La presse, 22 septembre 1990, B. La Presse Plus
[" I LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 22 SEPTEMBRE 1990 CELTEX .ne.8000 M < j>\"ll'.l'i(' 984-5292 BUREAU: PORTATIF g67.9770 ACTIVATION / AVEC BATTERIE.CHARGEUR tT ETUI ¦mm Trente-cinq ans tie racines montréalaise, Francesco et les jeunes.PHOTOS PHILIPPE BOSSE.La Presse inq des dix enfanté de Raf-faeie et Carolina Muoio ont quitte le petit village Mendiçino, en Calabre, pour s'établira Montréal, dans les années 50.Luigi, le premier arrivé, a, plus tard, rejoint ses trois frères et sa soeur, qui avaient, eux, émigré dans l'État de New York.Mais les quatre filles finiront leur jour au Québec.Émilia, la mère de Francesco Ruffolo, notre expert généalogique des Muoio, repose dans le cimetière Notre-Dame-des-Neiges.Rosina (84 ans), Angelica (73 ans) et Giuseppina (70) sont toujours bien vivantes.Nous les avons rencontrées, chez Rosina, rue Marquette entre les rues Villeray et Jean-Talon.Rosina était déjà veuve quand elle est venue à Montréal, avec trois de ses 9 enfants, les autres se sont dispersés de par le monde \\ (Italie, Australie et Allemagne).Hormis quelques civilites/'èn français ou en anglais, Rosèiiiataé'' parle que l'italien.Angelica, marié à Eugénie.Reda, compte sept enfants.et 12 petits enfants, qui vivent presque tous dans la région montréalaise.Parlant très peu le français et l'anglais, c'est en italien qu'elle a fait et continue de faire sa vie à Montréal, où elle coule ses vieux jours dans un duplex, avec son mari, débardeur de son ancien métier.Giuseppina vit avec son mari, Luigi Trozzo, chez leur fille unique, Mary, à Chomeday.Ils sont longtemps demeurés dans un triplex de Saint-Michel, avec la famille de sa soeur Émilia.Giuseppina se débrouille en français et .en anglais, mais n'est vraiment à l'aise que dans la langue maternelle des Muoio.«Nous sommes venus ici pour ,'nos«enfants et nous allons mourir rtvecnos enfants», répondent en choeur les trôismamas quand on teste leur intention de retourner en Calabre.Les enfants et la famiglia! Deux mots qui résument le credo et la raison de vivre.de ces gardiennes du foyer.Dans les usines de vêtement, où elles ont peiné toute .leur vie, à la cuisine et au jardin, elles ont façonné la communauté italienne de Montréal.Ce sont elles qui ont permis aux paysans de Molise, de Sicile et de Calabrc, de brûler les étape le long de l'échelle sociale menant à la classe moyenne en Amérique.M .Mendiçino, Calabria, Italia Antonio Marietta Salvatore Pasquale Montréal Rosina, Luigi, Angelina, Giuseppina .A LiZzZ^ Carolina Muoio Raffaele Muoio 1876-1952 a personne de plus proche des Québécois que les Italiens de Montréal.» famille arrivée en 1860 Le peintre Guido Molina ri vit et ira va il k* dans une ancienne banque, rues Sainte-Catherine et Darling, un edifice a la mesure de ce fils des plus gran* des familles de la colonie italienne de Montreal: les.Molinari, Dini et Merello.Son père, Charles, est né a Montreal, en I879.C'est clans le Vieux-M ont rèal.rue Saint-Paul, que naquit ce musicien, renomme eu son temps.De par sa mère, une descendante des Merci* 10 qui importèrent les maneges ( « merry-go-round » ) en Amérique, la famille de Charles Molinari possédait alors une rue entière et un hotel, dans le Vieux-Mont-real.C'est ce que révèle un testament, rédigé en Ift8>.par les Merello.arrivés vers I860.Grandes familles Evelyne Dini.la mere de Guido.née à Montréal, rue l.mery, était aussi fille de grande famille.Son père, Alberto Dini, un Florentin arrive au tournant du siècle, édifia tout un empire (agence de placement, agence de voyages, commerce, banque.).Le mariage Molinarj-Dini.célèbre avec un orchestre à cordes, le 25 novembre I908, en l'église Saint-|acques, dont le clocher a été intégré a l'UQAM.fut salue dans les carnets mondains des quotidiens de l'époque.Sauf Guido, le benjamin de la famille, les enfants des Molinari-Dini portent tous des prénoms français: Albert.Réjeanne ( morte en I983), lean.Mimi.Real cl Marie-Antoinette ( morte en bas âge ) Guido, né rue Sainte-Elisabeth près de la rue Dorchester, en ll)53.a fréquenté l'école italienne Notre-Dame-du-Mont-Carmel, où 11 a connu Mgr Cimichella.qui a célèbre son mariage avec la journaliste Fernande Sainte-Martin.Fille de patriote Ne dun père napolitain et d'une mere florentine.Guido ne se souvient pas avoir parlé autre chose que le français a la maison.Il faut rappeler que sa grand mere maternelle.Malvina Croisseau dit Larose, était fille d'un patriote de I837.Guido est fier de ses origines italiennes, riches a souhait pour un peintre, et aime qu'on reconnaisse l'apport des Italiens dans l'histoire de Montreal.Il pense cependant qu'on ne doit pas maintenir d'enclaves mais s'intégrer a sa nouvelle patrie.«Comme Picasso et les Rothschild som devenus Français, je suis des en u Québécois», c\\plj-que Guido Molinari.un de nos peintres contemporains les mieux cotes de par le monde. B6 LA PRESSE, MONTREAL, SAMEDI 22 SEPTEMBRE 1990 Plus \u2022.v*-.\u2022 \u2022\u2022\u2022\u2022 Le jugement &r®Mm paralyse cours snunÊcâpaies Les tribunaux administratifs menacés du même sort?YVES (BOISVERT o n est inquiet, au ministère de la lustice.Après avoir vu le régime des cours municipales se faire rosser par la Cour d'appel, on craint de plus en plus sérieusement que le monstre à I00 têtes des tribunaux administratifs ne soit pourfendu.Si la Cour suprême confirme le jugement de la Cour d'appel et déclare les cours municipales du Québec inconstitutionnelles, le gouvernement sera dans l'embarras.Mais si les tribunaux administratifs sont ébranlés, eux qui rendent des centaines de milliers de décisions par année, ce pourrait être un désastre pour l'appareil de l'Étal.L'affaire Lippe Le jugement de la Cour d'appel dans l'affaire Lippe, rendu la semaine dernière, vient confirmer pour l'essentiel un jugement de la Cour supérieure déclarant inconstitutionnelles les cours municipales du Québec.La raison?Sauf à Montréal, Québec et Laval, où siègent de «purs juges», les 110 juges des 137 cours municipales du Québec sont des avocats qui viennent arrondir leurs fins de mois en montant sur le banc, le soir.Le double statut de ces juges-avocats, dit la Cour d'appel, laisse planer une apparence de partialité.On n'a pas prouvé que l'un quelconque des juges municipaux duns les faits a fait preuve de partialité.Cela n'est pas nécessaire, écrit le juge Michel Proulx, qui a rédige l'opinion principale de la Cour d'appel : «les apparences ou l'image de la justice comptent tout autant que la réalité» car la confiance du public en l'appareil judiciaire lui est vitale.Or, conclut le juge Proulx, «l'image que le public se fait du juge ne colle pas avec la réalité du juge a temps partiel ».Comme, depuis 1982, la Charte canadienne des droits et libertés garantit à tout inculpé une procès devant «un tribunal indépendant et impartial», la Cour d'appel invalide l'article de la Loi sur les cites et villes qui permet à un avocat de siéger comme juge d'une cour municipale.Le juge Christine Tourigny, dissidente, ne voit pas les choses de cette façon.Selon elle, il est vrai que les cours municipales ne présentent pas le même degré d'indépendance que les cours supérieures, mais pas de là à entraîner une crainte raisonnable de partialité chez les justiciables.Certains observateurs perspicaces ont souligné que le juge Proulx est un ancien criminaliste, une race de plaideurs qui ne tient pas en haute estime les cours municipales.Le juge Tourigny, elle, est une ancienne sous-ministre de la lustice, peut-être plus sensible aux problèmes d'«administration de la justice».Où tracer la ligne?Quoi qu'il en soit, la question est celle de savoir «où tracer la ligne».Il est noble de brandir bien haut la Charte, mais les impératifs d'accessibilité et d'efficacité de la justice ne doivent-ils être pris en compte?«C'est une question bien plus politique que juridique! dit le professeur Gills Pépin, de l'Université de Montréal.Est-il normal que des personnes qui exercent des fonctions judiciaires le fassent à temps partiel?Voilà la question.» «Est-ce qu'il faut avoir des juges qui ont le même statut que les juges de la Cour suprême pour interpréter un règlement sur les chiens?», demande quant à lui le professeur )ean Hétu, de l'U de M, président du comité d'étude sur les cours municipales qui a inspiré la réforme de 1989.L'an dernier, en effet, le ministère de la lustice, voyant venir les coups, a mis en oeuvre une importante réforme des cours municipales de façon à accroître leur niveau d'indépendance.Les juges municipaux sont maintenant choisis par concours, comme les juges de la Cour du Québec.Ils sont nommés par Québec et siègent «durant bonne conduite», ne pouvant être renvoyés par des ennemis politiques après une élection.Leur salaire est encore payé par les municipalités, mais il est fixé par Québec.Il leur faut dix ans de pratique du droit pour être admissibles, au lieu de cinq auparavant, etc.«Nous avons voulu resserrer la vis partout tout en étant pratique, de dire Me Hétu.Il existe une tradition de près de 100 ans et c'est une structure qui s'est révélée très efficace.Il est fondamental que les citoyens puissent avoir accès facilement à une justice peu formaliste et peu coûteuse.» L'avocat lean-Claude Hébert, qui faisait partie du comité Hétu.était d'accord avec ses 11 collègues sur presque tout.Mais il fut dissident sur la question des avocats-juges.Aujourd'hui, la Cour d'appel lui donne raison: «je ne me réjouis pas de voir des gens dans l'eau chaude, mais j'ai la tentation de dire au ministère: je vous l'avais bien dit!» 10000 causes par semaine En attendant que la Cour suprême annonce si elle se penchera ou non sur cette question, on se retrouve ni plus ni moins dans le vide juridique.Comme par hasard, le congrès annuel des juges municipaux québécois tombait le week-end dernier, soit le lendemain du jugement de la Cour d'appel.La traditionnelle partie de golf a dû céder la place a une longue séance d'information.Un juge municipal qui a assiste au congrès a déclaré à Lu Presse qu'il fut recommande de ne faire que des «actes conservatoires», c'est-à-dire de préserver les droits des parties.« |e ne rends aucun jugement qui a pour effet de condamner quelqu'un d'ici à ce que la Cour suprême ait décidé si elle entendra l'affaire (Lippe) ou non.Tous ceux qui veulent absolument procéder sont déférés en Cour du Québec» \u2014 un tribunal hyper-engorgé.«Les juges siègent toujours mais la règle de prudence s'impose», a déclaré, sans donner de détails, le président de la conférence des juges municipaux, Me |ean-Denis Gagnon.Les cours municipales rendent en moyenne 10000 jugements par semaine et donc un demi-million par année.Il ne faudrait pas que les cours municipales demeurent trop longtemps dans les limbes juridiques! C'est pourquoi la Cour suprême a accepté d'entendre dès le 2 octobre le Procureur général du Québec, qui demandera la permission d'interjeter appel du jugement Proulx.Si la Cour suprême juge l'affaire suffisamment importante et d'intérêt national, comme on le suppose, les effets du jugement de la Cour d'appel seront suspendus jusqu'au jugement final.Sinon, le gouvernement du Québec devra s'atteler de toute urgence à une réforme en profondeur du système des cours municipales.Si la Cour suprême maintient le jugement de la Cour d'appel, on imagine généralement qu'il faudra congédier les trois quarts des juges des cours municipales pour n'en garder qu'une trentaine qui seraient juges à temps plein mais itinérants \u2014c'est le modèle ontarien.Cette réforme n'entraînerait pas nécessairement des coûts très élevés mais elle n'est souhaitée ni par le gouvernement (qui verrait le nombre et la puissance des «vrais juges» augmenter), ni par les municipalités (qui perdraient «leurs juge*»») et encore moins par les avocate-juges.- En ce moment, dans sept villes moyennes (dont Sherbrooke, Trois-Rivières et Longueuil), ce sont des juges à temps plein (qui sont tout de même membres du Barreau) qui siègent.Ils s'estiment ainsi à l'abri de la décision de la Cour d'appel.Quant aux jugemens déjà rendus par les cours municipales (ou qui le seront sans contestation), il sera impossible de les remettre en question, selon les avis compétents, peu importe la décision de la Cour suprême.Tribunaux administratifs Mais outre le problème des cours municipales, c'est tout le problème de l'indépendance des tribunaux administratifs que fait ressurgir la décision de la Cour d'appel.Que ce soit la Régie du logement, la Commission d'appel en matière de lésions professionnelles ou la Commission des affaires sociales, les tribunaux administratifs, créés souvent pour juger des affaires spécialisées en vertu d'une ou quelques lois, rendent des décisions extrêmement lourdes de conséquences (financières et humaines).Pourtant, le statut de ses membres n'est aucunement comparable à celui d'un juge.La Charte québécoise des droits de la personne consacre cependant le «droit à une audition publique et impartiale de sa cause par un tribunal indépendant».«Il faut tracer la ligne quelque part, de dire le professeur Yves Ouellette, de l'Université de Montréal.À mon avis, on ne peut pas exiger la même indépendance que pour les tribunaux ordinaires, à cause des exigences spéciales des tribunaux administratifs» (justice moins formaliste, spécialisée, besoin de renouvellement des idées, efficacité, etc.).Mais le professeur Ouellette juge inadmissible le processus actuel de nomination dans ces tribunaux: «Il faut que les nominations cessent d'être des récompenses politiques, comme c'est trop souvent le cas.» Ces personnes sont nommées pour des mandats d'une durée fixe, ce qui est acceptable, mais à condition que le renouvellement, tout comme la rémunération, ne soient pas soumis à l'arbitraire gouvernemental.Au ministère de la lustice, si l'on insiste pour souligner que le jugement Proulx ne s'applique pas aux tribunaux administratifs (la Cour elle-même le spécifie), Anne Lebel, porte-parole du ministre, indique qu'un «importante réforme» qui est «une des priorités du ministre» est actuellement en cours dans ce secteur, mais sans donner de précision.Le professeur Pépin, lui, ne doute pas non plus que l'on attaquera de plus belle l'indépendance des tribunaux administratifs.Mais ces contestations ont traditionnellement été repoussées par les juges, qui «ont toujours craint de désorganiser le système».H faut s'attendre à ce qu'ils mettent la barre de l'indépendance moins haute que pour les cours municipales, d'autant plus que ces dernières rendent non seulement des décisions en vertu des règlements municipaux mais aussi en vertu du Code criminel (infractions mineures).Ces jugements pouvant entraîner l'incarcération (ce n'est jamais le cas pour les tribunaux administratifs), il est normal que les exigences d'indépendance et d'impartialité soient plus rigoureuses.C'est pourquoi il faut hésiter avant de prédire l'inconstitu-tionnalité des tribunaux administratifs.Extraits du jugement La personne raisonnable n Ignore pas que la justice est humaine et que cet avocat-juge sera exposé à plusieurs situations qui peuvent engendrer un conflit d'intérêts, que cet avocat-juge oeuvre dans plusieurs milieux, partage son temps entre la cour et ses clients et qu'ainsi il est plus susceptible qu 'un juge à temps plein de favoriser ou de nuire à ses adversaires d'hier.Comment doit-on percevoir, par exemple, la situation de l'avocat qui négocie ou transige avec son confrère devant qui il doit se rendre plaider le soir même ?je conviens que (.) les tribunaux n'ont pas à rechercher le régime «parfait» ou la solution idéale.Également, comme le disait le juge La forest (.) « il faut se rappeler que la tache de gouverner revêt un caractère pratique» et aussi éviter de substituer l'opinion judiciaire a celle du législateur.Toutefois, le droit à une audition devant un tribunal indépendant et impartial est un des droits les plus sacrés: une société ne peut pas faire de compromis a son égard et je ne vois pas comment je pourrais conclure que le système du juge à temps partiel ne constitue qu 'une atteinte minimale à ce droit fondamental.Le juge Michel Proulx, pp.66, 90 et 91.«(.) je ne puis me convaincre que le système des juges municipaux québécois souffre d'un tel défaut d'indépendance qu'il entraînerait, chez la personne raisonnablement renseignée, une crainte de partialité.» Le juge Christine Tourigny, dissidente, p.27.// ne fait aucun doute dans mon esprit que, d'un point de vue historique, l'administration de la justice était servie adéquatement par des juges à temps partiel autorisés a pratiquer le droit ou impliqués dans d'autres occupations professionnelles ou dans les affaires tout en exerçant une fonction judiciaire .Dans les premiers temps, il faut bien rappeler que dans certains districts judiciaires au Canada on n 'exigeait même pas des juges de paix et des magistrats qu'ils aient une formation juridique (.).Mais nos standards de justice, d'impartialité et d'indépendance ont évolué de façon considérable ces dernières années, en particulier avec la mise en oeuvre de la Charte canadienne des droits et libertés.Ce qui pouvait être acceptable, ou a tout le moins tolerable , en 1900 ou même en 1980.ne l'est plus aujourd'hui.Le juge Melvin L.Rothman, pp.6 et 7.IL 'héritage empoisonné de Pierre Trudeau au Sénat GILLES PAQUIN du bureau de La Presse OTTAWA «L que un e mal fait homme vit après k ^MBflB 'l,',>> ^ciie scnien* |k tn^il C'J tirce de Shakes-m WH peare s'applique parfaitement au leader des troupes libérales au Sénat Allan Mac-Eachen.Après avoir semé la pagaille dans les finances publiques alors qu'il était ministre des Finances dans le gouvernement Trudeau, MacEachen s'est réfugié à l'abri des élections à la Chambre haute.De là, il tente de bloquer l'impopulaire mais indispensable redressement fiscal proposé par le gouvernement conservateur.Drapé dans l'étendard du justicier défendant le petit contribuable, MacEachen poursuit une campagne d'obstruction systématique face à divers projets de loi déjà adoptés par la Chambre des communes.Sa dernière cible est la TPS, cette taxe fédérale de 7 p.cent qui frappera presque tous les produits et services.Le discours des sénateurs libéraux obtient un certain succès puisque personne n'apprécie les nouvelles taxes, mais il sonne de plus en plus faux à chaque fois que lean Chrétien refuse de s'engager à tuer la TPS s'il prend le pouvoir un jour.Cette semaine.M.Chrétien a même avoué qu'un éventuel gouvernement libéral devrait forcément produire une version «améliorée» de la TPS.Qn ne pourra pas toujours laisser croître la dette fédérale sans sourciller comme le faisait le régime précédent.Les élans oratoires de lean Chrétien laissent également un arrière-goût désagréable lorsqu'il s'en prend au favoritisme de Brian Mulroney dans ses nominations au Sénat, lui reprochant particulièrement celle de l'ex-pre-mier ministre de Nouvelle-Ecosse John Buchanan.C'est à se demander si le chef libéral s'imagine que nous sommes tous devenus amnésiques.Il est évident que Brian Mulroney ne choisit plus que des bleus pour combler les postes vacants au Sénat.Il est non moins évident que cela est contraire à l'esprit de l'accord du lac Meech et finalement, il est clair que le choix de Buchanan était une énorme gaffe politique.Chrétien est mal placé Cela étant dit.l'ancien vice-premier ministre lean Chrétien est bien mal placé pour dénoncer le «patronage» éhonté de Brian Mulroney.A-t-il déjà oublié qu'il était le proche conseiller de Pier- Pierre Elliott Trudeau a nommé 45 sénateurs.La plupart, comme Allan MacEachen (à gauche) et Pierre De Bané, ont des liens évidents avec le Parti libéral du Canada.re Trudeau lorsque celui-ci a nommé quatre de ses ministres, quatre de ses députés et autant d'organisateurs libéraux au Sénat juste avant de déclencher des élections en juin 1984?L'héritage de Pierre Trudeau au Sénat ne s'arrête pas là; c'est lui qui a désigné 45 des 52 sénateurs libéraux encore en place.De ce nombre, 15 sont d'anciens ministres rouges; 10 sont d'ex-députés de ce parti; six sont des candidats libéraux défaits et 12 ont été ou sont encore des organisateurs ou percepteurs de fonds libéraux.Ce vieux fond rouge est d'ailleurs le prétexte employé par Brian Mulroney pour reprendre la belle grande tradition canadienne de «bourrage» du Sénat suivie par tous ses prédécesseurs.Portant à bout de bras la «noble cause de la démocratie», le premier ministre veut enfin installer une majorité conservatrice à la Chambre haute, afin que soit respectée la volonté de ses élus du peuple qui siègent à la Chambre des communes.Non seulement les conservateurs doivent-ils toujours négocier avec un Sénat majoritairement libéral depuis leur arrivée au pouvoiren 1984, mais à moins d'un coup de force de leur part, cela pourrait durer jusqu'à la fin de leur mandat.Traquenards Les libéraux sont majoritaires au Sénat depuis 44 ans.Même avec ses dernières et si controversées nominations à la chambre haute, Brian Mulroney est encore exposé aux traquenards de MacEachen et risque de voir sa TPS entrer en vigueur tellement à retardement qu'il la portera comme un licou pendant la prochaine campagne électorale.C'est pourquoi certains ministres conseillent a M.Mulroney de prendre le taureau par les cornes et de nommer huit sénateurs supplémentaires, comme le lui permet une vieille disposition de la Constitution.Le premier ministre n'a pas encore annoncé sa décision.Doit-il passer outre aux protestations de Jean Chrétien et nommer des sénateurs supplémentaires au risque de déclencher une tempête politique, ou patienter et faire preuve de souplesse pour passer la TPS et ses autres projets?En attendant sa réponse les libéraux ont encore 52 sièges; les conservateurs 41; les indépendants six.Cinq des 104 places demeurent libres.Les dignes sénateurs libéraux pourront donc s'amuser encore un certain temps sur le dos des contribuables.Mais leur croisade aura de plus en plus l'air de ce qu'elle est vraiment: une fumisterie partisane.Comme ses prédécesseurs, Brian Mulroney a nommé ses amis au Sénat, parmi lesquels l'organisateur Michel Cogger (à gauche) et l'ancien premier ministre de la Nouvelle-Ecosse John Buchanan. LA PRESSE, MONTREAL, SAMEDI 22 SEPTEMBRE 1990 B7 Plus .prise à son propre pïène Saddam Hussein lui doit 5,5 milliards $ .\u2022\u2022\u2022\u2022s LOUIS B.ROBITAILLSE collaboration spéciale PARIS ans une récente caricature de Cabu du «Canard enchaîné», on voit l'ogre moustachu Saddam Hussein en train de caresser la tète blonde d'un petit otage français: «Et qu'est-ce qu'il fait dans la vie, ton papa chéri?», demande Hussein.Réponse du gamin: «Il fabrique des missiles à l'Aérospatiale».Comme chacun sait, l'Aérospatiale est une société géante d'aéronautique, travaillant pour le civil, mais aussi le militaire.Donc, pour tout dire, un «marchand de canons» à temps partiel.Comme les industries Dassault, comme Matra.Ironie amère de la situation: parmi les quelques centaines de Français retenus en otages en Irak, une bonne partie sont des cadres, ingénieurs ou techniciens de sociétés françaises fournissant de l'armement sophistiqué à Baghdad.Ou exécutant des contrats plus ou moins directement liés à la chose militaire: travaux d'infrastructure, vente de matériel électronique de pointe etc.On peut parier que bon nombre d'Occidentaux qui se trouvaient en Irak au moment du déclenchement de la crise étaient dans une situation comparable: le pays de Saddam Hussein est, depuis plus de quinze ans, un client d'importance pour tous les grands fabricants d'armement du monde et pour les industriels.Le premier fournisseur militaire de l'Irak \u2014 et de très loin \u2014 étant l'URSS, qui a même des centaines de conseillers militaires dans le pays.Avec cette nuance importante: l'Union soviétique étant officiellement «amie» de l'Irak garde apparemment une certaine influence sur son «protégé», et en tout cas ses ressortissants, jusqu'à preuve du contraire, sont libres de quitter le pays.Situation désagréable La France est, pour sa part, dans la situation la plus désagréable qu'on puisse imaginer.Si l'arsenal de Saddam Hussein vient de La France a vendu à l'Irak des centaines de missiles EXOCET, et des dizaines de chasseurs Mirage.tous les pays imaginables, la France reste, sur les quinze dernières années, le fournisseur numéro deux: c'est elle qui, de très loin, a été le meilleur soutien de Baghdad, juste après l'URSS.Ce «dévouement» n'a pas donné de grands résultats dans la crise actuelle, puisque les otages français sont traités exactement comme les autres.Les résultats les plus concrets de cette longue «amitié» entre les deux pays: d'abord, les soldats français envoyés dans le golfe ont en face d'eux les armements français les plus sophistiqués, à commencer par des centaines de missiles Exocet, et les avions de chasse les plus performants; ensuite, sur la montagne d'armements vendus depuis 1973, une bonne partie n'a évidemment pas été payée \u2014 et ne le sera sans doute jamais.La facture: 5,5 milliards S.Bref, de mauvais esprits diraient que l'argent des contribua- bles français a servi à surarmer Saddam Hussein dans sa guerre \u2014 pas encore tout à fait déclarée \u2014 contre la France, entre autres grands pays occidentaux.11 y a deux semaines, on entendait même des généraux et spécialistes militaires expliquer à la radio que si le porte-avions «Clemenceau» envoyé dans la région ne peut pas s'approcher directement du Golfe, c'est parce qu'il lui manque les chasseurs Super-Etendards.vendus ou prêtés à l'Irak.Depuis le déclenchement de la crise, le 2 \u2022août, les commentateurs ne se privent pas de retracer les hauts faits de l'amitié franco-irakienne depuis 1973.Malheureusement pour lui, c'est le ministre de la Défense, Jean-Pierre Chevènement, qui a eu le triste privilège de faire la dernière visite ministérielle à Baghdad \u2014 en janvier dernier \u2014 et donc de prononcer en cette occasion quelques compliments d'usage en direction du président irakien.Mais en fait, dans le monde politique français, les principaux dirigeants, de droite comme de gauche, ont de fâcheux antécédents à ce chapitre.C'est le premier ministre Chirac qui avait autorisé la vente d'une centrale nucléaire en 1975.laquelle vente devint effective sous Raymond Barre.C'est sous le gouvernement Barre que Dassault reçut commande de 72 Mirages, ce qui n'était pas négligeable.Quant aux gouvernements socialistes, ils ont après 1981 exécuté tous les contrats passés.Ils ont vendu des Exocet \u2014 ce missile ultra-sophistiqué qui avait permis à l'Argentine d'infliger quelques pertes importantes à l'armada britannique pendant la guerre des Malouines.C'est sous la gauche également que, pour contrer la menace iranienne, on prêta les Super-Etendards à l'armée irakienne \u2014 de manière à étendre considérablement sa capacité de bombardement.Beaucoup de dirigeants français ont donc encensé le dictateur de Bagdad et son régime.L'association des amitiés franco-irakiennes compte quelques sommités dans ses rangs.On trouve même ici et la des personnalités «progressistes» qui.retour de Baghdad, ont tenu des discours dithyrambiques sur le «modernisme» du regime bassiste.Il ne faut pas accorder plus d'importance que nécessaire à ces discours.En Irak, la France a d'abord et surtout fait des affaires juteuses.Et plutôt inconsidérées.Cela commence en 1973, au moment du premier choc pétrolier.L'armée irakienne, équipée jusque-là par l'URSS, est loin d'avoir les dimensions actuelles.Et il lui manque surtout une capacité offensive.À l'époque, le regime de Saddam Hussein ne parait pas plus effrayant qu'un autre.Et il a du pétrole.En échange d'un contrat de dix ans lui assurant du pétrole en quantité \u2014- et à un prix très avantageux \u2014 la France corn-, mence à livrer du matériel offensif et ultra-moderne à Baghdad.-Dans la foulée, on signe l'accord* pour la construction d'une ceriv traie nucléaire à Tammouz (la-' quelle sera détruite en juin 81 par l'aviation israélienne).En fait, chacun sait que cette centrale fournit à l'Irak les moyens accélérés de se doter de l'arme nucléaire.Après le début de la guerre ira-no-irakienne \u2014 déclenchée froidement et naïvement par Saddam Hussein en 1980 - - d'autres considérations entrent en ligne, et qui arrangent bien les vendeurs d'armes: il faut soutenir l'Irak «laïc» et «raisonnable» contre la menace folle des ayatollahs iraniens.Le raisonnement n'est pas totalement dénué de sens, mais il aboutit à équiper d'un armement colossal (et surtout ultramoderne) un régime dont on savait qu'il faisait régner la terreur dans le pays et qu'il avait cyniquement agressé l'Iran parce que ce pays semblait en plein chaos.Un régime qui, il y a deux ans.a gazé les populations kurdes par milliers.Après avoir massive-* ment utilisé les mêmes armes chimiques pour venir à bout de l'Iran.Bien entendu, ce n'est pas la France qui à elle seule a multiplié par dix la capacité offensive de l'Irak.Il y avait l'URSS, et il y a toujours des marchés «secondaires» d'armement, au Brésil,-en Inde, en Afrique du sud etc.-Quant aux armes chimiques, leur fabrication ne pose pas de problèmes techniques importants.Là où-la France a joué un rôle important, c'est en fournissant certains armements ou technologies très avancés \u2014 dont le missile Exo- .cet, considéré «imparable» \u2014-qui constituent une menace réelle pour la force d'intervention dans le Golfe.Aujourd'hui, mis à part quelques hurluberlus intellectuels, ou lean-Marie Le Pen, leader de l'ex-trème-droite, Saddam Hussein n'a plus beaucoup d'amis déclarés en France.Parmi ies grands responsables politiques, ceux qui ont le plus couvert de fleurs le client privilégié de Baghdad se contentent d'observer un silence un peu gêné.L'URSS fera tout pour éviter la rupture avec l'Irak JOONEED KHAN L' Irak, qui fait aujourd'hui les frais de la coopération sovié-to-américaine au point où Moscou offre d'échanger avec Washington des renseignements confidentiels sur le régime de Bagdad, servit durant la Guerre froide de véritable pivot pour la stratégie proche-orientale de l'URSS, face à la volonté des États-Unis de l'exclure de la région et de l'endiguer.De ce fait, et surtout à partir de la révolution républicaine de 1958 à Bagdad.l'URSS fut de son côté un vrai pilier de la modernisation irakienne: c'est dans un élan commun avec la «République arabe unie» (RAU, groupant alors l'Egypte et la Syrie) que l'URSS et le Bloc de l'Est reconnurent en effet la «République populaire» proclamée par le général Kassem et ses «Officiers libres» en juillet de cette année-là, sur le modèle de la révolution républicaine de 1952 en Egypte.C'est qu'au sortir de la Seconde Guerre mondiale, la Grande-Bretagne, ancienne puissance tutrice conservant la haute main sur un Irak monarchiste officiellement indépendant depuis 1932, s'attela, à l'instigation des États-Unis rapidement engagés dans la Guerre froide, à échafauder avec la Turquie.l'Irak, l'Iran et le Pakistan une alliance stratégique vouée au containment du communisme soviétique: l'alliance, nommée Pacte de Bagdad, vit le jour en 1955, à un moment où les nationalistes arabes, eux, se rapprochaient de l'URSS.Ce fut là une véritable percée pour l'empire soviétique de Niki-ta Krouchtchev, qui s'employa des lors à articuler à partir de l'Irak une contre-stratégie en direction la mer Rouge et de l'océan Indien.L'Irak quittait en H59 le Pacte de Bagdad, qui devint alors le CENTO (Organisation du Traité du centre), et Kassem tomba sous l'influence des communistes, aux prises avec les baasistes et les nassériens, dont bon nombre furent massacrés dans le foulée de complots ratés contre le régime.Des alliés réalistes Mais si l'Irak, pragmatique au coeur de la Guerre froide, sut jouer des rivalités Est-Ouest et monnayer ses liens avec l'URSS, celle-ci se montra tout aussi réaliste durant les années I960 quand Kasem se retourna contre les communistes et chercha à relancer sa popularité en revendiquant le Koweït et en exigeant la renégociation des contrats pétroliers avec les grandes firmes occidentales.Du premier coup d'État baasiste (1963) au deuxième (1968).l'URSS s'efforça de ménager sa filière irakienne; surtout que la Guerre de juin 1967 avait renforcé l'influence américaine au Proche-Orient.Si bien qu'après 1968.en dépit de vastes purges dans les rangs communistes et nassériens ordonnées par un Saddam Hussein devenu le véritable homme fort de Bagdad, l'URSS consolidait ses liens avec l'Irak en concluant des accords de livraisons d'armes, de coopération économique, d'échanges culturels et scientifiques.En 1969, l'URSS s'engagea à soutenir le développement pétrolier irakien, et même à y participer.En 1972, l'Irak nationalisait la grande société pétrolière IPC dominée par les Britanniques et signait avec l'URSS un Traité d'amitié et de coopération à long terme, s'ancrant ainsi dans le camp soviétique.Les délégations de haut niveau se succédèrent entre Moscou et Bagdad.Saddam Hussein, alors vice-président, négocia lui-même avec l'URSS, en 1972, un Traité d'amitié et de coopération qui formalisait la nouvelle alliance.L'Irak conclut, en 1975, un accord l'associant au Comecon, la zone commerciale du Bloc de Il'Est.Le dirigisme de Bagdad et sa volonté de doter l'Irak d'infrastructures digne d'un État moderne, alliés au fait qu'il disposait d'énormes liquidités dans la foulée non seulement de la nationalisation de l'IPC mais aussi des chocs pétroliers des années 1970, firent de ce pays, planté en plein coeur du Proche-Orient, un allié clé pour l'URSS et le Bloc de l'Est.Un fournisseur d'armes Bagdad joua aussi certes la carte du non-aligmement et chercha à diversifier ses échanges, du côté de la France notamment, mais conseillers soviétiques et est-européens affluèrent en Irak, construisant des aciéries à Khor Zu-bair, des usines de textile et des Lors de sa récente rencontre avec le ministre irakien des Affaires étrangères Tarek Aziz, le président soviétique Michail Gorbachev a vertement condamné l'annexion du Koweit.Mais l'URSS fera tout pour éviter la rupture avec l'Irak.raffineries de sucre.Mais par dessus tout, le Bloc de l'Est fournissait l'Irak en armements - tanks 7-54, T-55, 7-62 et T-72, lance-missiles Frog-7, Frog-9, Scud-B et missiles SS-2/, hélicoptères MI-8 et M/-/0, et bombardiers supersoniques TU-22, Mig-25 et Mig-27, avec ce que tout cela implique en termes de service après vente et de pieces de rechange, sans compter les armes et munitions pour équiper 400000 hommes de combat.Dans son equilibrisme entre les Blocs, l'Irak du Baas, peu marxis- te au demeurant, n'hésita pas à prendre ses distances par rapport à l'URSS \u2014 en s'opposant à la politique soviétique dans la Corne de l'Afrique et au Yémen du Sud, et en dénonçant «au nom du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes» l'occupation de l'Afghanistan par l'Armée rouge.Mais l'URSS, refoulée d'Égypie après la Guerre d'octobre 1975, cultiva patiemment la filière irakienne, tout en consolidant son alliance avec la Syrie et ses liens avec l'Iran, ce qui ne fut guère aisé tout au long de la guerre Irak-Iran, de 1980 a 1988, el de la guerre afghane impliquant l'Armée rouge.Cette continuité de «réalisme fonctionnel» entre Moscou et Bagdad explique que l'URSS ait joue un rôle d'intermédiaire efficace dans la guerre Irak-Iran, et qu'elle demeure pour Bagdad interlocuteur fiable et persona grain dans la présente crise, en dépit de l'adhésion ferme et volontaire du Kremlin aux résolutions de l'ONU condamnant l'invasion du Koweït et imposant à l'Irak un blocus économique et militaire sans précédent, blocus qui semble sur le point d'être complété par un embargo aérien.Et en dépit de la normalisation soviéto-saou-dienne et des perspectives de normalisation soviéto-israélienne.À la veille du sommet d'Helsinki il y a deux semaines, le ministre Tarek Aziz s'est rendu à Moscou plaider le dossier de Bagdad.Au sortir du sommet, Mikhail Gorbatchev a déclaré aux médias, en présence de George Bush, que l'URSS n'avait pas l'intention de rappeler ses quelque 200 conseillers militaires toujours en Irak.«Ils sont là sous contrat et nous n'entendons pas abroger leurs contrats», a dit Gorbatchev, qui a aussi dit, toutefois: «l'espère que le président et le gouvernement de l'Irak réfléchiront sobrement à notre appel pour le respect dés résolutions de l'ONU.Un refus, de leur part mènera l'Irak dans une impasse.Toute action irréfléchie sera une tragédie pour le peuple irakien et pour l'humanité».\u2022 Le renchérissement du prix du pétrole profite à l'URSS, pays producteur.Chaque $ US de hausse signifie, estime-t-on.des rentes supplémentaires de 500 millions S US par an pour Moscou \u2014 qui en a grand besoin à l'approche d'un hiver qui s'annonce porteur de famine.Mais, selon le ministre Edouard Che-vardnadze, la crise a déjà coûté à l'URSS 800 millions $ US en manque à gagner résultant de la suspension des exportations vers l'Irak et le Koweït.Cette semaine, le chef du KGB confiait que ies conditions de travail et de vie des quelque 5000 techniciens soviétiques en Irak «se sont aggravées».Il ajoutait: «Nous tenons les autorités irakiennes responsables de leur vie et de leur état de santé».Il y a fort a parier cependant que l'URSS, puissance enracinée dans la région, fera tout pour éviter la rupture avec l'Irak.En faisant un lien entre l'occupation du Koweït par l'Irak, celle des territoires arabes par Israel et la persistance du conflit libanais, et en insistant auprès de toutes les parties \u2014 y compris d'Israël, soucieux de dépasser la simple normalisation et d'amplifier les échanges avec l'URSS \u2014 sur la convocation d'une conférence internationale de paix pour L'ensemble des dossiers du Proche-.Orient, Moscou s'est même placé en position de force de pour re* lancer sa longue coopération avec Bagdad. LA PRESSE, MONTRÉAL.SAMEDI 22 SEPTEMBRE 1990 Kundera, Riopelle, Tournier, Tremblay, Dostoïevski, Mailer, Brandi, Faulkner, LeMoyne, Duras, Gauvreau, Miron, Eco, Jasmin, Pissarro, Ducharme, Goya, PMurr, Bretecher et compagnie.ont tous décidé de remettre ça à dimanche.En effet! Maintenant, c'est dans l'édition du dimanche que vous pourrez retrouver tous les grands noms de la littérature et des arts.Une douzaine de chroniqueurs hautement lettrés feront un grand tour de la littérature québécoise, étrangère, de jeunesse, de la bande dessinée et des revues.sans oublier de nombreuses entrevues.Pour tout savoir sur la vie littéraire et artistique, c'est le cahier Livres et Galeries qu'il faut maintenant lire, tous les dimanches, dans La Presse je pense clone je lis - \u2022 - 102000 candidats tenteront de devenir éboueurs à New-York Agence Froncc-Prcssc NLW YORK ¦ Quelque 102000 New-Yorkais se sont inscrits auprès de la municipalité pour passer aujourd'hui les tests d'embauché dans l'espoir de décrocher l'un des 2000 postes d'éboueur de la ville.Alors qu'il ne requiert pas de qualification particulière \u2014 un permis de conduire et de solides reins suffisent\u2014 ce métier est bien payé: 23000$ annuellement pour commencer et 35000$ au bout de cinq ans, le tout pour 35 heures hebdomadaires.Les chances des candidats sont plus minces que celles des étudiants qui cherchent à entrer à Princeton ou Harvard: la cote est de un contre cinquante.La ville n'avait pas tenu ce concours depuis sept ans, ce qui explique aussi l'affluence.Sans compter, assure Vito Turso, porte-parole du secteur nettoyage de la ville, que «pour ceux qui aiment la vie au grand air, c'est un bon mode de vie.On peut s'y faire des muscles et même bronzer».Samedi, les candidats \u2014 des hommes et femmes de tous âges, «même des grands-pères»\u2014 passeront les tests écrits.Rien d'éso-térique, explique Vito Turso, l'examen est simple et concerne le fonctionnement du camion et la connaissance de règles de sécurité.Lors du dernier concours, 95 p.cent des candidats avaient réussi l'écrit.C'est la raison pour laquelle la ville a décidé cette année pour la première fois de tirer ensuite 15000 noms au hasard par ordinateur.Seuls ces heureux gagnants auront la chance de passer le concours physique en novembre: l'impétrant aura 27 minutes pour soulever 147 sacs de neuf kilos environ chacun et les jeter dans une hotte placée à la hauteur du camion.Autrement dit, près d'une demi-heure pour déplacer 1,3 tonne.New York pourra embaucher dans les quatre ans à venir quelque 2000 éboueurs en tout, juste de quoi assurer le renouvellement des effectifs, économies budgétaires obligent.La ville est d'ailleurs tellement pauvre qu'elle demande 15$ à tous ceux qui passeront l'écrit, un moyen de ramasser 1,5 million $.Cela ne couvre même pas tous les frais, assurent les responsables de la municipalité.Rien que pour faire passer l'écrit, il faut en effet louer 26 collèges, engager des surveillants, faire imprimer les tests, puis les faire corriger, programmer un ordinateur.Bref, dans une ville où le seul secteur privé a perdu quelque 15000 travailleurs au premier semestre, les ordures ont au moins l'avantage d'être créatrices d'emplois.5Sw \u2022 * - ur les pentes mSÀ de ski, en boiïrclure du golf, vous goûterez à un style de vie adapté à votre désir d'être pleinement actif.- VlLLASjy SAISONS \u2022 \u2022 - ' .'.1»-__ \u2022g\\ .« '* Bureau des ventes Autoroute 15, sortie 64, direction'les pentes de ski et l'auberge Mont-Gabriel (514)438^455 (514).229-7852 Vous*poun*iez\"obtenir une résidence, avec ou sans garage,.de 2 ou 3 chambrés à coucher.ta ''Notre conception vous donne l'opportunité de réaliser votre aménagement personnalisé.Son emplacement privilégié, dans un décor enchanteur, fait des \"Villas IV Saisons\" une valeur sûre.* v LE CONSEIL DE L'ORDRE NATIONAL DU QUÉBEC LANCE UN APPEL PUBLIC DE CANDIDATURES \u2022 \u2022 \u2022 * \u2022 i r« \u2022 \u2022 \u2022 - r.W.\u2022 .,i.L'ORDRE NATIONAL DU QUÉBEC est la plus haute distinction décernée au Québec.L'ORDRE NATIONAL DU QUÉBEC est composé de personnes à qui le gouvernement a conféré le titre de Grand officier, d'Officier ou celui de Chevalier de l'Ordre.Objectifs: Témoigner de la fierté qu'inspirent au peuple du Québec les actions éminentes accomplies par ces personnes.Manifester au respect et de la fidélité à ceux et à celles qui ont marqué l'évolution du Québec ou qui ont permis son .rayonnement dans l'un ou l'autre des secteurs de l'activité québécoise.Traduire les liens entre le passé et le présent du Québec.Critères d'admissibilité: Toute personne née ou résidant au Québec à l'exception des membres de l'Assemblée nationale.Les candidatures seront soumises au 1 Conseil de l'Ordre chargé de faire ses recommandations au Premier ministre.Mise en candidature: Désirez-vous soumettre une candidature?Si oui, des formulaires d'inscriptiortsûnt disponibles sur demande.Chaque candidature doit être parrainée par deux personnes et/ou une association et acheminée avant le 8 octobre 1990 avec la mention « candidature».Madame Denise Grenier Directrice de l'Ordre SECRÉTARIAT DE L'ORDRE NATIONAL DU QUÉBEC Ministère du Conseil exécutif 875 est, Grande-Allée Édifice \"H\" \u2014 Bureau #2.404 Québec.QC G1R4Y8 Tél.: (418) 6411-8895 Québec Du soleil?.en voilà! 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