La presse, 20 avril 1991, B. La Presse Plus
[" I c si *- LA PRESSE.MONTREAL, .» nyi; 20AVIIIL1S91 \u2014- lab li ACTIVATION AVEC BATTERE.CHARGEUR ET ÉTUI T.0?: »\u2022 A Toronto, la peur du sida a confondu l'opposition BENOIT LECAULT collaboration spéciale TORONTO m a gravité du sida a renversé Ska toute opposition morale à l'introduction de distributrices à condoms dans des écoles secondaires de Toronto Tan dernier, explique le Dr Ouida Wright^ responsable en matière dç santé au Conseil scolaire ( non confessionnel ) de Toronto.Un débat orageux.est amorcé à la Commission des écoles catholiques de Montréal (CECM) au sujet de l'introduction de distributrices à condoms dans les écoles secondaires.Les responsables scolaires et médicaux torontois encouragent l'abstinence sexuelle dans lés écoles à titre de seule manière certaine de ne pas contracter le sida par voie .sexuelle.Par contre, les responsables torontois s'accordent à penser qu'il est impossible de prévenir complètement les relations sexuelles chez les adolescents, même les plus jeunes, et qu'il faut donc eh- ; courager la deuxième meilleure manière d'éviter le sida \u2014 l'utilisation du condom en latex.Une centaine de distributrices à condoms ont donc été mises à la disposition de 31 000 étudiants dans 41 écoles secondaires du Conseil scolaire de Toronto, un des six conseils scolaires (équivalents des commissions scolaires québécoises) de la Communauté urbaine de Toronto.Préparer les esprits Cela s'est fait sans heurts mais avec énormément de préparations.Le processus a commencé le 9 août 1989 quand le responsable du Service de la santé publique de la Ville de Toronto a envoyé une lettre recommandant l'installation de distributrices à condoms au Conseil scolaire de Toronto.La lettre spécifiait que «plus d'accès aux condoms, conjugué à des programmes éducatifs, constitue une stratégie importante pour pousser les adolescents actifs sexuellement à utiliser des condoms.» Le Service torontois de la santé publique a plus tard fait valoir que des sondages scientifiques et non scientifiques menés auprès d'adultes et d'adolescents torontois ont démontré un appui généralisé à la disponibilité de condoms dans les écoles.Finalement, ia Viiie de Toronto a proposé aux écoles la «straté-gie^iotale» (total approach) de mise en oeuvre du programme de «conscientisation face au sida» (AIDS Awareness Education Program )., Cette stratégie comporte un volet important d'information et de consultation du personnel des écoles, des parents et des étudiants.Les parents peuvent retirer leurs enfants du programme d'éducation sexuelle et il est reconnu que «la responsabilité de l'éducation sexuelle est en premier lieu celle des parents.» Une décision Cette stratégie globale et ses objectifs ont été approuvés de sorte que, le 28 septembre 1989, le Conseil scolaire de Toronto a décidé d'aller de l'avant avec la stratégie globale de conscientjsation face au sida qui comprend.l'installation de distributrices à condoms dans lés toilettes des élèves des deux sexes.Une licence a été accordée à une compagnie privée qui s'occupe de l'installation et de l'entretien des distributrices.Le conseil scolaire n'a qu'un rôle de supervision.Il faut que ça marche bien et que ça ne coûte pas un sou au conseil scolaire.C'est tout.«)'ai reçu des appels dé journa- listes d'un peu partout en Amérique du Nord, commente Jim Gar-rington, administrateur du contrat d'achat des condoms.Les serviettes sanitaires des toilettes de nos écoles sont subventionnées mais pas les condoms.Ces condoms se vendent un dollar pièce.Chaque machine en distribue en moyenne deux par jour.C'est peu.Au point où il n'est pas évident que la firme qui vend ces condoms fait de l'argent avec ce contrat.Quoi qu'il en soit, ce contrat de deux ans nous satisfait et rien n'indique qu'il ne satisfait pas cette firme.» Plusieurs mois de consultations ¦ publiques se sont écoulés entre la décision du Conseil scolaire de Toronto et l'installation des distributrices à condoms.«Ce pro- cessus démocratique a donné lieu, selon le Dr Ouida Wright, responsable de l'éducation en matière de santé au Conseil scolaire de Toronto, à un Jong débat mais les parents et les élèves dîjt été parfaitement informés.; Les distributrices à condoms n'ont pas fait l'objet d'un débat média-: tisé à Toronto.» Le nombre de nouveaux Cas dë sida et de maladies transmises sexuellement a diminué cette année dans la Communauté urbaine de Toronto.«Un effort majeur d'éducation sexuelle dans les écoles et le reste de la société est responsable de ce succès.L'installation de distributrices à condoms fait partie de cet effort etv'à ce titre, elle est un succès», dit'le Dr Wright.A .\u2022 \u2022 « \u2014 - -, - - « \u2022 m * \u2022» *.-.- z n -» If i IES ECOLES ?\\ m*.Les catholiques se défendent de jouer à l'autruche - - * -.BENOIT LECAULT collaboration spéciale TORONTO ai' À l'école Jarvis, dans le centre de Toronto, un élève achète un condom dun distributeur installé dans les toilettes de l'établissement.ph0t0 knoft ^cauit.collaboration spécule Église catholique ne changera pas son attitude quant aux relations sexuelles en dehors du mariage.Dans ce contexte, je ne vois pas comment on pourrait avoir des distributrices à condoms dans des écoles catholiques», explique Jean-Guy Saint-Yves, président de la section de langue française du Conseil des écoles catholiques de Toronto.« Ne croyez pas que nous jouions à l'autruche, ajoute-t-il.Il est évident que le virus du sida ne demande pas aux gens s'ils sont catholiques.Par contre, l'enseignement catholique est basé sur des règles de conduite catholiques.» M.Saint-Yves, qui est aussi travailleur social pour la Conseil (non confessionnel) scolaire de Toronto, affirme que, même en dehors de règles catholiques, les distributrices à condoms ne sont pas utiles dans les écoles.« On dit aux jeunes de s'abstenir -d'avoir des relations sexuelles potentiellement mortelles et en même temps on met à leur disposition des condoms qui n'offrent pas une protection parfaite.» \" - «Les principes des catholiques pratiquants doivent, d'abord avant tout, avoir priorité;daris un conseil scolaire (équivalent onta-rien d'une commission) câtholj-que, poursuit M.Saint-Yves.Par-?tout au Canada, les valeurs catholiques dérangent.Mais on ne peut pas changer la parole du Christ et on ne peut pas réinventer des valeurs basées sur cette parole.» \u2022 - \u2022 « *» Acheter un condom a r école n'est pas très bien vu Là gêne constitue un facteur nettement dissuasif, surtout chez les adolescentes BENOIT LECAULT collaboration spéciale TORONTO «Jt cheter un condom dans JMA la toilette d'une école peut être compromettant pour la réputation d'une fille», exprime Jacqueline Horsley, 17 ans, élève de 11e année à l'école secondaire de langue française de l'Institut collégial Jarvis, au centre-ville de Toronto.Il y a deux distributrices à condoms depuis un an dans les toilettes principales des adolescentes et des adolescents de cette école.La Presse a demandé à un groupe d'élèves si les distributrices à condoms sont une bonne chose.Le oui est unanime, mais à Toronto ces machines ne distribuent en moyenne que deux condoms par jour.«Une fille n'aimerait pas non plus que son ami de coeur achète un condom dans les toilettes un vendredi après-midi devant un groupe de garçons», poursuit M,,c Horsley.Les adolescents Tyler Byrne et Jude Aiken, tous deux en 10e année et âgés de io ans, disent qu'il n'est pas gênant pour un garçon d'acheter un condom.Ils n'ont pourtant pas vu un seul élève acheter un condom.«Dans un sens, il est vrai qu'une pharmacie située loin du domicile familial est plus anonyme qu'une toilette scolaire», dit le Dr Mireille Champagne, psychologue en chef au Conseil des écoles françaises de la communauté urbaine de Toronto.Il demeure toutefois que l'utilité des distributrices de condoms fait l'unanimité dans les écoles publiques de Toronto.«Ces distributrices ont une.fonction importante, je serais très choquée si on les enlevait», dit Robin Wa-terhouse, une élève de 9e année qui a 15 ans.Tous ces élèves sont des anglophones qui étudient en français depuis la maternelle.Les entrevues se sont donc déroulées en français.«La présence des distributrices à condoms n'a pas changé la vie sexuelle des étudiants de notre école, dit |ude.Leur présence est tout à fait normale.Il serait contradictoire de nous donner des cours d'éducation sexuelle qui préconisent l'utilisation du condom et ensuite d'interdire les distributrices à condoms dans les écoles.» Les autres sont d'accord.Et ils demeurent d'accord quand Jude dit: «Il serait complètement contradictoire qu'il y ait des distributrices à condoms dans les écoles catholiques.La religion catholique interdit les relations sexuelles en dehors du mariage de même que tous les moyens de contraception dans le cadre du mariage.» L'unanimité règne encore quand il est question de la nécessité imperative d'utiliser un condom: «On entend le même discours sur les condoms depuis la 6e année.Le sida peut atteindre n'importe qui», explique Jacqueline.Elle souligne le cours d'éducation sexuelle qui a eu le plus d'effet sur elle et sur ses amis \u2014 la rencontre de sidéens à l'école.La psychologue Mireillç Champagne, originaire de Montréal, confirme que la rencontre de si- déens a un effet déterminant.« Les jeunes constatent alors que ça peut leur arriver», dit-elle.Le Dr Champagne dissipe la crainte que certains ont de voir les jeunes être plus portés sur le sexe parce qu'ils voient quotidiennement une distributrice à condoms: «Les jeunes sont tellement conscientisés ici que cela fi- nit par leur inspirer une peur des relations sexuelles.» Cette psychologue regrette que les élèves soient gênés d'acheter des condoms dans les toilettes de Tyler Byrne, 16 ans, et Jude Aiken, 16 ans, n'ont jamais vu un étudiant acheter un condom à l'école.Quant à Jacqueline Horsley, 17 ans, elle n'aimerait pas que son ami de coeur soit vu en train d'acheter un condom à l'école, un vendredi après-midi par exemple.photo benoît iegauit.collaboration «*ctaie l'école mais elle note qu'il n'y a, pas de système parfait : «On pourrait distribuer des condoms à tous les élèves mais je crandrais alors' une réaction des parents.Notre système d'éducation sexuelle est basé sur des libres choix.Nous n'imposons rien à personne.» Néanmoins, l'acceptation par les parents torontois du Programme de conscientisation face au sida est remarquable.Le directeur de l'école Jarvis, Baher Marcos, souligne qu'il n'a reçu aucune plainte de la part de parents.«Lors de la dernière journée de la Saint-Valentin, dit-il, je traverse un corridor et je vois l'infirmière scolaire en train de distribuer des condoms à tous les élèves qui en voulaient.Je me suis dit que cette fois, ça allait trop loin et que je recevrais des appels de parents.Non, aucune réaction.» Selon Harriet Parry, l'infirmière du Service de santé publique de la Ville de Toronto qui va chaque semaine à l'école Jarvis, «les distributrices à condoms rappellent constamment aux élèves qu'ils sont responsables des conséquences possibles de leur comportement (sexuel )».Mmc Harriet souligne que «le sida dans une ville canadienne est le sida dans toutes les villes canadiennes».«Il y a beaucoup d'échanges entre les villes, particulièrement entre Montréal et Toronto, dit-elle.Il faut reconnaître que le sida est un problème commun.La distance qui sépare Montréal et Toronto ne représente pas une protection contre la propagation du sida.» V B2 LA PRESSE, MONTRÉAL.SAMEDI 20 AVRIL 1991 Éditorial Paul Desmarais president du conseil d administration Roger D.Landry president et éditeur.Claude Masson Marcel Desjardins éditeur adjoint directeur de I information Alain Dubuc éditorialiste en chef \u2022 Contrats rets: les demi-vérités parlementaires La publication du contrat secret entre Hydro-Québec et Norsk Hydro, sous le coup d'une injonction, n'est pas permise au Québec.Cet interdit a ouvert la porte à diverses fuites indirectes, soit par la presse internationale, qui échappe à l'injonction, soit par des députés qui ont profité de leur immunité parlementaire.Le dossier est-il clos pour autant?Certainement pas.Ces bribes éparses équivalent à de la désinformation.Des faits sortis de leur contexte, des demi-' vérités, sinon des faussetés, qui ne permettent en aucun cas d'avoir une idée de ce que contiennent ce contrat.Ces révélations inexactes servent sans doute les intérêts des groupes écologistes, ou des partis d'opposition, mais certainement pas la vérité.I On sait que dans les procédures qui entourent cette injonction, les médias ont évoqué la liberté de la presse.Les fuites des derniers jours soulèvent un autre enjeu, celui du droit du public à une information exacte.La seule façon de rétablir les faits, et de jouer notre rôle, c'est de s'inspirer des informations contenues dans la copie du contrat dont nous avons pris connaissance.Nous tenterons de le faire de façon prudente, en évitant de briser la confidentialité que Norsk voulait protéger par le biais de cette injonction.Les Québécois, qui croient savoir ce que contient le contrat, tiennent leurs informations des révélations du chef du Parti égalité, M.Robert Libman et, par la suite, du leader de l'opposition, M.Guy Chevrette.Il en ressort que Norsk Hydro profite d'incroyables rabais, paie son électricité, les premières années du contrat, trois fois moins cher que les consommateurs, et même moins cher que le coût de production.- * Le problème, c'est que les deux députés n'ont rendu publiques que six lignes d'un contrat qui compte 109 pages! Et qu'ils n'ont insisté que sur les six premières années d'un contrat qui s'étale sur un quart de siècle.Or, dans sa structure môme, ce contrat se veut généreux au début, mais coûteux à la fin.Les parlementaires en ont ainsi donné une.version tronquée et inexacte.Comme si la Presse limitait son compte rendu d'un match Canadien\u2014Boston aux quatorze premières minutes de jeu.Voici, en termes généraux, la structure de ce contrat.Les six premières années prévoient des rabais, des prix inférieurs au tarif de grande puissance, le tarif «L», destiné aux grands utilisateurs.Norsk paiera 40 p.cent de ce tarif en 1988,1989 et 1990 (ce que M.Libman a révélé); 50 p.cent du tarif «L» en 1991 ; 65 p.cent en 1992; et 75 p.cent en 1993 (ce que M.Chevrette a révélé).Déjà, il faut apporter deux nuances à ces chiffres.D'abord, les très importants rabais des trois premières années ne s'inscrivent pas dans la logique des contrats à partage de risque avec les treize compagnies grandes utilisatrices qui font l'objet du débat: ils s'inspirent d'une autre politique de rabais, qu'Hydro, pour écouler ses surplus d'électricité, consentait dans les années 80 aux compagnies qui investissaient.Deuxièmement, les rabais des années 1991,1992 et 1993, sont soumis à une formule de remboursement.En fonction de ses profits, Norsk remettra en tout ou en partie ces rabais de démarrage vers la fin de la décennie.De 1994 à 2005, le prix de l'électricité payé par Norsk est régi par une formule, sans doute trop complexe pour avoir attiré l'attention des parlementaires.En gros, le prix grande puissance sera modulé en fonction des variations du prix du magnésium et de l'inflation.Parfois, Norsk paiera plus, d'autres années, elle paiera moins.Enfin, de 2005 à 2013, le prix sera détertminé à partir du tarif de grande puissance.Le reste du contrat décrit comment mesurer les prix du magnésium, les profits et les ventes de Norsk, pour éviter que le contrat n'ouvre la porte à des échappatoires.Voilà.Présentée ainsi, la description du contrat est fastidieuse, ne contient pas d'éléments croustillants.Mais elle correspond aux faits.Ces informations ne suffisent pas pour savoir si Hydro et le Québec ont fait une bonne affaire sur le plan économique.Mais elles permettent très clairement d'affirmer qu'Hydro n'a pas bradé son électricité et que Norsk ne croule pas sous les cadeaux.Des dirigeants de Norsk Hydro estiment même que ce contrat les amènera à payer l'électricité plus cher que s'ils avaient accepté de payer le tarif grande puissance, l'avantage du contrat'provenant du fait qu'il leur procure plus de souplesse les années où leurs activités sont au ralenti.Cela montre également à quel point la décision de ces compagnies de recourir aux tribunaux pour protéger la confidentialité de leurs contrats est malheureuse.La mesure s'est révélée inapplicable dans un village global où l'information fait le tour du monde, et elle s'est avérée coûteuse, pour le Québec, pour Hydro-Québec, et surtout, pour Norsk Hydro.Alain DUBUC Lettre de Toronto JOHN HONDERICH Jusqu'où peut-on être «plus ou moins» canadien ?lohn Honderich est éditeur du Toronto Star.Il signe aujourd'hui sa première .«Lettre de Toronto», un échange régulier entre La Presse et le Toronto Star qui vise à ce que le Québec et le reste du Canada apprennent à se connaître et se comprendre.Il répond à la «Lettre de Montréal», qu'Alain Dubuc signait la semaine dernière dans le quotidien torontois et que nous reproduisons dans la page ci-contre.on cher Alain, Vous posez, dans votre première lettre, une question fondamentale: peut-on accepter, en Ontario, que le cinquième de la population du pays \u2014 les Québécois et les Québécoises \u2014 ne soit pas aussi «canadien » que nous?C'est là, mon ami, une question fort, délicate, mais à laquelle j'aimerais essayer de répondre.En Ontario, nous reconnaissons d'emblée et sans rancune d'ailleurs que les Québécois ne sont pas en apparence aussi «canadiens» qu'eux.Mais si cet écart risque d'entraîner l'effondrement du pays, la population ontarienne sera moins disposée à l'accepter.Où se situent les limites?me deraanderez-vous.'Voilà une autre question épineuse à laquelle j'estime ne pas être le seul à ignorer la réponse.Car, pas plus ici qu'ailleurs au Canada, il n'existe la moindre ombre d'un consensus.En Ontario, on se définit d'abord et avant tout comme Canadien et ce, depuis des générations.Même aujourd'hui, les termes Ontariens et Ontariennes nous semblent insolites car, contrairement aux autres régions du pays, \u2014 que ce soit les Maritimes, les Prairies ou le Grand Nord \u2014, l'Ontario privilégie son identité canadienne.Aussi accordons-nous davantage de poids aux institutions et aux symboles qui soutiennent notre identité «nationale».Voilà peut-être pourquoi ces symboles ont une si lourde charge affective en Ontario.Et pourquoi nous nous acharnons à les protéger.Cela nous bouleverse, par exemple, d'apprendre qu'on a hué l'hymne national lors du match d'ouverture de la Machine de Montréal.Cela nous rassure, toutefois, de lire qu'une semaine plus tard, la foule a applaudi VO Canada lors du premier match des Expos.\u2022 Les Québécois et les Québécois seront-ils étonnés d'apprendre que nous sommes toujours sensibles à leurs réactions?Sinon, pourquoi cet incident aurait-il fait la une du Star?Il serait cependant erroné de lire dans notre inquiétude l'espoir de voir le Québec adopter une attitude semblable à celle de l'Ontario.Loin de là.L'Ontario a toujours été sensible à votre désir de protéger votre langue et votre culture.Et nous acceptons sans réserves la constitution actuelle qui reconnaît le Code civil et enchâsse certains aspects de votre société distincte.La majorité des Ontariennes et des Ontariens reconnaissent que le Québec doit conserver son droit de veto sur toute question constitutionnelle.René Lévesque nous avait du reste fort surpris en se montrant prêt à y renoncer.Serez-vous étonnés d'apprendre que la plupart d'entre nous convenons que le Québec est une société distincte?C'est d'ailleurs précisément ce qu'affirmait, il y a deux semaines, le Premier ministre ontarien, Bob Rae, en s'adressant directement à la population québécoise.«Nous pouvons, devons et voulons reconnaître le caractère unique et distinct du Québec, sa personnalité, a-t-il déclaré en français.Nous voulons le faire, nous sommes prêts à le faire sans pour un moment nier la réalité d'une autre identité aussi.» Les foules ne sont pas descendues dans les rues de Toronto pour protester contre ce discours et personne n'a brûlé de drapeau.Au fait, je suis entièrement d'accord avec votre interprétation de la débâcle de l'accord du lac Meech.Il semblerait, effectivement, que le Québec ait ressenti cet échec cuisant comme le rejet pur et simple de son caractère distinct par le Canada anglais.Or, ce n'est pas la conclusion que nombre d'entre nous, moi compris, en avons tiré.À notre avis, c'est l'opposition qui est la plus largement responsable de l'affaiblissement des symboles et des institutions dont j'ai déjà parlé.Mais à quoi bon ergoter sur ces détails?Reconnaissons qu'à ce stade, cela ne servirait à rien.C'est donc un fait: le Québec s'est senti exclu et risque de ne pas l'oublier de sitôt.Mais il doit tout de même trouver le moyen d'atténuer l'effet de cette blessure.Comment?Vous faites remarquer, avec raison, que les rapports des commissions Allaire et Bélanger-Cam-peau ne soulèvent pas l'enthousiasme, ni en Ontario ni ailleurs au Canada.Il est effectivement inconcevable, pour nous, de démanteler le gouvernement fédéral pour en faire «un bureau de poste», comme le dit M.Rae.Ce dernier ajoute, par ailleurs, que «cela nierait l'âme et la volonté du peuple canadien».Le dilemme, pour les deux parties, consiste donc à trouver le moyen de concilier les exigences québécoises en matière d'autonomie avec le concept d'un Canada uni.Vous me demandiez si le Canada accepter-* que les Québécois soient W'jin canadiens que les autres.le crois que oui, dans une certaine mesure.Malgré les difficultés que cela soulèverait.Mais d'autres questions se posent.Le Québec acceptera-t-il de concevoir le Canada comme étant plus qu'une simple agglomération de régions?Le.Québec reconnaît-il l'existence d'une âme canadienne et peut-il accepter que toute entente constitutionnelle doive en tenir compte?Voilà autant de questions épineuses auxquelles je lirai avec intérêt vos réponses.|e me réjouis de pouvoir dialoguer ainsi avec vous.Car, comme on l'a déjà dit, la correspondance, lorsqu'on y apporte le soin nécessaire, n'a rien à envier à la conversation.À la prochaine.John fw'isoji.on aso/'&fir (w£-vtU£ Mouâf&sés'/ La théorie du pacte a été accréditée par Ottawa sous Pearson et Trudeau MARCEL ADAM ans plusieurs interventions publiques qu'il a faites contre Meech depuis 1987, et encore récemment à l'Université de Toronto, Pierre Trudeau a laissé entendre clairement qu'avec l'arrivée de Brian Mulro-ney le fédéral a commencé pour la première fois à se rallier à la doctrine du pacte fédéra-tif.je rappelle que cette doctrine fait reposer les pouvoirs du Parlement fédéral sur le consentement des provinces plutôt que sur la volonté du peuple canadien.Ce qui ferait en quelque sorte de la fédération canadienne une simple association de provinces et non une nation dans le plein sens du mot.En vérité, au début des années 60 le gouvernement Pearson avait avait déjà commencé à accréditer la théorie du pacte fédé-ratif.Dans l'optique cependant des nationalistes québécois pour qui cette doctrine est fondée sur la conviction que la Confédération est un contrat entre les deux peuples fondateurs: Le Canada anglais et le Canada français.En mai 1964 le ministre de la Justice Guy Favreau reconnaissait cette doctrine dans une entrevue au quotidien torontois Globe & Mail.La Confédération, disait-il, est un 'pacte conclu à Charlotte-town et finalement à Québec', entre les représentants des 'deux peuples fondateurs., le Québec, l'ancien Bas-Canada.le peuple d'origine française' et 'les deux autre provinces plus le Haut-Canada.qui avaient en commun l'anglais et des traditions culturelles similaires'.(Cette citation est extraite des mémoires de Eugene Forsey qui la rapporte pour démentir vigoureusement cette thèse à la lumière* des arguments que je rapportais samedi dernier).Et l'année précédente, le même gouvernement endossait implicitement la thèse du pacte dans le mandat créant la Com-misssion Laurendeau-Dunton sur le bilinguisme et le bicultu-ralisme, quand il exprimait le voeu que la fédération canadienne se développe 'd'après le principe de l'égalité entre les deux peuples qui l'ont fondée.' Si la théorie du pacte, en excitant ce qu'il appelle l'insatiable appétit de pouvoirs des premiers ministres provinciaux, a été l'empêchement majeur de la réforme constitutionnelle, je n'ai pas souvenance que, comme premier ministre, M.Trudeau ait jamais attaqué cette doctrine de front comme il l'a fait au Sénat il y a trois ans.Probablement parce qu'il s'en est trouvé apparemment bien peu pour proclamer publiquement la doctrine du pacte lors des négociations constitutionnelles.Lui-même n'a évoqué l'autre jour les noms que de deux personne ayant formulé une position apparentée à cette théorie: l'ex-premier ministre de la Saskatchewan Allan Bla-keney et le chef de l'Opposition du temps Joe Clark.(Ce qui n'exclut pas que plusieurs premiers ministres aient négocié et plaidé leur cause dans les réu-' nions à hu?s clos en fonction de cette doctrine).l'oserai dire cependant que M.trudeau a lui-même validé de facto cette doctrine de deux façons.1.En reconnaissant que le gouvernement du Québec pouvait légalement tenir un référendum sur la souveraineté.Accorder le droit de veto, qui est le droit pour la minorité de tenir en échec la majorité, c'est accorder le droit de faire ultime-ment sécession, celui-ci étant l'aboutissement logique de celui-là.Et donc accréditer la doctrine du pacte qui fonde le droit à la sécesssion.2.En proposant d'inclure le droit de veto dans la formule d'amendement de la Constitution.Permettre la tenue d'un référendum sur la souveraineté c'est reconnaître la théorie du pacte qui peut seule justifier la sécession.Car c'est reconnaître que la fédération n'est pas une nation mais une ligue formée des provinces en vertu d'un pacte qu'elles peuvent briser aussi librement qu'elles l'ont créée (selon l'argument d'Andrew Jackson évoqué samedi dernier).A ce propos je citerai ce que disait le président Abraham Lincoln au siècle dernier, dans un discours où il soutenait la thèse du cartère perpétuel de la fédération américaine.Pour lui la perpétuité est implicite dans la loi fondamentale de tous les gouvernements légitimes.Aucun n'ayant prévu sa fin dans sa loi organique, il s'ensuit qu'aucun État ne peut quitter de lui-même et légalement l'Union.Si les États-Unis ne sont qu'une association d'États formée en vertu d'un simple contrat, disait-il, son gouvernement peut être défait paisiblement par ceux qui l'ont formé.Parce que selon lui les Etats n'étaient pas souverains avant l'Union et qu'ils n'ont d'autre statut légal que celui que leur confère la fédération, ils ne peuvent se détacher de l'Union que dans l'illégalité.Si on accepte la doctrine federative telle qu'exposée par Lincoln, un gouvernement fédéral ne peut sans renier sa légitimité et celle de l'union federative qu'il représente reconnaître à un État ou une province le droit de se séparer.Est-ce à dire qu'il faut blâmer Pierre Trudeau d'avoir posé des gestes qui paraissent plus en accord avec la théorie du pacte qu'il dénonce aujourd'hui qu'avec la doctrine contraire?Pour le faire il faudrait pouvoir démontrer qu'il avait le choix de faire autrement.Ce sur quoi je ne veux pas me prononcer aujourd'hui.Dans cette série mon propos était de faire écho à un discours passé inaperçu de M.Trudeau, que je trouve très important en ce qu'il soulève une question fondamentale de la problématique canadienne; et de profiter de l'occasion pour faire connaître un peu la doctrine élaborée aux Etats-Unis, au siècle dernier, à rencontre de la doctrine du pacte fédératif qui serait, selon ce que semble penser M.Trudeau, la source de tous nos maux.(Fin) f LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 20 AVRIL 1991 \u2022:b-3 n™.\u201e Lettre de Montréal ¦ y Une leçon de solidarité, venue de Fer mont JACQUES DUFRESNE collaboration spéciale - \u2022 ces derniers un attachement exceptionnel, qui expliquerait leur dernier sursaut victorieux?ermont; une ville contre le vent ! Tout le monde a entendu parler de ce bourg de la Côte Nord et de son immeuble-écran qui le protège contre le vent glacial.Il y a six ou sept ans, après la fermeture de Ga-gnon et de Sherf-ferville, ses habitants, tristement, l'appelaient Fermons.Depuis, ils ont découvert, joyeusement, qu'il y a d'autres minéraux que le fer dans le sol de leur région.», et leur ville s'appelle de nouveau Fermont.C'est la dernière en date de nos épopées.Elle montre comment, aujourd'hui, une communauté locale peut assurer son développement quand elle prend son destin en main.Le récit de cette épopée, captivant, pourrait, moyennant quelques retouches, devenir le scénario d'une série télévisée fort intéressante.Chose étonnante, je n'ai pas trouvé ce récit dans un magazine, mais dans un savant ouvrage collectif intitulé: Les innovations dans le monde minier québécois, publié cette année chez Gaétan Morin.L'auteur du récit, Régis La-beaume, qui fut un efficace promoteur des actions accréditives, est président de la compagnie minière Mazarin.Écrire c'est agir Régis Labeaume s'est efforcé de rendre son texte vivant.Cette compassion pour le lecteur est une vertu rare parmi les universitaires et encore plus parmi les gens d'affaires.Pourtant le talent littéraire est indissociable du talent d'entre-preur.Bien écrire c'est prendre dix décisions par ligne, toujours les bonnes.Quand, sous prétexte de pragmatisme, l'homme d'action méprise cet art, c'est l'action elle-même qu'il méprise.Iules César, le plus tfrand homme d'action de tous les temps, fut aussi un écrivain de premier ordre.Peut-être le miracle de Fermont est-il avant tout un miracle de l'architecture.Faut-il exclure que cet habitat inspiré ait suscité chez .L'épopée Fermont n'est plus seulement la ville du fer, elle est aussi celle du graphite.En 1985, plutôt que de se résigner à la fermeture, les Fef-montois ont décidé de créer un fonds de 150 000$ devant servir à la prospection.Ils faisaient l'hypothèse que le fer n'est pas le seul minéral sur la planète, hypothèse pleine de bon sens certes mais qui, pour les géologues et les prospecteurs avertis, n'était guère réaliste.La province géologique de Gren-ville, où se situe Fermont, avait en effet mauvaise réputation.On sait d'autre part qu'au Canada la moyenne d'investisssement en exploration pour un gisement qui ira en production est de 50 millions de dollars.Que faire avec 150 000$ et surtout, comment justifier l'échec presque assuré auprès de ces courageux Fermontois qui investissaient leurs dernières économies dans une telle loterie?La municipalité fit appel à la société Mazarin, laquelle accepta de diriger gratuitement les opérations de prospectiort et décida même d'investir le même montant que la municipalité, en échange d'un intérêt de 50 p.cent dans toute découverte éventuelle.Le premier été, on chercha tout et rien et on ne trouva rien.Le second été on prit comme point de départ l'une des seules indications disponibles sur la région.En 1959, un géologue du ministère de l'Énergie et des Ressources avait fait état d'un indice de graphite d'un mètre carré dans la région du lac Knife.C'était le bon filon.La mise en production de la mine créera une centaine d'emplois.Et pourquoi la transformation du produit, la fabrication de sabots de freins, par exemple, ne se ferait-elle pas un jour sur place?Le plus beau dans toute cette affaire, c'est qu'à la société Mazarin, on ne savait rien sur le graphite.Régis Labeaume raconte qu'il envoya 250 lettres de par le vaste monde dans l'espoir de trouver des partenaires ou tout au moins l'information dont il avait besoin.La force de la solidarité La découverte d'un bon filon de graphite près de Fermont tient du miracle.La coopération entre les Fermontois, les industriels de Montréal et le gouvernement du Québec, qui, au bon moment, se joignit à l'aventure, constitue par contre un exemple de solidarité qu'on peut imiter partout sans risques majeurs.Un exemple où l'on voit que la responsabilité oblige.Les Fermontois ont assumé la responsabilité de leur avenir; il en est résulté, chez leur partenaires, un sentiment d'obligation que la logique économique seule ne suffisait pas à justifier.Grâce au climat moral ainsi créé, on a pu surmonter des obstacles qui, dans un contexte normal, auraient paru insurmontables.«Inutile de préciser, écrit Régis Labeaume, que la confirmation de l'entente par écrit ne fut pas une mince besogne.Aucun des modèles d'entente propres à l'industrie n'était vraiment applicable pour lier une entité communautaire à une corporation ayant des objectifs lucratifs.» Cent cinquante milleS pour 3500 habitants, c'est près de 43$ par personne, assez peu donc, même pour une ville menacée de fermeture.Et la municipalité touchera 10 p.cent des profits nets de la production de la mine.On en vient à se demander pourquoi la même formule n'est pas employée plus fréquemment ailleurs.Le véritable enjeu du pouvoir local est là.Ou bien, attendant tout des pouvoirs centraux, on entre dans la spirale de la revendication, avec la conséquence que les ressources morales et financières de la collectivité se perdent dans les dédales des administrations gouvernementales et que l'irresponsabilité ainsi entrenue mine l'administration locale; ou bien on s'inspire du modèle fermontois.Les richesses naturelles Dans le livre ci-haut mentionné et auquel je ne pourrai rendre justice ici, je découvre un aspect important de l'histoire contemporaine du Québec.Dans le domaine minier, la révolution tranquille commence à peine.Jusqu'à tout récemment, c'est tout juste si nous nous réservions un droit de regard sur la façon dont les compagnies étrangères exploitaient notre sous-sol.Nous n'étions qu'un relais à peine plus important que les Amérindiens dans la découverte, l'extraction et le transport du minerai.C'est un trappeur amérindien appelé André Mathieu qui, en 1937, apporta aux experts le caillou qui attestait l'existence de gisements à haute teneur en fer.Quelle fut sa récompense?Au cours de la décennie 1980, les actions accréditives ont permis à de nombreuses entreprises minières québécoises de prendre forme.Certaines ont pu survivre.Depuis quelques années, c'est la morosité.Au Québec, nous misons encore beaucoup sur les richesses naturelles pour assurer notre développement.Trop, disent certains, qui nous incitent ensuite à travailler encore plus que les Japonais, qui-.que etc.Mais pourquoi fabriquer, quand il suffit de ramasser?Au XVIIIe siècle, le colon d'ici avait meilleure santé et plus longue vie que son cousin de France, parce qu'il avait tout en abondance autour de lui : bois, gibier, fruits sauvages, poissons, sucre.Et encore maintenant, nous sommes si peu nombreux sur un territoire si riche que je m'étonne qu'il nous faille travailler autant que les Japonais pour vivre aussi bien qu'eux.Et si les poissons du Saint-Laurent et de ses affluents redevenaient comestibles, nous aurions l'autosuffisance alimentaire à condition de ne ne manger de viande qu'une ou deux fois par semaine, ce qui nous ferait d'ailleurs le plus grand bien.Sans parler des brochets et carpes de nos lacs, poissons recherchés dans le reste du monde et dont nous ne nourririons même pas nos bêtes.Et les mines?On dit que la découverte du graphite à Fermont tient du miracle.Soit.Je fais plutôt l'hypothèse que nous connaissons encore très mal notre sous-sol et que nous ne nous donnerons la peine de l'étudier sérieusement que le jour où nous ne dépendrons plus des capitaux étrangers pour l'exploiter.Et les forêts! Si nous les cultivions comme les Finlandais! Nous n'avons pas résisté à la tentation du pillage tant l'abondance était grande.11 nous reste g accéder au stade de la civilisation.À la recherche des temps nouveaux FRANGINE PELLETIER collaboration spéciale Avec son noeud papillon et son oeillet rouge à la boutonnière, son complet beige et sa chemise tuxedo, impossible de l'ignorer.Assis en première rangée comme un bon élève, l'air ravi, l'homme ponctuait le discours des panelis-tes de petits hochements de tête.C'était il y a 10 jours, aux Services communautaires juifs à Montréal, lors d'une conférence sur le «multiculturalisme dans un Québec changeant».L'homme si élégamment vêtu brillait aussi par la couleur de sa peau.Outre le président de SOS-Racisme, Alain Jean-Bart (toujours fidèle au rendez-vous), il était le seul Noir dans la salle.Un signe que les choses changent, petit à petit, au Québec.Autre signe: la soirée s'est déroulée en français autant qu'en anglais.On n'aurait pas vu ça, dans le quartier Snowdon, il y a quelques années.«Montréal est un endroit formidable», me confia plus tard l'homme en question, tout en me fourrant un album de photos entre les iiiains.Leeroy Alexander Solomon Edwards, dénommé le joyeux troubadour, ne va nulle part, ai-je vite appris, sans son album de photos.C'est sa carte de visite, sa façon de faire connaissance et, surtout, de prendre le taureau par les cornes.(Ou, en l'occurence, les panelistes.) «J'ai appris il y longtemps que là où il y a du contrôle, il y a du pouvoir», me dira-t-il, la semaine suivante, chez lui.Toujours avec son noeud papillon, sa chemise tuxedo aux petits boutons nacrés et son oeillet à la boutonnière, Leeroy Edwards, 69 ans bien comptés mais en ayant l'air 10 de moins, trône au milieu d'énormes piles de paperasses, d'assortiments de chaussures des années 50, d'une vieille machine à écrire, d'un lit et d'un frigidaire qui n'a pas l'air de fonctionner.Il y a des rangées de vestons qui pendent, manque de placard, du plafond et une radio enfouie dans un coin où l'on discute ferme, à l'émission de Royal Orr à CJAD, du Bloc Québécois.Depuis 39 ans que Leeroy Edwards est au Québec, depuis 39 ans qu'il vit ici, dans la Petite Bourgogne, dans cette petite chambre exiguë, bourrée d'objets qui ne servent plus.Il ne s'en plaint pas, au contraire, il en est fier.«Tout le monde peut vivre en chambre.Mais qui peut se vanter d'y avoir vécu 39 ans?», dit-il en s'esclaffant.Un «fanatique» de la vie, Leeroy Edwards l'est également de son «studio» où s'entassent 35 000 photos ( il ne va nulle part sans prendre une photo), 2500 adresses et, ce dont il est le plus fier, une copie de la Charte canadienne des droits et libertés, un certificat de l'Association internationale des machinistes et un autre marquant sa participation en tant qu'«ambassadeur» au 50e anniversaire d'Air Canada.«C'est ma vie en résumé», dit-il.Après 32 ans au service d'Air Canada, M.Edwards est à sa retraite depuis cinq ans.Ça non plus il ne s'en plaint pas.Il lit, voyage, s'adonne au «photo-journalisme» et écrit des poèmes.Loin \u2014loin derrière lui maintenant \u2014 sa jeunesse à Port;of-Spain, Trinidad, où à 17 ans il cassait des roches pour 36cpar jour.«Après le grand labyrinthe, me voici sur le grand boulevard de la vje», dii-il, le sourire fendu jusqu'aux oreilles.Comme pour prouver son dire, le joyeaux troubadour m'entraîne maintenant au Café de Paris du Ritz Carlton, son «studioII», dit-il.«Je viens ici pour jouir de la ville dans laquelle j'ai choisi de vivre», dira-t-il un peu plus tard, calé dans un fauteuil de velours bleu, un verre de Grand Marnier devant lui.«Richard Burton et Elizabeth Taylor venaient au Ritz Carlton.Eh bien, figurez-vous que moi aussi ! » C'est que Leeroy Edwards a choisi de bien vivre.«Je ne veux pas être pauvre, dit-il, alors je joue avec la richesse.» Pour lui, il n'y a pas de contradictions entre sa chambre aux murs vert-hôpital et l'ambiance feutrée du Ritz Carlton.Il y a un contraste, voilà tout.La vie, après tout, vient en deux dimensions: les Noirs et les Blancs, les hommes et les femmes, les riches et les pauvres.Constamment acculés à ces deux di- Leeroy Alexander Solomon Edwards mensions, explique le gentleman philosophe, nous avons deux choix: le conflit ou le contraste.«Moi, je choisis le contraste», dit-il.Leeroy Edwards a beau être non-conformiste jusqu'aux bouts des ongles ( il ne s'est d'ailleurs jamais marié), et dandy par-dessus le marché, ce qu'il dit, ici, est très exactement ce qui a été dit lors de la conférence sur le multiculturalisme mentionnée plus haut.Ce qu'il dit c'est qu'il aime le Québec.Même si ça n'a pas toujours été «un lit de roses» et que, bien sûr, il a été victime de racisme: (À son arrivée, en 1954, par exemple, Eaton lui refusa un emploi pour cause, prétexta-t-on, d'unilinguisme anglais!).Mais ce qu'il retient, finalement, c'est la «gentillesse».Leeroy Edwards pointe les employés \u2014 qui se sont tous empressés, tantôt, de le saluer\u2014 en disant ça.(Et jusqu'au maître d'hotel qui, à la demande de son client flamboyant, s'improvisera photographe!) «Montréal est un endroit où il fait bon grandir», dit mon interlocuteur, qui de temps à autres passe au français pour mieux m'en convaincre.«Quoi qu'il arrive, je reste ! » Oui, Leeroy Edwards \u2014 qui est fier de se dire «Québécois» \u2014 aime le Québec et veut s'intégrer encore davantage.Mais pas s'assimiler! Pour tous les groupes minoritaires, quelle que soit leur origine ou le nombre d'années passées ici, c'est une distinction importante, au coeur de leurs préoccupations actuelles.«11 faut que .vous sachiez que nous ne sommes pas ici pour votre bon plaisir», dit M.Edwards.En d'autres mots, les néo-Québécois veulent devenir «partie intégrante» du Québec mais ils ne veulent pas perdre leur identité.Ils veulent respecter les lois du pays mais ils veulent aussi qu'on les respecte.Ils veulent sentir, surtout, qu'on apprécie leur «différence».La précision mérite d'être soulignée.Trop de francophones entretiennent une notion étroite de l'intégration.Pour eux, l'intégration des immigrants veut dire: dépêchez-vous de nous ressembler! ( En d'autres mots, assimilez-vous.) Mais l'intégration n'est justement pas un chemin à sens unique.Si elle implique une certaine absorption des immigrants à la culture francophone, cela implique aussi que nous nous enrichissions de leur culture à eux.Il y a autre chose qui chicote Leeroy Edwards: sa canadienneté.Qu'adviendra-t-il de sa canadienneté si le Québec se sépare?Angoisse que partage aussi la grande majorité des minorités culturelles au Québec.Ce n'est pas tellement l'attachement au Canada comme tel (M.Edwards n'y est jamais allé) dont il est question ici mais, plutôt, de l'attachement à ce que le pays «représente».C'est après tout en tant que Canadien oue M.Edwards a pu visiter l'Aftique du Sud, en 1973.Alors qua la couleur de sa peau lui fermait théoriquement toutes les portes, sa citoyenneté canadienne, elle, les lui ouvrait.«C'a été le voyage le plus facile de ma vie», s'esclaffe-t-il.Malgré ces trépidations du moment, Leeroy A.S.Edwards n'est pas inquiet pour autant.11 trouve normal, d'abord, que le Québec cherche à améliorer son sort.Il sait, ensuite, que «là où il y a de la volonté, il y a des solutions!» Et puis, il y a ce que Leeroy Edwards appelle la poursuite du bonheur, «je ne suis pas du genre à abandonner le bonheur après l'avoir trouvé», dit-il._j£_ pour lecteurs torontois.ê La Presse et le Toronto Star ont entrepris un échange de lettres pour tenter de rétablir les ponts entre le Québec et le reste du Canada.Samedi dernier, la première Lettre de Montréal, dont voici la version en français, était publiée dans le - ¦ quotidien torontois, sous la.plume d'Alain Dubuc.La Lettre de Toronto, signée par l'éditeur du Toronto Star.John Hondericb, paraît aujourd'hui en page éditoriale.ALAIN DUBUC her John, Bien des Canadiens, y compris votre propre journal, hésitent beaucoup» à se lancer dans une nouvelle ronde de m négociations avec le Québec.Cette réticence s'explique en grande partie .par le fait que vous n'aimez pas ridée ; d'avoir un couteau sur la gorge.\" \u2022 \\ \\ Vous percevez le rapport Allaire du Parti libéral\" * du Québec, le rapport de la Commission Bélanger-Campeau et la menace d'un référendum sur la souveraineté comme autant de formes de chantage : « Donnez-nous ce que nous voulons, ou bien vous allez voir.».Votre vision des choses n'est pas tout a fait conforme aux faits.>\u2022 Je ne crois pas que le premier ministre Bourassa exerce du chantage sur le reste du Canada et qu'il se sert de la souveraineté comme d'un outil pour forcer les Canadiens à accepter ce qu'ils ne digéreraient pas autrement.M.Bourassa est un fédéraliste ou, du moins, un fédéraliste selon les critères québécois.Il préférerait clairement que le Québec continue à faire partie de la Confédération, dont la forme serait modifiée:.Mais la vague souverainiste est si forte au Québec que M.Bourassa a peur qu'elle ne l'emporte.La souveraineté n'est pas un moyen de pression utile pour lui, mais une réalité à laquelle il doit faire face.S'il ne trouve pas une formule magique, une nouvelle entente avec le Canada, il perdra probablement le pouvoir et la séparation sera virtuellement inévitable.Donc, quand M.Bourassa évoque la menace de la séparation, il ne fait pas de chantage, il crie au secours.Essayez de voir les choses de cette façon.Les signaux que vous recevez du Québec vous sembleront encore incompréhensibles, mais à tout le moins, ils deviendront moins irritants.Cela peut être fort utile dans un processus où la fierté et les emotions jouent un rôle important, autant pour vous que pour nous.Qu'est ce qu'un souverainiste?La vraie question consiste, bien sûr, à mesurer la force exacte de l'idéal souverainiste dans le coeur des Québécois, ainsi que sa constance.» \u2022 Après la débâcle du Lac Meech, Tan dernier, le sentiment souverainiste a grandi rapidement et n'a pas fléchi depuis.Tous les sondages sont remarquablement stables: environ deux Québécois franco-, phones sur trois sont en faveur de l'indépendance:.Mais qu'est ce que cela signifie exactement?Que tous ces gens vont voter oui à un référendum, quoi qu'il arrive?Ou encore qu'ils réagiront de la même façon que les Canadiens face au NPD: qui est le numéro un dans les sondages au début d'une campagne électorale fédérale pour sombrer en troisième position le jour de l'élection?.On ne le sait pas.Cela dépendra beaucoup du ton des discussions qui auront lieu entre le Québec et le reste du Canada.Exactement comme ce fut le cas dans le débat du Lac Meech, mais cette fois-ci avec des enjeux autrement plus importants.Les Québécois, tout comme les autres Canadiens, ne connaissaient absolument pas le contenu exact de l'accord du lac Meech.Ils ne s'intéressaient ni à ses détails techniques ni à ses subtilités constitutionnelles.Il n'y avait que deux mots qui comptaient: «société distincte».Mais ils ont réagi avec force à ce qu'ils ont perçu comme un rejet, ce profond sentiment anti-Meech à travers le Canada qui a montré que les Canadiens ne voulaient pas des Québécois tels qu'ils étaient.Les Québécois ont vivement réagi à cette insensibilité de la même façon que les Canadiens ont très mal réagi à l'insensibilité du rapport Allaire.Ces émotions resteront plus importantes dans les mois qui viennent que les opinions politiques de chacun ou la longueur d'une liste d'épicerie.Un autre sondage, publié récemment, illustre bien ce phénomène.Les sondeurs ont demandé à des citoyens du Québec de quelle façon ils se définissaient: Canadiens, Canadiens français, Québécois?Soixante p.cent des répondants francophones ont affirmé qu'ils étaient des Québécois.Voilà.C'est là le coeur du problème, au delà des idéologies.Cela signifie que les Québécois ne voient pas le Ouébec comme une province, mais comme leur pays, une conviction si profonde qu'elle ne fluctue pas au rythme des événements politiques.Cela n'implique pas que tous ceux qui se définissent comme Québécois choisiront la séparation.Il est fort possible d'être Québécois et de se sentir à l'aise dans la Confédération, comme l'ont montré le référendum de 1980 et les deux dernières victoires de Robert Bourassa.Mais cela signifie clairement qu'ils ne définiront pas leur rapports avec le reste du Canada de la même façon que les autres Canadiens le font.Ceux qui préféreraient rester au sein du Canada et ceux qui accepteraient de le faire ne sont pas motivés par l'amour du pays.Ils voient plutôt cela comme une solution raisonnable.Mais ils ne sont pas et ne seront jamais de vrais Canadiens de la même façon que vous l'êtes.Cela se manifeste dans les grands débats, comme le désir d'accroître les pouvoirs provinciaux, et dans les petites choses, par exemple le fait que les Québécois n'ont pas été humiliés quand Ben lohnson s'est fait prendre la main dans le sac Trouver une solution qui permette au Québec de rester dans le Canada n'est possible que si l'on accepte cette différence, plus profonde que la langue et la culture.Pouvez-vous accepter cela, accepter l'idée qu'un cinquième des Canadiens ne soient pas aussi Canadiens que vous?|e sais que ce n'est pas facile.Alain B4 Plus LA PRESSE, MONTRÉAL.SAMEDI 20 AVRIL 1991 « LA HISTOIRE DU FRANÇAIS SASKATCHEWAN -1 ¦ \u2022 \u20ac IAHe Création de la *9%BZ*w province de Saskatchewan (à même une partie des Territoires du Nord-Ouest) É| Fondation de *êW m Ob l'Association franco-canadienne, organisme de défense des droits de la minorité fransaskoise.1Cr ) - tfft ^e gouvernement 3P ¦ HP de Saskatchewan interdit d'enseigner plus d'une heure de français par jour.«gfe 0& Le gouvernement 9 «¦ de Saskatchewan abolit ce qui reste d'enseignement du français et interdit les costumes religieux dans les écoles.«Ê§5^ 5P?.^^1 La Saskatchewan rétablit l'enseignement d'une heure de français par jour.«Afin La province Sr V m permet la création d'écoles primaires bilingues.Un citoyen de 90V Saskatchewan (le père Mercure) conteste l'unilinguisme de la province devant les tribunaux.4 La Cour supérieure ¦ 90 Ti de Saskatchewan (cause Mercure) décide que la province est tenue de fournir certains services en français en vertu de l'Acte des Territoires du Nord-Ouest.La Cour suprême 900 du Canada confirme ce jugement et déclare que la province peut se dégager de cette obligation en adoptant une loi à cet effet.Iffilffft ^a Saskatchewan m : ' aft \u2022 \u2022 rer# * 'M Photo d'une image de Teiedyne Brown Engineering Image par ordinateur montrant la position instantanée de milliers de satellites, étages de fusées et autres débris en orbite basse.Alerte à la poubelle spatiale Une foule de débris jonchent les orbites terrestres et menacent ia vie spatiale Notons enfin que tous ces débris ont une espérance de vie relativement longue.Il n'y a pas de corrosion ni de décomposition naturelle dans le vide, si bien que l'espace ne peut se «nettoyer» lui-même, ni combattre l'accumillation de déchets de toute sorte.Seul le retour sur Terre de ces débris pourra décongestionner l'espace.Mais c'est une solution qui requiert de la patience: les débris sont plus ou moins fortement freinés, selon leur altitude, par le frottement de l'atmosphère terrestre.S'il faut moins d'un an pour qu'un corps à 300 km d'altitude rentre dans l'atmosphère, il en faut plus de 30 à un débris or-bitant à 800km ! Un danger dans l'espace.On serait tenté de croire que la présence de ces milliards de débris dans l'espace environnant la Terre constitue un problème d'ordre purement esthétique, mais ce serait une grave e-reur: chacun de ces objets, du plus .»etit au plus gros, est une menace potentielle pour toute mission spatiale, qu'il s'agisse d'un satellite ou d'une mission habitée.Ce n'est pas tant par leur taille que ces débris menacent, mais plutôt à cause de leur vitesse.Un petit morceau de peinture filant à plusieurs dizaines de kilomètres à la seconde (vitesse caractéristique en orbite) peut faire autant de dégâts qu'une grosse boule de quilles fonçant à 100 km/h! À 500 km d'altitude, orbite typique des stations habitées et de la plupart des satellites scientifiques, cette menace doit dorénavant être prise très au sérieux.\u2022 Déjà en juin 1983, la NASA avait un avant-goût du potentiel destructeur de ces débris.On venait de découvrir, sur un des hu- En juin 1983, un morceau de peinture gros comme un timbre-poste a creusé un cratère large de 2,5 mm dans un des hublots de la navette américaine Challenger.Heureusement, l'impact n'a pas eu de conséquences fâcheuses.Photo de ia nâsa blots de la navette Challenger, un cratère d'impact large de 2,5 mm, probablement creusé par un morceau de peinture gros comme un timbre-poste.Ce petit débris a presque traversé le hublot, et il s'en* est fallu de peu que cette collision n'ait des conséquences beaucoup plus graves.Le danger est encore plus grand pour un astronaute travaillant dans le vide: on peut facilement imaginer le sort qui lui serait réservé si sa combinaison spatiale \u2014et son corps! \u2014 étaient traversés par un tel projectile! Les nombreux satellites mis en orbite année après année ne sont malheureusement pas non plus à l'abri des collisions qui pour- raient les rendre complètement inopérants.Dès 1984, une mission de réparation du satellite Solar Max, qui venait de passer quatre années à 560 km d'altitude, nous en a fourni une preuve troublante.Les astronautes ont en effet découvert, sur les panneaux extérieurs du satellite, des milliers de cratères dont les plus larges mesuraient plus de l mm de diamètre.À partir des données recueillies sur les panneaux de Solar Max, des scientifiques du Johnson Space Center, à Houston, ont estimé que la quantité de débris artificiels ayant frappé le satellite était égale à celle des raicrométéorites d'origine naturelle.On sait que d'autres satelli- tes ont également été bombardés par des fragments, notamment le Kosmos 1275 Soviétique et le GEOS-2 Européen.Plus récemment, de nombreux spécialistes du Space Telescope Science Institute, à Baltimore, estimaient à plus d'une chance sur 100 la probabilité que le télescope spatial Hubble soit rendu inopérant par suite d'une collision avec un débris de taille moyenne (de 5 à 10 mm), avant la fin de sa mission de 17 ans.Sans compter que les plus petites particules peuvent affecter ses qualités optiques d'une façon irrémédiable! Voilà qui, pour un projet de près de deux milliard-s$ US, serait un bien triste destin ! .et sur Terre Tant que ces débris restent en orbite, ils ne présentent pas de danger pour les régions habitées de la Terre.La rentrée dans l'atmosphère des plus petites particules ne serait pas plus menaçante qu'une pluie d'étoiles filantes du mois d'août.Mais certains des plus gros débris pourraient traverser l'atmosphère sans être complètement détruits par le frottement, et atteindre le sol n'importe où sur Terre.Les dégâts provoqués par ce genre d'accident sont difficiles à prévoir, mais vseraient certainement très coûteux.À ce jour, on ne déplore aucun accident ayant coûté des vies humaines, mais l'alarme a retenti plusieurs fois.On se souviendra du satellite Soviétique Cosmos 954, qui s'est abîmé dans le Grand Nord canadien en 1977.La pile nucléaire du satellite contenait de l'uranium 235, un produit hautement radioactif.Lors de la chute et de l'impact au sol.\u2022 * a 1 des débris radioactifs ont été éparpillés sur une très grande région, heureusement inhabitée.En 1979, c'était au tour de la station spatiale américaine Skylab rentrer dans l'atmosphère, PI de 91 tonnes de matériel s'étâf alors éparpillés dans le désert t rai ien.Et au début de févi 1991, une autre station spatiale, Salyut-7, revenait sur Terre.Les spécialistes avaient prévu son point de chute dans le Pacifique, mais certaines parties de la station sont tombées dans le nord de' l'Argentine.Ce dernier exemple illustré bien les grandes difficùl\" tés qu'on rencontre lorsqu'on tente de prévoir la trajectoire que-' suivront les débris rentrant dans l'atmosphère.Les astronomes, tant amateurs que professionnels, sont quant a eux préoccupés par la qualité des observations astronomiques qu'ils pourront réaliser, à partir du sol, à travers une couche de plus en plus dense de déchets en orbite.Seuls les plus gros véhicu^; les, comme la station soviétique Mir ou la navette spatiale, sont visibles à l'oeil nu, mais une muiti-tude d'objets plus petits peuvent laisser une trace indésirable sur les détecteurs ultra-sensibles utilit ses en astronomie.Des particules métalliques réflectrices peuvent également interférer avec les.transmissions radio, et même blo-quer temporairement certaines bandes de fréquence réservées aux radio-astronomes., ' .\u2022 .»¦ \u2022 \u2022 » Des solutions De toute évidence, le problème des débris dans l'espace ne'se tôti glera pas tout seul.Au contraire,: à cause des millions de fragments créés par suite d'une collision ou d'une explosion, et qui entrent ensuite en collision avec d'autres objets, le nombre de débris croît continuellement.De nombreux spécialistes sont d'avis que le nombre de fragments et de débris dans l'espace doublera à tous 1er.cinq ans environ.À ce rythme^ certaines orbites pourraient devë-» nir à toutes fins pratiques inutilité sables, à moyen ou à long terme?* Si rien n'est fait, la mise en orbite»' d'êtres humains ou d'instruments-' scientifiques délicats et coûteux pourrait devenir extrêmement risquée, et catastrophique en cas d'accident.Il n'existe pas, à l'heure actuelle, de technologie capable dé ramener sur terre ces débris.Ujne* société américaine à propose\" l'idée d'un véhicule automatique* capable d'aller chercher ert orbite les satellites inopérants ou les .plus gros débris (étages de fusée,' etc.) et de les ramener sur Terre: Mais le TRASH-1 (Trash Removal And Satellite Hauler) serait' incapable de nous débarrasser dés1 milliards de minuscules fragments qui représentent la plus grande menace.Pour cette catégorie de débris, on a pensé construire une immense «pelle», large de deux kilomètres, avec laquelle on ramasserait les plus petits fragments.Malheureuse-ment, nous ne savons pas ençpr& comment construire et mettre\"ew orbite un tel instrument, ni de quoi il serait fait! .;jj À court terme, la solution sèm~ ble devoir venir d'un meilleure contrôle des technologies utili-^ sées pour satelliser des instruments scientifiques et des* êtt⣠humains, de la mise en place moyens pouréviter les collision^ et les explosions ( délibérées oïx.accidentelles), et enfin de^l'fcggj blissement de politiques de couvrement concernant les lites et les équipements dont _ vie utile est terminée.Il est;dé\u201e possible de faire de la prévention dans de nombreux domaines, par exemple en vidangeant les léser* voirs de fusées pour éviter qu'Us n'explosent, et en banissant'tpp^ tes les expériences d'expldsibn& dans l'espace.On peut égaleàrâfi provoquer la rentrée dans Tat-1 mosphère des plus petits satellites, qui se vaporiseront avant d'atteindre le sol, et construire les plus gros de façon modulaire, afin d'éviter l'utilisation de boulons externes.ri 11 est grand temps que les nations qui ont développé un 'prççï gramme spatial établissent des normes très sévères concernai* les débris spatiaux.Sans un cord international, les initiate isolées, quoique louables, ront sans effets.MalheuretusCC ment, il s'agit là de décisions politiques, et non scientifiques, ce qui risque de retarder l'adoption d'ud ; quelconque traité.On dit souvejrtg» que l'avenir de l'humanité se fegS dans l'espace.Au rythme oxi vQJQÇ les choses, nos descendants; veront peut-être notre patripn ne bien encombré.Cotte image nous montre l'espace immédiat de la Terre, encombré par phis de 7000 objets plus gros qu'une balle de baseball.Mais ce n'est que la pointe de l'iceberg., Photo dune image do ta NASA 1, r «* « PIERRE de CHASTENAY est astronor* au netaiium Dow de la Vffle de Montréal.\\ B8 LA PRESSE, MONTREAL, SAMEDI 20 AVRIL 1991 Panne d'essence chez Esse PHOTO BERNARD BRAULT.La Presse Le pilote d'un hydravion a dû se poser en catastrophe hier après-midi dans un champ près des raffineries de l'est de la métropole, lorsque pris de court par une panne d'essence.En se posant, l'appareil de M.Pierre Careau, 47 ans, de Boucherville, a cependant piqué du nez et s'est retourné.M.Careau n'a cependant pas été blessé.Ce dernier arrivait d'Arnpryor, en banlieue d'Ottawa, lorsqu'il a constaté qu'il ne lui restait plus d'essence, vers 14h30.Il a choisi de se poser dans un champ appartenant à la compagnie Esso, à la hauteur du 10500 est, rue Notre-Dame.Chirac louange Doré à la rencontre des maires contre la drogue La Baie nettoie n'importe quoi .ou presque! DERNIÈRE SEMAINE pour bénéficier de notre PRIME: Avec tout nettoyage de tapis, nous nettoierons une piece additionnelle pour seulement 10.$ ! NETTOYAGE DE TAPIS 2 PIÈCES (moquette) 4 PIÈCES (moquette) MAISON COMPLÈTE 5 pièces ( moquette ) 12 marches et un vestibule 39 69 99 $ NETTOYAGE DE MOBILIER Canapé toute dimension 39 $ NETTOYAGE INTERIEUR D'AUTO * Tapis, banquettes en tissus et coffre arrière.JACQUES CARREYROU de la Presse Canadienne PARIS .¦ « Une fois que les citoyens contrôlent une petite parcelle de leur vie urbaine, ne serait-ce que leur logement, ils peuvent mieux contrôler la rue et le quartier, s'y impliquer et lutter solidairement contre les trafiquants.» Voilà l'essentiel du message qu'a livré à Paris, hier, le maire de Montréal lean Doré alors qu'il prenait la parole à la rencontre internationale des maires contre la drogue.Dans sa conférence intitulée «Pas de quartier pour la drogue», M.Doré a énuméré les différents moyens qu'a pris Montréal pour lutter contre le fléau.«L'approche que nous privilégions est axée sur la prévention au sens le plus large.À long terme, en suivant cette voie, on pourra vaincre le problème», a-t-il expliquée à ses homologues des villes de plus de J100 000 habitants.\\ i Le maire de Montréal a co-pré-sîdé avec le commandant Jacques-Yves Cousteau la dernière séance de cette rencontre internationale.M.Doré a tracé un bilan positif de cette rencontre qui a permis aux participants de bénéficier de.l'expertise de chacune des villes impliquées.Si Montréal apparaît bien équipée au chapitre de la prévention, M.Doré a toutefois reconnu que des problèmes demeuraient.« En concertation avec la ville, il faudrait qu'à l'échelon des gouvernements supérieurs, on soit mieux équipé.Les ministères concernés devraient agir sur une base interministérielle et intersectorielle pour mieux s'ajuster aux problèmes locaux.Il y aussi une insuffisance des centres de traitement.» Selon lui, la drogue et la criminalité qui en découle sont des problèmes urbains, et souvent les élus locaux n'ont pas les ressources pour les traiter.«Nous suivons de très près l'expérience que mène le gouvernement français avec la création récente d'un ministère délégué à la ville.La présence de responsables pouvant harmoniser les politiques des différents, ministères nous apparaît extrêmement prometteur.11 y a peut-être là une clé importante pour nous permettre d'améliorer la concertation que nous menons à Montréal.» ALCOOL - DROGUE ^r-oblème dans ta vie?le Père Paul Aquin s.j.veut t'aider (514)229-3426 DEPUIS 1978 PAVILLON GRAND ÉLAN ; C.P.119, Mt-Rolland, Que., JOR 1G0 Studio de photographie Des sourires éclatants à tout coup EN VIGUEUR JUSQU'AU 4 MAI 1991 2-8x!0.3-5x7» 15 de format portefeuille et 3 médaillons 1995 15 de format portefeuille ^Êfr 4& ^ 3 médaiHons Le prix comprend un dépôt de 2 $ qui est payable au moment de la séance.Photos sur fonds traditionnels.2 $ de plus pour chaque personne additionnelle dans l'offre spéciale.Fond blanc et fond noir, double exposition, vignettes et autres effets spéciaux ne sont pas disponibles dans l'offre spéciale.Nous choisissons les poses.Possibilité de crédit.Sears Canada Inc.'grandeur approximative Les adultes et les familles sont les bienvenus.Également disponibles: photos de passeport instantanées.Les studios sont situés dans la plupart des magasins au détail Sears.MC: Marque do commerce dont l'usage est autorise au Canada.SEARS Vous en avez pour votre argent.et plus! M.Doré a aussi relevé l'expérience que mène Paris au chapitre de la réinsertion .sociale des jeunes, faisant référence à la fondation présidée par le célèbre joueur de soccer Michel Platîni et qui implique le secteur privé dans ces programmes de réinsertion.Le maire de Paris Jacques Chirac a souligné l'importance qu'accorde Montréal aux problèmes de la sécurité urbaine et de l'intégration sociale.«Montréal a mis sur pied de façon magistrale la première conférence sur la sécurité et la prévention de la criminalité en milieu urbain.On a pu mesurer l'impact que cettejnitiative a eu sur le plan mondial, alors que l'intérêt et la pertinence des résolutions qui y avaient été adoptées ont fait depuis le tour du monde.» SERVICE DE PEINTURE # Préparation des surfaces, 2 couches de peinture blanche Prix par pièce, dimension moyenne (12'xl2') à partir de: \u2022 Appelez pour de plus amples Informations.69 249 CETTE OFFRE EST VALABLE JUSQU AU 27 AVRIL 1991.APPELEZ-NOUS ¦ Min*™umde^p^p^^ pièces.\u2022 Coût pour sous-sol ou salle familiale 2.40 $ le mètre carré.\u2022 Frais supplémerrtaires poi\" le nettoyage des escafiers, des coussins de dossiers non attenants, des canapés modulaires et des revétetTrents haitjere ou en tissus querjourletraiemerrtdeprtrte^^ des régions métropolitaines.- Plusieurs autres services disponWes.339-5420 Lundi au vendredi: 9h00 à 17h00 Samedi: 9h00 à 14hQ0.la aie A 4 HEURES DU MATIN À PARTIR DU 22 AVRIL PHARMAPRIX Ouvert heures Pharmaprix des Galeries Taschereau 801, boulevard Taschereau Greenfield Park 672-3410 Ne manquez£as lundi dans ^Presse le mandat peur la vie sut terre JOUR DE ; » V\"' > \u20221/ "]
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