la tuberculose, cela crée un bassin de porteurs qui propagent la maladie, épidé-mique dans certains pays Champignons responsables d'infections cutanées Des oeufs d'ascaris: responsables de la diarrhée des voyageurs d'Afrique.La tuberculose se traite au coût de 300$ par jour ici à l'hôpital.«Dans un pays où le budjet de la santé fait tout juste un dollar par tête, c'est impensable de traiter», souligne le docteur Morisset.Vigilance Si la science avance, les microbes, eux, se défendent bien.Ils s'adaptent, se transforment, trouvent toujours une façon de contourner l'arsenal médical.La malaria, par exemple, s'accroît dans de nombreux pays.Non seulement le microbe résiste-t-il maintenant aux médicaments, mais encore le moustique qui le propage résiste lui aussi aux insecticides.«Nous devons conserver notre vigilance face aux maladies infectieuses», soutient le docteur Morrisset.Au Québec, il y a une recrudescence de rougeole, soit 12 000 nouveaux cas en 18 mois, conséquence de l'abandon du vaccin.Une nouvelle maladie microbienne peut surgir n'importe quand et menacer l'humanité.Nouvelles maladies Outre le sida, de nouvelles affections microbiennes sont apparues récemment: il y a eu la maladie du légionnaire il y a quelque 15 ans; on vient de découvrir la maladie de Lyme et le syndrome de fatigue chronique, on soupçonne certaines maladies comme la sclérose en plaques d'avoir un déclencheur microbien, etc.Les premières conférences du congrès ont lieu ce soir, et portent sur le lien entre le virus et le cancer ainsi que sur la persistance de certains virus dans l'organisme.On sait par exemple que le porteur chronique du virus de l'hépatite B risque de développer un cancer du foie.Autre exemple, le cancer du col de l'utérus est relié aux papillovirus, qui donnent également des con-dylomes.Le virus d'Eipstein-Barr, qui donne la mononucléose, finit par causer des lymphomes dans certains pays.Parmi les 15 symposia simultanés qui se tiendront demain et après demain, soulignons celui sur la transmission par le sang.Par transfusion sanguine, dans les pays où les tests de prévention sont moins rigoureux, la sang peut transmettre le sida, mais aussi la syphillis, la malaria, la leucémie HTLV1, etc.D'autres symposia porteront sur les nouvelles générations d'antibiotiques, la propagation de la maladie de Lyme, les encéphalites, la régulation de la réponse immu-nologique.Dans ce dernier thème, on apprend qu'on traitera un jour les maladies microbiennes par deux approches simultanées: le médicament antibiotique et le médicament qui stimule telle ou telle fonction du système immunitaire.Les immuno-stimulateurs préviendront même les infections chez un sujet à risque.On parlera aussi de zoono-se, domaine des maladies transmises de l'animal à l'homme.Le chat, par exemple, peut transmettre une maladie grave nommée taxoplas-mose.La zoonose est un domaine en expansion, depuis que la zoothérapie est devenue populaire.Prix Nobel Deux prix Nobel présenteront des conférences à ce congrès: le docteur David Baltimore, récemment nommé président de l'Université Rockefeller, à New-York, et le docteur Carleton Gajdusek, du National Institute of Health à Bethesda.Le docteur Baltimore est de- PH0T0 PIERRE McCANN.U Press* Le docteur Richard Morisset: «J'estime que les deux grands pro-, blêmes de notre époque sont l'environnement et le sida.» venu à l'âge de 37 ans l'un des plus jeunes lauréats du prix Nobel, prix qu'il a reçu conjointement avec le docteur Howard Temin.Les deux chercheurs venaient de découvrir, simultanément mais séparément, l'enzyme qui permet à un virus de copier et d'intégrer du matériel génétique humain.Ces deux lauréats ont partagé leur prix avec le docteur Renato Dubec- co.De son côté, le «prix No- bel» Carleton Gajdusek s'est penché particulièrement sur les virus lents, qui restent longtemps dans l'organisme avant de se manifester.Le docteur Gajdusek est l'expert mondial du kuru, cette forme d'encéphalite pratiquement : disparue qui se transmet par des moeurs anthropophages, lorsque l'on mange le cerveau de la personne atteinte.De nos jours, il se transmet surtout par la consommation de cervelle de singe.- » A TIRE-D'AILE.7: Nourrir les oiseaux l'été, ne serait-ce que pour apprivoiser le chardonneret PIERRE CINCRAS urpnse, récemment, en lisant le bulletin ^J^ISË^ i de liaison du ! fe&^yj groupe d'ornithologues Nature Illimitée de Montréal.On conseillait aux membres de cesser de nourrir les oiseaux durant Tété, et cela dans le but d'éviter de trop embêter les voisins.Cette recommandation faisait suite à un article de La Presse au sujet d'une dame de Brossard qui avait eu des démêlés avec la municipalité parce qu'elle nourrissait les oiseaux.Pour ma part j'entretiens des mangeoires tout l'été mais je limite ou j'élimine le tournesol pour ne pas me faire réveiller trop tôt le matin, mes mangeoires étant situées à moins de trois mètres de la chambre à coucher./ On peut par ailleurs limiter le nombre d'oiseaux en utilisant des mangeoires à tournesol suspendues.Mais si je tiens certaines espèces à distance, il n'est pas question cependant de ranger les silos à chardon.Je ne pourrais me passer du spectacle et du concert offerts par les chardonnerets jaunes lorsqu'ils virevoltent autour de la maison l'été.Us sont souvent peu farouches et lorsqu'ils se perchent sur une mangeoire, on peut parfois les approcher de très près.J'ai d'ailleurs constaté au cours des années que ces silos attirent à l'occasion plusieurs autres oiseaux.Par exemple, s'il y a des chardonnerets des pins dans votre patelin, vous les verrez sûrement en train d'extirper des graines de chardon de votre cylindre en plastique.Le roselin pourpré s'avère souvent un adepte du chardon comme c'est aussi le cas du moineau domestique ou encore de la mésange à tête noire.Une famille élevée avec discrétion Curieusement, s'il s'agit d'un oiseau qui vit en groupe, jamais bien loin d'une source de nourriture, le chardonneret jaune est un nicheur solitaire qui sait se faire extrêmement discret lorsqu'il élève sa petite famille.D'ailleurs, même s'il y a toujours quelques dizaines d'oiseaux autour de vos mangeoires au cours de l'été, il sera souvent très difficile de localiser un nid même s'il est construit sur votre terrain.Pourtant, il s'installe souvent dans un endroit qui nous est accessible, dans un petit arbre, notamment un bouleau, au bord d'un champ.Selon les scientifiques, les fibres qui servent à sa fabrication sont tissées de façon tellement serrée que le nid peut retenir l'eau lorsqu'il pleut.Si bien qu'on a déjà vu des oisillons se noyer au fond du nid au cours d'un orage.Chez nous, le chardonneret jaune niche en juillet et il pond habituellement cinq oeufs.D'une durée de 12 à 14 jours, la couvaison est assurée par la femelle mais le mâle alimente sa compagne durant cette période.Les petits sont nourris de graines partiellement digérées et ils resteront au «foyer» une quinzaine de jours avant de prendre définitivement leur envol.La longévité maximale de l'oiseau atteint sept ans bien qu'un spécimen gardé en captivité ait survécu jusqu'à l'âge de 13 ans.S'il manifeste une prédilection particulière pour les semences de chardon qu'il trouve dans les champs, le chardonneret jaune se nourrit aussi d'une foule de graines d'origine diverse.Par exemple, il mangera les minuscules fruits des conifères qu'il délogera entre les écales des cônes, ou encore de graines de verges d'or, de pissenlits, d'asters sauvages ou de chicorées.Dans nos jardins, il affectionne les graines de zinnias, de coréopo-sis, de cosmos ou encore de laitue.Le chardonneret jaune se rencontre du nord du Mexique au sud du Canada et partout aux ^tats-Unis.Plusieurs États américains comme le New Jersey, le Minnesota, l'Iowa et Washington en ont fait leur emblème aviaire.Au Québec, on retrouve cette espèce surtout dans le centre de la province mais il ne niche pas au nord d'Amos ou du lac Saint-Jean.Un chardonneret, croqué par le photographe Armand Trottier, de La Presse POUR DEVENIR MEMBRE DE L'ÉQUIPE DES URS DE \u2022 \u2022i* n I APPELEZ AU 285-6911 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 15 JUILLET 1990 La Paul Desmarais president du conseil d administration Roger D.Landry president et.éditeur Claude Masson Marcel Desjardins éditeur adjoint directeur de I information Alain Du bue éditorialiste en chef Le cri d'alarme de la Petite-Bourgogne La Petite-Bourgogne vient de lancer un cri d'alarme.Blancs, Noirs, anglophones et francophones de 26 organisations s'unissent pour sauver leur quartier des ravages du crack.Tous ensemble, ils demandent des autorités la mise en oeuvre d'un plan d'action.La Petite-Bourgogne n'est pas le seul quartier menacé.Il y a quelques jours, La Presse révélait que le crack frappait également Cartierville.Christine Lebrun, dans le cahier Plus d'hier, démontrait qu'il y a aujourd'hui deux fols plus d'usagers et cinq fois plus de drogue qu'en 1985 au Québec.Il est donc temps d'agir, le temps n'est plus à la réflexion.Or ce plan d'action, il existe.Il y a un mois aujourd'hui, jour pour jour, le Croupe de travail sur la lutte contre la drogue, présidé par M.Mario Bertrand, remettait au premier ministre Bourassa un plan d'action précis et pratique, lequel toutefois, pour être mis en application, nécessiterait des crédits de 30 millions $ pour 1990-91.Bien sûr, 30 millions S représentent une somme importante.Mais qu'est-ce à côté des conséquences néfastes du laisser* faire ?Quand des blocs appartements se vident, que des quartiers décrépissent, perdent de la valeur foncière parce que per- sonne ne veut plus y résider, que des vies se brisent pour un commerce illicite, à combien évalue-t-on les pertes économiques et sociales que cet état de choses entraîne ?Bref, la solution à la lutte à la drogue est surtout politique.Elle suppose de la part du premier ministre lui-même et de toute la société une volonté d'y mettre fin.Et comme première condition, la fin d'une certaine «tolérance sociale».Car notre société a fini par considérer normal, jusqu'à un certain point, que plusieurs gens se droguent.On veut bien s'en prendre aux trafiquants, mais on ne sévit pas assez envers les consommateurs.Certains milieux trouvent même «chic» de consommer des drogues fortes.Non seulement certains se montrent-t-ils tolérants à l'excès, mais ce sont ceux qui veulent s'y opposer qui se voient parfois taxés d'intolérance, d'étroitesse d'esprit et on en passe.On voudra bien considérer comme «malade» le drogué qui consomme trop, mais trop de gens ont envers les drogues la même attitude qu'envers l'alcoolisme.Si en matière d'alcool, la modération a toujours meilleur goût, et que par conséquent il y a moyen de consommer sans excès, en matière de drogue forte \u2014 on ne parle pas ici d'un simple joint de marijuana \u2014 seule l'abstinence totale s'impose.Et pourtant, encore aujourd'hui, trop de gens, à l'école, dans les milieux de travail ou familiaux, baissent pudiquement les yeux lorsqu'on consomme de la drogue devant eux, comme s'ils n'étaient pas concernés.Non seulement se montre-t-on parfois tolérant à l'excès, mais certains vont même jusqu'à taxer d'intolérance ou d'étroitesse d'esprit ceux qui veulent lutter contre la drogue.Dans le domaine judiciaire, comme l'expliquait Christine Lebrun dans La Presse d'hier, les avocats de la poursuite et, bien sûr, les policiers, se heurtent souvent à la Charte des droits tandis qu'en milieu de travail, les syndicats sont rébarbatifs à peu près à toute mesure de contrôle.Dans le monde sportif, l'enquête Dubin a démontré que trop souvent la victoire s'acquiert à n'importe quel prix.Le comité Bertrand veut tout changer cela.Il croit nécessaire que dans ce dossier, comme dans d'autres, le premier ministre prenne le leadership.M.Bourassa ne dit pas non, mais il a confié à son secrétaire général, Benoît Morin, de lui soumettre un calendrier pour la mise en oeuvre des recommandations du rapport.Ce calendrier, on l'attend toujours.Et on n'a pas l'assura:ice non plus qu'il sera rapide.Pourtant, le plan d'action est là.Il suffit de vouloir l'appliquer i \u2022 .i i \u2022 I Opinions «J'ai choisi la société distincte» Nous reproduisons la touchante allocution qu'une immigrante panaménien-ne, Nadhji Ardjona, a prononcée aux récentes têtes de la Saint-Jean, au COFI Maurice-Lcfebvre, où elle apprend le français.NADHJI ARDJONA n est ici pour célébrer le jour de la Saint-Jean-Baptiste et la fête nationale du Québec, deux événements qui coïncident avec la journée la plus longue de l'année, comme si le soleil en nous donnant sa lumière plus longtemps que les autres jours, voulait éclairer le chemin qu'on a fait jusqu'ici, nous, immigrants.À l'instar de la majorité des immigrants qui arrivent au CÔFl, j'ai quitté mon pays avec ma famille, poussée par les circa nst an tes.Les mêmes forces funestes qui ont soufflé sur toute l'Amérique latine et \u2022 d'autres pays ont acculé le peuple de Panama à la ruine, pire, à la décadence des valeurs rao- \u2022 raies qui sape les sociétés.En juin de Tan dernier, nous avons été acceptés par le Gouvernement du Canada, je n'avais jamais pensé venir à \u2022 'Montréal, mais mon fils pensait qu'on serait mieux ici, qu'il y aurait de meilleures .chances de travailler.Sa femme n'aimait pas cette idée, mais j'avais compris que si j'étais contre, ma famille n'aurait pas été tranquille.Ça ne me plaisait pas, parce qu'on avait beaucoup souffert les deux années précédentes au Panama.On avait tout vendu ce que Ton possédait pour défrayer le déménagement au Canada.De toute façon, j'ai accepté de venir à Montréal et, après, d'apprendre le français, ce que j'ai commencé à faire avec enthousiasme.L'automne est arrivé, puis l'hiver.Hiver plus que difficile, mais une expérience très intéressante.Nous sommes originaires d'un pays très chaud, peut-être le plus chaud d'Amérique latine, mais nous sommes vigoureux, capables de résister aux températures extrêmes.Nous avons compris qu'il fallait faire des sports d'hiver, comme les Canadiens! Ma bru et moi avons commencé au COFI en janvier et ma petite-fille est entrée à la garderie.Mon fils a travaillé depuis que nous sommes arrivés à Montréal.Bien tôt, j'ai trouvé le français très intéressant.C'était comme si j'étais retournée à l'école secondaire ou au début de l'université, alors que la culture française donnait le ton à renseignement qu'on recevait.J'ai retrouvé des idées qui étaient restées endormies en moi.D'autre part, je me suis souvent promenée à Montréal afin de connaître ses rues, ses centres de culture, ses bibliothèques, ses écoles de danse, le Forum, le Vieux-Montréal.Quand j'ai commencé à parler français, j'ai éprouvé quelques difficultés.Souvent, quand quelqu'un m'arrêtait dans la rue pour me demander quelque chose, je lui donnais la réponse en français, le mieux possible, mais cette personne continuait à me parler en anglais.ou essayait de me parler en très mauvais espagnol.Pourquoi?Parce qu'ils n'ont pas la patience de tolérer nos débuts?Ce n'est pas de cette manière que nous en viendrons à connaître et à maîtriser le français.Les journalistes disent toujours que les immigrants sont des allophones, qu'ils ne s'intègrent pas à la société québé- coise, qu'ils n'aiment pas parler français.je pense qu'il y a là un grave problème au Québec.Mais il n'est pas insoluble.Le COFI aide déjà les immigrants à s'intégrer à la vie québécoise.De notre côté, nous devons nous appliquer à parler, lire, penser, vivre et même rêver en français, le sais l'anglais suffisam.-ment pour travailler, mais je veux pouvoir comprendre Les Misérables en français, puisque maintenant j'habite à Montréal ! Et je suis très têtue! Pourquoi Montréal?Pourquoi le français?Pourquoi pas Toronto ou Vancouver?C'est la «société distincte» qui m'a conquise! l'aime la culture anglaise, j'admire la langue de Shakespeare, mais la culture québécoise est la plus près de mon coeur et de mon esprit.En cherchant la liberté d'expression et les droits de la personne qui avaient été supprimés en mon pays, j'ai trouvé Montréal et j'ai rencontré les valeurs qui m'avaient inspirée quand j'étais jeune.Aujourd'hui, j'aime le Québec, ma patrie d'adoption qui nous a donné une nouvelle vie à moi et à ma descendance.Je prie Dieu de me donner la vie et la santé afin d'apporter à cette extraordinaire province tout ce que je peux réaliser de bien.Je lui demande, aussi, de donner la sagesse au Gouvernement du Québec pour qu'il oriente les immigrants dans leur nouveau chemin.Ce n'est pas un chemin facile, c'est plein de pierres et de poussière.Mais si l'on s'attache bien les sandales, on pourra le parcourir sans encombre, pour notre bien à nous, les nouveaux, et de nos enfants, les futurs citoyens et citoyennes du Québec.)e suis, sûre qu'on réussira! La réussite lona JOHN MUMMÉ CAR LA LBPSIG-MUMMÉ Le débat actuel sur la francisation des «allophones» dans les écoles montréalaises est encore embryonnaire, mais il se développpe rapidement, étant catalysé autant par le projet de société, rétrograde à notre avis, des administrateurs de la CÉCM, que par l'évolution inévitable du Québec vers un multiculturalisme à priorité française.Au fond de ce débat, on perçoit une image fort négative de l'école dite allophone, image qui, croyons-nous, fausse la réalité des faits.Selon cette image, l'école qui renferme une forte proportion de non-francophones de vieille souche serait de qualité inférieure car: \u2014 elle ne réussira pas à franciser les écoliers, car ceux-ci ne participeront pas vraiment au projet éducatif et linguistique; \u2014-elle sera appauvrie sur le plan culturel, car la culture de souche n'aura pas la priorité; \u2014 elle préparera mal les écoliers à leur vie future au Québec.Mais qu'en est-il de la qualité académique d'une telle école, de la rigueur intellectuelle, de la créativité pédagogique?Ces sujétâ fr'dnt pas trouvé d'écho dans le débat actuel.Pourtant notre expérience personnelle va à rencontre de l'image courante.Notre fille de douze ans termine sa 6e année du niveau primaire à l'école lona de la ŒPGM.C'est une petite école sans prétention, pauvre, composée à 85% d'allo-phones et cependant elle dispense une éducation de très grande qualité.L'école lona réussit à donner une éducation solide, à la fois flexible et exigeante, tout en respectant l'autonomie intellectuelle de ses élèves et en encourageant leur enracinement.Et tout cela en bon français I L'excellence pédagogique doit beaucoup à la directrice, Mme Koitou, oui sait communiquer de l'enthousiasme aussi bien aux élèves qu'aux profes- , seurs.Ceux-ci, se recrutant par- .ml les plus jeunes et les plus dynamiques de tout le réseau scolaire de Montréal, savent se mettre à la portée des enfants du primaire, participant activement à leurs jeux, leurs complots, leurs aventures.Depuis l'arrivée de notre fille à l'école IONA en deuxième année, aucun professeur ne nous a déçus: toujours l'excellence.Au point de vue culturel, l'école lona a ouvert tout un monde a notre fille.Parmi ses amies, certaines sont de souche québécoise, d'autres sont issues de familles françaises, salvado-riennes, chinoises, coréennes, vietnamiennes et haïtiennes.La discrimination raciale n'entre pas dans leur vision du monde.Les après-midi, les éco-lières de sixième année se rendent chez l'une ou l'autre copine, ou encore, le dimanche, chez MacDo ou à la piscine Claude-Robillard.Notre fille a dû apprendre cependant que les exigences et coutumes des parents de ses amies d'autres cultures étaient différentes des nôtres et devaient être respectées.Des liens se sont noués aussi entre les parents: ainsi, en deuxième et troisième, ceux-ci ont établi un système de jumelage afin d'aider les enfants moins forts en français à faire leurs devoirs.On est bien loin de trouver dans cette école dite « allophone» une pauvreté de culture.Au contraire, les enfants d'Iona partagent et créent ensemble une vie sociale et culturelle très riche, avec un dynamisme qu'on trouverait rarement dans l'école-type québécoise.Les enfants d'Iona vivent leur éducation primaire en bon français; l'anglais, on le réserve à la musique rock, tout comme le fils de notre voisin qui fréquente le collège jean-de-Brébeuf.Pour tout dire, l'école lona, tant au point de vue pédagogique que social, se révèle une réussite remarquable et l'expérience de notre fille confirme que l'éducation «allophone», loin d'être de qualité inférieure, est une source d'enrichissement, peut-être plus même que l'école-type homogène, si chérie par certains nostalgiques à la CËCM, aurait pu le faire.L'école lona représente un modèle que des écoles aux prises avec le «problème» des allophones auraient sûrement, à notre avis, avantage à imiter.Guy Cormier LA SEMAINE Un beau livre mais.La semaine a été riche.Le congrès de Parti communiste russe à Moscou, capital pour l'avenir politique de M.Gorbatchev, et le sommet des pays industrialisés à Houston, au Texas, ont à bon droit retenu l'attention.Sous l'avalanche des nouvelles et des commentaires entourant ces deux événements, la publication au cours de la semaine écoulée du rapport d'Amnistie internationale pour l'année 1990 est peut-être passée inaperçue.Le rapport de cette année est très bien présenté.Belle toilette pour un sujet particulièrement rebutant: la mort et la torture dans plus de 60 pays.Tant mieux si la lecture du rapport annuel s'en trouve facilitée, car il faut que soient connus les crimes et les criminelss.«Des milliers de personnes ont été emprisonnées, torturées et tuées en 1989 par des États qui tentaient de réprimer ou de maîtriser les tensions ethniques et nationalistes à l'intérieur de leurs frontières» (Introduction).À deux reprises, les rédacteurs du document rappellent que l'Organisation «ne prend pas position sur les questions d'indépendance nationale, d'autonomie régionale ou culturelle, ou sur les conflits territoriaux».On reproche parfois à Amnistie d'être excessivement sélective dans son répertoire des États damnés.Quand on nomme les pays on est forcément sélectif.Mauvaises notes à la Somalie, à l'Ethiopie, au Soudan, à la Chine, à l'Inde, à Israël.Et pour faire bonne mesure: aussi à l'Irak.Gérard Veilleux Ajustez votre appareil La télévision est aux abois.Partout dans le monde, la télévision a des problèmes de statut ou de financement, souvent les deux à la fois.Aussi n'est-il pas surprenant d'entendre dire que, chez nous, la télévision traverse quelques épreuves.L'argent manque aux uns et aux autres.Il y a trop de monde à table.À la table de publicité, ressource indispensable pour les postes privés et importante pour la télévision gouvernementale.À Radio-Canada notamment, la proportion des revenus provenant de la publicité atteindra bientôt 45 p.cent.D'où le mécontentement des télédiffuseurs privés, qui se plaignent qu'on leur arrache le pain de la bouche par le jeu de ce qu'ils appellent une concurrence déloyale venant de la société gouvernementale.Le président de Radio-Canada, M.Gérard Veilleux, accueille sans attendrissement spécial ce qu'il appelle du «pleurnichage».Le consommateur de télévision est gâté à Montréal.Gâté par l'abondance sinon par la qualité.À certains jours, c'est l'avalanche.En ce qui concerne les émissions d'information, la multiplicité et la diversité des sources sera toujours une aubaine.Mais le divertissement ne devrait-il pas être abandonné au secteur privé?«Nous ne sommes pas un PBS canadien (réseau éducatif des États-Unis)», répond M.Veilleux.Si jamais le PDG de Radio-Canada a des difficultés de trésorerie, il pourrait emprunter au moins une recette de PBS.Ce réseau recueille périodiquement des fonds auprès des téléspectateurs amis, au moyen d'un téléthon organisé à son profit.Il serait intéressant de voir ce que donnerait la même expérience à Radio-Canada.Vous imaginez-vous envoyant votre 2$ à la nécessiteuse-R.-C?La Poste et ses « blblttes » Avant de lire l'intéressante chronique hebdomadaire de philatélie signée le samedi par notre collègue Denis Masse, j'ignorais qu'il existât «des stromatolites issus de microbes cellulaires».EN DIAGONALE Denis Masse ne s'attarde pas longuement sur la nature de ces créatures primitives et fossilisées.En résumé, il s'agit de «bibittes», comme dit le langage populaire, dont la Poste canadienne a fait des sujets de timbres.Le résultat est répugnant.«Nous en avons pour quatre ans à lécher le cul de ces petits monstres.> l'ignore si un décideur dans les arcanes du pouvoir, comme dit la formule consacrée, a revendiqué la paternité de ces reproductions, qui appartiennent davantage à l'encyclopédie qu'à la philatélie, comme le souligne à bon droit Masse.- Il se passe des choses tellement extraordinaires dans les rouages de gouvernements dits responsables qui sont, en fait, beaucoup moins responsables que ne le supposent les sacro-saints principes de la démocratie.Pour en finir avec les timbres, osons croire que la Poste ne va pas maintenant en émettre à l'effigie du maringouin ou de la blatte (cockroach en anglais).14 Juillet n France, le 14 juillet, Fête nationale, c'est l'anniversaire d une Révolution.À Montréal, le 14 juillet, c'est l'anniversaire d'une.inondation (1987).Là-bas, une flamme; ici, la douche écossaise.Revenons à un peu plus de sérieux.Le 13 juillet, donc la veille du 14, le docteur François Lubrina, connu des lecteurs de La Presse pour sa chronique dominicale sur les animaux, invitait quelques amis, ardents adeptes du «Rassemblement des Français canadiens», à l'occasion du passage à Montréal du sénateur Charles de Cuttoli.Sénateur des Français de l'étranger, M.de Cuttoli connaît et appuie les demandes du « Rassemblement » touchant la double nationalité, française et canadienne.Il est impossible, au cours d'un rapide survol d'une question complexe, de tout dire.Tenons-nous-en à une seule évidence.Ce qui est évident, c'est que les Français canadiens, les Canadiens français ou les Québécois, quelle que soit l'appellation, ne survivront pas à un double isolement: une première forme d'isolement dans une Amérique qui parle anglais et une seconde forme d'isolement par rapport à la francophonie.On peut être minoritaire par rapport à un bloc ou à un ensemble.Pas à tous.On peut être minoritaire une fois.Pas deux fois.À méditer pendant que se dessine l'Europe de 1993 et que le président Bush développe son rêve panaméricain.Le prince Charles Quand Charlie choit de son Jouai harlic est tombé de son jouai et s'est brisé un bras en jouant au polo.Voilà comment le très irrespectueux Canard Enchaîné raconte le malheureux accident survenu au bien-aimé prince d'Angleterre.Charlie chute de son jouai au moment où le souverain du Canada était en visite au.Canada.Et qui est le souverain du Canada?La propre mère du poloïste accidenté, nulle autre qu'Eliza-beth II, répond le Canard.11 est donc bien vrai que tout finit par se savoir.Juste pour rire Le clou du Festival juste pour Rire n'était pas au programme.)e parle de la performance de la Sûreté du Québec à Oka.Quel ratage sublime! Pas un seul ministre n'a encore démissionné.Quelle tristesse! au fond.Il y a plus à pleurer qu'à rire. LA PRESSE, MONTREAL, DIMANCHE 15 JUILLET 1990 SUR LA SCÈNE DE L'ACTUALITÉ SEMAINE DU 15 JUILLET 1990 La personnalité de la semaine En véritables athlètes, deux jeunes pompiers se portent i au secours de deux naufragés de la rivière des Prairies » * > CHRISTINE LeBRUN \u2022 4 \u2022 » » \u2022 Deux naufragés de la rivière des Prairies ont eu la chance de leur vie la semaine dernière: les deux jeunes pompiers de la caserne 44 qui se sont portés à leur secours étaient de véritables athlètes.L'un a été membre de l'équipe canadienne de water-polo, l'autre fait des «promenades» à vélo qui le mènent.jusqu'à Québec! Plus de peur que de mal, au bout du compte, pour Jacques Leguerrier et Daniel Fugère, des artisans en rénovation devenus bien malgré eux des plaisanciers en mal de sauveteurs.C'est en effet lundi dernier, vers 5 h 30, qu'ils ont failli périr noyés.Leur bateau a chaviré pendant qu'ils s'apprêtaient à jeter l'ancre.Ils étaient alors près de la zone des rapides, et ont été prestement emportés par le courant sur plus de deux kilomètres.Épuisés, les deux hommes ont finalement pu s'accrocher à des rochers situés à environ 40 mètres de la rive.La caserne 44, située tout près de là, a reçu illico un appel à l'aide de personnes qui avaient vu les apprentis-marins en difficulté.Arrivés sur les lieux et aidés par le conducteur du camion et l'officier de leur équipe, les deux pompiers, André Loiselle et Syl- vain Huet, ont sauté à l'eau et réussi à rejoindre Leguerrier et Fugère dont les forces diminuaient à vue d'oeil.Ils ont pu ramener Fugère à l'aide de cordes, mais André Loiselle a dû transporter Leguerrier, complètement vanné, sur ses épaules.La violence du courant et le fait que l'eau arrivait à la poitrine des sauveteurs ont rendu le travail des plus laborieux.Ceci fait dire à André que les pompiers devraient disposer de plus d'équipement pour faire face à de telles situations.Il aimerait en particulier que la caserne possède des embarcations permettant une action plus efficace.Un métier d'aventure Les deux compères n'avaient pas prévu que leur geste leur vaudrait la célébrité, et ferait d'eux les Personnalités de la semaine de La Presse.Ils n'ont cessé de répondre aux questions des journalistes, de poser pour les photographes.Sans compter qu'ils font les frais de leurs amis, lesquels se font un malin plaisir de les taquiner sur leur exploit.Il y en a même un qui a tenté de se faire passer pour Réjean Tremblay pour recueillir leurs impressions.Il va sans dire qu'il a été immédiatement démasqué.Sylvain et André n'avaient pourtant pas choisi le métier de pompier pour devenir célèbres.\tSYLVAIN HUET\tA r\tANDRÉ LOISELLE\t « Pompiers.Parce que nous n'avons pas le goût de la répression, mais celui d'aider les gens, de sortir le monde du trouble » C'est plutôt le travail d'équipe, le goût de l'esprit familial, de la vie en «gang» qui leur a fait choisir ce travail.L'aventure, le défi et le fait que le métier soit valorisant Jes ont aussi attirés.Pourquoi pas la vie de policier alors?Parce qu'ils n'ont pas le goût de la répression mais celui d'aider les gens, de «sortir le monde du trouble», précise Sylvain.Il faut dire que les pompiers rendent un nombre incalculable de services.Ils sont appelés pour les noyades, les accidents d'autos (pour sortir les gens prisonniers de leurs véhicules et prévenir les risques d'incendies), pour les inondations, les pannes d'ascenseurs, les personnes qui tombent des arbres.Et aussi, de temps en temps, pour des incendies.Deux actifs gaillards Sylvain Huet apprécie ce côté varié du travail de pompier et aimerait que le recours à leurs services pour tout ce qui touche la protection civile continue de se développer.Pompiers depuis 11 mois, Sylvain et André ont passé deux années à l'Institut de protection des incendies du Québec (IPIQ) de Lavaj pour apprendre leur métier.Âgés de 29 et de 24 ans respectivement, ils ont choisi ce boulot après en avoir exercé d'autres, qu'ils ne semblent absolument pas regretter.André, le blond gaillard du duo, a travaillé trois ans au service de l'expédition d'une entreprise de parapluies.Il a aussi fait des déménagements.Pour lui, il est beaucoup plus intéressant de travailler quand on ne sait pas ce qui nous attend le matin, que de « puncher » dans une compagnie où on fait toujours la même chose.Dans ses temps libres, il fait des promenades à vélo, joue au hockey et assiste à des concerts de musique «rock-progressif».Il a bien apprécié le Festival de jazz de Montréal et se promet d'assister au Festival juste pour rire.Sylvain, le grand brun, a été membre de l'équipe canadienne de water-polo durant sept ans.Il a notamment participé aux |eux olympiques de Los Angeles, en 1984.L'équipe avait terminé en dixième position «parce qu'ils avaient mal joué», précise-t-il.Sylvain continue de s'impliquer dans ce sport comme instructeur de l'équipe féminine du Québec.II se rendra en Grèce prochainement avec sa troupe.Il a aussi travaillé un an comme plongeur à la piscine du Centre Claude-Robillard et deux années comme entraîneur de water-polo à la Ville de Montréal.Comme loisir, il pratique principalement le ski alpin, le hockey, la musculation, la bicyclette et la planche à voile.Côté musique, Sylvain opte pour; Madonna qui est, à ses yeux,.incroyable en spectacle.* « Encore plus que du talent, de l'intelligence, même du génie, Vexcellence naît de Veffort.Air Canada i ALCAN B:4.LA PRESSE, MONTRÉAL, DIAUNCHE 15 JUILLET 1990 \u2022 '\"v^*-\u2014- '\u2022M Par le toucher rectal, le médecin sent très bien la différence de volume après le traitement hormonal combiné.À gauche, on observe un volume de prostate plus fort, avant le traitement, et le volume diminue après le traitement comme le montre l'illustration de droite.Cette perception demeure toutefois subjective, ce qui rend l'échographie transrectale d'un précieux secours.Pour vivre heureux après un cancer de la prostate CAROLE THIBAUDEAU ¦ Une petite révolution s'en vient dans le traitement du cancer de la prostate au stade précoce.Le cancer de la prostate est celui qui est le plus fréquent chez l'homme.Il atteint un blanc sur vingt et un noir sur dix en Amérique du nord.On dit qu'il est au stade précoce quand il n'a pas encore débordé de la prostate pour envahir les tissus avoisinants.Le docteur Monfette, chef du département d'urologie à l'hôpital Hôtel-Dieu de Saint-Jérôme, propose un traitement hormonal combiné avant et après l'ablation de la prostate cancéreuse.Sa méthode consiste à administrer, trois mois avant l'opération, des médicaments qui font diminuer le volume de la prostate et de la tumeur qui s'y est installée.«On enlève ainsi la prostate dans des conditions idéales, souligne le médecin.Il y a beaucoup moins de sang perdu.La durée opératoire passe de trois heures à une heure et demi, environ.» Le traitement hormonal réduit le degré de malignité des cellules cancéreuses.On pense que cette transformation les rend moins aptes à se détacher de la prostate pour se disséminer ailleurs dans l'organisme.Enfin, comme l'opération est moins longue et plus facile, on a moins de chances d'abimer les nerfs environnants, responsables de l'érection et de la faculté de retenir l'urine et de l'érection.La médication hormonale est poursuivie six mois après l'ablation de la prostate.Dès qu'on cesse la médication, le système pileux et l'activité sexuelle reviennent à la normale dans 70 p.cent des cas.« Mon protocole entraîne beaucoup moins de cas d'incontinence et d'impuissance», soutient le docteur Monfette.Avec l'équipe Labrie Le docteur Monfette travaille depuis sept ans avec le docteur Fernand Labrie, du Centre hospitalier de l'Université Laval à Québec.L'équipe Labrie est connue pour ses recherches sur le traitement hormonal du cancer de la prostate.Par simple toucher rectal, le chirurgien Monfette avait observé que la prostate diminuait de volume après trois mois de traitement hormonal combiné, à tel point que le nodule prostatique parfois n'était plus palpable.Ces observations subjectives restaient toutefois à prouver, ce qui est devenu possible grâce à l'échographie transrectale, disponible maintenant depuis trois ans.La prostate pèse 50 grammes en moyenne.Après un traitement hormonal combiné de trois mois, le poids moyen devient de 21 à 22 grammes, selon l'examen écho-graphique.Le poids de la prostate chute de moitié environ» mais celui de la tumeur diminue de 80 p.cent.Cette chute de poids est confirmée à l'examen pathologique de la prostate enlevée: 23 grammes en moyenne.De plus, le pathologiste constate à l'examen que le degré de malignité de la tumeur a diminué.Le quart des prostates ne contient plus de cancer du tout.Lorsqu'on diagnostique un cancer précoce de la prostate, le traitement conventionnel indique l'ablation sans traitement hormonal préalable.Le chirurgien constate alors que 40 p.cent des patients ont en réalité un cancer qui sort déjà de la prostate, donc qui n'est plus au stade précoce.Si, par contre, on administre la thérapie hormonale avant l'opération, seulement 16 p.cent des cancers débordent de la prostate.Un cancer dû aux hormones mâles En 1950 le scientifique Charles Higgins démontre indubitablement que le cancer de la prostate est causé par la testosterone, une hormone mâle.La conséquence de cette découverte: les chirurgiens décident d'enlever non seulement la prostate cancéreuse mais aussi les testicules, dont le rôle biologique est de produire entre autres de la testosterone.Malheureusement, cette castration était souvent insuffisante pour enrayer définitivement le cancer.Au début des années 80, on comprit enfin pourquoi grâce à la découverte du docteur Fernand Labrie, cité plus haut.Ce chercheur a démontré que les glandes surrénales envoient dans la circulation une molécule précurseur de l'hormone mâle.Ce précurseur se transforme en testosterone à hauteur de la prostate.On estime que 40 p.cent de toute la testosterone qui circule dans l'organisme est originaire de la surrénale.Il faut donc agir sur les deux plans pour freiner un cancer qui se développe dans la prostate.Le patient doit ingérer deux médicaments: le LHRH (qui inhibe la production de l'hormone mâle par les testicules), et l'anti-andro-gène, qui bloque l'action des an-drogènes surrénaliens sur les cellules de la prostate, les saines comme les cancéreuses.«Ce qu'il y a de merveilleux avec ce traitement hormonal combiné, c'est que le taux de tes- tosterone, l'hormone responsable du cancer, est pratiquement à zéro trois mois avant l'opération, durant l'opération, et les six mois suivants», souligne le docteur Monfette.Pas encore officiel Pour officialiser ce traitement, il reste encore à procéder à une étude statistique dans laquelle la moitié des patients seront opérés selon le traitement traditionnel et l'autre moitié selon le protocole du docteur Monfette.«Nous voulons procéder à cette étude et publier les résultats dans des revues médicales.C'est comme cela qu'on établit la crédibilité d'un traitement», explique le docteur Yvan Samson, un des membres de l'équipe Labrie, au Centre hospitalier de l'Université Laval.Le docteur Monfette estime cependant que ce genre d'étude statistique n'est pas très conforme à l'éthique si le patient n'est pas informé de tout ce qui concerne le traitement.Depuis les procès de Nuremberg, les règle d'éthique sont claires à ce sujet: le patient doit s'engager dans un traitement en toute connaissance de cause et il peut s'en retirer en tout temps.«Si on explique aux participants de l'étude les avantages et les inconvénients du protocole conventionnel et ceux du traitement hormonal précédant l'opération, la majorité choisiront la deuxième option », affirme-t-il.D'autres urologues que le docteur Monfette ont décidé d'adopter le traitement hormonal combiné pré-opératoire: des médecins aussi reconnus que le docteur Fred Lee, de l'Université de Ann Harbour au Michigan, le docteur Bolck de Strasbourg, le docteur Saloway du Tennessee et plusieurs autres médecins européens et américains.Lorsque le cancer est avancé au point de toucher les ganglions, le médecin traditionnel n'opérera pas le cancer de la prostate.Le docteur Monfette, imitant en cela le docteur Horst Zinke de la célèbre clinique Mayo de Rochester, au Minnesota, procède à l'ablation quand même.Le docteur Zinke a démontré cliniquement que le prognostic est meilleur si on enlève la prostate et qu'on traite ensuite par hormonothéra-pie.Le cancer de la prostate se manifeste en général après l'âge de 55 ans.«Les hommes au-dessus de 50 ans devraient faire vérifier leur prostate régulièrement, affirme le médecin.Souvent^ les symptômes ne surviennent que très tard.» Médecine 1 Du gâteau pour avocats et politiciens W.GIFFOKD-JONES collaboration spéciale ¦ De quoi le système de santé profiterait-il le plus au Canada?La réponse pourrait être simple! Les médecins devraient continuer à soigner tous les éclopés, mais ils devraient suggérer que, sauf en cas d'urgence, les politiciens et les avocats aillent se faire traiter où ils pourront parce qu'ils sont les plus grands responsables, de la confusion dans les soins médicaux au pays.*.Lorsque le Titanic a heurté un iceberg et coulé, on n'en a .pas blâmé les matelots: c'est vers le capitaine du navire prétendument insubmersible que se sont pointés les doigts accusateurs.C'est dans cette logique que les médecins doivent cesser de dorloter les auteurs \"du gâchis et les mettre au brouet du reste de la population.Pourquoi cette rancune pour deux nobles professions, de-mànderez-vous?C'est parce que des collègues médecins m'ont cité trop de cas de politiciens et d'avocats cherchant à .contourner les listes d'attente pour des opérations à coeur 'ouvert et d'autres interventions critiques pendant que le chauffeur de taxi et d'autres gens ordinaires attendent leur toiir.Ken vois aussi des cas dans mon propre cabinet, où ma secrétaire a récemment surgi pour savoir si une avocate pressée pouvait se faire examiner en priorité sur mes autres patients.l'ai consenti, mais me suis ensuite demandé pourquoi.En remémorant mes expériences avec des avocats, j'ai conclu qu'elle ne méritait pas de faveur et qu'elle serait sage de ne pas me refaire le coup! Car la profession médicale ne doit pas grand-chose aux avocats, dont les médecins appréhendent constamment les poursuites civiles.De sorte que des milliers de patients subissent des radiations de radioscopies et d'autres tests médicaux par peur des tribunaux plutôt que par nécessité, à quoi l'on gaspille des millions de dollars avec lesquels on pourrait acheter du matériel neuf.«Exterminons les avocats!» suggérait sarcastiquement Shakespeare voici 500 ans.Le grand homme aurait dû ajouter les politiciens à la horde! Voici 15 ans déjà, j'ai écrit dans un livre que l'on finirait par tuer la poule aux oeufs d'or, qu'il était superflu de couper un bras quand le doigt suffisait.Mais on a continué à seriner aux gens qu'ils pouvaient prétendre à la gratuité des soins médicaux.Et comme il fallait s'y attendre, cela n'a pas marché et la situation continue à dégénérer.Nous voyons aujourd'hui des élégantes en manteau de vison qui font provision de doses gratuites d'oestrogène pour partir six mois en Floride tandis que d'autres patients vont d'un médecin à l'autre en réclamant des tests onéreux.Peu d'entre eux savent que le système souffre d'un cancer terminal plus tôt que de rhume.Une solution?Pas de simple réponse à cette question.Mais pour rétablir un peu d'ordre, chacun devrait accepter certaines vérités.Primo, dans un monde aux économies sans cesse plus compétitives, aucun pays ne peut fournir à sa population tous les soins qu'elle demande.Secundo, l'accessibilité excessive des médecins aux patients amène des abus de consultations.Un professeur de santé publique à l'Université de Pennsylvanie, William Kissick, dit que le coût du système de santé gruge maintenant 11,3 p.cent du budget des États-Unis et qu'il atteindra 15 p.cent avant dix ans.Il pense que la totalité du budget ne satisferait toujours pas la population.«C'est comme donner votre carte de crédit à votre fille adolescente en disant que vous payerez sans rechigner», a commenté Kissick.Car l'usage des cartes de crédit par d'autres que les payeurs n'est pas à conseiller davantage aux familles qu'aux économies nationales.Tôt ou tard, ça finit comme dans un canot de sauvetage bondé et menaçant de s'enfoncer.Comme l'instinct de survivance est tenace, il en est toujours qui sont rejetés par d'autres à la mer.Et dans le cas qui nous occupe, ce ne sont pas les politiciens et avocats qui se retrouvent dans la flotte, mais ceux * qui ne connaissent pas le directeur du service de chirurgie ou qui ne jouent pas au golf avec les bonnes relations.je demande qu'on modifie les usages et qu'on fasse aussi subir les inconvénients de la situation par ceux qui en sont responsables.Les médecins devraient donc cesser de ménager les avocats et les politiciens pour leur dire : « Désolés, mais nous sommes déjà pris par les patients méritant de bons soins.» Ou si cela ne suffit pas: «Pourquoi ne pas vous faire soigner aux États-Unis?» Ou encore: «Allez donc à New York ou dans d'autres villes des USA comme d'autres Canadiens quand leur.propre système de santé les rabroue.» ______ ¦ ¦y.\u2022 : .\u2022\u2022\u2022\u2022 t a> => O o < OC Z3 O h-uj \u20141 en lu > O X a Les passionnés de hockey s'en souviennent sans doute \u2014 lui, certainement, s'en rappelle : Mario Tremblay cloué à un lit d'hôpital, en 1986, à la suite d'une «sévère contusion à l'épaule h.Plus tard, on découvrait qu'il s'agissait d'une fracture à une clavicule.Nombreux sont les sportifs amateurs à subir ce genre de blessure.Les blessures à l'épaule sont parmi les plus courantes Au Québec, entre 5000 et 10 000 interventions chirurgicales y sont pratiquées chaque année Presse Canadienne QUÉBEC ¦ Les bursites, tendinites et autres causes des douleurs de l'épaule sont parmi les blessures les plus communes chez les sportifs, mais elles sont également très fréquentes dans la société en général, à tel point qu'au Québec seulement, on pratique annuellement entre 5000 et 10 000 interventions chirurgicales à l'épaule, pour soigner des blessures musculo-sque-lettiques.Malgré le nombre important d'interventions, précise le Dr Patrick Kinnard, orthopédiste du Centre hospitalier de l'université Laval (CHUL) et de l'hôpital Paul-Gilbert de Charny, c'est une minorité des problèmes de l'épaule qui nécessitent une intervention chirurgicale, ceux-ci étant habituellement traités par l'administration d'anti-inflammatoires ou d'infiltrations de stéroides, comme la cortisone.Selon le Dr Kinnard, le surmenage et les mouvements répétitifs au-dessus de la tète sont la cause la plus fréquente de ces problèmes.D'un autre côté, dit-il, quand les muscles sont faibles, une plus grande force est exercée sur les tendons et la bourse séreuse (sac rempli de liquide et empêchant la friction ), ce qui provoque l'inflammation et la douleur.De mauvaises techniques de natation ou de lancement peuvent encore faire naître le problème, de même que des blessures antérieures à l'épaule.Anatomiquemcnt, explique le Dr Kinnard, la bourse séreuse et les tendons des muscles qui permettent de lever le bras passent par une gouttière osseuse très étroite.Lorsqu'on lève le bras, la gouttière devient plus petite, rendant cette partie plus sujette à l'inflammation.Le mal peut également provenir d'une déchirure de la coiffe des rotateurs (quatre muscles qui permettent l'élévation et les rotations de l'épaule).Cette d.échirure peut être causée par un traumatisme, mais elle est généralement consécutive à un phénomène d'arthrose, c'est-à-dire d'usure de l'articulation.Sans compter, dit-il, qu'à partir de l'âge de 40 ans environ, l'extrémité de la coiffe des rotateurs n'est plus vascularisée, ce qui favorise la dégénérescence.En général, précise le Dr Kinnard, les problèmes musculo-squelettiques de l'épaule sont traités médicalement ou peuvent même se résorber sans aucun traitement, mais lorsque la douleur persiste et qu'une arthrogra-phie (examen radiologique de l'épaule) révèle une anomalie comme une déchirure, on a recours à une correction chirurgicale relativement simple, généralement faite en chirurgie d'un jour (le patient quitte l'hôpital dans les heures qui suivent l'intervention).Dans cette intervention, le chirurgien enlève une partie de la bourse séreuse, laquelle est normalement mince mais se trouve épaissie par l'inflammation.En deuxième lieu, il réduit à l'aide d'une fraise chirurgicale l'épaisseur de l'acromion (os de l'épaule en forme de spatule), il enlève environ un centimètre de l extrémité de la clavicule et il sectionne un ligament appelé acromio-coracoïdien.Cette réduction est souvent rendue nécessaire en raison du phénomène d'arthrose qui réduit l'espace entre ces structures.L'espacement ainsi rétabli entre la clavicule et l'acromion prévient les frottements susceptibles de produire l'irritation, l'inflammation et une nouvelle déchirure de la coiffe des rotateurs.Le chirurgien referme ensuite la déchirure présente de la coiffe avant de refermer la plaie chirurgicale d'environ cinq centimètres.L'intervention nécessite une convalescence d'environ trois mois pour le membre affecté, c'est-à-dire que ses mouvements doivent être restreints, surtout pour les six premières semaines au cours desquelles on doit éviter de lever l'épaule.Mais après cette période, la récupération est généralement complète.Après le train, le bateau à ELAINE KURTEIMBAC fl de Associated Press' i-r - ¦- i .il.m.-¦ KOBE, lapon ¦ Tradition oblige, c'est avec une bouteille de sake qu'a été baptisé la semaine dernière à Kobe un'navire expérimental révolutionnaire utilisant la supraconductivité comme moyen de propulsion.Ce navire japonais de 30m sur 10 et Resant 185 tonnes a pour nom ^Yamato loi ».Il se trouve pour l'instant en cale-sèche dans le chantier naval des Industries lourdes Mitsubishi, le plus grand constructeur naval du pays et membre du consortium qui a mis au point cette technologie.Les concepteurs considèrent ce vaisseau, qui utilise la force électromagnétique à la place des hélices traditionnelles, comme un prototype pour un futur navire à grande vitesse.Leur principal objectif était cependant de démontrer qu'un navire pouvait être propulsé grâce à la supraconductivité \u2014le fait que certains métaux conduisent le courant sans résistance à une température très faible, un courant qui continue à circuler dans des circuits supraconducteurs une fois la source d'énergie fermée.«Ce navire a été mis au point sans prendre en compte le coût.Il est expérimental», a souligné Ju-taro Namba, coordonnâtes aux Industries lourdes Mitsubishi de Kobe, un grand port situé dans l'ouest du Japon, à 435kr\" à l'ouest de Tokyo.: Des bobines supraconductrices de niobium et de titane situées dans les propulseurs placés sous le bateau sont utilisées pour créer un champ magnétique, qui est repoussé par un courant électrique circulant à travers les propulseurs; La répulsion produit le même genre de force que celle utilisée pour alimenter les trains à sustantation magnétique.Un mélange d'hélium gazeux et d'azote liquide est utilisé pour refroidir les bobines à moins 269,15 degrés Celsius, température à laquelle l'électricité passe à travers elles sans résistance.L'essentiel de l'espace à bord du vaisseau est occupé par des moteurs diesel utilisés pour fournir le courant alimentant les propulseurs, les pompes et équipements de bord.Principal handicap, pour l'instant: une vitesse maximale d'à peine huit noeuds ( 15 km/h), alors que les hydroglisseurs les plus rapides atteignent en-, viron 40 noeuds (74 km/h).En outre, pour limiter son poids, il ne peut emmener qu'une dizaine de personnes.Les experts estiment que de nouveaux matériaux sont donc nécessaires pour fournir un champ magnétique capable de propulser le navire à une vitesse convenable.Alors qu'un modèle réduit a été expé-' ri men té avec succès en 1987, des essais en mer de ce prototype sont prévus pour le printemps prochain, après l'achèvement de l'équipement du navire, avec notamment les propulseurs.Cet engin a été mis au point par un consortium d'entreprises, d'universités et de chercheurs de l'État, conduit par la Fondation japonaise pour le progrès de la construction navale et avec un financement du ministère des Transports. LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 15 JUILLET 1990 B-5 Le sénateur Baucus estime que le Congrès est encouragé à adopter la Loi de l'air pur l'resse Canadienne WASHINGTON ¦ La volonté du premier ministre Brian Mulroney et du président George Bush d'entreprendre des négociations sur un accord concernant les pluies acides transfrontalières encouragera le Congrès à adopter la Loi dite de l'air pur, a déclaré vendredi le sénateur qui a été désigné pour mener à bien l'adoption de la législation américaine.La décision prise par MM.Mulroney et Bush au sommet de Houston, la semaine dernière, de discuter d'un accord bilatéral satisfait le sénateur Max Baucus.Le chef de l'agence américaine de protection de l'environnement William Reilly se rend à Ottawa lundi pour entamer des discussions préliminaires à ce sujet avec le ministre canadien de l'Environnement Robert de Cotret.Initialement, les pourparlers ne devaient pas débuter avant l'adoption par le Congrès des amendements à la Loi de l'air pur, qui limiteront considérablement les émanations qui sont à la source des pluies acides en provenance du Midwest américain.Mais M.Baucus ne s'inquiète pas de voir les leaders entreprendre prématurément leurs entretiens.«Je ne crois pas qu'il y ait William Reilly grand doute que les deux Chambres (du Congrès) veulent que la loi soit adoptée.Maintenant que le président et le premier ministre du Canada ont conclu de nouvelles ententes, cela va favoriser l'adoption de la loi.» M.Baucus préside le comité qui passera les deux prochains mois à tenter de concilier les deux versions de la loi, celles du Sénat et de la Chambre des représentants, condition nécessaire pour qu'un projet de loi soit soumis pour adoption au président américain.Le ministère des Transports est contraint de surseoir à la pulvérisation de défoliants Presse Canadienne LACMCGANTIC ¦ Devant l'opposition manifestée par une quinzaine de médecins et pharmaciens du comté de Megan -tic-Compton, le ministère des Transports a été contraint de surseoir à son projet de pulvérisation de défoliants en bordure du réseau routier de cette circonscription.Le front commun des médecins et l'intervention personnelle du éputé Madeleine Bélanger auprès des fonctionnaires de Transports-Québec ont porté fruits.Les fonc-tionnaires du ministère des Transports, qui devaient amorcer l'opération pulvérisation dès lundi prochain, rencontreront d'abord les opposants pour discuter du dossier.«l'ai obtenu la certitude que la pulvérisation de défoliant ne commencera pas avant que cette rencontre ait été tenue», a déclaré Mme Madeleine Bélanger.«Contrairement aux informations qui ont circulé, ce n'est pas l'intervention du ministre Pierre Paradis qui a permis de suspendre la pulvérisation mais bien un en- Madeleine Bélanger gagement du ministère des Transports de ne pas procéder avant d'avoir consulté les médecins et pharmaciens de mon comté.De toute façon, je surveille ce dossier de près», a-t-elle poursuivi.Les opposants, professionnels de la santé, qui ont publié une lettre dans l'hebdomadaire local, soutiennent que le défoliant proposé, le Tordon 101, contient notamment du piclorame et du 2,4-D.À leur avis, le piclorame est prétendument le défoliant le plus puissant et peut persister pendant cinq ans dans le sol.Le 2,4-D, estiment-ils, est un des ingrédients de l'agent orange qui fut utilisé pendant la guerre du Vietnam.Selon Mme Bélanger, la rencontre qui doit être tenue sous peu ne devrait pas susciter un recul des opposants.«Les médecins et pharmaciens continuent de prétendre que l'utilisation de ce produit comporte des risques pour la santé», ajoute-t-elle.Malgré toutes les assurances que donnera le ministère des Transports, il m'apparait que l'opposition continuera de se manifester.Je ne suis pas experte dans ce genre de dossier mais compte tenu de toutes les mesures à respecter avant de procéder à la pulvérisation de ce défoliant, je pense que ce produit comporte des risques pour la santé».Le programme de pulvérisation proposé doit débuter le 16 juillet pour ne prendre fin que le 7 septembre.Nombre de comtés du Québec sont touchés par ce programme, lequel permet de détruire la végétation en bordure des routes provinciales.H Adressez-vous te oux anges dans nos campagne de publicité Le Conseil des Normes de la publicité 4823 ouost,ruc Sherbrooke suite ] 30, Montréal H3Z 1G7 (514)931-8060 500$ d'amende pour avoir perturbé un vol et forcé un avion à atterrir à Calgary Presse Canadienne CALGARY ¦ Soulignant que «l'industrie aéronautique devait avoir l'appui du système judiciaire pour assurer la sécurité de ses vols», le juge Allan Fradsham a condamné le Montréalais Thomas Guapp, vendredi, à 500 $ d'amende.«Il s'agit d'un incident jugé suffisamment grave par le pilote pour justifier l'atterrissage de 126 personnes et du personnel de bord», a rappelé le juge.Guapp, qui est âgé de 44 ans, a plaidé coupable, le mois dernier, à l'accusation d'avoir perturbé un vol Montréal-Vancouver, en octobre 1989.L'accusé a dû rembourser Air Canada d'une somme de 1 130 $, soit le coût d'un atterrissage non prévu à Calgary, à cause de sa conduite à bord de l'appareil.Guapp a raconté qu'il avait pris deux somnifères et cinq verres de scotch, dès le décollage, dans l'espoir de dormir et d'oublier ainsi qu'il lui était interdit de fumer pendant les cinq prochaines heures.Mais au lieu de s'assoupir, le Montréalais s'est mis à harceler les passagers et à fumer dans les toilettes.À un point tel que le pilote a décidé d'atterrir d'urgence à Calgary et de le livrer à la police, avant de repartir pour Vancouver.LES MALADIES MENTALES COMPRENDRE cest FONDAMENTAL Gouvernement du Quebec Ministère de la Santé et des Services sociaux Hiustcx le telescope! Le professeur Alan P.Marscher, à gauche, aide à ajuster le télescope de l'observatoire de l'Université de Boston avec le conservateur du département d'astronomie Frank Sienkie- wiez alors que l'institution est l'hôte du congrès de la Société astronomique du Pacifique qui réunit 700 membres.DE 25' À 42' \\ \\ \\ INCORPORATED POUR CEUX QUI EXIGENT L'EXCELLENCE \u2022 VENEZ VITE NÉGOCIER VOTRE BATEAU \u2022 PRÉPARATION ET MISE À L'EAU RAPIDE ! mcfCrui/cf Le Seul Choix Logique.S v £5 S S S S S S 6767 3 boul.Henri-Bourassa est Montréal-Nord (514) 325-1010 OUVERT DU LUNDI AU VENDREDI DE 9h À 21 h 3Z inc.v v V V V V B6 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 15 JUILLET 1990 V I I I H I \u2022 0 I » \u2022 \u2022 t LES RÉFUGIÉS ALBANAIS \u2022 \u2022 I i\" \u2022 \u2022I \u2022 I En attendant le train ou le bateau qui les mènera vers une terre d'accueil, ce bambin dort.Arrivé en Allemagne fédérale, une canette de cola suffit à faire oublier à cet enfant les fatigues du voyage.photos reuter.associated press L'équipée des réfugiés albanais touche à sa fin Agence France-Presse PARIS L# équipée des réfugiés albanais d'une dizaine d'ambassades à Tirana touchait à sa fin hier, les quelque 4500 réfugiés étant arrivés ou sur le point d'atteindre le pays qu'ils ont choisi comme première terre d'accueil.Deux mille Albanais sont arri- vés hier en RFA, où un troisième groupe de quelque 1000 Albanais est attendu dans la nuit de samedi à dimanche.Les quelque 540 réfugiés qui ont choisi la France comme première terre d'asile, sont arrivés à Marseille hier à bord du ferry Orient Star.Initialement prévue pour la matinée, leur arrivée a été retar- dée de quelques heures, une jeune femme de 21 ans, Mme Dirianda Daja, ayant dû être évacuée vendredi soir de l'Orient Star sur l'Italie, pour des raisons sanitaires.Le ministère français des Affaires étrangères a annoncé hier que les réfugiés seraient répartis sur quatre centres d'accueil: Mour-melon (Marne-est), Creil, et Emance, en région parisienne et ¦¦¦¦¦¦¦HI Un policier ouest-allemend accueille le train des réfugiés en provenance de Brindisi.Des passagers de ce train montrent fièrement leurs passeports.photos reuter Saint Astier (Dordogne, sud-ouest), «c Une prise en charge sanitaire et sociale est prévue ainsi qu'une formation linguistique», a précisé le Quai d'Orsay.Ces réfugiés, parmi lesquels nombreux sont ceux qui souhaitent s'installer aux Etats-Unis, ont célébré hier à bord la fête nationale française et le chef de l'équipe française, M.Jean-François Bouffandeau, leur a parlé de ce qui les attendait en France: leur liberté nouvelle, l'aide qui leur sera apportée, leurs droits mais aussi leurs devoirs nouveaux.De l'avis de plusieurs d'entre eux et des responsables de sécurité français à bord du ferry, il semble y avoir parmi ces réfugiés de nombreux marginaux.Une petite minorité, instruite, parle souvent une langue étrangère.Selon les autorités italiennes, 800 réfugiés obtiendront l'asile politique en Italie.Par ailleurs, 56 Albanais, dont six femmes et un enfant, réfugiés à l'ambassade de Pologne à Tira-/ na sont arrivés hier à bord d'un avion spécial à Varsovie, où ils ont été pris en charge par la Croix-Rouge polonaise.Ua groupe de 39 autres sont arrivés à Budapest à bord d'un avion spécial de la compagnie hongroise Malev.Pour eux, comme pour les réfugiés à Varsovie, la Hongrie et la Pologne ne sont que des pays de transit et la plupart d'entre eux souhaitent s'installer aux États-Unis ou en Europe occidentale.Les 29 Albanais qui s'étaient réfugiés à l'ambassade de Grèce à Tirana sont arrivés vendredi à Athènes.Les réfugiés arrivent par train en RFA Agence France-Presse BONN Les réfugiés albanais de l'ambassade de RFA à Tirana sont arrivés par train hier en RFA.Près d'un an après l'arrivée des premiers réfugiés est-allemands par train en république fédérale, la même scène s'est reproduite devant les équipes de télévision et les journalistes venus les attendre à la gare de Bale, à la frontière germano-suisse.Seule la nationalité avait changé.Mais la fatigue et l'épuisement qui marquaient les visages des réfugiés étaient les mêmes.Deux convois spéciaux, avec à bord 2000 Albanais aux traits tirés, sont arrivés hier matin à Bâle (Suisse) d'où il sont repartis presque immédiatement pour la RFA.Un troisième train transportant 1000 personnes était attendu, dans la nuit de samedi à dimanche, à Bâle.Les deux premiers trains sont arrivés à 9h25 et I2h 30 à Bâle.Leur arrêt a duré deux heures, le temps d'être ravitaillés par la Croix-Rouge.Les réfugiés ont ensuite été répartis dans plusieurs convois ferroviaires à destination de Heidelberg, Cassel, Sarrebruck, Neu-munster, Ratisbonne et Geseke.Les Albanais sont assistés par une équipe de 102 membres de la Croix-Rouge ouest-allemande, dont dix médecins, trois sage-femmes et plusieurs interprètes.La plupart sont «chronique-ment sous-alimentés», surtout les enfants entre un et cinq ans, a déclaré un médecin dev la Croix-Rouge.Les Albanais sont répartis dans les différents Laender (États régionaux) de la RFA selon un quota.Le Bade-Wurtemberg en accueille 486, la Bavière 750, Berlin-Ouest 86, Brème 41, Hambourg 106, la Hesse 298, la Basse-Saxe 371 la Rhénanie du Nord-Westphalie 898, la Rhéna-nie-Palatinat 189, la Sarre 58 et le Schleswig-Holstein 112.Cette règle de répartition sera cependant assouplie afin de ne pas séparer les familles.Selon les premières indications receuillies par les autorités ouest-allemandes, les Albanais ne veulent pas tous rester en RFA.Certains envisagent d'émigrer vers les États-Unis et le Canada.Les centres d'accueil sont des plus divers.Ainsi, le Land de Bade Wurtemberg a réquisitionné pour eux une ancienne prison à Ludwigsbourg, une ancienne clinique psychiatrique à Heidelberg et un centre de loisirs à Fri-bourg.La seule journaliste occidentale en poste à Tirana depuis le 12 juillet expulsée Agence France-Presse MADRID Les autorités albanaises ont décidé d'expulser l'envoyée spéciale du journal madrilène El Mundo, Elvira Huelbes, qui était la seule journaliste occidentale présente à Tirana depuis le 12 juillet dernier, a indiqué hier soir un communiqué de El Mundo.Depuis jeudi dernier, Elvira Huelbes était étroitement surveillée par des fonctionnaires du gouvernement albanais, entravant ainsi son travail, poursuit le communiqué.La journaliste espagnole avait été invitée en Albanie par l'écrivain Ismail Kabaré qu'elle devait interviewer.En conséquence elle disposait d'un visa pour une durée indéterminée, a précisé un porte-parole de El Mundo.Surprise par la vague de réfugiés albanais dans plusieurs ambassades, Elvira Huelbes a infor-
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