La presse, 17 octobre 1990, E. Arts et spectacles - Le monde
[" 4 LA PRESSE, MONTRÉAL, MERCRED117 OCTOBRE 1990 Francine Grimaldi collaboration spéciale Une bonne étoile la vôtre.evenir propriétaire d'une étoile c'est possible! Le sympathique et généreux astro-physicien Hubert Reeves y est allé d'un don de 20 000$ au projet du Centre d'astronomie du Québec sur le plus haut sommet du Québec accessible par route, là où est situé l'observatoire astronomique au sommet du Mont Mégantic.La Fondation d'astronomie du Québec, dont le président d'honneur est justement Hubert Reeves, est en pleine campagne de levée de fonds et offre à tous les donateurs, pour une contribution minimale de 50$ d'acheter une étoile.Votre nom ne passera pas à l'histoire (ou si peu) mais Hubert Reeves l'amateur d'astronomie que vous êtes aura un petit velour en recevant un certificat donnant la position et la description de «son» étoile,dans le ciel, avec aperçu de l'origine mythologique du nom de la constellation, et la confirmation que son nom apparaîtra sur l'immense carte du ciel ainsi que dans VAtlas du ciel du Centre d'interprétation de l'astronomie du Mt.Mégantic.Voilà une façon séduisante de avoir son nom briller au firmament des étoiles, locales mais : quand même.Tous les bons libraires offrent le dépliant d'inscription au public.L'ÉLÉPHANT BLANC 9 Un éléphant blanc ça ne trompe pas nécessairement! En tout cas le nouveau Parti «Éléphant Blanc» veut être considéré comme un parti officiel, m'a dit Michel Bédard, chef du parti et candidat au poste de maire de Montréal.«Nous sommes un nouveau parti très dynamique.' L'éléphant blanc a déjà les défenses ensanglantées.Nous apportons des solutions marginales et alternatives aux problèmes municipaux.L'éléphant blanc a le dos large mais pas au point de porter la carapace du rhino- ii wit.-, ¦\u2022_ià François Gourd ceros.Nous ne sommes pas le pendant (à cause de la trompe) du Parti Rhinocéros, nous sommes plus féroces», note M.Bédard.RETOUR AUX SOUCHES ¦ Parc Lafontaine j'ai rencontré François Gourd sur sa «Rossinante» bicyclette.Le Parti Rhinocéros semble loin de ses préoccupations actuellement.Dommage.Il sculpte.Vaillant-Gourd transforme des bois morts en oiseaux volages, en requins féroces, en loups, c'est selon.Il exposera son Retour aux souches avec une vingtaine d'autres artistes au Vieux Palais de Saint-Iérome, dans le cadre d'une exposition collective Spécial Western.Vernissage le dimanche 4 novembre.¦ i Par ailleurs, le commissaire priscur François Gourd sera de retour aux Foufounes Électriques pour un autre événement de Peinture en difect le dimanche 28 octobre.Quelques 35 peintres feront chacun une toile en une heure et les oeuvres seront ensuite vendues à l'encan.Finalement François m'annonce sa meilleure nouvelle: «Fier de mes 40 ans, je deviendrai papa à la fin mars, grâce aux charmes de la nature et à la magie de l'amour!» UN COLLOQUE DONG ¦ J'ai jasé avec le professeur André Smith, de l'université McGill, qui a organisé le colloque scientifique sur Claude Meunier, le Dong du Ding Serge Thérlault.Le colloque fut un succès, dit-il: «Moi je suis professeur de théâtre québécois et de littérature et j'admire sa manière d'écrire.le lui trouve un réel talent d'écrivain car vous savez il fait très peu de véritable improvisation finalement.Tout est pensé et écrit.Que ce soit à l'époque de Paul et Paul ou de Ding et Dong, et c'est Claude Meunier qui signe seul le scénario de Ding et Dong: le film qui sortira en décembre; c'est lui qui a écrit Parents anonymes.Il y a seulement la pièce Les voisins qu'il a écrite en collaboration avec Louis Sala.Enfin, ses écrits sont assez importants pour que les éditions VLB les publient tous.JOHNNY LA FORME ¦ Une information en attire une autre, après vous avoir parlé de la nouvelle biographie de Johnny Hallyday, j'ai reçu un bel ouvrage de 150 pages qu'une compagnie québécoise vend en France, le Groupe R.R.International dirigé par Louis-Luc Roy: Johnny la forme par Johnny Hallyday lui-même avec le Or Jean-Christian Hugo, pseudonyme que s'est donné un médecin parisien pour ne pas se placer en concurrence déloyale avec les autres médecins étant donné la publicité que son ouvrage pourrait faire à son cabinet.La vedette y dévoile tous ses trucs pour garder la forme depuis 30 ans (même en fumant des Gitanes).Cet ouvrage vient de paraître au Canada et en France en édition courante à 30$ et en édition de luxe.NOUVEAU LIVRE SUR MARCEL BARBEAU ¦ Un nouveau livre d'art sur l'oeuvre du peintre Marcel Barbeau sera lancé le 30 octobre à la galerie d'art Michel-Ange à l'occasion du vernissage d'une exposition-rétrospective de l'artiste.Il s'agit d'une importante monographie sur Barbeau Regard en fugue par la philosophe et historienne de l'art Corolle Cagnon ci la sociologue et critique d'art Ninon Gauthier.Leur étude inaugure une nouvelle collection de livres d'art sur les artistes canadiens contemporains, publiée par le Centre d'étude et de communication sur l'art.NELLIGAN ILLUSTRÉ ¦ Un autre lancement qui promet d'être intéressant: au Gésu mardi prochain, les éditions Fidès lanceront un album de luxe consacré aux Poésies complètes d'Emile Nelli-gan avec reproductions inédites d'oeuvres des peintres Stanley Cosgroveb, Antoine Dumas, Richard Lacroix, Henri Masson et Marcelle Ferron.Les comédiens Yves Soutière et Michel Comeau, qui ont joué et chanté Nclligan, diront quelques poèmes avec aussi Andrée La chap elle.NOUVEAU CINÉMA ¦ Le Festival international de la vidéo et du nouveau cinéma commence demain et les cinéphiles doivent trépigner d'impatience car le menu est impressionnant et c'est bien ce qu'on aura de plus consistant à se mettre sous la dent'd'ici le printemps.L'étonnante réalisatrice torontoise Patricia Ro-zema (/ heard the mermaids singing) arrive ce soir avec son dernier-né White Room qu'on a beaucoup aimé au Festival of festivals de Toronto.On peut compter sur une belle brochette d'invités au festival, entre autres il y a Claire Denis qui arrivera le 23 octobre avec le beau Isaac de Bankolé qu'elle remet en vedette, après Chocolat dans S'en fout la mort.Un tournage heureux paraît-il.Sur ce, à dimanche.Les Francofolies s'installent à Montréal Vingt-six spectacles dans quatre salles ALAIN do REPCNTIGNY Les Francofolies ont mis un pied dans la porte l'an dernier, voilà qu'elles s'implantent définitivement dans le paysage artistique montréalais cet automne.Du 30 novembre au 8 décembre, 26 spectacles seront présentés dans quatre salles montréalaises : Wilfrid-Pelletier et Maisonneuve, le Spectrum, et le Club Soda.Il y aura relâche les 4 et 5 décembre.Au menu, une majorité d'artistes québécois, dont quelques-uns étrenneront leur nouveau spectacle, et des invités de France, de Belgique, de Suisse et des Antilles.Comme pièce de résistance, deux galas inspirés du modèle des Francofolies de La Rochelle: la Fête à Gilles Vigneault \u2014 qui réunira le Belge Julos Beaucarne, le Français Maxime Le Forestier, le Suisse Michael Buhler, ainsi que Monique Leyrac, Marie-Claire Séguin, Paul Piché, Michel Rivard, Louise Forestier, Yvon Deschamps et, oh surprise!, le pianiste de jazz montréalais Oliver Jones\u2014 et celle à Daniel Lavoie \u2014 avec entre autres Marie Philipr pe, Luc De Larochelière, Hart Rouge et la Belge Maurane.Outre ces deux fêtes, les événements Du Maurier proposeront Georges Moustaki \u2014oui, vous avez bien lu!\u2014, l'humoriste Guy Bedos, le jeune Arthur H.qui a triomphé dans le cadre du dernier Festival de jazz, et le spectacle Bêtes de scène de Rock et Belles Oreilles.Au Spectrum, la série Chanson, à 19 h, ramènera le bluesman français Paul Personne et présentera la première nord-américaine du spectacle de Philippe Lafontaine.Egalement au programme, un programme double Maxime Le Forestier/Geneviève Paris et un autre mettant en vedette Marie Philippe et Luc De Larochellière qui viennent tout juste de lancer leur deuxième microsillon.En prime, le nouveau spectacle de Jim Corcoran, un show de Plume La traverse et une soirée «boîte à chansons» avec Claude Gauthier La fuite BRUNO DOSTIE i Quelques vedettes des Francofolies entourant les producteurs Guy Latraverse et Alain Slmard: Geneviève Paris, Marie Philippe, des membres de Vilain Pingouin et des Parfaits Salauds, Sylvain Lelièvre, Luc De LaRochellière, Gilles Vigneault, Jim Corcoran et Jean Leloup.photo robert nadon.u Presse et Clémence Desrochers (sortez vos filets de pèche et vos chandelles.) La série Rythmes Canadien International, à 22 h au Spectrum, réunira le groupe Africain Papa Wemba, Jean Leloup, le groupe français Les Innocents au même programme que le québécois Vilain Pingouin, le premier spectacle de Patrick Bruel en terre québécoise et le groupe haïtien Rara Machine.Les journalistes européens pourront également découvrir dans cette série deux vedettes de l'automne québécois: Marjo et Laurence lalbert.C'est toutefois dans la série Tandem franco-québécois, au Club Soda à 20 h 30, que se feront la plupart'des découvertes: Romain Didier, Jean-Louis Aubert, Jacques Haurogné, le groupe Chanson Plus Bifluorée, Jean Guidoni et Lucid Beausonge, mas qu'on a déjà applaudie, seront ju* mêlés aux Sylvie Bernard, Les Parfaits Salauds, Marie-Claire Séguin, Térez Montcalm, Claude dé Chevigny et Sylvain Lelièvre, -; ; m \u2022 * Les billets pour tous ces spectacles seront mis en vente dès samedi.Il sera également possible de se procurer un passeport pour chacune des séries (99$ et 49$ pour celle du Club Soda) ou pour l'ensemble des spectacles (199$).' ne \u2022 * _ a maison est à vendre.Dix t£3 ans là.De la première envie d'écrire à la livraison de la marchandise.La fin d'un cycle.Le temps de changer de décor.// testera toujours le Nebraska, le premier roman de Nathalie Petrowski, a été lancé hier chez Boréal.Elle sait qu'on l'attend de pied ferme, mais elle fonce: la fuite est son sujet, pas son «bag».Le titre?À cause de la chanson de Bruce Springsteen.Parce que ça évoque la fuite.Pr.rcç qu'elle appartient au rock.Coincidence, cette chanson qu'elle n'a pas relue, raconte l'histoire d'un tueur sur la chaise électrique.Elle renvoie aussi à la culpabilité, son thème de prédilection.Cette référence rock'n roll, en tout cas, la démarque bien de Denise Bombardier, l'autre romancière vedette du journalisme.Mais passer à Apostrophes n'est pas son ambition.Elle s'en moque plutôt allègrement, dans son livre comme dans la vie.Née en France, elle se dit Américaine, et dans son style inimitable, plante ces «Français qui prennent dix minutes pour dire la même chose que Mad Dog Vachon».L'écrivain débute.Mais en 15 ans, la journaliste de 36 ans a fait plus que sa marque.Pour le meilleur et pour le pire, elle est devenue un personnage qui la dépasse.Pour faire court et vulgaire, on dira que du Devoir à La Bande des six, elle s'est fait la réputation d'être la « bite he en chef».C'est bien sûr ridicule.Elle a publié autant d'éloges que de démolitions.Elle travaille bien, et on le reconnaît.C'est encore une fois presque débutante qu'elle remportait pour la qualité de sa plume, le premier Prix Jules-Fournier il y a dix ans.N'empêche qu'on l'attend avec une «brique et un fanal» et qu'elle le sait.Sauf qu'elle n'a pas peur.D'abord, parce qu'elle a toujours foncé.«Tu ne t'es pas aperçu que j'étais un gars», me disait-elle lundi.Ensuite, parce qu'on n'est pas critique pour rien.« le me suis déjà faite la critique la plus sévère de mon roman».Auto-critique, et affres de l'écriture quand il n'y a plus la sécurité d'une salle de rédaction, un sujet, une longueur, un «dead line» et les règles du métier, mais seulement l'écrivain avec sa soli- ¦ te* *ar ¦ +¦ ' PHOTO ROBERT MAILLOUX, La Prwse La Petrowski se fait romancière tude.D'abord dans la maison vide de New York où elle a été l'hôte du gouvernement du Québec de mars à septembre 1987.C'est là qu'elle a tout repris son projet, fait le premier jet.Douté.Paniqué.Elle qui n'avait jamais eu de difficulté à écrire, elle n'écrivait qu'une heure par jour.Et encore chez elle cet hiver: «Je voulais tout mettre à la poubelle.Mon chum me l'a arraché des mains.» Si bien qu'aujourd'hui le roman est là.Et qu'on va les passer au crible tous les deux, elle en même temps que le livre.Elle se défend d'avoir écrit une autobiographie, mais on la cherche toujours.Ce qu'elle appelle ('«histoire d'un triplex» est aussi l'histoire des habitants des trois étages d'une copropriété qui sont un peu nés d'un «que sont mes amis devenus», et dont la vie n'est pas sans parallèle avec sa propre existence.On va la déshabiller en public, et elle le sait.L'ivresse de l'écriture Mais c'est la tête haute, contente d'avoir fait le premier, songeant déjà au deuxième, que Nathalie Petrowski va reprendre aussitôt après le Salon du livre, le collier au Devoir qu'elle a négligé pour écrire autre chose.Contente aussi de rpprendre ce métier qu'elle a toujours voulu faire différemment, dans un espace que la nouvelle génération a occupé, constate-t-elle: «C'est rendu que Foglia est obligé d'aller à Pékin ou aux îles Mouk-Mouk pour faire autre chose».Elle aura connu autre chose.L'ivresse de l'écriture.L'ivresse de plonger dans son ordinateur sans savoir où l'on s'en va.De se mettre à l'écoute de l'inconscient.De parler de cette enfance qui figurait en premier sur la liste des sujets qu'elle ne voulait pas aborder.L'ivresse d'être Dieu-le-père, de mentir, de faire atterrir un avion sur le flanc du mont Royal.«Le journalisme, c'est respecter les faits.l'espère avoir fait du mauvais journalisme dans mon roman.» La fuite immobile.Comme dans sa vie il y a dix ans, une amie chère meurt dans son oman.Les gens partent, et ceux qu'ils quittent voudraient les voir rester.S'ils restent, ils veulent les chasser, ou les fuir.«Le futur du verbe se marier, écrit-elle, c'est divorcer.Ça se serait appelé La Fuite immobile, dit-elle, si le titre n'avait pas été pris par Gilles Archambault.C'est l'histoire de monde qui fuient.Tout: leurs émotions, leur passé, les autres.De monde à côté de leurs pompes, qui n'arrivent jamais à se rattraper, qui se sentent tout le temps abandonnés, qui ont en même temps peur de rester, qui sont incapables du contact réel, de l'intimité, de l'amour.» \u2022 \u2022 \u2022 \u2022 Son héroïne, une femme qui ne fait rien de son temps et qui est donc le contraire de l'hyper-active qu'elle-même a toujours été \u2014 une autre des joies de se retrouver dans la position de Dieu-le-père est de se moquer de soi \u2014 est une femme qui se sent responsable, coupable de tous les départs.«Les enfants du divorce sont comme ça.Us pensent que c'est de leur faute si leurs parents se sont séparés.» La culpabilité est plus profonde.La chanson de Springsteen qui raconte l'histoire d'un tueur qui a hâte,de passer sur la chaise électrique, renvoie à cette culpabilité qui est venue de son ins-conscient.La culpabilité qui est son grand thème \u2014 «Moi je me sens toujours coupable, de tout et de rien, de vivre à la limite».La culpabilité qui sera au centre, et cette fois clairement, de son prochain roman: une histoire de journalisme plus proche d'AUô Police que du Devoir.Nathalie Petrowski aime le roman noir, la mort, Chandler et Japrisot.Elle aime la vie.Elle aime le «merveilleux fou» qui est son père, même s'il a toujours accueilli ses réalisations avec un «y'a rien là».Comme dans son roman.C'est vrai qu'elle a voulu se démarquer.Qu'elle a poussé.Qu'elle a fait « un homme d'elle», comme elle l'écrit.«Moi, ma culture, c'est Woodstock.Les gars, les filles, ça veut rien dire.C'est la génération qui compte pour moi.» Sauf que dorénavant, au lieu du regard d'une génération, c'est le regard d'un écrivain qu'elle pose sur les choses.Écrire l'a changée.Elle ne peut plus voir Montréal de la même façon.Elle écoute les conversations des autres au restaurant.Elle voit des histoires partout.Elle enregistre.Comme l'autre fois, devant le salon de karaté de Pierrefonds où la conduisait le film pour Radio-Québec auquel elle travaille avec Paule Baillargeon.Retrouverons-nous ce salon dans son prochain roman également. E2 LA PRESSE, MONTRÉAL, MERCRED117 OCTOBRE 1990 PHOTO PIERRE CÔTÉ, La Presse Un autre « Hélène » ?» f?och Vo/s/ne lançait, hier au Hard Rock Café, son deuxième microsillon,
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