La presse, 17 novembre 1990, B. La Presse Plus
[" LA PRESSE, MONTRÉAL.SAMED117 NOVEMBRE 1990 CELTEX inc.SPECIAL PORTATIF PT500 ® ACTIVATION AVEC BATTERfE.CHARGEUR ET ÉTUI 'v 984-5292 ^ ¦¦ ¦ ' 9B7-977Q « oit ««r écoles ethnsmuem MARIE-FRANCE MËCER Les Montréalais s'opposent en bloc à ce que les élèves d'origine ethnique fréquentent des écoles dis-tinctes de celles des Québécois de souche.C'est ce que révèle le sondage CROP-La Presse-TVA réalisé entre le 8 et le 11 novembre auprès de 506 personnes habitant Plie de Montréal.La question posée était la suivante: «Souhaitez-vous: des écoles séparées pour les Québécois d'origine et les autres ethnies, des écoles recevant moitié-moitié des élèves des autres ethnies et des Québécois d'origine, ou des écoles qui reçoivent la population scolaire comme elle se présente sur le territoire?» Soixante-treize pour cent des gens ont choisi ce dernier scénario, c'est-à-dire la situation actuelle.Seulement 4 p.cent des personnes interrogées se sont déclarées en faveur d'«écoles séparées pour les Québécois d'origine et les autres ethnies»; 17 p.cent 0111 repondu qu'elles souhaitaient «des écoles recevant moitié-moi-lie des élèves des autres ethnies et des Québécois d'origine».Six pour cent des sondés ne se prononcent pas.On ne note pas de différence notable des résultats selon la langue, les catégories d'âge, la pratique religieuse, ou le fait d'avoir des enfants à l'école ou non.La Presse, en collaboration avec CROP et TVA, a choisi la même question que celle posée par la maison de sondage IQQP cl la Commission des écoles catholiques de Montreal (CLCM) à l'automne 1989 dans le cadre d'une sondage réalisé auprès des parents des élèves de la CÉCM.À l'époque, devant l'indignation exprimée par les communautés ethniques, les représentants du milieu scolaire et les parents, les commissaires de la CECM avaient vote à l'unanimité pour que cette question soit retirée de l'enquête.On s'inquiétait alors du fait que la plus grosse commission scolaire de l'île de Montréal prenne sur elle de poser une question de nature a jeter le doute dans l'esprit des gens sur la mission d'intégration des communautés cl h niques coït fiée jusqu'ici a l'école.En posant cette question.UN SONDAGE Ls Presse -TVA estime qu'il est dans l'intérêt public de connaître les sentiments que suscite dans la population l'entrée dans les écoles québécoises d'un nombre rapidement croissant de jeunes d'autres cultures.la commission scolaire n'indiquait-elle pas qu'elle songeait a établir des écoles séparées pour les élèves issus de groupes ethniques minoritaires?Les commissaires du Regroupement scolaire confessionnel avaient expliqué qu'ils voulaient simplement connaître les désirs des parents, mais certains d'entre eux n'avaient pas fermé la porte aux écoles séparées pour les immigrants, si tel était le souhait exprime par la majorité.La maison IQOP indiquait de son coté que le sondage était mené avec toute la rigueur scientifique nécessaire.La Presse a choisi de poser cette question à son tour parce qu'elle Le français dans les corridors?La maison CROP s'est aussi penchée sur la question de la langue dans les établissements scolaires français, aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur des cours.Une faible majorité de répondants, 54 p.cent, ont indiqué qu'ils préféraient que l'utilisation du français dans ces écoles ne soit obligatoire que dans les salles de cours.40 p.cent des personnes interrogées estiment au contraire que le français devrait être obligatoire en tout temps et en tout lieu à l'école.Enfin, 5 p.cent des sondes ne se sont pas prononcés en faveur de l'une ou de l'autre option.Toutefois, les chiffres varient si l'on compare les réponses des Souhaltez-vous : des écoles séparées pour les Ouébécois d'origine et les autres ethnies 4% des écoles recevant moitié-moitié des élèves des autres ethnies et des Ouébécois d'origine 17% ou des écoles qui reçoivent la population scolaire comme elle se présente sur le territoire 73% ne sait pas /pas de réponse 6% D'après vous, dans les écoles françaises, l'utilisation de la langue française par les élèves devrait-elle être obligatoire en tout lieu et en tout temps ou seulement dans les salles de cours ?\tFrancophones\tAnglo* phones\tAlio-phones\tToial Seulement dans les salles de cours\t39%\t88%\t66%\t54% Obligatoire en tout temps et en tout lieu\t56%\t7%\t27%\t40% Ne sait pas / pas de réponse\t5%\t6%\t7%\t5% francophones à celles des anglophones et des allophones.La majorité des francophones, 56 p.cent, croient que le français devrait être obligatoire partout dans les écoles françaises alors que c'est le cas pour seulement 7 p.cent des anglophones et 27 p.cent des allophones.Anglophones et allophones sont donc majoritairement (à 88 p.cent et 66 p.cent respectivement) contre l'utilisation obligatoire du français à l'extérieur des salles de cours.Il y a une petite différence entre les catholiques pratiquants (c.à.d.ceux qui vont au moins une fois par semaine à la messe) et les non-pratiquants.54 p.cent des pratiquants sont en faveur du français obligatoire partout contre 44 p.cent chez les non-pratiquants.On remarque également que 53 p.cent des répondants ayant 12 années de scolarité et moins tiennent au français obligatoire partout, alors que les personnes possédant 13 années et plus de scolarité sont en faveur a 66 p.cent de l'utilisation obligatoire du français seulement dans les cours.La question du français a aussi fait l'objet d'une polémique au printemps dernier à la Commission des écoles catholiques de Montréal.La CÉCM proposait dans sa politique linguistique d'introduire notamment deux articles, l'un portant sur l'obligation de parler français partout à l'école et l'autre sur l'application de mesures disciplinaires pour permettre de recréer un environnement français.C'est l'Association des directeurs d'écoles qui avait d'abord suggéré d'étudier cette politique linguistique car elle estimait urgent de redresser la barre en français.Deux objections majeures ont vu le jour: \u2014 la commission scolaire ne doit pas jouer à la police en épiant les conversations privées des élèves; \u2014 des mesures incitatives sont préférables à des sanctions, ces dernières risquant de braquer les élèves contre la langue française.Les audiences publiques, qui ont suivies le tollé, ont finalement permis d'en arriver à un fragile compromis.II a permis d'établir que le français ne devrait être obligatoire que dans le cadre des activités scolaires.La CÉCM a aussi laissé le soin à chaque direction d'école de déterminer si des mesures coercitives sont nécessaires pour recréer un environnement français.Les élections scolaires ?Connais pas ! MARIE-FRANCE LÉGER e sondage CROP-TVA-Z.a Hi Presse vient confirmer le très grand désintérêt des Montréalais pour les élections scolaires.72 p.cent des personnes interrogées s'intéressent peu ou pas du tout à cette question.Cette situation est donc bien loin de laisser présager pour demain une augmentation du taux de partipation qui, aux dernières electiotis scolaires a Montreal en 1987, n'était que de 13 p.cent.En.outre, 67 p.cent des répondants n'ont aucune idée de la date, ni même du mois pendant lequel se tiennent les élections!.Seulement 50 p.cent des personnes interrogées sont certaines d'être inscrites sur la liste électorale de leur commission scolaire.Vingt-sept pour cent savent que leur nom ne s'y trouve pas, tandis que 23 p.cent ne savent pas ou n'ont pas répondu à la question.Comme vous le savez peut-ère, il y aura bientôt des élections scolaires partout au Québec.Personnellement, diriez-vous que vous vous intéressez beaucoup, assez, peu, ou pas du tout a cette question ?Beaucoup Assez Peu Pas du tout 7%\\ 18% / 25% 72% Pour quelle raison principale ne vous intéressez-vous pas davantage à ces élections scolaires ?Pas d'enfant à l'école\t50% Manque d'information\t18% Raison d'âge\t8% Pas le temps\t7% Autre\t5% Pas concerné(e) » 4% Ne sait pas / pas de réponse 7% Selon vous, qui a le plus d'influence sur ce qui se passe à l'école ?Les professeurs\t28% La direction de l'école\t21% Le ministère de l'éducation\t18% Les commissaires scolaires\t12% Les parents\t12% Ne sait pas / pas de réponse\t10% Invites a expliquer leur peu d'intérêt, 50 p.cent des répondants ont expliqué qu'ils n'avaient pas d'enfant à l'école.Dix-huit pour cent ont indiqué qu'ils manquaient d'information sur le sujet.Les catholiques pratiquants s'intéressent légèrement plus aux élections scolaires que les non-pratiquants.Les francophones et les anglophones sont tout aussi indifférents au scrutin scolaire les uns que les autres.Les allophones s'y intéressent à peine plus.C'est évidemment la tranche d age 35-54 ans qui s'en préoccupe le plus.Autre donnée importante: 66 p.cent des personnes interrogées disent n'avoir jamais voté lors d'une élection scolaire.Les catho-liques pratiquants votent plus, dans une assez bonne proportion, que les non-pratiquants.Et ce sont les personnes les plus scolarisées qui votent le moins.Par ailleurs, les 506 répondants au sondage estiment que les commissaires d'école font plutôt un bon travail.Mais ils avouent à 64 p.cent ne connaître aucun des commissaires de leur commission scolaire.Il y a aussi une petite contradiction: 65 p.cent des répondants estiment que les commissaires ont un rôle important à jouer, mais ils considèrent en même temps qu'ils sont les partenaires scolaires qui, avec les parents, ont le moins d'influence sur ee qui se passe à l'école.Les sondés pensent que ce sont les professeurs, les directions d'écoles et le ministère de l'Éducation qui ont d'abord leur mot à dire en ce qui a trait aux établissements scolaires.Le sondage a été réalisé avant que le président de la CÉCM Michel Pallascio ne fasse état de ses préférences pour une immigration francophone et judéo-chrétienne comme meilleur moyen d'intégration des nouveaux arrivants.Les propos de la ministre Gagnon- Tremblay, incitant les électeurs à ne pas voter pour le Regroupement scolaire de Michel Pallascio.auront-ils un impact sur le taux de participation.?mWêâ // faut enlever des points pour les fautes de français MARIE-FRANCE LEGER ¦A a 11 m L H ,\u2022> m S, y es Montréalais tiennent mordicus a ce que le français reste la matière la plus importante à l'école, tant au primaire qu'au secondaire.Le sondage CROP-TVA-La Presse montre que parmi les francophones interrogés, 65 p.cent estiment que le français est la matière la plus importante à l'école.Vingt pour cent optent pour les mathématiques.Les autres matières ne sont choisies que par des proportions insignifiantes de répondants.Lorsque la même question est posée aux allophones, qui peuvent avoir des enfants aussi bien à l'école française qu'à l'école anglaise, une majorité (environ 40 p.cent) optent pour le français.Alors que seulement un pour cent des francophones choisissent les sciences comme matière la plus importante, cette proportion est passablement plus élevée chez les allophones, se situant autour de 15 p.cent.Chez les anglophones, l'anglais et les mathématiques se font une chaude lutte, étant choisis par en- viron un tiers des répondants chacun.Le français et les sciences sont choisis par environ 10 p.cent des anglophones chacun.La forte majorité des répondants francophones (70 p.cent) souhaiteraient que les enseignants des matières autres que le français enlèvent des points pour les fautes de français dans les travaux et examens des étudiants.À votre avis, quelle est la matière la plus importante à l'école?(repondants francophones) Français\t65% Mathématiques\t20% Anglais\t2% Religion / Morale\t2% Sciences\t1% Histoire\t1% Géographie\t0% Autre\t3% Ne sait pas / pas de réponse\t7% B 2 \u2022 LA PRESSE, MONTREAL, SAMED117 NOVEMBRE 1990 Editorial Paul Desmarais president du conseil d administration Roger D.Landry president et éditeur Claude Masson Marcel Desjardins Alain Dubuc éditeur adjoint directeur de I information éditorialiste m cnM CECM : le temps du changement est arrivé Cl est dans l'indifférence générale qu'auront lieu demain les élections scolaires à Montréal.Le sondage crop-l?Presse, dont nous publions aujourd'hui les résultats, laisse présager que le taux de participation restera désespérément bas.Pourtant, les enjeux de cette élection à la Commission des écoles catholiques de Montréal méritent mieux.L'école joue un rôle central dans l'intégration des nouveaux venus, l'enracinement du français, la lutte contre les effets de la pauvreté et, bien sûr, la formation des citoyens et des travailleurs de demain.Pour une ville qui veut croître, qui recherche l'excellence et tente de renforcer sa stature internationale, l'école est un outil essentiel.Hélas, la tradition veut que le processus démocratique scolaire montréalais soit paralysé depuis de nombreuses élections par un débat maintenant stérile, celui de l'intégrisme religieux.Il est devenu stérile parce que la société québécoise a profondement changé.Ce vieux débat opposait une majorité d'intégristes voulant garder intactes ses institutions, à une minorité laïque qui voulait, comme on l'a dit souvent, «sortir les crucifix des écoles».Ce débat n'a plus sa raison d'être, parce que ces deux camps sont devenus deux minorités à mesure que se dégageait un nouveau consensus au Québec.Ce consensus, c'est que des commissions linguistiques peuvent regrouper en leur sein des écoles catholiques et d'autres qui ne le sont pas.Cette évolution des mentalités et cette ouverture au pluralisme témoignent d'un désir de chacun de respecter le choix des parents et, ne l'oublions pas, les droits des enfants.C'est l'esprit de la loi 107 du ministre Claude Ryan, qui remplace les commissions scolaires confessionnelles par des commissions linguistiques, sauf à Montréal et à Québec dont les structures sont protégées par de vieux textes constitutionnels.Les évëques du Québec, ainsi que l'archevêque de Montréal, Mgr Turcotte, se disant peu attachés aux structures, acceptent ce changement, à la condition que les parents catholiques puissent avoir accès à l'école de leur choix, ce que garantit la loi 107.Quant à la population dans son ensemble, elle partage cette vision des choses, comme le montre notre sondage CROP.Cinquante-deux p.cent des Montréalais interrogés préfèrent les commissions linguistiques, tandis que 32 p.cent penchent du côté des commissions confessionnelles.On note aussi que chez les citoyens qui peuvent avoir des enfants à l'école \u2014 ceux qui ont 55 ans et moins \u2014, à peine le tiers, ou 30 p.cent, veulent que l'enseignement religieux soit donné à l'école, tandis que la moitié préfère l'enseignement moral et qu'un autre 13,7 p.cent s'oppose s toute forme d'enseignement de ce genre.Dans le cadre des élections scolaires de demain, le MEMO (Mouvement pour une école moderne et ouverte), dirigé par M.Kenneth George, s'inscrit dans ce vaste consensus.Ce n'est cependant pas le cas du Regroupement scolaire confessionnel, dirigé par le président sortant de la CECM, M.Michel Pallascio, qui prône un maintien intégral des structures confessionnelles.M.Pallascio, s'il est réélu, promet déjà de poursuivre cette bataille en contestant en Cour suprême, à même l'argent de nos impôts, la loi 107 du ministre Ryan ; une lutte d'arrière-garde que l'Église ne veut pas mener et dont la population ne veut pas.Hélas, M.Pallascio mène aussi d'autres batailles.Dans son mémoire à la Commission Bélanger-Cam-peau, il a affirmé que l'immigration devrait privilégier les francophones, de préférence judéo-chrétiens.Ce n'est pas une bourde, mais le reflet de la pensée du président de la CECM.On ne peut tout simplement pas confier la direction dune institution montréalaise majeure à quelqu'un dont les idées nous abaissent tous.Non seulement les propos de M.Pallascio sont-ils inacceptables; le réélire encore une fois reviendrait à cautionner ses idées.Cela devrait convaincre ceux qui hésitaient encore que le temps du changement est arrivé.Le MEMO, très semblable au RCM dont il est un proche parent, ne suscite pas l'enthousia-me.Mais ce regroupement a mûri au fil des ans, acquis une réelle maitrise des dossiers scolaires et est conscient des priorités qui attendent le monde scolaire.Il est tout à fait prêt a prendre les rênes de la CECM.Cette relève n'est pas seulement souhaitable, elle est nécessaire.Alain dubuc La maladie de Robert Bourassa Les personnages politiques n'ont plus de vie privée.Que ce soit en Europe ou aux États-Unis, les moindres gestes ou activités des politiciens sont épiés: les fréquentations suspectes d'un Gary Hart qui l'ont forcé à se retirer comme candidat à la présidence des États-Unis; les relations intriguantes d'un Ted Kennedy avec Mary Ko-pechne; l'affaire Profumo; le cancer du colon d'un Ronald Regan, etc.Au Québec et au Canada, il existe historiquement une certaine retenue quand il est question de la vie privée des hommes et femmes publics.Mais qui ne se souvient pas, ces dernières années, des Francis Fox et Gérald Latulippe qui ont dû mettre fin a leur carrière politique pour des raisons reliées à leur vie sa privée.L'exigence d'une plus grande transparence de la part des politiciens, d'une part, et la concurrence effrénée et malheureusement exagérée entre les médias, d'autre part, font en sorte que la vie privée des élus fait maintenant partie du domaine public.Ainsi, depuis sa découverte le 12 septembre, la tumeur cancéreuse logée au bas du dos du premier ministre Robert Bourassa a donne lieu à toutes les nouvelles, informations, rumeurs, spéculations, exagérations, interprétations possibles et impossibles.La nouvelle, au depart, a eu l'effet d'une bombe parce que personne ne doutait de la bonne santé de M.Bourassa, un homme qui protégeait bien sa condition physique.Ce fût l'étonné-ment général.Puis, toutes les spéculations ont repris depuis une semaine avec les tests que vient de passer le chef du gouvernement au National Cancer Institute de Washington.Heureusement pour lui-même, pour sa famille, pour son parti et pour le Québec, le bulletin de santé émis en soirée hier par le Dr Steven A.Rosenberg est positif.M.Bourassa devra cependant être suivi de près.Il faut souhaiter sincèrement que le verdict rendu par ses médecins se confirme de façon permanente.À l'heure de l'instabilité politique, a la veille de faire un choix important pour son avenir, au moment ou la récession crée aussi une instabilité économique et où des choix budgétaires importants devront être décidés au début de I99I, le Québec a besoin d'un premier ministre aguerri, expérimenté, mature, souple mais déterminé.Si M.Bourassa était forcé d'abandonner, la relève à court terme n'est pas si évidente que peuvent le croire certains aspirants-ministres.Mais, malheureusement, comme il y a eu tumeur maligne, M.Bourassa devra vivre dorénavant avec sa double vie privée et publique jusqu'à la fin de sa carrière politique.Lorsqu'il aura l'air tendu et fatigué, qu'il partira en vacances, ou quand il retournera subir des tests, les rumeurs recommenceront à courir sur son état de santé, sous prétexte qu'il n'y a pas de fumée sans feu.Le premier ministre devra aussi vivre avec une autre réalité.En politique, même la maladie risque d'être utilisée à des fins partisanes.Tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de son parti, des politiciens impatients et intéressés tenteront -si ce n'est déjà commencé- de déstabiliser M.Bourassa et son appareil gouvernemental.Les luttes pour le pouvoir mènent à tout.Claude masson Des jeux et pas de pain Produire autant, avec qualité, mais avec moins d'argent.C'est le nouveau mandat de l'équipe du Service des nouvelles télévisées du réseau français de Radio-Canada qui devra «s'organiser» avec un budget amputé de la somme de 900 000 $.Les raisons?Les frais encourus lors de la couverture d'événements imprévus tels la crise autochtone, ainsi que la concurrence du marché publicitaire.Que la Société d'État n'ait pas d'enveloppe pour suivre les «surprises» de l'actualité est pour le moins inconcevable.Les émissions principalement frappées seront Première Édition, Édition Magazine, Montréal Ce Soir et le Téléjournal.Rien de moins.Simultanément, on endort les téléspectateurs avec certains soaps de catégorie C où les comédiens reçoivent des cachets importants et on dépèche aux quatre coins du monde des équipes du service des sports où logement, transport et temps supplémentaire coûtent une fortune a une période où la désaffection des Québécois pour le sport professionnel augmente.Des jeux mais pas de pain! Pour l'information, on repassera.Mais pas de compressions budgétaires semblables au réseau anglais des nouvelles télévisées.Claudette toucas tetA vœu/bu La boîte aux lettres Policiers imprudents Monsieur Alain St-Cermain, Police de la CUM M Vers 18h35 le 31 octobre, alors que la rue était pleine d'enfants sortis pour l'Hallo-ween, une auto de police avec ses voyants lumineux fonctionnant sur le toit, mais sans sirène, a descendu la rue Hampton à haute vitesse sans faire d'arrêt à l'intersection Notre-Dame-de-Gràce.Nous et plusieurs autres parents avons été très choqués de voir pareille négligence, d'autant plus qu'elle survenait quelques jours seulement après l'accident tragique d'un jeune garçon de 14 ans tué par une auto de police.Sans aller jusqu'à demander une enquête formelle, nous espérons que le Service de police se préoccupera de cet incident.Colette PILON-BERGMAN Howard BERGMAN, M.D.Montréal Des amendes aux piétons Monsieur Pierre Gravel éditorialiste ¦ l'approuve le fait d'imposer des amendes aux piétons qui commettent des infractions au code de la route.Mais, contrairement à ce que vous dites dans votre éditorial du 7 novembre, je trouve logique qu'on soit plus sévère envers les détenteurs de permis de conduire puisqu'ils devraient, plus que tous, connaître à fond le code de la route.D'ailleurs, si les automobilistes respectaient le code en ce qui a trait aux passages cloutés, laissant les piétons traverser prioritairement sans risquer leur vie, nul doute que les piétons seraient moins tentés de traverser la rue n'imj>orte où.Les policiers devraient, logiquement, être beaucoup plus sévères envers les automobilistes qui ne respectent pas les passages cloutés.Surtout, ils devraient donner l'exemple, car jamais je n'ai vu une voiture de police me céder le passage.Diane DUBUC Longueuil Transport 2000 réplique Monsieur Claude Masson, ¦ Au nom du conseil d'administration de Transport 2000 Québec et après avoir consulté plusieurs de nos membres et experts, je tiens ù vous dire à quel point j'ai été étonné de votre éditorial du 13 octobre («Quand le stationnement devient un luxe»).Vous vous êtes employé u faire des commentaires sans nuances et n'avez même pas vérifié certaines allégations.(.) Que nous soyons les «apôtres du transport en commun », il n'y a rien là d'étonnant.Notre association est honnête, poursuit des activités honnêtes et légales en toute bonne foi.Cela veut-il dire que nous soyons des apôtres aveugles?Certainement pas.Nous ne ra- tons pas une occasion de le faire savoir lorsque des acteurs-clés ne font pas leurs devoirs, entre autres les sociétés de transport! Transport 2000 est un mouvement international (Grande-Bretagne, Belgique, France, Suisse, Norvège, États-Unis).11 regroupe au Québec plusieurs tendances, aussi bien des étudiants que des retraités, des chômeurs que des travailleurs, sans compter des automobilistes écoeurés du chaos actuel.Vous dites que nous «vivons de subventions gouvernementales».Or notre subvention d'exploitation ne dépasse pas 40 p.cent.Grâce à des efforts acharnés, nous avons même fait chuter cette part pour l'exercice courant.Mais nous concédons que celle-ci ne tombera pas à 0.Il en est ainsi pour les raisons suivantes.Premièrement, nous devons assurer la défense des usagers des transports en commun.Cette fonction n'a pas véritablement de valeur marchande.Deuxièmement, nous avons un centre de documentation spécialisé ouvert en permanence, couvrant les divers aspects du transport des personnes.Donc, qui financera ce service d'intérêt public?Vous-même?(.) Troisièmement, nous pouvons apporter une contribution importante au débat public, venez consulter les mémoires que nous avons soumis aux diverses instances publiques.Vous ne pourrez que constater la rigueur de nos interventions et les félicitations qui nous sont régulièrement distribuées.(.) Guy CHARTRAND président Un service très handicapé.¦ |e suis une usagère régulière du transport adapté depuis environ deux ans.Comparé aux services offerts ailleurs en province, celui de la Ville de Montréal offre bien des avantages, mais il a quand même, hélas, de bien grosses lacunes.Malgré les efforts pour accélérer le traitement des demandes de réservation, le temps d'attente au téléphone est de plus en plus long.Une heure, une heure trente, une heure quarante avant de pouvoir parler à un agent, sans mentionner le nombre de fois qu'il faut d'abord composer le numéro avant d'obtenir une ligne.Mon record d'attente jusqu'à présent est de deux heures.Mais j'aurais pu faire mieux: après deux heures, j'ai décide de raccrocher sans avoir pourtant réussi à faire ma réservation.Marie-Josée MARTIN Montréal N.B.¦ La Presse accorde priorité sous cette rubrique aux lettres qui font suite à des articles pu-bliés dans ses pages et se réser* ve le droit de les abréger.L'auteur doit être clair et concis, signer son texte» donner son nom complet, son adresse et son numéro de téléphone.Adresser toute correspondance comme suit: La boite aux lettres, La Presse, 7, rue Saint-Jacques.Montréal, H2YIK9. 1 PRESSE, MONTRÉAL, SAMED117 NOVEMBRE 1990 Mus Opinions Le Canada et le Reform Party \u2022¦ \u2022 /\u2022/.'/>ii JACQUES DUFRESNE collaboration spéciale ans l'Ouest du Canada, le Reform Party connaît une vogue comparable à celle du Bloc québécois ici.Quand on étudie attentivement le programme de ce parti, on en vient à la conclusion qu'il est pour l'Ouest du Canada l'équivalent de ce que pourrait être le rapport de la Commission Bélan- ger-Campeau pour le Québec.Voici donc comment nos amis réformistes de l'Ouest voient le Canada et le Québec dans le Canada ou hors du Canada.Il sont très fiers d'appartenir au seul parti politique canadien qui se soit toujours opposé à l'Accord du lac Meech.Nous ne négocierons plus, se plaisent-ils encore à répéter, de ces misérables ententes destinées à ramener le Québec dans un Canada qui, après lui avoir fait la concession de devenir bilingue et multiculturel, lui accorderait des pouvoirs spéciaux.L'article touchant les futures négociations constitutionnelles est d'une rafraîchissante limpidité: «Le Reform Party est en faveur du maintien de la Confédération; cette dernière ne peut être maintenue que par un engagement clair envers le Canada en tant que nation unique, où on accorderait un statut égal aux demandes et aux aspirations de toutes les régions dans les négociations et les débats politiques; la liberté d'expression serait reconnue comme le fondement des politiques linguistiques dans tout le pays.Dans le cas où ces principes fondamentaux seraient rejetés, il faudrait que le Québec et le reste du Canada trouvent un accord politique équivalent, qui soit de nature à améliorer leurs relations, à satisfaire leurs besoins communs en matière de défense de même qu'à assurer la liberté du commerce et la libre circulation des personnes, dans le consentement mutuel et pour le benêt ice des parties».La citation originale Cet article contient une phrase qui, en raison du caractère historique qu'elle est appelée à prendre, mérite d'être citée dans la version anglaise originale: «Should these principles of Confederation be rejected, Québec and the rest of Canada should consider whether there exists a better political arrangement».Je présume que le mot confédération est pris ici dans le faux sens qu'on lui donne depuis 1867 au Canada.Dans une confédération, les parties constituantes conservent leur souveraineté, le gouvernement central ne peut leur imposer aucune décision.À l'époque des guerres médiques, la ligue des Cités grecques était une confédération.L'Europe unie d'aujourd'hui s'apparente à une confédération.Par exemple, elle ne peut pas déclarer la guerre à l'Irak, cette décision relève des nations constituantes, comme le montrent les événements actuels.Le Canada, par contre, a pris sans demander l'avis des provinces des décisions équivalant à une déclaration de guerre à l'Irak.Il est en réalité une fédération.Un message clair envoyé aux Québécois Quoiqu'il en soit, le message qu'envoie le Reform Party au Québec est parfaitement clair.Pour demeurer dans la fédération, le Québec doit accepter l'idée d'une nation canadienne unique; il doit en outre renoncer aux lois I0I et I78.C'est très vraisemblablement ce qu'il faut entendre par le passage touchant la liberté d'expression.Le Reform Party ne va toutefois pas jusqu'à soutenir que l'anglais devrait être partout la langue officielle de la nation.Il reconnaît le français au Québec et l'anglais ailleurs comme langues prédominantes du travail et de la société.Si le Reform Party est en faveur de la libre expression, il ne faut pas en conclure qu'il est aussi en faveur du multiculturalisme.Son programme est aussi très clair sur ce point: tout individu peut si tel est son choix conserver ses racines culturelles; les groupes.ethniques ont la même liberté.L'État cependant n'a pas pour mission d'assurer le développement culturel des groupes ethniques mais de défendre et de promouvoir la culture nationale et même d'aider les groupes ethniques à s'y intégrer.De tels principes généraux susciteraient inévitablement des tensions.Pour réduire ces tensions, le Reform Party propose que la population canadienne puisse se pro- noncer par référendum sur les politiques linguistiques.La démocratie directe ne se limite pas pour le Reform Party à la question linguistique.Elle est la base même de sa philosophie politique.Si au moins trois p.cent des électeurs le demandent, toute question peut faire l'objet d'un référendum à l'occasion d'une élection générale.Ici encore le message adressé au Québec est limpide, il n'est pas nécessaire de lire entre les lignes.Si une quelconque décision politique prise au Québec devait déplaire à la majorité canadienne, cette dernière pourrait le faire savoir par voie de référendum.«Should these principles of Confederation be rejected, Québec and the rest of Canada should consider whether there exists a better political arrangement» Le fameux Triple E Bien entendu, le Reform Party réclame un Sénat élu, efficace et égalitairc.C'est le fameux Triple E.Par égalitairc, il faut entendre un même nombre de sénateurs pour chaque région, ce qui donnerait plus de pouvoir aux petites provinces.C'est là un autre message clair à l'intention du Québec, lequel, toujours pour qu'il y ait plus d'égalité entre les régions, devra faire entrer dans ses comptes tous les revenus qu'il tire de l'hydroélectricité, de façon a ce qu'ils soient inclus dans le calcul des paiements de péréquation.Nous voici dans les finances publiques.La résolution UN du Reform Party se lit comme suit: «À chaque augmentation future du revenu total (de l'État) doit correspondre une réduction encore plus considérable des dépenses totales, jusqu'à ce que le budget soit équilibré».Pour ce qui est des mesures précises à prendre pour réduire le déficit, les réformistes s'en prennent plus particulièrement aux petits projets chéris, tels que le bilinguisme officiel et le multiculturalisme.Toujours en matière de finance, le Reform Party s'oppose à la politique actuelle de la Banque du Canada.Il considère qu'il ne convient pas de recourir aux grands leviers macroéconomiques nationaux pour résoudre le problème de l'inflation dans une région donnée.Comme le prouvent les nombreux articles favorables à un plus grand respect des lois du marché, le Reform Party est un véritable parti conservateur.Il est un parti novateur, faudrait-il dire progressiste, par l'importance qu'il donne à la démocratie directe qui a comme corollaire une diminution de l'importance des partis politiques.Sous un gouvernement réformiste, les dons aux partis ne seraient pas pris en charge par l'État en vertu des politiques fiscales.D'autre part, les votes libres au parlement seraient plus fréquents que selon les règles actuelles.Le Reform Party, nous le savons, a ses racines dans l'Ouest du Canada, mais le moins qu'on puisse dire c'est qu'il a quelques radicelles dans l'Est, plus précisément dans le parti appelé C.O.R.(Confederation of Regions).En ce qui a trait aux questions linguistiques et culturelles, le nationalisme anglo-saxon du C.O.R.est plus radical que celui du Reform Party, lequel est dirigé par l'Albertain Preston Manning, un homme politique habile qui ne prend aucun risque inutile.Les enjeux sont de plus en plus clairs au Canada, les intérêts du Québec également.Ou bien le Québec s'engage résolument dans le Canada unitaire, bilingue et multiculturel de Pierre Trudeau, ou bien il saisit la perche que lui tend le Reform Party, ce qui suppose une déclaration préalable de souveraineté.Il n'est pas du tout sur que même avec un appui inconditionnel et irréversible du Québec, le Canada unitaire paraisse encore acceptable aux gens de l'Ouest.Quant au Québec et à l'Ouest, qui sait si on ne les accusera pas de violer un espace aérien étranger si jamais ils tentent de se donner la main au-dessus de l'Ontario.Les enfants de la bombe francine pelletier collaboration spéciale L9 avenir, ce sont eux.On aime pas trop y penser \u2014l'avenir est déjà suffisamment trouble comme c'est là\u2014 mais c'est une réalité incontournable: l'avenir, ce sont les jeunes, les 12-18 ans, les adolescents des polyvalentes et des Cégeps.Ceux et celles qu'on appellait jadis, avec une pointe d'envie, «la jeunesse», mais qu'on désigne aujourd'hui, avec une certaine amertume, «les enfants de la bombe».Une génération sacrifiée, éclatée, tassée dans le coin.C'est comme ça qu'ils se décrivent, les jeunes, et c'est encore ça qu'ils criaient, cette semaine, alors que 100000 lycéens ont pris les rues de Paris pour manifester contre «l'insécurité».Il y a quelque chose de vaguement inquiétant, il faut bien l'admettre, de savoir que l'avenir est entre les mains de ceux et celles qui n'en ont pas.Ou qui n'y croient pas.«Pourquoi se battrait-on pour la souveraineté du Québec?» m'a demandé un jeune étudiant cette semaine, lors d'un débat-conférence sur l'avenir constitutionnel au Cégep André-Laurendeau.«Qu'est-ce que ça va changer pour nous?» L'optimisme claironné ces temps-ci sur tous les toits, vis-à-vis l'avenir du Québec, n'est pas partagé par les jeunes.C'est le moins qu'on puisse dire.Les jeunes cherchent, désespérément, mais ne trouvent pas.Ils n'ont rien encore auquel vraiment s'identifier.Et plus on s'éloigne des institutions scolaires, plus on constate leur désarroi.«Quand vous pensez à l'avenir, à quoi pensez-vous?» ai-je naïvement demandé à quelques habitués de La Galerie, la Maison des jeunes de St-Menri.lundi dernier.Pas de réponse.Pus même l'ombre d'une réponse.Âgés de 15 à 17 ans, les trois garçons et les trois filles calés dans de vieux divans ne voyaient manifestement rien devant eux.Ou rien dont ils avaient envie de parler.le m'attendais au désenchantement et à la désinvolture des jeunes; je ne m'attendais pas à leur silence.Une véritable torture ce silence, un gouffre où il n'y a pas de balises, à peine de sous-entendu, et beaucoup de néant.«Ce n'est pas seulement que le langage des jeunes a changé», dit Pierre Provost, animateur auprès des jeunes depuis huit ans déjà.«Il n'y a plus de langage».La difficulté de communication est, bien sûr, légendaire en ce qui concerne les jeunes.Mais le problème aujourd'hui est plus profond.«Les jeunes nous arrivent dans un état végétal», explique Josée Mar-cogliese, animatrice également à La Galerie.Plus individualistes, plus emmurés, plus défaitistes qu'il y a seulement huit ou dix ans, les jeunes sont nettement plus difficiles à rejoindre aujourd'hui.Les raisons?La pauvreté, les difficultés familiales, le décrochage scolaire.11 y a davantage de problèmes de toutes sortes aujourd'hui; par conséquent, les jeunes se terrent davantage.«Tout le défi, explique Wil St-luste, du Quinkabuzz, la Maison des jeunes du centre-sud, c'est de les intéresser à quelque chose».«C'est plate», est d'ailleurs un refrain maintes fois entendu dans les Maisons de jeunes.Ainsi que: « Donne-moi ça».« Les jeunes aujourd'hui sont sur un trip de consommation.C'est leur seule gratification», explique Luc Rabouin, de L'Hôte Maison.L'engouement pour le «style» En fait, rien n'illustre mieux le syndrome actuel des jeunes que l'engouement pour le «style».Un sujet, ai-je remarqué, qui a le mérite de faire jaser les ados.En effet, la conversation s'anime lorsque vient le temps de parler des « Fresh » (adeptes du rap), ou encore des «Skaters» (adeptes du rouli-rou-lant), les deux groupes in qui tiennent le haut du pavé actuellement.Plus tôt, c'était les Disco et les Rockers; avant ça, les Punks et les Heavy Metal.Chaque groupe a son look, son style, ses règles.Pour les adolescents et adolescentes, c'est une façon de consommer, de per- former et de se valoriser tout en même temps.« Les jeunes ne se sentent pas respectés pour eux-mêmes», explique Dominic Mailhot.18 ans.de La Galerie.«Le style, c'est une façon de se faire respecter».Se faire respecter.C'est fou comme ce terme revient souvent dans la bouche de ceux dont on s'y attend le moins.Demandez à un adolescent ce que la Maison des jeunes veut dire pour lui, par exemple, et on vous parlera à coup sûr de «respect», («l'ai appris à respecter les autres ici.à être avec le monde», dit Michel Gravel, un «ancien» de La Galerie).Tout n'est pas que moues et haussements d'épaules, donc, dans ces hauts lieux de la jeunesse oubliée.Tout n'est pas que bousculades dans les vestiaires et commentaires machos du genre: «Comment ça, i'a pas de plot tes ici à soir?!» Certes, les stéréotypes sexuels n'ont pas épargné la jeunesse d'aujourd'hui.Loin de là.Les gars sont encore tough et les filles assez soumises merci.(Elles sont d'ailleurs généralement moins nombreuses dans les Maisons de jeunes, pour ces raisons).On entend encore les mêmes sornettes sur les «tapettes», les gars qui doivent pas «faire la vaisselle» et les filles qui n'ont pas, c'est bien connu, «d'intelligence».Mais au-delà de ce nivellement par le bas, il y a quand même une lueur à l'horizon.«Les gars ne sont pas si comfortables que ça avec leur image de machos; ils veulent en parler», dit Luc Rabouin.«Depuis deux ans, les jeunes ne défoncent plus les murs et ne volent plus les objets qui traînent», explique Chantai Beaudoin de la Maison des jeunes de Pointe-St-Charles.«Ils ont compris qu'en agissant de la sorte c'est eux-mêmes qu'ils volaient».Et puis, la drogue et la violence, synonymes de la condition des jeunes ces temps-ci.ne sont pas, de l'avis des intervenants, les problèmes que l'on croit.En tout cas, ils ne le sont pas dans les Maisons des jeunes où l'on note, au contraire, une fierté presque exacerbée chez les jeunes, un besoin de contrer l'image négative qui leur colle à la peau.Le fait d'être perçus comme des «parasites», par exemple, est une idée intolérable pour bien des jeunes.«Us feraient n'importe quoi, explique Luc Rabrouin, plutôt que de tomber dans l'engrenage du B.S.».La vraie lueur au bout du tunnel Mais la vraie lueur au bout du tunnel, vous l'aurez deviné, ce sont les Maisons elles-mêmes.Ces lieux un peu pêle-mêle et légèrement bordéliques mais qui, pour bon nombre de jeunes, représentent leur seul «lieu d'appartenance», le seul endroit où ils peuvent être libres et responsables à la fois.Loin de la «sollicitation intense de la rue», ou de la performance exigée d'eux à l'école, bénéficiant d'un support qu'ils n'ont souvent pas à la maison, les jeunes se découvrent ici une seconde nature.Prenez les fameux «styles» dont les jeunes sont si friands.On en trouve finalement très peu dans les Maisons de jeunes.«On a pas besoin de ça ici», explique Eric, 15 ans, du Quinkabuzz.«Ça fait d'Ia chicane pour rien.On préfère être.normal».C'est cette espèce de métamorphose \u2014 bien que pas toujours visible à l'oeil nu\u2014 qui est d'ailleurs la grande récompense des intervenants auprès des jeunes.«Us nous arrivent avec certaines manières et ils repartent avec d'autres.En fait, ici on leur donne le choix », dit Wil St-luste.La grande frustration, par contre, c'est le manque d'argent.11 y a bien le RCM qui a promis, lors de la campagne électorale, un million de dollars aux 11 Maisons situées à Montréal.Mais verront-elles la couleur de cet argent?C'est ce qu'on se demande au Quinkabuzz, à La Galerie et ailleurs.En attendant, la vie continue.On joue au billard, on prépare à manger, on fait de «l'aide aux devoirs».À La Galerie, on prépare même une sortie au Musée de la civilisation.Et puis, il y a losée (qui pense devenir infirmière) et lohn-ny (qui vient de lâcher l'école) qui se pelotonnent sur le vieux sofa sans rien dire, losée et lohnny qui s'aiment, comme dirait Daniel La-voie, «comme avant, avant les menaces et les grands tourments.» Laissons-les s'aimer?Le carrousel incestueux m Quel revirement! Le nationalisme québécois, naguère vibrant au rythme de la poésie et de la chanson, est devenu une affaire de gens.d'affaires.Et c'est au tour du Canada anglais, naguère si peu porté au romantisme, de chercher dans la poésie le remède au mal de l'«àmc nationale»! À preuve M.Keith Spicer, président du groupe de travail sur l'unité nationale créé par le premier ministre Mulroney : en désespoir de cause, M.Spicer en appelle à la poésie, seule capable, dit-il, de montrer aux Canadiens la voie de l'avenir.Pendant que ce dernier se promenait dans les Territoires du Nord-Ouest en citant des poètes inuit, au Québec, la Commission Bélanger-Campeau voyait défiler d'impressionnantes cohortes de gens d'affaires qui discutaient calmement de l'opportunité d'avoir ou non une monnaie québécoise distincte du dollar canadien.Pour qui se souvient des années 70.et des hurlements effrayés que provoquait partout, y compris au sein du Parti Québécois, l'idée d'un «dollar québécois», voilà qui constitue un renversement des choses absolument stupéfiant.Cela montre à quel point ridée d'indépendance a progressé et s'est banalisée, jusqu'à se mêler intimement au terreau de la société.* * * En deux semaines d'audiences publiques, la Commission Bélanger-Campeau aura entraîné peu de surprises.Les organismes qui y défilent ont déjà, pour la plupart, une position constitutionnelle archi-connue.et les organismes à vocation non-politique qui ne peuvent prendre position sur le cadre constitutionnel se contentent de promouvoir leur propre cause, faisant ainsi perdre du temps à tout le monde.( Pourquoi donc se présenter devant une commission sur la constitution, si l'on n'a rien à dire sur la constitution ?Est-on si friand de publicité qu'on saute sur n'importe quelle tribune du moment qu'elle vous permet de passera la télévision?) Tel que prévu, deux camps se dessinent au sein et autour de la Commission: le Parti Québécois, le Bloc Québécois, les centrales syndicales et le mouvement coopératif du côté souverainiste; les milieux d'affaires, les partis fédéraux et le Parti Égalité du côté fédéraliste, tandis que les Libéraux provinciaux oscillent entre les deux, et feront probablement leur nid dans une formule à mi-chemin entre le «fédéralisme renouvelé» et la souveraineté-association.ou.pour reprendre une expression du co-président Michel Bélanger, l'ussociation-souverainctc.( Il ne manquait plus que cela au lexique de cet incessant radotage constitutionnel qui va tous nous mènera la sénilité précoce si l'on n'y met pas un terme à brève échéance.) De cette loghorrée verbale qui ne fascinera que ceux que la question constitutionnelle empêche de dormir ou qui ont raté le référendum et les débats constitutionnels des dernières décennies, rien de neuf n'émerge pour l'instant, sinon, évidemment, la débandade de l'option fédéraliste classique, qui n'est plus soutenue, au Québec, que par des joueurs secondaires de la scène politique \u2014 parmi lesquels on trouve en outre fort peu de francophones.Tel que prévu, le fédéralisme a perdu, avec la faillite de l'accord du lac Meech, l'essentiel de sa crédibilité.Les fédéralistes n'ont plus d'arguments de «vente».Plus personne n'ose se dire en faveur du statu quo.et dès qu'un groupe s'amène avec un mémoire proposant une réforme quelconque du système fédéral, il se fait inévitablement demander: «Si même les demandes minimales que représentaient l'accord du lac Meech n'ont pu passer, comment ferez-vous pour en obtenir plus?».Question sensée, qui laisse le fédéraliste bouche bée.#l< »t» »h 11 était prévu que les membres de cette commission bâtarde, où les milieux d'affaires, les gens d'appareil et autres notables mandatés par des organisations sont grossièrement sur-représentés, arriveraient à la table avec des idées déjà coulées dans le béton.C'était le premier défaut de cette commission bâtie sans imagination, qui ressemble tantôt à une «table de concertation» patronale-syndicale, tantôt à une version dégénérée d'une commission parlementaire partisane.Il était évident, dès le départ, que les politiciens s'attaqueraient mutuellement, que les «syndicaux» s'opposeraient aux «patronaux» et vice-versa.et que tout le monde parlerait pour la galerie.On pouvait tout de même espérer, étant donné qu'il s'agit là.parait-il, d'un moment historique pour la collectivité, que tout ce beau monde ferait un effort pour accueillir ses invités de façon civilisée et donner au moins l'apparence de l'ouverture d'esprit.Hélas, le spectacle que nous a présenté cette semaine la Commission Bélanger-Campeau était encore pire que ce que sa composition laissait présager.De part et d'autre des lignes de démarcation partisanes, les politiciens n'en finissaient plus de s'envoyer des pointes, ou des flèches, quand ils ne s'échangeaient pas carrément des insultes.Les incontournables Laberge et Larose n'en finissaient plus de prendre le plancher.Richard Holden divaguait.Lucien Bouchard mettait encore une fois ses tripes sur la table, et le sommet fut atteint lorsqu'un organisme eut le malheur de s'amener avec un mémoire qui déplaisait à une partie des membres de la commission.Les témoins témoignèrent sous une pluie d'invectives, et le même genre de numéro s'est répété, à des degrés divers, lors de plusieurs autres témoignages.Qu'est-ce que ces commissaires censés être a l'écoute de la population, qui houspillent les témoins aux opinions divergentes?Et qui sautent sur leur micro pour dresser des procès d'intention aux gens qu'ils ont eux-mêmes invités à faire valoir leurs vues, avant de se lancer pour la niùnw fois dans leur propre discours partisan ?À quoi servent ces audiences publiques?À permettre à la population de s'exprimer librement, ou à permettre aux commissaires d'exprimer leurs états d'âme?Et cela, deux fois plutôt qu'une, puisque, dans ce carrousel incestueux qui tient lieu de commission d'enquête sur l'avenir du Québec, on joue allègrement à la chaise musicale, les commissaires se transformant en témoins quand vient le lourde l'organisme qu'ils président.Voilà ce qui se produit quand on forme une commission avec des gens liés par des partis et des appareils au lieu de recourir à des individus à l'esprit libre.On est ici à mille lieues des grandes commission d'enquête qui ont laissé leur marque, à mille lieues de l'esprit avec lequel un André Laurendeau abordait sa tache quand il tentait de fouiller les entrailles du pays.Les Québécois n'en sont pas a une humiliation près, mais avaient-ils besoin de celle qui consiste à voir l'avenir de leur patrie débattu dans une atmosphère sans dignité? B 4 m LA PRESSE, MONTREAL, SAMEDI 17 NOVEMBRE 1990 Le grand tabou féministe, ou comment l'on fait le procès des hommes Le journaliste Roch Côté lançait hier au Salon du Lhre de Montréal un essai intitulé «Manifeste d'un salaud».Il expose ici l'essentiel de son propos.ROCH CÔTE Après la tuerie de l'École Polytechnique, le 6 décembre 89, la présidente de la CEQ, Lorraine Page, déclarait en public que «la vie est beaucoup plus en sécurité dans les choix des femmes que dans les choix des hommes».« Quatorze jeunes femmes venaient de mourir sous les balles d'un tireur fou.La présidente de la CEQ en profitait pour faire le procès des hommes.Pas du tireur fou mais bien des hommes pris dans leur globalité.Imaginons un seul instant qu'un homme public profère sur les femmes un jugement aussi outrancier que celui de madame Page, que cet homme-là dise, par exemple, que les femmes ne sont pas fiables.Un tel homme signerait son arrêt de «mort» publique.Cloué au pilori, ce macho deviendrait la pâture de tout ce que la société compte d'esprits éclairés, des éditorialistes aux chefs syndicaux de tout grade en passant par les «intervenants» de tout acabit.La présidente de la CEQ s'en est tirée sans l'ombre d'un reproche.Pourtant, du haut de son poste, elle avait peu ou prou assimilé «les hommes» à l'auteur du massacre de Pol> technique.Pourquoi en est-il ainsi?La réponse réside en un seul mot: le îabou.11 s'est créé chez nous un redoutable tabou féministe.Un petit nombre de féministes doctrinaires ont réussi le même tour de force que jadis les gauchistes : imposer un discours public où les contradicteurs sont automatiquement classés au rang des salauds.lean-Paul Sartre disait qu'«un anticommuniste est un chien».Pendant un temps, la presque totalité de la classe intellectuelle d'Occident s'est crue obligée de choisir son camp: celui des «chiens» ou celui des «progressistes».C'est fou ce que nous avons eu de «progressistes» à la direction des syndicats et parmi les enseignants.Ces beaux esprits ont mené une jolie cabale où tout un chacun a cru de son devoir de faire son bout de chemin «anti-impeiijiliste» pour sauver son âme de salopard occidental.Le tabou fonctionne sur la culpabilisation.Une fois les «chiens» neutralisés, le discours de la cause juste devient sacré et se fige, tel un objet de culte, dans une langue de bois.L'étape suivante se nomme dévotion.Le tabou classique Le féminisme doctrinaire se conforme en tous points au modèle du tabou classique.Il culpabilise tous les hommes en assimilant leur comportement à celui des déclassés, des tireurs fous ou des désespérés.Les salauds n'ont plus qu'à se taire.Les «dé\\otes» mènent ensuite leur cabale en toute immunité, libres de faire con-ire les hommes les procès les plus extradants.Lorraine Page n'est pas une exception.Depuis des années, on entend sur les hommes les propos les plus démesurés, voire les plus racistes, sans jamais de réplique.Les hommes se taisent, sauf bien sûr les inévitables «compagnons de route», ces «chiens» repentis qui accompagnent les bonnes causes comme d'autres les caravanes.Au lendemain de la tuerie de Polytechnique, les compagnons de route ont déclaré tous les hommes coupables et les ont invités, comme l'a fait Maurice Champagne, à des cérémonies publiques de repentir.Les idéologues du féminisme ont ainsi récupéré à leur profit les événements tragiques de l'an dernier.Toute idéologie est manichéenne, c'est-à-dire qu'elle divise le monde en bons et méchants.Le grand Satan du féminisme fait la guerre, bat et tue les femmes, saccage la nature et pervertit tout ce qu'il touche, même les arts.À côté du monstre mâle, voici la femme, porteuse des valeurs qui sauveront l'humanité de l'apocalypse où nous glissons irrémédiablement.«Tout ce que font les femmes est bien», est venue nous dire à Montréal, en juin dernier, la féministe américaine Marilyn French.Après le 6 décembre 89, les hommes ont eu droit dans les médias à une véritable avalanche de toutes les avanies qu'une idéologie manichéenne peut réserver à la horde des salauds qu'elle a pour mission de pourfendre.On a écrit et repété que le geste de Marc Lépine n'avait rien d'exceptionnel, que cette démence meurtrière n'était qu'un exemple de plus du comportement habituel des hommes envers toutes les femmes.Les grandes orgues de la culpabilité collective ont vibré de tous les tuyaux sacrés.Les compagnons de route se sont versé des tombereaux de cendres sur la tète tandis que les dévotes ont refait leur numéro sur la «violence généralisée» qui caractérise, parait-il, notre société.L'exorcisme Le discours féministe sur la violence relève de l'exorcisme et de la conjuration du Vilain.On lance les statistiques les plus folles sur les femmes battues, des campagnes incessantes cherchent à nous convaincre que nous vivons dans un véritable état de guerre permanent dont les femmes seraient les victimes privilégiées.Les propos les plus outranciers et les plus irrationnels proviennent des enceintes douillettes des centrales syndicales et des universités.C'est là que se consomme justement le mariage le mieux réussi entre l'idéologie féministe et ce phénomène répandu dans les sociétés modernes: le narcissisme, c'est-à-dire le culte effréné de soi.«Le narcissisme, écrit le philosophe français Gilles Lipvetsky, inséparable d'une peur endémique, ne se constitue qu'en posant un dehors exagérément menaçant.» Il y a belle lurette que nous ne savons plus rien de ce qu'est une société violente.Alors qu'autrefois la violence se s ivait quotidiennement dans les rues, aujourd'hui nous la regardons en spectateur, à la télévision ou dans les pages des quotidiens.Elle vient déranger un monde où dominent l'obsession de la sécurité, l'organisation toujours plus poussée MAMf£S7£ r UN SALAUD Le féminisme doctrinaire culpabilise tous les hommes en assimilant leur comportement à celui des déclassés, des tireurs fous ou des désespérés Au lendemain de la tragédie de Polytechnique, la président de la CEQ Lorraine Page «a fait le procès des hommes.Pas du tireur fou mais bien des hommes pris dans leur globalité.» des assurances et des systèmes collectifs destinés à nous protéger contre les aléas de la vie.Les grandes valeurs du jour se nomment sécurité d'emploi, épargne, longévité, vacances d'hiver au soleil, santé et bien-être, plaisir personnel et préparation d'une bonne retraite.Entre leur congé sabbatique, leurs subventions de recherche et leurs régimes hypocaloriques, des universitaires voudraient nous faire croire que la vie est un combat où l'on risque chaque jour sa peau dans d'incontournables traquenards.Ces discours de croque-mitaine servent en fait à consolider un narcissisme élevé au rang d'un art de vivre et à sonner le rappel réconfortant des bonnes a mes contre les forces obscures du mal.L'exorcisme n'est pas passé de mode.Le triomphe de la mysoginie?Les plus excitées ont profité du massacre de Polytechnique pour renouveler leurs fonds de commerce et redonner un petit air d'actualité à leur fabulation favorite: l'existence dans notre sociéîv; d'une «misogynie triomphante», comn\\; le dit Armande Saint-Jean.Deux jours avant la folie de Marc Lepi-ne, le ministère de l'Education rendait publics les résultats d'une recherche dont à peu près personne n'a parlé.On y apprenait pourtant que les femmes qui ont choisi des études ou des métiers non traditionnels, donc des femmes qui font leur chemin dans des milieux d'hommc>.affichent un taux de satisfaction très élevé quant a leur choix.A 95 p.cent ei plus, elles se disent bien acceptées par les hommes et leurs relations avec eux sont harmonieuses.Mais ces faits ont peu de poids de\\aiu des idéologies dont le role, comme l'a bien montré Edgar Morin, est de contrôler, d'accueillir et de refuser l'information, autrement dit d'aveugler.L'idéologie féministe a étendu le procès des hommes à l'ensemble de la vie sociale et culturelle.Le pouvoir, exercé par des hommes, affame, détruit, lue.Le féminisme est chargé de prendre la relève de 25 siècles de «patriarcat» afin de sauver l'humanité de la catastrophe: nous entrerons donc bientôt dans l'aide la redemption, comme nous l'annonce Marilyn French.Ce sera aussi l'âge ou l'homme lui-même apprendra a exprimer dans la littérature et le savoir autre chose que la froideur des raisonnements, lin 25 siècles d'art, de poésie, de musique, de philosophie, etc, l'homme n'a jamais réussi à exprimer l'affectivité, le corps, la femme.Là aussi, la rédemption est proche, nous fait-on savoir, car le féminisme nous arrive avec «un nom cl ensemble de valeurs», les bonnes bien sûr.?\u2022 \u2022 Oui, il y a de l'espoir, mais pas hi où l'on pense.L'espoir, je le trouve dans le fait que des femmes, qui nous ont promin une vraie révolution du pouvoir, de il pensée et des moeurs par la seule magie de leur présence, sont tombées dans les délires idéologiques les plus commun-: manichéisme, procès du grand Satan, croisade, culte obsédé de soi, outrance verbale.Toutes bêtises dont les hommes se sont montrés capables depuis longtemps.Ce féminisme-là aura donc; fait la preuve, par l'absurde, de l'inévitable et parfois désolante égalité des sexes.Bethesda, le plus grand centre de recherche médicale au monde Les National Institutes of Health de Washington, où a été traité le premier ministre Bourassa: de loin le plus grand centre de recherche médicale au monde.STÉPHAN BUREAU cvlUboration spéciale UASHISGTOS Officiellement, et jusqu'à preuve du contraire, c'est d'abord pour éviter les tracasseries des médias, pour protéger sa vie privée que le premier ministre Bourassa a choisi de se faire soigner dans un hôpital américain.Légitime considération, certes, mais qui n'aura pas longtemps résisté à l'appétit de la presse canadienne.Même ici un premier ministre ne peut pas rester très longtemps incognito.Pour ce qui est de la discrétion, c'est plutôt raté.Cependant, le premier ministre n'a pas pu choisir au hasard de venir au National Institutes of Health (les N.I.H.).Le campus de Bethesda, en banlieue de la capitale américaine, est de loin le plus grand centre de recherche médicale au monde.Aucun bâtiment ultra-moderne n'annonce la couleur.Dans la tranquili-té d'un petit boisé, une soixantaine d'édifices anonymes.Chacun est baptisé d'un simple numéro, comme dans les pires films de science-fiction.Ici, pas question de fantaisie, le climat est à la rigueur.Pourquoi ne pas appeler «numéro t » la première bâtisse du campus?Pour se retrouver, il faut un bon guide, ou alors beaucoup de patience.La géographie des lieux est d'ailleurs à la mesure de la réputation de l'institution.Treize instituts de recherche différents, dont douze se trouvent sur le campus, forment les N.I.H.Chacun des centres de recherche dispose de ses propres chercheurs et fonctionne de façon quasi autonome.Le centre nerveux des N.I.H.est une énorme construction de brique rouge (le plus grand édifice de brigue rouge au monde, précise avec fierté un «statisticien » local ) qui abrite le Clinical Center.C'est en fait l'hôpital du complexe.Tous les patients qui se retrouvent dans l'un ou l'autre des instituts de recherche y sont traités.Avec ses 540 lits, ses centaines de laboratoires et tous ses spécialistes, le Clinical Conter est probablement le plus grand hôpital au monde à être exclusivement lié à des activités de recherche.Les N.I.H.sont une agence fédérale et ne fonctionnent pas comme tous les hôpitaux.Cette année, le gouvernement américain a investi près de huit milliards de dollars dans les N.I.H.afin de faire avancer la recherche médicale.Les patients ne sont admis que sur la base d'un «protocole» médical qui est établi en fonction des besoins de recherche.Quelqu'un se présentant à la porte du Clinical Center avec un bras cassé risque d'être surpris par l'accueil! Un million de dossiers Chaque année, presque un million de dossiers médicaux retiennent l'attention des médecins de Bethesda; seulement 175 000 sont finalement retenus.Certains patients souffrent évidemment de maladies incurables qui les amènent aux N.I.H.pour des traitements expérimentaux.D'autres sont acceptés parce que leur «cas» est unique.Souvent par contre, les besoins de la recherche peuvent être d'une extrême banalité.«S'il faut un patient avec un certain type sanguin, explique un porte-parole, on prépare un protocole type et on cherche la personne qu'il nous faut.À tout moment de Tannée, les N.I.H.peuvent avoir plus d'une centaine de protocoles.Nos admissions sont faites en fonction des besoins que nous avons identifiés.Normalement, aucune exception n'est faite à cette règle.» Pour les patients qui sont acceptés, donc qui répondent aux besoins de recherche, les N.I.H.vont payer tous les frais de séjour, de traitement et même s'il le faut les frais de transport.De par- tout dans le monde, des médecins peuvent composer un numéro spécial afin de présenter leurs cas spéciaux.Après examen du dossier, le patient accepté est pris en charge par les médecins de Bethesda.Qu'il habite Madagascar ou Manhattan ne fait pas de différence.Mais dans bien des cas, il y a un prix à payer.Certains patients deviennent des studied patients, des patients étudiés, une invention sémantique qui évite de parler de cobayes.Claire Dubois, après des études à l'Université de Sherbrooke, est venue compléter sa formation au Cancer Institute des N.I.H.Selon elle, la qualité de:, équipements et la proximité des patierîf, «étudiés» donnent toute sa force de recherche au N.I.H.«Ce sont des gens qt i ont souvent tout essayé, qui n'ont pli;;, rien a perdre et qui sont prêts à tenter la chance avec de nouvelles thérapies.Grace à ce système, les chercheurs de* N.I.H.ont pu créer et distribuer en 25 mois l'AZT, qui pour l'instant est le seul médicament capable de ralentir la progression du sida.De la même façon, 100 pour cent de tous les traitements et medicaments développés pour combattre le cancer sont passés à un moment ou à un autre entre les mains des spécialistes du Cancer Institute.Une armée de chercheurs Pour gagner la bataille de la santé ei continuer à innover, les N.I.H.doivent compter sur une armée de chercheurs el de spécialistes venus des quatre coins de la terre.En tout, 15 000 personnes travaillent pour l'institution, et près de 4 000 d'entre elles détiennent un doctorat.Autant dire qu'au mètre carré, ia densité de matière grise est très élevée.A preuve, depuis 1945.plus d'une centaine de prix Nobel ont été décernés à de: chercheurs qui ont travaillé aux N.I.H.ou ont été appuyés dans leurs recherches par l'institution.Pour les chercheurs qui y goûtent, il est difficile ensuite de voir leur travail de la même façon.Claire Dubois a une place qui l'attend à l'Université de Sherbrooke, situation certainement enviable.Elle admet cependant qu'après avoir travaillé aux N.I.H., «c'est plus difficile de voir les choses de la même façon, tout est tellement plus gros ici!» Si la distance n'a pas permis à M.Bourassa de s'éloigner des curieux, elle lui aura au moins permis de se rapprocher de ce qui se fait de mieux en recherche médicale.IBS LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMED117 NOVEMBRE 1990 Plus B5 Patrimoine familial: la loi 146 continue de jeter la confusion YVES BOISVERT ous voila.\" fl^H en matière de régimes matrimoniaux, en compagnie de pays aussi progressistes que la Bulgarie, l'Iran, l'Irak et quelques pays latino-américains! Partout ailleurs dans le monde où une loi semblable existe, les époux sont libres d'y adhérer ou pas.Ici, on semble croire que les gens ne sont pas assez intelligents pour s'occuper eux-mêmes de leurs affaires.Est-ce donc ça, la société distincte?» leffrey Talpis, notaire et professeur de droit à l'Université de Montréal, n'en reviendra jamais.Non pas qu'il trouve la loi sur le partage du patrimoine familial (ou loi I4b) si mauvaise.Elle serait même plutôt bonne.Mais celle conscription obligatoire des nouveaux couples l'irrite au plus haul point.C'est bien beau la liberté contractuelle, mais «laisser les gens faire leur loi dans ce domaine, c'est faire en sorte que le conjoint le plus faible se retrouve démuni î» réplique l'avocat Jean-Pierre Senécal, qui pratique en droit matrimonial a Saint- Hyacinthe cl qui a pondu un ouvrage sur la loi I4b.«Moi.quand j'ai signé mon contrai de mariage, j'avais 21 ans.l'étais en amour et je ne savais pas ce que je faisais, l'ourlant j'étais étudiante en droit!» renchérit la bàtonniére Sylviane Bo-rcnstcin, a qui l'on attribue la maternité de la loi 14b.I out le débat sur cette fameuse loi pourrait sa résumera l'opposition de ces deux philosophies juridiques.Justice sociale et liberté lusqu'à quel point peut-on limiter la liberté des adultes vaccinés et consentants de faire des contrats et des testaments?Doit-on faire le bien du justiciable, qu'il le \\ eui Ile ou non ?«C'est le retour a l'incapacité le la femme mariée », dit carré- ment la notaire Laurence Cha-rest.«La loi 146 est censée être une loi progressiste qui vient en aide aux femmes.Mais une femme qui se mariait en 1866 (année d'entrée en vigueur du Code civil) avait plus de liberté pour rédiger une convention matrimoniale que celle d'aujourd'hui ! » C'esl là un point de vue bien théorique, selon Jean-Pierre Senécal.On a beau postuler l'égalité entre conjoints, ça ne signifie pas pour autant que les rapports de force sur le terrain sont abolis.«|e ne fais que ça, du divorce, dit Me Senécal.Il faut se rendre à l'évidence: ce sont encore les femmes qui s'occupent en majorité des enfants, ce sont elles qui ont la plupart des jobs à temps partiel et ce sont elles qui sont les moins riches.Les catégories de gens les plus pauvres au Canada sont, dans l'ordre, les enfants de familles monoparentales, les parents de ces enfants (des femmes pour la plupart) et les femmes âgées seules.Alos qu'on ne me dise pas que c'est une loi qui arrive 20 ans trop lard à l'heure de l'égalité entre hommes et femmes!» Les notaires n'en démordent pas et ils n'ont pas l'intention de lâcher prise, même si le débat semble s'évanouir: «Nous allons suivre l'évolution de la loi et les décisions des juges de très près!» assure le notaire Jacques Tasehe-reau, président de la Chambre des notaires, qui est convaincu que le législateur devra remettre la loi sur le métier.Une mauvaise «bonne loi» ?En attendant, bonne ou mauvaise, il faudra vivre avec la loi 14b.et sa redaction boiteuse.El la.tout le monde s'entend: «C'est une horreur!» lance Me Senécal.«C'est un modèle parfait de ce qu'il ne faut pas faire eu matière de redaction.Mais en fait, ça représente très bien la façon dont les lois sont rédigées a Québec: on rédige des modifications sur le coin de la table, a la dernière minute, sans que les légistes aient le temps de revoir comme il faut le texte finale.» Dans le cas de la loi 14b, un amendement était adopté à minuit moins quart, la dernière journée des débats de l'Assemblée nationale.On a fini d'adopter les lois de la session a deux heures le lendemain malin.A quatre heures du matin, on devait réaliser qu'on avait oublié un paragraphe dans la précipitation générale! ( il a fallu un an avant de le remettre en place).La rédaction imprecise a déjà donne lieu a îles decisions judiciaires contradictoires.Un exemple.La loi stipule que les dons sont exclus du patrimoine familial.Mais qu'en est-il des dons faits d'un époux a l'autre dans le contrat de mariage (une pratique très fréquente)?Le 7 juin, le juge Iules Âllard, de la Cour supérieure à Quebec, conclut que les meubles du ménage qui ont fait l'objet d'un don dans le contrat de mariage sont exclus du patrimoine.Mais le 18 juillet, son collègue, le juge lean Moisan.concluait que ces meubles entrent dans le patrimoine, autrement dit que les biens obtenus par un don sont exclus du patrimoine, mais pas ceux faits entre époux.Et cette «légère» confusion judiciaire n'est que la pointe du gros iceberg d'incertitudes qui s'avance sur la mer matrimoniale, promettent les notaires.On ne saurait tout dire dans une loi.Mais peut-on en oublier autant?«Il y a plusieurs précisions simples, de deux lignes, qui auraient pu être faites, que nous avons demandées souvent.Ça a tout pris pour obtenir quelques petites modifications en juin!:> dit Jean-Pierre Senécal.¦ ut.Mais qu'adviendra-t-il des coh-., trais de mariage avec la loi 14b,?- Une fois le partage de la rnarv, son, du chalet, des voitures, du n&' gime de pension et des meubtaft décrété, il ne reste plus beaucoup de gâteau à distribuer entre les époux \u2014 du moins pour la grande majorité des ménages.- Dès lors, à quoi bon faire un contrat de mariage?En fait, si quelques raisons traf-.ditionnelles de faire un contrat ont disparu, la loi 14b donne aussi de nouvelles raisons d'en faire un.Puisque le patrimoine familial commence à se créer le jour du mariage, il deviendra utile d'inscrire dans le contrat la valeur du patrimoine de chacun des épotÇc au moment du mariage, afin de fixer un point de référence clair et incontestable.Quant au choix du régime matrimonial, on admet qu'il devient moins pertinent pour bien des gens.Selon les statistiques de la Chambre des notaires, 55 p.cent des couples mariés depuis 1970 ont choisi un régime de partage, la plupart du temps la société d'acquêts, et dans quelques cas seulement la communauté de biens ( depuis 20 ans, les gens saris contrat sont soumis à la société d'acquêts).On observe en fait que la tendance à choisir un régime de partage augmente sans cesse depuis 20 ans.En 1971, seulement 42 p.cent des gens étaient mariés selon un régime de partage, la separation de biens étant alors nettement le régime le plus populaire.L'an dernier, 76 p.cent des 53 305 nouveaux couples maries ont choisi un régime de partage.La séparation de biens est tombée à 24 p.cent.On observe de plus que les gens font de moins en moins de contrats de mariage.C'est maintenant moins du tiers des couples qui passent devant le notaire avant de se marier, tandis qu'ils étaient a bO p.cent a ce faire il y a 20 ans.La loi 14b devrait accentuer cette tendance à la baisse.Quand le juge s'introduit dans le domicile conjugal.^g^es chaînes du mariage Encore quinze semaines pour retirer ses billes MfMM v maàt sont si lourdes qu'il faut être trois pour les porter.» A en croire la Chambre des notaires, le gouvernement du Que-bec a reinterprete à sa façon ce mot célèbre de Sacha Guitry: le troisième et indispensable sommet du triangle conjugal, au Que bec, ce n'est plus l'amant ou la mai tresse, mais bien le juge! «Le mariage devient un nid à procès depuis le projet de loi 146 en raison d'une philosophie de méfiance présumée d'un époux envers l'autre.Dans tout mariage, il y a maintenant un invité: un juge, muni d'une discrétion considérable», a écrit le professeur Pierre Ciotola, de l'Université de Montréal.Le juge se retrouve en effet investi de nouveaux pouvoirs, dont le moindre n'est pas la possibilité, quand il estime qu'il y a risque d'injustice, de décréter un partage inégal» du patrimoine.La loi 146 donne discrétion au juge de déroger aux règles générales de la loi dans plusieurs cas pour éviter les inéquités.Pour louable que soit celte discrétion, qui donne de la souplesse à la législation, la Chambre des notaires estime que la loi «a prévu, à toutes les étapes, la possibilité de recourir au tribunal pour rétablir l'équilibre», d'où ce juge dans le salon des époux, devenus selon cette vision plus calculateurs.Mais pour Me |ean-Pierre Senécal, président du comité du Barreau sur les droits économiques des conjoints, c'est tout le contraire qui se produit.«je pratique exclusivement en droit matrimonial.Mon experience professionnelle et mes conversations avec d'autres avocats me font conclure qu'on a évité une foule de procès avec la nouvelle loi.» Car, de dire Me Senécal, s'il est vrai qu'une nouvelle loi, par definition, entraine des recours devant les tribunaux ( pour tester la loi, fixer son interprétation), le fait d'avoir clarifié les droits de propriété des époux fait en sorte que les gens concluent des règlements à l'amiable beaucoup plus volontiers.» Dans le cas de conjoints maries en séparation de biens qui ont divorcé avant la loi, la «simple» fixation de la pension alimentaire et de la prestation compensatoire pouvaient donner lieu à des débats très longs, de dire Me Senécal.Et comme dans la plupart des cas l'objet principal de la dispute est la maison, le fait de l'avoir inscrite dans le patrimoine simplifie le débat.«Maintenant que l'on sait un peu mieux ce qui revient à chacun des époux, une fois que l'on a accepté les règles du jeu, les gens veulent plutôt savoir comment les paiements vont se faire ! » ne des critiques le plus souvent formulées à l'égard de la la Loi 146 est son caractère impératif: nul ne peut s'y soustraire.A deux exceptions près.Premièrement, comme l'a si bien rappelé la ministre responsable du dossier à l'époque Monique Gagnon-Tremblay, les couples mariés avant l'entrée en vigueur de la loi, c'est-à-dire avant le 1er juillet 1989, peuvent se soustraire à son application dans les premiers 18 mois; la date limite est donc le 31 décembre 1990.Deuxièmement, il est permis, au moment du divorce, de renoncer au partage du patrimoine.On imagine toutefois difficilement qu'au moment de la dispute finale les conjoints soient enclins à s'octroyer des largesses (car la renonciation favorise nécessairement un des deux époux, sans quoi elle est inutile).L'exclusion volontaire existe dans toutes les provinces du Canada anglais et les États ameri- cains qui ont adopté une telle loi; elle n'est soumise à aucun délai.La «spécificité» de la loi québécoise, c'est cette période d'exclusion volontaire limitée, cette échéance, et l'impossibilité pour les nouveaux couples de s'exclure.Récemment, devant les protestations nombreuses et le nombre plus élevé que prévu de demandes d'exclusion (23 000 début octobre, soit 1.7 p.cent de tous les couples mariés), la ministre de la Condition féminine, Mme Violette Trépanier, a organisé une mini-commission parlementaire où une demi-douzaine de groupes sont venus s'exprimer sur l'opportunité de prolonger le de-lai d'exclusion.La ministre avait cependant sa conclusion dès le départ: le délai resterait tel quel.«Aussi bien ne pas faire de loi si on permet aux gens de s'exclure!» dit Me Sylviane Borenstein, bàtonniére du Québec et «mère spirituelle» de la loi.Des problèmes auxquels on n 'avait pas pensé.Ce qui fait partie du patrimoine familial (Biens acquis pendant If mariage) Résidence principale OUI Chalet OUI Meubles des deux résidences OUI Automobiles utilisées pour la famille OUI Régime de retraite et épargne-retraite Héritage Actions Biens d'une compagnie d'un des époux Droit d'usage d'une résidence familiale louée Contributions à la Régie des rentes Legs ou don Commerce Compte bancaire personnel Obligations OUI NON NON NON OUI OUI NON > NON NON NON Outre le principe général de la loi 14b.que plusieurs contestent, il surgit dans son interprétation une foule d'effets pervers.La règle générale est pourtant des plus simples: certains biens (voir le tableau) acquis pendant le mariage seront partagés moitié-moitié entre les époux au moment du divorce, ou du décès d'un des conjoints, quelles que soient les dispositions des testaments et du contrat de mariage.Un être normalement constitue en déduit que les biens acquis avant le mariage n'entrent pas dans le patrimoine familial.Erreur! Ce serait trop simple! Non: la valeur d'un bien acquis avant le mariage n'entre pas dans le patrimoine.Mais le bien.lui.allez donc savoir comment, s'y trouve! Conclusion: le patrimoine familial n'est pas un ensemble de biens mais leur valeur.Résultat concret: au moment du divorce, on met ensemble chalet, maison.meubles, régime d'épargne, bref tous les biens «partageables)», et on en établit la valeur marchande.Après, seulement après, on regarde à qui appartenaient ces biens au moment du mariage.S'il se trouve des biens ou des parties de biens (la partie du bien payée avant le mariage) qui appartenaient à l'un des deux avant le Grand jour, on en déduit In valeur au moment du mariage et la plus-value acquise depuis.Il faut aussi démêler l'écheveau des dettes de chacun.\u2022 Ce qui arrive, concrètement, de chacun des biens est laissé à la discrétion des ex-époux: pourvu qu'ils se partagent la valeur du patrimoine.Un exemple de problème auquel on n'avait pas pensé.Monsieur, au moment du mariage, possède une Cadillac qu'il a payée 25 000 $.Huit ans plus tard, il divorce d'avec Madame.La Cadillac, comme prévu, ne vaut plus que 1000 $.Elle fait partie du patrimoine; on inclut donc dans le patrimoine sa valeur marchande (1000$).Mais au moment de partager la valeur du patrimoine entre les époux, on soustraira du partage la valeur de la voiture au moment du mariage (25 000$).Conclusion : Madame a payé pour la perte de valeur de la voiture.Autre gros problème: les successions.La loi ne prévoit pas que les avantages du partage ne doivent profiter qu'au conjoint.Ce qui peut donner des situations comme celle-ci: Madame et Monsieur vivent dans une maison de 150 000$, payée par Madame pendant le mariage.Bravo.Monsieur a de l'argent en banque.Tant mieux.Il meurt.Dommage.Par testament, il lègue tout à sa maîtresse.Classique.Comme la loi 146 fait entrer la moitié de la maison dans le patrimoine personnel de Monsieur, la maîtresse héritera de la moitié de la maiso-n.en plus du compte bancaire.Plusieurs estiment donc que le conjoint devrait avoir le droit de choisir ou non s'il veut bénéficier des avantages de la loi en cas de décès de l'autre (ici, si elle avait _ \u2022 Selon le Barreau, prolonger ce délai créerait un «dangereux précédent» qui «donnerait l'impression que le gouvernement regret-»'-' te d'avoir adopté cette loi», en plus de créer de l'insécurité et de l'incertitude chez les justicieta-bles.La bàtonniére a même déclaré que le délai favorise le tordage
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.