La presse, 17 avril 1991, B. Informations nationales - Arts et spectacles
[" ormânons nanonaies Arts et Spectacles POUTATIF PT5Q0 ' ACTIVATION AVEC BATTERIE.CHARGEUR ET ÉTUI 984-5292 BUREAU «17-9770 LA PRESSE, MONTRÉAL, MERCRED117 AVRIL 1991 t .\u2022r-.'-ï.Le Manitoba fait 400 mises à pied dans la publique Canadian Press WINNIPEG Le budget déposé hier par le ministre des Finances du Manitoba prévoit l'élimination d'un millier de postes au sein de la fon-tion publique, mais le ministre, Clayton Manness, affirme que le train de vie du Manitobain moyen ne sera aucunement affecté par les compressions décidées.Les fonctionnaires s'attendaient à subir un coup au moins aussi sérieux que celui que leur a porté M.Manness dans le cadre de ses effçrts pour juguler le déficit provincial.On.parlait, même de l'élimination de 1500 ou 2000 postes.Des 958 postes supprimés, certains étaient vacants, et l'on compte beaucoup sur l'ait rit ion et les pré-retraites pour les autres.Néanmoins, entre 375 et 450 employés à plein temps seront mis à pied.Par cette mesure, qui aidera à maintenir le déficit à * 324 millions cette année, le Manitoba semble avoir suivi l'exemple de Terre-Neuve, où, le mois dernier, près de 2100 fonctionnaires à temps plein et partiel ont perdu leurs emplois.Le ministre conservateur a soutenu que son budget n'affecterait pas le Manitobain moyen, mais le leader libéral, Sharon Carstairs, a immédiatement avisé la population de n'en rien croire.Selon elle, le gouvernement transfère simplement le fardeau fiscal aux municipalités.« Le contribuable paiera plus d'impôts, mais il s'agira de taxes foncières au lieu àrimpôis sur ie revenu ou de taxes de vente accrus.» Pour sa part, le chef NPD Gary Doer a décrit le bud-, get comme «le pire depuis la dépression des années 1930».Toutefois, les craintes que le gouvernement n'applique sa taxe de vente à tous les éléments couverts par la taxe fédérale sur les produits et services se sont révélées sans fondement.M.Manness n'en a pas écarté pour autant la possibilité d'adopter une relie mesure \u2014 baptisée «harmonisation » \u2014 dans un avenir plus ou moins rapproché.Par ailleurs, près de 12 millions en subventions à des organismes sans but lucratif ont été supprimés.Certains services couverts par l'assurance-maladie ont été éliminés, tels la pose de verres de contact, et un programme dentaire destiné aux enfants est supprimé à partir d'un certain âge.Enfin, les patients du nord de la province devront désormais débourser 50$ lorsqu'ils se rendront dans lès hôpitaux du sud pour subir des opérations électives.Enfin, lès budgets de plusieurs ministères ont été fortement réduits, notamment le Conditionnement physique et les sports àitùt-'.teurs, le Statut de.la femme, l'Énergie et Mines, les Richesses naturelles et le Nord.Québec s' à augmenter encore les impôts Marc-YvanCôté projette d'instituerun «impôt-service» à l'intérieur du réseau delà santé MANON CORNELLIER de la Presse Canadienne GILLES NORMAND du bureau de La Presse.QUÉBEC Le budget que présentera, vraisemblablement dans une quinzaine de jours, le ministre des Finances, Gérard D.Levcs-que, comportera une hausse générale des impôts pour les contribuables et les entreprises.Le ministre de la Santé et des services sociaux, Marc-Yvan Côté, a en effet laissé échapper cette information lors de l'étude des crédits de son ministère, en commission parlementaire.M.Côté attribue pour une large part les ennuis financiers de son gouvernement à la diminution des transferts d'argent du gouvernement fédéral aux provinces, qui se seront chiffrés par 2,5 milliards d'ici à 1993-94, dans le seul secteur de la santé.Et il ne manque pas de faire connaître sa façon de penser à son homologue fédéral, Perrin Beatty, qui a accusé le Québec de vouloir détruire le système canadien de santé avec la réforme de son propre système de santé et des services sociaux, en décembre 90.«On ne peut se permettre de berner indûment la population.Ça aussi, il faut le dire (.) Vos prétentions à occuper des fonctions de premier plan au sein de votre formation politique ne vous donnent pourtant pas le droit de tromper la population surtout lorsqu'il est question de santé», écrit le ministre Côté au ministre de la Santé nationale et du Bien-être social, ie 5 avril dernier, dans une lettre qu'il a déposée devant la commission parlementaire, hier, à la demande du député péquiste Guy Chevrette.Le ministre précise que le manque à gagner attribuable au gouvernement fédéral atteint 1,12 milliard en 1991-92 et.qu'il s'élèvera à près de 1,4 milliard en 1993-94 (budget récurrent).«Quand on dit que ça va avoir des conséquences, c'est qu'un de ces bons jours, lorsque vous aurez mis à contribution les municipalités, les commissions scolaires, les employés de l'État, 'que vous aurez décidé de faire payer une partie par le futur \u2014 ça signifie un déficit au niveau du Québec \u2014 et que vous allez augmenter très vraisemblablement les impôts, il vous reste quoi après?» a lancé le ministre Côté.Il a également laissé entendre qu'il allait instituer un «impôt-service» à l'intérieur du réseau de la santé: «Je ne vous dirai pas aujourd'hui que tout le monde va accepter ça de gaieté de coeur et que le ministre va être le héros de la journée ou de la décennie, s'il impose un impôt-service.» Dans sa lettre à Perrin Beatty, le rainis-.tre Côté souligne que la participation fédérale dans le financement de la santé au Québec, qui était de 45,7 p.cent en 1977-78 et de 41,7 p.cent en 1984-85, «lors de votre arrivée au pouvoir», n'est plus que de 37,3 p.cent en 1990-91.«Les perspectives dans l'avenir ne sont guère mieux puisque cette même part passera sous le cap des 30 p.cent en 1994-95.«Il est combien facile mais surtout hàbi-,1e d'accuser les autres de vouloir détruire le système canadien de santé, surtout lorsque ce même partenaire pousse l'indécence d'interdire aux provinces de recourir à d'autres sources de financement dans le secteur de la santé», écrit M.Côté, faisant allusion aux dispositions du dernier budget Wilson qui laisse planer la menace de réduire en conséquence les contributions fédérales.«Entre le discours et l'incohérence, il n'y a qu'un pas trop facile à franchir», poursuit le ministre de la Santé du Québec.M.Côté s'offense de ce qu'Ottawa ait accusé le Québec d'avoir transféré des millions de dollars de frais aux municipalités.«Le transfert des responsabilités vers les municipalités que nous envisageons de faire vise des champs d'application de niveau local jusqu'à présent assumés par le gouvernement du Québec.Ce transfert est aussi accompagné de nouveaux champs fiscaux et de l'élargissement de champs existants, ce quevous vous gardez bien de dire.«Là comme ailleurs, enchaîne le Ministre libéral, il est vrai que votre gouvernement n'est point habitué de faire de tels transferts sous cet angle, trop enclin qu'il est -àVpelleter aux provinces un fardeau sans Cesse trop loprd.» Marc-Yvan Côté termine sa lettre eii souhaitant à son correspondant «autant d'appuis de l'Est du Québec que ceux qu'a obtenus Madame Sheila Çopps dans une démarche similaire, une démarche qui ne devrait pas pour autant vous faire oublier les véritables intérêts qui devraient tous nous habiter en tant que titulaires de la santé, et c'est encore votre responsabilité que je sache: le bien-être de nos concitoyens et concitoyennes».Le ministre Côté avait mis sa machine électorale au service, de Mme Copps, contre lean Chrétien, lors d'une assemblée des délégués de la région de Québec du Parti libéral du Canada.Mme Copps l'avait emporté haut la main.Eliras rejette le péage sur autoroutes urbaines DENIS LESSARD du bureau de La Presse QUÉBEC Le ministre québécois des Transports, Sam Elkas, s'oppose carrément au retour du péage sur les autoroutes du Québec.Ce système est si coûteux à mettre en oeuvre que le profit pour le gouvernement du Québec serait pratiquement nul, a soutenu hier le ministre.11 opposait ainsi une fin de non recevoir sans équivoque à son collègue des Affaires municipales, Claude Ryan, qui jugeait «intéressante» l'idée de réinstaurer le péage sur les autoroutes urbaines, dans une entrevue publiée en fin de semaine dans La Presse.«le suis personnellement contre cette hypothèse, c'est ires lourd à administrer, il faudra que quelqu'un me convainque», a lancé hier M.Elkas, visiblement fâché que son collègue des Affaires municipales l'ait à nouveau invité à imposer plus de taxes pour alléger le fardeau des municipalités.Il y a deux semaines, M.Elkas avait dû encaisser de la même manière une prévision de hausse du coût des plaques d'immatriculation, une proposition venue du milieu municipal.Or après avoir fait doubler l'an dernier le coût du permis de conduire, M.Elkas souhaiterait bien que le gouvernement demande à d'autres ministères de contribuer à équilibrer le budget provincial.M.Elkas soutient qu'il n'a pas eu de «commandé comme telle» pour renflouer avec des taxes lés coffres de i'Éiai.«j'ai plusieurs - t réponses à donner et je les donnerai à mes collègues», a-t-il dit.Hier, celui qui avait relancé l'idée du péage, Claude Ryan, semblait battre en retraite.L'essentiel des calculs, des mesures pour l'actuelle série de compressions budgétaires imposées aux municipalités est déjà effectué, d'expliquer M.Ryan, reconnaissant qu'il «n'entendait pas ouvrir de nouvelles portes».La question du péage, déjà proposée à la réflexion par le prédécesseur de M.Elkas, Marc-Yvan Côté, « relève strictement de l'autorité du ministre des Transports», d'insister M.Ryan.La décision de réinstaurer le péage peut être soumise à la discussion, mais elle reste du ressort de M.Elkas, a-t-il dit, précisant toutefois qu'il pourrait tenter de convaincre son collègue d'aller dans ceiie direction.barn tiKas Le gouvernement paierait cher politiquement le retour du péage, selon le Parti québécois i le gouvernement Bourassa va de l'avant dans son intention de réinstaurer le péage sur les autoroutes et les principales voies de communication, il le paiera politiquement très cher.C'est ce que croit l'opposition péquiste, aussi réfractaire que le Club automobile canadien (CAA) à l'imposition d'un nouveau fardeau aux automobilistes.Des automobilistes qui paient déjà beaucoup plus qu'ils ne reçoivent en matière de transport, soutiennent-ils l'un et l'autre.Le gouvernement libéral lance ballon sur ballon depuis quelques jours, pour jauger la réaction des Québécois au retour des péages.Le ministre des Affaires municipales, Claude Ryan, proposait vendredi dernier, au cours d'une entrevue à La Presse, d'imposer des péages sur les voies rapides de la région de Montréal.Puis, en début de semaine, son bureau parlait d'étendre la ponction aux ponts, aux tunnels, etc.Même son de cloche dans l'entourage du ministre des Transports Sam Elkas, lundi, où on affirmait que «tous les scénarios sont envisageables».M.Elkas a toutefois clairement indiqué, hier, qu'il s'oppose au retour des péages.Et Jean Caron la il n'est pas seul à penser de sorte.«Le retour des péages, ce serait de la fraude politique.)e ne préconise pas la désobéissance civile, mais quand les gens considèrent qu'assez c'est assez, ils ne respectent pas la loi.C'est certain qu'ils n'accepteront pas* de payer alors que lear argent ne va pas sur les routes.Les automobilistes québécois ne sont pas fous.Ils voient bien qu'ils sont les plus taxés en Amérique, et que leurs routes et la signalisation sont dans un état déplorable», déclare le porte-parole péquiste en matière de transport et développement régional, Jean Garon.Le CAA s'oppose farouchement lui aussi au retour des péages, en bonne partie pour les mêmes raisons.Déjà, rappelle Éric Lefran-çois, on a laissé planer l'imposition d'une taxé spéciale sur les stationnements, une autre sur l'essence, l'augmentation des droits d'immatriculation, celle, bien réelle, des permis de conduire.Cela va coûter très cher d'avoir une auto, constate la voix de cet organisme regroupant 560 000 automobilistes québécois.En moyenne, ce coût s'établit dans le moment à 157$ par semaine, poursuit M.Lefrançois.«Les postes de péages ne feraient qu'accroître ces coûts, sans compter la.congestion et les délais interminables qu'ils occasionneront, dit-il.Surtout que Montréal n'a pas de voie de contourne-ment.» Mieux répartir les recettes Selon le CAA, le gouvernement du Québec recueille quelque 2,5 milliards de dollars par an auprès des automobilistes, et ne leur en restitue que 38 p.cent.S'il veut financer le transport en commun, qu'il puise dans la différence au heu de continuer de les siphonner, suggère de son côté Jean Garon.Tous deux s'inquiétaient, hier, de l'impact des péages sur l'indus- trie du tourisme, déjà pénalisée par le prix élevé de l'essence ici par rapport au reste de l'Amérique.Tous deux, aussi, s'interrogent sur la logique de reconstruire des postes de péage qu'on vient à peine de démolir.La mise en place de guérites est estimée à environ 60 millions de dollars pour la seule région de Montréal, plus 10 millions par an en frais d'opération.Le dernier péage au Québec, celui du pont Champlain, a été aboli le quatre mai 1990.Il était de juridiction fédérale.Il faut remonter à août 1985 pour trouver des péages sur les autoroutes.Le sondeur du Parti québécois, Michel Lepage, a mené deux sondages sur la question.Le premier en 1982, qui indiquait que les Québécois étaient farouchement opposés au doublement du tarif.Le second, réalisé après l'abolition, démontrait que la disparition des guérites réjouissait les citoyens.Au dire de M.Lepage, le rétablissement des péages risque de coûter fort cher, politiquement, au gouvernement Bourassa.«Surtout, fait-il valoir, qu'on ne parle pas ici d'un simple accroissement du taux \u2014 déjà très impopulaire \u2014 maïs de la remise en place d'un système qu'on croyait disparu.» vaut mieux que la souveraineté-association, selon un spécialiste OTTAWA e toutes les options offertes au Québec, la souveraftieté-association est la pire que peuvent choisir les Québécois.L'indépendance vaut encore mieux, soutient le professeur Thomas Courchene, de l'Université Queen's.Dans une présentation qu'il a faite en mars dernier à l'invitation du ministère fédéral des Finances et dont* le réseau TVA a obtenu copie, M.Courchene tentait de déterminer si l%création d'une union monétaire et économique entre le Canada et un Québec souverain était souhaitable et faisable.Sa réponse est non.Analysant les contraintes et limites du marché commun européen, M.Courchene en est venu à se demander pourquoi le chef péquiste, Jacques Parizeau, favorise une union économique et monétaire avec le Canada et pourquoi ie rapport Allaire en fait son alternative à un fédéralisme revu et corrigé.1 «Pourquoi le Québec opterait pour l'indépendance pour ensuite se retourner et entrer dans une union économique complète qui limiterait non seulement la mise en oeuvre de ses nouveaux pouvoirs mais aussi ceux existants?» s'interroge le cher-' cheur.Une union monétaire à l'européenne, souligne-t-il, limitera encore plus la marge de manoeuvre du Québec car elle suppose la mise sur pied d'organismes administratifs et de coordination, l'établissement de mécanismes de règlement des différends qui soient exécutoires et l'adoption de règles communes dans une foule de sphères d'activités.De plus, la négociation de tout cet attirail est fort complexe et nécessite un partenaire intéressé, ce qui n'est pas garanti, indique-t-il, en particulier si le Québec se déclare indépendant de façon unilatérale.«À mon avis; (la souveraineté-association ) est essentiellement un outil de marketing de la souveraineté afin de la rendre plus vendable auprès des Québécois et du reste du Canada», écrit-il.Un Québec indépendant, avec sa propre monnaie et concluant des traités strictement commerciaux, pourrait orienter sa politique monétaire comme il l'entend et il ne serait pas obligé d'harmoniser ses politiques fiscale et budgétaire avec celles de son vis-à-vis; croit M.Courchene.Mais la négociation d'accords commerciaux pourraient encourager les Américains on les Canadiens à montrer du doigt l'interventionnisme de l'État québécois et sa stratégie économique de type européen ou japonais.«Un fédéralisme reconstitué offrirait peut-être une souveraineté plus efficace au Québec», note-t-il.Il précise que sous le régime actuel, par exemple, le Québec n'est pas lié par une série d'articles inclus dans l'accord de libre-échange can ado-américain alors que le Canada, en tant que pays signataire, 1 est.Résultat: le Québec a les coudées plus franches qu'Ottawa en matière de réglementation des institutions financières qui relèvent de sa juridiction, par exemple.Sous le régime actuel, ajoute M.Courchene, la mobilité de la main-d'oeuvre, des capitaux et des produits est assurée sans que les provinces ne soient menottées par une série de traités et d'accords d'application compliqués.Si le Québec décidait de sortir de ce cadre politique et juridique pour en négocier un autre, il devrait en accepter les conséquences sur sa liberté de décision.M.Courchene ne veut pas pour autant se faire l'apôtre du statu quo, au contraire.À son avis, il est essentiel de repenser la fédération canadienne, de façon à répondre aux revendications du Québec en ce qui a trait au nouveau partage des pouvoirs.Mais si les Québécois optaient pour Tin-dépendance, écrit-il, ils feraient des gains symboliques alors que le Canada y perdrait des plumes, surtout sur la scene internationale, au sein des organisations économiques, comme le G-7, ou encore au sein de la francophonie.Sur le plan économique, l'incertitude et en particulier le poids de la dette canadienne pourraient compromettre tout projet d'union économique et provoquer l'inquiétude des marchés internationaux.La mère de Mulroney subit des pontages MARIE-CLAUDE LORTIE du bureau de La Presse OTTAWA rian Mulroney n'aura probablement pas le temps de préparer cette semaine le remaniement de son cabinet, puisqu'il a dû partir de tout urgence lundi soir pour la Floride, au chevet de sa mère qui devait subir une importante intervention chirurgicale.Ce tragique événement pourrait aussi retarder le voyage du premier ministre dans l'ouest du pays.11 était question qu'il y parte pas plus tard que la semaine prochaine.La mère du premier ministre, Irene Mulroney, âgée de 78 ans, a subi quatre pontages coronariens à l'hôpital John F.Kennedy, de Altan-tis, en Floride.L'opération, effectuée par le docteur Lance Lester, a duré cinq heures, et s'est terminée à 13 h 30 hier.L'état de Mme Mulroney est stable, mais demeurera critique pour près de 72 heures, a-t-on fait savoir au bureau du premier ministre.La mère du premier ministre, qui est veuve depuis plusieurs années, était en vacances depuis quelques temps à West Palm Beach.Mila Mulroney, la femme du premier ministre, est rentrée d'urgence de Paris, où elle s'était rendue pour participer à un dîner-bénéfice, pour aller retrouver son mari, hier après-midi, en Floride.Au bureau du premier ministre, nul ne pouvait dire exactement hier, quand il serait de retour au pays.M.Mulroney a laissé entendre la semaine dernière qu'il procéderait à un remaniement ministériel durant les prochains jours.11 s'était d'ailleurs retiré à sa résidence secondaire du Lac Harrington après l'ajournement de la Chambre, vendredi. B2 LA PRESSE, MONTRÉAL.MERCRED117 AVRIL 1991 Editorial Paul Desmarais president du conseil coadministration Roger D.Landry i president et éditeur Claude Masson éditeur adjoint Marcel Desjardins Alain Dubuc directeur de linformaticn \u2022 éditorialiste en chef Ici et maintenant, «le français, ça compte» ne «Semaine du français».Au Québec! Immédiatement après la Semaine interculturelle.Comme la Semaine de la santé mentale.Ou, jadis, celle des vocations.De prime abord, on ne peut que ressentir un certain malaise.Ou du moins s'interroger devant cette initiative qui semble assimiler la langue officielle du Québec à toutes les autres « bonnes causes» sur lesquelles, à chaque année, il convient de s'attarder pendant quelques jours.Pour, momentanément, prendre conscience de leur importance.Et de leur précarité face à l'indifférence générale.La démarche apparaît, à première vue, d'autant plus étonnante que plusieurs signaux indiquent une incontestable consolidation de la réalité francophone dans le Québec d'aujourd'hui.Il y a, en effet, belle lurette que les campagnes pour la «survivance française» ont rejoint les «sets carrés» et la bénédiction paternelle au rayon des touchantes réminiscences folkloriques.En fait, malgré les rudes coups de boutoir assénés par les jugements de la Cour suprême contre la loi 101, depuis son adoption en 1977,1e français, en matière d'enseignement, de commerce et des affaires, a connu ici un essor remarquable.Une formidable poussée qui a au moins réussi à freiner sérieusement l'intégration presque automatique des immigrants à la minorité anglophone.Et fait sauter de nombreux verrous qui, il n'y a pas si longtemps, bloquaient l'accès vers des postes supérieurs aux Québécois francophones.Même bilingues.Ces indiscutables progrès du français comme langue d'usage ont été étroitement associés à un spectaculaire mouvement d'affirmation collective des Québécois qui continue de faire vaciller tout l'édifice constitutionnel canadien.Tous les sondages indiquent que cette tranquille assurance de leur originalité et de leur aptitude à l'assumer pleinement n'est pas sur le point de se résorber.Loin de là.Faut-il en conclure à la futilité d'une semaine spécialement consacrée à l'affirmation et à la promotion du français au Québec?À bien y penser, rien n'est moins sûr.Car c'est pout-ôtre la dangereuse illusion que la partie'est définitivement gagnée qui constitue le principal péril contre lequel il importe de se prémunir.Les raisons d'un optimisme raisonnable sont multiples par rapport à la situation qui prévalait au Québec il n'y a pas si longtemps.Mais dé nombreux nouveaux motifs d'inquiétude se sont également développés quant à l'avenir de la langue française.Ici comme partout ailleurs dans le monde.Même en France où le rouleau compresseur de l'anglophilie maladive a déjà provoqué des dégâts difficilement réparables.Comme sur le plan de la langue d'usage au sein des institutions de la Communauté économique européenne.Et même, chez les jeunes générations, dans les relations bilatérales entre peuples pour lesquels le français avait traditionnellement le statut de principale langue seconde.Cette abdication de la France devant le raz-de-marée universel dé la langue anglaise ne se limite pas aux affaires internationales ni au commerce extérieur.Elle se fait sentir jusque dans la vie quotidienne du citoyen ordinaire pour qui l'anglais parait de plus en plus la voie d'accès idéale vers la modernité.Il est d'ailleurs symptomatique que, pour accroître ses chances d'entendre quelque chansonnette française, à Paris, et échapper au tonitruant « top fifty » du «hit parade» américain, il faille synto-niser.Radio-NostalgieI Et que les autorités ressentent le besoin d'y organiser annuellement une Semaine de la chanson française.En France! La situation n'est guère plus reluisante sur la scène de la - francophonie internationale, régulièrement confrontée à l'influence croissante de la culture anglaise, arabe ou hispanophone dans de nombreux pays en voie de développement.Dans ce contexte, il n'y a vraiment pas lieu de s'interroger longtemps sur l'opportunité de la présente initiative de l'Office la langue française et du Conseil pédagogique interdisciplinaire du Québec qui affirment que, ici et maintenant, «le français, ça compte».Ptorra gravïl La poudrière autochtone Neuf mois après les événements d'Oka, les signes d'un nouvel été indien se multiplient.A Akwesasné, où l'on menaçait ce week-end de bloquer le pont de Cornwall.A Kahnawaké, où de jeunes gens ayant refusé de s'arrêter à un point de contrôle mohawk ont été pourchassés à coups de feu.Chez les Cris, qui préparent leur résistance aux projets hydroélectriques de Québec.Il y a quelques semaines, le député autochtone Elijah Harper a entrepris une tournée des réserves, annonçant des turbulences à l'horizon.Mais devant la menace d'une nouvelle crise, le ministre des Affaires indiennes, Tom Siddon, n'a pour l'essentiel rien de mieux à offrir qu'un optimisme modéré et.son impuissance.Hier, M.Siddon annonçait son intention de tenir un référendum à Kanesataké, pour régler une grave crise de leadership.Qu'à cela ne tienne: déjà, le chef George Martin a fait savoir qu'il demanderait une injonction pour bloquer le projet.Et compte tenu de l'opposition qu'elle suscite, même si la consultation devait avoir lieu, elle a autant de chances de résorber les tensions qui déchirent cette communauté mohawk que de 1ès attiser.- Le projet de référendum constitue peut-être - ça reste à voir -une amorce de solution à Kanesataké.Mais il est aussi révélateur de la façon dont Ottawa a «géré» le dossier autochtone depuis tau ¦ Tété 30.Les négociations se font à la pièce, parfois avec un succès.Mais sur le fond, on n'a pas avancé d'un «ota.- Le ministre Siddon évoque trois arguments pour expliquer son incapacité d'agir.D'abord, la révision du statut des Autochtones cilement être entreprises à un moment où le Canada est déchiré par une profonde - et peut-être ultime - crise constitutionnelle.Ensuite, les divisions qui régnent parmi les Autochtones rendent toute discussion problématique.Enfin, une série de problèmes ne relèvent tout simplement pas de la compétence fédérale.: Ces obstacles sont réels.N'empêche qu'en plaidant l'impuissance, et en se refusant à attaquer de front le coeur du problème - qui tient à la place qu'occupent les Premières Nations au Canada -, le gouvernement fait preuve d'une absolue absence'de leadership.L'automne dernier, la Commission canadienne des droits de la personne recommandait la tenue dune enquête «royale» sur les Autochtones.Une telle initiative n'aurait pas réglé par magie tous les problèmes.Mais en absence d'autres moyens, elle aurait au moins témoigné de la volonté politique d'Ottawa.Le gouvernement a rejeté cette idée, optant pour la politique des petits pas.Au risque d'une nouvelle explosion.Agnès CRUDA À quand la Corée à l'ONU?Le passage du président Gorbatchev en Corée en fin de semaine n'est pas la visite d'État que le gouvernement de Séoul espérait, mais il pourrait être un grand pas vers la paix en Extrême-Orient.Les rapports entre la Corée du Sud et l'Union soviétique sont bons et M.Gorbatchev a rencontré deux fois le président Roh Tae-Woo pour éta-; blir des relations diplomatiques entre les deux pays et pour parler de la réunification de la Co-v .-^jw- rée de façon générale.Un problème doit toute- k ^mmÊr *°ls ètre régié raPidement car pourait présa-L ^CTT^ 9er d'un nouveau recours aux armes dans la pé- ninsule.Hk HflHBl Ce qui inquiète le plus les Sud-Coréens et les Américains est la possibilité que la Corée du Nord munisse ses missiles scud de têtes nucléaires pour lancer une attaque dévastatrice contre les forces armées du Sud.Une telle attaque nucléaire n'aurait aucun sens à long terme.Même si le régime de Pyongyang restait maître du champ de bataille, il n'aurait que la satisfaction d'infliger la stérilité du stalinisme à la désolation nucléaire.En effet, Kim II Sung n'a jamais renoncé à la violence contre la république soeur mais l'issue de la guerre du Golfe l'a sans doute inquiété, car son armée de prés d'un million d'hommes dispose en gros du même armement que les Irakiens.En face d'elle, le Sud est armé de matériel américain et les 50 000 troupes américaines seraient rapidement renforcées en cas de besoin par un dispositif similaire à celui qui s'est imposé au Koweït.Pendant plus de 30 ans, les Nord-Coréens ont donc sacrifié leur économie pour développer une armée moderne, mais \u2014 semble-t-il \u2014 en vain.Pour M.Gorbatchev, la menace est grave et l'Union soviétique pourrait refuser d'aider les centrales nucléaires nord-coréennes si elle ne sont pas inspectées selon les termes du traité de non-prolifération.Mais une telle menace, à rencontre d'un régime isolé, n'est guère efficace à moins de lui proposer aussi une solution honorable et avantageuse.La brève visite de M.Gorbatchev en Corée permettra peut-être de préparer une proposition concrète à la Corée du Nord en vue du rapprochement des deux Corées.L'Union soviétique pourrait notamment rendre le processus de rapprochement moins laborieux si les deux Corées devenaient membres des Nations Unies comme le souhaite Séoul.Mais si Pyongyang refuse d'adhérer à l'ONU en même temps que Séoul, la nécessité sera d'autant plus grande pour la Corée du Sud d'en devenir membre et de jouir de ses garanties que la recherche d'une normalisation des relations se sera révélée futile.\u2022 Frédéric WAGNIERE
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